American Vampire Legacy – Tome 01 – Sélection naturelle : Scott Snyder et Sean Murphy

Titre : American Vampire Legacy – Tome 01 – Sélection naturelle

Scénariste : Scott Snyder
Dessinateur : Sean Murphy

Édition : Urban Comics – Vertigo Classiques (04/2012)
Édition Originale : American Vampire, book 3 : Survival of the Fittest

Résumé :
En 1941, Cash McCoogan et Felicia Book, membres de l’organisation anti-vampires des « Vassaux de Vénus », bravent le danger et traversent les lignes ennemies dans une Roumanie occupée par les nazis, afin de trouver un remède contre le vampirisme découvert par un savant.

Mais le chercheur est entre les mains des prédateurs nocturnes ralliés au IIIe Reich…

Critique :
Les vampires, je les préfère en qualité A.O.C, c’est-à-dire que j’évite les ersatz de buveurs de sang.

Ce spin-off de la série « American Vampire » ne joue pas dans le jeu des gentils vampires buveurs de thé, mais dans ceux qui ont des canines qui rayent le plancher et qui boivent du sang à même votre gorge.

Les auteurs ont repris le mythe des vampires mais l’ont mis à leur sauce, intelligemment, qui plus est. Si vous voulez tout savoir, lisez la série mère, American Vampire.

Les Vassaux de Vénus sont des chasseurs de vampires et leur prochaine mission, s’ils l’acceptent, sera d’aller enquêter en Roumanie, au milieu des nazis pour tenter d’extrader un savant qui pense avoir trouvé un remède au vampirisme.

Je ne vous cacherai pas que je ne suis pas fan de certains dessins, surtout du visage de l’agent Cash McCoogan qui serait plus agréable à regarder sans les gribouillages noirs sur son visage.

Le scénario est de bonne facture, avec des agents infiltrés disparus et des nazis devenus vampires afin d’être la race supérieure sans contestation possible. Le premier qui discute sera sans doute mordu et servira de repas à ces atrophiés du cerveau mais super développés niveau canines.

On a de l’action et des cascades (à ne pas refaire chez vous), de la science, la Seconde Guerre Mondiale et un remède au vampirisme, le tout avec un côté ésotérique dans la recherche du savant sur les anciens vampires.

Pour le moment, ma préférence va à la série-mère, American Vampire, qui avait réussi l’équilibre parfait avec un vampire (Skinner Sweet) que l’on adorait tout en le craignant. Lui, il m’a profondément mordu !

Ici, c’est classique et rien ne ressort vraiment pour me donner un orgasme littéraire mais c’est de bonne facture et on aurait tort de s’en priver si on aime les vampires véritables, qui puent, qui sucent le sang, qui sont sans sentimentalisme aucun, sans émotions. Bref, du vampire 100% pur jus (ou pur sang).

Si en plus on a lu et apprécié American Vampire, ce spin-off est parfait pour passer une chouette soirée en compagnie de buveurs de sang, même si ceux-ci sont infréquentables, vu leur appartenance au nazisme.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°18].

Holmes (1854/1891 ?) – Tome 3 – L’ombre du doute : Brunschwig & Cecil

Titre : Holmes (1854 / 1891 ?) – Tome 3 – L’ombre du doute

Scénariste : Brunschwig Luc
Dessinateur : Cecil
Edition :  Futuropolis (2012)

Résumé :
A priori Sherlock Holmes est mort lors d’un combat avec l’empereur du mal, le professeur Moriarty.

C’est toutefois ce que pensait le fidèle Watson. Il apprend rapidement qu’en réalité le célèbre détective se serait suicidé pour échapper à la folie qui menaçait de s’emparer de lui.

Après s’être rendu chez la famille de son ami, il est assailli de doutes compte tenu de ce qui s’y passe et des zones d’ombre relevées dans le passé de ce clan pour le moins singulier.

Accompagné de son épouse, il part en France sur les traces de la nourrice de Holmes.

Pendant ce temps, Wiggins se rend à Londres pour enquêter sur l’étonnante infirmière chargée de s’occuper de Holmes père.

Mais le médecin est un drôle de personnage, et Wiggins se retrouve malgré lui mêlé à un violent combat de rue en plein Whitechapel, provoqué par Parks.

Un combat de rue dans l’ombre duquel traîne un certain Mycroft Holmes…

Critique publiée sur Babelio  le 06/07/2012 :
Quatre ans, qu’il a fallu, avant qu’il ne sorte, ce tome trois !

« Quatre ans ! La grande guerre » comme se lamentait Louis De Funès dans « La grande vadrouille ».

