Les folles enquêtes de Magritte et Georgette – 01 – Nom d’une pipe ! : Nadine Monfils [LC avec Bianca]

Titre : Les folles enquêtes de Magritte et Georgette – 01 – Nom d’une pipe !

Auteur : Nadine Monfils
Édition : Robert Laffont La bête noire (06/05/2021)

Résumé :
C’était au temps où Bruxelles bruxellait…
À l’arrêt du tram, le célèbre peintre René Magritte, chapeau boule, costume sombre et pipe au bec, a une vision étrange : une jeune femme en robe fleurie, debout à côté de son corps ! Il en parle à Georgette, son épouse, et immortalise la scène dans un tableau.

Quelques jours plus tard, cette femme est retrouvée assassinée, avec une lettre d’amour parfumée dans son sac et un bouquet de lilas sous sa robe.

Critique :
« Ceci n’est pas une pipe », comme le disait si bien le président Bill Clinton à la commission d’enquête. Normal, c’était une fellation…

Pour Magritte, son célèbre tableau n’est en effet pas une pipe, mais la représentation d’une pipe puisqu’on ne sait pas la fumer…

Magritte comme je ne l’avais jamais vu ! N’étant pas fan de ses peintures (mais ne lui dites rien, hein !),  je ne me suis jamais attachée à en savoir plus sur l’homme. Le suivre dans une enquête était une expérience formidable car le ton du roman est décalé, déjanté, bourré d’humour et de bons mots qui sentent bon Bruxelles (on prononce Brusselles et surtout pas en accentuant le X).

Évidemment, moi, j’étais en terrain conquis, là où Bianca découvrait ma ville, son patois, ses bons mots, ses petites ruelles des Marolles… J’étais comme un poisson dans l’eau et pour lui éviter de buter sur des mots dont nous sommes les seuls à utiliser, je lui ai envoyé la traduction.

Rassurez-vous, ils sont facilement trouvable en demandant à Google, n’empêche pas la lecture ou la compréhension, que du contraire. En plus, cela donne au récit un goût d’authenticité unique en son genre. Vous serez à Bruxelles ! Mon seul bémol est que l’on ne sent plus l’odeur du chocolat s’échappant des usines Côte d’Or, mais ceci n’est pas la faute de Nadine Monfils.

Après la lecture hautement addictive et « cardiaquement » dangereuse de « 1991 », lire les folles enquêtes de Magritte et de son épouse ont été une bouffée d’air frais, un moment de bonheur intense, comme lorsque l’on déguste une praline en chocolat que l’on ne connaissait pas et qui tapisse votre palais de multiples saveurs toutes plus exquises les unes que les autres.

L’inconvénient, c’est qu’après avoir lu un Thilliez, j’ai suspecté tout le monde dans le roman de Nadine Monfils, en ce compris le chien de Magritte, un loulou de Poméranie…

La bête n’était pas coupable (sauf de gourmandise et de pisser sur le divan) et une fois remise sur les rails, je n’ai pas tardé à comprendre qui était coupable… Tout en me fourvoyant dans la chronologie des faits, mais ça, le dites à personne, hein.

Pour ma défense, j’avais tout de suite pensé à Qui-Vous-Savez alors qu’il a fallu l’hôtel Métropole à Magritte pour que son franc tombe… Hôtel Métropole qui n’existe plus, qui nous a quitté, faillite à cause du piétonnier et de la covid. C’était un lieu magnifique.

Dévoré en une seule journée, ce roman policier m’a mis le cœur en mode joyeux. J’ai bu des bières et causé avec Jacques Brel, tout en suivant les personnages hauts en couleurs, mis en scène par Nadine Monfils (mention spéciale à la femme de ménage).

On ne révolutionnera pas le polar avec l’intrigue, mais le récit apporte de la lumière et de la chaleur, du plaisir et des bons mots et, ma foi, c’est déjà beaucoup. Et puis, merde, c’était Bruxelles qui Bruxellait, les trams qui faisaient « ding », sans oublier le fameux tram 33 et les frites de chez Eugène, nom d’une pipe !

Je remercie ma copinaute Bianca de m’avoir proposé cette LC qui est plus que réussie. Sans elle, je pense que je n’aurais pas ajouté ce roman à ma gigantesque PAL, ce qui aurait été une erreur énorme car il se lit vite et il est tout simplement génial.

