Élévation : Stephen King

Titre : Élévation

Auteur : Stephen King
Édition : Le Livre de Poche (03/04/2019)
Édition Originale : Elevation
Traducteur : Michel Pagel

Résumé :
À Castle Rock, Scott Carey est affecté par un mal étrange. Il perd rapidement du poids tout en conservant extérieurement la même masse corporelle.

Avec l’aide du docteur Bob Ellis, il tente de comprendre cet inquiétant phénomène.

Parallèlement à cela, Carey a un litige avec ses voisines concernant le chien de celles-ci. Si l’une de ces voisines, Missy, est très amicale, l’autre, Deirdre, est glaciale.

Toutes deux essaient de lancer un restaurant mais le fait qu’elles soient ouvertement mariées provoque l’hostilité d’une bonne partie des habitants de la ville.

Apprenant leur problème et confronté au sien, Carey décide de les aider à vaincre les préjugés de la population locale.

Critique :
À Castral Roc, un homme perdu du poids de manière incompréhensible… Oups, c’est à Castle Rock, mes excuses pour avoir confondu.

Mais attendez un peu, là… Le coup du type qui maigrit à vue d’oeil, le King nous l’avait déjà faite !

Souvenez-vous, cet homme qui était au volant de sa voiture pendant que sa femme lui faisait une clintonnerie et qui avait renversé une vieille gitane (sans filtre ?) qui, en représailles, lui avait jeté un sort d’amaigrissement (cf « La peau sur les os »).

Oui, le King nous l’a déjà fait, mais ici, si le fond reste le même (un homme qui perd du poids), le fond n’est pas le même car sa silhouette ne change pas d’un iota !

Son bidou qui déborde est toujours là, sa masse corporelle ressemble à celle d’un homme d’une nonantaine de kilos (90) et il se passe un truc encore plus chelou lorsqu’il monte sur la balance habillé ou à poil… Mais je ne vous dirai rien, na !

Non, ce court roman ou cette longue nouvelle du King ne fout pas la trouille, même si on est dans le fantastique en plein, par contre, il donne froid dans le dos au niveau du comportement de certaines personnes envers des autres qui sont différents, notamment au niveau de la sexualité.

Il ne fait pas bon être lesbiennes ET mariées dans les petites bourgades car les gens sont mauvaises langues et prompt à juger, à médire, à éviter, sous le prétexte qu’ils n’aiment pas trop les…

J’éviterai l’expression imagée utilisée par un bas de plafond qui se trouve dans l’histoire (on comprenait de suite son mépris), mais disons que les braves gens n’aiment pas trop qu’on suive une autre route qu’eux (merci Brassens).

Grâce à ses personnages bien campés que sont le perdeur de poids Scott Carey et ses voisines lesbiennes, Missy la gentille et Deirdre la glaciale, dont les chiens défèquent sur sa pelouse, notre King adresse une claque à son président du moment, le très viril peroxydé et pas très malin Donald car la ville de Castle Rock est une mini Amérique à elle toute seule, avec ceux qui s’en moquent, ceux qui n’ont rien contre l’homosexualité mais fallait pas se marier et ceux très bigot qui n’en veulent pas dans leur entourage.

Non, niveau fantastique, l’histoire ne fait pas peur, elle donne des frissons autrement, avec son histoire de rejet d’une partie de l’Humanité pour cause d’homosexualité (ou de couleur, de religion, mais pas le sujet ici), avec son histoire d’amitié et ses personnages qui évoluent, se dévoilent, se fendent et montrent ensuite un autre visage.

Non, tout ne sera pas résolu à la fin, l’Homme aura toujours le rejet ancré en lui, mais l’auteur nous démontre que la sexualité est une affaire privée (tant que tout le monde est majeur et consentant) et qu’elle ne devrait pas agir sur la manière que nous avons de voir les autres.

Ma foi, on a le droit d’être contre l’homosexualité, de ne pas être d’accord, on est démocratie, merde, mais on n’a pas le droit d’attaquer, de mépriser, d’insulter, de tabasser QUI que ce soit autrement que pour se défendre d’une agression physique ou parce que l’on appartient à un club sado-maso (les gens font ce qu’ils veulent, après tout).

Une lecture qui, sans être exceptionnelle m’a fait fondre de plaisir durant quelques heures et m’a élevé un peu au-dessus de la mêlée de tous ces bas de plafond que je n’apprécie pas.

Malheureusement, ni moi ni ma PAL n’avons maigri… Qu’importe les calories perdues ou prises tant que l’ivresse littéraire est là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

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[FILMS] Les nanars de Dame Ida – La momie de Alex Kurtzman (2017)

Titre : La Momie – The Mummy

Production : Universal Pictures

Réalisateur : Alex Kurtzman

Avec : Tom Cruise, Russel Crowe, Annabelle Wallis

Sorti en 2017

Intro Allociné :
Bien qu’elle ait été consciencieusement enterrée dans un tombeau au fin fond d’un insondable désert, une princesse de l’ancienne Égypte, dont le destin lui a été injustement ravi, revient à la vie et va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur dépassant l’entendement humain.

Des sables du Moyen Orient aux pavés de Londres en passant par les ténébreux labyrinthes d’antiques tombeaux dérobés, La Momie nous transporte dans un monde à la fois terrifiant et merveilleux, peuplé de monstres et de divinités, dépoussiérant au passage un mythe vieux comme le monde.

Note des spectateurs Allociné : 2,5/5

Note des critiques de presse sur Allociné : 2,3/5

Note Télérama : 1/4

Ce que j’en ai pensé :
Ah! La dure vie que celle de mère de famille !

Outre le fait que les enfants coûtent cher et fassent vite de vous une esclave domestique, vous devez passer du temps avec eux et les accompagner parfois au cinéma ou regarder avec eux des films en VOD…

Et disons que… Les choix cinématographiques des ados sont parfois déconcertants.

Grâce à ma progéniture j’ai donc dû découvrir l’un des grands navets du début du XXIème siècle : La Momie.

Laquelle ? Et bien bonne question… Puisqu’on ne peut pas dire que Tom Cruise et ses amis aient fait preuve d’originalité dans le choix de cette thématique.

