L’assassin de la rue Voltaire ‭–‬ Gabriel Joly 03 ‭:‬ Henri Loevenbruck [LC avec Bianca]

Titre : L’assassin de la rue Voltaire ‭–‬ Gabriel Joly 03

Auteur : Henri Loevenbruck
Édition : XO (21/10/2021)

Résumé :
Août 1789. La Révolution continue d’embraser le pays. Alors qu’à Versailles, les députés rédigent la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le jeune journaliste Gabriel Joly, endeuillé, peine à retrouver le goût de vivre. Mais une étrange affaire de meurtres va peu à peu le tirer de sa torpeur…

Dans le cercle très secret de la Comédie-Française, une série d’assassinats ébranle la troupe. Les uns après les autres, des comédiens et des employés sont tués en plein théâtre.

Alors que Danton lui-même est soupçonné, Gabriel, aidé du pirate Récif, son fidèle ami, mène une véritable enquête policière dans les coulisses de la célèbre institution.

Vrais et faux témoignages, poursuites… Dans un huis clos infernal, réussira-t-il, cette fois, à démasquer l’auteur de ces crimes odieux ?

Après le succès du Loup des Cordeliers et du Mystère de la Main rouge, une nouvelle enquête haletante de Gabriel Joly en pleine Révolution.

Critique :
Quel plaisir de retrouver Gabriel Joly et de suivre un petit cours d’Histoire appliquée en sa compagnie, sans que jamais cela ne devienne rébarbatif !

Nous sommes en août 1789, les privilèges de la noblesse et du clergé ont été abolis… Le roi ne le sait pas encore, mais un jour, sa tête tombera. Et il ne pourra pas y mettre son véto.

Après avoir assisté à des pendaisons d’aristocrates à la lanterne, participé à la prise de la Bastille, fait la révolution française, je me demandais ce que l’auteur me réservait comme promenade de santé (euphémisme).

Une enquête  à huis clos sur des meurtres crapuleux ! Génial, me voici confinée avec Gabriel Joly et le commissaire Guyot à la Comédie Française. Je ne pouvais rêver mieux car l’enquête sera ardue pour nos enquêteurs.

L’auteur n’a pas fait dans la facilité ou le simplisme. Il s’est creusé les méninges et, tout en nous faisant suivre cette enquête, il en profitera pour instruire nos petits cerveaux sur l’Histoire de cette époque, la mélangeant habillement avec son histoire, l’intégrant facilement grâce à ses personnages fictifs ou réels.

Quelle joie ce fut de retrouver ce cher Gabriel Joly, bien en peine, notre joli rouquin. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé et j’avoue qu’un personnage m’a manqué aussi dans ce troisième tome. Son excuse est d’avoir rencontré la mort et je ne le pardonnerai jamais à son père littéraire.

Récif, le pirate s’est fait désirer aussi, le revoir à un moment donné m’a transporté de joie tant ce personnage est réussi et que son duo fonctionne très bien avec Gabriel, apportant de l’humour dans les dialogues, là où le commissaire Guyot est plus réservé.

Ce roman n’a qu’un seul défaut : il se lit trop vite ! J’ai eu beau tenter de ralentir le rythme afin de faire durer le plaisir plus longtemps, c’était impossible, il a été dévoré voracement. Pas ma faute, il est trop addictif, ce roman, sans pour autant que l’auteur ait collé des péripéties toutes les 10 pages.

Cela tient sans doute à son atmosphère, à ses personnages truculents (fictifs ou réels), à la plume de l’auteur qui sait chatouiller le lecteur et le renvoyer, dans ses écrits, à des situations bien de notre époque. Caustique, j’aime ça.

Sinon, j’ai ri avec son pastichage du « Paris Libéré » de MonGénéral et avec le fait qu’il ait utilisé les noms de certains auteurs pour ses personnages (Saussey et Minier).

L’enquête m’a donné du fil à retordre. J’ai eu beau faire tourner mes cellules grises, il n’en est rien sorti de conséquent : impossible de trouver le nom du coupable de ces crimes sordides !

Ayant lu tous les Hercule Poirot, je suis blindée, j’ai tout vu en ce qui concerne les coupables (Agatha Christie a bien fait tout le tour), ce qui m’a fait suspecter les trépanés, le commissaire, le narrateur omniscient, le Loup… Oui, tout le monde y est passé, sans que j’aie le moindre mobile.

Lorsque Gabriel Joly dévoile l’affaire, tel Hercule Poirot réunissant tout le monde dans le grand salon, l’auteur, sadique, ménagera encore le suspense, prenant son temps, nous laissant mariner dans notre jus, avant de porter le coup fatal, telle une botte qui clouera le lecteur à son fauteuil. Excellentissime ! Malgré mon dos douloureux, je m’incline !

Un polar historique qui privilégie autant le fond que la forme, qui nous donne un petit cours d’Histoire bienvenu, sans jamais devenir lourd et qui nous offre des meurtres en huis-clos digne de la reine du crime.

Ce troisième tome est à la hauteur des deux premiers, il clôt magistralement la trilogie du Loup des Cordeliers et, cerise sur le gâteau, il est noté « à suivre » à la fin, ce qui me remplit de joie à l’idée de retrouver Gabriel Joly et les autres !

Bianca, qui, tout comme moi, a séché sur l’identité du coupable, est du même avis que le mien pour le LC plus que réussie ! Pour lire son avis, cliquez sur le lien incorporé dans son nom.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°111].

Jack et la grande aventure du Cochon de Noël : J.K. Rowling [LC avec Bianca]

Titre : Jack et la grande aventure du Cochon de Noël

Auteur : J.K. Rowling
Édition : Gallimard Jeunesse (12/10/2021)
Édition Originale : The Christmas Pig (2021)
Traduction : Jean-François Ménard

Résumé :
Jack est très attaché à son cochon en peluche de petit garçon. Ils ont tout vécu ensemble, les bons comme les mauvais moments. Jusqu’à cette veille de Noël où arrive la catastrophe : le cochon est perdu !

