Bilan Mensuel Livresque : Août 2022

En Août ce fut la canicule (qui n’est pas une pratique sexuelles du canard). Si au départ j’ai résisté à ces températures (et la maison aussi), après un certain moment, ce fut la bérézina totale, l’air chaud étant parvenu à pénétrer (le salopard d’envahisseur) dans toutes les pièces, nous faisant passer des nuits agitées, humides et désagréables.

Cela ne m’a pas empêché de lire encore et toujours. Heureusement qu’il y a eu les LC avec Bianca, sinon, mon mois d’août aurait été composé exclusivement de pavés ! C’est la première fois que j’ai envie de lire autant de pavés et pourtant, cela fait quelques années déjà que je participe au challenge de Brize. La pauvre, elle risque de m’interdire de challenge, vu ma folie passagère.

Mon Bilan Livresque d’Août est de 15 romans (dont 13 pavés), 9 bandes dessinées (dont une de 450 pages), 4 Comics et de 4 mangas = 32 lectures.

Babelio me signale que j’ai 276 lectures, tout genre confondus, à mon tableau de l’année. J’étais arrivée à 405 lectures en 2021, va falloir mettre le turbo, là (130 lectures à faire en 4 mois) !

Lors des canicules, même le chat, qui pourtant est plus résistant qu’un chien, en avait sa claque de la chaleur et le matin, après lui avoir ouvert la porte au matin, je le retrouvais couché sur le sol, en position lion dans la savane, comme s’il était au bout de sa vie après m’avoir attendu dans les escaliers.

D’ailleurs, le petit coquin a déserté le divan pour aller se coucher, tel un pacha, sur mon bureau (moi qui avait retiré mon mouse pad pour ne plus qu’il s’y couche, c’est loupé) et est moins resté sur mes genoux aussi. L’animal ne s’installe sur mes genoux que si j’ai le plaid posé sur moi et par 35°, c’est fort de café. Il a été généreux, après ses gros câlins, il est allé dormir au fond du canapé, me permettant d’ôter le plaid de mes jambes.

Pour le reste, il ne change pas, je suis la seule qui compte pour lui, il snobe mon mari, il ne va pas près de lui (ou il ne fait que de passer), sauf quand ce dernier s’assied à table, parce que là, le chat arrive à l’émouvoir et à recevoir un petit quelque chose. Une fois le morceau de coppa obtenu, le chat s’en va, il ne mendie plus.

Août fut aussi le mois des dîners en famille, des barbecues et tous mes week-end étaient pris. Cela m’a permis de passer du temps en famille et de voir ma nièce, qui a encore bien fait rire tout le monde avec ses réflexions.

Ma famille était réunie, avec celle du frère de mon père (11 adultes en tout) et la petite nous expliquait que la chienne était « amusante, rigolote et coquine ». Ce qui est tout à fait vrai, mes parents possèdent une chienne assez drôle. Puis, se tournant vers mon oncle, qu’elle nomme « tonton » aussi, elle balance que « tonton aussi est amusante, qu’il est rigolote et… coquine » ! Éclat de rire général, sauf de mon pauvre oncle, bien entendu, qui a ri en sourdine. Bon, faudra lui apprendre les féminins et les masculins, à la choupette.

Comme il y avait d’autres enfants un peu plus âgée qu’elle, elle a pu jouer avec les filles de ma cousine, moi, de mon côté, j’ai subi un feu roulant de questions sur les chevaux (et pas des questions bêtes, en plus) et je me suis retrouvée en train d’expliquer la différence entre le créationnisme et l’évolution (les chevaux auraient eu la taille d’un renard, à une époque lointaine, gardant des traces de ces anciens doigts).

Purée, les enfants de maintenant sont bien plus intelligents qui nous ne l’étions et leur questions sont pointues…

Les enfants aimant les animaux, elles sont venues avec moi promener la chienne, ma nièce dans mes bras parce que les herbes sont hautes, à la campagne. Elle a passé son temps à me demander de la poser au sol, puis de la reprendre dans mes bras, parce que les herbes hautes lui chatouillaient les guiboles… Tata est juste bonne à faire le transport, en quelque sorte ! mdr

Au moins, ce sont des bons moments que l’on passe et je n’ai jamais autant vu mon oncle, ma tante et leur enfants qu’en ce mois d’août 2022 ! On a passé nos dimanches (et des samedis) à bouffer à table. Vite, un régime !

Ce qui vient après la mort, c’est le deuil. Le roman choral de JoAnne Tompkins avait tout me plaire, mais il m’a perdu avec un récit assez lourd, où j’ai parfois mis du temps avant de comprendre quel personnage parlait. De plus, ils m’ont souvent semblé faux, comme des acteurs jouant mal leur rôle.

La première partie de Une libération de Nicolas Rabel commence très fort, nous propulsant à Paris, durant l’occupation, avant de repasser au présent, avec un meurtre dans une maison de retraite. L’enquête est accessoire, dans ce récit, le plus important étant celui qu’Odette va faire au commissaire. Un roman tout en émotion.

Tout le monde le disait, cette histoire était délirante, folle, géniale… Je me suis donc jetée sur Francis Rissin de Martin Mongin. Le pavé fut indigeste et il m’est resté sur l’estomac. Je pense qu’avec un tel roman, ça passe ou ça casse. Pas besoin de vous faire un dessin, chez moi : Bardaf, c’est l’embardée !

Une fois de plus, l’équipe de Sharko va affronter la crème de la crème des tueurs dans le tome 05 – Pandemia (Franck Sharko & Lucie Hennebelle) de Franck Thilliez. Un vrai page-turner. L’écriture de Thilliez est toujours aussi efficace et les sujets traités des plus intéressants. Une réussite, une fois de plus.

Avec Omerta, le petit dernier de R. J. Ellory (qui est en fait un de ses premiers), le courant n’est pas passé du tout. Cette lecture m’a donné l’impression que ce n’était pas la plume que je lisais, n’y retrouvant pas les plaisirs habituels. Cette lecture m’a laissée de marbre, sauf dans son final, explosif, qui était jouissif, je l’avoue.

Avec La Nymphe Endormie de Ilaria Tuti, les ramifications d’un crime possible vont trouver leur réponse dans le passé, en 1945. Le rythme n’est pas rapide, et pourtant, je n’ai jamais souffert d’ennui durant ma lecture. Que du contraire, les personnages étaient des plus intéressants. Une belle découverte.

Oufti, donc, Magritte et Georgette (ainsi que leur p’tite chienne Loulou) sont à Lidje (Liège) et bardaf, v’la déjà qu’ils tombent sur un crime. Toujours un plaisir de lire Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette – 04 – Liège en eaux troubles de Nadine Monfils [LC avec Bianca]. C’est truculent, enlevé, frais, agréable, bref, un vrai plaisir de résoudre des crimes, sans se presser.

