Orcs & gobelins – Tome 2 – Myth : Sylvain Cordurié & Giovanni Lorusso

Titre : Orcs & gobelins – Tome 2 – Myth

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Giovanni Lorusso

Édition : Soleil Productions – Heroic fantasy (24/01/2018)

Résumé :
Myth est un voleur gobelin très doué. C’est aussi un incurable vantard partageant son temps entre la cambriole et la fuite incessante. Quand il fait escale à Scarande, des mercenaires le mettent à l’épreuve pour tester ses compétences.

Un mystérieux assassin veut lui confier une mission suicide : voler le joyau de Raal’yn, un vieil elfe noir qui réside dans la citadelle de Slurce.

Une réponse négative s’impose mais ce client, diablement efficace pour massacrer son prochain, menace sa vie, difficile de dire non…

Critique :
Vous vous souvenez du bel Arsène ? Mais si, Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur, le gars aux doigts de fées (les dames s’en souviennent, parait-il) à qui aucune serrure ne résistait, avec qui aucun bijou n’était à l’abri…

Et bien Myth, c’est la version gobelin du Lupin : ça est tout vert, balafré, puant, mais au niveau de la cambriole, il n’a rien à lui envier, il le dépasse, même, puisque notre ami de couleur sait se battre et grimper aux murs, tel une mouche.

Avant de découvrir la saga des Orcs & Gobelins, je vous aurais juré, la main sur le cœur, que je détestais ces créatures qui étaient réputées puantes, perfides, stupides, bagarreuses, envahissantes, vils,… Enfin, d’après ce qu’en disaient les Elfes et les Nains.

Maintenant que j’ai fait la connaissance de quelques uns de ses meilleurs représentants, je n’en suis plus aussi sûre…

Comme quoi, faut jamais écouter ce que disent les autres sur les gens différents de nous car c’est souvent trompeur : la preuve ! Ouvrons notre esprit et allons à leur rencontre, de ces Orcs et Gobelins (qui sentent mauvais, ça c’est véridique… et tout le reste aussi, d’ailleurs ! mdr).

Conseil d’ami, si vous croisez la route de Myth, planquez vos richesses et si vous l’engagez pour aller voler/tuer un ennemi/rival (biffez les mentions inutiles) ne jouez pas avec ses burnes.

Avec des dessins qui donnent envie de plonger la tête dans l’histoire et un scénario, certes classique, mais bien amené, voilà une bédé qui a du peps, de l’action et qui a pour héros un gobelin peu recommandable, vantard mais, ô combien attachant.

En plus, son prénom – Myth – me fait penser à la blague du gérant d’hôtel dépité qui avait derrière lui, une énorme mite dans une cage. Faudra que je vous la raconte un jour, tiens…

Devant un commanditaire mystérieux qui ne lui laisse pas le choix (tout en cachant son identité) et une mission qui a tout d’impossible, notre gobelin va développer des ruses de renard, aidé par trois compères tout aussi vert que lui et donner au lecteur une tension qui va aller crescendo, avec quelques scènes de bagarres bien détaillées.

Myth n’en est pas un (de mythe) et, s’il est un horrible vantard, il ne se vante jamais que de ce qu’il a réussi, contrairement à d’autres. En plus, il a un cerveau et il sait s’en servir pour découvrir l’identité du mystérieux commanditaire.

Un héros moche, puant et immoral à découvrir car il le mérite, ce Myth !

Comme quoi, tout est possible, dans la fantasy.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Publicités

Elfes – Tome 20 – Noirs d’écailles : Marc Hadrien & Dimat

Titre : Elfes – Tome 20 – Noirs d’écailles

Scénariste : Marc Hadrien (pseudo de Christophe Arleston)
Dessinateur : Dimat (Daniela di Matteo)

Édition : Soleil Productions – Heroic fantasy (29/11/2017)

Résumé :
Toujours en fuite, Gaw’yn et Dyfeline se sont réfugiés à Akrähyng, la cité où l’on élève les dragons. Loin de mener une existence apaisée, tous deux sont en proie avec leurs démons…

Gaw’yn doit absolument se procurer de la fleur de Thnen, seul remède à ses pulsions sanguinaires d’Ar’thnen et Dyfeline, rongée par le remords d’avoir tué alors qu’elle était goule, ne peut se résoudre à se pardonner.

Loin de la citadelle des elfes Noirs, ils pensent avoir réchappé à leurs assassins et sont embauchés comme valets de cages, aux élevages de dragons.

Déterminé à gagner sa vie honnêtement, le couple ne se doute pas que depuis Slurce des messages sont envoyés aux elfes Noirs des quatre coins des Terres d’Arran pour retrouver leur trace.

Critique :
Non je ne viens pas de lire cette bédé avec un an de retard puisque je l’avais lue en avant-première dans le « Lanfeust Magazine ».

En créant cette fiche critique et en faisant une recherche sur le scénariste (dont j’avais déjà vu le nom sur d’autres bédés), j’ai appris qu’en fait, Marc Hadrien n’était autre que Christophe Arleston, le scénariste prolifique des éditions Soleil.

Ce tome 20 met en scène un des Elfes  que je préfère, Gaw’yn, appartenant au peuple des Elfes Noirs, les maîtres assassins vivant dans la citadelle de Slurce.

