Les enquêtes de Lord Harold, douzième du nom – Tome 2 – Trois petites souris : Philippe Charlot et Xavier Fourquemin

Titre : Les enquêtes de Lord Harold, douzième du nom – T02 – Trois petites souris

Scénariste : Philippe Charlot
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Vents d’Ouest (10/02/2021)

Résumé :
A Blackchurch, Lord Harold enquête sur une affaire de bétail noyé. Il se rend vite compte qu’il dérange dans ce quartier de Londres où personne, des hautes sphères de la société londonienne jusqu’à la pègre des bas-fonds, ne souhaite le voir fouiner.

Critique :
Ma premoère rencontre avec Lord Harold n’avait pas été concluante, mais comme j’avais décidé de lui laisser une seconde chance, j’ai tenu parole.

Le premier tome s’adressait avant tout à une public jeune, adepte d’humour potache et j’avais trouvé que le scénario manquait un peu de profondeur.

Ce deuxième tome relève le niveau : il y a toujours une dose d’humour, mais je l’ai trouvé moins potache, justement.

Le jeune Lord Harold, toujours au commissariat de Blackchurh (dans les bas-fonds), va s’employer à lever les mystères du premier album et à tenter de mettre fin à la conspiration menée par le méchant de l’album.

Bon, Lord Harold est un malin jeune homme, il a de la suite dans les idées et tel L’Agence Tout Risque version aristo, il va faire en sorte que le Méchant tombe dans ses filets.

Ça reste bon enfant, on a tout de même du mystère du suspense, des péripéties, des retournements de situations, des traitres, des pièges et l’ensemble tient la route, même si nous ne saurons pas comment Lord Harold construit certains de ses pièges…

Les auteurs ont tout de même poussé un peu plus loin la réflexion et sont allé plus loin qu’une simple affaire de rivalités entre deux bandes de malfrats dans le quartier malfamé. On a du complot, du beau complot. Peut-être pas crédible à 100%, mais pour les enfants, ça passera.

Les personnages sont un peu caricaturaux, sans trop de finesse, hormis pour les trois femmes du pub et les dessins de Xavier Fourquemin m’ont rappelés ceux de la saga du « Train des orphelins ».

Une bédé jeunesse qui remonte la pente par rapport au premier album, qui offre un charmant petit moment de lecture, qui offre aussi sa part de mystère et d’enquête. Lord Harold est un jeune homme sympathique, qui veut bien faire, tout en sachant qu’il devrai de temps en temps passer outre de la loi dans ce quartier.

Nous avons beau être dans les bas-fonds de Londres, dans un quartier pire que celui de Whitechapel, comme nous sommes dans de la bédé jeunesse, cela reste correct, pour ne pas froisser les plus jeunes.

Tout compte fait, c’est rafraichissant, ce deuxième volet ! On ne révolutionnera rien, mais cela offre quelques moments de détente, sans se prendre la tête, tout en ayant du plaisir, même si ça ne restera pas dans les annales.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XX], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°XX], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°00], et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Dark London / Jeunesse).

Grizzly : Nan Aurousseau

Titre : Grizzly

Auteur : Nan Aurousseau
Édition : Buchet/Chastel (06/05/2021)

Résumé :
Après des années de totale galère, Dan et Jon, deux vieux potes, ont décidé de s’associer. Depuis trois ans, leur camp installé en haute altitude dans les Rocheuses propose aux touristes un lieu exceptionnel et sauvage. Là, trek, randonnée, pêche, safari photos sont au programme.

Un client riche et inconscient a décidé, malgré une tempête de neige qui se prépare, de prendre des photos d’un énorme grizzly qui rôde dans le coin. À reculons, Dan part avec lui à la recherche de l’ours. Le client, malgré les injonctions de Dan, s’approche trop près de l’animal et se fait tuer.

La tempête se déchaîne et Dan se retrouve avec un cadavre sur les bras. Un mécanisme étrange s’enclenche dans son cerveau : il faut absolument se débarrasser du corps pour avoir la paix. Alors que le scénario qu’il échafaude est parfait, Dan, à la dernière minute, ne résiste pas à voler la montre du mort. Un objet de luxe qui le fascine.

À partir de là, les emmerdes vont s’accumuler…

Critique :
Dan, 57 ans, a loupé le coche : il a passé les 50 ans et il n’a pas encore sa montre de prestige !

Qu’à cela ne tienne, le possesseur d’une superbe montre vient justement d’avoir une confrontation violente avec une ourse et Dan en profite pour lui chiper sa superbe montre…

Et de cacher le corps, par la même occasion, pour éviter les ennuis et la mauvaise publicité.

Non, pour une fois, le 4ème de couverture n’était pas trop bavard, dès la première ligne, on se retrouve avec le client mortellement blessé par l’ourse. Comme dans Columbo, on sait ce qu’il s’est passé, mais on ne sait pas comment toute cette histoire va se terminer !

Ce roman est tout simplement déjanté, fou, burlesque, sombre, sanglant. Bref, en un mot, il est jouissif !

Impossible de savoir quelle direction va prendre l’histoire ! Le suspense est entier et tout se déroulera en huis-clos, durant une tempête de neige et on ira de surprises en surprises.

Partant d’un simple accident, d’une imbécilité commise par un citadin qui voulait LA photo avec une ourse, tout va s’enchaîner de manière inattendue, tout en restant logique, comme lorsqu’un domino tombe et entraîne les suivants dans une cascade.

Dan a retiré la pièce maîtresse d’un mikado, avec application (qu’il pense), mais cela a fragilisé toute la construction. Avec les délires Dan, qui possède une imagination folle, on va assister à cette pièce macabre, mais drôle (ou le contraire), jusqu’à la conclusion, impuissant devant les faits qui se déroulent sous nos yeux. Le tout pour notre plus grand plaisir.