8 ans après avoir lu le premier tome, voilà que j’ai repensé à lire (enfin !) W3 – 02 – Le mal par le mal de Jérôme Camut et Nathalie Hug. On prend les mêmes et on continue ! Le tome 2 n’est pas un copié-collé du 1, le scénario est différent, les personnages souffrent et peuvent même mourir.

Premier livre de Jussi Adler-Olsen, L’unité Alphabet traînait dans mes étagères, c’était un pavé, ça tombait bien. Divisé en deux parties (une durant les années 42 et une autre dans les années 70), ce roman, avec 100 pages de moins, aurait bénéficié de plus de rythme et de quelques incohérences en moins. Malgré tout, ce fut une bonne lecture.

Ma LC avec Bianca portait sur Le cœur battant du monde de Sébastien Spitzer, que j’avais choisi. Ce roman ne m’a pas apporté tout ce que je pensais, même si historiquement parlant, il était bien écrit, bien documenté. Par contre, les personnages fictifs manquaient d’épaisseurs, par rapport aux personnages réels.

Continuant de lire les Franck Thilliez de ma biblio, j’ai sorti Rêver, dont j’avais entendu parler. Si le thriller est addictif, il m’a manqué de l’empathie pour Abigaïl, personnage principal, souffrant de narcolepsie et de cataplexie. Pas une mince affaire. Les explications finales arrivent un peu vite, façon cheveu dans la soupe. Addictif, mais pas son meilleur, selon moi.

J’avais lu il y a longtemps une enquête de l’Inspecteur Pendergast et je n’avais pas vraiment adhéré au personnage. Par contre, avec Les croassements de la nuit – Inspecteur Pendergast 04 de Douglas Preston et Lincoln Child, j’ai pris plaisir à suivre cet inspecteur bizarre, sorte de mélange entre Sherlock Holmes, un vampire et un Indien Cheyenne. Une enquête assez gore, assez lente, mais sans ennui.

Non, je n’ai pas lu tous les romans de Stephen King ! C’est pourquoi je me suis plongée dans Nuit noire, étoiles mortes, un recueil de nouvelles fort sombres, sans lumière, sans rédemption, où des gens ordinaires vont, un jour, franchir la ligne rouge et basculer du côté obscur de la Force en tuant quelqu’un. L’art de la nouvelle n’est pas facile, mais le King y arrive toujours très bien.

Je voulais connaître la suite de Congo requiem – Famille Morvan 02 de Jean-Christophe Grangé et maintenant, c’est fait ! Putain, quel périple dangereux j’ai accompli en RDC, en compagnie de Erwan, le fils et Grégoire, le Padre ! En plein conflit entre les Tutsis se vengeant des Hutus, plus les autres guérilleros qu’il y avait dans le coin… Ça a chauffé pour nos miches, mais au moins, maintenant, je connais les petits secrets, bien que j’en avais déduit un facilement (mais c’était pire que ce que je pensais). Waw, après ça, faut redescendre sur terre.

Bilan Livresque : 15 Romans (dont 13 pavés !)

  1. Ce qui vient après : JoAnne Tompkins [Pavé de l’été – 576 pages]
  2. Une libération : Nicolas Rabel [Pavé de l’été – 658 pages]
  3. Francis Rissin : Martin Mongin [Pavé de l’été – 672 pages]
  4. Franck Sharko & Lucie Hennebelle – 05 – Pandemia : Franck Thilliez [Pavé de l’été – 653 pages]
  5. Omerta : R. J. Ellory [Pavé de l’été – 587 pages]
  6. La Nymphe Endormie : Ilaria Tuti [Pavé de l’été – 656 pages]
  7. Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette – 04 – Liège en eaux troubles : Nadine Monfils [LC avec Bianca]
  8. W3 – 02 – Le mal par le mal : Jérôme Camut et Nathalie Hug [Pavé de l’été – 1032 pages]
  9. Nous sommes les chasseurs : Jérémy Fel [Pavé de l’été – 720 pages]
  10. L’unité Alphabet : Jussi Adler-Olsen [Pavé de l’été – 668 pages]
  11. Le coeur battant du monde : Sébastien Spitzer [LC avec Bianca]
  12. Rêver : Franck Thilliez [Pavé de l’été – 630 pages]
  13. Les croassements de la nuit – Pendergast 04 : Preston et Child [Pavé de l’été – 644 pages]
  14. Nuit noire, étoiles mortes : Stephen King [Pavé de l’été – 624 pages]
  15. Congo requiem – Famille Morvan 02 : J-Ch Grangé [Pavé de l’été – 864 pages]

Bilan Livresque : 9 Bandes dessinées / 4 Comics / 4 Mangas = 17 lectures

  1. Nains – Tome 23 – Ararun et la rage bleue : Nicolas Jarry et Paolo Deplano
  2. La voie du tablier – Tome 1 : Kousuke Oono [BABELIO] [MANGA]
  3. Le convoyeur – T03 – Ces ténèbres qui nous lient : T. Roulot et Dimitri Armand
  4. Arsène Lupin contre Sherlock Holmes – T01 : Jérôme Félix, Alain Janolle et Delf
  5. Deadwood Dick – Tome 1 – Noir comme la nuit, rouge comme le sang : Michele Masiero, Corrado Mastantuono et Joe R. Lansdale [COMICS]
  6. Deadwood Dick – Tome 2 – Entre le Texas et l’enfer : Maurizio Colombo, Pasquale Frisenda et Joe R. Lansdale [COMICS]
  7. Deadwood Dick – Tome 3 – Black Hat Jack : Mauro Boselli, Stefano Andreucci et Joe R. Lansdale [COMICS]
  8. Old Skull : B-Gnet [BABELIO]
  9. Ken le survivant – Deluxe – T01 : Tetsuo Hara et Buronson [BABELIO] [MANGA]
  10. Le photographe de Mauthausen : Salva Rubio, Pedro J. Colombo et Landa Aintzane
  11. Le dernier assaut : Dominique Grange et Jacques Tardi
  12. Carbone & silicium : Mathieu Bablet
  13. La bombe : Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier
  14. Louisiana – Tome 1 – La couleur du sang : Léa Chrétien et Gontran Toussaint
  15. Moi, Sherlock – Tome 1 : Kotaro Takata, Io Naomichi et A.C. Doyle [MANGA]
  16. Colère Nucléaire – Tome 1 – L’après catastrophe : Takashi Imashiro [MANGA]
  17. Batman – Terre un – Tome 3 : Geoff Johns et Gary Frank [COMICS]

Bilan des publications de Dame Ida :

  1. [SÉRIE] Le Serpent de l’Essex [Par Dame Ida qui s’était égarée par là]
  2. Absolution par le Meurtre – Soeur Fidelma 01 : Peter TREMAYNE [Par Dame Ida, Pseudo-Historienne à seize heures]
  3. Les Thés Meurtriers d’Oxford – 03 – Flagrant Délice : H.Y. Hanna [Par Dame Ida, Critique d’Afternoon Tea]
  4. Les Chroniques de Bond Street : MC Beaton [Par Dame Ida Bridgerton]
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Nuit noire, étoiles mortes : Stephen King

Titre : Nuit noire, étoiles mortes

Auteur : Stephen King
Édition : Livre de Poche Fantastique (2014) – 624 pages
Édition Originale : Full dark, no stars (2010)
Traduction : Nadine Gassie

Résumé :
1922
Un fermier du Nebraska assassine sa femme avec la complicité de leur fils pour l’empêcher de vendre sa propriété à un éleveur de porcs. Le début d’une véritable descente aux enfers dans un univers de violence et de paranoïa.