En effet suite à la légendaire malédiction de Tout Ank Amon au début du XXème siècle, le thème avait était déjà traitée en long en large et en travers par le cinéma muet, le noir et blanc parlant, puis les premiers films couleurs…

On avait même eu le droit en 1999 à une saga plus récente avec le délicieux Brendan Fraser et le très musclé Arnold Vosloo…

Le premier volet reprenant les grandes lignes de l’histoire de la momie d’un prêtre maudit se vengeant des archéologues qui avaient mis la main sur sa momie et ses richesses… et voulant reconquérir le sosie de sa bien aimée.

Ben oui, on a beau être un monstre ou une carcasse vide farcie d’aromates, on n’en a pas moins besoin d’amuuuur!

La saga de 1999 m’avait plu car grâce au ton de comédie qu’elle employait de façon plaisante, elle faisait oublier le caractère peu crédible de ces histoires fantastiques ancrées dans les traditions d’une mythologie à laquelle plus personne ne croit depuis des millénaires.

On la regarde aussi bien pour rire que pour les effets spéciaux et les splendides décors… Et les références archéologiques bien que débordant du cadre académique restaient assez crédibles.

Mais avec le film de 2017, non seulement on a  l’impression que le soleil ne se lève jamais une fois arrivé à Londres où les momies ne font pas non plus trop couleur locale (bon, je vous l’accorde, le soleil n’est pas ce qui caractérise mieux la capitale britannique…) mais en plus tout le monde se prend très très très au sérieux.

Sans déconner… Qui peut parler avec sérieux de momies maudites sans passer pour un dingue ou sans que ça ne sonne carrément faux ?

Or donc, Nick Morton est un militaire américain qui profite de faire la guerre au moyen orient et de la confusion engendrée par les islamistes détruisant les œuvres antiques pour mettre la main sur des trésors archéologiques à vendre au marché noir…

Déjà le mec… profiteur de guerre, trafiquant, arrogant et parfaitement égocentrique… il n’est pas sympathique…

Et puis comme il est joué par le N°2 de la scientologie qui fait la leçon au monde sur le fait qu’il détient la vérité, son amoralité est encore plus irritante, non ?

Et encore, il a piqué la carte aux trésors en fouillant les papiers d’une archéologue avec qui il venait de coucher.

Bref, un parfait gentleman, non ?

Le film n’est pas commencé depuis un quart d’heure qu’on a juste envie de voir le héros se faire fusiller. J’avoue que ça n’aide pas à apprécier la suite.

Et voilà qu’il découvre la momie d’une ancienne princesse égyptienne maudite et enterrée vivante pour avoir passé un pacte avec le dieu Seth afin de prendre le trône de son père qui devait échoir à son petit frère.

Sans le savoir et afin de s’en mettre plein les fouilles sans doute, cet abruti de Morton brise les sortilèges qui neutralisaient les pouvoirs de la momie, et voilà la diablesse libérée qui va aller foutre le boxon à Londres pour retrouver les accessoires qui lui manquent pour accomplir un rituel qui la rendra toute puissante et lui permettra de dominer le monde. Rien que ça.

Ce film qui était donné comme un reboot s’inspirant de la saga de 1999, et devait donner lieu à une suite qui n’a jamais vu le jour. Le public ne peut que s’en réjouir vu la daube que le premier volet représentait.

Ben oui, quand on prétend faire un reboot… on reste un minimum fidèle au point de départ.

Là c’est carrément autre chose : il ne s’agit pas de la momie d’un prêtre renégat enterré vivant (Tiens ? alors pourquoi courre-t-il après ses vases canopes censés contenir ses viscères dans le film de 1999 ??? bon là je vous l’accorde ils ont commis une bourde…), mais d’une princesse qui s’était alliée les puissances des ténèbres pour régner. Parité oblige sans doute ?

Il ne suffit pas de nous faire entre rapidement apercevoir le livre des morts de la saga de 1999, et de coller des araignées pouvant faire penser aux scarabées mangeurs de chair, ou que la momie se requinque en bouffant les fluides vitaux de ses victimes pour qu’on puisse dire qu’il s’agit d’un reboot.

En plus leur momie est pathétique… Elle est tatoué avec des caractères qui tiennent plus de l’alphabet runique celte que des hiéroglyphes égyptiens !

Sur le plan historico-archéologique une telle confusion jette un discrédit éternel sur les crétins qui ont produit cette bouse.

Et puis Seth… nan… c’est pas le dieu des morts non plus… Dans la bouche d’archéologues c’est dramatique parce qu’une telle erreur est éliminatoire en première année d’égyptologie !

Le dieu des morts c’est son frère, Osiris (*). Seth c’est seulement le vilain méchant pas beau du panthéon.

Et puis pourquoi ont-ils eu besoin de rajouter des templiers dans l’histoire ? C’est un artifice scénaristique pour justifier de délocaliser le film à Londres sans doute parce que ça coûtait moins cher que de faire des décors égyptiens ?

Pire encore… On nous colle le Dr Jekyll et Mister Hide dans l’histoire !!! Vous voyez le rapport avec la choucroute, vous ? N’importe quoi !!!

Et je vous passe les fines allusions totalement inutiles au loup-garou de Londres (Morton est hanté par le fantôme d’un type qu’il a tué), aux histoires de vampires ou de zombies…

Et vu la nullité de l’ensemble vous ne m’en voudrez certainement pas de spoiler un peu et de vous révéler que notre N°2 de la scientologie devient carrément le dieu qu’il rêve de devenir à la fin !

Nan mais je vous jure ! Prend-on les spectateurs pour des cons prêts à gober n’importe quoi ? Comme s’il suffisait de piocher dans toutes les thématiques ou dans le supermarché des grands films fantastiques pour se faire un cocktail correct ! Là on a juste un patchwork mal cousu et dont les carrés ont été très mal choisis.

