Sacrées sorcières (BD) : Pénélope Bagieu et Roald Dahl

Titre : Sacrées sorcières (BD)

Scénariste : Pénélope Bagieu (d’après l’oeuvre de Roald Dahl)
Dessinateur : Pénélope Bagieu

Édition : Gallimard Jeunesse (29/01/2020)

Résumé :
Les enfants sont répugnants!
Ils puent! Ils empestent!
Ils sentent le caca de chien!
Rien que d’y penser, j’ai envie de vomir!
Il faut les écrabouiller!
Les pulvériser!
Écoutez le plan que j’ai élaboré pour nettoyer l’Angleterre de toute cette vermine…

Attention ! Les vraies sorcières sont habillées de façon ordinaire et ressemblent à n’importe qui. Mais elles ne sont pas ordinaires. Elles passent leur temps à dresser les plans les plus démoniaques et elles détestent les enfants.

La Grandissime Sorcière compte bien les faire tous disparaître. Seuls un jeune garçon et son extravagante grand-mère semblent capables de l’en empêcher…

Critique :
La version roman m’avait bien plu et j’ai voulu tester la version graphique. Il m’a fallu du temps avant de pouvoir le faire, mais c’est chose faite.

Si les graphismes, au départ, m’ont un peu déstabilisées, surtout celui de la grand-mère, toute petite, après, je m’y suis habituée et j’ai particulièrement apprécié les dessins des souris.

Le côté dramatique est particulièrement bien rendu : un petit garçon a perdu ses parents, el voici orphelin, avec pour seule famille sa grand-mère, déjà âgée, aux manières peu orthodoxes (elle fume le cigare et joue au casino). La vie est injuste, dès les premières pages, on nous le rappelle.

Sa mamy va alors lui raconter une drôle d’histoire avec des sorcières, mais des vraies, pas comme celles accusées injustement d’en être. Là, j’ai retrouvé les explications que je venais de lire dans le livre de Mona Chollet « Sorcières » et en fin d’ouvrage, Pénélope Bagieu remercie justement Mona Cholet…

Bien vu d’avoir ajouté ces explications afin de bien discerner les pauvres femmes accusées de sorcelleries parce qu’elles vivaient de manière indépendante et les vraies sorcières qui ne sont que des espèces de femmes déguisées en femmes : perruques pour cacher leurs crânes chauves, gants pour cacher les doigts crochus, souliers à talons pour masquer leurs pieds sans orteils.

L’adaptation en bédé est réussie ! Les personnages sont touchants, plein de justesse, sans jamais sombrer dans le pathos et l’autrice a juste remplacé le gamin grassouillet qu’était Bruno Jenkins par une jeune fille intrépide et pleine de verve. Bien vu, le duo marche bien, il se complète et la jeune fille est plus dynamique que le gosse du roman (qui était raillé à cause de son poids et de sa gourmandise).

En 300 pages, l’autrice arrive à replacer tout ce qui était important dans le roman, à commencer son histoire doucement, à poser les décors, avant d’envoyer le gamin et sa mamy dans un hôtel anglais, au bord de la plage de Brighton, où notre jeune garçon va rencontrer son destin et faire basculer celui d’autres personnes.

C’est enlevé, dynamique, les dessins sont parfaits pour cet album, on s’attache à cette petite grand-mère au lunettes énormes, à l’épaisse chevelure mauve, qui n’arrête pas de palabrer et d’appeler son petit-fils par toute sorte de petits noms d’animaux.

Attention, le récit est noir ! Déjà que nous avons un orphelin, une grand-mère qu’il a peur de perdre (elle est âgée, mais ne le dites pas devant elle), qu’il a peur des sorcières et que ces dernières ne veulent pas moins éradiquer tous les enfants de la surface de la planète !

et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Sorcières).

Edgar Allan Poe – Hantise : Louis et Thomas Verguet

Titre : Edgar Allan Poe – Hantise

Scénariste : Louis
Dessinateurs : Thomas Verguet et Bastien Orenge

Édition : Soleil – 1800 (15/01/2014)

Résumé :
Boston 1827. Edgar Allan Poe n’est pas encore l’écrivain célèbre que l’histoire retiendra… Pour l’heure, c’est un critique acerbe au Boston Chronicles, un être détestable et aigri qui écrit des nouvelles tard le soir.

Sa sordide vie sans intérêt bascule dans l’horreur quand un matin un meurtre, en une des journeaux, présente d’étranges similitudes avec l’une de ses nouvelles encore en cours d’écriture. Il est donc le seul à en avoir connaissance.

Que cela signifie-t-il ? Peut-il être l’auteur de ces massacres ?

Quand l’expérience va se renouveler le lendemain, puis le surlendemain, et encore et encore, c’est une véritable descente aux enfers que va vivre Edgar.

Critique :
On peut dire que tout est fait pour épouvanter le lecteur, que ce soi dans les dessins et dans les atmosphères assez glauques de cet album.

Ça sent le gothique, on a rajouté un peu de fantastique, de mystère, de crimes sordides, un écrivain qui devient fou, une bonne dose d’alcool et d’hallucinations et on a emballé le tout dans un bel album.

Alors oui, j’ai apprécié les dessins, les couleurs sombres qui rajoutent une atmosphère à faire dresser les cheveux sur la tête, mais finalement, je n’ai pas vraiment frémi, si ce n’est d’horreur avec un Edgar Allan Poe à la limite de la pédophilie durant de nombreuses pages…

Poe est un ogre, dans cet album, et les dessinateurs l’ont souvent représenté de la sorte avec des jeux d’ombre ou de perspectives différentes, à tel point qu’on se demande si ce n’est pas vraiment un ogre qui se trouve devant nos yeux.

En tout cas, les scènes avec sa jeune cousine sont à faire frémir de dégoût tant il surfe sur la ligne rouge avant de la franchir à un moment donné. C’est malsain, son comportement.

D’ailleurs, son caractère, flirte avec tout ce qui est détestable : imbu de lui-même, égo démesuré, alcoolique, méchant, se croyant sorti de la cuisse de Jupiter, critique littéraire qui dézingue tout le monde, pédophile.

Ajoutons à ce portrait guère flatteur qu’il avait une relation d’amour/haine avec sa mère castratrice (décédée) et l’après décès, chez la voyante, est encore plus glauque !

Les auteurs joueront souvent avec nos perceptions, nous montrant ce que Poe voit, dans ses délires alcoolisés ou tel que d’autres le voient, sans fard… Restez attentifs, sinon, vous pourriez ne pas comprendre tout de suite.

La touche fantastique viendra du fait que les crimes qui ont lieu dans la ville sont inspirés des nouvelles qu’il est en train d’écrire et qu’il n’a pas encore publié, même pas montrées à quiconque ! Quelqu’un aurait-il par-dessus son épaule ou est-ce lui, qui, dans sa soulographie démente, assassine à tour de bras ?

Poe va se muer en enquêteur… Il a un caractère de merde, il est antipathique au possible, mais au moins, il sait remonter une piste.

Voilà une bédé à ne pas présenter à des enfants, ce n’est point de la littérature pour eux.

Malgré le scénario qui ne manquait pas de mystères et d’originalité, je n’ai pas été convaincue par ma lecture. Cela manquait de profondeur, comme si les auteurs avaient tenté de tout caser dans une bédé de 56 pages, se dépêchant dans le final pour tout expliquer aux lecteurs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°81], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (USA).