PS : encore une auteure qui est au courant, avant moi, de mes lectures en cours durant ma lecture de son roman…

Dans son récit, Nadine Monfils parce de Baudelaire (décidemment – cfr 1991 !) et du malaise qu’il fit sur les marches de la cathédrale Saint-Loup, à Namur, cathédrale que je connais bien pour être passée devant des milliers de fois. D’ailleurs, sur la place Saint-Aubin, il y a une magnifique taverne… Le café y était délicieux et l’on y mangeait bien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°02].

Les Aventures de Philip et Francis – Tome 1 – Menaces sur l’empire : Pierre Veys et Nicolas Barral

Titre : Les Aventures de Philip et Francis – Tome 1 – Menaces sur l’empire

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Nicolas Barral

Édition : Dargaud (01/04/2005)

Résumé :
Depuis quelques semaines, d’étranges phénomènes secouent le cœur de l’empire britannique. Londres vit des heures tragiques : les femmes se rebellent et entreprennent des actions spectaculaires et délirantes pour se libérer du joug de la domination masculine…

On s’aperçoit ainsi que la stabilité de la société anglaise dépend entièrement de la discipline stricte qu’elles respectaient jusqu’alors. Ce changement de comportement annonce-t-il une catastrophe sans précédent ? D’où vient cette terrible menace ?

Qui a intérêt à saper les fondements de cette brillante civilisation ? La mission de nos sémillants héros, Philip et Francis, sera d’apporter toutes les réponses à ces terrifiantes questions.

Critique :
Parodier, c’est facile, ce qui est plus compliqué, c’est de ne pas sombrer dans l’humour gras et lourd.

Il faut connaître sur le bout des doigts le mythe que l’on va parodier, connaître ses codes et jouer avec, sans que cela ne tourne à la caricature grossière.

Les lecteurs doivent rire, sourire, pouffer de rire et s’esclaffer devant les personnages archi connus et présentés sous un autre angle.

Le pari est réussi avec Blake et Mortimer, comme il l’était avec Baker Street et Hercule Potiron.

Blake et Mortimer, personnages d’Edgar P. Jacobs, sont ultra coincés, ne jurent jamais comme un capitaine Haddock, ne s’énervent pas comme un Joe Dalton. De tout temps et en toutes circonstances, le flegme britannique est affiché.

Alors, les découvrir totalement relâchés, décoincés, drôles, pas toujours des plus intelligents, ça fait un bien fou ! Ici, pas de bâton de chaise coincé dans les fessiers flegmatiques. Attention, ils restent raides, nos deux britanniques, mais d’une autre manière que leur alter ego officiels.

Philip Mortimer est obsédé sexuel, possède des magazines avec des femmes nues au milieu (et dans toutes les autres pages), c’est aussi un obsédé de la bouffe qui ne pense qu’a remplir son estomac et un savant raté.

Francis Blake est macho sur les bords, s’envoie en l’air avec une femme, vit chez sa môman et joue au petit train (le coquin !). Quant à Olrik, le découvrir en méchant raté m’a fait hurler de rire.

Dans ce premier album, les mâles anglais du M.I.5 (ou est-ce le 6 ?) se posent des questions : un vent de révolte gronde chez les femmes. Le thé n’est plus servi à l’heure, le service n’est plus impeccable, des femmes ont retirés leur soutien-gorge, d’autres l’ont brûlé…

Les ménagères de plus et moins de 50 ans et les épouses ne feraient plus ce pourquoi elles sont là ?? Je veux dire par là s’occuper de leurs maris, patrons, employeurs… Shocking !

Philip et Francis vont enquêter et ça ne manquera pas de piquant, d’humour, de drôlerie, de cocasseries, de clins d’œil à des choses connues (Kill Bill, Le Corniaud,…) ou tout simplement à la société anglaise.

On est dans la moquerie, dans le détournements des codes de la série originale, dans l’utilisation des clichés (à bon escient) tout en restant dans la finesse de l’humour anglais et pas dans le gras bon marché des films d’humour bas de gamme.

Sous le couvert de l’humour, il y a tout de même la dénonciation d’une société patriarcale qui considère que les femmes doivent rester à leur place, c’est-à-dire à la cuisine, dans le ménage, les tâches subalternes et aux ordres de ces messieurs (c’est ce que les personnages masculins dans cet album pensent, ceci n’est pas ma pensée, ni celles de tous les hommes – précision pour les gens qui prennent tout au premier degré).

