A propos belette2911

Grande amatrice de Conan Doyle et de son "consultant detective", Sherlock Holmes... Dévoreuse de bouquins, aussi ! Cannibal Lecteur... dévorant des tonnes de livres sans jamais être rassasiée, voilà ce que je suis.

Ce genre de petites choses : Claire Keegan

Titre : Ce genre de petites choses

Auteur : Claire Keegan
Édition : Sabine Wespieser Littérature Etrangère
Édition Originale : Small Things Like These (2020)
Traduction : Jacqueline Odin

Résumé :
En cette fin d’année 1985 à New Ross, Bill Furlong, le marchand de bois et charbon, a fort à faire. Aujourd’hui à la tête de sa petite entreprise et père de famille, il a tracé seul sa route : élevé dans la maison où sa mère, enceinte à quinze ans, était domestique, il a eu plus de chance que d’autres enfants nés sans père.

Trois jours avant Noël, il va livrer le couvent voisin. Le bruit court que les sœurs du Bon Pasteur y exploitent à des travaux de blanchisserie des filles non mariées et qu’elles gagnent beaucoup d’argent en plaçant à l’étranger leurs enfants illégitimes.

Même s’il n’est pas homme à accorder de l’importance à la rumeur, Furlong se souvient d’une rencontre fortuite lors d’un précédent passage : en poussant une porte, il avait découvert des pensionnaires vêtues d’horribles uniformes, qui ciraient pieds nus le plancher. Troublé, il avait raconté la scène à son épouse, Eileen, qui sèchement lui avait répondu que de telles choses ne les concernaient pas.

Un avis qu’il a bien du mal à suivre par ce froid matin de décembre, lorsqu’il reconnaît, dans la forme recroquevillée et grelottante au fond de la réserve à charbon, une très jeune femme qui y a probablement passé la nuit.

Tandis que, dans son foyer et partout en ville, on s’active autour de la crèche et de la chorale, cet homme tranquille et généreux n’écoute que son cœur.

Critique :
C’est ce genre de petites choses que j’aime dans un roman : le contexte social, une crise économique, la présence de la religion et l’hypocrisie ambulante.

Après, il faut tout bien mettre en scène sinon c’est le col plané assuré.

Ici, c’est mon coeur qui, une fois de plus, a pris un billet de parterre, se brisant en plusieurs morceaux après une chute.

Cette histoire, inspirée de faits réels puisque les couvents des Magdalene ont bel et bien existés et que ce qu’il s’y passait n’avait rien de catholique mais tendait plus vers les cercles de l’Enfer.

Cette histoire, on la dirait sortie d’un conte de Dickens : des gens pauvres, qui triment comme des esclaves, l’omniprésence de la religion, la toute puissance des religieuses et des jeunes filles exploitées.

Sérieusement, on pourrait croire que ce genre d’horreurs sont de l’époque révolue de la reine Victoria… Que nenni, ça existait toujours dans les années 90 puisque le dernier fut fermé en 1996 (merci Wiki).

Dans ce roman très court, très sobre mais bourré d’émotions, l’auteure met en avant l’hypocrisie habituelle des gens, ceux qui détournent la tête, qui ne veulent pas avoir ce qu’il s’y passe tant que leur linge est bien propre, qui colportent des ragots mais ne bougeraient jamais le petit doigt pour aider ces pauvres filles et qui, sans mauvaise conscience aucune, s’en vont à la messe de Minuit et fêtent Noël en famille.

De plus, il y a la peur… Les religieuses sont toutes puissantes, être admise dans l’école à côté est un honneur, une échelle pour s’en sortir et nos pingouins décident de qui y entrera. Les religieuses sont aussi des gros clients, payant rubis sur l’ongle et en ces temps de crises, on ne fait pas la fine bouche, alors, on ferme les yeux, on continue sa route et si la pingouin en chef vous donne un ordre, on l’exécute en disant « oui amen ».

Non, non, ne me faites pas croire que vous seriez des rebelles qui diraient non et qui tiendraient tête à la mère supérieure ! Nous sommes dans l’Irlande catho à mort et quand les soeurs font la pluie et le beau temps, on s’écrase car on ne veut pas perdre son gagne-misère.

Le récit est court, trop court… J’aurais aimé savoir ce qui allait se passer ensuite, même si je le devine… William Furlong n’est pas Zorro, ni Superman… Tout se paie dans la vie et parfois à un prix trop cher car dans sa ville, personne ne lui dira qu’il a eu raison, personne ne le félicitera, non, que du contraire, tout le monde le conspuera.

Puis, le jour om le scandale éclatera dans les années 90, tout le monde se placera de son côté, disant qu’il a raison, qu’il était un précurseur, un homme qui avait des couilles et la populace se ruera pour la curée sur ces religieuses dont elle a crain toute sa vie les représailles. Quand l’ennemi chute, on a du courage, avant, jamais.

