Joseph Laflamme – Tome 1 – Jack / La légende de Jack : Hervé Gagnon

Titre : Joseph Laflamme – Tome 1 – Jack / La légende de Jack

Auteur : Hervé Gagnon
Édition : Libre Expression (2014) / 10/18 (07/02/2019)

Résumé :
Montréal, août 1891. Par un matin de canicule, on découvre le corps horriblement mutilé d’une prostituée dans une rue du Red Light.

Ce meurtre est le premier d’une série comme jamais Montréal n’en a connu et qui ressemble à s’y méprendre aux assassinats commis par Jack l’Éventreur à Londres en 1888. Pourtant, étrangement, ni la police ni la presse ne s’y intéressent.

Seul Joseph Laflamme, journaliste du quotidien Le Canadien en mal de travail, fouille l’affaire malgré l’opposition des autorités et des mystérieux francs-maçons.

Un fou imite-t-il le célèbre tueur ou Jack l’Éventreur lui-même a-t-il traversé l’Atlantique pour mieux sévir à Montréal ?

Critique :
Deux personnages me font relever la tête, tel un chien qui vient de flairer la piste d’un gigot : Sherlock Holmes et Jack The Ripper.

L’un appartenant à la fiction et l’autre à la réalité. L’un redressant des torts, se trouvant du bon côté de la loi et l’autre un criminel. Cherchez pas à comprendre.

Donc, un roman intitulé « Jack » ne pouvait que me faire dresser la tête, même dans une fiction et ma PAL étant ce qu’elle est, ce roman y a pris la poussière.

Si on commence assez doucement dans l’histoire, c’est pour une bonne cause, il faut placer les décors, les protagonistes, les faire bouger devant nos yeux, faire en sorte que l’on s’y attache, que l’on se pose des questions, que l’on suppute, que l’on tremble un peu, que notre nez se plisse devant la barbarie des assassinats…

Joseph Laflamme m’a bien plu, sa frangine aussi. Ils sont humains, réalistes, tirent le diable par la queue et Joseph va vider la sienne chez une prostituée et en est amoureux. L’imbécile heureux qui pense qu’il va la sortir de ce milieu alors qu’il a du mal à joindre les deux bouts (si je puis me permettre) financièrement.

Joseph était le seul de ses clients avec lequel elle n’avait pas besoin de feindre le plaisir. La liqueur abondante qui lui coulait entre les cuisses avant qu’il la pénètre, les petits cris qui lui échappaient pendant l’acte et les morsures qu’elle lui plantait dans les épaules alors qu’il allait et venait avec une ferveur maladroite et attendrissante, la façon qu’elle avait de le retenir en elle après qu’il eut joui, tout cela était sincère. […] Quand il la prenait, mais aussi après, il ne la regardait jamais comme un vulgaire morceau de viande fraîche dans lequel il voulait vider au plus vite un sexe fébrile. Il la considérait comme une personne. Il la respectait autant qu’on pouvait respecter une putain. Avec lui, pendant une heure, elle avait le sentiment d’être une femme pure et propre.

À un moment donné, le roman est devenu addictif, on nageait en plein mystère, on avait des meurtres sordides, des flics qui ne faisaient pas leur boulot, un Joseph enquêtant lui-même, des personnages énigmatiques, l’ombre de ces pauvres francs-maçons sur qui planait encore les soupçons…

Bref, j’étais à fond dedans, bien plongée dans ce roman qui me décrivait si bien le Montréal de 18991, qui me donnait quelques atmosphères intéressantes, qui utilisaient des personnages qui me plaisait et qui ne donnait pas trop de révélations mais laissait planer un doute comme j’aime.

Certaines tirades des personnages piquaient juste où il le fallait, égratignant les financiers, les politiciens, le clergé.

— Évidemment, dans les institutions catholiques, ces ouvrages sont interdits, au point qu’ils ne sont même pas conservés à l’index. Il faut protéger l’âme des fidèles, tu comprends ? Et surtout, les curés veulent préserver le contrôle qu’ils exercent sur leurs ouailles. Imagine l’anarchie s’ils se mettaient à penser librement dans une loge !

Il n’avait quitté le pouvoir qu’entre 1873 et 1878, alors que les financiers du chemin de fer transcontinental avaient poussé un peu trop loin le financement du parti Tory en échange de contrats de construction et que la chose avait été éventée. Une maladroite erreur de parcours, rien de plus.

— Il m’a laissé entendre que Mgr Fabre n’aime pas du tout que notre journal publie des histoires de meurtres, maçonniques de surcroît. Il paraît que ça trouble les bons catholiques qui, c’est bien connu, ne doivent pas trop penser, puisque le clergé le fait pour eux.

Arrivé au final, à la révélation ultime du pourquoi des crimes, patatras, la cassage de gueule total car l’auteur n’a rien trouvé de mieux que nous ressortir une des théories à la con de Stephen Knight, celle que l’on retrouve dans le film « Meurtres par décret », à quelques détails près.

Non, pitié, pas cette théorie là que les ripperologues sont les premiers à dire qu’elle est à oublier puisque juridiquement impossible.

Ce genre d’accident (on va éviter de spolier, seuls les initiés comprendront) n’aurait jamais pu monter dessus ! La monarchie anglaise est rigide, guindée, olé-olé aussi, mais il y a des règles juridiques qui protègent et on n’y déroge pas. De plus, si la reine n’a pas consenti à la chose, alors quéquette, zéro droits !

De plus, étant donné que l’auteur inclus Martha Tabram, assassinée le 7 août 1888, cela nous donne un délai de trois longs mois pour éliminer ce qui doit être éliminé… Ça fait long, non ? Ça donne surtout le temps aux personnes misent dans le secret de foutre le camp, de se planquer et surtout, de se méfier.

J’avais déjà tiqué pour l’assassinat de Mary Jane Kelly qui, d’après le récit, semble se dérouler dans une chambre au premier étage, sur un couloir possédant plusieurs chambrées… Heu, nous sommes dans une fiction, certes, mais pourquoi changer la topologie des lieux ?

MJK avait une personne qui vivait au-dessus de chez elle (qui l’entendit chanter, même), mais sa porte donnait sur la rue, elle vivait au rez-de-chaussée (on entrait au N°13, Miller’s Court par un passage entre le 26 et le 27, Dorset Street) et la porte était fermée lorsque Thomas Bowyer fut envoyé chercher les loyers qu’elle devait à son proprio, John MacCarthy.

Le carreau était cassé et Thomas glissa un œil pour voir… Ce qu’il vit le fit sans doute blêmir puisqu’il alla chercher le proprio qui vint constater lui-même les dires du garçon.

