Sherlock Holmes – L’affaire du chien des Baskerville : Deborah Kespert

Titre : Sherlock Holmes – L’affaire du chien des Baskerville

Auteur : Deborah Kespert
Édition : Tourbillon (24/11/2011)

Résumé :
Grâce à la progression proposée dans le livre, le lecteur aide Sherlock Holmes et son fidèle Watson à résoudre la plus fameuse énigme de leur carrière !

A côté du livre la pochette du dossier personnel contient les fac-similés des documents nécessaires à la résolution de l’enquête. Les cartes d’identité des suspects, les rapports de police, le plan de la scène du crime, les articles de journaux et bien d’autres documents mettront le lecteur sur la piste du coupable.

Les astuces de Sherlock Holmes feront enfin de lui un parfait détective !

Critique :
Le genre de livre à offrir à un enfant qui aimerait découvrir l’univers de Sherlock Holmes, où si vous avez l’intention de passer le virus à vos enfants…

Pour un adulte qui connaît le canon holmésien, le livre n’apporte rien d’autre que de jolies illustrations, des indices dans une enveloppe, des articles de journaux,… bref, tout ce qu’il vous faut pour résoudre l’enquête.

Le hic, c’est qu’elle est la même que le livre, donc, si vous l’avez lu, vous connaissez l’assassin…

Mais l’ouvrage est très bien réalisé et l’adulte que je suis est redevenue enfant en jouant avec…

Le genre de livre à offrir à un enfant qui aimerait découvrir l’univers de Sherlock Holmes, où si vous avez l’intention de passer le virus à vos enfants…

Et vous savez que j’aime jouer avec.

© Parfum des livres – Blog

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Le casse – Tome 5 – Gold Rush : Luca Blengino & Antonio Sarchione

Titre : Le casse – Tome 5 – Gold Rush

Scénariste :
Dessinateur :

Édition :

Résumé :
Yukon. 1899… Hermès Coltrane, prestidigitateur de talent et ancien braqueur de trains, est rejoint par le jeune Mac, un ancien complice récemment évadé et dont la tête est mise à prix.

Ensemble, ils se lancent dans un voyage à travers le froid et la glace pour monter une équipe hors du commun.

Leur but : voler « The Stone », la plus grosse pépite d’or jamais découverte. Et la subtiliser au colonel Zondrick, l’homme qui, quelques années plus tôt, a détruit leur vie…

Critique :
Je dois avoir un faible pour le Klondike, moi, ces derniers temps, parce que je viens encore de passer la terrible Chilkoot Pass et de faire le voyage épuisant et frigorifiant jusque Cripple’s Junction, ville minière perdue dans le trou de cul glacé du monde !

Aujourd’hui je vais vous parler du vol du Youkounkoun ! Ah pardon, on me signale en régie qu’il a déjà été volé… et qu’en plus, c’était un diamant.

Or ici, on va tenter de voler le plus grosse pépite d’or jamais trouvée dans le Yukon : « The Stone », 50kg d’or le plus pur et certains aimeraient bien faire d’elle une Rolling Stone, c’est à dire la chouraver pour devenir riche, rouler le terrible Zondrik pour se venger de lui, et accessoirement, inscrire leurs noms dans l’Histoire.

Pour ça, faut réussir le casse du siècle et ne pas la jouer comme le cambrioleur Dortmunder dans « Pierre qui roule », justement.

Ce qui m’a attiré dans cette bédé, c’est avant tout sa couverture, le fait que cela se déroule aux États-Unis, les dessins, que j’ai trouvé très réalistes, les couleurs sépia de certaines cases.

Emballé c’est pesé et j’ai été embarquée dans une aventure folle, folle, folle, une sorte de casse à la Ocean Eleven, avec moins de monde, mais tout aussi bien détaillée, aussi extravagante.

Les personnages des voleurs sont sympathiques, trainent derrière eux un passé trouble, mais j’ai éprouvé de l’affection pour eux.