Grand Chauffeur
Une auteure de polar se fait violer sauvagement au bord d’une route. Rendue à moitié folle par l’agression, elle décide de se venger elle-même de l’homme et de son effrayante complice…

Extension Claire
Un homme atteint d’un cancer, fait un pacte faustien avec un inconnu : en échange d’un peu de vie, il vend un ami d’enfance dont il a toujours été jaloux pour souffrir (ô combien !) à sa place…

Bon Ménage
Une femme découvre par hasard qu’elle vit depuis plus de vingt ans aux côtés d’un tueur en série. Que va-t-il se passer maintenant qu’il sait qu’elle sait…

Critique :
1922, l’épouse d’un fermier veut vendre les 100 acres de bonne terre (putain, des bonnes terres), afin qu’une société y installe son usine à abattre des cochons, ce qui apportera de la pollution dans la rivière.

Son époux, fermier de son état ne veut pas (comme je le comprend, quand on aime la terre, on ne la vend pas), alors, il tue sa femme…

— Oui, vas-y, étrangle-là, fout-la dans le puit !
— Rhô, ce n’est pas bien de penser ça, me souffle ma conscience. On ne tue pas pour des terres, fussent-elles bonnes.
— Oh, sa femme, la chieuse, veut les vendre, foutre le camp ailleurs et ne pense même pas à son gamin, qui n’aura plus de terres à hériter, plus tard. La terre, ça ne se vend pas. Hop, dans le puit, la chieuse !

Une écrivaine se fait violer sur le bord de la route.

— Vengeance ! Flingue ce salopard de violeur, je suis d’accord avec toi.
— On ne peut pas se faire justice soi-même ! me crie une fois de plus cette foutue conscience qui ne me laisse pas tranquille.
— La Justice, c’est comme la vierge Marie : à force de ne pas la voir, le doute s’est installé !
— Non, elle ne peut pas tuer son violeur, elle doit aller porter plainte à la police !
— Pfff, la police, elle ne la croira pas, elle lui demandera si elle ne l’a pas un peu cherché et si les flics interrogent l’enfoiré, il dira qu’ils sont eu des rapports sexuels un peu plus violents, mais qu’elle était d’accord. Alors, une balle entre les deux yeux et l’affaire est réglée !

La troisième histoire, assez courte, met mal à l’aise, en cause un personnage qui n’a aucun remords, même pas un soupçon… Quant à la quatrième et dernière, je l’ai moins aimé, elle m’a semblée fort longue dans son développement et je me suis un peu ennuyée, jusqu’au final.

Une fois de plus, le King m’a transformé en lectrice haineuse, appelant ou cautionnant les meurtres, sans que cela me pose problème. C’est grave ? Ce serait un effet King ?

Ne cherchez pas des étoiles dans ces pages, tout y est sombre, tout n’y est que noirceur de l’âme humaine. Pourtant, au départ, nous étions en présence de gens ordinaires, pas d’assassins. Oui mais voilà, les circonstances ont fait qu’ils ont basculés du côté obscur de la Force, à tort ou à raison.

La question que je me pose souvent : et moi, qu’aurais-je fait à leur place ? Pourrais-je tuer pour des terres ? Oups, oui. Pourrais-je tuer pour me venger ? Oui, absolument. Serais-je prête à passer un contrat avec le diable et transformer en enfer la vie d’une personne que je n’aime pas ? Oh oui, oh oui, oh oui. Survivre au fait d’apprendre que mon mari est un serial killer ? Là, plus compliqué, faut des épaules solides.

Mais aurais-je le courage (ou la folie) de tuer vraiment ? Là, j’en suis moins sûre. Le vouloir, c’est une chose, le faire, c’en est une autre.

L’art de la nouvelle n’est jamais facile, mais Stephen King a toujours su tirer son épingle du jeu et, une fois de plus, il nous offre des nouvelles sombres, sans lumière, sans rédemption, sans même une once de regret ou de prise de conscience dans les esprits de ceux et celles qui ont franchi la ligne rouge.

Malheureusement, si j’ai aimé cette lecture, je n’ai pas vibré comme il m’arrive de le faire, d’habitude, avec les récits du King. Attention, ces nouvelles sont bonnes, noires, sombres, mais elles manquaient parfois d’émotions brutes, comme l’auteur est capable d’en faire naître dans mon petit coeur.

Sans regretter cette découverte, ce roman ne me marquera pas au fer rouge comme d’autres ont pu le faire (ÇA, Misery, Shining, Simetierre, La ligne verte, Dolores Claiborne, Docteur Sleep).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°30], Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Les croassements de la nuit – Inspecteur Pendergast 04 : Douglas Preston et Lincoln Child

Titre : Les croassements de la nuit – Inspecteur Pendergast 04

Auteurs : Douglas Preston et Lincoln Child
Édition : J’ai Lu Thriller (2016) – 604 pages
Édition Originale : Still life with crows (2003)
Traduction : Sebastian Danchin

Résumé :
Medicine Creek, un coin paisible du Kansas.
Aussi, quand le shérif Hazen découvre le cadavre dépecé d’une inconnue au milieu d’un champ de maïs, il se demande s’il ne rêve pas : le corps est entouré de flèches indiennes y sur lesquelles ont été empalés des corbeaux.

Œuvre d’un fou ? Rituel satanique ? Il faut le flair de Pendergast, l’agent du FBI, pour comprendre que cette sinistre mise en scène annonce une suite.

Qui sème parmi les habitants une épouvante d’autant plus vive qu’il ne fait pas l’ombre d’un doute, pour Pendergast, que le tueur est l’un d’eux…

Critique :
Ma première rencontre avec le personnage de Pendergast avait eu lieu il y a longtemps et entre lui et moi, le courant n’était pas du tout passé (La chambre des curiosités).

Et puis, un jour, ma copinaute Sharon a posté une chronique sur ce roman-ci et cela m’a donné l’envie de le lire (l’envie d’avoir envie ♫).

Grâce à elle, j’ai fouillé les bouquineries, trouvé le roman (acheté le roman) et sa lecture ne fut qu’une formalité de même pas deux jours, c’est dire s’il se lit tout seul.

Pourtant, les enquêtes de Pendergast ne sont pas de celles où l’on s’agite dans tous le sens, où notre homme en costume sombre court dans tous les sens. Que du contraire, Pendergast est un épicurien, il prend le temps de boire son thé vert, de mener son enquête à son aise, le tout avec l’estomac bien accroché.

