[SÉRIES] Dracula de Steven Moffat et Mark Gattis [Par Dame Ida – Eau bénite non fournie]

Mini série de trois épisodes diffusée par NETFLIX et la BBC, produite en 2019, diffusée en 2020

Créateurs : Steven Moffat et Mark Gattis

Réalisation : Jonny Campbell (1er épisode) ; Damon Thomas (2e épisode); Paul McGuigan (3e épisode).

Introduction : Quand Dame Ida s’emmerde et qu’elle doit faire une pause de lecture (ses vieux yeux ne peuvent plus rester sur sa liseuse plus de deux heures d’affilée… ses vieux os non plus d’ailleurs… mine de rien on ne peut pas lire dans n’importe quelle position), elle a le choix entre faire de la pâtisserie, ou regarder des séries (la position allongée ou vautrée ne lui est aucunement pénible).

Parfois elle fait même les deux en même temps.

Et avec le Grand Confinement face à ce vilain virus qui pourrait presque l’envoyer ad patres vu qu’elle n’est plus si jeune, plus si mince et plus si en forme… Dieu sait si Dame Ida s’emmerde actuellement beaucoup !

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui Dame Ida va vous parler non pas d’un roman mais d’une série…

Et qui plus est d’une série récente puisqu’une copine lui a prêté son code Netflix…

Et comme ici on aime les trucs un peu gothiques victoriens vu que c’est contemporain de notre Détective Consultant préféré (auquel je n’ai pas pu m’empêcher de percevoir comme une allusion quand au détour d’un dialogue on évoque un détective de Londres… Et bien je n’ai pas résisté au plaisir de vous en faire un retour.

Résumé : Fin du XIXème siècle, dans un couvent perdu de Bulgarie, Sœur Agatha, secondée par une autre femme en habit de religieuse, interroge un certain Jonathan Harker bien mal en point, qui essaie de rassembler ses souvenir sur la cruelle expérience qu’il a pu vivre au château du Comte Dracula, où il s’était rendu pour affaires, et dont il serait parvenu à s’évader…

C’est ainsi que s’ouvre le premier épisode de cette Nième adaptation des aventures du plus célèbre vampire des Carpathes et de ceux qui veulent sa peau bien gorgée du sang de ses victimes.

 

Je ne vous ferai pas l’offense de vous en dire davantage. Les lecteurs et lectrice de ce blog (et même les autres pauvres malheureux et incultes qui n’y jettent jamais un œil) savent tout de l’histoire écrite par Bram Stoker, même s’ils ne l’ont pas lue pour de vrai, se contentant de ce que le cinéma et autres séries en ont mis à notre disposition.

Bien évidemment, cette adaptation n’est qu’une adaptation qui s’inspire plus ou moins de l’œuvre originale, voire des précédentes adaptations…

Et comme Gattis et Moffat nous y ont habitué lorsqu’ils se sont attaqués à Sherlock Holmes, ils n’ont pas non plus rechigné à user et abuser des swicths spaciaux-temporels qu’ils semblent apprécier au point d’en faire leur marque de fabrique.

Si les deux premiers épisodes sont assez proches du roman, dans l’esprit du moins, car certaines péripéties sont clairement rajoutées pour faire durer l’affaire 3 x 1h30, et si certains personnages sont développés différemment ou carrément modifiés, le troisième épisode lui n’est plus que très vaguement inspiré de l’œuvre de Stoker. Un peu quand même mais… bien moins que les autres.

Image soignée, effets spéciaux corrects sans être délirants, beaux décors, belle image… Sur le plan technique rien à dire…

Quoi que je ne sois pas non plus une cinéphile distinguée et compétente pour me poser là en critique évidemment. En même temps si ça avait été moche et nul, ça, j’aurais été capable de m’en rendre compte tout de même…

Comme je commence à m’habituer à voir chaque scénariste ou réalisateur vouloir réécrire l’histoire à sa sauce, je ne m’en suis pas offusquée, et j’ai passé un bon moment jusqu’aux dernières vingt minutes… Les minutes cruciales du dénouement…

Et tout de même la qualité d’un dénouement ça compte quand on s’est fadé près de 5h de série…

Ce n’est pas tant que le dénouement soit totalement hors sujet…

Mais Gattis et Moffat nous avaient déjà fait le coup dans la conclusion du dernier épisode de la dernière (probablement pour de bon) saison de Sherlock…

Ils semblent aimer les dialogues dramatiquement surfaits, grandiloquents et métaphysiques de révélations finales sur la vraie nature des choses, des gens, et là en occurrence de la vraie nature du vampire…

Et ça donne à l’atmosphère des dernières minutes de la série un côté pseudo-intello artificiel torturé des méninges qui se la pète… Que je trouve totalement inutile, pour ne pas dire pénible en ce sens que ça me donne l’impression que ça tombe à plat tant c’est en décalage avec le fond de l’histoire.

Ouais… Le mythe du vampire fascine… Sinon on n’aurait pas des dizaines de films et de séries sur la question…

Ouais… il y a derrière des ressorts symboliques ou psychologiques qui peuvent expliquer pourquoi ça vient capter notre intérêt…

Mais si on veut présenter une thèse sérieuse et solide là dessus, ça ne se torche pas en un quart d’heure et ça ne s’explicite pas sur le dos d’une histoire qu’on doit finir de raconter en en faisant une illustration.

C’est peut être ma sensibilité personnelle… Mais j’ai beaucoup du mal avec le mélange des genres.

Soit on fait du reportage ou du documentaire pour exposer sa thèse sur les vampires… Soit on fait une histoire à partir de ses propres représentations du vampire… Mais profiter du dénouement d’une série pour exposer ça à travers le dialogue final du dénouement… Bof bof…

J’ai du mal avec le divertissement qui subitement quelques minutes avant la fin veut se faire intellectuel ou philosophique alors que franchement… le genre fantastique s’y prête généralement assez mal.

En effet, face au fantastique, notre cerveau rationnel doit se mettre en pause, sinon on se dirait du début à la fin « mais ça n’existe pas tout ça, ils nous prennent pour des cons ».

Donc si on met son cerveau rationnel en pause… et bien il n’est plus là pour accuser réception des messages philosophique qu’on veut faire passer… Et ils sont tellement inattendus qu’ils en deviennent presque grotesques à ce moment là.

Bref une série de bonne qualité dont j’ai trouvé la fin relativement décevante eu égard à ma propre difficulté face au mélange des genres et à la mise en scène dramatisée d’une inutile pseudo philosophie de supermarché.

Mais, j’avoue être assez difficile sur cette question. Il y a des gens qui aiment.

L’Institut : Stephen King

Titre : L’Institut

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (29/01/2020)
Édition Originale : The Institute (2019)
Traduction : Jean Esch

Résumé :
Au milieu de la nuit, dans une maison d’une rue calme de la banlieue de Minneapolis, des intrus assassinent en silence les parents de Luke Ellis et l’embarquent dans un SUV noir. L’opération prend moins de deux minutes.

Luke se réveillera à l’Institut, dans une chambre qui ressemble à se méprendre à la sienne, sauf qu’il n’y a pas de fenêtres. Et derrière sa porte se trouvent d’autres portes, derrière lesquelles se trouvent d’autres enfants aux talents spéciaux – télékinésie et télépathie – qui sont arrivés ici de la même manière que Luke : Kalisha, Nick, George, Iris et Avery Dixon âgé de 10 ans.

