Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB – Tome 3 – Après la guerre : Jacques Tardi

Titre : Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB – Tome 3 – Après la guerre

Scénariste : Jacques Tardi
Dessinateur : Jacques Tardi

Édition : Casterman (28/11/2018)

Résumé :
Le final du récit le plus intime de Tardi.

Après son retour du Stalag, René Tardi donne naissance à son fils Jacques en 1946, puis, toujours militaire, il est envoyé en Allemagne dans la zone occupée par la France.

Toute la famille va l’y rejoindre, et s’installer dans une caserne. C’est là que le petit Jacques vivra ses premiers souvenirs, entre ruines et camps militaires.

Puis ce sera le retour à la campagne française, près de Valence, ou entre station-service et garage, son père essaie malgré tout de boucler les fins de mois.

Avec ce dernier volume, Tardi boucle le récit paternel et ouvre une porte sur son enfance, sans toutefois tomber vraiment dans l’autobiographie.

Critique :
Voilà le dernier tome qui clôt une trilogie magnifique, remplie d’émotions, d’Histoire et de tacles pour l’imbécilité humaine, surtout quand l’Homme se fait la guerre.

Ici, nous sommes dans l’après-guerre et Tardi continue de frapper sous la ceinture, là où ça fait le plus mal, et il a bien raison de souligner les comportements horribles qui eurent lieu après la fin de la guerre.

Et surtout l’hypocrisie des uns et des autres, dénonçant la paille dans l’oeil de la voisine qui finira tondue au lieu de voir la poutre dans son oeil à lui, le planqué ou le dénonciateur sans scrupules.

Tardi se met toujours en scène aux côtés de son père, qui nous reparle de quelques faits marquants d’avant-guerre (et de son évitement qui aurait pu avoir lieu), de ses quelques faits d’armes durant la drôle de guerre et surtout de son retour dans sa famille, entre une épouse qui ne veut rien entendre de la guerre ou de la politique ou des anciens qui lui rabâchent sans cesse que leur guerre n’en fut pas une, que la Grande Guerre, ça au moins, c’était une guerre et qu’on l’a gagné…

Bref, pas facile de se reconstruire quand on te rabaisse, quand on ne veut pas écouter tes traumatismes et que tu as toi-même du mal à en parler, que tu t’énerves pour un rien et que tu en veux à tout le monde, surtout à ceux qui se sont enrichis durant le conflit.

Une fois arrivé à sa propre naissance, Jacques Tardi laissera sa place à son double, à son lui-même mais en version bébé, puis jeune gamin.

L’occasion était trop belle et l’auteur parle aussi de sa famille, de sa mère qui lui reprochait sans cesse d’avoir tout bousillé à l’intérieur lorsqu’il était né, l’empêchant ensuite d’avoir des enfants ; ses multiples déplacements avec ses parents lorsque son père était basé en Allemagne ; le mépris des uns pour les autres et le fait qu’ensuite ses parents l’aient confié à ses grands-parents et qu’il ait ressenti cela comme un abandon.

Anybref, on a un peu de tout dans ce dernier tome, de l’après-guerre avec les comportements de tout un chacun et le passé de l’auteur qui, selon moi, est très instructif car nous sommes dans les années qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre Mondiale et de tous les événements politiques importants qui eurent lieu à ce moment-là.

De quoi se cultiver encore un peu plus, tout en savourant les piques acérées lancées par ses personnages, que ce soit son paternel ou lui-même. Tardi n’est pas tendre et il a raison de taper sous la ceinture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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Shiloh : Shelby Foote

Titre : Shiloh

Auteur : Shelby Foote
Édition : Rivages (06/02/2019)
Édition Originale : Shiloh (1952)
Traducteur : Olivier Deparis

Résumé :
Immense romancier américain, dans la lignée de William Faulkner, Shelby Foote est un auteur encore assez méconnu en France.

Un de ses livres les plus importants en Amérique s’appelle Shiloh, épopée miniature qui raconte la guerre de Sécession en 200 pages à travers la voix de soldats ou lieutenants des deux camps.

