Maudit sois-tu – Tome 2 – Moreau : Philippe Pelaez et Carlos Puerta

Titre : Maudit sois-tu – Tome 2 – Moreau

Scénariste : Philippe Pelaez
Dessinateur : Carlos Puerta

Édition : Ankama (15/01/2021)

Résumé :
En 1848, l’étrange docteur Moreau invite dans son manoir du Yorkshire quatre hommes et femmes illustres du siècle victorien : Mary Shelley, Charles Darwin, Richard Burton et Emily Brontë.

Son but : leur présenter les résultats de ses extraordinaires expériences. Mais grande est la frustration du docteur lorsqu’il constate que c’est le dégoût et l’horreur qu’il a suscités chez ses hôtes, en particulier chez Mary Shelley, qui semble l’avoir reconnu…

Critique :
Le premier tome, intitulé « Zaroff«  (juin 2020) ne m’avait pas plus emballé que ça, hormis son final, qui me donnait envie de découvrir la suite.

Il avait du rythme, ça pulsait, toutes les révélations se faisaient, les filiations étaient établies et le mobile dévoilé aux victimes.

Ce que je reprochait au premier tome, et qui se renouvelle dans le deuxième, c’est le graphisme !

De loin, les visages ne sont pas vraiment détaillés, les couleurs sont fort sombres, dans des tons gris-vert (sur le port, ensuite, les tons changent).

Bref, entre les dessins et moi, au départ, ce n’était pas une histoire d’amour. Ensuite, les visages ont acquis beaucoup plus de détails et je m’y suis habituée. Au moins, dans celui-ci, les personnages sont parfaitement reconnaissables et certains cases avaient des airs de roman photo tant elles étaient détaillées.

Le docteur Moreau est de retour en Angleterre, déchargeant des grosses caisses et le capitaine du port veut inspecter ce qu’il y a dedans… L’aurait mieux fait de passer son chemin.

Le fantastique est présent dans cette bédé, comme pour le premier tome, mais il s’intègre bien au récit.

Dans le train qui l’emmène chez le docteur Moreau, Mary Shelley croise un certain Charles Darwin. S’ajouteront aux invités du docteur Moreau : Emily Brontë et Richard Francis Burton, sans oublier le fameux comte Zaroff.

Les ambiances sont très gothiques, sombres, lugubres. Les alentours du manoir foutent la trouille, la nuit, surtout qu’il y a des ombres qui rôde.

Fatalement, lorsque le docteur Moreau présentera les horribles chipotages qu’il a fait sur des animaux, les transformant en humains, ce ne sera pas au goût des invités. Même si les créations de Moreau lui font dire que l’évolution n’est pas d’essence divine… C’est l’horreur qui se reflète dans les yeux des invités qui ne cautionne pas du tout ces aberrations.

Le final fait monter l’adrénaline, l’action est présente et lorsqu’on a derrière sois un malade de la chasse et un savant fou, la seule à faire, c’est de courir de façon intelligente.

Un deuxième tome qui éclaire le premier (que je devrais relire), puisqu’il se déroule dans les années 1850 et qu’il éclaire le destin des descendants qui nous avions croisé dans le premier tome (et qui nous étaient contemporains).

Maintenant, on comprend pourquoi l’un des protagoniste voulait se venger des descendants qui avaient causé la perte de son aïeul.

Ok, je rempile pour le troisième et dernier tome afin de découvrir la fin de cette histoire, qui sera en fait le début, puisque tout se déroule à rebours.

C’était une bonne idée de commencer par la période contemporaine avant de revenir en arrière afin d’expliquer le pourquoi du comment. Cela le scénario plus complexe, il faudra relire tout ensuite, mais au moins, cela change des narrations linéaires et garde intact une partie des mystères.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°247] Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Blackwood – Tome 01 : Nicolas Jarry et Kan-J

Titre : Blackwood – Tome 01

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Kan-J

Édition : Soleil – Celtic (2008)

Résumé :
Lord Julian Blackwood passe ses journées à poursuivre et à tuer les morts levés, des morts qui reviennent à la vie la plupart du temps pour se venger. Il ne les tue pas par plaisir, mais seulement parce qu’ils n’ont pas le droit de venir dans le monde des vivants.

Lors d’une des ses interventions musclées, le valet de Lord Redstone requiert ses services pour une mission. Mais Blackwood n’est pas intéressé par l’argent. Il refuse de rendre service à Redstone. Très vexé par ce refus, Redstone kidnappe Deirdre, la femme de Blackwood, pour le contraindre à accepter.

Critique :
Nicolas Jarry n’est pas un inconnu pour moi et j’apprécie souvent ses scénarios, donc, je ne risquais pas grand-chose à découvrir ce diptyque.

Déjà, j’avais flashé sur la couverture et son personnage. Lors de ma lecture, j’ai apprécié les dessins dans un style manga. Ils avaient du dynamisme, notamment la manière de représenter les scènes d’actions. Les couleurs sont assez sombres, mais ce n’est pas gênant.

Heureusement qu’il est signalé que l’action se déroule en Angleterre, plus précisément à Londres, au XVIIe siècle, car il aurait été difficile, au vu des décors, des personnages et des lieux, de déterminer le siècle ET le lieu. Peut-être que le siècle ne voulait pas être genré…

Bizarrement, on aperçoit une locomotive qui ne semble pas appartenir à ce XVIIe siècle, mais puisque nous sommes dans le fantastique, tout est permis, je suppose.

Nous faisons la connaissance avec Lord Julian Blackwood. Son job est spécial (inédit pour le Pôle Emploi) : il passe ses journées à poursuivre et à tuer les morts levés. Quésako ? Ce sont des morts qui reviennent à la vie, la plupart du temps pour se venger. Notre chasseur les tue parce qu’ils n’ont pas le droit de venir dans le monde des vivants.

