A propos belette2911

Grande amatrice de Conan Doyle et de son "consultant detective", Sherlock Holmes... Dévoreuse de bouquins, aussi ! Cannibal Lecteur... dévorant des tonnes de livres sans jamais être rassasiée, voilà ce que je suis.

Sherlock vs Chtulhu – 01 – Les dimensions mortelles : Loïs H. Gresh

Titre : Sherlock vs Chtulhu – 01 – Les dimensions mortelles

Auteur : Loïs H. Gresh
Édition : Ynnis (08/01/2020)
Édition Originale : Sherlock Holmes vs. Cthulhu : The Adventure of the Deadly Dimensions (2017)
Traduction : Thomas Bauduret

Résumé :
Face à l’horreur indicible, l’esprit de déduction le plus brillant de tous les temps atteint ses limites.

Une série de meurtres macabres et terrifiants secoue Londres. Sur les lieux du crime, il ne reste rien d’autre qu’un tas d’ossements ainsi qu’une étrange sphère en os, sur laquelle des symboles arcaniques semblent avoir été gravés.

Le fils de la dernière victime demande l’aide de Sherlock Holmes et du docteur John Watson. Tous deux tentent alors de découvrir le fil conducteur qui pourrait unir les assassinats et confondre leurs responsables.

Mais à mesure qu’ils progressent dans leur enquête, la logique si chère au célèbre détective de Baker Street semble s’évaporer un peu plus au profit de l’inconcevable, à l’image de cette terrible machine tueuse que d’aucuns prétendent « vivante », ou des membres de cet « Ordre de Dagon », dont les cultes et rituels rivalisent de ferveur et d’horreur…

Et pour cause : que reste-t-il une fois qu’on a tout éliminé, y compris l’improbable ?

Critique :
Depuis longtemps, Sherlock Holmes est mis à toutes les sauces et affronte toutes sortes de créatures fantastique, comme si les meurtriers ordinaires ne lui suffisait pas.

Pourtant, ne disait-il pas que « Les crimes sont communs, la logique est rare. C’est donc sur la logique plutôt que sur les crimes que vous devez appuyer » ? (Les hêtres pourpres)

Le voici donc une nouvelle fois aux prises avec la sale bête de Lovecraft comme dans la trilogie de trilogie de James Lovegrove.

Dans le premier tome de la trilogie de James Lovegrove, j’avais ronchonné sur le fait que l’auteur n’amenait pas la rencontre entre Holmes et le côté éthéré de la meilleure manière, que ça manquait de réalisme, que c’était arrivé bien trop vite et de manière totalement inattendue.

Ici, c’est tout le contraire puisque c’est trop long ! Oui, jamais contente… Mais sur un récit de 480 pages, amener les créatures de la mer vers la page 400, ça donne des préliminaires vachement trop longs !

Les 200 premières pages se lisent vite, il y a du rythme, du mystère, Holmes cherche une explication logique sans vraiment la trouver et le lecteur ricane car lui, il sait de quoi il va retourner puisque le titre est assez explicite et qu’en plus, il a déjà croisé la route de la sale engeance qui dort dans la cité sous-marine de R’lyeh.

Malgré un bon rythme dans la première moitié du roman, mes plaintes seront pour les personnages de Holmes et Watson que je n’ai pas vraiment appréciés car je ne les reconnaissais pas.

Watson est geignard et nous rappelle sans cesse combien il aime amoureusement son épouse Mary, combien il aime Samuel, son gamin, né prématurément et les difficultés qu’ils ont eu pour le concevoir. Au bout de la 36 fois, on commence à saturer de la redondance.

Quant à Holmes, c’est un homme froid, je sais, qui ne montre pas ses émotions, ou alors, fugacement, mais ici, il a l’air de se foutre du sort du bébé de Watson comme de sa première paire de chaussettes. Plusieurs fois il y aura danger pour la femme et l’enfant de Watson et Holmes ne prendra même pas la peine de rassurer son ami, blessé, sur le sort des deux personnes les plus importantes pour lui. Cela ne lui rassemble pas.

Holmes fait prendre à son ami des risques énormes en toute connaissance de cause, hors dans le canon, il a toujours répugné à mettre son ami en danger et ne le faisait que parce que pas d’autre choix. La preuve avec cet extrait du « Ruban Moucheté’ et des « Trois Garrideb ».

— Savez-vous bien, Watson, dit Holmes, tandis que nous étions assis tous deux dans l’obscurité qui commençait, que j’éprouve quelques scrupules à vous emmener ce soir. Il y a nettement un élément de danger.
— Puis-je vous être utile ?
— Votre présence peut être inappréciable.
— Alors, c’est réglé, je viendrai…
— C’est très gentil de votre part.

