L’hôtel de la dernière chance – Une enquête magique de Seth Seppi – 01 : Nicki Thornton

Titre : Une enquête magique de Seth Seppi – 01 – L’hôtel de la dernière chance

Auteur : Nicki Thornton
Éditions : Michel Lafon (2019) / Michel Lafon Poche (2021)
Édition Originale : Seth Seppi Mystery, book 1: The Last Chance Hotel (2018)
Traduction : Isabelle Troin

Résumé :
L’hôtel de la Dernière Chance est un endroit très particulier ; le jardin y est probablement enchanté, les murs ne se contentent pas d’avoir des oreilles, ils peuvent aussi parler, et le garçon de cuisine, Seth Seppi, a empoisonné par mégarde le sorcier le plus important du pays !

Mais si le jeune garçon est le suspect numéro 1, le bâtiment grouille de magiciens aux pouvoirs tous plus loufoques les uns que les autres… et chacun avec une excellente raison de faire le coup !

Pour prouver son innocence, Seth, seulement aidé de Belladone son chat noir, devra éveiller le brin de magie qui sommeille en lui et démasquer le véritable coupable avant qu’il ne soit trop tard.

Critique :
Un hôtel perdu dans les bois, de la magie, une enquête, le pitch et l’univers étaient prometteurs.

Seth Seppi est un jeune marmiton dans la cuisine de l’hôtel, quasi un esclave puisqu’il doit tout faire (une Cendrillon au masculin), en plus d’être le souffre-douleur de la fille des patrons qui n’est même pas capable de cuire des œufs brouillés.

Cette fille est une sorte de pendant masculin de Dudley, le cousin de Harry Potter car elle aussi est trop gâtée par ses parents qui la croient la meilleure.

De Seth, on sait juste qu’il est orphelin et que lorsqu’il est puni, on l’enferme dans le placard à balai.

Il y a du mystère dans ce roman jeunesse, notamment avec ce dîner qui a lieu à huis clos et dont l’un des convives meurt empoisonné avec le dessert concocté par Seth. Il va lui falloir prouver son innocence, mais si Seth n’est pas une imbécile, il est souvent dépassé par les événements et spectateur de sa propre vie.

Les chapitres sont courts, beaucoup trop couts, dans le but de terminer sur un mini cliffhanger à chaque fois, mais à force, c’est épuisant, surtout que nous ne sommes pas dans un feuilleton publié dans un hebdo (ou un quotidien) mais bien dans un roman. Je ne sais pas si les jeunes ont autant besoin de suspense à chaque fin de chapitre.

L’enquête ne cassera pas trois pattes à un canard, Seth étant souvent spectateur malgré lui face à l’enquêteur de la MagiPol, la police du monde magique, qui pourrait être une sorte de Sherlock Holmes en plus humain.

L’univers développé par l’auteure est intéressant, dommage qu’il ait été autant survolé sans jamais être approfondi. Au lieu de couper aussi vite les chapitres pour jouer avec le suspense, il aurait été plus intelligent d’apporter un peu plus de mâche à cet univers, de profondeur afin que les lecteurs n’aient pas l’impression que cet univers magique est sans consistance.

La magie doit sans doute expliquer que certains personnages secondaires disparaisse au fil de la lecture, comme si étant de moindre importance, l’auteure n’avait plus jugé bon de les animer, ne gardant plus dans le récit que les importants, ceux dont on se doute, sans hésiter, qu’ils ont joué un rôle dans la mort du sorcier. En réfléchissant un peu, on arrive sans mal à se douter de qui a fait le coup.

Pour moi, roman jeunesse ne doit pas rimer avec facilité scénaristique, pauvreté des personnages ou survol de l’univers créé. Les jeunes ne sont pas des débiles, ils ont un cerveau normalement et il faut les pousser à s’en servir.

Les grandes révélations qui arrivent un peu comme par magie, juste au bon moment, résolvant tout, ça donne l’impression qu’il suffisait d’attendre tranquillement à siroter du thé pour que l’affaire se résolve d’elle-même.

Pourtant, malgré mes bémols, cette lecture ne manquait pas de fraicheur, de bonnes intentions, de créativité, mais il aurait fallu pousser les curseurs un peu plus loin et ne pas se contenter du minimum syndical (mince, on dirait une inscription comme j’en avais sur mon bulletin, du temps de ma scolarité).

