Héloïse, ouille ! : Jean Teulé

Titre : Héloïse, ouille !

Auteur : Jean Teulé
Édition : Julliard (05/03/2015)

Intro (par Ida) :
C’est avec sa prose enlevée, piquante et poétique que Jean Teulé, écrivain qui aime à revisiter l’histoire à travers certaines de ses grandes figures romanesques, nous livre ici sa vision du couple mythique formé par la belle Héloïse et le docte Abélard.

Couple mythique… qui a bel et bien existé cela étant, et qui est passé à la postérité grâce à la correspondance quelque peu salée qu’il a laissé derrière lui, laissant supposer que l’amour courtois dont ils seraient les précurseurs, n’a absolument rien de platonique.

Ce qui n’a visiblement pas échappé à Jean Teulé !

Résumé (par Ida) :
Nièce d’un Chanoine dont l’histoire dit qu’il avait ses entrées à la cour de France, Héloïse est une belle jeune femme d’une exceptionnelle érudition.

Son oncle décide de parfaire son éducation en la confiant au Maître à penser de l’époque, celui aux cours desquels on se presse dans les universités, Jean Abélard.

Bien que sortant du couvent d’Argenteuil, Dame Héloïse est une femme libre qui a déjà vu le loup et sa meute… Et pas qu’un peu.

Ce qu’Abélard découvrira rapidement en croyant l’avoir initiée à d’autres savoir nettement moins académiques.

Et bien oui, que voulez-vous ! Un homme dans la force de l’âge et une jeune femme d’une beauté exceptionnelle enfermés dans une pièce toute la sainte journée… N’était-il pas un brin naïf et imprudent l’Oncle Chanoine ?

Alors… et bien ça fornique dans tous les sens…

Jusqu’au jour où le pot aux roses sera découvert et où les amours du couple se trouveront alors quelque peu contrariées…

Je n’en dirai pas davantage, vous laissant découvrir ce roman qui a sa manière toute particulière tente de nous rendre compte du mythe et de ses vérités.

Critique (encore Ida – MDR :
Si vous n’avez pas aimé 50 nuance de Grey, probablement n’aimerez vous pas ce livre-là !

Certes Teulé sait écrire et rendre poétique ce qui sous la plume d’un autre sombrerait dans la trivialité.

Certes, Teulé a ce talent qui lui permet de retranscrire dans la langue de notre époque, la langue magnifique des autres époques qu’il nous fait visiter et dans lesquelles il nous guide avec délice…

Mais… Teulé… et bien… il aime le cul ! Il aime la bite ! Le sexe et le stupre ! Et si vous ne l’avez pas compris en tournant la dernière page de ce livre… et bien c’est que vous n’avez rien compris de la délectation complaisante avec laquelle il nous décrit longuement les ébats des deux amants.

Certes, Héloïse et Abélard, précurseurs de l’amour courtois de par leur correspondance passée à la postérité sont devenus ensuite le couple iconique des amoureux contrariés qui ont à leur suite alimenté la littérature !

Certes, il convient de ne pas confondre amour courtois et amour platonique (sa mère !)… Mais tout de même !

S’attendait-on à trouver là un kamasutra médiéval ???

Au bout d’un moment c’est assez répétitif sur le fond et ça fatigue ! D’ailleurs je dois avouer que dans certains de ses autres romans, son recours trop systématique aux passages érotiques m’avait d’autant plus lassée qu’il n’apportait rien à l’affaire…

Là, le sujet s’y prêtait certes davantage… Et Teulé s’est lâché. Mais trop c’est trop !

D’ailleurs retirez les passages ayant trait à la gaudriole de ce texte, que le livre s’en trouverait considérablement aminci !

Voilà un livre que je ne laisserai pour rien au monde traîner dans mon salon de peur que ma belle-mère ne fasse une attaque en tentant de le lire, ou que mes ados ne me le piquent pour ricaner avec leurs copains sur ce que leur mère lit !

Bref… Un livre à ne pas laisser entre toutes les mains !

PS : Oui, Ida rédige quelques articles pour mon blog, mais je ne la paie toujours pas, ni en argent, ni en nature, ni en thé, ni en bouffe, ni en rien ! Juste mes respect et mes salutations distinguées !

Mémoires de Fanny Hill – Femme de plaisir : John Cleland

Titre : Mémoires de Fanny Hill – Femme de plaisir

Auteur : John Cleland
Édition : Gallimard (1976) / Pocket (2009)
Date de publication originale : 21 novembre 1748

Résumé :
Fanny Hill est aujourd’hui considéré comme le plus grand livre érotique anglais de l’âge d’or du libertinage.

