Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 01 – L’Affaire des disparus des Kensington Gardens : Michel Bourdoncle

Titre : Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 01 – L’Affaire des disparus des Kensington Gardens

Auteur : Michel Bourdoncle
Édition : Librinova (09/07/2021)

Résumé :
Londres – 1895

Un an après sa miraculeuse réapparition du royaume des morts, Sherlock Holmes, escorté du docteur Watson, est appelé pour résoudre une étrange affaire de disparition dans le milieu de l’athlétisme britannique.

L’enquête, pleine de rebondissements, va les mener des terrains d’entraînement des Kensington Gardens au plus profond des sordides quartiers des docks de la Tamise où règne la loi de sinistres tueurs.

Ils croiseront au cours de cette affaire quelques-uns des plus grands athlètes britanniques, des célébrités du monde littéraire et certaines des plus jolies femmes de Londres.

Quant à la charmante, mais très énigmatique madame Hudson, toujours intime de Sherlock Holmes, celle-ci pourrait se révéler n’être pas seulement la vieille logeuse écossaise du 221B de Baker Street.

Critique :
Lorsque j’avais découvert ce roman au titre si évocateur des Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes, mes yeux avaient pétillés directement et mon petit cœur en avait frétillé de joie : Sherlock et Irene… Chabadabada ♫

Première grosse déception : le titre est foutrement mensonger ! On aurait dû le nommer « Les enquêtes de Sherlock Holmes et la toute petite intervention de Irene Adler », façon Ma Dalton…

Non, Irene Adler n’enquêtera pas vraiment aux côtés de Holmes, le docteur Watson aura un plus grand rôle dans le récit que la célèbre contralto qui, bien qu’étant présente dans le salon du 221b, n’interviendra que peu dans les enquêtes de Holmes.

Contralto qui tout d’un coup passera au registre du soprano… C’est Véronic Voices à elle toute seule…

Puisque j’ai commencé à vider mon sac, je vais continuer : le récit est truffé de répétitions, comme si les lecteurs étaient des imbéciles ou de pauvres personnes souffrant d’Alzheimer ! Purée, nous ne sommes pas des crétins au point d’oublier ce que l’auteur nous a dit deux chapitres auparavant !

Sauf si, les autres lecteurs, s’ennuyant comme des rats morts dans cette histoire, mettent deux mois à lire deux chapitres, ce qui expliquerait qu’on leur répète à tout bout de champ comment Irene et Holmes se sont revus, ce qu’il leur est arrivé durant le grand Hiatus, pour qui elle bossait et quels pays faisaient partie de la Triple-Alliance !

Si vous ne saviez pas qu’Irene Adler est une belle femme, apprêtez-vous à l’apprendre et à en bouffer à toutes les sauces. Pardon, à tous les synonymes. Tous les hommes ont fait le loup de Tex Avery face à sa flamboyance beauté et blablabla. Et comme l’auteur a peur que vous n’ayez pas bien capté combien elle est belle… Matraquage !

Idem avec son C.V et à ce qui lui est arrivée, à elle et à Holmes, durant les 3 années de la cavale de Holmes. Au cas où nous n’aurions pas compris la première fois, sans doute.

Pareil avec les menus servis au 221b par les cuisinières d’une grande cheffe : madame Hudson a veillé à ce qu’ils soient diététiques pour ne pas que ses locataires deviennent des poussas. Pas besoin de me le redire à chaque repas pris, j’avais compris dès le départ.

L’utilisation du « N’est-il pas ? » à la fin de nombreuses phrases m’ont aussi passablement énervé et tombaient même comme un cheveu dans la soupe, rendant la question bancale alors qu’un « n’est-ce pas , » eut mieux convenu. Je vous passerai l’horripilant « Hôôôôôlmes » lorsque Watson n’est pas content… Lui toujours crier ainsi.

Ces redondances plombent énormément tout le récit, le rendant lourd, lent, vaseux (je matraque aussi, des fois où vous n’auriez pas compris).

Ajoutons à cela que le docteur Watson est un crétin de la pire espèce ou alors, il souffre de myopie aiguë (limite de cataracte). Qu’il ne reconnaisse pas Holmes déguisé en pasteur, ramoneur ou autre, je comprends, il ne s’attend pas à le voir sous ce déguisement.

Là où ça ne passe plus, c’est lorsqu’une personne se déguise en une autre, bien connue du docteur et que ce dernier ne se rende pas compte de la supercherie, alors qu’il est impossible de se grimer au point de pouvoir donne le change à une personne qui vous a connue.