À l’aide de flash-back, le scénariste nous montre un morceau de la jeunesse de Julian Blackwood et de sa sœur, au moment où ils se retrouvent orphelins. Les personnages sont tourmentés, sombres et cachent quelques secrets…

C’est ce qu’on appelle un tome d’introduction. Normal, c’est le premier (c’est un diptyque, donc, on clôture le tout au second). Malgré tout, il m’a semblé que l’on survolait les personnages, sans entrer plus dans les détails (peut-être est-ce plus approfondi dans le suivant, mais je ne le saurai qu’en le lisant).

Le scénario n’est pas très novateur, avec des morts qui ne veulent pas quitter le monde des vivants, c’est archi-vu. L’intérêt reposait donc dans le fait que les auteurs auraient pu nous proposer un univers novateur, un récit qui ne soit pas conventionnel.

Hem, bien que n’étant pas une grande connaisseuse dans l’univers de morts-vivants, je n’ai rien lu de transcendantal ou du franchement nouveau.

Un homme se la joue justicier, nettoyeur des morts levés, défenseur des pauvres gens, pourfendeurs des trépassés… Un homme qui a joué avec Faust lui confie une mission qu’il ne peut refuser (le chantage pousse les gens à accepter toutes les missions).

Conventionnel, quand tu nous tiens… Pas de véritables surprises, pas de sursaut devant de l’inédit, bref, classique au possible.

Une fois la dernière page tournée, il reste quelques mystères qui, je l’espère, seront dissipés dans la suite et fin.

Une lecture en demi-teinte, sans pour autant être loupée ou affreuse (j’ai connu bien pire).

PS : une fois de plus, je me demande si les dessinateurs se renseignent bien sur les manières d’atteler un ou plusieurs chevaux… Parce qu’avec ce que j’ai vu, il est impossible pour un cheval (ou plusieurs) de tirer un attelage (ou charrette) sans une bricole, sans un collier ou sans un goreau (plusieurs systèmes). Quand à la sangle des chevaux sellés, elle se trouve au milieu du ventre ! Purée, la faute…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°233], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 47 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Sur la route d’Aldébaran : Adrian Tchaikovsky

Titre : Sur la route d’Aldébaran

Auteur : Adrian Tchaikovsky
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (18/11/2021)
Édition Originale : Walking to Aldebaran (2019)
Traduction : Henry-Luc Planchat

Résumé :
Aux confins du Système solaire, la sonde spatiale Kaveney découvre… quelque chose — une structure fractale gigantesque dotée d’une propriété étonnante : elle semble présenter la même face quel que soit l’angle sous lequel on l’observe.

Vite surnommé le Dieu-Grenouille en raison de son apparence vaguement batracienne, l’artefact fascine autant qu’il intrigue, d’autant que son origine non-humaine ne fait guère de doute.

Face à l’enjeu majeur que représente pareille trouvaille, un équipage international de vingt-neuf membres est constitué. Avec pour mission, au terme d’un voyage de plusieurs dizaines d’années dans les flancs du Don Quichotte, de percer les mystères du Dieu-Grenouille.

Or, ce qui attend ces ambassadeurs de l’humanité défie tous les pronostics. Toutes les merveilles. Toutes les horreurs…

Critique :
De temps en temps, je sors de mes sentiers battus et je m’en vais explorer d’autres Mondes, d’autres Univers, qu’ils soient au sens premier du terme ou tout simplement littéraires.

Aux confins du système solaire, la sonde spatiale Kaveney découvre… quelque chose. C’est une structure fractale gigantesque, dotée d’une propriété étonnante : elle semble présenter la même face quel que soit l’angle sous lequel on l’observe.

On le surnomme le Dieu-Grenouille, en raison de son apparence vaguement batracienne.

Ici, il y avait cumul de deux univers : la SF et un étrange labyrinthe où un astronaute s’est perdu. La mission d’exploration de ce machin ne s’est pas passée comme prévue et ça tourne au cauchemar.

Gary Rendell, le narrateur, a toujours rêvé d’être astronaute, mais à mon avis, il ne rêvait pas de vivre pareil cauchemar.

Cette novella est étrange : on devrait frissonner de peur et tout compte fait, on la lit avec un petit sourire étrange. Dans les dernières pages, on vire dans le gore, mais sans que cela soit insoutenable.

Le ton n’est jamais horrifique, mais presque amusant (humour noir), alors que nous sommes clairement dans un récit de survie en milieu hostile. Il y a tout un réseau de galeries à explorer et Gary est le dernier survivant du groupe international envoyé pour explorer le brol.

Le procédé narratif est en deux temps, puisque nous commençons avec Gary, perdu dans les couloirs labyrinthiques du Dieu-Grenouille, puis nous reviendrons en arrière, avec la découverte de l’artefact, le début de la mission et les emmerdes.

Gary nous raconte tout, avec beaucoup de cynisme et d’humour noir, se parlant à lui-même, appelant son interlocuteur indéterminé « Toto » et je me suis même demandé s’il n’avait pas viré fou.

Cette novella ne m’a pas vraiment passionnée, je l’ai lue avec un certain détachement, comme si je n’étais pas présente dans le récit, comme à des années lumières de toute cette aventure.

Le récit m’a donné l’impression d’être plat, de manquer d’épices, d’être sans intrigue digne de ce nom. C’est un roman SF d’atmosphère et je n’avais sans doute pas une gueule à atmosphère, ce soir-là, lorsque j’ai entamé la lecture de cette novella.

Non, je n’ai pas détesté ma lecture, elle m’a juste laissée froide, sans émotions aucune, si ce n’est de terminer cette lecture et de passer à autre chose (et ce fut un désastre aussi, la lecture suivante).

#MoisAnglais2022

 

 

 

 

 

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°218] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Cochrane vs Cthulhu : Gilberto Villarroel [Dame Ida, Servante des Grands Anciens]

Titre : Cochrane vs Cthulhu

Auteur : Gilberto Villarroel 🇨🇱
Édition : Aux Forges de Vulcain (2020) / Pocket (18/02/2021)
Édition Originale : Cochrane vs. Cthulhu (2016)
Traduction : Jacques Fuentealba

Résumé Babelio :
Le marin le plus audacieux de tous les temps affronte le plus grand ennemi de l’humanité !