Gaw’yn possède une sacrée paire de couilles puisqu’après avoir été envoyé en mission « élimination » par ses maîtres, monsieur est tombé amoureux d’une humaine et est fichu le camp avec, entraînant à ses guêtres toute une flopée de tueurs de son ordre.

La Phalange Obscure n’a guère besoin d’ordres. Chacun sait ce qu’il a à faire. Et aucun témoin n’a jamais survécu pour dire que les Elfes Noirs sont des assassins.

Alors que le tome 15 mettait en scène les goules zombies très amitieuses, très collantes, très puantes et très envahissantes, celui-ci revient sur la fuite des amoureux et les moyens qu’ils devront mettre en oeuvre pour gagner de l’argent puisque madame ne veut plus que son Noir Elfe tue, vole, pille et autres joyeusetés de son ordre.

Heureusement, Gaw’yn reste un Elfe Noir et même contraint de nettoyer les merdes des dragons, il est toujours à la recherche des petits secrets des autres afin de pouvoir s’en sortir et fuir de cet endroit. Il est malin, notre Gaw’yn et il a été bien formé.

— Ne t’inquiète pas, l’or, ça se trouve…
— Non Gaw’yn. Ça ne se trouve pas, ça se gagne.

Quand on ne veut pas de témoin, c’est qu’il y a des informations qu’on ne souhaite pas partager. Et un elfe formé à Slurce sait que l’information, c’est primordial.

On a une fois de plus de l’action, des personnages récurrents, une histoire avec un fond (et pas que des cascades ou des combats), ainsi que des rappels flagrants à notre société capitaliste et à la lutte des classes. On est dans la fantasy, certes, mais ces sujets sont universels et commun à tous les mondes.

Les personnages qui gravitent dans ces pages aux dessins magnifiques sont bien esquissés. Le dessinateur des tomes 5 et 10, Ma Yi avait cédé sa place à Popescu pour le tome 15 et là, je trouve que ceux de Daniela di Matteo (Dimat) n’ont rien à envier à ceux de ses prédécesseurs, même si j’avais un faible pour l’univers dessiné par Ma Yi qui était plus sombre.

Ma seule peur était que le personnage de Dyfeline ne nous la joue un peu trop « femme amoureuse » et que notre bel Elfe Noir ne finisse guimauve à force de tant d’amûr. C’est une tueur, nom de dieu ! Ouf, mes craintes étaient infondées, mon Gaw’yn est toujours impitoyable.

Pourtant, j’aurai un bémol… Alors que dans le tome 15, qui mettait en scène Gaw’yn et sa douce, nous avions terminé sur un happy end inattendu et quasi inespéré, vu la tournure qu’avaient pris les événements, maintenant, alors que le pire danger est passé, bardaf, l’embardée et un final zéro happy end.

En attendant, notre Black Elfe est en train de succomber au côté Obscur de la Force et je sens que dans le tome 25, ça va chier des barres et niquer fort sa race quand Gaw’yn va débarquer à Slurce…

Encore un chouette tome, même si en deçà du 5 qui était une véritable claque dans cet univers des Noirs.

Allez, vivement la suite !

Une promesse faite au nom de Slurce est la seule qu’un Elfe Noir tient toujours.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Nains – Tome 11 – Torun de la forge : Nicolas Jarry & Pierre-Denis Goux

Titre : Nains – Tome 11 – Torun de la forge

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil Productions – Heroic Fantasy (août 2018)

Résumé :
Fuyant la vengeance d’un maître du Talion, la famille de Torun s’est exilée à l’autre bout du monde.

Le jeune nain se retrouve alors sans mentor pour lui enseigner l’art de la forge. Le prêtre du village se propose de le prendre comme disciple afin qu’il puisse lui succéder.

La mort dans l’âme, il s’apprête à accepter quand sa route croise celle d’un ermite à moitié fou, un nain vivant comme une bête au fin fond des bois…

Critique :
Si dans le cycle des Elfes j’ai une préférence pour la saga des Elfes Noirs et Sylvains, dans le cycle Nains, ma préférence va à ceux de l’ordre de la Forge et des Errants car ce sont souvent eux qui m’ont apporté le plus d’émotions.

Le premier tome, avec Redwin de la Forge était époustouflant et celui avec  son fils cadet, Jorun, tout autant.

Dans ce tome 11, nous entamions une autre histoire, avec d’autres personnages, mais puisque les albums de cette saga font partie d’un tout, on croise souvent des têtes connues.

Direction la terrible Légion de Fer, celle où les Nains s’engagent lorsqu’ils veulent fuir les règles, le poids de la tradition naine, le déshonneur ou la justice… Là, on ne vous demandera rien, si ce n’est de savoir vous battre.

Un guerrier forgeron va nous conter une histoire, alors qu’il s’éloigne de la tente d’un instructeur, après lui avoir donné un couteau forgé de sa main.

Il fait nuit, il tombe des trombes d’eau et le dessinateur a réussi à donner à ce temps de merde une réalité grâce à ses traits précis et l’utilisation de couleurs sombres.

Une fois de plus, le scénariste nous entraîne dans une histoire connue : le poids des fautes du père, l’entêtement, l’exil, le poids des secrets, le dépassement de soi, les rêves improbables et une enfance difficile, sans les parents, aux côtés d’un grand-père, d’une gamine et d’une grande sœur qui trime pour faire bouillir la marmite.

