Département V – 09 – Sel : Jussi Adler-Olsen

Titre : Département V – 09 – Sel

Auteur : Jussi Adler-Olsen
Édition : Albin Michel (25/05/2022)
Édition Originale : Natrium Chlorid (2021)
Traduction : Caroline Berg

Résumé :
En replongeant dans une affaire non résolue datant des années 1980, Carl Mørk et l’équipe du Département V découvrent avec stupeur que depuis trente ans, un tueur particulièrement rusé choisit avec une régularité effrayante une victime et l’élimine en déguisant ce meurtre en accident ou en suicide.

À chaque fois, sur le lieu du crime, un petit tas de sel.

Sur fond de restrictions sanitaires dues au Covid-19, Mørk et ses acolytes se lancent dans une enquête dont ils n’imaginent pas l’ampleur.

Critique :
Il m’est arrivé de me plaindre que certains récits manquaient de piment… Ici, je ne pourrai pas dire que ça manquait de sel.

Jusqu’à présent, les enquêtes cold-case du Département V n’ont jamais manqué de piment, d’équilibre, de sel,…

Par contre, comparé à ses prédécesseurs tels que « Miséricorde » ; « Profanation » ; « Dossier 64 » ou « L’effet papillon », il manquait d’émotions.

Rassurez-vous, ce n’est pas un obstacle, mais j’apprécie lorsque l’auteur traite de sujets de société dans ses enquêtes.

Ceci étant dit, ce fut un véritable plaisir de retrouver ma fine équipe du Département V, aux prises avec… Oh non, pas la putain de pandémie Covid et son confinement pour les fêtes de fin d’année 2020 ! Je voulais y échapper, j’ai râlé de me retrouver plonger dedans, et pourtant, l’utilisation de cette merde était utile pour le déroulement de l’enquête, puisqu’elle l’a entravée.

Si dans le tome précédent, nous apprenions ce qui était arrivé à notre ami des chameaux, Assad, dans celui-ci, l’affaire du pistolet à clou revient sur le devant de la table et sans la résoudre (dans le dernier tome, le 10), l’auteur a épaissi le mystère.

Sherlock Holmes disait « Le crime est banal, la logique est rare ». Il aurait adoré ce mystère qui ne manquait pas de logique, de mystère et les crimes n’avaient rien de banal puisqu’ils étaient déguisés en accident. Putain, c’était presque des crimes parfaits.

Une fois de plus, en alternance avec les chapitres consacrés à notre fini équipe enquêtant sur des morts accidentelles qui ne le sont sans doute pas, il y a ceux consacrés à des personnages féminins un peu inquiétant : une équipe de femmes dont deux portraits nous serons narrés plus en détails.

Si le rythme est plus lent au départ, puisqu’il faut le temps de rassembler les faits, de les analyser, de les comprendre, une fois que le nom du coupable sera connu, le rythme va s’accélérer, l’équipe de Carl Mørk bossant contre la montre.

Lecture addictive, cette 9ème enquête du Département V reste dans les bonnes affaires, même si un cran en-dessous des autres. Juste un cran, le manque d’émotions a joué aussi, ce récit étant plus dans un policier classique, bien que les crimes n’aient rien de classique, leur auteur non plus.

Une excellente enquête, qui prend son temps, qui ne résout pas avec l’aide du Saint-Esprit, mais moyennant des réflexions, des recherches dans les archives, un petit coup de pouce d’une personne qui fera une réflexion qui les mettra sur la piste, ainsi que de la sueur, des coups de téléphone et bien des jurons et des proverbes sur les chameaux.

Vivement le dernier tome que nous ayons le dernier mot sur l’affaire du pistolet à clou et sur la valise dans le grenier. Suspense, suspense. En effet, je ne voudrais pas que le dernier tome soit bâclé et que ça foute en l’air toute cette excellente série dont la moitié des romans sont dans mes coups de coeur !

4 Sherlock tout de même, car si les émotions étaient absentes, l’enquête était excellente et bien trouvée.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°011] et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Danemark).