Bien des années avant d’être le libérateur du Chili, du Pérou, du Brésil et de la Grèce, Lord Thomas Cochrane fut un héros des guerres napoléoniennes. En 1809, au large de l’île d’Aix, sur la côte occidentale française, il fit couler presque la moitié de la flotte de l’Empereur.

En 1815, Napoléon achève la construction de Fort Boyard et Lord Cochrane revient dans la baie pour détruire ce bastion. Mais il se trouve confronté à une menace surnaturelle, Cthulhu, un dieu endormi qui émerge alors du fond des océans pour revendiquer le contrôle de la Terre !

L’avis de Dame Ida (ne pas lire « La Vie de Dame Ida »… quoique… cela ne m’empêchera pas de vous la raconter ! Elle est passionnante ma vie ! Y a que mes enfants que ça emmerde ! Si, si ! Je vous jure!) :
Quand je me promène sur la plage en regardant là où mer et ciel se confondent, et surtout quand les nuages au loin sont sombres, je m’amuse toujours à me faire peur en imaginant Cthulhu poindre à l’horizon…

Car… Comment dire… Depuis que j’ai vu le rêve de la femme du pêcheur d’Hokusai (Nan ! C’est pas un manga!), fameuse estampe érotique japonaise, je m’affole dès que je vois un bout de tentacule (parce que ça rime avec « je t’… »

Nan… je peux pas l’écrire … désolée). Imaginez mon état devant l’étal du poissonnier… Et ce crétin qui croit que c’est lui qui me fait de l’effet !

De fait, je suis devenue une fan incontestée du Grand Cthulhu , créature extra-terrestre à tête de poulpe plus que géant, quasi-divine et quasi immortelle sortie de l’esprit extrêmement perturbé de H.P. Lovecraft.

L’est-y pas jojo ?

Or donc, dès que je vois son nom ou un bout de ventouse sur une couverture… et ben j’achète.

Cochrane ? L’autre nom sur la couverture ? C’est qui ça ? Connais pas… Qu’est-ce que j’en sais moi ! Je vous en pose des questions ? Ah ! Qu’est-ce que je disais !

OK… Si j’avais été davantage anglophile et que je m’étais intéressé à davantage qu’à l’afternoon tea chez la duchesse de Betford, à Sherlock Holmes, à Downton Abbey et à Bridgerton, j’aurais dû savoir que ce fut un grand marin Britannique du début du XIXe siècle, qui s’est particulièrement illustré pendant les guerres napoléoniennes et en Amérique du Sud dont l’auteur est originaire (C’est un Chilien marié à une française et qui vit à Paris). 

Mais le Cochrane était dans le camp anglais… Ben oui… C’est même un Lord. Alors quand le résumé Babélio vous les présente comme un héros… c’est juste parce que l’auteur Chilien a trouvé plus sympa un anglois qui a permis à l’Amérique du Sud de se libérer de la tutelle Européenne. 

Il a dû apprécier le fait que Cochrane ait défait la flotte française en lançant contre elle des navires enflammés, provoquant pagaille et naufrages dans les rangs des petits bateaux de l’Empereur. Malin le gars… Même si je trouve ce genre de stratégie assez peu conventionnelle, soit dit en passant.

Heureusement que je suis pas chauvine au point de refermer un bouquin prenant parti pour un ennemi héréditaire de mon pays ! Faut dire que le Napoléon je ne l’ai jamais trouvé très sympa non plus…

Donc, le Lord Cochrane a VRAIMENT existé. Ce qui signifie que l’auteur s’est offert ici quelques libertés avec l’histoire. Et visiblement il n’en serait pas resté que là car il fait vivre à ce héros aventureux de la perfide Albion, bien d’autres aventures racontées dans d’autres livres et qui ne figurent manifestement pas dans sa notice biographique Wikipedia (j’ai vérifié). 

Anybref, le Sieur Cochrane se pointe à Fort Boyard et s’y fait serrer par les militaires français… Il essaie de s’en échapper mais pas de bol, des renforts arrivent avec à leur tête un certain Durand, adjoint de l’ignoble Foucher, chef de la police secrète de l’Empereur… Adjoint assez ignoble également, qui porte sur sa tête toute la fourberie qui l’habite. Le français ne sera pas épargné.

Mais que sont donc ces écritures étranges et immémoriales que l’on retrouve dans les fondations du fort et pour lesquelles on est parti chercher les frères Champollion (je ne vous ferai pas l’insulte de vous rappeler qui ils étaient enfin… qui était le Jean-François Champollion qui avait ridiculisé les englishes en déchiffrant les hiéroglyphes avant eux, ce sont ils se sont vengés en nous fauchant la pierre de Rosette ! Nan Belette ! La pierre de Rosette ne sert pas à couper le saucisson à l’apéro!) ?

Et pourquoi n’a-t-on retrouvé que le bras du grand soldat Petit et pas le reste de son corps?

Évidemment, si on est en mer et que Cthulhu figure sur la couverture, et que vous êtes au moins aussi intelligentes que moi, vous vous doutez bien qu’on n’est pas simplement confrontés à un banal récit de guerre sur fond d’histoire.

Alors qu’en ai-je pensé ?

Et ben j’ai kiffé grave la race de ma mémère ! Même si le Père Fouras, Passe-Partout et les lions ne sont pas dans ce Fort Boyard-là.

Autant quand je n’aime pas un livre, ou un film, je suis intarissable en critiques… Autant là… j’ai envie de vous en dire le moins possible pour vous inciter à le lire.

C’est rythmé, très bien écrit, avec des personnages consistants… Et c’est très bien documenté. L’histoire réelle se marie bien à la vision romancée de l’auteur. La construction est comme je l’aime : c’est à dire que l’auteur introduit les éléments fantastiques au compte-gouttes mine de rien, sans se précipiter, nous conduisant progressivement des faits historiques, au roman avant d’arrivé en plein délire apocalyptique lovecraftien cthulesque. 