Et puis… faut qu’il arrête Cruise… Il est comme tout le monde… il chope des rides… faut qu’il cesse de faire croire qu’il a 20 ans de moins…

Déjà qu’on a du mal à croire que son QI dépasse le 85 qui le ferait rentrer dans la norme basse…

Et puis, depuis que son charme de bogosse n’opère plus on se rend compte avec horreur qu’il joue comme un pied (note de la Belette Cannibal : Cruise a été désigné responsable du fiasco de ce film ! La star aurait exercé un contrôle excessif sur tous les aspects de la production du blockbuster et aurait transormé le film en ode à sa propre gloire – Fin de la note, vous pouvez reprendre une activité normale).

Son jeu et sa gestuelle sont surfaits au point de friser le ridicule. Sa façon de jouer le « je me prends au sérieux » me fait carrément penser aux mimiques de Trump.

C’est vous dire si ça fait authentique ! Les autres acteurs ne sont guère plus brillants (à part Annabelle Wallis), notamment la momie qui aurait mieux fait de rester muette sans doute…

Mais en même temps avec une histoire et des dialogues aussi mauvais, pouvaient-ils faire mieux ?

Bref, un reboot totalement raté et dont on a certainement renoncé à produire la suite il n’est pas près de faire oublier la série qui la précédé (La momie – Le retour de la Momie – La tombe de l’empereur dragon).

(*) Oui, Dame Ida à raison ! Non, ce n’est pas Anubis (le mauvais jeu de mot n’est pas loin) qui est le Dieu des Mourus ! Tu veux des preuves, lecteur/trice sceptique ? Dans les croyances des Égyptiens de l’Antiquité, c’est Osiris qui règne sur le monde des morts. Quand quelqu’un meurt, il comparait devant Osiris, afin d’être jugé. Un tribunal des morts est constitué par Anubis (il est là, le dieu à tête de chacal), le dieu de l’embaumement, Maât, la déesse de la justice, et présidé par Osiris. Ils auraient demandé Vikidia, ils l’auraient su !

Harry Potter – Tome 2 – Harry Potter et la chambre des secrets ‭:‬ J.K. Rowling [LC avec Bianca]

Titre : Harry Potter et la chambre des secrets [Harry Potter – Tome 2]

Auteur : J.K. Rowling
Édition : Folio Junior (2001) / Gallimard Jeunesse (07/02/2019)
Édition Originale : Harry Potter, book 2 : Harry Potter and the Chamber of Secrets (1998)
Traducteur : Jean-François Ménard

Résumé :
Une rentrée fracassante en voiture volante, une étrange malédiction qui s’abat sur les élèves, cette deuxième année à l’école des sorciers ne s’annonce pas de tout repos !

Entre les cours de potion magique, les matches de Quidditch et les combats de mauvais sorts, Harry trouvera-t-il le temps de percer le mystère de la Chambre des Secrets ? Un livre magique pour sorciers confirmés.

Critique :
Retour aux sources puisque j’avais commencé à lire la saga Harry Potter avec le tome 2 puisque j’allais aller voir le tome 1 au cinéma avec ma petite sœur.

Pour info, je ne VOULAIS PAS lire ces romans, les pensant pour les enfants ou dénués de choses intéressantes, mais, ayant terminé mon livre et n’ayant rien d’autre à lire pour mon retour en train, ma frangine me l’avait déposé sur la table avec cet ordre : LIS-LE !

Sale gosse, va ! Même plus le respect de son aînée !

Bon, pour la petite histoire, une fois que j’avais mis le pied à Poudlard et participé aux aventures de la chambre secrète, je sautillais partout en criant « Je veux le tome 3, je veux le tome 3 » et comme tous les autres addict de la saga, je me ruais sur le tome suivant (mais jamais à minuit !).

Cette relecture fut  une excellente idée car ma mémoire avait oublié certaines choses, comme l’arrivée de Dobby, l’elfe de maison (un esclave) qui prévient Harry d’un grand danger et qui, en voulant à tout prix le protéger, met sa vie en danger.

Et puis, le nouveau professeur de défense contre les forces du mal est le très charismatique écrivain Gilderoy Lockhart, adulé par son lectorat féminin, 5 fois gagnant du plus beau sourire, mais hyper ridicule et terriblement incompétent. Un régal. Presque aussi drôle que les jumeaux Weasley.

Mettons de suite les choses au point pour ceux ou celles qui ne le sauraient pas encore : non, Harry Potter ce n’est pas QUE pour les enfants et oui, c’est bien plus subtil qu’on pourrait le penser de prime abord car J.K Rowling a développé un univers merveilleux tout en faisant des parallèles avec le nôtre, dépourvu de magie, notamment avec l’horrible concept des sorciers de sang pur et ceux de sang impur que certains voudraient qu’il abreuve nos sillons.

Un terrible air de déjà-vu, ces sorciers qui se pensent supérieurs à d’autres en raison de leurs origines et surtout, de leur race. Ne manque plus que les bruit de bottes, les pogroms et les autodafés.

Pour ces derniers, paraît qu’on y est déjà puisque des prêtres polonais ont mis au bûcher les romans de Harry Potter car il y a de la magie et des amulettes. Certains ont dû boire autre chose que du vin de messe.

Anybref, Harry Potter, c’est un univers enchanté et enchanteur, sans pour autant être niais car même si certains concept seront hermétiques aux plus jeunes, ils sont tout de même assez grand que pour comprendre qu’on ne s’attaque pas à des sorciers sous prétextes qu’ils viennent de familles Moldues et non de lignées de sorciers.

Harry Potter, ce sont des personnages sympathiques pour certains et antipathiques pour d’autres, bien que mes envies de meurtres pour les personnages de Severus Rogue et Drago Malefoy puisque je sais tout pour le premier et que le second n’est jamais qu’un pauvre gamin de merde qui, ne trouvant pas sa place face à un père aussi exigeant que le sien, n’a de cesse que de prendre des amis médiocres qu’il domine et à emmerder les autres pour se sentir exister.

Harry Potter c’est aussi un univers avec de l’humour, des énigmes, des enquêtes, des mystères, du suspense, des potions magiques, des aventures bourrées de rythme, la vie de tous les jours à l’école de sorcellerie dont on aimerait encore en avoir plus mais aussi des tomes qui vont devenir de plus en plus sombre au fur et à mesure que nos héros vont grandir, avec en point d’orgue, ZE combat dantesque dans le tome 7.