Je ne jugerai pas la population car je ne sais pas si moi j’aurais eu le courage de m’opposer à ces bonnes femmes mariées à Dieu (ou Jésus) qui avaient bien trop de pouvoir dans leurs mains… et qui maintenant est passé à d’autres, puisque de toute façon ♫ Non, non, rien n’a changé… ♪

Une belle lecture, un récit tout en émotion, tout en questionnement, tout en douceur, un beau conte de Noël, sauf que derrière, il y a de la souffrance humaine dont les blessures ne guériront jamais.

Hélas, un récit trop court… J’aurais aimé plus de pages et ne pas quitter les personnages si abruptement sans recevoir de leurs nouvelles.

Une belle lecture faite grâce à la chronique de mon cousin, Cannibales Lecteurs.

 

Le Mois du Polar – Février 2021 [Chez Sharon]

Cool, Février est de retour et Sharon organise de nouveau son Mois du Polar, juste ce qu’il me faut pour m’échauffer en prévision des autres Mois qui suivront.

Comme d’habitude, je vais piocher dans ma PAL « auteurs aux nationalités pas encore lues » (ou si peu lues) et continuer mes habituels auteurs, tels Petros Markaris (Trilogie de la crise) et le regretté Andrea Camilleri (Les enquêtes du commissaire Montalbano), comme d’habitude !

Pour arriver à faire des tas de fiches, j’ai aussi ajouté au programme des bédés, des comics et même du manga ! 

Et puis, qui sait, je pourrais aussi me refaire quelques « Petits meurtres d’Agatha Chrsitie » pour le plaisir… Ma box est programmée pour me les enregister. 

Si je ne fais pas mon quota de fiches, Sharon va penser que je ne suis pas motivée, que je suis malade ou alors, que je suis redevenue normale… MDR

Sans vouloir péter les records, j’apprécie fortement le Mois du Polar et ça me ferait mal de ne pas l’honorer avec des tas de fiches. 

Romans que je vais essayer de lire (surtout essayer de ne piocher que dans cette liste) :

  1. Nuit sans lune au Waziristan : Saqib Mausoof (Pakistan)
  2. Gaza dans la peau : Selma Dabbagh (Palestine)
  3. Le chemin parcouru – Mémoires d’un enfant soldat : Ishmael Beah (Sierra Leone)
  4. Dressé pour tuer – Drongo 02  : Tchinguiz Abdoullaïev (Azerbaïdjan)
  5. L’autre vile : Michal Ajvaz (Tchèquie)
  6. Gaza dans la peau : Selma Dabbagh (Palestine)
  7. Get Up ! Stand Up ! : Perry Henzell (Jamaïque)
  8. Les Patriotes : Sana Krasikov (Ukraine)
  9. Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant : Jung Jae-han (Corée du Sud)
  10. Chien de faïence – Montalbano 02 : Andrea Camilleri (Italie)
  11. Un mois avec Montalbano – Montalbano 05 : Andrea Camilleri (Italie)
  12. Pain, Education, Liberté – Trilogie de la crise 03 : Petros Markaris (Grèce)
  13. Épilogue meurtrier – Trilogie de la crise 04 : Petros Markaris (Grèce)
  14. Si vulnérable : Simo Hiltunen (Finlande)
  15. Hong Kong noir : Chan Ho-kei (Chine)
  16. Les planificateurs : Un-Su Kim (Corée du Sud)
  17. La dénonciation : Bandi (Corée du Nord)
  18. Le portrait de la Traviata : Jinki Do (Corée du Sud)
  19. Le jour du chien noir : Si-woo Song (Corée du Sud)
  20. Génocide(s) : Kazuaki Takano (Japon)
  21. Crime impuni aux monts Wuyi : He Jiahong (Chine)
  22. Le dernier loup : Jiang Rong (Chine)
  23. Bratislava 68, été brûlant : Viliam Klimacek (Slovaquie)
  24. L’attaque du Calcutta-Darjeeling : Abir Mukherjee (Écosse)
  25. Sherlock Holmes à Chamonix : Pierre Charmoz (France)
  26. Sherlock Holmes et le mystère de la Chambre Jaune : Le Griot (France)

Pour les bédés ou les comics, mangas :

  1. Blacksad – T1 – Quelque part entre les ombres : Canales et Guarnido (BD)
  2. Il faut flinguer Ramirez – T1 : Nicolas Petrimaux (BD)
  3. Hercule Poirot – T1 – Le crime de l’Orient-Express : Chaiko, Benjamin Von Eckartsberg et Agatha Christie (BD)
  4. Hercule Poirot – T3 – Mort sur le Nil : Isabelle Bottier et Damien Callixte (BD)
  5. Gotham Central – Tome 1 : Ed Brubaker, Greg Rucka et Michael Lark [COMICS]
  6. Bad Ass – Tome 1 – Dead end : Herik Hanna, Bessadi et Georges [COMICS]
  7. My Home Hero – Tome 1 : Naoki Yamakawa et Asaki Masashi [MANGA]
  8. Arsène Lupin, L’aventurier – T3 – L’aiguille creuse : Takashi Morita et Maurice Leblanc [MANGA]
  9. Batman – Année Un : Frank Miller et David Mazzucchelli [COMICS]
  10. Batman – Terre-Un – Tome 1 : Geoff Johns et Gary Frank [COMICS]
  11. Batman – Un Long Halloween : Jeph Loeb et Tim Sale [COMICS]
  12. Preacher (Urban) – Tome 3 :Garth Ennis et Steve Dillon [COMICS]

