Les enquêtes d’Enola Holmes (BD) – Tome 4 – Le secret de l’éventail : Serena Blasco et Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes (BD) – Tome 4 – Le secret de l’éventail

Scénariste : Nancy Springer
Dessinateur : Serena Blasco

Édition : Jungle ! (2017)

Résumé :
Mai 1889, Londres.
Enola semble reconnaître sur son chemin Lady Cecily Alistair, accompagnée de deux chaperonnes. La jeune femme, en détresse, confie à Enola son éventail rose qui contient un message codé d appel au secours.

Enola découvre que Cecily est séquestré en attendant son mariage avec Bramwell, son peu aimable cousin.

Enola décide alors de venir au secours de Cecily et elle s aperçoit que son frère Sherlock est investi de la même mission. Mais Enola a bien l intention de mener son enquête seule…

Critique :
Dans cette quatrième aventure, il est question des toilettes pour dame (une nouveauté, le WC publique) et de mariage forcé.

On recroise la route de Cecily Allistair, en mauvaise posture avec une robe qui entrave les chevilles et un message secret, adressé à Enola, à l’aide d’un éventail.

Notre jeune héroïne continue de vivre seule et de se débrouiller, tout en se cachant de ses deux frangins, surtout de Mycroft.

Lorsqu’elle mène son enquête au sujet de miss Allistair, Enola tombera même sur son Sherlock de frère, avec qui elle a plus de points communs qu’avec Mycroft.

Comme toujours, les thèmes abordés dans ce quatrième tome ne sont pas des thèmes faciles, puisqu’ils parlent des conditions de la femme dans la société victorienne, les mariages qui se faisaient souvent entre cousins (avant qu’ils n’arrêtent ces horreurs), les mariages arrangés, les petits boulots des pauvres, les orphelinats…

Les romans ne prenaient pas les lecteurs pour des crétins et abordaient ces thèmes, les adaptations bédés ne dérogent pas à la règle, même si, avec 72 pages, il faille bien tailler dans une partie du récit et des petites histoires qui gravitent autour.

Les relations entre Enola et Sherlock changent doucement, elle lui répond du tac-au-tac, le mettant face à ses propres choix de vie à lui et montrant bien aux lecteurs que les hommes avaient plus de droits que les femmes, à cette époque, notamment dans le fait de pouvoir rester célibataire sans que cela ne choque la bonne société. Pour une femme, c’était trèèèès mal vu.

L’avantage de ces adaptations, c’est que si vous n’avez pas envie de vous lancer dans le roman (230 pages), vous pouvez très bien vous contenter de la bédé, tout en gardant à l’esprit qu’elle est moins complète ! Ou alors, faire comme moi qui ait lu les romans il y a un certain temps et qui ai oublié bien des détails.

De plus, bien que nous soyons dans de la littérature jeunesse, l’autrice Nancy Springer ne prenait pas ses lecteurs pour des demeurés à qui il faut tout cacher en l’emballant dans de la soie rose bonbon.

Non, il n’y a pas d’effusion de sang, de meurtres horribles, ou tout autre chose dans la même veine. Il y a juste des véritables morceaux de société victorienne, dans ce qu’elle avait de moins reluisant, de plus détestable, sans pour autant que les romans sombrent dans le pathos.

L’équilibre entre les deux est maintenu, on reste dans de la littérature jeunesse, on n’entrera pas dans les détails sordides de la société victorienne.

J’avais apprécié les romans, j’apprécie aussi les adaptations en bédé, bien que pas très fan des nez retroussés, mais bon, c’est un point de détail…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°255], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 72 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Harry Potter ‭–‬ 06 ‭–‬ Harry Potter et le prince de sang-mêlé ‭:‬ J.K. Rowling [LC avec Bianca]

Titre : Harry Potter ‭–‬ 06 ‭–‬ Harry Potter et le prince de sang-mêlé

Auteur : J.K. Rowling
Édition : Folio Junior (2017) – 752 pages
Édition Originale : Harry Potter, book 6: Harry Potter and the Half-Blood Prince (2005)
Traduction : Jean-François Ménard

Résumé :
Dans un monde de plus en plus inquiétant, Harry se prépare à retrouver Ron et Hermione.

Bientôt, ce sera la rentrée à Poudlard, avec les autres étudiants de sixième année. Mais pourquoi Dumbledore vient-il en personne chercher Harry chez les Dursley ?

Dans quels extraordinaires voyages au cœur de la mémoire va-t-il l’entraîner ?

Critique :
Ma relecture de la saga Harry Potter se poursuit et cela m’aura appris plusieurs choses : mon tome préféré est toujours « Le Prisonnier d’Azkaban ».

Ensuite, j’ai mieux compris le comportement d’ado chiant de Harry dans « La Coupe De Feu » (nous avons tous et toutes été des ados chiants).

Quant à « L’ordre du Phoenix », que j’avais moyennement apprécié lors de sa lecture, est passé maintenant dans ceux que j’ai adorés.

Je me demandais donc ce qui allait ressortir de la relecture du tome 6, un tome important puisque l’avant-dernier…

À l’époque, je l’avais dévoré dès sa sortie, voulant tout savoir, me demandant bien qui pouvait être ce Prince de Sang-Mêlé, ce qu’était un horcruxe, pestant sur les autres qui n’écoutaient pas Harry qui leur disait que Malfoy mijotait des trucs louches et vouant aux gémonies Rogue, tout comme Harry.