Il posa l’oreille contre la porte et écouta longuement en retenant son souffle. Rien. Soit les autres chambreuses étaient en train de se livrer à leur négoce avec un client, soit elles se saoulaient dans un des tripots qui pullulaient dans le quartier, soit encore elles cuvaient leur vin ou reposaient leur corps malmené. Il tourna doucement la poignée et entrouvrit, les sens aux aguets. Toujours rien. Il coiffa son gibus, se glissa dehors et referma la porte sans bruit en prenant soin de ne pas la verrouiller. Le cadavre de miss Kelly devait être retrouvé ; on devait pouvoir entrer librement. D’un pas mesuré, il traversa le couloir sombre en silence, descendit jusqu’au rez-de-chaussée et sortit sans avoir croisé âme qui vive. Dehors, il faisait frisquet et un épais brouillard s’était formé, comme chaque nuit ou presque à cette époque de l’année.

N°13 Miller’s Court en 1888

Purée, c’est râlant ! Voilà un roman qui m’avait bien embarqué, qui me plaisait, malgré les libertés prises avec la disposition des lieux de chez MJK et bardaf, la catastrophe finale qui m’a fait gémir de douleur, de frustration car peu réaliste puisque juridiquement non avenue.

Nous sommes dans un roman, dans de la fiction, je l’admets, mais autant où je passerai les test ADN réalisés en 30 secondes par les Experts de tous poils (non réaliste), autant je coince sur l’irréalisme de cette théorie.

Et maintenant, les Romains vont s’empoigner car je suis face à une impasse pour la cotation du roman : il est bon, j’ai passé un bon moment mais l’explication finale a tout foutu en l’air. Mais elle sera une théorie tout à fait acceptable pour ceux ou celles qui n’ont pas ou peu de connaissance sur Jack The Ripper.

Comme je ne suis pas rancunière, fin du mois, je me ferai le tome 2 des enquêtes de Joseph Laflamme avec Jeremiah !

D’expérience, il connaissait les endroits et les recoins les plus sensibles de son corps et savait les titiller avec un doigté à nul autre pareil. L’adorable petit efféminé était ce qu’aucune femme ne serait jamais : la délicatesse avec un sexe d’homme. Jack avait fait appel à ses services par le passé même s’il coûtait cher, car chaque seconde de la torture qu’il savait si bien infliger valait son pesant d’or.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°76 et Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu Terreur – Le crime était parfait – thriller).

 

L’Homme de l’année – Tome 13 – 1888 : Céka & Benjamin Blasco-Martinez

Titre : L’Homme de l’année – Tome 13 – 1888

Scénariste : Céka
Dessinateur : Benjamin Blasco-Martinez

Édition : Delcourt Histoire & histoires (18/04/2018)

Résumé :
Comment un rescapé des pogroms russes, arrivé en Angleterre avec sa famille, est devenu le plus célèbre psychopathe de l’ère victorienne ? Rencontrez l’homme qui se cache derrière Jack l’Éventreur…

1888. Londres. Un mystérieux assassin s’attaque aux prostituées de Whitechapel. Les corps sont atrocement mutilés. Qui est capable de telles horreurs ?

Scotland Yard échoue à arrêter celui qui devient le plus célèbre tueur en série de l’histoire.

Un châle maculé de traces ADN nous permet de révéler, plus d’un siècle après l’affaire, l’identité du fameux Jack l’Éventreur et ce qui le poussait à tuer…

Critique :
Enfer et damnation, encore cet Aaron Kosminski et cette stupide histoire de châle bourré de traces d’ADN que j’avais lue dans le roman de Russell Edwards : « Naming Jack The Ripper » (Jack l’éventreur démasqué) !

Bardaf, après quelques cases, lors de la découverte d’un châle dans une vieille malle au grenier, j’ai compris qu’on allait nous proposer cette théorie tout ce qu’il y a de plus loufoque.

Mais bon, le vin était tiré, il fallait le boire, ou plutôt, la bédé était commencée, fallait l’achever.

Juste après cette découverte, les auteurs basculent sur la nuit du 31 août 1888 avec Mary Ann Nichols, ivre et rencontrant son tueur. Par contre, ils oublient de parler de l’incendie sur les docks…

Les dessins ont su donner à ce récit l’atmosphère qu’il lui fallait en présentant, avec réalisme, des bans de brume typiquement londonienne, même si, durant les meurtres, il n’y avait ni fog, ni smog, ni brouillard.

Les clichés cinématographiques ont la vie dure et effectivement, ça vous plonge encore mieux dans les rues miteuses de Whitechapel si vous ajoutez ces effets spéciaux que sont les brouillards de l’époque victorienne.

La lumière des quelques réverbères est elle-même noyée dans la brume, tamisant la lumière, lui donnant une autre aura, plongeant un peu plus le lecteur dans l’ambiance de 1888 et de ses meurtres. Rien à redire, j’ai aimé les décors.

Les meurtres sont violents, sordides, le sang gicle, bref, on s’y croirait ! Les couleurs, style aquarelles, mettent bien en scène l’histoire, que ce soit au niveau des meurtres ou des événements qui l’entourent puisque nous allons pénétrer au coeur de la vie de Kosminski.

Là où j’ai trouvé que l’on manquait de réalisme, c’est lorsque notre garçon coiffeur, le fameux Aaron Kosminski est vêtu d’un haut-de-forme et d’une belle redingote lorsqu’il quitte son boulot. Apparemment, les apprentis coiffeurs savaient se vêtir. On vit piteusement mais on s’habille en grand seigneur.

Pour mieux comprendre les mobiles du tueur de Whitechapel, les auteurs le mettent en scène dans ce qui fut son passé, avant qu’il n’arrive en Angleterre, quand il était dans son village en Pologne, sous occupation Russe.

Et les Russes, ils s’en prenaient aux Juifs Polonais… Non, rien n’a changé, les boucs émissaires sont toujours les mêmes.

Mettant en scène ce qui aurait pu être la vie de Kosminski, les auteurs lui ont donné une vie, un mobile, un regard un peu fou, dans les tons bruns-rouges des plus troublants et flippants. On frôle même parfois des regards méphistophéliques.

Leur tueur, vu ses yeux fous et son comportement a tout d’un tueur crédible, mais on ne me fera pas gober le test ADN que Russel Edwards a réalisé sur le châle trouvé aux côtés du cadavre de Catherine Eddowes et (sois-disant) volé par un policeman à l’époque (celui arrivé le premier sur les lieux du crime) pour l’offrir à sa femme.

Un truc plein de sang et de coups de couteau, dans la bédé… Quelle femme voudrait de ça ? Là, je n’y crois pas un instant, je n’y ai jamais cru, encore moins en lisant le roman de Edwards, mais la bédé est plus centrée sur les meurtres de 1888 que sur les tests ADN réalisé sur le châle et au final, moi qui pensais soupirer et ronchonner, et bien, c’est tout le contraire qui s’est passé.

La manière d’aborder le sujet, les dessins, la mise en scène, le découpage (si je puis me permettre), les couleurs aquarelles dans les tons qui rendent justice à l’ambiance glauque des rues de Whitechapel, tout ces détails réussis ont fait pencher la balance vers le plaisir livresque, alors que c’était des plus mal barré au départ.

