Calvin et Hobbes – Tome 9 – On n’arrête pas le progrès ! : Bill Watterson

Titre : Calvin et Hobbes – Tome 9 – On n’arrête pas le progrès !

Scénariste : Bill Watterson
Dessinateur : Bill Watterson

Édition : Hors collection (2011)
Édition Originale :
Traduction : Laurent Duvault

Résumé :
Calvin est un petit garçon comme les autres qui adorent se raconter des histoires. Il imagine des aventures extraordinaires avec tigre en peluche, Hobbes, doué de parole.

Une création originale de Bill Watterson, qui a su séduire un large public par son inventivité, son humour et son intelligence.

Critique :
Qui c’est qui fout le bordel dans la maison ? Qui c’est qui ne veut jamais que ses parents passent une soirée tranquille au resto ? Qui c’est qui a fait monter le prix du baby-sitting ?

Ben c’est Calvin, bien entendu ! Et après avoir enfermé sa baby-sitter dehors, je pense que le prix va tripler !

Calvin & Hobbes, c’est un de mes duos préférés. Gamine, j’adorais Boule & Bill (je les aime toujours), mais ils étaient bien plus sage que le duo créé par Bill Watterson.

Non, Calvin n’est pas un gentil petit garçon, que du contraire, il est capable de rendre tout le monde chèvre par ses bêtises, ses réflexions et ses excuses pour ne pas faire ses devoirs. Son imagination est débordante, tantôt il se voit en T-Rex dans la cour de l’école, en géant, en Spiff le spationaute ou en Hyperman, un super-héros.

Bien que l’on n’ait pas envie de l’avoir comme petit frère ou comme fils, Calvin reste un personnage plus qu’attachant et ses réflexions ne sont jamais dénuées de vérité. Un philosophe en culottes courtes et au t-shirt rayé.

Quant à son tigre parlant (peluche ou pas ? Mystèèèèère), bien qu’il vendrait toute la famille pour une boîte de thon, bien qu’il s’amuse à sauter sur Calvin lorsque ce dernier rentre de l’école, il est encore plus sarcastique que son jeune ami.

Si la série ne donne jamais de dates ou de références permettant de la situer dans le temps, on peut tout de même la situer dans les années 80/90, bien avant l’apparition des téléphones portables, des smartphones, de lecteurs DVD ou autres gadgets de notre époque.

Cela lui permet avant tout de rester intemporelle et de bien vieillir. De toute façon, la critique de la société américaine, faite par l’auteur, est elle-même intemporelle.

Anybref, les albums de Calvin & Hobbes, ce sont des petits bonbons acidulés, que l’on a envie de bouffer toute la journée, mais que l’on suçote avec parcimonie, pour ne pas arriver trop vite à la fin du paquet (bah, on recommencera à relire les 24 tomes), afin de faire durer le plaisir le plus longtemps possible.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

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Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette – 04 – Liège en eaux troubles : Nadine Monfils [LC avec Bianca]

Titre : Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette – 04 – Liège en eaux troubles

Auteur : Nadine Monfils
Édition :

Résumé :
Bienvenue dans la ville la plus déjantée de Belgique !

De passage à Liège pour une exposition de ses peintures, René Magritte se promène sur les quais avec son épouse Georgette et leur chienne Loulou. Soudain, ils reconnaissent un célèbre chanteur des rues, dans son habit de scène constellé de fleurs en plastique. L’artiste est en train de pêcher.

Attention, ça mord ! Mais voilà que sort de l’eau un pied de fillette dans un soulier doré ! Fini, les flâneries, René et Georgette partent percer ce mystère dans la Cité Ardente du grand Simenon.

Critique :
Qué n’affaire, à Lidje ! Il s’y est passé un truc horrible !

Non, personne n’a raté la sauce lapin qui va avec les boulets (une tuerie culinaire), personne n’a chanté « Liège je t’aime », assis sur une gauf’ de Bruxelles (un « scandale » qui a eu lieu dans l’autre sens, moi ça m’a juste fait pisser de rire). Non, on a juste repéché une jambe tout seule, une jambe d’une gamine, à ç’qu’on dirait.