C’est une parodie réussie, une fois de plus, un détournement des codes de Blake et Mortimer réalisé avec brio, humour et finesse. Une réussite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°308], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°61], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les Annales du Disque-Monde – 01 – La Huitième Couleur : Terry Pratchett

Titre : Les Annales du Disque-Monde – 01 – La Huitième Couleur

Auteur : Terry Pratchett
Édition : L’Atalante (1993) / Pocket Fantasy (2011)
Édition Originale : The Colour of Magic (1983)
Traduction : Patrick Couton

Résumé :
Dans une dimension lointaine et passablement farfelue, un monde se balade à dos de quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapace de la Grande Tortue…Oui, c’est le Disque-monde… Les habitants de la cité d’Ankh-Morpork croyaient avoir tout vu.

Et Deuxfleurs avait l’air tellement inoffensif, bonhomme chétif, fidèlement escorté par un Bagage de bois magique déambulant sur une myriade de petites jambes.

Tellement inoffensif que le Patricien avait chargé le calamiteux sorcier Rincevent de sa sécurité dans la cité quadrillée par la Guilde des Voleurs et celle des Assassins ; mission périlleuse et qui devait les conduire loin : dans une caverne de dragons ; peut-être jusqu’au Rebord du Disque.

Car Deuxfleurs était d’une espèce plus redoutable qu’on ne l’imaginait : c’était un touriste…

Critique :
On pourrait résumer ce premier opus (et le monde créé par l’auteur) par un « Mais qu’est-ce que c’est que ce binz ??? » prononcé par le célèbre Jacques-Henry Jacquart parce qu’en effet, c’est déjanté à fond et que ça ressemble à un gros fouillis.

Le problème ne vient pas des personnages, ils sont loufoques, totalement déjantés et plus que haut en couleur, mais du récit qui semble aller un peu partout sans jamais aller au bout et à la fin, on a l’impression qu’on a lu un récit picaresque dont le fil rouge sont les mésaventures qui arrivent à Rincevent obligé de protéger Deuxfleurs.

Ne vous y trompez pas, j’ai aimé ma lecture et je compte bien, maintenant que j’ai enfin mis les pieds dans l’univers du Disque-Monde, de poursuivre ma route, mais ce premier tome est chaotique et j’ai eu bien du mal à comprendre le fin mot de ce que je lisais au départ.

C’était sans compter qu’en plus des aventures picaresques de nos deux zozos, ces derniers n’étaient que les pions d’un jeu de plateau auquel s’affrontent les dieux du Disque-monde…

Une fois que j’eu ingurgité les bases, le récit est allé tout seul, mais malgré tout, les différentes aventures sont fort décousues et l’auteur n’est pas allé au bout de toutes les infos qu’il nous a livré au départ, comme le fait que le grand Vizir agathéen ait mis la tête de Deuxfleurs à prix parce qu’il n’aime pas le tourisme.

La fantasy de cette saga est burlesque, bourrée des éléments qui font l’univers de la fantasy, mais l’auteur les détourne, les mélange avec notre monde et cela donne une histoire assez démente, qui fait sourire très souvent sans pour autant faire éclater de rire.

Le concept de fléau total, de catastrophe générale en la personne du touriste est bien trouvée et Pratchett a réussi à nous le rendre drôle, totalement crétin, prêt à tout pour prendre une photo… Oui, Deuxfleurs est un cataclysme à lui tout seul, mais ne vous fiez pas aux personnages, ils peuvent évoluer ou se révéler moins con qu’ils n’en ont l’air, même si c’est pas hasard…

Ma première incursion dans l’univers de folie créé par Terry Pratchett n’est pas vraiment une réussite du fait que les 4 histoires qui composent ce récit sont un peu décousues et que cela part dans tout les sens, comme si l’auteur avait voulu refourguer un maximum de ses idées dans ce premier tome. J’ai dû m’accrocher au départ et persévérer sinon, j’allais tout abandonner et ce n’était pas mon but.

Pourtant, ce n’est pas non plus une plantage total cette première lecture puisque je suis ressortie de ce roman avec l’envie de retrouver Rincevent et ce monde totalement barjot qu’est celui du Disque-Monde.

Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°32], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°63] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Mafalda – Tome 03 – Mafalda revient : Quino

Titre : Mafalda – Tome 03 – Mafalda revient

Scénariste : Quino
Dessinateur : Quino

Édition : Glénat (1980 – 20210)

Résumé :
On ne présente plus Mafalda, petite fille vive qui découvre la vie, ses joies, ses absurdités et ses horreurs. À travers l’éveil d’un enfant Quino nous livre sa réflexion sur le monde et sur l’étrange animal qui le peuple : l’être humain.