Zondrik, le proprio de la plus grosse pépite d’or, est – contrairement à Zorglub – un véritable salopard de la pire espèce et l’ombre de son Z plane, telle celle d’un sadique psychopathe lâchée dans la nature. Lui, les voleurs ou toute personne qui ne lui revient pas, il lui tranche la tête avec une véritable guillotine !

Beaucoup de violence et d’adrénaline dans cette bédé, de l’action, de l’intelligence, des tours de magie et d’illusion, car, même si la magie n’existe pas en tant que telle, le but du jeu consiste seulement à faire voir aux gens ce que vous voulez qu’ils voient.

Et le coup était parfaitement réussi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Les Tuniques Bleues – Tome 17 – El Padre : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 17 – El Padre

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1981)

Résumé :
Blutch et Chesterfield tentent d’échapper à une patrouille Nordiste. Leur but est d’atteindre la fontière Mexicaine où ils seront alors à l’abris. Mais de l’autre coté, chez les Mexicains, deux bandes rivales de bandits sèment la terreur.

Tentant de fuir à nouveau, ils trouvent sur leur chemin le cadavre d’un prêtre et de son serviteur. Afin de se fondre dans la population et de quitter leur uniforme qui mettaient leur vie en péril, il décident d’échanger leur vêtement avec ceux des deux victimes.

Chesterfield, qui possède la même corpulence que le pauvre prêtre, sera El Padre.

Critique :
Cette aventure en terre inconnue ne commence pas par un plan large d’une bataille, mais par nos deux amis poursuivis par un patrouille de Sudistes qui gagne du terrain.

Heureusement, face à eux il y a le Rio Grande qu’ils vont s’empresser de traverser puisque le scénariste a été assez sympa pour leur mettre un gué à disposition.

Les voici donc en terre mexicaine, ce qui n’est pas plus sécurisant que les Sudistes, et en plus, ces enfoirés montent la garde pour ne pas que notre duo retraverse.

Que fallait-il donc faire ? Traverser le Rio Grande ou pousser la chansonnette comme Eddy Mitchell ? Le traverser, pardi, et tâcher de ne pas se faire prendre par les mexicains basanés version guérilleros, les peones étant moins dangereux.

Une fois de plus, le sergent va faire preuve d’inventivité, de ruse et ça ne fonctionnera pas, car ils vont jouer de malchance avec les gris devant eux, un chef indien cruel à leur poursuite et une bande de mexicains mené par un gros type pas commode du tout.

Ce que j’adore dans cet album, c’est que nos deux amis, pour tenter de s’enfuir de cette terre hostile et échapper à Jacomino, le rebelle indien, vont se se vêtir des habits des deux morts trouvés sur leur route : un prêtre et son aidant et notre sergent au caractère bien trempé va devenir El Padre pour les peones du coin, sous la coupe du tyran au sombrero.

Comment s’en sortir coincés qu’ils sont entre ces deux bandes rivales qui ne s’entendent que pour pilier les convois d’armes ?

Les répliques volent bas, Chesterfield a tout d’un Don Camillo énervé et n’hésitera pas à dire à voix haute ce que d’autres auraient peur de penser à voie basse.

C’est un album que j’ai pris plaisir à relire, ayant oublié toute une partie, notamment celle de l’otage, et ma relecture fut une fois de plus placée sous le signe du rire et des sourires devant la mauvaise humeur du sergent et l’hilarité compréhensible de Blutch.

Des situations cocasses, des engueulades, des répliques qui volent dans les gencives, un sergent toujours aussi soupe au lait et un final qui, une fois de plus, ne sera pour récompenser nos deux hommes.

