Indians ! – L’ombre noire de l’homme blanc : Tiburce Oger et Collectif

Titre : Indians ! – L’ombre noire de l’homme blanc

Scénariste : Tiburce Oger
Dessinateurs : Collectif

Édition : Bamboo Grand angle (16/11/2022)

Résumé :
Le parcours sauvage et violent de l’aigle sacré des Indiens pendant la conquête de l’Ouest. Un western qui sent la poudre et la boue… En seize histoires, Indians retrace de 1540 à 1889 les épisodes sombres de la conquête de l’Ouest.

Quatre siècles de colonisation qui vont mener, entre les massacres et les maladies propagées par les colons, à un génocide qui n’a jamais porté officiellement ce nom mais qui décima 14 millions d’Amérindiens.

Décrivant la face cachée du rêve américain, Indians est un vibrant hommage aux peuples autochtones opprimés…

Critique :
Ayant adoré Go West, je me suis faite offrir la version Indians, basée sur le même concept : un seul scénariste, mais un dessinateur pour chaque histoire qui passera en revue un chapitre important de l’Histoire des Amérindiens.

On commencera à l’arrivée des Conquistadors et on terminera en 1889, lorsque les derniers Indiens déposeront les armes, conscient qu’ils ne vaincront jamais l’Homme Blanc vu que ce dernier est comme un nuage de sauterelles : infini et innombrable.

Contrairement à l’album Go West, où le fil rouge était une montre, dans celui-ci, c’est le vol d’un aigle que l’on apercevra de temps en temps, ou un personnage qui reviendra sur plusieurs chapitres (ou un descendant).

Ce que j’ai apprécié, c’est qu’il n’y avait pas de manichéisme dans les personnages, que ce soit du côté des Indiens ou des colons, dont certains avaient une conscience, une âme. Cela se verra surtout dans l’épisode avec les horribles écoles pour casser l’Indien.

Quant aux Indiens, ce n’étaient pas des anges, ils s’attaquaient entre eux, se pillaient, mais sans jamais arriver au niveau de l’Homme Blanc qui lui, commit un génocide, purement et simplement.

Tous les dessins ne se valent pas, mais j’ai apprécié les histoires, même si elles auraient mérité, toutes, un album rien qu’à elles toutes seules, tant il y avait de la richesse dedans et tant de choses à raconter.

Bien que différent et en peu en deçà du « Go West » qui se consacrait à la Conquête de l’Ouest, le tome consacré aux Amérindiens n’en reste pas moins excellent.

Du moins, pour celles et ceux qui voudraient en apprendre un peu plus sur les guerres Indiennes, sur les traitements que l’Homme Blanc, l’envahisseur, a fait subir aux Amérindiens. Au moins, ces derniers ont résistés, mais une fois les armes déposées, on a fait tout ce qu’il fallait pour qu’ils n’existent plus…

Terrifiant…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XXX] et Le Mois du Polar, chez Sharon – Février 2023 (N°00).

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Airborne 44 – Tomes 4 – Destins croisés : Philippe Jarbinet

Titre : Airborne 44 – Tomes 4 – Destins croisés

Scénariste : Philippe Jarbinet
Dessinateur : Philippe Jarbinet

Édition : Casterman (2012)

Résumé :
Je marche dans une guerre qui broie tout : les hommes, les femmes, les enfants, les paysages… Rien, ni personne, ne lui échappe… Même mes souvenirs semblent vouloir mourir… Je marche dans une guerre noire, mais je garde l’espoir qu’il y ait au bout… …une lumière.

Critique :
Nous retrouvons Gavin, le soldat américain, là où nous l’avions laissé, sur la plage de Omaha Beach, bien que depuis le précédent album, il ait avancé avec son unité.

Unité décimée, bien entendu. Malgré tout, pas le choix, faut avancer, faut aller se mesurer, une fois encore, avec les soldats allemands, qui n’ont plus rien à perdre, qui savent très bien qu’après, ce sera l’Allemagne qui sera envahie par les autres, alors, ils se battent avec l’acharnement de ceux qui sont désespérés.

Peu de dialogues, au début de cet album, mais le scénariste nous fait partager les pensées de Gavin, qui, bien qu’enfonçant des portes ouvertes, n’en restent pas moins pétries de vérités.

Les dessins sont toujours magnifiquement bien réalisés et toute la violence des combats est bien rendue. Pas de manichéisme, heureusement, entre les soldats américains et allemands, les salauds comme ceux qui n’ont rien demandé se trouvant des deux côtés de la barrière.

Une fois de plus, beaucoup d’émotions dans ce quatrième tome, qui termine d’une belle manière, le récit commencé dans le précédent et s’attache à nous montrer des petites histoires dans la grande, notamment une malencontreuse erreur d’un soldat qui lui pèsera sur le cœur et un beau geste de pardon d’un autre côté.