Et puis, dans la bataille finale, ma gorge s’était serrée et des vilaines poussières dans mes yeux les avaient fait couler. Cet instant-là, cette scène-là, c’est comme si l’autrice avait pris une batte de base-ball et m’avait frappé en plein ventre. Rowling venait de me tuer…

J’avais hurlé de rage, fâchée contre tous ceux qui n’avaient pas écouté, une fois de plus, les mises en garde de Harry (tel Cassandre, condamné à ne jamais être cru), quant à Rogue, je l’avais traité de fils de femme de petite vertu et de tout un tas de nom d’oiseaux que je n’oserais jamais répéter ici.

Déjà que tout au long de ma découverte de la saga, j’avais souhaité à Rogue moult sorts, dont le pire étant celui du « Loréal Paskeje Levobien » afin de rendre ses cheveux brillants et non gras.

Lors de ma relecture, tout a changé, rien n’était le même : fini le mystère autour du livre des potions ayant appartenu au « Prince de Sang-Mêlé », fini les émotions de tristesse, de chagrin, lors de la perte d’un personnage, puisque « je le savais » et que j’avais connaissance aussi du « pourquoi ». Fini d’insulter la pauvre mère de Rogue de prostituée et par là même, son rejeton de : « fils de ».

Maintenant que je savais ce que je savais, j’ai relu ce tome avec un autre esprit et au lieu de me braquer sur certains personnages que je détestais (Malefoy et Rogue), je les ai vus sous un autre jour, celui de ce qu’ils étaient vraiment.

Ok, Malefoy reste un sale gamin de merde qui se la joue, qui se la pète, qui crâne et qui n’a rien dans le bide. Toujours envie de lui en foutre une sur la gueule. Pour Rogue, c’était différent (sauf pour ses cheveux gras – Beurk).

En règle générale, je ne fais jamais de relectures (sauf exceptions) : toutes les perceptions changent, comme les émotions, les ressentis, ce que l’on pensait des personnages…

Si dans ce tome, Harry semble être un emmerdeur, contestant tous les ordres ou ce que les autres lui répondent, je trouve qu’en fait, il n’en est rien (moi aussi je sais contester).

Il soupçonne certains de fomenter des trucs pas nets, il sait que Voldemort est puissant, il sait aussi surtout que personne ne l’écoutait lorsqu’il disait qu’il était de retour. Faire l’autruche est tellement plus facile pour tout le monde. Hélas, on ne croit jamais les porteurs de mauvaises nouvelles ou ceux qui voient des dangers arriver.

Moi, j’ai toujours fait confiance à Harry, mais à l’époque où j’avais lu ce nouveau roman, j’aurais dû aussi faire confiance à la sagacité de Dumbledore. Hélas, les événements auxquels j’avais assisté de visu m’avaient fait craindre qu’il n’avait pas mis sa confiance dans de bonnes mains.

Une fois à Poudlard, tout s’enchaîne, sans pour autant filer à la vitesse d’un balai « Éclair de Feu ». Rowling nous décrit la vie à Poudlard, qui à repris et si Ron était enchanté d’avoir plus de temps libre entre les cours pour se la couler douce (on dirait un peu moi), il n’en fut rien, vu la tonne de devoirs que les élèves de 6è auront à rendre.

Dans la saga HP, il y a plusieurs choses appréciables : les tomes montent en puissance, suivant l’âge des lecteurs des premiers jours.

Les personnages ne sont pas figés, ils sont ambivalents, ambigus (certains), ils peuvent, de temps en temps, nous exaspérer, mais ils restent réalistes, notamment en grandissant et en prenant de l’âge. Nous aussi nous changions très vite, à ces âges-là. Les sentiments amoureux commençaient à arriver, avec leur cortège de crétineries, de serments pour la vie et de jalousie quant l’être aimé discutait avec d’autres personnes.

Les références à notre monde sont aussi très bien faite, notamment avec ce ministère qui ne se bouge pas trop le cul, mettant sa tête dans le sable, accusant Harry d’être un fanfaron, un menteur, alors qu’il avait raison (moi, ça me met toujours en rage d’être traitée de menteuse ou accusée à tort).

Puis, comme tous les gouvernements, ensuite, ils viennent vers vous, la bouche en cul de poule, minaudant pour vous demander des services. Va à la merde ! Harry a eu raison de les envoyer chier, avec plus de formes, bien entendu.

Voldemort est un vrai tyran, un dictateur, qui, comme eux, s’entourent, en vrac, de personnes fortes, de celles qui veulent être protégées en appartenant à un groupe « fort ». N’ayant aucun ami, aucune personne de confiance, parce que le tyran est un parano, se créant bien souvent lui-même les ennemis qui le mettront au sol.

Oui, on peut dire ce que l’on veut, mais cette saga est bien faite, réfléchie, intelligente et contrairement à ce que pourraient penser des illuminés qui sont contre la magie, Harry Potter, ce n’est pas des romans où l’on se jette des sorts à la gueule durant 600 pages. Non, c’est plus profond que ça. Mais pour le savoir, il faut les lire.

Si je ne fais jamais de relecture des livres que j’ai adoré (hormis ceux d’Agatha Christie et de Conan Doyle – les exceptions), relire la saga d’Harry Potter, en sachant tout, en connaissant les véritables raisons de certains, est tout de même bénéfique, car maintenant, j’ai une autre vision de ces gens.

Les émotions ne sont plus les mêmes, elles ne sont plus « brutes de décoffrage », puisque « je sais ». Tout comme pour les mystères, qui n’existent plus maintenant.