Un de mes préférés à cause de l’humour présent, du scénario drôle et bien pensé, et pour le fait aussi qu’on s’éloigne de la guerre, ce qui n’est pas plus mal, même si nous sommes dans une bédé humoristique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 3 – Et pour quinze cents dollars en plus : Raoul Cauvin & Louis Salvérius

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 3 – Et pour quinze cents dollars en plus

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Louis Salvérius

Édition : Dupuis (1973)

Résumé :
Le sergent Chesterfield, le caporal Blutch, Tripps et Bryan sont réaffectés de Fort Bow à un campement nordiste à proximité du Texas. Toutefois, Tripps et Bryan se sont mystérieusement faits porter pâle, ce qui laisse pour la première fois nos personnages évoluer en binôme.

Au campement, le général, un vieil homme à la longue barbe blanche, a eu une idée pour combattre les Sudistes, mais trouve peu de volontaires.

Cette idée est un raid de l’autre côté des lignes ennemies, afin de détruire toute infrastructure pouvant soutenir l’effort de guerre des Confédérés : plantations agricoles, voies de chemin de fer, etc.

Ne trouvant aucun volontaire, le général propose une prime de 1.500 $ pour quiconque s’engagera à accomplir cette dangereuse mission.

Critique :
Le petit Gibus nous aurait gratifié d’un  « Ben mon vieux, si j’aurais su j’aurais po v’nu » et le sergent Chesterfield aurait pu nous dire « Moi et ma naïveté, j’aurais mieux fait d’écouter le caporal Blutch ».

Mais comme toujours, le sergent fait une fois de plus preuve d’imbécilité naïve et puisqu’un général l’a flatté et que notre sergent à le respect de la hiérarchie dans le sang, il a dit oui à cette mission suicide consistant à d’infiltrer dans les lignes ennemies pour y faire le plus de dégâts possible.

Au début des Tuniques Bleues, la groupe était 4 : le sergent Chesterfield, le caporal Blutch et les soldats Tripps et Bryan.

Les auteurs, voyant que que des quatre hommes, deux en émergeait, ils en ont profité pour les faire évoluer en binôme et cette aventure est la première à mettre en avant ce qui deviendra un duo aussi célèbre que Laurel et Hardy.

Les dessins de Salvérius avaient perdus de leurs rondeurs dès le tome 2 « Du Nord au Sud » et maintenant, j’apprécie plus le trait que dans ses débuts.

Nos deux nordistes se retrouvent donc en mission d’infiltration dans les lignes ennemies avec le but louable d’y faire le plus de dégâts possible, le tout aidé et guidé par deux mexicains dont un est assez susceptible et a tendance à vous envoyer son couteau pour un mot de travers.

En parlant de mot de travers, dans cet album, le caporal Blutch ne se privera pas de dire à son sergent tout le bien qu’il pense de lui, avec des commentaires acerbes, ce qui lui vaudra un nombre incalculable de coups de poing dans la figure !

Ce qu’il y a de bien avec notre duo, c’est que si Blutch est un lâche qui ne pense qu’à déserter ou fuir le danger, il n’hésitera pas à tout faire pour sauver Chesterfield tombé aux mains des sudistes, même si cela lui voudra une engueulade pour remerciement.

Quant au sergent grassouillet, même s’il claque les talons devant tout gradé, il sait aussi faire preuve d’ingéniosité devant l’ennemi et si ce n’était la malchance qui le poursuit comme une ombre, ses brillantes idées réussiraient.

Mais comme souvent dans leurs aventures, cela se termine mal pour eux, ils ne sont jamais récompensés de leur bonne action et sont toujours aussi naïfs, surtout le sergent…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu – Tome 4 – La Loi du plus fort : Wilfrid Lupano & Salomone

Titre : L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu – Tome 4 – La Loi du plus fort

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Salomone
Édition : Delcourt (21/06/2017)

Résumé :
Dans cette Amérique de 1900 où le Congrès est dominé par les millionnaires, l’application de la loi Dawes permet la spoliation de milliers d’hectares de terres indiennes et la NRA, jeune association de promotion des armes à feu, intrigue pour faire voter une loi à sa mesure.