Ils sont tous dans la Moitié Avant. Luke apprend que d’autres sont passés à la Moitié Arrière, « comme les motels crasseux », déclare Kalisha. « On y entre, mais on n’en ressort pas. »

Dans la plus sinistre des institutions, la directrice Mme Sigsby et son personnel s’efforcent sans merci à extraire de ces enfants la force de leurs extraordinaires dons. Il n’y a pas de scrupules ici. Si vous faites ce qu’on vous dit vous recevez des jetons pour les distributeurs automatiques.

Si vous ne le faites pas, la punition est brutale. À chaque nouvelle victime qui disparaît dans la Moitié Arrière, Luke devient de plus en plus désespéré à l’idée de sortir et de chercher de l’aide. Mais personne ne s’est jamais échappé de l’Institut.

Critique :
Stephen King aurait donc cuisiné deux de ses romans : ÇA (pour la bande de gamins) et Charlie (pour les pouvoirs que le Gouvernement veut s’approprier)…

Moi je demandais à voir, à tester, à découvrir. 600 pages de Stephen King, en ce moment, ça tombait on ne peut plus bien.

Le départ m’a étonné car on commence avec l’histoire de Tim auquel un brillant avenir de veilleur de nuit s’offre à lui, dans une petite ville perdue dans le trou du cul du Sud Profond…

Ben et les gosses alors ? Bon, intriguée, je continue, c’est le King, il pourrait encore me parler de l’annuaire téléphonique que je suivrais pour voir.

C’est chouette, c’est amusant, plaisant et puis on arrive à l’histoire de notre Luke, tout va bien, la vie est belle et puis pan dans ta gueule. Tu batifolais dans l’histoire du roman avec le sourire aux lèvres ? Maintenant, on ne rigole plus et tu as l’impression d’arriver dans les heures vachement sombres de l’Histoire.

Un Institut où l’on retient des enfants prisonniers, des enfants possédant des dons de télépathe et/ou de télékinésie, où l’on joue avec le bâton (électrique) ou la carotte pour récompenser (jetons pour des friandises), des enfants pucés, comme de vulgaire animaux domestiques, traités comme des cobayes, des possessions et non des humains…

Purée, bientôt un petit plaisantin va rajouter que le travail rend libre ! Niveau plombage d’ambiance, le King est champion car il te fait passer du joyeux au glauque, sans pour autant sortir des monstres de sous les lits car les monstres sont des humains qui sont persuadés qu’ils œuvrent pour sauver l’Amérique et le Monde. Un air déjà entendu…

Il y a un attachement direct avec les personnages, du moins, avec ceux qui sont du bon côté, il est peu probable que l’on ait des affinités avec madame Sigsby, Zeke, Stackhouse, ceux qui sont du côté des tortionnaires.

Malgré tout, je tiens tout de même à signaler que le King, s’il nous a donné des enfants attachants (surtout l’Avorton) a réussi à nous faire des méchants qui sortent de l’ordinaire, dont certains pourraient même nous faire douter… Non, je ne douterai pas !

À un moment, je me demandais où se trouvait l’amitié comme on retrouvait dans ÇA, où cette bande de gosses avaient réussi à m’émouvoir, car ici, je le ressentais moins. Il y avait un embryon d’amitié, on la voyait, mais pas au même point que notre bande face au clown diabolique.

Puis, à un moment donné, j’ai ressenti cette amitié, ce côté l’union fait la force, que le King a piqué sur notre devise nationale, même si nous devrions un peu plus l’appliquer car seul, on ne vainc pas. Unis oui.

Malgré tout, il aura manqué un chouia pour que cette bande de jeunes soient du niveau de celle de ÇA, mais les histoires sont différentes, même si nous sommes dans la lutte, avec des ennemis qui ne jouent pas dans la même cour de récréation…

Le clown était terriblement démoniaque, mais il est de l’ordre du fantastique tandis qu’ici, les scientifiques sans consciences et les tortionnaires sanguinaires sont le reflet de ce qui a existé, de ce qui existe encore et de ce qui existera toujours. Niveau froideur dans le dos, c’est un bloc de glace.

Anybref, le dernier livre que le King nous livre est une fois de plus au top, même s’il ne lui a manqué que peu de choses pour arriver au niveau de certains, peut-être aurait-il dû développer un peu plus cette histoire d’amitié entre les jeunes…

Même si je conçois qu’une histoire d’amitié dans un centre d’expérimentation est plus difficile à développer qu’avec des écoliers en vacances… Je pinaille, normal, c’est le King, j’ai été habituée à l’excellence.

Un roman fantastique qui sent mauvais les expérimentations de certaines nations, toutes autant qu’elles le sont (les nazis n’ont pas le monopole), qui sent la déshumanisation, mais aussi l’amitié, l’union qui fait toujours la force car seul, on n’est rien.

Un roman qui frappe les États-Unis, même si le King a déjà frappé plus fort. Un roman qui explore aussi le Sud et les liens qu’il y a entre les gens. Un roman qui nous parle de la science sans conscience, ce qui donne la ruine de l’âme car ces gens sont persuadés de faire le bien.

Un roman qui fait froid dans le dos. Mais aussi chaud au coeur. I love the King !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°205 et le Challenge Pavévasion – Saison 1 (17 mars – 15 avril ?) chez Mez Brizées [Lecture N°01 – 601 pages].

La Saga des Sorcières – Tome 1 – Le lien maléfique : Anne Rice [Par Dame Ida]


Titre : La Saga des Sorcières – Tome 1 – Le lien maléfique

Auteur : Anne Rice
Édition : Pocket (2002/2012)
Édition Originale : The Witching Hour (1990)
Traducteur : Annick Granger de Scriba

Introduction Babélio :
Sous le porche d’une vieille demeure à l’abandon de La Nouvelle-Orléans, une femme frêle et muette se balance dans un rocking-chair : Deirdre Mayfair est devenue folle depuis qu’on lui a retiré, à la naissance, sa fille Rowan pour l’envoyer vivre à San Francisco.

Et derrière la grille du jardin, un homme, Aaron Lighter, surveille inlassablement Deirdre, comme d’autres avant lui, pendant des siècles, ont secrètement surveillé la famille Mayfair.

Car ils savent que, de génération en génération, les femmes du clan se transmettent leurs maléfiques pouvoirs et que la terrifiante et fabuleuse histoire de cette lignée de sorcières ne fait que commencer…

Résumé :
Résumer un tel pavé (entre près de 800 et 900 pages selon les éditions) n’est pas chose aisée tant il entremêle tant d’histoires différentes qui n’en forment qu’une.

C’est tout le problème des sagas ! Vous savez certainement l’étymologie de ce terme scandinave qui désigne une œuvre racontant l’histoire de toute une lignée à travers les générations qui se suivent… Sauf que la vie de chaque personnage est une histoire en soi. Alors ? On fait comment ?

Et ben on jette l’éponge, le bouquin, on s’assoie et on pleure ! Surtout quand on doit recommencer sa fiche une deuxième fois parce que le texte dont on a gardé un simple brouillon s’est perdu avant d’arriver jusque dans la boîte de Dame Belette, notre Bienfaitrice à toutes et à tous.