Nom di djâle, i’s’passe des trucs louches dans la Cité Ardente ! Alleï, fieu, ça va d’aller ! Oups, mon bruxellois remonte à la surface alors que je devrais prendre l’accent de Liège. Mais je suis comme Magritte, moi, une wallonne exilée en terre bruxelloise et qui manipule les patois : celui de mes origines et celui de ma nouvelle vie. Hé, la bilinguisme c’est pas pour les chiens, bande de klet !

Oufti, donc, Magritte et Georgette (ainsi que leur p’tite chienne Loulou) sont à Lidje (Liège) et bardaf, v’la déjà qu’ils tombent sur un crime. Quelqu’un a perdu sa jambe, coupée… Péchée dans le canal…

D’ailleurs, des crimes, il va en pleuvoir, je ne savais pas que la Cité Ardente était aussi dangereuse. Une fois de plus, notre couple sympathique va se piquer d’enquêter, dans le monde du cirque et des freaks, plus précisément.

L’écriture de Nadine Monfils est pétillante, remplie de verve et de choses intéressantes que l’on apprend sur Magritte ou d’autres pointures belges. Simenon sera mis à l’honneur dans ce quatrième tome et je suis tombée des nues devant ce que j’ai appris sur l’auteur. Désolée, j’ai lu Simenon, mais je n’ai jamais lu sa biographie.

Récit émaillé de bons mots, de plaisanteries, ainsi que de patois liégeois ou bruxellois, ce policier se laisse lire avec plaisir, un sourire aux lèvres, pas tellement pour la résolution de l’enquête, qui tombera assez vite, une phrase dite par un personnage qui fera tilter notre Magritte, mais plus pour le côté gouailleur de l’autrice, qui fait dire bien des choses à ses personnages, jamais dénué de bon sens ou d’humour.

J’ai appris à connaître Magritte au travers des romans de Nadine Monfils et c’est un portrait inattendu qui m’a été donné de voir. Si vous le pensiez sérieux comme un pape, révisez votre jugement, c’est un garnement, un gamin dans un corps d’adulte. Il est d’un réalisme saisissant, comme tous les autres personnages qui sont brossés dans le romans, réels ou de fiction.

Un roman policier où la résolution sera réduite à sa portion congrue, sans que cela n’entrave le plaisir de lecture, puisqu’il est ailleurs. Je ne suis pas une habituée de la ville de Liège, même si j’ai déjà monté ses côtes faramineuses, y laissant mon souffle et mon cardio, mais l’autrice a su rendre le charme que possède cette ville dans son récit, ainsi que le côté chaleureux et déjanté de ses habitants.

Une LC réussie avec Bianca, qui avait trouvé l’identité du/de la coupable, une parenthèse agréable dans mes lectures, un moment de fraicheur dans la canicule, bref, une lecture faite avec le sourire aux lèvres.

PS : attention, il ne faut pas confondre la gauf’ de Bruxelles (longue, rectangulaire, légère, croquante et ouske tu peux mettre des fraises, de la chantilly et du suc’ impalpable, bref, 8 ans dans les cuisses) avec la gauf’ de Lièche (oui, l’accent est important si tu veux pas passer pour un français), qui est ronde, avec du sucre perlé à l’intérieur, collante, sucrée, bref, 12 ans dans les cuisses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°23].

Lorsque l’on chante « Bruxelles je t’aime », aux victoires de la musique, assise sur une gaufre de Liège, ça fait une scandale chez nous ! PTDR

Les Dames de Marlow enquêtent – 01 – Mort compte triple : Robert Thorogood

Titre : Les Dames de Marlow enquêtent – 01 – Mort compte triple

Auteur : Robert Thorogood
Édition : de La Martinière (06/05/2021)
Édition Originale : The Marlow Murder Club (2021)
Traduction : Sophie Brissaud

Résumé :
Dans la petite ville de Marlow, en Angleterre, Judith Potts, 77 ans, mène la vie qui lui plaît. Elle boit un peu trop de whisky et se baigne toute nue dans la Tamise, et alors ? Au pays des excentriques, elle est la reine !