Désolée pour ceux ou celles qui mangent, mais les crimes ne sont pas propres du tout, c’est même à la limite du dégueulasse, du gore, comme si un espèce de loup-garou leq avait commis.

Pas de panique, le coupable est bien de notre monde, même si, pour résoudre cette enquête, notre enquêteur du FBI, issu d’un croisement improbable entre Sherlock Holmes (pour son esprit de déduction), Columbo (pour son calme en toute circonstance), un vampire (qui n’aurait rien contre la lumière du jour) pour son élégance et un Indien pour sa science de se déplacer en silence, va remonter le temps dans son esprit afin d’en savoir plus sur un massacre datant du siècle dernier.

Les auteurs nous font découvrir un autre trou du cul de l’Amérique : Medicine Creek, petite bourgade paisible du Kansas et petite bourgade qui se meurt lentement, dû à l’érosion démographique et au fait qu’il n’y ait rien dans le coin, si ce n’est une usine à transformer des dindes et qui ne donne envie à personne d’en manger !

Progressant dans un village où tout le monde se connait, où tout le monde connait tout le monde (l’esprit de clocher était présent), l’enquête de Pendergast va le mener dans une course poursuite des plus éprouvantes pour mon petit cœur et des plus épouvantable, pour les autres. Chocottes garanties !

Tout compte fait, renouer avec Pendergast m’a fait du bien, même s’il est too much puisqu’il cultive des tas de qualités (intelligent, riche, calme, cultivé, bien sapé, poli). Son duo avec Corrie Swanson était des plus intéressants, puisque tous les deux aux antipodes l’un de l’autre.

Un bon thriller, bien gore, bien violent, avec un final assez long, rempli de suspense, de sang, de peurs et de violences. Et un inspecteur même pas décoiffé, je parie !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°29], et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Rêver : Franck Thilliez

Titre : Rêver

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Pocket Thriller (11/05/2017) – 630 pages

Résumé :
Psychologue réputée pour son expertise dans les affaires criminelles, Abigaël souffre d’une narcolepsie sévère qui lui fait confondre le rêve avec la réalité.

De nombreux mystères planent autour de la jeune femme, notamment concernant l’accident qui a coûté la vie à son père et à sa fille, et dont elle est miraculeusement sortie indemne.

L’affaire de disparition d’enfants sur laquelle elle travaille brouille ses derniers repères et fait bientôt basculer sa vie dans un cauchemar éveillé… Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

Critique :
Abigaël… Encore un personnage de Thilliez qui pourrait aller porter plainte, vu comment son père littéraire l’a affligée de problèmes de santé : narcolepsie et cataplexie, sans oublier que lorsqu’elle rêve, elle a l’impression que c’est la réalité. 

Bon, moi aussi, lorsque je rêve, je pense que c’est réel, même si j’arrive à l’école en pyjama et en charentaises, juchée sur un vélo à trois roues. Alors que je ne vais plus à l’école depuis longtemps (ils m’ont donné mon diplôme), que je porte pas de pyjama, ni de charentaises et que je ne fais plus de tricycle. Pour moi, c’est réaliste.

Oui, mais moi, une fois réveillée, je sais que j’ai rêvé, Abigaël non ! Elle ne sait plus où est la réalité et où est le rêve ! La merde, tout de même, lorsqu’on est psychologue et que l’on aide les policiers dans des affaires sordides d’enlèvements d’enfants.

Hé oui, pas de petit assassin pèpère avec monsieur Thilliez ! Que des grandes poitures du crimes, du vice, du glauque, de l’horreur, de ceux qui se creusent la tête pour mettre en scène leurs saloperies et donner des cauchemars au parents des disparus et aux lecteurs.

Une fois de plus, l’auteur est arrivé à construire un véritable page-turner, avec des chapitres se finissant sur des cliffhanger et dont l’ordre n’est pas chronologique. Pas de stress, il y a une ligne du temps au-dessus qui vous indiquera à quel moment nous nous trouvons (on joue sur une ligne du temps de 7 mois).

Attention, vu que Abigaël ne sait plus où est la réalité, ni quand elle rêve, vous risquez quelques surprises. Faudrait juste pas en abuser…

Si le scénario est addictif et que les mystères semblent insolubles, les problèmes sont venus d’ailleurs : Abigaël, justement ! Difficile de la trouver sympathique, difficile d’entrer en phase avec elle, car j’avais l’impression qu’elle manquait de réalisme, de profondeur, bref, qu’elle était fausse. Sa maladie l’handicape lorsque l’auteur en a besoin et lui fout une paix royale si cela n’est pas nécessaire. Un peu facile.

Abigaël est intelligente et pourtant, elle n’a pas vu ce qui m’a crevé les yeux (trois choses importantes qui m’ont sauté aux yeux). En même temps, si elle les avait remarqué plus tôt, le cours du récit en eut été changé. De toute façon, une fois que j’avais éliminé l’impossible, ce qui me restait, aussi improbable que ça, était la vérité et bingo !

Un autre écueil, ce fut les explications finales, qui m’ont semblées être un peu limite, trop vite expliquées, trop vite expédiées et ensuite, on n’en parle plus. Et cette arme sortie dans la panique, ce tir, cela m’a semblé être le truc en trop, celui qui fout en l’air tout le scénario.

Puis le final, qui se termine abruptement, comme ça, pouf. Le deus ex machina qui vient au secours de l’héroïne qui se trouve dans une situation inextricable ? C’est moyen. Les ficelles étaient plus grosses dans ce roman et je les ai aperçues un peu trop facilement.

Anybref, je ne dis pas que ce thriller est mauvais, juste que je l’ai moins apprécié que d’autres du même auteur, qu’il ne m’a pas emporté comme les autres et que la séduction habituelle n’a pas eu tout à fait lieu. Il est addictif, je l’ai dévoré sur deux jours, mais la vague ne m’a pas emportée comme je le pensais.

Pas grave, il me reste encore quelques romans de l’auteur à découvrir et pour vibrer, comme j’ai l’habitude avec lui.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°28] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

La bombe : Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier

Titre : La bombe

Scénaristes : Alcante & Laurent-Frédéric Bollée
Dessinateur : Denis Rodier

Édition : Glénat 1000 feuilles (04/03/2020) – 459 pages

Résumé :
L’incroyable histoire vraie de l’arme la plus effroyable jamais créée.

Le 6 août 1945, une bombe atomique ravage Hiroshima. Des dizaines de milliers de personnes sont instantanément pulvérisées. Et le monde entier découvre, horrifié, l’existence de la bombe atomique, première arme de destruction massive. Mais dans quel contexte, comment et par qui cet instrument de mort a-t-il pu être développé ?

Véritable saga de 450 pages, ce roman graphique raconte les coulisses et les personnages-clés de cet événement historique qui, en 2020, commémore son 75e anniversaire. Des mines d’uranium du Katanga jusqu’au Japon, en passant par l’Allemagne, la Norvège, l’URSS et le Nouveau-Mexique, c’est une succession de faits incroyables mais vrais qui se sont ainsi déroulés.

