Le Prince de la nuit – Tome 8 – Anna : Yves Swolfs et Thimothée Montaigne

Titre : Le Prince de la nuit – Tome 8 – Anna

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Thimothée Montaigne

Édition : Glénat (14/11/2018)

Résumé :
Kergan parcourt depuis huit cents ans les steppes et forêts d’Europe centrale. Des siècles de chasses nocturnes, en compagnie de son initiatrice Arkanéa, qui lui ont apporté la force et l’expérience d’un vampire ancien…

En cette année 1013, les deux compagnons font halte à Kiev où le seigneur Vladimir règne en maître absolu.

C’est ici que Kergan, désormais prêt à obéir à ses propres instincts, va décider de s’émanciper d’Arkanéa. Et de marquer de ses crocs le cours de l’Histoire…

Critique :
Génial, je pourrai maintenant me vanter partout que j’ai lu Montaigne… Son essai était très bon, même si ses dessins ne suivent pas la ligne que Swolfs adoptait.

Oui, bon, c’est Thimothée Montaigne (et non Michel) et il est dessinateur, mais sur un malentendu, ça pourrait le faire, non ?

Encore un gros retour aux sources de ma part.

Après avoir lu les deux derniers albums de « Légende », j’ai enchaîné avec cette autre saga de Swolfs : le vampire Kergan, dont j’avais lu le premier tome en 1995 (ça ne me rajeunit pas, tout ça).

Hormis un album en dessous des autres (tome 4 : Le journal de Maximilien), le reste de la saga était de bonne facture, même si je regrettais toujours que les visages se ressemblent fort avec ceux des autres séries de Swolfs.

Une fois de plus, qui dit changement de dessinateur dit changement de style et même si celui de Montaigne est très réaliste et qu’il exécute parfaitement bien les dessins, que se soit pour les visages ou les décors. Par contre, le blanc des yeux était fort présent et donnait un regard halluciné à bien des personnages.

À d’autres endroits, j’aurais préféré une ligne plus claire afin d’avoir plus de finesse dans les détails des visages.

Dans le précédent album, nous avions assisté aux débuts de Kergan en tant que vampire. Dans celui-ci, nous allons assister à son émancipation, après 8 siècles à sillonner le monde à ses côtés. Pour le moment, lui et sa mentor sont dans l’Europe de l’Est, dans la région de Kiev.

Complots, politique, espionnage, paranoïa, enquêtes sur les cadavres exsangues retrouvés et l’amour se trouvent au menu de cet album et comme nous le savons tous et toutes, l’amour et la politique ne font pas bon ménage quand des oreilles indiscrètes écoutent aux portes.

Kergan n’a pas fait preuve de prudence et le frère Arthémius, qui ressemble à Raspoutine, va mener sa petite enquête pour retrouver le buveur de sang. Ce sinistre personnage est un serviteur de Dieu (qui n’a sans doute pas engagé cet espère d’illuminé) et tout ce qui ne l’agrée par, heurte son âme.

Cet album est un beau retour aux sources, à la jeunesse vampirique de Kergan, bien moins machiavélique qu’il ne le fut ensuite, dans les premiers albums de la série. Là, il se cherche encore, il voudrait chanter ♫ libéré, délivré ♪ et mener son propre chemin en devenant, lui aussi, un mentor pour de jeunes et belles vampiresses.

Comme pour la saga « Légende », je m’en vais poursuivre ma route avec l’album suivant, en espérant que lui aussi soit à la hauteur et surtout, que l’on ne doive pas attendre un siècle avant de lire les suivants…

14 ans se sont écoulés entre la parution du tome 6 et celle du 7, puis 3 ans entre le 7 et le 8, ce qui fait que la lectrice que je suis n’attendais plus rien de cette saga. Mais puisque l’on m’a redonné le goût du sang, j’espère que ma soif sera étanchée régulièrement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°04] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 50 pages).

London – Tome 01 – La fenêtre fantôme : Rodolphe et Isaac Wens

Titre : London – Tome 01 – La fenêtre fantôme

Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Isaac Wens

Édition : Glénat – Grafica (2005)

Résumé :
« Mon histoire se passera là-bas… En Moldavie ou en Valachie, parmi les Alpes transylvaniennes, les Carpates… Dans ces lieux reculés, ces vallées encaissées, où ni le progrès, ni le soleil ne s’aventurent… Les mœurs, comme le climat, y sont rudes…

Et la mémoire des gens est pleine d’histoires terribles ! Des légendes, bien sûr, mais aussi des faits historiques monstrueux. On m’a parlé d’un Voïvode du XVème siècle, un des princes régnants de Valachie, un certain Vlad II… Son père était surnommé « Drakull », ce qui veut dire « Le Diable », et lui-même « Tépes », « L’Empâleur » !

Ce charmant garçon fit en effet empaler plus de 40000 personnes, Turcs pour la plupart ! Un des personnages les plus sanguinaires de l’histoire ! On raconte qu’il n’est pas vraiment mort et qu’il dort en attendant que son peuple ne le rappelle ».

Voilà ce qui est en train de germer dans la tête de Bram Stoker, l’écrivain qui deviendra mythique en écrivant « Dracula », sommet de terreur en littérature…

Critique :
Mort London est un jeune peintre, mouton noir de la famille. Son ami, Bram Stoker, lui raconte une partie de son futur roman qui mettra en scène Vlad Tepes, dit L’Empaleur (et pas en raison d’une vie sexuelle débridée).

Puisqu’il est sans le sous, Bram donne l’adresse de Sir Charles, avocat, à Mort afin que ce dernier se fasse engager chez lui et puisse gagner sa vie tout en continuant son art.

Et dans la maison des Trelawny, il se passe des choses étranges ! Très très étrange !

Comme dans les ruelles de Londres où il semble que l’Éventreur serait revenu aux affaires, 10 ans après.

N’allons pas par quatre chemins, je n’ai pas été subjuguée par les dessins et le graphisme. Mais je dois reconnaître qu’il allait comme un gant à l’ambiance sombre, gothique et mystérieuse de cette bédé.

