Notre Mère la Guerre – Tome 01 – Première complainte : Maël & Kris

Titre : Notre Mère la Guerre – Tome 01 – Première complainte

Scénariste : Kris
Dessinateur : Maël

Édition : Futuropolis (2009)

Résumé :
Janvier 1915, en Champagne pouilleuse. Cela fait six mois que l’Europe est à feu et à sang. Six mois que la guerre charrie ses milliers de morts quotidiens. Mais sur ce lieu hors de raison qu’on appelle le front, ce sont les corps de trois femmes qui font l’objet de l’attention de l’état-major.

Trois femmes froidement assassinées. Et sur elles, à chaque fois, une lettre mise en évidence. Une lettre d’adieu. Une lettre écrite par leur meurtrier. Une lettre cachetée à la boue de tranchée, sépulture impensable pour celles qui sont le symbole de la sécurité et du réconfort, celles qui sont l’ultime rempart de l’humanité.

Roland Vialatte, lieutenant de gendarmerie, militant catholique, humaniste et progressiste, mène l’enquête.

Une étrange enquête. Impensable, même. Car enfin des femmes… c’est impossible. Inimaginable. Tout s’écroulerait. Ou alors, c’est la guerre elle-même qu’on assassine…

Critique :
Comment aborder la Der des Ders, la Grande Guerre, d’une autre manière ?

Comment nous faire traverser les tranchées, aborder le No man’s land, éviter les corps morts, patauger dans la boue, bref, comment nous faire revivre cela une fois de plus sans que cela fasse déjà-vu ?

Non pas que je sois blasée, c’est impossible, il y a tant à dire, mais je connais les gens, il le sont vite, eux, blasés.

Il suffisait d’y penser : nous faire entrer dans la Grande Guerre à reculons, à petits pas, puisque nous enquêterons avec le lieutenant de gendarmerie Roland Vialatte sur des meurtres de femmes commis non loin des tranchées, dont un dans une tranchée.

On a bien fusillé un soldat qui avait eu des mots avec la première victime, sans sa poser la question de savoir s’il était coupable ou non, fallait juste un exemple, un mort pour prouver aux autres que les chefs, c’étaient pas eux et qu’ils avaient intérêt à se tenir à carreau, nom de dieu.

Pas de bol, juste après avoir fusillé le coupable, d’autres meurtres de femmes ont eu lieu… Alors, on fait venir un gendarme pour enquêter, sans doute pour éviter d’en fusiller encore, des innocents à grande gueule.

L’album commence lui-même d’une manière non conventionnelle : un soldat chantonne ♫ Je suis petit oiseau, c’est la faute à Rousseau ♪ alors qu’il est blessé gravement par des balles, puis, on avance dans le temps (1935) et on passe sur le lit de mort d’un certain Roland qui nous raconter une histoire…

Le scénariste a fait en sorte de nous plonger de manière réaliste dans la Première Guerre Mondiale, avec ses soldats dont certains étaient fait de bric et de broc, sortis des prisons, ou alors des gamins encore humides derrière leurs oreilles…

Entre les gradés qui se planquent, qui ne risquent rien mais qui jouent avec la vie de leurs soldats, pour quelques arpents de terre Française, le froid, la boue, la pluie, le manque de sommeil, la folie qui guette chacun, le tout passera dans le récit, faisant de Roland un spectateur malgré lui, lui qui est resté à l’arrière pendant que d’autres mourraient devant.

Des dessins qui sont des aquarelles, ça donne une majesté à un récit qui n’avait besoin que de ça pour se sublimer encore un peu plus. J’ai même eu l’impression que, une fois de plus, l’enquête n’était qu’un prétexte pour dénoncer les imbécilités et les horreurs qui eurent lieu durant celle que l’on pensait être la dernière.

L’ambiance n’est pas aux tons chaleureux, vous vous en doutez, le tout est dans des gris froids, glacés. Normal, il fait un temps à ne pas mettre un Poilu dehors, ni même un casque à pointe.

Sans en faire des tonnes, avec peu de mots, mais des mots justes, qui claquent comme les balles des Fritz d’en face, les auteurs nous montrent toute la brutalité et les  abominations de cette guerre de tranchée, comme si vous y étiez.

Un premier tome qui met la barre très haut, des crimes toujours pas résolus, même si on a un poilu hautement bizarre qui m’a tout l’air d’être LE meurtrier, sauf si je me trompe et je parie que je me plante royalement.

Bon, le suspense est à son comble, les tripes sont nouées, pari réussi de me donner des sueurs froides et de faire passer des meurtres de femmes au second plan, quasi. Il ne me reste plus qu’à me jeter sur les tomes suivants.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

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Gil Jourdan – Tome 9 – Le gant à trois doigts : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 9 – Le gant à trois doigts

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1966)

Résumé :
Quand Gil joue les espions, il se retrouve au Gomen, et plus précisément à Goménorhabad la capitale.

Il a pour mission de retrouver un célèbre physicien français, spécialiste de l’atome et empêcher l’émir Ben el Mehmed de créer une bombe nucléaire.

Malheureusement Gil est attendu par l’émir et sa police.

Critique :
Ce que j’apprécie le plus, dans les enquêtes de Gil Jourdan, ce ne sont pas ses capacités à résoudre des affaires, ni son sang-froid en toute circonstance mais les pitreries de son associé, Libellule ainsi que celles de l’inspecteur Crouton.