Et vu que la série doit en comporter 9 (de tomes)…

Comme le disait l’ami Jean-Claude, au rythme d’un livre tous les quatre ans, je serai pensionné quand ils la termineront ! Moi aussi.

Mais cessons ces jérémiades et passons aux choses sérieuses : ce que j’en ai pensé.

Point de vue du graphisme, c’est magnifique. Une pureté dans le trait, dans les détails. Pas de visages mal faits, comme dans certaines autres bandes dessinées holmésiennes.

Toujours coloriée dans des tons « entre gris clairs et gris foncés » (gris acier pour les yeux de Holmes), cela donne une atmosphère bien spécifique à cette oeuvre, la rendant incomparable.

Bon, pour celui qui aime les tons chaleureux, c’est rappé. Mais si vous aimez les dessins exécutés de main de maître, je vous la recommande.

Les personnages sont bien travaillés et si le rythme est un peu lent, c’est sans doute parce que le scénariste veut que le lecteur s’imprègne de l’histoire, se vautre dans l’ambiance, pénètre dans le passé de Sherlock Holmes, se gorge des dialogues taillés au scalpel.

Parce qu’il veut que le lecteur doute en même temps que Watson, après avoir – qui sait ? – avalé des couleuvres.

A-t-on tout dit à Watson ? Ne lui a t-on pas raconté des carabistouilles ? Ou alors, est-ce Watson qui devient fou et imagine des choses ? Son compagnon était-il bien celui qu’il croyait être ? Fut-il tué par Moriarty lors de leur combat aux chutes de Reichenbach ou s’est-il suicidé ?

Malheureusement, si Watson a passé sept ans aux côtés de Holmes, il n’a jamais réussi à appliquer sa méthode, ni à devenir un esprit aussi brillant que lui.

Attention, Watson est loin d’être un imbécile, mais face à Holmes et à son esprit, il ne fait pas le poids. Nous non plus.

Le seul qui pourrait s’en sortir mieux, c’est le jeune Wiggins, qui lui, mène son enquête du côté d’un médecin un peu étrange qui pourra le renseigner sur la encore plus étrange garde-malade du père de Holmes.

D’ailleurs, dans cet album, nous verrons la rencontre « Holmes-Wiggins » quand celui-ci n’était encore qu’un gamin d’une petite dizaine d’années. Une réflexion de Wiggins avait surpris Holmes et pour le surprendre, fallait se lever tôt.

Si cet opus ne répond, pour le moment, à aucune de mes questions, le récit s’avère toujours aussi prenant et, dans ce troisième tome, il se dirige vers l’enquête à proprement dite. Plus que dans le deuxième.

Malgré tout, de nombreuses questions sont soulevées sans avoir de réponse pour le moment.

Le fait que Watson et Wiggins mènent leur enquête séparément est une bonne idée, cela donne du suspense au scénario. De la profondeur, aussi, tant il est travaillé.

A la fin de ma lecture, j’ai eu cette impression aussi fugace qu’un furoncle purulent mal placé que l’on aimerait bien que Watson ne poursuive pas son enquête…

Qui est cet homme mystérieux qui le suit, lui et son épouse ? Pourquoi diable veut-on l’empêcher d’interroger une personne ?

Nombreuses références aussi à la ville de Pau (où certains pasticheurs disent que Holmes a passé son enfance), au peintre Horace Vernet (le frère de la grand-mère de Holmes, ça, c’est canonique), au fait que Holmes se prénommait William (pas canonique).

Petit plus : un cahier graphique passionnant qui accompagne ce volume.

Un troisième album que j’ai eu plaisir à lire et dont j’espère que la suite ne se fera pas trop longtemps attendre…

 

Orcs & Gobelins – Tome 8 – Renifleur : Olivier Peru et Giovanni Lorusso

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 8 – Renifleur

Scénariste : Olivier Peru
Dessinateur : Giovanni Lorusso

Édition : Soleil (23/10/2019)

Résumé :
Le petit Renifleur aurait dû être un de ces gobelins sans histoire, sans destin. Une vermine dont la vie n’a de valeur pour personne.

Pourtant, après le massacre de sa famille, il est recueilli par le fils d’un seigneur. Le garçon veut dresser Renifleur en chien de chasse.

Ne dit-on pas que les gobelins possèdent un sacré flair ? Grandir ensemble fera naître des liens forts entre Renifleur et son maître.

Le gobelin sera-t-il un fidèle compagnon ou le chien le plus méchant du Nodrënn ?