Comme le disait si bien l’autre nain « J’vais vous dire, moi,… que je suis contente d’avoir eu l’idée de relire tous les Harry Potter et encore plus contente de les relire avec Bianca pour nos LC. En plus, elle adore comme moi, vous le constaterez en lisant sa chronique dont le lien est dans son nom.

Vivement le 3, c’est mon préféré, mon chouchou !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

L’île mystérieuse : Jules Verne [LC avec Bianca]

Titre : L’île mystérieuse

Auteur : Jules Verne
Édition : Le Livre de Poche (2002) / Folio Junior (2001) / Elcy (2001)
Date de publication originale : 1874

Résumé :
L’Île mystérieuse raconte l’histoire de cinq personnages : l’ingénieur Cyrus Smith, son domestique Nab, le journaliste Gédéon Spilett, le marin Pencroff et l’adolescent Harbert.

Pour échapper au siège de Richmond pendant la guerre de Sécession, ils décident de fuir à l’aide d’un ballon, mais échouent sur une île déserte qu’ils baptiseront l’île Lincoln.

Après avoir mené une exploration de l’île, ils s’y installent en colons mais quelque chose semble veiller sur eux : qui ? quoi ? comment ? et pourquoi ?

Comment vont-ils survivre entre la vie sauvage et les personnes qui les entourent.

Critique :
Voilà un roman que j’avais acheté durant mes vacances 2018, en seconde main, afin de le découvrir. D’habitude, je laisse mes livres vieillir comme des bons vins et je les déguste rarement en version Beaujolais Nouveau.

La preuve avec celui-ci qui a moins d’un an d’étagères de biblio alors que d’autres attendent depuis des années que je les ouvre.

Une LC avec Bianca a fait que nous avons ouvert cette bouteille dont l’étiquette nous promettait un grand cru…

Le vin étant tiré, il nous fallait le boire. Petit problème dès le départ, Bianca le dégustait en version 33cl alors que je me tapais la version nabuchodonosor, autrement dit la bouteille de 15 litres puisque je n’avais pas la version « abrégée ».

Résultat des courses ? J’ai diagonalisé ! Je m’en fous que le mot n’existe pas, je l’invente rien que pour moi et je vous le prête parce que je veux bien parier le slip de l’ingénieur Cyrus Smith que tous les lecteurs du monde l’ont un jour fait lorsque le récit était trop lent, trop lourd, trop barbant, avec trop peu d’action, avec trop de blablas et trop de science appliquée qu’on se demande parfois comment des personnages peuvent en savoir autant.

Venant de l’ingénieur Cyrus Smith, je peux le concevoir, en me forçant un peu, mais de l’adolescent Harbert qui sait tout des plantes et qui a le savoir d’une encyclopédie ou d’un moteur de recherche Gogole, ça me laisse pantoise et sceptique. sans oublier que l’île possède tout, mais vraiment tout pour les naufragés.

— Cyrus, croyez-vous qu’il existe des îles à naufragés, des îles spécialement créées pour qu’on y fasse correctement naufrage ? 

Anybref, nos naufragés tirent parti de tout, savent tout faire (mesurer des hauteurs, déterminer des longitudes et des latitudes) inventent tout, en passant du feu sans allumettes, de la poterie ou des explosifs (nitroglycérine), le tout avec moins d’éléments que le célèbre MacGyver qui réussissait déjà à tout nous faire avec une épingle et un morceau de string.

Alors oui, c’est génial, mais bon sang, à force de lire le récit de nos naufragés à qui tout sourit, ça devient passablement barbant et endormant. Un peu d’action, que diable ! Y’a pas un Tyrannosaurus rex à lâcher sur l’île mystérieuse pour donner un peu plus de peps au récit ?? Non ??

D’ailleurs, qu’est-ce qu’il y a sur cette île mystérieuse ? Des montagnes, des forêts et des îles aux trésors (et si cette phrase vous donne envie de chanter du Johnny, c’est normal, c’est subliminal !) et des tas de pauvres animaux qui vivaient tranquilles avant l’arrivée de nos 5 naufragés et de leur chien.

Vegan de tout poils, passez votre chemin, même moi j’ai été scandalisée de voir le nombre d’animaux qu’ils tuent pour bouffer ou pour utiliser… Il ne devait pas y avoir de fruits sur cette ile plus que mystérieuse.

Et gare au prédateur qui se la coulait douce sur cette île à la bouffe en open-bar, on ne pense qu’à fabriquer un fusil pour éradiquer tout autre prédateur que l’Homme sur ce bout de terre paumé dans l’océan.

C’est quand qu’on arrive à la fin du récit ??? Alors, on diagonalise ! Et on ne soupire pas d’exaspération à chaque fois que Verne écrit « ce Nègre » en parlant du personnage Nab, et on ne lève pas les yeux au ciel à chaque fois que l’on lit que ce Nègre mourrait pour sauver son maître trop gentil qui est Cyrius Smith.

Le grand cru n’était donc pas au rendez-vous pour cette dégustation, je ne suis pas entrée dans le récit de Verne, ou plutôt, je m’y suis ennuyée, piquant du nez de temps en temps, passant des paragraphes, sautant des pages et des pages, pour enfin arriver à la fin et découvrir le mystère de l’île que je connaissais déjà et je vous passerai l’anachronisme dans le fait que ces personnages se retrouvent dans ce récit !

Oui, on me dira que je n’ai pas vu les thèmes du récit qui sont la recherche de la liberté (on s’évade !), la lutte pour la survie dans un milieu hostile (on devient MacGyver avec le Manuel des Castors Juniors), le retour à l’état sauvage d’un autre personnage puisque Verne pensait qu’on ne pouvait rester seul des années sur une île sans devenir une bête (Robinson n’était pas crédible pour lui) et la rédemption pour la rémission de ses péchés (voir l’Église pour ce chapitre et vous me ferez 3 avé et 4 pater), le tout grâce à l’amitié (chialez pas, hein !).