— Vous n’êtes pas blessé, Watson ? Pour l’amour de Dieu, dites-moi que vous n’êtes pas touché !
Cela valait bien une blessure, beaucoup de blessures, de mesurer enfin la profondeur de la loyauté et de l’affection qui se cachaient derrière ce masque impassible ! Pendant un moment je vis s’embuer les yeux durs, et frémir les lèvres fermes. Pour la première fois de ma vie, je sentis battre le grand cœur digne du grand cerveau. Cette révélation me paya de toutes mes années de service humble et désintéressé. […]
— …Cela vaut mieux pour vous. Si vous aviez tué Watson, vous ne seriez pas sorti vivant de cette pièce. A présent, mon-sieur, qu’avez-vous à nous dire pour votre défense ?

Il est normal qu’un auteur qui reprend des personnages d’un autre en change un peu l’essence, qu’il les façonne à sa manière à lui, mais il ne faut pas changer la nature profonde de ces personnages et les rendre insensibles alors qu’ils peuvent l’être brièvement ou les rendre casse-pieds alors qu’ils ne le sont pas en vérité.

L’inconvénient de ce livre, c’est la seconde moitié. Elle est trop longue, il y a d’autre intervenants dans le récit de Watson et j’ai ai sauté plusieurs tellement ça me pompait l’air. Trop is te veel ! Trop de digressions tuent le récit, le font sombrer, s’enliser et à force d’être trop verbeux, on perd l’attention du lecteur.

De plus, Holmes a beau avoir des preuves sous ses yeux qu’une entité fantastique d’un autre-monde est intervenue, il refuse de voir alors que lui même disait que « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité ».

La trilogie de Lovegrove était montée en puissance au fil des tomes, peut-être que le tome 2 de cette nouvelle trilogie me plaira plus que ce premier tome qui n’est pas parvenu à me convaincre.

Dommage parce que les 200 premières pages s’étaient bien déroulées, hormis mes rouspétances sur les personnages de Holmes/Watson qui n’étaient pas comme je les aime d’habitude.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].

Dave Robicheaux – 03 – Black Cherry Blues : James Lee Burke

Titre : Dave Robicheaux – 03 – Black Cherry Blues

Auteur : James Lee Burke
Édition : Rivages Noir (1991/1993/2019)
Édition Originale : Black Cherry Blues (1989)
Traduction : Freddy Michalski

Résumé :
Sous le territoire indien des pieds noirs se trouvent des réserves de gaz naturel que l’on estime à plusieurs millions de dollars. La compagnie de forage, qui les convoite, n’hésite pas à éliminer les militants indiens qui se dressent contre elle.

En voulant aider un de ses amis impliqué dans l’affaire, Dave Robicheaux se trouve pris dans un tourbillon de violence et n’a pour soutien que « le peuple de l’eau » et  » les voix qui parlent sous la pluie », celles de sa femme assassinée et de son père déchiqueté dans une explosion.

Black Cherry Blues a remporté le Grand Prix de la littérature policière 1992, ainsi que le Prix mystère de la critique.

Critique :
Lire un James Lee Burke, c’est plonger dans le bayou, dans la Nouvelle-Orléans, dans la Louisiane et se prendre la chaleur moite de la région.

Lire un roman avec Dave Robicheaux, son cajun, c’est manger des mots et des phrases qui doivent se déguster lentement, sous peine d’indigestion.

Non pas que sa plume soit lourde ou engoncée, juste qu’elle est prolixe dans ses descriptions, dans les états d’âmes de Dave et qu’ici, tout va à son rythme.

L’auteur n’est pas un manche, il sait « causer » et il vaut mieux savoir où l’on va sous peine de ne pas profiter du voyage comme il se mérite.

Une enquête de Dave Robicheaux, c’est de la lenteur, des emmerdes, du sang, de la violence, des écrevisses et des phrases avec l’accent cajun pour la petite Alafair, la gamine qu’il a adopté dans l’épisode précédent (que j’ai sauté par erreur, passant du tome 1 au 3).

Alors que j’étais bien dans le bayou, voilà que notre Robicheaux va mener son enquête dans le Montana et il va y laisser des plumes et des dollars car quand on s’attaque à des truands, faut pas s’étonner qu’ils vous la foutent profond dans le cul et que ce soit vous l’accusé d’un crime que vous n’avez pas commis.

Chez James Lee Burke, les personnages sont cabossés par la vie, l’alcool, la drogue, les combines foireuses. Robicheaux lui-même est un ancien alcoolo et ancien flic. C’est vous dire ses tourments. Son épouse est décédée des circonstances dramatiques et son fantôme la hante toujours, lui apportant des réponses, du réconfort.

Cela faisait longtemps que j’avais mené ma première enquête avec Dave Robicheaux et depuis, je n’avais plus eu le temps de me poser sur son ponton. Je suis allée à la pêche aux truands en sa compagnie et ce fut une belle aventure, même si on s’est pris des coups. Attention, on les a rendu.

Robicheaux est une belle âme, malgré ses défauts. Parfois un peu trop bien. Quand on a affaire à un salopard, on ne le met pas en garde d’un possible sabotage, on le laisse s’écraser tout seul comme une merde.