Comment les personnages en sont arrivés là ? À cause d’une photo, d’une ourse pas contente, d’une tempête de neige, de la jalousie, d’une imagination débridée, d’une bite, de partie de jambes en l’air, de deux flics et d’un voisin vieux et puant…

Un roman court, intense, jouissif, avec un suspense maîtrisé, des personnages dont on saura peu de choses (pas besoin d’en savoir plus, ils se suffisent à eux-mêmes). Un excellent moment de lecture avec ce pauvre Dan et toutes les merdes qui vont lui arriver suite à ce vol d’une montre valant le prix d’un rein.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°79] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°90].

Frankenstein – Le monstre est vivant (Intégrale) : Steve Niles, Kelley Jones et Bernie Wrightson

Titre : Frankenstein – Le monstre est vivant (Intégrale)

Scénaristes : Steve Niles et Bernie Wrightson
Dessinateurs : Bernie Wrightson et Kelley Jones
Adapté de l’oeuvre de : Mary Shelley
Traduction : Alain Moyano

Édition : Soleil – US Comics (02/11/2018)

Résumé :
25 ans après la parution du roman illustré qui révolutionna l’art fantastique et influença une génération entière de dessinateurs, Bernie Wrightson retrouva la créature de Mary Shelley !

Ce récit dramatique, tout en noir, blanc et sépia, débute immédiatement après la fin de l’histoire originale…

Le monstre de Frankenstein va enfin faire face à son destin !

Décédé en 2017, Bernie Wrightson, le Maître de l’horreur graphique, n’a pas pu achever cette suite au roman de Mary Shelley.

C’est un dessinateur au style proche, Kelley Jones, qui a eu l’insigne honneur de l’achever, en encrant les crayonnés de Wrightson. Cette édition constitue donc l’intégrale de ce récit exceptionnel.

Critique :
Dès l’ouverture de ce comics, ce fut le coup de foudre pour les dessins. La pleine page qui présente le cirque Stenger’s Funland et ses représentations de Freak’s était magnifique.

Le noir et blanc va comme un gant à ce récit et augmente le côté dramatique au récit, chose que la couleur n’aurait pas si bien rendu.

Il y a une somme de détails dans chaque case, l’apogée arrivant lorsque nous visiterons l’atelier un peu spécial du docteur Ingels. Véritable bonheur pour les yeux !

Bon, assez parlé de la magnificence des dessins, passons au personnage principal et ensuite au scénario.

La créature du docteur Viktor Frankenstein n’a rien à voir avec celle vues dans les films. Ne cherchez pas des boulons ou des cicatrices vulgaires, il n’y en a pas. La créature est longue, filiforme, mais non dépourvue de muscles. Et elle est résistante.

C’est son visage qui fait dire qu’elle n’est pas vraiment humaine. Si je voulais faire une comparaison, je dirais qu’elle ressemble à Michael Jackson dans ses dernières années, surtout son nez…

Non, la créature ne fait pas si peur que ça. On peut comprendre que les spectateurs soient déçus, s’attendant sans doute à une horreur sans nom et se retrouvant devant une créature longiforme, aux longs cheveux et avec un visage d’Amérindien (le nez de Michael Jackson après opération ratée en plus). Les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on pense…

Ce récit n’est pas l’adaptation du roman de Mary Shelley, mais plutôt une suite inventée de ce qu’aurait pu être la vie de la créature de Frankenstein. Ses souvenirs dans le Grand Nord, elle va nous les conter, poursuivie par le fantôme de son créateur qui lui crie sans cesse que sa mort sera trop douce.

Il y a peu de dialogues dans ce récit, on se retrouve face aux questionnements de la créature, à son apprentissage dans les livres du docteur Ingles, à sa solitude, à ses errements, à ses prises de conscience, à son dilemme.

Rassurez-vous, ce ne serons jamais des lamentations ou des jérémiades, mais de belles prises de conscience. Il y a une évolution dans l’état d’esprit de la créature et même si tout semble simple dans le récit, il n’en est rien, finalement, car il a de la finesse et de l’intelligence.

C’est un magnifique album que j’ai tenu entre mes mains, autant par les dessins que par le scénario, classique tout en possédant de la finesse dans le personnage de la créature.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°78] et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Bulles).

Le dernier chant : Sonja Delzongle

Titre : Le dernier chant

Auteur : Sonja Delzongle
Édition : Denoël Sueurs froides (31/03/2021)

Résumé :
Et si les animaux n’étaient que de malheureuses sentinelles…

C’est le bruit, qui tue. Le dernier chant. Il apporte la mort. Telle est la prédiction de la vieille Innu devant l’immense cimetière qu’est devenu le fleuve Saint-Laurent en ce matin d’août 2021. À perte de vue, des marsouins, des bélugas, quelques orques, flottent le ventre en l’air. Une hécatombe sans précédent.

Deux mois après, dans une réserve du Congo, les gorilles succombent eux aussi à un mal inexpliqué. Et, chose stupéfiante, les survivants, prostrés semblent pleurer…

Quel lien entre ces phénomènes qui se multiplient dans le monde ? A qui profite la disparition de ces êtres vivants ? C’est ce que se demande Shan, chercheuse à l’Institut de virologie de Grenoble, en découvrant le dossier déposé sur son bureau par un stagiaire.

La voilà décidée à mener l’enquête, seule. Mais déjà, des yeux la surveillent, quoi qu’elle fasse, où qu’elle s’envole… Et à l’approche de la vérité, Shan mettra en jeu non seulement ses convictions, mais aussi sa propre vie.