Mais la nuit de Noël n’est pas une nuit comme les autres : c’est celle des miracles et des causes perdues, où même les jouets peuvent prendre vie. Alors, Jack et le Cochon de Noël – une peluche de remplacement un peu agaçante – embarquent pour une aventure magique et périlleuse au pays des Choses perdues.

Jusqu’où iront-ils pour sauver le meilleur ami que Jack ait jamais eu ?

Critique :
Sans ma copinaute Bianca me proposant ce roman en Lecture Commune, je n’aurais jamais lu le dernier roman de J.K. Rowling (et encore moins à Noël !).

Il faut croire qu’elle est capable de changer mes habitudes ! Et je ne lui donnerai pas tort (pour ne pas dire que je lui donne raison).

Le pitch ? Un jeune garçon de 7 ans a vu son cochon doudou passer par la fenêtre et c’est la crise de colère, d’angoisse… Le doudou, pour un enfant, c’est sacré. Nous sommes le soir de Noël et tout le monde sait que c’est une nuit spéciale où le fantastique sort de sa tanière.

Sans être exceptionnel, ce roman jeunesse est plaisant à lire, même s’il souffre de quelques défauts qui ne sont pas énormes. Enfin, tout dépendra du ou de la lectrice. J’avoue avoir été bon public.

Jack est un garçon attachant, même s’il a parfois en entêtement qui lui vaudra des ennuis. Mais à 7 ans, nous devions être plus ou moins le même que lui. Le sentiment d’injustice était grand, aussi : sa demi-soeur qui a un sale caractère, qui fout tout en l’air, à qui on ne dit rien, qui ne se fait pas gronder et qui, par dessus tout, commettra un crime de lèse-majesté.

L’univers des choses perdues est bien pensé, tel qu’il pourrait exister. L’autrice ne s’est pas contentée d’un univers où seules des choses perdues coexisteraient, attendant qu’on les retrouve, non, non ! On a aussi des émotions qui se baladent dans ce monde.

Le parallèle entre le monde des choses perdues et un pays totalitaire est très bien mis en scène. Un gosse ne le remarquera pas, ou l’adaptera à son monde à lui (l’école, les copains, les emmerdeurs), tandis qu’un adulte y ressentira les affres d’une société dictatoriale.

Dans ce monde, les dénonciations ont lieux, la peur règne à certains endroits, les objets de valeur sont mieux traités que les autres, on a une brigade de répression pour les objets qui ne se trouveraient pas à leur juste place et un potentat qui fout la trouille à tout le monde.

C’est aussi une belle illustration du consumérisme débridé, de ces objets qui ne fonctionnent plus, qu’on n’utilise plus, que l’on perd et dont on rachète de suite son remplaçant. Nous possédons tellement que nous ne faisons plus attention à ce qui est perdu ou pas, sauf lorsqu’on en a besoin… Zut, c’est où encore que j’ai mis ça, moi ??

Avec des phrases courtes et des chapitres tout aussi court, le récit est dynamique, bien que le départ soit plus lent, le temps de nous présenter les personnages et de nous parler d’eux. Le reste du récit ne manquera pas de rythme et est très visuel. Les dessins à l’intérieur donnent un plus à ce roman jeunesse.

L’écriture semble enfantine, comme si c’était bien le petit Jack qui nous la contait et j’ai apprécié que l’autrice utilise ce procédé, cela m’a encore plus donné l’impression de voyager avec Jack et le Cochon de Noël et même en tant qu’adulte, j’ai vibré durant leur périple.

Au rayon des petits bémols, je dirai que si la quête est longue, l’affrontement entre Jack et le Grand Perdeur est un peu trop court. Trop facile aussi. Autant je suis bonne joueuse pour leur périple dans le monde des Choses Perdues, autant j’aurais apprécié que le final soit plus long.

J.K Rowling a mis en scène un monde fantastique, pensant à plein de choses, imaginant  des situations, faisant évoluer son jeune Jack, lui faisant comprendre certaines choses et puis pchiiiitttt, le final est expédié rapidement.

C’est une jolie fable de Noël, un bon conte qui plaira aux enfants, mais aussi aux adultes, tant qu’ils ont gardé une partie de leur âme d’enfant…

Sans être exceptionnelle, cette lecture était agréable, m’a détendue totalement et maintenant, je ne verrai plus les objets perdus de la même manière et lorsque l’on me parlera de LC, je ne penserai plus qu’à Lecture Commune, mais aussi à Lo Cochon, le doudou de Jack, celui qu’il aime plus que tout.

Merci à Bianca de m’avoir proposé cette LC de Noël ! Une fois de plus, nous sommes sur la même longueur d’onde.

Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°XX] et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.

Raven – Tome 1 – Némésis : Mathieu Lauffray

Titre : Raven – Tome 1 – Némésis

Scénariste : Mathieu Lauffray
Dessinateur : Mathieu Lauffray

Édition : Dargaud (10/07/2020)

Résumé :
Au XVIIe siècle, alors que le pavillon de l’Union Jack flotte sur la mer des Caraïbes, Raven, un jeune et impétueux pirate décide de mettre la main sur un prétendu trésor, promis à l’infâme gouverneur de Tortuga qui fait appel à lady Darksee, une redoutable femme pirate, en échange du pardon royal.

Mais Raven, qui assiste à la scène, décide de les devancer et d’agir seul grâce à un plan de l’île où se situerait le trésor.

L’île volcanique, perdue dans les Caraïbes et peuplée par une tribu cannibale, s’avère pourtant dangereuse… Et c’est précisément sur celle-ci que le nouveau gouverneur de Tortuga et sa famille, venus de France, ont échoué après un long voyage…

Critique :
Qui n’a pas joué aux pirates, en étant gosse ? Qui n’y joue pas encore en téléchargeant illégalement ? Non, non, ne vous dénoncez pas et ne dénoncez pas les autres, la question était rhétorique.