James Lee Burke est un grand auteur qui possède une belle plume et pour en profiter pleinement, il faut prendre le temps de le lire, d’aller à son rythme, d’écouter les états d’âmes de Dave Robicheaux et le laisser mener son enquête à son rythme et à sa manière.

Une excellente idée que j’ai eue de revenir à des classiques…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°21].

Bloodborne – Tome 1 – La fin du cauchemar : Ales Kot, Piotr Kowalski et Brad Simpson

Titre : Bloodborne – Tome 1- La fin du cauchemar

Scénariste : Ales Kot
Dessinateur : Piotr Kowalski
Coloriste : Brad Simpson

Édition : Urban Comics Games (2018)

Résumé :
Un chasseur sans nom se réveille dans la ville antique de Yharnam, une cité en proie à la maladie et dont les rues résonnent du râle de créatures terrifiantes.

Cherchant par tous les moyens à échapper à la Nuit de Chasse, le chasseur se lance dans une quête dangereuse et violente dans l’espoir de mettre fin au mal qui ronge Yharnam.

Critique :
Si les dessins sont bien réalisés, je me pose des questions sur le scénario qui me semble un peu foireux. Moi, en tout cas, je n’ai pas compris grand-chose et je ne poursuivrai pas cette série de dark fantasy.

On comprend qu’une maladie ronge les habitants, les transformants en créatures monstrueuses, comme des loups-garous ou des espèces de zombies.

Les chasseurs les chassent…

Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? On ne le sait pas. Celle que l’on appelle chasseuse semble être une femme, mais elle ne possède pas de forme et se bat avec un masque sur le visage. Si le covid transformait les infectés en loups-garous, je pense que ça se saurait…

Il y a un monstre, immense, énorme. Des monstres… Mais on ne sait rien de plus.

L’histoire est difficile à suivre. Sommes-nous dans un jeu vidéo où quand on perd, on revient à la vie ? C’est ce qu’une scène m’a semblé suggérer. Mais est-ce le jeu d’un gamer que nous suivons ou tout simplement des êtres vivants piégés dans un jeu vidéo grandeur nature ? Je n’en saurai pas plus.

Les dessins étaient très beaux, ce sera tout ce que je retirerai de positif de cette lecture et je ne pousserai pas le vice plus loin en lisant les deux tomes suivants.

Merci et au revoir !

American Vampire Legacy – Tome 2 – Le réveil du monstre : Scott Snyder et Dustin Nguyen

Titre : American Vampire Legacy – Tome 2 – Le réveil du monstre

Scénariste : Scott Snyder
Dessinateur : Dustin Nguyen

Édition : Urban Comics Vertigo Classiques (2013)
Édition Originale : American Vampire, book 5 : Lord of Nightmares

Résumé :
1954. De retour aux États-Unis, Felicia Book tient la promesse qu’elle avait fait à son ami et coéquipier, l’agent McCogan, en élevant son fils Gus, alors délivré de la contamination vampirique.

C’était sans compter l’organisation des « Vassaux de Vénus » qui bientôt lui demande de se rendre d’urgence à Londres où leur coffre sécurisé et inviolé depuis 1888 a été ouvert.

Le plus dangereux vampire de tous les temps est de retour, prêt à reprendre le pouvoir sur son armée.

Critique :
Rien de tel que de revenir aux origines des vampires pour rendre un deuxième tome attractif.

Nous sommes en 1954 et les nazis vampires ne sont plus une menace depuis longtemps. N’espérez pas vous la couler douce, une menace encore plus grande arrive à grands pas.

Nous quittons provisoirement les États-Unis pour aller prendre l’air à Londres et à Paris.

Pas de virée shopping, faut juste cavaler, se prendre des coups, saigner et tenter de faire en sorte que le premier des carpatiques reste dans son sarcophage et ne monte pas sur son trône d’où il pourrait contrôler tous les vampires…

Changement de dessinateur, on passe dans des cases qui ressembles à des aquarelles délavées. Les tons délavés ou lumineux collaient bien aux ambiances et si le changement de dessins m’a un peu déstabilisée au départ, je m’y suis habituée assez vite.

Les créateurs de la série American Vampire avaient eu la bonne idée de revisiter le mythe du vampire, notamment en dotant la souche américaine de pouvoirs que la souche carpatique ne possédait pas et en scindant les vampires en races. On a plus de choix.

Toujours de l’action, du sang, de la violence, des combats et une course-poursuite pour éviter que le roi des carpatiques (pas besoin de vous donner son nom, vous le connaissez) ne se réveille plus qu’il ne l’est déjà.

Si l’histoire ne révolutionne pas le genre, elle est tout de même un cran au-dessus du premier tome mais n’apporte pas les surprises de la série mère (American Vampire). On est dans du classique, même si la mise en scène est bien faite et qu’on ne s’embête pas une seule seconde.

Conventionnel mais bien foutu. Classique mais efficace. Ou quand le mythe rejoint les nouveautés pour donner quelque chose de punchy qui fait passer un excellent moment, même si des pages de plus auraient permis de ne pas finir se conclure si rapidement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°20].

