Les Thés Meurtriers d’Oxford – 01 – Chou à la Crim’ : H.Y. Hanna [Par Dame Ida meurtrière notoire de scones]

Titre : Les Thés Meurtriers d’Oxford – 01 – Chou à la Crim’

Auteur : H.Y. Hanna
Édition : Oxford Tearoom Mysteries, book 1: A scone to die for (2016)
Édition Originale : City (2022)
Traduction : Diane Garo

Résumé :
Lorsqu’un touriste américain meurt, étouffé par un scone, dans son salon de thé anglais pittoresque, Gemma se retrouve plongée au cœur d’une mystérieuse affaire.

La jeune diplômée d’Oxford se met en tête de résoudre ce crime, aidée par les vieilles commères de son village et une petite chatte espiègle prénommée Muesli.

Mais entre sa mère autoritaire qui joue les entremetteuses et le retour de son ancien amour d’université, qui n’est autre que le séduisant inspecteur chargé de l’enquête, Gemma ne sait plus où donner de la tête…

Et les choses ne s’arrangent pas lorsque son salon de thé commence à avoir mauvaise presse ! Une affaire de meurtre n’est jamais bonne pour les affaires, surtout quand les clients se mettent à penser que vos scones sont mortels. Le nombre de victimes augmente, et le salon de thé de Gemma risque bien de faire faillite.

Parviendra-t-elle à trouver le tueur avant que les choses ne tournent sérieusement au vinaigre ? (Recette traditionnelle de scones anglais à la fin du roman !)

La vie (l’avis) de Dame Ida :
Vous savez que les scones et moi c’est une longue histoire. J’aime me comporter en ogresse quand ils sont dans une assiette, mais le véritable massacre a surtout lieux quand j’essaie d’en produire !

Et pourtant… J’en ai essayé des recettes !!! Une fois ou deux j’ai eu de beaux résultats mais… la plupart du temps je produisais des galets aussi durs que… des galets.

Or donc, j’ai trouvé dans ce livre une nouvelle recette qui m’a appris un truc : NE PAS TROP PETRIR… ah ben je comprends mieux alors l’assassinat en règle que constituait chacune de mes fournées !

Anybref… Si vous voulez la recette il vous faudra lire ce livre jusqu’au bout ! C’est comme avec PIF Gadget… Ma Tatie voulait bien me l’acheter mais je n’avais droit au gadget que quand j’avais tout lu ! Heureusement, pour le cadeau Bonux, je n’étais pas obligée de faire la lessive… J’étais trop petite !

Bon… Ce livre… Finira-t-elle par nous en parler ? C’est bien beau la vie de Dame Ida… Mais son avis sur le livre est quand même plus intéressant, non ?

Or donc, Miss Gemma Rose après avoir fait des études de lettres à Oxford, ce qui était très pratique puisqu’elle habitait un village environnant, a tenté de faire carrière en Australie.

Cependant malgré ses débuts très prometteurs dans le grand monde de l’entreprise, la voilà saisie d’un ras-le-bol monumental et reviens dans l’Oxford de sa jeunesse pour y ouvrir un salon de thé avec ses économies.

Un vrai salon de thé dans une vieille auberge d’époque Tudor rénovée, où avec l’aide de sa serveuse Cassie et de Fletcher son pâtissier adorable, talentueux mais aussi un peu « différent », elle se lance à l’assaut des estomacs les plus gourmands d’Oxford.

Purée ! Le rêve… Tenir un salon de thé… Y a pas à dire c’est une aventure qui me botterait plus que de devenir cadre sup-sup-sup dans une boîte panier de crabes ou il faut coucher et marcher sur les autres pour réussir !!!

Les gourmandes dans mon genre pourront rêver sur les quelques pages où il sera question de scones et autres spécialités du thé à l’anglaise ! Sans parler d’une petite brochette de petites vieilles qui cancanent ! Ce roman était fait pour moi…

D’autant qu’il y a des morts, et qui dit morts, dit meurtrier(s) à traquer.

Le coin est sympathique, son folklore universitaire aussi… le salon de thé me fait rêver… L’intrigue se lit agréablement sans être follement déboussolante, l’autrice nous présente des personnages à la psychologie suffisamment développée sans que ça ne soit non plus très complexe…

J’en garderai le souvenir d’une lecture agréable sans être pour autant transcendante.

Il y a en effet deux bémols qui m’ont hélas paru aller vers un peu trop de facilité à mon goût…

Déjà quand il n’y a que trois suspects, que le premier est tellement évident que ça n’en est plus crédible… Et bien il n’en reste plus que deux.

Et quand l’un d’entre eux mange la poussière à son tour, forcément… ça réduit les pistes. Alors oui… Le troisième suspect est-il vraiment coupable? Où n’y-a-t-il pas un autre suspect caché dans l’ombre qu’on fera sortir du placard, pour rebattre les cartes sur la base d’un poil de cul trouvé par hasard, au moment opportun pour relancer le Schmilblick ?

Mystère et boules de gnomes ! Mais… Je n’aime pas le coup du suspect surprise car l’auteure ne joue alors pas franc jeu avec les lecteurs qui pourraient vouloir essayer de trouver le coupable. Là… On ne vous laisse plus trop de chances.

Et puis… Le syndrome Agatha Raisin n’est plus très loin… Entre la mère de Gemma qui estime qu’ayant renoncé à faire carrière, sa fille doit abandonner son caprice de salon de thé (Ciel ! Ma fille ! Une boutiquière ! Quelle déchéance !!!) pour devenir bobonne heu… pardon, femme au foyer d’un type plein aux as, qu’elle va s’efforcer de trouver pour sa fille ; et Gemma elle-même qui laisse son imagination vagabonder lorsqu’elle croise son ancien béguin de la fac qui est opportunément devenu le flic qui enquête sur l’affaire… Évidemment ça n’augure rien d’excellent pour la suite.

Va-t-on les voir tous les deux se tourner autour, enquête après enquête sans conclure tandis qu’elle devra faire parallèlement des rencontres imposées par sa mère? J’ai prévu de lire le deuxième tome pour voir si mon intuition se confirme ou pas… Je vous dirai ! Promis ! Je crache si vous voulez !

Note de la Belette : on est priée de ne pas cracher sur/dans mon blog, merci ! mdr 

Donc en résumé, l’auteure réussit à nous distraire gentiment, et a trouvé un concept bien sympathique ainsi qu’un décor intéressant pour donner vie à ses personnages et ses intrigues, mais les uns et les autres méritent d’être davantage développés et complexifiés…

Et si elle pouvait éviter de s’enliser dans l’ornière du « Je t’aime moi non-plus » ou du « courre après moi que je t’attrape » des tergiversations amoureuses interminables qui finissent par user les nerfs des lectrices de cosy mysteries… ça serait bien.

Affaire à suivre…