Chaque chapitre est ciselé à la perfection, explorant la nature humaine, l’absurdité des combats, l’étrange ivresse de la cause et la détresse inévitable devant le spectacle de la violence et la mort. Tous les paradoxes à l’œuvre dans une guerre.

Critique :
Si avant ce roman on m’avait parlé de « Shiloh », j’aurais de suite pensé à Alambix (Astérix et le bouclier Arverne) désignant une réserve de grain, de son parler bien particulier.

Raté et j’ai moins envie de rire car Shiloh est le lieu d’une bataille durant la guerre de Sécession, 6 et 7 avril 1862.

Moins connue que celle de Bull Run, mais tout aussi absurde, inutile, sanglante et tout ce que vous voulez comme adjectif désignant les guerres.

Shiloh, en fait, c’était petite chapelle du sud-ouest du Tennessee et durant quelques jours, ce ne fut pas un lieu de paix ou de recueillement mais un lieu où des hommes se donnèrent la mort et où certains prirent peur.

Renseignements pris sur Wiki, il parait que l’armée de l’Union déplora 13.047 victimes (1.754 tués, 8.408 blessés et 2.885 disparus) et les pertes des Confédérées furent de 10.699 hommes (1.728 tués, 8.012 blessés et 959 disparus ou prisonniers).

À ce moment là, ce fut une des batailles plus sanglantes de l’Histoire des États-Unis. Qui l’eut cru ?

Les deux camps furent horrifiés par le carnage (tu m’étonnes). Personne ne pensait que la guerre allait durer encore trois années et que huit batailles allaient être encore plus sanglantes… Glaçant, n’est-il pas ?

Tiens, Wiki me dit aussi qu’en hébreu, Shiloh signifie « havre de paix » et désigne, soit la ville de Silo (Canaan), soit la figure biblique Shiloh (figure biblique) dont la signification est contestée. La vie est ironique, je trouve…

Ce récit choral donnera la parole autant à des confédérés qu’à des fédérés et quel que soit le camp choisi, les peurs, les questions, les attentes sont les mêmes, qu’ils soient simples soldats, artilleurs ou officier.

Après ma lecture, je serais incapable de vous faire un cours sur cette bataille, mais je pourrais vous résumer la chose en un seul mot : bordel ! Oui, c’est le mot car c’était un sacré bordel sur le champ de bataille et, comme dans toutes les guerres, cette bataille était absurde et les gains minimes en cas de victoire.

Juste pour faire mousser les officiers… Comme toujours. Mais qui monte au front ? Les soldats, même si, dans ces armées, nous avons des officiers pourvus de sacrées paires de coui**** car ils chargent en tête, avec leurs hommes et font preuve de bravoure (ou de folie pure, les deux termes sont jumeaux).

Un récit glaçant sur la folie humaine, sur l’inutilité des guerres voulues par des bureaucrates qui ne la feront jamais, un récit qui n’hésite pas non plus à parler des peurs ressenties par les soldats, lorsqu’ils sentent que tout est perdu, leur honte avouée pour certains, ou le déni, pour d’autres.

Un récit qui nous plonge au cœur de la bataille, dans l’exaltation avant les combats, dans les conditions météorologiques déplorables avec de la boue, de la pluie, du froid, qui nous laisse voir les craintes des hommes quand la bataille a commencé et les horreurs que ce genre d’activité réserve : douleurs, amputations, blessures, confusions, morts, décisions imbéciles…

Je vous avoue avoir soupiré d’aise une fois la dernière page tournée. Mais je ne sais pas pourquoi, les cris des soldats m’ont poursuivis et il me faudra un certain temps avant de rire devant un ancien album des Tuniques Bleues.

Terrible et magnifique en même temps. Il était plus que temps que ce roman nous parvienne dans sa traduction pour les francophones.

Vinland Saga – Tome 08 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 08

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (14/10/2010)

Résumé :
Arrivé à York où son père, le roi Sven, l’a « invité » à venir célébrer ses prouesses militaires, Knut complote un coup d’état avec les conseils avisés d’Askeladd.

Mais au cours du banquet, les choses dérapent. Sven, conscient de l’ambition de son fils, offre à Askeladd un choix sans équivoque: Le pays de Galles ou Knut.