Astérix – Tome 01 – Astérix le gaulois : René Goscinny et Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 01 – Astérix le gaulois

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1961)

Résumé :
Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains … Toute ? Non! Un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Dans un petit village d’ Armorique, Astérix va s’adonner à son sport favori: la Chasse. Pendant ce temps, les romains, tente de résoudre le mystère de la puissance des gaulois.

C’est ainsi que le légionnaire Caligula Minus est désigné volontaire pour se déguiser en gaulois, et découvre ainsi le secret de la puissance du village, la potion magique, qui donne une force surhumain à quiconque la boit.

Pour se débarrasser des Gaulois, le centurion Caius Bonus fait capturer le druide, pour apprendre le secret de la potion magique, et ainsi prendre par la même occasion la place de César.

Afin d’en apprendre plus sur ceux que l’on appelle « les irréductibles Gaulois », Ces derniers envoient Caligula Minus enquêter au sein du village d’Astérix…

Critique :
Comparé aux albums suivants, ce premier tome n’est guère brillant mais malgré tout, les ingrédients de la potion magique sont bien présents.

La marmite est sur le feu et il suffira ensuite à Goscinny d’ajouter un peu de sel, quelques fraises et de touiller le tout pour nous servir des merveilles d’humour et de jeux de mots.

Les dessins ne sont pas encore figés, nos personnages sont fort pointus et Obélix n’a qu’un petit rôle, même si on comprend déjà qu’il est le gourmand de l’histoire et le grognon parce qu’il n’a pas droit à de la potion magique.

— Je me sens un peu faible, Panoramix !…
— Non, Obélix !… Tu n’auras pas de potion magique ! Je t’ai dit mille fois que tu étais tombé dedans étant petit !

Pas encore de bagarres, de « Il est frais mon poisson », de « Non tu ne chanteras pas », de pirates à couler, de lancer de menhirs ou de jeu de mots délicieux. Par contre, quelques petites références à l’Histoire puisque si l’on chasse les Germains, ces derniers nous promettent que « Addentzion ! On refiendra »…

Le scénario est simple : on envoie un espion chez les Gaulois pour découvrir leur secret, on kidnappe ensuite le druide Panoramix, on le torture horriblement avec une plume qui chatouille la plante des pieds, Astérix vient lui prêter main-forte et à eux d’eux, ils coupent les cheveux des romains en quatre et jouent avec leurs pieds, le tout à leur barbe.

— Mais enfin, druide, ce n’est pas du jeu ! Nous te torturons depuis des heures et ça ne te fait rien !
— Si ! ça me fait passer le temps !

Les romains sont présentés comme des envahisseurs pas très intelligents, dont les centurions ne rêvent que d’être César à la place de César grâce à la potion magique. Ce qui donnera naissance à un joli jeu de mot de la part de César a sujet de ce qu’il faut lui rendre.

Veux-tu rendre à César ce qui m’appartient !?

Peu d’action, peu de jeux de mots, peu de personnages connus dans les Gaulois, comme nous en auront dans les albums suivants et quand nous les croisons, ça reste des petites interventions car ce premier tome met surtout en avant Astérix et Panoramix.

Pas le meilleur mais quand on sait ce qui va suivre, on en rit déjà !

Le Fléau – Tome 2/2 : Stephen King

Titre : Le fléau – Tome 2/2

Auteur : Stephen King
Édition : Le Livre de Poche (2003)
Édition Originale : The stand (1978)
Traduction : Jean-Pierre Quijano

Résumé :
Il a suffi que l’ordinateur d’un laboratoire ultra-secret de l’armée américaine fasse une erreur d’une nanoseconde pour que la chaîne de la mort se mette en marche.

Le Fléau, inexorablement, se répand sur l’Amérique et, de New York à Los Angeles, transforme un bel été en cauchemar. Avec un taux de contamination de 99,4 %.

Dans ce monde d’apocalypse émerge alors une poignée de survivants hallucinés. Ils ne se connaissent pas, pourtant chacun veut rejoindre celle que, dans leurs rêves, ils appellent Mère Abigaël : une vieille Noire de cent huit ans dont dépend leur salut commun.

Mais ils savent aussi que sur cette terre dévastée rôde l’Homme sans visage, l’Homme Noir aux étranges pouvoirs, Randall Flagg. L’incarnation des fantasmes les plus diaboliques, destinée à régner sur ce monde nouveau.

C’est la fin des Temps, et le dernier combat entre le Bien et le Mal peut commencer.

Critique :
Après avoir lu le premier tome durant le confinement, j’ai eu besoin d’une pause et après 3 mois, j’ai estimé que je pouvais entamer le second tome.

Mes amis les Gentils m’attendaient sagement et ce fut avec grand plaisir que je retrouvai Nick, Stu, Ralph, Frannie, Larry, Glen, Tommy, Joe et Mère Abigaël.

