Montana – Une aventure de Tex : Gianfranco Manfredi & Giulio De Vita

Titre : Montana

Scénariste : Gianfranco Manfredi
Dessinateur : Giulio De Vita

Édition : Le Lombard (avril 2018)

Résumé :
En route pour rendre visite à un ami, Tex Willer découvre les lieux d’un carnage. Une tribu indienne au complet a été massacrée par le redoutable Tirrell et ses hommes de main, trafiquants de fourrure.

Refusant de laisser un tel crime impuni, Tex décide de les traquer.

Critique :
Ceci est un véritable western, il en a la couleur et le goût, avec même un goût de l’enfance lorsque je dévorais les petits périodiques « Rodeo » que je trouvais au kilo, dans les brocantes (mais jamais dans l’ordre, bordel de dieu).

Vous savez, ces petits magazines en noir et blanc, bourré de p’tits Mickeys et datant de la génération précédente, celle de nos parents.

J’avais un faible pour les western (pas qu’eux, mais ceci n’est pas le sujet).

Tex Willer, j’ai dû lire ses aventures dans un de mes nombreux « Rodeo » et si ce n’était pas lui, c’était un héros lui ressemblant comme deux balles d’un même révolver.

Tex est un cow-boy sans peur et sans reproches, aussi habile de ses six-coups que Lucky Luke (Tex est de 48, Luke de 46), toujours prêt à aider les gens « bien » et à faire justice lui-même.

Dès ouverture de la bédé, j’ai été conquise par le dessin : que ce soit pour les paysages désertiques du Montana ou pour les personnages, le trait est précis et nous ne sommes pas dans de la bédé « gros nez ».

Les paysages sont magnifiques, grandioses, battus par les vent et lorsque tombera la neige (non, Adamo, ne chante pas dans nos têtes), cela deviendra encore plus majestueux. Tout est blanc de désespoir, triste certitude, le froid et l’absence, cet odieux silence, blanche solitude ♫ (pas pu m’en empêcher !)

L’histoire est assez classique : des salopards d’Hommes Blancs ont massacré des Indiens, afin de les voler, autrement dit, du grand classique qui existe toujours dans la réalité, avec d’autres personnages. L’Homme est envieux, c’est bien connu.

On a beau avoir la couleur dans cette bédé, j’ai vraiment eu l’impression de replonger dans ces petits formats que je dévorais à l’époque : l’ambiance y était la même, le héros sans peur, ses amis de véritables amis, même si ici son pote est un peu lourd, voleur et couillon. Quant aux Méchants, et bien, ils l’étaient de manière unilatérale sans que rien ne vienne plaider pour eux.

C’est là que mon bémol va se pointer pour se ficher dans l’album comme un furoncle mal placé : cette histoire aurait mérité d’être publiée sur deux albums afin de creuser un peu plus les personnages, surtout celui du Méchant qui puait le manichéisme comme on sent le fauve après une chevauchée de 30 jours sans prendre un bain.

Un peu de nuance n’aurait pas fait de tort au type. Je ne dis pas qu’il faut lui trouver des circonstances atténuantes pour les massacres qu’il commet, mais on aurait pu l’étoffer un peu, cela aurait donné plus de profondeur à l’histoire.

Maintenant, dans leur hommage au personnage de Tex Willer, je ne sais pas si les auteurs ont voulu respecter le cahier des charges de ce qui se faisait à l’époque, avec des méchants pu ou pas développés et un manichéisme assumé.

Si c’est le cas, l’album s’inscrit donc dans ce qui était traditionnel pour ces petits formats de l’époque. Par contre, si leur but était de changer un peu l’original, là, ils ont loupé un truc avec les Méchants.

N’allez pas croire que je n’ai pas aimé ma lecture ! J’ai dévoré l’album, qui a eu un goût de trop peu, et 20 pages de plus ne m’aurait pas dérangé.

D’ailleurs, si les auteurs ont la bonne idée de poursuivre les aventures de Tex, je serai de la partie, juchée sur mon fidèle divan, afin de les lire confortablement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Mais ? Il a piqué la tenue de Lucky Luke, le Tex Willer !

Oh, un de mes petits albums !

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Gil Jourdan – Tome 10 – Le Chinois à 2 roues : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 10 – Le Chinois à 2 roues

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1967)

Résumé :
Se reposant de trépidantes aventures, Gil Jourdan est approché par un commerçant chinois.