Ces émotions importantes pour moi sont différentes ou absentes et cela m’a permis de me concentrer sur d’autres détails, sur d’autres choses, de voir le récit autrement, un peu comme quand je relis un Hercule Poirot et que je me souviens de l’identité du coupable : à ce moment-là, on voit les indices laissés pas l’autrice, on comprend où l’on s’est fait berner et la lecture est différente.

C’est la même histoire, mais ce n’est plus tout à fait la même non plus…

Une relecture que j’ai bien fait de refaire. Une LC de plus réussie avec Bianca, qui préfère le tome 6 au 5…

#MoisAnglais2022</a

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°2XX], Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book) et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Les enquêtes d’Enola Holmes (BD) – T03 – Le mystère des pavots blancs : Serena Blasco et Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes (BD) – T03 – Le mystère des pavots blancs

Scénariste : Nancy Springer
Dessinateur : Serena Blasco

Édition : Jungle ! (20/11/2019)

Résumé :
Londres, printemps 1889. Le Docteur Watson est introuvable !
Voici une nouvelle enquête qui intéresse aussi bien Enola Holmes que son frère Sherlock.

Pour cela, Enola doit se construire un nouveau personnage, le dernier ayant été démasqué lors de sa dernière enquête. Cette fois-ci, point de vieille demoiselle ou de jeune fille ingénue, elle va se transformer en véritable lady, élégante et raffinée.

Rendant visite à Mrs Watson, elle aperçoit un bouquet étrange. Selon le langage des fleurs, le message qu’il transmet est « malchance », « mort », « vengeance ». Mauvais présage ?

Critique :
Ayant lu tous les romans avec Enola Holmes, j’ai eu envie de me tourner, bien des années après, vers leur adaptation en bédé. Pour voir si elle était réussie et aussi, parce que j’avais oublié une grande partie de mes lectures, ne gardant dans mes souvenirs que le fait que la version roman était très bien faite et plaisante à lire.

Les dessins, des aquarelles aux tons pastels ou plus marqués, sont agréables pour les yeux.

Le petit plus revient à la mise en page originale de certaines cases (en spirales, notamment).

La mise en page est dynamique et puisque nous sommes en 80 pages, il faut résumer le plus important et ne pas s’encombrer des petits détails qui se trouvaient en plus dans le roman.

Pas de panique, l’essentiel est là et ce n’est pas compliqué de comprendre la résolution de l’affaire. Par contre, dans la bédé, il manque des informations sur la disparition de sa mère, alors que du côté des romans, c’était plus fourni en détails.

Enola a un petit nez en trompette, un visage taillé en pointe et des yeux très grands (voir la couverture), ce qui est totalement différent des illustrations sur les couvertures des romans.

Disons-le clairement, les dessins de l’adaptation font plus « girly », ce qui n’est pas vraiment un soucis, Enola n’était pas portée sur les licornes et autres fanfreluches.

Si dans l’ensemble, ça passe, je regrette que son visage dans les adaptations fasse si juvénile alors qu’il fait plus mûr, plus sérieux, sur les couvertures des romans.

En le lisant, des détails oubliés me sont revenus en mémoire. C’est dans cette enquête-ci que Watson a disparu.

Comme dans les romans, l’autrice souligne des faits de la société victorienne, pas toujours reluisants, comme ces femmes pauvres qui se coupaient les cheveux longs afin de les vendre pour en faire des perruques de cheveux naturels, le tout pour quelques sous, sur le fait que les femmes devaient porter des vêtements qui leur interdisait d’avoir une existence propre, sur les contraintes que les hommes imposent aux femmes…

Bref, cette série jeunesse ne se contente pas d’offrir quelques enquêtes et des mystères à ses lecteurs et lectrices, mais elle leur parle aussi des conditions de vie de l’époque, du social et du féminisme.

Une enquête agréable à suivre, pleine de fraîcheur, de malice, notamment parce que notre Enola damne la pion à son frangin Sherlock.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°250], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 80 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

La grande peste de Londres : Rosemary Weir

Titre : La grande peste de Londres

Auteur : Rosemary Weir
Édition : G.P. Spirale (1969)
Édition Originale : The star and the flame (1964)
Traduction : Sylvette Brisson-Lamy

Résumé :
Un cri de chouette retentit dans la nuit profonde. Un bateau s’approche sans bruit d’une maison, sur le pont de Londres, dont la porte est marquée d’une croix. La silhouette menue d’un garçon apparaît à la fenêtre et descend lentement, le long d’une corde…

Que se passe-t-il donc ?

La peste ravage Londres. Mr. Wright, le père de Tom, a décidé d’éloigner son fils, le terrible mal ayant déjà frappé sa petite fille. Il est obligé d’agir secrètement, car sa maison est condamnée. Tom doit retrouver à la campagne ses grands-parents qu’il ne connaît pas, ceux-ci n’ayant jamais accepté le mariage de Mr. Wright.

Que de difficultés à vaincre pour un garçon de 13 ans, lancé dans l’aventure au XVIIe siècle, à une époque où les brigands détroussent les voyageurs !…

Critique :
Parfois, dans une caisse, au fin fond d’une bouquinerie, on trouve des vieux livres jeunesse de la collection Spirale.

Ce n’est pas le premier que je déniche et lorsque je tombe sur un titre qui pourrait m’intéresser, je lui offre une nouvelle vie en le lisant.

Bon, on ne va pas se leurrer, nous ne sommes pas dans de la grande littérature !