Entre les trajectoires de Michael Curry, l’entrepreneur en bâtiment en vue de San Francisco presque quinqua revenu des morts et devant composer avec le don étrange qu’il a rapporté de l’au-delà, celle de Rowan Mayfair, brillante neurochirurgienne trentenaire, jeune femme adoptée qui doit découvrir le secret sulfureux de ses origines, et le manège étrange qui se joue dans cette jolie demeure de la Nouvelle Orléans dont l’héritière aussi souffreteuse que dérangée, maintenue sous couverture neuroleptique en permanence au point de ne plus pouvoir prononcer une parole par les bons soins de ses grand-tantes assez inquiétantes, le puzzle se met doucement en place…

Pour au bout d’un moment nous plonger dans les archives qu’un étrange anglais, membre d’une organisation encore plus étrange, soumet à la lecture de Michael qui s’est mis en tête de sauver Rowan des périls qui la menacent puisqu’il est devenu entre-temps son chevalier servant.

Et si je vous dis que les dites archives qu’il doit consulter et qui représentent une partie non négligeable du volume, vous dévoilent l’histoire de plusieurs générations de sorcières de la famille Mayfair observées depuis des siècles par le très secret Talamasca ?

Et ben oui, ça en fait des personnages et des histoires ! D’ailleurs, ça n’est pas pour rien que ce livre est épais comme un bottin !

Mon avis :
Je vais réitérer l’avis que j’avais déjà exprimé sur le précédent Anne Rice dans lequel je me suis lancée.

Un gros boulot de documentation historique, géographique (tapez sur Google Earth « First Street » à la Nouvelle Orléans et regardez les baraques qui s’y trouvent près de Garden District, et vous verrez effectivement le genre de maisons dans lequel évolue la famille Mayfair) qu’elle sait faire sentir mine de rien, en l’introduisant judicieusement et en l’intégrant parfaitement à l’action…

Une thématique très bien développée…

Un univers original sachant se détacher des images d’Epinal concernant la sorcellerie, tout en s’appuyant sur des données solides…

De très bonnes idées d’intrigues… L’affaire s’engageait plutôt bien.

En outre, comme je vous l’ai déjà dit : j’aime quand les auteurs de fantastique distillent le surnaturel peu à peu par petite touche en prenant leur temps, nous laissant croire aussi longtemps que possible que nous sommes bien dans les réalités du monde que nous connaissons avant de nous emmener dans des contrées plus incroyables.

Dans mon billet sur le « Don du Loup » d’Anne Rice, je lui avais reproché de n’avoir pas pris ce temps en nous faisant basculer dans le fantastique dès le premier chapitre ou presque en balançant la grosse artillerie avec ses gros sabots.

Et bien là, elle prend son temps. Et c’est très bien…

En même temps en huit ou neuf cents pages elle avait de quoi prendre son temps… Et un tel pavé ça peu fatiguer au bout d’un moment, sauf quand le rythme de l’action reste soutenu et qu’on sait éviter les longueurs…

Et des longueurs… Mon Dieu ! Comme il y en a eu !!! C’est maintenant que débute la litanie de mes reproches…

Ce n’est pas tant le nombre de personnages qui se croisent dans le roman qui soit un problème (quoi que… mon pote Al Zheimer s’est bien fichu de moi pendant ma lecture), ou le déroulé de l’histoire singulière de chacun d’entre eux…

Le problème c’est qu’on a parfois l’impression que Rice a voulu écrire un soap opéra…

Certains passages sont dignes des télénovelas brésiliennes ou certains dialogues ou tergiversations introspectives n’en finissent pas et traînent en longueur, tournant en rond de façon répétitive comme si l’auteur voulait vraiment être certaine que le lecteur ait bien compris quels tourments ou contradictions internes déchiraient certains personnages.

Faudra-t-il qu’un jour quelqu’un lui explique que le lecteur n’est pas un abruti et qu’on peut lui dire les choses une fois… ou peut être une deuxième fois autrement pour ajouter de la nuance… mais qu’on n’est pas obligé d’y revenir encore et encore pour que le lecteur comprenne ?

Et puis… Comment dire… Pourquoi Anne Rice s’obstine-t-elle à vouloir nous présenter des héros toujours tellement exceptionnels dès le départ qu’ils n’en sont pas crédibles ?

L’entrepreneur en bâtiment parti de rien mais plusieurs fois millionnaire, qui en plus de bosser comme une brute 100 heures par semaines est parvenu à se forger une culture littéraire, historique, musicale etc… de grand érudit.

Wahou ! Le voilà le mec parfait qui la fait fondre : le grand mec baraqué, un peu rustre et prolo (combien de fois appuie-t-elle sur ces termes pour parler de Michael ! C’en est indécent !) qui serait doublé d’un puits de science tout en sachant se montrer tendre et délicat ? Le mec parfait qui n’existe pas quoi ! Ah si ! Il est alcoolique… Mais rassurez-vous… Même bourré il sait se tenir et il décroche comme il veut sans aide et sans faire de delirium tremens bien qu’imbibé depuis un moment…

Et attention petit spoiler… Figurez-vous que par une heureuse coïncidence, Rowan, notre brillante neurochirurgienne accro au boulot au diagnostic infaillible, qui a sauvé la vie de Michael avant que le relais soit pris par les secours, adoooooore les mecs un peu rustres parce qu’elle trouve que ce sont des bons coups sans complications.

Et évidemment après s’être retrouvés ils vont tomber dans les bras l’un de l’autre avec autant de facilité que Reuben et Merchent dans le « Don du Loup », c’est-à-dire en quelques heures de conversation banale, comme si ça allait de soi, sans qu’il y ait besoin de sortir l’habituelle parade amoureuse de séduction, son cortège de dates, et les rites contemporains qui ont remplacé l’antique carte du tendre des précieuses… En gros les phéromones ont fait tout le job !

Non seulement cette incapacité chronique (au bout de la deuxième série, le travers se répétant… j’envisage une chronicisation*) à introduire ou à décrire un processus de séduction mutuelle est surprenante pour un auteur qui envisage de caser des histoires d’amour dans ses romans, mais en plus le rapport à la sexualité qu’elle dévoile livre après livre me sidère…

Dans le « Don du Loup » (excusez-moi d’y revenir encore mais quand on retrouve les mêmes tics d’écritures on tique justement…), le rapport entre animalité brute et sexualité était systématique…

Et là on a une chirurgienne super topissime issue des meilleurs milieux, cultivée et toussa toussa, pleine de fric, qui préfère coucher avec des « prolétaires », de préférences brutes épaisses, incultes et pas compliquées…

J’avoue que cette vision des rapports hommes/femmes d’Anne Rice m’irrite au plus haut point.

Avec elle c’est la Belle et la Bête roman après roman… et le mot Bête s’appliquant systématiquement aux hommes et devant être pris dans les deux sens : animal et stupide…

Enfin Michael n’est pas stupide… C’est ce qui en fait une exception par rapport aux autres hommes aux yeux de Rice.  Même s’il garde de mauvaises manières à table.

Ok… les auteurs masculins ont aussi parfois tendance à nous réduire à des stéréotypes découlant de leurs fantasmes… La femme fragile, sensible, forcément bien roulée… et si elle est un peu godiche on ne lui en voudra pas si elle fait bien la blanquette et les turluttes…

Mais ces clichés sexistes me sont aussi insupportables dans un sens que dans l’autre. C’est d’un maladroit… D’un convenu… Que de poncifs !

