Mary Jane Kelly – La dernière victime : Didier Chauvet

Titre : Mary Jane Kelly – La dernière victime

Auteur : Didier Chauvet
Édition : L’Harmattan Graveurs de mémoire (01/06/2002)

Résumé :
Avec cette première biographie de Mary Jane Kelly, jeune et jolie prostituée irlandaise à la personnalité si attachante qui fut la dernière victime de Jack l’Éventreur, l’auteur nous replonge au cœur du Londres de la fin du 19e siècle, et dresse un portrait sans fard des mœurs, des soubresauts de l’époque, des conditions de vie inhumaines des déshérités de l’East End, ces quartiers maudits dans lesquels Jack l’Éventreur va frapper en 1888.

Critique :
Avant toute autre chose, j’aimerais pousser un ch’ti coup de gueule contre cet epub !

Acheté sur une grande plate-forme bien connue, je me suis pourtant retrouvé avec un texte en tout petit caractères, sans possibilité d’agrandir, comme si au lieu d’être numérisé, on était face à des scans de basse catégorie.

Non mais allo quoi ? Je ne l’ai pourtant pas payé en monnaie de singe et je me retrouve avec un fichier merdique de chez merdique.

Fallait la loupe pour arriver à lire sans se faire saigner les yeux. Comment voulez-vous faire une chronique honnête quand on est face à un sabotage pareil ?

En pompant la couverture du livre chez les éditions de L’Harmattan, je suis tombée sur ce petit texte qui explique peut-être cela : « Les ebooks publiés avant 2011 sont susceptibles d’être issus d’une scannérisation, merci de consulter l’aperçu pour visualiser leur qualité ».

Bon mon colon, si j’avais su, j’aurais pas v’nu, comme le disait si bien le petit Gibus.

Pourtant, on avait du potentiel mais vu ainsi, il est impossible d’aller jusqu’au bout sans frôler la déficience oculaire.

Malgré tout, je peux tout de même vous en parler un peu car j’ai fractionné ma lecture.

L’auteur nous décrit l’East End où les conditions de vie n’avaient rien d’idyllique, croyez-moi. Il a potassé le sujet, il est précis et ce n’est pas plombant de le lire, juste horrible pour la vue, mais l’écriture de l’auteur n’en est pas la cause.

Retraçant l’histoire de l’East End, depuis l’arrivée de Huguenots, le récit n’est jamais trop professoral mais intéressant, du moins, pour ceux qui se passionnent pour Jack, Whitechapel et les ruelles mal famées de Londres (non, ça ne se guérit pas).

La première partie, consacrée à l’East End, se lit assez vite et c’est avec regret qu’on la quitte, car il y avait encore tant à dire.

La deuxième partie est consacrée à Mary Jane Kelly, dite Ginger, où l’auteur nous la présente avec une courte biographie, décrit les lieux où il vivait (au 13 Miller’s Court), le carreau cassé dans une dispute et surtout nous explique la perte par MJK de l’unique clé de son gourbi,  faits que l’on n’avait jamais entendu parler jusqu’il y a peu.

Une copinaute ayant lu « Jack the Ripper : The casebook » m’en avait parlé il y a quelques années et depuis, l’info est reprise, mais pas toujours. Pourtant, ce détail insignifiant à son importance puisque lorsque les policiers arrivèrent, la porte était fermée à clé !

Soit elle l’avait retrouvée, soit le tueur l’avait en sa possession… Mystèèèère ! La troisième partie consacrée au meurtre nous donnera les faits, rien que les faits, pas de théorie fumeuse, si ce n’est les noms de différents suspects qui furent suspectés (logique) d’être Jack.

L’auteur, dans un soucis de coller le plus aux faits, parlera même de Caroline Maxwell qui affirma avoir vu Mary Jane vivante ce vendredi 9 novembre à 8h30…

Thomas Bowyer frappant à la porte de Mary Jane à 10h45 avait vu son corps en mille morceaux sur le lit. Et elle était déjà froide depuis longtemps. La police soutint donc que madame Maxwell l’avait croisée la veille, le jeudi. Le témoin ne revint jamais sur son témoignage.

Analyse brute des faits, véritable travail de fourmi, même si d’autres avant lui ont débroussaillé le terrain, l’auteur nous décrit minutieusement les événements de cette nuit du 9 novembre 1888 où Mary Jane Kelly fut dépecée par ce qui pourrait être Jack The Ripper (les ripperologues ne sont pas tous d’accord sur les victimes même si on a établit 5 victimes canoniques).

Jack The Ripper n’a toujours pas été identifié à ce jour et je n’ai jamais cru les théories fumeuses des certains auteurs mâles ou femelles.

Ce roman, qui n’en est pas vraiment un, s’adresse vraiment à ceux qui sont mordus de Jack The Ripper et qui ne sauraient pas encore tout ce qu’il y a à savoir.

Je ne sais pas tout sur Jack, je sais qu’on ne sait jamais, mais je n’ai rien appris de neuf dans ces pages que je ne savais déjà. Stéphane Bourgoin étant passé par là, après lui, les mouches car les autres peuvent aller voir ailleurs.

Dommage que l’on vende un livre numérique fait à partir de scans, obligeant le lecteur à le lire sur un programme pour PDF, en plissant un peu les yeux. Le travail de l’auteur est remarquable, précis, mais ne s’adresse qu’aux puristes.

Je ne coterai pas l’état de l’epub, sinon, se serait un zéro pointé et l’auteur ne mérite pas ça, sauf si c’est lui même qui a scanné les feuilles !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

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J’étais Jack l’Éventreur : Claude Ferny

Titre : J’étais Jack l’Éventreur

Auteur : Claude Ferny
Édition : Florent Massot (16/01/1996)

Résumé :
« Toutes les nuits, des cauchemars me faisaient haleter. En rondes lubriques, des femmes enlacées dansaient dans mon cerveau sur des collines de fumier. Elles me harcelaient de leurs gestes provocants et de leurs sarcasmes. Je me persuadai que je n’arriverais à recouvrer un sommeil réparateur qu’après que j’aurais au moins, de mes propres mains, tué une femme »

Le roman « J’étais Jack l’Éventreur » nous retrace l’itinéraire d’un tueur conscient de sa folie, éprouvant une haine féroce envers la gent féminine.

Un roman sanglant qui retrace les agissements de celui qui deviendra l’illustre psychopathe.

Critique :
J’hésite entre le qualifier de diarrhée ou incontinence verbale…

La meilleure solution aurait été de placer Charley Dorsett sous camisole de force ou de lui tirer une balle directement, mais non, on lui a donné une plume pour qu’il nous raconte tout.

Ne me demandez pas la référence à Jack The Ripper.

Son nom se trouve dans le titre mais ça s’arrête là.