Critique :
Quand on est un Gobelins pisteur, vaut mieux éviter de se choper un rhume qui mettrait à mal les capacités olfactives d’un nez pareil.

Pas de chance pour notre Gobelins, après que son clan ait élu domicile dans des grottes, un seigneur Homme les liquide pire que si c’était des cafards, car les cafards, on ne les torture pas.

Deux jeunes Gobelins deviennent des « animaux » de compagnie des deux fils du seigneur mais seul celui surnommé Renifleur survivra.

Considéré moins bien qu’un chien, il grandit dans une cage et est utilisé pour la chasse au gibier mais aussi à l’assassin.

Les humains se comportent comme des salopards avec le Gobelin, lui rappelant sans cesse qu’il est moins qu’un animal. Seul Nyrrad, son propriétaire, le traite correctement, même s’il ne veut jamais lui rendre sa liberté.

Noir c’est noir… Pas d’espoir, pas de morale, pas de happy end. Quand on rabaisse un être vivant plus bas que terre, faut pas s’étonner si un jour il montre les dents. Mais Renifleur ne les montre pas, ou si peu.

Dans les autres sagas de la série, on tendance à détester les Gobelins mais dans leur série, on leur trouve toujours un petit quelque chose qui fait qu’on les apprécie et Renifleur en fait partie. Il est le dernier de son clan, de sa race, il faut ce qu’on lui demande et ne lui donne même pas un « merci ». Oui, c’est un récit fort sombre.

Olivier Peru est un sadique de la pire espèce, un petit Machiavel et qu’il continue ainsi, car c’est là que ses histoires prennent tout leur goût. Non, je ne me suis pas faite avoir, je l’ai senti venir, mais j’aurais espéré une autre issue pour deux personnages (Nyrrad & Gallens) qui avaient un peu plus d’humanité que les autres.

Parfois, on crée sois-même ce qui nous fera trébucher. Faudrait réfléchir avant de rabaisser les autres car cette personne pourrait se montrer plus cruelle que ceux qui l’ont mise au sol.

Les dessins sont très agréables pour les yeux, heureusement car un bon scénario avec des moches dessins, ça la fout toujours mal.

Un bon album qui parle de noirceur humaine mais pas que…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°17].

 

Orcs & Gobelins – Tome 7 – Braagam : Nicolas Jarry et Stéphane Créty

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 7 – Braagam

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Stéphane Créty

Édition : Soleil (Août 2019)

Résumé :
Braagam a servi dans la compagnie du croc de fer pendant des années. Sur les champs de bataille il se faisait appeler « Bourreau » et sa lame était redoutée sur toutes les Terres d’Arran.

Aujourd’hui, c’est un vieil orc amer qui attend la mort en picolant avec ses anciens compagnons d’armes. Braagam cherche à se convaincre qu’il ne reste rien du mercenaire respecté et impitoyable qu’il a été, qu’ils n’ont partagé qu’une armure, rien de plus.

Mais ce qu’il ignore, c’est que « Bourreau » a une dernière promesse à honorer…

Critique :
Qu’est-ce qui est vert et qui pue au fond d’une cabane ? Non, ce n’est pas un chasseur mort, lui, il pue au fond d’un bois…

Alors ? Non ? Ben c’est un vieil Orc à la retraite ! Ça ronchonne, ça craque de partout, tout est coincé chez lui, ou à des fuites… Bref, les misères de l’âge.

Pourtant, lorsque Braagam était jeune, il était le Bourreau et il tranchait de l’Elfe ou du Nain sans soucis, dans la glorieuse légion du Croc de Fer.

Là, il est en guerre contre l’arthrose, l’arthrite, sa vessie, ses intestins et ce n’est plus lui qui gagne. Qu’est-ce qui pourrait allumer le feu qu’il avait avant dans sa grande carcasse de guerrier ? Entraîner une blue bite, le fils de son ancien pote de rang ?

Le scénario est conventionnel au possible et jusqu’au bout, il le fut ! Je n’ai rien contre une telle soupe, mais on me l’a déjà servie souvent et j’aurais aimé que l’auteur, pourtant pas le lapereau de l’année, ajoute quelques ingrédients pour me donner des émotions, de la révolte, pour m’amener là où je ne l’attendais pas.

Je ne pesterai pas sur Braagam, je l’ai adoré, ce vieil Orc bourru qui passe ses journées à se lamenter sur son sort. Il est bourré de défauts et à une âme assez noire car le coup de pute qu’il a fait à la veuve de son pote Coupe-Jarret, ça, il ne doit pas en être fier.