Monsieur deux roues est en effet un homme fort préoccupé. Il a le monopole de vente de scooters en Chine et ô malheur, doit faire face à des importateurs parallèles faisant passer en fraude des scooters par le Wijang, soit le bout de la Chine, proche de l’Inde.

Gil Jourdan accompagné de ses deux fidèles compères part donc enquêter. Parce que Monsieur deux roues en dépit de toute son influence, est incapable de faire arrêter ce trafic qui vient contrarier son ô combien confortable monopole.

La Chine, c’est grand, y compris pour les douaniers. Voici donc le détective privé français en train de combattre des contrebandiers dans les montagnes de Chine.

Critique :
Ils sont arrivés à pied de la Chine… Et cassez-vous les méninges avec cette contrepèterie offerte.

Bon, nos amis auraient mieux fait de prévoir des parapluies, des K-Way et ne pas partir en costumes cravates pour leur enquête en Chine qui aura tout d’un « Salaire de la peur » ou de « La course de la mort » dans certaines portions de route.

Et oui, nos amis vont en baver, et surtout en être tout trempé à cause des conditions météo : de la pluie, de la pluie, de la flotte, de la drache que même chez nous, en Belgique, il ne tombe pas autant de cordes et de hallebardes !

De nouveau un festival de bons mots en tout genre, de dialogues croustillants, de personnages drôles, même dans les méchants (surtout dans les méchants), de situations critiques dont on se demande s’ils vont arriver à s’en sortir.

Je ne sais pas si Tillieux s’était renseigné sur le paysage des contrées un peu perdues de la Chine, mais ses dessins font honneur aux décors et l’ambiance est polardeuse à souhait avec cette enquête sur le trafic de scooter.

Pas de temps mort, pas le temps de se reposer, dès la première case, Tillieux nous présente un camion jaune qui brinqueballe dans la boue, sous la pluie et les cases suivantes, nous retrouvons notre trio sous le soleil, à la terrasse d’un café.

On est accroché, on se demande comment on a fait pour passer de la terrasse du café sous le soleil à la côte boueuse qui précédait ces cases.

Une enquête bourrée de rebondissements, d’action, de flotte, de bons mots jubilatoires, de situations cocasses, de courses-poursuites, de pièges en tout genre, de baffes et de trafiquants de tout poil.

Moi, j’adore.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).

Gil Jourdan – Tome 5 – L’enfer de Xique-Xique : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 5 – L’enfer de Xique-Xique

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1962)

Résumé :
René Cambon se présente à l’agence Gil Jourdan, persuadé que son frère Jean, chercheur dans l’armement aurait été enlevé par la république sud-américaine de Massacara pour le forcer à mettre au point une arme nouvelle.

Sachant que son frère refusera de collaborer, René craint qu’il ne soit en grand danger. Gil accepte de l’aider.

Ils se rendent dans ce pays, mais espionnés depuis Paris, leur arrivée est attendue et un piège leur est tendu pour les condamner au bagne pour espionnage.

Mais Gil Jourdan est déterminé à s’évader, d’autant plus qu’au bagne, il retrouve le fameux Jean Cambon.

Critique :
Si je ne devais garder qu’un seul album de la collection, c’est celui-ci qui aurait tous les honneurs tant il est excellentissime au niveau des dialogues, des jeux de mots, des situations absurdes.

De plus, niveau dépaysement, on est servi puisque Jourdan et Libellule vont aller enquêter dans une petite république bananière d’Amérique du Sud, qui a tout de la dictature.

Évidemment, puisque nous sommes dans de la bédé et que la censure censurait, la dictature est présentée de manière drôle, à la limite de la bouffonnerie, mais si on gratte un peu sous le vernis des éclats de rire et des imbécilités de l’armée, on retrouve ce qui fait la signature d’une dictature.

Fausses preuves, prison au milieu du désert dont on ne s’évade jamais, prisonniers qui sont plus politiques que criminels, gardiens de prison bêtes et méchants, bouffe infâme, travail à la chaine dans des conditions de travail indigne et inhumaine.

Mais pas de panique, les petits enfants peuvent la lire, puisqu’ils la verront au premier degré, eux.

Moi, je ne me suis toujours pas remise du dialogue entre son excellence et son sous-fifre :

— Puisqu’ils savent que nous savons qu’ils savent que nous savons, nous pourrions…
— Ouvrir une savonnerie.
— Une savonnerie, excellence ?
— Avec tous vos savons, ça doit être facile.
— Ahaha, c’est la meilleure de la république !

À chaque relecture, je savoure une fois de plus les bons mots, je les fais rouler sur ma langue, je les déguste lentement et je me marre, une fois de plus !