Certes, on a un Jack dans le récit qui tue des femmes qui lui doivent des sous ou qui ont tenté de le gruger, mais les noms ne correspondent pas aux victimes de 1888, pas plus que les femmes que le docteur maléfique va assassiner, tout ça parce qu’il voit la plupart des femmes comme des chiennes.

Oui, mesdames, nous sommes des chiennes pour cet homme qui ne rêve que de pureté, même dans l’acte sexuel. Entre nous, il est tellement lunatique que, lorsqu’il trouve des femmes plus pures que les autres, il les tue ou il les chasse car il a toujours un prétexte pour nous vilipender.

J’adjurai Dieu de me permettre de rencontrer enfin une femme pure, une femme que je pourrais aimer et posséder pieusement, avec toute la ferveur qui doit s’attacher au plus noble des actes, à celui par lequel se perpétue la vie.

Tout ça parce qu’une fille qui s’était intéressée à lui s’est faire fourrer la taupinière par un autre furet que le sien. Qu’il ne la ramène pas, ce crétin ne comprenait même pas que la fille désirait qu’il jouasse au docteur avec elle.

Là-dessus, lorsqu’il la surprend en train de se faire gâter la bonbonnière par le caramel dur de son copain de classe, il pète une durite et voit toutes les femmes avec des gueules de chiennes.

Une autre chose m’a ennuyé durant ma lecture : nous sommes un peu avant 1889 et la médecine a l’air d’être super avancée, surtout en gynécologie et en obstétrique.

— Mais si vous affirmez à Bruce que vous êtes fou, il ne voudra jamais vous croire. En principe, un psychiatre croit seulement à la folie des gens qui se jurent sains d’esprit.

Rien de cohérent, rien de concret, des mobiles bancals, un médecin qui trucide et ses pensées qui ne m’ont fait que soupirer et bailler.

Anybref, une lecture à oublier, tellement à oublier que j’en avais oublié ma conclusion, c’est vous dire la motivation pour écrire cette chronique ! Ainsi que sa cotation et les logos !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Jack l’éventreur – Le retour : Gilles Vincent

Titre : Jack l’éventreur – Le retour

Auteur : Gilles Vincent
Édition : Paul & Mike (02/04/2015)

Résumé :
Quand Michael Connors, quatorze ans, son frère Vel, leur amie Rose et leur chat Wilde, matou au Q.I. de chat-policier, débarquent à Londres chez leur Tante Augusta, le corps sans vie d’une femme de chambre vient d’être retrouvé.

Elle est la seconde victime d’un mystérieux assassin qui terrorise la ville.

Cent vingt-cinq ans après la célèbre affaire Jack l’Éventreur, l’ombre d’un tueur rôde à nouveau dans le quartier de White Chapel. La police est tenue en échec ; la peur gagne les esprits.

Les trois adolescents, aidés de Wilde et Wallace – un vieux chat de gouttière au caractère bien trempé – vont se lancer à la poursuite du serial killer.

Ils vont affronter un ennemi inattendu, sinistre imitateur du célèbre Jack l’Éventreur.

Mais la plus terrible des surprises est parfois au rendez-vous car la vérité n’est jamais celle qu’on attend…

Et si Jack l’Éventreur n’avait pas dit son dernier mot ?

Critique :
Je n’ai rien contre la littérature jeunesse, j’en consomme, sans honte, mais il y a la littérature jeunesse et celle qui prend les lecteurs pour des quiches !

Que deux gamins et une gamine mènent l’enquête, je ne dis rien, c’est un postulat qui me plait.

Par contre, que Miss Margaret Higgins, une espèce de Sherlockette en vieilles dentelles, amie de Sir Archibald Forsythe, le directeur de la police chargé de l’enquête, divulgue toutes ses infos aux trois gosses, comme s’ils étaient de véritables enquêteurs, ça ne passe plus.

Forsythe raccrocha brusquement, et songea que cette vieille chouette de Margaret Higgins pouvait bien lui rendre service. Plus d’une fois, il l’avait sortie d’affaire, sans doute même lui avait-il sauvé la vie. Sorte de Sherlock Holmes en jupons, Margaret Higgins était une emmerdeuse aux manières d’éternelle vieille fille, c’est sûr, mais une détective hors pair qui – Forsythe ne l’avait pas oublié – avait depuis longtemps sa théorie personnelle sur la fameuse affaire de Jack l’Éventreur.

— La fumée ne vous dérange pas, très chère ?
Il aurait bien ajouté « Sherlock Holmette, » « Herculine Poirot » ou quelque chose de ce genre, mais il préféra se taire car ce qu’elle avait à lui dire, pour peu qu’il sache lui poser les bonnes questions, cette vision des choses qui n’appartenait qu’à elle, il ne voulait surtout pas en perdre une miette.

La coïncidence est tout de même bien fichue, le directeur de la police connait la tante des gamins et passe chez elle avec sa Miss Higgins pour parler des meurtres. On nage en plein surnaturel, je trouve. Mais j’avais encore rien vu, j’ai eu pire ensuite, dans le surnaturel !

Au moment précis où Allister Mac Brain déposa le dessert sur la table – un imposant pudding aux pommes encore fumant – tante Augusta s’adressa à Miss Higgins qui, depuis le début du repas, n’avait pas prononcé trois mots.
— Nous parlons, nous parlons, mais si vous nous exposiez votre version de l’affaire. Trois meurtres en moins de trois jours, j’imagine qu’après une carrière comme la vôtre, vous avez bien une idée là-dessus. D’autant qu’il m’a semblé comprendre que vous avez une hypothèse toute personnelle sur les crimes de Jack l’Éventreur. C’est bien cela ?

— Je peux prendre des notes, m’dame ? Ça m’aidera, après, dans mes investigations.
— Parce que toi aussi tu mènes l’enquête ? s’étonna l’ancienne détective de Scotland Yard.
— En fait, je ne suis pas tout seul. Il y a Michael, mon frère, et Rose, notre amie. Et puis, ça n’est pas la première fois. Au printemps dernier, en France, on a démasqué la Bête du Gévaudan 1. C’était pas rien, je…
— Je vois à ton carnet, l’interrompit Miss Higgins, que tu as déjà pris des notes. Si ce sont des remarques concernant l’affaire qui nous occupe, tu peux nous en parler. Je suis sûre que c’est intéressant.

Même leur tante, chez qui ils sont en vacances durant une semaine, leur expliquera au moment de leur arrivée, tout ce qu’il y a à savoir sur les crimes horribles qui ont eu lieu dans le quartier, depuis quelques jours. L’aîné des gamins va sur ses 14 ans… Heu ?

Le chat qui parle (en zozotant), ça passe moins bien aussi. Enfin, non, il ne parle pas vraiment, les gens entendent des miaulements, mais les trois gosses, eux, ils le comprennent, ainsi que tout ce que miaulent les autres matous.