Quant aux Méchants, aux ordres de l’Homme Noir, du Patron, du Promeneur, ils sont à Cibola, ou plutôt à Las Vegas…

Si le premier tome m’avait embarqué et que je n’avais pas vraiment ressenti certaines longueurs (je l’ai lu en version intégrale, sans les coupes de l’éditeur), dans ce second et dernier tome, j’ai eu plus de mal, je n’avançais plus aussi vite, comme si je devais faire la route à pied.

Rome ne s’est pas faite en un jour, je le sais, il faut du temps pour repartir après l’extermination de 90% de la population, mais le périple de La Poubelle était long et monotone. Ce fut le passage le plus chiant, avec les comptes-rendus du comité de Boulder.

Autant ou certains passages sont longs et laborieux, autant le final a été expédié d’un coup de cuillère à pot après un périple, à pied, de plus de 1.200km et de 1.500 pages.

D’accord, je râle lorsque les auteurs font traîner les affrontements finaux pour faire des pages et qu’à la fin, on tourne en rond, mais ici, je m’attendais à un affrontement Bien-Mal d’une manière différente.

Durant des centaines et des centaines de pages, le King nous parle de deux personnages étranges dont les gens rêvent : Mère Abigaël ou l’Homme Noir, représentant le Bien et le Mal et tadaaa boum, en quelques paragraphes, c’est expédié, rayé de la carte.

Je me suis sentie grugée, surtout qu’ensuite, le King prend 90 pages pour un voyage de retour qui dure, qui dure… Ça fait un sacré déséquilibre.

Un affrontement plus travaillé et un retour plus rapide aurait été plus intelligent, même s’il y a de l’ironie et du cynisme dans la manière qu’à le King de résoudre le problème de l’Homme Noir. L’arroseur arrosé par son propre tuyau.

Malgré tout, je suis contente d’avoir ENFIN lu le Fléau car il y a une chose que je ne peux pas reprocher au King, c’est d’avoir fait preuve de manichéisme.

Certes, les Méchants ne sont pas sympas et on aimerait boire un verre avec les Gentils, mais il y a une évolution dans ses personnages car tous ont évolués, appris quelque chose, changé de caractère et même Tommy, à qui il manquait une case, a changé. Dans le camp de l’Homme Noir aussi, des consciences s’éveillent.

À Boulder, en Zone Libre, on essaie de changer, de ne pas reproduire les mêmes erreurs qu’avant, mais chassez le Naturel, il revient au galop… L’Homme a du mal à perdre ses mauvaises habitudes et ses peurs primales des Autres.

Une fois de plus, le King nous propose un livre dérangeant à bien des égards. La dictature chez l’Homme Noir semble plus simple que la tentative d’ébauche de démocratie en Zone Libre car quand un seul prend des décisions et donne des ordres, c’est plus rapide que de demander l’avis de tout le monde…

Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions et la démocratie de la Zone Libre est peut-être un mirage puisque le comité reprend les personnages principaux du premier tome.

Quand on réfléchit bien (et le King nous donne de quoi réfléchir), il y a du bon et du mauvais dans les deux camps et si la dictature est à proscrire, la démocratie a du plomb dans l’aile quand elle décide d’en envoyer certains au front…

Le Fléau, ce n’est pas qu’un simple roman fantastique pré et post-apo, c’est aussi une tentative de reconstruction, la méfiance des autres, mais aussi du besoin des Hommes de se regrouper puis de se séparer lorsque le groupe devient trop important et qu’on commence à se marcher sur les pieds.

En un mot, Le Fléau, c’est à lire !

Après une telle lecture, je m’en vais lire un Astérix, ça me fera du bien au moral…

PS : Stephen King, aurait-il par hasard une dent sur les belettes ? Parce que dans son roman, il cite mon animal totem au moins 36.000 fois et jamais pour leur jeter des fleurs…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX]et le Challenge Pavévasion – Saison 1 (17 mars – 15 avril ?) chez Mez Brizées [Lecture N°07 – 790 pages – Livre de Poche].

 

American Vampire Legacy – Tome 01 – Sélection naturelle : Scott Snyder et Sean Murphy

Titre : American Vampire Legacy – Tome 01 – Sélection naturelle

Scénariste : Scott Snyder
Dessinateur : Sean Murphy

Édition : Urban Comics – Vertigo Classiques (04/2012)
Édition Originale : American Vampire, book 3 : Survival of the Fittest

Résumé :
En 1941, Cash McCoogan et Felicia Book, membres de l’organisation anti-vampires des « Vassaux de Vénus », bravent le danger et traversent les lignes ennemies dans une Roumanie occupée par les nazis, afin de trouver un remède contre le vampirisme découvert par un savant.

Mais le chercheur est entre les mains des prédateurs nocturnes ralliés au IIIe Reich…

Critique :
Les vampires, je les préfère en qualité A.O.C, c’est-à-dire que j’évite les ersatz de buveurs de sang.

Ce spin-off de la série « American Vampire » ne joue pas dans le jeu des gentils vampires buveurs de thé, mais dans ceux qui ont des canines qui rayent le plancher et qui boivent du sang à même votre gorge.