L’album ne tournera pas que autour de Gavin, nous suivrons aussi une jeune fille dans la résistance, dans les hôpitaux de fortune sur le front où les hommes estimaient que les femmes n’étaient pas capables d’être autre chose qu’infirmière et dans la ville de Paris où les résistants de la 13ème heure se vengeront en tondant des pauvres femmes…

Ce second tome clôt correctement le diptyque consacré à Gavin et au débarquement de Normandie.

Un bel album, aussi bon que le premier, même si différent.

Airborne 44 – Tome 3 – Omaha Beach : Philippe Jarbinet

Titre : Airborne 44 – Tomes 3 – Omaha Beach

Scénariste : Philippe Jarbinet
Dessinateur : Philippe Jarbinet

Édition : Casterman (2011)

Résumé :
En 1938, un jeune franco-américain de 17 ans, Gavin, est en vacances avec ses parents sur la côte normande. Il y tombe amoureux d’une séduisante jeune française, Joanne, et va vivre sur place, l’espace de quelques semaines, le plus bel été de son existence.

Six ans plus tard, le 6 juin 1944, dans la ligne de mire des batteries allemandes, Gavin s’apprête à remettre les pieds sur le sol normand, au sein de la première vague d’assaut en passe de débarquer à Omaha Beach. Son esprit est plein du souvenir de Joanne, avec qui il a correspondu des années durant.

Mais depuis avril 1944, Joanne n’a plu écrit. Pour elle, Gavin va s’efforcer de survivre…

Critique :
Gavin Jentro va débarquer sur une plage de Normandie, mais pas pour des vacances, cette fois-ci.

Si je vous dis que nous sommes le 6 juin 1944, je pense que vous comprendrez tout de suite dans quelle horreur Gavin et bien d’autres, vont mettre les pieds.

Quelques années plus tôt, en 1938, notre Gavin, dont la mère est Normande, était venu passer des vacances dans le coin, sans penser une seule seconde qu’un jour, il y reviendrait en tant que soldat et que la belle plage serait souillée par le sang et les corps de milliers de soldats morts.

Des corps morts pour les cormorans, comme le chantait quelqu’un (même s’il ne parlait pas des soldats, mais d’un navire).

Il avait connu l’amour avec Joanne, les étreintes, les promenades à vélo, le sexe et l’amour, celui avec un grand A.

Cette bédé, qui ne met pas en scène des soldats de la 101e aéroportée (US Airborne), n’en reste pas moins criant de vérité, tant les événements mis en scène sont réalistes, bien que romancé, puisque Gavin et les autres personnages, américains ou allemands, sont issus du scénariste.

On a beau détester les guerres, les trouver inutiles, sanguinaires, horribles, cela ne m’a jamais empêché de vouloir en savoir plus et donc, de lire des récits de la Seconde Guerre Mondiale, surtout.

Comme les deux premiers tomes m’avait enchanté, j’ai décidé de poursuivre ma lecture de cette série et bien m’en a pris.

Heu, sauf que j’aurais dû prendre aussi le tome 4, puisque cette histoire est un diptyque et que là, je crève de ne pas connaître la suite… Bien que je m’en doute, car j’ai remarqué un détail important et que j’ai compris ce qui était vraiment arrivé à un personnage.

Dans cette série, les personnages ne sont pas manichéens, tout le monde aura son mot à dire : résistants et collabos, soldats allemands et soldats libérateurs. On a la trouille dans les barques, mais aussi dans les bunkers, et tout le monde joue sa vie, dans cette affaire (sauf les plus hauts gradés, planqués).

Même si le jeune soldat allemand n’a pas envie de tuer les soldats qui débarquent, c’est ça ou mourir, sous les balles de son officier en premier, puis sous celle de l’ennemi ensuite (oui, pour les soldats allemands, les Anglais, Américains, Canadiens, étaient l’ennemi).

Les dessins sont très réalistes, eux aussi, et les tons pastel leur allaient à ravir, même durant le débarquement et sa grande boucherie sanglante.

Un grand album et une série qui est réussie, jusqu’à présent !

Un bon anniversaire à Sherlock Holmes !! 

 

Jim Thorpe – La légende Amérindienne du football : Kevin Lecathelinais et Georges Chapell

Titre :Jim Thorpe – La légende Amérindienne du football

Scénariste : Kevin Lecathelinais
Dessinateur : Georges Chapelle et Emmanuel Michalak

Édition : Delcourt (05/10/2022)

Résumé :
En 1904, Jim quitte la Première nation Sauk et Fox pour le collège de Carlisle, où l’on rééduquait les enfants amérindiens. Sur le terrain de football (américain) comme sur les pistes d’athlétisme, l’entraineur Pop Warner va pousser Jim à donner le meilleur de lui-même, jusqu’aux podiums de Stockholm ou au fameux match contre les cadets de West Point dirigés par Ike Eisenhower.