 

Les Indes fourbes : Alain Ayroles et Juanjo Guarnido

Titre : Les Indes fourbes

Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Delcourt Hors collection (28/08/2019)

Résumé :
Fripouille sympathique, don Pablos de Ségovie fait le récit de ses aventures picaresques dans cette Amérique qu’on appelait encore les Indes au siècle d’or.

Tour à tour misérable et richissime, adoré et conspué, ses tribulations le mèneront des bas-fonds aux palais, des pics de la Cordillère aux méandres de l’Amazone, jusqu’à ce lieu mythique du Nouveau Monde : l’Eldorado !

D ans Les Indes fourbes, Alain Ayroles poursuit les péripéties du héros narrées dans L’histoire de la vie de l’aventurier don Pablos de Ségovie, vagabond exemplaire et miroir des filous, un récit picaresque de Francisco de Quevedo publié en 1626. Ce dernier promettait un second volet qui n’est jamais venu. L’oubli est désormais réparé.

Critique :
Que dire de plus qui n’a pas encore été dit au sujet de cette bédé de 160 pages ?

Que c’est génial ? Que le récit se dévore d’un seul coup, un sourire aux lèvres ?

Que le scénario excellent est super bien mis en valeur par les dessins et que la couleur vient parachever le tout, sublimant encore plus ce gros album ?

Que le prix assez élevé le vaut bien ? Que j’ai pris un pied magistral en la lisant et que je n’ai qu’un seul regret : ne pas l’avoir lue plus tôt ?

Pablos de Ségovie est une fripouille que l’on pourrait qualifier de sympathique, même s’il n’hésitera jamais à vous planter le couteau dans le dos afin de se faire un peu d’argent… Ou à vous vendre… Ou pire !

La devise de son père étant « Tu ne travailleras point », notre gueux va y mettre un point d’honneur, en volant, rapinant, trichant, entre autre, et afin d’améliorer son ordinaire, partira vers le Nouveau-Monde, vers ce qu’on appelle encore les Indes, même si ce ne sont pas elles mais l’Amérique du Sud.

Pablos est un excellent conteur, il m’a emmené dans son voyage de folie à la recherche des Cités d’Or et je l’ai suivie comme un seul Homme (femme) dans tous les dangers de ce voyage vers une mythique ville faite d’or.

Cette bédé est riche de plusieurs choses qui fait d’elle un lingot d’or : la richesse des dessins, des expressions des personnages, des décors, des couleurs chatoyantes, des personnages travaillés et du scénario, au poil, qui possède des rebondissements inattendus (bien que j’en ai suspecté un et j’avais bien vu) et des filouteries dignes des plus rusés roublards.

Pas de fausses notes dans la partition, la musique est enlevée, dynamique, entraînante et on se demande jusqu’où ira la bassesse humaine pour obtenir des richesses tout en souriant de toutes ses dents.

La maestria est là aussi car Pablos a tout de l’anti-héros, du salopard né, du fainéant de classe mondiale, du vaurien patenté, du délateur zélé, du profiteur de toutes situations, de roublard, du traître, bref, une canaille retorse à qui on ne devrait pas faire confiance et qui a tout pour nous dégoutter de l’âme humaine tant il n’hésitera jamais à faire du tort. Et malgré tout ça, on l’adore, le Pablos !

Une bédé grandiose, un roman graphique qui ira trôner dans les étagères du haut, avec la crème de la crème, un roman picaresque où c’est le filou qui nous raconte son aventure, son histoire et dont on n’est pas prêt d’oublier les multiples fourberies car ce bougre nous a rendu complice de ses infamies qui, avouons-le, étaient bien trouvées, culottées et devant lesquelles je ne peux que m’incliner.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°171] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°37].

La loi des hommes : Wendall Utroi [LC avec Bianca]

Titre : La loi des hommes

Auteur : Wendall Utroi
Édition : Slatkine et Cie (01/10/2020)

Résumé :
Jacques est homme à tout faire pour la mairie de Houtkerque, dans le Nord.

Un jour, alors qu’il est chargé d’entretenir le cimetière du village, il découvre des mémoires, rédigées en anglais.

Aidé par sa fille, il se met en tête de les traduire, et comprend que leur auteur est un inspecteur des moeurs de Scotland Yard ayant vécu en pleine époque victorienne.

L’aller-retour entêtant, entre hier et aujourd’hui, entre cette loi des hommes et les violences faites aux femmes.