Critique :
Voilà un roman dont il ne me sera pas facile de faire la chronique car j’ai vécu des émotions intenses durant ma lecture et va falloir faire passer dans ma chronique.

A contrario, certaines petites choses ont eu tendance à moins bien passer durant ma lecture…

Commençons par le positif : les émotions ressenties durant la lecture ! Elles furent intenses, surtout au départ, avec les décès inexpliqués de plusieurs mammifères, dont des baleines et des gorilles. Ça vous prend aux tripes car l’autrice arrive à vous décrire cette hécatombe sans pour autant en faire des tonnes.

C’est un polar écologique d’anticipation, mais on se doute qu’il ne faudra pas attendre des centaines d’années pour arriver à ce genre d’extinctions de masse… La date butoir est plus proche qu’on ne le pense. Je dirais même plus, ça a commencé depuis longtemps !

Anybref, cette première partie est intense et bourrée de suspense, de mystères, à tel point que je me demandais comment l’autrice allait se dépatouiller de tout cela dans le final du roman : de manière folle ou en restant les pieds sur terre ? Ouf, elle n’a pas suivi le chant des mauvaises sirènes…

L’avantage de ce polar écologique, c’est qu’en plus d’être addictif, bien écrit, il vous envoie vous coucher moins bête qu’avant, vous pousse à des réflexions et donne matière à réfléchir sur notre mode de vie toujours plus fou, exagéré, bourré de gaspillage, de douleurs animales, de foutage des ressources de la planète en l’air…

Les personnages croisés sont bien campés, bien typés, j’ai apprécié celui de Shan, la scientifique, qui est un personnage fort complexe et rempli de fêlures : débarquée de son pays en France, ce ne fut pas rose tout les jours, les Blancs ayant tendance au dénigrement des autres.

Pourtant, Shan, qui est intelligente, aura parfois un comportement un peu imbécile : se ruer sur des évidences un peu trop grosses, faire confiance à des gens qu’elle ne connait pas, discute avec un Deadbot sans y voir malice et fait du quad deux jours après sa sortie de l’hôpital (non, je ne crois qu’après ÇA, il soit indiqué de faire du quad, mais je ne suis pas médecin). Les HPI ne sont pas toujours les plus intelligents…

Dans le récit, qui à un moment donné vire vers quelques théories complotistes (les personnages pensent ce qu’ils veulent, pas obligé de les croire sur parole), l’autrice nous parle du « covirus », nous rappelant ce que nous avons vécu, mais sans aller plus loin. Il semble d’ailleurs terminé puisque personne ne porte de masque et que tout le monde vit l’un sur l’autre (la vie d’avant !). Alors, pourquoi en parler ? On aurait pu le bazarder de l’équation.

Détail sans importance, je vous l’accorde. Là où le bât a blessé grave sa mère (je parle d’jeun’s), c’est dans le final, version Zorro qui arrive pile au bon moment, sorte de deus ex machina qui n’arrive que dans les romans ou les films (dans la vie réelle, cours toujours) et dans le fait que les Grands Méchants ont tout des stéréotypes des méchants croisés dans des films drôles et débiles : zéro crédibilité ! Dommage.

Si le départ avait été correctement amorcé, bourré d’émotions en tout genre, de mystères, de suspense, de questionnements, ça se détériore un peu dans la seconde partie.

Les théories complotistes viennent se mélanger avec d’autres théories abordées dans le  récit, le rendant chaotique. Cela donne l’impression que l’autrice veut trop en faire, trop mettre de sujets différents dans son récit, on s’éparpille un peu au lieu de ce concentrer sur ce qui nous avait fait mener l’enquête du début.

N’allez pas croire que ces bémols ont gâchés ma lecture, le positif l’emportera sur les points négatifs. Le récit est entraînant et diaboliquement efficace.

Que faisons-nous subir à la Terre et aux animaux ? La Terre nous survivra, elle a connu pire que les virus que sont les Humains.

Mais nous ? Survivrons-nous alors qu’on se tire des balles dans les pieds, qu’on (nous) scie les branches sur lesquelles nous sommes assis ? Il me restera des questions sans réponse… Un jour, on le saura et il sera trop tard…

Un thriller écologique qui apporte des émotions, des questionnements et qui est terriblement addictif. À découvrir, malgré ses petits défauts…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°77], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°89]. et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Écologie).

[FILMS] Le Retour de la momie (2001) – Stephen Sommers

Le Retour de la momie (The Mummy Returns) est un film américain écrit et réalisé par Stephen Sommers, sorti en 2001.

Il s’agit de la suite du film La Momie, du même réalisateur, sorti en 1999. Il est suivi par La Momie : La Tombe de l’empereur Dragon sorti en 2008.

Malgré un accueil critique mitigé, le film est un succès au box-office et rapporte plus de 433 millions de dollars.