Critique :
Le sport et moi, ça fait deux. Je ne fais pas de sport, jamais de sport, si ce n’est monter à cheval (et oui, c’est du sport).

Le football américain m’est totalement inconnu et je n’ai absolument pas envie d’en savoir plus.

Cette bédé n’était, en principe, pas faite pour moi et pourtant, je n’ai pas regretté cet achat !

Né né en 1887 dans l’Okhlahoma, Jim Thorpe était l’un des plus grands sportifs américain, qu’il était d’origine Amérindienne et que cet album, bien qu’il parle de sport, parle aussi de dépassement de soi, de racisme, de ségrégation et d’injustice.

Ben voyons, si Jim Thorpe avait été un WASP (White Anglo-Saxon Protestant), sa carrière aurait été différente et la reconnaissance des autres aurait été différente ! Là, il n’était question que d’emplumés Rouges contre des Blancs, puisque l’équipe de Jim était composée uniquement d’Amérindiens, provenant du magnifique collège Carlisle où il fallait tuer l’Indien en eux et en faire de parfaits petits américains…

Ironie, bien entendu ! C’étaient des collèges monstrueux où l’on extirpait, de force la culture des Amérindiens, où on l’effaçait, la réduisait en miettes. Finalement, ces pauvres gosses se retrouvaient dénués de tout, sans pour autant être devenu des Américains.

De toute façon, dans cette Amérique des années 20, profondément raciste, il leur aurait été impossible d’être accepté.

Modeste n’étant pas le second prénom de Jim Thorpe, ses fanfaronneries, vantardises, son orgueil, irritaient les autres au plus haut point. Lui, était fier de ses origines.

Pourtant, Jim n’était pas qu’un vantard, ce qu’il disait, il le réalisait ! Même des trucs de fous au football américain, avec une cheville blessée ou une course avec deux chaussures différentes qui ne lui appartenaient pas.

Les dessins sont réalistes, ne manquant jamais de dynamismes et on s’attache très vite à ce grand gaillard qui sourit tout le temps et qui ne se laisse jamais abattre par les saloperies que les autres pouvaient lui réserver. C’était un véritable athlète qui brillait dans tout ce qu’il touchait.

Alors oui, cette bédé parle de sport, pourtant, malgré mon allergie au foot, qu’il soit européen ou américain, je peux vous assurer que ce fut un plaisir de lire cette bédé, d’aller me coucher moins bête et d’apprendre qu’un Amérindien, un jour, fut le plus grand athlète d’Amérique et qu’il joua même un match contre les cadets de West Point dirigés par Ike Eisenhower qui voyait ce match comme une revanche après la défaite américaine à Little Big Horn… T’es très raciste, Ike !

Le pays tout entier est raciste, hélas… et la grande gueule de Jim lui fera perdre toutes ses médailles, parce qu’un jour, il avait joué au base-ball de manière professionnelle, sans changer son nom et que les athlètes des J.O ne pouvaient pas être des sportifs professionnels. Ou comment chercher la petite bête parce que l’on a pas envie que les sportifs Blancs se fassent damer le pion par un Amérindien…

Une bédé qui ne manque pas d’émotions, qu’elles soient de joies quand Jim gagne tout ou plus tristes, lorsqu’il repense à son frère et qu’il tente de tenir les promesses qu’il lui avait faite, quand ils étaient gosses.

Le cahier qui se trouve en fin d’album nous en apprendra plus sur Jim Thorpe et sur l’injustice américaine qui n’aime pas qu’on lui ravisse les premières places… Surtout quand on est pas un WASP…

L’année 2023 commence bien, du point de vue des lectures ! Pourvu que ça dure !

Bilan annuel 2022 et coups de cœur bédés/comics/mangas [Épisode 3/3]

On termine le Bilan Final des coups de coeur avec mes lectures marquantes dans les catégories des bédés, comics et mangas.

Pour celles et ceux qui aiment lire des bédés, des comics, des mangas, ou qui voudraient s’y frotter.

Non, ce n’est pas un art mineur et oui, c’est de la littérature, contrairement à ce que certains pensent et disent… Non, je ne vise pas les abonnés au blog, mais aux tristes personnes qui me regardent de travers lorsque je dis que j’aime lire des bédés… Non, ce n’est pas QUE pour les enfants !!!!