Débarquant dans l’état du Gomen qui a tout d’un pays du Moyen-Orient dirigé par un dictateur, Gil Jourdan doit retrouver un scientifique détenu par l’émir Ben el Mehmed, sorte de dictateur tout puissant dont la police est entièrement à ses ordres.

Sauf que ici, le dictateur est plus burlesque que méchant, amateur de bons mots et au niveau de la casse des voitures, il est champion du monde. Enfin, pas lui, le pauvre est juste entouré d’incapables.

— Une question simple : qu’avez vous en main ?
— ?
— D’homme à homme.
— Une mitraillette ?
— Bravo ! Et à quoi cela sert-il ?
— ?
— Parlez-moi comme à un père… une mitraillette c’est pour ? C’est pour ?
— Pour tirer ?
— ALORS TIREZ, AHURI ! VOUS VOYEZ BIEN QU’IL SE SAUVE !

On pourra trouver fort de café le fait que Jourdan, poursuivit par les flics, monte dans le taxi où se trouvent ses amis, qui étaient censés être en France, mais ce petit arrangement nous offrira encore plus d’humour et de situations cocasses, malgré le fait que nous avions déjà dépassé tous les quotas dans le burlesque.

Non, on ne lit pas cette bédé pour faire sérieux mais pour se marrer un bon coup, pour découvrir un serpent se plaignant de tous ces motards qui empiètent sur son espace, pour rire aux dépens d’un dictateur (c’est pas souvent que ça arrive) et de son chef de la police et voir, une fois de plus, les Bons triompher des Méchants qui étaient plus bêtes que malfaisants.

Gil Jourdan est un enquêteur qui reste souvent de marbre, qui ne montre pas ses émotions (tiens, un air de déjà-vu) et qui, pour contrebalancer son sérieux légendaire, est entouré d’un acolyte au rire tonitruant et d’un inspecteur pas toujours des plus éveillé.

Cette aventure fait partie des plus drôles et c’est un vrai bonheur pour les zygomatiques de la relire une fois de plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Bernard Prince – Tome 01 – Le général Satan : Hermann & Greg

Titre : Bernard Prince – Tome 01 – Le général Satan

Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann

Édition : Dargaud (1969) / Le Lombard (1999)

Résumé :
Cet album inaugurant les aventures de Bernard Prince, se divise en 2 histoires.

Dans la première, « Les Pirates de Lokanga », Prince, accompagné de Djinn, accepte d’acheminer la cargaison d’un avion accidenté dans la jungle africaine.

Cette mission lui donne l’occasion de rencontrer Barney Jordan. La nature de la cargaison demeure mystérieuse mais suscite bien des convoitises.

Dans la seconde, « Le Général Satan », Bernard Prince et Jordan Barney sont contraints par les autorités asiatiques de ravitailler en armes et en vivres « le fort des mille nuages ».

Ce fort, qui est la clé de tout le système de sécurité côtier, est bloqué par un aventurier puissant, « le Général Satan ».

Critique :
Oui, en hiver, mon plaisir est de ressortir mes vieilles bédés, celles que j’ai déjà relues 36 fois mais que ça fait longtemps que je ne l’ai plus fait…

Puisque Bernard Prince a le même scénariste que Bruno Brazil, autant sortir les deux héros aux cheveux blancs en même temps et bouffer de l’aventure à gogo.

De l’aventure où, années 70 et journal de Tintin oblige, on a les Bons qui triomphent toujours des vilains Méchants pas beaux qui proviennent toujours de pays imaginaires mais dont les noms sont synonymes de bien réels.

Bernard Prince n’est pas un héros lisse comme un Tintin, il n’hésite pas à enfreindre les lois, à se battre, à tenir tête aux caïds du coin, même s’il rechigne à abattre des guerriers locaux (nommés « sauvages ») armés de lances et bourrés jusque la gueule de substances qui leur donne de l’ardeur au combat.

Le capitaine Haddock sera joué par un ivrogne, le capitaine Barney Jordan, un roux flamboyant au caractère volcanique, s’emportant facilement, surtout si on touche à Djinn, le jeune Hindou dont Prince est le tuteur.

Tiens, en 1969, nous avions deux hommes pour s’occuper d’un enfant, qui n’allait pas souvent à l’école et qui baroudait dans toutes les mers avec un ancien flic d’Interpol et un alcoolique notoire…

Pas sûr que dans l’hebdo Spirou, aux mains du très catholique Jean Dupuis, pareille série aurait passée…

Aux dessins, nous retrouvons aussi un habitué de ma biblio puisqu’il s’agit de Hermann qui m’avait enchanté dans la série « Comanche ».

On retrouve ses traits caractéristiques, sa patte est reconnaissable aux personnages et dans les décors aussi, sauf que dans ce premier album, Bernard Prince n’a pas encore sa jolie bouille de bô gosse… Faudra attendre un peu, les filles !

Niveau aventures exotiques, on est servi, niveau mystères et suspense, on en bouffe un max, que ce soit pour découvrir la cargaison à récupérer dans la première histoire ou comment livrer les armes à un fort sans se faire arraisonner par les pirates qui tiennent un siège devant…

Pas de soucis, tel l’aventurier solitaire, Bernard Prince s’en sortira toujours vainqueur, tel Bob Morane. On est dans de la bédé pour jeunes, ici, publiée au journal Tintin, donc…

On a beau avoir deux mecs sur un bateau avec un gamin qui ne va pas à l’école, le sang ne coule pas, même chez les morts, la rédemption de certains méchants est possible et tout se termine toujours bien pour nos trois amis car ils vivent en Théorie et là, tout fonctionne.