Oui, on est dans du déjà-lu, du connu, mais le gamin qui nous raconte son enfance, ses rêves, ses espoirs et sa rencontre avec un vieil ermite le fait si bien qu’on ne peut être conquis par ce Marmouse un peu borné, qui aurait aimé être forgeron, comme son père, si celui-ci ne les avait pas contraint à fuir avant de mourir, laissant ses enfants à son propre père, infirme.

Torun aurait aimé suivre une voie, mais celle-ci lui est fermée, son grand-père se trouvant médiocre forgeron et le gamin étant trop âgé que pour entrer en apprentissage : alors il cherche sa voie, prêt à tout pour forger, quitte à s’engager dans la Légion de Fer alors qu’il n’a pas l’âge. Mais celle-ci n’accepte pas les gamins.

— Quelles que soient les circonstances qui te poussent à vouloir t’engager, il va falloir y faire face en véritable poilu, Torun… On ne grandit pas en fuyant les épreuves, mais en les traversant.

Il avait la rage sur la terre entière à cause du fait qu’ils vivaient comme des Errants alors qu’ils appartenaient à ceux de la Forge, et là, c’est la douche froide… Va falloir devenir membre du Temple comme préconisé par son papy ? Ça le fait chier, le Torun. Ne lui reste plus que l’ermite qui vit dans la forêt…

Des épreuves, notre garçon va en vivre quelques unes traumatisantes et comprendre que le comportement de renoncement qu’il a méprisé il y a peu peu lui tomber dessus sans coup férir et le laisser aussi inerte qu’un rat mort.

Son apprentissage, il va le faire dans le sang, la colère mais aussi dans l’amour des siens.

Les scènes de combats sont magnifiques, détaillées, pleines de vigueur, de sang, de combat de grands guerriers, sans compter qu’il faut aussi expliquer aux autres QUI a tué des familles de fermiers sans défenses… et arriver à deviner l’identité de ce vieil ermite un peu fou mais qui sait forger et qui va nouer avec Torun les liens qu’il n’a pas su nouer avec son cadet.

Torun est un jeune Nain qui m’a conquise, emportée, pour qui j’ai frémi. Tous les codes de la fantasy sont réunis, accompagnés de ceux de notre société à nous et de nos travers habituels (dont celui d’éliminer les autres pour avoir tout).

Un album à lire, une saga à découvrir, enfin, pour ceux qui aiment la fantasy… Bien que, au final, on soit toujours dans une critique et une analyse de notre société humaine. En cela, nous sommes les meilleurs inspirateurs qui soient.

Mon père m’a dit un jour qu’il n’existait pas de poilus médiocres, seulement des poilus qui n’avaient pas eu la chance de rencontrer un maître capable de révéler leur talent…

Un diction dit que celui qui renonce pourrait bien le faire un instant avant qu’advienne le miracle. Alors nous ne renonçons pas. Nous attendons le miracle. Et les quelques instants que nous grappillons font parfois la différence entre la vie et la mort… Entre la défaite et la victoire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Nains – Tome 10 – Abokar du Bouclier : Nicolas Jarry & Nicolas Demare

Titre : Nains – Tome 10 – Abokar du Bouclier

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Nicolas Demare

Édition : Soleil Productions (24/01/2018)

Résumé :
Trente-huit ans ont passé depuis la mort de la jeune Tiss. Abokar a été le seigneur de bataille du grand-père du roi actuel. Il est vieux, très vieux, il combat depuis plus d’un siècle. Il n’est plus que l’ombre du guerrier qu’il a été jadis.

Son corps, habitué à la rudesse des campagnes, le fait souffrir, et ses pensées semblent parfois le fuir… Abokar sait qu’il est temps pour lui de tirer sa révérence…

Critique :
Non, je ne fais pas comme le Maréchal Groucho… Grouchy (pardon) et arriver après la bataille ! D’accord, l’album est sorti en janvier 2018, mais je profite toujours de mon anniversaire fin novembre pour me faire offrir les dernières bédés manquantes à ma collection.

Pardon pour ceux qui n’aiment pas ça, mais dans les prochains jours, vous risquez de voir défiler des Nains, des Elfes, des Orcs et des Gobelins.

Mon cher et tendre a fait le plein (mdr)… Manu, si tu me lis… Descends ! (les fans des Inconnus comprendront).

Mais je m’égare ! Un qui ne s’égare pas, c’est Abokar, vieux chef des armées, un Poilu habitué à tenir le rang, à se battre et un stratège hors pair ! Ze Napoléon, en version Austerlitz et pas Waterloo, bien entendu.

Bérézina pour ce grand chef, il est atteint d’une maladie dégénérescente qui le fait trembler et risque de le faire mourir dans d’atroces souffrances et surtout, de le faire pisser eu chier sous lui et ça, il n’en est pas question pour lui !

Habitué à donner des ordres, à se faire obéir et à envoyer bouler les politiciens ou banquiers, Abokar a du mal à accepter se déchéance, tout comme il n’accepte pas les boiteux dans ses rangs ou les gens qui contestent ses ordres.

J’ai pris plaisir à retrouver un jeune marmouse croisé dans le tome 5 : Dohan, le jeune frère de Tiss, première pisseuse à entrer dans l’ordre du Bouclier. C’est Dohan le boiteux qu’Abokar déteste et encore plus lorsque ce dernier lui sauve la mise.

Dohan est tellement présent dans la première moitié de l’album que j’ai pensé à un moment que le scénariste s’était planté dans le titre puisque je suivais les pérégrinations de Dohan et non celles d’Abokar, avant de retrouver ce vieux guerrier.