Tandis que dans les banques, le TIC TIC d’une nouvelle machine est en train de changer le monde, nos héros se retrouvent pour un chassé-croisé impitoyable…

Critique :
J’ai toujours eu un faible pour les auteurs qui me parlent de l’Amérique telle qu’elle est en vrai et qui, avec un certain cynisme noir me démontre qu’en effet, l’être humain est difficilement récupérable lorsque l’on agite devant lui la possibilité de palper des billets.

Dans les albums de Lupano, on a croisé des tas de gens peu fréquentables : des magouilleurs, des tueurs, des salopes, des bonnes sœurs méritant les flammes de l’enfer, mais les pires seront toujours ceux qui reprennent d’une main ce qu’ils avaient donné de l’autre.

Notamment les 30.000.000 (30 millions, vous lisez bien) d’hectares de terres données aux indiens après les guerres… Et les amerloques viennent toujours donner des leçons de morales aux autres.

Si dans l’Ouest d’où nous sommes parti, ce sont les flingues qui font la loi, à la jeune capitale de Washington D.C. c’est la finance qui fait la loi. Et la jeune société baptisée N.R.A, si vous voyez de qui je veux parler. Le lobby des armes qui ne voudrait pas voir son futur marché juteux s’écrouler pour quelques papiers signés Madison.

La loi du plus fort étant toujours la meilleure, va falloir ruser afin d’arriver à ses fins. Si on y arrive, parce que les bâtons dans les roues sont nombreux dès qu’il s’agit de business florissant ou de lobby.

C’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai retrouvé toute ma petite bande à la poursuite des fameuses lettres : Margot et ses atouts  qui se trouvent aussi bien dans sa te^te que dans son corsage qu’elle a bien rempli, Byron en fâcheuse posture, Knut et son langage à lui, nos deux jeunes indiennes, Jack, son père adoptif.

Ce tome 4 clôt la série et les fins de séries sont attendues avec impatience, mais aussi avec crainte car la question reste toujours de savoir comment les auteurs vont mettre fin à tout ça. Vont-ils rallier la fiction à la réalité (on sait ce qu’il en est du 2ème amendement) ou faire une uchronie avec un Amérique qui changerait de bord ?

Les États-Unis resteront tels qu’ils sont, ils ne changeront pas, seule le décor de notre bédé à changé puisque nous avons quitté les plaines de l’Ouest pour la « civilisation » de l’Est et ses grandes villes, ce qui donne un air mon western à ce dernier album qui clôt de manière honorable la série, à mon avis.

Puisque les États-Unis ne peuvent changer, autant que ce soit l’un des personnages qui fasse preuve d’un peu d’humanité, bien que je ne l’aurais jamais imaginé faire preuve d’amour ou de compassion. Les miracles n’ont pas lieu qu’à Lourdes, apparemment.

Un dernier tome moins burlesque que les précédents, des petits coups de plumes assassines envers les States et leur mentalité, leur mode de fonctionnement qui écrase les minorités qui y habitaient bien avant les nouveaux arrivants, une fin inattendue où la fiction rejoint la réalité, avec une explication appartenant aux auteurs mais qui pourrait être plausible aussi.

Une belle saga que je prendrai plaisir à relire encore et encore.

Mais je laisserai le dernier mot à notre cher ami Knut Hoggaard et sa poésie bien à lui :
— Lha SoolOop ! LaA SSSoLoôp ! La LooAaaah Mon KUuL ! Moooonde eeest fouuu !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 4 – Outlaw : Raoul Cauvin & Louis Salvérius

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 4 – Outlaw

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Louis Salvérius

Édition : Dupuis (1973)

Résumé :

Critique :
Le premier dessinateur des Tuniques Bleues fut Louis Salvérius qui mourut en 1972, laissant le sergent Chesterfield et le caporal Blutch orphelins de dessinateur après 4 aventures complètes publiées en album et 2 anthologies reprenant ses premiers dessins, ses premiers gags, les premières apparitions de Chesterfield et Blutch (que je n’aime pas car je les trouve trop gros nez, trop ronds).