Critique :
Il était une fois un cantonnier qui ne cassait pas des cailloux, mais devait de temps en temps déplacer des cercueils dans le cimetière afin de faire de la place aux nouveaux arrivants…

Dans une tombe, il trouve une caisse métallique avec les mémoires d’un policier anglais qui était de l’époque victorienne, peu de temps après les crimes de l’Éventreur.

Non, on ne nous parlera pas de Jack, ou si peu… Rassurez-vous, il ne s’est pas engouffré dans ce sujet mais en a mis en scène un autre, tout aussi horrible : l’exploitation des femmes (et des filles) par l’homme (et par la femme aussi).

À cheval entre notre époque (le récit que Jacques, le cantonnier qui découvre le récit) et la victorienne (le récit fait par J.Wallace Hardwell, le policier), impossible de s’ennuyer une seule seconde.

Au travers de récits fait par trois personnes différentes, J.Wallace Hardwell, policier intègre, va découvrir que derrière le décor de son Angleterre puritaine se cache des antres de débauche, de vices, et que si la misère pousse certains à utiliser les autres d’une manière abjecte, la richesse et l’envie de possession sexuelle poussent d’autres à des atrocités sans nom.

Les personnages sont bien campés, ils sont travaillés et sous leurs dehors d’êtres abjects et sans coeur, il se pourrait bien qu’il y ait une étincelle de douceur, que tous ne soient pas des pervertis prêts à tout pour survivre.

L’auteur dévoilera le vrai visage de ses personnages au fur et à mesure du récit et j’ai apprécié d’être surprise par ces révélations qui ressemblent à une poupée gigogne, chacune en cachant une autre et au fil de l’histoire, les poupées vont devenir plus détaillées.

La ville de Londres n’est pas oubliée dans l’histoire et l’auteur nous immerge dans cette capitale au deux visages, tel Janus : la bourgeoisie qui semble avoir le cul serré mais qui ne l’est pas du tout (du moins, une partie) et les miséreux qui ne sont pas à une saloperie près pour avoir à manger, un toit, un peu de chaleur.

La loi de l’offre et de la demande… Tout simplement. Mais si elle était amusante dans « Obélix et Cie », dans ce contexte, elle est tout simplement abjecte, donne des sueurs froides et envie de vomir car la demande est de jeunes filles vierges, de très jeunes filles.

Autant où je pourrais comprendre (mais pas pardonner) qu’une miséreuse s’abaisse à des bassesses avec ses contemporaines afin de survivre (pour cela, l’être humain est capable des pires horreurs), autant je ferais descendre le couperet sur les cous de ces bourgeois, de ces hommes riches qui veulent posséder une jeune gamine vierge et la dompter… Car eux, c’est juste pour avoir de l’amusement, un grain de folie dans leurs vies monotones et éviter de succomber à l’ennui. Moi, je vais vomir.

Ce roman policier, c’est aussi un roman noir car le contexte social est important et bien détaillé. On se croirait dans un Dickens ou dans l’enquête de Jack London : « Le peuple de l’abîme » tant tout est réaliste et coloré.

Rien de reluisant dans cette époque victorienne ! De plus, certains sont prêts à tout pour que les scandales ne soient pas dévoilés car personne ne doit savoir ce qu’il se passe en coulisse, dans l’envers du décor, celui qu’on veut cacher à tout prix afin de montrer une belle vitrine de Londres et de l’empire Anglais.

Que l’on ne s’y trompe pas, si l’époque victorienne n’était pas folichonne pour les droits des femmes et des enfants, la nôtre n’est pas terrible non plus, il y a eu des avancées, certes, mais l’auteur nous prouve, grâce à son récit contemporain, que nous avons reculé (en France) et été plus en arrière que cette époque qui plaçait le consentement à 13 ans…

Comme toujours, l’Homme (au masculin) prend des lois mais jamais dans le sens des femmes qui sont toujours les grandes oubliées partout, alors qu’elles ont fait les révolutions, les guerres, fait tourner les pays quand les hommes étaient partis…

Ce roman (proposé en LC par ma copinaute Bianca que je remercie au passage) je l’ai littéralement dévoré d’une traite. Lu en une seule journée !

Si le récit contemporain est moins intéressant que le victorien et qu’en sautant d’époque, l’auteur nous coupe dans notre élan brutalement, la partie contemporaine était néanmoins utile afin de faire un parallèle entre nos deux époques et nous prouver que tout n’est pas plus rose dans notre nouveau siècle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°170].

Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche : Jean-Marc Lainé et Bojan Vukic


Titre : Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche

Scénariste : Jean-Marc Lainé
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil 1800 (25/08/2010)

Résumé :
En 1850, le jeune Ishmaël a pour intention de quitter la marine marchande pour devenir marin sur un baleinier et, pour ce faire, s’est transporté à l’auberge de l’Amiral Bandow de New Bedford à la Nouvelle-Angleterre pour y glaner quelques précieux conseils.

En ces lieux bruyants où la bière coule à flot, il y rencontre le romancier Hermann Melville qui, fort de l’intérêt que porte le jeune homme sur la chasse au cachalot, se décide à lui faire part d’une histoire fascinante et effrayante, celle du Capitaine Achab et de son combat titanesque contre le Kraken, l’immense créature des bas fonds marins.