Critique :
Mafalda est une fois de plus en très grande forme ! Mieux que le Monde qui, souffrant de partout, est alité. Mafalda n’a pas tort, il souffre, le Monde et elle le veille.

Qui mieux que cette petite gamine pourrait mettre le doigt sur tout ce qui ne va pas dans le monde, à l’étranger comme dans son pays, l’Argentine ?

Toujours dans un style épuré, Quino continue de faire évoluer Mafalda dans ses réflexions sur un peu tout les sujets et pas que les politiques.

Grinçante, caustique, amusante, philosophe, cette gamine en jupe courte et ses amis m’ont encore fait passer un bon moment avec leur grippe, leurs caramels mous, l’incompétence de Manolito à l’école, ses coupures pubs, Felipe et son amour pour les westerns,…

Mafalda, c’est à lire quand tout va mal ou quand tout va bien car c’est un plaisir sans fin que de la lire, la relire, la découvrir ou y revenir.

Le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021. et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 48 pages.

109, rue des soupirs – Tome 1 – Fantômes à domicile : Mr Tan et Yomgui Dumont

Titre : 109, rue des soupirs – Tome 1 – Fantômes à domicile

Scénariste : Mr Tan
Dessinateur : Yomgui Dumont

Édition : Casterman (04/09/2019)

Résumé :
La nouvelle série gothique et désopilante de Mr Tan !

Lorsque Elliot et ses parents emménagent au 109 rue des Soupirs, à Belle-en-joie, ils ne peuvent se douter que cette maison sinistre est réellement hantée…

Enfin, surtout Elliot, car ses parents, accaparés par leur travail, l’abandonnent vite à son sort.

Il ne tarde pas à rencontrer ses colocataires plutôt spéciaux, tandis que débarque une baby-sitter pas très commode, qui semble chercher quelque chose… Des fantômes, peut-être ?

Critique :
Ghostbusters ! Et ensuite on balance la musique du film !

Non, stop, remballez les chasseurs de fantômes, cette mission n’est pas pour eux…

Oui, le 109 rue des Soupirs est répété être hanté, mais le petit Elliot qui vient d’y emménager avec ses parents n’a pas à se plaindre de ces lieux soi-disant hanté par de terribles fantômes.

Parce qu’ils ne sont pas si terribles que ça, ces fantômes !

Composée d’une multitude de dessins sur de grandes planches, cette bédé désopilante m’a fait passer une trop courte soirée détente avec Elliot, ses fantômes et sa baby-sitter que personne n’a envie de voir débarquer.

Dans des tons tirant sur les gris, bleus et blancs, cette histoire complète plaira aux enfants de 7 à 8 ans comme à ceux qui ont plusieurs fois 8 ans (même beaucoup de fois 8 ans).

On a du fantastique, de l’humour, du suspense et de l’action, de quoi ravir les plus jeunes et les moins jeunes.

Pour ma part, j’aurais préféré que l’histoire continue encore un peu plus afin de ne pas donner l’impression que la fin arrive brutalement, un peu trop facilement.

Peut-être qu’en accélérant la cadence d’autres passages ou en mettant plusieurs cases par pages, on aurait pu ajouter du développement sans devoir ajouter des pages et éviter cette impression de précipitation sur le final. Ce sera mon seul bémol.

Un bon moment de lecture avec des fantômes sympathiques, burlesques, décalés, toujours branchés sur leur époque (le cow-boy n’a pas fait de mise à jour sur les compétences que les femmes possèdent) et terriblement attachants.

 

Héroïc’ Pizza – Tome 1 – Pepperoni power : Augustin

Titre : Héroïc’ Pizza – Tome 1 – Pepperoni power

Scénariste : Augustin
Dessinateur : Augustin

Édition : Soleil (06/08/2006)

Résumé :
Difficile de manger équilibré entre deux tournois, ou de se sustenter au cours d’une bataille.

Que faire quand la faim vous tiraille, mais qu’un duel avec un dragon vous attend ? Commandez une pizza ! La restauration rapide débarque dans l’héroïc fantasy !

