Les hommes ont peur de la lumière : Douglas Kennedy [LC avec Bianca]

Titre : Les hommes ont peur de la lumière

Auteur : Douglas Kennedy
Édition : Belfond (05/05/2022)
Édition Originale : Afraid of the light (2021)
Traduction : Chloé Royer

Résumé :
Un après-midi calme et ensoleillé, un bâtiment en apparence anonyme et soudain, l’explosion d’une bombe.

L’immeuble dévasté abritait l’une des rares cliniques pratiquant l’avortement. Une victime est à déplorer et parmi les témoins impuissants, Brendan, un chauffeur Uber d’une cinquantaine d’années, et sa cliente Elise, une ancienne professeure de fac qui aide des femmes en difficulté à se faire avorter.

Au mauvais endroit au mauvais moment, l’intellectuelle bourgeoise et le chic type sans histoires vont se retrouver embarqués malgré eux dans une dangereuse course contre la montre. Car si au départ tout semble prouver qu’il s’agit d’un attentat perpétré par un groupuscule d’intégristes religieux, la réalité est bien plus trouble et inquiétante…

Tout à la fois thriller haletant et chronique d’une Amérique en crise, Les hommes ont peur de la lumière est surtout le puissant portrait d’un homme et d’une femme qui, envers et contre tout, essaient de rester debout.

Critique :
De Douglas Kennedy, je n’avais lu que « Cul-de-sac« , que j’avais adoré. Retrouver cet auteur en Lecture Commune avec ma copinaute Bianca était donc une bonne nouvelle.

Un roman avec une enquête, même si non policière, et qui allait critiquer la société américaine, moi, je suis pour.

En effet, dès les premières pages, l’auteur nous met face à quelques représentants de l’Amérique qui s’épanchent sur la banquette arrière de Brendan, un chauffeur Uber à Los Angeles.

Et boum, dès le début, ça dénonce et ça défonce. La société Uber possède des milliers et des milliers de chauffeurs, de véhicules, mais rien n’est à elle, elle n’a quasi pas de bureaux, mais on sent de suite la dictature de la société, ainsi que celle des utilisateurs qui peuvent crucifier les chauffeurs avec des commentaires.

Pourtant, entre le livre et moi, la rencontre n’a pas eu lieu… Brendan m’a fait penser à un mauvais acteur dans un mauvais film, rien ne me semblait réaliste, intéressant, l’auteur balançant des chiffres dans son récit, me faisant décrocher dès le départ.

Même ses clients semblaient être un panel de ce qu’un chauffeur pourrait croiser dans sa journée, sa semaine, et pourtant, ils manquaient de réalisme, d’étoffe.

Bon, je suis comme un chien, je n’ai pas voulu lâcher l’os de suite et j’ai continué ma lecture. L’explosion de la bombe dans un centre pratiquant l’avortement allait sans doute relancer le récit qui me plombait.

Des gens ont le droit de ne pas être d’accord avec l’avortement, je ne remettrai pas cela en question. Par contre, hurler devant les centres pratiquant l’IVG, poser des bombes, agresser les femmes qui y entrent, le personnel hospitalier, les médecins, là, je m’insurge !

C’est facile de dire à une femme (une fille) qu’elle va assassiner son enfant, qu’elle doit le garder, quoiqu’il lui en coûte, et blablabla, mais lorsqu’il s’agira d’élever cet enfant, les manifestants pro-vie ne seront pas là ! Lorsque la mère (et le père ?) aura du mal à joindre les deux bouts, perdra son job pour cause d’enfant, ou seront les pro-vie ? Sûrement pas aux côtés de la pauvre femme et du gosse…

Hélas, si j’ai apprécié le personnage de Elise qui aide les femmes seules dans les cliniques d’avortement (faut savoir le faire), j’ai eu du mal avec le reste des personnages, notamment avec Brendan, qui manquait de pep’s (pour ne pas dire de couilles) et avec son épouse, catho intégriste au possible, souffrant de déni et le curé, bouffant à la table du diable.

L’auteur dénonce bien des faits de société dans son roman, mais j’avais l’impression qu’il le faisait à la louche, afin d’en mettre le maximum et que ses personnages, tels des mauvais acteurs, jouaient dans un mauvais film.

Ensuite, le tout a tourné en thriller survolté avec affrontement avec un grand méchant monsieur, plein de fric et au-dessus des lois, le tout à la sauce western, version « Règlements de compte à O.K Corral ». Heu ?

Le manichéisme était trop présent dans les personnages, tournant à la caricature grotesque. Je suis arrivée au bout de ma lecture péniblement, me demandant ce que j’étais venue faire dans cette galère.

Pour un retour à cet auteur, ce ne fut pas le feu d’artifice espéré. Je n’y ai pas trouvé la lumière que j’espérais.

Bref, cette fois-ci, c’est moi qui a décroché de la lecture, même si je suis allée jusqu’au bout (en sautant des passages). Bianca, elle, a apprécié sa lecture, donc, si vous voulez savoir, je vous conseille d’aller lire son avis, bien plus emballant que le mien.

Ou encore mieux, que vous lisiez le roman afin de vous faire votre propre avis dessus. Parce que bon, là, ce n’est que le mien et il n’est pas encourageant…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°50] et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

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12 réflexions au sujet de « Les hommes ont peur de la lumière : Douglas Kennedy [LC avec Bianca] »

  1. Ping : Troisième bilan du challenge Thriller et polar édition 2022-2023 | deslivresetsharon

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  3. Ping : Bilan Mensuel Livresque : Septembre 2022 [MOIS AMÉRICAIN 2022] | The Cannibal Lecteur

  4. Bon… ben non alors. 🤔 Dommage car le pitch était plutôt prometteur. Mais quand on arrive pas à s’attacher aux personnages c’est difficile d’apprécier tous les bons côtés d’un livre. Tout tombe à plat. Même s’il y a un beau complot des familles qui se profile derrière. On en a déjà parlé avec ma fiche sur le dernier des loups garous macho-beauf que je ne supportais pas dès la première dizaine de pages! 😉 Les personnages principaux sont un peu comme des médiums qui nous permettent de vivre leurs aventures à travers eux. Si le processus de « possession » du médium ne prend pas c’est fichu… on reste extérieure au livre jusqu’au bout en ayant l’impression de « passer à côté » et de n’avoir jamais été dedans.🙄

    Aimé par 1 personne

      • Ah je ne suis pas certaine d’y arriver ! Entrer dans la peau du collabo me ferait trop violence pour aller au bout du livre avec lui. Nan nan nan! Un personnage principal surtout masculin c’est comme un partenaire sexuel pour moi (ne le dis pas à Toqué !). Il faut qu’il me fasse suffisamment envie sinon ça ne marche pas ! 😂

        Aimé par 1 personne

  5. Ping : Les hommes ont peur de la lumière – Douglas Kennedy | des livres, des livres !

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