Cette première aventure n’est pas la meilleure, les auteurs mettent tout en place, on se cherche un peu et on n’a pas encore donné un grand rôle à Barney, le futur joyeux luron bougon du trio.

Mais tout ceci laissait présager quelque chose de bon et je peux vous assurer que certains albums volent très haut niveau scénario, humour, rebondissement, suspense, mystère et aventures de malades !

Petit Plus : Il existe d’ailleurs au sujet des origines de Djinn une incohérence : présenté par Greg en 1966 comme un orphelin de Karachi, donc Pakistanais, il est par la suite présenté comme « un enfant perdu de Calcutta », donc Indien.

Petit Plus 2 : Hermann et Greg ont d’abord publié sept récits complets, de 4 à 6 pages chacun, dans le Journal de Tintin en 19662. Ces récits mettaient en scène le héros comme inspecteur d’Interpol, jusqu’à ce qu’il hérite d’un bateau, le Cormoran ; ce changement de cap de la série, du genre policier à celui de l’aventure, aurait été dicté par des raisons éditoriales, Le Journal de Tintin ayant déjà un détective avec le personnage de Ric Hochet.

Petit Plus 3 : La série est clairement inspirée par celle de l’Epervier bleu, créée par Sirius en 1942, puisque Eric, dit l’épervier bleu, y est flanqué d’un acolyte roux dénommé Larsen et de Sheba, un enfant indien portant turban (série que j’ai lue aussi, quand j’étais gamine, chipée dans la biblio paternelle).

Petit Plus 4 : Des récits à suivre sont parus ensuite, et ont été publiés en albums. Le hors-série « Bernard Prince d’hier et d’aujourd’hui » regroupe les premiers récits ainsi que des histoires courtes pré-publiées dans des Tintin « hors-série » (parfois scénarisées par Hermann lui-même, d’ailleurs).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Mycroft Inquisitor – Tome 2 – La Bête d’écume : Christophe Arleston, Dominique Latil & Jack Manini

Titre : Mycroft Inquisitor – Tome 2 – La Bête d’écume

Scénaristes : Christophe Arleston & Dominique Latil
Dessinateur : Jack Manini

Édition : Soleil Productions (1997)

Résumé :
Mycroft d’Aquilée est inquisiteur privé. Bien qu’il n’en ait pas l’allure, ce Sherlock Holmes des étoiles est un redoutable adversaire pour les criminels. On ne se méfie pas assez des petits vieux !

Évidemment, ses tarifs sont assez élevés. Mais ne raconte-t-on pas que certains de nos plus éminents gouvernants ont parfois recours à ses services ? Surtout lorsqu’il s’agit des Mondes des Confins…

Depuis bientôt mille ans, l’homme est maître des étoiles et de la galaxie. Des millions de vaisseaux de ligne relient chaque jour entre eux les innombrables mondes connus : planètes de la Fédération, colonies indépendantes, mondes laissés aux indigènes intelligents.

Mais si la technologie évolue régulièrement et de façon spectaculaire, ce n’est pas le cas de l’homme.

Depuis la plus haute antiquité, il se livre toujours aux mêmes activités : le commerce, l’étude, la recherche des plaisirs, et parfois le crime…

Écume est un véritable paradis : un océan magnifique, une luxuriante forêt primitive… C’est là que se bâtit un complexe touristique destiné à devenir le havre des plus fortunés de la Galaxie.

Pourtant, tout se passe mal : un ingénieur disparaît, des traces d’une bête étrange apparaissent… Mycroft se retrouve mêlé à une des affaires les plus intrigantes de sa longue carrière d’inquisiteur privé…

Critique :
Nouvelle enquête et donc, nouvelle planète pour notre duo de choc : l’inquisiteur Mycroft d’Aquilée et sa bombasse d’assistante, Morgane.

Dans les Confins, sur une nouvelle planète, on construit un complexe hôtelier de luxe et un ingénieur à disparu alors qu’il prenait un bain dans un lagon qui invite au barbotage.

Mycroft est partant, de toute façon, tant qu’on le paie grassement, lui, il y va.

Si les paysages sont de rêves, le reste l’est un peu moins : disparitions inquiétantes, tentatives d’élimination ou juste pour faire peur à nos deux enquêteurs et on parle en plus d’une créature monstrueuse qui hanterait les lieux.

Aucun humains ne l’a vue, mais les autochtones, les Indoles, l’ont vue, eux. Les Indoles sont des créatures bleues qui aiment les couleurs vives et qui sont utilisées comme main d’œuvre bon marché par les constructeurs du futur complexe. Hé oui, on a beau aller à l’autre bout de l’univers, l’Homme reste toujours le même.

Dans ce deuxième tome, la qualité de l’enquête et son originalité sont toujours bien présentes, nos deux amis vont avoir fort à faire pour dépatouiller toute cette affaire qui pue le souffre.

Notre belle Morgane va même se trouver un beau mec pour jouer à la bête à deux dos avec et là, je n’ai qu’une chose à dire « quelle souplesse ».