Tout n’est pas à jeter dans cette histoire, elle plaira sans doute plus aux jeunes de 8/10 ans et coincera avec les plus âgés, sauf s’ils font partie des lecteurs qui veulent se laisser guider par la narration et ne pas se fouler.

PS : bientôt paraîtra le roman mystérieux dont je vous avais parlé dans l’article de présentation du Mois Anglais. La petite surprise de derrière les fagots… Encore quelques fois dormir !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°274], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°62], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°24] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

La ferme des animaux : George Orwell

Titre : La ferme des animaux

Auteur : George Orwell
Édition : Livre de Poche Jeunesse (2021)
Édition Originale : Animal farm (1945)
Traduction : Stéphane Labbe

Résumé :
Un beau jour, dans une ferme anglaise, les animaux décident de prendre le contrôle et chassent leur propriétaire.

Les cochons dirigent la ferme comme une mini société et bientôt des lois sont établies proscrivant de près ou de loin tout ce qui pourrait ressembler ou faire agir les animaux comme des humains.

De fil en aiguille, ce microcosme évolue jusqu’à ce qu’on puisse lire parmi les commandements : « Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d’autres. »

Le parallèle avec l’URSS est inévitable quand on lit cette fable animalière. À travers cette société, c’est une véritable critique du totalitarisme d’état que développe Orwell.

Critique :
Cette fable animale, qui pourrait sembler simpliste, ne l’est pas du tout.

Un enfant la prendrait au premier degré, pour ce qu’elle est : des animaux se sont révoltés, ont chassé le fermier, pris possession de la ferme et veulent bosser pour leur propre compte.

L’enfer étant pavé de bonnes intentions, si au départ, tout est bien, après quelques temps, ça part en couille puisque les cochons s’arrogent le pouvoir, mais les autres animaux ne s’en rendent pas compte (ou ne veulent pas s’en rendre compte).

L’adulte, lui, lira entre les lignes et y verra (le cas de le dire, puisque l’on parle de cochons) une fable animalière dénonçant le communisme à la Staline ou tout autre régime totalitaire.

Au départ, les intentions sont bonnes puis une certaine élite se dégage, s’arroge des droits (sans les devoirs qui vont avec), des passe-droits, des rations supplémentaires, donne des ordres, considère les autres comme des esclaves, réécrit l’histoire et puisque l’on a réchauffé l’eau doucement, puisque l’on avait un police violente, personne n’a rien senti, personne n’a osé l’ouvrir et ceux qui l’ont ouvert sont morts.

C’est aussi une fable qui parle de toutes les révolutions qui furent confisquées ensuite par certaines personnes qui n’ont eu de cesse, ensuite, de se comporter comme les tyrans qu’ils dénonçaient autrefois et qu’ils avaient renversés, arrivant même à se comporter d’une plus vile manière qu’eux.

J’y ai aussi lu une dénonciation du capitalisme avec la force ouvrière qui est exploitée par une élite intellectuelle et qui malgré qu’elle bosse plus, reçoit de moins en moins de ration alimentaire, tandis que ceux qui ne produisent rien bouffent à s’en faire péter la panse (oui, c’est dit sans les pincettes). Travailler plus pour gagner moins !

Puisque les animaux bossent pour eux (qu’ils croient), ils sont prêt à tous les sacrifices, oubliant que ce ne seront pas eux qui tireront les bénéfices de leur force de travail et qu’au final, ils sont esclaves de quelqu’un, sauf que ce n’est plus du fermier (qui les faisait bosser moins, même si c’était pour son bénef à lui) mais des cochons.

La descente aux enfers commencera doucement pour nos animaux, sans qu’ils ne s’en rendent vraiment compte au départ puisque tout leur est expliqué simplement : c’est pour leur bien ! Et on avale, pardon, et ils avalent. Et puis, ceux qui n’avalent pas n’auront plus jamais l’occasion de remettre en question les ordres du cochon Napoléon, le chef.

Orwell va droit au but et s’inspire aussi des animaux pour leur donner leur caractère propre et habituel : les moutons bêlent ce qu’on leur dit de bêler, les chiens sont agressifs, les chevaux forts, l’âne intelligent… Chacun est parfaitement à sa place dans son rôle et il ne faut pas franchir des fossés pour assimiler les animaux à des humains, vu leur comportement.

Orwell frappe sous la ceinture, ça fait mal, ce petit livre. Il en ressort qu’en fait, tout le monde peut devenir un libérateur, il suffit juste d’être un bon orateur et la foule de moutons suivra !