Oui, moi aussi je comprends le langage chat, mais ils ne font pas des phrases avec le sujet, verbe et complément ! Généralement, les miaulements veulent dire « Faim » ou « Donne-moi à bouffer » ou « On veut du lait », à la rigueur « Laisse-moi rentrer à la maison », la plus longue phrase étant « Tu peux nous refiler les foies de volaille cuit dans du riz comme tu donnes aux chiens, on bouffera même les rondelles de carottes ».

Mais jamais au grand jamais je n’ai encore réussi à charger un des minous à enquêter, à voler des fanions de la police, à récupérer des pièces à convictions, à suivre un suspect de sa propre initiative, à prendre le bus, ni à trouver un trou de ver qui vous conduit directement le 30 septembre 1888, le soir de l’assassinat de Catherine Eddowes, dans un cimetière… Hein ?? Dans un cimetière ?

Eddowes fut tuée à Mitre Square et retrouvée contre une palissade donnant sur l’arrière d’un immeuble. Ok, ferme les yeux, ça va passer… La touche fantastique et les voyages dans le temps, ça passe ou ça casse. Ici, ça casse car le voyage temporel ne sert pas à grand-chose, mais ceci n’est que mon humble avis.

Ce qui ne passera pas, c’est le fait que la Higgins, en observant les yeux d’une des femmes décédées, y ai décelé la plus intense des surprises. Pitié, n’en jetez plus !

— Vous savez, Archibald, on dit qu’une personne garde dans sa rétine la dernière image perçue avant de mourir.
— Et alors, vous y avez vu de l’effroi ? Quoi de plus naturel, vu les circonstances.
— Non, pas de l’effroi, Archibald, mais la plus intense des surprises.

— Bon, vous venez, les deux belettes cendrées. Z’ai de l’éducation, moi. Pas question que z’me goinfre sans vous.

Anybref, vous l’aurez compris, ce sera la lecture pas super du mois (je reste polie), qui ira rejoindre les lectures à oublier de l’année et qui ne me laissera qu’un souvenir de n’importe quoi, comme si les jeunes à qui cette littérature est destinée étaient des crétins à qui ont peut tout refourguer, tout faire avaler, l’auteur prenant ses aises avec le réalisme afin de faciliter au possible l’enquête de ses jeunes héros.

Yapuka trouver un meuble bancal à caler et ce sera parfait !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Jack l’Éventreur : José Ortiz & Antonio Segura

Titre : Jack l’Éventreur

Scénariste : Antonio Segura
Dessinateur : José Ortiz

Édition : Magic Strip (1992)

Résumé :
8 histoires de tueurs en série, se déroulant entre 1869 et 1888.

Critique :
Parlons d’emblée de ce que je n’ai pas apprécié dans cette bédé : les dessins en noir et blanc !

Non, je n’ai rien contre le noir et blanc, que du contraire, mais ici, on est loin de la ligne claire et le tout donnait une impression de fouillis, rendant la lecture plus ardue, plus âpre et faisant un peu saigner les yeux à force de les plisser pour essayer de distinguer des détails.

Horribles et moches, voilà mon verdict pour les dessins… D’ailleurs, j’ai souvent eu du mal pour distinguer à quel personnage j’avais affaire, ce qui est un comble.

Passons maintenant à la bonne nouvelle, entre deux conjonctivites due à cette lecture : leur Jack est bien trouvé, c’est une théorie qui pourrait se tenir et expliquer bien des choses, notamment qu’on ne l’ait jamais attrapé ou même identifié depuis toutes ces années.

Les ambiances sont sombres, bien entendu, le niveau de vie social et la misère sont bien représenté, les taudis aussi et idem pour ce qui est de la mentalité anglaise qui voulait que le tueur ne soit pas un Anglais, parce que shocking !

— Croyez-moi !! Je vous le dis !! Ce Jack est un marin… venu d’ailleurs… Aucun sujet de sa Gracieuse Majesté ne serait capable de commettre pareille boucherie.

— Bougez-vous un peu les enfants ! Pour seulement 4 pennies je t’emmènes au 7ème ciel. T’en reviendra pas.
— Pas ce soir… Demande à un autre.
— Désolé… Impossible… La bonne Annie nous a déjà offert ses services… À tous.

Et puis, tout est parti en couillonnade… Le tout sans queue ni tête, ou plutôt si, mais dans un style tellement brouillon que j’ai moult fois soupiré de dépit tant il était pénible d’avancer dans ce fatras de cases noires comme le charbon où l’on ne distingue jamais les traits des protagonistes, ou alors, après avoir plissé les yeux ou attendu une avancée dans le récit pour enfin comprendre que c’était lui.

Le fil rouge est bien entendu des histoires de meurtres, commis non pas par un, mais pas plusieurs qui se nomment Jack et qui tuent de toutes les manières possibles et imaginables, sans pour autant que ce soit sur des prostituées que leur rage s’acharne.

Pas de sexisme, pas de sélection, ça tue tout. Le tueur a mille visages, mille mobiles, mille victimes.

Tiens, entre deux assassinats, j’ai croisé un type portant une espèce de MacFarlane et deerstalker, un autre qui avait tout des traits d’un Boris Karloff en créature du docteur Frankenstein… Me demandez pas ce qu’ils foutaient là, après ça, j’ai décroché.

Anybref, pas besoin de vous faire un dessin pour vous prouver combien cette lecture a été pénible et inintéressante.

Au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Sherlock Holmes et le secret des hommes barbus : Thierry Niogret

Titre : Sherlock Holmes et le secret des hommes barbus – Une enquête de l’inspecteur Lestrade

Auteur : Thierry Niogret
Édition : Le Patient Résidant (2010)

Résumé :
1888. Alors que Jack l’Éventreur fait régner la terreur à Whitechapel, Londres vit un autre événement tout aussi horrible : un mystérieux assassin tue et rase ses victimes. Barbes et cheveux n’y résistent pas. Pour quel motif ?

Pendant que Scotland Yard s’évertue à arrêter le Ripper, le Scalper accapare tout entier l’inspecteur Lestrade. Celui-ci, empêtré dans cet imbroglio, s’en remet à Sherlock Holmes.

Et si toute cette affaire débouchait sur un pileux mensonge ?

Critique :
Bon, disons-le de suite, cet apocryphe n’est pas fait pour les gens sérieux, ni pour ceux qui sont à la recherche de pastiches holmésiens plus canoniques que le canon lui-même où le récit se tient au garde-à-vous, avec le petit doigt sur la couture du pantalon !

Ici, nous sommes dans la parodie qui ne se prend pas au sérieux, qui joue avec les mots et qui place les personnages de Conan Doyle dans des situations cocasses et peu catholique.

Entre madame Hudson, la logeuse, aveugle (oui !) qui se gamelle tout le temps dans les escaliers, le docteur Watson qui ne sait plus trop où se trouve sa blessure (il n’a pas tort, nous n’ont plus), Mycroft qui est amputé des deux jambes et les Irréguliers qui parlent comme les djeun’s de maintenant, il faut donc avoir l’esprit ouvert et le second degré de branché pour que ça passe.