Un soir, elle entend, provenant de la maison de son voisin, un cri suivi d’un coup de feu. Elle en est sûre : un meurtre a été commis. Mais la police ne la croit pas. Pas d’énigme sans solution pour Judith Potts !

La vieille anglaise passionnée de mots-croisés va se lancer dans l’enquête avec, à ses côtés, Becks, la femme du vicaire, et Suzie, la promeneuse de chien et commère attitrée de Marlow.

Vous reprendrez bien un nuage de crime avec votre thé ?

Critique :
Il était dit que ce roman était un mélange entre Miss Marple et le capitaine Marleau (dixit les Editions de la Martinière).

Bien que phonétiquement parlant, le nom de la ville soit le même que le nom de notre capitaine à la chapka, bien que Judith Potts soit un peu excentrique, la ressemblance s’arrêtera là.

Jamais cette vieille dame de 77 ans n’a débarqué sur une scène de crime en criant « Salut camarades ».

Pour profiter au mieux de ce cosy mystery, il vaut mieux se dire que c’est pour se détendre l’esprit, sans rien attendre de plus, afin de ne pas tiquer sur quelques invraisemblances ou les petits arrangements scénaristique de l’auteur, afin d’aider son groupe de femmes.

Judith Potts qui devient copine tout de suite avec l’inspectrice principale, puis avec deux autres habitantes du village, qui la suivent dans son enquête, leurs magouilles pour extorquer un papier de la déchiqueteuse chez un notaire… Cette action était drôle, amusante et j’ai croisé les doigts que nos dames y arrivent, mais bon, c’était un peu capillotracté.

Voilà pourquoi, si on veut profiter de sa lecture, il faut faire abstraction de ces petits détails, c’est une lecture sans prise la tête et de temps en temps, cela fait un bien fou. Je n’en demandais pas plus.

Sans être trépidante, cette enquête avance pourtant à bonne vitesse et il est difficile de s’y ennuyer, tant les meurtres semblent insondables : à qui profite les crimes ? Oui, c’est facile à trouver, mais les meurtriers possibles avaient de très bons alibis et à ce moment-là, on se dit que seul un lieutenant Columbo arriverait à trouver la faille dans tout ce brol.

Alors que comme Judith Potts, je nageais dans la panade, je me suis souvenue d’un film, vu il y a longtemps et la lumière s’est faite dans mon esprit. J’avais peut-être la solution ! Mais il me manquait un lien et je me suis retrouvée à nager dans la Tamise, ce qui n’est peut-être pas très sain, si ? Judith, elle, elle y nage et à poil !

On a de l’humour, des personnages féminins qui sont sympathiques, dont certaines cachent des secrets (Judith), dont une à des soucis avec ses enfants (Suzie, la dogsitter) et une autre qui a épousé un banquier avant que celui-ci ne troque les costumes pour une tenue de vicaire.

Becks, la femme du vicaire, m’a fait penser à une sorte de Bree Van de Kamp (Desperates Housewives), tant elle est une maniaque de son intérieur, se veut être la mère parfaite, l’épouse parfaite, la femme au foyer parfaite et ni ses enfants, ni son mari, ne se rendent compte de tout ce qu’elle fait pour eux. Révolte-toi, ma grande !

C’est donc un petit cosy mystery sans prétention aucune, si ce n’est de divertir les lecteurs et lectrices.

Peut-être qu’en temps normal, cette lecture me serait tombée des mains, mais là, je suis dans une passe vide (elle passera, cette mauvaise passe) et j’ai envie de romans qui ne me prennent pas la tête, qui me détendent, qui me font du bien au moral et, ma foi, il tombait à pic.

Une lecture parfaite pour se vider l’esprit, tout en passant un bon moment de lecture. Un polar qui ne se prend pas au sérieux, qui propose des héroïnes décalées, amusantes, sympathiques, qui met en avant une petite ville où tout le monde connaît tout le monde.