En plus de mettre en avant un vieux guerrier atteint de tremblote et de perte de contrôle, les auteurs lui ont ajouté un boiteux, un guerrier qui n’a jamais trouvé sa place à cause de son handicap et exilé aux confins du royaume, sur un Mur qui bouche un passage au Nord, empêchant des Nains renégats de les envahir. GOT en hommage ?

Le duo improbable, les deux guerriers handicapés chacun par un mal et qui vont tenter de sauver l’empire de la menace venue en droite ligne du Nord…

Une fois de plus, l’univers des Nains m’a enchanté et vu le nombre de phylactères ou de cartouches explicatifs. Certains pourront trouver que ça fait trop de textes et que ça ralentit le rythme de lecture, mais je n’ai pas ressenti cela de cette manière.

Pour moi, ces explications étaient nécessaires et m’ont fait passer plus de temps sur la bédé. Moralité ? Ma lecture a duré plus longtemps… ♫ Pour mon plaisir ♪

Derrière tous ces beaux dessins, il y a aussi un récit, un scénario étoffé, travaillé, qui laisse la place au suspense, au mystère et à de belles stratégies.

Certes, on pourra me dire que le scénario reste classique car on n’a plus rien inventé depuis longtemps et tout à été déjà écrit car souvent tiré de l’Histoire du monde, de l’Homme ou de la politique.

On a beau lire les mêmes histoires en fantasy (ou ailleurs), on continue de les dévorer avec avidité car lorsque les conteurs sont bons, on se fiche pas mal de lire un scénario « déjà-vu ».

Bien que moins poignant que « Tiss du Bouclier », Abokar mérite lui aussi d’être connu car il reste un guerrier légendaire, un meneur de nains hors pair (paires ?). Quant à Dohan, malgré sa patte folle, il a un cerveau, sait l’utiliser et mérite lui aussi d’être un grand guerrier car il a du courage et ne fuis pas devant le danger.

Une fois de plus, un tome qui m’a fait passer un bon moment de lecture, avec un vrai scénario, même si avec moins d’émotions que d’autres albums précédents et des superbes dessins.

Oui, je suis une inconditionnelle des sagas Nains, Elfes et Orcs & Gobelins.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Ira Dei – Tome 1 – L’or des caïds : Vincent Brugeas & Ronan Toulhoat

Titre : Ira Dei – Tome 1 – L’or des caïds

Scénariste : Vincent Brugeas
Dessinateur : Ronan Toulhoat

Édition : Dargaud (12/01/2018)

Résumé :
En 1040, les armées de Byzance tentent de reconquérir la Sicile, alors aux mains des Arabes. Alors que la ville de Taormine résiste à Harald, le général Maniakès, un Normand nommé Tancrède et un jeune moine, Étienne, légat du pape proposent les services de leur petite troupe de mercenaires.

À la demande d’Étienne, Tancrède se rapproche d’Harald et lui propose un marché : il fera tomber Taormine en trois jours, en échange de quoi il recevra les richesses de la cité. Même s’il comprend que Tancrède est en mesure de réaliser ce prodige, Harald se méfie de cet homme dont les yeux révèlent qu’il a « traversé les Enfers » et dont le passé mystérieux ressurgit peu à peu…

Pourquoi l’Église a-t-elle fait de lui une arme au service de Dieu ? Et quelle revanche veut-il prendre aujourd’hui ?…

Critique :
J’étais toute contente de débarquer enfin sur l’ile d’origine de mon mari : la Sicile ! Que vois-je ? Putain, y’a un sacré bordel ici !

Des Suédois, des Arabes, des Byzantins, des Lombards, des Normands, des Grecs… qui font le siège (ou défendent) la ville de Taormine qui résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Serait-ce que la bouffe est meilleure là et les hôtels pas chers tout en étant confortable ?

Ben non, juste que j’ai débarqué à la mauvaise période ! Nous sommes en 1040 et je risque de ne pas pouvoir bronzer et lire tranquilles avec tous ces mercenaires qui trainent dans le coin, dont le fameux Tancrède (Robert) dont nous allons apprendre un peu plus sur ses origines, ses blessures, la trahison dont il fut victime.

La Sicile, une fois de plus, se fait passer dessus par tout le monde et rien que pour s’y retrouver dans tous les peuples qui assiègent les assiégés, faut un dessin, tant c’est bigarré de nations.

— Des remparts construits par des Grecs, défendus par des Arabes et assiégés par des Normands, Lombards et d’autres races, au service de Byzance. Un sacré bordel, hein ?

Niveau personnage, c’est de la belle brochette : bien des nations sont représentées et les caractères de ceux qui traversent ce récit sont bien trempés, rempli de mystères pour certains, de haine et jalousie pour d’autres, d’envie, de cupidité, de violence, de luxure.

Oui, on a rassemblé les 7 péchés capitaux (et bien plus) dans ces 54 planches, sans oublier d’ajouter une pincée de Game of thrones pour les trahisons et les guerres en tout genre. Bien que, vous le savez, George R.R. Martin n’a eu qu’à se baser sur les guerres de notre Monde pour créer une partie de son scénario…

Il y a une forte de mystère avec notre Tancrède (Robert de son vrai prénom), l’homme à la cicatrice au visage : envoyé pour devenir l’homme de confiance du Varègue Harald afin de l’espionner, il semble vouloir jouer un double jeu et les nombreux flash-back disposé dans le récit nous expliquerons qui l’a trahi.