Le personnage clé de Fanny Hill est en effet inspiré de Fanny Murray, prostituée de dix-sept ans qui était l’idole des aristocrates londoniens, tant son zèle au travail la consacrait de loin, chaque mois, meilleure employée de toutes les « maisons » britanniques.

Sous la plume de Cleland, elle raconte ses expériences, décrivant son arrivée dans la capitale, son initiation dans un établissement fameux, puis sa spécialisation dans les orgies les plus débauchées.

Ce faisant, elle délivre des conseils sur la manière de bien se conduire dans un lieu de plaisir ! L’audace du récit est telle que ce n’est qu’en 1963 que la Grande-Bretagne en autorisa vraiment la publication.

Guillaume Apollinaire a livré la première édition très érudite de Fanny Hill, à qui il a donné ses vraies lettres de noblesse littéraire.

Il en a livré les passages les plus compromettants… mais en notes de bas de page…

Voici donc la première édition intégrale, non expurgée, publiée en français d’un véritable chef-d’ oeuvre. Gageons qu’il met encore aisément le rose aux joues.

Critique :
J’ai comme l’impression que bons nombres de mes abonnés auront sursauté en découvrant la couverture choisie par moi-même pour illustrer ma chronique…

Je supputerais même que certaines en ont recraché leur café sur le clavier du PC, que d’autres en auront avalé leur mojitos de travers ou que même, d’autres plus prudes, auront reclapé en vitesse le clapet de leur PC portable de peur que leur époux ne pensent qu’elles fréquentassent un blog porno.

J’aurais pu, j’aurais dû, certainement, choisir en image de tête l’édition Presse Pocket, plus sobre, mais cela n’aurait pas été moi.

À lire ainsi l’arrière du livre (on commence où on veut, après tout), on pourrait croire que l’on va lire tout un récit érotique, plus long que ceux insérés dans les magazines placés en hauteur dans les librairies.

Je vous en prie, refermez vos bouches béantes, posez vos deux mains sur la table et ouvrez grands vos esgourdes (et vos jambes ensuite si ça vous chante, tout cela ne nous regarde pas).

Avant d’entrer dans le vif du sujet, si je puis me permettre, nous avons plus de 100 pages (sur 220) d’introduction aux mémoires de cette Fanny Hill…

Oui, ça donne les plus longs préliminaires de l’histoire du livre érotique, sans aucun doute !

J’en entends déjà certain(e)s murmurer « On n’a qu’à les sauter et aller de suite au Saint-Graal » et il est vrai qu’il serait tentant de les balancer et d’entrer de suite dans le vif du sujet.

Il n’est sans doute pas conseillé de commencer l’ascension du Mont de Vénus de suite car cette longue introduction de Guillaume Apollinaire nous éclaire, en partie, sur le fonctionnement des bordels londoniens à l’époque du 18ème siècle (années 1700 pour les ignares) en se basant sur les écrits du sieur Casanova, excusez du peu.

Avec un style empesé, lourd et fastidieux, l’introduction nous contera des tas de petites histoires de bordels (appelés sérails), mais aussi des tas de petites mésaventures arrivées à des jeunes filles qui, après avoir été grugées, finirent dans la profession de putes ensuite car une fois que la dèche fut venue, elles n’avaient pas d’autres solutions pour subvenir à leur besoin.

C’est long, je l’avoue, assez fastidieux par moment car écrit d’une manière que n’avons pas l’habitude de lire, les tournures de phrases n’étant pas celles auxquelles nous sommes habités, sans compter que nous avons aussi de longues énumérations de tarifs en tout genre, le tout sans que des mots grivois soient écrits puisque tout est suggéré.

Enfin, certaines choses apprises dans cette longue mise en bouche pourraient vous donner matière de discussions au prochain repas familial…

De plus, ces longs préliminaires vous préparent bien à l’arrivée du gros morceau que John Cleland, l’auteur, va vous proposer. On peut dire que ces préliminaires vous passent la vaseline en plus de préparer à l’arriver de la pièce principale.

Vous ne pourrez pas dire que vous n’aviez pas été prévenu des mœurs dissolues de certains, du manque d’hygiène et des orgies sexuelles qui avaient lieu dans ces maisons closes.

Last but not least, après deux longues lettres de Fanny Hill, nous arrivons dans le saint des seins ! Ou dans le sein des saints… car la petiote va nous raconter son arrivée en ville après le décès de ses parents et sa découvert du corps humain féminin et surtout masculin.

