Voice from the Stone : Eric D.Howell (2017)

Ce film est sorti aux États Unis en avril 2017 et vient de sortir directement en DVD en France sans passer par case cinéma.

Ce genre de situations étranges arrivent parfois faute de distributeurs assez couillus pour donner leur chance à autre chose qu’à des block-busters (genre le Valérian de Besson que mes enfants m’ont obligée à voir… et que j’ai trouvé bien long et ennuyeux mais parfait pour des ados)…

Il est vrai que la distribution ne réunit pas de bankables célèbrissimes, bien que l’actrice principale se soit faite remarquer dans Game of Thrones (Daernerys Targarien, la mère des dragons) et Terminator Genesis…

Mais le scénario, l’ambiance, l’esthétique et le jeu des acteurs valaient bien certaines merdouilles surmédiatisées qu’on nous incite à aller voir par un matraquage publicitaire effroyable !

Or donc… Je résume :

Dans les années 50, Verena, une jeune femme, gouvernante autodidacte, spécialisée dans les enfants mutiques à qui elle parvient à rendre la parole, quitte brutalement ses derniers employeurs puisque leur petite bambinette s’est remise à parler pour exprimer presque aussitôt son refus de voir sa gouvernante chérie l’abandonner !

Et oui, ainsi est le contrat. Elle arrive, l’enfant parle, elle repart, comme Nannie MacPhee. Et c’est de plus en plus dur car leur rendre la parole après un traumatisme suppose de nouer un lien émotionnel très fort avec les enfants.

Ça me rappelle que j’ai parlé tard moi-même mais mes parents se sont contentés de m’envoyer à l’école maternelle d’où je suis rentrée en ayant plein de chose à leur dire… genre « merde », « con », « chier » et plein d’autres petits mots ravissants ! J’avais enfin trouvé des trucs intéressants à leur dire et qu’ils ne pouvaient plus faire semblant de ne pas entendre ! Youpeee ! Fin de parenthèse !

Or donc, à peine a-t-elle quitté sa dernière petite protégée qu’elle file telle une Marie Poppins vers son prochain travail: rendre la parole à un petit garçon qui s’obstine à ne plus décrocher un son depuis que sa mère est décédée.

Une grande maison qui porte les traces du temps… un mausolée de famille où gisent les ancêtres… des statues de pierre abîmées un peu partout… un factotum ombrageux limite inquiétant… une grand mère sympathique mais qui ne révèle ses secrets qu’au compte gouttes… un maître de maison distant… une carrière de pierres désaffectée et engloutie par les eaux… et le tout dans une campagne perdue au fin fond de l’Italie où la brume tombe parfois… voilà qui plante le décor… et l’atmosphère.

Critique :
J’ai beaucoup aimé ce film. L’héroïne est belle, sensible, campée par une actrice que je ne connaissais pas et que j’ai trouvée très honorable. Le petit garçon ne parle pas… mais tel un grand acteur en devenir, il parvient avec sobriété à exprimer tellement de choses!

Je ne peux pas m’empêcher de faire un lien entre ce film et le Tour d’Écrou dont je vous avais parlé il y a quelques temps. En effet, une histoire de gouvernante qui débarque dans une maison lugubre et se frotte aux mystères des uns et des autres…

Je craignais même en commençant le visionnage de ce film d’être devant une Nième libre adaptation de l’œuvre d’Henry James, mais cette impression s’est vite dissipée car le scénario est bien différent.

Cela étant… Tout comme dans le Tour d’Écrou, le scénario nous fait subtilement naviguer entre deux eaux, laissant le spectateur choisir la façon dont il peut interpréter les faits, soit en allant du côté du psychologique… soit du côté du fantastique.

Chacun verra midi à sa porte, ou comme moi refusera de choisir en s’attachant justement à l’effet recherché, et aux surprises qui en découlent quand le film arrive à sa fin.

On pourra regretter que le budget n’ait pas permis de rajouter une petite dizaines de minutes au dénouement qui par moments peut paraître un peu précipité et insuffisamment lisible là où prendre un peu plus de temps aurait permis au spectateur de ne pas se sentir trop désorienté…

À moins que ce ne soit un parti pris volontaire pour nous plonger dans une inconfortable perplexité ? État proche de celui de l’héroïne ?

A voir !

Décharge : Moi Ida, en pleine possession de mon peu de moyens grâce à un découvert autorisé, atteste par la présente que le billet ci-dessus a été rédigé bénévolement pour le Blog Cannibal Lecteur, et que je n’ai pas demandé ni reçu de rétributions autres que la considération de Dame Belette.

Et de toute façon, comme on ne fait pas de politique, le Canard Enchaîné se fiche pas mal de ce que nous écrivons ici, alors même si elle me filait 300.000 Brouzoufs Impériaux aux Iles Caïman le fisc n’en saurait rien, épicétou !

En même temps vu le cours actuel du Brouzouf Impérial… Même si le fisc était au courant, ils ne dépenseraient même pas un timbre pour me dire que ce n’est pas bien !

Publicités

Une nuit éternelle : David S. Khara [Critique – Défi CannibElphique]

Titre : Une nuit éternelle

Auteur : David S. Khara
Édition : Fleuve Editions (13/11/2014)

Résumé :
Barry Donovan, policier new yorkais, résout désormais ses enquêtes en équipe avec Werner von Lowinsky, un vampire aux méthodes particulières peu appréciées.

Ainsi lorsqu’un crime barbare est commis à l’encontre d’un pasteur noir et de son fils, Barry demande à son ami de rester en dehors de l’enquête, car seul un monstre de l’espèce de Werner peut être à l’origine de ce type de meurtres.

Critique :
— Bonsoir, monsieur le vampire, que vous me semblez beau et élégant… Je serais tentée par le fait que vous me fassiez la conversation, mais voyez-vous, je crains pour mon joli cou fragile… Entre nous, je vous déconseillerais fortement de vous abreuver de mon sang qui doit charrier mille produits mauvais pour la santé ou autres insecticides dû à l’ingestion d’une nourriture que l’on m’a vantée comme bonne pour ma santé…

— Rassurez-vous, chère Belette, mon créateur m’a doté d’autres attributs et a fait en sorte que je ne ressemble pas aux vampires des vos livres : je ne dors pas dans un cercueil, le crucifix m’est égal et, désolé pour les midinettes, mais je ne suis pas prêt de tomber amoureux d’une mortelle !

Proposer un autre regard sur la condition de vampire, David Khara n’est ni le premier, ni le dernier à le faire, mais, contrairement à une certaine mode qui fait des vampires des êtres choupis et kawaï, lui nous propose une créature cultivée, avec une part d’ombre et ne devant pas s’abreuver sans cesse d’hémoglobine.

Et si un certain vampire Edward (pas celui aux mains d’argent) aimait une Bêla (on dit Bella ?), notre créature de la nuit, lui, s’est lié d’amitié avec un homme, un flic, et de ce binôme improbable va naître une fantastique enquête qui va les mener aux confins des portes de l’enfer, au propre comme au figuré.

David Khara possède un style d’écriture bien à lui et cette première lecture d’un de ses romans me laisse augurer encore quelques heures de plaisir livresque en poursuivant la découverte de tout ses romans.

Il y a de l’humour, du sérieux, du fantastique, des mythes et des légendes qui se croisent et se mêlent avec la réalité, augmenté de quelques récits dignes des plus grandes sagas, qu’elles soient réelles ou inventées.

Les personnages et l’histoire auraient pu bénéficier de quelques pages de plus afin que le plaisir dure plus longtemps, mais je ne dois pas me plaindre car en un peu plus de 300 pages, l’auteur arrive donner une densité énorme à ses personnages, un comme si nous les connaissions déjà, hors ce n’était pas mon cas.

Et bien oui, si au lieu de commencer – imbécile que je suis – par le tome 2, j’avais démarré par le tome 1, ces personnages seraient vraiment devenu des vieilles connaissances.