Les auteurs ont repris le mythe des vampires mais l’ont mis à leur sauce, intelligemment, qui plus est. Si vous voulez tout savoir, lisez la série mère, American Vampire.

Les Vassaux de Vénus sont des chasseurs de vampires et leur prochaine mission, s’ils l’acceptent, sera d’aller enquêter en Roumanie, au milieu des nazis pour tenter d’extrader un savant qui pense avoir trouvé un remède au vampirisme.

Je ne vous cacherai pas que je ne suis pas fan de certains dessins, surtout du visage de l’agent Cash McCoogan qui serait plus agréable à regarder sans les gribouillages noirs sur son visage.

Le scénario est de bonne facture, avec des agents infiltrés disparus et des nazis devenus vampires afin d’être la race supérieure sans contestation possible. Le premier qui discute sera sans doute mordu et servira de repas à ces atrophiés du cerveau mais super développés niveau canines.

On a de l’action et des cascades (à ne pas refaire chez vous), de la science, la Seconde Guerre Mondiale et un remède au vampirisme, le tout avec un côté ésotérique dans la recherche du savant sur les anciens vampires.

Pour le moment, ma préférence va à la série-mère, American Vampire, qui avait réussi l’équilibre parfait avec un vampire (Skinner Sweet) que l’on adorait tout en le craignant. Lui, il m’a profondément mordu !

Ici, c’est classique et rien ne ressort vraiment pour me donner un orgasme littéraire mais c’est de bonne facture et on aurait tort de s’en priver si on aime les vampires véritables, qui puent, qui sucent le sang, qui sont sans sentimentalisme aucun, sans émotions. Bref, du vampire 100% pur jus (ou pur sang).

Si en plus on a lu et apprécié American Vampire, ce spin-off est parfait pour passer une chouette soirée en compagnie de buveurs de sang, même si ceux-ci sont infréquentables, vu leur appartenance au nazisme.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°18].

Holmes (1854/1891 ?) – Tome 3 – L’ombre du doute : Brunschwig & Cecil

Titre : Holmes (1854 / 1891 ?) – Tome 3 – L’ombre du doute

Scénariste : Brunschwig Luc
Dessinateur : Cecil
Edition :  Futuropolis (2012)

Résumé :
A priori Sherlock Holmes est mort lors d’un combat avec l’empereur du mal, le professeur Moriarty.

C’est toutefois ce que pensait le fidèle Watson. Il apprend rapidement qu’en réalité le célèbre détective se serait suicidé pour échapper à la folie qui menaçait de s’emparer de lui.

Après s’être rendu chez la famille de son ami, il est assailli de doutes compte tenu de ce qui s’y passe et des zones d’ombre relevées dans le passé de ce clan pour le moins singulier.

Accompagné de son épouse, il part en France sur les traces de la nourrice de Holmes.

Pendant ce temps, Wiggins se rend à Londres pour enquêter sur l’étonnante infirmière chargée de s’occuper de Holmes père.

Mais le médecin est un drôle de personnage, et Wiggins se retrouve malgré lui mêlé à un violent combat de rue en plein Whitechapel, provoqué par Parks.

Un combat de rue dans l’ombre duquel traîne un certain Mycroft Holmes…

Critique publiée sur Babelio  le 06/07/2012 :
Quatre ans, qu’il a fallu, avant qu’il ne sorte, ce tome trois !

« Quatre ans ! La grande guerre » comme se lamentait Louis De Funès dans « La grande vadrouille ».

Et vu que la série doit en comporter 9 (de tomes)…

Comme le disait l’ami Jean-Claude, au rythme d’un livre tous les quatre ans, je serai pensionné quand ils la termineront ! Moi aussi.

Mais cessons ces jérémiades et passons aux choses sérieuses : ce que j’en ai pensé.

Point de vue du graphisme, c’est magnifique. Une pureté dans le trait, dans les détails. Pas de visages mal faits, comme dans certaines autres bandes dessinées holmésiennes.

Toujours coloriée dans des tons « entre gris clairs et gris foncés » (gris acier pour les yeux de Holmes), cela donne une atmosphère bien spécifique à cette oeuvre, la rendant incomparable.

Bon, pour celui qui aime les tons chaleureux, c’est rappé. Mais si vous aimez les dessins exécutés de main de maître, je vous la recommande.

Les personnages sont bien travaillés et si le rythme est un peu lent, c’est sans doute parce que le scénariste veut que le lecteur s’imprègne de l’histoire, se vautre dans l’ambiance, pénètre dans le passé de Sherlock Holmes, se gorge des dialogues taillés au scalpel.

Parce qu’il veut que le lecteur doute en même temps que Watson, après avoir – qui sait ? – avalé des couleuvres.

A-t-on tout dit à Watson ? Ne lui a t-on pas raconté des carabistouilles ? Ou alors, est-ce Watson qui devient fou et imagine des choses ? Son compagnon était-il bien celui qu’il croyait être ? Fut-il tué par Moriarty lors de leur combat aux chutes de Reichenbach ou s’est-il suicidé ?