Dans les années 60, la littérature jeunesse n’était pas ce qu’elle est de nos jours (heu, c’est pas toujours glorieux à notre époque). Néanmoins, cette littérature n’avait pas peur de fatiguer les cerveaux avec des conjugaisons au passé simple ou à l’imparfait !

Londres, 1664… J’espère que tout le monde n’oubliera pas de renouveler sa police d’assurance incendie d’ici 2 ans.

Mais avant que Londres ne parte en fumée dans le grand incendie de 1666, il y a eu, en 1664, une comète qui passa dans le ciel, annonciatrice d’emmerdements à venir et en1665, la peste fit son grand retour triomphal. Elle faucha plus de 75.000 personnes.

Tom Wright, notre jeune futur héros, est un gamin de 13 ans, c’est le fils d’un apothicaire dont la boutique se trouve sur le pont de Londres. Lorsque la peste arrive, son père fait en sorte qu’il puisse s’enfuir, dans le but qu’il aille se réfugier chez son grand-père maternel.

Si vous vouliez en savoir plus sur la peste de Londres, il faudra lire un autre ouvrage, parce que dans celui-ci, vous apprendrez juste que lorsqu’une personne était atteinte (ou juste malade), on l’enfermait dans sa maison, avec toute sa famille, un garde montant la garde (ben oui) devant leur porte durant 40 jours.

Tirez votre plan si vous n’avez plus d’argent pour acheter de la bouffe et vous en faire livrer, vous mourrez de faim, si la peste, enfermée avec vous, ne vous zigouille pas avant. Violent, tout de même.

La fuite de Tom sera semée de petites embûches, mais rien de grave, comparé à ce que cela aurait pu être. Littérature jeunesse oblige, l’autrice a rendu les choses pas violentes du tout, parlant juste des gens de la campagne qui ne voulait plus voir débarquer les gens de la ville (oh, on a connu ça aussi en 2020).

Puis, comme si ça ne suffisait pas dans les emmerdements, après la peste, Londres se tapa son grand incendie dévastateur. Oui, la comète leur a porté la poisse.

L’histoire est pétrie de bonnes intentions, de non violence, juste quelques bousculades, rien de grave. C’est de la littérature bon enfant, ça se lit tout seul en quelques heures, ça fait du bien au moral et ma foi, ça ne mange pas de pain.

Rien de transcendantal, mais de la littérature que les jeunes peuvent lire sans crainte.

L’autrice aurait pu pousser plus fort les curseurs de ce que furent les conséquences de la peste, mais elle a sans doute voulu éviter de donner des cauchemars aux jeunes lecteurs des années 60. Face à ce que certains ont vécu, nous faisons pâle figure.

Une lecture jeunesse qui se lit tranquillement, sans prise de tête et que les jeunes de notre époque peuvent toujours lire.

#MoisAnglais2022

Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Tunique et masque portés par les médecins à Rome lors de la peste de 1656, gravure de Paul Fürst. Defoe n’y fait pas référence mais mentionne la « baguette rouge » portée par les agents sanitaires. Wikipedia

 

Mafalda – 04 – La bande à Mafalda : Quino

Titre : Mafalda – 04 – La bande à Mafalda

Scénariste : Quino 🇦🇷
Dessinateur : Quino
Traduction : Josette et Anne-Marie Meunier

Édition : Glénat (1981 / 2010)

Résumé :
On ne présente plus Mafalda, petite fille vive qui découvre la vie, ses joies, ses absurdités et ses horreurs. À travers l’éveil d’un enfant Quino nous livre sa réflexion sur le monde et sur l’étrange animal qui le peuple : l’être humain.

Critique :
Un coup de barre ? Mafalda et ça repart !

Ou pas, parce que si l’on rit des réflexions de la gamine, vu leur pertinence, même à l’heure actuelle, c’est parfois plus des piques qu’autre chose.

Non, non, rien n’a changé !

Mafalda était déjà éclairée à l’époque et depuis, les problèmes sont toujours les mêmes, notamment avec les risques nucléaires puisque nous sommes en pleine Guerre Froide.

Ses amis ajoutent du piment à ses réflexions, à sa vie. Le blond Miguelito, avec ses cheveux en bataille, ses envies d’être trompettiste, ses réflexions pleines de bon sens et sa mère qui lui crie dessus. L’orgueil ne quitte jamais Susanita, qui ne rêve que de mariage, d’enfants, de richesse, le tout en étant égoïste, bien entendu.

Le capitaliste est toujours Manolito. Il parle business, fait de la pub pour l’épicerie de son père, déteste les Beatles et n’est pas intelligent. Le rêveur, c’est Felipe, qui aime se déguiser en cow-boys et faire des mots croisés.

Comme les enfants, ils aiment les vacances, pleurent à la rentrée des classes, n’aiment pas l’école, la soupe, écoutent les disques des Beatles (sauf Manolito), jouent au parc et parlent du monde, du quartier, de leurs rêves d’adultes ou de gosses.

Ils abordent aussi la politique, la société, l’économie. Du haut de leur âge (5 ou 6 ans), ils sont totalement décalés et on aurait presque envie de leur dire de jouer sans s’inquiéter de la santé du Monde, qu’il sera temps pour eux de faire du mauvais sang une fois adulte.

Lire un album de Mafalda, c’est faire un bon dans le temps. Le petit goût rétro qui s’échappe des gags a tout de même encore un goût de présent, comme s’ils étaient intemporels.

Le Monde et l’Homme ne changent pas, Mafalda est donc toujours aussi pertinente, toujours aussi lucide, caustique, de nos jours, qu’elle ne l’était à son époque (1964 à 1973 pour l’Argentine).