Pas de bol, suite à mon erreur lamentable, tout suspense me sera refusé lorsque j’ouvrirai le premier tome, puisque maintenant je sais tout du traitre qui arpentait les pages dans « Les Vestiges de l’Aube ».

L’humour de l’auteur parsème les pages avec quelques petites saillies dans les dialogues, quelques réparties pas piquées des vers, ainsi que ces private joke envers quelques membres de la Ligue de l’Imaginaire : Bauwen en prend pour son grade, on aura aussi la bijouterie Loevenbruck’s et la ville imaginaire de Chatham.

Sans révolutionner le genre vampirique ou le roman fantastique, sans en chambouler les codes mais en les revisitant, on peut tout de même convenir que Khara nous offre là un petit roman bourré d’adrénaline, d’humour, de fantastique et de réalisme, avec des personnages que l’on apprécierait retrouver dans d’autres aventures (appel du pied) tant ils m’ont conquise.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :

J’avais beaucoup aimé le premier tome, parce que avant, tout je l’ai trouvé original, donc à sa sortie en poche, dès le premier jour, j’ai couru en librairie, mais bon, on le sait maintenant, c’est la PAL qui a un super pouvoir et nous vampirise à sa façon…Cette LC avec ma binomette adorée était la plus que bienvenue!!!

Synopsis :

Barry Donovan, policier new yorkais, résout désormais ses enquêtes en équipe avec Werner von Lowinsky, un vampire aux méthodes particulières peu appréciées. Ainsi lorsqu’un crime barbare est commis à l’encontre d’un pasteur noir et de son fils, Barry demande à son ami de rester en dehors de l’enquête, car seul un monstre de l’espèce de Werner peut être à l’origine de ce type de meurtres.

Ce que j’ai ressenti :… Une nuit sang pour sang amitié….

Un duo que j’adore retrouver ! Cette amitié qui va au delà du réel et des conventions: mon cœur devient guimauve… Mais pas le temps de s’attendrir dans ce nouveau roman de David Khara car les meurtres sordides frappent encore New-York et que les mystères s’épaississent quand le fantastique s’en mêle…

Toujours en alternant les points de vues de Barry et Werner, on ressent en deux temps, une vision panoramique sous l’œil de faucon et une sensation plus urgente dans les actions, les causes et conséquences de cette résolution…

Un Coeur n’a pas besoin de battre pour saigner. Le mien saigne depuis un siècle et demi.

Un vampire qui se repend avec un flic qui culpabilise, ça fait beaucoup d’émotions qui bouillonnent, mais les voir s’entraider, chacun à leur échelle, cela donne un joli cocktail d’aventures et j’ai adoré où ils m’ont menée : rien de moins que la légende des Templiers et une jolie virée dans le passé de Werner, tout en résolvant une affaire plutôt corsée aux rituels étranges…

J’aime à voyager dans le temps, et avec un personnage aussi charismatique et érudit que Werner, le voyage est d’autant plus palpitant…

Je ne crois pas au bonheur comme état permanent. Tout au plus pouvons-nous prétendre à des instants de joie. À nous de les saisir, de les goûter et les savourer, sous peine de voir les affres incontournables de l’existence nous entraîner inexorablement vers le cynisme et la désespérance.

Au vu du quatuor qui clôt ce roman je peux vous dire que j’ai très envie de voir une suite arriver !!! J’ai été charmée par ce libraire, féru de légendes moyenâgeuses, et la jeune médecin, dépassée par les péripéties en cours…

Je vois bien là, une saga prometteuse parce que cet auteur a su créer des personnages attachants, mais aussi, une veine de thrillers entre rétro et modernisme qui s’entrechoquent, tout en y mettant une foison d’émotions… Forcement, qu’on en redemande !!!!

La peine ne se hiérarchise pas.

Si jamais le cœur vous en dit, et que vous voulez que votre sang ne fasse qu’un tour en lisant ce policier fantastique, je vous recommande chaudement cette lecture!

J’aurai mis le monde à feu et à sang pour partager Ne fût-ce qu’une seconde avec elle.

Petit plus : Clairement, lire ce roman en Lecture Commune avec ma binomette, c’est un moment de complicité et d’amitié à l’image de ces deux personnages, et ça c’est juste extraordinaire !

Quand je vous le dis, que mon cœur devient guimauve… Je souhaiterai une vie éternelle de lecture commune, nourries de cafés, de cornes de gazelles et de fous rires… Merci à ma Belette pour ces échanges: tu es la meilleure des coéquipières de lecture ! ❤

(PS : mais de rien, le plaisir est partagé – Cannibal)

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Une nuit éternelle : David S. Khara [Intro – Défi CannibElphique]

— La nuit éternelle devrait t’inspirer, chère Belette !
— Mais tout à fait, attends voir… *s’éclaircit la gorge* ♫ La nuit ♪ Quand revient la nuit ♫ Tout seul je m’ennuie ♪ Je pense à toi
— Pitié, pas du Johnny, tu vas tous les faire fuir !
— Et moi qui avait choisi une chanson moins connue d’Hallyday et pas l’archi connue telle que ♫ Retiens la nuit ♪
— On a dit « Pas Johnny » !
— Ok, j’ai plus d’une chanson dans mon sac, tu sais ! Tiens, le plus belge de siciliens par exemple : Adamo et ♫ La nuit tu m’apparais immense ♫ Je tends les bras pour te saisir Mais tu prends un malin plaisir À te jouer de mes avances ♫ La nuit je deviens fou, je deviens fou ♪
— Heu, on va éviter Adamo aussi… Je te sens moins en verve, ma Belette et je t’interdis de changer une consonne du mot « verve » !
— J’ai aussi de stock, et toujours sur la nuit, de la poésie qui ne laissera pas ton petit coeur de fée insensible :
Ça commence par un moment de flottement quand le soleil recule;
Un parfum d’hésitation qu’on appelle le crépuscule;
Les dernières heures du jour sont avalées par l’horizon;
Pour que la nuit règne sans partage , elle a gagné , elle a raison…

— Je lui parle de nuit éternelle et elle me sort Grand Corps Malade ! Nuit éternelle, ma Belette, ça n’éveille rien en toi ??
— Tu pensais à une nuit romantique avec monsieur Stelphique ? Une nuit éternelle que tu passerais avec lui à faire tchip tchip dans un chalet au Pôle ? Quelle santé quand on sait que leurs nuits peuvent durer 6 mois !
— Je te parle de vampires et tu me causes de nuit de sexe dans un pays nordique ! Tu ne penses qu’à ça ? Non, ne réponds pas s’il te plait, la question n’appelle pas de réponse, on la connait…
— Des vrais vampires ? Pas des vampires choupis kawaï de la Stephenie Meyer et de sa saga Twoilette ? Vrai de vrai ?
— Si j’en crois Yvan et David, pour ne pas les citer, on dirait bien qu’on a le mythe du vampire revisité, mais les connaissant, on ne doit pas avoir des vampires version marshmallow ou guimauve !
— Pléonasme…
— Quoi ?
— Marshmallow veut dire guimauve, donc, pléonasme…
— Belette ?
— Oui ?
— Lis et tais-toi !!!
— Chef oui chef !

Aliss : Patrick Senécal [Critique – Défi CannibElphique]

Titre : Aliss

Auteur : Patrick Senécal
Édition : ALIRE (01/09/2005) / Fleuve Noir

Résumé :
… Alice, une jeune fille curieuse, délurée, fonceuse et intelligente de Brossard. À dix-huit ans, poussée par son besoin d’affirmation de soi, elle décide qu’il est temps de quitter le cégep et le cocon familial pour aller vivre sa vie là où tout est possible, c’est-à-dire dans la métropole.