Il y a de nombreux jeux de mots dans les noms et des petites allusions à des personnages connus, notamment chez les flics (Mitchell, Rivers et Halliday ou Paul, Ringo, George et John…).

— En effet, Holmes. Vous savez que je n’aime guère vous faire des remarques, mais là, vraiment et en toute humilité, je me vois contraint de faire une objection.
— Je vous en prie.
— C’est relatif à l’expression que vous avez laissé échapper lorsque les jumeaux Riarti ont donné leur identité.
— Et bien ?
— Vous avez déclaré alors, je vous cite de mémoire : « Bon Dieu, mais c’est bien sûr ». Cela ne vous sied pas du tout, Holmes. Non, pas du tout. Vous devriez laisser cette expression à un autre.

Je sortais d’une horrible migraine qui avait durée plus de 48h et ma nuit se trouvait amputée alors qu’il n’était que 4h30 du matin… Je vous jure que ce pastiche parodique m’a fait le plus grand bien.

— Watson !
— Oui ?
— Watson !
— Et bien quoi ?
— Ta gueule !
Les deux hommes poursuivirent leur chemin quelques instants en silence.
— Vous avez raison, Holmes, comme toujours, avoua Watson.
Sherlock Holmes sourit.
— C’est élémentaire, mon cher Watson.

Certes, le comportement des personnages est un peu loufoque, burlesque parfois, mais toujours avec humour et comique de répétition, mais sans que cela ne devienne lourd ou redondant.

La preuve, je n’ai même pas hurlé quand Holmes sort en ville, affublé de son horrible casquette à double visière et de son macfarlane aux couleurs criardes.

L’enquête est bourrée de mystères (pourquoi raser ses victimes ?) et l’ombre du grand Jack The Ripper plane au-dessus de tout cela, sans que pour autant il ne vienne mettre son grain de sel dans notre pileuse affaire.

Anybref, c’est frais, c’est drôle, avec un vrai scénario possédant des véritables morceaux d’enquêtes dedans, le tout donnant un plat digeste et bien fichu. J’avais même trouvé le coupable avant le maître himself !

Puisque j’ai un compte à la FNOUC, je pense bien me commander les autres pastiches de cet auteur pour me les mettre sous le sapin !

Pourtant, notre dévouée logeuse avait astiqué la peau d’ours qui orne la cheminée, poil par poil, avec un chiffon en peau de chamois des Ardennes Belges.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

 

[FILMS] Batman – Gotham by gaslight : Le film qui t’éclaire au gaz (2018) [Par Dame Ida]

Batman: Gotham by Gaslight est un film d’horreur et d’action uchronique de super-héros steampunk d’animation américain produit par Warner Bros.

Animation et distribué par Warner Bros. Home Entertainment. C’est le trentième film de la série de films d’animation de DC Universe. Il est réalisé et produit par Sam Liu et écrit par James Krieg, basé sur le roman graphique du même nom et sur sa suite intitulée Master of the Future.

Le film a été diffusé pour une première mondiale au Newseum à Washington, D.C. pendant le DC in D.C., événement le 12 janvier 2018 et ensuite rendu disponible en téléchargement numérique le 23 janvier 2018 avant de sortir en DVD et Blu-ray le 6 février.

Synopsis : 

Le légendaire Jack l’éventreur est l’ennemi public N°1 et sévit dans les rues de Gotham. Mais dans cet univers alternatif, le tueur en série va se heurter à une autre légende nocturne : Batman.

Pris dans une conspiration dont il est la victime, le Chevalier Noir nous entraîne à l’époque victorienne où l’obscurité de la nuit n’est troublée que pas la lueur fébrile et tremblante des réverbères de Gotham City.

Ce que Dame Ida en a pensé :
Or donc, il est de notoriété publique que les dessins animés ne sont pas ma cup of tea.

En effet, s’il n’y a pas l’ombre d’un serial killer psychopathe bien pervers à souhait dans les parages, s’il n’y a pas un tordu incapable de s’exciter sans torturer une dame (‘scusez moi M’dame Schiappa !), s’il n’y a pas d’assassin machiavélique trucidant son prochain ou sa prochaine de manière froide, méthodique, mais aussi sans oublier de bien faire gicler du sang partout histoire de bien terrifier la vieille mégère de moins de cinquante ans (que je suis encore… pour plus si longtemps que ça…), et bien ça ne m’intéresse pas !

Je sais, je sais… Je ne suis pas très ouverte d’esprit… Toussa toussa… J’impose des limites affligeantes à l’étendue de mes intérêts culturels… Je devrais avoir honte…

Mais là je viens de finir Madame Bovary et j’en viens presque à regretter qu’elle n’ait pas rencontré Hannibal Lecter ! Elle aurait été plus utile à son mari et à sa fille en rôti ou en quenelles qu’à les ruiner avec ses amants avant de faire une indigestion d’arsenic sa mère !

Vous voyez bien que les serial killers pourraient proposer des fins plus heureuses à certains grands classiques de la littérature !

Frédéric n’arrive pas à choisir entre Madame Arnoux, Rosanette et je ne sais quelle cougar prétendument dans l’Éducation Sentimentale ? Pas de problème! Landru aurait réglé le problème de son indécision volontiers ! Vous voyez ? C’est pas si mal après tout les histoires de sérial killers !

Dame Belette a beau essayer de me convaincre de l’intérêt des romans critiques de la société américaine, de ses dérives, de ses alternatives, de son histoire… Elle a beau essayer de tout faire pour rendre aussi séduisants que possibles les beaux cowboys virils à gros pistolets, longs fusils et chevauchant sauvagement leurs montures comme personne… Elle a beau chercher à me faire apprécier les beautés de la bédé ou l’esthétisme extrême oriental des mangas… rien n’y fait !

Gavée à l’earl grey, aux scones et au spongecakes… votre Dame Ida Nationale reste désespérément une anglophile doublée d’une perversophiles… Le genre de tarée qui se ferait presque visiteuse de prison hantant spécifiquement les parloirs des condamnés du couloir de la mort ou qui leur écrit pour leur demander de les épouser en bonne et due forme avait de se laisser découper en petit morceau et dévorer.

Mais comme la peine de mort a été abolie en France et qu’il n’est pas possible d’aller visiter les détenus des « unités pour malades difficiles » (gentil euphémisme pour désigner les unités psychiatriques carcérales pour tueurs et violeurs où l’on embauche que des gardiens ayant un diplôme d’infirmier ET une ceinture noire d’art martiaux), je dois me contenter de lire leurs aventures dans des romans et je remercie une fois de plus Dame Belette pour nous en tenir à jour le catalogue !