Il est difficile de lâcher ce premier tome car il est bourré de mystère, d’angoisses et de questionnements. Mort London n’est pas un Sherlock Holmes, mais avec la belle gouvernante, Miss Gray, ils vont enquêter sur les phénomènes étranges qui se déroulent sous leurs yeux et c’est addictif.

Les dialogues ne volent pas haut, ils ne décrocheront pas le prix d’interprétation intellectuelle, mais ils n’en sont pas moins corrects pour l’époque et énoncés par des personnages réalistes.

Les femmes sont cantonnées au rôle qui leur été échu à cette époque victorienne (être belles et se taire, surtout se taire) mais on sent tout de même une envie d’émancipation sexuelle entre une qui veut se taper le joli peintre (ou poser nue pour lui) et l’autre que le peintre aimerait coucher dans son lit et qui hésite.

Cela reste une belle mise en bouche (oups) pour un premier tome et je m’en vais de ce pas lire le suivant afin de crever l’abcès du suspense de cette fenêtre fantôme.

Il est à noter que le tome 3 (qui n’en est pas tout à fait un) ne porte pas le nom de cette saga  dont les deux premiers sont parus en 2005… Mais maintenant que je l’ai vu, je peux vous garantir que la saga se termine totalement dans « Le gardien des ténèbres ».

PS : un bel hommage à Sherlock Holmes dessiné par Sidney Paget dans cette image…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°265], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°14], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages)  et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Hel’Blar – Tome 2 – Le Roi sous le Tumulus : Sergio A. Sierra et Alex Sierra

Titre : Hel’Blar – Tome 2 – Le Roi sous le Tumulus

Scénariste : Sergio A. Sierra
Dessinateur : Alex Sierra

Édition : Sandawe (07/11/2018)

Résumé :
Suite et fin des « Chasseurs de Draugar ». La traque se poursuit ! Car, même si l’ennemi a révélé son vrai visage, les incertitudes demeurent. Il est, en effet, des rancœurs et des haines que la mort, elle-même, ne peut consumer…

Harek récupèrera-t-il ses enfants et ses neveux ? Leif se révèlera-t-il assez fort pour surmonter l’horreur de l’avenir dévoilé par la vision d’Odin ?

Critique :
La chasse aux Draugars est officiellement ouverte et réservée aux types badass, couillus et qui n’ont pas peur de se retrouver au banquet d’Odin, nom de Thor !

Cet album pulse, j’aurais dû l’écouter avec une bande-son d’Iron Maiden, ça aurait rendu ma lecture encore plus punchy.

Le scénario nous offre un petit retour en arrière afin que nous comprenions les tenants et aboutissants de cette course-poursuite.

Assez vite nous apprendrons pourquoi les Draugars ont attaqué spécialement le village d’Harek et enlevé ses enfants et neveux.

L’identité du Draug, celui qui mène le jeu sera dévoilée aussi, sans que cela entache le récit puisque tout n’est pas encore dit et que jusqu’au bout, nous aurons droit à des bribes de ce qu’il s’est passé au moment X.

Les graphismes sont excellents, les couleurs vives ou froides, selon l’endroit, l’action, mais toujours justes comme il le faut.

Les personnages sont assez nombreux, on pourrait en confondre certains, si l’on n’est pas assez attentif, mais les albums possèdent un cahier graphique à la fin avec les détails de leur personnalité résumé et de très jolies esquisses.

Pas de temps morts, ça pulse bien, les combats sont superbes à regarder et j’ai frissonné devant ces espèces de zombies qu’il fallait décapiter pour survivre (je vous informe pour si jamais vous tombiez un jour sur ces sales bêtes). On dit quoi ? On dit « merci Belette » !

Moi qui m’attendais à lire une saga bourrée de testostérones, de mecs baraqués, prêts à se battre, à foncer dans le tas hache ou épée en avant… Bon, d’accord, on a de ça, mais pas que !

Il y a tout de même de la profondeur dans les personnages, ils évoluent, changent, selon les évènements ou les combats. Ce qu’ils ont vécu, vu, vont les marquer à jamais et les ont déjà marqué.

Le scénario est basique, certes, mais la soupe servie n’a pas le même goût que toutes les autres bues avant : elle est épicée, colorée et ce fut un plaisir de la boire car les auteurs, bien que prenant des ingrédients archi connus, ont réussi à sublimer le plat en y ajoutant les ingrédients du fantastique et de la fantasy.

Éditée grâce à la participation d’internautes, cette saga n’a sans doute pas eu l’éclairage qu’elle aurait méritée car il y a du potentiel. Si l’aventure se termine avec ce tome, la porte n’est tout de fois pas totalement fermée pour une suite.

Une série que j’ai lue comme ça, pour passer le temps, parce que les couvertures étaient chouettes et qui se révèle bien plus intéressante que je ne l’aurais pensé au départ car ce n’est pas que des vikings testostéronés se battant comme des brutes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°249], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 46 pages et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Si ça saigne : Stephen King

Titre : Si ça saigne

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (10/02/2021)
Édition Originale : If It Bleeds (2020)
Traduction : Jean Esch

Résumé :
« If It Bleeds », le nouveau livre de Stephen King. Un recueil de 4 longues nouvelles, dont une suite, indépendante à « L’outsider »

Les nouvelles sont :
– Mr. Harrigan’s Phone (Le téléphone de Mr Harrigan)
Au sujet d’un téléphone hors du commun…

– The Life of Chuck (La vie de Chuck)
Le monde est au bord du gouffre lorsque…

– If It Bleeds (Si ça saigne)
Une bombe explose dans un collège. Devant le flash info, Holly Gibney qui est perturbée par un détail…

– Rat
Un auteur n’arrivant pas à écrire un roman part dans un chalet en pleine forêt pour écrire un roman…

Critique :
Le King est de retour dans un format où il excelle (comme Conan Doyle) : celui de la nouvelle !

