Poumon vert : Ian R. MacLeod

Titre : Poumon vert

Auteur : Ian R. MacLeod
Édition : Le Bélial’Une Heure Lumière (21/04/2017)
Édition Originale : Breathmoss (2002)
Traduction : Michelle Charrier

Résumé :
Lors de sa douzième année standard, pendant la saison des Pluies Douces habarienne, Jalila quitte les hautes plaines de Tabuthal.

Un voyage sans retour — le premier. Elle et ses trois mères s’installent à Al Janb, une ville côtière bien différente des terres hautes qui ont vu grandir la jeune fille.

Jalila doute du bien-fondé de son déménagement. Ici, tout est étrange. Il y a d’abord ces vaisseaux, qui percent le ciel tels des missiles. Et puis ces créatures d’outre-monde inquiétantes, qu’on rencontre parfois dans les rues bondées.

Et enfin, surtout, la plus étrange des choses étranges, cet homme croisé par le plus pur des hasards — oui, un… mâle. Une révélation qui ne signifie qu’une chose : Jalila va devoir grandir, et vite ; jusqu’à percer à jour le plus extraordinaire secret des Dix Mille et Un Mondes…

Critique :
De temps en temps, je sors de mes sentiers battus et je m’en vais explorer d’autres Mondes, d’autres Univers, qu’ils soient au sens premier du terme ou tout simplement littéraires.

La collection Le Bélial est géniale puisqu’elle me permet de m’encanailler dans de la SF, sans pour autant entamer des sagas sans fins ou des très longues que l’on n’a jamais le temps de finir (ou alors, on met des années à tout lire).

Puisque l’auteur était anglais, cela tombait bien avec le Mois Anglais. Après mon échec de lecture de « Sur la route d’Aldébaran », je me suis remise de suite en selle avec une autre novella de cette maison d’édition.

Bardaf, je suis retombée !

Pourquoi ? Déjà, l’auteur invente des mots, parlant d’objets qui existent sur ce monde, mais sans les expliquer. À vous de faire bosser votre imagination pour tenter de savoir ce que c’est et à quoi ça sert (tentexplo, haremlek, tariqa, hayawans, qasr,…).

Je n’ai rien contre le fait de faire bosser mes petites cellules grises, mais si je me plante dans mon interprétation de ces mots, ça la fout mal, non ?

Dommage, parce que ce monde était intéressant à explorer. Imaginez un monde uniquement peuplé de femmes, la violence abolie, où les hommes sont plus que minoritaires et qu’on suspecte toujours d’être violents.

Non pas que je sois en accord avec ces préjugés, mais j’étais curieuse de lire ce que l’auteur allait inventer, développer, mettre en lumière. La société développée a des airs orientales, certains mots ou phrase m’ont fait penser à des bien connues, pour peu que l’on ait quelques notions culturelles.

Hélas, je me suis perdue dans ce monde, dans les personnages, dont aucun ne m’a vraiment touché.

J’ai juste été intriguée par sa rencontre de Jalila (personnage principal) avec Kalal, le premier garçon qu’elle croise sur cette planète où les hommes sont archi minoritaire (même Greenpeace ne pourrait plus rien pour cette espèce en voie d’extinction).

Sinon, aucun autre moment de la vie de Jalila, qui vit avec ses trois mères, ne m’a emballé, emporté.

Pire, j’ai même une impression fugace que le tout manquait de cohérence, de liant, et je me suis grave emmerdée durant ma lecture (mais je n’ai pas sauté de pages, sauf si je me suis endormie et que je n’ai rien remarqué en reprenant ensuite la lecture de la novella).

Peu de description de la ville, du monde dans lequel ces femmes vivent… Tout est évasif (oui, je sais, 144 pages, c’est peu), je ne me suis accrochée à rien et si je suis allée jusqu’au bout de cette lecture, c’est justement parce qu’elle était courte.

La seule chose que j’ai apprécié, ce sont les petits piques de l’auteur sur ce monde non mixte, composé à 99 % de femmes. Ce n’est pas un monde meilleur qu’un mixte, que du contraire. On pense avoir aboli les vieux travers, mais chassez le naturel…

Un rendez-vous manqué de plus, ce n’est pas la fin du monde, je vais passer à autre chose et oublier ces deux novellas avec lesquelles ne n’ai pas accroché (mais je n’ai pas dis mon dernier mot, je reviendrai vers les novellas de chez Le Bélial).

#MoisAnglais2022

Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

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19 réflexions au sujet de « Poumon vert : Ian R. MacLeod »

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  2. Ping : « Poumon vert », Ian R. MacLeod – Sur mes brizées

  3. Ah mais moi, j’ai beaucoup aimé (pourtant, je n’y allais pas plus convaincue que cela) ! Je l’ai lu il y a peu (billet à la fin du mois). Mais je comprends tout à fait qu’il puisse y avoir des ressentis très différents.