Anybref, je disais que les dessins animés ne sont pas ma tasse de thé, et que je suis soulagée que mes enfants soient assez grands aujourd’hui pour ne plus réclamer d’aller voir le dernier Disney…

C’est l’un des rares charmes de l’adolescence chez nos jeunes… Insuffisant pour faire oublier leur humeur de chien, leur insolence, leur contestation permanente… Mais c’est toujours bon à prendre ! Le fait de ne plus aller voir les Disneys (Arielle, je lui raserai bien sa tignasse ! Et Némo je me le ferai bien cuire à la vapeur ! Et quand la mère de Bambi est morte… Et bien j’ai regardé des recettes de rôti de biche sur Marmiton ! Na ! Et je suis outrée de voir la Méchante Reine, Maléfique, le Capitaine Crochet, et les zôtres perdre à la fin !), et de les remplacer par des films d’horreur…

Ma Pioupioutte veut d’ailleurs m’emmener voir La Nonne… Elle adore l’affiche… Quand elle m’a dit ça j’ai enfin compris que je n’avais pas tout raté dans leur éducation ! Snif ! Vous la voyez la larme de joie que je suis en train d’essuyer là ?

Ah mais je digresse encore ! Anybref-Or-donc ! Je n’aime pas les dessins animés… Et pourtant !

Un samedi soir de désespoir devant une Nième rediff de Columbo sur TMC (qui visiblement ne doit détenir de droits que sur une seule saison vu qu’ils passent toujours les mêmes épisodes en boucle), je suis allée me promener sur la toile et suis tombée sur dessin animé « Batman » intitulé « Gotham by Gaslight » ce qui signifie littéralement « Batman au temps des réverbères à gaz »… Sachant que le temps de l’essors des réverbères à gaz… est censé être l’ère victorienne.

Curieuse, je suis allée jeter un œil dessus… Et Bingo !

Non Seulement les policiers de Gotham City étaient coiffés des casques des bobbies londoniens, mais en plus les dames étaient habillées en robes à tournures et corset…

Et Bruce Wayne circulait en fiacre ! Et cerise sur le gâteau : un terrible éventreur de femmes sévissait dans les ruelles sordides d’un Gotham ressemblant à s’y méprendre à Whitechapel…

Et voilà notre chauve-souris masquée partie à la recherche de l’éventreur… sauvant d’une mort quasi certaine une belle artiste de music-hall au passage, histoire de la séduire et de lui faire des polissonneries…

Ce qu’elle n’a pas eu l’air de décourager, la gourgandine ! Il faut dire que Bruce Wayne, il est beau, il est costaud, il est riche… Et surtout il a un Alfred qui fait la cuisine, la vaisselle et le ménage ! Bref, le rêve de toute femme !

J’aimerai temps que mon Toquéfada ait un Alfred, lui aussi! Bref…

Évidemment, la police, toujours pétrie de préjugés ne peut pas comprendre qu’un homme qui se promène en collants noirs et avec un masque et une grande cape, et qui donne un peu de sous aux enfants n’est pas forcément quelqu’un de bizarre… Alors forcément, on voudrait bien tout lui coller sur le dos ! Ce serait tellement pratique !

Évidemment, je ne vous en dirai pas plus, histoire de ne pas spoiler… Certes… je le confesse, je ne vous donne pas grand-chose d’autre que quelques appréciations (passionnantes au demeurant) sur ma vie pour injecter un peu de substance à ce billet…

Parce qu’il faut bien le dire… Le scénario de ce dessin animé d’environ une heure est assez mince ! Ben oui… Batman… C’est de l’action surtout… Des bagarres, des poursuites, des gadgets… Du scénario… il y en a un peu moins.

Alors pourquoi j’en parle ? Ben… C’est parce qu’il fait se rencontrer Batman avec une visions de Jack l’Eventreur, et qu’ici on est fan… De Jack (plus que de Batman) !

Dame Belette nous fait bien découvrir parfois des pastiches holmésiens qui méritent l’autodafé de temps en temps ? Alors ? Pourquoi je ne pourrais pas vous parler d’un navet sur Jack ? Hein ? Non mais franchement… Un peu d’équité que diable !

Bon… Et puis… En plus de mettre Jack en scène et de nous offrir une explication au fait qu’il se soit arrêté d’autopsier des dames de leur vivant au bout de la cinquième, le dessin animé comporte quelques allusions bien senties à… (roulements de tambours…) Sherlock Holmes ! Evidemment ! Tout l’intérêt du dessin animé, c’est de jouer à répertorier les allusions holmésiennes ! Les plus claires… Comme les plus allusives…

Allez ! Au boulot !

PS : Dis Dame Belette? Et si on en faisait un jeu concours ? La gagnante aurait droit à ma recette de Cheese Cake (plus digeste de ma tarte Catin aux Taupes Confites au Miel, non? Et les ingrédients sont plus faciles à trouver!)… 

PS de la Belette : Ce film d’animation, Lord Arsenik m’en avait parlé lorsqu’il l’avait découvert puisqu’il connait mes vices et que je connais les siens. Je l’avais pompé (le film, pas Lord Arsenik, bougre de petits salopards d’esprits mal tournés !!) en vue de le visionner pour le Mois Anglais et j’ai pas su… En plus, je sens que c’est plus de l’Amérique que de l’Angleterre dont il est question.

Bon, maintenant que Dame Ida m’a douchée, je vais tout de même tenter un visionnage car au final, je n’ai rien contre Batman (Christian Bâle !!!) qui, d’après ce que j’ai appris, tire son inspiration de… roulements de tambours… Sherlock Holmes !!!

File-moi ton idée de concours via MP que je vois ce que tu vas proposer à nos pauvres lecteurs/trices… Trouver l’identité de Jack ? mdr

Dossiers secrets – Jack L’Éventreur : National Geographic (2009)

À la fin du XIXe siècle, Jack l’éventreur fait trembler la population de Londres en assassinant sauvagement cinq femmes.

Le meurtrier le plus célèbre de l’histoire criminelle n’a jamais été arrêté, et son cas demeure une énigme.

Au regard des nouvelles technologies en matière d’analyse de scènes de crime, « Dossiers secrets » évoque les coupables potentiels.

Ce que j’en ai pensé :
Non mais allo quoi ?? Comment est-ce possible de débiter autant de théories aussi loufoques ou si peu étayées en si peu de temps ??

Bon, avant de ruer dans les brancards, je vais tout de même rendre à César ce qui à César et à Dame Ida ce qui est à elle, c’est-à-dire le lien vers la vidéo qu’elle m’a gentiment transmit, me demandant si j’avais vu ce reportage.

Oui, moi aussi, tout comme Varys dans GOT, j’ai des petits moineaux qui me donnent les bons tuyaux.

Allez, balançons les choses qui m’ont parues saugrenues, exagérées, pas fidèles, loufoques, ou toutes les autres approximations ou changement de cap qu’il y a dans ce court reportage.