Moi, j’aurais aimé sentir les embruns sur mon visage, marcher sur le pont d’un galion (pas un qui s’est échoué) et crier à l’abordage, juste pour le fun, parce que pour le reste, je n’ai pas l’étoffe d’une lady pirate sans peurs.

La littérature, les films et les bédés me permettent d’assumer ce rêve impossible en suivant, tout en sécurité, des personnages.

Raven a un petit je ne sais quoi de Jack Sparrow : pas l’habillement ou le phrasé particulier, mais il traîne derrière lui une putain de poisse digne d’un pied nickelé ! Raven La Poisse devrait devenir son nom de pirate. Ses confrères le nommeront Jonas, ce qui revient au même (le Jonas avalé par la baleine).

1666, l’année du grand incendie de Londres… Nous sommes aux Caraïbes, sur l’île de Tortuga. La Jamaïque est devenue anglaise et le début de l’histoire nous en apprendra un peu plus sur les pirates des mers.

L’aventure avec un grand A commencera avec la carte d’un trésor inviolé (le trésor, pas la carte) qui sera confiée à Lady Darksee, une pirate ! Le genre de détail qui fait fulminer notre Raven, tête brûlée en quête d’un grand fait d’arme et qui compte la jouer double à la piratesse.

Les dessins sont très jolis, les couleurs aussi, on a de l’action, une touche d’humour, du suspense et une histoire qui marche toujours : celle des pirates !

Comme références, nous aurons un jeune garçon fasciné par les pirates, un trésor jamais trouvé, maudit et qui est enterré sur une île maudite peuplée de cannibales (bien plus dangereux que des végans) et une déesse meurtrière.

On mélange les ingrédients avec un pirate qui n’en fait qu’à sa tête, qui est bouffi de vantardise, adore faire des fanfaronnades, possédant un égo surdimensionné, des Gascons aristos (gros égo aussi) et prolos échoués sur l’île où se trouve le trésor, une Lady Darksee qui ne se prend pas pour de la merde, qui ne pense plus qu’à trouver le trésor et son équipage qui ne vit que pour elle…

Je me doute que ça va exploser : il y a trop d’égo surdimensionnés dans cette petite île, trop de testostérone, trop de personnes qui veulent montrer que ce sont eux/elles les chefs et si le deuxième tome est aussi explosif et jubilatoire que le premier, ça promet encore une belle lecture et une super découverte !

PS : j’ai lu le deuxième tome dans la foulée du premier et putain, c’était de la bonne came ! Encore mieux que le premier. Ma chronique sera postée sur Babelio et je vous donnerai le lien via le bilan mensuel avant de l’ajouter à ce billet.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 54 pages).

Ira dei – Tome 4 – Mon nom est Tancrède : Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat

Titre : Ira dei – Tome 4 – Mon nom est Tancrède

Scénariste : Vincent Brugeas
Dessinateur : Ronan Toulhoat

Édition : Dargaud (12/02/2021)

Résumé :
Pour Tancrède, c’est l’heure de tous les dangers. Capturé par Hugues, le voilà entre les mains de Guillaume de Hauteville, le chef des troupes normandes. Celui-ci voit en lui un redoutable soldat dont il aimerait se faire un allié.

Afin d’inciter Tancrède à réveiller son âme guerrière, depuis longtemps en sommeil, Guillaume l’oppose en combat singulier à plusieurs prisonniers, auxquels il promet la liberté en cas de victoire.

« Tu t’apprêtes à faire sortir le diable », lui glisse Étienne, le représentant du pape. Aucun homme ne saura vaincre Tancrède. Même Hugues périra au fil de son épée…

Vivant, Tancrède reste une menace pour l’Église. Pourtant, Étienne décide de lui offrir sa liberté : seul Tancrède est en mesure de l’aider à retrouver sa sœur.

Ce quatrième tome marque la fin du cycle italien. Il confirme les qualités d’une saga qui explore un cadre – la Méditerranée du XIe siècle – peu traité par la bande dessinée et qui allie la rigueur de ses sources historiques à un dessin évoquant autant la poésie de Moebius que la puissance de Jack Kirby.

Critique :
Si dans la chanson, elle voulait revoir sa Normandie, Tancrède, lui, ne veut pas la revoir du tout, ni reprendre son véritable nom de Robert, duc de Normandie.

Guillaume de Hauteville, lui, voudrait bien que Tancrède redevienne Robert, mais ce dernier n’a absolument pas envie d’aller affronter son fils, toutes ces guerres des trônes, ça le fait chier…

Dans ce dernier tome de cette saga (4), nous sommes une fois de plus plongés dans l’Histoire, les guerres, les magouilles politiques, les invasions et les luttes intestines (et pas intestinales).

Étienne (le représentant du pape), de son côté, le tien toujours bien et on ne sait pas trop de quel côté il va tirer. Jusqu’au bout, ce personnage m’aura intriguée, étonnée et là, il va continuer de me trouer le cul, cet Étienne ! Un comble pour un homme d’Église.

Ça magouille de tous les côtés, ça s’embrouille, ça bidouille des complots, l’un joue avec les nouilles de l’autre (restons poli, mais vous voyez de quoi je veux parler).

Bref, dans ce récit, personne n’est tout à fait blanc, ni tout à fait noir, ni vraiment bon ou méchant, tout est nuance de gris, les personnages sont complexes et nous sommes loin du manichéisme affiché dans d’autres bédés.

Les dessins sont dynamiques et les scènes de combats sont bien détaillées : mouvements, expressions… Le découpage de certaines planches ajoute aussi des claques monumentales au lecteur. Là, ça dépote !

Mon bémol sera pour le final qui arrive un peu trop vite, comme un cheveu dans la soupe, laissant un goût d’inachevé, comme si j’avais été plantée au milieu du chemin et que les auteurs foutaient le camp en vacances. L’impression d’être un chien abandonné sur le bord de la route.