Mycroft est toujours aussi cynique, toujours aussi fouille-merde et son jeu préféré est toujours d’étudier les relations entre les invités lors d’un dîner mondain. Effectivement, ça gâche souvent les petits-fours de son associée qui elle, aimerait manger en paix.

Une fois de plus, l’enquête et sa résolution finale sont bien troussées, on ne la voit pas venir, même si on devine quelques pistes. Le tout est de relier tous ces petits détails insignifiants entre eux.

Mycroft est champion là-dedans, c’est pour cela qu’il coûte aussi cher.

Une relecture toujours aussi agréable puisque, une fois de plus, j’avais tout oublié.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Bruno Brazil – Tome 1 – Le Requin qui mourut deux fois : Greg & William Vance

Titre : Bruno Brazil – Tome 1 – Le Requin qui mourut deux fois

Scénariste : Greg (Louis Albert)
Dessinateur : William Vance

Édition : Dargaud (1969 – 1975) / Le Lombard (1985 – 1995 – 2000)

Résumé :
Au départ d’un simple accident de roulage, un des plus importants engrenages d’alerte entre en mouvement.

En effet, le seul rescapé est un ancien aventurier du troisième Reich, considéré comme mort depuis un quart de siècle, lors du naufrage d’un bateau qui transportait des richesses.

Immédiatement, Bruno Brazil est envoyé sur les lieux du naufrage afin de récupérer cette fortune de guerre évaluée à quinze milliards de dollars…

Critique :
C’est parce que je râlais (à voix haute) d’avoir lu tout ce qui vous m’intéressait que mon bouquiniste préféré me proposa la saga de Bruno Brazil.

Je lui devais déjà la découverte de Comanche, Bernard Prince et Buddy Longway, entre autre.

Bruno Brazil s’ajouta donc aux séries qu’il me conseilla et ce fut sans aucun regret que je la découvris.

Le pitch ? Aux États-Unis, dans un accident mortel de la circulation, le survivant se révélera être « Kurt Schellenburg » un ancien nazi du service de « récupération et répartition des métaux précieux et bijoux ».

La nouvelle défraiera la une des chroniques et le Colonel L, cerveau des « services » (l’organisation la plus secrète de défense international) va saisir l’enquête et la confier à un de ses meilleures Agent : Bruno Brazil.

Notre nazi avait quitté l’Europe en 1945, à bord d’un U-Boot (le « U-753 »), en direction de l’Amérique du Sud (il n’était pas le seul, en réalité), avec, à son bord une fortune avoisinant les 15 milliards de $.

L’U-Boot sombrera en mer au large de Costa Negra, à Caraguay. C’est le moment d’enfiler nos palmes et nos combinaisons de plongée, les amis ! Sus à l’or !

Brazil et Hawk, un collègue de la maison, vont devoir aller enquêter sur ce mystérieux trésor au Caraguay. Le trésor existe-t-il ou est-ce une fumisterie? Qui mène le jeu derrière ces règlement de compte ?

Brazil, c’est un classique BD d’espionnage pas un maître du genre : Greg (il a écrit les scénarios de Brazil sous le pseudonyme de « Albert Louis »).

En 1967, Greg est à son apogée de la création de scénario et il est rédacteur en chef du journal de Tintin. Ce n’est pas un débutant : Comanche, Achille Talon, Bernard Prince, Luc Orient, Olivier Rameau…

Aux crayons, nous avons Vance qui nous propose des dessins réalistes et détaillés. Ses dessins sont très froids, ce qui colle très bien à des histoires d’espionnage. Mon seul bémol sera pour les couleurs dans les tons orangés, bleus ou gris, ce qui donne un air épuré aux murs et différents décors.

Ce que j’adore dans ces albums, c’est le cynisme du Bruno Brazil, qui pourrait nous faire penser à XIII, en moins compliqué à comprendre.

Au début, il n’a pas encore toute sa fine équipe, mais quand il les aura tous recrutés, on pourra dire que ce sera une sacrée brochette de personnages hauts en couleur et fort en gueule.

Le scénario est tout de même basique avec un héros beau, grand, qui sait se battre, sans peur, qui n’a pas froid aux yeux et qui, parfois, pourrait paraître trop « super-héros », style James Bond mais avec des cheveux blancs (alors qu’il est jeune).

Sans compter des trucs qui tombent toujours bien, un hélico qui arrive un peu trop vite vu la distance qu’il devait parcourir, une teinture noire qui s’applique dans un phomaton en trois minutes et sans laisser de trace sur les mains et un Bruno Brazil qui résout toute l’affaire, avec les explications qui semblent venir du ciel.

Je vous jure ! Pile au moment où Kurt va expliquer l’énigme du « U-753 », Brazil va rapidement l’interrompre pour expliquer de fond en comble la solution de cette énigme qu’il avait trouvée facilement.

Super intelligent qu’il est, le Bruno, mais à l’époque, tous les héros de bédé étaient ainsi et bizarrement, cela ne nuira pas au personnage. Je peux confirmer ayant relu la saga plusieurs fois.

Niveau Méchants, et bien, pas de surprises non plus, ce sont ceux des années 60-70, autrement dit, manichéen à souhait et sans distinction aucune. Les Bons gagnent toujours et les Méchants pas.

Ce premier épisode allie donc l’élégance de Bruno Brazil, son cynisme, ses petites réparties cinglantes, son humour noir, du manichéisme et de l’aventure avec un grand Z.