Les auteurs ont bien réussi leurs coups et on a vraiment l’impression d’être face à un potentiel tueur, même si, dans le fond, ce serait trop facile et que de toute façon, pour moi, Jack l’Éventreur doit rester à jamais sans identité, le mythe s’effondre toujours quand on sait.

Une réussite. En mettant de côté le fait que ce châle soit vraiment celui trouvé sur Catherine Eddowes ! Cette vente aux enchères avait attisée la curiosité de cerains Ripperologues mais personne n’a pris cette histoire au sérieux car tous doutaient de l’authenticité de ses origines.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Oscar Wilde et les crimes de la Tamise : Gyles Brandreth [Saga Oscar Wilde 7]

Titre : Oscar Wilde et les crimes de la Tamise

Auteur : Gyles Brandreth
Édition : Terra Nova (2017) / City Poche (2018)
Édition Originale : Jack the Ripper : Case Closed (2017)
Traducteur : Benoît Domis

Résumé :
Londres, 1889. Arthur Conan Doyle est fatigué de Sherlock Holmes, le personnage qui l’a rendu célèbre. Oscar Wilde, lui, est ruiné comme à l’accoutumée, et traîne son ennui de clubs privés en soupers fins.

Mais le Londres de cette fin de siècle offre trop d’opportunités pour laisser deux hommes de cette envergure oisifs bien longtemps.

Pour faire fortune et retrouver cette pulsion de vie si chère à Oscar, quoi de mieux que d’enquêter sur les meurtres du déjà célèbre Jack l’Eventreur qui sème derrière lui les corps de femmes atrocement mutilés ?

L’homme opère dans les bas-fonds de Londres, mais les suspects se rencontrent jusque dans les salons les plus raffinés de la capitale.

Un tel voyage ne peut que mettre en joie le fantasque Oscar. Arthur, lui, doit surtout prendre garde à ne pas se laisser entraîner trop loin par ce tourbillon d’extravagance et d’immoralité…

Une nouvelle enquête d’Oscar Wilde dans le Londres victorien.

Critique :
On a eu des 4ème de couverture qui en disait trop et des mensongers, ici, on en a un qui se plante dans la date puisque nous ne sommes pas en 1889 mais en janvier 1894.

Autrement dit, 5 ans après les crimes de Whitechapel et Conan Doyle avait publié dans The Strand Magazine la nouvelle intitulée « Le dernier problème » où Holmes tombait dans les chutes…

Le diable se cachant dans les détails, je voulais le souligner, des fois que l’éditeur me lirait et aurait envie de corriger son 4ème.

Bordel de dieu, quelle joie de retrouver mon Oscar Wilde enquêtant avec ce cher Conan Doyle sur les crimes de Whitechapel !

En tombant sur ce roman dans une librairie, j’ai frôlé la crise cardiaque et l’orgasme en même temps. Je subodore que j’ai fait l’un et puis l’autre. Me demandez pas l’ordre mais sachez que l’orgasme s’est prolongé durant la lecture…

Sacrebleu, mon Oscar Wilde de retour alors que je l’avais laissé aux portes de la mort après son incarcération dans la prison de Reading ? Une résurrection ? Un miracle, Salomon ?

Non, Oscar Wilde est bien mort dans la misère la plus totale après sa sortie de prison (30/11/1900) et ne nous fera pas le coup de Jésus ou de Holmes.

Ce récit est comme le « Chien des Baskerville » où Conan Doyle avait fait revivre Holmes de manière détournée, en faisant dire à Watson que l’histoire n’avait jamais été publiée à l’époque et qu’elle était antérieure à sa disparition.

Ici, c’est presque pareil, l’enquête se situe donc avant la prison de Reading (25/05/1895) dans la chronologie et notre Wilde est déjà en train de fricoter avec Bosie, (Alfred Douglas), le fils du 9ème marquis de Queensberry.

Oscar Wilde est un bon vivant, dépensier, intelligent. Avec lui, c’est une citation à la minute et un bon mot toutes les pages. Il est jubilatoire ! Ses réflexions sont dignes d’un Sherlock Holmes et Doyle a tout d’un Watson car il le suit sans jamais comprendre la manière qu’à son ami de réfléchir. Et Conan Doyle n’a rien vu venir.

Nous sommes en 1894 et des crimes similaires à ceux de 1888 ont eu lieu. Durant leur enquête, nos deux amis se remémoreront les crimes de 1888 et l’auteur ayant potassé son sujet, c’est détaillé sans que cela devienne rébarbatif pour les non-initiés et assez complet pour que les aficionados de Jack The Ripper aient leur came.

Un véritable plaisir que ce fut de retrouver ces deux-là pour une enquête dans le Londres victorien où plane l’ombre de Jack The Ripper. Copy cat ou véritable retour du tueur en série ? Vous ne pensez tout de même pas que je vais vous le dire ?

Jubilatoire, amusant, sérieux, intelligent, joyeux, sombre, ce récit est comme la personnalité d’Oscar Wilde : flamboyante ! Non seulement nos deux protagonistes sont réalistes, mais ceux qui les entourent aussi et le scénario est tissé d’un fil qui, au final, donnera une trame qui aurait pu être celle de 1888. Qui sait ?

Bien que tout ceci ne soient jamais que pures théories ou conjectures, mais au moins, elle tient mieux la route que celle de Cornwell ou, plus récemment, celle de Russel Edwards.

Je ne sais si cette nouvelle aventure est née d’une envie de l’auteur de faire enquêter Wilde et Doyle sur les meurtres de 1888 ou si cette nouvelle histoire est due au fait que la série marche super, mais je ne vais pas pinailler, il peut encore m’en sortir, des récits Wilde/ACD, tant qu’ils sont de cette qualité là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

L’Affaire Jack l’Éventreur : Christian Coudurier

Titre : L’Affaire Jack l’Éventreur

Auteur : Christian Coudurier
Édition : Publibook (12/01/2000)

Résumé :
En 1887 et 1888, sous le règne de Victoria, l’Angleterre allait connaître une flambée de violence sans précédent (…).

Au début de l’année 1888, la presse s’intéressa soudain aux « crimes de l’East-End ».

Ces assassinats sont ceux du plus notoire des serial-killers de l’Histoire de l’Angleterre : Jack l’Éventreur.

Critique :
Voilà un petit livre qui, sans trop entrer dans les détails, donne une vue d’ensemble de l’affaire Jack The Ripper.

Pour celui ou celle qui voudrait en savoir plus, je conseillerai toujours « Le livre rouge de Jack l’Éventreur » de Stéphane Bourgoin qui est archi complet et sans théories foireuses.

Ici, l’auteur abordera les théories foireuses et en peu de mots, expliquera pourquoi elles ne tiennent pas la route.