En plus d’avoir un sacré culot, une sacrée paire de couilles (il n’a peur de rien), notre homme a des envies de vengeance, mais je pense qu’il va faire dans le moins raffiné que le comte de Monte-Cristo.

Bien des mystères aussi dans les deux moines qui l’accompagne, dont cet Étienne (♫ tiens le bien), légat du pape (rien que ça !) qui est insensible à la douleur et semble vouloir donner des ordres à notre balafré, comme si était le commanditaire de cette infiltration.

Les tons de l’album sont fort colorés, utilisant des palettes de jaunes, oranges, rouges qui donnent de la chaleur aux planches créant une dichotomie avec le récit assez noir et sombre.

Mon seul bémol ira pour l’encrage : une ligne plus claire aurait rendu les dessins encore plus somptueux.

Sans être une fane des guerres, j’ai trouvé l’album intéressant, niveau Histoire et niveau scénario car nous ne faisons pas que d’assister à des batailles, il y a une histoire derrière tout ceci et bien des interrogations.

Une chose est sûre, je vais me jeter sur le tome 2 lorsque je mettrai la main dessus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

L’Expédition – Tome 1 – Le Lion de Nubie : Marcelo Frusin & Richard Marazano

Titre : L’Expédition – Tome 1 – Le Lion de Nubie

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (13/05/2011)

Résumé :
Peu après la conquête de l’Égypte, une centurie romaine découvre une embarcation à la dérive.

À bord, le cadavre d’un homme noir portant des documents dans une langue inconnue, et de bijoux en métaux rares et des pierres précieuses, dont l’ouvrage magnifique évoque l’existence d une civilisation riche et puissante.

Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d’expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à la recherche de cette civilisation inconnue de Rome.

Seuls trois d’entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.

Critique :
Certains hommes ont des lubies, d’autres ont des Nubie… Oui, je sais, elle était facile mais je n’ai pas pu m’en empêcher.

L’Homme a toujours voulu avoir plus de richesses et l’Empire Romain a beau être étendu, riche des terres conquises et être arrivé à mettre les Égyptiens sous leur joug, l’attrait de l’or est toujours là, dévorant les entrailles.

Donc, lorsqu’une barque contenant un homme tatoué et mort, entouré de richesses, ça donne des idées à certains de pouvoir s’offrir mieux qu’une Rolex pour leur cinquante ans.

Fin stratège, comprenant que l’homme vient d’une région encore non découverte de l’Afrique Noire, le centurion Caïus Bracca délègue Marcus Livius à la tête d’un petit commando de 10 mercenaires. N’en manquait pas beaucoup pour nous donner les 12 salopards…

J’ai vu des forteresses qui masquaient leurs forces derrière une apparente désorganisation. Les hommes comme les forteresses les plus subtiles ont tous un point faible…

Comme cette expédition en terres inconnues ne peut se faire aux yeux de tous (l’Homme n’est pas partageur de ses richesses), ces hommes désertent pour cacher leur véritable mission.

Pour info, le début du récit comment avec l’apparition d’un homme affamé et il est indiqué que nous sommes 739 ans après la fondation de Rome (des fois où vous voudriez situer l’histoire sur la ligne du temps). Nous sommes probablement encore sous l’ère d’Auguste.

Prenez un stylo et notez que, selon Wiki et d’après la légende latine, Romulus fonda la ville de Rome à l’emplacement du mont Palatin sur le Tibre le 21 avril (c’est précis), en 753 av. J.-C. Un rapide calcul nous donne donc la date de 14 apr. JC, année où est mort Auguste (le 19 août 14, pour info et pour briller en société).

Les tons de cet album sont fort sombres, à l’image de la couverture, et même si certains cases ont des tons plus jaunes, cette couleur reste pâle, non éclatante comme j’aime le jaune.

Normal, ces tons sombres lorsque l’on découvre que le scénario l’est tout autant. Non pas qu’il est épais comme un café Turc et qu’on ne voit pas le fond, juste que le ton n’a rien à voir avec la joyeuseté d’un Petzi partant à l’aventure avec tous ses amis.

L’expédition n’a rien d’un voyage d’agrément et au fil des cases, des mercenaires nous quitterons, tandis que nous en apprendrons un peu plus sur Marcus Livius, le meneur de cette troupe et homme de la garde personnelle de Caïus Bracca.

Aux travers de quelques ragots et potins, nous apprendrons d’où lui vient ce surnom de Lion de Nubie et ce qui a fait se gausser toute l’armée. Pourtant, notre homme est brave et ne manque pas d’avoir une fameuse paire de « vous-savez-quoi » entre les jambes.

Ma foi, je ne me suis attachée qu’à la jolie petite gueule de Marcus Livius, les autres étant moins présent, trop peu esquissé à mon goût ou pire : les dessins se ressemblant dans leurs visages, on n’arrive pas toujours à savoir si on a affaire au Grec philosophe, au vétéran des guerres romaines ou à Falco, la grande gueule.

Il faut donc être concentré pour savoir qui est qui, surtout dans leur chevauchée à dos de dromadaire, dans leurs combats contre toute la famille de Ed, Shenzi et Banzaï (faites marcher votre mémoire) ou dans leur marche forcée dans les étendues de sables, avec tout le barda de légionnaire sur le dos, casque à plumes compris !