Certes, il est resté quelques années sans voir cette personne, mais ceci n’explique pas sa cécité face à ce subterfuge qui est impossible à réaliser  autrement qu’avec la technique du cinéma comme la Motion Capture. Même les plus grands imitateurs du monde n’arriveraient pas à donner le change autrement que de loin et sans qu’on y regarde de trop près.

De plus, soit Watson la trouve rajeunie de dix ans, s’émerveille que cette personne ait changé de caractère par rapport à avant et la phrase suivante, il pense qu’elle est sénile parce qu’elle a prononcé une phrase qu’il n’a pas comprise (mais que le lecteur, lui, a compris, puisqu’il a connaissance de la supercherie). Faudrait savoir.

Bref, le Watson de ce pastiche est horripilant en tant que personnage et en tant que narrateur, profitant de chaque occasion pour nous parler des dames qu’il a ou qu’il voudrait culbuter (pas en ces termes, mais c’est équivoque), de sa sagacité merveilleuse, de son sens de la déduction, de sa clairvoyance, alors qu’il n’a rien vu et que c’était sous son nez… Au lieu d’être drôle, c’est pitoyable.

Si le Holmes est plus au moins conforme à l’original (hormis pour certains points de détails qui ne m’ont pas trop gênée), ma préférence ira au Watson de Conan Doyle qui, sans être d’une fulgurance rare, était touchant dans son envie de bien faire ou de résoudre les enquêtes. Il était bien plus proche des lecteurs que ne l’est celui de ce pastiche.

Autre soucis, il ne s’y passe pas grand-chose dans ce roman qui fait tout de même presque 400 pages. La première disparition arrivant vers la moitié du récit et la seconde vers les trois quart…

J’avais atteint péniblement la moitié du roman (200 pages) que j’avais l’impression d’en avoir lu 400 tant je faisais du sur place ! Qu’il me faille 4 jours pour lire 400 pages et que je préfère regarder un ancien épisode d’Hercule Poirot dont je me souviens encore, c’est que le récit ne m’emballe pas.

Au rayon des bonnes choses (soyons positives), c’est que le contexte historique est très bien rendu. Moi qui reprocherai toujours à Doyle de ne pas avoir mis assez de morceaux d’époque victorienne dans ses récits, ici, j’ai été servie.

Il en est de même pour les atmosphères bien particulières des bas-fonds londoniens, de la misère, des écarts de salaire, les conditions de travail, le cross-country et des gangs de la capitale Anglaise.

Oui, c’est appréciable le fait que le côté historique soit présent, mais c’est peu, comparé à tout ce que j’ai dû ingurgiter comme redondances dans ce récit, comme si je lisais un feuilleton publié toutes les semaines et qu’il faille remettre en mémoire des lecteurs tout ce qui a été dit précédemment… Et faire de ce fait plus de pages.

L’auteur m’a donné l’impression d’applique à la lettre une des règles utilisée avec les chevaux (elle marche aussi avec les hommes) : répéter beaucoup ! Oubliant auparavant le « demander peu » et tout à la fin de « récompenser beaucoup »… Ici, je n’ai pas été récompensée du tout.

De plus, l’intrigue est faiblarde, molle du genou et ne cassera pas trois pattes à un coureur de cross-country ! Je matraque toujours, comme pour les pubs ou les élections.

Ma déception est grande et à la hauteur de mes attentes lorsque j’avais découvert ce pastiche holmésien qui me promettait, rien que par son titre, des moments d’émerveillements.

Mes yeux ont plus pleuré que pétillé et mon cœur n’a jamais battu plus vite durant ma lecture, même durant les moments d’intimité entre Holmes et Irene. Un comble !

La faute au texte insipide, à ce que l’auteur a choisi de nous raconter, laissant certaines explications dans le flou littéraire notamment comment Irene, en sauvant Holmes durant sa cavale, a fichu en l’air sa couverture et à été, de ce fait, découverte ?? Elle ne pouvait pas liquider les tueurs et s’en aller ? Comment les autres ont-ils fait pour additionner deux et deux et comprendre que Irene était le 007 que tout le monde cherchait ?? Mystère et boule de gomme.

Anybref, si les atmosphères londoniennes de ce roman sont bien rendues, tout le reste est insipide, les répétitions trop nombreuses, Watson passe pour un « crétinus débilus » de la pire espèce (ça ne lui rend pas justice), Irene est plus qu’en arrière-plan et n’enquête pas vraiment, même si elle participe aux réunions. Le titre est mensonger et survendeur !

Dame Ida avait lu le deuxième tome, j’ai lu le premier, mais croyez-moi, je laisserai tomber le suivant, même si je l’ai déjà acheté, pensant me faire une overdose de plaisir holmésien : ça a fait plus que pchiiiiiitttttttt……

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