« De 1888 à 1891, il y  eu 11 meurtres similaires, toutes des prostituées »

Déjà, là, je me suis dit qu’ils prenaient tout de même leur tournant fort large car nous ne sommes pas sûr du nombre de victimes de Jack The Ripper, on accepte généralement les 5 canoniques (certains rejettent Mary Jane Kelly et d’autres ajoutent Martha Tabram), et eux, on y va franco, on ratisse large et on les colle toutes sur le dos de Jack.

Et puis, boum, sans prévenir, ils se lancent alors sur les 5 attribuées généralement à Jack et on ne nous causera plus des autres meurtres… Ils voulaient sans doute accentuer le nombre de morts violentes durant ces années-là… Mais alors, les gars, faut être un poil plus précis sur ce que vous dites, le téléspectateur lambda, lui, il gobe tout.

Les images du reportage sont tirées de films, de reconstitutions (on passe les mêmes images plusieurs fois) et d’interventions de profiler dont je me suis demandée où ce qu’ils avaient eux leurs diplômes vu les raccourcis qu’ils ont pris.

Les suspects de l’époque ont leurs noms qui défilent, et ensuite, on entre dans le vif du sujet avec les gus qui vont faire chauffer leurs neurones pour nous proposer LA solution véritable et vraie et unique que t’as jamais entendu mais qu’ils sont tous sûr d’avoir raison, sur la tête de leurs mères !

Asseyez-vous parce que voyez-vous, puisque le premier corps fut retrouvé sur Buck’s row, non loin de l’hôpital de Londres et que cet hosto soignait les personnes atteintes de syphilis…

Il se pourrait, d’après les experts du profilage, que Jack ait été dans cet hôpital pour faire soigner son biscuit qu’il avait été tremper dans la tasse de café infectée d’une prostituée et que, restez assis, frustré qu’on ne sache pas lui soigner le grand chauve à col roulé, il se soit vengé sur des prostituées qui, toutes, sont passées par un lieu important pour lui (dixit les experts).

Les prostituées, toujours au bon endroit au bon moment ! On va en faire un slogan publicitaire.

Mais si, allez, faut les croire, ces experts parce que le tueur a prélevé l’utérus de certaines de ses victimes et que c’est le symbole de la féminité, crédieu ! Ben non, ce n’est pas le nichons ou la mini-jupe ! Sorry.

Autre théorie qu’ils balancent allégrement, c’est le fait que les lettres reçues soient toutes de journalistes ! Ok, on suppose que 99% furent écrites par des fous, des zinzins, des comiques, des journalistes, et j’en passe, mais ils ferment la porte au fait qu’il pourrait y avoir une infime proportion pourrait être réellement du tueur. Qui peut le jurer avec certitude ? Personne…

Restez assis et buvez un truc fort parce que là, on va entrer dans le porte nawak d’une magnificence jamais atteinte, selon moi, hormis la théorie maçonnique et royale de Knight (il avait fumé la moquette aussi, lui) :

Lors du double meurtre Stride/Eddowes (30/09/1888), le premier avait eu lieu à Dutfield’s Yard, à côté d’un bâtiment où se tenait une réunion sur le socialisme et le judaïsme (vous la sentez venir, là ?), dans le « International Working Men’s Educational Club » et leur théorie est que Jack, présent à cette réunion soit ressorti furieux en se disant que la société le maltraitait car il était juif et puisque Stride passait par là, bardaf il la tue !

Énorme coïncidence d’avoir une prostituée pour passer ses nerfs après une réunion, non ? Là, j’avais la furieuse sensation que nos profileurs se chatouillaient pour se faire rire ou qu’ils avaient fait le pari de celui qui sortirait la théorie, l’hypothèse, la solution la plus capillotractée !

Après quelques rappels d’indices effacés (on ne sait pas avec certitude que le graffiti de Goulston Street « The Juwes [sic] are the men that will not be blamed for nothing » soit un indice ou pas) ou trouvés, le portrait de l’assassin se profile et je vous passerai les détails mais on en arrive à un boucher juif syphilitique atteint de dégénérescence mentale qui habitait le quartier : Jacob Levy !

Marié deux enfants (et la chtouille), certificat de décès (mort en 1891) qui atteste qu’il avait le grand-duc malade et une dégénérescence dans le ciboulot (il entendait des voix qui lui disaient de faire des choses répréhensibles, un des symptômes de la syphilis).

On ajoute à cela qu’après avoir tué, il pouvait aller se laver et cacher ses trophées dans la boucherie où il travaillait et que, en tant que boucher, personne se serait posé de questions de le voir avec du sang sur un tablier.

Un témoin, Joseph Levy, un des 3 hommes qui ont vu l’assassin d’Eddowes (retrouvée à Mitre Square) et il avait dit que l’assassin faisait 10cm de plus que sa victime et, tenez-vous bien à la table, Jacob Levy mesurait 1,62cm et Eddowes 1,52cm ! Bon sang, mais c’est bien sûr !

Ajoutons à cela que le témoin Levy donnait l’impression d’en savoir plus mais ne voulait pas le dire… Pas de doute, il avait reconnu son voisin de quartier et ne l’a pas dénoncé. Comment n’y avait-on jamais pensé ??

Je signale que les autres témoins n’avaient pas parlé d’une différence de 10cm entre l’assassin et la victime, ils avaient parlé d’une différence de taille, mais plus grande. Mais comment savoir quelle différence exacte de taille il y avait entre l’homme qui se trouvait face à Eddowes et elle ?

Anybref, Jacob correspond à la description des profileurs et rempli les critères de ces mêmes profileurs qui ont enquêté sur les meurtres de 1888. Ils sont certains de leur coupable, certains qu’il a commis les 4 meurtres et pour eux, tout converge dans cette directions.

Catherine Eddowes fut la dernière victime de Jacob Levy parce qu’il avait du mal à organiser et mener à terme ses attaques. C’est un ouvrier juif, boucher, il sait se servir d’un couteau et à des connaissances anatomiques, ayant contracté la syphilis auprès des prostituées (on suppose) et donc, cela lui donne un motif sérieux pour s’attaquer à des prostituées !

Affaire classée !

Mais, mais, mais alors ? Et Mary Jane Kelly, alors ??? Et bien là, ils soulèvent enfin une hypothèse plausible : et si Mary Jane Kelly n’avait pas été tuée par Jack mais par un autre ?

Le modus operandi a changé, pour elle, passant de lieux ouverts en vase clos, passant de rapidité à je prends mon temps et arrivant 6 semaines après le doublé Stride/Eddowes.

Les vêtements de MJK étaient bien pliés sur sa chaise. L’assassin qu’elle a fait rentrer chez elle lui a-t-il laissé le temps de les mettre comme il faut ou alors cet homme était-il un simple client et, une fois au lit, seule et à poil, a-t-elle ouvert sa porte à son futur assassin parce qu’elle le connaissait et que ce type l’a tuée en faisant porter le chapeau à Jack ? Mystère !

Hormis pour cette dernière question soulevée, j’ai trouvé que le reportage était vachement orienté vers le boucher juif malade de la zétète et ayant une dent contre les femmes de petites vertu.