Chaque année je me dis que je vais lire plus de comics et plus de mangas et puis le temps passe et finalement, je lis énormément de bédés (mais je n’ai pas fait de relecture de collection, cette année) et mes bonnes résolutions tombent à l’eau…

Coups de coeur bédés :

  1. Mauvaise réputation – T01 – La véritable histoire d’Emmett Dalton : Bazin et Antoine
  2. Ladies with guns – Tome 1 : Olivier Bocquet et Anlor
  3. Harlem : Mikaël
  4. La ferme de l’enfant-loup : Morvan, Facundo et Patricio Angel Delpeche
  5. Saga « Les 5 Terres » (Tomes 1 à 6) : Jérôme Lereculey et Lewelyn
  6. Le Monde sans fin, miracle énergétique et dérive climatique : Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain
  7. A fake story : Laurent Galandon et Jean-Denis Pendanx
  8. Retour de flammes – Tomes 1 & 2 : Laurent Galandon et Alicia Grande
  9. Z comme don Diego – Tome 1 – Coup de foudre à l’hacienda : Fabcaro et Fabrice Erre
  10. Le convoi‭ ‬- Tomes 01 & 02 : Denis Lapière et Eduard Torrents
  11. La véritable Histoire vraie/Les méchants de l’Histoire – T05 – Torquemada : Bernard Swysen et Marco Paulo
  12. La véritable Histoire vraie/Les méchants de l’Histoire – T03 – Hitler : Bernard Swysen et Ptiluc
  13. La véritable Histoire vraie/Les méchants de l’Histoire – T07 – Joseph Staline : Bernard Swysen et Ptiluc
  14. À l’ombre du convoi – Tomes 01 & 02 : Kid Toussaint et José-Maria Beroy
  15. Le choix du Roi – Tomes 01 & 02  : Jean-Claude Bartoll et Aurélien Morinière
  16. Le photographe de Mauthausen : Rubio, Pedro J. Colombo et Aintzane
  17. La bombe : Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier
  18. Saga « Shi » (Tomes 1 à 5) : José Homs et Zidrou
  19. Le serpent et la lance – Tome 01 & 02 : Hub
  20. Chito Grant – Intégrale : Jean-Blaise Djian et David Etien
  21. L’Accident de chasse : Landis Blair et David L. Carlson
  22. La République du Crâne : Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat
  23. Les vieux fourneaux – Tome 7 – Chauds comme le climat : Wilfrid Lupano et Paul Cauuet
  24. 1629 ou l’effrayante histoire des naufragés du Jakarta – 01 – L’apothicaire du diable : Xavier Dorison et Thimothée Montaigne
  25. Un chant de Noël – Une histoire de fantômes : José Luis Munuera

Coups de cœur comics :

  1. Deadpool Killogy – T02 – Deadpool massacre les classiques : Bunn et Lolli
  2. Sara : Steve Epting et Garth Ennis
  3. Captain America – Un homme hors du temps : Mark Waid et Jorge Molina
  4. Deadwood Dick – Tomes 01 et 03 : Masiero, Mastantuono et Joe Lansdale
  5. Calvin et Hobbes – TOUS les tomes : Bill Watterson

Coups de coeur mangas :

  1. Saga « My Home Hero » (Tomes 1 à 5) : Naoki Yamakawa et Asaki Masashi
  2. Je suis un assassin (et je surpasse le héros) – Tomes 1 à 3 : Hiroyuki Aigamo, Matsuri Akai et Tozai
  3. Monster : Naoki Urasawa

Un chant de Noël – Une histoire de fantômes : José Luis Munuera

Titre : Un chant de Noël – Une histoire de fantômes

Scénariste : José Luis Munuera (d’après le roman de Charles Dickens)
Dessinateur : José Luis Munuera

Édition : Dargaud (10/11/2022)

Résumé :
Londres, 1843.
Tous les habitants, les mieux lotis comme les plus démunis, s’apprêtent à fêter Noël.

Tous, à l’exception de Scrooge. Aux yeux de cette riche commerçante, insensible au malheur des autres comme à l’atmosphère de liesse qui baigne la cité, seuls le travail et l’argent ont de l’importance.

On la dit radine, égoïste et mesquine. Elle préfère considérer qu’elle a l’esprit pratique.

Et tandis que les festivités illuminent la ville et le coeur de ses habitants, Scrooge rumine sa misanthropie…

Une nuit, des esprits viennent lui rendre visite. Ils l’emmènent avec eux, à la rencontre de la jeune fille qu’elle était, quelques années plus tôt, lorsque la cupidité n’avait pas encore rongé son coeur. Mais aussi à la découverte de celle qu’elle aurait pu devenir si elle avait choisi la voie de la bonté…

Critique :
Ebenezer Scrooge est une femme ! Et quelle femme ! Capitaliste, sèche, froide, insensible, mesquine, radine, jolie, bien habillée, cynique, voilà le portrait de son pendant féminin : Elizabeth Scrooge.

Si je ne suis pas fan des récits ou romans ayant pour thème Noël, j’ai toujours adoré les ambiances miséreuses dans le roman de Charles Dickens (Un chant de Noël) ou à sa version animée, avec Picsou dans le rôle de Scrooge.