Tous ceux-ci sont ici racontés à hauteur d’hommes : qu’ils soient décideurs politiques (Roosevelt, Truman), scientifiques passés à la postérité (Einstein, Oppenheimer, Fermi…) ou acteurs majeurs demeurés méconnus, tels Leó Szilàrd (le personnage principal de cet album, un scientifique qui remua ciel et terre pour que les USA développent la bombe, puis fit l’impossible pour qu’ils ne l’utilisent jamais), Ebb Cade (un ouvrier afro-américain auquel on injecta à son insu du plutonium pour en étudier l’effet sur la santé) ou Leslie Groves (le général qui dirigea d’une main de fer le Projet Manhattan) – sans oublier, bien sûr, les habitants et la ville d’Hiroshima, reconstituée dans La Bombe de manière authentique.

Extrêmement documenté mais avant tout passionnant, comparable en cela à la série TV Chernobyl, cet ouvrage s’impose déjà comme le livre de référence sur l’histoire de la bombe atomique.

Critique :
J’ai beau savoir comment cela s’est terminé, j’avais envie d’apprendre comment tout cela avait commencé : La bombe atomique.

Celle qui laisse peu de survivant lorsqu’elle explose et qui en fait encore d’autres longtemps après. Les Japonais vous le dirons.

La bombe atomique, nous en avons souvent entendu parler, un chtarbé a même menacé de nous en lancer une sur le coin de la gueule…

Mais que sait-on exactement de son histoire, de la genèse de sa fabrication, des scientifiques qui ont travaillés dessus ?

Peu de choses, mais grâce à cette bédé de 450 pages, très documentée, remplie de détails et très précise, vous serez incollable sur le sujet (à condition de tout retenir, bien entendu).

Les dessins sont en noir et blancs, d’un réalisme saisissant et vont s’attacher à suivre quantité de personnages réels. Les seuls personnages qui ont été inventés, ce sont les quelques Japonais afin de symboliser le peuple qui a eu la désagréable malchance d’en recevoir deux et d’en tester les ravages.

Comme des Américains eurent la malchance de servir de cobaye, à leur insu, pour des injections de plutonium…

On a beau être dans un récit qui laisse la place à la science, il ne faut pas croire que vous aller avoir l’impression de vous retrouver sur les bancs d’un université à écouter un cours de physique. Les auteurs ont réussi à rendre leur récit compréhensible, même pour le cancre de la classe et il n’y a pas que la conception de la bombe, dans ce récit.

C’est prenant, une fois commencé, on a envie de tout dévorer d’un coup, mais je me suis accordée des pauses dans la lecture, vu le poids de la bédé et vu le sujet traité.

Les auteurs ne se sont pas contentés d’illustrer un seul point de vue, mais plusieurs, allant des scientifiques aux militaires, au président des États-Unis, de Staline, des Allemands, des Japonais, des pilotes d’avion…

Ce donne du corps au récit et une vision plus globale, notamment avec des scientifiques qui ont compris le danger d’utiliser la bombe, là où les militaires et les politiques croyaient dur comme fer que posséder une telle arme mettrai fin à tous les conflits.

Il est facile de dire, en 2022, qu’ils se sont fourrés le doigt dans l’œil, et ce, jusqu’au coude (pour rester polie), parce que l’utilisation de la bombe n’a pas fait cesser toutes les guerres. Maintenant, d’autres pays la possèdent et le premier qui l’utilisera, anéantira totalement les autres…

Le point d’orgue est bien entendu le largage de Little Boy sur Hiroshima (avant Fat Man sur Nagasaki)… Ces quelques pages seront les plus émouvantes du récit. Les pires, aussi. Sans entrer dans le voyeurisme, le dessinateur, en quelques cases, est parvenu à rendre tout l’horreur de la chose. J’ai beau connaître l’Histoire, revoir cet épisode, même en dessins, ça m’a foutu les chocottes et noué les tripes.

Anybref, au lieu de lire ma chronique qui n’arrivera pas à rendre justice à cette bédé, ni à dire tout le bien qu’elle a pensé de cette lecture, filez l’acheter chez votre dealer de bédés ou la louer à biblio/médiathèque, et découvrez-là, elle en vaut plus que la peine.

Ne fut-ce que pour savoir… que pour comprendre… que pour se dire que rien ne valait qu’on utilise cette horreur ! Et si en 1945, elle était déjà terrible, cette bombe, imaginez la puissance de celles de notre époque…

Une bédé qui pèse son poids, au sens propre comme au figuré. Une bédé extrêmement bien documentée, où le narrateur sera parfois l’uranium, lui même. Une bédé où tout est vrai, hélas, ce qui la rend d’autant plus glaçante.

À gauche: à Hiroshima, une montre au milieu des décombres est arrêtée sur 8h15 du matin, le moment de la détonation atomique. À droite: à Hiroshima, l’ombre d’une silhouette humaine a laissé sa trace sur les marches d’une banque, gravée dessus par la chaleur extrême de l’explosion (Getty Images)

 

Le dernier assaut : Jacques Tardi et Dominique Grange

Titre : Le dernier assaut

Scénaristes : Jacques Tardi et Dominique Grange
Dessinateur : Jacques Tardi

Édition : Casterman (05/10/2016)

Résumé :
Augustin Sauvageon, brancardier de son état égaré entre les lignes de front, enchaînent les rencontres toutes plus désagréables les unes que les autres…

Du capitaine raciste de La Coloniale aux soldats « nains » du roi d’Angleterre, en passant par les effroyables trouvailles technologiques des Huns… tout le monde en prend pour son grade ! Ca ne serait pas aussi effroyable, on en rirait presque.

Mais Tardi, passionné depuis plus de 30 ans par ce qui est devenu son sujet de prédilection, dénonce encore et toujours la bêtise et la cruauté des chefs, qui exploitent allègrement des pauvres gars qui n’ont jamais très bien compris ce qu’ils foutaient là.

Critique :
Augustin est brancardier et il sera notre guide dans cette énorme boucherie que fut la Première Guerre Mondiale, arpentant les tranchées, croisant bien des soldats et nous expliquant les choses les plus importantes qu’il y a savoir sur ce conflit mondial.

Ne cherchez pas un fil conducteur, il n’y en a pas vraiment, les tribulations d’Augustin n’étant là que pour dénoncer les injustices, le racisme, les tueries de masse, les incompétences des officiers, les magouilles des politiciens, le fric qu’on dû gagner les fournisseurs de matériel militaire et autres saloperies.

Le procès de la France est bien entendu à charge, l’auteur chargeant la mule de tous les reproches qu’on peut lui adresser, sans oublier de charger aussi l’Angleterre, qui fit venir tous les peuples des Dominions, pour les faire combattre dans la boue et les tranchées.

Ces deux pays, colonialistes au possible, n’ont jamais respecté les peuples de leurs colonies, devenu de la chair à canon dans un conflit dont en principe, ils n’avaient rien à voir.