Et puis… derrière les clichés sexistes posant les rapports hommes/femmes comme des rapports de domination, j’ai tout de même perçu comme une sorte de mépris de classe…

Comme si le « prolétaire » (en gros, ceux qui ont des jobs ingrats mal payés et un accès réduit à la culture des classes dominantes) ne devait pas être doté de la moindre capacité de réflexion, de la moindre sensibilité, de la moindre attente d’attachement… Et n’était pas autre chose qu’un objet sexuel facile à consommer et à jeter…

J’avoue… Je trouve ça assez choquant. Surtout quand l’auteur écrit ça sans aucune once critique par rapport au positionnement de son personnage ou comme si ça ne posait aucun problème moral.

Je passe sur le fait que le sexe est aussi souvent associé à des trucs bien glauques dans l’histoire de la famille Mayfair ! Incestes à répétition, perversions, viol, domination, paternités incertaines, voire pédophilie…

Toute la panoplie s’y déploie de façon d’autant plus lassante que ça se répète de génération en génération. Cela pourrait faire la joie d’un psychogénéalogiste mais pour la lectrice lambda il y a un moment où ça devient too mutch !

Ajoutons que lorsque Rice s’essaie au dialogue amoureux entre ses personnages ça devient vite insupportable. Elle est aussi mauvaise pour décrire le processus de séduction (qu’elle préfère éviter) que pour faire dialoguer deux personnages amoureux qui se balancent des mots doux sirupeux à tout bout de champ.

C’est d’un guimauve écœurant à souhait qui n’apporte strictement rien à l’action mais occupe du papier comme si elle était payée à la page et qui vous donnerait presque envie de vous faire pousser la moustache, de prendre 30 kg en plus de vos 10kg de trop, de ne plus vous laver ou vous coiffer et de vous habiller en sac à patates, pour être certaine que personne ne viendra vous parler plus jamais comme ça !

Purée ! Même dans la collection Arlequin les histoires d’amours sont mieux écrites et plus crédibles !!!

Et puis… Si ce livre est si énorme c’est qu’il part d’une histoire contemporaine dont le déroulement est coupé en deux par la lecture par un personnage de toute l’histoire de la famille Mayfair…

Et ces archives représentent pratiquement le tiers du livre, ce qui est quelque peu déséquilibré puisque quand on retrouve nos personnages contemporains on en est désorienté, et il nous faut quelques minutes pour se souvenir de qui est qui et où on en était avant de les quitter.

La construction est de ce fait un peu maladroite. Et ce n’est pas le premier livre de cet auteur que je trouve mal construit.

Pourquoi n’a-t-elle pas plutôt écrit cette saga en commençant dès le début ? Consacrant un volume pour deux générations, en prenant bien son temps ? Un peu comme avec sa saga des Vampires si réussie !

Parce que là franchement ce résumé sur plusieurs générations de Mayfair en quelques centaines de pages sous forme de récit ou rapports un peu brouillons et dont la chronologie semble parfois se perdre, c’est carrément très fastidieux à lire.

Malgré tout… On se laisse prendre par l’histoire qui a quelques relents lovecraftiens avec cette thématique des malédictions familiales, qui a son univers particulier original bien campé, et aux descriptions envoûtantes de l’atmosphère de la Nouvelle Orléans et de son petit monde feutré de la bourgeoisie locale…

En regrettant juste le déséquilibre dans la construction, les longueurs, et la façon dont Anne Rice semble perdue quand il s’agit de parler d’amour, des hommes et des femmes…

Au point d’en devenir irritante parfois. Il faut donc que l’histoire soit sacrément bonne pour qu’on en arrive à passer outre tous ces défauts d’écriture.

Je lirai peut-être la suite…

* Pour les Nuls (comme moi) : Se chroniciser décrit le comportement d’une chose ou d’une personne qui adopterait un rythme régulier et constant dans ses actes ou son attitude, de façon presque mécanique, à l’instar d’une machine.

 

La Nuit sous le pont de pierre : Léo Perutz

Titre : La Nuit sous le pont de pierre

Auteur : Léo Perutz
Édition : Le Livre de Poche Biblio (1990)
Édition Originale : Nachts unter der steinernen brücke (1953)
Traducteur : Jean-Claude Capèle

Résumé :
« La belle Esther, l’épouse de Mordechai Meisl, s’éveilla dans sa maison de la place des Trois-Fontaines. La lumière du soleil matinal tombait sur son visage et donnait à ses cheveux des reflets rougeâtres… C’était un rêve ! murmura-t-elle. Et nuit après nuit, c’est toujours le même ! Quel beau rêve ! Mais, loué soit le Créateur, ce n’est qu’un rêve. »

Roman des amours irréelles, roman d’une ville disparue, roman d’une société enchanteresse : dans « La Nuit sous le pont de pierre », Leo Perutz ressuscite, avec une maestria digne des kabbalistes qu’il met en scène, la Prague du XVIIe siècle.

Quatorze tableaux pour peindre les amours merveilleuses de la belle Esther et de l’Empereur, et pour magnifier un monde extravagant, empli de bouffons, d’astrologues, d’alchimistes et de courtisans fébriles, où s’entrelacent les passions.

Critique :
Les nouvelles ne sont pas mon genre littéraire préféré car elles me laissent souvent un goût de trop peu, mais je ne pourrai pas me plaindre de cette frustration dans ce roman.

Un début, une fin, du développement et pas cette sensation de vide lorsqu’on arrive à la dernière ligne de l’histoire.

Non seulement l’auteur a réussi ce tour de force, mais en plus, toutes les histoires s’entremêlent…

Donc, au fil des pages, on retrouve certains des personnages, avec toujours, au centre de tout, le banquier usurier Mordechai Meisl et l’empereur Rodolphe II, roi de Bohème, souverain du Saint-Empire romain germanique.

Rodolphe… L’empereur fantasque qui ne paie pas ses dettes et qui dépense sans compter pour acquérir des tableaux. Bref, le genre de souverain qu’on n’a pas envie d’avoir. Dépensier, mais aussi colérique et qui n’assume pas sa tâche. Encore un qui est payé à ne rien foutre.

Dans les rues de Prague, on entre souvent dans le quartier Juif, de nuit comme de jour et s’il n’est pas question d’argent, d’or ou de cuivre, il est question de magie, de fantastique, de kabbale, de rites secrets et de mysticisme.

Les nouvelles s’enchaînent et hormis quelques unes, sur la fin, que j’ai moins aimé, tout le reste est passé comme une lettre à la poste, un jour où elle bosse, la Poste, bien entendu.

Si la lecture de la première nouvelle laisse le lecteur un peu perdu, ne comprenant pas tout, la lecture des suivantes lui apportera les éclairages nécessaires, mais toujours avec des touches de fantastiques.

Une lecture dont je n’attendais rien, mais qui m’a donné plus que prévu. Une atmosphère délicieusement gothique, fantastique, et une visite de la Prague du XVIème siècle, nous faisant arpenter le quartier Juif, qui fut détruit pour cause d’insalubrité.