Là, au moins, nous étions avec les sans-dents, les miséreux, ceux qui n’ont pas d’argent pour fêter Noël, pour manger à leur faim, pour se chauffer… Ceux qui auraient voulu fêter dignement Noël, mais qui n’en avait pas les moyens. Les derniers de cordée, ceux qui n’ont rien trouvé en traversant la route. Comme il en existe toujours…

J’avais donc hâte de découvrir la version féminisée de Munuera. Mes premières impression sont bonnes, notamment avec les dessins, que j’apprécie. Le style de Munuera est reconnaissable, je le connais bien. Quant au personnage d’Elizabeth Scrooge, elle est magnifique de cynisme, d’égoïsme et ses réparties sont cinglantes.

Pour elle, les pauvres sont responsables de leur état, ils devraient faire moins de gosses et travailler. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que la plupart travailler, mais ne gagnent pas assez pour faire vivre leur famille, tel Cratchit, son employé qui a 6 enfants.

Quelle est l’utilité de changer le vieux Scrooge en une jolie jeune femme ? Mais ça change tout, notamment en raison de la place des femmes dans la société anglaise des années 1830/1840. On le comprendra bien en voyant l’enfance d’Elizabeth, lorsqu’elle sera accompagnée de l’esprit des Noël passés.

Pour sortir du chemin tout tracé, elle a dû travailler plus dur, plus fort, avoir ce don avec les chiffres et ne rien laisser passer, alors qu’un homme, lui, aurait eu bien plus facile, juste parce qu’il a un truc qui pendouille entre les jambes.

Les femmes, elles, se devaient d’être des mères, des épouses dévouées, de prendre soin de leur mari, ou de leur père. Une femme soumise, rien de plus. Elle s’est battue et le résultat est cette personnalité aigrie. Elle avait le choix entre être une sainte ou une sorcière.

L’auteur fustige aussi la société anglaise, capitaliste, l’exploitation de l’Homme par l’Homme : quelque uns, super riches, sont responsables d’une multitude d’autres. Le pouvoir est détenu par les riches industriels et ils font la pluie et le beau temps, cherchant à engranger toujours plus de profit.

Scrooge aussi ne cherche qu’à augmenter sa fortune, mais ce n’est ni pour le bien d’autrui, ni pour son bien-être à elle.

La revisite de ce conte de Noël était une riche idée et elle est plus que réussie, parce que notre Elizabeth est bien plus cynique, plus têtue que le Scrooge masculin de Dickens. Elle n’a pas peur de dire qu’elle n’est pas responsable de la mort du petit Tiny Tim et d’accuser le Dieu auquel les gens croient.

Je ne spolierai pas la fin, qui n’est pas celle du roman, on ne change pas une telle personne aussi vite… ou alors juste un peu ?

Que l’on ne s’y trompe pas, dans cette magnifique histoire, il n’y a pas que les graphismes qui soient réussis !

Le scénario de Munuera est très bien trouvé et il a le mérite de nous faire réfléchir sur nous même, qui ne sommes guère différents de cette Elizabeth, qui porte des œillères et qui ne se préoccupe que d’elle-même, comme nous le faisons souvent.

Cet album dépasse le roman original, nous apportant un autre enseignement que celui de Dickens, où son Scrooge devenait un homme bon, en une seule nuit. La version de Munuera est plus réaliste, plus crédible, plus dans l’air du temps et son message n’est pas si misanthrope que cela.

Brillant !

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 80 pages).

Ringo – Intégrale : William Vance, Jacques Acar et André-Paul Duchâteau

Titre : Ringo – Intégrale

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Le Lombard (18/11/2022)

Résumé :
Convoyeur de fonds pour la Wells Fargo au beau milieu d’un territoire sans foi et à la loi balbutiante, Ray Ringo ne peut compter que sur sa fine gâchette.

Pourtant entre les flèches des Apaches, les crocs des coyotes, les balles des malandrins ou les feux croisés du Nord et du Sud, ce ne sont pas les façons de mourir qui manquent, dans le Far-West…

Et entreprendre cette chevauchée en compagnie de Ringo, c’est remonter une seconde piste tout aussi palpitante : l’évolution graphique de William Vance à travers une décennie !

Albums : Piste pour Santa Fe Scénario / La ville de la peur Scénario / Le serment de Gettysburg / L’or des déserteurs / El Diablo s’en mêle / Trois salopards dans la neige

Cette intégrale rassemble les albums « Tout Vance, tome 08 : L’intégrale Ringo, 1ère partie » et « Tout Vance, tome 09 : L’intégrale Ringo, 2ème partie ».

Critique :
Le Ringo de cet album n’est pas parent avec celui qui chantait ♫ Laisse les gondoles à Venise ♪.

Non, lui, il aurait plutôt chanté : ♫ Laisse l’or de la Wells Fargo tranquille ♪ Ou t’y laissera ta chemise ♪

Notre Ringo évolue dans le far-west violent, où les bandits attaquent les fourgons transportant des coffres remplis d’or, magouillant pour faire tomber dans une embuscade le convoi d’or et Ringo, agent de la Wells Fargo est là pour les en empêcher.