Les procès à charge ne sont pas ma tasse de thé, l’équilibre n’étant pas assuré par un avocat, même du diable, mais dans ce cas-ci, je ne lui en voudrai pas, l’auteur ne faisant que dire des vérités et de mettre à jour des injustices flagrantes.

Augustin déambule, parle dans son argot des tranchées (compréhensible), les dessins des décors sont précis, il ne manque rien : ni les morts, ni les rats festoyant, ni les animaux crevés dans des fossés, ni les maisons détruites…

Tout est fait pour qu’en 88 pages, le lecteur en prenne plein la gueule et en sache le plus possible sur les différents gouvernements et leurs petites saloperies en coulisses. De toute façon, les politiciens n’ont jamais été patauger dans la boue, les tripes, le sang et les cadavres des tranchées, eux !

Ce récit parle de souffrance humaine, d’injustices, des horreurs du conflit mondial, qui a entraîné des morts en pagaille (avant que la grippe n’en fasse encore plus, la preuve que la vie ne manque jamais d’ironie) tout en engraissant d’autres (et pas que les rats).

Le discours est antimilitariste et je ne le reprocherai pas à l’auteur. Malgré tout, il manque un peu d’émotions, dans ces pages et j’en avais reçu bien plus en lisant la trilogie du Stalag IIB.

Voilà encore une bédé de Tardi que j’ai appréciée, malgré l’absence de fil rouge, malgré le manque d’émotions, malgré le discours d’Augustin qui pourrait faire penser que l’auteur règle des comptes avec les militaires et tous les connards qui aiment les conflits. Là, il n’a pas tout à fait tort…

Dommage pour les émotions manquantes, j’aurais aimé qu’il y en ai dans cet album, vu le sujet traité.

Le cœur battant du monde : Sébastien Spitzer [LC avec Bianca]

Titre : Le cœur battant du monde

Auteur : Sébastien Spitzer
Éditions : Albin Michel (21/08/2019) / Livre de Poche (2021)

Résumé :
Dans les années 1860, Londres, le cœur de l’empire le plus puissant du monde, se gave en avalant les faibles. Ses rues entent la misère, l’insurrection et l’opium.

Dans les faubourgs de la ville, un bâtard est recueilli par Charlotte, une Irlandaise qui a fui la famine.

Par amour pour lui, elle va voler, mentir, se prostituer sans jamais révéler le mystère de sa naissance. L’enfant illégitime est le fils caché d’un homme célèbre que poursuivent toutes les polices d’Europe. Il s’appelle Freddy et son père est Karl Marx.

Alors que Marx se contente de théoriser la Révolution dans les livres, Freddy prend les armes avec les opprimés d’Irlande.

Après « Ces rêve qu’on piétine », un premier roman très remarqué et traduit dans plusieurs pays, qui dévoilait l’étonnante histoire de Magda Goebbels, Sébastien Spitzer prend le pouls d’une époque où la toute-puissance de l’argent brise les hommes, l’amitié et l’espoir de jours meilleurs.

Critique :
Londres, XIXe siècle, ma période préférée (pas pour y vivre ou y bosser). Londres, immense cœur battant du monde, mais immonde cloaque aussi.

Londres, la ville aux  multiples visages, la ville où les ouvrières (et ouvriers) trimaient comme des forçats et où la semaine des 35 heures se faisait en trois jours.

Le résumé était alléchant et il me tardait d’entamer ce roman qui me promettait beaucoup. Ma rencontre avec Charlotte fut un plaisir, je sentais bien que j’allais l’apprécier, elle, tout comme le docteur Malte (qu’on perdra de vue ensuite).

Puis, un autre personnage a fait son entrée, un certain monsieur Engels et, à ma toute grande honte, je n’ai pas tilté de suite, pourtant, je l’ai étudié à l’école, ce mec. Puis, lorsque mon shilling est tombé, j’ai compris aussi qui était « Le Maure » dont on parlait, un type que j’avais aussi étudié à l’école aussi et dont le portrait brossé dans le roman n’était guère flatteur.

Mais quelle faignasse, le Marx ! Dépensier, incapable d’aller bosser, se faisant entretenir par Engels (qui aurait dû aller s’acheter une paire de cojones, soit dit en passant) et qui, lorsqu’il touchera enfin son héritage, ira louer une maison bourgeoise, jouant les bourgeois lui-même, tout en continuant de se faire entretenir comme une maîtresse par Engels et en gagnant un peu d’argent en boursicotant !

Si j’étais mesquine, je dirais que le patient zéro de la gauche caviar, ce fut lui ! L’homme n’était pas exempt de contradictions, tout comme Engels (comme tout le monde, sauf qu’eux, ils cumulent).

Ce roman est une mine d’information en tout genre pour la période concernée : de 1850 à 1867. Bien des sujets vont être abordés, notamment la famine des Irlandais, la guerre de Sécession, le blocus des port, le coton qui n’arrive plus, les faillites des usines de filature, les conditions de travail déplorables, la misère, l’opium, la crasse, les grèves, l’Internationale qui commence, la lutte des classes, les Fenians,…

L’auteur s’est fortement documenté et tout respire le réalisme. De ce point de vue là, je n’ai pas à me plaindre. Par contre, le récit manquait de flamboyance, d’émotions, de vie, tout simplement. Il était trop clinique, trop rigide.

Cela a commencé après que Charlotte ait recueilli le petit Freddy : le récit passe du gamin qui vient de naître à ses 12 ans. L’ellipse est grande, trop grande. Le personnage de Charlotte a changé, sans doute à cause des sacrifices qu’elle a dû faire pour élever seule un enfant.

Le récit ne donnera que des bribes, me laissant un goût de trop peu. Non pas que je voulais faire du voyeurisme sur leur misère, mais j’aurais aimé en apprendre plus sur ses sacrifices et non pas me contenter de miettes, alors que pour d’autre sujets, j’ai eu des détails dont je me serais bien passée (une opération).

Les personnages de Charlotte et Freddy ont perdu du corps dans cette ellipse, de la profondeur et pire, du réalisme ! Alors que les autres personnages étaient bien ancrés, eux, je les ai vu partir à la dérive et Charlotte finira en personnage laborieux.

Et puis, il est difficile de savoir quel personnage est mit à l’honneur dans ces pages, puisque le récit suivra aussi bien Charlotte et Freddy, que Marx et Engels. Sur la fin, au moment où l’on abordera les révoltes des Fenians, j’avais décroché.

Un récit plus concentré sur Freddy et Charlotte m’aurait mieux convenu, une écriture plus ramassée dans certains passages aurait donné de l’oxygène au roman, et rallumé la flamme, même si ces détails étaient utiles pour ancrer le tout dans le réalisme (les lecteurs ne sont jamais contente, je sais et nous ne manquons pas de contradictions non plus).