Jamais évident de faire une nouvelle équilibrée afin que les lecteurs n’aient pas l’impression qu’on les a amputé d’une partie de l’histoire.

Le King y arrive toujours sans mal, nous donnant assez à lire pour ne pas que l’on se sente floué.

La première nouvelle avait un délicieux air rétro, comme si nous étions dans les années 50/60 alors que nous étions dans les années 2000 avec l’arrivée du premier smartphone de la marque à la pomme mordue.

Je me suis attachée aux personnages, autant au jeune Craig qu’au vieux monsieur Harrigan et ses théories sur l’Internet qui étaient tout à fait justes. Le plaisir de lecture était bien présent et j’ai aimé cette histoire de téléphone qui… No spolier !

Le King aurait pu aller plus loin dans l’horreur, mais il est resté dans le registre du fantastique. Je n’ai pas frissonné de peur mais j’ai apprécié cette nouvelle qui avait un début, une fin et un beau développement. Je ne me suis pas sentie grugée.

La deuxième histoire m’a laissé perplexe avec un commencement apocalyptique où le monde semble s’écrouler et où l’on va ensuite rejoindre la jeunesse de Chuck, voir le jour où il dansa dans la rue et tout savoir sur le mystère de la chambre sous la coupole.

Cette nouvelle m’a donné l’impression de se finir abruptement, sans que j’aie vraiment compris le rapport entre le côté apocalypse du départ et une partie de la jeunesse de Chuck… Puis en réfléchissant j’ai compris que j’étais face à une métaphore et la nouvelle a alors pris tout son sens.

La troisième met en scène une ancienne copine, Holly Gibney de l’agence de détective Finders Keepers. Cette nouvelle fait suite au roman « L’outsider » que je n’ai pas encore lu et malheureusement, j’ai eu droit à quelques révélations… Cette longue nouvelle m’a emporté, j’ai frémi, j’ai eu peur, le suspense était maîtrisé et j’ai tellement serré les fesses que lorsque tout se calme, j’en avais encore les mains moites.

La quatrième nouvelle parle, une fois de plus, de l’écrivain et de l’angoisse de la page blanche. Un thème qui revient souvent chez le King car c’est une situation qu’il a connue.

Cette dernière nouvelle du recueil a des airs de pacte faustien et comme on le sait, il y a toujours un prix à payer, même si on n’y croit pas. J’ai apprécié les ambiances de tempêtes, les questionnements de l’auteur, son entêtement à écrire un roman et l’arrivée, une fois de plus, de ses vieux démons.

Par contre, j’aurais aimé en savoir un peu plus sur ses problèmes d’avant, sur le pourquoi du comment il a failli brûler sa maison en voulant foutre le feu à son roman…

Quatre nouvelles qui avaient un début, une fin et un développement, qui ne m’ont pas laissées sur ma faim, comme le font souvent les histoires sous forme de nouvelles. Par contre, n’ayant pas lu les anciens recueils de nouvelles du King, je ne puis dire si celles-ci sont mieux ou dans la lignée des anciennes, même si je me suis laissée dire que c’était un cran en-dessous.

Faudra que j’aille vérifier !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°232] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°45].

Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 2 – La chute de la maison Jekyll : Dobbs et Antonio Marinetti

Titre : Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 2 – La chute de la maison Jekyll

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Antonio Marinetti

Édition : Soleil 1800 (25/10/2020)

Résumé :
Après avoir échappé à la mort et s’être accaparé les biens de l’étrange société Walton, le docteur Jekyll a découvert son Saint Graal et détient désormais les comptes rendus d’expérience de feu Frankenstein.

À travers tout un périple européen, il n’a plus qu’une obsession: capturer la créature monstrueuse qu’il a croisée en Suisse et qui a failli le tuer.

Mais cette idée fixe est parasitée par la méfiance qu’il éprouve maintenant pour sa si « dévouée » gouvernante, Faustine Clerval. Une jeune femme mystérieuse qui s’est fait engager par lui dans un dessein qu’elle finira par lui avouer, de gré ou de force…

Critique :
La seconde partie est plus en action, en combats titanesques entre le docteur Jekyll, devenu Hyde et la créature du docteur Frankenstein.

Nos deux monstres sont réunis dans les mêmes cases et force est de constater qu’ils sont moches tous les deux !

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme… Preuves par A+B dans cette fin de diptyque.

Les dessins sont toujours dans des tons sépias ou noir et blanc, donnant des ambiances gothiques et sombres à l’album.

Mais bon, ce n’est pas Oui-Oui non plus…

La partie que j’ai le plus appréciée, c’est celle où Hyde va se coucher sur le divan de Freud car il expliquera sans faire d’expériences scientifiques malheureuses, la dualité de l’Homme.

Démontrant la folie des Hommes, surtout celle des scientifiques, les auteurs nous offrent une dualité dans les personnages qui est la bienvenue car dans leur jeux, il y a de l’abomination et une violence exacerbée.

Ce que je regrette, c’est que les auteurs aient fait de la créature de Frankenstein, une bête assoiffée de baston, de vengeance, tuant tout autour d’elle, sans jamais contrebalancer le portrait.

Alors que dans le roman initial, j’avais eu de l’empathie pour la créature, ici, rien du tout. Alors que j’avais gardé un excellent souvenir ému de la créature dans le roman de Mary Shelley, ici, je ne garderai que le souvenir d’une grosse brute, un Hulk gris qui aurait mérité plus de développement.

Dommage, un peu d’équilibre dans la créature aurait donné plus de corps à ce second récit mais là, j’ai l’impression que le monstre a été sacrifié sur l’autel des personnages et qu’on a oublié de lui donner un petit supplément d’âme.

À vous de voir… Malgré cette critique un peu sévère, je ne balancerai pas ce diptyque dans un recoin obscur de ma biblio car il y a du bon et en plus, cette bédé propose tout de même du nouveau et des graphismes excellents.