Un plaisir à lire, mais les adultes comprendront mieux que les jeunes enfants…

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°03) et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages).

Sherlock, Lupin & moi – 13 – Le souterrain mortel : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – 13 – Le souterrain mortel

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (01/04/2022)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & Io : Doppio finale (2016)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
New York, hiver 1873.
Irene a commencé une nouvelle vie dans la capitale américaine, mais sa famille et ses deux grands amis Sherlock et Arsène lui manquent terriblement.

Alors, pour tromper l’ennui, elle se remémore la dernière enquête à laquelle l’inséparable trio a eu affaire quelques mois plus tôt.

Une enquête bien étrange qui les a menés jusque dans les souterrains de Londres – une véritable ville sous la ville ! – et qui n’a pas manqué de leur donner du fil à retordre…

Critique :
Puisque j’avais acheté le tome 12 avec du retard, j’ai eu au moins la chance de ne pas devoir attendre trop longtemps pour lire (dévorer serait plus juste) le tome 13.

Le tome précédant se terminait de manière abrupte, avec un changement important dans notre trio d’amis (je n’en dirai pas plus).

Cette nouvelle enquête n’apportera rien à ce hiatus, car elle est un peu à la manière du « Chien des Baskerville » (publié après la mort de Holmes, mais se déroulant avant sa chute dans les chutes).

Irene, le coeur en berne, loin de nos amis, se remémore une de leur aventure qui avait eu lieu avant les événements tragiques du tome 12 (payez-moi et je vous dirai tout). Nous n’en saurons donc pas plus, pour le moment, sur ce qu’il va se passer depuis…

L’enquête, une fois de plus, commence gentiment, avec nos amis assis devant un chocolat chaud. Un homme entre, demande un gin, puis un thé (puisqu’on ne sert pas d’alcool là où ils se trouvent) et raconte sa mésaventure à nos trois amis. Sherlock était en manque de mystères, il va être servi !

Le plus gros bémol de ce roman (et de toute la saga) est qu’il se lit trop vite. Est-ce ma faute si je les dévore en quelques heures tant je suis fan de cette série ?

Le point le plus fort, c’est que ces romans ne prennent pas leurs jeunes lecteurs pour des imbéciles. Le style d’écriture est simple, mais pas trop simpliste, juste facile à lire pour le public ciblé des 10 ans et plus.

La triste réalité de certaines personnes n’est jamais cachée, sans pour autant que les auteurs en rajoutent et sombrent dans le glauque. Ici, nous apprendrons qu’il y a des enfants qui vivent seuls, dans la misère, dans la délinquance, sans pour autant que l’on entre dans les détails. L’adulte comprendra, l’enfant se contentera de ce qu’il lit.

Sans révolutionner le polar, cette enquête est dynamique, amusante, entraînante et se déroulera dans des lieux que j’ai toujours adoré (un vieux rêve d’en découvrir un) et qui me font un peu frissonner (mais pas de trop).

Précédant Sherlock de peu, j’avais compris ce qui avait été visé, mais lui, avait une vision complète de toute l’affaire. Ma foi, je pourrais faire partie de la bande !

Une lecture agréable, rafraichissante et qui fait oublier, durant quelques temps, les merdes de la vie réelle (et je ne dois pas me plaindre).

Une très bonne saga, autant pour les plus jeunes que les moins jeunes, comme moi…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°194].

Sherlock, Lupin & Moi – 12 – Le bateau des adieux : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & Moi – 12 – Le bateau des adieux

Auteur : Irene Adler (Alessandro Gatti et Pierdomenico Baccalario)
Édition : Albin Michel Jeunesse (05/01/2022)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & Io – 12 : La nave degli addii (2017)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
Après avoir découvert qu’elle est l’héritière du prince Hartzenberg de Bohême, assassiné pour ses idées progressistes, Irene retrouve sa mère biologique. Elles sont en danger car, depuis l’assassinat du prince, la Bohême est en proie aux divisions.

Pour leur sécurité, Irene et sa mère sont emmenées dans une vieille maison isolée au pays de Galles. Mais peu de temps après leur arrivée, plusieurs incidents étranges, pouvant s’apparenter à des menaces, forcent Irène à faire appel à l’aide de ses comparses de toujours : Sherlock et Lupin.

Les trois détectives se lancent alors dans l’enquête la plus difficile qu’ils aient jamais eu à mener. Une enquête dont la résolution risquera de chambouler leur amitié à jamais…

Critique :
C’est dans un coin perdu du Pays de Galles que nous retrouvons Irene Adler, qui se fait chier comme un rat port puisqu’elle est confinée dans une grande maison, avec interdiction de passer la grille du parc.

Le tout pour sa sécurité puisque des vilains méchants voudraient l’éliminer afin qu’elle ne monte jamais sur le trône de Bohême, déjà occupé par un homme, usurpateur, bien entendu.

Non, non, ceci n’est pas Game of Thrones version jeunesse ! Notre Irene n’en a rien à battre du trône de Bohême et la chanson d’Aznavour n’existant pas encore (la bohème, qui ne veut rien dire du tout), elle ne risque pas qu’on la lui chantonne afin de la faire changer d’avis.

Irene n’a rien d’une princesse, elle s’est coupée les cheveux, marche à pieds nus et ne rêve que d’une chose : enquêter avec Sherlock et Arsène, ses deux amis, bien loin d’elle. Ils nous manqueront durant une partie du récit, leur arrivée se déroulant plus loin dans le récit.