Malheureusement, si Watson a passé sept ans aux côtés de Holmes, il n’a jamais réussi à appliquer sa méthode, ni à devenir un esprit aussi brillant que lui.

Attention, Watson est loin d’être un imbécile, mais face à Holmes et à son esprit, il ne fait pas le poids. Nous non plus.

Le seul qui pourrait s’en sortir mieux, c’est le jeune Wiggins, qui lui, mène son enquête du côté d’un médecin un peu étrange qui pourra le renseigner sur la encore plus étrange garde-malade du père de Holmes.

D’ailleurs, dans cet album, nous verrons la rencontre « Holmes-Wiggins » quand celui-ci n’était encore qu’un gamin d’une petite dizaine d’années. Une réflexion de Wiggins avait surpris Holmes et pour le surprendre, fallait se lever tôt.

Si cet opus ne répond, pour le moment, à aucune de mes questions, le récit s’avère toujours aussi prenant et, dans ce troisième tome, il se dirige vers l’enquête à proprement dite. Plus que dans le deuxième.

Malgré tout, de nombreuses questions sont soulevées sans avoir de réponse pour le moment.

Le fait que Watson et Wiggins mènent leur enquête séparément est une bonne idée, cela donne du suspense au scénario. De la profondeur, aussi, tant il est travaillé.

A la fin de ma lecture, j’ai eu cette impression aussi fugace qu’un furoncle purulent mal placé que l’on aimerait bien que Watson ne poursuive pas son enquête…

Qui est cet homme mystérieux qui le suit, lui et son épouse ? Pourquoi diable veut-on l’empêcher d’interroger une personne ?

Nombreuses références aussi à la ville de Pau (où certains pasticheurs disent que Holmes a passé son enfance), au peintre Horace Vernet (le frère de la grand-mère de Holmes, ça, c’est canonique), au fait que Holmes se prénommait William (pas canonique).

Petit plus : un cahier graphique passionnant qui accompagne ce volume.

Un troisième album que j’ai eu plaisir à lire et dont j’espère que la suite ne se fera pas trop longtemps attendre…

 

Notre-Dame du Nil : Scholastique Mukasonga

Titre : Notre-Dame du Nil

Auteur : Scholastique Mukasonga
Édition : Gallimard (01/03/2012)

Résumé :
1973. Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2.500 mètres d’altitude, près des sources du grand fleuve égyptien.

Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d’accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l’intérêt du lignage.

Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota « ethnique » limite à 10 % le nombre des élèves tutsi.

Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un « vieux Blanc », peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé.

Avec passion, il peint à fresque les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d’insoumises reines Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires.

Non sans risques pour sa jeune vie, et pour bien d’autres filles du lycée, la déesse est intronisée dans le temple qu’il a bâti pour elle.

Le huis clos où doivent vivre ces lycéennes bientôt encerclées par les nervis du pouvoir hutu, les amitiés, les désirs et les haines qui traversent ces vies en fleur, les luttes politiques, les complots, les incitations aux meurtres raciaux, les persécutions sournoises puis ouvertes, les rêves et les désillusions, les espoirs de survie, c’est, dans ce microcosme existentiel, un prélude exemplaire au génocide rwandais, fascinant de vérité, d’une écriture directe et sans faille.

Critique :
Un collège pour jeunes filles riches et de bonnes familles est perché là-haut sur la montagne, à l’orée des nuages.

Pas pour avoir de l’air pur, non, juste pour faire en sorte que les jeunes filles arrivent vierges au mariage que leurs familles auront mis en place pour elles.

Déjà, la gorge se bloque… Puis la salive passe plus difficilement lorsqu’on apprend que dans ce collège huppé où l’on doit parler français, il y a un quota pour les Tutsis.

Pas plus de 10% de Tutsis sinon, certains vont en chier des pendules.

Les Hutus se sentent supérieurs aux Tutsis et dans leurs têtes, il le sont. Tout est bon pour rabaisser l’autre ethnie, pour les vilipender, à voix haute, pour leur faire comprendre que sans eux, ça irait mieux.

Il y a du mépris de Blanc, dans les paroles hautaines des Hutus. Oui, dans leurs commentaires, dans leur manière de rabaisser les Tutsis, c’est comme si les Hutus copiaient l’arrogance des Blancs.

Ça m’a fait froid dans le dos. Et nous n’étions que dans les années 70 (1973), pas encore en 1994. Bien que j’ai appris qu’un massacre avait déjà eu lieu en décembre 1963 (entre 8.000 et 12.000 hommes, femmes et enfants furent massacrés).

Celle qui attise les braises de la haine, c’est Gloriosa, une fille de ministre Hutu qui cherche par tous les moyens à faire de la politique à l’école et à faire en sorte que les Hutus soient exclus de l’école et d’ailleurs aussi.