Un bon galop d’essai, une belle mixité dans certains personnages, un autre oublié, hélas. Je la relirai tout de même avec plaisir d’ici quelques temps.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°173].

Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche : Jean-Marc Lainé et Bojan Vukic


Titre : Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche

Scénariste : Jean-Marc Lainé
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil 1800 (25/08/2010)

Résumé :
En 1850, le jeune Ishmaël a pour intention de quitter la marine marchande pour devenir marin sur un baleinier et, pour ce faire, s’est transporté à l’auberge de l’Amiral Bandow de New Bedford à la Nouvelle-Angleterre pour y glaner quelques précieux conseils.

En ces lieux bruyants où la bière coule à flot, il y rencontre le romancier Hermann Melville qui, fort de l’intérêt que porte le jeune homme sur la chasse au cachalot, se décide à lui faire part d’une histoire fascinante et effrayante, celle du Capitaine Achab et de son combat titanesque contre le Kraken, l’immense créature des bas fonds marins.

Commence alors un récit impressionnant dans lequel l’appel du large devient synonyme de légendes terrorisantes, de folie, de prières impies et également de démesure.

Critique :
♫ Époustouflez-moi ! Époustouflez-moi ! Là tout de suite, Allez, vite ! Sachez me faire rêver-é-é-é, M’étonner-é-é-é, Me captiver ♪ Époustouflez-moi ! ♪

♫ Sachez m’hypnotiser, Improviser, Me subjuguer ♪

(Sur l’air de « Déshabillez-moi » de Juliette Greco).

La première chose qui m’a attirée dans cette bédé, c’est la couverture ! Waw, rien à dire, elle subjugue les yeux, elle invite au fantastique, aux voyages marins, bref, à l’évasion et aux frissons.

Devant cette belle promesse, j’ai craqué de suite et j’ai embarqué les deux tomes en même que les deux Hyde contre Frankenstein. Ce que j’espérais, c’était que l’auteur allait me captiver, m’emmener ailleurs et sortir des courants marins habituels. D’où mon intro sur l’air de déshabillez-moi car je voulais être époustouflée.

Lorsqu’on mélange Herman Melville et son capitaine Achab, sa baleine blanche, le Cthulhu de Lovecraft, le Nécronomicon et que l’on raconte ce récit, assis sur une chaise de l’auberge de l’amiral Benbow (celle du Jim Hawkins de l’île au trésor) et un corps repêché qui ressemble à la créature de Frankenstein, faut s’assurer que le montage de toutes ces couches dans le gâteau soit parfait, sinon, barfaf, c’est l’embardée (l’écroulement).

Mon seul bémol sera pour l’intrusion du steampunk alors que l’univers penche plus vers le fantastique. À moins que le Nautilus n’ait un rôle à jouer dans le tome 2, je ne vois pas trop pourquoi on nous l’a montré dans l’entrepôt qui fabrique des harpons d’un nouveau genre.

Comme mes seules attentes étaient d’avoir de l’évasion, des frissons et de l’audace, j’ai été servie. Même si tous les éléments de ce premier tome proviennent d’univers différents, ma lecture a été divertissante et j’ai été époustouflée par les magnifiques dessins de Bojan Vuvik qui nous offre un kraken Cthulhutesque des plus magnifaïïïïk, mes chéris.

N’étant pas de grandes connaissances de l’oeuvre de Lovecraft, je ne porterai pas de jugement sur le fait que la bête ressemble à un poulpe, sorte de monstre marin, puisque de toute façon, je ne l’ai jamais croisée en vrai sur ma route.

Les autres critiques sont assez sévères avec ce premier album, mais vu que je n’attendais rien de plus que de l’aventure et du fantastique, je n’ai pas été déçue. J’ai été époustouflée par la grosse bêbête qui nage, qui nage et je vais de ce pas aller voir ce que me réserve le second tome.

En espérant que la suite ne fasse pas pchiiittttt.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°169] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°36]

Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu : Dobbs et Antonio Marinetti

Titre : Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Antonio Marinetti

Édition : Soleil 1800 (2010)

Résumé :
L’étrange docteur Henry Jekyll et Faustine Clerval, sa belle gouvernante, sont sur le départ.

En effet, étant dans l’attente de produits essentiels à ses expériences, fabriqués par l’obscure société suisse Walton, le savant se voit dans l’obligation de se déplacer lui-même pour aller les récupérer.

Si la première partie de leur voyage est l’occasion de voir le docteur Louis Brocq, un éminent confrère français, pour traiter la curieuse dermite qui se développe sur le corps du savant anglais, leur dernière étape en territoire helvétique revêt un caractère on ne peut plus ténébreux.

Effectivement, l’institut Walton, à l’écart de toute civilisation, semble avoir été abandonné, et pour cause !

Quelque chose d’énorme rode autour et en ses murs, un monstre d’une force démoniaque dont l’origine pourrait bien intéresser le scientifique Jekyll.

Critique :
Le titre m’avait fait peur car il sentait les vieux films de la Hammer où l’on faisait s’affronter tous les personnages connus et monstres de la littérature…

Même si Frankenstein n’est que le nom du créateur et pas de sa créature. L’amalgame a été fait et est resté.

Mister Hyde contre Frankenstein, ça sentait déjà bon le pop-corn et les vieilles ficelles pour faire frissonner le public dans les salles obscures de l’époque avec un scénario aussi épais qu’un spéculoos qui a trempé dans le café.

De ce que j’en ai vu pour le moment (1 tome lu), je dirais que le scénario est aussi dur qu’une couque de Dinant (elles sont super dures !) tout en étant mangeable, lui !

Mister Hyde… Tout un programme ! Le dessinateur lui a donné des traits agréables à regarder et un physique qui ferait retourner les dames dans la rue… Problème avec lui, c’est qu’il est sadique, qu’il adore tuer et que je ne voudrais pas le croiser au coin de la rue.

L’âme humaine est sombre, noire, sans espoir et les auteurs font ce qu’il faut pour nous le démonter, mais sans jamais aller dans la démesure ou la surenchère, le tout étant plutôt montré de manière subtile, mais ça ne laisse aucune place au doute.