Bon, les puristes diront que ce que fera Jourdan est impossible, qu’il a eu trop de veine, que tout ça était un peu trop bien goupillé pour être réaliste, mais on s’en fout ! Nous sommes dans de la bédé et les héros ne meurent pas.

Tillieux au sommet de son art niveau dialogues, mais pas de panique, il en gardera sous le coude pour les prochaines, dont « Le gant à trois doigts » et « Le Chinois à deux roues ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).

Gil Jourdan – Tome 2 – Popaïne et vieux tableaux : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 2 – Popaïne et vieux tableaux

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1959)

Résumé :
Après avoir découvert à Gênes le point de départ du trafic de Popaïne vers la France, Gil Jourdan aidé par sa fidèle secrétaire Queue-de-Cerise, fait suivre la cargaison pour connaître leur destination exacte.

S’engage alors une infiltration dans un château de la banlieue parisienne où Gil et Libellule vont tenter de mettre la main sur le livre de comptes du chef de ce réseau de trafiquants.

Critique :
Comme je vous l’avais appris dans la chronique de l’album précédent, en ce temps là (années 50-60), la censure était sévère et il était malvenu de parler de cocaïne aux jeunes lecteurs de l’hebdomadaire Spirou et donc, Tillieux dut changer le nom de cette drogue en popaïne, ce qui fait moins sérieux, je vous l’avoue.

Malgré tout, cette enquête a du peps, de l’humour, du mystère et de l’action. What’else, je vous le demande ?

Voilà nos deux amis, Jourdan et Libellule, s’embarquant pour Gênes afin de trouver comment la popaïne entre en France.

Mais, n’oublions pas que l’inspecteur Croûton est toujours vachement fâché de s’être fait doubler par Jourdan déguisé en taximan et qu’il a été la risée de la police de s’être fait souffler son prisonnier de la sorte.

Le voici donc muté aux stupéfiants (lui qui ne l’est pas, stupéfiant) et envoyé en mission à Gênes aussi. Où il y a Gênes, il y a du plaisir et cela va donner quelques bons gags lorsque nos deux amis croiseront la route de l’inspecteur sur les quais d’embarquement.

C’est une véritable enquête doublée d’une filature en bonne et due forme qui se trouvera au cœur de cet album, le second des aventures de Gil Jourdan et de sa fine équipe.

Une fois de plus, les dialogues sont savoureux, aux petits oignons, Libellule a toujours un rire aussi bête que bruyant et notre inspecteur va encore s’en prendre plein la gueule pour pas un balle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).

Gil Jourdan – Tome 1 – Libellule s’évade : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 1 – Libellule s’évade

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1959)

Résumé :
Gil Jourdan, tout jeune licencié en droit et travaillant pour son propre compte se donne six mois pour mettre la main sur une bande de trafiquants de popaïne.

Pour cela, il organise l’évasion d’André Papignolles dit « Libellule » dont il souhaite s’adjoindre les talents de serrurier. Mais la tâche ne s’annonce pas pas facile avec l’inspecteur Crouton qui ne les lâchera pas d’une semelle…

Critique :
Les enquêtes de Gil Jourdan sont, pour moi, un régal à lire ! Un plaisir de fin gourmet pour qui aime les ambiances à la Maigret, le tout avec des dialogues n’ayant rien à envier à Audiard, sans oublier une sacrée dose d’humour.

Gil Jourdan est un détective assez froid, méticuleux, précis, n’hésitant pas à se rendre complice de l’évasion du cambrioleur aux doigts de fée surnommé Libellule et, pour cela, à défier l’inspecteur Croûton, le flic le plus bête de France, mais aussi tenace qu’une tique sur le dos d’un chien.

— A la moindre velléité de fuite, je tire !
— Si c’est moi que vous visez, je ne risque rien !

Ayant toujours apprécié ce détective découvert dans des vieux Spirou, je m’étais offerte, il y a de ça un certain temps, les intégrales de ses aventures. Il n’y a jamais de mal à se faire du bien, je trouve, et donc, pour me continuer à éprouver du plaisir, je me  les relis toutes les 6 régulièrement.

Dans cette première intégrale intitulée « Premières aventures », juste avant l’album de « Libellule s’évade », nous avons « La poursuite » qui, en quelques pages, nous met déjà en présence de l’inspecteur à la grosse moustache rousse, ainsi qu’au talentueux Libellule, ouvreur de coffre-fort de son état.

— Dites, inspecteur ? Il y a un taxi qui nous suit depuis un petit moment… Si vos pieds ont un cœur, ils auront pitié des miens.