Comme d’habitude, nous avons beau être dans de la littérature jeunesse, les auteurs italiens ne prennent pas leur public pour des branquignoles ou des débiles. Les phrases sont simples, certes, mais pas neuneus et malgré l’intitulé « jeunesse », une personne proche d’Irene s’est tout de même faite assassiner dans un tome précédent.

Les intrigues ne casseront pas une pipe calebasse à Holmes (normal, il n’en utilisait pas), mais elles sont de l’âge des enquêteurs, c’est-à-dire 14 ans. Et pour leur âge, ils ont déjà vécu quelques aventures spectaculaires, pris des risques, et résolu des enquêtes que les flics n’avaient pas réussi à résoudre.

Ce qui fait que si nous ne sommes pas dans un niveau à la Agatha Christie, avec un final à vous trouer le cul (et je reste polie), nous ne sommes pas non plus face à des énigmes faciles. Bien souvent, je n’ai rien vu venir et ce fut encore cas ici. J’ai été taclée puisque je n’avais rien soupçonné. Les auteurs m’ont bien enfumés et je les remercie.

Ce douzième tome est différent des autres, l’insouciance des premiers n’existe plus, nos ados grandissent et, comme dans les aventures de Harry Potter, le niveau s’élève, grandissant avec les lecteurs et les personnages.

D’ailleurs, ce final est assez triste, inattendu (même si on se doutait qu’il devait arriver) et il tire un trait sur des promesses faites par notre trio sympathique.

Heureusement qu’il y a encore d’autre aventures ensuite, sinon, cela aurait pu être un final de série tout à fait acceptable, mais, hélas, bien douloureux. Le prochain est annoncé pour le 1er avril et si ce n’est pas un poisson, je serai au rendez-vous afin de savoir comment notre trio va évoluer et se retrouver.

Une série jeunesse bien sympathique, aussi bien pour les plus jeunes que pour les adultes, avec des intrigues correctes, bien réalisées et des personnages qui collent au plus près aux canoniques, même si, étant jeunes, on peut changer un peu leur personnalité, puisqu’ensuite, on pourra utiliser des faits arrivés durant leur jeunesse pour faire d’eux ce qu’ils seront plus tard et, ainsi, relier le tout.

♫ La bohème, la bohème
On était jeunes
On était fous
La bohème, la bohème
Ça ne veut plus rien dire du tout ♪

La bohème : Charles Aznavour / Jacques Plante

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°184].

Jack et la grande aventure du Cochon de Noël : J.K. Rowling [LC avec Bianca]

Titre : Jack et la grande aventure du Cochon de Noël

Auteur : J.K. Rowling
Édition : Gallimard Jeunesse (12/10/2021)
Édition Originale : The Christmas Pig (2021)
Traduction : Jean-François Ménard

Résumé :
Jack est très attaché à son cochon en peluche de petit garçon. Ils ont tout vécu ensemble, les bons comme les mauvais moments. Jusqu’à cette veille de Noël où arrive la catastrophe : le cochon est perdu !

Mais la nuit de Noël n’est pas une nuit comme les autres : c’est celle des miracles et des causes perdues, où même les jouets peuvent prendre vie. Alors, Jack et le Cochon de Noël – une peluche de remplacement un peu agaçante – embarquent pour une aventure magique et périlleuse au pays des Choses perdues.

Jusqu’où iront-ils pour sauver le meilleur ami que Jack ait jamais eu ?

Critique :
Sans ma copinaute Bianca me proposant ce roman en Lecture Commune, je n’aurais jamais lu le dernier roman de J.K. Rowling (et encore moins à Noël !).

Il faut croire qu’elle est capable de changer mes habitudes ! Et je ne lui donnerai pas tort (pour ne pas dire que je lui donne raison).

Le pitch ? Un jeune garçon de 7 ans a vu son cochon doudou passer par la fenêtre et c’est la crise de colère, d’angoisse… Le doudou, pour un enfant, c’est sacré. Nous sommes le soir de Noël et tout le monde sait que c’est une nuit spéciale où le fantastique sort de sa tanière.

Sans être exceptionnel, ce roman jeunesse est plaisant à lire, même s’il souffre de quelques défauts qui ne sont pas énormes. Enfin, tout dépendra du ou de la lectrice. J’avoue avoir été bon public.

Jack est un garçon attachant, même s’il a parfois en entêtement qui lui vaudra des ennuis. Mais à 7 ans, nous devions être plus ou moins le même que lui. Le sentiment d’injustice était grand, aussi : sa demi-soeur qui a un sale caractère, qui fout tout en l’air, à qui on ne dit rien, qui ne se fait pas gronder et qui, par dessus tout, commettra un crime de lèse-majesté.

L’univers des choses perdues est bien pensé, tel qu’il pourrait exister. L’autrice ne s’est pas contentée d’un univers où seules des choses perdues coexisteraient, attendant qu’on les retrouve, non, non ! On a aussi des émotions qui se baladent dans ce monde.

Le parallèle entre le monde des choses perdues et un pays totalitaire est très bien mis en scène. Un gosse ne le remarquera pas, ou l’adaptera à son monde à lui (l’école, les copains, les emmerdeurs), tandis qu’un adulte y ressentira les affres d’une société dictatoriale.

Dans ce monde, les dénonciations ont lieux, la peur règne à certains endroits, les objets de valeur sont mieux traités que les autres, on a une brigade de répression pour les objets qui ne se trouveraient pas à leur juste place et un potentat qui fout la trouille à tout le monde.