Dans les aventures complètes, le trait de son dessin est plus agréable à suivre, il s’est affiné, est devenu plus réaliste, moins grotesque et je prends toujours plaisir à relire ces bédés.

Dans les premiers albums, il y avait un scénario riche, de l’humour, des dialogues croustillants et pas cette impression de stagner durant 46 pages (on ne sent pas trop que je n’ai pas apprécié les derniers albums ??), sans oublier la première case qui s’ouvre sur une scène de bataille ou d’action.

Ensuite, il arrive toujours des bricoles à nos deux hommes, à tel point qu’on se dit qu’une telle poisse, ça ne peut pas exister, qu’un jour, il devrait leur arriver un truc chouette qui ne tourne pas en couille dans le pâté…

— Vous alors ! Il faudrait une caisse d’explosif pour effriter votre moral !
— Quant au votre, n’en parlons pas ! Si vous en avez une particule, elle doit être restée au fond de vos bottes !

Mais ce ne serait pas drôle ! Comme le final, il doit toujours être à la hauteur de ces deux branquignoles dont l’un est obtus, borné, aimant l’armée et le pouvoir de ses galons et l’autre qui ne pense qu’à déserter.

Dans cette aventure, les militaires bornés et stupides en prennent plein leur grade car ils sont toujours juché sur des chevaux frais, ne chargent pas l’ennemi et se contentent de hurler sur les soldats, épuisés, laminés, blessés, sans armes et avec des chevaux fourbus de fatigue.

— Que la troupe se mette en position ! Faites donner la cavalerie !
— C’est qu’ils sont à court de munitions mon général ! Je vais donner l’ordre de leur en faire distribuer.
— Pas le temps, qu’ils se servent de leur sabre, nom de nom !
— Hélas, les trois quarts d’entre eux l’ont perdu dans les combats !
— Alors qu’ils chargent à mains nues ! 

—  Pensez donc, Docteur ! Aller dire tout haut à un général ce que tout le monde pense tout bas ! Faut plus avoir toute sa raison !

Cette aventure va envoyer nos deux compères en enquête pour le compte du général Küstler car les armées sudistes comme nordistes sont la proie des pillards indiens et mexicains et, vous comprenez, ça les dérange dans leur petite guerre entre gens civilisés. Quand je vous disait que les gradés en prenaient plein la gueule…

— Monsieur, que nous nous battions entre nous, c’est normal et de bonne guerre. Nous sommes des gens civilisés que diable ! Mais que vous mêliez à nos querelles des sauvages et des hors-la-loi, et ce pour nous mener la vie dure après chaque combat, voilà qui est lâche et indigne de vous, général Küstler !

Beaucoup d’humour, de répliques drôles, d’aventures, d’action dans cet album où Blutch et Chesterfield auront fort à faire pour trouver qui organise les pillages après batailles et où ces damnés mexicains vont se réfugier une fois leur forfait accompli.

Le tout sur fond de saloperies faites aux indiens par les bandits qui n’hésitent devant rien pour gagner plus tout en éliminant les autres.

— Nos armées sont fières de vous compter dans leurs rangs ! Grâce à vous, elles pourront lutter l’une contre l’autre sans plus être continuellement dérangées par ces hors-la-loi, honte de notre civilisation et plaie de notre pays. Au nom du général Lee … Merci …
—  Au nom du général Küstler … Merci… 

Assurément une chouette aventure de nos deux gaillards qui, pour une fois, se terminent bien, autrement dit, leur dernière charge dans l’album n’est pas humiliante pour eux et Blutch tient sa petite vengeance.

 Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 18 – Blue Retro : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 18 – Blue Retro

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (01/04/1981)

Résumé :
L’album est un flash-back qui raconte comment Blutch et Chesterfield sont entrés dans l’armée de l’Union.