  • Titre original : The Mummy Returns
  • Titre français et québécois : Le Retour de la momie
  • Réalisation et scénario : Stephen Sommers
  • Musique : Alan Silvestri

Distribution :

  • Brendan Fraser (VF : Guillaume Orsat) : Richard « Rick » O’Connell
  • Rachel Weisz (VF : Laura Préjean) : Evelyn « Evy » Carnahan O’Connell / la Princesse Nefertiri
  • John Hannah (VF : Georges Caudron) : Jonathan Carnahan
  • Oded Fehr (VF : Asil Rais) : Ardeth Bay, chef des Medjaÿ
  • Arnold Vosloo (VF : Saïd Amadis) : Imhotep, la momie
  • Patricia Velásquez (VF : Marjorie Frantz) : Meela Nais / Anck-Su-Namun
  • Freddie Boath (VF : Gwenaël Sommier) : Alexander « Alex »O’Connell
  • Alun Armstrong (VF : Mostéfa Stiti) : Baltus Hafez
  • Dwayne Johnson : Mathayus, le Roi Scorpion
  • Adewale Akinnuoye-Agbaje (VF : Thierry Desroses) : Lock-Nah
  • Shaun Parkes (VF : Lucien Jean-Baptiste) : Izzy Buttons

Synopsis :
En 1925, le légionnaire américain Rick O’Connell et l’égyptologue Evelyn avaient ressuscité par inadvertance la momie du prêtre égyptien Imhotep, mais ils étaient parvenus à la neutraliser. Huit ans plus tard, Rick et Evelyn sont mariés et habitent Londres avec leur petit garçon Alex.

Or, c’est justement dans cette ville, au British Museum, que la momie inerte d’Imhotep a été transférée. Et à la suite d’un incident, le prêtre maléfique revient de nouveau à la vie.

Au même moment, en Égypte, la redoutable armée du Roi Scorpion est réanimée et s’apprête à provoquer un cataclysme planétaire.

Pour sauver Alex pris en otage par ces forces diaboliques, ses parents doivent retourner en Égypte et gravir une pyramide en or qui envoûte tous ceux qui la regardent.

Critique :
Oui, je sais, ce n’est pas un film intelligent, les dialogues ne sont pas ceux d’Audiard, on a déjà connu mieux…

Oui mais voilà, j’adore les deux premiers films de la Momie et quand ils repassent à la télé, je les regarde à nouveau.

En plus, ça m’a fait une soirée télé avec le chat qui est resté couché à mes côtés durant tout le film, même s’il s’est vite endormi…

Ce film est parfait pour passer une soirée tranquille, sans se prendre la tête, sans avoir la trouille puisqu’il ne fait pas vraiment peur (hormis la scène des chiottes dégueu dans le train) et qu’il offre de l’action à gogo. Et puis, j’adore l’acteur John Hannah.

Bref, difficile de s’ennuyer devant son écran avec pareil film. Les personnages courent partout, sans jamais être fatigués, se prennent des coups sans jamais mourir et les vilains méchants sont punis, meurent ou retourner à la niche ! Enfin, au tombeau…

Classiquement, une fois de plus, on est face à des méchants morts mais pas vraiment, qui veulent dominer le monde, aidés par des vilains hommes qui veulent eux aussi être les maîtres du monde (oubliant que le poste de Maître du Monde ne se partage pas).

Les effets spéciaux sont assez bien fait, sauf celui du Roi Scorpion, loupé, lui ! Les personnages des gentils (la famille O’Connell) sont sympathiques et j’ai un faible pour le gamin blond qui me fait toujours rire avec son impertinence et ses répliques.

Afin d’ajouter des trucs en plus, le producteur (ou le scénariste) a joué sur le fait que Evelyn O’Connell et la vilaine Meela Nais soient en fait les réincarnations de la princesse Nefertiri et de Anck-Su-Namun et que dans leur vie antérieure, elles soient déjà ennemies !

Oui, ça fait un peu too much, un peu « trop » tout court, mais bon, des femmes qui se battent, ça doit titiller certains mecs… Au moins, dans les deux films de La Momie, les femmes ne sont pas cantonnées à la cuisine ou au reprisage des chaussettes ! Nom de Zeus, elles participent activement !

Alors oui, je manque de partialité pour ce film que j’ai toujours apprécié (pas le volet 3 !) et qui a des airs de Indiana Jones, le fouet, les nazis et la belle gueule de Harrison Ford en moins. Bon, les nazis ne nous manqueront pas, Ford, oui !

Un film parfait pour le challenge Halloween, un film à regarder sous un plaid, bien installée, un chat à vos côtés et sans prise de tête !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°76] et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Écrans).

Outlander – Intégrale 01 – Le chardon et le tartan : Diana Gabaldon [LC avec Bianca]

Titre : Outlander – Intégrale 01 – Le chardon et le tartan

Auteur : Diana Gabaldon
Éditions : J’ai Lu (2017/2018) – 853 pages
Édition Originale : Outlander (1991)
Traduction : Philippe Safavi

Résumé :
Au cours d’une promenade sur la lande, elle est attirée par des cérémonies étranges qui se déroulent près d’un menhir. Elle s’en approche et c’est alors que l’incroyable survient : la jeune femme est précipitée deux cents ans en arrière, dans un monde en plein bouleversement ! 1743. L’Ecosse traverse une période troublée.

Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l’occupant anglais et préparent la venue de Bonnie Prince Charlie, le prétendant au trône.

Plongée dans un monde de violences et d’intrigues politiques qui la dépassent, Claire ne devra compter que sur elle-même pour surmonter les multiples épreuves qui jalonnent ce formidable voyage dans le temps.

Elle connaîtra l’aventure et les périls, l’amour et la passion. Jusqu’au moment crucial où il lui faudra choisir entre ce monde palpitant qu’elle aura découvert et le bonheur qu’elle a connu et qui, désormais, lui paraît si lointain…

Critique :
Le pitch est un vieux truc qui marche toujours : une personne se retrouve projetée dans une époque qui n’est pas la sienne.

Soit cela donne lieu à des comédies du genre Les Visiteurs ou de Retour Vers Le Futur, soit cela reste dans le réalisme et donc, c’est le drame total.

Imaginez-vous projetés dans le passé, en 1743, en Écosse, pays des Higlanders qui se baladent sans rien sous leur kilt…

C’est l’horreur car, venant du futur (1947), vous ne connaissez pas les codes de cette société patriarcale, ni leur culture. Bref, vous êtes pire qu’une bleue et en plus, vous êtes une femme… Plutôt galère comme plan !