Malgré tout, la dégustation n’a pas été au rendez-vous pour ma copinaute Bianca et moi. Et elle a encore eu plus dur que moi à le terminer !

Non pas que nous avions en main une piquette, juste que nous n’étions sans doute pas prêtes pour ce grand voyage, ce grand récit de naufrage et qu’on a préféré ouvrir notre frigo pour aller se bouffer une carotte, tant on en avait marre de voir tous ces animaux tués.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Les Dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic : James Lovegrove [Par Dame Ida]

Titre : Les Dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne (20/02/2019)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks, book 2 : Sherlock Holmes and the Miskatonic Monstrosities (2017)
Traducteur : Arnaud Demaegd

Intro :
Le roman commence sur les chapeaux de roues s’ouvrant sur une confrontation d’Holmes et de Watson avec une créature sortie du cerveau dérangé de Lovecraft.

On apprend ainsi que nos compères n’ont cessé de lutter contre les armées des Grands Anciens depuis le précédent volume qui avait conduit les locataires du 221b Baker Street à se frotter à eux.

Watson nous explique comment bon nombre d’aventures du canon ne sont que librement inspirées d’aventures autrement plus fantastiques lors desquelles ils avaient lutté contre des créatures maléfiques auxquelles personne n’aurait cru !

Mais il faut bien vendre du papier alors il a transformé la vérité pour la rendre plus acceptable à ses lecteurs ! On pourra saluer l’effort de l’auteur à ce propos. Retrouver des affaires du canon et leur donner une fin alternative adroite souligne son talent imaginatif.

Bref, voilà qu’à peine remis de cette séquence inaugurale Holmes et Watson sont invités à se préoccuper de l’état étrange d’un pensionnaire inconnu de l’asile s’aliénés de Londres qui couvre les murs de sa chambre/cellule d’incantations étranges. Or, cet homme sans identité disparaît dans des circonstances spectaculaires.

Et qui d’autres qu’Holmes et Watson aidés par Mycroft toujours omniscient même sur ces questions, pourraient éclaircir ce mystérieux mystère ? Comme dirait l’autre… la partie reprend !

Ce que j’en ai pensé :
Ben je suis bien embarrassée ! Je deviens difficile avec le grand âge… ça doit être ça…

Le fait est que si j’avais kiffé grave la race de Mémère avec le premier volume, le second m’a paru plus déconcertant.

En effet lors du premier roman j’avais apprécié comment l’auteur avait respecté l’usage lovecraftien de ne distiller les éléments de fantastique qu’au compte gouttes et très progressivement faisant lentement monter le suspens nous séparant de la confrontations aux horreurs cthulesques.

Le monde holmesien et lovecraftien s’entre-mêlaient adroitement et avec délicatesse… comme lorsqu’on incorpore des blancs en neige dans la pâte d’un gâteau dans le Meilleur Pâtissier.

Or là on est plongé d’emblée dans l’horreur ! Pas d’entre deux… pas de doute dans un flirte délicat entre rationalité et fantastique… on est bel et bien dans un monde parallèle peuplé de créatures venues d’on ne sait trop où (enfin si on sait mais on préférerait ne pas le savoir!) et Holmes n’est plus un banal détective consultant très doué mais un maître es arcanes occultes.

Même si on retrouve assez bien le caractère de notre détective et de notre docteur préférés on ne peut pas dire qu’ils soient animés par les motivations canoniques habituelles.

Même si l’auteur explique rapidement la mutation de nos héros pendant la quinzaine d’années séparant les deux volumes le contraste est trop rude pour une amoureuse du canon. Et même si elle aime bien Lovecraft !

On commence avec un Holmes plus très canonique… puis… Une partie du livre est davantage construite comme certaines nouvelles d’exploration de Lovecraft mais avec le suspens en moins.

C’est un peu comme si l’auteur avait hésité entre écrire un pastiche holmesien et écrire un pastiche lovecraftien sans parvenir à trancher, et essayait de faire un peu des deux pour satisfaire tout le monde mais au risque de décevoir davantage tant l’affaire est abâtardie et perd de son caractère.

Malgré tout l’intrigue générale n’est pas mauvaise du tout et le rebondissement final vaut d’avoir lu le livre jusqu’au bout et donne réellement envie de lire la suite même si Holmes n’est plus vraiment canonique.

Il suffit juste d’accepter de se laisser glisser corps et âme dans le magma poisseux dégoulinant de monstres à tentacules sortis des abysses cyclopéennes de la folie lovecraftienne.

 

Sherlock Holmes Society – Tome 6 – Le champ des possibles : Sylvain Cordurié & Andrea Fattori

Titre : Sherlock Holmes Society – Tome 6 – Le champ des possibles

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Andrea Fattori

Édition : Soleil Collection 1800 (07/11/2018)

Résumé :
Il reste peu de temps pour empêcher Liam Holmes de mettre sa menace à exécution. L’avenir de Londres est des plus incertain, face à la détermination du fils du plus célèbre détective privé britannique.

Après la trahison de Liam, Sherlock et ses alliés s’unissent pour l’arrêter avant qu’il ne fabrique la bombe susceptible d’anéantir la capitale. Sherlock fait appel à Megan Connelly pour traquer le capitaine Johnson, détenteur d’informations sur Liam.

Sherlock servira d’appât mais la stratégie est risquée. Proie ou prédateur, le capitaine reste dangereux et chaque heure qui passe rapproche Liam de son objectif…

Critique :
Comme je vous le disais dans le tome précédent, pour apprécier cette série, il ne faut pas être allergique à l’immersion de l’univers de Sherlock Holmes dans celui du fantastique !

Si vous pensez que les vampires et les voyages dans le temps n’ont rien à faire dans une histoire de Sherlock Holmes, alors, je vous déconseille fortement cette saga.