Mais une fois le premier tyran éliminé, il faut avoir le pieds sur terre pour ne pas virer dictateur soi-même. Pas besoin de franchir des fossés non plus, la frontière est mince et si facilement franchie… Trop facilement…

Ensuite, le reste vient tout seul, un pas après l’autre, une règle après l’autre, une restriction après l’autre.

Une fable intelligente qui démontre que le totalitarisme n’est jamais loin, qu’il se trouve sous nos yeux, partout et pas que dans les états dictatoriaux, les républiques bananières…

Le totalitarisme ne se trouve pas que dans le passé et que ce salopard peut revenir au galop sans que l’on ne s’en rende compte ou alors, trop tard.

La liberté n’est pas un du, ce n’est pas non plus un droit, c’est un devoir. Mais il n’est pas toujours facile de voir le totalitarisme se mettre en place et encore moins de se rebeller contre des autorités toutes puissantes qui peuvent vous broyer comme on écrase une noisette avec l’outil adéquat.

Et puis, il est souvent plus facile de faire semblant de rien, de se raconter des histoires, de laisser couler, de baisser les bras. Parce que s’opposer de manière intelligente, c’est épuisant, dangereux et bien souvent, on est seul.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°60], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°18] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

The London Mystery Club – Tome 1 – Le Loup-garou Hyde Park : Davide Cali et Yannick Robert

Titre : The London Mystery Club – Tome 1 – Loup-garou Hyde Park

Scénariste : Davide Cali
Dessinateur : Yannick Robert

Édition : ABC Melody (15/09/2016)

Résumé :
Quatre collégiens, à la tête d’un blog spécialisé dans les phénomènes étranges et paranormaux, mènent l’enquête.

Pour leur première affaire à résoudre, Kyle, Ashley, Zoey et Tyler vont devoir faire face à d’inquiétants loups-garous qui envahissent Hyde Park… Au fil des indices, cette aventure les mènera dans les endroits les plus mystérieux de Londres!

Une BD passionnante et pleine de suspense pour les apprentis-détectives.

Critique :
Voilà une courte bédé qui fera plaisir aux plus jeunes, sans risquer de leur faire peur car je rassure les plus trouillards : vous ne verrez pas le poil d’un seul loup-garou !

Mais il y a pourtant une épidémie de loups-garous et les gens qui en souffrent le disent dans les journaux. L’un d’eux est même venu trouver Kyle pour qu’il l’aide puisque ce dernier a un blog qui traite du paranormal.

L’enquête est rapide, simpliste aussi, nos jeunes enquêteurs trouvant assez vite le fil de laine qui mène à la résolution de l’énigme.

C’est clairement une bédé jeunesse pour les 8-11 ans, les anciens tels que nous trouverons ça fort simpliste et trop léger.

Rien de compliqué dans ces pages, les lecteurs peuvent même se prêter au jeu de l’enquête avec les personnages, même si nous n’avons qu’à les suivre pour tout comprendre.

Les dessins sont sympas, colorés et les personnages sont agréables à suivre dans leurs pérégrinations. Ils sont jeunes et ont des rêves de gosses, tels que nous avions à leur âge.

Bah, je suis retombée en enfance le temps d’une lecture et je suis quasi sûre qu’elle plaira au public qu’elle vise car le fantastique est toujours attirant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°267], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages), Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°16]  et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Waluk – Tome 1 – La grande traversée : Emilio Ruiz et Ana Miralles

Titre : Waluk – Tome 1 – La grande traversée

Scénariste : Emilio Ruiz
Dessinateur : Ana Miralles

Édition : Dargaud (07/02/2020)

Résumé :
Abandonné par sa mère puisqu’il est suffisamment grand, le petit ourson polaire Waluk doit apprendre du jour au lendemain à vivre seul.

Malheureusement pour lui, ses premières expériences ne se passent pas très bien.

N’ayant aucune notion de chasse, le voilà contraint de se nourrir exclusivement d’algues et d’oeufs…

Et c’est sans compter les autres ours qui ne se montrent pas des plus aimables avec lui.

Seul Esquimo, un vieil ours en piteux état, accepte de prendre Waluk sous son aile pour lui enseigner les rudiments de la survie. L’ourson apprend…

Critique :
Voilà une bédé intelligente, bourrée d’amitié, de belles choses tout en nous en montrant des moins belles, comme ce putain de réchauffement climatique qui prive, entre autre, les ours blancs de banquise et de nourriture.

Waluk, ce sont les aventures d’un jeune ours blanc que sa mère a abandonné puisqu’il était assez grand pour se débrouillez seul.