Là où on sort du contexte, c’est quand on balance un nom sans avoir aucune preuve, rien que des suppositions, un peu à la manière de Cornwell qui avait pensé à son peintre et qui a orienté son enquête afin de trouver des preuves pour étayer sa théorie.

On va oublier ce petit reportage qui n’était pas bon…

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sur la piste de Jack l’Éventreur (2015)

Au cours de l’automne 1888, cinq femmes sont assassinées dans le quartier misérable de White Chapel, à Londres. Malgré les efforts des autorités, le tueur échappe à toutes les recherches. Puis la série de meurtres s’interrompt brusquement et l’éventreur se volatilise à jamais.

Au fil des années, d’innombrables théories ont fleuri quant à son identité. Retour sur les diverses hypothèses, des plus sérieuses aux plus farfelues. Aujourd’hui encore, des passionnés rêvent de percer le mystère.

En 1988, des profileurs du FBI ont dressé le profil du tueur. En 2006, Scotland Yard a également tenté de livrer une sorte de portrait-robot de Jack l’éventreur.

En 2014, l’homme d’affaires Russell Edwards a fait appel à l’ADN pour dévoiler dans un livre à sensation très controversé le nom de celui qui, selon lui, est l’auteur des crimes de Whitechapel.

Ce que j’en ai pensé :
Le début est très instructif. Sans revenir sur ce que l’on sait déjà des crimes, on entre assez vite dans le vif du sujet avec les dernières études, théories qui ont été faites sur le criminel le plus recherché du monde.

En quelques minutes, à l’aide d’intervenants et d’images de films ou des illustrations de l’époque, on se replonge dans la ripperologie ou l’étude des actes de Jack The Ripper.

Ce reportage, je l’ai trouvé sur le Net et je ne savais absolument pas dans quoi je mettais les pieds, si ce n’est sur les traces de Jack.

Et puis patatras ! On commence à causer de la théorie que Russel Edwards développe en long et en large dans son livre « Naming Jack The Ripper » (Jack l’éventreur démasqué) où on apprenait qu’il avait acheté, lors d’une vente aux enchères dans un village du Suffolk, un châle décoré d’un motif d’asters, en très mauvais état, déchiré et taché.

Le tissu était maculé de sang et aurait été trouvé aux côtés du corps de Catherine Eddowes, quatrième victime de Jack l’Éventreur. Un policier l’avait alors emporté pour l’offrir à sa femme qui, sans surprise, n’avait pas voulu du cadeau.

Anybref… Si vous avez la flemme de relire ma chronique de l’époque (lien dans le titre en bleu), je vous la résume en un mot : fumisterie ! Carabistouilles (pour les belges qui me lisent).

Un châle que tout le monde a touché, foutant de l’ADN partout ! Un châle ramassé par un flic que rien ne prouve qu’il était dans le secteur à ce moment là, un châle qui ne se retrouve pas dans la liste des effets personnels de Eddowes.

Heureusement qu’ensuite on nous parle du pourquoi Jack et les autres serial-killer fascinent autant, des nouvelles théories en vogue, qu’on nous dresse un petit topo de l’East End, du pourquoi il était assez facile de tuer à cet endroit et à cette époque, des médias qui firent de ces meurtres leurs choux gras, les lettres sois-disant envoyées par le meurtrier (on n’est sûr de rien)…

Instructif ce fut ! (mes excuses) J’ai beau savoir, j’apprécie toujours autant que l’on me parle de l’East End de 1888 et de ses meurtres. Il serait peut-être temps que j’aille me faire examiner chez un psy…

La seule chose que je regrette et qui est commune à bien des reportages ou écrits sur les meurtres de Whitechapel, c’est que chaque expert, chaque ripperolgue, est persuadé que Machin Brol EST le tueur, ou, du moins, le plus probable !

Ce qui nous donne, en vrac : 

  • Aaron Kosminski
  • David Cohen
  • Montague Druit
  • Le mari journaliste de Mary Jane Kelly

Mais vu que l’on a aucune preuve, on ne saura jamais QUI était Jack The Ripper avec certitude. De plus, l’identifier mettrai fin à son règne…

Un reportage intéressant, instructif, qui n’échappe pas à moult théories, chacun des intervenants y allant de la sienne et toutes ayant au moins 50% de chance d’être la bonne.

Un reportage que je conseille à ceux ou celles qui voudraient découvrir les crimes de 1888, en savoir un peu plus, qui voudraient remettre à jour les faits dans leurs mémoires, entendre de nouvelles théories, ajouter des suspects à leur liste ou à tous ceux qui aiment le sujet et qui s’y intéresse.

Jack l’Éventreur – L’invention du serial killer : Faits divers à la Une ARTE (2017)

1888 : une série de crimes terrorise Londres. Alors que l’enquête piétine, les policiers de Scotland Yard reçoivent une lettre du présumé tueur.

La presse populaire s’empare alors de l’affaire et façonne une figure mythique et maléfique qui marque le XXe siècle.

Dans le quartier malfamé de White Chapel surgit « Jack l’Éventreur », le premier tueur en série de l’Histoire.

Jack the ripper est rapidement devenu un mythe repris dans la littérature – une centaine d’œuvres de fictions s’en sont emparées.

Et en langue anglaise, on compte plus d’une centaine d’ouvrages de non-fiction qui entend remonter l’histoire de cet assassin – ce qui fait de lui l’un des tueurs les plus étudiés.

Bien évidemment la littérature d’horreur profita amplement de ce personnage…

Ce que j’en ai pensé :
Vision du Londres ancien, vu d’en haut, c’est surprenant. Non, pas filmé avec un drone, mais sans doute d’un ballon…

Dans ce reportage, d’entrée de jeu, ils ajoutent Martha Tabram aux victimes de l’Éventreur…

La question reste ouverte de savoir si, oui ou non, elle faisait partie des crimes de l’Éventreur.

Dans le reportage, ils ne le soulignent pas, ce qui est une erreur, selon moi. Il faut informer le téléspectateur, pas toujours au fait de l’histoire, que cette victime ne fait pas l’unanimité au sein des Ripperologues.

Assez bien d’images d’archives dans ce reportage : on voit des fiacres et lourdes voitures tirées par des chevaux passant sur Tower Bridge (post 1888 puisque, si sa construction commença en 1886, Tower Bridge ne  fut ouvert au public que le 30 juin 1894).

D’ailleurs, durant tout le reportage, peut d’images tirées de films avec Jack seront présentées !

On nous montrera des illustrations de l’époque, parues dans les journaux ou le Police News, ou des images de Londres, tournées début du siècle ou dans les années 70, vu les couleurs.

Ce qui n’est pas plus mal, les films ne donnant pas toujours une vision correcte des meurtres et de ce fait, l’imagerie populaire a fait comme avec Holmes, l’affublant toujours de cet horrible deerstalker tout comme elle ajoute un chapeau haut-de-forme à Jack.