Albert Colin, jeune recrue chez Héroïc Pizza met un point d’honneur à livrer sa marchandise, tout en évitant de se faire massacrer par la concurrence ou boulotter par ses clients, ce qui n’est pas chose facile dans un monde peuplé de brutes sanguinaires et de princesses psychopathes !

Critique :
Cette bédé loufoque mais hyper drôle, je l’avais découverte dans le mensuel « Lanfeust Mag » (rendez-le nous, nom de Zeus !!!). Je ne compte plus les découvertes génialissimes que j’ai faite dans ce super mensuel qui ne paraît plus maintenant.

Les dessins d’Augustin sont spéciaux mais je les ai toujours bien aimé, m’amusant à chercher les petits détails dans les cases, notamment les petits champignons, autres bestioles bizarres ou pour lire les inscriptions sur les panneaux (toujours drôles).

Augustin, c’est aussi celui qui nous avait offert la plus sexy canon prof d’histoire/géo de la bédé, Paméla Hérodote, souvent peu vêtue mais je pense que maintenant, ça ferait hurler les ultras féministes de tout poils qui hurleraient à la mauvaise image de la femme (oui mais avec elle, au moins, j’apprenais bien, même si j’aurais préféré un mec bien roulé).

Héroïc’ Pizza, ce sont les aventures un peu folles et très drôles de Albert Colin, livreur de pizza de son métier dans un Moyen-âge (ah, on vient d’intéresser Lydia) version heroïc fantasy, donc avec des dragons, des belles au bois dormant, des trolls, des mages, des fées et autres trucs habituels.

C’est tout un univers de folie qu’Augustin a créé dans son monde, très décalé, drôle, sale aussi (on marche dans la boue, on se reproduit avec sa cousine), les stéréotypes sont utilisés mais pour faire rire et non stigmatiser.

On rit, on glousse, on se marre, certes, mais quand on y repense ensuite, on se rend bien compte que l’auteur utilise l’humour pour dénoncer les cadences infernales, les contrats de travail, l’esclavage, les parents qui ont un plan d’avenir tout tracé pour vous, les formations dans les entreprise où l’on efface votre personnalité, les sous-traitance dans des pays en voie de développement, le capitalisme, le business à tout prix…

C’est l’univers impitoyable du Travail, l’exploitation de l’Homme par l’Homme ! Quand on relit cette bédé après avoir vu un reportage sur la fabrication des frites dans son pays, le rire a tendance à se coincer dans la gorge car ce qu’on a vu à la télé, ce n’était pas aussi marrant que dans la bédé…

Dans ce premier tome, on va découvrir comment Albert Colin est devenu livreur de pizza et suivre sa formation, voir tous les jobs proposés par l’entreprise Heroïc’ Pizza (appelez l’inspection du travail, viiiite !) et aller livrer avec lui ses pizzas, tomber dans des pièges, affronter des dragons,… On ne s’embête pas ! Heureusement, tel un Vil Coyote, Albert Colin survit à tout.

Le ton est caustique, sarcastique et moi j’adore ! Cela faisait des années que je n’avais plus relu mes Héroïc’Pizza à cause de trop de bédés dans mes biblios…

Heureusement, comme un rangement s’imposait, je les ai retrouvées dans une étagère, coincées entre d’autres et au lieu de ranger, je me suis assise et j’ai lu cette bédé en me bidonnant. Ça faisait trop longtemps.

À déguster toute chaude sortie du four, sur pierre et non congelée !

Le nouveau Blogustin d’Augustin

La célèbre Pamela Hérodote qui officie encore sur le Blog d’Augustin

Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 44 pages et le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022) – Une bd autour de la magie.

Mafalda – Tome 02 – Encore Mafalda : Quino

Titre : Mafalda – Tome 02 – Encore Mafalda

Scénariste : Quino
Dessinateur : Quino

Édition : Glénat (1980 – 2010)

Résumé :
La petite Mafalda nous revient ici tout aussi espiègle que dans le précédent album. Elle se pose encore et toujours tout un tas de questions sur le monde qui l’entoure, un monde en constante évolution et difficile à cerner.

Mafalda apparaît comme une sorte d’observateur extérieur à la bêtise engendrée par les autres.

Critique :
Un coup d’barre ? Mafalda et ça repart !

Il fait sombre, le temps est humide, froid, les infos ne donnent pas envie de danser la mazurka, ni le tango, alors je m’injecte une dose de Mafalda et tout va mieux.