Ne cherchez pas des mots grivois dans ses récits, ni même des mots ordinaires comme « sexe, pénis, verge, vagin, fesses, testicules, éjaculer, sperme, forniquer, baiser,… » car tout est sous forme de métaphore et à vous d’imaginer ce que l’on sous-entend comme partie du corps ou comme besogne par ces jolies phrases.

[…] il tira l’engin ordinaire de ces sortes d’assauts et le poussa de toutes ses forces, croyant le lancer dans une voie déjà frayée.

Cependant son athlète, levant fièrement la tête, reparut dans tout son éclat.

Je me hâtai donc, pour être de moitié dans le bonheur de mon jeune homme, de placer sous moi un coussin qui servit à élever mes reins, et dans la position la plus avantageuse, j’offris à Will le séjour des béatitudes où il s’insinua.

En 2017, c’est sans doute trop gentillet que pour nous faire rougir ou nous émoustiller (quoique…), mais à l’époque, ce texte était jugé sulfureux et fut interdit de publication en Grande-Bretagne jusqu’en 1963.

Son phénix étant ressuscité se percha au centre de la forêt enchantée qui décore de ses ombrages la région des béatitudes. Je sentis derechef une émotion si vive qu’il n’y avait que la pluie salutaire dont la nature bienfaisante arrose ces climats favorisés qui pût me sauver de l’embrasement.

Un comble alors qu’on parlait de ce qu’il se passait chez eux, dans leurs bordels, avec leurs péripatéticiennes, et que c’était leurs mœurs dissolues qui y étaient décrites !

À cette époque, les rues de Londres étaient, le soir, pleines de filous et de filles. La dépravation des Londoniens était à son comble.

Ceci expliquant peut-être cela… Il n’est jamais agréable que le monde sache les horreurs qui se commettaient à cette époque chez les très distingués anglais. Shocking !

Dans un coin de la salle était le pot à pisser, où chacun se soulageait sans vergogne, et comme l’on tenait le plus souvent les fenêtres fermées, les vapeurs de l’urine, se mêlant aux vapeurs de l’alcool et du vin, rendaient l’atmosphère irrespirable pour d’autres que des Anglais.

Une lecture plaisante à partir de la page 100, instructive dans ses premières pages (50) et redondante et laborieuse entre la page 50 et la 100.

À lire afin de savoir comment vivait la société en ces temps là… ou pour mettre à jour son catalogue de métaphores sexuelles et pouvoir en parler devant les enfants sans dire que l’on a envie de faire une petite lessive. Zut, monsieur l’a faite à la main !!

Ses doigts en se jouant s’exerçaient à tresser les tendres scions de cette charmante mousse, que la nature a fait croître autant pour l’ornement que pour l’utilité.

Tandis que le drôle se débraillait, mes yeux eurent le loisir de faire la revue des plus énormes choses qu’il soit possible de voir et qu’il n’est pas aisé de définir. Qu’on se représente une paire de cuisses courtes et grosses, d’un volume inconcevable, terminée en haut par une horrible échancrure, hérissée d’un buisson épais de crin noir et blanc, on n’en aura encore qu’une idée imparfaite. Le héros produisit au grand jour cette merveilleuse et superbe pièce qui m’avait été inconnue jusqu’alors et dont le coup d’œil sympathique me fit sentir des chatouillements presque aussi délectables que si j’eusse dû réellement en jouir. 

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda (dernier article).

200 drôles d’expressions érotiques : Agnès Pierron & Coco

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Titre : 200 drôles d’expressions érotiques

Auteur : Agnès Pierron
Dessinateur : Coco

Édition : Le Robert (2016)

Résumé :
200 drôles d’expressions érotiques, que l’on utilise tous les jours sans le savoir : L’affaire est dans le sac, donner sa langue au chat, reprendre du poil de la bête…

La langue française est une richesse, mais c’est aussi une boîte à malice qui recèle d’innombrables trésors. Agnès Pierron a recensé pour vous les plus savoureuses afin de lever le voile, pas toujours pudique, sur leur histoire et leur évolution surprenantes.

Délice à effeuiller, pourquoi pas à deux, pour apprendre à le faire avec des mots, ce livre fait apparaître en creux la formidable inventivité du langage pour désigner “la chose” sans la nommer.

De quoi ravir tous les amoureux de la langue, en tout bien tout honneur bien sûr !

Quant aux amants en panne d’inspiration, ils pourront enrichir leur vocabulaire : l’art du bon mot n’est-il pas le meilleur prélude aux arts de l’alcôve ?

402341-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxxCritique :
Je vais en avoir des choses croustillantes à raconter pour les dîners emmerdants des fêtes de fin d’année, moi !