L’ambiance est donné d’entrée de jeu, niveau scénario, Tillieux n’est pas un manche et niveau dialogues percutants, il sait y faire, un peu à la manière d’un Goscinny, il dégaine les répliques et truffe ses dialogues de bons mots, sans oublier de parsemer le tout du rire horrible de Libellule.

(L’inspecteur Crouton remercie chaleureusement le détective du « Splendid Hotel » qui vient de le renseigner sur le cambrioleur nommé Libellule) :
— Merci, mon vieux ! Payez-vous un verre à ma santé, vous l’avez mérité ! Et vous ne le boirez pas seul… Antoine, deux calvas sur le compte de monsieur, et le téléphone.
(Le détective, estomaqué que l’inspecteur lui offre un verre sur son compte et s’en offre un lui-même) :
— Prends un aussi, Antoine, comme ça nous serons deux à subir la générosité de monsieur !!!

Des bons mots, donc, une enquête, une évasion, un jeune licencié en droit qui se donne 6 mois pour se faire un nom et qui commence déjà sa carrière par une folie en faisant évader Libellule, au nez à la grosse moustache de l’inspecteur Croûton.

— Et cette moustache ! On devrait faire des lois qui interdisent des moustaches pareilles ! 

Lire un Gil Jourdan, c’est plonger dans des ambiances rétros, qui fleurent bon les vieux polars de papa, le tout avec des dialogues savoureux, drôles, hilarants, et des situations cocasses, le tout sans violence, puisqu’à cette époque, l’éditeur Charles Dupuis veillait et la censure aussi.

Ce qui donne une secrétaire avec les cheveux courts, pas féminine pour un sous, sans poitrine et sans sex-appeal. De plus, jamais l’auteur ne pourra pas parler de trafiquant de « cocaïne », et devra donc inventer un autre mot et voilà pourquoi nos deux amis, le détective et le cambrioleur, se mettront sur les traces de trafiquants de popaïne dans l’album suivant.

Moi, Gil Jourdan, j’adore ! En plus, son auteur est Belge, une fois.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).

 

Tif et Tondu – Tome 20 – Les Ressuscités : Maurice Tillieux & Will

Titre : Tif et Tondu – Tome 20 – Les Ressuscités

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Will

Édition : Dupuis (1973)

Résumé :
Perdus en pleine Bretagne, accompagnés d’un représentant en savonnette, Tif et Tondu arrivent dans un petit village (Kermez Er Oïc) où ils sont accueillis… plutôt froidement.

La population a peur d’eux, on leur jette des seaux d’eau à la figure, quand on ne les menace pas avec une carabine. Ils trouvent finalement refuge chez une vieille dame, qui leur explique la situation.

Dans ce village, depuis quelques semaines, on a peur des étrangers. Depuis que les morts ne sont plus vraiment morts. En effet, les deux derniers défunts du village ont tendance à se promener la nuit dans les rues.

Critique :
— * Voix de Béatrice de Montmirail* Vous avez mangé du Goscinny ce matin, monsieur Tillieux ? Oui ? C’est très bien, continuez ainsi et apportez votre zeste d’humour à la Gil Jourdan dans les Tif et Tondu. L’humour et les bons mots apportent toujours un petit plus.

Dans le tome 18, nous avions des pendus fantômes ou des fendus pantômes, si on repense au commissaire Juve (Fantômas contre Scotland Yard)…

Et bien, dans le tome 20, nous serons face à des morts qui sortent de la tombe, tel Jésus, même s’ils ne respectent pas toujours les trois jours de délai officiel.

Alors après, on s’étonne que les habitants de ce bled perdu qu’est Kermez Er Oïc, dans le Morbihan, accueillent les étrangers à coups de seaux d’eau ou de carabine.

C’est qu’il s’en passe des choses bizarres au cimetière, la nuit, on voit des ombres passer près des tombes….

Tif, Tondu et Dupont, un représentant en savonnettes, ont trouvé refuge chez une vieille dame du village et elle est catégorique : elle a reconnu les visages de la vieille Kelmaleur et du père Caradec, décédés depuis peu, sur les fantômes.

— Le soir, la lande bretonne a un petit air sinistre, on s’y attend toujours à y voir danser les korrigans et autres farfadets.

Tillieux, le scénariste de talent de la série Gil Jourdan a déployé son humour bien reconnaissable, sortant les bons mots et les situations à répétition, comme le fait de tenter d’assommer, par tous les moyens, une grosse brute épaisse qui a des charançons dans la tête et qui répétera, tout le long de l’aventure que « sont vraiment pas gentils ces gars là » en parlant de nos deux enquêteurs.

