Alienés : Fabrice Papillon

Titre : Alienés

Auteur : Fabrice Papillon
Édition : Plon (14/10/2021)

Résumé :
Mai 2022. À 400 kilomètres de la terre, la station spatiale internationale sombre dans la nuit artificielle. Tandis que l’équipage dort, le cadavre éventré d’un astronaute américain flotte en impesanteur dans l’un des modules de recherche.

Le même jour, à Lyon, le corps éviscéré d’un biologiste américain est retrouvé à 30 mètres de profondeur, dans un mystérieux réseau de galeries souterraines baptisé les  » arêtes de poisson « .

S’engage une double enquête, d’abord internationale avec la NASA, aux États-Unis, pour tenter d’élucider un meurtre inédit dans l’histoire : celui d’un astronaute dans l’espace.

À Lyon, Louise Vernay, commandant de la brigade criminelle, fait rapidement le rapprochement entre les deux assassinats, très semblables et synchrones, l’un dans l’espace, l’autre sous terre… Qu’est-ce qui les relie ? Pour quelle raison ces deux Américains ont-ils été visés ? Comment ont-ils pu être éliminés au même moment, à une telle distance ?

Louise fait rapidement la rencontre d’un étonnant moine jésuite, astrophysicien et directeur de l’observatoire du Vatican, de passage à Lyon et qui avait rendez-vous avec la victime. Ce personnage troublant lui laisse entendre que des signes d’une présence extraterrestre se multiplient, et qu’ils pourraient bien être à l’origine de ces deux meurtres…

Critique :
Dans l’espace infini, la station ISS et à l’intérieur, le cadavre éventré d’un des astronautes, flotte, éventré ! Éventré ? ALIEN est à bord ???

Putain, exfiltrez de suite le chat et faite péter le vaisseau avant que le monstre ne revienne encore pour plusieurs films.

Voilà un meurtre en chambre super close que Hercule Poirot n’aura jamais eu à résoudre.

Et dans ce roman qui mêle l’univers de Da Vinci Code (en moins poussé) et de James Bond (sans les gadgets et les filles en maillot), ce ne sera pas Thomas Pesquet qui mènera l’enquête.

Le point de départ est intéressant, déroutant, même, car sur Terre, un autre cadavre est retrouvé, lui aussi avec les tripes à l’air. On nage dans le mystère, dans la SF et longtemps je me suis demandée si une sorte de poulpe n’était pas sortit de leur ventre.

J’ai apprécié l’aventure menée tambour battant et qui nous entraînera ailleurs qu’en France et ailleurs que sur Terre et qui nous fera croiser la route de personnages connus, ainsi que d’entités terrestres dangereuses (ça commence par GA et se termine par FAM et ça te bouffe les données).

Que les allergiques aux sciences se rassurent, on bouffe de la science mais jamais ad nauseam, les explications faisant partie d’un tout, vulgarisées pour que nous comprenions et que la commissaire Louise Vernay capte tout aussi. Cela reste compréhensible et une fois de plus, on va se coucher moins bête.

Là où je n’ai pas accroché du tout, c’est dans le choix du personnage de Louise Vernay, véritable bulldozer sans freins, sans éducation, qui jure comme plusieurs charretiers, parle argot mieux que les Tontons Flingueurs, considère souvent les autres avec condescendance, leur répondant sur un ton moqueur et cynique (sans arriver à la cheville d’un docteur House).

Elle est totalement barje, se moque des règles, grogne comme un dogue enragé et ensuite, elle fond en larme dans un parc avec quelques souvenirs. Même si elle est inspirée d’une personne qui existe, dans le récit, elle frôle la caricature et l’arrivée d’Ethan, le bogosse, n’aidera pas à la sortie de cette caricature. Là, elle sombrera dans l’imbécilité digne d’une collégienne en chaleur.

Anybref, hormis ce point de détail important sur le personnage principal, pour le reste, je me suis amusée durant ma lecture, sans jamais savoir où l’auteur allait finir : les pieds sur terre avec du rationnel ou avec du rationnel fictionnel (SF) ?

Les deux solutions étaient valables car dans ce roman, ce n’est pas de la fiction à la M.I.B (film que j’adore) : on est dans la science et l’épisode covid a renforcé certaines choses, les ancrant dans la réalité.

Mêlant les scènes d’action digne des blockbusters, des films de SF, du Da Vinci Code (pape et jésuites), de James Bond, l’auteur fait en sorte de toujours rester à la limite de la sacro sainte ligne rouge à ne pas franchir, sous peine de perdre ses lecteurs dans le grand n’importe quoi.

Malgré tout, nous sommes dans la fiction : on se doute que jamais il n’arriverait une aventure pareille à une policière. Enfin, je l’espère !

Au moins, c’est un récit qui n’a pas des airs de déjà-lu ! Il est innovant, addictif, scientifique, oscillant sur le fil entre le réel et l’extra-terrestres, sans que jamais cela ne devienne exagéré.

C’est un récit imaginatif, brillant, bien pensé, bien écrit, intelligent, même si, pour ma part, je lui préfère « Régressions ».

Et comme toujours, derrière l’histoire un peu folle et à cent à l’heure (ou plus), il y a aussi un message que tout le monde lira, comprendra. Pas dit que les gens laisseront tomber les réseaux sociaux et tous les outils mis en place par les GAFAM et les NATU pour nous faciliter la vie et nous pomper notre temps de cerveau.

Un roman brillant qui nous fait aller au lit moins bête qu’avant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°82].

21 réflexions au sujet de « Alienés : Fabrice Papillon »

  1. Ping : Challenge polar et Thriller – le second bilan de Belette | deslivresetsharon

  2. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Octobre 2021 | The Cannibal Lecteur

  3. Je savais biens que les Alien(é)s étaient parmi nous ! Tata Raymonde n’était pas humaine! Je le savais! Sa tête, sa façon de parler… son odeur… Mais ce n’était ps une criminelle pour autant! 😄 Et tout le monde sait que Elizabeth II, Trump, Poutine et Macron font partie du complot des Reptiliens! 😂🤣😂 Nan… sans rire… j’ai du mal avec l’idée du crime d’Aliens… le mobile ? Des expériences sans doute ? 😁

    Bon plus sérieusement… j’imagine qu’il y va par petites touches pour introduire les aliens dans la partie ? Comme Lovecraft ? Mais… met-il des tentacules à ses martiens 👽 ?

    Aimé par 1 personne

    • Purée, au départ, lorsqu’elle s’en va à son école de commissaire, elle est vénère, a fumé un pétard, est en pétard, en retard et semble se foutre de l’autorité comme d’une guigne. Et pas en toute discrétion en plus !!! 😆

      C’est une femme de caractère et là, elle semblait de mauvais poil dès les premières lignes (et pas celle de chichon) mdr

      J’aime

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