Oui, mais non, Waluk est perdu face à l’immensité de ce qui se trouve sous ses yeux et incapable de se nourrir correctement, sauf à faire des conneries et à s’en prendre une dans la gueule par un autre ours.

La rencontre avec Esquimo, un vieil ours, va lui changer sa vie (oui ♪ il changeait la vie ♫ vas-y, chante avec moi) en lui enseignant les rudiments de la chasse et en lui expliquant les changements majeurs qui se produise dans le coin, à cause d’un espèce de bipède nu qui ne possède ni griffes, ni ailes, ni rien : l’Homme.

Il est vrai que les humains, face à ce possèdent les animaux, est plus nu qu’un ver de terre, mais l’Homme est capable de foutre plus de bordel que toute la création animale réunie.

Les dessins m’ont enthousiasmé, je les ai trouvé très bien réalisés et les différentes moues prises par les ours m’ont souvent fait rire, ainsi que leurs réflexions. Les couleurs sont belles, dans des tons gris bleus qui illustrent bien le froid de la banquise.

Cette bédé, conte initiatique, a plusieurs leçons à nous apprendre, dont celle qu’il faudrait plus souvent écouter les anciens, de ceux qui nous ont précédés, ceux qui connaissent la musique mieux que nous.

Hélas, nous sommes dans des sociétés où l’on n’écoute plus les anciens et pire, lorsqu’un travailleur prend sa pension, bien souvent, il ne forme aucun jeune pour le remplacer (soit qu’il ne le veut pas, soit que le patron n’est pas intéressé par le savoir de son travailleur qui part). Stupide, car celui qui est dans la société depuis des lustres en sait bien plus que les p’tits d’jeuns qui commencent.

L’autre leçon à apprendre, c’est qu’il serait temps d’arrêter de foutre la merde partout où l’on passe, stopper avec le tourisme à la con, avec ces crétins qui veulent à tout pris aller voir la banquise qui fond et qui tirent sur les ours si d’aventures ils en croisent (scandale qui a eu lieu réellement, lors d’une croisière et d’un arrêt dur la banquise, je l’avais lu dans « Le Canard Enchaîné).

Ce premier tome de Waluk est vraiment une réussite, tant au niveau des personnages animaux, du scénario, du message se trouvant dans ces pages et des couleurs utilisées. Bref, une réussite à tout points de vue.

PS : je remercie Noctembule d’avoir parlé de cette bédé sur son blog parce que c’est ce qui m’a donné envie de l’acheter et de la lire.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°56], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 48 pages, le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022 – animal dans le titre) et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

109, rue des soupirs – Tome 1 – Fantômes à domicile : Mr Tan et Yomgui Dumont

Titre : 109, rue des soupirs – Tome 1 – Fantômes à domicile

Scénariste : Mr Tan
Dessinateur : Yomgui Dumont

Édition : Casterman (04/09/2019)

Résumé :
La nouvelle série gothique et désopilante de Mr Tan !

Lorsque Elliot et ses parents emménagent au 109 rue des Soupirs, à Belle-en-joie, ils ne peuvent se douter que cette maison sinistre est réellement hantée…

Enfin, surtout Elliot, car ses parents, accaparés par leur travail, l’abandonnent vite à son sort.

Il ne tarde pas à rencontrer ses colocataires plutôt spéciaux, tandis que débarque une baby-sitter pas très commode, qui semble chercher quelque chose… Des fantômes, peut-être ?

Critique :
Ghostbusters ! Et ensuite on balance la musique du film !

Non, stop, remballez les chasseurs de fantômes, cette mission n’est pas pour eux…

Oui, le 109 rue des Soupirs est répété être hanté, mais le petit Elliot qui vient d’y emménager avec ses parents n’a pas à se plaindre de ces lieux soi-disant hanté par de terribles fantômes.

Parce qu’ils ne sont pas si terribles que ça, ces fantômes !

Composée d’une multitude de dessins sur de grandes planches, cette bédé désopilante m’a fait passer une trop courte soirée détente avec Elliot, ses fantômes et sa baby-sitter que personne n’a envie de voir débarquer.

Dans des tons tirant sur les gris, bleus et blancs, cette histoire complète plaira aux enfants de 7 à 8 ans comme à ceux qui ont plusieurs fois 8 ans (même beaucoup de fois 8 ans).

On a du fantastique, de l’humour, du suspense et de l’action, de quoi ravir les plus jeunes et les moins jeunes.