Attendez les mecs, c’est tout ? C’est fini ? Tout ça pour en arriver à cette fin un peu bancale ? Tout ce machiavélisme, toutes ces guerres entre les différents seigneurs, entre leurs armées, tout ce suspense, toute cette psychologie et ce travail des personnages pour finir ainsi ?

Ben merde alors… Dommage, car ce final bancal et brutal (je sens l’âme d’une poétesse) casse tout le plaisir de lecture ressenti jusqu’à présent et fout en l’air cette série que j’avais apprécié d’entrée de jeu.

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°96] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 54 pages).

Féroce – Tome 1 – Taïga de sang : Gregorio Harriet et Alex Macho

Titre : Féroce – Tome 1 – Taïga de sang

Scénariste : Gregorio Harriet
Dessinateur : Alex Macho

Édition : Glénat (01/09/2021)

Résumé :
Quand la nature se déchaîne, personne n’est à l’abri.

Sur le territoire du kraï du Primorié, en Extrême-Orient russe, près des frontières de la Chine et de la Corée du Nord, un tigre de Sibérie blessé par un braconnier se consacre à la chasse à l’homme. Non par faim mais plutôt par vengeance, il peint du sang de ses victimes la taïga sibérienne.

Ni les brigades forestières contrôlées par la mafia sino-russe, ni les agents du Centre du Tigre de l’Amur, ni les groupes environnementaux ne sont en sécurité lorsque l’Amba, l’esprit des forêts, part à la chasse.

Inspiré de faits réels, Féroce fascine par ses silences et ses paysages hivernaux désolés. Un récit puissant, peuplé de personnages forts et plus vrai que nature où le massacre et l’horreur peuvent être enclenchés à tout instant.

Critique :
Extrême-Orient russe, près des frontières de la Chine et de la Corée du Nord… Autrement dit, dans le trou du cul du Monde, version glacée ! Là-bas, on coupe des arbres qu’on ne peut pas couper, pour l’exportation.

D’ailleurs, il paraît que l’on déforeste plus en Sibérie qu’en Amazonie et pourtant, on ne parle que l’Amérique du Sud… Les petites branches laissées au sol, après l’abattage (pas une machine) deviendront tellement secs en été que c’est incendie garantit !

Et quand un connard ne trouve rien de mieux que de tirer sur un tigre, les emmerdes commencent car quand tigre fâché, lui toujours manger Homme.

La première chose que j’ai appréciée, c’est le visuel : la couverture frappe bien fort et les dessins sont magnifiques. Très dynamiques aussi.

Le scénario part dans plusieurs directions à la fois et bien avant la fin de ce premier album, on a bien compris les différentes ramifications entre les personnages et ce qui est en train de se produire depuis le tir sur le tigre.

Nous sommes dans un excellent scénario, avec de la profondeur et sans dichotomie entre les bons reporters qui font un reportage sur les tigres de l’Amour et les vilains bûcherons qui coupent à tort à travers. Pas de ça, Lisette, madame la journaliste peut avoir l’écologie à géométrie variable et le jeune bûcheron des états d’âmes.

Le final, petit salopard, laisse le lecteur devant un suspense frustrant, puisqu’il faut attendre pour lire le second tome. Une chose est certaine, je serai au rendez-vous pour la suite !!

Une bédé à découvrir en restant bien au chaud chez soi car les paysages enneigés, s’ils sont magnifiques, donnent tout de même l’impression de froid extrême.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°92], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°94] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

 

La rivière : Peter Heller

Titre : La rivière

Auteur : Peter Heller
Édition : Actes Sud – Lettres anglo-américaines (05/05/2021)
Édition Originale : The River (2019)
Traduction : Céline Leroy

Résumé :
Wynn et Jack, étudiants en pleine possession de leurs moyens, s’offrent enfin la virée en canoë de leurs rêves sur le mythique fleuve Maskwa, dans le Nord du Canada. Ils ont pour eux la connaissance intime de la nature, l’expertise des rapides et la confiance d’une amitié solide.

Mais quand, à l’horizon, s’élève la menace d’un tout-puissant feu de forêt, le rêve commence à virer au cauchemar, qui transforme la balade contemplative en course contre la montre. Ils ignorent que ce n’est que le début de l’épreuve.

Critique :
Wynn et Jack partent à l’aventure, celle avec un grand A : traverser, en canoë, le fleuve Maskwa, dans le nord du Canada.

Sans téléphone, sans montre, en mode survie et pêche, mais surtout, en mode tranquille, à l’aise Blaise, sans se presser, afin de prendre le temps de contempler.

Tout allait bien, quand soudain, les emmerdes son arrivées, en escadrille, comme toujours…

On aurait pu penser que leur voyage allait se dérouler tranquillement, qu’en cette fin de saison, alors que les jours sont plus froids, ils ne croiseraient personne sur l’eau. Loupé…

La plume de l’auteur navigue sur le papier comme le canoë de Jack et Wynn : glissant sans à-coups, paisiblement, sans aucune saccade ou mouvement brusque.

Sa manière d’écrire est aussi contemplative et descriptive : ce voyage en canoë, ces nuits à la belle étoile, ces poissons qui cuisent sur la pierre, c’est comme si vous viviez ces moments de plénitude.

Le récit est idyllique, mais on se doute qu’à un moment donné, ça va virer au drame, sans que l’on sache exactement que genre de drame. Ni que nous pourrions en avoir deux pour le prix d’un seul.

Cette descente de rivière tranquillou va virer brusquement en descente afin de lutter contre la mort qui galope à leurs trousses. Elle détruit tout sur son passage et c’est limite l’apocalypse qui vous colle aux trousses.

L’inquiétude était montée crescendo, là, elle va vous prendre aux tripes et vous risquez de sentir l’odeur de roussi derrière vous. Souquez ferme, matelots, gardez le cap et serrez les fesses !