Pourtant, dans les réflexions de Mafalda, il y a du cynisme, et que des vérités sur le monde, cela pourrait vous filer la dépression automatiquement, mais non, ça vous file un sourire béat.

Mafalda a une conscience du monde que les adultes n’ont pas, elle connaît la politique de son pays, nous parle des armes, de la surpopulation qui les guette dans 30 ans, des vacances, de l’école, de la soupe qu’elle n’aime pas, d’environnement…

Bref, cela a beau dater des années 80 (pour la France, pour l’Argentine, c’est de 64 à 73), ça ne vieillit pas même s’il faut tout de même avoir une culture générale correcte pour comprendre ce qui se cache sous les gags d’apparence innocents.

Susanita parle toujours de ses futurs enfants, ne veut rien faire à l’école et offrira à Mafalda quelques petites réflexions sur l’importance de la mode auquel Mafalda répondra par la culture, mais comme le fait se sortir sans culture ne vous envoie pas direct en prison, alors que sans vêtements, si, le gouffre est infranchissable !

La ligne est minimaliste, Quino allant au plus économe dans ses dessins, l’important étant dans les phylactères.

Mafalda, c’est toujours percutant, ça a dû faire grincer des dents à l’époque, en Argentine (pour ceux qui ont compris)… Mais pour moi, c’est un bonbon piquant qui fait du bien.

Un chocolatier pour Noël : Hope Tiefenbrunner

Titre : Un chocolatier pour Noël

Auteur : Hope Tiefenbrunner
Édition : MxM Bookmark Essential (28/10/2020)

Résumé :
La magie de Noël.

David n’y croit pas, pas plus qu’il ne croit qu’il pourrait se passer quelque chose entre lui et Nathan, qui travaille dans sa chocolaterie. Autant espérer croiser un lutin ! Après tout, Nathan est en couple et ne sort qu’avec des top models, pas vraiment la catégorie dans laquelle concourt David.

Lorsque Séraphine, sa meilleure amie, l’incite à écrire Nathan sur sa liste de Noël, David ne le fait que pour l’humour. Tout le monde sait que le père Noël n’existe pas et qu’il ne dépose pas les cadeaux au pied du sapin, même quand on a été très sage !

La magie de Noël n’existe pas. Mais ça… c’est lui qui le dit !

Critique :
En voyant une telle lecture chez moi, vous devez penser que c’est un poisson d’Avril en avance (ou en retard) ou pire, que je suis devenue zinzin, qu’il faut appeler les blouses blanches de l’HP !

Ou que j’ai fumé les poils du chat additionné d’herbe de Provence, le tout roulé dans un tapis Ikéa.

Je vous rassure de suite, rien de ça ! L’année 2020 se terminant, j’avais envie de légèreté pour la terminer et mon choix s’est porté sur une romance joyeuse.

Enfin, une romance gaie… Gay ! Ben oui, pourquoi pas après tout puisque ma copinaute Sharon l’a lu et en a parlé en bien. Désolée, mais je ne voulais pas du neuneu non plus (oups, je sens le jeux de mots foireux que je n’ai pas voulu faire).

Qui dit romance dit final couru d’avance mais je m’en fichais parce que l’auteure a tout de même soigné ses personnages, les a rendu sympathiques, agréables à suivre, profonds et j’aurais eu envie d’aller bosser avec eu dans la chocolaterie (sans Charlie) et de ressentir cette belle ambiance de travail quasi familiale.

Par contre, l’auteure semble s’être assise sur la législation du travail car ses personnages bossent 7/7, même le jour de Noël ! Qu’un indépendant bosse non stop, c’est courant, j’en connais plein (soit ils triment pour s’en sortir, soit ils adorent leur job), mais on ne peut pas imposer ça à ses employés sans qu’il y ait des jours de récup ! Eux, ils font les 70 heures semaine au lieu des 35…

C’est décidé, je vais envoyer l’inspection du travail faire une descente dans cet atelier afin de vérifier tout ça. Comme j’ai tout vu, j’ira avec et j’en profiterai aussi pour piquer des chocolats de la main gauche pendant que la droite testera la fermeté des fesses de Nathan dont on dit qu’elles sont à tomber ! #BalanceTaCochonne (mdr).

Nathan se retourna, se mit sur la pointe des pieds et David eut toutes les peines du monde à se concentrer sur autre chose que les fesses qui étaient de nouveau à quelques centimètres de son visage. Cela lui donnait des idées parfaitement déplacées.