Un cosy mystery avec tout de même trois meurtres, un mystère opaque et une solution qui n’était pas simple à trouver. Le petit plus, ce sont les trois grilles de mots croisés à la fin de chaque partie (solutions à la fin) parce que notre Judith est cruciverbiste et qu’elle crée des mots croisés pour les journaux.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°244] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les Aventures de Philip et Francis – Tome 3 – S.O.S. Météo : Nicolas Barral et Pierre Veys

Titre : Les Aventures de Philip et Francis – Tome 3 – S.O.S. Météo

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Nicolas Barral

Édition : Dargaud (2014)

Résumé :
Tout le monde le sait : le professeur Mortimer est gentil. Très gentil. Un peu trop, même. Ce qui fait que beaucoup de ses proches en abusent largement. Le capitaine Blake s’impose chez Mortimer avec un sans-gêne assumé.

Nasir, le fidèle serviteur, tient tête à son maître, et ose même évoquer le hideux concept d’augmentation de ses gages. Les commerçants indélicats le traitent avec mépris. Les voyous du quartier le martyrisent et l’humilient depuis des années…

Mais cela a assez duré ! Grâce à une terrible invention scientifique, notre charmant professeur va se transformer en une créature monstrueuse ! Prisonnier de ses instincts criminels incontrôlables, Mortimer va-t-il devenir l’ennemi public numéro un ?

Critique :
Ayant envie de rire un coup, j’ai attrapé le dernier album des Aventures désopilantes de Philip et Francis, pastiche de Blake et Mortimer où les deux personnages sont moins guindés que dans l’original. Quoique…

Le pauvre Francis Blake s’est disputé avec sa maman et il débarque pour dormir la nuit chez son vieil ami Philip Mortimer, qui voit son ami s’imposer chez lui et y foutre le bordel. Et même pire !

Le problème de Mortimer, c’est qu’il n’a pas d’autorité et qu’on lui dirait bien d’aller s’en acheter une paire au magasin du coin, en essayant de ne pas se faire voler les courses par les voyous du quartier.

L’art du pastiche est difficile, il faut faire rire en détournant les codes des personnages appartenant à une série connue, le tout sans en faire trop, en gardant un subtil équilibre avec le burlesque afin d’éviter d’en mettre de trop.

Le premier tome m’avait conquise, le deuxième était moins bon, par contre, le troisième, il est réussi aussi ! J’ai souri et j’ai ri de voir les détournements que les auteurs avaient fait avec les clichés anglais, sans pour autant en faire trop.

C’est bien mis en scène, c’est drôle, amusant et voir Mortimer devenir un méchant autoritaire était jubilatoire. Les autres personnages ne sont pas en reste et c’est tout l’album qui est un plaisir à lire, tant le burlesque était bien utilisé.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°243], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Z comme Don Diégo – Tome 2 – La loi du marché : Fabcaro et Fabrice Erre

Titre : Z comme Don Diégo – Tome 2 – La loi du marché

Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabrice Erre

Édition : Dargaud (2012)

Résumé :
Ce 2e épisode de Z comme don Diego voit arriver don Winnero de la Gagna, le nouvel instituteur plutôt beau gosse, dans le village.

Sexoualidad en tombe immédiatement amoureuse, ce qui plonge don Diego dans la déprime.

Cerise sur le gâteau, un nouveau justicier, Wolverino, fait son apparition et, très vite, supplante Zorro dans le coeur du peuple. Bien entendu, Wolverino n’est autre que don Winnero de la Gagna… et pour Zorro, c’est la déprime totale !

Critique :
Après une lecture d’une bédé qui ne m’a pas plu du tout, il me fallait revenir à de la valeur sûre, alors, je me suis précipitée sur le tome 2 des folles aventures de Don Diego.

Au moins, j’avais l’assurance que j’allais rire et oublier l’actualité morose.

L’intro faite par Bouzard m’a déjà fait sourire…

Ensuite, je me suis replongée dans les mésaventures de ce pauvre Don Diego, Le Zorro, qui est bien loin de celui qui fit passer à bien du monde, des soirées télé agréables et en famille. Ici, nous sommes dans la parodie.

Notre justicier masqué est toujours fou amoureux de la belle Sexoualidad, mais il a de la concurrence en la personne du beau et blond nouvel instituteur, sans compter qu’il a aussi de la concurrence avec Wolverino, le nouveau justicier masqué, en tunique jaune et bleue.

