La maison assassinée : Pierre Magnan

Titre : La maison assassinée

Auteur : Pierre Magnan
Édition : Folio (1984 / 2015)

Résumé :
Fin du XIXe siècle. Un mas­sacre à l’arme blanche, en pleine nuit, cinq vic­times égor­gées. Un sur­vi­vant, âgé de trois se­maines, épar­gné pour on ne sait quelle obs­cure rai­son. Un vil­lage de mon­tagne isolé, un homme étrange qu’il ne fait pas bon fré­quen­ter, une opi­nion pu­blique ter­ro­ri­sée, trois étran­gers in­no­cents jugés cou­pables et guillo­tinés.

Vingt-cinq ans plus tard, le calme s’étend à nou­veau sur le vil­lage de Lurs. Du moins, jusqu’au re­tour de Sé­ra­phin Monge, le sur­vi­vant du mas­sacre, et res­ca­pé de la pre­mière guerre mon­diale. Dont il s’est tiré sans une égra­ti­gnure. Sé­ra­phin, force de la na­ture, pla­cide et puis­sant, à qui rien ni per­sonne ne semble ré­sis­ter, Sé­ra­phin a un point faible : il n’a pas de mère.

C’est lors­qu’il ap­prend d’un vieil ha­bi­tant du vil­lage la fin hor­rible que celle-ci a connu que tout bas­cule pour le pai­sible Sé­ra­phin. Hanté par le fan­tôme de cette femme égor­gée, il en­tre­prend de dé­truire la mai­son dans la­quelle il est né.

Va de dé­cou­verte en dé­cou­verte, de ren­contre en ren­contre, de ré­vé­la­tion en ré­vé­la­tion. Croit dé­cou­vrir les vé­ri­tables meur­triers de sa fa­mille, se four­voie, ne re­nonce pas, re­prend ses re­cherches sous les in­jonc­tions des rêves que lui pro­cure la mort de sa mère.

Critique :
Aahhh, PATRIIIIIIICKKKKK ! Dieu qu’il était beau dans ce film, sorti en 1988, à cette époque lointaine où je souffrais d’un mal étrange nommé Bruelmania (non, pas de folie devant une pizzeria pour moi, faut pas pousser non plus).

Ce film, il m’avait scotché, il m’avait fait frissonner. Vous pensez bien, toute une famille massacrée chez elle, égorgée et un bébé, laissé vivant dans son berceau.

Le twist final m’avait éclaté, subjuguée, pour ne pas dire « troué le cul ». C’est bien simple, ce film fait partie de mes préférés et lorsqu’il repasse à la télé, je me replonge toujours avec plaisir dans ses ambiances sombres de meurtres, tout en étant sous le soleil de la Haute-Provence. Entre nous, ça fait longtemps que je ne l’ai plus vu repasser à la téloche (ou alors, vu que je ne regarde quasi plus, j’ai loupé le coche).

Si j’ai vu le film de nombreuses fois, par contre, je n’avais jamais lu le roman. Et pourtant, je l’avais acheté, puisque je l’ai retrouvé dans mes stock dantesques de romans à lire. Oups, un oubli qu’il me fallait vite réparer !

La première chose qui saute aux yeux, c’est l’écriture de l’auteur : poétique, avec de belles grandes phrases, travaillées, sauf lorsque ce sont des petites gens qui parlent, là, il se coule dans le moule et nous les fait parler de manière réaliste, manquait plus que l’accent chantant.

Le vocabulaire est très riche aussi, composé de mots dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Larousse ou Robert vous serons bien utiles au cours de votre lecture. D’ailleurs, vu l’écriture, vu les mots employés, on pourrait croire que le roman fut écrit en 1896, année où eut lieu de crime horrible.

Le roman est semblable au film, ou plutôt, le contraire : le film a respecté le roman, hormis pour un nom de famille changé et sans doute quelques détails dont je n’ai plus souvenir.

Le final, lui, je ne l’avais pas oublié et malgré que je savais, il m’a à nouveau sauté à la gueule, surtout qu’ici, Séraphin semble se détacher du fantôme de sa mère et la voir autrement, sachant qu’elle a aimé un autre homme que son paternel. Belle mentalité, Séraphin !

Les mystères sont bien présents, les secrets semblent se trouver sous chacune des pierres des petits chemins. Que savent vraiment les gens de ce qu’il s’est passé lors de cette nuit tragique du 29 septembre 1896 ?

Ce sera au fur et à mesure du récit que la lumière se fera, mais avant qu’elle n’arrive, Séraphin aura des fausses pistes, des suspects et surtout, une ombre mystérieuse qui tue à sa place.

Un bon roman policier qui vous plongera dans des ambiances sombres, celles des secrets, celle du sang répandu, celle des familles.

Un roman où le vent souffle, où les éléments peuvent se déchaîner, où le cœur de Séraphin, son âme, tout son corps en entier souffre de ne pas avoir connu sa mère, de ce crime horrible et qui devra faire son chemin de croix pour arriver à un peu plus de quiétude, s’il y arrive un jour. Séraphin est un jeune homme tourmenté et ça se ressent très fort dans le récit.

Un roman policier où il faut attendre la fin pour que le puzzle de ce crime se mette en place et que tous les témoins, muets jusqu’à ce jour, se mettent à parler, enfin ! Un roman policier qui parle de pardon, de rédemption, de vengeance et que se faire justice à soi-même est dangereux, car on peut se tromper de coupable, comme la justice le fit, 25 ans plus tôt.

Une lecture où j’ai revu la jolie petite gueule d’amour du Patrick Bruel de 1988, petite gueule qui me faisait baver devant… Plus maintenant, je suis adulte, même si j’apprécie toujours les chansons de ce chanteur (oui, je sais, casseroles au cul, là, ça me fait moins plaisir).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°79].

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