— Faut vraiment être méchant pour n’être pas gentil à ce point-là ! Le patron a beau dire que j’ai des charançons dans le haricot, n’empêche que je suis parfaitement capable de comprendre que ces gars-là ne sont pas gentils. Je fais le fantôme, moi, la nuit… Je ne suis pas n’importe qui… Faut être gentil avec moi… Ben tiens !

— La panne ! Une durite sautée. Plus une goutte d’eau. Ça c’est le bouquet ! Une voiture toute neuve !
— Oh, vous savez, la vapeur n’attend pas le nombre d’années.
— Très drôle ! Maintenant, nous serons trois à faire de la marche à pied.
— J’en ai peur, ce n’est pas passant par ici. Le pied est encore la meilleure des mesures à prendre.

Bourré d’action, de mystère, de suspense, ce tome brille aussi par son humour et pas ses situations rocambolesques et le comique de répétition.

Il faut dire que Dupont, le représentant de savonnettes Savon-Net qui rend propre et net, est un personnage à lui tout seul et niveau imbécilités ou jeux de mots foireux, il n’a rien à envier à Tif.

Si ce dernier fera moins l’andouille que d’habitude, ce n’est pas pour cela qu’il sera en retrait, comme il l’était dans le tome 18 (Le roc maudit) et lui aussi aura droit à quelques bons mots savamment placés.

— On n’a jamais assommé un type autant de fois en si peu de temps.
— Je te promets de faire homologuer ce record !

Une bande dessinée que je relis encore et toujours avec le même plaisir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

Les maîtres inquisiteurs – Tome 8 – Synillia : Sylvain Cordurié & Elia Bonetti

Titre : Les maîtres inquisiteurs – Tome 8 – Synillia

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Elia Bonetti
Couleurs : Digikore Studios

Édition : Soleil (24/01/2018)

Résumé :
Des prêtres ont été massacrés dans le monastère de Kandvost. Synillia, une non mage élevée au rang de Maître Inquisiteur, part mener l’enquête.

Si elle ne possède pas de pouvoir, elle compense ce manque par son intelligence et ses qualités d’épéiste. Elle peut aussi compter sur Eldeween, l’elfe avec qui elle forme un duo efficace.

Efficace, il faudra l’être face au meurtrier qui semble disposer de pouvoirs. Il n’attendait que l’arrivée de Synillia et Eldeween pour se livrer à un jeu de piste mortel.

Critique :
C’est dans le Lanfeust Mag que j’ai découvert la saga des Maîtres Inquisiteurs, sur le tard, donc, ce qui fait que j’ai pris le train en cours de route.

Comme j’ai aimé le peu de l’univers que j’ai découvert dans le tome 7, j’ai décidé de découvrir l’entièreté de cette série.

Et comme l’occasion fait le larron, j’ai sauté sur le tome 8 avant de me faire ceux de la saison 1.

Un grand mystère plane : des moines d’un monastère ont tous été sauvagement assassiné et pour  résoudre ces meurtres horribles, le roi du Kardunn fait appel aux Maîtres Inquisiteurs.

Ça lui fait déjà mal au bide de faire appel à eux, mais ça va le faire bisquer de voir débarquer deux donzelles : Synillia, qui n’a rien d’un mage (contrairement à ses collègues masculins – pas de pouvoir magique, donc), qui est très intelligente, qui sait se battre à l’épée, et qui, en plus, est bouffie d’orgueil, prétentieuse, butée comme deux ânes, prompte à s’enflammer et à s’énerver, n’a pas sa langue dans sa poche…

La rage est double car son acolyte, Eldeween, est une elfe !

Au lieu d’un Sherlock Holmes bourré de pouvoirs magiques et d’un Waston pour l’épauler, le roi voit arriver une Sherlockette dont il ne sait si elle possède des pouvoirs et une Wastonnelfe. Les dents vont grincer.

Comment le ou les meurtriers ont-ils réussi à occire tous les moines ? Et pourquoi tant de haine envers ces hommes portant la robe ? Votre mission sera de la découvrir, les filles.

Surtout que ce n’est pas qu’un seul monastère qui va recevoir la visite de ce Jack The Ripper, mais plusieurs et nos deux femmes vont devoir cavaler sur leurs jolies guiboles pour tenter de rattraper la piste de celui qui a commis ces crimes atroces.