Pauvre, pauvre Zorro Don Diego qui ne fait pas le poids…

Les gags sont sous forme de strips en deux bandes de 3 cases, les dessins sont toujours aussi drôles, toujours aussi fous (je ne vous parlerai pas des chevaux), il faut aimer, mais je trouve qu’ils vont bien à ce genre d’humour un peu potache, parsemé de situations où le scénariste pousse ses gags dans le grotesque de situation, sans jamais franchir la ligne rouge et devenir non drôle.

Sans hurler de rire, j’ai passé un bon moment, avec un sourire un peu bête affiché sur ma trogne, durant toute la lecture.

Un plaisir non remboursé par les mutuelles, dommage.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 40 pages) et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°29).

Mafalda – 04 – La bande à Mafalda : Quino

Titre : Mafalda – 04 – La bande à Mafalda

Scénariste : Quino 🇦🇷
Dessinateur : Quino
Traduction : Josette et Anne-Marie Meunier

Édition : Glénat (1981 / 2010)

Résumé :
On ne présente plus Mafalda, petite fille vive qui découvre la vie, ses joies, ses absurdités et ses horreurs. À travers l’éveil d’un enfant Quino nous livre sa réflexion sur le monde et sur l’étrange animal qui le peuple : l’être humain.

Critique :
Un coup de barre ? Mafalda et ça repart !

Ou pas, parce que si l’on rit des réflexions de la gamine, vu leur pertinence, même à l’heure actuelle, c’est parfois plus des piques qu’autre chose.

Non, non, rien n’a changé !

Mafalda était déjà éclairée à l’époque et depuis, les problèmes sont toujours les mêmes, notamment avec les risques nucléaires puisque nous sommes en pleine Guerre Froide.

Ses amis ajoutent du piment à ses réflexions, à sa vie. Le blond Miguelito, avec ses cheveux en bataille, ses envies d’être trompettiste, ses réflexions pleines de bon sens et sa mère qui lui crie dessus. L’orgueil ne quitte jamais Susanita, qui ne rêve que de mariage, d’enfants, de richesse, le tout en étant égoïste, bien entendu.

Le capitaliste est toujours Manolito. Il parle business, fait de la pub pour l’épicerie de son père, déteste les Beatles et n’est pas intelligent. Le rêveur, c’est Felipe, qui aime se déguiser en cow-boys et faire des mots croisés.

Comme les enfants, ils aiment les vacances, pleurent à la rentrée des classes, n’aiment pas l’école, la soupe, écoutent les disques des Beatles (sauf Manolito), jouent au parc et parlent du monde, du quartier, de leurs rêves d’adultes ou de gosses.

Ils abordent aussi la politique, la société, l’économie. Du haut de leur âge (5 ou 6 ans), ils sont totalement décalés et on aurait presque envie de leur dire de jouer sans s’inquiéter de la santé du Monde, qu’il sera temps pour eux de faire du mauvais sang une fois adulte.

Lire un album de Mafalda, c’est faire un bon dans le temps. Le petit goût rétro qui s’échappe des gags a tout de même encore un goût de présent, comme s’ils étaient intemporels.

Le Monde et l’Homme ne changent pas, Mafalda est donc toujours aussi pertinente, toujours aussi lucide, caustique, de nos jours, qu’elle ne l’était à son époque (1964 à 1973 pour l’Argentine).

Un plaisir à lire, mais les adultes comprendront mieux que les jeunes enfants…

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°03) et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages).

Une année au lycée – Tome 1 – Guide de survie en milieu lycéen : Fabrice Erre

Titre : Une année au lycée – Tome 1 – Guide de survie en milieu lycéen

Scénariste : Fabrice Erre
Dessinateur : Fabrice Erre

Édition : Dargaud (18/04/2014)

Résumé :
Fabrice Erre est actuellement enseignant en histoire-géographie dans un lycée près de Montpellier, après avoir débuté dans un établissement de la banlieue parisienne.