Je ne suis pas chaude pour ce mélange, mais étant collectionneuse, curieuse, aimant les vampires (les vrais), Holmes et Retour vers le futur…

Ok, je l’avoue, j’ai toujours été perdue dans les voyages temporels, je n’ai jamais compris pourquoi, lors du premier voyage dans le temps d’un personnage, il y ait déjà des faits qui en aient découlé et je suis toujours en panne sur le voyage dans le temps que réalisa Lanfeust, c’est vous dire ! Pire, j’ai même pas compris le Terminator 3…

Alors, les paradoxes temporels, je vous le jure, ça me laisse toujours les sourcils en l’air et la tronche qui n’a pas tout capté… Malgré tout, je reste toujours fan de ces voyages, même si je comprends pas tout.

Voici donc le face à face tant attendu, le combat de Holmes père contre Holmes fils, le combat entre deux cerveaux puissants, mais dont celui du fils possède le talent légué par sa mère et que je ne révèlerai pas ici (ou alors, via MP, moyennant paiement sur mon compte offshore, je veux dire, of course).

Waw, c’est retors ! Et le plus retors de tous, ce ne sera pas le fils de Holmes… J’ai pas tout compris dans le concept de la trame du temps, cela restera toujours pour moi un truc difficile à imaginer, mais j’ai bien aimé la manière utilisée pour résoudre le problème du fiston qui voulait tout faire péter.

Mon seul bémol sera pour le fait que ce nouveau dessinateur ait un peu trop surligné de noir les yeux de Liam Holmes et qu’il lui ait fait des sourcils en M, lui donnant un air démoniaque, ou méphistophélique (fallait le replacer, cet adjectif là !).

Un tome qui clôt ce diptyque puisant ses origines dans la série des « Vampires de Londres » et des « Voyageurs du temps » mais il n’est pas nécessaire de les lire pour aborder ces deux tomes, même si, c’est un plus, bien entendu.

Un tome agréable, un scénario bien ficelé, le fantastique bien abordé, qui ne nuit pas trop à Holmes et un final inattendu, du moins, dans sa réalisation. Même le grand détective ne l’avait pas vu venir.

Là, pas sûr que Holmes et madame vont se laisser aller à mélanger leurs différentes sécrétions, sachant ce que cela risque de donner. Dommage… (à moins de se protéger en couvrant le mont pelé).

Un bon diptyque, mais à réserver pour les inconditionnels du genre ou les curieuses, comme moi. En espérant qu’il y ait une suite…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Le jour J du jugement : Graham Masterton

Titre : Le jour J du jugement

Auteur : Graham Masterton
Édition : Presses Pocket Terreur (1989 – 2005)
Édition Originale : The devils of D-Day (1978)
Traducteur :

Résumé :

Être pris en otage par un démon n’est déjà pas très rassurant. Mais quand il vous demande de l’aider à se libérer de ses camarades…

Les treize chars avaient débarqué en Normandie le 13 septembre 1944. L’un d’entre eux, un Shermann, était resté, abandonné depuis la fin de la guerre, sur le bas-côté de la route.

Les gens évitaient de s’en approcher. Ils disaient que, par les nuits les plus sombres, on pouvait entendre les morts, l’équipage, parler entre eux à l’intérieur du char.

Dan McCook voulut en avoir le cœur net. C’était déjà une erreur. Mais, surtout, jamais il n’aurait dû desceller le crucifix qui fermait la tourelle.

Critique :
Puisque j’en suis à répertorier ma collection de « Terreur », autant me fendre de mes petites critiques pour les lecteurs qui cherchent désespérément des bons livres de terreur et ne veulent pas lire ce qui se publie de nos jours dans le genre.

Je leur conseille donc une visite dans les bouquineries dans le but de mettre la main sur les pépites que compte cette collection.

Ce livre en est une de plus, de pépite…

Autant dire que on se trouve face à du grand Masterton, même s’il n’est pas le seul, heureusement.

Le rythme est très soutenu sur les 189 pages que compte le livre (même les plus fainéants en lecture peuvent le lire) et certaines scènes sont des bijoux d’anthologie (avec des vrais morceaux d’Exorciste dedans, tout frais, tout chaud).

En plus, ici, ça se passe en France donc, vous ne serez pas dépaysé !

L’auteur s’est bien documenté sur la période de la seconde guerre mondiale et sur l’occultisme, même si je n’ai pas tout vérifié, trop de travail…

Si on retrouve facilement des récits mettant en cause les activités occultes de l’Allemagne nazie (oui, Indiana Jones et l’arche sacrée, ce n’était pas une invention des scénaristes en manque d’imagination), on découvre ici des idées qui s’intègrent facilement dans l’histoire de Delta Green.

Delta Green est une agence gouvernementale semi-officielle américaine constituée après la seconde guerre mondiale afin de lutter contre les manifestations du Mythe dans notre monde. Elle fut officiellement dissoute dans les années 70 et opère dans l’illégalité et la clandestinité depuis à l’insu des instances officielles.

Tout en soulignant le fait que, même pour les « libérateurs », la fin justifie les moyen, Masterton nous gratifie d’une foule de détails sur les rituels, les formules, les croyances, et, d’une façon générale, l’occultisme judéo-chrétien.

Croyez-moi, un bon livre, pas très gros, mais diablement bien torché !

Sherlock Holmes Society – Tome 5 – Les Péchés du fils : Sylvain Cordurié & Fabio Detullio

Titre : Sherlock Holmes Society – Tome 5 – Les Péchés du fils

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Fabio Detullio

Édition : Soleil Productions Collection 1800 (10/10/2018)

Résumé :
Quand Liam Holmes détruit la deuxième ville d’Angleterre et menace Londres, George V décide de recourir au voyage temporel pour envoyer son meilleur soldat tuer son père.

Tentant d’empêcher le meurtre, Liam se voit contraint de le poursuivre dans le temps. Inconscient de la menace qui pèse sur lui, Sherlock Holmes recrute Owen Chanes au sein de sa fondation qui compte déjà Hayden Hyatts, Lynn Redstone et le docteur Watson.

Critique :
Pour apprécier ce genre de pastiche holmésien, il ne faut pas être allergique au fantastique, ou plutôt, ne pas être en froid avec le fantastique dans l’univers de Sherlock Holmes.

