Crazy Horse – Une vie de héros : Joseph Marshall III

Titre : Crazy Horse – Une vie de héros

Auteur : Joseph Marshall III
Édition : Albin Michel – Terre indienne (2007)
Édition Originale : The journey of Crazy Horse (2004)
Traduction : Renaud Morin

Résumé :
Avec Sitting Bull et Geronimo, Crazy Horse est l’une des figures les plus charismatiques de la résistance indienne aux États-Unis. Sa personnalité, son étonnante victoire sur le général Custer à Little Big Horn, sa mort tragique et prématurée en 1877 ont fait de lui un véritable héros qui, aujourd’hui encore, fait figure de symbole pour les Indiens d’Amérique. »

Les coutumes qu’il a pratiquées, les traditions qu’il a suivies, les valeurs qu’il a incarnées sont encore viables aujourd’hui parce qu’il a fait son possible pour les conserver. Il les a défendues en vivant en accord avec elles et en se battant pour elles.

Pour toutes ces raisons, Crazy Horse sera toujours mon héros », dit l’écrivain et historien lakota Joseph Marshall.

Jamais encore l’un des siens n’avait entrepris de raconter le destin exceptionnel du chef sioux.

Dans ce livre émouvant, fruit d’années de rencontres et de recherches, l’auteur du Cercle de la vie brosse un portrait  » intime  » de Crazy Horse et nous invite à découvrir de l’intérieur la passionnante culture des Indiens des Plaines.

Critique :
L’Homme Blanc a réussi le tour de force de transformer des gens autonomes en personnes assistées ! Du socialisme inversé, en quelque sorte.

C’est du très mauvais socialisme celui qui asservi les gens, ce clientélisme juste bon à s’assurer la passivité (ou les votes, chez nous) de ces nouveaux assistés, qui sans les colis alimentaires, auraient bien du mal à subsister là où les a parqué, alors qu’avant, ces Indiens n’avaient besoin de personne pour survivre.

Pas de quoi pavoiser, l’Homme Blanc est roublard, il se réservera toujours le droit de diminuer les colis donnés, de ne pas respecter les contrats, de ne pas en donner autant d’années qu’il avait été prévu et les colis n’étaient jamais composés que de nourriture avariée, casseroles, instruments agraires ou vêtements défraichis. Oui, le peuple de Red Cloud a été eu… ♫ Paroles et encore des paroles ♪

Cette biographie de Crazy Horse, basée sur des témoignages et sur les récits oraux de ses ancêtres Amérindiens, est romancée. Non pas que l’auteur a raconté des choses fausses, mais contrairement à d’autre livres sur les chefs Indiens, il met en scène l’Histoire, même s’il n’y a pas de dialogues.

Elle commence avec sa naissance et son enfance. Jeune enfant aux cheveux clairs, il était souvent la cible de moqueries des autres gamins (nous n’avons pas le monopole), mais jamais il ne se rebella, ne s’énerva et il acquit ainsi un statut de guerrier juste, pas un fou prêt à tout, mais un homme réfléchi.

Tout allait bien dans la tribu des Sioux, jusqu’à ce que l’Homme Blanc emprunte la piste avec ses chariots, ne chassent les bisons de par sa présence massive, de par ses chasses massives, de par sa frénésie de l’or, de par ses envies de s’étendre et parce que l’Homme Blanc, telle une nuée de sauterelles, détruisait tout sur son passage, Nature, animaux et être humains qui ne vivaient pas comme eux.

Il est marrant (si j’ose dire) de voir que là aussi, le conflit a commencé avec une vache ! Je dis ça parce que gamine, à l’école, nous avions appris l’histoire de la Guerre de la Vache (qui a donné son nom à une route et qui fit 15.000 morts – merci Wiki), histoire célèbre dans mon plat pays (avec la bataille des éperons d’or).