À la suite d’une rencontre fortuite dans le métro, Alice aboutit dans un quartier dont elle n’a jamais entendu parler et où les gens sont extrêmement bizarres. Mais c’est normal, non ? Elle est à Montréal et dans toute grande ville qui se respecte, il y a plein d’excentriques, comme Charles ou Verrue, d’illuminés, comme Andromaque ou Chess, et d’êtres encore plus inquiétants, comme Bone et Chair…

Alice s’installe donc et mord à pleines dents dans la vie, prête à tout pour se tailler une place. Or, elle ne peut savoir que là où elle a élu domicile, l’expression être « prêt à tout » revêt un sens très particulier…

Critique :
Caliss de criss d’Aliss ! Lorsque j’ai commencé la lecture de ce roman, je ne savais pas du tout où je mettais les pieds pour la bonne et simple raison que  je n’avais pas lu le résumé…

Je me savais dans un roman fantastique mais ne comprenant pas durant les premières pages où l’auteur m’emmenait, sans parler de mon impression bizarre de « déjà vu » et d’écriture sous acide, j’ai filé sur Babelio afin de savoir le fin mot de l’affaire.

Une réécriture, une relecture moderne et grinçante de « Alice aux pays des merveilles », le conte de Lewis Carroll revisité, voilà ce que j’avais en main !

Alice aux pays des merveilles que j’appelle toujours « Ça glisse au pays des merveilles » depuis un certain épisode de Friends (VF)…

Ce conte que j’ai en horreur depuis un certain dessin animé des studios Disney que j’avais vu petite et dont je n’avais rien capté, si ce n’est un espèce de traumatisme dès que j’entendais prononcer le titre de l’œuvre de Carroll.

J’avais déjà du mal avec le début du livre, n’arrivant pas entrer dans l’histoire, à apprécier les différents personnages et la suite fut encore pire puisque j’ai lâché prise et sauté des passages entiers du roman !

La faute n’en incombe pas à l’écriture qui avait un côté grinçant que j’apprécie d’ordinaire, les passages sexuels assez hot ne sont pas responsables non plus de mon abandon…

La faute ne vient pas non plus de la relecture que l’auteur fait du conte de Carroll car il y a de la créativité certaine, même une certaine créativité, de l’inventivité, de l’audace et tout les familiers de l’œuvre n’auront aucun mal à reconnaître les différents personnages, même ceux qui, comme moi, sont allergique à Alice et à son foutu pays des merveilles.

Chez moi, l’allergie doit toujours être bien présente et elle persistera jusqu’à la fin, sans aucun doute car je suis passé totalement à côté du roman. Abandon en cours de route donc, juste été lire la fin afin de savoir ce qu’il lui arrivait.

Il y a des jours, comme ça…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Chronique d’un abandon: Quand la lumière ne nous atteint pas, et que les crocs de l’intrigue ne tient pas ses lectrices…

Ce que j’en ai pensé… : Par Stelphique
Il était une fois deux blogueuses baroudeuses des pages et qui toujours, main dans la main, empruntent les chemins les plus sombres des livres noirs. Chacune avec leurs supers pouvoirs, l’une avec ses dents acérées de Cannibal et l’autre avec ses ailes lumineuses d’Elfe pour éclairer l’obscurité …

Elles décident de se lancer sur les traces d’Aliss, de Patrick Senecal…

Dans les coulisses de leur loge d’amitié, il y eu cette discussion :
— Stelphique, il y a un problème …
— Ah bon , c’est quoi ??!
— Ben Aliss …
— Et ??!
— C’est la revisite de Alice au pays des merveilles …
— Oui, je le savais, j’adore ce genre de livres !
— Je déteste …
— Ah … *Grand flottement elfique*….
Quelques moments plus tard, Stelphique contacta la Belette Cannibal :
— Moi aussi, j’ai un problème avec Aliss.
— Ah, c’est quoi ?
— Le personnage…Trop effrontée, je crois que je ne vais pas aimer les chemins qu’elle va prendre…
— J’accroche pas de mon côté …
— Il est trop tôt pour que Je m’en fasse une idée mais je te vois tu es plus loin que moi sur le chemin.
— Oui, j’ai un rythme de coureuse de marathon en compétition quand je lis ! Je ne suis pas le Cannibal Lecteur pour rien !
— Alors, Cannibal ? On abandonne Aliss à ses découvertes?
— Ben oui …
— J’ai quand même une note positive à soulever….
— Ah oui ?
— J’aimerai bien lire du Nietzsche maintenant…
— *Cannibal qui botte en touche* Ouais Ben on verra ça plus tard, là on a un Fabio Mitchelli à commencer…

Et voilà, nos deux baroudeuses des aventures sombres, qui laissèrent Aliss, à ses aventures revisitées …

Il est dès fois, où la magie ne fonctionne pas, pourtant chacune aurait pu y trouver son compte pour différentes raisons, ça aurait pu être le livre de tous les feux d’artifices pour la fan des contes revisités ou pour la grande amatrice des sensations fortes avec cet auteur canadien talentueux, mais d’un commun accord, nous avons décidé de laisser vivre Aliss dans son pays des merveilles revisité, et continuer de notre côté à visiter d’autres lieux de perdition…

[FILMS] Le chien des Baskerville (était un sale clebs) – Douglas Hickox (1983)

The Hound of the Baskervilles – Le chien des Baskerville – Téléfilm de Douglas Hickox (1983)

Avec Ian Richardson et Donald Churchill dans les rôles de Sherlock Holmes et du Dr Watson.

[Fiche réalisée par Ida]

Or donc, après avoir espéré pendant une semaine, voir le chef d’œuvre produit en 1959 par la Hammer, promis par mon programme TV, je me suis rendue compte le jour même que ce n’était plus cette version, mais celle de 1983 de Douglas Hickox qui allait être diffusée le 11 Août dernier.

Bien que révoltée par ce changement et par les fausses promesses (à qui la faute ? la chaîne ? le programme TV ? Ma naïveté ?), j’ai tout de même regardé ce film n’ayant rien de mieux à faire (si ce n’est regarder les vieux épisodes de Fantômas de 1980 qui ont assurément mal vieilli si j’en crois leur rythme proche d’un Derrick).

Répondant à l’invitation de la Belette Cannibale, je vous livre ici mes impressions qui… comment dire… sont loin, mais alors très loin d’être bonnes !

L’intrigue :

Faut-il vraiment la rappeler cette intrigue ? Au risque de froisser les amateurs de polars qui à quelques exception près l’ont déjà tous lue ou au moins tous vue ? Sans parler du fait que ce n’est pas la première fois qu’on la présente sur ce blog !

Ben oui ! Il le faut ! Parce que c’est comme ça ici ! On résume l’intrigue sans la spoiler avant de passer à la critique !

Et si vous n’êtes pas contents et si ça vous ennuie, je vous invite à passer au paragraphe suivant en vous priant de ne pas m’en vouloir de respecter les usages. Ben oui… il en faut pour tout le monde !

Figurez-vous qu’il y a encore des gens qui n’ont pas lu ou vu le Chien des Baskerville… Ou des nouveaux lecteurs qui découvrent le blog! Il faut peser à eux et leur donner envie de découvrir ce monument holmesien…

Le problème… C’est que je ne vais pas trop leur donner envie de voir ce film alors…

Le mieux est de leur proposer de lire le roman et de découvrir la fiche que Belette nous en propose déjà sur son blog.

Alors… Où en étais-je moi… Ah oui ! Voilà, ça me revient… Donc… Holmes et Watson prennent leur petit déjeuner comme un vieux couple et Watson trouve une canne. Qui a donc pu bien rendre visite à son vieux compagnon ? Hummm…

Tel une épouse jalouse, voilà Watson sur le coup ! Évidemment comme d’habitude il est un peu à côté de la plaque, et comme dans presque toutes les aventures du canon, Holmes se livre à un exercice de déduction magistral pour bien nous montrer qui est le boss !