Même le côté psychologique ne vient pas plomber le récit. Alors qu’on aurait pu avoir des dialogues soporifiques, il n’en est rien et c’est aux travers des relations entre Mister Hyde et sa gouvernante Faustine Clerval que le scénariste nous livrera ses petites réflexions.

Dans des tons sépias monochromes, le dessinateur nous offre des décors plus vrai que nature de la ville de Londres, lui donnant vie, une présence. Lorsque notre duo s’introduira dans des lieux plus angoissants, les décors d’adapteront aussi, donnant une note supplémentaire d’angoisse.

Un bon début pour cette bédé fantastico-gothique qui met en scène deux bêtes de la littérature et se termine par un cliffhanger qui donne envie de se jeter sur le tome suivant. Ça tombe bien, je ne dois pas attendre entre deux publications !

♫ Tu n’savais pas pauvre de toi
Qu’il y a du mister Hyde en moi
Hyde en moi aïe pour toi ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°167].

La Chose : John Wood Campbell

Titre : La Chose

Auteur : John Wood Campbell
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (05/11/2020)
Édition Originale : Who Goes There ? (1938)
Traduction : Pierre-Paul Durastanti

Résumé :
En Antarctique, quelque part.

Enfoui sous la glace, aux abord d’un artefact aux allures de vaisseau spatial, des scientifiques découvrent un corps congelé — gisant là, sans doute, depuis des millions d’années. Un corps résolument inhumain.

Résolument… autre. Le choix est alors fait de ramener la stupéfiante découverte à la station pour étude.

Doucement, la gangue de glace autour de la créature commence à fondre, libérant peu à peu cette totale étrangeté à l’aspect terrifiant. Et les questions de traverser l’équipe de chercheurs : qu’est-ce que cette chose ?

Comment est-elle arrivée là ? Et après tout, est-elle seulement morte ? N’ont-ils pas mis au jour la plus épouvantable des abominations — une horreur proprement cosmique ?

Récit haletant paru en 1938, proposé ici dans une nouvelle traduction, La Chose est un immense classique de la science-fiction mondiale.

Porté à l’écran à trois reprises, ce court roman pose les bases du récit de SF horrifique.

Critique :
Antarctique… On se les gèle par -51° et vous avez intérêt à enfiler une parka super chaude pour aller vous balader sur la banquise…

Moi, je suis frileuse, alors je vais rester bien au chaud dans la base, à côté des poêles à charbon, na !

Fait chier ! J’étais tranquille, j’étais pénard, accoudé au comptoir (chante) et voilà qu’on découvre une sorte de vaisseau spatial avec, à son bord, non pas le bel Albator, mais une créature possédant des tentacules et plus congelée qu’Hibernatus lui-même !

Décongeler Hibernatus était amusant et j’avais bien ri, ici, j’ai flippé grave ma race ! Cette Chose non humaine est prise dans les glace depuis 20 millions d’années et un crétin de l’équipe pense qu’il est bon de la décongeler pour l’étudier… L’enfoiré !

Fait chier mec ! Voilà maintenant qu’à cause de lui, je suis planquée dans un réduit, cachée aux yeux de mes congénères dont je ne suis même pas sûre qu’ils soient encore tout à fait humains ! Ne jamais décongeler une créature non humaine, JAMAIS.

Oui, c’est comme Gizmo qu’il ne faut jamais nourrir après minuit sous peine de le transformer en méchant Gremlins, ne pas exposer à une lumière vive ou à la lumière du soleil et ne pas le mouiller, sous peine de le voir se multiplier. JAMAIS !!

Tous les chiens sont morts, contaminé par la bestiole, les vaches ont dépéris, tout le personnel de la base se regarde avec suspicion, sans savoir qui a été infecté par la Chose, sans savoir qui est encore humain et qui ne l’est plu… Psychologiquement, ça te fout en l’air l’amitié, la confiance et te donne un niveau de stresse rarement égalé.

De plus, si ça se trouve, même moi, au fond de mon placard sous l’escalier, je pourrais être contaminée par la Chose sans le savoir.

Tout le monde est devenu parano dans la base, tout le monde se regarde en chien de faïence, l’un chante des psaumes religieux et j’ai envie de le tuer, un autre a été isolé, avant qu’il n’ait envie de tous nous liquider, comme on fait avec ceux victime de fièvre aphteuse (ne pas confondre avec la fièvre acheteuse).

Bref, j’ai le trouillomètre à moins 50, peur de tout le monde, peur de moi-même, peur que mes mes connaissances intellectuelles ne me poussent à me considérer plus intelligente que les autres et ne me poussent à des déductions erronées, vu qu’on ne sait rien de cette Chose et de son métabolisme.

Dommage que Sherlock Holmes ne soit pas présent pour cette enquête de « Qui est contaminé par la Chose ? » car son fameux précipité qui pouvait dire si les traces de sang étaient humaines ou animales nous auraient aidé à aller plus vite sans devoir utiliser l’ancienne méthode du sang de lapin…

J’entends des bruits de pas, des coups, des cavalcades, l’aiguillon de boeuf a parlé, le sang coule, les collègues parlent plus fort… Il se passe des trucs graves à cause de cette Chose et moi-même je sens l’angoisse monter de plus en plus, ma tension devenir folle et mon coeur battre de plus en plus vite, mes mains devenir moites.

Cette transmission s’arrêtera là, faut que j’aille voir ce qu’il se passe, faut que je sorte de ce trou et que j’aille affronter les autres, humains ou Choses. Cette attente n’est plus possible.

N’oubliez pas : faut pas dégeler un truc qui dort dans la glace depuis des millions d’années, ce n’est pas bon !! Recongelez-le de suite, si vous pouvez !!!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°136].