C’est dans ce genre de situation que l’on se dit qu’on aurait dû mieux écouter aux cours d’histoire (si tant est que le prof a causé des fiers Highlanders) ou avoir son Manuel des Castors Juniors dans sa poche…

Si au départ le récit m’a emporté, poussé par le souffle de la grande aventure, force est de constater que le soufflé, à un moment, est retombé et que le récit a pris des allure de torture croisée avec un escargot rachitique, tellement c’était long et laborieux à la lecture.

Souvent, je me suis plainte que des auteurs de romans historique avaient été avares dans les détails concernant l’époque, radins avec les atmosphères propres à nous immerger totalement dans la période concernée…

Ici, c’est le contraire ! L’auteure a été trop généreuse avec les détails historiques, avec les atmosphères propres à un manoir d’un laird et elle nous noie totalement dans ses textes, ses dialogues, ses explications… À croire que l’auteure était payée à la ligne tellement il y a des passages inutiles dans ce récit.

C’est bien simple, je pense que je pourrais aller soutenir une thèse sur les Highlanders après cette lecture. Le but est louable, ça rend le récit plus réaliste, mais cela produit le même effet que l’excès de sucre : indigestion au bout d’un moment.

Les personnages maintenant… Claire Beauchamp-Randall, propulsée dans ce monde inconnu, s’adapte assez bien (mieux que je je le ferais) mais ne peut s’empêcher d’ouvrir un peu trop souvent sa bouche, oubliant que dans cette société, la femme n’a pas de droit.

Claire sort de la Seconde Guerre Mondiale où les femmes se sont émancipées et se sont débrouillées sans les hommes… En tout cas, au pays des kilts et des plaids, notre Claire oubliera vite son époux Franck et y pensera très très peu. Loin des yeux…

Et puis, à certain moments, Claire semble adulte et à d’autres, elle se comporte comme une midinette jalouse, comme une ado pas encore sûre des sentiments de l’autre… Elle a été infirmière durant la guerre, elle a connu le Blitz, a été mariée, séparée de son mari durant le conflit et elle se comporte parfois comme une gamine.

Le plus difficile à cerner sera le personnage de Jamie MacTavish : d’un côté, on le découvre en gentleman civilisé avec le sexe faible, il deviendra rouge de confusion lorsque Claire lui proposera de dormir sur le sol de sa chambre parce qu’il est moins froid que le sol du couloir (il restera dans le couloir), il s’avoue puceau (toutes les putes qu’il a croisées étaient en fin de carrière)…

Puis, d’un autre côté, plus tard, il lui avoue que lorsqu’il l’a rencontrée, il a eu envie de la violer pour enfin perdre son pucelage (alors qu’il n’est que haine envers celui qui a déshonoré sa sœur), il la frappe pour la punir de sa désobéissance et un soir, il la bourre (il laboure ?) comme un malade, se moquant qu’elle n’en ait pas vraiment envie…

Et elle lui pardonnera ! Oui, parce qu’elle avait sans doute mérité… Désolée, ça coince.

D’accord, Jamie n’est que le reflet de cette société patriarcale, faite de guerriers virils qui aiment de  prendre des coup, montrer qu’ils sont les maîtres, violenter femmes et enfants, clouer par l’oreille des petits voleurs et hurler à la sorcellerie pour un oui ou pour un non.

Nom de Zeus, au début du récit, Jamie semblait être différent des autres, gentleman au point de se prendre une correction à la place d’une jeune fille qui avait trop fricoté avec un homme, homme d’honneur au point de ne pas en vouloir à Claire de l’avoir mis dans une situation délicate envers ses oncles… Capable de prendre des risques pour sauver Claire, mais aussi de la violenter. Souvent Jamie varie, bien folle est qui s’y fie.

Une autre chose qui m’a dérangée, c’est le luxe de détail de toutes les tortures subies par Jamie dans ce roman ! Certes, ce n’est pas une époque Bisounours, la violence est inhérente, mais il y avait moyen de rester vague et de ne pas raconter ces horreurs durant des pages et des pages.

À mon avis, chez Jamie, il n’y a que son petit orteil droit qui a été épargné de tout coups de poings, de couteau, de balle à mousquet, de baffes, de flagellations, de tortures… Même ses bourses ont été empoignées, la peau de ses fesses flagellé et le petit couloir puant a été investi lui aussi… Aucun détail ne nous est épargné. Trop c’est trop.

Si le départ avait bien commencé, je me suis vite retrouvée à m’ennuyer un peu dans ce récit et je ne me suis pas gênée pour sauter des passages longs et mortellement ennuyeux. Il y a peu d’action et cette dernière est noyée dans tellement de texte, tellement de détails de tortures, qu’à la fin, elle ne me disait plus rien.

Avec 200 pages de moins, cela aurait donné un peu plus de piment au récit. Trop de pathos nuit au pathos.

Pour fêter les 4 ans de nos LC, Bianca et moi avions coché une sacrée brique, hélas, le pavé a tourné à l’indigestion… Les défauts l’emportent sur les qualités et pour ma part, j’arrêterai la saga ici.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°75].

Dracula : Roy Thomas et Mike Mignola (Versions N&B et Couleurs)

Titre : Dracula (Versions N&B et Couleurs)

Scénariste : Roy Thomas
Dessinateur : Mike Mignola
Traduction : Janine Bharucha

Éditions : Comics USA (1994) / Delcourt (2018)

Résumé :
Il y 25 ans, Mike Mignola adaptait le classique film de Francis Ford Coppola basé sur le roman Dracula de Bram Stoker. Longtemps resté épuisé, ce trésor caché revient dans une édition couleur remastérisée digne de ce nom.