Chapeau les gars, moi, lorsque je marche, je porte des vêtements adaptés, mais à leur époque, le Décathlon était encore une compétition masculine d’athlétisme regroupant 10 épreuves…

La Libye est un pays immense et inhospitalier, les hommes civilisés n’y ont pas leur place. Le sel de ces régions commençait à corroder nos cuirasses. Nos rêves de conquête avaient subi l’épreuve du feu et de la sueur… Ce serait bientôt l’épreuve du sang !

Un album que j’ai pris plaisir à découvrir, au hasard (la couverture m’avait attirée) car acheté dans une brocante, à bas prix et bien souvent je me laisse guider afin de découvrir d’autres bédés et, qui sait, commencer de nouvelles collections.

Du jour où nous avons atteint cette région de collines, notre expédition était condamnée… Nous allions rencontrer un empire plus étonnant que l’empire des Perses, plus grand que celui de Rome… Mais nous n’y étions pas préparés…

Un album, qui, l’air de rien, met en avant tout en tirant sur le colonialisme et toutes ses dérives.

Ainsi l’impérialisme […] tue d’abord spirituellement et culturellement l’être, avant de chercher à l’éliminer physiquement. La négation de l’histoire et des réalisations intellectuelles des peuples africains noirs est le meurtre culturel, mental, qui a déjà  précédé et préparé le génocide ici et là dans le monde (Cheik Anta Diop)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Durango – Tome 17 – Jessie : Yves Swolfs et Iko

Titre : Durango – Tome 17 – Jessie

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Iko (Giuseppe Ricciardi)

Édition : Soleil (15/06/2016)

Résumé :
Durango se remet d’une blessure au bras chez son ami Larry Haynes, shérif de la petite bourgade tranquille de Hanckok.

Seul le braquage d’un fourgon contenant un bon paquet de dollars a récemment troublé cette sérénité. Ni les coupables ni le butin n’ont été retrouvés.

Un matin, un différend bruyant opposant Maxwell, tenancier du saloon et maison de passe de la ville, à Jessie, une nouvelle fille qui a été surprise en train de fouiller dans le bureau du patron, attire l’attention de Haynes.

La jeune inconnue est une menace pour ces escrocs sans scrupules. Simultanément, Franck, à la tête d’une bande d’outlaws, sillonne la région, à la recherche d’un magot disparu.

Critique :
Changement de dessinateur pour le moins bénéfique ! Non pas que je détestais ceux de Girod, mais je n’avais pas aimé son trait lors de sa reprise dans le tome 14 « Un pas vers l’enfer ».

Ici, Giuseppe Ricciardi (dit « Iko ») nous donne l’impression que c’est le trait de Swolfs dans cet album.

Les couleurs sont chaudes et les ambiances telles qu’on les trouvait dans les premiers albums car ici, nous revenons aux poncifs qui font de Durango ce qu’il est : un tueur.

Se remettant de sa blessure chez son ami shérif, son séjour est obscurci par l’affaire d’un braquage de fourgon qui contenait un sacré paquet de pognon et qui, à ce jour, n’a pas été retrouvé.

Oukilé l’argent ? Vous le saurez un peu plus tard et c’est là que l’engrenage va se mettre en branle, entrainant notre tueur blond dans une enquête où le Mauser va faire entendre sa voix caractéristique.

Lorsque le chef des bandits est entré en jeu, je l’ai regardé à deux fois, pensant à une hallucination (il y avait du soleil dehors) ou à un abus de café… Je connaissais cette tête !

Après avoir passé en revue mon boulanger, boucher, kiné, pharmacien, je me suis rendue compte que, ce visage, je l’avais croisé dans un film… avec la belle Claudia Cardinale et un joueur d’harmonica : Henry Fonda (Once Upon A Time In The West) !

On reste dans un scénario « basique » dans le sens où notre Durango va aider une fois de plus une jolie fille, même si celle-ci n’est pas une innocente petite femme et qu’elle retournera sa veste quelques fois.

D’ailleurs, elle ne sera pas la seule, à la retourner, tant le fric peut faire tourner les têtes et rendre les gens fous.

Malgré tout, j’ai pris du plaisir à découvrir ce tome 17 que je ne possédais pas encore (sorti il y a 2 ans, shame on me) car on revenait vraiment aux premières histoires de notre Blondin.

Sans pour autant révolutionner l’affaire, ce scénario tient la route, le méchant est cynique, envoûtant, tel Kaa vous susurrant « Aie confiance », a les épaules solides et reste toujours d’une froideur à toute épreuve.

Un portrait réussi, même si c’est « copié sur le personnage de Franck (Henry Fonda). Un Méchant froid a toujours plus d’envergure qu’un sanguin qui hurle à tout bout de champ.

Y’a plus qu’a espéré qu’on aura un tome 19 et que nous ne devrons pas attendre 2020 pour revoir notre tueur aux yeux verts.

Ou alors, quitte à attendre autant, faudra nous livrer un scénario qui s’éloigne un peu de ceux que l’on connait et proposer du neuf pour notre Durango, avec un peu plus de subtilité dans certains personnages. J’aime quand ils évoluent ou qu’ils ont des part d’ombre (ou de lumière).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019)Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (46 pages).