Pas trop de détails dans les mutilations, faudrait pas non plus dégoutter le téléspectateur lambda… de plus, le reportage ne faisant que 25 minutes, faut se concentrer sur le principal.

Les deux réalisateurs reviennent aussi sur la misère qui régnait dans ce pays riche, sur le fait qu’on pris conscience que les pauvres n’étaient pas toujours responsables de leur misère et que si prostituées il y avait, la plupart des clients des bordel étaient des bourgeois !

À l’immoralité des pauvres répond la perversité des bourgeois.

Robert Louis Stevenson a bien souligné le fait qu’une personnage respectable pouvait devenir une personne abjecte réalisant les pires choses lorsqu’il écrivit Docteur Jekyll et Mister Hyde.

On apprendra aussi que si le cinéma a toujours ajouté du fog à ses représentations des meurtres de 1888,ces jours-là, il n’y en avait pas ! Ce fait météorologique là, j’en avais connaissance, mais c’est bien qu’ils le soulignent pour les non-initiés.

Le fog représentait les pathologies résultant de l’industrialisation de la ville et le fait que Jack en était le rejeton, de cette société industrielle.

Un petit reportage un peu trop court (c’est toujours trop court), qui a eu l’intelligence de ne pas illustrer ses dires avec des scènes tirées des multiples films afin de ne pas embrouiller son monde.

Pour celui ou celle qui voudrait juste en savoir un peu plus ou se remettre les idées en place, c’est génial.

Et pour celui ou celle qui en sait déjà beaucoup (mais on ne sait jamais assez), le reportage est intéressant aussi parce qu’il donne une autre vision des ruelles de Londres, même si les images d’archives sont sans doute, pour la plupart, post 1888 dès qu’on a une caméra qui tourne.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Jack L’éventreur – Le journal, Le dossier, La controverse : Shirley Harrison

Titre : Jack L’éventreur – Le journal, Le dossier, La controverse

Auteur : James Maybrick / Jack the Ripper (Auteur présumé)
Auteur : Shirley Harrison (Éditeur scientifique)
Auteur : Robert Smith (Auteur de la postface, du colophon)
Éditions : JC Lattes (1193) / Le Livre de Poche (1993)
Édition Originale : The Diary of Jack the Ripper – The Discovery, the Investigation, the Authentication, the Debate (1993)
Traducteur : Jérôme Jacobs

Résumé :
Premier serial-killer connu de l’histoire du crime, Jack l’Éventreur demeure un personnage énigmatique. De la série d’assassinats, d’une barbarie rarement égalée, dont furent victimes cinq prostituées londoniennes en 1888, on n’a jamais trouvé l’auteur.

Le journal intime découvert en 1991 est-il bien l’œuvre du tueur ? Ce dernier serait-il alors James Maybrick, honorable marchand de coton de Liverpool, l’un des suspects de l’époque, lui-même assassiné par sa femme ?

On lira ici ce récit hallucinant d’une jalousie débouchant sur la démence, de ces errances dans les rues de Londres à la recherche de prostituées que le narrateur va éventrer « comme des pêches mûres ».

Une enquête rigoureuse, due à la journaliste Shirley Harrison, fait ensuite le point sur l’origine de ce document et son auteur présumé, ainsi que sur la controverse passionnée que déclencha sa découverte.

Le dossier complet d’une des plus extraordinaires affaires criminelles de tous les temps.

Critique :
Chers lecteurs et lectrices, voici le roman parfait pour vous ! Du moins, il sera parfait, dans sa version poche, pour caler un meuble bancal…

Si vous possédez la version Grande Édition, celle avec des images, je vous suggère d’aller le coincer sous la tour qui penche, à Pise.

Là, vous vous dites sûrement : mon dieu, mais quelle barbare avec ses livres, la Belette !

Je réserve ce genre de traitement uniquement aux livres qui m’ont horripilé, énervé, agacé, exaspéré, irrité…

Ceux qui vous vendent des vessies pour des lanternes, ceux qui se parent de leurs plus beaux atours alors qu’ils ne sont que des contrefaçons.

Imaginez une personne qui n’est pas au fait des événements de 1888 et qui lirait ce sois-disant « Journal de Jack L’Éventreur » : passant déjà 60 pages du livre puisque composées du récit manuscrit de James Maybrick, qui se dit être Jack The Ripper, puis, découvrant avec la traduction un récit assez chaotique, rempli de phrases qui n’ont pas toujours du sens, des mots notés ça et là, des résumés des meurtres horribles…

Puis, lisant avec des étoiles plein les yeux l’histoire de ce carnet que Tony Devereux, patron d’un pub, donna en mai 1991 à Mike Barret, en lui disant de faire pour le mieux avec ce fameux carnet.

On nous expliquera ensuite ce que Mike Barret fit comme démarches afin de recouper les faits du carnet avec la réalité, toutes les analyses du papier et de l’encre qui furent effectuées, afin de savoir si le carnet était un vrai de 1888 ou si, comme pour les carnets d’Hitler, tout ceci était un faux grossier.

Et c’est là, mesdames et messieurs, que l’on vous fait avaler des couleuvres de la taille d’un boa constrictor : tout ceci n’est que fumisterie ! La lanterne n’est qu’une vessie et ces carnets sont encore plus faux que les nibards d’Ève Vallois (Lolo Ferrari pour les intimes).

Bien entendu, je le savais avant de commencer ma lecture, ayant lu les bons ouvrages avant, ceux qui parlaient de ce canular (Mike Barret ayant ensuite avoué l’avoir écrit), mais le lecteur lambda pourrait prendre ce récit pour réel, comme avec les élucubrations de Stephen Knight dans « Jack the Ripper : The Final Solution » (1976).

Donc, après avoir lu 15 pages de guimauveries qui tendent à nous prouver que le carnet est vrai, après avoir sauté 60 pages d’écriture anglaise manuscrite, après avoir lu leur traduction et soupiré moult fois face à un récit tourmenté, désordonné et pénible à lire, après avoir lu les quelques 220 pages du dossier de Shirley Harrison qui revient sur les crimes de 1888 et qui tend à faire coller les faits à sa théorie, à l’instar de madame Cornwell, la lectrice que je suis en est ressortie avec la nausée et l’envie de caler un meuble bancal avec ce roman en version poche (non illustré).

Si James Maybrick EST Jack The Ripper, ce n’est pas de cette manière qu’on me le fera croire ! La seule chose positive que je retiendrai, c’est la remise en mémoire de l’affaire des crimes de Whitechapel (de manière édulcorée, bien entendu).

Ce roman, s’il ne finit pas sous un meuble, pourra rester dans mes livres uniquement pour grossir la collection « Jack The Ripper », mais il ne sera jamais conseillé en lecture, sauf si je souhaite faire plaisir à un(e) ami(e) masochiste.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon, le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.