Transylvanie, 1462. Vlad Drakul laisse la belle Elisabeta pour guerroyer contre l’envahisseur turc. Revenu victorieux du combat, il découvre qu’elle s’est suicidée à la fausse nouvelle de sa mort.

Éperdu de douleur, il abjure sa foi en l’église et en appelle aux puissances du sang pour venger et retrouver sa bien-aimée à l’aide de pouvoirs obscurs. Il devient alors un vampire connu sous le nom de Dracula.

Critique :
Dracula de Bram Stoker, je le connais bien (lu le roman deux fois) et je connais encore plus l’adaptation faite par Francis Ford Coppola (que j’ai du voir 36 fois au moins).

Donc, lire l’adaptation du film (lui même adapté du roman) en bédé, ça pourrait sembler être une redite…

C’est en une sans en être car malgré tout, la mémoire efface certains détails et la version bédé a le mérite d’aller au plus rapide.

Possédant la version couleur, je me suis faite prêter la version en noir & blanc afin de comparer les deux éditions. Lisant la version N&B, je comparais ensuite la page avec celle de la version couleur.

Ce ne sont pas tout à fait les mêmes : la traduction est un peu différente entre les deux, certains graphismes ont été revus, mais dans l’ensemble, peu de différence, si ce n’est que l’on perçoit mieux les dessins avec les couleurs qu’en version N&B.

Si l’histoire est une adaptation assez fidèle du film (mais avec moins de détails), si j’ai pris plaisir à me remettre en mémoire, on ne pourra pas dire que les dessins de Mike Mignola m’auront apportés de la jouissance visuelle.

Trop d’ombres dans les visages et dans les décors. Cela brouille la perception que l’on aimerait avoir des personnages, cela cache les expressions des visages et réduisent l’endroit dans lequel ils évoluent à leur plus simple expression.

Ces zones d’ombres sont les mêmes dans la version couleurs, mais justement, les couleurs apportent un peu plus de détails aux cases et de ce point de vue-là, je préfère la version colorisée de 1994.

Comme je le disais plus haut, l’adaptation est assez fidèle, mais adapter un film en version bédé implique des coupes dans le récit, des ellipses et le bât a blessé un peu car cela donnait l’impression d’être face à un récit décousu.

Évidemment, l’adaptation n’était pas simple : le film de Coppola était long (et bon) puisque le cinéaste avait donné un passé à Dracula, humanisant le vampire, plus que le roman original de Stoker.

Adapter c’est donc trancher, couper, décapiter, renoncer… Le fait d’avoir encore en mémoire une grande partie du film m’a permis de ne pas perdre pied dans ce récit haché.

Anybref, ce ne sera pas un coup de coeur, ni pour les dessins, ni pour l’adaptation générale en bédé. Et ce, quelque soit la version (colorisée ou pas).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°74] et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (5. Vampires).

 

Le passager sans visage – Grace Campbell 02 : Nicolas Beuglet

Titre : Le passager sans visage – Grace Campbell 02

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : Xo Editions (16/09/2021)

Résumé :
« Tu n’es pas seule à chercher »…

Ce mot anonyme laissé sur son paillasson est plus qu’un appel : un électrochoc. Cette fois, l’inspectrice Grace Campbell le sait, elle n’a pas le choix. Elle doit ouvrir la porte blindée du cabinet situé au fond de son appartement. Et accepter de se confronter au secret qui la hante depuis tant d’années…

Des confins de la campagne écossaise aux profondeurs de la Forêt-noire où prend vie le conte le plus glaçant de notre enfance, jamais Grace n’aurait pu imaginer monter dans ce train surgi de nulle part et affronter le Passager sans visage…

Avec ce thriller au suspense angoissant, Nicolas Beuglet nous plonge dans les perversions les plus terribles de nos sociétés. Et, au passage, nous interroge : et si parmi les puissants qui régissent le monde se cachaient aussi des monstres sans visage ?

Un train, un passager sans visage, une organisation terrifiante.

Critique :
Nicolas Beuglet ne se contente pas de nous pondre des thrillers plan-plan.

Non, il pousse toujours le curseur plus haut, plus loin et s’appuie sur de la documentation ou des faits réels dont on aurait aimé qu’ils ne fussent que de la fiction sortie tout droit de l’imagination un peu folle de l’auteur.

Hélas non… C’est ce qui le rend encore pus glaçant une fois la lecture terminée, comme si ce ne l’était déjà pas assez durant la lecture, en imaginant qu’une telle abomination ait pu avoir lieu.

Ce thriller est addictif, une fois commencé, il est difficile de le fermer. Surtout que l’on découvre enfin ce que cachait la pièce secrète de l’inspectrice Grace Campbell. Entre nous, je n’avais pas imaginé ça ainsi, je pensais le secret plus glauque. L’horreur arrivera ensuite, bien plus tard…

S’appuyant sur ce que je pensais n’être qu’une légende, un conte pour enfants pas sages, l’auteur développera une autre théorie, une de celle qui rend ce conte encore plus terrible que ce qu’il est déjà au départ… Entre nous, les contes pour enfants ne sont pas des histoires à raconter le soir à des gosses, ils sont tous horribles !

Puis, se nourrissant de ces théories, le récit poursuivra sa route en englobant aussi des faits de sociétés bien connus que sont ces maudits réseaux sociaux. Utilisés à bon escient, ils permettent de faire de belles rencontres, d’échanger des idées, des points de vue intéressants, mais mal utilisés, ils sont comme du vent et de l’essence sur des braises.

