Les serpents de la frontière – Milo Milodragovitch 03 : James Crumley

Titre : Les serpents de la frontière – Milo Milodragovitch 03

Auteur : James Crumley
Édition : Gallmeister (04/11/2021)
Édition Originale : Bordersnakes (1996)
Traduction : Jacques Mailhos

Résumé :
Milo demande à Sughrue de l’aider à rentrer en possession de son fabuleux héritage fauché par le banquier qui en avait la gestion, et Sughrue accepte à condition que Milo l’aide à démasquer la bande de Mexicains qui a mis un contrat sur sa tête.

Les deux héros parcours les États-Unis du nord au sud en abusant de tout et en portant sur les années 90 un regard imbibé et désabusé.

Ils ont vieilli, mais ce n’est pas vraiment ça qui les gêne car ils sont toujours aussi juvénilement dingues qu’au premier jour ; ce qui les ennuie vraiment c’est que leur monde vieillisse aussi.

Critique :
J’avais fait, il y a quelques années, la connaissance du détective privé Milo Milodragovitch (Fausse piste), puis, dans un autre roman de l’auteur, j’avais croisé la route de C.W Sughrue (Le dernier baiser).

Pris l’un sans l’autre, ce sont déjà des cas, des types qui boivent, qui reniflent de la poudre et qui avaient l’art d’aller se foutre dans des situations de malade.

Les deux réunis ensemble, cela risquait de faire des étincelles et d’écluser beaucoup.

Surtout que Milo veut retrouver le banquier véreux qui lui a piqué l’héritage auquel il a droit (et qu’il ne pouvait toucher qu’à 53 ans) et que Sughrue veut démasquer la bande de Mexicains qui a mis un contrat sur sa tête et se venger.

Alors oui, les débuts ont été épiques, drôles, amusants, on a vidé quelques verres, quelques shoot de tequila, on a dépensé le fric que Milo avait réussi à récupérer en vendant les biens mobiliers et immobiliers (le banquier n’avait pas su foutre le camp avec), on a tiré des balles vers des connards de bandits, on est parti à la dérive, le tout dans un road trip picaresque.

Mais bon, au bout d’un moment, on se lasse un peu… Leur enquêtes tournent en rond, on avance pas fort, on boit un peu de trop et le duo m’a semblé bancal, comme si les personnages étaient différents de ceux dont j’avais suivi les routes dans leurs romans respectifs. Surtout Sughrue, qui n’était plus le même…

J’ai eu l’impression, arrivé à la moitié du roman, que cela devenait poussif, comme si l’auteur en faisait trop, en rajoutait pour le plaisir d’en rajouter, mais sans que cela apporte quelque chose.

Entre Crumley et moi, le courant était bien passé, même si ses romans noirs sont spéciaux et ses personnages aussi. Je savais bien que je ne serais pas face à un récit trépident, mais plutôt face à un roman teinté d’ironie et de descriptions de la misère humaine, échouée dans les bars ou ailleurs.

Le roman réunissant ses deux personnages me tentait au plus haut point, surtout parce que je l’avais déniché dans sa nouvelle traduction, alors que les deux autres l’étaient dans des versions tronquées ou mauvaises (je ne jette pas la pierre aux traducteurs, hein).

Hélas, plusieurs fois, j’ai dû revenir en arrière pour comprendre qui faisait quoi. Leur enquête était complexe, certes, mais l’intrigue m’a semblé un peu embrouillée ! Et puis, toutes ces bitures, toutes ces snifettes de poudres diverses, à la fin, j’en avais ma claque. Au trois quart du roman, j’avais décroché et je sautais des pages.

Un roman noir très sombre, tout en étant très festif, vu le nombre de verres que tout le monde s’enfile (boire de l’alcool est dangereux pour la santé, les enfants !!).

Un roman noir avec peu d’action, mais beaucoup d’introspection et cela m’a saoulé aussi, bien qu’au départ, j’ai apprécié, puisque tous ces souvenirs, ces drames, ces traumatismes enfantins, familiaux, permettent de mieux comprendre Milo et Sughrue.

Mon road trip a été raté, avec les potes Milo et Sughrue. Dommage, parce que j’avais envie de l’apprécier et de me prendre un pied littéraire monumental en leur compagnie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°92].

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