Malheureusement, en leur temps, elles firent fureur et certaines ont encore de beaux jours devant elles car dès que l’on parle de complot, certains deviennent comme une chienne de ma connaissance (Nikita, si tu me lis) devant sa gamelle que l’on va remplir (elle tourne sur elle-même, langue pendante, sourire béat).

La seule chose qui m’a dérangé, dans le récit, c’est la mise en majuscules des noms propres des gens et des villes. À la longue, on a l’impression qu’on nous crie sans cesse dessus.

De plus, l’auteur laisse penser que les lettres reçues sont belles et bien celles de Jack l’Éventreur alors que la « From Hell », la « Dear Mister Lusk » ou la carte « Saucy Jacky » sont considérées comme « pouvant être de l’Éventreur lui-même » car il reste et restera toujours un doute quant à leur authenticité !

Déjà que tous les Ripperologues ne sont pas d’accord sur le nombre de victimes… Faut tout prendre avec le doute, dès qu’on s’intéresse à Jack.

C’était court, c’était bref, l’essentiel était dit et pour celui ou celle qui voudrait en savoir un peu plus sans trop entrer dans les détails, ce petit livre est parfait, il fait le job, mais rien de plus.

Pas une lecture indispensable, je n’ai rien appris de neuf sous le soleil, ceux qui connaissent l’histoire peuvent zapper ce récit ou bien faire comme moi, le lire juste pour le plaisir ♫

Je ne plaindrai pas de cette lecture, vu toutes les horreurs sur le sujet que j’ai déjà pu lire dans ma vie, celui-ci est dans le haut du panier (mais plus bas que le livre de Bourgoin et celui de Sophie Herfort).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Mary Jane Kelly – La dernière victime : Didier Chauvet

Titre : Mary Jane Kelly – La dernière victime

Auteur : Didier Chauvet
Édition : L’Harmattan Graveurs de mémoire (01/06/2002)

Résumé :
Avec cette première biographie de Mary Jane Kelly, jeune et jolie prostituée irlandaise à la personnalité si attachante qui fut la dernière victime de Jack l’Éventreur, l’auteur nous replonge au cœur du Londres de la fin du 19e siècle, et dresse un portrait sans fard des mœurs, des soubresauts de l’époque, des conditions de vie inhumaines des déshérités de l’East End, ces quartiers maudits dans lesquels Jack l’Éventreur va frapper en 1888.

Critique :
Avant toute autre chose, j’aimerais pousser un ch’ti coup de gueule contre cet epub !

Acheté sur une grande plate-forme bien connue, je me suis pourtant retrouvé avec un texte en tout petit caractères, sans possibilité d’agrandir, comme si au lieu d’être numérisé, on était face à des scans de basse catégorie.

Non mais allo quoi ? Je ne l’ai pourtant pas payé en monnaie de singe et je me retrouve avec un fichier merdique de chez merdique.

Fallait la loupe pour arriver à lire sans se faire saigner les yeux. Comment voulez-vous faire une chronique honnête quand on est face à un sabotage pareil ?

En pompant la couverture du livre chez les éditions de L’Harmattan, je suis tombée sur ce petit texte qui explique peut-être cela : « Les ebooks publiés avant 2011 sont susceptibles d’être issus d’une scannérisation, merci de consulter l’aperçu pour visualiser leur qualité ».

Bon mon colon, si j’avais su, j’aurais pas v’nu, comme le disait si bien le petit Gibus.

Pourtant, on avait du potentiel mais vu ainsi, il est impossible d’aller jusqu’au bout sans frôler la déficience oculaire.

Malgré tout, je peux tout de même vous en parler un peu car j’ai fractionné ma lecture.

L’auteur nous décrit l’East End où les conditions de vie n’avaient rien d’idyllique, croyez-moi. Il a potassé le sujet, il est précis et ce n’est pas plombant de le lire, juste horrible pour la vue, mais l’écriture de l’auteur n’en est pas la cause.

Retraçant l’histoire de l’East End, depuis l’arrivée de Huguenots, le récit n’est jamais trop professoral mais intéressant, du moins, pour ceux qui se passionnent pour Jack, Whitechapel et les ruelles mal famées de Londres (non, ça ne se guérit pas).

La première partie, consacrée à l’East End, se lit assez vite et c’est avec regret qu’on la quitte, car il y avait encore tant à dire.

La deuxième partie est consacrée à Mary Jane Kelly, dite Ginger, où l’auteur nous la présente avec une courte biographie, décrit les lieux où il vivait (au 13 Miller’s Court), le carreau cassé dans une dispute et surtout nous explique la perte par MJK de l’unique clé de son gourbi,  faits que l’on n’avait jamais entendu parler jusqu’il y a peu.

Une copinaute ayant lu « Jack the Ripper : The casebook » m’en avait parlé il y a quelques années et depuis, l’info est reprise, mais pas toujours. Pourtant, ce détail insignifiant à son importance puisque lorsque les policiers arrivèrent, la porte était fermée à clé !

Soit elle l’avait retrouvée, soit le tueur l’avait en sa possession… Mystèèèère ! La troisième partie consacrée au meurtre nous donnera les faits, rien que les faits, pas de théorie fumeuse, si ce n’est les noms de différents suspects qui furent suspectés (logique) d’être Jack.

L’auteur, dans un soucis de coller le plus aux faits, parlera même de Caroline Maxwell qui affirma avoir vu Mary Jane vivante ce vendredi 9 novembre à 8h30…

Thomas Bowyer frappant à la porte de Mary Jane à 10h45 avait vu son corps en mille morceaux sur le lit. Et elle était déjà froide depuis longtemps. La police soutint donc que madame Maxwell l’avait croisée la veille, le jeudi. Le témoin ne revint jamais sur son témoignage.

Analyse brute des faits, véritable travail de fourmi, même si d’autres avant lui ont débroussaillé le terrain, l’auteur nous décrit minutieusement les événements de cette nuit du 9 novembre 1888 où Mary Jane Kelly fut dépecée par ce qui pourrait être Jack The Ripper (les ripperologues ne sont pas tous d’accord sur les victimes même si on a établit 5 victimes canoniques).

Jack The Ripper n’a toujours pas été identifié à ce jour et je n’ai jamais cru les théories fumeuses des certains auteurs mâles ou femelles.

Ce roman, qui n’en est pas vraiment un, s’adresse vraiment à ceux qui sont mordus de Jack The Ripper et qui ne sauraient pas encore tout ce qu’il y a à savoir.

Je ne sais pas tout sur Jack, je sais qu’on ne sait jamais, mais je n’ai rien appris de neuf dans ces pages que je ne savais déjà. Stéphane Bourgoin étant passé par là, après lui, les mouches car les autres peuvent aller voir ailleurs.

Dommage que l’on vende un livre numérique fait à partir de scans, obligeant le lecteur à le lire sur un programme pour PDF, en plissant un peu les yeux. Le travail de l’auteur est remarquable, précis, mais ne s’adresse qu’aux puristes.