Mais rien dans ce récit ne vient foutre un coup d’adrénaline et j’ai même eu la désagréable sensation qu’on avait foiré un pan de l’histoire ou pris un raccourci un peu trop rapide.

Que Tarp, fils de chef et guerrier costaud veuille mettre la belle Sharog dans son pieu, on peut le comprendre, même s’il le fait à la manière d’un gros bourrin et qu’il méritait bien son pied dans le cul.

Que Azag, le frangin défende sa soeur, c’était dans l’ordre du normal, mais nom de Zeus, en arriver à ce stade là, alors qu’avant ils étaient potes, on se demande bien quel épisode on a raté pour qu’ils en arrivent ensuite à se taper dessus ??

Les Orcs ne sont pas réputés pour être des cerveaux, mais là, on dépasse tout les niveaux d’imbécillité juste pour le plaisir que tout se finisse dans un bain de sang et que chacun règle ses comptes puisqu’il ne doit en rester qu’un.

Comparé aux autres albums de la série Orcs & Gobelins, celui-ci est, pour moi, le moins bon, le plus conventionnel, sans surprise(s) et avec peu d’émotions.

Dracula, L’ordre des dragons – Tome 2 – Cauchemar Chtonien : Éric Corbeyran et Sofia Terzo

Titre : Dracula, L’ordre des dragons – Tome 2 – Cauchemar Chtonien

Scénariste : Éric Corbeyran
Dessinateurs : Sofia Terzo & Giulano Piccininno
Illustration couverture : Grzesiek Krysinski

Édition : Soleil (17/04/2013)

Résumé :
Les membres de L’Ordre des Dragons sont sur le pied de guerre, ils traquent Dracula sans relâche et tentent de percer son secret et découvrir quel traumatisme subi dans son enfance est à l’origine de sa folie meurtrière.

Van Helsing est toujours le prisonnier de Dracula, pour l’instant il est maintenu en vie.

Alors que Sir Conan Doyle, accompagné de chasseurs de vampire et de sa nièce Letizia, prépare une expédition pour le délivrer des geôles de Dracula, Lady Darmanson et Bram Stoker se rendent en Anatolie mener des recherches sur le passé de Dracula.

C’est grâce à la rencontre avec un vieillard aveugle qu’ils découvriront le cauchemar qui a hanté les nuits du jeune Vlad.

Critique :
Deux envies… La première est de faire « whahou » devant le bô Dracula et de hurler à la lune ma frustration car l’album est à suivre !

Par le pieu en bois de Van Helsing, le tome 3 n’est pas paru cela fait 7 ans que le tome 2 est publié.

Ça pue l’ail… Je sens que la fin, je vais pouvoir me l’enfoncer profond dans le cœur.

Maintenant que je sais exactement ce qu’il y a dans les fameuses grottes, maintenant que le combat contre Dracula est lancé à fond, la dernière case se termine sur du suspense mais nous ne saurons sans doute jamais ce qu’il y aura ensuite….

Cet album continue d’explorer ce qui a transformé le petit Vlad en horrible monstre sanguinaire et le scénario s’inspire des bons vieux films d’épouvante de la Hammer (les images en moins kitch) et d’autres compagnies ensuite (je ne suis pas calée dans les nouveaux films d’horreur).

Sans oublier le bô Dracula entouré de gonzesses nues comme dans le harem du sultan du Boukistan, une médium qui ne voit pas grand-chose (un comble) et des traîtrises qui font que l’on ne sait plus si on a affaire à un agent double ou triple.

L’album a du rythme, les dessins sont toujours agréables à l’œil, même si on a changé de dessinateur (et celui qui illustre la couverture est encore un autre), le scénario est intéressant, la revisite du mythe se poursuit et on ne manquera pas de cases qui font monter l’adrénaline lorsque notre équipe se fera attaquer par les créatures qui hantent le sous-sol.

Faute de tome 3 paru, il m’est impossible de savoir où la série comptait aller ensuite, comment les auteurs allaient la clôturer… Très frustrant pour le lecteur de ne pas avoir de suite à cette série car il reste comme un sentiment d’abandon.

Cet album N°2 n’est pas mauvais, il explore bien le mythe de Dracula, lui donnant des airs de Cthulhu avec des trucs cachés dans les profondeurs, il ne manque pas d’action, de rythme, de tout ce qui fait le sel de la grande aventure, même s’il donne parfois un peu l’impression de se disperser et de vouloir aller partout à la fois.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lectures N°10].