La canne appartient donc à un médecin de campagne qui vient consulter le Génie des Détectives car il s’inquiète pour l’héritier du domaine de Baskerville dans le Dartmoor, qu’il craint menacé par la malédiction planant sur les hommes de sa famille et dont le précédent Lord de Baskerville vient probablement de mourir puisque son cadavre fut retrouvé près du manoir alors que dehors le hurlement du Chien de l’Enfer qui avait déjà conduit quelques siècles plus tôt un de ses ancêtres malfaisants auprès de Satan, s’était fait entendre dans la nuit noire et ténébreuse.

Holmes et Watson parviendront-ils à sauver Sir Henry Baskerville des forces obscures qui le menacent? Et voilà nos deux héros partis dans une nouvelle aventure !

Critique :
Et ben c’est déjà là que ça commence le bordel ! Holmes fait la fine bouche dans le roman (et oui cette aventure n’est pas une simple nouvelle du canon, c’est l’un des quatre romans qui le compose et qui plus est, a été écrit hors chronologie après la « mort » de Sherlock Holmes sous la pression du public et des éditeurs).

Dans le Canon, il fait sa diva qui n’a pas l’air trop intéressée… Alors que dans le film, pfff ! Il trinque pour fêter ça alors qu’il est pourtant un peu tôt pour prendre de l’alcool !

Certes un petit verre de sherry au matin n’a jamais collé KO qui que ce soit au fond d’un fauteuil… Cependant Holmes ne boit pas au petit matin! Cocaïnomane passe encore… Mais alcoolique, non !

Et puis… Quelle mouche les a donc piqués ! Que de libertés prises avec le canon !

Non, Sir Henry n’a pas envie de repartir vivre aux States ! Le canon nous dit bien qu’il envisage bien de s’établir dans son héritage… Quelle idée de lui faire dire qu’il passe juste mettre les affaires en ordre avant de reprendre le bateau ???

Et d’où ça sort le fait que le barbu qui lui file le train lui tire dessus en pleine rue avec une canne à air comprimée dont le système nous renvoie évidemment à la redoutables arme du Colonel Morand dans « la maison vide » ??? Pas du Chien des Baskerville en tout cas !

Et pourquoi font-ils redresser à Holmes un tisonnier à mains nues que je ne sais plus quel personnage vient de plier sous l’effet de la colère  alors que cette péripétie sort de « la bande mouchetée » et de nulle part ailleurs ??? [tisonnier plié par le docteur Roylott de Stoke Moran ©Belette]

Et puis… Entendre les cloches de Saint Paul à Baker Street… Pour croire ça il faut franchement ne jamais avoir mis les pieds à Londres ! On a le droit de n’y être jamais allé, mais pas quand on prétend faire un Sherlock Holmes ! Londres est le troisième personnage principal du canon !

Je vous avoue qu’à ce stade-là, j’ai cessé de m’étonner des autres éventuelles libertés prises avec le texte et les réalités afin d’en tenir le compte. D’autant que ma lecture du Toutou date un peu…

D’ailleurs j’ai dû solliciter l’aide de Belette pour me rafraîchir la mémoire sur les circonstances d’intervention de Lestrade dans l’histoire. [Belette toujours prête !]

Le film prétend qu’il est est là pour retrouver des prisonniers évadés et fait de sa rencontre avec nos héros une surprise…

Alors que dans le texte, c’est Holmes qui lui a demandé de venir via un télégramme pour traquer le toutou et surtout son maître. [Ci-dessous, des extraits du Canon]

– Et demandez au chef de gare s’il y a un message pour moi.
Le jeune garçon revint avec un télégramme que Holmes me tendit. Il était conçu comme suit :
« Télégramme reçu. Arrive avec mandat en blanc à cinq heures quarante. – Lestrade. »

L’express de Londres entra en gare et un homme de petite taille, sec, nerveux comme un bouledogue, sauta sur le quai. Nous échangeâmes une solide poignée de main, et à en juger par la manière respectueuse dont Lestrade regardait mon ami, je compris qu’il en avait appris long depuis le jour où ils avaient commencé à travailler ensemble. Je me rappelais le dédain avec lequel cet homme pratique accueillait alors les théories du logicien.
« Du bon travail en vue ? demanda-t-il.
– La plus grosse affaire de ces dernières années, répondit Holmes. Nous avons deux heures devant nous avant de songer à nous mettre en route. Je pense que nous pourrions employer ce délai à manger quelque chose ; après quoi, Lestrade, nous chasserons de vos bronches le brouillard londonien en vous faisant respirer la pureté de l’air nocturne de Dartmoor. Vous n’étiez jamais venu ici ? Ah ! Eh bien, je crois que vous n’oublierez pas votre première visite dans ce délicieux pays ! »

Là encore je ne comprends pas la raison de tels changements sans intérêt dans l’histoire. À moins que les scénaristes n’aient lu le livre qu’en diagonale?

Et ça ce n’est franchement pas satisfaisant.

Les scénaristes sont généralement bien payés, la moindre des choses serait qu’ils lisent correctement les œuvres qu’ils ont à adapter. Si je bossais comme ça, je me ferait virer, moi !

Certes, pour certains de ces ajouts, on pourra dire qu’il s’agit de clins d’œil au reste de l’œuvre… Blablabla…

Mais si les « clins d’œil » peuvent passer dans un pastiche, dans une adaptation d’un texte du canon, ils sont déplacés, au sens propre comme au sens figuré.

Et on ne peut que déplorer de telles libertés prises avec le texte dans la mesure où elles n’apportent strictement rien et que de suivre à la lettre le canon n’aurait pas coûté plus cher au producteur !

J’ai regretté en outre l’absence d’une atmosphère réellement gothique propre à l’époque et qui sied particulièrement à cette œuvre.

La maison de Baskerville n’est pas assez lugubre à mon goût, et rien ne vient mettre le spectateur dans une ambiance épaisse de suspens.

Même le klebs ne fait pas peur : un gros dogue allemand ou danois (dans le noir j’ai mal vu) avec des lentilles de contact… Bof… Pas terrible. Deux raisons essentielles à cette ambiance loupée:

La première : une esthétique qui se cherche sans se trouver. En effet, l’ère victorienne ou édouardienne (le roman est publié en 1902) nous est présentée à travers une esthétique datant des années soixante ou soixante-dix alors que le film date de 1983 et que la série de la Granada avec Jeremy Brett pourtant contemporaine semble résolument plus moderne et constitue un élement de comparaison à charge.

Les coiffures des personnages, les couleurs choisies aussi bien dans les costumes que pour les décors sont datés même pour l’époque de sortie du film, comme s’ils avaient voulu faire une (pâle) copie du film de la Hammer.

La vision de l’ère victorienne des années 60 revisitée par les années 80… Quel gag ! C’est d’un kitch qui pique les yeux !

La seconde raison, et à mon avis la principale, au manque d’atmosphère de ce navet (ça y est, maintenant c’est dit !) c’est le jeu des acteurs. Holmes, campé par un Ian Ridcharson avec des faux airs de Peter Cushing (c’est ce qui me fait penser à une éventuelle tentative de remake du film de la Hammer, plutôt que d’un essai d’adaptation du canon) est correct et surnage dans un océan d’acteurs de grand guignol lui servant de faire valoir.

Le jeu des personnages secondaire (et le doublage n’y a rien arrangé sans doute) est constamment outré et exagéré. Même quand les personnages ne disent rien, ils en font trop !

Le pire de tous est incontestablement Watson ! Le benêt absolu dans toute sa splendeur, qui en rajoute des caisses à tout bout de champ et se prend tout le temps les pieds dans le tapis! Un histrion pareil se verrait radié de l’Ordre des médecins sur le champ tant sa manière d’être d’une niaiserie irritante est un scandale pour la communauté médicale des âges anciens, présents et à venir !