Après leur avoir causé de la pédérastie dans l’Antiquité, je vais pouvoir leur signaler que leurs petites expressions, qui ont l’air toutes sages, sont en fait toutes à connotations sexuelles !

D’ailleurs, je pense que depuis que  j’ai choisi « La pédérastie » pour un Masse-Critique, notre ami Pierre de Babelio doit m’avoir cataloguée avec l’étiquette « Grosse cochonne et obsédée sexuelle » dans la base de donnée du site puisqu’il m’a proposé ce livre.

Alors, mon cher Pierre de Babelio, mettons les choses au point : je ne suis pas grosse ! Le reste est parfaitement juste.

Je me suis marrée à découvrir des expressions du langage courant, expressions que j’utilise souvent (et le reste du monde aussi), expressions qui semblent « normales » mais qui en fait ont un rapport avec la Chose…

Désolée, mais même avec mon esprit mal tourné tel que le mien, lorsque j’entendais « Les carottes sont cuites », je ne pensais pas du tout à la « débandade », même si mon esprit tordu a déjà associé la carotte à un objet phallique. Il me vient d’ailleurs une blague sur le sujet…

Anybref ! Que voilà un livre réjouissant et instructif, sans pour autant devenir lourd ou insipide, sauf si vous êtes fous au point de tout lire d’un coup ! Ce que je déconseille fortement, vous risqueriez de vous lasser.

Moi, je me réservais quelques petites expressions avant d’aller me coucher, ou le matin, avec le café, la bonne humeur était garantie et gare à celui qui me disais « L’affaire est dans le sac » ou « Il reprend du poil de la bête » car j’avais un sourire niais et égrillard sur la face et personne n’a rien compris au boulot !

Bon, ça ne marche pas avec toutes puisqu’il y en avait certaines que je ne connaissais ni d’Ève, ni d’Adam.

Deux pages par expression, pas de texte brut de décoffrage et tout serré, n’ayez pas peur, c’est aéré, aérien, ça fait du bien et les illustrations de Coco ne sont pas piquées des vers.

Ce n’est certes pas la grosse poilade, mais ça a le mérite de nous éclairer sur l’origines de certaines expressions sans pour autant nous souler avec des tas et des tas d’explications.

Une lecture qui m’a donné du grain à moudre, sans que je donne trop ma langue au chat ou que le livre me courre sur le haricot. Au prochain dîner, je vais rompre la glace chez certains, chez ceux qui se vantent de n’avoir jamais peigné la girafe.

Tout ça va me donner du fil à retordre…

Merci pour cette lecture, messieurs des Éditions Robert… (ils ne sèment pas à tout vent, mais presque).

Quand le cul est d’équerre avec l’âme, il y a de la poussière de bonheur qui nous tombe sur la tête.

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Aux origines de la pédérastie (petites et grandes histoires homosexuelles de l’antiquité) : Nicolas Carteret

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Titre : Aux origines de la pédérastie (petites et grandes histories homosexuelles de l’antiquité)

Auteur : Nicolas Carteret
Édition : La Musardine (2016)

Résumé :
« Être pédé comme un Grec » : cette insulte populaire témoigne de ce que l’homosexualité des Grecs anciens est désormais proverbiale. Mais que sait-on vraiment de l’amour entre hommes tel que le pratiquaient les Hellènes, deux mille ans avant nous ?

À quoi correspond la notion de pédérastie, si chère à Platon et à ses contemporains, et en quoi diffère-t-elle de l’homosexualité telle que nous la concevons aujourd’hui ?

Donnant la parole aux sources antiques, textuelles et visuelles, Nicolas Cartelet retrace l’histoire d’une pratique aussi bien amoureuse que pédagogique, philosophique et militaire, trop longtemps ignorée ou simplifiée par nos moralistes modernes. Une première partie, introductive et didactique, décrit et explique la pratique de la pédérastie grecque.

Une seconde partie, dans la veine d’une histoire populaire à la Pierre Bellemare ou à la Franck Ferrand, s’attache aux amours homosexuels de personnages mythiques et historiques célèbres.

aux-originesCritique :
Chouette,au prochain repas de famille, j’aurais un autre sujet de conversation croustillant ! Et attention, si je le rendrai croustillant, ce n’est sera pas moins avec des accents d’érudition…

Mais comment est née la pédérastie ? Ou du moins, comment certains hommes ont commencé à pratiquer le frotti-frotta entre eux ? (plus, si affinités).