 

 

Les archives secrètes de Sherlock Holmes – Tome 3 – Les adorateurs de Kâli : Frédéric Marniquet & Philippe Chanoinat

Titre : Les archives secrètes de Sherlock Holmes – Tome 3 – Les adorateurs de Kâli

Scénariste : Philippe Chanoinat
Dessinateur : Frédéric Marniquet

Édition : 12 bis (14/02/2013)

Résumé :
Le Général Collingwood, ancien héros de l’Armée des Indes qui s’est illustré par sa fermeté lors de la révolte des Cipayes en 1857, est retrouvé mort, dans sa propriété du Norfolk. Sherlock Holmes et son indissociable compagnon, le docteur Watson, sont chargés de mener l’enquête.

La victime semble avoir été étranglée selon le mode opératoire des cruels guerriers Thugs, cette secte sensée avoir été éradiquée depuis fort longtemps en Inde. Le défunt avait reçu, juste avant sa fin tragique, un inquiétant message portant la marque de Kâli, déesse de la mort.

Comment expliquer ce crime improbable en plein cœur de l’Angleterre Victorienne ? Une éventuelle vengeance 32 ans après la mutinerie des Cipayes ?

Sherlock Holmes et John Watson vont devoir, pour les besoins de l’enquête, embarquer pour les Indes avec pour guide et compagnon le grand écrivain Rudyard Kipling.

Critique :
Voilà un récit qui sent bon le dépaysement total puisque de l’Angleterre, nous irons en Inde, en compagnie de Holmes, Watson et de Kipling, à la poursuite de mystérieux tueurs qui étranglent leur victimes tels des Thugs.

Mes remontrances iront aux phylactères (les bulles) qui ne sont pas toujours reliés au bons personnages…

Un homme âgé, chauve à qui un autre homme âgé, mais chevelu, donne du « Watson » me fis penser que le pauvre docteur n’avait pas été avantagé dans la vieillesse et que, bizarrement, dans l’album précédent, il avait le même âge mais des cheveux…

Alors que je me demandais par quelle malédiction de l’Oréal Kérastase ou de Pétrole Hahn, Watson avait vu ses cheveux filer, je compris, quelques cases plus loin, que le phylactère n’avait pas été dirigé vers le bon personnage.

Une autre grosse erreur, bien plus loin, a lieu entre Holmes et un frangin de maharadja : la couleur de la tenue du frère change en une seule case, passant du gris à du blanc, comme le déguisement de Holmes (mais en plus riche niveau accessoires) ou alors, une fois de plus, on s’est embrouillé en plus dans les dialogues !

Erreur phylactère ou erreur habit et position. C’est maharadja qui parle (vu le dialogue), avec la couleur des habits de Holmes !! Plus faute frappe dans la bulle…

Autre petit détail énervant, c’est la petite crolle que le dessinateur rajoute au-dessus des têtes des personnages, lorsqu’ils semblent sous le coup d’une émotion. Un peu, ça va, mais trop, ça devient aussi lourd que les petites gouttelettes en auréole au-dessus des têtes, pour simuler l’étonnement.

Mon dernier râlement sera pour les dessins, que je n’aime toujours pas (une histoire de goût) mais le problème n’est dans les dessins en général mais dans certains détails en particuliers, dont les yeux et les dents, qui, parfois, font loucher les personnages ou leur donne un air débilitant.

Le sourire, tout en dent, bizarre et peu estétique

Holmes, avec ombre du nez qui fait comme une moustache, plus les yeux dont l’un semble vouloir partir vers le haut…

Anybref, malgré ces bémols qui ne devraient pas arriver dans une bédé (j’ai vu aussi une grosse faute d’accord), le reste est correct, même si on part un peu dans tous les sens.

On commence en 1857 au fort de Chandrapur, en Inde puis on passe en 1917, dans le Pas-De-Calais, en plein dans la Première Guerre Mondiale, avec Watson en médecin pour les militaires blessés avant de repartir en Inde, en 1889, aux travers des souvenirs de Watson et de l’enquête que Holmes mena là-bas, après l’avoir commencée en Angleterre, dans le Norfolk, tout de suite après avoir résolu l’affaire de la Ligue des Rouquins (vous avez le final dans la bédé).

Que votre passeport soit en règle, on voyagera dans le temps et dans l’espace. N’oubliez pas votre arme à feu, elle sera plus que nécessaire.

Il y avait du bon dans cette enquête, mais on en ressort avec la même impression que lorsqu’on a trop mangé : on est ballonné et incapable de se souvenir de tous les plats engloutis.