Il n’est pas encore pré-retraité comme dans de trop nombreuses adaptations, mais encore trop vieux pour le rôle…

Holmes, bon quinqua, n’est pas de toute jeunesse non plus d’ailleurs, et nous n’échapperons pas à la pipe calebasse non canonique…

Mais curieusement, ils ont bien veillé à ce que Holmes ne porte le deerstalker que dans le Dartmoor, lui laissant un haut de forme à Londres !

Un tel éclair d’intelligence (probablement involontaire) se détachant d’une telle médiocrité ambiante ne peut être que remarqué et salué.

Conclusion :

Ce film ressemble plus à un remake, voire à une mauvaise parodie, d’une célèbre adaptation cinématographique plus ancienne du canon, qu’à une véritable adaptation du roman de Conan Doyle et ne pourra qu’irriter les holmesiens mêmes les plus modérés !

L’ajout d’éléments renvoyant à d’autres nouvelles, les libertés prises avec l’histoire originale, l’esthétique kitch et le jeu déplorable des acteurs qui fait perdre toute consistance, tout suspens et toute atmosphère, font de ce navet l’une des pires adaptations du mythe.

À ne voir que la veille d’une compétition sportive ou d’un rendez-vous pour demander une augmentation à son boss, afin de remobiliser ses pulsions agressives !

Ou en cas de chute de tension grave…

Décharge :

Moi, Ida, plus très saine de corps mais presque saine d’esprit, atteste avoir rédigé ce billet gratuitement et bénévolement et n’avoir réclamé ni reçu de paiement de quelque nature que ce soit en contrepartie.

J’autorise la susnommée Belette Cannibale Lecteur à en faire l’usage qu’elle souhaitera et l’autorise à publier le présent billet sur son blog du moment qu’elle n’y joint pas de liens vers mes sextapes circulant sur le net, ou de photographies de moi, nue ou habillée.

Métro 2034 : Dmitry Glukhovsky [Intro – Défi CannibElfique]

♫ Z’avez pas vu Mirza, je le cherche partout ♪
♫ Z’avez pas vu Stelphique, je la cherche partout ♪
♪ Z’avez pas vu Stelphique, elle va me rendre fou ♫

— Sérieusement, vous n’avez pas vu Stelphique parce que je l’ai cherchée dans tout le métro mais je ne l’ai pas vue ! Parce que, voyez-vous, ma binôme de lecture est entrée dans cet angoissant métro 2033 avec 200 pages d’avance sur moi…

Je vous jure que j’ai cravaché pour récupérer mon retard, sans savoir aller très vite parce que j’avais des tas d’autres choses sur le feu et mon rythme de lecture en a pâti. Pour une fois, j’avais du retard !

Tout ceux que je croisais dans ces couloirs sombres me disaient qu’elle marchait en tête et malgré tout ce que je faisais, elle était toujours devant, à courir mille dangers. Alors, j’ai mis le turbo lecture et j’ai fait le forcing, bien décidée à la rejoindre afin de lui porter secours.

Et là, après avoir lu à perdre haleine, j’ai vu la lumière de sortie ! J’étais enfin sortie de ces couloirs sombres du métro, remplis de choses louches et d’Humains plus très humains… Et là, stupeur (et tremblements – mdr) : pas de Stelphique à la sortie !

Serait-elle déjà partie dans le Métro 2034 ? Sans m’attendre ??

Non, pire… Après enquête, il s’avéra que je l’avais dépassée sans le savoir et que ma brave binômette avait maintenant 100 pages de retard sur moi.

Mon dieu, comment avais-je pu la louper ? Avait-elle pris un autre chemin dans le tortueux métro de Moscou ? S’était-elle faite attraper par une créature sortie des Enfers ??

Presque… La pauvre s’était faite avoir à la terrible station Migraina Vlakel Spointa… Là, une créature dangereuse lui faisait vivre mille douleurs, prenant possession de son esprit…

N’écoutant que mon courage, j’ai tenté d’aller la délivrer, mais la terrible créature s’attaqua à moi aussi, nous laissant toutes deux sur le carreau pour plus de 24h…

Nous sommes sortie du Métro 2033 éreintées et nous allons replonger dans celui de 2034, toujours lourdement armées car il y a encore des trucs louches niveau bestioles dans ces couloirs sombres…

Et ma binômette a de nouveau pris de l’avance sur moi… Je vais couvrir ses arrières à défaut de passer devant.

Métro 2033 : Dmitry Glukhovsky [Critique – Défi CannibElphique]

Titre : Métro 2033

Auteur : Dmitry Glukhovsky
Édition : Livre de Poche (11/01/2017)

Résumé :
2014. Une guerre nucléaire a ravagé la Terre. 2033. Quelques dizaines de milliers de Moscovites survivent tant bien que mal dans le métro. Ils sont organisés en microsociétés qui habitent une ou plusieurs stations de métro, se dotent de diverses formes de gouvernement et de croyances.

Les tunnels sont laissés aux parias, aux rats et à tout ce qui rode dans les ténèbres.

Artème est l’un de ces survivants. Une menace plane de l’extérieur, sa portée est connue par quelques-uns, Artème est chargé de transmettre cette information et doit atteindre Polis – une communauté de stations qui préservent les derniers vestiges de la civilisation humaine. Il est le dernier espoir de survie de l’humanité.

Commence alors une quête homérique, une odyssée dans le métro moscovite, où il va croiser tour à tour trafiquants, mystiques, néo-nazis et leur quatrième Reich, la première brigade « interstationnale », des religieux, des sectaires.

Il baignera dans les légendes urbaines du métropolitain.

Critique (Stelphique ICI) :
Toi qui ouvre ce livre, n’oublies pas de prendre avec toi un AK 47, des chargeurs avec des balles à profusion car dans ce monde souterrain, ce sera ta survie, mais aussi ta monnaie d’échange car les billets ne servent plus à rien, ou alors, à se torcher le cul.

Ça, c’est ce qu’il te faut si tu décides de te balader dans les tunnels du métro moscovite… On ne sait jamais qui on peut croiser dans les coursives.

Si tu désires aller prendre l’air dehors, pauvre fou, n’oublies pas d’enfiler une combinaison étanche et de te munir d’un masque à gaz ! Et d’un bazooka !

Tant que j’y suis, je te donne un conseil d’initié : si un mec commence à faire dans son froc en bégayant qu’il y a des Noirs dans le tunnel, tire à vue ! Non, ce n’est pas un acte raciste mais de survie car ces espèces de trucs n’ont rien d’humains.

Tant que vous y êtes, tirez aussi à vue sur les chiens et surtout sur les bibliothécaires ! Ces derniers sont des abominations et rien à voir avec vos livres rentrés en retard. Devant eux, un seul mot d’ordre « Fuyez, pauvres fous, mais en silence »… Ben oui, il est déconseillé d’être bruyant dans les biblios et paraît que le bruit attire ces sales trucs.

Ah, au fait, pas besoin d’abonnement du métro, votre passeport suffira et prévoyez assez bien de munitions, c’est le plus important.

Le post-apocalyptique n’est pas mon genre de prédilection, mais de temps en temps, j’aime sortir de ma zone de confort et m’encanailler ailleurs que dans des polars. Surtout quand l’idée vient de ma binôme de lecture.

Niveau angoisses, j’ai été plus que servie et je ne regarderai plus les stations de métro du même œil, dorénavant.

Après une guerre nucléaire qui a ravagé toute la terre (toute ?), les survivants se terrent dans le métro de Moscou, reproduisant à petite échelle les différentes sociétés telles qu’on les connait à grande échelle : entre les stations gouvernées par des nazis, des communistes, des Rouges, des mystiques, des tarés, des mafiosis, des commerçants, faites votre choix.