Chroniques des Vampires – 03 – La reine des Damnés : Anne Rice [Par Dame Ida, Boudin Blanc Certifié sans adjonction de sang animal]

Titre : Chroniques des Vampires – 03 – La reine des Damnés

Auteur : Anne Rice
Éditions : Pocket (1991/1999/2001/2012) / Fleuve Noir (2004) / Plon (2010)
Édition Originale : The Queen of the Damned (1988)
Traduction : Anne de Vogüe & Evelyne Briffault

Intro BABELIO :
Quand Lestat, vampire impie, libertin et suicidaire, s’improvise chanteur de rock pour hurler à la face de l’humanité sa condition de mort vivant, les mortels lui font un triomphe, sans imaginer une seconde qu’il ne leur dit que la vérité.

Mais, avec sa « musique à réveiller les morts », Lestat ne s’est pas seulement fait des ennemis parmi ses frères qui le considèrent comme un traître et se sont décidés à le détruire, il a aussi arraché à son sommeil millénaire Akasha, la Mère de tous les vampires, la reine des damnés. Akasha qui ne rêve

Résumé :
Si comme moi vous avez lu les deux premiers tomes de la saga d’Anne Rice (Entretien avec un Vampire et Lestat le Vampire) vous avez donc déjà fait connaissance avec quelques figures phares de la société vampirique imaginée par l’auteur.

Dans le premier volume, Louis, jeune aristocrate de la Nouvelle Orléans transformé en suceur de sang par Lestat déballait tout ce qui aurait dû rester secret à un journaliste, évoquant depuis sa transformation, sa quête éperdue d’explications sur le pourquoi du comment de ce qu’il est devenu et sa recherche de semblables capables de lui en toucher deux mots, vu qu’il s’était un peu brouillé avec Lestat en essayant de le détruire avec la complicité de la petite Claudia, petite vampirette qui serait restée âgée éternellement de six ans, si les vampires de Paris ne l’avait pas rôtie à la lumière du jour.

Dans l’autobiographie de Lestat (écrite par Anne Rice officiellement… mais on ne sait jamais… on sait bien que Conan Doyle ne fut jamais que l’agent littéraire du Dr Watson !) qui suivit, vous aviez eu un peu plus d’explications (quoi que…)…

Et avec le Tome 3, l’heure des révélations a enfin sonné. On y retrouvera quelques uns des personnages croisés lors des précédents volumes ainsi que quelques autres.

Or donc Lestat le vampire provocateur rompt la première règle des vampires en révélant l’existence de ce petit monde, d’une part en publiant son autobiographie, puis ensuite en devenant une star du rock qui prétend être un vampire (ce qui lui est très facile vu qu’il en est un), ce qui lui vaut un grand succès.

Et dans le petit monde des hématophages ça fait beaucoup de bruit car dans ses chansons, le voilà qu’il se met à révéler tout un tas de secrets, évoquant même l’existence du Roi et de la Reine des Vampires endormis quelque part depuis des millénaires en attendant leur heure, glissant au passage quelques provocations assez irrévérencieuses à leur endroit.

De fait, une partie de la communauté des vampires veut le tailler en pièce… et prévoit de lui tomber sur le dos pour son prochain grand concert d’Halloween…

Sauf qu’en attendant la Reine se réveille et quitte le sanctuaire où elle se reposait, vidant son mari de tous ses globules telle une sangsue au passage, et se met à la recherche de Lestat en tuant tous les vampires qu’elle croise sur son chemin, détruisant une à une les assemblées des anémiés anonymes qui dorment le jour…

Et puis c’est quoi tous ces gens, vampires ou mortels, qui font le même rêve de deux sorcières rousses identiques sur le point de bouffer les organes d’un cadavre fraîchement rôti ???

Bref ça craint pour le monde des vampires, et même pour le monde des humains ! Si vous voulez savoir à quel point on n’est pas passés loin de l’apocalypse et bien il vous faudra lire le livre.

Je ne voudrais pas qu’on me vide de mon sang, me décapite, me démembre et qu’on me brûle (dans l’ordre que vous voudrez) pour avoir spoilé tout de même !

Mon avis :
Or donc, jadis, il y a très longtemps, si longtemps que même un vampire de quelques millénaires peut admettre que ça ne date pas d’hier, j’ai été adolescente.

Cela remonte bien au siècle, que dis-je, au millénaire précédent.

J’ai lu alors les deux premiers tomes des Chroniques des Vampires qu’une amie m’avait prêtés.

Elle n’avait pas le troisième à sa disposition. Était-il déjà sorti ? Rien n’est moins sur puisqu’il date de 1990…

Mais peu importe ! Je m’étais dit qu’un jour je le lirai, bien que ma découverte d’autres romans de l’auteur (sur ses sorcières Mayfair et ses histoires de loups-garous) m’aient particulièrement déçue…

Une autre amie m’ayant prêté le dit volume, je l’ai donc parcouru pendant mes vacances n’ayant pas grand-chose de mieux à faire (c’est dire si mes vacances ont été un peu chiantes).

Ce livre fut une nouvelle déception. Et si lorsque j’avais découvert la saga elle ne comptait alors que trois tomes, j’ai eu la stupéfaction de constater récemment que celle-ci s’est allongée de 10 volumes supplémentaires (13 au total donc) depuis, faisant des cross-over avec sa saga des sorcières Mayfair par dessus-le marché.

Grâce à Wikipedia j’ai pu jeter un œil rapide sur les résumés de ces nouveaux opus dont le dernier date de 2018, et si j’ai été déçue avec la Reine des Damnés j’ai eu le souffle coupé en constatant que la suite s’aventurait sur des terres où la médiocrité flirte avec le foutage de gueule, Anne Rice me semblant juste exploiter une « rente de situation », pressant son filon jusqu’à l’épuisement de fans qu’elle prend pour de grands enfants un peu stupides, coincés à jamais dans l’adolescence et privés pour toujours du moindre sens critique.

Car en effet, comme je dis toujours, pour que le genre fantastique soit efficace auprès d’un lectorat cortiqué et exigeant, il faut encore qu’il reste suffisamment ancré dans un fond de réalité et ne s’en éloigne que progressivement (cf les romans du Maître King).