Peter Heller ne prendra pas la peine de dresser des portraits fouillés de ses personnages principaux, il nous donnera juste l’essentiel, et cela suffira pour le récit, pour s’attacher à eux deux et à les voir changer, quand le danger sera là. Jack aura même tendance à passer du côté obscur, démontrant bien que l’on ne connait jamais vraiment bien les gens.

C’est un mélange harmonieux entre le nature writing et le thriller, entre l’apocalypse et le voyage initiatique, commençant à naviguer gentiment avant de passer en mode « descente de rapides ». Difficile de ne pas avoir le cœur qui chavire.

La Rivière n’est pas un long fleuve tranquille… C’est une lecture qui vous éclabousse avant de vous laisser échoué sur un à côté, lessivé, rincé, à bout de souffle, les muscles en compote d’avoir ramé comme une dératée avec Wynn et Jack.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°86].

Alienés : Fabrice Papillon

Titre : Alienés

Auteur : Fabrice Papillon
Édition : Plon (14/10/2021)

Résumé :
Mai 2022. À 400 kilomètres de la terre, la station spatiale internationale sombre dans la nuit artificielle. Tandis que l’équipage dort, le cadavre éventré d’un astronaute américain flotte en impesanteur dans l’un des modules de recherche.

Le même jour, à Lyon, le corps éviscéré d’un biologiste américain est retrouvé à 30 mètres de profondeur, dans un mystérieux réseau de galeries souterraines baptisé les  » arêtes de poisson « .

S’engage une double enquête, d’abord internationale avec la NASA, aux États-Unis, pour tenter d’élucider un meurtre inédit dans l’histoire : celui d’un astronaute dans l’espace.

À Lyon, Louise Vernay, commandant de la brigade criminelle, fait rapidement le rapprochement entre les deux assassinats, très semblables et synchrones, l’un dans l’espace, l’autre sous terre… Qu’est-ce qui les relie ? Pour quelle raison ces deux Américains ont-ils été visés ? Comment ont-ils pu être éliminés au même moment, à une telle distance ?

Louise fait rapidement la rencontre d’un étonnant moine jésuite, astrophysicien et directeur de l’observatoire du Vatican, de passage à Lyon et qui avait rendez-vous avec la victime. Ce personnage troublant lui laisse entendre que des signes d’une présence extraterrestre se multiplient, et qu’ils pourraient bien être à l’origine de ces deux meurtres…

Critique :
Dans l’espace infini, la station ISS et à l’intérieur, le cadavre éventré d’un des astronautes, flotte, éventré ! Éventré ? ALIEN est à bord ???

Putain, exfiltrez de suite le chat et faite péter le vaisseau avant que le monstre ne revienne encore pour plusieurs films.

Voilà un meurtre en chambre super close que Hercule Poirot n’aura jamais eu à résoudre.

Et dans ce roman qui mêle l’univers de Da Vinci Code (en moins poussé) et de James Bond (sans les gadgets et les filles en maillot), ce ne sera pas Thomas Pesquet qui mènera l’enquête.

Le point de départ est intéressant, déroutant, même, car sur Terre, un autre cadavre est retrouvé, lui aussi avec les tripes à l’air. On nage dans le mystère, dans la SF et longtemps je me suis demandée si une sorte de poulpe n’était pas sortit de leur ventre.

J’ai apprécié l’aventure menée tambour battant et qui nous entraînera ailleurs qu’en France et ailleurs que sur Terre et qui nous fera croiser la route de personnages connus, ainsi que d’entités terrestres dangereuses (ça commence par GA et se termine par FAM et ça te bouffe les données).

Que les allergiques aux sciences se rassurent, on bouffe de la science mais jamais ad nauseam, les explications faisant partie d’un tout, vulgarisées pour que nous comprenions et que la commissaire Louise Vernay capte tout aussi. Cela reste compréhensible et une fois de plus, on va se coucher moins bête.

Là où je n’ai pas accroché du tout, c’est dans le choix du personnage de Louise Vernay, véritable bulldozer sans freins, sans éducation, qui jure comme plusieurs charretiers, parle argot mieux que les Tontons Flingueurs, considère souvent les autres avec condescendance, leur répondant sur un ton moqueur et cynique (sans arriver à la cheville d’un docteur House).

Elle est totalement barje, se moque des règles, grogne comme un dogue enragé et ensuite, elle fond en larme dans un parc avec quelques souvenirs. Même si elle est inspirée d’une personne qui existe, dans le récit, elle frôle la caricature et l’arrivée d’Ethan, le bogosse, n’aidera pas à la sortie de cette caricature. Là, elle sombrera dans l’imbécilité digne d’une collégienne en chaleur.

Anybref, hormis ce point de détail important sur le personnage principal, pour le reste, je me suis amusée durant ma lecture, sans jamais savoir où l’auteur allait finir : les pieds sur terre avec du rationnel ou avec du rationnel fictionnel (SF) ?

Les deux solutions étaient valables car dans ce roman, ce n’est pas de la fiction à la M.I.B (film que j’adore) : on est dans la science et l’épisode covid a renforcé certaines choses, les ancrant dans la réalité.

Mêlant les scènes d’action digne des blockbusters, des films de SF, du Da Vinci Code (pape et jésuites), de James Bond, l’auteur fait en sorte de toujours rester à la limite de la sacro sainte ligne rouge à ne pas franchir, sous peine de perdre ses lecteurs dans le grand n’importe quoi.

Malgré tout, nous sommes dans la fiction : on se doute que jamais il n’arriverait une aventure pareille à une policière. Enfin, je l’espère !

Au moins, c’est un récit qui n’a pas des airs de déjà-lu ! Il est innovant, addictif, scientifique, oscillant sur le fil entre le réel et l’extra-terrestres, sans que jamais cela ne devienne exagéré.

C’est un récit imaginatif, brillant, bien pensé, bien écrit, intelligent, même si, pour ma part, je lui préfère « Régressions ».