Le personnage principal, Artyom, est un jeune homme qui n’est jamais sorti de sa station et qui se voit confier une quête qui va lui faire traverser une partie du métro.

En se mettant en route, notre jeune homme, qui n’a rien d’un héros, ne sait pas qu’il va vivre sa plus fabuleuse aventure de toute sa life. Accroche tes mains à sa taille, pour pas que la chenille déraille… Et n’oublies pas de tirer à vue (et de bien viser) si jamais tu croises un truc pas net !

L’écriture est facile à suivre, agréable, elle vous entraîne dans les méandres du métro Moscovite, qui a tout d’un enfer, et heureusement qu’il y a un plan en première page, sinon, je m’y serais perdue, vu les nom des stations assez compliqué.

Là où j’ai tiqué, c’est que notre Artyom aurait pu mourir 20 fois et qu’à chaque fois, il a été tiré d’affaire pas la Providence qui a mis la bonne personne sur son chemin afin de le sauver… Bon, une fois, ça passe, deux fois, ça fait lourd, mais trois fois, faut arrêter car ça devient répétitif et moins plausible.

Autre chose que j’ai trouvée dommage, c’est que durant sa quête, les compagnons de marche d’Artyom ne fassent que de passer… Je ne dis pas qu’il fallait nous faire une fraternité de la quête de l’anneau, mais bon, j’aurais aimé voyager plus longtemps avec certains, dont Khan, et ne pas me contenter de les voir durant quelques chapitres avant qu’ils ne disparaissent en faisant pchiiitttt.

Tant que je suis dans l’énumération des petites choses qui dérangent, je me demande aussi où sont passées les femmes ?? Putain, on en croise pas des masses dans les couloirs, à croire qu’il ne reste plus que des mâles. La Nature a inversé les choses, ou alors c’est à cause de l’apocalypse, car après lecture, j’ai l’impression qu’on a 90% de bistouquettes pour 10% de nibards.

Malgré ces petits points noirs, le reste est passé comme une rame de métro sur des rails bien huilés : le voyage était intéressant, rempli de rencontres bizarres ou intéressantes, avec une bonne louche de mysticisme et d’ésotérisme, mâtiné de religions toutes plus folles les unes que les autres.

Avec quelques réflexions profondes et pas dénuées d’intérêts pour qui voudrait y réfléchir plus fort après sa lecture.

Je me suis attachée à Artyom, j’ai aimé son côté un peu adolescent, paumé, couard, pas très sûr de lui, et qui, malgré ses peurs, continue d’avancer en se tapant des kilomètres et des kilomètres de tunnels sombres de métros, avec tout les dangers qui s’y cachent, tapis dans l’ombre.

Si le début est un peu lent, s’il y a quelques passages un peu moins intéressants, je peux vous dire que les 200 dernières pages se lisent à la vitesse du TGV roulant sur des pelures de bananes ! Cours, Artyom, cours !! Mon cœur a palpité.

Alors oui, ce n’est pas de la toute grande littérature, ce n’est pas du post-apocalypse avec un message à la clé (le message est juste un peu plus long que 3 tweet de Donald), on a des moments de réflexions profondes, mais l’action ou la marche à pied sont plus présentes dans le récit que la philosophie. De plus, la succession des régimes politiques dans les stations pourraient devenir indigeste pour certains…

S’il y a du réalisme dans ce roman, il y a aussi une dose de fantastique ou de SF, à vous de voir dans quelle catégorie vous classerez le bestiaire des animaux qui ont mutés suite aux radiations nucléaires.

Un roman post-apocalypse qui n’a rien de la lecture de l’année, pourtant, j’ai apprécié la lecture, j’ai ressenti de l’effroi dans les tunnels sombres et habités par on ne sait pas trop quoi, j’ai eu de l’empathie pour ce brave Artyom, j’ai tremblé pour lui, j’ai armé ma Kalachnikov en même temps que lui et je compte bien redescendre sous terre pour les deux tomes suivants !!

Le Challenge « Pavé de l’été 2017 » chez Sur Mes Brizées (864 pages en version poche).

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
J’étais très curieuse de partir à la découverte d’un nouveau territoire… J’ai reçu les appels de phares, et je n’ai pu résister à l’attraction du post-apocalyptique de ce métro russe… Je suis très contente d’avoir convaincue ma binômette de se lancer dans ces tunnels, parce que seule, j’avais un peu la frousse….

Synopsis :
2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inha­bitable, est désormais livrée à des monstruosités mutantes. Moscou est une ville abandonnée. Les survivants se sont réfu­giés dans les profondeurs du métro­politain, où ils ont tant bien que mal orga­nisé des micro­sociétés de la pénurie.

Dans ce monde réduit à des stations en déli­quescence reliées par des tunnels où rôdent les dan­gers les plus insolites, le jeune Artyom entre­prend une mission qui pour­rait le conduire à sauver les derniers hommes d une menace obscure… mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l’attendent.

Les personnages :
C’est bien la première fois, que je me lie autant à un lieu, et pas forcément, aux personnages. Finalement, la force de ce roman, c’est que c’est le Métro lui même qui devient le personnage principal, et non pas les êtres qui crapahutent en ces tunnels…

On a du mal à s’attacher à ses personnages sans élan héroïque, ils leur manquent un pointe de luminosité, même si je pense que c’est intentionnel, pour faire mieux briller ce lieu de ténèbres… C’est très original !

« L’important c’est de reste le même au fond de son cœur, ne pas renoncer, ne pas s’avilir… »

Ce que j’ai ressenti :… Une terrifiante traversée souterraine…

« Est-ce qu’un être humain qui n’a jamais vu d’étoiles peut imaginer l’infini ? »

Bienvenue dans l’antichambre de l’Enfer, heu, dans le Métro russe, version post-apocalyptique !!! Comment vous dire ?! Il ne fait pas bon vivre dans ses tunnels obscurs, avec l’ombre de la menace des Noirs, continuellement enfermés dans les ténèbres

Peu de place pour la rêverie, les bons sentiments et l’hospitalité… Il règne en ces lieux, une ambiance oppressante qui ne vous lâche plus! Saisissante, asphyxiante, viciée, chaque inspiration est une souffrance autant pour ses personnages que pour nous, lecteurs.

Cette ballade dans ce Moscou revisité, est empreinte d’une menace sourde, presque surnaturelle, affreusement anxiogène…

Tous nos sens sont aux aguets: le danger réel et irréel se glisse dans ses lignes, chaque détour est un abysse profond, chaque intersection, une angoisse supplémentaire…

« Maintenant qu’il mesurait l’ampleur de la déchéance humaine, sa foi dans les lendemains radieux s’était évanouie . »

De tous les romans dans ce genre, je crois que celui ci, se distingue vraiment par cette atmosphère plombée par cette peur ancestrale du noir, mais pas seulement le Noir, presque le Néant… Absence de lumière, de beauté, et a fortiori d’espoir…

Le Metro devient le héros ténébreux, et  il nous dévoile ses pires recoins entre ses ombres monstrueuses, ses pièges nébuleux, ses inquiétantes voies, ses pires détracteurs…

Ce qui m’a vraiment plu, c’est cette manière d’aborder le post-apocalyptique,  il ne reste Rien : rien à sauver, rien à valoriser, (presque plus) rien à Croire. On sent vraiment que c’est la Fin de tout, du monde mais aussi des moindres valeurs…

Ici l’auteur se penche sur l’aspect spirituel de l’humain face à l’inéluctable, il nous donne matière à réfléchir sur les questions existentielles, et en même temps dresse un portrait peu reluisant de la nature humaine, la balance entre le Bien et le Mal penche affreusement d’un côté, et du coup offre un incroyable thriller d’une noirceur poisseuse…

Avec cette intrigue, la claustrophobie te saisit au détour d’un rail, et elle ne te lâche plus jusqu’à la fin du voyage…