Agrégé et docteur en histoire, il est aussi, étrangement, auteur de bandes dessinées depuis plusieurs années : il était inévitable qu’un jour il racontât sa vie de professeur dans un livre où ce qui relève de la réalité et de l’imagination n’est pas forcément ce que l’on croit…

Un témoignage hilarant sur le quotidien d’un professeur d’histoire-géo ! Il faut dire que le lycéen est un être particulier : tantôt agité, dissipé, provocateur, studieux, complexé, blasé, dragueur, sérieux, paumé, suiveur, décidé, amusant ou amusé…

Bref, c’est d’abord un adolescent, souvent déroutant, qui tente de se frayer un chemin vers le Graal : le bac ! Fabrice Erre a recensé les nombreuses anecdotes qui lui sont arrivées pour en faire une suite de gags décapants.

Critique :
Toujours dans le but de me détendre après deux romans particulièrement émotionnels et durs, j’avais envie de rire un bon coup, afin de diminuer ma tension artérielle.

La pêche a été bonne, j’ai choisi le bon album pour me détendre et faire travailler mes zygomatiques.

Les dessins de Fabrice Erre sont parfaitement reconnaissables, avec cette absence de coudes, rendant les bras des personnages mous.

Peu de décors en arrière-plan, des couleurs parfois monochromes, mais cela ne m’a pas dérangé. Les dessins sont plus des gros nez que réalistes, mais une fois encore, ce n’est pas un soucis pour moi. J’adore ce côté décalé et caricatural des têtes des personnages.

N’ayant jamais été prof, je ne puis juger de la pertinence des gags de l’auteur… Juste qu’ils m’ont bien fait marrer.

Ayant été élève bien avant les réseaux sociaux, je ne puis non plus témoigner des ados accro à ça et chez nous, mais j’imagine aisément.

À mon époque (je me sens vieille en disant cela), le Bac n’étant que la corbeille à papier, je ne puis non plus témoigner des angoisses d’avant le Bac que les français et françaises passaient lors de leur dernière année.

Mais j’avais la trouille de rater ma dernière année, la fameuse Rétho, comme on dit chez nous… Et les profs nous avaient bien foutu une pression énorme sur nos épaules, les salopards d’enfoirés !

J’ai apprécié cette lecture qui montre l’envers du décor, les angoisses des profs, les réunions de parents, les problèmes des professeurs et l’impertinence, l’imbécilité, le m’en foutisme de ados, quelque soit l’époque (nous ne devions pas en être très éloigné, les smartphones en moins).

L’humour est décapant, cynique, souvent caricatural, un peu poussé à l’extrême, mais ça marche à tous les coups car nous sommes dans de l’humour et qu’il faut parfois accentuer les situations pour faire rire les gens et leur faire prendre conscience de ce qu’il se passe vraiment dans les classes.

Un bon gag vaut parfois mieux que mille discours.

#LesMémés – T01 – Chroniques des âges farouches : Sylvain Frécon

Titre : #LesMémés – T01 – Chroniques des âges farouches

Scénariste : Sylvain Frécon
Dessinateur : Sylvain Frécon

Édition : Fluide glacial (03/02/2021)

Résumé :
Ce qui est bien avec l’âge, c’est qu’on n’hésite plus à donner son opinion sur tout. Et c’est ce qui fait tout le charme de ces mémés vives d’esprit, parfois acerbes mais toujours très lucides sur le monde qui les entoure.

Un album vif et truculent où l’absurde et la poésie font bon ménage.

Critique :
L’avantage du grand âge, c’est qu’il permet de dire tout et n’importe quoi ! Le tout en se foutant bien du quand-dira-t-on, de choquer ou pas…

Les mémés qui peuplent ces pages sont caustiques, irrévérencieuses, acides, lucides, elles ont les nichons qui pendouillent, les fesses qui débordent de tous les côtés, le caddie qui les suit et elles m’ont bien fait rire, ces mémés, avec leurs réflexions pas piquées des hannetons.

L’une d’elle m’a même fait péter de rire en utilisant un masque facial d’une toute autre manière que pour se protéger du covid.

Et puis, elles sont branchées, les mémés ! Elles likent, elles pokent, bref, elles sont connectées.