Deux petits bémols cependant :

1 – L’auteur est bien briefé sur le mythe de Cthulhu mais prend tout de même une liberté assez conséquente sur la façon dont il géolocalise R’lye où le dieu extraterrestre est supposé comater depuis… pffff… Au moins tout ça ! Bref ça me chiffonnera un peu mais je serai compréhensive car il n’aurait pas pu situer l’action au fort Boyard autrement.

2 – Comme l’action se déroule sur fond de guerre et donc entre militaires, la dimension belliciste prendra le pas sur la dimension fantastique qui a plus ma faveur. Ben oui quoi… Je suis une faible femme et les histoires de mecs en uniformes qui aiment bien montrer qui tire le plus loin, le mieux, le plus fort… Qui est le plus brave, le plus courageux, le plus couillu… J’avoue qu’au bout d’un moment je me lasse un peu de tous ces mâles en uniformes. Il n’aurait pas fallu que le roman soit plus long.

Heureusement que Cthulhu est là. Affreux. Terrible. Puissant. Redoutable… Tremblez pauvres mortels ! Vous ne réchapperez pas à son courroux ni à son appétit pauvres présomptueux ! 

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°02 – Dame Ida).

uchronie, aventure, fantastique, historique, mythe, Cthulhu, légendes, horreur, guerres, France, Chili, Angleterre, littérature sud-américaine

[REC] 1,2,3 et 4 [Par Dame Ida, critique très critique qui n’a décidément peur de rien]

  • De/par Paco Plaza 🇪🇸 et Jaume Balagueró 🇪🇸, Manu Diez 🇪🇸
    Avec Manuela Velasco, Ferran Terraza, Jorge Yamam, Carlos Olalla, Jonathan D. Mellor, Leticia Dolera, Diego Martín, Ismael Martínez, Paco Manzanedo, Héctor Colomé

REC 1 (2007) : Résumé Allociné

Angéla est journaliste pour une télévision locale. Accompagnée de son caméraman, elle relate le quotidien de ceux qui travaillent la nuit. Ce soir, elle est dans une caserne de pompiers. La nuit est calme, aucune urgence. Jusqu’au coup de fil d’une vieille dame qui réclame du secours. Le tandem suit les pompiers et découvre en arrivant sur place des voisins très inquiets. D’horribles cris ont été entendus dans l’appartement de la vieille dame. Angéla perçoit la tension des habitants, son reportage devrait enfin sortir de la routine… Elle n’imagine pas à quel point !

REC 2 (2009) Résumé Allociné

Les autorités viennent de perdre le contact avec les occupants de l’immeuble mis en quarantaine. Personne ne sait vraiment ce qui se passe à l’intérieur. Dehors, le chaos règne…La brigade d’intervention spéciale, équipée de plusieurs caméras et envoyée sur place pour analyser la situation, va devoir affronter une menace bien réelle…

 

 

REC 3 (2012) Résumé Allociné

C’est le plus beau jour de leur vie : Koldo et Clara se marient !
Entourés de leur famille et de tous leurs amis, ils célèbrent l’événement dans une somptueuse propriété à la campagne. Mais tandis que la soirée bat son plein, certains invités commencent à montrer les signes d’une étrange maladie. En quelques instants, une terrifiante vague de violence s’abat sur la fête et le rêve vire au cauchemar… Séparés au milieu de ce chaos, les mariés se lancent alors, au péril de leur vie, dans une quête désespérée pour se retrouver…

REC 4 (2014) Résumé Allociné

Quelques heures après les terribles événements qui ont ravagé le vieil immeuble de Barcelone. Passé le chaos initial, l’armée décide d’intervenir et envoie un groupe d’élite dans l’immeuble pour poser des détonateurs et mettre un terme à ce cauchemar. Mais quelques instants avant l’explosion, les soldats découvrent une ultime survivante : Angela Vidal… Elle est amenée dans un quartier de haute-sécurité pour être mise en quarantaine et isolée du monde afin de subir une batterie de tests médicaux. Un endroit parfait pour la renaissance du Mal… L’Apocalypse peut commencer !

L’avis de Dame Ida :

Ne me demandez pas pourquoi, mais il y a des jours où je m’emmerde dans la vie.

Toqué un peu malade (rien de grave rassurez-vous), tous les plans d’une journée de congés qui tombent à l’eau, et me voici désœuvrée… Au point de préparer des crêpes pour le goûter dès la vaisselle du déjeune terminée…

Or donc, découvrant le billet de Dame Belette sur une bédé consacrée à cette série de films, et voyant un commentaire de Lydia qui avait apprécié le premier volet (elle peut voir le second que les réalisateurs auraient voulu initialement sortir ensemble – c’est dans la droite ligne du premier volet… elle ne sera pas déçue… par le [REC] 2… pour le reste je décline toute responsabilité!), et me souvenant qu’un de mes enfants s’est offert les DVD, j’étais bonne pour un visionnage intégral.

N’ayant que ça à faire, je me suis dit que je pouvais bien me sacrifier pour la communauté. J’ai donc regardé la série jusqu’à ce que mort s’en suive.

Et j’ai été servie ! Des morts j’en ai vu beaucoup !!! Enfin… des morts pas vraiment morts puisque [REC] c’est une histoire de zombie. Mais attention c’est du zombie made in XXIe siècle ! On ne se contente pas de fuir les morts vivants qui zonent en hordes dans les rue sans savoir pourquoi !

Ici nous avons une explication : C’est un virus dont il faut contenir la contamination…

Ah oui mais pas que ! Satan est aussi dans le coup figurez-vous ! Je ne vous en dis pas plus, ci se n’est que… Faudrait savoir si on veut faire du scientifique ou du paranormal à tendance mystique d’autant qu’ici ça n’apporte absolument rien !