Véritable enquête aux pays de la magie, le lecteur, tout comme les deux enquêtrices, se posera beaucoup de questions.

Pas le temps de souffler dans la course poursuite car nos deux femmes, aidées de quelques gardes du roi, feront des rencontres pour le moins violentes et il faudra sortir l’épée du fourreau avant de tenter la discussion.

Bien que nous soyons dans un univers fantastique avec des éléments magiques pouvant aider à la réalisation d’un carnage monastique, la trame reste bien humaine car les travers d’un homme, qu’il soit de la Terre ou d’un autre monde, restent les mêmes.

Si le scénario n’est pas exceptionnel en terme de résolution de l’enquête – tout à été écrit, je pense – l’album se lit tout de même avec plaisir car avant que tout ne nous soit révélé, on est loin de se douter du mobile de ces crimes monacaux (Monaco ?).

De plus, il n’y a pas qu’une simple enquête pour meurtres dans ces pages ! On y trouve aussi des relents de nos propres sociétés dans les tensions qui existent entre le peuple des géants Mannlander et les humains du royaume de Kardunn, ainsi que dans le fait que certains aient fait des coalitions avec ceux qui furent ensuite des traîtres.

Bref, en plus de résoudre une enquête, nos deux femmes vont devoir marcher sur des œufs et tenter de garder la diplomatie au milieu du village si elles ne veulent pas finir en viande froide car c’est aussi vieux que le Monde que déposer des preuves pour faire accuser un autre peuple d’un crime qu’on a sois-même commis.

J’ai apprécié les dessins, les couleurs dans des tons ocres et les personnages ne m’ont pas laissée indifférente car si certains pouvaient sembler figés, ils se permettront d’évoluer et de changer. Bon, pas tous, quand on est un crétin, on le reste.

Un tome qui change par rapport au final du précédent, un monde des Inquisiteurs en grand chambardement, et il me tarde de lire les premiers tout comme celui qui suivra ce tome 8.

Je ne dis pas non à ce duo féminin des plus intéressants.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

 

Tif et Tondu – Tome 18 – Le Roc maudit : Maurice Tillieux & Will

Titre : Tif et Tondu – Tome 18 – Le Roc maudit

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Will

Édition : Dupuis (1972)

Résumé :
Près de Londres, nos deux amis assistent à un cambriolage en pleine rue et, de surcroît, en plein jour.

L’individu a lancé une bombe lacrymogène, puis a fracturé la vitrine d’un bijoutier, avant de s’enfuir avec un butin en diamants d’un montant considérable. Nos deux compères poursuivent l’individu, sans lui laisser gagner un pouce de terrain.

Afin de semer ses poursuivants, le cambrioleur se dirige tout droit vers une falaise et s’élance dans le vide et disparaît.

Le croyant mort, nos deux amis se retrouvent le bec dans l’eau…

De retour en France, ils sont contactés en Normandie par Bartoldi qui est l’ingénieur des phares et balises de Bellefleur… En effet, de curieux événements viennent de se dérouler dans un phare de son secteur. Les gardiens ont été retrouvés pendus, puis ont disparus …

Tout cela est suffisamment étrange pour qu’on fasse appel aux services de Tif et Tondu…

Critique :
La première fois que j’ai lu cet album, c’était à Noël 1984.

Comment puis-je être aussi précise ? Ma grand-mère notait toujours l’occasion et la date dans les bédés qu’elle m’offrait.

À cette époque, j’étais plus impressionnable que maintenant, c’est un fait.

33 ans après, le plaisir de la relire est intact, malgré le fait que je me souvienne de toute cette enquête dont une grande partie se déroulera dans un phare isolé.

On commence à Londres, par un vol audacieux de bijoux, sous les yeux médusés de Tif et Tondu qui n’hésiteront pas à se lancer à la poursuite du motard voleur, jusqu’à ce que celui-ci lance sa moto du haut d’une falaise et ne meure noyé.

Quel est le rapport entre cette affaire classée et les deux pendus fantômes du phare (à On) ? Ben ça, comptez là-dessus que je vais vous le dire, tiens !

Mais il est un fait que les deux gardiens du phare ont été retrouvé pendus. Suicide collectif… Puis les corps ont disparus et les deux gardiens suivants sont passés de vie à trépas aussi, toujours par pendaison.

La pendaison, papa, ça ne s’explique pas. La dépendaison non plus.

Le coup des pendus qui se dépendent, ça m’avait sans doute foutu les chocottes à 8 ans, avec l’expérience et les heures de vol en plus, je reste zen, surtout que la censure de l’époque n’a pas permis que l’on montre les corps plus haut que leurs genoux.