Voilà un ouvrage très sérieux qui nous raconte la vie des Hellènes et des garçons…

Enfin, d’après l’auteur, les éromènes (ceux qu’on aime) n’étaient pas de trop jeunes garçons, quand aux érastes (ceux qui aiment), ce n’étaient pas non plus des vieux satyres, mais des adultes d’un peu plus de 20 ans.

Bref, la première partie qui m’explique le pourquoi du comment est vachement intéressante, sans être trop technique ou historique : on apprend la place de la femme dans la société grecque de l’époque (cloitrée, chez les familles aisées), l’auteur nous explique que si la pédérastie était normalement pratiquée dans les milieux assez haut de la société, elle était mal vue par le peuple d’en bas.

Le tout étant agrémenté de quelques extraits de céramiques avec des hommes nus.

Non, rien de porno car pour l’époque, la représentation de gros machins était mal vue et s’apparentaient aux satyres.

Franchement, j’ai ouvert grand mes yeux parce que ce n’était pas tout à fait comme je le pensais et on est loin de la débauche de Sodome et Gomorrhe et loin de la pédophilie aussi.

La seconde partie, plus importante 120 pages contre 50), nous raconte, sous forme de petites histoires, l’homosexualité vue avec les dieux de l’Olympe ou avec des personnages ayant véritablement existé, comme Alexandre Le Grand.

Ces dernières, je les ai lues comme on lit des histoires quand on est enfant : une tous les soirs.

Si celles avec Zeus, Apollon, Héraclès m’intéressaient un peu moins (on est dans la mythologie !), si celle d’Achille appartient à la littérature, celles d’Alexandre et de Socrate étaient plus dans le réel.

On sent bien (oups) le travail de l’auteur et rien qu’à voir la bibliographie, on comprend qu’il y a du travail sérieux derrière tout ça.

Mon seul bémol sera pour le fait que j’eusse aimé que la première partie soit plus importante que la seconde, j’aurais aimé continuer de dévorer de l’Histoire grecque et en savoir encore plus.

Anybref, voilà un livre que je n’aurais sans doute pas coché dans les nouveautés de la rentrée, et que, sans l’opération de Babelio, jamais je n’aurais lu, ce qui aurait été dommage pour ma culture et pour les futurs repas de famille.

Vivement la fin de l’année que je leur parle de cette époque où les éromènes ne se faisaient pas sodomiser !

Un petit livre très intéressant que je ne regrette pas d’avoir ouvert car dans le mot « culture », il y a aussi le mot « cul »…

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La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux : Marquis de Sade

Titre : La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux

Auteur : Marquis de Sade                                                big_2
Édition : Maxi Poche

Résumé :
Cachez cet auteur que je ne saurais voir. J’ai nommé le marquis de Sade. Grand absent des anthologies scolaires, Sade fut longtemps le paria de la littérature française.

Et pourtant, c’est bien de littérature qu’il s’agit et d’éducation qui plus est.

« La Philosophie dans le boudoir », chef-d’œuvre du divin marquis, est le plus ambitieux des manifestes du libertinage jamais écrit. Avec Sade, l’acte accompagne toujours la théorie et il est plaisant de voir son Dolmancé, mâle incroyablement membré dans la pleine possession de ses moyens, éduquer la jeune Eugénie, 15 ans à peine, aux acrobaties du corps et à la gymnastique de l’esprit.

Confiée aux mains de Mme de Saint-Ange et de Dolmancé, Eugénie, élève douée, progresse très vite dans le domaine du plaisir.

« Nous placerons dans cette jolie petite tête tous les principes du libertinage le plus effréné, nous l’embraserons de nos feux, nous l’alimenterons de notre philosophie », annonce Mme de Saint-Ange.

Au terme de 300 pages voluptueuses, la jeune fille ignorante sera devenue experte et aguerrie en philosophie du plaisir.

« La Philosophie dans le boudoir » n’est pas un classique de l’érotisme, c’est le livre fondateur, la Bible du plaisir qui pourrait faire passer le Kama Sutra pour une simple fiche technique.

Critique : 
Que dire de ce livre si ce n’est que les protagonistes feraient mieux de parler moins et de s’envoyer en l’air plus !

Ben oui, durant les moments de « pause » entre deux sodomies ou autre pénétrations en « al », les protagonistes pérorent sur Dieu, la politique, la morale et autres sujets qui m’ont fait bailler d’ennui tant ces messieurs étaient sûr de détenir la Vérité Absolue.  La diatribe sur la non-existence de Dieu est à mourir d’ennui !