C’est aussi une belle illustration du consumérisme débridé, de ces objets qui ne fonctionnent plus, qu’on n’utilise plus, que l’on perd et dont on rachète de suite son remplaçant. Nous possédons tellement que nous ne faisons plus attention à ce qui est perdu ou pas, sauf lorsqu’on en a besoin… Zut, c’est où encore que j’ai mis ça, moi ??

Avec des phrases courtes et des chapitres tout aussi court, le récit est dynamique, bien que le départ soit plus lent, le temps de nous présenter les personnages et de nous parler d’eux. Le reste du récit ne manquera pas de rythme et est très visuel. Les dessins à l’intérieur donnent un plus à ce roman jeunesse.

L’écriture semble enfantine, comme si c’était bien le petit Jack qui nous la contait et j’ai apprécié que l’autrice utilise ce procédé, cela m’a encore plus donné l’impression de voyager avec Jack et le Cochon de Noël et même en tant qu’adulte, j’ai vibré durant leur périple.

Au rayon des petits bémols, je dirai que si la quête est longue, l’affrontement entre Jack et le Grand Perdeur est un peu trop court. Trop facile aussi. Autant je suis bonne joueuse pour leur périple dans le monde des Choses Perdues, autant j’aurais apprécié que le final soit plus long.

J.K Rowling a mis en scène un monde fantastique, pensant à plein de choses, imaginant  des situations, faisant évoluer son jeune Jack, lui faisant comprendre certaines choses et puis pchiiiitttt, le final est expédié rapidement.

C’est une jolie fable de Noël, un bon conte qui plaira aux enfants, mais aussi aux adultes, tant qu’ils ont gardé une partie de leur âme d’enfant…

Sans être exceptionnelle, cette lecture était agréable, m’a détendue totalement et maintenant, je ne verrai plus les objets perdus de la même manière et lorsque l’on me parlera de LC, je ne penserai plus qu’à Lecture Commune, mais aussi à Lo Cochon, le doudou de Jack, celui qu’il aime plus que tout.

Merci à Bianca de m’avoir proposé cette LC de Noël ! Une fois de plus, nous sommes sur la même longueur d’onde.

Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°XX] et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.

Sauver Mina : Catherine Cuenca

Titre : Sauver Mina

Auteur : Catherine Cuenca
Édition : Scrineo Jeune Adulte (10/06/2021)

Résumé :
Irak, 31 juillet 2014.

Amal, jeune yézidie de 16 ans, et sa demi-sœur Mina, 17 ans, préparent avec impatience leurs retrouvailles à l’occasion d’une fête familiale. Trois jours plus tard, leur vie bascule. L’État islamique attaque leur région du Sinjar et ses habitants yézidis, considérés par les djihadistes comme les adeptes d’une secte satanique.

Réfugiée dans la montagne avec son père, Amal échappe de peu au génocide tandis que Mina assiste au massacre des hommes de son village avant d’être capturée avec les autres femmes et réduite en esclavage sexuel.

Avertie du terrible destin de sa sœur, Amal s’engage aux côtés des combattantes kurdes des Unités de Défense des Femmes venues de Syrie pour lutter contre Daech. Elle n’a qu’une obsession: sauver Mina.

Critique :
Voilà une lecture dont j’ai eu du mal à écrire une chronique, tant elle m’a marquée dans ma chair et émue au possible.

Le sujet traité dans ce roman fait partie de ceux que l’on traite peu et dont on parle peu à la télé : le génocide des yézidis et le sort réservés aux jeunes filles et aux femmes de cette ethnie.

Comme dans d’autres génocides, on rassemble tout le monde, on sépare les hommes des femmes, on assassine les hommes en leur tirant dessus et après avoir séparé les mères de leurs filles, on transforme ces dernières en esclaves : elles feront le ménage, seront rabaissées plus bas que terre et violée par les hommes de l’État Islamique.

Pour eux, violer une sabiyya (esclave sexuelle) n’est pas un viol. Pourquoi ? Parce que ces décérébrés endoctrinés considèrent les yézidis comme impurs : l’ange majeur des Yezidis, Malek Taous, l’ange-paon, n’est autre que Sheitan ou Satan. Les djihadistes veulent donc les exterminer…

Oui, je sais que ces hommes ne valent pas la balle qui les transperce. Pourtant, c’est chaque jour que nous perdons l’un des nôtres en combattant ces fous qui agitent Dieu comme un étendard mais qui se rendent coupables des pires péchés en son nom.

De toute façon, les membres de l’état islamique s’arrangent toujours avec leur religion, leur morale, leur conscience : cela ne pose aucun problème de consommer en masse ce qu’ils interdisent aux autres musulmans, comme les drogues, les films pornos, l’alcool… Faite ce que je dis, pas ce que je fais…

Émotionnellement parlant, c’est une lecture très dure, émouvante, prenante, surtout pour les tripes. Le récit va alterner avec deux personnages majeurs : Mina et Amal, sa demi-soeur, qui sera transformée en esclave sexuelles pendant que Mina, elle, prendra les armes pour défendre les siens et retrouver Mina.

Ces deux sœurs sont des portraits magnifiques : Mina, parce qu’elle trouvera le courage que bien des hommes n’ont pas eu et Amal, parce que même esclave, elle essaie de ne pas perdre l’espoir et pensera à défendre des plus jeunes qu’elle.

Inspiré d’une histoire vraie, ce roman jeunesse aborde des sujets violents, même pour un adulte qui a beaucoup lu sur les horreurs perpétrées par des humains sur d’autres, malgré tout, nous ne sommes jamais blindé tout à fait et cette histoire m’a atteint droit dans le cœur, sans jamais sombrer dans le pathos vulgaire.