Ici, c’est la même chose… Entre les prémices de la révolte des Cipayes, Watson qui est à la guerre, qui repense à l’affaire, ce qui se déroule en Inde, le final de La Ligue des Rouquins, dont nous aurions pu nous passer, sauf à vouloir meubler…

Une fois arrivé à la dernière page de l’album, on doit réfléchir pour rassembler tout ce qu’on a lu et vu afin de se refaire le film de l’histoire, sans les détails parasites.

Ce n’est pas le pire, ce ne sera pas le meilleur, mais malgré tout, pas vraiment conquise par ce tome 3 qui donne l’impression que la série est en dent de scie depuis le début, avec des très bas, des plus haut, des bas… Et le tome 4, ça donnera quoi ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lectures N°08].

PS : je ne sais pas si c’est moi qui me fait des idées ou si c’est voulu, mais un personnage a des airs de l’acteur David Niven et un domestique m’a fait penser à Christopher Lee âgé.

David Niven ?

Une autre scène de l’album est aussi un copié-collé d’une scène de la Granada, dans « L’école du prieuré – The Priory School (Saison 2 – Épisode 6).

Dracula, L’ordre des dragons – Tome 1 – L’enfance d’un monstre : Serge Fino et Éric Corbeyran

Titre : Dracula, L’ordre des dragons – Tome 1 – L’enfance d’un monstre

Scénariste : Éric Corbeyran
Dessinateur : Serge Fino

Édition : Soleil 1800 (24/08/2011)

Résumé :
Juin 1899, Venise. Des crimes sanglants secouent la ville depuis maintenant plusieurs semaines.Les corps des victimes sont retrouvés vidés intégralement de leur sang. La medium Letizia Giordano, nièce du célèbre Arthur Conan Doyle, prête main-forte à une police totalement impuissante.

Letizia ne peut résoudre cette affaire seule, elle décide donc de se rendre à Londres auprès de son oncle.

Aux côtés de personnages illustres tels que Van Helsing, Lady Darmanson ou encore Bram Stocker, elle se lance à la poursuite du monstre. Ils connaissent son identité : Vlad Tepes plus connu sous le nom de Dracula.

La traque aux quatre coins du globe commence et tous s’interrogent : que s’est-il passé dans l’enfance de Dracula au XVe siècle pour qu’il soit devenu le monstre assoiffé de sang d’aujourd’hui ?

Critique :
Dracula, les vampires, c’est un mythe qu’on a vu et revu, mis à toutes les sauces, même en version girly…

Pouvait-on faire du neuf avec une légende aussi ancienne ? Quelque chose concernant les vampires n’avait-il pas encore été écrit ? Difficile d’innover.

Pourtant, cette bédé réussi à innover un peu sans pour autant casser les codes du vampirisme.

Comme en cuisine, on revisite la recette, on ajoute des éléments, on pimente un peu mais la base reste la même : un suceur de sang célèbre (non, pas l’impôt) et des personnages réels avec de ceux de fiction : Conan Doyle, Bram Stocker et Van Helsing.

Un Van Helsing qui ressemble furieusement à un Hugh Jackman en version « je fais grève de rasage » ou « pilosité exacerbée au visage car la pleine lune approche »… Au choix. Un Hugh Jackman en Wolverine, si vous préférez.

Comme souvent dans la collection « 1800 » des éditions Soleil, les dessins sont réalistes, le graphisme est soigné, les couleurs dans des tons beiges/bruns chauds.

Ce premier tome explore un peu l’enfance de Vlad car d’un enfant joyeux et bagarreur, joueur, il est devenu taciturne, en proie à des cauchemars et ensuite, un monstre assoiffé de sang. Explorer son enfance aidera à comprendre comment le vaincre, d’après un certain Sigmund Freud.

Vaincre l’Homme sous le vampire, ça change des chasses habituelles et du roman de Stocker.

On voyage, puisque l’on passera de l’Anatolie de l’ouest à Venise où ont lieu des crimes laissant les victimes exsangue, puis à Londres, dans l’Ordre du Dragon où nos chasseurs de vampires ont leur siège.

Sans pour autant revisiter le mythe de fond en comble, l’auteur nous propose une autre vision où se mélange les personnages réels et fictifs, les vampires, Dracula, Vlad Dracul et d’autres trucs pas très ragoûtant. Si les ingrédients de base sont présents, on change de méthode de cuisson et on ajoute des éléments.

On ne révolutionnera pas le mythe, mais ce premier album promet de belles choses qui, je l’espère, se concrétiseront dans le tome 2 qui devrait clore ce diptyque puisque je n’ai pas vu de tome 3 sur le Net…

Une fois de plus, je viens de faire une chouette découverte avec cet album dont j’avais loupé totalement la sortie en 2011 (on ne peut pas tout suivre non plus…).