Les dessins sont dans des formes simples. Pas de chichis. Soit l’auteur nous offre nos mémés évoluant dans des décors minimalistes, juste ce qu’il faut, soit nos petites vieilles se retrouvent sur des fonds blancs pour distiller leurs réflexions sur tous les sujets possibles.

Ce minimalisme leur va comme un gant !

Des grands dessins (les vieux pourront lire sans difficulté), des gags sur une page ou deux, une grande police d’écriture, bref, tout est fait pour qu’on puisse les lire jusqu’à 77 ans et plus.

Une bien belle découverte, que ces mémés caustiques qui nous livrent des réflexions pleines de bons sens, d’humour, de causticité, sur notre société, le monde, bref, elles philosophent accoudées au zinc d’un bar et en plus d’être drôles, elles sont bien piquantes !

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 96 pages).

Deadpool (Marvel Dark) – 01 – La nuit des morts-vivants : Cullen Bunn et Ramón Rosanas

Titre : Deadpool – 01 – La nuit des morts-vivants

Scénaristes : Cullen Bunn & Swierczynski Duane
Dessinateurs : Ramón Rosanas & Bond Philip

Édition : Panini Comics – Marvel Dark (2014)

Résumé :
Après une violente indigestion, Deadpool sort du coma et découvre que l’apocalypse a eu lieu !

Les zombies ont envahi le monde… et le mercenaire ne souhaite pas finir dans leurs estomacs.

Cullen Bunn, l’auteur de la Deadpool Massacrologie, vous présente le plus sombre récit dédié à Deadpool, dans la lignée de la Nuit des Morts Vivants de George Romero.

Critique :
Deadpool, j’ai adoré le personnage dans le film : décalé, m’en-foutiste, cynique, caustique, à l’humour grinçant, bref, un anti-héros ! Donc, j’avais envie de le découvrir en comics et ma pioche fut bonne.

La première chose que j’ai apprécié, ce sont les dessins. Ceux-ci sont d’excellente facture et réalistes.

La deuxième chose, ce sont les couleurs, ou plutôt, l’absence de couleurs ! Tout le récit est en noir et blanc, les seules touches de couleurs sont pour Deadpool, puisqu’il ‘a pas été zombifié.

Il est donc repérable. Le décalage est garanti. Cela donne à l’album une touche colorée qui m’a bien plu.

Ses phylactères sont en jaunes, ce qui rend ses paroles encore plus visibles. Enfin, bien souvent, ce sont des monologues, Deadpool parle pour lui tout seul, fait ses petites réflexions et c’est ce qui fait sourire.

Oubliez votre peur des zombies, laissez de côté l’horreur et l’épouvante, nous sommes plus dans un style de zombies de Séries B que ceux qui foutent vraiment la trouille comme dans Walking Dead.

Oubliez aussi la profondeur des personnages ou du scénario, qui est d’un classique absolu. Deadpool a fait une longue sieste, l’apocalypse a eu lieu, tout le monde, ou presque, est transformé en zombie et tous les super-héros sont morts en combattant les morts-vivants !

Le but n’était sans doute pas de faire un album intelligent, mais de rendre hommage au film « Nuit des Morts Vivants » de George Romero, ainsi qu’à d’autres, que je n’ai pas repérés, ma culture du zombie étant assez basique.

Ce qui m’a troué le cul, c’est d’apprendre que TOUS les super-héros sont morts en combattant les zombies… Vu le nombre de super-héros dans l’écurie Marvel, vu les super-puissants qui s’y trouvent avec des armures ou des peaux à l’épreuve de tout, apprendre qu’ils sont tous morts, voir le bouclier du Cap abandonné, ça fait mal au bide et pose des questions sur leurs supers pouvoirs…

Anybref, il devait sans doute en être ainsi pour laisser le champ libre à ce fou de Deadpool et lui donner le rôle de sauver le Monde…

Donc, zéro cauchemars en vue lors de la lecture de ce comics, mais des sourires assurés, notamment dans les réflexions de Deadpool. On aura quelques scènes un peu gore, trash, avec des têtes coupées, mais si j’y ai survécu sans soucis, vous devriez vous en sortir haut la main.