Désolée, mais durant les phases réfractaires de chouchou, je n’aurais pas du tout envie de l’entendre me parler de politique ou de religion ! Surtout que Sade y va quand même fort dans sa philosophie qui tient plus de celle « du comptoir » que d’ailleurs.

Oh pardon… Pour ceux qui aurait une cul-ture zéro,  » La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux », c’est l’histoire de la journée d’éducation sexuelle et de débauche de la jeune Eugénie, 15 ans au compteur, que madame de Saint-Ange et son frère incestueux vont initier a toutes les facettes du sexe par tous les orifices.

C’est « la journée de la luxure », le tout aidé d’un sodomite qui cause beaucoup trop : Dolmancé.  Plus un syphilitique, mais en fin de roman.

En deux mots : ça éduque la gamine, ça baise tous ensemble ou séparé, ça cause et ensuite, ça refornique par tous les trous qui existent.

Les scènes de sexe ? C’est de la resucée : un « sandwich » entre trois hommes, de l’inceste frère-soeur, de la sodomie en veux-tu-en-voilà, du « décalotage » et suçage en tout genre. Rien de neuf sous le soleil, si ce n’est la perversion de certaines histoires où Dolmancé parle d’un homme qui a des rapports sexuels avec sa fille, lui fait un enfant, le dépucelle aussi, etc… Sade voulait choquer, il l’a fait.

Par contre, peu de descriptions dans les scènes de sexe. Certes, pour l’époque, ça a dû choquer la ménagère de moins de 50 ans, mais maintenant, bof. J’ai lu des fan-fics cochonnes bien plus détaillées dans leur scène hot que celles du roman du Marquis !

Ce que je reproche d’autre au livre ? Les dialogues qui sont souvent à se taper la tête au mur tant ils peuvent être bêtes, parfois.

Pire, lors de la fameuse scène de couture (ceux qui ont lu comprendront, les autres, imaginez), la mère – qui est censée avoir très mal vu l’endroit où on la coud – ne hurle pas très fort sa douleur, c’est limite si on n’a pas l’impression d’une mauvaise actrice qui veut en faire trop : « Tu me déchires, scélérate ! Que je rougis de t’avoir donné l’être ! ».

Heu, on est en train de lui suturer un certain endroit… Ça ne m’a même pas collé de frissons de dégoût tant cela ne faisait « pas vrai », ses récriminations de douleur.

Sans parler que les dialogues sont présentés comme dans une pièce de théâtre, et là, ça ne passait pas, malgré la vaseline.

De plus, une gamine de 15 ans qui se fait débaucher l’arrière-train sans arrières-pensées, comme si on lui expliquait la cuisine, demandant qu’on la débauche fissa… Là, je tique un peu en raison du fait qu’elle devient une grosse cochonne en deux secondes chrono.

N’ayant jamais vu un vit de sa vie (vit = pénis), elle se fait prendre par derrière comme d’autre vont prendre un verre, criant même qu’on la lui fourre profond. Hop, ça glisse comme chez une vielle péripatéticienne. Pas très réaliste.

Les personnages sont parfois à tuer, surtout Dolmancé, qui, à force de crier « je décharge, je décharge », m’a pompé l’air !

Je termine « No shocking » par le livre, ayant juste ressenti de l’ennui profond, mais très profond !

Marquis, tu aurais pu détailler plus tes scènes au lieu de nous faire toujours le même scénario sexuel !

Lu dans le cadre du challenge « Badinage et libertinage » organisé par Minou et « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel.

CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL

Le parfum de la chatte en noir et autres pastiches érotiques de romans policiers : Liebig

Titre : Le parfum de la chatte en noir et autres pastiches érotiques de romans policiers
Auteur : Etienne Liebig
Édition:  La Musardine (2010)

Résumé :
 » Les grands policiers et les grands criminels de la littérature classique ont évidemment une sexualité, mais celle-ci, pour des raisons de censure et de bienséance, n’a jamais pu s’exprimer, faisant de nos héros des êtres impuissants ou frigides.

Il fallait que cette injustice soit réparée.

C’est pourquoi, dans un souci de vérité historique qui les honore, les éditions La Musardine m’ont confié cette haute mission de rendre à tous ces personnages qui peuplent notre inconscient collectif une vie sexuelle aussi riche et diverse que leur vie aventureuse.

J’ai essayé modestement de pasticher au plus près des styles originaux, les histoires de ces héros et héroïnes de notre mythologie moderne qui ont tous fait l’objet déjà, de très nombreuses adaptations plus ou moins fidèles « .
Etienne Liebig.