Critique :
Pour tout ceux qui, comme moi, ont lu les Tuniques Bleues dans l’ordre (ou dans un semi-ordre), la première case de ce 18ème album avait de quoi surprendre : le sergent Cornelius Chesterfield dormant dans un véritable lit, son pouce en bouche, avant que sa maman ne vienne le réveiller.

De toute façon, la couverture était des plus explicites : nous allions enfin savoir comme le gros sergent avait croisé la route du maigre caporal et comment ces deux êtres que tout opposait allaient devenir amis.

Si dans les aventures habituelles ces deux là sont aux antipodes l’un de l’autre, on voit qu’il en a toujours été ainsi : le futur sergent, homme adulte, vit encore chez môman et papa et travaille comme garçon boucher chez Mr Graham, tandis que Blutch s’est déjà pris en charge et possède son propre bar.

De leur rencontre aurait pu naître une belle amitié si un jour, alors que Cornelius – fils à sa maman qui n’a qu’un rêve, qu’il épouse Charlotte Graham, la fille de son patron, afin d’hériter de la boucherie – allait demander ladite quenotte à Charlotte (contre son gré), n’avait eu la mauvaise idée d’aller boire un ch’tit canon chez le Blutch.

Les albums des Tuniques Bleues sont souvent satyriques envers l’armée, mais ici, il l’est encore plus en mettant en scène des militaires qui sont obligés, pour recruter de la chair fraiche, de pousser deux hommes à boire plus que de raison et de leur faire signer, traitreusement, leur papier d’engagement.

On a tellement besoin de chair à canon que les nouvelles recrues sont envoyées au front après une formation plus que sommaire : savoir mettre la baïonnette au fusil et puis charger après. Et tant pis s’ils vont au casse-pipe.

L’incurie des généraux est aussi mise en scène de manière tragico magnifique avec deux officiers de l’armée de l’Union qui se canardent depuis des jours sans savoir qu’ils se bombardent entre eux et que les soldats sont tués par leur propres frères d’armes.

Ça ne fera rire que les officiers, qui demanderont le silence, bien entendu.

Malgré le climat de la guerre de sécession, l’album est drôle, rempli de petits gags, de dialogues savoureux, de répliques acides, et explique la naissance du duo Chersterfield-Blutch ainsi que leur engagement dans l’armée, entre un qui ne désirait que ça (Chesterfield) et qui la vomit depuis toujours (Blutch).

À classer dans les tout bons de cette collection.

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Lucky Luke – Tome 12 – La Guérison des Dalton : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 12 – La Guérison des Dalton

Scénariste : Morris
Dessinateur : René Goscinny

Édition : Dargaud (1975) / Lucky Comics (2015)

Résumé :
La Guérison des Dalton est la soixante-neuvième histoire de la série Lucky Luke par Morris et René Goscinny. Elle est publiée pour la première fois du n°1 au n°13 du journal Nouveau Tintin, puis est publiée en album en 1975 aux éditions Dargaud.

Le professeur Otto Von Himbeergeist expose sa thèse au congrès américain : les desperados sont atteints d’une maladie, ils sont donc guérissables. Pour prouver ses dires, il est prêt à guérir les pires bandits de l’Ouest, les Dalton…

Le professeur emmène les Dalton dans une ferme afin d’être dans un milieu plus propice pour le traitement. Lucky Luke doit les surveiller.

Critique :
La psychanalyse pourrait-elle guérir les despérados les plus terribles ?? Leur méchanceté serait-elle due à une enfance malheureuse ? Et si la criminalité est une maladie, peut-on la guérir ?

C’est ce que va nous prouver le professeur Otto Von Himbeergeist (vous me copierez son nom 20 fois) avec, accrochez-vous bien, les Dalton !!

Ce que j’ai apprécié dans cet album que je viens de découvrir (ceux des éditions Dupuis sont toujours des relectures, ceux de chez Dargaud sont des découvertes), c’est la manière dont les auteurs se moquent de la psychanalyse et de sa propension à toujours tout ramener à l’enfance, ainsi que le fait que notre poor lonesome cow-boy soit totalement dépourvu devant les méthodes du professeur Von Himbeergeist.