« Le requin qui mourut deux fois », c’est une aventure explosive, le tout sans GSM, ordinateurs et autres GPS. À l’ancienne.

Anybref, cela à beau être une histoire classique d’espionnage des années 60, c’est toujours plaisant et divertissant de la ressortir de ses étagères.

25 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ces histoires exploitaient l’horreur nazie et les réseaux d’exfiltration nazis (Odessa, par exemple).

Même si la série possède ses petits défauts, elle n’en reste pas moins une série imaginée par deux grandes pointures. Je n’ai jamais regretté de l’avoir incorporée dans ma biblio.

Toujours un plaisir de la relire même si on ne flirte pas avec l’excellence de certaines autres sagas.

PS pour Sharon : j’avais écrit une chronique pour cette bédé en août 2012 et l’avais postée sur Babelio. Ayant relu la bédé, j’ai retravaillé ma chronique, ajouté des choses, supprimées d’autres et je reposterai plus tard cette version sur Babelio (qui conservera la première date de publication !).

PS pour tous : joyeuses fête commerciale qu’est la Saint-Valentin ! Moi, je ne la fête pas, les restos sont hors de prix ce jour là et les menus pas tentant… Mais à la maison, mesdames ou messieurs, sortez le grand jeu…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

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Mycroft Inquisitor – Tome 1 – Une fragrance de cadavre : Christophe Arleston, Dominique Latil & Jack Manini

Titre : Mycroft Inquisitor – Tome 1 – Une fragrance de cadavre

Scénaristes : Christophe Arleston & Dominique Latil
Dessinateur : Jack Manini

Édition : Soleil Productions (1995)

Résumé :
Depuis bientôt mille ans, l’homme est maître des étoiles et de la Galaxie. Des millions de vaisseaux de ligne relient chaque jour entre eux les innombrables mondes connus : planètes de la Fédération, colonies indépendantes, mondes laissés aux indigènes intelligents.

Mais si la technologie évolue régulièrement et de façon spectaculaire, ce n’es pas le cas de l’homme. Depuis la plus haute antiquité, il se livre toujours aux mêmes activités : le commerce, l’étude, la recherche des plaisirs, et parfois le crime…

Mycroft d’Aquilée est inquisiteur privé. Bien qu’il n’en ait pas l’allure, ce Sherlock Holmes des étoiles est un redoutable adversaire pour les criminels. On ne se méfie pas assez des petits vieux !

Évidemment, ses tarifs sont assez élevés. Mais ne raconte-t-on pas que certains de nos plus éminents gouvernants ont parfois recours à ses services ? Surtout lorsqu’il s’agit des Mondes des Confins…

Accompagné de Morgane, sa délicieuse collaboratrice, Mycroft se rend à Caprale pour résoudre une énigme sur la contrefaçon d’inestimables flacons de vins de fleurs.

Mais sur l’île du Maître Floraliste, ce sont des cadavres qui l’attendent…

Critique :
Mycroft, en inquisiteur et dans qui enquête dans l’espace ! Oui, ça risque d’en effrayer certain(e)s pourtant, c’est tout de même assez bien foutu dans l’ensemble.

Mon seul bémol sera pour le manque d’humour auquel Arleston nous a habitué dans ses autres séries, mais si on n’a pas son quota de jeux de mots, on aura tout de même quelques belles réparties car Mycroft ne manque pas de cynisme et d’ironie.

— Mycroft !   Ce que vous venez de faire est proprement immoral !
— Je sais, mon petit. Mais j’ai des frais, vous comprenez !

On a beau se trouver face à une enquête à 100% SF, pour moi, ça reste une enquête et même s’il n’est noté nulle part que nous avons affaire au grand frère de Sherlock, Mycroft d’Aquilée a tout de ceux qui l’ont sans aucun doute inspiré.

— Je dois vous avouer que lorsque j’ai répondu à l’annonce je ne vous imaginais pas comme ça !!
— Ma chère Morgane, peu importe le physique, un bon inquisiteur se fie avant tout à son cerveau et à sa logique.

Niveau déductions, il ne nous les sort pas comme Sherlock – dommage – mais il reste tout de même un enquêteur de pointe et très intelligent. D’ailleurs, il le sait.

Mycroft a beau avoir de l’âge, porter un kilt, une casquette ridicule et fumer un narguilé directement relié à une espèce de bourse pendant devant les siennes, il n’en reste pas moins un homme attaché aux détails et aimant pousser les gens dans leurs retranchements afin d’arriver à la vérité.

Se rendant à Caprale (là où on fabrique des vins exquis à partir de fleur) pour une simple enquête à propos de faussaires, voilà notre Mycroft et son assistante, la pulpeuse Morgane, face à un crime atroce : un décapité qu’on a jeté ensuite dans la cuve de nectar.

Mais que fait l’agence fédérale pour la sécurité alimentaire ?? Le vin va avoir un goût.

Minutieusement, notre Mycroft va enquêter, ne pas tout dévoiler à sa sexy assistante, regarder tout de monde de travers, leurs sortir leurs quatre vérités afin de démasquer le coupable et de tenter de savoir qui en veut ainsi à sa vie et à celle de Morgane.

Comme dans un bon Hercule Poirot, notre Inquisiteur Enquêteur rassemblera tout le monde à la fin pour tout nous expliquer et confondre l’assassin.