On aurait même pu sortir une origine extra-terrestre au mal que ça n’aurait changé que quelques lignes de dialogues sans modifier la trame du scénario.

Personnellement le mélange de genres si différents j’accroche modérément notamment quand ce n’est pas très bien articulé et inutile tout compte fait… D’autant que les éventuelles pistes de compréhension sur l’origine du Mal lorsqu’elle sont abordées, ne le sont que superficiellement juste pour donner du ressors à ce qui n’est en réalité qu’un film d’action.

Ah oui… De l’action il y en a eu. C’est que ça court tout le temps… De préférence dans tous les sens. Et en permanence… Les zombies courent après les les humains qui courent après les zombies… Faut suivre, attention. Le rythme de cette cavalcade sera soutenue en permanence… Certainement pour empêcher le spectateur de trop réfléchir à ce qu’il est venu faire dans une telle galère !

Et ça hurle aussi ! Et ça gueule même ! Avec une mention spéciale pour la journaliste du premier volet dont j’espérais le trépas (hélas elle durera sur toute la série !) rapidement, sa voix éraillée et ses hurlements hystériques pour tout et pour rien étant rapidement totalement insupportables.

Et d’autant plus que son jeu surjoué en devient ridicule. Elle nous fait des vacances pendant le troisième volet, mais revient plus en forme que jamais sur le quatrième bien décidée à vous vriller les tympans après avoir repris son souffle ! Mais à sa décharge… même si sa voix est la plus désagréable de toute, tout le monde gueule dans ce film.

Sans rire, le niveau sonore des hurlements humains est franchement pénible. Les acteurs ne jouent pas : les dialogues sont justes écrits pour être aboyés comme si tout le monde était déjà sourd (ceux qui ne le sont pas encore le seront à la fin de la série) !

Déjà que 80 % de l’action se passe dans le noir et nécessiterait presque une voix off pour malvoyants pour qu’on comprenne les images… Si on est sourd et qu’on entend plus la voix off, on est mal parti !

Il y aura quelques pauses descendant de quelques dizaines de décibels pour éviter que les DVD ne soient vendus avec des casques anti bruits de techniciens d’aéroports.

Sans déconner, je plains sincèrement les acteurs et actrices qui ont dû doubler un tel film… Ainsi que les oreilles ceux qui ont regardé la série entièrement. C’est à se demander si les réalisateurs et producteurs n’ont pas investi tous leurs gains dans les actions de sociétés construisant et commercialisant des prothèses auditives, qui seront vendues dans quelques années aux spectateurs de leurs films !

Sans rire… je conseille de couper le son et de prendre la piste « sous-titres français » dès le troisième volet.

En général, qui dit films de zombies, dit films d’horreur… Et qui dit film d’horreur, dit frissons et sursauts… Pour ma part ça aura été surtout ennui et bâillements.

Il faut bien avouer qu’il n’y a jamais aucun suspens avec les films de zombies… Et ici aucune originalité en matière d’effets spéciaux (oui c’est gore… mais bon… sans plus) ou de rebondissements théâtraux. Tout est très attendu et cousu de fil blanc. On sait toujours quand un zombie va sortir de son coin sombre pour bouffer un humain encore sain…

En plus, j’ai dû perdre quelques points de Q.I en visionnant cette série car je n’ai absolument rien compris à une fin qui m’a laissée plongée dans un abîme de perplexité : tout ça pour… ça ? Ah ? Ah ben d’accord…

C’est du niveau de la devise d’un dépressif chronique genre « la vie c’est nul et après on meurt ».

Bref entre un nœud d’intrigue faiblard ne servant que de prétexte à une course effrénée de plus de cinq heures qui m’a laissée épuisée et sourde à force d’entendre les braillements hystériques de l’actrice principale, et des zombies sans grande originalité qui vous courront après jusqu’à un final d’une platitude monumentale, j’ai bien perdu ma journée et choppé une migraine. J’aurais mieux fait de m’occuper de mon repassage.

Ma seule arme de défense pour éviter que tout ceci ne se soit transformé en désastre, et éviter à cette journée d’avoir été totalement vaine, a été de rédiger ce billet pour vous dire : fuyez cette série triple Z.

Ah j’allais oublier ! Une excellent nouvelle : a priori il n’y aura pas de [REC] 5 ! Youpeeee !

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°01) – Pour le compte de Dame Ida.

La Villa des mystères : Federico Andahazi

Titre : La Villa des mystères

Auteur : Federico Andahazi 🇦🇷
Édition : Folio SF (2004)
Édition Originale : Las Piadosas (1998)
Traduction : Claude Bleton

Résumé :
Été 1816 : le temps est exécrable sur les rives du lac Léman. Désœuvrés, Lord Byron, Percy et Mary Shelley, Claire Clairmont et le docteur Polidori, hôtes illustres de la villa Diodati, se lancent un défi littéraire : écrire l’histoire gothique ultime, la plus sombre, la plus originale.

Polidori, secrétaire et souffre-douleur de Byron, jaloux du talent de son maître, reçoit d’étranges lettres anonymes qui l’informent de l’existence des jumelles Legrand, des comédiennes scandaleuses, courtisanes, célèbres et méprisées. Et qui surtout lui proposent un étrange pacte littéraire… Qui lui écrit ces lettres scellées à la cire noire ?

Que devra-t-il donner en échange du chef-d’œuvre dont il rêve ? Cette Villa des mystères est le théâtre d’un roman gothique moderne qui explore des régions insoupçonnées, troublantes, de la sexualité, et revisite avec malice un moment fondateur des littératures de l’imaginaire : la création du Frankenstein de Mary Shelley.

Critique :
Un jour, on eut l’idée d’enfermer des gens ensemble, de les filmer et de voir ce qu’il en ressortirait… Rien de terrible n’en était sorti, hormis un mauvais porno dans une piscine et des kilomètres de banalités, de débilités…

Ce que nous avons oublié, c’est que l’idée n’était pas neuve et qu’elle avait déjà été utilisée, accouchant d’autre chose que de ce qui allait devenir de la télé-poubelle.