C’est amusant, sympathique et on prend plaisir à lire ce récit de zombies totalement déjanté.

La seconde histoire, « Frappe aveugle » bien plus courte et aux dessins moins bien exécutés (c’est une histoire de goût) reste néanmoins un moment humoristique avec Deadpool en fâcheuse position qui nous gratifiera de ses réflexions toujours caustiques ou humoristiques.

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde – USA, Bulles & cimetière.

 

La fuite du cerveau : Pierre-Henry Gomont

Titre : La fuite du cerveau

Scénariste : Pierre-Henry Gomont
Dessinateur : Pierre-Henry Gomont

Édition : Dargaud (18/09/2021)

Résumé :
Le 18 avril 1955, Albert Einstein passe de vie à trépas. Pour la science, c’est une perte terrible. Pour Thomas Stolz, médecin chargé de l’autopsie, c’est une chance inouïe. Il subtilise le cerveau du savant afin de l’étudier.

S’il perce ses mystères, il connaîtra la gloire… Le problème, c’est que le corps d’Einstein le suit !

Privé de cerveau, Albert continue à bouger, à marcher, à parler. La perspective de comprendre le fonctionnement de ses neurones l’excite au plus haut point. « Formidable ! On va faire ça ensemble, tous les deux « , dit-il à Stolz.

Reste à trouver un laboratoire à l’abri des regards. Ce qui n’a rien d’évident quand on a le FBI aux trousses…

Critique :
Je ne pourrai pas dire que cette bédé n’est pas originale car assurément, elle est des plus originale !

Albert Einstein vient de décéder et Stolz, le médecin légiste chargé de son autopsie, subtilise le cerveau du savant afin de l’étudier et de tenter de comprendre pourquoi Einstein était si intelligent.

Là où cela devient amusant et totalement barré, c’est quand Albert Einstein (la boîte crânienne ouverte) apparaît soudain dans sa cave !

Au départ, ma lecture a été épanouie, je kiffait le récit et m’amusait de voir ce pauvre Stolz courir partout pour essayer d’échapper à tous ceux qui étaient à sa poursuite.

Le fantôme d’Einstein, visible par tout le monde, m’a vraiment plu. Il est attendrissant, plein d’humour, d’espièglerie et le voir porter une chapka était un must. Par contre, le côté trépané du crâne, c’est moins agréable à voir.

Les dessins sont spéciaux, mais j’ai apprécié les mises en page dynamiques et la représentation des métaphores. C’était original.

Le récit est déjanté, burlesque, puisque l’auteur débride son imagination et la laisse courir là où elle veut, mélangeant des faits réels avec d’autres, totalement inventés et loufoques. Le pire, c’est que l’on marche à fond et que Einstein est plus vrai que s’il n’était pas décédé.

Par contre, à un moment donné, ce road movie commence à devenir trop long et j’ai perdu mon souffle dans les multiples rebondissements, perdu un peu le fil rouge lorsque le scénario a commencé à partir dans tous les sens, battant la campagne américaine.

Comme ils disent souvent à Top Chef : ce n’est pas équilibré ! On se retrouve avec un roman graphique rempli de saveurs et de goûts différents, mais tous ne se marient pas harmonieusement. Il y a tellement d’ingrédients dans ces pages (et de portes ouvertes scénaristiquement et qu’il faut refermer ensuite), qu’à la fin, le plat devient indigeste.

Mitigée je suis, avec ce roman graphique. D’un côté, j’ai aimé la folie du récit, son côté déjanté, le culot et l’imagination qu’il fallait à l’auteur pour mettre tout cela en page (sans oublier le boulot, côté dessins) et de l’autre, j’ai trouvé que ce récit manquait d’équilibre tant il donne l’impression de tourner en rond comme un chien après sa queue et de traîner en longueurs.

Malgré tout, cela valait la peine de le découvrir pour la richesse artistique dans les illustrations et les bonnes idées de l’auteur (qui ne marchent qu’avec une bédé). Dommage que le récit peine à trouver son rythme à un certain moment, comme si l’auteur n’avait pas trop su comment faire avancer son histoire.

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Fantômes).