Les Chroniques du don du loup – Tome 1 – Le Don du Loup : Anne Rice [Par Dame Ida]

Titre : Les Chroniques du don du loup – Tome 1 – Le Don du Loup

Auteur : Anne Rice
Édition : Michel Lafon (2013) / J’ai Lu (2014)
Édition Originale : The Wolf Gift (2012)
Traducteur :Philippe Mothe

Introduction Babelio :
Un jeune journaliste envoyé par le San Francisco Observer… une vielle femme qui l’accueille dans sa magnifique maison familiale sur laquelle il doit écrire un article et qu’elle doit vendre urgemment… Une rencontre fortuite entre deux personnes bien différentes… Une nuit idyllique brisée par une violence sans nom… Le jeune homme attaqué, mordu, de manière inexplicable par une bête qu’il ne peut voir dans la pénombre…

Un épisode violent qui met en marche une transformation aussi terrifiante que séduisante alors que le jeune homme, pris en étau entre extase et horreur, entre acceptation et peur de ce qu’il est en train de devenir, est sur le point de connaître le frisson du don du loup.

Alors qu’il résiste au plaisir et à la fascination de sa sauvagerie animale et découvre avec surprise sa capacité à faire le bien, il se retrouve mêlé à un étrange et dangereux sauvetage et se retrouve malencontreusement pourchassé par les autorités, les médias et les scientifiques (son ADN pourrait apporter la preuve de la dualité de son état)…

Alors qu’un amour nouveau et profond l’enveloppe, des questions naissantes le forcent à s’enfoncer dans ce monde mystérieux inédit : des questions sur pourquoi et comment il a reçu ce don ; sur sa vraie nature et cet attrait curieux mais satisfaisant pour le bien ; sur la compréhension innée qu’il y en a d’autres comme lui qui observent (des créatures gardiennes qui existent depuis la nuit des temps et qui pourraient être en possession de secrets antiques et de connaissances en alchimie).

Par dessus tout, il s’agit d’une quête de rédemption d’un esprit tourmenté par un nouvel horizon de tentations et par la perspective d’un cheminement difficile et exaltant pour concilier totalement loup et homme

Résumé :
Reuben Golding, jeune journaliste de 23 ans à peine, grand, beau comme un dieu, et pété de thunes grâce à sa famille (sa môman est un médecin très réputé, et son pôpa est un universitaire distingué) est chargé d’écrire un reportage pour le San Francisco Observer où il a été embauché (ben nan… lui il ne passe pas par la case « stages à répétition » ou « pigiste » à vie pendant 10 ans, tellement il est trop bogosse, tellement il est intelligent et tellement ses parents ont de relations), sur l’immense propriété don Mme Merchent Nideck, 38 ans, a hérité de son oncle disparu depuis 20 ans, propriété dont elle envisage d’ailleurs de se séparer, comptant sur le reportage pour trouver un acheteur prêt à lui verser les 5 millions de dollars (c’est tout ? on croirait que c’est 10 fois plus à lire les descriptions!) qu’elle peut valoir.

Il s’agit d’un gigantesque manoir bien conservé, perdu entre une forêt de séquoias et la mer…

Même si Reuben est en couple avec une brillante substitut du procureur (il n’allait quand même pas perdre son temps avec une pauvre fille lambda hein…), le voilà qu’il se met à draguer la couguar qui semble apprécier et répond à sa drague et les voilà qu’ils s’envoient en l’air assez vite après le café…

Ben quoi ? Toutes les héritières de 38 ans couchent avec le premier jeunot rencontré…

Et refont leur testament en leur léguant leur manoir tellement elles ont pris leur pied, juste avant de se faire assassiner !

Car oui, cette partie de jambe en l’air finit mal ! Deux brigands pénètrent dans la maison, la zigouillent et alors qu’ils allaient s’en prendre à Reuben, se font démembrer par une bête qui se contente de mordre Reuben.

Et vous l’aurez compris, comme il s’agit de loups-garous dans cette affaire, le Reuben qui en plus d’être grand, beau, talentueux et riche, se trouve encore plus grand, encore plus beau et doté de pouvoirs fabuleux en plus de l’immortalité…

Et évidemment, encore plus riche puisqu’il hérite de la baraque !!!

Et le voilà en train de se transformé en super héros volant au secours des âmes en détresse, cherchant parallèlement à mieux comprendre les origines de ce don, prenant visiblement ses sources dans l’histoire de la famille Nideck, dont il a hérité au passage d’une bonne partie des archives.

Critique :
Comme beaucoup de lectrices, j’ai découvert l’œuvre d’Anne Rice à l’adolescence avec « Entretien avec un Vampire » et toute la saga qui a suivi.

J’ai eu l’occasion de tomber sur ce premier volume de sa saga plus récente écrite sur le mythe du loup-garou.

Vous l’aurez compris en filigrane dans mon résumé : je n’ai franchement pas aimé.

J’aime la littérature fantastique. Mais plus dans l’esprit d’un Stephen King, qui montre comment des personnages ordinaires et qui essaient de se dépatouiller de leurs drames personnels ordinaires, essaient de les régler d’une façon plus simple avec le fantastique pour se rendre compte qu’en fait… ils auraient mieux fait de s’en dispenser et d’accepter leur sort.

L’atmosphère fantastique qui s’instille peu à peu dans la banale réalité, et face à laquelle le personnage principal reste incrédule avec le lecteur, me convient.

L’auteur vient nous chercher dans la réalité pour nous conduire peu à peu dans l’irréel, comme il ferait monter le suspens dans un polar, dispensant les indices peu à peu plutôt qu’en balançant le nom du coupable tout de suite.

Là, on est pas du tout dans cette démarche. Cela donne l’impression d’un livre construit à la truelle ! Sans subtilité.

On nous balance en quelques pages un personnage nanti de toutes les qualités, et qui va se voir nanti d’encore plus de dons et qualités frisant avec les fantasmes infantiles de toute puissance…

J’imagine qu’on peut apprécier ça quand on est ado… mais à mon âge c’est trop peu crédible pour que la magie opère et que je puisse me laisser aller à un mouvement identification au personnage pouvant soutenir l’intérêt de ma lecture.

C’est tout much !

Le début manque considérablement de finesse, mais le développement de l’intrigue se révèle plus intéressant quand on a surmonté ce premier écueil.

Comment Reuben va-t-il se débrouiller de son don ? Comment va-t-il en comprendre les origines ? Comment va-t-il pouvoir jongler entre ses deux natures et ses deux univers ?

Les choses commençaient à s’arranger jusqu’à ce que le livre se termine par un long chapitre explicatif où il se passe pas grand chose d’autre qu’un empilement de révélations apportées comme si elles tombaient du ciel.

L’auteur essaie de donner un peu de dimension narrative à l’affaire mais de façon aussi convenue que statique…

Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, la joie et l’harmonie, et ça n’en finit pas de s’autocongratuler et de dire à quel point on est heureux d’être content.

Ces longueurs de la fin ne sont pas les seules… Les tergiversations introspectives éthiques interminables et répétitives, les cogitations sentimentales un peu stéréotypées, les scènes de sexe utiles à la narration ainsi que l’association quasi obsessionnelle un peu questionnante de Rice entre sexualité et animalité (quand on sait qu’elle a pratiquement fait de sa saga sur les vampires une ode yaoi ou asexuelle…) ont quelque peu plombé ma lecture également.

Bref, c’est bof-bof. Je ne lirai pas la suite de cette nouvelle saga.