Nous sommes dans un western datant des années de publication de l’hebdo Tintin (1965) et je ne le connaissais pas du tout (premièrement, pas mon époque et deuxièmement, je lisais des vieux hebdos Spirou, pas des Tintin).

Le western étant mon dada, je me suis laissée tenter par cette intégrale qui réunit les deux précédentes intégrales de Ringo (Tout Vance, tome 08 : L’intégrale Ringo, 1ère partie » et « Tout Vance, tome 09 : L’intégrale Ringo, 2ème partie »).

William Vance, je le connais de Ramiro et surtout de mon chouchou XIII (qui à un moment donné s’est perdu, je sais). Les dessins sont donc comme je les aime, j’étais en terrain plus que connu. Ce sont des dessins réalistes, les chevaux sont bien faits, les visages aussi et on retrouve les mêmes traits que dans XIII.

Les scénarios sont assez conventionnels, dans le plus pur esprit des bédés western des années 60/70 : le gentil est gentil et les méchants sont méchants.

De plus, Ringo, gentil comme il est, n’assassine pas les voleurs, les bandits, mais leur laisse une chance. Bref, un boy-scout bien aimable, mais qui tire bien et vise juste. Un Lucky Luke en plus réaliste, mais pas au point d’un Blueberry ou d’un Durango.

Hormis la dernières aventure qui se déroule dans la neige et le blizzard (où personne ne tousse, n’est trempé, ne se perd) qui m’a moins emballée, je ne peux pas me plaindre de la qualité des autres : elles sont correctes, pour l’époque (il faut se replacer dans le contexte de l’époque).

Rien de transcendantal, bien entendu, rien d’exceptionnel, mais des aventures western agréables à lire, plaisantes, sans fioritures, dans l’air du temps, à la Jerry Spring, un peu.

Maintenant, si vous n’êtes pas fan de western, passez votre chemin, vous ne trouverez pas votre compte, sauf si vous aimez les preux chevaliers poursuivant les vilains pas beaux qui volent l’argent des banques ou des mines.

Les amateurs de bédés western y trouveront leur compte, sauf s’ils cherchent du réalisme… Non pas que ces histoires ne soient pas réalistes, loin de là, mais quand les bons gagnent toujours, on quitte le réalisme.

Malgré tout, je suis contente d’avoir découvert ce héros western dans cette intégrale.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°103] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

1629 ou l’effrayante histoire des naufragés du Jakarta – 01 – L’apothicaire du diable : Xavier Dorison et Thimothée Montaigne

Titre : 1629 ou l’effrayante histoire des naufragés du Jakarta – 01 – L’apothicaire du diable

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Thimothée Montaigne

Édition : Glénat (16/11/2022)

Résumé :
Inspiré de faits réels, le thriller maritime le plus impitoyable de l’Histoire… 1629, la Compagnie hollandaise des Indes orientales, la plus riche société que l’Histoire ait jamais connue, affrète le Jakarta, fleuron de son immense flotte.

Destination : l’Indonésie. Cargaison : assez d’or et de diamants pour corrompre l’empereur de Sumatra.

À son bord, plus de 300 personnes issues de la misère ou de la fine fleur des bas-fonds d’Amsterdam. Point commun, aucun d’eux n’aurait jamais mis les pieds à bord de cet enfer flottant s’il n’était désespéré.

Attisée par l’or et la violence des officiers, la tentation d’une mutinerie grandit, faisant du Jakarta un véritable baril de poudre. Un homme est prêt à allumer la mèche pour nourrir sa cupidité autant que ses rêves de grandeur : Jéronimus Cornélius.

Apothicaire ruiné, recherché par l’Inquisition, il est le numéro deux à bord. Cultivé, intelligent, charismatique, rien ni personne ne semble en mesure d’empêcher son funeste projet de massacre et de prise du pouvoir sur le navire…

Critique :
Depuis Renaud, tout le monde le sait : ♫ C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme ♪ et que ♪ La mer c’est dégueulasse, Les poissons baisent dedans ! ♫

Dans ce magnifique album à la couverture dorée qui attire l’œil, ce ne sera pas de la plaisance, que du contraire.

Dès le vent soufflera, le Jakarta partira… Merde, c’est cette nuit, faut pas traîner !

La VOC, la Compagnie hollandaise des Indes orientales (Vereenigde Oostindische Compagnie) veut qu’il batte tous les records de voyage. Heu, on leur explique que ça n’a pas porté chance à un immense paquebot, en 1912, cette envie d’arriver avant les autres ?