Et comme toujours, derrière l’histoire un peu folle et à cent à l’heure (ou plus), il y a aussi un message que tout le monde lira, comprendra. Pas dit que les gens laisseront tomber les réseaux sociaux et tous les outils mis en place par les GAFAM et les NATU pour nous faciliter la vie et nous pomper notre temps de cerveau.

Un roman brillant qui nous fait aller au lit moins bête qu’avant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°82].

Astérix – Tome 39 – Astérix et le Griffon : Jean-Yves Ferri et Didier Conrad

Titre : Astérix – Tome 39 – Astérix et le Griffon

Scénariste : Jean-Yves Ferri
Dessinateur : Didier Conrad

Édition : Éditions Albert René (21/10/2021)

Résumé :
Accompagnés de Panoramix, le plus célèbre des druides gaulois, ils s’apprêtent à partir pour un long et mystérieux voyage en quête d’une créature étrange et terrifiante.

« Mais quelle est donc cette créature ? » Didier Conrad a fait parvenir un dessin aux Éditions Albert René. Un dessin étrange et mystérieux… Celui-ci montre nos deux héros – créés il y a plus de 60 ans par les géniaux René Goscinny et Albert Uderzo – grimpant le long d’un grand tronc d’arbre pour tenter de récupérer Idéfix qui semble vouloir leur échapper…

Ce tronc est bien singulier car il est sculpté à l’effigie d’une créature énigmatique, dotée de crocs impressionnants et d’un terrible bec de rapace…

…Idolâtrée ou crainte par les peuples de l’Antiquité, cette créature, c’est… le Griffon…

Critique :
Comment reconnaît-on un bon album d’Astérix et Obélix ?

Au sourire béat qui s’affiche sur notre tronche lorsqu’on en sort un de sa biblio pour le relire pour la 392ème fois ?

Au rire qui nous secoue devant un bon jeux de mots ?

Aux répliques que l’on sort, encore et toujours ? Farpaitement !

Qu’en sera-t-il de ce nouvel album ? Je ne peux encore rien vous dire, je ne l’ai lu qu’une seule fois et si je n’ai pas trop été déçue, faut pas s’attendre non plus à une révolution ou à égaler les albums du maître Goscinny.

Les dessins sont parfaits, ils sont dans la lignée de ceux qu’Uderzo nous donnait dans les anciens albums. Le bât blesse toujours avec les scénaristes : pas facile d’égaler les meilleurs, surtout qu’ils seront jugés à l’aune de ce que les Grands ont fait avant eux.

Oublions la belle époque de Goscinny, ce temps est fini, il nous reste à relire les anciens albums et à nous éclater la rate avec les jeux de mots intemporels.

Mais où vont nos mais Gaulois dans ce nouvel album ? Très très loin à l’Est ! Carrément dans le territoire des Sarmates. Ici, les femmes se battent et les hommes restent à la maison à éduquer les enfants. Puis les emmerdes vont commencer pour eux avec l’arrivée des romains. Pour Obélix, c’est l’amusement, l’arrivée des guerriers que l’on peut baffer !

Si ce nouvel album est mieux que certains précédents, ce ne sera pas l’éclate totale tant j’ai eu l’impression que les auteurs n’avaient pas été au bout de leur idées, survolant le tout sans jamais approfondir.

Pourtant, il y avait matière à aller creuser plus profond afin de donner un peu plus d’épaisseur à cette histoire qui semble souvent hésiter et ne pas savoir quelle direction prendre.

Manquant de dynamisme, la fin arrive un peu comme un cheveu dans la soupe, sans conclure l’album d’une manière claire. Par contre, j’ai aimé l’idée du griffon et de voir ce qu’il était en vrai.

Les jeux de mots sont présents, ils ne sont pas mal du tout, surtout avec les Scythes, mais hélas, ils sont temporels. À voir si la génération suivante les comprendra… En tout cas, moi, j’ai tout capté ! Il faudra sans doute que je relise l’album afin de bien m’en imprégner et pouvoir les ressortir sans peine, comme ceux de Goscinny avec les Ibères ou les Numides…

Finalement, je suis le cul entre deux chaises pour ce nouvel album : il a du bon et du moins bon, notamment avec le fait que rien ne soit vraiment approfondit, que tout soit survolé, que l’histoire peine à décoller et qu’elle tourne un peu en rond.

De plus, il manque les sacro-saintes scènes tirées du village, au début de chaque album. Les running gag du « Non, tu ne chanteras pas » ou du « Il n’est pas frais mon poisson ?? », sans oublier les bagarres.

Les nouveaux auteurs font voyager Astérix, mais le must est aussi d’arriver à construire une histoire amusante et inventive sans sortir du village, comme ce fut le cas avant.

C’est donc mitigée que je ressors de cette lecture qui, à mon sens, manquait de profondeur alors qu’il y avait matière à aller plus loin. Pourtant, tout n’est pas à jeter ou mauvais dans ce dernier opus. Peut mieux faire mais ce n’est déjà pas si mal.

Pas évident non plus lorsqu’on reprend une série alors qu’elle était au faîte des scénarios brillants et des jeux de mots drôles du temps du tandem Uderzo/Goscinny.

La série de « Spirou et Fantasio » a elle aussi connu des hauts et des bas. Lorsque Rob Vel (son créateur) l’a passée à Franquin, elle avait été magnifiée. Après Franquin, on a eu des hauts et des bas… Sinon, il faut faire comme Hergé et interdire toute reprise…

Chacun trouvera ce qu’il veut dans ce nouvel album d’Astérix. Tout dépend ce que l’on cherche.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°82], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°92] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages).

[FILMS] Le Retour de la momie (2001) – Stephen Sommers

Le Retour de la momie (The Mummy Returns) est un film américain écrit et réalisé par Stephen Sommers, sorti en 2001.

Il s’agit de la suite du film La Momie, du même réalisateur, sorti en 1999. Il est suivi par La Momie : La Tombe de l’empereur Dragon sorti en 2008.