Dans une villa sur les rives du lac Léman, par temps de pluie, se retrouvent enfermé cinq personnages : Percy et Mary Shelley, Lord Byron, Claire Clairmont ainsi que le docteur Polidori, le secrétaire jaloux de Lord Byron. Ils se font chier comme des rats morts.

De ce séjour, après un pari littéraire (écrire une histoire gothique) qu’elle fut la seule à l’accomplir jusqu’au bout, Mary Shelley enfanta de Frankenstein. Mais pas que… Je n’en dirai pas plus.

Ce roman fantastique est bizarre, limite dérangeant. Le début est un peu foutraque, j’ai même failli abandonner, tant cela me semblait confus et emmerdant au possible. Oui, un peu comme de la télé-réalité, lorsque l’on n’aime pas du tout ça. Puis, j’ai avancé de quelques pages et à partir de ce moment-là, plus moyen de décrocher du récit !

Imaginez un vampire… Créature fantastique se nourrissant à la jugulaire des êtres vivants, suçant leur sang, afin de vivre. Et bien là, nous serons face à une créature étrange, qui, pour vivre, doit aussi se nourrir de la sève d’autrui.

Cette femme difforme, née entre deux jumelles, suce et avale. Je vous laisse quelques secondes pour comprendre de quoi elle a besoin pour vivre…

Si vos pensées sont grivoises, coquines, cochonnes, pas de doute, vous avez tout compris. Messieurs, ne vous réjouissez pas trop vite, elle-même le dit : sa laideur fait rentrer le petit gris dans sa coquille. Quant à ceux qu’il a fallu traire, ils ont fini avec une balle dans la tête…

Ce roman fantastique, glauque, dérangeant (*), n’est pas qu’une réécriture du mythe du vampire. Il y a aussi une sorte d’analogie (en un seul mot), entre la sève pompée des membres de ces messieurs et l’accouchement de ce qui sera donné à certains. Une paternité dont ils seront fiers (ou honteux), heureux, tout en la réfutant, pour certains…

Parce que ce roman raconte aussi un hold-up (dont je ne divulguerai rien de plus), un pacte avec le diable, avec Faust, une partie de son âme que l’on offre (l’âme se niche où elle veut) en échange d’autre chose, une chose désirée et qui serait infâmante, si cela se savait.

Ce récit est parfois à la limite de l’érotisme, il est licencieux, violent. C’est un roman qui parle de naissances, de gestation pour autrui, mais pas dans le sens premier du terme.

De plus, la chute finale est bien amenée, dans la lignée du récit. Avec un récit aussi court, j’avais un peu peur que cela ne se termine en eau de boudin, mais non. On a même envie de rire.

Un roman fantastique qui n’est pas fait pour les enfants (-16 ans), qui risque de mettre un peu mal à l’aise certains lecteurs (ou lectrices). Les passages épistolaires ne m’ont même pas gêné, alors qu’en général, cela coince.

La morale n’est pas sans fondement non plus : lors d’un pacte, rien ne s’acquiert gratuitement, sans que l’on doive payer un tribu, monétaire ou autre. Parfois, on pourrait même y laisser sa raison.

(*) Il y a une scène qui ressemble à de la pédophilie. Un adulte, le précepteur des jumelles, a, avec elles, une relation qui est de la pédophilie. Le consentement des deux jeunes filles n’y change rien, c’est un adulte et il est dit, dans le roman, que les filles venaient de devenir femme. Je suppose qu’elles venaient d’avoir leurs premières règles. En 1816, ce ne devait pas être à l’âge de 12 ans (ou moins, comme dans les années 2000), mais sans doute plus tard. Malgré tout, la scène est gênante…

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°09).

‭[‬REC‭] ‬Histoires inédites :‭ ‬Jaume Balaguero,‭ ‬Paco Plaza et Hernàn Migoya

Titre : [‬REC‭] ‬Histoires inédites

Scénaristes : Jaume Balaguero & Hernàn Migoya  🇪🇸
Dessinateur : ‬Paco Plaza 🇪🇸

Édition : Glénat Comics (2014)

Résumé :
[REC], le phénomène espagnol du film d’horreur a engendré une série de quatre films qui ont terrorisé le monde entier. Mais leurs concepteurs avaient encore bien d’autres idées, qu’ils n’ont pu inclure à l’écran, pour développer leur épouvantable série.

Ce volume rassemble donc cinq histoires originales effrayantes – dont le prologue inédit de [REC] 3 – écrites et réalisées par de jeunes talents de la bande dessinée hispanophone sous la direction des deux cinéastes.

Critique :
Bon, les histoire de zombies et moi, ça fait deux. Les films d’horreur aussi. Je déteste ce genre de film, ce qui fait que la saga [REC], je ne la connaissais même pas.

Le mix « Zombies qui puent / film d’horreur » était le combo idéal pour que jamais de ma vie je ne lise ce comics qui est une sorte d’extension de la saga, les auteurs l’ayant fait afin d’utiliser leurs bonnes histoires qu’ils avaient gardé dans leurs tiroirs.

Oui, mais… C’était sans compter la curiosité qui m’habite (le doute m’habite aussi).

Le dessin de la couverture était superbe, alors, puisque je pouvais l’emprunter, je ne me suis pas gênée. Ça ne devait pas faire aussi peur que dans un film…

On ne va pas se mentir, c’est glauque, dégueulasse, horrible, bref, le programme annoncé est respecté.

Les différents récits sont entrecoupés d’articles de journaux, parlant de cette affaire de disparition, de fantômes ou autres légendes urbaines, comme si nous suivions une véritable affaire.

Les dessins de la première histoire étaient agréables, en couleur et j’ai adoré ce récit qui m’a collé des frissons de dégoûts (pas au point de fuir ou de fermer le comics, je vous rassure). Chouette, ça commençait bien, cette lecture !