N’ayant jamais été fan du mélange des deux genre, préférant retrouver mon enquêteur de génie dans un univers normal, victorien de préférence…

Alors oui, j’ai dû parfois me faire violence avec la série « 1800 » de chez Soleil qui a balancé mon détective dans l’univers fantastique, le mettant face à face avec des vampires, des zombies et les voyages dans le temps.

Je ne sais pas si c’est pour être plus vendeur, si c’est pour avoir accès à d’autres scénarios que celui de l’enquête traditionnelle en Whodunit, ou si c’est juste une mode ou tout simplement une envie.

Les auteurs et scénaristes font ce qu’ils veulent, j’ai apprécié une grande partie des bédés avec Holmes face au fantastique, mais mes préférences iront toujours au rationnel avec lui, ou alors, au fantastique qui n’en est pas, comme avec un chien sorti des Enfers…

Cet album, bien qu’appartenant à la série « Sherlock Holmes society » plonge ses racines aussi dans la série « Les vampires de Londres » et celle des « Voyages dans le temps » et n’ayant pas relu ces séries depuis un petit temps, j’ai dû faire fumer mes petites cellules grises pour me remettre tout en tête.

Si vos dents grincent déjà, je m’en voudrai d’ajouter qu’en plus de vampires et de voyages dans le temps, vous allez vous trouver face au résultat d’un mélange d’ADN entre Holmes et une femme…

Je suppose que ce mélange se fit de manière traditionnelle, c’est-à-dire avec des coups de rein, de la sueur, des bruits de plaisir, des halètements et une bonne giclée en provenance des bourses personnelles de Sherlock Holmes qui rencontra l’ovule de la madame qui se promenait dans le coin.

Ok, pour le romantisme, avec moi, vous repasserez mais puisque les auteurs ne m’ont pas dessiné la scène, je me venge bassement et sans honte.

Niveau dessins, ils sont très bien réalisé, Holmes est correct, il n’a pas des épaules de débardeurs comme dans une certaine collection que je ne nommerai pas, ne porte pas la ridicule casquette de chasse, ni la Macfarlane, ni la Inverness cape.

Son rejeton, par contre, lui ressemble beaucoup, mais en version « j’ai basculé du côté sombre de la force » car ce que réalise mon gouvernement ne me plait pas, donc, je vais tenter de l’arrêter en faisant comme lui…

Ça se défend, notez bien… Je dirais même que Liam, dans cet opus, a un peu des airs de Thanos, dans le dernier Marvel.

Il veut détruire, pas juste pour anéantir, mais dans le but de protéger le futur des exactions de l’Empire, l’Angleterre, of course (Star Wars, sors de ma tête). Si on attaque l’Empire, vous pensez bien, l’Empire contre-attaque !

Un opus réservé à ceux qui n’ont rien contre le mélange Holmes/univers fantastique, ou aux collectionneurs malade, tel que moi, au curieux, qui aimeraient découvrir Holmes sous un autre jour et le voir ailleurs que dans des enquêtes traditionnelles.

De mon côté, j’avoue que j’ai bien aimé, ce qui est paradoxal puisque je ne suis pas fan de l’univers de Holmes plongé dans le fantastique, sauf quand c’est bien fichu, bien amené, bien scénarisé et bien dessiné.

Puisque les autres ont bien fait leur job, moi, je valide ! L’album est bon, même s’il n’est pas exceptionnel. Sans doute aurait-il fallu plus de planches pour approfondir l’histoire et ne pas en faire 36 tomes (elle en fait deux, ici).

Il ne me reste plus qu’à tout relire pour tout me remettre dans la tête…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Orcs & Gobelins – Tome 5 – La Poisse : Olivier Peru & Stefano Martino

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 5 – La Poisse

Scénariste : Olivier Peru
Dessinateur : Stefano Martino

Édition : Soleil Productions Heroic fantasy (octobre 2018)

Résumé :
La Poisse est un Orkelin, une créature bâtarde mi-Orc, mi-Gobelin. Assassin et voleur hors pair, il est l’un des meilleurs mercenaires de la compagnie Grise.

Hélas pour lui, il souffre d’une encombrante malédiction : la déveine. La Poisse attire les coups du sort comme personne.

Rien d’étonnant donc à ce qu’il se réveille dans une cité emplie de cadavres, ceux de ses compagnons d’armes pourtant envoyés là pour remplir une simple mission d’escorte.

Quelqu’un doit payer pour le massacre !

L’Orkelin n’a pas que la guigne, il a aussi très mauvais caractère.

Critique :
Lorsqu’on découvre l’orkelin La Poisse, il est plutôt mal en point…

À sa place, Hébus, le troll de Lanfeust, aurait dit qu’il avait deux cure-dents plantés dans le dos, mais aussi costaud que soit notre orkelin, ça reste toujours deux poignards dans le dos !

Voilà un tome qui tombait à pic pour les fêtes de Noël puisque notre cul-vert découvre toute sa compagnie de frères d’armes pendus aux branches d’un arbre, telles des boules de noël macabre (et puante, à la fin).

L’orkelin, en plus d’être poissard au possible (malédiction qui traine dans la famille depuis des siècles), blessé, tout seul, se met à voir son pépé, qui est un fantôme puisqu’il est mort.

Bardaf, dès le départ, l’auteur me surprend, me file un coup de pied dans le fondement parce que je ne l’avais pas vue venir, celle-là ! Fallait y penser, le scénariste là fait et ça ajoutait du peps au récit, qui n’en manquait pas, je vous rassure, mais cet ajout surprenant a le mérite de… surprendre !

Ami du glauque et de la magie noire, entre ici dans ton domaine ! Tu aimes qu’on te ponde une bédé avec une sorte de rejeton issu d’un accouplement contre nature de Predator et d’Alien (je ne sais pas qui a fait la femelle) ?

Et bien tu le trouveras dans ces pages, additionné d’un soupçon de vampirisme à l’ancienne, mâtiné de ténia dans tes entrailles et salé avec des morceaux de Cthulhu.

Fuyez la cité, pauvres fous ! Cours, La Poisse, cours !