 

Blueberry – Hors-Série – Apaches : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Apaches

Scénariste : Jean Giraud (Jean-Michel Charlier étant décédé)
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (2007)

Résumé :
La Guerre de Sécession vient de s’achever. Le lieutenant Blueberry, en pleine déchéance, rejoint son affectation à Fort Mescalero accompagné d’un pasteur et de sa fille.

Sur le chemin, ils sont attaqués par les Apaches qui s’en prennent en particulier à l’homme de Dieu, que Blueberry défend malgré leurs divergences.

Heureusement pour eux, la garnison arrive à temps pour les sauver et de retour au camp, le héros fait déjà preuve d’une insubordination qui deviendra légendaire…

Le cycle Mister Blueberry avait la particularité de comporter deux histoires en une.

La participation rocambolesque du lieutenant (désormais civil) au duel d’OK Corral d’une part, et de l’autre, ses confessions à un écrivain, au cours desquelles il revenait sur un épisode décisif de sa vie tumultueuse, sa rencontre avec Geronimo.

Apaches est tout simplement le regroupement de l’ensemble de ces planches, agrémenté ça et là des quelques cases inédites et de légendes pour mettre du liant.

Critique :
Pour que tout le monde arrive à s’y retrouver, cet album, un des dernier que Giraud (Charlier nous ayant déjà quitté) nous eut offert sur Blueberry.

Mais cet album est aussi celui des débuts de son lieutenant débraillé et alcoolique juste après la guerre de Sécession (nous sommes en novembre 1865) et avant qu’il ne soit affecté à fort Navajo.

Publié en dernier, cet album hors-série est en fait le premier. Une sorte de préquel… Vous suivez toujours ?

En fait, c’est un album « hommage » qui est composé des planches que nous retrouvons dans plusieurs albums : Mister Blueberry, Ombres sur Tombstone,  Geronimo l’Apache, OK Corral et Dust qui ont été réorganisées, rectifiées, bref, un montage dans l’ordre de tous les flash-back présents dans ces cinq albums (tomes 24 à 28) qui constituent les derniers de la saga du lieutenant Blueberry (après, on aura sa jeunesse, qui vient bien avant cet album, elle).

Z’êtes toujours là ? Besoin d’un café ou d’un tube d’aspirines ? Allez, on reprend où nous en étions avec cet album hommage qui reprend des planches des derniers albums pour donner un récit qui est en fait le premier après la guerre de sécession.

Non, non, ce n’est pas qu’un assemblage de planches déjà faites ! L’auteur a ajouté quelques planches pour lier le tout et les faire tenir ensemble, mais cela permet de se faire une autre idée de notre lieutenant de cavalerie au sortir de la guerre de Sécession et de comprendre une partie de ce qui se passera dans sa tête ensuite, puisqu’il aura souvent tendance à prendre la défense ou du moins d’aider les Indiens.

Et là, ce sera sa première rencontre avec celui que les Hommes Blancs ont appelé Geronimo.

Une fois de plus, nous retrouvons notre Blueberry en fâcheuse position : alcoolique au dernier degré, mort saoul, cuvant son mauvais whisky dans l’enclos des cochons alors qu’il doit prendre la diligence pour sa nouvelle affectation :  Fort Mescalero.

Il voyagera sur le toit car sa puanteur indispose plus le pasteur Younger qui voyage avec eux que sa fille. Le charme du bad lieutenant agit sur toutes les femmes…

— Comment la cavalerie des États-Unis peut-elle accueillir de tels individus en son sein ?

Si j’avais encore des doutes, je n’en avais plus du tout en découvrant cet album pour la première fois (oui, je ne le possédait pas, shame on me) : Blueberry souffre de ce qu’on appelle maintenant le syndrome post-traumatique.

La guerre l’a marqué, il a dû tuer des frères en passant dans le camp des Nordistes et cela lui pèse plus qu’il voudrait bien se l’avouer à lui-même.

Anybref, notre bel homme est une loque humaine et le fait de se faire attaquer par des Indiens va pouvoir le remettre un peu dans le droit chemin, enfin… Niveau prise de risques, il est toujours aussi tête brûlée, le lieutenant !

Il y a dans ses pages toutes la noirceur humaine, surtout celle des Blancs qui n’en sortiront pas grandi de l’histoire. Les Indiens, de leur côté, ne sont pas des anges mais là, je ne peux que comprendre et approuver les motivations de Geronimo et sa haine envers le pasteur Younger. Les Hommes d’Église ne sortent jamais grandi des albums de Blueberry non plus…

Violent, sans temps mort, avec une pointe de fantastique dans le fait que Geronimo comprend que Blueberry doit vivre car ils se reverront un jour et qu’il aura besoin de lui, cet album est sombre car il met en lumière des faits réels et peu glorieux de l’armée des États-Unis : les Tuniques Bleues.

Blueberry est toujours fidèle à lui-même, contestant les ordres, s’insurgeant sur le fait que l’on abatte les Indiens blessés ou des squaws et des enfants. Il a beau écluser de l’alcool comme moi de l’eau, il reste humain, lui.

Un album hommage qu’il convient de posséder dans sa biblio pour avoir l’histoire complète de ce grand homme qu’était le lieutenant Blueberry. Ne reste plus qu’à mettre tout cela dans l’ordre et à relire toute cette fresque.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

La Jeunesse de Blueberry – Tome 19 – Rédemption : François Corteggiani & Michel Blanc-Dumont

Titre : La Jeunesse de Blueberry – Tome 19 – Rédemption

Scénariste : François Corteggiani
Dessinateur : Michel Blanc-Dumont

Édition : Dargaud (17/09/2010)

Résumé :
Afin de retrouver la fille du général Sheridan, seule survivante du massacre d’un couvent, Blueberry va devoir affronter le terrible Jim Thompson, un prédicateur illuminé, qui règne sans partage sur un village de rednecks patibulaires.