Et c’est là que l’on rajoute la chantilly sur une pâtisserie qui était déjà exquise car les auteurs ont tout de même fait en sorte de nous offrir une résolution à laquelle on ne s’attend absolument pas.

Ils auraient pu faire dans du basique, mais non, ils se sont creusés les neurones pour nous étonner et ils ont bien fait.

Je m’étais bien amusée à découvrir cette bédé il y a 1 an et la relecture n’a rien entamé de ce plaisir car, en plus, j’avais tout oublié de l’identité du coupable.

Comme quoi, avec des bons scénaristes aux commandes, on peut envoyer une sorte de Mycroft Holmes dans l’espace sans que cela nuise au personnage car il est là-dedans comme un poisson dans l’eau.

— Morgane, voulez-vous coucher avec moi ?
— Pardon ??
— Oh, je me suis peut-être mal exprimé… Je voulais dire qu’on a déjà attenté à notre vie, et que la prudence élémentaire voudrait que nous ne nous séparions pas. Vous prendrez mon lit, je dormirai dans le fauteuil.
— Ahhh ! Oui, bien sûr.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

L’homme de l’année – Tome 10 – 1666, l’homme à l’origine du grand incendie de Londres : Fred Duval & Studio Sept Epées

Titre : L’homme de l’année – Tome 10 – 1666, l’homme à l’origine du grand incendie de Londres

Scénaristes : Fred Duval & Nicolas Moustey
Dessinateurs : Stevan Subic & Studio Sept Épées
Édition : Delcourt (26/08/2015)

Résumé :
1666. Une atmosphère lugubre plane sur les ruelles misérables et insalubres de Londres quand une catastrophe d’une ampleur dantesque s’abat sur elle : le grand incendie.

Une apocalypse de flammes dévaste alors une cité en proie au chaos. Un notable racontera dans son journal le fil des événements dont Farynor, un simple boulanger, sera responsable et victime.

Critique :
Le grand incendie qui ravagea Londres du 2 au 5 septembre 1666 ne fit pas de nombreuses victimes (une dizaine), ce qui est un comble, lorsqu’on s’imagine toutes les maisons partie en fumée et les mouvements de foule que dut engendrer ce gigantesque incendie.

Incendie, qui, je vous le rappelle, ravagea 13.200 maisons, 87 églises paroissiales, la cathédrale Saint-Paul et la majorité des bâtiments publics de la Cité !

Le nombre infime de mort face à un tel enfer s’explique sans doute par le fait que bien des gens dans ces quartiers miséreux n’étaient pas inscrits, ni répertoriés et que donc, ils ont pu disparaître dans l’indifférence de l’administration qui n’avait pas les moyens de maintenant.

Mais comment il est arrivé, cet incendie ? Des français ou des hollandais auraient-ils bouté le feu comme les anglais les accusèrent ? Un complot des papistes ? Une vengeance pour avoir cuit Jeanne d’Arc à défaut de l’avoir crue (fallait que je la sorte, c’est plus fort que moi) ?

Ben non les amis, tout simplement un boulanger, Thomas Farynor (Farriner pour Wiki) qui a laissé son feu allumé en montant se coucher et bardaf, ce fut l’embardée, ou plutôt, l’embrasée !

Farynor, boulanger de talent, fournissait la Cour ainsi que des riches habitants de Londres. Harassé par ses journées bien remplies, il commit cette faute qui eu des conséquences terribles pour d’innocents londoniens, ainsi que pour des mangeurs de grenouilles (dixit les anglais) qu’on accusait d’avoir ♫ allumé le feu ♪ pour faire danser, les diables et les dieux ♪

Cet album aux tons rouges et jaunes se contente de nous relater ce qui se passa durant la nuit, grâce aux carnets de Lord Samuel Pepys qui y consigna tout ce dont il fut le témoin, en ce compris l’imbécilité du lord-maire Thomas Bloodworth qui ne voulut pas se mouiller en faisant abattre des maisons pour générer des coupes feu.

Véritable récit ces événements, les auteurs ont préféré présenter tout ce qui se passa (ou qu’on soupçonne de s’être passé) d’une manière linéaire, sans vraiment mettre en avant d’autres personnages que le boulanger fuyant avec sa famille et Lord Pepys, tentant de comprendre d’où était parti le feu et comment arriver à l’éteindre tout en protégeant ses propres biens.

Un bande dessinée un peu froide, malgré la chaleur de l’incendie, car on n’a pas un personnage principal à suivre ou à apprécier, Farynor étant un médaillé d’or de la lâcheté, à égalité avec Bloodworth, le lord-maire tandis que Pepys n’a pas assez de cases que pour se révéler en entier.

Les lynchages et accusations envers les étrangers (on n’a rien inventé) sont traités aussi de manière rapide, la faute au format de l’album : en 54 planches, on doit faire des choix scénaristiques et ne pas s’appesantir, plus que nécessaire, sur certains faits, si on peut les relater en quelques cases.

Un album que j’ai pris plaisir à découvrir, augmentant ma culture générale par la même occasion. Dommage que j’ai n’ai pas eu le plaisir aussi de m’attacher à des personnages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Tif et Tondu – Tome 26 – Le gouffre interdit : Maurice Tillieux & Will

Titre : Tif et Tondu – Tome 26 – Le gouffre interdit

Scénariste : Maurice Tillieux et Stephen Desberg
Dessinateur : Will

Édition : Dupuis (1978)

Résumé :
Dans une petite ville de l’Ardèche, à Aulenay, Chomerac attend près de la gare que ses deux invités arrivent. Tif et Tondu n’ont su résister à l’invitation de leur vieil ami.