Dans Arsène lupin, gentleman gamahucheur le célèbre héros s’intéresse au derrière de la femme d’un ministre et imprime ses initiales à la naissance de son anus. Le vol de papier et d’un tableau serait-il un subterfuge pour s’occuper de la dite dame ou le contraire? Une reconstitution est nécessaire pour résoudre cette énigme. L’auteur tente de se rapprocher du style de Maurice Leblanc, remarque qui vaut pour tout le recueil, tout en y injectant un ton de vaudeville bourgeois.

Dans Le Parfum de la chatte en noir Rouletabille enquête sur le suicide supposé d’un artiste qui a été en fait étouffé par une nonne criminelle ancienne connaissance de notre héros! Il mènera l’enquête courageusement quitte à en perdre la vie dans un duel acrobatique. Au programme enquête lubrique, profanation, nécrophilie et amitié rapprochée avec des nonnes, tout pour se faire des amis!

Dans L’Héritier aux deux trous on retrouve un Sherlock Holmes lubrique et bien sûr drogué qui enquête sur l’enlèvement du fils héritier d’un riche banquier. Mais pourquoi le dit riche banquier a-t-il choisit comme épouse pour sa progéniture une prostituée qui n’a pas froid aux yeux? Cela cacherait-il un secret de famille bien encombrant? Au programme secret de famille et lesbianisme particulièrement inavouable dans cette Angleterre victorienne.

Dans Les Véritables mémoires du vit de Vidocq on suit l’enquête de la mort d’une riche héritière. Notre policier appliquera des méthodes bien particulières, modernes et pas franchement catholiques pour réunir des preuves. Il devra explorer les bas-fonds pour retrouver les assassins ce dont il ne se plaindra pas! A noter un lexique bien utile sur l’argot de l’époque à la fin de la nouvelle.

Dans Fantômas contre l’inspecteur Juve et le jeune journaliste Fandor on apprendra que pour provoquer la chute de Fantômas il suffit de le faire chanter de façon bien particulière avec l’aide de sa fille.

Dans La Mystérieuse histoire du gode d’ivoire Hercule Poirot devra donner de sa personne afin de comprendre non seulement qui est le voleur du dit objet mais aussi comprendre l’histoire de famille qui se cache derrière les mystérieuses initiales gravées à sa base.

Enfin dans Morsure sénile Miss Marple doit déjouer un maître chanteur, ayant jeté son dévolu sur un prêtre bien coincé et confident de tout le village, qu’elle pourrait bien connaître. Au programme flegme anglais bien coincé comme il faut et conspiration pour gagner un pari lubrique !

Critique :

Bon, les enfants, allez lire votre dernier « Picsou Magazine » et passez votre chemin, vos yeux curieux n’ont rien à faire ici.

Parents, je ne suis pas responsable si vos enfants lisent cette critique.

Majeurs ou « grands de 16 ans », vous êtes les bienvenus pour cette critique un peu plus osée de par l’ouvrage en question.

Que vous dire après ma lecture ? Si j’ai la larme, ce n’est qu’à mon oeil, et non, ce n’est pas dû à l’émotion de ma lecture.

Que vous dire d’autre ?

Juste que si la viande de cochon est fortement déconseillé crue, il en va de même  pour les récits dits « cochons »… Trop cru, c’est indigeste !

Certes, vous me direz que je savais à quoi m’attendre en achetant ce bouquin dans un rayon sombre d’une bouquinerie. Oui, je me doutais du caractère « coquin » de la chose et des récits.

J’ai dit « coquin », pas « cochon » ! Toute la délicatesse de l’affaire se trouve dans cette différence subtile entre les deux termes.

Pour ceux et celles qui ne me connaissent pas, je vous signalerai que je n’ai rien d’une puritaine, ni d’une vierge effarouchée (je suis sagittaire, en plus) et que mon esprit est aussi mal tourné qu’il est possible de l’être.

Ayant lu des livres de Frédéric Dard, le père littéraire du commissaire « San-Antonio », je peux vous dire que les récits de parties de jambes en l’air – qui sont plus que légion dans les livre de Dard – ne me font pas rougir, ni pousser de hauts cris de pudibonde (Pudi Bond, la soeur de James) et que la brouette de Toronto n’a plus de secret pour moi. Le langage cru ne me fait pas rougir non plus.

Bref, on pourrait croire que ce genre de récits était fait pour moi.

Oui, mais à une seule condition : que le niveau soit un peu plus relevé et que le langage ne soit pas aussi plat. Il n’y a aucun volume ! C’est cru, ça manque de sel et de quelques piments, c’est plat et sans poésie.