Si Askeladd n’apporte pas à Sven la tête de Knut, celui-ci enverra ses armées raser le pays de ses ancêtres.

Acculé, Askeladd prend une décision qui bouleversera non seulement la vie de Thorfinn, mais aussi celle de toute l’Europe.

Critique :
Tel est pris qui croyait prendre !

À la manière d’un épisode de Game Of Thrones, on aurait pu penser que Askeladd avait gagné le jeu avec le roi Sven, mais comme à la chandeleur, ce dernier va le retourner comme une crêpe, sans oublier d’ajouter la pâte à tartiner maison afin de bien la lui enfoncer profond là où je pense.

Oui, c’est un traitement inadmissible pour une pauvre crêpe, je sais…

Ah, cruel dilemme dans lequel se trouve Askeladd ! Le choix de Tantale car quelque soit son choix, aucun ne le satisfera à 100%, sans compter qu’un coup de pute de la part du roi Sven est toujours possible.

Ce tome nous met à la croisée des chemins, on sent bien qu’après ça, rien ne sera plus le même pour personne ! Que se soit pour le roi Sven, pour son fils Knut (fille ?), pour le mercenaire Askeladd (c’est peu de le dire !!) et Thorfinn, son ennemi juré.

Maintenant, notre jeune Thorfinn va pouvoir chanter ♫ Colchiques dans les prés, C’est la fin de l’été ♪  mais pas sûr que ce nouveau statut le ravisse, surtout qu’on lui a pris sa raison d’être : venger la mort de son père qui avait été tué par Askeladd.

La conquête de l’Angleterre par les Danois vient de prendre un tournant à 180°, on quitte la perfide Albion et ses jeux du trône pour le Danemark et je peux vous dire qu’il y a quelque chose de pourri au Royaume et que Thorfinn va nous montrer un autre visage, maintenant que l’auteur l’a placé dans un autre arc narratif.

Vivement la suite en espérant qu’elle soit toujours du niveau de ces premiers tomes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Armoiries imaginaires attribuées à Knut au XIIIe siècle par Matthieu Paris

Vinland Saga – Tome 07 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 07

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (10/06/2010)

Résumé :
Escorté par Askeladd et le récalcitrant Thorfinn, le prince Knut arrive enfin au camp de Gainsborough, fort de l’armée de Thorkell qui s’est ralliée à sa cause.

Il y est reçu en audience par le roi Sven en personne.

Commence alors une guerre psychologique entre le vieux roi et son jeune fils qui ne cache pas son intention de lui prendre le trône.

Pour tous les protagonistes de l’histoire, c’est l’heure de choisir sa voie, de réaliser son destin ou bien encore de s’en libérer.

Mais la route s’annonce douloureuse et souillée de sang.

Critique :
Si vous voulez le trône sur lequel est assis votre père et que votre frère n’y accède pas, il n’y a pas 36 manières de l’obtenir…

Et si vous êtes roi et que vous ne voulez pas que votre couillon de fiston vous le chipe, vous n’avez pas 36 solutions non plus !

Game of thrones n’a rien inventé, il doit tout à l’Histoire et elle se répète encore une fois dans ce manga : tuer ou être tué !

Knut n’a rien d’un combattant, rien d’un homme courageux, tous les guerriers de Thorkell ou d’Askeladd aimerait savoir s’il a bien une bite dans son pantalon.

Il est vrai que les traits de Knut sont plus féminins que masculins…

Ce que j’apprécie depuis le tout début, dans cette saga, ce sont les dessins : les traits sont fins, stylisés, bref, un régal pour les yeux. Quant aux combats, les suivre sont aussi un véritable plaisir tant tout est bien détaillé.

En ce qui concerne les personnages, ils sont fouillés, détaillés, travaillés, que ce soit un personnage important ou l’imbécile du coin, sans compter qu’ils ne sont pas figés et qu’ils évoluent, en bien ou en mal, ça, on le découvre au fil des tomes.

Le scénario ne tourne pas en rond, on ne s’amuse pas comme un chien qui tenterait d’attraper sa queue mais on avance et le mangaka fait toujours en sorte de nos garder du suspense, ce qui me fait penser que ceux qui ont suivi cette série au lieu d’arriver après, comme moi, on dû souffrir entre chaque parution de tome.