Pour moi Rice vient de devenir le pendant de Chattam, méritant exactement les mêmes louanges et les mêmes reproches : ils se sont fait connaître avec une suite de bouquins plutôt bons, avant de se mettre à écrire des choses décevantes… ils savent se documenter sur les thématiques qu’ils déploient, même si c’est souvent surfait…

Ils ont une bonne imagination pour nouer une intrigue… Mais donnent régulièrement le sentiment d’en bâcler le traitement comme si l’objectif était de noircir du papier et de tenir des délais pour les éditeurs qui savent qu’il y a une clientèle, plutôt que soigner la qualité.

Note du Cannibal : Reuben aurait dû être mordu par un lama, cela aurait été plus drôle ! Parce que quand lama fâché, lui toujours faire ainsi…

Spirou et Fantasio – Tome 27 – L’Ankou : Fournier

Titre : Spirou et Fantasio – Tome 27 – L’Ankou

Scénariste : Fournier
Dessinateur : Fournier

Édition : Dupuis (1977)

Résumé :
Que font Spirou et Fantasio s’ils reçoivent une invitation à un congrès de magiciens, à Saint-Herbot, dans les monts d’Arrée, à la pointe ouest de la Bretagne ? Rien.

Que font les mêmes si l’invitation est signée Ororéa ? Ils s’y précipitent !

Évidemment, la Bretagne est terre de mystères et d’aventures. Nos deux amis ne tardent pas à rencontrer les uns et les autres.

D’abord, en la personne de l’Ankou, personnage sorti tout droit des vieilles légendes bretonnes. Pour une raison inconnue, ce valet de la mort (sa profession officielle) prend fait et cause pour les saboteurs de la centrale nucléaire de Nestavel.

Des saboteurs passant pour des militants écologistes, mais qui se révèlent être de dangereux trafiquants de matières nucléaires.

Critique :
Des rares bédés de l’ère Fournier que j’avais lue il y a un peu plus de 15 ans, seule L’Ankou avait tiré son épingle du jeu et obtenu mes faveurs.

À la relecture, mon sentiment est le même, j’ai apprécié cette aventure loufoque, fantastique et un brin écolo baba-cool puisque Fournier, au travers de l’Ankou, semble nous dire que  les centrales nucléaires, c’est dangereux.

L’Ankou, l’annonciateur de la mort dans les légendes bretonnes, a peur que la présence d’une centrale nucléaire n’augmente son travail en déclenchant des morts en cascade.

Remettons la bédé dans son contexte de 1977 et même si le nucléaire n’a pas tué en France, on ne peut pas dire non plus qu’il est sans danger.

Tchernobyl nous l’a appris à nos dépends et on ne sait toujours pas comment se débarrasser des déchets, autrement qu’en les enfouissant dans le sol, à la manière d’un chien planquant son os. Juste que les os sont vachement moins nocifs que les déchets nucléaires…

Malgré tout, si le message de l’auteur est réducteur, il se veut drôle mais aussi flippant car l’Ankou a une sale tête et sa manière de surgir, quand on ne l’attend pas, est angoissante. Sauf pour Fantasio qui le prend pour un hurluberlu !

Du fantastique, des légendes, du nucléaire et de l’humour, de l’humour et encore de l’humour ! Spip m’a fait trop rire avec ses réflexions sur sa malheureuse rencontre avec un rasoir électrique.

Ses expressions faciales étaient des plus maîtrisées et moi, j’adore lorsque les auteurs lui donne une place dans les aventures de nos amis.

De l’action aussi, même si on aurait mieux aimé voir Spirou en Turbotraction plutôt que dans une vieille Renault 5 rouge. Mais bon, la magnifique Turbo n’aurait sans doute pas aimé le traitement qu’on a infligé à la Renault…

L’humour est aussi présent avec notre quatre magiciens, dont Itoh Kata, le maître de la disparition et ses autres copains, tous plus fous l’un que l’autre.

Il y a au moins une aventure de Spirou, scénarisée par Fournier, que j’apprécie et c’est celle-ci qui mélange habillement l’humour, l’action, le mystère, le suspense, les légendes, le folklore, le fantastique et le militantisme écolo, réducteur, certes, mais bon, nous sommes dans des albums pour tout public et de par la présence de l’Ankou, il devait être flippant pour les petits enfants de l’époque.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°180 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°25].

Âme de pirate : Charlotte Macaron [NetGalley]

Titre : Âme de pirate

Auteur : Charlotte Macaron
Édition : 404 (09/01/2020)

Résumé :
Naviguer dans ce labyrinthe d’îles, si proches les unes des autres qu’elles frôlent la coque des navires qui s’y aventurent, affronter le brouillard opaque qui les recouvre, et les ombres qui s’y cachent, relève de la folie furieuse !

Mais, poursuivi par la Marine Royale, l’équipage pirate du Saule pleureur n’a pas le choix. Ils ne se laisseront pas intimider par la sombre réputation des Mortes-Îles. Ils ont à leur bord les meilleurs navigateurs, et rien n’arrêtera leur soif de liberté.

Pourtant ce labyrinthe leur réserve bien des épreuves et ils n’en sortiront peut-être pas indemnes…

Critique :
Quand c’est bon, c’est toujours trop court…

Oui mais là, c’était vraiment trop court, limite 3 minutes, douche et préliminaires comprises…

Et pourtant, le plaisir était là.

Comme quoi, un p’tit coup rapide peut satisfaire la grande lectrice que je suis.

What did you expect ??

Merci NetGalley pour l’envoi de cet epub au bon format. Mais est-ce un court roman ou une nouvelle un peu plus épaisse ? Nous dirons que nous naviguons entre deux eaux.

Ne virez pas de bord mais tâchez de souquer ferme vers ce petit roman numérique qui possède tout ce qui fait un bon roman de piraterie.

L’auteure nous proposant une histoire courte (56 pages), elle doit mettre le lecteur de suite dans le bain, alors, peu de préliminaires et on se retrouve déjà pourchassé par trois galions de la Couronne et engagé dans un détroit d’îles qui a tout du Triangle des Bermudes.

L’élément fantastique va comme un gant à un roman de pirates et sans en faire trop, l’auteure arrive à immerger son lecteur dans un lieu qui fait frissonner tous les marins, lecteur y compris, ajoutant une pincée de fantastique, juste ce qu’il fallait.

L’art de la nouvelle est toujours le même : en dire juste assez, pas trop, ni trop peu, bref, faut doser la poudre à canon si on ne veut pas que ça nous pète à la gueule et même si je ne suis pas une fan des récits courts.

Un sans faute car j’ai apprécié cette histoire où les combats étaient vivants, bourrés de suspense, de dynamisme, d’émotions et où les termes consacrés à la navigation rendaient ce récit plus réaliste sans pour autant avoir besoin d’un dictionnaire.

Les personnages des pirates sont directement attachants, d’ailleurs, ce sont eux les héros du livre et non leurs poursuivants, les marins de sa Majesté d’un royaume inconnu de notre Monde. Nos pirates sont flamboyants.

Et c’est dommage car nous avions le fond et la forme pour écrire une grande aventure, pour étoffer un peu plus ce Monde qui n’est pas le nôtre, de cette Magie qui a disparu il y a quelques années.

Bref, j’ai beau avoir pris mon pied littéraire, je reste tout de même avec un goût amer de trop peu en bouche car l’auteure nous a donné plein d’indications sur ce Monde, sur les personnages des pirates, qui auraient méritées d’être plus développées dans un roman plus épais.