Je ne coterai pas l’état de l’epub, sinon, se serait un zéro pointé et l’auteur ne mérite pas ça, sauf si c’est lui même qui a scanné les feuilles !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

J’étais Jack l’Éventreur : Claude Ferny

Titre : J’étais Jack l’Éventreur

Auteur : Claude Ferny
Édition : Florent Massot (16/01/1996)

Résumé :
« Toutes les nuits, des cauchemars me faisaient haleter. En rondes lubriques, des femmes enlacées dansaient dans mon cerveau sur des collines de fumier. Elles me harcelaient de leurs gestes provocants et de leurs sarcasmes. Je me persuadai que je n’arriverais à recouvrer un sommeil réparateur qu’après que j’aurais au moins, de mes propres mains, tué une femme »

Le roman « J’étais Jack l’Éventreur » nous retrace l’itinéraire d’un tueur conscient de sa folie, éprouvant une haine féroce envers la gent féminine.

Un roman sanglant qui retrace les agissements de celui qui deviendra l’illustre psychopathe.

Critique :
J’hésite entre le qualifier de diarrhée ou incontinence verbale…

La meilleure solution aurait été de placer Charley Dorsett sous camisole de force ou de lui tirer une balle directement, mais non, on lui a donné une plume pour qu’il nous raconte tout.

Ne me demandez pas la référence à Jack The Ripper.

Son nom se trouve dans le titre mais ça s’arrête là.

Certes, on a un Jack dans le récit qui tue des femmes qui lui doivent des sous ou qui ont tenté de le gruger, mais les noms ne correspondent pas aux victimes de 1888, pas plus que les femmes que le docteur maléfique va assassiner, tout ça parce qu’il voit la plupart des femmes comme des chiennes.

Oui, mesdames, nous sommes des chiennes pour cet homme qui ne rêve que de pureté, même dans l’acte sexuel. Entre nous, il est tellement lunatique que, lorsqu’il trouve des femmes plus pures que les autres, il les tue ou il les chasse car il a toujours un prétexte pour nous vilipender.

J’adjurai Dieu de me permettre de rencontrer enfin une femme pure, une femme que je pourrais aimer et posséder pieusement, avec toute la ferveur qui doit s’attacher au plus noble des actes, à celui par lequel se perpétue la vie.

Tout ça parce qu’une fille qui s’était intéressée à lui s’est faire fourrer la taupinière par un autre furet que le sien. Qu’il ne la ramène pas, ce crétin ne comprenait même pas que la fille désirait qu’il jouasse au docteur avec elle.

Là-dessus, lorsqu’il la surprend en train de se faire gâter la bonbonnière par le caramel dur de son copain de classe, il pète une durite et voit toutes les femmes avec des gueules de chiennes.

Une autre chose m’a ennuyé durant ma lecture : nous sommes un peu avant 1889 et la médecine a l’air d’être super avancée, surtout en gynécologie et en obstétrique.

— Mais si vous affirmez à Bruce que vous êtes fou, il ne voudra jamais vous croire. En principe, un psychiatre croit seulement à la folie des gens qui se jurent sains d’esprit.

Rien de cohérent, rien de concret, des mobiles bancals, un médecin qui trucide et ses pensées qui ne m’ont fait que soupirer et bailler.

Anybref, une lecture à oublier, tellement à oublier que j’en avais oublié ma conclusion, c’est vous dire la motivation pour écrire cette chronique ! Ainsi que sa cotation et les logos !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Jack l’éventreur – Le retour : Gilles Vincent

Titre : Jack l’éventreur – Le retour

Auteur : Gilles Vincent
Édition : Paul & Mike (02/04/2015)

Résumé :
Quand Michael Connors, quatorze ans, son frère Vel, leur amie Rose et leur chat Wilde, matou au Q.I. de chat-policier, débarquent à Londres chez leur Tante Augusta, le corps sans vie d’une femme de chambre vient d’être retrouvé.

Elle est la seconde victime d’un mystérieux assassin qui terrorise la ville.

Cent vingt-cinq ans après la célèbre affaire Jack l’Éventreur, l’ombre d’un tueur rôde à nouveau dans le quartier de White Chapel. La police est tenue en échec ; la peur gagne les esprits.

Les trois adolescents, aidés de Wilde et Wallace – un vieux chat de gouttière au caractère bien trempé – vont se lancer à la poursuite du serial killer.

Ils vont affronter un ennemi inattendu, sinistre imitateur du célèbre Jack l’Éventreur.

Mais la plus terrible des surprises est parfois au rendez-vous car la vérité n’est jamais celle qu’on attend…

Et si Jack l’Éventreur n’avait pas dit son dernier mot ?

Critique :
Je n’ai rien contre la littérature jeunesse, j’en consomme, sans honte, mais il y a la littérature jeunesse et celle qui prend les lecteurs pour des quiches !

Que deux gamins et une gamine mènent l’enquête, je ne dis rien, c’est un postulat qui me plait.

Par contre, que Miss Margaret Higgins, une espèce de Sherlockette en vieilles dentelles, amie de Sir Archibald Forsythe, le directeur de la police chargé de l’enquête, divulgue toutes ses infos aux trois gosses, comme s’ils étaient de véritables enquêteurs, ça ne passe plus.

Forsythe raccrocha brusquement, et songea que cette vieille chouette de Margaret Higgins pouvait bien lui rendre service. Plus d’une fois, il l’avait sortie d’affaire, sans doute même lui avait-il sauvé la vie. Sorte de Sherlock Holmes en jupons, Margaret Higgins était une emmerdeuse aux manières d’éternelle vieille fille, c’est sûr, mais une détective hors pair qui – Forsythe ne l’avait pas oublié – avait depuis longtemps sa théorie personnelle sur la fameuse affaire de Jack l’Éventreur.

— La fumée ne vous dérange pas, très chère ?
Il aurait bien ajouté « Sherlock Holmette, » « Herculine Poirot » ou quelque chose de ce genre, mais il préféra se taire car ce qu’elle avait à lui dire, pour peu qu’il sache lui poser les bonnes questions, cette vision des choses qui n’appartenait qu’à elle, il ne voulait surtout pas en perdre une miette.

La coïncidence est tout de même bien fichue, le directeur de la police connait la tante des gamins et passe chez elle avec sa Miss Higgins pour parler des meurtres. On nage en plein surnaturel, je trouve. Mais j’avais encore rien vu, j’ai eu pire ensuite, dans le surnaturel !

Au moment précis où Allister Mac Brain déposa le dessert sur la table – un imposant pudding aux pommes encore fumant – tante Augusta s’adressa à Miss Higgins qui, depuis le début du repas, n’avait pas prononcé trois mots.
— Nous parlons, nous parlons, mais si vous nous exposiez votre version de l’affaire. Trois meurtres en moins de trois jours, j’imagine qu’après une carrière comme la vôtre, vous avez bien une idée là-dessus. D’autant qu’il m’a semblé comprendre que vous avez une hypothèse toute personnelle sur les crimes de Jack l’Éventreur. C’est bien cela ?