Ici, tout pareil : une vache maigre se promène, sans propriétaires, arrive dans le campement des Indiens, qui la tue, la mange et lorsque le proprio Mormon hurle à l’assassinat de sa vache, ça dégénère, car il refusa les deux bons chevaux proposés en dédommagement par les Indiens et ensuite, des soldats vinrent au campement et tuèrent un chef qui était paisible. Et tout bascula ensuite…

Cette biographie romancée est très intéressante, une fois de plus, c’est une mine de détails, d’Histoire, de culture du peuple des Sioux (divisés en plusieurs peuples) et mon sel regret sera que l’auteur parle peu de la bataille de Little Big Horn.

Dommage, parce que c’est une bataille importante (même si on connait les détails). Par contre, on aura des récits d’autres batailles. Ce sera dans les pages additionnelles que je comprendrai pourquoi l’auteur ne s’est pas appesanti sur Little Big Horn.

Comme toujours, les Indiens ont été trompés par les Hommes Blancs, grugés, les traités n’ont jamais été respectés et la langue des Blancs est resté fourchue en tout temps, en tout lieu.

Les Indiens, lassés de fuir, lassés de se battre contre des soldats qui ne connaissaient rien de l’honneur (comme les autres tribus indiennes contre qui ils se battaient), ont bien souvent déposés les armes, laissé les Blancs emporter leur chevaux et se sont laissé asservir et corrompre par l’Homme Blanc, qui a réussi à monter les Sioux entre eux, donnant du pouvoir à des hommes qui ne l’auraient jamais eu dans leur tribu. On n’est jamais aussi bien trahi que par les siens…

L’ouvrage se termine par la mort de Crazy Horse, assassiné par l’un des siens, sans doute un meurtre commandé par Red Cloud qui voulait rester calife et ne pas partager le pouvoir avec un autre chef, même si Crazy Horse ne demandait rien. La peur de perdre le pouvoir, ça fait toujours agir les humains de manière violente.

Une belle biographie sur ce chef charismatique, une mine d’information pour celles et ceux qui sont intéressées par le sujet, car il n’est pas le seul dont l’auteur parlera.

Le portrait d’un être humain, avec ses défauts, ses qualités. D’un homme qui se dévouait pour son peuple, qui aidait ceux qui n’avaient pas grand-chose (les veuves), parce que c’était son devoir et qu’il n’était pas égoïste, comme d’autres.

Un portrait réalisé au plus juste, loin des clichés habituels qu’on nous a fourré dans la tête, loin des Indiens assoiffés de guerre, de sang, de scalps et de toutes ces conneries des films où les gentils cow-boys, les merveilleuses Tuniques Bleues, affrontaient les vilains méchants Indiens.

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022 (dernière fiche).

 

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10 réflexions au sujet de « Crazy Horse – Une vie de héros : Joseph Marshall III »

  1. Ping : Bilan du Mois Américain Non Officiel – Septembre 2022 – En solitaire (et solidaire) | The Cannibal Lecteur

  2. Heu… le Crasy Horse n’a pas voulu de moi quand j’étais jeune et presque bien roulée et que je n’étais pas encore allergiques aux plumes! Sous prétexte que je ne levais pas la jambe assez haut, que ma prestation en pole-dance était minable et que mon sens du rythme était catastrophique! Pendant mon audition un des producteurs disait même que je m’effeuillais aussi bien qu’Alice Sapritch dans la Folie des Grandeurs. Alors non… je boycotte ce livre même si le vrai Crazy Horse ne m’a rien fait!

    Tiens! Je lirai ce livre le jour ou le cabaret aujourd’hui nommé Crazy Horse changera de nom pour s’appeler à la place « Fat Turkeys » (en référence aux plumes) ! Na! 😜

    Aimé par 1 personne

    • Oh, nous avons dû passer notre audition en même temps ! Manque de souplesse dans mon cas… 😆

      Pauvre homme, rabaissé à un nom de cabaret… la vie est cruelle…

      Oui, grosses dindes, ce serait plus juste 😆

      J’aime

  3. Ping : Bilan Mensuel Livresque : Septembre 2022 [MOIS AMÉRICAIN 2022] | The Cannibal Lecteur

    • Moi aussi, et maintenant, on peut enfin les découvrir tels qu’ils étaient vraiment et non plus au travers des prismes des bédés (un peu niais, bêtes, pas vraiment méchants) ou des films (des bêtes sauvages). Rétablissons la vérité.

      J’aime

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