PS : tiens, Bram Stocker, il n’était pas roux ? Si… Parce que là, il est blond !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lectures N°07].

Special Branch – Tome 4 – Londres rouge : Roger Seiter et Hamo

Titre : Special Branch – Tome 4 – Londres rouge

Scénariste : Roger Seiter
Dessinateur : Hamo

Édition : Glénat (08/01/2014)

Résumé :
Printemps 1892, Buffalo Bill et toute la troupe du Wild West Show débarquent à Londres pour plusieurs représentations. Charlotte et Robin Molton font partie des quelques privilégiés à avoir reçu une invitation pour le spectacle.

Mais leur plaisir sera de courte durée : un officier anglais, le capitaine James Paterson, est retrouvé mort transpercé d’une flèche Lakota et c’est évidemment l’un des Sioux de la troupe de Buffalo Bill qui est d’abord suspecté.

Mais les membres de la Special Branch ont suffisamment d’expérience pour savoir que, lorsqu’il s’agit d’un meurtre, il ne faut jamais se fier aux apparences…

Critique :
Hé ho, faudrait se remuer un peu le cul, à la Special Branch parce que là, ce sont les autres qui font le job à votre place.

James Paterson, un américain richissime, est retrouvé tué dans les écuries du Wild West Show, cloué au sol par une flèche et scalpé.

Les indices sont gros comme une maison et on retrouve même le scalp de Paterson dans le carquois d’un Lakota nommé Black Elk.

C’est bien l’une de ses flèches qui épinglait le cadavre au sol. Bref, une grosse flèche rouge désigne ce Lakota qui, en plus, a disparu. Pour moi, ça pue le coup fourré.

Heureusement que Buffalo Bill est un peu plus éveillé que les autres et leur fait comprendre que Black Elk est un Indien qui a un cerveau et que jamais de sa vie il ne laisserait autant de traces derrière lui.

La Special Branch le suit mais sans l’intervention de Lord Launceston, leur ami qui a intégré la Special Branch aussi et surtout, sans l’aide d’un gang adverse, jamais ils n’auraient trouvé les exécuteurs.

Quand au commanditaire, je l’ai trouvé de suite sans même chercher midi à quatorze heures. Trop facile.

Autant la première enquête avait pris son temps, était montée en intensité, autant celle-ci est trop dans la précipitation et le coup de pouce du destin. Là, c’est même plus que du gros coup de pouce…

Moi, à leur place, j’aurais été jouer à l’Euro Million tant la chance était de leur côté. Ou alors, tout le monde était cocu, vu la chance dont ils ont bénéficié…

Au rayon des autres bémols, je reparlerai des chevaux dessinés d’une manière pas très élégante, le pire étant pour les chevaux des Indiens dans le Wild West Show qui ont des têtes tellement épaisses et un gabarit tellement large qu’on dirait des chevaux de trait.

Dommage que ce tome soit trop dans la précipitation, que le coupable soit si facilement identifiable et que, sans aide extérieure du gang des Bambous Verts, nos enquêteurs de la Special Branch n’auraient jamais retrouvés les exécuteurs (et Black Elk non plus n’aurais pas retrouvé ces hommes).

Malgré tout, j’ai apprécié ma lecture et la découverte de cette série.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lectures N°05].

Le magicien de Whitechapel – Tome 2 – Vivre pour l’éternité : André Benn

Titre : Le magicien de Whitechapel – Tome 2 – Vivre pour l’éternité

Scénariste : André Benn
Dessinateur : André Benn

Édition : Dargaud (2015)

Résumé :
Dans ce tome 2, l’illusionniste Jerrold Piccobello a les meilleurs tours dans son sac : l’immortalité et la compagnie du Diable !

Voyages en Europe par les chemins des cimetières, répétitions dans la chambre 69 des Enfers et, clou du spectacle, représentation à l’occasion du Jubilé de la Reine Victoria !

Mais chaque pièce a son revers, même si elle est truquée, et le maître des illusions sera toujours le Diable…

Critique :
Lorsque j’avais lu le premier tome, en juin 2019, ma curiosité avait été titillée et même si je n’avais pas d’affinités pour les dessins, je voulais lire la suite afin de savoir. J’ai mis un an à le faire.

Là, pour ma chronique, je suis bien embêtée car j’ai trouvé le scénario plat, qui partait dans tous les sens et l’immortalité de Jerod rend le récit sans suspense.