Malgré la violence de ce qu’il s’est passé dans le nord de l’Irak avec cette ethnie, l’autrice a su rester sobre dans les descriptions des horreurs commises à l’encontre de ce peuple qui a failli disparaître totalement.

Une lecture coup de cœur, mais une lecture dure puisque tirée d’histoires vraies et que nous savons depuis longtemps que le réalité est souvent pire que la fiction.

Il est dommage que l’on ne parle pas assez de certains génocides, car pour moi, tous doivent être condamnés et tous méritent qu’on en parle, qu’on les dénonce, quelque soit le nombre de victimes…

À lire pour en savoir un peu plus sur les exactions de Daech, même si elles ont lieu très loin de nos pays sécurisés où l’on râle pour des petites choses…

Je n’ai qu’un seul choix : la liberté ou la mort. Si je ne peux pas avoir la première, alors je veux la seconde. Car personne ne peut me faire prisonnière.

Mon cheval de bataille : Delphine Pessin

Titre : Mon cheval de bataille

Auteur : Delphine Pessin
Édition : Didier Jeunesse – Fiction (13/10/2021)

Résumé :
C’est un grand jour pour Arthur. Il assiste à un spectacle de voltige équestre, sa passion ! À sa grande surprise, l’un des chevaux sort du rang pour le saluer affectueusement.

Ce qu’il ignore c’est que ce cheval est spécial et sait détecter les personnes malades.
Quelques jours plus tard, tout bascule : Arthur fait un malaise…

Dans l’épreuve qui l’attend, le garçon pourra compter sur sa grande sœur. Pour mieux livrer bataille, elle a même quelques idées un peu folles…

Critique :
Pour moi, une LAL, c’était bêtement une Liste À Lire, rien de plus. Depuis cette lecture, ce ne sera plus aussi banal puisque c’est aussi l’acronyme de Leucémie Aiguë Lymphoblastique.

Oui, ce roman jeunesse parle de leucémie, de cancer chez les plus jeunes, chez les enfants… En l’occurence, dans ce roman, c’est Arthur qu’elle va toucher.

Malgré la dureté du sujet, jamais l’autrice ne sombre dans le pathos, le larmoyant ou l’excès : elle n’est pas là pour que vous fassiez un don à la recherche contre la leucémie. Nous ne sommes pas dans une soirée télé où il faut faire pleurer dans les chaumières pour obtenir plus de dons que l’année précédente.

Que du contraire, elle tente de montrer l’envers du décor, celui que personne ne voit, celui auquel personne ne songe : la famille du malade… Pas question de nous montrer des parents forts, qui font front, qui se battent avec une énergie qui semble inépuisable et où tout le monde est soudé, comme dans le meilleur des mondes.

Non, une maladie pareille qui touche un jeune garçon de 10 ans, ça fait voler en éclat une famille, ça donne l’impression à la mère qui porte son fils à bout de bras, que son mari ne fait rien pour l’aider et que son adolescente de fille prend le tout à la légère parce qu’elle blague avec son petit frère malade.

La maladie, ça rend les autres de la fratrie invisible, ça leur donne la haine contre cette invisibilité, ils ont la haine sur les autres élèves de l’école qui les regardent avec pitié, qui ne savent pas quoi dire ou quoi faire, qui sont maladroits face à celui ou celle qui doit affronter la maladie d’un proche, surtout si c’est un gosse.

Ce roman, c’est un container d’émotions brutes, c’est un récit traité avec finesse, avec des nuances, sans que l’on puisse porter jugement à l’un ou à l’autre, puisque chacun est persuadé d’agir comme il le faut, ou de ne pas trouver sa place, de ne pas trouver les mots qu’il faut. Chacun essaie de faire ce qu’il peut, mais ce n’est jamais assez ou ce n’est jamais bon.

Rien n’est facile… Personne n’est préparé à ça.

Vivianne, la grande sœur d’Arthur, en pleine crise d’adolescence, va partir en vrille : personne ne la comprend et elle a raison. Son amie essaie de l’aider, mais elle s’y prend mal et ce n’est pas de sa faute non plus… La maladie fait des ravages sur son passage et des dégâts collatéraux sont impossible à imaginer au départ. Sa mère aussi part en vrille dans son désir de tout contrôler, de protéger Arthur…

Lucas, enfant malade, qui arrive à blaguer alors qu’il en a déjà bien bavé, est un bel exemple de la résilience des enfants et de leur désir d’évacuer la pression avec de l’humour noir. Un personnage très lumineux, ce petit Lucas.

Les enfants aiment qu’on leur dise la vérité, qu’on ne leur cache rien, qu’on ne minimise pas leur maladie et qu’on leur explique exactement comment le traitement va se dérouler.

Si l’autrice évite l’écueil du pathos ou du larmoyant, je vous avouerai que j’ai eu quelques fois la gorge serrée, mais pas au moment du décès d’un petit malade. L’émotion m’a submergée dans des moments de bonheur, de complicité, lors d’une visite particulière et lors d’une marche… Intense niveau émotions !

Un magnifique livre qui aborde un sujet difficile tel que la maladie des enfants et leur extrême lucidité face à ce qui pourrait les cueillir au bout du chemin. Un roman jeunesse qui aborde les différents phases des traitements de chimio et leur impact que tout cela aura sur une famille.

Magnifique et tout en finesse !

Merci à Sharon d’en avoir parlé et de m’avoir donné envie de le lire !

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°95].