Commence alors un récit impressionnant dans lequel l’appel du large devient synonyme de légendes terrorisantes, de folie, de prières impies et également de démesure.

Critique :
♫ Époustouflez-moi ! Époustouflez-moi ! Là tout de suite, Allez, vite ! Sachez me faire rêver-é-é-é, M’étonner-é-é-é, Me captiver ♪ Époustouflez-moi ! ♪

♫ Sachez m’hypnotiser, Improviser, Me subjuguer ♪

(Sur l’air de « Déshabillez-moi » de Juliette Greco).

La première chose qui m’a attirée dans cette bédé, c’est la couverture ! Waw, rien à dire, elle subjugue les yeux, elle invite au fantastique, aux voyages marins, bref, à l’évasion et aux frissons.

Devant cette belle promesse, j’ai craqué de suite et j’ai embarqué les deux tomes en même que les deux Hyde contre Frankenstein. Ce que j’espérais, c’était que l’auteur allait me captiver, m’emmener ailleurs et sortir des courants marins habituels. D’où mon intro sur l’air de déshabillez-moi car je voulais être époustouflée.

Lorsqu’on mélange Herman Melville et son capitaine Achab, sa baleine blanche, le Cthulhu de Lovecraft, le Nécronomicon et que l’on raconte ce récit, assis sur une chaise de l’auberge de l’amiral Benbow (celle du Jim Hawkins de l’île au trésor) et un corps repêché qui ressemble à la créature de Frankenstein, faut s’assurer que le montage de toutes ces couches dans le gâteau soit parfait, sinon, barfaf, c’est l’embardée (l’écroulement).

Mon seul bémol sera pour l’intrusion du steampunk alors que l’univers penche plus vers le fantastique. À moins que le Nautilus n’ait un rôle à jouer dans le tome 2, je ne vois pas trop pourquoi on nous l’a montré dans l’entrepôt qui fabrique des harpons d’un nouveau genre.

Comme mes seules attentes étaient d’avoir de l’évasion, des frissons et de l’audace, j’ai été servie. Même si tous les éléments de ce premier tome proviennent d’univers différents, ma lecture a été divertissante et j’ai été époustouflée par les magnifiques dessins de Bojan Vuvik qui nous offre un kraken Cthulhutesque des plus magnifaïïïïk, mes chéris.

N’étant pas de grandes connaissances de l’oeuvre de Lovecraft, je ne porterai pas de jugement sur le fait que la bête ressemble à un poulpe, sorte de monstre marin, puisque de toute façon, je ne l’ai jamais croisée en vrai sur ma route.

Les autres critiques sont assez sévères avec ce premier album, mais vu que je n’attendais rien de plus que de l’aventure et du fantastique, je n’ai pas été déçue. J’ai été époustouflée par la grosse bêbête qui nage, qui nage et je vais de ce pas aller voir ce que me réserve le second tome.

En espérant que la suite ne fasse pas pchiiittttt.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°169] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°36]

Regarde dans la jungle : Emiri Hayashi

Titre : Regarde dans la jungle

Scénariste : Emiri Hayashi
Dessinateur : Emiri Hayashi

Édition : Nathan Petit Nathan (01/10/2020)

Résumé :
Dans la jungle, petit Jaguar se réveille.Vite, il part retrouver les singes qui se balancent, les toucans et les perroquets qui chantent, mais pas trop fort, car les paresseux dorment encore. Il se camoufle au milieu des grenouilles, des papillons et des caméléons. Jouer dans la jungle est un peu fatiguant, heureusement c’est l’heure de la sieste avec maman.

Livre d’éveil pour les bébés, dès 6 mois.

Critique :
Je l’ai dit, je l’ai fait ! Après la lecture glaçante de « La frontière » de Don Winslow, il me fallait un truc doux, léger, amusant… Et j’ai donc feuilleté ce livre d’éveil que j’avais offert à ma nièce fin 2020 et qui la suit partout dans son sac de jeux.

Parce que bon, dans la vie, il ne suffit pas de faire écouter à sa nièce les chanteurs/groupes qui comptent (Iron Maiden, Gun’s, Metallica, AC/DC, Eminem), mais faut aussi lui éveiller le petit cerveau.

Ce petit livre, elle l’adore et va toujours le rechercher pour le donner à l’adulte qui traîne dans les parages. Elle a eu 1 an et ce qui l’intéresse surtout dans ces pages, ce sont les couleurs lumineuses qui s’y trouvent et qui attirent ses petits yeux rieurs.

Même si elle n’écoute pas encore l’histoire qu’on lui raconte, elle passe son temps à ouvrir ce livre et à faire comme sa tante : dévorer ! Sauf que moi je ne mets pas mes livres en bouche pour mordre dedans…

(Note pour plus tard : installer des barrières Nadar devant toutes mes biblios !!!).