Manipulatrice en chef, Gloriosa va monter tout le monde contre les quelques élèves Tutsis, le tout sous le regard absent des professeurs français qui laisseront faire avec une passivité qui m’a laissé baba. L’art de regarder ses chaussures quand, à côté de nous, se jouent des drames…

Dans ce roman qui nous plonge au cœur de ce collège réputé où les haines raciales sont farouches, on distingue l’ombre des Français et des Belges, mais pas dans ce que nous avons de meilleur puisque ça sent mauvais le colon. Et il n’y a rien de bon dans le colon…

Ce roman, c’est aussi l’occasion d’apprendre sur la manière de vivre au Rwanda, comment s’organisent les familles, sur la cuisine, le climat, avec sa saison des pluies et la saison sèche, les marques de respect à avoir sur certains membres de la famille, notamment celle du père, la plus importante… Hé oui, société patriarcale.

Ce huis-clos dans un collège huppé, ce n’est jamais que la transposition des mentalités de l’époque envers les Tutsis. Les classes sociales sont présentes dans l’école aussi et les jeunes filles Hutus ne font que répéter ce qu’elles ont entendu dans leurs propres familles au sujet des Tutsis.

Une haine pareille, elle ne vient pas de naître, elle est déjà ancrée profondément dans l’esprit des parents, des grands-parents et sont transmises à leurs enfants, comme on apprendrait une comptine. Sauf qu’ici, la comptine, on la chantonne à la machette.

Un roman fort, puissant, servi par une écriture simple (mais pas simpliste) qui nous parle de la société Rwandaise, de ses mœurs, de sa culture et des clivages entre deux ethnies. Un désamour qui se change en haine et où, les esprits s’échauffant lentement, se finira dans un bain de sang plus tard.

Une belle manière (si je puis dire) de nous expliquer en partie le pourquoi du comment. En tout cas, ça commence toujours avec des petits riens qu’on monte en épingle, ajoutant une bonne dose de propagande, de mensonges, de contre-vérités, de culot et qu’on mélange dans la marmite appelée haine de l’autre.

Orcs & Gobelins – Tome 8 – Renifleur : Olivier Peru et Giovanni Lorusso

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 8 – Renifleur

Scénariste : Olivier Peru
Dessinateur : Giovanni Lorusso

Édition : Soleil (23/10/2019)

Résumé :
Le petit Renifleur aurait dû être un de ces gobelins sans histoire, sans destin. Une vermine dont la vie n’a de valeur pour personne.

Pourtant, après le massacre de sa famille, il est recueilli par le fils d’un seigneur. Le garçon veut dresser Renifleur en chien de chasse.

Ne dit-on pas que les gobelins possèdent un sacré flair ? Grandir ensemble fera naître des liens forts entre Renifleur et son maître.

Le gobelin sera-t-il un fidèle compagnon ou le chien le plus méchant du Nodrënn ?

Critique :
Quand on est un Gobelins pisteur, vaut mieux éviter de se choper un rhume qui mettrait à mal les capacités olfactives d’un nez pareil.

Pas de chance pour notre Gobelins, après que son clan ait élu domicile dans des grottes, un seigneur Homme les liquide pire que si c’était des cafards, car les cafards, on ne les torture pas.

Deux jeunes Gobelins deviennent des « animaux » de compagnie des deux fils du seigneur mais seul celui surnommé Renifleur survivra.

Considéré moins bien qu’un chien, il grandit dans une cage et est utilisé pour la chasse au gibier mais aussi à l’assassin.

Les humains se comportent comme des salopards avec le Gobelin, lui rappelant sans cesse qu’il est moins qu’un animal. Seul Nyrrad, son propriétaire, le traite correctement, même s’il ne veut jamais lui rendre sa liberté.

Noir c’est noir… Pas d’espoir, pas de morale, pas de happy end. Quand on rabaisse un être vivant plus bas que terre, faut pas s’étonner si un jour il montre les dents. Mais Renifleur ne les montre pas, ou si peu.

Dans les autres sagas de la série, on tendance à détester les Gobelins mais dans leur série, on leur trouve toujours un petit quelque chose qui fait qu’on les apprécie et Renifleur en fait partie. Il est le dernier de son clan, de sa race, il faut ce qu’on lui demande et ne lui donne même pas un « merci ». Oui, c’est un récit fort sombre.

Olivier Peru est un sadique de la pire espèce, un petit Machiavel et qu’il continue ainsi, car c’est là que ses histoires prennent tout leur goût. Non, je ne me suis pas faite avoir, je l’ai senti venir, mais j’aurais espéré une autre issue pour deux personnages (Nyrrad & Gallens) qui avaient un peu plus d’humanité que les autres.

Parfois, on crée sois-même ce qui nous fera trébucher. Faudrait réfléchir avant de rabaisser les autres car cette personne pourrait se montrer plus cruelle que ceux qui l’ont mise au sol.

Les dessins sont très agréables pour les yeux, heureusement car un bon scénario avec des moches dessins, ça la fout toujours mal.

Un bon album qui parle de noirceur humaine mais pas que…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°17].