Je remercie les éditions NetGalley pour cette navigation en territoire fantastique où je n’ai pas su lâcher la barre avant d’être arrivée à destination. Là, j’ai cargué les voiles puisque j’étais arrivée à bon port, secouée mais ayant le pied marin, je n’ai pas eu le mal de mer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°152.

 

La piste des ombres – Tome 2 – Trois tombes : Tiburce Oger

Titre : La piste des ombres – Tome 2 – Trois tombes

Scénariste : Tiburce Oger
Dessinateur : Tiburce Oger

Édition : Vents d’ouest (2001)

Résumé :
Badlands, territoires inorganisés du sud Dakota. Depuis la mort du vieux cow-boy Zachary Cloverleaf, voilà un an, le jeune fuyard Natanaël Dumont et sa fiancée Julia Moami vivent reclus dans une « soddy », une cabane en terre, isolée dans les grandes pleines enneigées.

La solitude, la faim et le froid sont leur quotidien.

Un matin, Natanaël est heureux de sa découverte : des bouses de bison séchées, de quoi se chauffer quelque temps.

Mais près de la cabane, Julia pleure devant une petite tombe.

Au loin, des cheyennes observent et attendent. Ils savent que quelque chose va arriver… Et cette chose les terrifie.

Pendant ce temps, sous la pluie du Texas, le vieux Chiricahua Yrigollen raconte l’histoire des « GAHE », des démons indiens enfermés dans les « Pierres Brûlantes », à White Smile l’affranchi : « Je vais te parler des « GAHE », fils, et après tu prendras ton cheval et ton fusil et tu iras les chercher… »

Critique :
De temps en temps, je me fais un petit western… C’est comme un bon whisky, on n’en abuse pas, mais de temps en temps, on s’en file un p’tit coup pour se rincer la glotte (attention, l’abus d’alcool… blablabla).

Munie d’armes à feu et d’un bon cheval, j’ai suivi la piste qui m’a mené à nos deux fuyards : Natanaël et Julia que j’avais rencontré dans le premier tome et perdu de vue depuis 4 mois.

Bon, je n’ai pas eu autant de difficulté que les chasseurs de primes, ni que mon vieil ami White Smile, l’esclave affranchi.

Cette bédé western respecte les codes habituels mais qui a introduit une touche de fantastique avec les pierres maudites que sont les Gahe, celles dont on ne prononce pas le nom.

Le Chiricahua Yrigollen nous en a appris plus sur ces pierres maudites et à la fin de l’album, on se pose la question de savoir ce que Natanaël va en faire comme usage, elles qui n’apportent que mort et désolation et qui ont tendance à semer la mort dans l’entourage de ceux qui les possède, tout en leur apportant protection.

On n’a rien sans rien…

Les dessins sont toujours spéciaux, mais je les apprécie et l’auteur a une grande diversité dans les visages des personnages, dans leurs caractères aussi et pas de manichéisme, sauf pour les 4 chasseurs de primes, mais ils n’ont pas eu le temps de nous montrer le bon côté de leur Force.

Un tome en continuité du précédent, une vie que nos deux fuyards n’avaient pas pensé, pas voulue non plus, car la fuite est toujours plus belle et plus romantique dans les rêves ou lorsqu’on l’entame, ivre d’amour. Après, quand on crève de froid et de faim, il faut autre chose que l’amour et l’eau fraîche.

Les décors sont toujours bien rendus et l’épais tapis de neige qui recouvre tout ajoute une atmosphère froide à ses pages qui recèlent de la violence mais enlève de la sombritude (cherchez pas le mot au dico, il n’y est pas encore entré) au récit assez triste tout de même.

Il m’a fallu du temps avant de mettre la main sur les deux derniers tomes (je ne possédais que le premier), mais j’ai retrouvé le plaisir de la lecture de ce western de suite.

Le mystère n’est pas encore tout à fait levé et je gage que nous aurons des aventures plus folles dans le dernier car ici, c’était un tome de transition. En transit, certes, mais toujours foisonnant de détails et de rythme. Fallait juste faire un pont… On l’a fait dans le sang et la violence.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°146 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Lonesome – Tome 2 – Les Ruffians : Yves Swolfs

Titre : Lonesome – Tome 2 – Les Ruffians

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Le Lombard (25/10/2019)

Résumé :
Dans un coin reculé de l’Arkansas, la secte du sinistre Markham fait régner la terreur. Jusqu’au jour où un cavalier sans nom arrive dans la région…

Des prairies enneigées de l’Ouest jusqu’aux ruelles sombres de New York, sa quête de vengeance l’entraînera dans un affrontement dantesque, aux frontières du surnaturel et de l’horreur.

Critique :
♫ I’m poor lonesome cow-boys ♪ ne résonnera jamais à la dernière image de cette série car si notre homme est lonesome (seul), il n’a rien d’un cow-boy mais plus d’un vengeur.

Un vengeur sans nom, dont on ne sait pas grand-chose du passé, sauf qu’il a un pouvoir occulte.

Dans ce tome 2, Swolfs nous donnera un peu plus de détails sur le passé de ce Blondin sans nom, tout en lui faisant poursuivre sa quête de vengeance.

Oui, Blondin… Car comme celui de Sergio Leone, il est un personnage sans nom…

Notre homme emprunte aussi à ce cher Durango, puisqu’il en a un peu les traits physiques (en moins beau), sa grande dextérité aux armes, une arme que les autres n’ont pas, sans oublier cette manière toute belle d’échapper à la Mort encore et encore.

En fait, moi qui ait lu différentes sagas de Swolfs telles que Le Prince De La Nuit, Durango, Légende, un peu Dampierre et maintenant Lonesome, je reconnais dans les traits de certains personnages d’autres croisés ailleurs.

Lonesome emprunte même un peu de l’histoire d’un autre personnage de l’auteur, James Healer puisque, comme lui, il a été recueilli et élevés par des Indiens, suite à l’assassinat violent de ses parents. Et, tout comme lui, il a des capacités de médium.

Anybref, après cette minute culturelle à petit prix, passons au scénario : rien à redire, il est bon.

Basique, certes, puisque nous sommes sur une histoire de vengeance, mais pas que ça puisque le fond historique est celui de la Guerre de Sécession qui ne s’est pas encore déclarée mais dont le feu couve.

Haranguant ses partisans, un politicien prendra, comme d’autres de nos jours, de sérieux raccourcis pour déclarer que leurs esclaves sont mieux lotis que les ouvriers dans les usines du Nord et que eux, Sudistes, appartiennent à la race des Normands, dignes descendants de Guillaume le Conquérant.

Ceux aux talons qui claquent et aux bras tendus des années 30/40 n’avaient pas la primeur de ce genre de discours haineux et basé sur les races pures ou impures. L’Histoire est un éternel recommencement.

Les dessins sont toujours très bien réalisés, même s’ils me font penser à d’autres séries. Les cases sont lumineuses, les dessins rendent l’action fluide.

Si le scénario du premier tome était plus percutant et moins prévisible que celui-ci, on reste tout de même sur un bon album western qui respecte les codes.

Cet album clôt une partie du cycle et nous montre la future orientation scénaristique que la série va prendre puisque notre Vengeur Sans Nom en a terminé avec sa vendetta personnelle ici et va aller ailleurs car après avoir dézingué l’homme de main, il lui faut aussi le commanditaire.