Au même moment, un hold-up a lieu dans une banque de la ville, le Crédit Ardéchois.

Deux hommes masqués s’emparent du butin et se comportent bizarrement de façon à ce que l’employé derrière son guichet puisse prévenir la police.

C’est lorsqu’ils entendent les sirènes que les deux hommes prennent la fuite…

Critique :
Voilà une enquête de Tif et Tondu comme je les aime : sans monsieur Choc, sans la Main Blanche, sans fantastique, bref, une véritable enquête policière.

Pas de bol, vu que c’est la 36ème fois que je le lis, plus de surprise, je sais toujours qui a cambriolé la banque et comment tout cela s’est terminé, mais, lorsque je l’avais lu pour la première fois lorsque j’étais toute gamine (pas plus de 8-9 ans), la résolution ne m’avait pas sautée aux yeux avant de la lire.

Maintenant, tout le charme de l’album se trouve dans le fait que l’action se déroule en Ardèche, lieu de mes villégiatures, même si la ville est fictive.

Comme je le disais, l’enquête est tout ce qu’il y a de plus classique, même si la trame de départ est la même que celle de l’album « Le roc maudit », ce qui est dommage car le lecteur, s’il a lu l’album, connaîtra le truc et comprendra bien avant tout le monde.

Malgré tout, c’est toujours un plaisir de retrouver deux vieux amis, de replonger dans leurs aventures que je préfère, de me revoir toute jeune, les découvrant dans les albums de mon père ou dans ses vieux Spirou de l’époque, je ne me souviens plus très bien avec l’âge qui avance.

Il y a toujours un trait d’humour, de mystère, de suspense et, une fois de plus, nos deux amis ne se reposeront pas chez leur ami Chomérac.

Mais fallait déjà être abruti pour cambrioler une banque le jour de l’arrivée de Tif et Tondu ! Si on peut baiser la police, on ne se fout pas de la gueule de nos deux enquêteurs.

Un scénario bien ficelé, une solution inattendue, un coup qui aurait pu fonctionner, si, par le plus grand des hasards, nos deux vieux copains n’avaient pas été invité en Ardèche.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Sherlock Holmes Society – Tome 6 – Le champ des possibles : Sylvain Cordurié & Andrea Fattori

Titre : Sherlock Holmes Society – Tome 6 – Le champ des possibles

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Andrea Fattori

Édition : Soleil Collection 1800 (07/11/2018)

Résumé :
Il reste peu de temps pour empêcher Liam Holmes de mettre sa menace à exécution. L’avenir de Londres est des plus incertain, face à la détermination du fils du plus célèbre détective privé britannique.

Après la trahison de Liam, Sherlock et ses alliés s’unissent pour l’arrêter avant qu’il ne fabrique la bombe susceptible d’anéantir la capitale. Sherlock fait appel à Megan Connelly pour traquer le capitaine Johnson, détenteur d’informations sur Liam.

Sherlock servira d’appât mais la stratégie est risquée. Proie ou prédateur, le capitaine reste dangereux et chaque heure qui passe rapproche Liam de son objectif…

Critique :
Comme je vous le disais dans le tome précédent, pour apprécier cette série, il ne faut pas être allergique à l’immersion de l’univers de Sherlock Holmes dans celui du fantastique !

Si vous pensez que les vampires et les voyages dans le temps n’ont rien à faire dans une histoire de Sherlock Holmes, alors, je vous déconseille fortement cette saga.

Je ne suis pas chaude pour ce mélange, mais étant collectionneuse, curieuse, aimant les vampires (les vrais), Holmes et Retour vers le futur…

Ok, je l’avoue, j’ai toujours été perdue dans les voyages temporels, je n’ai jamais compris pourquoi, lors du premier voyage dans le temps d’un personnage, il y ait déjà des faits qui en aient découlé et je suis toujours en panne sur le voyage dans le temps que réalisa Lanfeust, c’est vous dire ! Pire, j’ai même pas compris le Terminator 3…

Alors, les paradoxes temporels, je vous le jure, ça me laisse toujours les sourcils en l’air et la tronche qui n’a pas tout capté… Malgré tout, je reste toujours fan de ces voyages, même si je comprends pas tout.

Voici donc le face à face tant attendu, le combat de Holmes père contre Holmes fils, le combat entre deux cerveaux puissants, mais dont celui du fils possède le talent légué par sa mère et que je ne révèlerai pas ici (ou alors, via MP, moyennant paiement sur mon compte offshore, je veux dire, of course).

Waw, c’est retors ! Et le plus retors de tous, ce ne sera pas le fils de Holmes… J’ai pas tout compris dans le concept de la trame du temps, cela restera toujours pour moi un truc difficile à imaginer, mais j’ai bien aimé la manière utilisée pour résoudre le problème du fiston qui voulait tout faire péter.

Mon seul bémol sera pour le fait que ce nouveau dessinateur ait un peu trop surligné de noir les yeux de Liam Holmes et qu’il lui ait fait des sourcils en M, lui donnant un air démoniaque, ou méphistophélique (fallait le replacer, cet adjectif là !).