La Poisse a peut-être une sale gueule, il ne gagnera jamais les 6 chiffres du Lotto (ou alors, il perdra le ticket gagnant), mais il a tout de même de la suite dans les idées et son papy fantôme lui soufflera quelques bonnes idées, sans parler d’un coup de main pour essayer que son petit-fils sauve sa couenne.

Le scénario est bien pensé, j’ai eu de belles surprises inattendues et le suspense était au rendez-vous, en plus du plaisir de découvrir ce 5ème tome de la série.

L’inconvénient, c’est que je n’en ai plus à lire, l’avantage, c’est que la fin pourrait avoir une suite puisqu’elle n’est pas totalement fermée…

Oui, j’adore cette saga avec les culs-verts !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Population 48 : Adam Sternbergh

Titre : Population 48

Auteur : Adam Sternbergh
Édition : Super 8 (11/10/2018)
Édition Originale : The Blinds (2017)
Traducteur : Charles Bonnot

Résumé :
Caesura Texas – une minuscule bourgade clôturée, au fin fond du désert. Population ? 48 habitants.

Des criminels, a priori. Ou des témoins. Comment savoir ? Tous ces gens ont changé d’identité, et leur mémoire a été effacée. Pour leur bien. Dans l’optique d’un nouveau départ.

En échange de l’amnistie, les résidents doivent accepter trois règles simples : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ.

Une expérience unique, menée par un mystérieux institut. Pendant huit ans, tout ce petit monde est resté à peu près en place. Jusqu’à aujourd’hui. Errol Colfax, en effet, s’est suicidé… avec une arme qu’il n’aurait jamais dû posséder.

Puis Hubert Humphrey Gable est assassiné. Calvin Cooper, le shérif local, est contraint de mener l’enquête. Ce faisant, il risque de déterrer des secrets que l’essentiel des habitants – y compris lui-même – auraient préféré voir rester enfouis.

Trop tard pour faire marche arrière.

Bientôt, un irrépressible déferlement de violence va s’abattre sur les rues poussiéreuses de Caesura…

Critique :
Encore un livre que je voulais absolument découvrir et qui ne m’a pas déçu, m’apportant même une bonne dose de ma came préférée : un thriller en huis-clos !

Le tout avec une pointe de fantastique puisque les expériences scientifiques accomplies dans ces pages n’ont pas encore eu lieu.

Enfin… Je crois… Je pense… J’espère…

Caesura, dite aussi « Blind Town »…

Imaginez une ville paumée en plein trou du cul du trou de cul du fin fond de l’anus du Texas.

Un bled qui n’existe sur aucune carte, dans aucune administration et où ne vivent que 48 personnes dont la particularité est qu’elles ont toutes eu une partie de leur passé effacé ainsi qu’une nouvelle identité qu’ils ont dû choisir en mélangeant un nom/prénom d’acteur célèbre avec celui d’un vice-président.

Assassins notoires ou témoins protégés par le système ? Aucun d’entre eux ne le sait et le lecteur n’en saura rien de plus au départ.

Le départ est banal, si je puis dire, car hormis le lieu inhabituel, la suite a l’air d’être courue d’avance puisque nous avons un crime, faisant suite à un banal suicide et donc, étant en milieu clos, on sent venir le bon vieux whodunit à la Sherlock Holmes/Hercule Poirot, avec le shérif Cooper pour mener l’enquête et son assistante, Sidney Dawes dans le rôle du Watson plus qu’éclairé.

— […] Alors avant que vous sortiez votre casquette de chasseur de daim pour vous lancer dans votre numéro de Sherlock Holmes, merci de considérer la nature – délicate – de la situation.

— Je ne savais pas que ça venait de là.
— De quoi ?
— Le chapeau de Sherlock Holmes. Je ne savais pas que c’était une casquette de chasseur.
— Autre chose ?
— Ça ne sent pas bon.
— Non, ça ne sent pas bon, dit Cooper. Ça ne sent pas bon du tout, putain.

Elle hésite. « Je ne suis pas flic, vous savez. J’étais ambulancière avant de venir ici.
— Et moi j’étais gardien de prison. Alors peut-être bien qu’aucun de nous deux ne devrait jouer les Sherlock Holmes sur cette affaire. »

Ça, c’est que tu croiras au départ, lecteur blasé du thriller et du polar ! Un bête crime à résoudre… Que nenni !

On va plus loin que ça, dans ce thriller aux relents fantastiques (SF ?) et d’ailleurs, l’auteur ne s’embarrassera pas longtemps avant de te balancer le coupable de ce meurtre puisque celui-ci n’est que le point de départ et qu’ensuite, on va gripper les rouages de la machine avec des tas de petits grains de sable qui ne se comporteront pas comme ils sont censé le faire.

Et c’est là que réside un autre des talents de l’auteur : arriver à nous perturber, à nous emmener là où on ne s’y attend pas, à nous secouer, à nous surprendre, à nous angoisser… Le tout en s’aventurant sur un terrain inhabituel tout en restant plausible et réaliste dans les actions de ses personnages ou dans la logique de son scénario.

Le panel des personnages n’a déjà pas fini de nous surprendre, mais en plus, l’auteur a fait pousser son idée sur un terreau fertile, l’a bien arrosé, l’a retaillé et nous livre un petit OLNI de 418 pages où il est difficile de s’ennuyer, sans compter que l’on risque de s’attacher à certains personnages.

Un meurtre en huis-clos, oui, mais pas que… pour parodier une maison d’édition célèbre pour ça. La partie immergée de l’iceberg est bien plus intéressante, plus importante, plus glauque, plus sombre, qu’un simple meurtre…

Voilà donc un thriller en huis-clos où l’on a plus d’empathie pour la population de ce bled paumé entouré de grillages, même si on se doute que ce ne sont pas toutes des brebis innocentes, alors que l’on prendra en grippe ceux qui représentent la Loi.

Encore une belle découverte de cette année 2018 et sans aucun doute, il terminera dans mes coups de cœur car il a réussi, avec un pitch qui semblait vu et revu au départ, à partir dans un tout autre sens et à m’étonner tout au long de ces pages survoltées où tout peut arriver.

Il se peut que Dieu pardonne, mais Il exonère rarement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).