Le capitalisme n’attend pas, les dirigeants ne risquent que du fric, pas leur vie, ils restent sur le plancher des vaches, eux et ce sont les autres qui risquent leur peau pour un salaire de misère, des conditions de travail qui feraient tomber dans les pommes un syndicaliste modéré et de la bouffe de merde.

Le seul maître à bord, après Dieu, n’est pas le capitaine, mais le subrécargue Francisco Pelsaert, qui est calife au-dessus du calife, heu, capitaine au-dessus du capitaine. Sur le Jakarta, 300 marins issus des bas-fonds, des assassins, des mecs qu’on a pas envie de croiser au coin d’une rue, même super bien éclairée.

Quelle bédé, bande de moussaillons d’eau douce ! Nous ne sommes dans l’aventure avec un grand A, avant de se retrouver dans les emmerdes avec un grand E.

L’apothicaire Jéronimus Cornélius est un personnage mystérieux et ça magouille dans les coursives, ça chuchote et je n’avais aucune idée de comment ce premier épisode allait se finir, bien que les premières cases ne laissent aucun doute…

Les dessins sont superbes, grandioses, magnifiques. J’en rajoute une louche ou vous avez compris, bande de moule-à-gaufre ? Lorsque la mer est en furie, on aurait presque envie de vomir son quatre-heures et son minuit aussi… Soyez dans les nantis, sinon, vous dormirez dans vos vêtements mouillés.

La tension monte lentement, au fil des pages et de l’eau, la violence sur le pont est omniprésente, le subrécargue Pelsaert estimant qu’il faut punir très fort les hommes pour qu’ils restent dociles. Ce genre de réflexions, je les avais déjà entendue sur un autre indiaman (navire de la VOC), notamment dans le roman L’étrange traversée du Saardam.

Moi qui aime les bateaux, j’en ai eu pour mon argent avec ce premier tome qui m’a emporté sur les flots et donné des sueurs froides.

Le suspense est à son comble et je n’ai qu’une seule envie, c’est de retrouver les marins du Jakarta pour connaître la suite de leurs aventures (mais faudra attendre, merde alors !).

Un magnifique album, tant dans son esthétique que dans son scénario (inspiré de faits réels).

Une aventure en mer, qui est aussi psychologique que maritime, où l’on ne sait pas ce qu’il se passera, vu que bien des hommes, sur le navire, sont d’une noirceur totale et que certains cachent bien leur jeu.

De plus, cet album met en scène ce que l’on appelle l’extinction de l’âme, un mécanisme mental réel et effrayant : l’arrêt complet de l’empathie d’un groupe d’humain associé à la suspension de leur jugement moral et qui aura, pour conséquences immédiates, le sadisme, les massacres…

Une belle découverte.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°101].

Terres d’Ogon – Tome 1 – Zul Kassaï : Jean-Luc Istin et Kyko Duarte

Titre : Terres d’Ogon – Tome 1 – Zul Kassaï

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Kyko Duarte

Édition : Soleil (09/11/2022)

Résumé :
Au nord d’Ogon on dit que le peuple Kulu est sous la protection des Zul Kassaï, dieux immortels à la peau rouge.

Lorsqu’un Tog sanguinaire assassine la famille du jeune Ubu, ce dernier se présente à ses dieux réclamant justice. La décision est prise : les Zul Kassaï ne feront pas la guerre aux Tog.

Roass’aa n’est pas de cet avis et décide de braver l’interdit et d’accompagner Ubu en pays tog.

Critique :
Les Terres d’Arran se spin-off de tous les côtés, puisque maintenant, nous pouvons aller en Terres d’Ogon, de l’autre côté de la grande bleue.

Si le scénario est au rendez-vous, cela ne me dérange pas que l’on nous sorte une nouvelle série.

Il faudra juste ne pas oublier la qualité afin de ne pas prendre les lecteurs et les lectrices pour des porte-monnaie ambulants.

Cet album commence doucement, gentiment, au coin d’un feu de camp. Une famille est réunie, elle est du peuple Kulu, un peuple pacifique.

Hélas, il y avait des gorilles dans le brume… Un groupe de Tog, des gros gorilles guerriers, qui aiment la chasse aux humains, faire couler le sang et qui ne s’embarrassent pas des traités de paix.

Ce récit est celui d’une vengeance, d’un apprentissage, d’un passage à l’âge adulte avant l’heure, d’une survie, de combats. Ubu est un survivant, il ne rêve que de venger sa famille assassinée, alors qu’il est tout frêle et ne sait pas manier d’armes.

Oui, le récit est classique : l’enfant va demander de l’aide, celle des Elfes Rouges, des dieux de Zul Kassaï. Il veut la justice, il veut la mort de celui qui a massacré, sans autre but que le plaisir, sa famille. Les guerriers Zul Kassaï lui apprendront à se battre.