Ici, pas de flingue, juste des mots. On ne met pas en fuite des bandits avec son six-coups, mais avec ses paroles. D’ailleurs, pourquoi Lucky Luke aime-t-il tant utiliser son révolver, hein ?? On devrait aussi se pencher sur son cas…

Si certains gags sont un peu redondants, notamment avec cette propension que tout le monde a de raconter son enfance au professeur à la barbichette, j’ai apprécié l’effet que sa thérapie aura sur des personnages tels que Averell Dalton et sur le chien le plus bête de l’Ouest, Rantanplan !

Si nous avions déjà eu l’occasion de voir les Dalton se racheter une conduite avec « Les Dalton se rachètent » qui était bourré d’humour, nous nous trouvons une fois de plus dans cette envie de les réinsérer dans la société, de les transformer en moutons, mais tout en restant dans une autre histoire que la première, heureusement que les auteurs ont su éviter le copié-collé !

Cet album-ci est moins drôle et différent de son prédécesseur, il n’en a pas sa magie et son humour, mais je ne me plaindrai pas car j’ai passé un excellent moment de détente et d’humour, notamment avec le coup du portefeuille et du maillon faible qui fera capoter toute l’affaire.

Pour une fois que la psychanalyse fonctionne !

Oups, j’espère qu’aucun psy ne lit mes bêtises, sinon, il va me demander de raconter mon enfance !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Lucky Luke – Tome 23 – Le Daily Star : Morris, Xavier Fauche & Jean Léturgie


Titre : Lucky Luke – Tome 23 – Le Daily Star

Scénaristes : Xavier Fauche & Jean Léturgie
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1984) / Lucky Comics (2000)

Résumé :
Lucky Luke fait la rencontre de Horace P. Greely. Ce jeune homme est un journaliste de talent qui a décidé de partir dans l’Ouest fonder son propre journal, le Daily Star.

Homme intègre, il n’hésite pas à dénoncer les injustices ou la malhonnêteté. Mais cela lui joue des tours et il se fait quelques ennemis dans la ville où il s’est installé. Luke décide de lui venir en aide.

Critique :
Voilà un album de Lucky Luke comme je les aime : de l’humour, des running gags qu’on a plaisir à revoir, de l’Histoire de l’Amérique et un Lucky Luke qui se fait voler la vedette par le personnage de Horace P. Greely, journaliste intègre et fondateur du journal Daily Star qui imprime plus vite que l’encre ne sèche.

Oui, Horace est une sorte de Twitter avant l’heure car il donne les infos en temps réel.

Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et encore moins à écrire, dès lors, lorsque vous imprimez noir sur blanc que les alcools servis par le parton du saloon sont frelatés, ne vous étonnez pas que ce dernier vous expulse de la ville.

De nombreuse fois, Horace et sa Washington Impériale n°3 offerte par ses parents se sont retrouvés dans le cours d’eau à la sortie de la ville. C’est d’ailleurs là qu’il a fait la connaissance de notre cow-boy solitaire préféré et de son fidèle destrier.

Horace est un personnage drôle, attachant, émouvant dans sa quête de publier la vérité, sans langue de bois, comme tout journaliste devrait être.

Hélas, vous savez comme moi qu’on aime museler la presse en la corrompant (tout Homme a son prix) ou en menaçant les gens qui veulent creuser dans la fange pour extirper la vérité.

Ça ne va pas faire plaisir à certains dans la ville de Dead End City où le tenancier du saloon n’a pas apprécié l’article sur son whisky frelaté et l’épicier sur ses marges exagérées.

Beaucoup d’humour dans cet album, de l’humour fin, en plus, avec Lucky Luke et Horace cherchant par tout les moyens à imprimer le journal, sur tous les supports possibles et imaginables – ce qui donnera des clins d’oeil des plus amusants sur notre époque – et l’imprimant même avec du café lorsque l’encre n’arrivera pas.