— Je peux prendre des notes, m’dame ? Ça m’aidera, après, dans mes investigations.
— Parce que toi aussi tu mènes l’enquête ? s’étonna l’ancienne détective de Scotland Yard.
— En fait, je ne suis pas tout seul. Il y a Michael, mon frère, et Rose, notre amie. Et puis, ça n’est pas la première fois. Au printemps dernier, en France, on a démasqué la Bête du Gévaudan 1. C’était pas rien, je…
— Je vois à ton carnet, l’interrompit Miss Higgins, que tu as déjà pris des notes. Si ce sont des remarques concernant l’affaire qui nous occupe, tu peux nous en parler. Je suis sûre que c’est intéressant.

Même leur tante, chez qui ils sont en vacances durant une semaine, leur expliquera au moment de leur arrivée, tout ce qu’il y a à savoir sur les crimes horribles qui ont eu lieu dans le quartier, depuis quelques jours. L’aîné des gamins va sur ses 14 ans… Heu ?

Le chat qui parle (en zozotant), ça passe moins bien aussi. Enfin, non, il ne parle pas vraiment, les gens entendent des miaulements, mais les trois gosses, eux, ils le comprennent, ainsi que tout ce que miaulent les autres matous.

Oui, moi aussi je comprends le langage chat, mais ils ne font pas des phrases avec le sujet, verbe et complément ! Généralement, les miaulements veulent dire « Faim » ou « Donne-moi à bouffer » ou « On veut du lait », à la rigueur « Laisse-moi rentrer à la maison », la plus longue phrase étant « Tu peux nous refiler les foies de volaille cuit dans du riz comme tu donnes aux chiens, on bouffera même les rondelles de carottes ».

Mais jamais au grand jamais je n’ai encore réussi à charger un des minous à enquêter, à voler des fanions de la police, à récupérer des pièces à convictions, à suivre un suspect de sa propre initiative, à prendre le bus, ni à trouver un trou de ver qui vous conduit directement le 30 septembre 1888, le soir de l’assassinat de Catherine Eddowes, dans un cimetière… Hein ?? Dans un cimetière ?

Eddowes fut tuée à Mitre Square et retrouvée contre une palissade donnant sur l’arrière d’un immeuble. Ok, ferme les yeux, ça va passer… La touche fantastique et les voyages dans le temps, ça passe ou ça casse. Ici, ça casse car le voyage temporel ne sert pas à grand-chose, mais ceci n’est que mon humble avis.

Ce qui ne passera pas, c’est le fait que la Higgins, en observant les yeux d’une des femmes décédées, y ai décelé la plus intense des surprises. Pitié, n’en jetez plus !

— Vous savez, Archibald, on dit qu’une personne garde dans sa rétine la dernière image perçue avant de mourir.
— Et alors, vous y avez vu de l’effroi ? Quoi de plus naturel, vu les circonstances.
— Non, pas de l’effroi, Archibald, mais la plus intense des surprises.

— Bon, vous venez, les deux belettes cendrées. Z’ai de l’éducation, moi. Pas question que z’me goinfre sans vous.

Anybref, vous l’aurez compris, ce sera la lecture pas super du mois (je reste polie), qui ira rejoindre les lectures à oublier de l’année et qui ne me laissera qu’un souvenir de n’importe quoi, comme si les jeunes à qui cette littérature est destinée étaient des crétins à qui ont peut tout refourguer, tout faire avaler, l’auteur prenant ses aises avec le réalisme afin de faciliter au possible l’enquête de ses jeunes héros.

Yapuka trouver un meuble bancal à caler et ce sera parfait !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Jack l’Éventreur : José Ortiz & Antonio Segura

Titre : Jack l’Éventreur

Scénariste : Antonio Segura
Dessinateur : José Ortiz

Édition : Magic Strip (1992)

Résumé :
8 histoires de tueurs en série, se déroulant entre 1869 et 1888.

Critique :
Parlons d’emblée de ce que je n’ai pas apprécié dans cette bédé : les dessins en noir et blanc !

Non, je n’ai rien contre le noir et blanc, que du contraire, mais ici, on est loin de la ligne claire et le tout donnait une impression de fouillis, rendant la lecture plus ardue, plus âpre et faisant un peu saigner les yeux à force de les plisser pour essayer de distinguer des détails.

Horribles et moches, voilà mon verdict pour les dessins… D’ailleurs, j’ai souvent eu du mal pour distinguer à quel personnage j’avais affaire, ce qui est un comble.

Passons maintenant à la bonne nouvelle, entre deux conjonctivites due à cette lecture : leur Jack est bien trouvé, c’est une théorie qui pourrait se tenir et expliquer bien des choses, notamment qu’on ne l’ait jamais attrapé ou même identifié depuis toutes ces années.

Les ambiances sont sombres, bien entendu, le niveau de vie social et la misère sont bien représenté, les taudis aussi et idem pour ce qui est de la mentalité anglaise qui voulait que le tueur ne soit pas un Anglais, parce que shocking !

— Croyez-moi !! Je vous le dis !! Ce Jack est un marin… venu d’ailleurs… Aucun sujet de sa Gracieuse Majesté ne serait capable de commettre pareille boucherie.

— Bougez-vous un peu les enfants ! Pour seulement 4 pennies je t’emmènes au 7ème ciel. T’en reviendra pas.
— Pas ce soir… Demande à un autre.
— Désolé… Impossible… La bonne Annie nous a déjà offert ses services… À tous.

Et puis, tout est parti en couillonnade… Le tout sans queue ni tête, ou plutôt si, mais dans un style tellement brouillon que j’ai moult fois soupiré de dépit tant il était pénible d’avancer dans ce fatras de cases noires comme le charbon où l’on ne distingue jamais les traits des protagonistes, ou alors, après avoir plissé les yeux ou attendu une avancée dans le récit pour enfin comprendre que c’était lui.

Le fil rouge est bien entendu des histoires de meurtres, commis non pas par un, mais pas plusieurs qui se nomment Jack et qui tuent de toutes les manières possibles et imaginables, sans pour autant que ce soit sur des prostituées que leur rage s’acharne.

Pas de sexisme, pas de sélection, ça tue tout. Le tueur a mille visages, mille mobiles, mille victimes.

Tiens, entre deux assassinats, j’ai croisé un type portant une espèce de MacFarlane et deerstalker, un autre qui avait tout des traits d’un Boris Karloff en créature du docteur Frankenstein… Me demandez pas ce qu’ils foutaient là, après ça, j’ai décroché.

Anybref, pas besoin de vous faire un dessin pour vous prouver combien cette lecture a été pénible et inintéressante.