Pour ma part, j’aurais préféré que l’histoire continue encore un peu plus afin de ne pas donner l’impression que la fin arrive brutalement, un peu trop facilement.

Peut-être qu’en accélérant la cadence d’autres passages ou en mettant plusieurs cases par pages, on aurait pu ajouter du développement sans devoir ajouter des pages et éviter cette impression de précipitation sur le final. Ce sera mon seul bémol.

Un bon moment de lecture avec des fantômes sympathiques, burlesques, décalés, toujours branchés sur leur époque (le cow-boy n’a pas fait de mise à jour sur les compétences que les femmes possèdent) et terriblement attachants.

 

Sherlock, Lupin & moi – Tome 10 – Le seigneur du crime : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 10 – Le seigneur du crime

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (13/01/2021)
Édition Originale : Il signore del crimine (2015)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
C’est le printemps ! Mauvaise nouvelle pour Sherlock Holmes, impatient de pouvoir exercer son esprit brillant avec une nouvelle enquête.

Pour jouer, Irene lui propose d’analyser une série d’inexplicables événements. C’est alors que Sherlock identifie un sinistre, subtil fil rouge qui les relie tous…

Ainsi commence une incroyable compétition avec un mystérieux génie criminel qui, dans une succession de rebondissements, mènera Sherlock, Lupin et Irene à une révélation finale éblouissante.

Critique :
Comment redonner vie à un Sherlock en proie à la stagnation de son cerveau ?

En lisant les faits divers du Times et en mettant la main sur ce qui semble une affaire pour le moins étrange : un homme a tiré à l’arc sur un cuisinier français et l’homme, une fois arrêté, ne se souvient de rien du tout.

L’avantage de ces romans c’est que l’auteur en a écrit une vingtaine et qu’Albin Michel nous les fournisse assez vite.

En 4 ans, nous avons déjà eu 10 livres ! 10 romans rafraichissants qui, jusqu’à présent, ne m’ont jamais déçus.

L’inconvénient est qu’ils se lisent trop vite… Une seule soirée est nécessaire pour le dévorer et ça laisse toujours un goût de trop peu dans la bouche tant c’est amusant, les enquêtes de notre trio.

Amusantes, leurs enquêtes, oui, mais non dénuée de danger ! Il ne s’agit jamais de retrouver le chat de la mère Michel ou de se frotter à des gentils voyous, mais souvent de résoudre des meurtres.

Le seul inconvénient que je relève à chaque lecture, c’est que Irene Adler en dit parfois trop à l’avance ! Cela nuit ensuite au suspense ou alors, ça nous met les nerfs en boule de savoir qu’entre eux, il va y avoir un drame, un accident, une dispute, des « si j’avais su »… Faut jamais annoncer aux lecteurs la couleur des choses avant qu’ils ne les voient arriver. Ceci est minime, bien entendu, mais ça gâche le suspense.

Une fois de plus, l’enquête est intéressante, possède du mystère, du suspense, des interrogations et est rondement menée. On sort un peu des sentiers battus en ce qui concerne les meurtres ou les incidents et c’est finement joué.

De plus, c’est aussi l’entrée en scène d’un futur méchant que nous connaissons bien et qui avait déjà fait une apparition fugace dans un autre tome (L’énigme de la rose écarlate, Tome 03)… Une affaire à suivre !

Sans révolutionner le monde du polar, cette saga n’en est pas moins très agréable à suivre, de par ses personnages principaux, très attachants et de par le fait qu’elle ne prend pas les jeunes lecteurs pour des neuneus sans cervelle.

Une chouette série qui peut être lue sans problème par des adultes qui ont 4 fois 10 ans (même plus) car ils y trouveront leur compte, passeront un moment de lecture agréable et détendue, ce qui, en ces moments, est toujours bonne à prendre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°184], le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°10] et le Challenge A Year in England chez Lou, Cryssilda et Plaisirs à Cultiver – 2021 [Fiche N°02].

Sherlock, Lupin & moi – Tome 9 – Partie de chasse mortelle : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 9 – Partie de chasse mortelle

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel Jeunesse (02/09/2020)
Édition Originale : Caccia alla volpe con delitto (2015)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
Londres, hiver 1872. Irene propose à son père un séjour à la campagne afin de lui changer les idées.

Au cours d’une partie de chasse, un homme disparaît mais personne ne semble s’en inquiéter.

Irene contacte Sherlock et Lupin pour qu’ils l’aident à mener l’enquête.