C’est conventionnel à mourir et pourtant, on s’attache au gamin, on aimerait passer plus de temps avec les guerriers Rouges et finalement, avec un plat traditionnel, servi sans trop de changements, les auteurs ont tout de même réussi à m’accrocher et à me donner envie de poursuivre mes incursions dans les Terres d’Ogon qui ressemblent aux terres africaines ou sud-américaine, vu leurs décors (savanes, forêts luxuriantes, pyramides Mayas).

Une belle relecture de David contre Goliath, même si, dans cette histoire, le petit David Ubu s’est fait aider des Elfes Rouges pour terrasser le vilain Goliath qui était vraiment un sale gorille méchant et sadique, une grande gueule qui s’amusait à frapper les faibles ou les vieux.

Un premier album réussi, même si conventionnel au possible. Les dessins de Kyko Duarte sont toujours agréables à regarder.

Un album qui peut se lire indépendamment des autres de la collection des Terres d’Arran.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°99] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Marshal Bass – Tome 8 – La mort misérable et solitaire de Mindy Maguire : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 8 – La mort misérable et solitaire de Mindy Maguire

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt (31/08/2022)

Résumé :
Personne ne sait pourquoi Mindy Maguire a assassiné Skunk Bernhardt avant de s’enfuir en territoire indien et personne ne s’en soucie. Sauf les hommes de Dryheave… qui la pourchassent sans répit tant que l’alcool coule à flot.

La seule chance de survie de Mindy est que le Marshal Bass la trouve en premier…

Critique :
Les albums du marshal Bass se suivent mais ne se ressemblent pas et celui-ci, bien que commençant comme un western classique, prendra une tournure tout à fait différente.

Une petite ville d’Arizona. Bernhardt Le Puant a été assassiné dans la maison close et son or a été volé.

Pas besoin de faire venir la fine fleur des enquêteurs, la coupable est connue, c’est la prostituée Mindy Maguire qui a fait le coup.

Comme dans un bon western, le shérif organise un battue (un posse) pour retrouver la fugitive. Pas besoin d’avoir fait un master en Western pour savoir comment cela peut se terminer pour un ou une fugitive : la mort, sans procès, sans preuves, juste parce que des mecs seront chauffés à blanc et imbibés de whisky.

Oui, on commence dans du classique, mais ensuite, l’auteur a été assez intelligent que pour bifurquer et nous proposer autre chose, un récit inattendu, presque poétique, doux, beau, où la violence sera présente, mais différemment des autres albums. C’est bien vu.

Le marshal Bass, Noir de peau, ce qui était très mal vu en 1877 (et pas qu’à cette époque, malheureusement), est plus intelligent que les autres zoulous lancés à la poursuite de la fugitive. Sous ses dehors bourrus, se cache aussi une forme d’humanité.

Parce que comme le disait la morale dans la blague du petit oiseau transi de froid : premièrement, ce n’est pas parce qu’on te met dans la merde qu’on te veut forcément du mal. Deuxièmement, ce n’est pas parce qu’on te sort de la merde qu’on te veut forcément du bien. (*) Aller en prison peut te sauver du froid de gueux qui règne en Arizona et te remplir l’estomac.

Hé oui, le marshal Bass est là où on ne l’attend pas, se montrant sous un autre jour, qui n’est jamais que le sien, celui qu’il cache et le récit se révèle plus humaniste et plus psychologique qu’on aurait pu le penser au départ, même si, la violence est présente. L’Ouest de 1877, ce n’est pas Dora l’exploratrice, ni le monde des Bisounours. Surtout lorsqu’on est en terres Indiennes.

Les dessins de Igor Kordey ne me plairont jamais, mais dans cet album, ils passent mieux et sa double dernière planche est, une nouvelle fois, superbe. Comme quoi, on est toujours susceptible d’être surpris. D’ailleurs, le long titre, qui en disait beaucoup, réserve lui aussi une surprise.

Un western qui commence classiquement et qui sort des sentiers battus par la suite. Une bédé où les personnages ont une présence indéniable, que ce soit l’abject shérif ou le guerrier Lakota Epanay, un grand soiffard qui vise juste.

Un huitième album surprenant. Bien vu !

(*) Un petit oiseau tombé du nid se retrouve au milieu d’un chemin de campagne, il pleut, il a froid et il a faim.
Heureusement une vache qui passait par là lâche une grosse bouse sur le petit oiseau. Il se retrouve au chaud dans la bouse, et en plus il y trouve des petites graines à manger ; il est heureux et chante des cui-cui.
Un renard qui passait par là entend les cui-cui, sort le petit oiseau de la bouse et le croque.
Moralité 1 : Si quelqu’un vous met dans la merde, c’est pas forcément qu’il vous veut du mal.
Moralité 2 : Si quelqu’un vous sort de la merde, c’est pas forcément parce qu’il vous veut du bien.
Moralité 3 : Quand tu es dans la merde, ferme-la.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°97], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur. et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).