Malgré tout, si j’étais coincée sur un phare durant 30 jours, je deviendrais folle, surtout si mes deux précédents collègues ont fini par se donner la mort en se passant la corde au cou. Et ce n’était pas une métaphore pour un mariage.

Tondu étant le plus intelligent des deux, il aura vite fait de trouver des petits détails qui ne collent pas, Holmes aurait fait de même, le diable se cachant dans les détails.

Et pour trouver la vérité, il ne faudra pas hésiter à se mouiller !

Une enquête passionnante, du suspense, du mystère, de l’action, des bons mots (mais moins que d’habitude), un dessin des plus classiques et un Tif un peu en retrait sur cet épisode qui ne lui permet pas de faire ses gaffes habituelles.

— Tu veux dire qu’il y a quelqu’un sur ce phare qui va essayer de nous tuer ?
— Oui ! Mais rassures-toi, il commencera par le plus intelligent… Tant que je serai en vie, tu n’as rien à craindre.
— Mais ! Il vient de me traiter d’imbécile !

Sans oublier un inspecteur très, très, mais très con !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Ma couverture originale

 

Undertaker – Tome 4 – L’ombre d’Hippocrate : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 4 – L’ombre d’Hippocrate

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer

Édition : Dargaud (24/11/2017)

Résumé :
Gravement blessée, Rose a accepté de suivre L’Ogre de Sutter Camp, alias Jeronimus Quint, dans l’espoir qu’il la soigne.

À leurs trousses, Jonas Crow et Lin, bien décidés à sauver leur amie et à régler une fois pour toutes son compte au monstrueux chirurgien.

Mais comment arrêter un homme dont le génie maléfique lui permet de transformer chaque patient innocent en un complice mortel contre l’Undertaker ?

Critique :
Mon croque-mort préféré est de retour ! Afin de mieux faire durer le plaisir, je l’ai laissé bien en vue sur la table de mon bureau et j’ai tenu bon avant de me jeter dessus.

Il faut dire que le troisième tome nous avait laissé sur un suspense terrible et j’avais cette peur un peu bête que la conclusion de ce diptyque ne soit pas à la hauteur.

Je mérite l’excommunication pour manque de foi !

Dorison, le sadique, a soigné son album en nous servant un scénario aux petits oignons, travaillé en profondeur et toujours avec une dose d’humour.

— On veut jouer au docteur ? Prescription de l’Undertaker : calibre 12 et 45… Quatre le matin… Plus personne le soir.

Son médecin, moitié fou, moitié génie, moitié mégalo (j’ai pas eu tout mes points en calcul, je sais) est un personnage ambigu qui joue sur deux tableaux et je serais bien en peine de dire s’il aurait fallu le tuer de suite ou le laisser continuer à exercer son art de la médecine de cette manière un peu… barbare ? Inhumaine ?

— Ah Rose… Je pourrais vous dire que j’ai vu des dizaines de milliers de morts pour rien et qu’au moins les miens serviront à quelque chose. Que la science sera à mes pieds quand je réussirai ma première greffe. Mais la vérité est que quand les gens vous prennent pour un monstre, il ne vous reste qu’une seule chose à faire… Dépasser leurs attentes !

Le scénariste, dans son côté pervers, nous montre un homme qui a, certes, basculé du côté obscur de la Médecine, mais qui, de par son talent, la fait avancer aussi… Mais de quelle manière ! Il n’hésite pas à casser beaucoup d’œufs pour faire ses omelettes.

— La mère a le pouvoir de donner la vie. Le soldat de donner la mort. Le médecin est le seul a pouvoir donner les deux.
— Pas selon Hippocrate.
— J’emmerde Hippocrate.

Imaginez un type qui a le talent de déduction d’un Sherlock Holmes, ou plutôt, de son modèle, le docteur Bell, qui a le talent de médecin d’un docteur House, le cynisme compris, et à tout cela, vous ajoutez le côté inhumain, horrible, affreux, d’un docteur Mengele…

— Je sais que tout cela vous dépasse un peu… Mais voyez-vous, j’avance dans mes recherches. Ce que je trouve aujourd’hui vous sauvera demain. Bien sûr, les cris d’une femme, c’est toujours difficile à supporter. Eh bien… Dites-vous que c’est une Sudiste !