Je serai à ses côtés !

Lonesome, Tome 1 – La piste du prêcheur

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°125 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

 

Harry Potter – Tome 5 – Harry Potter et l’ordre du phénix : J. K. Rowling [LC avec Bianca]

Titre : Harry Potter – Tome 5 – Harry Potter et l’ordre du phénix

Auteur : J. K. Rowling
Édition : Gallimard (2003-2016) / Folio Junior (2005-2017)
Édition Originale : Harry Potter, book 5: Harry Potter and the order of the phoenix (2003)
Traducteur : Jean-François Ménard

Résumé :
A quinze ans, Harry s’apprête à entrer en cinquième année à Poudlard. Et s’il est heureux de retrouver le monde des sorciers, il n’a jamais été aussi anxieux.

L’adolescence, la perspective des examens importants en fin d’année et ces étranges cauchemars…

Car Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est de retour et, plus que jamais, Harry sent peser sur lui une terrible menace.

Une menace que le ministère de la Magie ne semble pas prendre au sérieux, contrairement à Dumbledore. Poudlard devient alors le terrain d’une véritable lutte de pouvoir.

La résistance s’organise autour de Harry qui va devoir compter sur le courage et la fidélité de ses amis de toujours…

Critique :
Si vous m’aviez demandé, il y a quelques temps, quel était le Harry Potter que j’avais le moins aimé, j’aurais répondu sans hésiter que c’était le tome 5.

Après cette relecture (16 ans après), mon avis a changé et ce roman que j’aimais moins en raison du caractère chiant de Harry, est entré dans mes romans préférés (mais sans détrôner le tome 3 qui est indétrônable).

Alors oui, Harry est chiant par moment, comme tous les ados de son âge et comme nous le fûmes certainement.

Comme tous les ados, il n’en fait qu’à sa tête, il n’écoute pas les conseils précieux qu’Hermione lui donne (à tort car elle a souvent raison), il est nombriliste, pense qu’on lui cache tout, qu’on ne lui dit rien (♫), s’emporte facilement, jalouse le poste de préfet que Ron a obtenu, le fait qu’il joue dans l’équipe de Quidditch alors que Harry en est privé…

Dans ce tome 5, notre Harry est insolent, ne sait pas ce qu’il veut, il court bille en tête vers le danger, sans le voir. Nom d Zeus, s’il avait réfléchi avant et utilisé un peu plus sa tête, il se serait souvenu de ce que Sirius Balck lui avait donné et ne se serait pas fait entuber par Kreattur… Mais on ne va pas refaire le Monde, la saga, l’erreur de Harry lui a coûté cher. Très cher. Trop cher.

Il est dit, dans le roman, que « La jeunesse ne peut savoir ce que pense et ressent le vieil âge. Mais les hommes âgés deviennent coupables s’ils oublient ce que signifiait être jeune » et même si j’étais encore jeune lors de ma première lecture en 2003, j’avais oublié ce que signifiait être ado.

Grossière erreur de ma part car l’auteur a fait de Harry un ado des plus réalistes en le faisant grincheux et râleur. Là, je me suis sentie plus en phase avec lui, au fur et à mesure que la mémoire me revenait de ma propre jeunesse.

Hormis les tourments de l’adolescence qui donne à tout ceux qui en souffre un caractère à chier, l’auteur ne s’est pas concentrée uniquement sur ÇA ! Non, elle est allée voir plus loin et à taclé dans les rotules de la Société et ça, j’adore.

Moi qui pensais, lors de ma découverte de la saga Harry Potter, qu’on ne pouvait pas faire pire que Rita Skeeter, c’est parce que je n’avais pas encore fait la connaissance de Dolores Ombrage, l’espèce de petite gestapiste en tailleur qui ne sait faire qu’une chose : prendre des décrets qui restreignent les libertés personnelles de chacun.

Tout comme le ministre, elle ne veut pas voir/croire le retour de Voldemort, ne veut pas l’admettre, veut tout contrôler, veut tout gérer, veut tout régenter et finir calife à la place du ministre.

Et fatalement, lorsque de tels êtres sortent du bois, il y a toujours des petits profiteurs pour leur lécher les bottes, collaborer avec l’ennemi pour tenter de gagner quelque chose et jouer aux policiers de l’Inquisition, à ses côtés.

Pris séparément, les Drago Malefoy et autre Crabbe et Goyle ne valent rien, font des traces de pneus dans leurs calebards et partent en courant au moindre danger car « courage, fuyons » (souvenez-vous de l’épisode de la forêt interdite). Mais là, ils se sentent en force, ces petits cafards cafteurs !

— J’obligerai Goyle à faire des lignes, ça va le tuer, il déteste écrire, dit Ron d’un ton joyeux.
Il crispa son visage dans une expression de concentration douloureuse et fit mine d’écrire en imitant les grognements rauques de Goyle :
— Je… ne… dois… pas… ressembler… à… un… derrière… de… babouin…

Les injustices sont aussi monnaie courantes dans ce 5ème tome et tout est fait pour énerver  Harry (Rogue, Ombrage) ou le discréditer, surtout la presse (Gazette du Sorcier) qui n’hésite jamais à cracher sur Untel et Untel avant de retourner sa veste, toujours du bon côté : opportuniste, en effet (Jacques Dutronc chante aussi dans votre tête ??).

Mais que ceux qui ne l’ont jamais lu se rassure, tout n’est pas que complot pour discréditer Dumbledore et Harry Potter dans ce tome 5 !

Il possède aussi beaucoup d’humour grâce aux personnages de Fred et George Weasley, qui foutront le bordel pour notre plus grand plaisir, sans oublier les petites phrases piquantes de Rogue, McGonagall et Dumbledore, qui ne se laisse jamais démonter (et sait soigner ses sorties).

Un tome épais, un vrai pavé de 1.030 pages, une longue introduction pour présenter l’Ordre du Phénix, une année scolaire chahutée, avec privations de libertés, restrictions de la pensée, de la parole, complots, mensonges, refus de voir la vérité, Inquisition et brigade de petits merdeux de collaborateurs mais aussi des farces pour Sorciers Facétieux !

Un tome plus lourd, plus dense, plus sombre que les précédents. Chaque rentrée à Poudlard (chaque tome) devient de plus en plus profond, plus violent et les suivants vont encore déclencher des larmes chez moi et une envie de meurtre sur J.K Rowling.

Un tome qui, à la relecture, a gagné des galons et une place chère dans mon cœur.

— Voyez-vous, monsieur le ministre, il y a bien des sujets sur lesquels je suis en désaccord avec Dumbledore…Mais il faut lui reconnaître qu’il ne manque pas de style.

Dans le monde il n’y a pas d’un côté le bien et le mal, il y a une part de lumière et d’ombre en chacun de nous. Ce qui compte c’est celle que l’on choisit de montrer dans nos actes, ça c’est ce que l’on est vraiment.

Une nouvelle LC réussie de plus à notre compteur, Bianca et moi ! Et oui, nous sommes du même avis : on a envie de tuer Ombrage !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°XXX, le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook, Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°9 – Cinq pépins d’orange – 5ème tome d’une saga), Le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chroniques Littéraires (Menu Petits Frissons – Un automne à Poudlard).