Dans l’ensemble, cette lecture ne fut pas un fiasco, le côté historique était très bien rendu, même si une narration au passé lui aurait rendu service, ainsi qu’une écriture moins clinique. L’histoire manquait d’émotions brutes, alors que nous sommes dans l’East End, dans la misère, avec des gens qui bossent dans les usines 13 à 15h par jour, pour un salaire de misère.

Un roman dont j’attendais beaucoup et où un récit au ton assez froid m’a fait perdre une partie de mon intérêt pour cette histoire, où certains personnages ont manqué de cohérence, de profondeur, d’étoffe qui font les grands personnages marquants dans une lecture.

Et pourtant, sa partie historique était bien réussie, m’a appris beaucoup de choses, m’a immergé dans l’époque à tel point que je ne peux pas dire que tout était foiré et que je n’ai pas pris du plaisir à certains moments.

Une LC avec Bianca en balance… Elle ne vous dira pas tout à fait la même chose que moi, allez donc lire son avis et laissez lui un petit mot.

L’unité Alphabet : Jussi Adler-Olsen

Titre : L’unité Alphabet

Auteur : Jussi Adler-Olsen
Édition : Livre de Poche Thriller (02/01/2020) – 668 pages
Édition Originale : Alfabethuset (1997)
Traduction : Caroline Berg

Résumé :
L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.

Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie.

Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé.

En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Critique :
Deux aviateurs anglais en mission en territoire ennemi se font abattre et doivent sauter en parachute.

Gérard Oury a fait une super comédie d’un tel scénario, tandis qu’Adler-Olsen en a fait un drame.

Avec l’auteur, pas de rendez-vous aux bains turcs, pas de rencontre avec les personnages joués par De Funès et Bourvil, mais un train sanitaire, rempli d’officiers allemands, dont des nazis.

Pour la race des seigneurs, il était mal vu que la populace apprenne que des officiers à la tête de mort soient devenus fous ou mutiques, suite aux ravages de la guerre, aux explosions.

Prenant la place de deux officiers de la gestapo, nos deux aviateurs anglais vont se retrouver dans un sanatorium à devoir simuler la folie, sans savoir qu’ils ne sont pas les seuls simulateurs…

La partie consacrée à leur séjour dans un hôpital psychiatrique, à faire en sorte de ne pas se faire démasquer, était intéressante, même s’il ne s’y passe pas grand chose et qu’une grande partie tourne aux maltraitances par d’autres pensionnaires.

Par contre, je pensais m’ennuyer durant les recherches de Bryan, trente ans après, et il n’en fut rien. L’auteur ne s’est pas contenté de nous pondre une petite enquête à la Perdu De Vue, il a pensé aux surprises, au suspense, aux mystères, ainsi qu’aux retournements de situation.

Pas d’ennui durant la lecture de ce pavé, qui s’est déroulée sur deux malheureuses journées, tant le récit m’a passionné, malgré les incohérences dans l’enquête qui, avant, n’avait jamais rien donné et puis soudain, bardaf, Bryan avance en trouvant un fil rouge, ainsi que les incohérences dans la guérison d’un personnage.

Mais ce qui m’a manqué le plus, dans ce récit, c’est l’humour cynique présent dans les enquêtes du Département V (c’est son premier roman, donc, pas encore de recette miracle) et des émotions. Et puis, il y avait trop de manichéisme dans les personnages du trio infernal de l’hôpital.

D’accord, avec des personnages tel un ancien dirigeant de camp de concentration et un gestapiste, peu de chances de se retrouver avec des personnages que l’on apprécie, mais j’aurais apprécié qu’ils aient un peu de nuance, que l’auteur en fasse des méchants plus ambigus, moins tranchés. Ils sont cruels à l’excès et cela devient soulant, à la fin.

Ces bémols ne m’ont pas empêchés d’apprécier ce premier roman de l’auteur, sorti en 1997 au Danemark, bien avant le Département V. L’écriture n’est donc pas celle dont j’ai l’habitude, la plume n’étant pas en poils de chameau, chers à notre Assad, donc, elle ne chatouille pas encore.

Pourtant, ce roman n’est pas si mal que ça, même si avec 100 pages de moins, nous aurions eu un récit plus ramassé. Je n’ai pas ressenti les longueurs, mais cela pourrait arriver à certains lecteurs/trices.

Un premier roman qui n’est pas si mal que ça, moins foiré que d’autres premiers romans d’auteurs que j’ai lu (mais ceci n’est que mon avis). Mais ne cherchez pas ce que vous aimez chez l’auteur, ceci n’a rien à voir avec le Département V !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°27] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Le photographe de Mauthausen : Salva Rubio, Pedro J. Colombo et Landa Aintzane

Titre : Le photographe de Mauthausen

Scénariste : Salva Rubio
Dessinateur : Pedro J. Colombo

Édition : Le Lombard (29/09/2017)

Résumé :
Et si le vol du siècle avait eu lieu… dans un camp de concentration nazi ?

En 1941, Francisco Boix, matricule 5185 du camp de concentration de Mauthausen, échafaude avec ses camarades un plan pour voler des photographies témoignant des crimes commis dans le camp et incriminant les plus hauts dignitaires nazis.

Ce plan risqué n’est que le début de son périple pour révéler la vérité… Une histoire vraie, basée sur des faits réels.

Critique :
Voilà un sujet dont on nous parle peu : les espagnols dans les camps de concentration, notamment dans celui de Mauthausen qui était un camp de catégorie III (Aushwitz était de catégorie I), ce qui veut dire qu’on y envoyait les irrécupérables, ceux qu’il fallait tuer par le travail.

Les prisonniers devaient monter 186 marches avec une pierre de 8 kilos sur le dos, extraite de la carrière.

À Mauthausen, on vous disait que vous étiez entré par une porte mais que vous sortiriez par la cheminée et les nazis se ventaient d’avoir 40 manières différentes de vous assassiner (*). Personne ne devait en sortir vivant.

Les Espagnols fuyant la guerre civile ont trouvé refuge en France, qui les parqua dans ces camps de concentration eux aussi (près de 15.000 morts), comme quoi, les idées barbares d’exportent bien, même au pays des droits de l’Homme.

Puis, les Espagnols se retrouveront aux mains des soldats de la Wehrmacht avant de passer dans celles des SS où ils furent déportés à Mauthausen. Francisco Boix, jeune communiste, fait partie des déportés.

Inspirée d’une histoire vraie, cette bédé raconte la vie de Francisco dans le camp, ainsi que son envie de faire sortir les clichés pris par un haut dignitaire nazi, Paul Ricken (un ancien prof). Ce dernier aimait photographier les morts, les mettant en scène pour en faire de l’art. Mais voler les négatifs, les reproduire, les cacher et les faire sortir ensuite du camp ne sera pas facile.

Francisco voulait dénoncer les atrocités qui eurent lieu dans ce camp, apporter des preuves, montrer à la gueule du monde, notamment au procès de Nuremberg, ce que ces salopards de nazis avaient fait subir à d’autres humains. Hélas, ceux qui ne l’ont pas vécu ne peuvent pas le comprendre…

C’est horriblement réaliste, le dessinateur ayant repris, tels quels, les véritables clichés pris par Paul Ricken, et sorti du camp ensuite. Bien que le scénariste ait romancé quelques faits, le reste est Historique et terriblement dramatique, horrible et inhumain.

