Sherlock Holmes et la Bête des Stapleton : James Lovegrove

Titre : Sherlock Holmes et la Bête des Stapleton

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne (02/02/2022)
Édition Originale : Sherlock Holmes and the Beast of the Stapletons (2020)
Traduction :

Résumé :
1894. Voilà cinq ans que le monstrueux chien des Baskerville et son maître, le naturaliste Jack Stapleton, sont morts. Sir Henry Baskerville vit heureux dans son manoir ancestral avec son épouse Audrey et leur fils.

Du moins jusqu’au jour où l’on retrouve sur la lande le corps exsangue d’Audrey. Une nouvelle créature démoniaque hanterait-elle le Dartmoor ?

Lorsqu’on les appelle à la rescousse, Sherlock Holmes et le Dr Watson sont confrontés à une véritable créature de cauchemar. Il semblerait que Jack Stapleton ait survécu et qu’il soit décidé à se venger…

Critique :
Sherlock Holmes qui retourne sur les terres des Baskerville, non pas pour traquer le chien maudit, mais une autre créature qui a tué l’épouse de Sir Henry Baskerville.

Le côté fantastique est présent puisque l’animal qui persécute ainsi la famille, suçant le sang des animaux ou de l’épouse, est d’une taille gigantesque.

Une sorte de grosse mite (gaffe à la prononciation) aux yeux rouges. Une phalène, pour être exacte.

Si l’enquête m’a bien plu, il y a néanmoins quelques petits détails qui m’ont déplus…

Le premier est que Watson, suite à un soucis avec un chien dans le parc, refuse de partir avec Holmes enquêter sur la mystérieuse bestiole dans le Dartmoor. Dans la version du Chien, Holmes ne partait pas, mais c’était pour mieux enquêter incognito là-bas. Ici, notre brave Watson restera la cul dans le sofa. C’est Holmes qui lui racontera tout à son retour. Bof, ça craint.

Un autre soucis est qu’il n’est pas nécessaire d’être Columbo, Hercule Poirot ou même Holmes pour comprendre le truc derrière l’animal gigantesque. Pire, le coupable que l’on nous donne n’est pas crédible pour deux sous. Niveau mystères insondables, il y avait bien mieux dans « Le démon de Noël ».

Heureusement, Holmes se doute qu’il y a une mite dans le pâté et repart pour le Dartmoor, trop tard seulement pour empêcher la seconde tragédie d’arriver. Mes déductions étaient bonnes et lorsque Madame Barrymore relatera l’enlèvement, un détail me donne de suite la nom du complice. Putain, trop facile !

Si les deux premières parties étaient intéressantes malgré le fait que j’avais déjà compris le truc et l’astuce, la troisième est plus lente et à mon sens, il était tout bonnement inutile de faire traverser l’océan à Holmes, Watson, Baskerville, le caporal Grier et le docteur Mortimer pour poursuivre le kidnappeur.

Une course-poursuite sur la lande sauvage et désertique aurait été très bien. Le voyage en bateau est ennuyeux, il ne passe presque rien, si ce n’est une tentative de meurtre et le fait que Watson n’ait pas compris qui était le complice.

Anybref, pour le suspense, on repassera !

Pour le plongée dans l’époque victorienne, l’auteur fait le minimum syndical avec le côté raciste des Anglais et la ségrégation raciale qui existait, encore et toujours, entre les Blancs et les Noirs (le caporal Grier est Afro-américain). C’est lors de la traversée, sur le bateau, que c’est le plus flagrant avec quelques connards, bien dans leur époque, qui ne se priveront pas de faire des commentaires horribles.

Le final est un peu trop poussé, trop exagéré, trop exotique (nous sommes au Costa Rica) et le lien entre le complice et un célèbre grand méchant bien connu des Holmésiens, est un peu too much. Il n’y avait pas besoin d’en rajouter, ni de faire de ce personnage un vilain pas beau.

Le point fort du roman c’est que le Holmes et Watson sont presque semblables aux originaux, avec la touche de l’auteur en plus, bien entendu. Canoniquement parlant, on est dans le bon, c’est ce que j’apprécie le plus.

Par contre, j’avais été plus bluffée par la résolution de leur précédente enquête, celle avec le Démon de Noël qui réservait quelques surprises inattendues. Malgré tout, comparé aux nombreux pastiches holmésiens que j’ai déjà lus dans ma vie, celui-ci se trouve dans les tiroirs du haut.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°1XX].

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31 réflexions au sujet de « Sherlock Holmes et la Bête des Stapleton : James Lovegrove »

  1. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Mars 2022 | The Cannibal Lecteur

  2. Il était dans le haut de ma PAL… il attendait que je finisse mon Agatha Raisin en cours… 🙄 Bref tu sembles plutôt déçue ! C’est vrai qu’un meurtre pendant une traversée de l’Atlantique est bien peu de chose pour les lectrices blasées que nous sommes! 😂 Et la présence d’une mite géante fait craindre le retour des Grands Anciens 😱… Mais apparemment ce n’est pas ça. Mais qui sait créer des mites géantes ? Franchement ?🤨

    Faudra lire pour le savoir! 😉

    Aimé par 1 personne

    • Nous aurions mieux aimé une « bite » géante, comme dans la blague avec le génie un peu dur de la feuille…

      Il est facile de comprendre le coup de la mite… sinon, un peu de lavande et ça foutra le camp 😆

      Je suis déçue que l’enquête soit si facile à résoudre, si limpide, sans surprises (pour mon cas) et que la traversée de l’océan n’apporte pas grand-chose à l’ensemble, une course dans la lande et c’était bon, déjà 🙂

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      • Or donc… ayé je l’ai lu! 😁

        Le final en Amérique du Sud n’est pas ce qui me gêne le plus… Il s’y déroule des faits importants et rebondissements qui apportent quelque chose à l’action. Mais il est vrai que c’est très exotique pour une aventure de S.Holmes… Je le préfère de loin à Londres. 😁 Je te suis totalement sur le manque « d’atmosphère » victorienne. C’est un peu léger à mon goût mais l’auteur a voulu privilégier l’action.

        Non ce qui me dérange le plus c’est les recyclages de personnages du canon en y rajoutant des liens qui n’y existaient pas. Là c’est tout much pour moi et par conséquent la révélation finale des mobiles finit par rendre l’affaire encore plus abracadabrante qu’une histoire de mite géante cannibale. 🙄 Et dans ces révélations qui tombent de la bouche de Holmes comme la Vérité révélée tombant du Ciel ça manque un peu de démonstrations de déductions habituelles de Holmes. Donc ça les rend un peu artificielles à mon goût. 🤨

        Anybref une lecture distrayante mais… qui n’arrivera pas dans mon top 10 de mes pastiches holmesiens préférés ! 🧐

        Aimé par 1 personne

        • J’avais trouvé cette partie trop longue et j’étais déjà un peu refroidie par la grosse bite, heu, la grosse mite et les première révélations abracadabrantesque pour le nom du coupable et le duo ne m’a absolument pas convaincue. La démonstration de Holmes non plus… :/

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