Le désenchantement à commencé au deuxième récit : j’ai moins aimé les dessins. Pas parce qu’ils étaient en noir et blanc, mais parce qu’ils semblaient plus enfantins.

Cette histoire concernera l’enfance de Medeiros (Tristana et non Glen), celle qui semble être la créature maléfique qui hante l’immeuble. Une gamine au milieu des prêtres, on se doutait que ça allait mal se terminer. Mais pas à ce point là tout de même. C’est glauque, mais ça ne fout pas la pétoche.

La troisième concerne un zoo. Elle est censée faire peur. Hélas, même moi qui ne suis pas fan du genre, je n’ai pas encore vraiment frémi. L’arrivée de la feuille d’imposition est plus effrayante, je trouve.

La quatrième nous montre une partie du comment et du pourquoi la créature qu’est devenue la petite Medeiros s’est retrouvée en liberté.

Je m’arrêterai là, pas de quoi avoir des sueurs froides ou flipper durant sa lecture. Ma foi, si c’était ça les trucs géniaux qui dormaient dans leurs tiroirs, pas de quoi pavoiser.

Une lecture qui avait bien commencé, qui m’avait plu et qui, rapidement, c’est changé en lecture insipide, qui m’a fait soupirer d’ennui et même pas avoir la trouille. Scream m’avait fait flipper, à l’époque. Là, rien, que dalle.

Au suivant !

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°02) et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 96 pages).

Sherlock Holmes et la Bête des Stapleton : James Lovegrove

Titre : Sherlock Holmes et la Bête des Stapleton

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne (02/02/2022)
Édition Originale : Sherlock Holmes and the Beast of the Stapletons (2020)
Traduction :

Résumé :
1894. Voilà cinq ans que le monstrueux chien des Baskerville et son maître, le naturaliste Jack Stapleton, sont morts. Sir Henry Baskerville vit heureux dans son manoir ancestral avec son épouse Audrey et leur fils.

Du moins jusqu’au jour où l’on retrouve sur la lande le corps exsangue d’Audrey. Une nouvelle créature démoniaque hanterait-elle le Dartmoor ?

Lorsqu’on les appelle à la rescousse, Sherlock Holmes et le Dr Watson sont confrontés à une véritable créature de cauchemar. Il semblerait que Jack Stapleton ait survécu et qu’il soit décidé à se venger…

Critique :
Sherlock Holmes qui retourne sur les terres des Baskerville, non pas pour traquer le chien maudit, mais une autre créature qui a tué l’épouse de Sir Henry Baskerville.

Le côté fantastique est présent puisque l’animal qui persécute ainsi la famille, suçant le sang des animaux ou de l’épouse, est d’une taille gigantesque.

Une sorte de grosse mite (gaffe à la prononciation) aux yeux rouges. Une phalène, pour être exacte.

Si l’enquête m’a bien plu, il y a néanmoins quelques petits détails qui m’ont déplus…

Le premier est que Watson, suite à un soucis avec un chien dans le parc, refuse de partir avec Holmes enquêter sur la mystérieuse bestiole dans le Dartmoor. Dans la version du Chien, Holmes ne partait pas, mais c’était pour mieux enquêter incognito là-bas. Ici, notre brave Watson restera la cul dans le sofa. C’est Holmes qui lui racontera tout à son retour. Bof, ça craint.

Un autre soucis est qu’il n’est pas nécessaire d’être Columbo, Hercule Poirot ou même Holmes pour comprendre le truc derrière l’animal gigantesque. Pire, le coupable que l’on nous donne n’est pas crédible pour deux sous. Niveau mystères insondables, il y avait bien mieux dans « Le démon de Noël ».

Heureusement, Holmes se doute qu’il y a une mite dans le pâté et repart pour le Dartmoor, trop tard seulement pour empêcher la seconde tragédie d’arriver. Mes déductions étaient bonnes et lorsque Madame Barrymore relatera l’enlèvement, un détail me donne de suite la nom du complice. Putain, trop facile !

Si les deux premières parties étaient intéressantes malgré le fait que j’avais déjà compris le truc et l’astuce, la troisième est plus lente et à mon sens, il était tout bonnement inutile de faire traverser l’océan à Holmes, Watson, Baskerville, le caporal Grier et le docteur Mortimer pour poursuivre le kidnappeur.

Une course-poursuite sur la lande sauvage et désertique aurait été très bien. Le voyage en bateau est ennuyeux, il ne passe presque rien, si ce n’est une tentative de meurtre et le fait que Watson n’ait pas compris qui était le complice.

Anybref, pour le suspense, on repassera !

Pour le plongée dans l’époque victorienne, l’auteur fait le minimum syndical avec le côté raciste des Anglais et la ségrégation raciale qui existait, encore et toujours, entre les Blancs et les Noirs (le caporal Grier est Afro-américain). C’est lors de la traversée, sur le bateau, que c’est le plus flagrant avec quelques connards, bien dans leur époque, qui ne se priveront pas de faire des commentaires horribles.

Le final est un peu trop poussé, trop exagéré, trop exotique (nous sommes au Costa Rica) et le lien entre le complice et un célèbre grand méchant bien connu des Holmésiens, est un peu too much. Il n’y avait pas besoin d’en rajouter, ni de faire de ce personnage un vilain pas beau.

Le point fort du roman c’est que le Holmes et Watson sont presque semblables aux originaux, avec la touche de l’auteur en plus, bien entendu. Canoniquement parlant, on est dans le bon, c’est ce que j’apprécie le plus.

Par contre, j’avais été plus bluffée par la résolution de leur précédente enquête, celle avec le Démon de Noël qui réservait quelques surprises inattendues. Malgré tout, comparé aux nombreux pastiches holmésiens que j’ai déjà lus dans ma vie, celui-ci se trouve dans les tiroirs du haut.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°1XX].