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    • Tant mieux pour toi, j’aurais préféré m’amuser à le lire que de piquer du nez et soupirer ! 😆 Vu son format, il ne pouvait pas être considéré comme un pavé 😛

      J’y allais convaincue et j’ai été déçue, j’aurais dû l’aborder comme toi… :/

      Aimé par 1 personne

  4. Y’a vraiment qu’un mec pour imaginer que toute violence serait abolie dans un monde uniquement peuplé de femmes!!! Bon ça dépend la définition qu’on met à ce mot… Mais pour moi la violence n’est pas que physique… Qu’il aille voir dans les quartiers des femmes des prisons, dans les services féminisés à 95% (ok… au boulot la violence reste verbale!), qu’il relise la bio de Margareth Tatcher et de quelques autres ! 😀 Il paraît que certains anciens collaborateurs d’une princesse exilée ne l’ont pas trouvée très douce ou respectueuse, et quelques anciennes ministres femmes de notre ancien gouvernement ont aussi déposé des plaintes pour harcèlement moral… Il a grandi dans une grotte avec sa mère le mec! Et il a pas dû avoir de sœur! 😆 En tout cas, il va donner des idées à la communauté LGBT! 🙂 On passe de la possibilité de deux mères à celle de trois!!! 😆

    Un tentexplo ? Tu sais pas ce que c’est ? Mais… c’est la dernière création de Décathlon pour camper dans l’espace! 😀 Bon… Pour ses autres trouvailles là j’ai pas d’idées… Sur le plan clinique ce n’est jamais très bon signe la création de néologismes non rattachés à une chose ou abstraction clairement définie… 😦 Mais c’est ça les artistes : tellement plongés dans leur imagination créative qu’ils ne prennent plus soin de nous la faire partager pleinement avec eux! 🙂

    Bon j’espère que la rencontre de cette héroïne avec un… un mâle (hiiiiiiii!!!!!!!!!) aura débouché sur une partie de galipettes sous l’astrocouette ou dans le tentexplo pour pimenter l’affaire… Mais va savoir pourquoi je suis presque certaine qu’ils ne s’accouplent pas comme nous non plus ces martiens là! 😆

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    • Dans un Anne Rice (la reine des damnés, je pense), on avait aussi la vamoiresse qui exterminait tous les mâles pour assurer la sécurité des gonzesses. Hélas, les femmes n’ont pas le monopole de la gentillesse et les hommes celui des violence. Juste que sans mecs (ou en minorité), plus de patriarcat ou de phallocratie ! 😉

      En politique, bien souvent, les femmes doivent gueuler, se battre et être plus méchantes que les mecs, sinon, elles se font bouffer et on ne les écoutent pas. Les mecs renvoient les femmes à leurs cuisines, leurs gosses, leurs ragnagnas… L’idée de l’auteur n’est pas mauvaise, c’est de la SF, tout est permis, mais c’est mal amené, on ne comprend pas tout, il ne se passe pas grand-chose, on a envie de dormir 🙂

      Pfff, ça ne baise même pas sous l’astrocouette ! :/

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      • Si on suit la philosophie et la psychanalyse et la définition du phallus objet détachable transmissible et cessible incarnant le pouvoir que l’on distinguera du pénis, il n’est donc pas nécessaire d’être un homme pour revendiquer la possession du phallus et techniquement les femmes aussi peuvent être phallocrates dès que l’on admet qu’elle puissent s’emparer du phallus (différent du penis). 🤓

        Mais en réalité le phallus n’est jamais qu’une prétention.

        Les hommes ont tendance à vouloir cacher qu’ils savent qu’ils ne l’ont pas… et les femmes à défaut de l’avoir veulent carrément l’incarner! 🤯

        Mais tu as quand même raison d’attribuer la phallocratie aux hommes car historiquement ils ont profité de leur supériorité musculaire pour nous imposer leur pouvoir.

        La question est simplement de savoir si les femmes seraient capables de faire mieux qu’eux si on leur laissait ce putain de phallus/pouvoir! 🤔

        Or… la bêtise et la méchanceté ne sont pas des monopoles masculins hélas… 🙄

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        • Hélas, une femme peut-être aussi conne qu’un mec, aussi violente et toussa toussa. Les femmes étaient sur toutes les barricades, et pas que pour encourager les mecs qui se battaient. Nous sommes fortes (ok, pas toutes), mais au boulot, les mecs se taillent la part du lion dans le pognon et les postes clés… :/

          Sinon, il existe des magasins qui vendent des pénis avec ou sans piles, on pourrait peut-être s’en acheter et voir si avec ça, on ne pourrait pas être calife à la place du calife 😆

          C’est compliqué, la psychanalyse !

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