Hormis ce point d’achoppement sur les heures et jours de travail, je ne me plaindrais de rien d’autre. J’ai passé un bon moment de lecture, sans prise de tête, avec un sourire béat.

Sans révolutionner le genre de la romance, l’auteure a réussi à me tenir en haleine alors que la scène d’ouverture m’avait laissée la bouche ouverte car il est rare qu’un roman commence par le passage aux toilettes pour le petit pipi du matin (même si ça concerne tout le monde, rois comme présidents comme citoyen lambda), avec la gaule en plus.

Puisque nous sommes dans une romance gay, l’auteure en profitera aussi pour parler d’homophobie et de ces enfoirés qui adorent casser du pédé (mais s’amusent-ils aussi à aller casser du mec baraqué ceinture noire de karaté ?) juste pour le plaisir d’humilier et de jouer aux durs à plusieurs contre un.

L’acceptation de leur orientation sexuelle par leurs parents y passera aussi, même si, de ce côté-là, les réactions des parents de nos hommes sera plus de l’indifférence que du rejet pur et simple. Maintenant, qu’est-ce qui est le pire ? L’indifférence ou la non acceptation ? Vous avez deux heures…

Une romance gay qui a le mérite de m’avoir fait sortir de mes sentiers battus, loin de ma came littéraire habituelle, qui m’a donné la pêche et même la banane !

Une romance qui est comme une boîte de chocolats (pas celle de Forrest Gump) : on sait sur quoi on va tomber mais on replonge la main avec gourmandise et on dévore, on lèche, on croque (ce que vous voulez).

Un roman qui est joyeux, où les personnages sont attachants (sauf le crétin d’enfoiré), sympathiques et auquel on s’attache de suite. Une lecture idéale pour les temps de sinistrose que nous vivons depuis mars 2020 !

 

50 nuances de grecs – Tome 1 – Encyclopédie des mythes et des mythologies : Jul et Charles Pépin

Titre : 50 nuances de grecs – Tome 1 – Encyclopédie des mythes et des mythologies

Scénariste : Charles Pépin
Dessinateur : Jul

Édition : Dargaud Empreinte(s) (17/11/2017)

Résumé :
« 50 Nuances de Grecs » remet en scène les plus grands mythes de l’Antiquité grecque dans les situations les plus actuelles…

Hercule à Acropôle-Emploi, Zeus chez son avocate pour négocier les pensions alimentaires, Icare lançant une compagnie aérienne low-cost ou le dieu Pan mis en examen pour ses liens avec un proxénète surnommé « Dionysos-la-Saumure »… : Retrouvez l’Olympe au grand complet, à travers notre héritage commun.

Avec leur oeil malicieux et leur art du détournement, Jul et Pépin revisitent ce patrimoine mythologique, dans une encyclopédie drôle et savante, où défilent tous les travers de notre société !

Critique :
Apprendre en s’amusant, en rigolant, c’est toujours plus intéressant que devant des manuels lourds et chiants.

Surtout que les auteurs n’hésitent pas à mélanger les choses de notre monde avec celle de la mythologie, comme par exemple Thésée dans le labyrinthe qui suit les indications d’un GPS pour trouver la sortie ou des faits d’actualités.

Chaque dieux, demi-dieux, mythes, légendes, a droit à une page ou deux en bédés et ensuite, une page de texte explicatif sur sa personnalité, sa légende, son rôle, son pedigree.

Bref, ça fait au moins 50 nuances de divinités Grecques, qui, comme vous le savez, n’hésitaient pas à s’entremêler entre elles et à se faire des enfants dans le dos, sans oublier que dans ce petit monde, un trou était un trou. Oui, c’est dit crûment, mais c’est ainsi : grande tolérance niveau partenaire de sexe.

Que les parents outrés se rassurent, la bédé reste tout public, même si les explications claires et concises sur chaque portrait est parfois dans sa vérité toute nue : Oedipe et sa mère, par exemple.

Le ton de Charles Pépin est facile à suivre et on ne s’embrouille pas de trop dans « qui est le père de qui » car dans les divinités grecques, c’est aussi touffu que dans les anciennes séries telles que Santa-Barbara ou Amour, Gloire et Beauté, niveau « qui a couché avec qui » (et qui couche…).

Les dessins de Jul sont agréables, bourré de petits détails humoristiques, les cases sont sans bordures et pourvues de peu de décors, mais ça marche dans ce genre d’album.