« Celui qui trouvera en lui-même assez de patience et de courage pour scruter toute sa vie les ténèbres sera le premier à y apercevoir un éclat de lumière. »

En suivant Artyom, jeune homme qui se lance dans une mission quasi suicidaire, on fait le tour des stations et des pires travers humains. Chaque voie empruntée par ce personnage, nous offre un panorama des violences  dans lequel l’Homme peut s’illustrer en tant de crise, autant psychologique que physique…

En plus de l’absence de luminosité du lieu, cette excursion emprunte tous les cercles du vice et de la cruauté, se nourrit du sang et de l’incrédulité des plus faibles, et il parait, (selon une légende), qu’en creusant un peu, les Enfers seraient au centre de la Terre: on s’en approche dangereusement dans ses pages…

« Mais le diable a de ces blagues parfois! »

Un premier tome qui pose bien ses bases: On voyage dans les bas-fonds de la Russie, la philosophie prend le pas sur nos peurs les plus primales,  l’horreur rencontre un lieu parfait de perdition, on se délecte de cette tension de tous les instants…

Alors bien sûr, on se jette sur la suite de ses aventures souterraines, histoire de se faire encore plus peur que nécessaire…Vite Metro 2034 !

« Ce n’est pas la mort qui effraie. C’est son attente. »

Le petit plus : Le plan du Metro moscovite en couleurs! Déjà, il rend super à l’œil, mais surtout, il est absolument nécessaire, pour cette lecture étant donné, la complexité des noms russes des stations. A chaque chapitre, on sait où l’on est, et c’est vraiment appréciable pour la visualisation de la progression…

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Lien vers la chronique de ma partenaire de folie : Stelphique

Le rat géant de Sumatra : Rick Boyer

Titre : Le rat géant de Sumatra

Auteur : Rick Boyer
Édition : Mycroft’s Brother (2003)

Résumé :
Selon les holmésiens du monde entier, il s’agit de l’un des meilleurs pastiches de Sherlock Holmes publié, depuis les histoires que sir Arthur Conan Doyle nous a livrées. On y retrouve le détective et son fidèle Watson opposés au rat géant de Sumatra, débarqué en Angleterre par un mystérieux personnage qui se révèle être une vieille connaissance de Sherlock Holmes.

Publié aux Etats-Unis en 1976, ce livre a été réédité aux Etats-Unis en 1998 dans un recueil de quatre aventures intitulé A Sherlockian Quartet.

La traduction, par un spécialiste holmésien, restitue parfaitement le style du docteur Watson, biographe officiel de Holmes. Une qualité rare en la matière.

Critique :
Tout ceux et celles qui ont lu « Le vampire du Sussex » connaissent cette phrase célèbre de Sherlock Holmes au sujet d’une certaine Matilda Briggs…

« Matilda Briggs n’est pas le nom d’une jeune fille, Watson, dit Holmes d’une voix lointaine. C’est le nom d’un navire dont le destin est associé à celui du Rat géant de Sumatra. Une histoire à laquelle le monde n’est pas encore préparé ».

Et on la trouve où, cette fameuse histoire du rat géant ? me demandez-vous.

Nulle part dans le canon holmésien car elle n’existe pas, elle fait partie de ce que les holmésiens ont nommé les Untold Stories, c’est à dire les histoires citées par Watson dans le canon holmésien, mais jamais écrites par Conan Doyle.

Lorsque j’avais acquis ce petit roman (175 pages, texte sur deux colonnes), j’avais eu une petite appréhension que les louanges faites à ce pastiche n’étaient pas parvenues à éteindre, échaudée que j’étais après avoir lu du grand n’importe quoi réalisé par d’autres auteurs qui avaient eu aussi brodé sur ce fameux rat géant.

Ma lecture initiale m’avait presque faite pleurer de plaisir tant le roman était fin, tant il n’avait pas sombré dans un gouffre abyssal de conneries ou de rats ayant la taille d’un poney.

Cette relecture fut tout aussi plaisante que la première fois, preuve qu’il était bon, ce petit pastiche, même s’il était cher (>20€).

L’auteur respecte tous les codes du canon holmésien et une fois de plus, cette untold stories pourrait très bien être intégrée aux véritables récits du Watson de Conan Doyle tant on s’en approche.

Richard Boyer, l’auteur, joue avec les codes, les utilise à bon escient, fait des références à des autres affaires, nous offrant un Sherlock Holmes et un Dr Watson proche des véritables, tout en ajoutant son style à lui.

Cherchez pas la petite bête, tout y est ! Et pour les lecteurs des aventures de Sherlock Holmes, il ne leur sera pas difficile d’éventer une ruse du détective puisqu’il l’avait déjà faite dans une certains histoire de malédiction canine (et rien à voir avoir avec un dentiste maudit).

Et bien justement, Le Rat Géant, c’est un peu comme avec Le Chien des Baskerville qui contentait une partie fantastique avec malédiction et chien géant sorti des Enfers, et qui se terminait par une explication rationnelle et logique.

L’auteur a bien manié son récit, mêlant habillement le caractère fantastique et mystérieux de l’enquête, tout en lui donnant un final réaliste et sans rien emprunter au fantastique, ce qui aurait été un peu trop facile.

Et si au départ on se demande où est l’histoire avec le rat, Holmes ayant une histoire d’enlèvement à résoudre, pas de panique, il arrivera bientôt, le mélange des deux enquêtes étant harmonieux et bien réalisé.

Du suspense, des rebondissements et un méchant bien travaillé et qui, comme tous les méchants de la terre, ne peut résister à l’envie de se vanter et d’exposer tous ses griefs à l’encontre de Holmes. Comme tous les méchants, en fait… Faudrait faire une étude psychologique sur cette propension qu’ont les Méchants à un peu trop causer.

Anybref, notre détective de Baker Street n’est pas tombé de la dernière pluie, il est loin d’être un imbécile et à plus du rusé renard que d’un lapereau de deux semaines.

L’auteur a aussi brillamment mit en avant la formidable amitié qui lie Holmes et Watson (et rien de plus, on se calme les filles !) et, tel dans l’aventure des « Trois Garrideb », nous avons un Holmes un peu ému à l’idée d’avoir fait prendre de grands risques à son ami. Un grand moment.

Le récit est digne d’un grand cru, vieilli en fût de chêne, il est A.H.O.C (Appelation Holmésienne d’Origine Contrôlée) et ne contient pas de sulfites.

A consommer sans modération parce qu’un pastiche écrit avec un tel savoir, se déguste avec sagesse.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Sweeney Todd – Le Diabolique Barbier de Fleet Street : Tim Burton

Sweeney Todd est le nom d’un tueur en série du folklore anglais dont l’histoire a donné lieu à des adaptations au théâtre et au cinéma.

Sweeney Todd était barbier londonien qui assassinait ses clients avec son rasoir tandis que sa complice, Mrs. Lovett, se débarrassait des corps en les utilisant pour garnir ses tourtes à la viande.

En 2007, Tim Burton réalise au cinéma, toujours sous le titre de Sweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street, une adaptation de la comédie musicale de Sondheim (1979) avec Johnny Depp dans le rôle de Sweeney Todd et Helena Bonham Carter dans celui de Mrs Lovett.

Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street (Sweeney Todd: The Demon Barber of Fleet Street) est un film musical, entre comédie noire et horreur.

Johnny Depp et Helena Bonham Carter incarnent à l’écran ce duo maléfique et interprètent eux-mêmes les chansons du film, tout comme les autres acteurs.

Il a remporté plusieurs prix, dont le Golden Globe du meilleur film musical ou comédie et l’Oscar des meilleurs décors et Depp a été récompensé pour son rôle par le Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie et a été nommé pour l’Oscar du meilleur acteur.

L’adaptation de Tim Burton présente le personnage principal comme une victime de la société.