Et encore, les auteurs auraient pu aller plus loin dans l’horreur, mais ils n’ont pas choisi cette voie-là. Ce qu’ils nous montrent suffit à nous faire comprendre les conditions effroyables d’une déportation à Mauthausen d’où l’on ne devait pas en sortir autrement qu’en cadavre.

À la fin, il y a un cahier historique, fort complet, qui expliquera plus en détail la destinée des espagnols dans les camps, ainsi que leur difficile retour à la vie civile puisqu’on les considérait comme apatride. Ils ne peuvent rentrer en Espagne, leur cher Parti Communiste les considère comme des traites car ils ont survécu (elle est forte, celle-là).

Une bédé à lire, pour en apprendre plus sur des sujets dont on parle peu : les Espagnols qui se sont battus contre le fascisme dans leur pays et dans le reste de l’Europe, leur emprisonnement dans des camps en France, leur déportation dans les camps ensuite et leur difficile retour à la vie ensuite.

Une bédé qui est faite avec beaucoup d’humanisme, malgré l’horrible sujet qu’elle traite et qu’il faut lire.

(*) Wikiki me signale que « Après la guerre, l’un des survivants, Antoni Gościński rapporta 62 méthodes d’exécution des prisonniers ». Encore pire que je ne le pensais.


 

Mois Américain – Septembre 2022 – Dans le cul, Lulu !

Ben oui, cette année encore, pas de Mois Américain, la faute à une personne qui l’a scroté (comme on dit en Wallonie). Celui qui a lieu sur Instagram n’est pas le bon, c’est le chipé, volé, emprunté à long terme sans volonté de le rendre, bref, ce n’est pas l’unique, celui qui avait lieu chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Puisqu’il n’a pas lieu et que mamy veut faire de la résistance, je me suis dit que j’allais faire comme les marins : le faire en solitaire ! (non, pas ce que vous pensez, je parlais de navigation, rhôô m’enfin).

Donc, je vais me faire mon petit mois Américain toute seule comme une grande (mais me rejoint qui veut), les chroniques pourront aussi entrer dans le challenge du Picabo River Club. Et klet Mariet !

Je peux même commencer le mois Américain avant le 1er septembre, tiens. Fuck the rules ! Autant commencer le plaisir plus tôt.

Mon programme de lecture sera moins impressionnant que pour le Mois Anglais, il sera sans doute comme un mois normal et ma liste de livres sélectionnés ne sera pas aussi longue qu’en juin ou que durant les années où le mois Américain avait lieu. Restons sérieuse, pour une fois…

Il y aura des pavés, bien entendu, il faut que je termine le challenge des pavés en beauté et en fureur. Il y aura des bédés et des comics, mais pas de relecture d’anciennes bédés dans le but d’établir des chroniques. Je vais lire du neuf.

Je ne me suis pas cassée la tête pour les logos, je n’ai pas fait des fouilles dans le Net pour trouver des images illustrant les États-Unis, je me suis contentée de prendre des images avec un drapeau et une tête d’aigle.

Les copinautes qui participaient avant au Mois Américain « A.O.C » peuvent les emprunter, des fois qu’elles auraient envie de participer en solitaire aussi, afin de montrer qu’elles résistent, qu’elles prouvent qu’elles existent et que notre Mois Américain à nous renaîtra de ses cendres, nom d’une pipe.

Ma petite liste de romans :

  1. Duchess : Chris Whitaker
  2. Sherlock Holmes et les protocoles des Sages de Sion : Nicholas Meyer
  3. L’été où tout a fondu : Tiffany McDaniel
  4. Arpenter la nuit : Leila Mottley
  5. Blackwater – 01 – La crue : McDowell Michael
  6. Brokeback Mountain : Annie Proulx
  7. Outsider : Stephen King (805 pages)
  8. Nuit noire, étoiles mortes : Stephen King (624 pages)
  9. Toutes les chances qu’on se donne : Kevin Hardcastle
  10. American dirt : Jeanine Cummins (576 pages)
  11. La Troisième Griffe de dieu – Andrea Cort 02 : Adam-Troy Castro
  12. Rattrape-le ! : Jake Hinkson
  13. Le Mississippi dans la peau : Eddy L. Harris
  14. Les Livres de la terre fracturée – 01 – La Cinquième Saison : N. K. Jemisin
  15. La cité en flammes : Don Winslow
  16. Le mambo des deux ours – Hap Collins et Leonard Pine 03 : Joe R. Lansdale
  17. Les croassements de la nuit : Preston et Child (604 pages)
  18. Tous les démons sont ici – Walt Longmire 07 : Craig Johnson
  19. Warlock : Hall Oackley (720 pages)
  20. La flèche brisée : Elliott Arnold
  21. Minuit à Atlanta : Thomas Muller
  22. Un seul parmi les vivants : Jon Sealy
  23. Le moine de Moka : Dave Eggers
  24. À sang perdu : Rae DelBianco
  25. Le sport des rois : C. E. Morgan
  26. Un profond sommeil : Tiffany Quay Tyson
  27. Toute la lumière que nous ne pouvons voir : Anthony Doerr (697 pages) [LC Bianca]
  28. Les hommes ont peur de la lumière : Douglas Kennedy [LC Bianca]

Bandes dessinées / ComicsLe sport des rois Morgan C. E.

  1. Batman – Année Zéro : Scott Snyder et Greg Capullo
  2. Batman – The Dark knight Return : Frank Miller et Klaus Janson
  3. Batman – Terre Un – 03 : Geoff Johns et Gary Frank
  4. Toute la poussière du chemin : Wander Antunes et Jaime Martin
  5. The Seven Deadly Sins : Tze Chun et Artyom Trakhanov
  6. Le révérend – 01 – Les diables déchus du Nevada : Lylian, Lebon et Poupelin
  7. Une autre histoire de l’Amérique : Jack Jackson
  8. Horseback 1861 : Hasteda et Nikho
  9. Calvin et Hobbes – 09 – On n’arrête pas le progrès ! : Bill Watterson
  10. Après la nuit : Henri Meunier et Richard Guérineau
  11. Molly West – 01 – Le diable en jupons : Philippe Charlot et Xavier Fourquemin
  12. Louisiana, La couleur du sang  01 : Léa Chrétien et Gontran Toussaint
  13. Louisiana, La couleur du sang 02 : Léa Chrétien et Gontran Toussaint
  14. Deadwood Dick – Tome 2 – Entre le Texas et l’enfer : Maurizio Colombo, Pasquale Frisenda et Joe R. Lansdale
  15. Deadwood Dick – Tome 3 – Black Hat Jack : Mauro Boselli, Stefano Andreucci et Joe R. Lansdale
  16. Balles perdues : Matz, Jef et Walter Hill