Les descriptions crues, qui sont passées comme dans du beurre dans les romans de Dard, ont bloqué chez Liebig. Et oui…

Étant aussi une grande habituée des fan-fictions avec des lemmons (récits destiné aux plus de 16 ans au moins, autrement dit, qui comportent une ou plusieurs scènes de sexe plus que suggérée), j’apprécie que l’aventure horizontale (ou verticale, on a le choix de la position) me soit contée dans des termes poétiques.

Que cela soit suggéré tout en finesse, ou, si l’auteur va au fond des choses, que cela soit décrit avec des termes corrects.

Non, je n’ai rien contre le vulgaire, mais entre nous, n’importe quel écrivaillon du dimanche est capable de torcher un lemmon quelconque avec un langage tout aussi quelconque tel que : « il enfonça sa b*** dans son c** »  ou « elle me su** la qu*** toute la nuit » (je vous mâche le travail, les Astérix – le Gaulois, celui qui vit en Gaule – remplacent le nombre exact de lettres manquantes).

N’importe quel couillon peut le faire et pour pas un balle.

Donc, en achetant ce livre, avec l’oeil égrillard, je m’attendais à passer un bon petit moment coquin tout en restant dans la métaphore suggestive ou, du moins, dans des descriptions très osées, mais tout en restant dans le langage correct.

Bien mal m’en pris, comme vous vous en doutez.

J’avais plus l’impression de me retrouver dans un livre destiné à des gros obsédés du langage cru que dans un pastiche « osé » ou « coquin ».

Là où le père Dard me faisait rire, Liebig m’a fait boire le bouillon (pub déguisée).

Quelle est l’utilité de commencer un récit avec un Holmes qui se l’astique consciencieusement ? De nous parler d’un Watson qui se fait dessus, comme un môme dans son Pampers ?

Même avec le second degré, ça coince. Même en lubrifiant encore plus mon humour, ça ne passe toujours pas.

D’accord, ces messieurs « les hommes » ont tendance à se grattouiller, dès le réveil, et pas derrière les oreilles, mais plutôt au niveau des valseuses…

Mais là, c’est moi qui me suis grattée la tête de perplexité en lisant le récit que nous contait le docteur Watson, nous expliquant que Holmes se les grattait, comme toujours quand il était dans un moment d’intense réflexion… *long soupir*

Et je ne vous parle même pas du langage qui n’était pas châtié… Vulgaire, tout simplement.

Une impression que l’auteur avait juste envie d’utiliser les mots irrévérencieux, juste pour le plaisir de les écrire, comme un sale gamin.

Diantre ! Des récits salaces et osés, j’en ai lu une tripotée, mais les auteurs (et de fan-fic en plus !) utilisaient un vocabulaire correct, rendant leurs récits bien plus émoustillants.

Là, ça vous refroidirait plus qu’autre chose.

Je vous épargnerai les détails scabreux des autres récits, ça n’en vaut pas la peine. On a déjà usé assez de papier ainsi en imprimant ce livre et j’ai abandonné la lecture, laissant tomber les deux dernières histoires.

Je veux bien qu’il faut sans doute prendre les récits au second degré (que je possède pourtant), dans une version plus parodique qu’autre chose… mais tout de même, je suis déçue de ma lecture qui me fit soupirer d’ennui plus qu’autre chose.

L’auteur aurait pu nous régaler de la Chose tout en poétisant l’acte, en métaphorisant le tout, en changeant de ton entre les histoires.

« En variant le ton », comme disait Cyrano !

Oui, l’auteur aurait dû utiliser des images, comme Colette Renard dans ses chansons…

Que voilà une riche idée !

Agricole : il aurait pu nous parler de « labourer » (en un mot, svp), « d’ensemencer », de « planter le soc de la charrue », de « semer à tous vents », de « butiner le pistil », de « planter la courgette », « taquiner le goujon »,…

Littéraire : de « tremper sa plume dans l’encrier », »effeuiller »,

Gourmand : « dévorer le rouleau de printemps », « astiquer l’asperge », de « bouffer la cressonnette »,…

Bref, il aurait dû nous servir son pastiche un peu moins cru ou du moins, de manière plus amusante.

Dard, relève-toi, et réécrit le moi !

*Toute allusion à des mots « coquins » ou « sexuellement imagés », dans cette critique, serait purement fortuite !!

Les nouvelles « L’Héritier aux deux trous »; « La Mystérieuse histoire du gode d’ivoire »; « Morsure sénile » ont été relues avec une grimace pour illustrer ma 69ème critique du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba.

« L’Héritier aux deux trous » participe aussi au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titine, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

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