Avec Anne Rice on fonce tête baissée dans le délire, et plus on progresse dans la saga, plus ses personnages se trouvent dotés de capacités et dons exorbitants confinant à la toute-puissance au point que Dieu, s’il existe, n’a qu’à bien se tenir car il se trouve maintenant face à de sérieux concurrents.

Bref, j’en resterai là pour la suite de sa saga que je n’ai en réalité pas lue, les résumés m’ayant fait fuir définitivement… Et j’en reviens à la Reine des Damnés…

Evidemment… vous imaginez bien que la magie n’a pas fonctionné sur moi qui suis pourtant bon public avec les histoires fantastiques si elles sont bien traitées.

Ce livre est un des rares livres dont j’ai pu trouver que l’adaptation cinématographique est meilleure que le bouquin. Le film a fait l’impasse sur tout un tas d’histoires annexes et de développements métaphysiques pseudo philosophiques ou historiques afin de le réduire sa substance à son essence et c’est bien suffisant.

Ce faisant, l’histoire a aussi été quelque peu transformée ainsi que la fin, vu que certains personnages importants dans le roman en ont été carrément zappés. Et ce n’est pas plus mal.

Ce bouquin est d’une longueur atroce… Les vampires ont peut-être l’éternité devant eux, mais pas moi ! Mes vacances ont une fin ! Bref ça n’en finissait pas ! Et pourtant il ne fait que 500 et quelques pages ce satané bouquin. Quand le roman est bon ça passe vite 500 pages… Et pas là. Pourquoi ?

Et bien si elle a une imagination fertile et se révèle capable de concocter des intrigues qui pourraient être franchement passionnantes, Anne Rice a de sérieux problèmes en matière de construction et d’écriture.

Ses phrases construites au grès de ses associations d’idées dans certains passages vous perdent dans les pronoms au point qu’on ne sait régulièrement plus qui parle de qui…

Ces associations d’idées multiplient par ailleurs les circonvolutions dans le développement d’une idée en ouvrant de multiples parenthèses, voire des parenthèses au sein des parenthèses, au point qu’on est presque surpris quand elle en revient à l’idée qu’elle voulait traiter au départ.

Proust se révèle bien plus clair et plus construit et écrit d’une manière plus légère et poétique.

A cela s’ajoute le fait que la plus grande partie du bouquin semble être écrit sous forme de récits qui se superposent les uns aux autres, les dialogues interactifs étant rares pour ne pas dire inexistants (certains auteurs ne savent pas écrire de dialogues… c’est ennuyeux), ce qui tend à donner le sentiment d’une action figée. « Alors il m’expliqua ceci et me souvenant qu’untel m’avait alors dit cela, je lui répondit ceci »… Franchement sur 500 pages, ça use.

En outre l’écriture se veut très introspective, chaque personnage se voulant extrêmement précis sur ce qu’il ressent au moment de telle action ou de tel dialogue, en le justifiant, en l’argumentant et le déclinant ad nauseam.

Ce travers systématique et répétitif donne une vision très nombriliste de ses personnages et s’avère d’autant plus pénible à lire qu’il étire le développement de l’action indéfiniment.

À cela, ajoutez que le Lestat qu’elle décrit dans les deux premiers volumes comme totalement amoral devient subitement empathique pour une espèce humaine (bénissez-moi, Belette, car j’ai spoilé – Je vous absous répondit la Belette) qu’il considérait jusque là avec un respect comparable à celui avec lequel les supermarchés considèrent les poulets de batteries…

Je ne sais d’où lui vient cette subite illumination, mais Rice, qui passe des pages à nous décrire comment ses petits vampires se regardent le nombril, ne prend même pas la peine de nous expliquer le chemin de Damas miraculeux qui a conduit son vampire le plus narcissique et cynique à se poser en champion de la cause humaine !

Bref, on se trouve là confronté à une incohérence majeure dans l’évolution psychologique d’un des personnages principaux qui laisse sans voix et vient asséner le coup de grâce fatal à cet édifice branlant qu’était déjà ce roman !

Et le pire, cerise sur le gâteau, certains personnages deviennent le prolongement omniscient de l’auteure dans l’intrigue, se lançant dans des passages ressemblant à des cours magistraux où Anne Rice nous assène avec académisme ses conceptions et philosophie personnelles sur l’avenir de l’humanité, sur Dieu, sur l’occultisme, sur le vampirisme, et même sur le féminisme et la lutte entre les sexes (et ouais ! Même ça !!!), ainsi qu’une réécriture chronologiquement déviante de l’histoire de l’Egypte Antique, voire du monde antique tout court.

Anne Rice ayant quitté l’Église Catholique en soutien à son fils ouvertement gay, du fait des positions vaticanaises à l’égard de l’homosexualité, nous présente rien que trois couples homosexués dans son histoire et… ça ajouté au reste, on en vient à se demander si ce livre (voire la saga) n’est pas non plus une forme de prétexte pour mettre en avant ses idées personnelles sur bien des sujets différents dont celui-ci.

En effet, la façon dont elle développe certaines idées et le temps et le soin qu’elle prend à le faire alors que ça n’apporte strictement rien à l’intrigue, m’ont profondément mise mal à l’aise.

C’est un peu comme si prise en otage par l’intrigue dont je voulais connaître le dénouement, je me retrouvais obligée de me fader tout un tas de cours magistraux sur les points de vues personnels de l’auteure, dont je n’avais fichtrement rien à carrer.

Un peu comme si on devait se taper 30mn de publicités disséminées toutes les dix minutes dans un film de 90mn…

Je pense d’ailleurs que ce désir de vouloir nous imposer autant d’idées personnelles qu’elle vient inclure très artificiellement dans l’intrigue vient participer de cette impression de gros problème de construction dans l’écriture d’un livre où l’intrigue ne se développe que péniblement et poussivement.