Un western dense et nerveux signé par François Corteggiani et Michel Blanc-Dumont, dans lequel on retrouve avec un immense plaisir le lieutenant le plus célèbre de la bande dessinée.

Critique :
Bon, on ne va pas tourner autour du pot, mais si déjà 1276 âmes ne brillait pas à fond, on peut dire que Rédemption touche le fond.

Cet album, je ne l’avais jamais lu, il y avait un trou dans ma collection de « La Jeunesse de Blueberry » avec les tomes 17 et 19 que je me suis décidée à acheter afin de combler ce vide.

J’aurais pu éviter le tome 19…

Pas l’habitude d’être autant déçue par un Blueberry mais ici, à jouer avec le côté fantastique, on fout tout l’édifice déjà difficilement monté dans le tome précédent et on scie la branche sur laquelle on avait posé ses fesses.

Et puis merde, je spolierai un peu : le général Sheridan qui n’avait pas trop envie que l’on retrouve sa nièce vivante change radicalement de bord et le voilà presque larmoyant, se repentant amèrement d’avoir osé se frotter les mains à l’idée qu’on la tuasse et qu’il héritasse de tout (pas français ? M’en fout).

Rédemption, d’accord, mais bordel, pas si vite ! Il retourne sa veste plus vite que Jacques Dutronc dans sa chanson ! Quand au type que Blueberry a aidé dans le bar, on se demande bien de quel côté il roule et si Blueberry ne va pas se retrouver pris entre le marteau et l’enclume.

Mais ce qui m’a le plus fout en l’air cette lecture, c’est le personnage de Virginia Kindman : elle est belle, elle est forte, a plus d’un tour dans son sac, mais on frôle le côté fantastique en faisant d’elle une véritable sorcière qui parle aux animaux, qui voit tout, sauf certaines choses importantes et dont la dernière scène est à la limite de la guimauverie.

Il y avait moyen d’utiliser ce personnage d’une meilleure manière.

Quand au pasteur zinzin et meurtrier, il est tout à fait du côté obscur et n’a rien pour le récupérer, ce qui est dommage, un peu de nuance aurait pu nous faire hésiter sur nos sentiments envers ce type.

Bref, pour une fois, je suis déçue d’un Blueberry, pourtant, Corteggiani m’avait habitué à mieux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Ekhö monde miroir – Tome 8 – La Sirène de Manhattan : Christophe Arleston & Alessandro Barbucci

Titre : Ekhö monde miroir – Tome 8 – La Sirène de Manhattan

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (29/08/2018)

Résumé :
Retour à la Grosse Pomme pour cette aventure qui voit la belle Fourmille habitée par l’esprit d’un sommelier assassiné. Une enquête qui se déroule dans les milieux du vin.

Des très chics restaurants de Manhattan aux fantasmatiques égouts, repaires, comme chacun sait, de crocodiles terribles et de créatures d’outre-monde, Yuri et Fourmille affrontent un ennemi inattendu et redoutable…

Critique :
Cet album des aventures de Fourmille et Yuri ne nous fera pas voyager dans Ekhö puisque nous sommes de retour à New-York, à Manhattan, pour être précis, où notre Fourmille va se retrouver habitée par un très grand sommelier.

Si le sommelier l’habite (pardon), c’est qu’il est raide mort… Mais qui a pu tuer un sommelier et surtout, pourquoi ?

C’est ce que notre duo d’enquêteurs, aidé d’un Preshaun, vont devoir trouver et comme vous le savez, peut importe la bouteille, pourvu qu’on ait l’ivresse.

Le tome 6 était un peu en deçà des autres et je vais devoir ajouter que le tome 8 aussi.

L’enquête est intéressante, Fourmille est souvent habitée par l’âme du sommelier, mais il manquait au tableau de Preshaun Sigisbert et, sans lui, il manque quelqu’un.

Il a été remplacé par le Preshaun Van Piperzeel mais je trouve qu’il n’a pas la même saveur que Sigisbert. D’ailleurs, on ne parle même plus de ce qui se passe lorsqu’un Preshaun manque de thé… Bheu, c’est le fil rouge, pourtant.

Quand aux motivations du Grand Méchant, je dirai bof bof, j’ai connu mieux, Arleston m’a habitué à beaucoup mieux et je n’ai pas retrouvé le scénariste génial qui m’a enchanté au début de la série Ekhö.

Le seul moment que j’ai bien aimé, c’est le survol du Central Park version Ekhö…  Avec un rappel de ce qu’avait vécu Yuri une fois, dans ce parc où il ne faut pas trainer une fois la nuit tombée.

Anybref, ce n’est pas que cet album ne soit pas bon, mais j’ai une nette préférence pour les premiers qui avaient plus d’humour, de peps, de Preshaun, de références à notre monde, mais sous forme miroir.

À noter les petits clins d’oeil à King Kong et à une référence au combat titanesque entre Godzilla et le Kong, version « autres animaux ».

En espérant que le suivant soit plus intéressant et que nos deux amis explorent un peu plus ce monde fascinant qu’est Ekhö.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).