Ring Shout – Cantique rituel : P. Djèli Clark

Titre : Ring Shout – Cantique rituel

Auteur : P. Djèli Clark
Édition : L’Atalante – La Dentelle du cygne (21/10/2021)
Édition Originale : Ring Shout (2020)
Traduction : Mathilde Montier

Résumé :
Macon, 1922. En 1915, le film Naissance d’une nation a ensorcelé l’Amérique et gonflé les rangs du Ku Klux Klan, qui depuis s’abreuve aux pensées les plus sombres des Blancs. À travers le pays, le Klan sème la terreur et se déchaîne sur les anciens esclaves, déterminé à faire régner l’enfer sur Terre.

Mais les Ku Kluxes ne sont pas immortels. Sur leur chemin se dressent Maryse Boudreaux et ses compagnes de résistance : une tireuse d’élite à la langue bien pendue et une Harlem Hellfighter.

Armées de fusils, de bombes et d’une épée imprégnée de magie ancestrale, elles chassent ceux qui les traquent et renvoient les démons du Klan tout droit en enfer ; alors qu’un complot effroyable se trame à Macon et que la guerre contre le mal est sur le point de s’embraser.

Critique :
La fantasy a ses codes et dans ce court roman, l’auteur s’en affranchi, les bouscule, afin de nous offrir de a fantasy qui en est sans vraiment en être…

Années 20, Géorgie, sud des États-Unis, le KKK et une bande de gonzesses qui leur tiennent tête…

Où est le côté fantasy, se demande-t-on en commençant la lecture ?

Rassurez-vous, il est bien présent, avec les Ku Kluxes et je ne vous dirai rien de plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de frémir.

Je vous laisse aller voir sous les cagoules et les taies d’oreillers ce qui se cache. Non, revenez, bande d’inconscients ! C’est trop dangereux !

De la fantasy qui se passe dans notre Monde, au temps de la ségrégation raciale, avec des KKK, ce n’est pas banal et c’est ce qui m’a attiré vers ce roman, en plus de son auteur, dont j’ai déjà lu deux novellas et aimé.

L’auteur arrive, en 170 pages, à créer un univers réaliste, auquel on adhère sans problème, à donner de l’épaisseur à ses personnages et à nous offrir un récit abouti, avec un début, un développement et une fin.

C’est de manière très habile aussi qu’il mélange le côté fantasy (et ses codes), le fantastique, les Multivers avec des faits historiques, de la violence raciale, de la résistance et des films existants (Naissance d’une nation).

Si on se laisse emporter par le récit et ses personnages, on s’y croirait totalement. C’est ce qui m’est arrivé… J’ai été emportée par le récit et ces filles badass qui n’ont pas leur langue en poche. Girl power !

Comme dans « Les Tambours du dieu noir », certains personnages parlent un phrasé indigène, issu de la culture Gullah et qui doit se lire phonétiquement afin d’être compris. Un beau travail de la part de la traductrice qui n’a pas dû avoir si facile que ça.

Une très bonne novella fantasy qui, tout en respectant certains codes, s’affranchi des autres en nous proposant un univers réaliste, dans l’Amérique des années 20.

Sous la couvert de chasse aux monstres du KKK, c’est une partie de l’Histoire de l’Amérique que l’auteur nous conte et il le fait brillamment. Ne se contentant de pondre une histoire horrifique pour ficher la trouille à ses lecteurs, l’auteur lui a insufflé de la profondeur, de l’épaisseur, du réalisme et de belles réflexions.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°118].

American Vampire – Tome 10 – Adieux : Scott Snyder et Rafael Albuquerque

Titre : American Vampire – Tome 10 – Adieux

Scénariste : Scott Snyder
Dessinateur : Rafael Albuquerque

Édition : Urban Comics – Vertigo Classiques (19/11/2021)

Résumé :
À présent destitué de son immortalité, Skinner Sweet a choisi de suivre Pearl et les Vassaux de Vénus dans leur quête. Aidée du Conseil des Aînés, l’équipe sait maintenant quel sacrifice est requis pour empêcher la Bête et le Marchand Gris de conquérir le monde. Mais Pearl et ses alliés sont bien loin d’imaginer ce qui les attend, car face à de tels adversaires, traîtrises et rebondissements sont légion.

Critique :
Enfin le dernier tome, enfin l’affrontement final contre le Marchand Gris et la Bête, qui, à ce moment, n’a pas encore pris sa forme humaine, mais ça ne saurait tarder…

L’album commence en Alaska, avant de basculer dans le temps avec des minis-récits comportant des histoires de vampires ou autres créatures.

Ils étaient intéressants, mais j’aurais préféré passer directement au plat principal au lieu de me farcir les zakouskis de l’American Vampire Anthologie aux dessins pas toujours du même niveau que ceux exécutés par Albuquerque.

Anybref, le final, au moins, n’était pas bâclé du tout ! L’affrontement a eu lieu, je ne vous dirai pas qui a gagné, juste qu’il était magnifique et rempli de suspense.

Déjà qu’après les petits récits d’anthologie, les auteurs nous avaient concocté une surprise de taille qui m’a fait ouvrir grand ma bouche : je ne l’avais pas vue venir, celle-là ! Il faut toujours rabattre les cartes à un moment donné.

Dans l’ultime combat final, ce n’est pas vraiment un combat entre le Bien et le Mal, puisque nos vampires et autres créatures ne sont pas du côté des gentils, malgré tout, il est préférable de devoir vivre avec eux qu’avec la Bête et le Marchand Gris.

Un dernier tome qui ne manque pas d’action dans son final, de rebondissements, de retournements de situations, d’union qui fera la force, de folie, de sang et des aveux de ce cher Skinner Sweet.

Un excellent album qui termine une très belle série que j’ai pris plaisir à découvrir, à lire et que je relirai toujours avec la même passion.

Une série qui a revisité intelligemment les mythes vampiriques, sans les édulcorer, mais en changeant quelques petites choses, sans pour autant dénaturer la créature fantastique qui suce le sang (non, pas les tiques, les vampires on vous a dit).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°104].