Un tome qui clôt ce diptyque puisant ses origines dans la série des « Vampires de Londres » et des « Voyageurs du temps » mais il n’est pas nécessaire de les lire pour aborder ces deux tomes, même si, c’est un plus, bien entendu.

Un tome agréable, un scénario bien ficelé, le fantastique bien abordé, qui ne nuit pas trop à Holmes et un final inattendu, du moins, dans sa réalisation. Même le grand détective ne l’avait pas vu venir.

Là, pas sûr que Holmes et madame vont se laisser aller à mélanger leurs différentes sécrétions, sachant ce que cela risque de donner. Dommage… (à moins de se protéger en couvrant le mont pelé).

Un bon diptyque, mais à réserver pour les inconditionnels du genre ou les curieuses, comme moi. En espérant qu’il y ait une suite…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Sherlock Holmes Society – Tome 5 – Les Péchés du fils : Sylvain Cordurié & Fabio Detullio

Titre : Sherlock Holmes Society – Tome 5 – Les Péchés du fils

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Fabio Detullio

Édition : Soleil Productions Collection 1800 (10/10/2018)

Résumé :
Quand Liam Holmes détruit la deuxième ville d’Angleterre et menace Londres, George V décide de recourir au voyage temporel pour envoyer son meilleur soldat tuer son père.

Tentant d’empêcher le meurtre, Liam se voit contraint de le poursuivre dans le temps. Inconscient de la menace qui pèse sur lui, Sherlock Holmes recrute Owen Chanes au sein de sa fondation qui compte déjà Hayden Hyatts, Lynn Redstone et le docteur Watson.

Critique :
Pour apprécier ce genre de pastiche holmésien, il ne faut pas être allergique au fantastique, ou plutôt, ne pas être en froid avec le fantastique dans l’univers de Sherlock Holmes.

N’ayant jamais été fan du mélange des deux genre, préférant retrouver mon enquêteur de génie dans un univers normal, victorien de préférence…

Alors oui, j’ai dû parfois me faire violence avec la série « 1800 » de chez Soleil qui a balancé mon détective dans l’univers fantastique, le mettant face à face avec des vampires, des zombies et les voyages dans le temps.

Je ne sais pas si c’est pour être plus vendeur, si c’est pour avoir accès à d’autres scénarios que celui de l’enquête traditionnelle en Whodunit, ou si c’est juste une mode ou tout simplement une envie.

Les auteurs et scénaristes font ce qu’ils veulent, j’ai apprécié une grande partie des bédés avec Holmes face au fantastique, mais mes préférences iront toujours au rationnel avec lui, ou alors, au fantastique qui n’en est pas, comme avec un chien sorti des Enfers…

Cet album, bien qu’appartenant à la série « Sherlock Holmes society » plonge ses racines aussi dans la série « Les vampires de Londres » et celle des « Voyages dans le temps » et n’ayant pas relu ces séries depuis un petit temps, j’ai dû faire fumer mes petites cellules grises pour me remettre tout en tête.

Si vos dents grincent déjà, je m’en voudrai d’ajouter qu’en plus de vampires et de voyages dans le temps, vous allez vous trouver face au résultat d’un mélange d’ADN entre Holmes et une femme…

Je suppose que ce mélange se fit de manière traditionnelle, c’est-à-dire avec des coups de rein, de la sueur, des bruits de plaisir, des halètements et une bonne giclée en provenance des bourses personnelles de Sherlock Holmes qui rencontra l’ovule de la madame qui se promenait dans le coin.

Ok, pour le romantisme, avec moi, vous repasserez mais puisque les auteurs ne m’ont pas dessiné la scène, je me venge bassement et sans honte.

Niveau dessins, ils sont très bien réalisé, Holmes est correct, il n’a pas des épaules de débardeurs comme dans une certaine collection que je ne nommerai pas, ne porte pas la ridicule casquette de chasse, ni la Macfarlane, ni la Inverness cape.

Son rejeton, par contre, lui ressemble beaucoup, mais en version « j’ai basculé du côté sombre de la force » car ce que réalise mon gouvernement ne me plait pas, donc, je vais tenter de l’arrêter en faisant comme lui…

Ça se défend, notez bien… Je dirais même que Liam, dans cet opus, a un peu des airs de Thanos, dans le dernier Marvel.

Il veut détruire, pas juste pour anéantir, mais dans le but de protéger le futur des exactions de l’Empire, l’Angleterre, of course (Star Wars, sors de ma tête). Si on attaque l’Empire, vous pensez bien, l’Empire contre-attaque !

Un opus réservé à ceux qui n’ont rien contre le mélange Holmes/univers fantastique, ou aux collectionneurs malade, tel que moi, au curieux, qui aimeraient découvrir Holmes sous un autre jour et le voir ailleurs que dans des enquêtes traditionnelles.

De mon côté, j’avoue que j’ai bien aimé, ce qui est paradoxal puisque je ne suis pas fan de l’univers de Holmes plongé dans le fantastique, sauf quand c’est bien fichu, bien amené, bien scénarisé et bien dessiné.

Puisque les autres ont bien fait leur job, moi, je valide ! L’album est bon, même s’il n’est pas exceptionnel. Sans doute aurait-il fallu plus de planches pour approfondir l’histoire et ne pas en faire 36 tomes (elle en fait deux, ici).

Il ne me reste plus qu’à tout relire pour tout me remettre dans la tête…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).