Résumé :
L’histoire se déroule au XIXe siècle à Londres. Condamné à tort par un juge corrompu qui désire sa femme, le barbier Benjamin Barker est exilé en Australie.

Il s’évade quinze ans plus tard et, sous le nom de Sweeney Todd, retourne à Londres, et arrive à Fleet Street où il espère retrouver sa femme (Lucy) et sa fille (Johanna) et reprendre sa vie d’antan. Il se lie d’amitié avec le jeune marin qui le transporte à Londres, prénommé Anthony.

Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Nellie Lovett. Celle-ci l’informe que Lucy se donna la mort après avoir été violée par Turpin.

Ce que j’en ai pensé :
Je haïs les comédies musicales ! J’ai en horreur des films où on passe la moitié de son temps à chanter !

Et je vous jure que si je m’étais souvenue que ce film en était une, je n’aurais même pas pris la peine de le regarder !

Ne tergiversons pas, j’ai déjà zappé toutes les parties chantées… et pour le reste, bof, bof, bof.

Nous sommes dans du Tim Burton, pas la peine de le cacher, on sent sa patte, son design et sa méthode dans sa manière de filmer, dans les personnages, maquillés à outrance, ou dans Johnny Deep qui, en maniant ses rasoirs, avait tout d’un Edward aux mains d’argent.

On présentait ce film comme un Monte-Cristo qui, après avoir été injustement condamné, s’en revient crier vengeance.

Ouais… On repassera !

Certes, Benjamin Barker (Johnny Deep) a été condamné à tort, certes, il est revenu en bateau, repêché par un marin, certes il a perdu sa femme, sa fille et il hurle vengeance, mais là où Edmond Dantès faisait dans la finesse, dans la vengeance haut-de-gamme et taillée sur mesure, Sweeney Todd est dans la démesure et fait couler trop d’hémoglobine à mon goût.

Hémoglobine ou peinture rouge ? Anybref, trop is te veel, et l’abus d’hémoglobine tue l’hémoglobine puisqu’à la fin, on en vient à bailler d’ennui devant tous ces égorgements.

Le final a une morale sadique et je ne vous dirai pas que j’ai été surprise car depuis le début je le présentais. Trop d’indices laissaient à penser que…

La seule chose qui valait la peine d’être vue, c’est Allan Rickman, le Rogue de Harry Potter, ZE méchant par excellence, qui, dans son rôle de juge implacable et débauché valait son pesant de tourte à la viande !

Amoral, immoral, rempli de vices, bref, du grand Allan Rickman et j’aurais aimé que son personnage soit plus mis en avant et autrement qu’en chantant puisque j’ai visionné les chansonnettes en accéléré.

Putain, il y avait matière à faire mieux, bien mieux ! Déjà, en ne chantant pas…

Oui, sans les chansons, j’aurais sans doute été plus complaisante avec ce film qui a été salué par la critique (sauf aux États-Unis où c’était mitigé) et qui a remporté des prix.

Un film qui ne me laissera pas un souvenir impérissable… sauf pour les décors, tiens, qui eux, étaient réussis !

Allez, au suivant !

Lle Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Un vampire menace l’empire – Les enquêtes réservées de Sir John Fox – Tome 1 : Gérard Dôle

Titre : Un vampire menace l’empire – Les enquêtes réservées de Sir John Fox – Tome 1

Auteur : Gérard Dôle
Édition :Terre de brume (2011)

Résumé :
Vous qui aimez les détectives des Ténèbres en charge d’affaires relevant de l’étrange et du surnaturel, Un Vampire menace l’Empire de Gérard Dôle vous séduira assurément car ce recueil propose quatre enquêtes fantastiques tirées des archives secrètes de Sir John Fox, Grand Assistant Commissioner de Scotland Yard.

Lorsque le comte Dragomyr, vampire vomi par la nuit… et tombé d’un ballon dirigeable, fait des siennes dans un petit port anglais, Sir John pense que la personne la mieux à même de résoudre ce problème est Lord Syfret, un aristocrate excentrique et providentiel, né il y a bien longtemps de l’imagination de la romancière Arabella Kenealy.

L’enquête suivante, « Le Fantôme de Sherwood », est confiée au détective de l’occulte Flaxman Low, figure singulière des « Real Ghost Stones » publiées en 1898 dans un magazine londonien.

« L’Enfant sauvage de Whitechapel » oblige Sir John à faire intervenir plusieurs détectives, plus complémentaires que concurrents : d’abord Sherlock Holmes et son élève Harry Taxon, ensuite l’énigmatique Dr M.L.W. qui servit de modèle au John Silence de Blackwood.

Il nous faut aussi signaler que Carnacki, l’illustre « ghost finder », se réserve le mot de la fin dans cette hallucinante aventure.

La dernière affaire au titre joliment inquiétant, « Rampements de spectres et frôlements d’âmes », voit, quant à elle, le retour de Lord Syfret.

Critique : 
— Vous aimez les détectives des Ténèbres en charge d’affaires relevant de l’étrange et du surnaturel ?
— OUIIIIII !! Du surnaturel, du surnaturel !!
— Assurément, ma p’tite dame, ce recueil de nouvelles vous séduira car il vous propose quatre enquêtes fantastiques tirées des archives secrètes de Sir John Fox, Grand Assistant Commissioner de Scotland Yard.
— On croisera la route de Sherlock Holmes et des vampires ?
— Of course ! Vous aurez tout ça puisque les éditions Terre de brume sont spécialisées dans la littérature fantastique.

Vous emballez pas, les gars et les filles, car ceci est une chronique qui ne vous fera pas débourser un euro !

Je me suis ennuyée, mais ennuyée à le lire… Vous pouvez pas imaginer. Moi qui voulait du fantastique qui m’emporte, je suis restée sagement assise dans mon canapé, des soupirs d’ennui au bords des lèvres.

Certes, Sherlock Holmes est bien présent, en effet, mais pas assez à mon goût et, une fois de plus, il est affublé de sa deerstalker et de son macfarlane et son assistant se trouve être Harry Taxon, qui le nomme « maître » et dont je n’ai jamais apprécié la présence.

Pour que vous vous couchiez moins bête au soir, sachez que le Harry Taxon sera le futur Harry Dickson créé par Jean Ray.

Les nouvelles sont lentes à démarrer, pas passionnantes pour deux sous, j’avais les yeux qui se fermaient ou l’esprit qui vagabondait ailleurs.

Même la nouvelle intitulée « L’enfant sauvage de Whitechapel » et mettant en scène Sherlock Holmes ne m’a pas passionnée, alors qu’elle avait tout pour, puisqu’elle débutait dans l’East End de mon cher Jack l’éventreur (oui, je devrais consulter)…

Elle eut beau se terminer au cœur d’un monastère fortifié dans les confins de l’Himalaya, dans le refuge de la lamaserie des morts-vivants, j’ai soupiré d’ennui et j’ai sauté des paragraphes.

Moi qui voulait passer un peu de bon temps avec ce recueil de nouvelles dédié aux amateurs de littérature gothique et peuplé de créatures démoniaques et vampiresques loin de la nouvelle mode qui veut que ces abominations soient sensuelles, sentent bon le savon et ne suce pas le sang des humains…

Sûr que les suceurs de sang présents dans ses pages étaient horribles et tenaient plus des habitants des caves sombres et humides que de ceux des belles villas… Nous étions loin de Twoilet et plus dans la véritable légende.

Et en effet, les spectres étaient bien les entités démoniaques des châteaux et manoirs austères, paumés dans les landes battues par les vents…

Mais bon sang, qu’est-ce que je me suis embêtée durant ma lecture !!

Je dois avoir une malédiction qui pèse sur mes épaules en ce mois de juin 2017 ! Pas possible autrement… Juste au moment où je me mets – enfin – à lire mes romans victoriens ou holmésiens, bardaf, que des déceptions ou des « je suis passée à côté du livre ».

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.