Ma sœur me l’a confirmé, mon cadeau plaît à la pioupioute et elle lui en fait voir de toutes les couleurs. Quant à moi, j’adore le prendre, le regarder, m’extasier devant la luminosité des couleurs et laisser mon cerveau s’apaiser de toutes les horreurs que j’ai lues dans les romans.

Un gros coup de coeur, même s’il ne fait que 12 pages.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°35]

La Frontière – Art Keller 03 : Don Winslow

Titre : La Frontière – Art Keller 03

Auteur : Don Winslow
Éditions : HarperCollins Noir (16/10/2019) / HarperCollins Poche (07/10/2020)
Édition Originale : The Border (2019)
Traduction : Jean Esch

Résumé :
Pendant quarante ans, Art Keller a été en première ligne de la guerre la plus longue que les USA aient jamais menée: la guerre contre la drogue.

Son obsession à vaincre les plus puissant des caids, le parrain du cartel de Sinaloa, Adan Barrera lui a laissé des marques, lui a couté des êtres chers et même une partie de son âme.

Maintenant, Keller occupe une position prestigieuse au sein de la DEA il se rencontre que le monstre qu’il a détruit en a engendré beaucoup d’autres qui sèment la mort, le chaos et la désolation au Mexique et ailleurs.

Le testament de Bara, c’est l’afflux d’héroïne en Amérique. En se jetant dans la bataille Art Keller découvre qu’il est entouré d’ennemis, des tueurs qui veulent le liquider, des politiciens qui veulent le détruire, et même une administration montante en cheville avec les trafiquants qu’il combat.

Critique :
L’année 2021 ne pouvait pas bien commencer si je ne finissais pas la trilogie de Art Keller !

En janvier 2020, Cartel me mettait sur les genoux tant il était puissant et dévastateur.

La Frontière le fut tout autant et ça me donne envie d’aller lire un livre tout doux pour les petits…

20 ans ! 20 ans qu’il aura fallu à l’auteur pour mettre le dernier point à sa trilogie consacrée à la poudre blanche… Après cela, vous serez incollable sur les gangs, les cartels, le Sinaloa, les drogues, la misère humaine, les meurtres, les massacres.

Le point fort de ce dernier tome c’est qu’il n’est jamais chiant à lire, malgré ses 1.000 pages en version poche (848 en GF) et que l’auteur fait en sorte de vous mettre dans la peau d’un tas de personnages aux antipodes l’une de l’autre.

Mon C.V pourra s’enrichir car une fois de plus, durant ma lecture, j’ai été : agent de la D.E.A, agent de police infiltré, trafiquant de drogue, droguée, membre d’un gang, de plusieurs cartels, porte-flingue, assassin, en prison et migrant clandestin en provenance du Guatemala, chevauchant La Besta (train de la mort), après avoir fouillé une décharge.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout est d’un réalisme saisissant, comme si l’auteur avait été, tour à tour, ces différents personnages. Avec autant de pages, Winslow a le temps de les façonner, de leur donner une histoire, de leur donner de l’épaisseur et j’ai été franchement triste de quitter certains.

Winslow ne pratique pas le manichéisme avec ses personnages car ceux-ci ont tous des nuances de gris, certains salopards ayant même un cœur ou des règles morales.

Art Keller, le héros, a commis des atrocités aussi, la fin justifiant ses moyens et feu Adan Barrera, el padrino, interdisait la prostitution de mineures sur son territoire, mais n’hésitait pas à flinguer des gens sans aucune once de pitié. Tout le monde a la morale à géométrie variable, qu’on soit de papier ou de chair. Moi-même j’ai eu de l’empathie pour le trafiquant Darius Darnell lorsque je l’ai vu avec sa grand-mère ou son fils…

La construction du roman est aboutie car l’auteur nous fait passer d’un univers à l’autre d’une manière habile et introduit dans son roman une part d’actualité, comme la mort tragique des 49 étudiants qui avaient détourné un bus et celle d’une accession à la Maison-Blanche par un certain Dennison qui adore gazouiller et attraper les femmes par la chatte.

Chez Winslow, rien n’est laissé au hasard… Lorsque subitement vous vous retrouvez à Bahia sur une plage paradisiaque, ce n’est pas pour faire un interlude agréable, mais pour introduire une nouvelle donnée à son drame Shakespearien (sauce mexicaine et américaine) et il en est de même lorsque nous plongeons dans une décharge avec Nico Ramírez, un jeune gamin de 11 ans.

Tout se tient, tel un mur magistralement construit et c’est glaçant à mourir !

On devrait ajouter en bandeau-titre ce que Dante avait lu sur le fronton de la porte menant aux Enfers « Lasciate ogni speranza, voi ch’intrate » (Abandonnez toute espérance, vous qui entrez ici).

Dans ces pages, c’est noir, sombre, c’est la misère humaine, l’exploitation de l’Homme par l’Homme, le chantage, les menaces, les massacres, l’illogisme de la justice qui met en cabane des petits trafiquants, des consommateurs mais laisse courir librement les blanchisseurs de fric, les banquiers, les hommes hauts placés.

