Féroce – Tome 1 – Taïga de sang : Gregorio Harriet et Alex Macho

Titre : Féroce – Tome 1 – Taïga de sang

Scénariste : Gregorio Harriet
Dessinateur : Alex Macho

Édition : Glénat (01/09/2021)

Résumé :
Quand la nature se déchaîne, personne n’est à l’abri.

Sur le territoire du kraï du Primorié, en Extrême-Orient russe, près des frontières de la Chine et de la Corée du Nord, un tigre de Sibérie blessé par un braconnier se consacre à la chasse à l’homme. Non par faim mais plutôt par vengeance, il peint du sang de ses victimes la taïga sibérienne.

Ni les brigades forestières contrôlées par la mafia sino-russe, ni les agents du Centre du Tigre de l’Amur, ni les groupes environnementaux ne sont en sécurité lorsque l’Amba, l’esprit des forêts, part à la chasse.

Inspiré de faits réels, Féroce fascine par ses silences et ses paysages hivernaux désolés. Un récit puissant, peuplé de personnages forts et plus vrai que nature où le massacre et l’horreur peuvent être enclenchés à tout instant.

Critique :
Extrême-Orient russe, près des frontières de la Chine et de la Corée du Nord… Autrement dit, dans le trou du cul du Monde, version glacée ! Là-bas, on coupe des arbres qu’on ne peut pas couper, pour l’exportation.

D’ailleurs, il paraît que l’on déforeste plus en Sibérie qu’en Amazonie et pourtant, on ne parle que l’Amérique du Sud… Les petites branches laissées au sol, après l’abattage (pas une machine) deviendront tellement secs en été que c’est incendie garantit !

Et quand un connard ne trouve rien de mieux que de tirer sur un tigre, les emmerdes commencent car quand tigre fâché, lui toujours manger Homme.

La première chose que j’ai appréciée, c’est le visuel : la couverture frappe bien fort et les dessins sont magnifiques. Très dynamiques aussi.

Le scénario part dans plusieurs directions à la fois et bien avant la fin de ce premier album, on a bien compris les différentes ramifications entre les personnages et ce qui est en train de se produire depuis le tir sur le tigre.

Nous sommes dans un excellent scénario, avec de la profondeur et sans dichotomie entre les bons reporters qui font un reportage sur les tigres de l’Amour et les vilains bûcherons qui coupent à tort à travers. Pas de ça, Lisette, madame la journaliste peut avoir l’écologie à géométrie variable et le jeune bûcheron des états d’âmes.

Le final, petit salopard, laisse le lecteur devant un suspense frustrant, puisqu’il faut attendre pour lire le second tome. Une chose est certaine, je serai au rendez-vous pour la suite !!

Une bédé à découvrir en restant bien au chaud chez soi car les paysages enneigés, s’ils sont magnifiques, donnent tout de même l’impression de froid extrême.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°92], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°94] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

 

Mages – Tome 06 – Yoni : Nicolas Jarry et Giovanni Lorusso

Titre : Mages – Tome 06 – Yoni

Scénaristes : Nicolas Jarry et David Courtois
Dessinateur : Giovanni Lorusso

Édition : Soleil Productions (03/11/2021)

Résumé :
Lors de la guerre des goules, les mages runistes de Dumn sont passés maîtres dans la fabrication de Golem.

Avec la paix, ces colosses ravageurs s’affrontent désormais dans les arènes faisant la fortune de leur maître.

Yoni, 11 ans rêve d’être l’un d’entre eux, mais lors d’une funeste nuit, il devient orphelin. Yoni n’a plus qu’une obsession : réaliser le Golem parfait qui vengera les siens !

Critique :
Yoni est un gamin qui rêve de fabriquer un golem. Tout va bien dans sa vie, jusqu’à ce que tout parte en fumée et qu’un jour, il décide de se venger.

Une histoire classique, en effet. La vengeance est vieille comme le monde, mais pas toujours facile à accomplir, surtout lorsqu’on a le gabarit d’un David et que celui dont on veut se venger a la carrure d’un Goliath !

Enfin, pas la carrure, mais des soldats et la puissance de feu d’un porte-avions de combat…

J’ai apprécié les dessins des décors, moins ceux des personnages qui avaient des petits airs de personnage de manga à certains moments. Bouches grandes ouvertes, se bâfrant comme dans les mangas, grands yeux avec beaucoup de blanc… Les dessins des golems, eux, j’ai apprécié.

Le bât a blessé avec Yoni : je n’ai pas vraiment accroché avec lui. C’est un jeune gamin turbulent, possédant un savoir-faire énorme, un peu fanfaron, voulant que son père fabrique des golems de combat, qu’on le respecte,…

Non, il avait du potentiel, le jeune Yoni, il était travaillé, pourtant, il a semblé lui manquer quelque chose pour que ça colle entre nous, alors que je matche souvent avec les culs-verts de la saga Orcs & Gobelins. Cherchez pas, docteur !

L’histoire, bien que classique, n’est pas dénuée d’intérêt. Une fois de plus, nous nous retrouvons avec un enfant qui a des rêves de gloire, puis qui a tout perdu, qui sera pris en charge par un adulte, une personne qu’il détestera au départ, mais avec laquelle il s’associera pour forger son golem de la vengeance.

Cette personne, comme d’habitude, sera son mentor, celle qui l’aidera à devenir ce qu’il veut être, ce qu’il est vraiment : mais pour cela, il faut passer par la bonne vieille case de l’apprentissage. Le maître n’est jamais content du travail de l’apprenti et ce dernier pense qu’on le fait bosser comme un esclave et que tout ce qu’il fait est magnifaïïïk.

Classique, en effet, mais ça marche toujours.

Toujours aussi classique l’histoire du type qui a du pouvoir et qui n’a pas apprécié qu’on lui dise non et qui, en représailles, n’a aucune morale à effacer tout un village de la carte…

Malgré le bon potentiel de l’histoire, n’ayant jamais eu d’atomes crochus avec Yoni, cela m’a empêché de vibrer avec lui.

Attention, comme je l’ai dit plus haut, ce gamin a du courage, il est prêt à tout, il a du talent, considère son golem comme un être vivant, mais il ne sait pas tenir sa langue (et cela entraîne des conséquences devant les puissants) et prends trop gros risques pour arriver à son but ultime, oubliant qu’il pourrait tout perdre et repartir à zéro.

Couillu, le Yoni, certes, rusé, d’accord, mais cela c’est déjà retourné contre lui, ses fanfaronnades.

Ceci n’est pas un mauvais album, loin de là, mais il ne m’a pas emporté. Dommage.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 66 pages).