Un Méchant de l’envergure du docteur Jeronimus Quint ne court pas les rues dans la bédé (et la littérature) et j’avoue que, autant où je l’ai trouvé réussi dans son portrait de type qui fait froid dans le dos, autant j’apprécierais ne plus avoir à me poser les mêmes questions que les autres : faut-il le laisser vivre ou pas ?

Ne répondez pas à la question sans avoir lu le diptyque… même en l’ayant lu, je doute toujours un peu et mon cher Jonas Crow, mon croque-mort d’amour, a lui même hésité, parce que la solution n’est pas aussi simple qu’elle n’y paraît.

— Si vous me tuez, elle meurt. Et avec elle, tous vos petits camarades qui ne bénéficieront plus de mes talents. Avouez que ce serait dommage… Et puis, sans moi, au mieux vous perdez votre jambe. Au pire…

Une nouvelle fois, nous sommes face à un album des plus réussis, aussi bien niveau dessins (je les adore), qu’au niveau de la profondeur des personnages, qui évoluent tous, ou de la justesse des dialogues et du côté sadique machiavélique pour le Méchant.

Une série western qui n’a rien de western de gare écrit au kilomètre, mais qui est réfléchie, poussée, profonde, bien pensée et bien pesée.

— Vrai risque quand tu chasses le monstre… C’est de devenir comme lui.

Mais que nous réservent-ils pour le tome 5 ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule., Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

Nains – Tome 9 – Dröh des Errants : Nicolas Jarry & Jean-Paul Bordier

Titre : Nains – Tome 9 – Dröh des Errants

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (25/10/2017)

Résumé :
Dröh, le fils d’Oösram, a parcouru le monde afin d’apprendre le métier des armes, dans l’espoir de délivrer les Errants des ordres dominants.

Mais quand il revient chez lui, sept ans plus tard, nul ne veut entendre parler de révolution. Le sang n’a que trop coulé.

Il s’engage alors sur la construction d’une route traversant le pays des Vents. Le chantier avance mais l’hostilité des tribus Orcs grandit…

Critique :
Oösram des Errants, qui m’avait apporté beaucoup d’émotions, faisait partie de cette caste de nains déchus, les parias, ceux qu’on laisse sur le côté, pour diverses raisons.

Oösram était mort en martyr, il avait mené son clan de hors-caste à la bataille, avait semé les graines de la révolution, ainsi que celles de l’espoir qu’un jour tout cela change.

♫ Il changeait la vie ♪

Dröh est son fils, dont j’avais croisé la route dans le tome 4. Le voici devenu adulte, errant par-ci par-là sur les routes, apprenant à manier les armes ailleurs, puisque son peuple le lui interdit.

Une fois de plus nous tombons sur un fils en colère, sur un fils qui aimerait avoir l’aura qui fut celle de son père, qui aimerait mener les Errants au combat afin de retrouver leur dignité.

Oui, mais, si tout le monde chez les Errants aimerait retrouver une autre place que celle des parias, tout le monde n’a pas envie de monter au front pour affronter ceux du Bouclier, les plus puissants des nains au combat. Sont pas fous non plus, ni suicidaires.

« C’est trop injuste », pourrait-il marmonner sur la route de son voyage, il pourrait encore le répéter à l’infini en construisant une route sous l’autorité des nains du Bouclier, avant de se rendre compte que son peuple des Errants n’est pas les seuls gueux, les seuls ostracisés par les Nains des autres ordres. Il y a aussi les Orcs et les Gobelins…

Racisme, propagande, rejet de l’autre, la suprématie et apprentissage de la vie sont les maîtres mots de ce neuvième tome. Les Nains n’ont rien inventé, les Allemands, déguisés en soldats polonais, avaient en leur temps attaqué un poste frontière allemand pour avoir ensuite le droit de rétorquer et d’envahir la Pologne.

Ce tome a tout d’un tome de transition, le suivant concernant les Errants avancera sans doute plus dans leur cause, car ici, on montre comment Dröh va prendre conscience de sa place dans le Monde et de la manière dont il pourrait sauver son peuple.

Attention, on n’enfile pas des perles dans ces pages, on ne se la coule pas douce, il y a beaucoup à lire, des tas de références à notre Monde à nous, des passages qui font penser à certaines scènes de films, une quête intérieure, de l’introspection, bref, vous avez de quoi nourrir votre cervelle de lecteur !

Moi, j’ai hâte de savoir quelle voie notre Drôh va prendre : celui de la Force ou celui du côté obscur ? Révolutionnaire ou prophète ? Poseur de bombes ou pacifiste ? Ou alors, un peu des deux à la fois ?

Nains, une série qui a toute d’une grande !