Au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Sherlock Holmes et le secret des hommes barbus : Thierry Niogret

Titre : Sherlock Holmes et le secret des hommes barbus – Une enquête de l’inspecteur Lestrade

Auteur : Thierry Niogret
Édition : Le Patient Résidant (2010)

Résumé :
1888. Alors que Jack l’Éventreur fait régner la terreur à Whitechapel, Londres vit un autre événement tout aussi horrible : un mystérieux assassin tue et rase ses victimes. Barbes et cheveux n’y résistent pas. Pour quel motif ?

Pendant que Scotland Yard s’évertue à arrêter le Ripper, le Scalper accapare tout entier l’inspecteur Lestrade. Celui-ci, empêtré dans cet imbroglio, s’en remet à Sherlock Holmes.

Et si toute cette affaire débouchait sur un pileux mensonge ?

Critique :
Bon, disons-le de suite, cet apocryphe n’est pas fait pour les gens sérieux, ni pour ceux qui sont à la recherche de pastiches holmésiens plus canoniques que le canon lui-même où le récit se tient au garde-à-vous, avec le petit doigt sur la couture du pantalon !

Ici, nous sommes dans la parodie qui ne se prend pas au sérieux, qui joue avec les mots et qui place les personnages de Conan Doyle dans des situations cocasses et peu catholique.

Entre madame Hudson, la logeuse, aveugle (oui !) qui se gamelle tout le temps dans les escaliers, le docteur Watson qui ne sait plus trop où se trouve sa blessure (il n’a pas tort, nous n’ont plus), Mycroft qui est amputé des deux jambes et les Irréguliers qui parlent comme les djeun’s de maintenant, il faut donc avoir l’esprit ouvert et le second degré de branché pour que ça passe.

Il y a de nombreux jeux de mots dans les noms et des petites allusions à des personnages connus, notamment chez les flics (Mitchell, Rivers et Halliday ou Paul, Ringo, George et John…).

— En effet, Holmes. Vous savez que je n’aime guère vous faire des remarques, mais là, vraiment et en toute humilité, je me vois contraint de faire une objection.
— Je vous en prie.
— C’est relatif à l’expression que vous avez laissé échapper lorsque les jumeaux Riarti ont donné leur identité.
— Et bien ?
— Vous avez déclaré alors, je vous cite de mémoire : « Bon Dieu, mais c’est bien sûr ». Cela ne vous sied pas du tout, Holmes. Non, pas du tout. Vous devriez laisser cette expression à un autre.

Je sortais d’une horrible migraine qui avait durée plus de 48h et ma nuit se trouvait amputée alors qu’il n’était que 4h30 du matin… Je vous jure que ce pastiche parodique m’a fait le plus grand bien.

— Watson !
— Oui ?
— Watson !
— Et bien quoi ?
— Ta gueule !
Les deux hommes poursuivirent leur chemin quelques instants en silence.
— Vous avez raison, Holmes, comme toujours, avoua Watson.
Sherlock Holmes sourit.
— C’est élémentaire, mon cher Watson.

Certes, le comportement des personnages est un peu loufoque, burlesque parfois, mais toujours avec humour et comique de répétition, mais sans que cela ne devienne lourd ou redondant.

La preuve, je n’ai même pas hurlé quand Holmes sort en ville, affublé de son horrible casquette à double visière et de son macfarlane aux couleurs criardes.

L’enquête est bourrée de mystères (pourquoi raser ses victimes ?) et l’ombre du grand Jack The Ripper plane au-dessus de tout cela, sans que pour autant il ne vienne mettre son grain de sel dans notre pileuse affaire.

Anybref, c’est frais, c’est drôle, avec un vrai scénario possédant des véritables morceaux d’enquêtes dedans, le tout donnant un plat digeste et bien fichu. J’avais même trouvé le coupable avant le maître himself !

Puisque j’ai un compte à la FNOUC, je pense bien me commander les autres pastiches de cet auteur pour me les mettre sous le sapin !

Pourtant, notre dévouée logeuse avait astiqué la peau d’ours qui orne la cheminée, poil par poil, avec un chiffon en peau de chamois des Ardennes Belges.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

 

[FILMS] Batman – Gotham by gaslight : Le film qui t’éclaire au gaz (2018) [Par Dame Ida]

Batman: Gotham by Gaslight est un film d’horreur et d’action uchronique de super-héros steampunk d’animation américain produit par Warner Bros.

Animation et distribué par Warner Bros. Home Entertainment. C’est le trentième film de la série de films d’animation de DC Universe. Il est réalisé et produit par Sam Liu et écrit par James Krieg, basé sur le roman graphique du même nom et sur sa suite intitulée Master of the Future.

Le film a été diffusé pour une première mondiale au Newseum à Washington, D.C. pendant le DC in D.C., événement le 12 janvier 2018 et ensuite rendu disponible en téléchargement numérique le 23 janvier 2018 avant de sortir en DVD et Blu-ray le 6 février.

Synopsis : 

Le légendaire Jack l’éventreur est l’ennemi public N°1 et sévit dans les rues de Gotham. Mais dans cet univers alternatif, le tueur en série va se heurter à une autre légende nocturne : Batman.

Pris dans une conspiration dont il est la victime, le Chevalier Noir nous entraîne à l’époque victorienne où l’obscurité de la nuit n’est troublée que pas la lueur fébrile et tremblante des réverbères de Gotham City.

Ce que Dame Ida en a pensé :
Or donc, il est de notoriété publique que les dessins animés ne sont pas ma cup of tea.

En effet, s’il n’y a pas l’ombre d’un serial killer psychopathe bien pervers à souhait dans les parages, s’il n’y a pas un tordu incapable de s’exciter sans torturer une dame (‘scusez moi M’dame Schiappa !), s’il n’y a pas d’assassin machiavélique trucidant son prochain ou sa prochaine de manière froide, méthodique, mais aussi sans oublier de bien faire gicler du sang partout histoire de bien terrifier la vieille mégère de moins de cinquante ans (que je suis encore… pour plus si longtemps que ça…), et bien ça ne m’intéresse pas !

Je sais, je sais… Je ne suis pas très ouverte d’esprit… Toussa toussa… J’impose des limites affligeantes à l’étendue de mes intérêts culturels… Je devrais avoir honte…

Mais là je viens de finir Madame Bovary et j’en viens presque à regretter qu’elle n’ait pas rencontré Hannibal Lecter ! Elle aurait été plus utile à son mari et à sa fille en rôti ou en quenelles qu’à les ruiner avec ses amants avant de faire une indigestion d’arsenic sa mère !

Vous voyez bien que les serial killers pourraient proposer des fins plus heureuses à certains grands classiques de la littérature !

Frédéric n’arrive pas à choisir entre Madame Arnoux, Rosanette et je ne sais quelle cougar prétendument dans l’Éducation Sentimentale ? Pas de problème! Landru aurait réglé le problème de son indécision volontiers ! Vous voyez ? C’est pas si mal après tout les histoires de sérial killers !