Effectivement, lorsqu’après un pacte avec le diable vous devenez immortel, faut se creuser la tête pour éviter de tourner en rond dans le récit.

Pourtant, lorsque j’ai lu les premières planches, même si je ne suis toujours pas fan des dessins, la suite me plaisait.

Jerod Piccobello testait son immortalité, découvrait, en compagnie du Diable, les raccourcis via les galeries souterraines de cimetières et jouait cinq lignes à une demi-mondaine. Et puis, c’est parti en… En ce que vous voulez !

L’épisode de Jerod et de sa poule, en Enfer, en compagnie de toutes les maîtresses du Diable est d’un goût limite et n’apporte rien à l’histoire. Entre nous, je me fiche de connaître les pratiques sexuelles du Diable, la taille de sa queue et sa dureté.

Quand au spectacle final pour le jubilé de Victoria, j’ai trouvé ça glauque.

Le tome 3 ne mettra pas un an à être lu, il ne le sera jamais, c’est encore plus simple. Rien ne justifie que j’aille au-delà de ce tome.

La série « Lincoln » parlait elle aussi d’immortalité, mais elle était drôle et n’a jamais tourné en rond comme ici.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°293.

 

 

 

Special Branch – Tome 3 – L’éveil du Léviathan : Roger Seiter et Hamo

Titre : Special Branch – Tome 3 – L’éveil du Léviathan

Scénariste : Roger Seiter
Dessinateur : Hamo

Édition : Glénat Grafica (2012)

Résumé :
Le filet se resserre autour de l’amiral Cavanagh : l’enquête menée par Charlotte et Robin Molton les ramène sans cesse à cet homme dont on a retrouvé la photo sur la momie du West Eastern.

Mais lorsque Cavanagh est assassiné à son tour, le doute s’installe : quelqu’un de plus important qu’un amiral tirerait-il les ficelles ? Il faut que cette personne ait gros à perdre pour commanditer des assassinats et dissimuler les preuves d’un forfait commis il y a plus de vingt ans…

Critique :
Enfin j’allais savoir ! Tout savoir… Surtout vérifier si j’avais bien déduis que… Bingo, j’avais bien vu.

Attention, pas de précipitation, pour la résolution, le scénariste a pris le temps avant de nous mener à la résolution et au moins, elle n’est pas simpliste, même si les mobiles sont vieux comme le Monde (en même temps, il n’en existe pas de nouveaux, c’est toujours les mêmes).

La toile d’araignée dans laquelle nos enquêteurs s’étaient empêtrés commençait à casser de partout et les pauvres voyaient les fils remontés mener à des impasses, jusqu’à ce que…

Les dessins dans le style aquarelle est toujours agréable pour les yeux, hormis les dessins des chevaux, que je trouve mal esquissé, mais c’est une question de goût.

Les ramifications de cette vieille enquête étaient nombreuses et il n’était pas facile de résoudre ce cold case puisque bien des pistes menaient à des cul-de-sac ou pire, à une interdiction d’enquêter car la personne suspectée était assise plus haut que son cul…

Heureusement que Robin et Charlotte Molton, nos enquêteurs scientifiques, peuvent compter – sans le savoir – sur un ami à eux qui lui pouvait jouer les Sherlock Holmes puisque non assujetti à la Special Branch et donc libre d’enquêter où il le voulait, lui.

Au final, cette bédé est une belle découverte, avec une histoire et des personnages réalistes, crédibles.

L’enquête a mis trois tomes à être résolue, mais il était important de pouvoir développer tout, d’approfondir un peu les personnages, de planter les décors et surtout, de ne pas donner l’impression qu’on résolvait l’affaire en deux coups de cuillère à pot.

Je n’aime pas les résolution précipitée où l’on balance le tout dans les derniers cases, en vitesse, avant de mettre le mot « Fin » en bas de page. Ici, on piétine d’abord, on remonte des pistes froides ou de celles qui nous claquent dans les mains, et puis, au fur et à mesure, l’intrigue prend de l’intensité et de la densité.

Mon seul bémol sera pour les personnages que j’aurais aimé connaître un peu, que l’auteur leur donne plus d’épaisseur et que le dessinateur donne aussi plus de rythme aux découpages des scènes. On a souvent l’impression que tout est figé, même si, ensuite, cela va mieux et on découvre plus de tonicité dans les cases.

Il me reste le tome 4 à lire, avec une nouvelle enquête qui, je l’espère, sera aussi passionnante que celle-ci (mais elle ne sera qu’en un seul tome).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°292).