Au rayon des bémols, il faudra prendre en compte le fait que tout se déroulera toujours super bien pour notre inspectrice, même si, au passage, elle dégommera des gens sans sourciller (puis aura des états d’âmes pour d’autres qui ne les méritent pas), se sortira de tous les pièges, résoudra toutes les énigmes et, cerise sur le gâteau, se fera aider par un ancien personnage que je n’aurais jamais vu dans ce rôle là.

Bon, si Grace Campbell avait eu des difficultés pour son enquête, le roman aurait fait 600 pages et aurait surtout manqué de rythme. Ma foi, je préfère ainsi, même si ça manque un peu de crédibilité, que les personnages sont un brin manichéistes.

Ce récit est glaçant, horrible, surtout lorsque l’auteur prononce un mot devenu tabou en Belgique et ce n’est pas « crise gouvernementale » ou « querelles linguistiques » ! Un mot qui a fait tout trembler chez nous, provoquant des refontes et une fusion police-gendarmerie. Ce mot que l’on ne veut pas imaginer…

Oui, les sujets abordés dans ce thriller sont horribles, encore plus lorsque l’on comprend que ce n’est pas de la fiction, que ces horreurs ont eu lieu et que personne n’a moufté, que personne n’a été inquiété, jugé ou condamné. À se demander si les gens n’étaient pas devenus fous pour oser cautionner une telle abomination.

Moi qui pensais qu’on avait touché le fonds des horreurs humaines, j’ai été bien naïve ! La réalité dépassera toujours la fiction…

Un thriller intelligent, mené tambour battant, qui nous fera suivre bien des pistes qui sembleront farfelues avant que tout ne s’emboîte parfaitement et ne nous laisse, une fois de plus, sur le cul.

Vivement la suite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°73].

Mages – Tome 5 – Shannon : Jean-Luc Istin, Ornella Savarese et Kyko Duarte

Titre : Mages – Tome 5 – Shannon

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Ornella Savarese et Kyko Duarte

Édition : Soleil (23/06/2021)

Résumé :
Shannon doit protéger sa cité mais tout se complique lorsque des enfants découvrent un trou au sous-sol d’une maison où ils sont aspirés puis recrachés. Depuis, ils sont, comment dire… différents.

À ces faits s’ajoute la mort du maître des archives. Une mort accidentelle ? Peut-être pas.

Shannon mène l’enquête et celle-ci la mène aux enfants, ces enfants qui semblent obéir à une entité étrangère.

Critique :
♫ Possédés, tout le village était possédé ♫ Inutile de fuir ou de lutter ♪ C’est écrit dans votre destinée ♪ Tu ne pourras pas y échapper ♫ C’est gravé ♪ (*)

Shannon a bien grandi. Nous avions croisé sa route dans le premier tome des Mages et là voici en poste dans une petite ville, chargée de la protéger.

La règle est ainsi pour les Mages, ils doivent prêter allégeance à un seigneur.

L’Ordre des Ombres en a décidé ainsi : faut les surveiller, ces Mages rempli de puissance, car c’est à cause d’une mauvaise interprétation des augures que la guerre des goules a eu lieu. Maintenant, on les surveille, ces maudits Mages !

Le scénario est ultra classique : une entité qui a des tentacules comme le Cthulhu, prend possession des enfants, petit à petit, puis une brume vicieuse s’installe et qui sait ce qui pourrait traîner dans cette brume ? Les brumes comptent pas pour des prunes !

Les dessins de Kyko Duarte ne sont pas neufs pour moi, mais ici, sur certains visages, j’ai trouvé que les traits n’étaient pas toujours nets, bien formés… Ce sera mon seul bémol à ce niveau-là.

Le scénario est un vieux classique des films d’horreur, même s’il ne fout pas les chocottes tant que ça. Il y aurait eu sans doute moyen de pousser le curseur des frissons un peu plus haut. Malgré tout, le suspense est présent et la question qu’il se pose c’est : comment Shannon va-t-elle sauver le village, possédé par l’entité pieuvresque ?

Une enquête dans les vieux grimoires plus tard et notre Mage va pouvoir nous expliquer l’histoire de ce Cthulhu qui ne vit pas dans les abysses marines mais dans les bois. ♫ Promenons-nous dans les bois, tant que le Cthulhu n’y est pas ♪

Le final était bien parti et bardaf, deus ex machina… Ok, Shannon n’était sans doute pas assez puissante pour dégommer le poulpe des bois, mais présenté ainsi, ça fait Zorro qui arrive à temps (manquait plus que le café et les croissants) et qui sauve tout le monde. Un vieux classique, je vous le disais.

Cela ne m’a pas empêché de prendre du bon temps en lisant ce cinquième tome des Mages, même si j’aurais aimé que l’on me cuisine la soupe d’une autre manière.

Le final, par contre, laisse présager que les magouilleurs commencent à se mettre en place et que cela risque de nous donner des albums hautement intéressants pour le futur (en tout cas, je l’espère).

Les auteurs devront être attentifs et ne pas nous proposer des copiés-collés de ce qui a déjà été fait dans d’autres séries (télés, comics, bédés). Ce qui se prépare a déjà tellement été cuisinée qu’elle pourrait se révéler un cassage de gueule en beauté si les auteurs ne font pas gaffe.

(*) Destiné : Guy Marchand

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°72], et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Bulles) et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bretzel & beurre salé – 01 – Une enquête à Locmaria : Margot Le Moal et Jean Le Moal

Titre : Bretzel & beurre salé – 01 – Une enquête à Locmaria

Auteurs : Margot Le Moal et Jean Le Moal
Édition : Calmann-Lévy (31/03/2021)

Résumé :
Mais qui est le nouveau propriétaire mystère de la plus belle maison de Locmaria, celle de la pointe de Kerbrat ?