Critique :
Sortez les fusils de chasse car Lord Ingletorpe a l’autorisation de faire une chasse au renard hors saison !

Attention, les fusils que je vous demande de sortir, ce n’est pas pour tirer sur le pauvre renard que l’on va poursuivre à cheval, mais sur les chasseurs…

Visez bien, il ne s’agirait pas de tuer un cheval dans l’histoire.

Il est des amis que l’on aime retrouver, même si c’est pour aller au fin fond du trou du cul de l’Angleterre juste en compagnie d’Irene, de son père et de leur domestique Horatio (qui ne porte pas de lunettes de soleil comme celui des Experts Miami).

Quand Irene prend quelques jours de détente en compagnie de son père, c’est comme quand Hercule Poirot va quelque part : un crime à lieu ! Ces gens sont des dangers publiques, ils attirent les assassins comme le miel attire les insectes.

J’aurais aimé avoir des potes comme elle : un message au sujet d’un truc louche qui semble s’être déroulé et voilà Sherlock et Lupin qui rappliquent dard-dard (jeu de mot suite à l’utilisation de miel plus haut et il n’y a pas d’autres sous-entendus).

Des suspects, on en aura des flagrants, comme toujours. Mais est-ce le personnage le plus louche qui est coupable ou pas ?

C’est toujours frais, amusant, enlevé et ça fait un bien fou au moral. L’inconvénient est que ça se lit trop vite.

Mon petit bémol concernera Sherlock qui, repartant enquêter à Londres, ne nous fera vivre ses pérégrinations et déductions que par procuration (sans mettre du vieux pain sur son balcon), lorsqu’il passera la porte pour désigner le coupable.

Zut alors, moi j’aurais bien aimé suivre mon jeune détective en herbe dans les rues de Londres… Puisque la narration est pour Irene, ce que font ses amis, nous ne le savons jamais qu’après. C’était aussi un moyen simple et efficace pour l’auteur de ne pas nous mettre trop vite la puce à l’oreille.

Les indices récoltés m’avaient permis de désigner la bonne personne mais il me manquait le mobile et sans les explications de Sherlock, je ne l’aurais pas trouvé… Seule son enquête à Londres le permettait.

Une fois de plus, c’est un chouette moment que je viens de passer en compagnie de mes vieux amis et j’ai hâte de les retrouver dans de nouvelles aventures policières.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°108].

Dylan Stark – Tome 12 – La peau du nègre : Pierre Pelot

Titre : Dylan Stark – Tome 12 – La peau du nègre

Auteur : Pierre Pelot
Éditions : Casterman (1992)

Résumé :
La tenancière du saloon d’un village d’Alabama a été tuée. Un noir s’enfuit et devient le suspect n° 1.

Sur cette terre sudiste, seuls les blancs ont le droit de vivre en paix : alors va s’engager une chasse au nègre sans merci à laquelle sera mêlé, involontairement, Dylan Stark, le métis…

Critique :
Cela faisait des décennies que je n’avais plus relu un Dylan Stark…

Possédant les deux intégrales, je les avais lues à une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Pour ceux ou celles qui ne connaissent pas Dylan, sachez qu’il est métis Français-Cherokee né dans le Sud et ayant participé à la guerre de Sécession dans le camp des Sudistes, à contre-coeur.

Sachez que dans les intégrales, ses aventures ne sont pas toujours publiées dans l’ordre.

Ce petit roman western se consacre à une page sombre de l’Histoire des États-Unis, à savoir la ségrégation raciale.

Nous sommes quelques années après la fin de la guerre de Sécession, en Alabama et la-bas, on n’aime pas les Noirs, ils n’ont aucun droit et en tuer un n’entraînera pas une peine de prison.

Donc, que les esprits étriqués sachent avant de lire ce petit roman que vu l’époque, les personnages de ce récit utilisent des mots horribles tels que nègre, singe, charbon ou bois-brûlé pour les métis.

Ces termes dégradants, je ne les aime pas, je ne les cautionne pas, mais ce serait un anachronisme si, dans un roman dont l’action se déroule vers 1867/1868 et dans le Sud profond, d’entendre parler de droits civiques, de personnes de couleurs ou de Noirs, le tout prononcé avec respect.

Une femme est morte et on accuse un Noir d’être l’auteur de ce meurtre. Alors que personne n’a rien vu car arrivé après les faits, que la seule femme qui a vu un peu n’est pas fiable car elle change son témoignage comme moi de chemise, le shérif réuni un posse et enrôle des hommes pour se lancer à la poursuite du coupable tout désigné : un homme noir.