Malgré un accueil critique mitigé, le film est un succès au box-office et rapporte plus de 433 millions de dollars.

  • Titre original : The Mummy Returns
  • Titre français et québécois : Le Retour de la momie
  • Réalisation et scénario : Stephen Sommers
  • Musique : Alan Silvestri

Distribution :

  • Brendan Fraser (VF : Guillaume Orsat) : Richard « Rick » O’Connell
  • Rachel Weisz (VF : Laura Préjean) : Evelyn « Evy » Carnahan O’Connell / la Princesse Nefertiri
  • John Hannah (VF : Georges Caudron) : Jonathan Carnahan
  • Oded Fehr (VF : Asil Rais) : Ardeth Bay, chef des Medjaÿ
  • Arnold Vosloo (VF : Saïd Amadis) : Imhotep, la momie
  • Patricia Velásquez (VF : Marjorie Frantz) : Meela Nais / Anck-Su-Namun
  • Freddie Boath (VF : Gwenaël Sommier) : Alexander « Alex »O’Connell
  • Alun Armstrong (VF : Mostéfa Stiti) : Baltus Hafez
  • Dwayne Johnson : Mathayus, le Roi Scorpion
  • Adewale Akinnuoye-Agbaje (VF : Thierry Desroses) : Lock-Nah
  • Shaun Parkes (VF : Lucien Jean-Baptiste) : Izzy Buttons

Synopsis :
En 1925, le légionnaire américain Rick O’Connell et l’égyptologue Evelyn avaient ressuscité par inadvertance la momie du prêtre égyptien Imhotep, mais ils étaient parvenus à la neutraliser. Huit ans plus tard, Rick et Evelyn sont mariés et habitent Londres avec leur petit garçon Alex.

Or, c’est justement dans cette ville, au British Museum, que la momie inerte d’Imhotep a été transférée. Et à la suite d’un incident, le prêtre maléfique revient de nouveau à la vie.

Au même moment, en Égypte, la redoutable armée du Roi Scorpion est réanimée et s’apprête à provoquer un cataclysme planétaire.

Pour sauver Alex pris en otage par ces forces diaboliques, ses parents doivent retourner en Égypte et gravir une pyramide en or qui envoûte tous ceux qui la regardent.

Critique :
Oui, je sais, ce n’est pas un film intelligent, les dialogues ne sont pas ceux d’Audiard, on a déjà connu mieux…

Oui mais voilà, j’adore les deux premiers films de la Momie et quand ils repassent à la télé, je les regarde à nouveau.

En plus, ça m’a fait une soirée télé avec le chat qui est resté couché à mes côtés durant tout le film, même s’il s’est vite endormi…

Ce film est parfait pour passer une soirée tranquille, sans se prendre la tête, sans avoir la trouille puisqu’il ne fait pas vraiment peur (hormis la scène des chiottes dégueu dans le train) et qu’il offre de l’action à gogo. Et puis, j’adore l’acteur John Hannah.

Bref, difficile de s’ennuyer devant son écran avec pareil film. Les personnages courent partout, sans jamais être fatigués, se prennent des coups sans jamais mourir et les vilains méchants sont punis, meurent ou retourner à la niche ! Enfin, au tombeau…

Classiquement, une fois de plus, on est face à des méchants morts mais pas vraiment, qui veulent dominer le monde, aidés par des vilains hommes qui veulent eux aussi être les maîtres du monde (oubliant que le poste de Maître du Monde ne se partage pas).

Les effets spéciaux sont assez bien fait, sauf celui du Roi Scorpion, loupé, lui ! Les personnages des gentils (la famille O’Connell) sont sympathiques et j’ai un faible pour le gamin blond qui me fait toujours rire avec son impertinence et ses répliques.

Afin d’ajouter des trucs en plus, le producteur (ou le scénariste) a joué sur le fait que Evelyn O’Connell et la vilaine Meela Nais soient en fait les réincarnations de la princesse Nefertiri et de Anck-Su-Namun et que dans leur vie antérieure, elles soient déjà ennemies !

Oui, ça fait un peu too much, un peu « trop » tout court, mais bon, des femmes qui se battent, ça doit titiller certains mecs… Au moins, dans les deux films de La Momie, les femmes ne sont pas cantonnées à la cuisine ou au reprisage des chaussettes ! Nom de Zeus, elles participent activement !

Alors oui, je manque de partialité pour ce film que j’ai toujours apprécié (pas le volet 3 !) et qui a des airs de Indiana Jones, le fouet, les nazis et la belle gueule de Harrison Ford en moins. Bon, les nazis ne nous manqueront pas, Ford, oui !

Un film parfait pour le challenge Halloween, un film à regarder sous un plaid, bien installée, un chat à vos côtés et sans prise de tête !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°76] et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Écrans).

Outlander – Intégrale 01 – Le chardon et le tartan : Diana Gabaldon [LC avec Bianca]

Titre : Outlander – Intégrale 01 – Le chardon et le tartan

Auteur : Diana Gabaldon
Éditions : J’ai Lu (2017/2018) – 853 pages
Édition Originale : Outlander (1991)
Traduction : Philippe Safavi

Résumé :
Au cours d’une promenade sur la lande, elle est attirée par des cérémonies étranges qui se déroulent près d’un menhir. Elle s’en approche et c’est alors que l’incroyable survient : la jeune femme est précipitée deux cents ans en arrière, dans un monde en plein bouleversement ! 1743. L’Ecosse traverse une période troublée.

Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l’occupant anglais et préparent la venue de Bonnie Prince Charlie, le prétendant au trône.

Plongée dans un monde de violences et d’intrigues politiques qui la dépassent, Claire ne devra compter que sur elle-même pour surmonter les multiples épreuves qui jalonnent ce formidable voyage dans le temps.