Et j’allais oublier le petit détail qui tue : chaque chapitre commence par un joooooooooli poème écrit par… son mari. Avait-il besoin de cette publicité gratuite offerte par sa femme pour passer à la postérité ? Franchement trop c’est trop !

La qualité de traitement étant inversement proportionnelle à l’attrait qu’aurait pu avoir l’intrigue, ma notation sera très sévère.

 

Le Fléau – Tome 2/2 : Stephen King

Titre : Le fléau – Tome 2/2

Auteur : Stephen King
Édition : Le Livre de Poche (2003)
Édition Originale : The stand (1978)
Traduction : Jean-Pierre Quijano

Résumé :
Il a suffi que l’ordinateur d’un laboratoire ultra-secret de l’armée américaine fasse une erreur d’une nanoseconde pour que la chaîne de la mort se mette en marche.

Le Fléau, inexorablement, se répand sur l’Amérique et, de New York à Los Angeles, transforme un bel été en cauchemar. Avec un taux de contamination de 99,4 %.

Dans ce monde d’apocalypse émerge alors une poignée de survivants hallucinés. Ils ne se connaissent pas, pourtant chacun veut rejoindre celle que, dans leurs rêves, ils appellent Mère Abigaël : une vieille Noire de cent huit ans dont dépend leur salut commun.

Mais ils savent aussi que sur cette terre dévastée rôde l’Homme sans visage, l’Homme Noir aux étranges pouvoirs, Randall Flagg. L’incarnation des fantasmes les plus diaboliques, destinée à régner sur ce monde nouveau.

C’est la fin des Temps, et le dernier combat entre le Bien et le Mal peut commencer.

Critique :
Après avoir lu le premier tome durant le confinement, j’ai eu besoin d’une pause et après 3 mois, j’ai estimé que je pouvais entamer le second tome.

Mes amis les Gentils m’attendaient sagement et ce fut avec grand plaisir que je retrouvai Nick, Stu, Ralph, Frannie, Larry, Glen, Tommy, Joe et Mère Abigaël.

Quant aux Méchants, aux ordres de l’Homme Noir, du Patron, du Promeneur, ils sont à Cibola, ou plutôt à Las Vegas…

Si le premier tome m’avait embarqué et que je n’avais pas vraiment ressenti certaines longueurs (je l’ai lu en version intégrale, sans les coupes de l’éditeur), dans ce second et dernier tome, j’ai eu plus de mal, je n’avançais plus aussi vite, comme si je devais faire la route à pied.

Rome ne s’est pas faite en un jour, je le sais, il faut du temps pour repartir après l’extermination de 90% de la population, mais le périple de La Poubelle était long et monotone. Ce fut le passage le plus chiant, avec les comptes-rendus du comité de Boulder.

Autant ou certains passages sont longs et laborieux, autant le final a été expédié d’un coup de cuillère à pot après un périple, à pied, de plus de 1.200km et de 1.500 pages.

D’accord, je râle lorsque les auteurs font traîner les affrontements finaux pour faire des pages et qu’à la fin, on tourne en rond, mais ici, je m’attendais à un affrontement Bien-Mal d’une manière différente.

Durant des centaines et des centaines de pages, le King nous parle de deux personnages étranges dont les gens rêvent : Mère Abigaël ou l’Homme Noir, représentant le Bien et le Mal et tadaaa boum, en quelques paragraphes, c’est expédié, rayé de la carte.

Je me suis sentie grugée, surtout qu’ensuite, le King prend 90 pages pour un voyage de retour qui dure, qui dure… Ça fait un sacré déséquilibre.

Un affrontement plus travaillé et un retour plus rapide aurait été plus intelligent, même s’il y a de l’ironie et du cynisme dans la manière qu’à le King de résoudre le problème de l’Homme Noir. L’arroseur arrosé par son propre tuyau.

Malgré tout, je suis contente d’avoir ENFIN lu le Fléau car il y a une chose que je ne peux pas reprocher au King, c’est d’avoir fait preuve de manichéisme.

Certes, les Méchants ne sont pas sympas et on aimerait boire un verre avec les Gentils, mais il y a une évolution dans ses personnages car tous ont évolués, appris quelque chose, changé de caractère et même Tommy, à qui il manquait une case, a changé. Dans le camp de l’Homme Noir aussi, des consciences s’éveillent.

À Boulder, en Zone Libre, on essaie de changer, de ne pas reproduire les mêmes erreurs qu’avant, mais chassez le Naturel, il revient au galop… L’Homme a du mal à perdre ses mauvaises habitudes et ses peurs primales des Autres.

Une fois de plus, le King nous propose un livre dérangeant à bien des égards. La dictature chez l’Homme Noir semble plus simple que la tentative d’ébauche de démocratie en Zone Libre car quand un seul prend des décisions et donne des ordres, c’est plus rapide que de demander l’avis de tout le monde…

Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions et la démocratie de la Zone Libre est peut-être un mirage puisque le comité reprend les personnages principaux du premier tome.

Quand on réfléchit bien (et le King nous donne de quoi réfléchir), il y a du bon et du mauvais dans les deux camps et si la dictature est à proscrire, la démocratie a du plomb dans l’aile quand elle décide d’en envoyer certains au front…

Le Fléau, ce n’est pas qu’un simple roman fantastique pré et post-apo, c’est aussi une tentative de reconstruction, la méfiance des autres, mais aussi du besoin des Hommes de se regrouper puis de se séparer lorsque le groupe devient trop important et qu’on commence à se marcher sur les pieds.

En un mot, Le Fléau, c’est à lire !

Après une telle lecture, je m’en vais lire un Astérix, ça me fera du bien au moral…

PS : Stephen King, aurait-il par hasard une dent sur les belettes ? Parce que dans son roman, il cite mon animal totem au moins 36.000 fois et jamais pour leur jeter des fleurs…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX]et le Challenge Pavévasion – Saison 1 (17 mars – 15 avril ?) chez Mez Brizées [Lecture N°07 – 790 pages – Livre de Poche].