Dame Belette a beau essayer de me convaincre de l’intérêt des romans critiques de la société américaine, de ses dérives, de ses alternatives, de son histoire… Elle a beau essayer de tout faire pour rendre aussi séduisants que possibles les beaux cowboys virils à gros pistolets, longs fusils et chevauchant sauvagement leurs montures comme personne… Elle a beau chercher à me faire apprécier les beautés de la bédé ou l’esthétisme extrême oriental des mangas… rien n’y fait !

Gavée à l’earl grey, aux scones et au spongecakes… votre Dame Ida Nationale reste désespérément une anglophile doublée d’une perversophiles… Le genre de tarée qui se ferait presque visiteuse de prison hantant spécifiquement les parloirs des condamnés du couloir de la mort ou qui leur écrit pour leur demander de les épouser en bonne et due forme avait de se laisser découper en petit morceau et dévorer.

Mais comme la peine de mort a été abolie en France et qu’il n’est pas possible d’aller visiter les détenus des « unités pour malades difficiles » (gentil euphémisme pour désigner les unités psychiatriques carcérales pour tueurs et violeurs où l’on embauche que des gardiens ayant un diplôme d’infirmier ET une ceinture noire d’art martiaux), je dois me contenter de lire leurs aventures dans des romans et je remercie une fois de plus Dame Belette pour nous en tenir à jour le catalogue !

Anybref, je disais que les dessins animés ne sont pas ma tasse de thé, et que je suis soulagée que mes enfants soient assez grands aujourd’hui pour ne plus réclamer d’aller voir le dernier Disney…

C’est l’un des rares charmes de l’adolescence chez nos jeunes… Insuffisant pour faire oublier leur humeur de chien, leur insolence, leur contestation permanente… Mais c’est toujours bon à prendre ! Le fait de ne plus aller voir les Disneys (Arielle, je lui raserai bien sa tignasse ! Et Némo je me le ferai bien cuire à la vapeur ! Et quand la mère de Bambi est morte… Et bien j’ai regardé des recettes de rôti de biche sur Marmiton ! Na ! Et je suis outrée de voir la Méchante Reine, Maléfique, le Capitaine Crochet, et les zôtres perdre à la fin !), et de les remplacer par des films d’horreur…

Ma Pioupioutte veut d’ailleurs m’emmener voir La Nonne… Elle adore l’affiche… Quand elle m’a dit ça j’ai enfin compris que je n’avais pas tout raté dans leur éducation ! Snif ! Vous la voyez la larme de joie que je suis en train d’essuyer là ?

Ah mais je digresse encore ! Anybref-Or-donc ! Je n’aime pas les dessins animés… Et pourtant !

Un samedi soir de désespoir devant une Nième rediff de Columbo sur TMC (qui visiblement ne doit détenir de droits que sur une seule saison vu qu’ils passent toujours les mêmes épisodes en boucle), je suis allée me promener sur la toile et suis tombée sur dessin animé « Batman » intitulé « Gotham by Gaslight » ce qui signifie littéralement « Batman au temps des réverbères à gaz »… Sachant que le temps de l’essors des réverbères à gaz… est censé être l’ère victorienne.

Curieuse, je suis allée jeter un œil dessus… Et Bingo !

Non Seulement les policiers de Gotham City étaient coiffés des casques des bobbies londoniens, mais en plus les dames étaient habillées en robes à tournures et corset…

Et Bruce Wayne circulait en fiacre ! Et cerise sur le gâteau : un terrible éventreur de femmes sévissait dans les ruelles sordides d’un Gotham ressemblant à s’y méprendre à Whitechapel…

Et voilà notre chauve-souris masquée partie à la recherche de l’éventreur… sauvant d’une mort quasi certaine une belle artiste de music-hall au passage, histoire de la séduire et de lui faire des polissonneries…

Ce qu’elle n’a pas eu l’air de décourager, la gourgandine ! Il faut dire que Bruce Wayne, il est beau, il est costaud, il est riche… Et surtout il a un Alfred qui fait la cuisine, la vaisselle et le ménage ! Bref, le rêve de toute femme !

J’aimerai temps que mon Toquéfada ait un Alfred, lui aussi! Bref…

Évidemment, la police, toujours pétrie de préjugés ne peut pas comprendre qu’un homme qui se promène en collants noirs et avec un masque et une grande cape, et qui donne un peu de sous aux enfants n’est pas forcément quelqu’un de bizarre… Alors forcément, on voudrait bien tout lui coller sur le dos ! Ce serait tellement pratique !

Évidemment, je ne vous en dirai pas plus, histoire de ne pas spoiler… Certes… je le confesse, je ne vous donne pas grand-chose d’autre que quelques appréciations (passionnantes au demeurant) sur ma vie pour injecter un peu de substance à ce billet…

Parce qu’il faut bien le dire… Le scénario de ce dessin animé d’environ une heure est assez mince ! Ben oui… Batman… C’est de l’action surtout… Des bagarres, des poursuites, des gadgets… Du scénario… il y en a un peu moins.

Alors pourquoi j’en parle ? Ben… C’est parce qu’il fait se rencontrer Batman avec une visions de Jack l’Eventreur, et qu’ici on est fan… De Jack (plus que de Batman) !

Dame Belette nous fait bien découvrir parfois des pastiches holmésiens qui méritent l’autodafé de temps en temps ? Alors ? Pourquoi je ne pourrais pas vous parler d’un navet sur Jack ? Hein ? Non mais franchement… Un peu d’équité que diable !

Bon… Et puis… En plus de mettre Jack en scène et de nous offrir une explication au fait qu’il se soit arrêté d’autopsier des dames de leur vivant au bout de la cinquième, le dessin animé comporte quelques allusions bien senties à… (roulements de tambours…) Sherlock Holmes ! Evidemment ! Tout l’intérêt du dessin animé, c’est de jouer à répertorier les allusions holmésiennes ! Les plus claires… Comme les plus allusives…

Allez ! Au boulot !

PS : Dis Dame Belette? Et si on en faisait un jeu concours ? La gagnante aurait droit à ma recette de Cheese Cake (plus digeste de ma tarte Catin aux Taupes Confites au Miel, non? Et les ingrédients sont plus faciles à trouver!)… 

PS de la Belette : Ce film d’animation, Lord Arsenik m’en avait parlé lorsqu’il l’avait découvert puisqu’il connait mes vices et que je connais les siens. Je l’avais pompé (le film, pas Lord Arsenik, bougre de petits salopards d’esprits mal tournés !!) en vue de le visionner pour le Mois Anglais et j’ai pas su… En plus, je sens que c’est plus de l’Amérique que de l’Angleterre dont il est question.

Bon, maintenant que Dame Ida m’a douchée, je vais tout de même tenter un visionnage car au final, je n’ai rien contre Batman (Christian Bâle !!!) qui, d’après ce que j’ai appris, tire son inspiration de… roulements de tambours… Sherlock Holmes !!!

File-moi ton idée de concours via MP que je vois ce que tu vas proposer à nos pauvres lecteurs/trices… Trouver l’identité de Jack ? mdr