Les personnages sont esquissés assez vite, ce n’est pas dans ce récit que vous apprendrez à connaître mieux Dylan, mais plusieurs portraits sont réunis dans la troupe qui se lance à la poursuite du présumé coupable.

L’inconvénient de ce petit récit, c’est qu’il est trop court pour permettre à l’auteur de développer toutes les subtilités des esprits qui s’échauffent lors d’une poursuite avec un posse. C’était mieux traité dans « Un étrange incident » (qui était plus long).

On a beau être dans de la littérature jeunesse, l’auteur ne prend pas ses lecteurs pour des branquignoles et insuffle, aux personnages principaux, une morale qui peut vaciller à tout moment, du réalisme dans leurs actions, dans leurs prises de décisions, qu’elles soient contraintes ou forcées, justes ou injustes, bienveillantes ou malveillantes, sachant que ce qui est intelligent maintenant peut se révéler stupide plus tard.

Ce roman aurait été plus savoureux s’il avait été plus long, si l’auteur avait pu développer un peu plus son récit. Ici, on a l’impression que tout va trop vite.

Malgré tout, renouer avec les aventures de Dylan Stark était plaisant, même si le récit est plus tragique qu’autre chose.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°34].

Six-coups – Tome 1 – Le crash de monsieur Crunch : Jérôme Jouvray et Anne-Claire Thibault-Jouvray

Titre : Six-coups – Tome 1 – Le crash de monsieur Crunch

Scénariste : Jérôme Jouvray et Anne-Claire Thibault-Jouvray
Dessinateur : Jérôme Jouvray

Édition : Dupuis (2019)

Résumé :
Que feriez-vous si vous aviez dix ans et que vous veniez d’avoir un revolver pour votre anniversaire alors que vous n’aimez pas les armes ?

C’est tout le problème d’Eliot, fils du shérif de la ville, qui n’arrive pas à faire comprendre à son père qu’il n’est pas un as de la gâchette.

En même temps, force est de reconnaître que même lorsqu’il tire n’importe où, il atteint toujours sa cible ! Ce n’est d’ailleurs pas son seul problème.

Un autre, et non des moindres, s’appelle Bianca. Camarade de classe – si elle se donnait la peine de venir suivre les cours -, elle aime tout ce qu’Eliot déteste : l’aventure, les revolvers, la bagarre, enquêter, suivre des bandits…

Elle a d’ailleurs un talent rare pour entraîner Eliot dans des situations dangereuses.

Critique :
C’est dans l’hebdo Spirou que j’avais découvert cette série western comique, moins caustique que la série « Lincoln » du même auteur.

C’est une série jeunesse, autrement dit, peu de sang, pas de morts violentes mais de l’humour, du burlesque, de l’absurde et de la fraîcheur grâce à ses personnages.

Nous sommes dans une ville où toutes les mémés sont armées car toutes copines avec le shérif, ce qui ennuie les deux bandits qui tentent vaille que vaille de braquer l’épicerie ou de voler des gens sur le quai, grâce à un magicien qui préfère faire disparaître l’alcool dans son gosier.

On a beau être dans une bédé jeunesse, les auteurs n’ont pas oublié de faire passer des messages sur les armes à feu, sur le progrès qui va trop vite et d’ajouter à Eliot, le fils du shérif qui n’aime pas les armes à feu celui de Bianca, une gamine issue d’un milieu pauvre et son paternel a la main lourde dès qu’il est saoul.

— La photographie est un processus lent et minutieux ! Aujourd’hui, tout le monde est pressé, on ne prend plus le temps de bien faire les choses, c’est une calamité ! Déjà que le télégraphe est en train de remplacer nos belles lettres écrites à la plume, mais vous avez entendu parler du téléphone ? Une soi-disant formidable invention ! Mais qui sait dans quoi nous sommes en train de nous fourvoyer au nom de votre progrès ?

Les dessins sont tous en rondeur, les tons jaunes chaleureux et cette bédé se lit toute seule, le sourire aux lèvres car le burlesque est de sortie et il va bien à l’univers créé par les auteurs.

Un univers de western humoristique où les enfants sont les héros et où les adultes ne les écoutent jamais.

Une bédé western jeunesse plaisante et agréable à lire, sans se prendre la tête. Cela m’a fait plaisir de replonger dedans et de la relire d’une seule traite et non pas étalée sur plusieurs semaines.