Le seul moment de détente est celui avec le concours de celui qui pisse le plus loin que les gamins migrants, arrivés aux States seuls, organisent dans leur centre de détention… Si jamais, messieurs, apparemment, faut mettre la bite à 45°…

Winslow nous a livré une trilogie éclairante sur le trafic de drogue où les méchants ne sont pas QUE les vilains Mexicains qu’un type aux cheveux orangés a traité de voleurs, assassins et violeurs car dans l’équation, faut aussi ajouter les américains qui se droguent, les puissants qui laissent faire car ça rapporte, la guerre de la drogue, les gouvernements qui ferment les yeux sur ce qui les arrangent et sur les investisseurs qui aiment l’argent, qu’il soit sale ou propre. Et j’en oublie.

Une trilogie sombre, glaçante, sans concession, sans manichéisme, d’un réalisme à couper le souffle. Une trilogie qui va trôner dans les hautes étagères de ma biblio, avec les autres grands romans coups de poing dans la gueule.

Maintenant, j’ai envie d’aller lire un livre avec les Bisounours qui iraient prendre le goûter chez Oui-Oui et où l’horreur absolue serait Petit-Loup se cassant une dent en dégustant une couque de Dinant…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°168].

Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu : Dobbs et Antonio Marinetti

Titre : Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Antonio Marinetti

Édition : Soleil 1800 (2010)

Résumé :
L’étrange docteur Henry Jekyll et Faustine Clerval, sa belle gouvernante, sont sur le départ.

En effet, étant dans l’attente de produits essentiels à ses expériences, fabriqués par l’obscure société suisse Walton, le savant se voit dans l’obligation de se déplacer lui-même pour aller les récupérer.

Si la première partie de leur voyage est l’occasion de voir le docteur Louis Brocq, un éminent confrère français, pour traiter la curieuse dermite qui se développe sur le corps du savant anglais, leur dernière étape en territoire helvétique revêt un caractère on ne peut plus ténébreux.

Effectivement, l’institut Walton, à l’écart de toute civilisation, semble avoir été abandonné, et pour cause !

Quelque chose d’énorme rode autour et en ses murs, un monstre d’une force démoniaque dont l’origine pourrait bien intéresser le scientifique Jekyll.

Critique :
Le titre m’avait fait peur car il sentait les vieux films de la Hammer où l’on faisait s’affronter tous les personnages connus et monstres de la littérature…

Même si Frankenstein n’est que le nom du créateur et pas de sa créature. L’amalgame a été fait et est resté.

Mister Hyde contre Frankenstein, ça sentait déjà bon le pop-corn et les vieilles ficelles pour faire frissonner le public dans les salles obscures de l’époque avec un scénario aussi épais qu’un spéculoos qui a trempé dans le café.

De ce que j’en ai vu pour le moment (1 tome lu), je dirais que le scénario est aussi dur qu’une couque de Dinant (elles sont super dures !) tout en étant mangeable, lui !

Mister Hyde… Tout un programme ! Le dessinateur lui a donné des traits agréables à regarder et un physique qui ferait retourner les dames dans la rue… Problème avec lui, c’est qu’il est sadique, qu’il adore tuer et que je ne voudrais pas le croiser au coin de la rue.

L’âme humaine est sombre, noire, sans espoir et les auteurs font ce qu’il faut pour nous le démonter, mais sans jamais aller dans la démesure ou la surenchère, le tout étant plutôt montré de manière subtile, mais ça ne laisse aucune place au doute.

Même le côté psychologique ne vient pas plomber le récit. Alors qu’on aurait pu avoir des dialogues soporifiques, il n’en est rien et c’est aux travers des relations entre Mister Hyde et sa gouvernante Faustine Clerval que le scénariste nous livrera ses petites réflexions.

Dans des tons sépias monochromes, le dessinateur nous offre des décors plus vrai que nature de la ville de Londres, lui donnant vie, une présence. Lorsque notre duo s’introduira dans des lieux plus angoissants, les décors d’adapteront aussi, donnant une note supplémentaire d’angoisse.

Un bon début pour cette bédé fantastico-gothique qui met en scène deux bêtes de la littérature et se termine par un cliffhanger qui donne envie de se jeter sur le tome suivant. Ça tombe bien, je ne dois pas attendre entre deux publications !

♫ Tu n’savais pas pauvre de toi
Qu’il y a du mister Hyde en moi
Hyde en moi aïe pour toi ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°167].

Mafalda – Tome 02 – Encore Mafalda : Quino

Titre : Mafalda – Tome 02 – Encore Mafalda

Scénariste : Quino
Dessinateur : Quino

Édition : Glénat (1980 – 2010)

Résumé :
La petite Mafalda nous revient ici tout aussi espiègle que dans le précédent album. Elle se pose encore et toujours tout un tas de questions sur le monde qui l’entoure, un monde en constante évolution et difficile à cerner.

Mafalda apparaît comme une sorte d’observateur extérieur à la bêtise engendrée par les autres.