Elle connaîtra l’aventure et les périls, l’amour et la passion. Jusqu’au moment crucial où il lui faudra choisir entre ce monde palpitant qu’elle aura découvert et le bonheur qu’elle a connu et qui, désormais, lui paraît si lointain…

Critique :
Le pitch est un vieux truc qui marche toujours : une personne se retrouve projetée dans une époque qui n’est pas la sienne.

Soit cela donne lieu à des comédies du genre Les Visiteurs ou de Retour Vers Le Futur, soit cela reste dans le réalisme et donc, c’est le drame total.

Imaginez-vous projetés dans le passé, en 1743, en Écosse, pays des Higlanders qui se baladent sans rien sous leur kilt…

C’est l’horreur car, venant du futur (1947), vous ne connaissez pas les codes de cette société patriarcale, ni leur culture. Bref, vous êtes pire qu’une bleue et en plus, vous êtes une femme… Plutôt galère comme plan !

C’est dans ce genre de situation que l’on se dit qu’on aurait dû mieux écouter aux cours d’histoire (si tant est que le prof a causé des fiers Highlanders) ou avoir son Manuel des Castors Juniors dans sa poche…

Si au départ le récit m’a emporté, poussé par le souffle de la grande aventure, force est de constater que le soufflé, à un moment, est retombé et que le récit a pris des allure de torture croisée avec un escargot rachitique, tellement c’était long et laborieux à la lecture.

Souvent, je me suis plainte que des auteurs de romans historique avaient été avares dans les détails concernant l’époque, radins avec les atmosphères propres à nous immerger totalement dans la période concernée…

Ici, c’est le contraire ! L’auteure a été trop généreuse avec les détails historiques, avec les atmosphères propres à un manoir d’un laird et elle nous noie totalement dans ses textes, ses dialogues, ses explications… À croire que l’auteure était payée à la ligne tellement il y a des passages inutiles dans ce récit.

C’est bien simple, je pense que je pourrais aller soutenir une thèse sur les Highlanders après cette lecture. Le but est louable, ça rend le récit plus réaliste, mais cela produit le même effet que l’excès de sucre : indigestion au bout d’un moment.

Les personnages maintenant… Claire Beauchamp-Randall, propulsée dans ce monde inconnu, s’adapte assez bien (mieux que je je le ferais) mais ne peut s’empêcher d’ouvrir un peu trop souvent sa bouche, oubliant que dans cette société, la femme n’a pas de droit.

Claire sort de la Seconde Guerre Mondiale où les femmes se sont émancipées et se sont débrouillées sans les hommes… En tout cas, au pays des kilts et des plaids, notre Claire oubliera vite son époux Franck et y pensera très très peu. Loin des yeux…

Et puis, à certain moments, Claire semble adulte et à d’autres, elle se comporte comme une midinette jalouse, comme une ado pas encore sûre des sentiments de l’autre… Elle a été infirmière durant la guerre, elle a connu le Blitz, a été mariée, séparée de son mari durant le conflit et elle se comporte parfois comme une gamine.

Le plus difficile à cerner sera le personnage de Jamie MacTavish : d’un côté, on le découvre en gentleman civilisé avec le sexe faible, il deviendra rouge de confusion lorsque Claire lui proposera de dormir sur le sol de sa chambre parce qu’il est moins froid que le sol du couloir (il restera dans le couloir), il s’avoue puceau (toutes les putes qu’il a croisées étaient en fin de carrière)…

Puis, d’un autre côté, plus tard, il lui avoue que lorsqu’il l’a rencontrée, il a eu envie de la violer pour enfin perdre son pucelage (alors qu’il n’est que haine envers celui qui a déshonoré sa sœur), il la frappe pour la punir de sa désobéissance et un soir, il la bourre (il laboure ?) comme un malade, se moquant qu’elle n’en ait pas vraiment envie…

Et elle lui pardonnera ! Oui, parce qu’elle avait sans doute mérité… Désolée, ça coince.

D’accord, Jamie n’est que le reflet de cette société patriarcale, faite de guerriers virils qui aiment de  prendre des coup, montrer qu’ils sont les maîtres, violenter femmes et enfants, clouer par l’oreille des petits voleurs et hurler à la sorcellerie pour un oui ou pour un non.

Nom de Zeus, au début du récit, Jamie semblait être différent des autres, gentleman au point de se prendre une correction à la place d’une jeune fille qui avait trop fricoté avec un homme, homme d’honneur au point de ne pas en vouloir à Claire de l’avoir mis dans une situation délicate envers ses oncles… Capable de prendre des risques pour sauver Claire, mais aussi de la violenter. Souvent Jamie varie, bien folle est qui s’y fie.

Une autre chose qui m’a dérangée, c’est le luxe de détail de toutes les tortures subies par Jamie dans ce roman ! Certes, ce n’est pas une époque Bisounours, la violence est inhérente, mais il y avait moyen de rester vague et de ne pas raconter ces horreurs durant des pages et des pages.

À mon avis, chez Jamie, il n’y a que son petit orteil droit qui a été épargné de tout coups de poings, de couteau, de balle à mousquet, de baffes, de flagellations, de tortures… Même ses bourses ont été empoignées, la peau de ses fesses flagellé et le petit couloir puant a été investi lui aussi… Aucun détail ne nous est épargné. Trop c’est trop.

Si le départ avait bien commencé, je me suis vite retrouvée à m’ennuyer un peu dans ce récit et je ne me suis pas gênée pour sauter des passages longs et mortellement ennuyeux. Il y a peu d’action et cette dernière est noyée dans tellement de texte, tellement de détails de tortures, qu’à la fin, elle ne me disait plus rien.

Avec 200 pages de moins, cela aurait donné un peu plus de piment au récit. Trop de pathos nuit au pathos.

Pour fêter les 4 ans de nos LC, Bianca et moi avions coché une sacrée brique, hélas, le pavé a tourné à l’indigestion… Les défauts l’emportent sur les qualités et pour ma part, j’arrêterai la saga ici.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°75].