Titre : …Et avec votre esprit
Auteur : Alexis Laipsker
Édition : Pocket (04/03/2021)
Résumé :
Appelée d’urgence à l’Institut des sciences de Strasbourg à la suite de la découverte du cadavre atrocement mutilé du prix Nobel de chimie, la commissaire Pourson se retrouve confrontée à une scène de crime aussi sanglante qu’énigmatique…
Au même moment, dans la région lyonnaise, le lieutenant Vairne, connu pour ses méthodes peu orthodoxes et son obsession des probabilités mathématiques, doit enquêter sur la disparition d’un éminent physicien.
Mais chaque nouvel indice épaissit le mystère autour de cette affaire et le convainc peu à peu d’une conspiration sans précédent.
Quelle probabilité pour que ces deux affaires soient liées ? Une certitude, Pourson et Vairne vont devoir s’allier pour le découvrir.
Critique :
Il est des meurtres pas banals du tout, comme de retrouver un savant assassiné à qui on a dérobé son cerveau… c’est sûr que ce n’est pas à moi que l’on piquera la cervelle.
Puis, les mystères s’ajoutent à ce meurtre dégueu : des savants disparaissent et ensuite, ça devient encore plus obscur ! Toutes les pistes mènent à des impasses, les flics s’arrachent les cheveux et moi aussi, malgré ma surchauffe des méninges, je n’ai pas réussi à comprendre, sauf quand on me l’a mis devant les yeux.
Ce thriller a un mérite : il est addictif. Les mystères semblent insolubles, la science fait partie des personnages importants, sans pour autant qu’elle ne nuise à la compréhension de l’histoire.
Maintenant, parlons des autres personnages importants : les policiers qui enquêtent sur ces disparitions mystérieuses… Bon, même s’ils sont intelligents, on ne peut pas dire qu’ils me marqueront, tant ils semblaient un peu clichés.
Entre le lieutenant Marion Mastereaux, la belle policière qui en a marre des réflexions sexistes (et qui vient du Sud) et le beau lieutenant Simon Vairne de la DGSI (un Parisien, donc), joueur de poker, indiscipliné et balançant des vannes à tout va, tous les deux surfant allégrement sur les clichés Nord/Sud, le tout donnant l’impression de fausseté dans les dialogues.
Je ne nierai pas le sexisme et la phallocratie dans certains milieux (dans tous ?), mais là, elles semblaient forcées, sonnaient creux et faux. Comme si on les avait mise dans le récit pour coller à l’actualité et pour ajouter quelques trucs en plus.
Rien non plus d’intéressant dans le personnage de la commissaire Cannelle Pourson, de Strasbourg, si ce n’est qu’en entendant son prénom, j’ai eu la chanson d’Antoine dans la tête durant toute la lecture. ♫ Je l’appelle Cannelle, parce que sa peau est sucrée ♪
Ces trois personnages principaux manquaient de profondeur, semblaient faux, comme dans une série policière où le budget des acteurs avait été rogné. Ils étaient sympa, mais sans plus. Je n’ai pas ressenti des attaches avec eux. L’auteur aurait pu creuser un peu plus leurs portraits, au lieu de survoler le tout.
Par contre, j’ai bien aimé les enquêtes parallèles, le rythme du récit, les mystères qui semblent insolubles, les pistes qui partant dans tous les sens et le final, qui m’a bluffé, comme les autres. Il m’aurait été difficile de le voir venir, tant les indices étaient faibles et qu’il fallait y penser. Simon Vairne a réussi, mais il aurait pu passer à côté, tant le tout était obscur.
Non, ce thriller n’est pas mauvais, il est même bon, si l’on fait abstraction des petits points qui m’ont dérangés, sans pour autant qu’ils aient nuit à l’action du récit ou à son côté addictif.
On est pris assez vite par le roman, le suspense est présent, il monte crescendo et les fins de chapitres se terminent souvent sur des cliffhanger, donnant encore plus l’envie de poursuivre. Malheureusement, plus on avance et moins on comprend, jusqu’à l’explication finale. Bon sang, mais c’est bien sûr !
Ce thriller n’est pas celui du siècle, dommage. Avec des personnages moins clichés, il aurait gagné en maturité. Le scénario était bien trouvé, mystérieux, la science était présente et bien utilisée. Ce ne sera pas une lecture marquante, mais au moins, ce fut une lecture divertissante et agréable.
À vous de voir… Dans le fond, être diverti, c’est déjà un bon début. Puisque je possède un autre roman de cet auteur, je le mettrai à mon programme de lecture l’année prochaine, afin de voir ce qu’il vaut.
Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°94].