Critique :
Un coup d’barre ? Mafalda et ça repart !

Il fait sombre, le temps est humide, froid, les infos ne donnent pas envie de danser la mazurka, ni le tango, alors je m’injecte une dose de Mafalda et tout va mieux.

Pourtant, dans les réflexions de Mafalda, il y a du cynisme, et que des vérités sur le monde, cela pourrait vous filer la dépression automatiquement, mais non, ça vous file un sourire béat.

Mafalda a une conscience du monde que les adultes n’ont pas, elle connaît la politique de son pays, nous parle des armes, de la surpopulation qui les guette dans 30 ans, des vacances, de l’école, de la soupe qu’elle n’aime pas, d’environnement…

Bref, cela a beau dater des années 80 (pour la France, pour l’Argentine, c’est de 64 à 73), ça ne vieillit pas même s’il faut tout de même avoir une culture générale correcte pour comprendre ce qui se cache sous les gags d’apparence innocents.

Susanita parle toujours de ses futurs enfants, ne veut rien faire à l’école et offrira à Mafalda quelques petites réflexions sur l’importance de la mode auquel Mafalda répondra par la culture, mais comme le fait se sortir sans culture ne vous envoie pas direct en prison, alors que sans vêtements, si, le gouffre est infranchissable !

La ligne est minimaliste, Quino allant au plus économe dans ses dessins, l’important étant dans les phylactères.

Mafalda, c’est toujours percutant, ça a dû faire grincer des dents à l’époque, en Argentine (pour ceux qui ont compris)… Mais pour moi, c’est un bonbon piquant qui fait du bien.

Rendez-vous avec la mort – Tome 02 – Hercule Poirot (BD) : Didier Quella-Guyot, Marek et Agatha Christie

Titre : Rendez-vous avec la mort – Tome 02 – Hercule Poirot (BD)

Scénariste : Didier Quella-Guyot
Dessinateur : Marek
Adapté de : Agatha Christie

Édition : Paquet (07/08/2019)
Édition Originale : Appointment with Death (1938)

Résumé :
Dans un chic hôtel de Jérusalem, Mrs. Boynton est réputée pour être un véritable tyran avec son entourage.

Quand le corps de la mégère est découvert sans vie sur le site de Pétra, tous ses proches deviennent des suspects potentiels. Le détective Hercule Poirot saura-t-il découvrir le coupable ?…

Cette enquête qui se déroule dans le site mythique de Pétra est inspirée du vécu de la Reine du crime, qui fut mariée à un archéologue…

Critique :
Cela faisait des années que j’avais lu « Rendez-vous avec la mort » et je me suis remis ce roman en mémoire en regardant son adaptation dans « Les petits meurtres d’Agatha Christie ».

Bien entendu, l’équipe du commissaire Swan Laurence n’est pas partie à Pétra, en Jordanie… Mais la mégère de l’adaptation télé était si criante de vérité à tel point que je l’aurais bien assassinée moi-même.

Celle de cette adaptation bédé l’est moins… Fatalement, en 60 pages, on ne sait pas prendre le temps de la rendre horriblement exécrable. Ne me demandez plus comment elle était dans le roman, ça date depuis tellement de temps…

Mon seul bémol pour cette adaptation bédé sera pour les dessins. La tête d’Hercule Poirot ne me revenait absolument pas et c’est embêtant… Moi qui adore David Suchet dans le rôle… Les couleurs étaient elles aussi mal rendues et les tons jaunes ocres étaient du plus mauvais effet, inesthétiques.

Anybref, quand la mégère avale son bouillon de 11h, il est peu de monde pour la pleurer et encore moins le lecteur. Maintenant, le tout est de savoir qui lui a fait passer le goût du pain, même si son décès semble dû à sa mauvaise santé et au périple qu’elle accomplissait avec ses deux enfants, majeurs et vaccinés, mais toujours sous la coupe de môman.

Lorsque Hercule Poirot est dans le coin, un crime est toujours commis, impossible pour lui de profiter de vacances ou d’aller quelque part sans être sollicité, lui et ses petites cellules grises. Le voici chargé de faire toute la lumière sur la mort étrange de la vieille bique.

Le fait d’avoir vu l’épisode dernièrement m’a permis de me remettre en mémoire le mobile du crime, donc, je n’aurais pas dû avoir de surprise… De suite j’ai trouvé le coupable et je ne l’ai plus lâché, jusqu’à la solution finale où Hercule m’a fait comprendre que si la série française gardait les mobiles et les entourloupes de la mère Christie intactes, elle changeait tout de même les identités et bardaf, j’étais tombée dedans à pieds joints.

Une relecture qui m’a fait du bien à la mémoire et m’a donné envie de ressortir cet Hercule Poirot de ma collection afin de le relire et de profiter du beau soleil de Pétra au lieu du temps gris et morne que nous avons pour le moment.

5/5 pour le scénario original d’Agatha Christie mais des points perdus pour les dessins que je n’ai pas vraiment appréciés au niveau de ce cher Hercule Poirot.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°166].