Tout ce paisible village du Finistère le guette depuis des semaines et voilà que débarque, en pleine tempête, Cathie Wald, une pimpante Strasbourgeoise. La cinquantaine, divorcée, caractère bien trempé, elle a décidé de prendre un nouveau départ en Bretagne, et d’ouvrir à Locmaria un restaurant de spécialités alsaciennes.

La plupart des habitants l’accueillent à bras ouverts, ravis de ce petit vent de changement. Mais certains voient son installation d’un mauvais oeil. Et ne tardent pas à lancer les hostilités. Après une soirée choucroute, un notable du village s’effondre, et Cathie est accusée de l’avoir empoisonné.

Une tentative de faire plier bagages à l’étrangère ? Quoi qu’il en soit, Cathie n’est pas du genre à se laisser intimider. Et rien ne l’arrêtera pour prouver l’innocence de sa choucroute traditionnelle, quitte à se lancer elle-même sur les traces du coupable !

Au propre comme au figuré, on se régale dans ce savoureux cosy crime à la mode bretonne !

Critique :
Quand on a tendance à foirer quelques lectures, il faut parfois lâcher du lest et aller vers une lecture de secours : un cosy mystery, qu’ils soit à la sauce anglaise ou française.

Lorsqu’on a lu quelques romans sombres, il est parfois salvateur de se dégoter une lecture légère qui fera du bien au moral, que l’on lira les doigts de pieds en éventail (même si ce n’est plus la saison) et qui relancera la machine.

Ce cosy crime était parfait pour ça et il a rempli sa mission avec brio : me détendre, me faire du bien au moral, sans mettre à mal mon cerveau fatigué.

Le pitch de départ est souvent le même : une nouvelle personne arrive dans un petit village, les locaux la regardent soit de travers, soit l’accueillent à bras ouverts et ensuite, les emmerdes arrivent en escadrille.

Bizarrement, comme dans le premier tome d’Agatha Raisin, une personne meurt après avoir mangé la choucroute de Cathie, la nouvelle (pour Agatha, c’était une quiche achetée). Les regards suspects se tournent donc vers Cathie Wald, la p’tite nouvelle dans ce village breton et les commentaires racistes fusent puisqu’elle est originaire d’Alsace.

Une fois de plus, les esprits de clocher sont de sortie, les ragots vont bon train, certaines personnes malveillantes en profitant pour en rajouter à la brouette de calomnies déversée sur cette pauvre Cathie.

Rien de neuf sous le soleil, tous les ingrédients du cosy crime sont réunis, ainsi que ceux qui font le fond de commerce de bien des séries télés ou romans : tout commence mal et ensuite, tout fini bien, les méchants sont châtiés et les bons triomphes. Simpliste, non réaliste, mais pour le moral, c’est bon.

Hélas, les personnages n’échapperont pas à la dichotomie : le méchant vilain pas beau cumule toutes les horreurs possibles, à tel point qu’on aimerait qu’il clamse et qu’on offrirait volontiers une médaille à son assassin (ou à sa meurtrière, pas de sexisme). Ses sbires ne valent pas mieux, ils sont méchants, bêtes et n’ont rien pour relever un peu leur portrait.

De l’autre côté, les gentils sont gentils (où sont leurs défauts ?) et Cathie est bourrée de qualités, même si elle semble avoir des petits secrets, qui ne seront pas dévoilé dans ce premier tome. Mystère !

Quant au résumé qui annonce qu’elle se lancera elle-même sur la trace du coupable, sans l’aide du journaliste, elle serait toujours à se demander qui a empoisonné sa choucroute, alors que j’avais trouvé son identité bien avant tout le monde, y compris les gendarmes !

Ce n’était pas complexe, ce n’est pas du Agatha Christie et une fois éliminé l’impossible, ce qui restait, pas si improbable que ça, ne pouvait être que la vérité. Puis j’ai même pensé à une complexité que les auteurs auraient pu faire et j’ai embrayé là-dessus et c’était bingo (bien que moi, j’avais complexifié un peu plus).

Donc, ce charmant petit cosy crime était des plus reposant pour mon petit cerveau fatigué… Il sentait bon l’iode et les embruns de la mer, mais il a aussi manqué des descriptions de paysages qui m’auraient aidé à voyager plus facilement et donné un autre ancrage à ce roman se déroulant dans le Finistère.

Attention, cela ne veut pas dire que ce policier breton est merdique, loin de là ! Il est juste fait pour passer un moment de lecture tranquille et sympa, sans se prendre la tête, sans faire fumer ses méninges, par contre, il risque de vous donner envie de bouffer de la flammekueche et autre spécialités culinaires. Mauvais pour la ligne, donc ! Mais si bon pour l’estomac… À défaut de paysage, nous aurons la gastronomie.

Un cosy mystery qui ne mange pas de pain (mais de la flammekueche), qui ne révolutionnera pas le monde du polar, qui ne fera pas de l’ombre aux romans policiers d’Agatha Christie, ni aux détectives du Yorkshire, mais qui, dans l’ensemble, a rempli son rôle de m’aérer l’esprit, de me détendre, de me donner du plaisir de lecture, sans que mon moral ne soit en berne.

Bref, il a rempli le contrat, ce qui n’est déjà pas si mal vu que d’autres livres, qui me faisaient super envie et avec lesquels je pensait passer des moments forts de lecture, se sont avérés me donner envie de les refermer après un ennui mortel durant ma lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°71].