Un bon moment de lecture, pour se cultiver et rire un bon coup, ce qui fait du bien mais n’est pas remboursé par la sécurité sociale.

Les vieux fourneaux – Tome 6 – L’Oreille bouchée : Wilfrid Lupano et Paul Cauuet

Titre : Les vieux fourneaux- Tome 6 – L’Oreille bouchée

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Cauuet

Édition : Dargaud (06/11/2020)

Résumé :
Mimile a eu l’idée du siècle : inviter ses vieux amis à le rejoindre en Guyane pour un séjour mystérieux.

Antoine, qui n’a jamais voyagé, est aux anges. Pierrot, qui n’a jamais voyagé non plus, n’a pas l’intention de laisser l’exotisme et l’aventure saper sa proverbiale mauvaise humeur.

Les voyages forment la jeunesse, pas les vieux, pense-t-il. Il se trompe pourtant, car c’est bien l’enfance qui les attend au détour du fleuve Maroni.

La jeunesse de Guyane, mais aussi la leur, celle des vertes années dans le Sud-Ouest, lorsque les trois amis jouaient aux pirates et rêvaient à des coffres remplis d’or !

Douchés par les pluies tropicales, menacés par les bestioles hostiles de la jungle et enivrés par leurs souvenirs, voilà les trois amis embarqués dans un voyage initiatique qui leur fera découvrir que la fièvre, en Amazonie, n’est pas transmise que par les moustiques.

Entre une ex-prétendante de Pierrot, une pièce de théâtre improvisée et la sacrée surprise de Mimile… ce voyage est une pépite !

Avec l’humour et l’engagement qui les caractérisent, Lupano et Cauuet rempilent pour un sixième tome des Vieux Fourneaux. Une aventure aux accents écologiques dans le berceau de l’or jaune…

Critique :
La Guyane ! Ça te dépayse un Vieux Fourneau ! Loin de Paris, Pierrot est encore de plus mauvaise humeur que d’habitude, c’est vous dire !

Dans la jungle tropicale, sous les pluies, nos deux amis y ont rendez-vous avec Mimile, le tatoué. Il a des surprises pour eux et personne ne sait de quoi il va en retourner.

James Bond disait que les diamants étaient éternels, oubliant d’ajouter qu’ils étaient aussi plein de sang…

L’or est une valeur refuge durant les temps troublés, facilement négociable, joli à porter autour du cou, à ses doigts, mais c’est aussi plein de sang et on y ajoutera du mercure et de l’arsenic… Fini pour moi, l’or, même si j’en ai peu.

Les auteurs nous parlent d’écologie, de militantisme, taclent là où ça fait mal, nous montre ce qu’est devenue la Guyane avec les chercheurs d’or qui font ça à la sauvette et en dégueulassant tout partout, laissant la merde ensuite à ceux qui habitent dans le coin. ♫ Comme d’habitude ♪

Nos vieux contestataires sont toujours incisifs, surtout Pierrot qui n’arrête jamais de militer avec son association de vieux « Ni yeux ni maîtres », même si je l’ai trouvé moins mordant, moins caustique qu’autrefois.

Attention, Pierrot ne dort pas, ses réparties sont toujours aussi piquantes, surtout à l’aéroport, devant les flics, qu’il déteste, dois-je vous le rappeler ? Eux sont rhabillés pour l’hiver, en tout cas… Le tout avec des mots qui font bien souvent plus mal qu’un coup de pied aux fesses.

Une aventure qui nous emmène dans un coin qui pourrait un paradis sur terre mais qui ne l’est pas, loin de là, à cause de la cupidité, de la voracité de l’Homme et de sa propension à tout prendre de force et à laisser ensuite la merde sur son passage, partant ailleurs la foutre, la merde.

Des petits vieux toujours caustiques, qui se rappelleront leurs souvenirs de jeunesse, joueront au théâtre, se prendront de la pluie sur la tronche et qui verront aussi des horreurs commise par ceux qui cherchent le métal jaune autrement qu’avec un tamis au milieu d’une rivière.

Des petits vieux en forme, qui n’en ratent pas une, qui nous font rire, sourire, avant de nous laisser muet devant ce qu’ils dénonceront.

Un excellent album, différent des trois premiers, mais toujours dans la même veine humoristique des militants anarchistes qui se battent pour les bonnes causes en ouvrant grand leurs gueules pour dénoncer les inégalités, les saloperies de ce Monde.