« Vous manquez de café ? Faites infuser votre Daily Star ! »

Inventant des slogans publicitaires, se faisant payer en nature, inventant le premier journal parlé, gravant son nom sur les fers de son cheval, Horace n’est jamais à court d’idées pour diffuser son journal, ne se sentant plus lorsque les ventes passent de 30 à 35 exemplaires.

J’avais déjà pris un plaisir fou à lire cet album post-Goscinny (R.I.P.) qui contenait tout ce que j’apprécie dans les aventures de Lucky Luke et j’ai pris autant de plaisir à le relire et m’esclaffer devant leurs bons mots.

Rien à redire, cet album est une belle réussite et il peut trôner avec mes Lucky Luke préférés !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Lucky Luke – Tome 16 – Le Magot des Dalton : Morris & Vicq

Titre : Lucky Luke – Tome 16 – Le Magot des Dalton

Scénariste : Vicq
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (07/06/1996)

Résumé :Les Dalton apprennent l’existence d’un trésor caché par l’un de leurs co-détenus dans une ville de l’Ouest. Seul problème, ce magot est situé près d’un rocher, or une prison a été construite sur les lieux.

S’évadant de la prison dans le camion à soupe, ceux-ci vont trouver sur leur chemin une nouvelle fois Lucky Luke, ainsi qu’un juge débonnaire !

Critique : 
À croire que l’esprit de Goscinny planait sur l’album car malgré sa disparition et l’apparition d’un nouveau scénariste, on ne se retrouve pas face à une daube sans goût mais devant une madeleine de Proust réunissant différents albums de Lucky Luke.

Les puristes me diront que tous les albums de Lucky Luke scénarisés par le talentueux et génialissime Goscinny étaient tous du haut de gamme… Je l’avoue, son génie s’exprimait mieux dans les Astérix ou dans les Lucky Luke publiés aux éditions Dupuis.

Paraît que ce serait la faute à Morris qui n’aimait pas trop que son scénariste face des calembours comme il avait l’art de le faire dans les aventures du petit gaulois… Donc, René Goscinny devait se retenir.

Et voilà que dans cet album post-Goscinny, je retrouve un peu de sa verve, de son humour, de ses dialogues aux petits oignons. Là, on peut dire que j’ai été plus qu’étonnée.

Les dalton sont toujours égal à eux-mêmes, creusant 4 trous pour s’évader de la prison. Par contre, les voir creuser un tunnel pour pénétrer dans une autre prison, on a de quoi être étonnée ! Ce n’est pas Averell qui me contredira !

Je vous parlais des madeleines de Proust un peu plus haut, et elles me sont venues à l’esprit en voyant le capitaine de la cavalerie, aussi flegmatique que celui de l’album « Le 20ème de cavalerie ».

Bon sang, mais c’est bien sûr ! Les nouvelles méthodes appliquées aux prisonniers font penser à celles dans « Les dalton se rachètent », un lieu rassemblant tout ce que le pays compte de desperados, ça ressemble furieusement à « Dalton City » et tous ces bandits qui veulent aller en prison, on se croirait dans « À l’ombre des derricks », quand on avait trouvé un gisement de pétrole dans la prison.

Il y aussi autre chose qui m’a fait aimer cet album : Lucky Luke se roule des cigarettes, fume comme un pompier et boit de la bière ou des boissons alcoolisées, et il ne mâchouille pas un brin d’herbe tout en buvant de la limonade pour faire politiquement correct !

Bref, ce n’est pas un album pépite comme le furent certains à l’ère des éditions Dupuis, mais il est tout de même meilleur que certains que j’ai pu lire des éditions Dargaud et, ma foi, il mérite qu’on souligne son scénario original, ses rappels à d’autres albums, ainsi que la qualité de ses dialogues.

Une bonne surprise !

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Le Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.