PS : je suis fan du petit cochon nommé Lardon qui suit Bianca comme un chien…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°31] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°27].

Charlie et la chocolaterie : Roald Dahl

Titre : Charlie et la chocolaterie

Auteur : Roald Dahl
Illustrations : Quentin Blake
Édition : Folio Junior (1967/1987/2000/2005/2016)
Édition Originale : Charlie and the Chocolate Factory (1964)
Traduction : Élisabeth Gaspar

Résumé :
Charlie est un petit garçon qui vit avec son papa et sa maman, mais aussi avec ses quatre grands-parents. Tout ce monde est entassé dans deux pièces seulement car la famille de Charlie est très pauvre.

Lorsque son papa perd son travail, la situation devient dramatique, ils meurent presque de faim.

Mais dans la ville où ils demeurent, il y a une mystérieuse chocolaterie : nul n’y entre ni n’en sort jamais. Son propriétaire, Mr Wonka, lance un grand concours : les cinq gagnants pourront visiter l’usine et gagner des sucreries pour toute leur vie.

Mais les enfants mal élevés doivent se méfier : ils seront punis par où ils auront péché.

Critique :
Pour ceux et celles qui aiment le chocolat et les bonbons, la chocolaterie de Willy Wonka est LE pays merveilleux, le pays joyeux des enfants heureux, des enfants gentils, oui c’est le paradis ♫

J’adore vous coller des ritournelles dans la tête pour toute la journée… C’est mon côté diabolique.

Charlie et la chocolaterie est un conte que vous pouvez lire aux plus petits, ça leur fera savoir qu’il existe des différences de classes sociales et que les sales mômes sont toujours punis.

C’est de la morale à deux balles, mais bizarrement, ça passe comme un carré de chocolat qui fond dans la bouche et ça vous laisse la même sensation : ça fait du bien.

Personne ne va nier que voir une sale gamine pourrie gâtée qui veut tout et qui obtient tout, être punie par ses désirs, ça ne donne pas un sourire géant. Oui, personne n’aime les sales gosses mal élevés, désobéissants, impolis, bavards, qui ne respectent rien… Hormis leurs propres parents qui leur trouveront toujours des excuses.

Après avoir passé un peu de temps avec notre Charlie, un enfant issu d’une famille pauvre, très pauvre, où les 4 grands-parents ne quittent jamais le lit (bonjour les escarres), il nous met en présence des 4 enfants qui viennent de gagner le ticket magique, le Golden Ticket : ce sont 4 enfants qui ne manquent de rien, qui ont le superflu et dont les parents leur passent les 4 volontés.

La dichotomie entre eux (riches et sales mômes) et Charlie (gentil gamin pauvre) est un vrai gouffre, l’auteur pousse la caricature à fond, sans nuancer les portraits des sales gosses de sorte que, vous avez envie de les noyer vous-même dans la rivière au chocolat.

Malheureusement, ils sont plus réalistes que Charlie que j’ai trouvé trop lisse, trop sage, trop gentil, trop « pas réaliste » pour son âge.

Mais en poussant ces différents portraits à fond, l’auteur peut tacler l’éducation des enfants qui partait déjà en couille dans ces années-là (et qui continue de plus belle), de ces parents qui pensent que tout laisser faire à un gosse, c’est lui montrer qu’on l’aime, ce qui est faux. L’aimer, c’est l’éduquer !

Roal Dahl vise aussi les parents qui à force de vouloir être potes avec leurs moutards, ne les éduquent plus et acceptent tous leurs caprices de petits Dieux, de peur de brimer ces pauvres choux ou juste pour avoir la paix.

Il ne faut pas trop se fixer sur cette fracture peu réaliste sinon on passera à côté de la magie de ce roman.

Moi qui ne connaissais pas du tout cet auteur (shame on me), je viens de le découvrir en force et ces 3 lectures furent rafraîchissantes, légères, amusantes, tout en ayant une morale.

PS : j’avais sélectionné ce roman jeunesse pour le Mois Anglais de Juin 2020. Pas de bol, l’auteur n’est pas anglais mais britannique (ça change tout) et en plus, en lisant la critique d’un Babéliote, il parlait de l’Amérique… Merde, sérieusement ? Après lui avoir posé la question, il me signala qu’on y parlait de « dollar ». C’était foutu pour le Mois Anglais alors ? Oui, totalement foutu, même si l’auteur ne nomme pas de pays, on y parle de dollar et je ne pense pas que ce soit la monnaie de l’Angleterre !