L’auteur ne délaisse pas le côté historique pour nous proposer uniquement des scènes de baston ou de batailles. Cela nous permet de comprendre un peu mieux la psychologie et le mode de vie, de pensée, des gens à cette époque là.

Le roi Sven Ier a bien existé et son fils Knut aussi (dit Cnut ou Knud). Des Danois sur le trône d’Angleterre… Shocking, dirait la reine actuelle.

Mais ce qui m’a le plus fait flipper, dans ce tome, c’est le jeu psychologique auquel Askelaad et le roi Sven vont jouer. Chacun gagnant des points sur l’autre, chacun ne voulant rien laisser passer, l’issue de leur joute est incertaine et rien n’est gagné.

Niveau lecture, ce duel des mots fut un régal et son issue m’a troué le cul !

Ouf, je peux sans problème entamer la lecture du tome suivant sans attendre, ce qui aurait été un suspense insoutenable, nom d’un Norrois !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Notre mère la guerre – Tome 2 – Deuxième complainte : Kris et Maël

Titre : Notre mère la guerre – Tome 2 – Deuxième complainte

Scénariste : Kris
Dessinateur : Maël

Édition : Futuropolis (2010)

Résumé :
Janvier 1915, en Champagne pouilleuse. Cela fait six mois que l’Europe est à feu et à sang. Six mois que la guerre charrie ses milliers de morts quotidiens.

Mais sur ce lieu hors de raison qu’on appelle le front, ce sont les corps de trois femmes qui font l’objet de l’attention de l’état-major.

Roland Vialatte, lieutenant de gendarmerie, militant catholique, humaniste et progressiste, mène l’enquête, à la demande du capitaine Janvier. Une étrange enquête, à cause des victimes, à cause des tranchées…

Le 8 janvier, la section Peyrac perd au combat les deux tiers de ses soldats. Même s’ils étaient des repris de justice, mineurs de surcroît, libérés de prison pour être envoyés au front, le caporal Gaston Peyrac, socialiste et antimilitariste, les aime ces gamins.

Il se moque de ce qu’ils ont pu faire avant, son unique but est de les garder en vie.

Alors, quand Vialatte et Janvier portent leurs soupçons sur ses hommes, ça le met en rage…

Critique :
Nous avions laissé nos jeunes soldats, des gamins encore, assister à la lente agonie d’un des leur, au fond de leur tranchée et c’est là que nous les retrouvons, mais un peu avant, avec l’appel des survivants de cette grande boucherie.

On assiste déjà à l’imbécilité faite homme avec celui qui fait les appels et qui demande au caporal Peyrac s’il a bien vérifié le décès du soldat touché par une salve d’artillerie de son propre camp…

— Bon… Certain de sa mort ? Vous avez vérifié le corps ?
— Son corps ? Il était éparpillé sur mon visage, mon lieutenant…

L’auteur sait si bien mettre les mots sur les maux… Et l’émotion transperce des cases, des paroles, vous prend à la gorge et vous la serre, comme le ferait une grosse main avec un petit cou de moineau.

Je pensais avoir le fin mot de l’histoire dans ce tome-ci, mais en fait, l’enquête sur les trois femmes assassinées va passer un peu au second plan tant les combats font rage sur le front et les auteurs n’émargent pas les lecteurs, ne manque plus que le bruit et l’odeur et on s’y croirait.

Attention, l’enquête passe au second plan, mais ce n’est pas pour autant qu’elle est reléguée aux oubliettes ou en pertes et profits…

Bien que niveau pertes, nous devrons ajouter, aux multiples soldats qui meurent, une nouvelle victime du tueur, une fille qui donnait de la joie et cette fois-ci, nous aurons des témoins, des pauvres tirailleurs, qui sont encore moins bien lotis que les autres.

Marrant, si je puis dire… On assassine des femmes, et la gendarmerie enquête, mais dans les tranchées, on assassine des hommes, on a transformé des terres en abattoir à ciel ouvert mais personne ne songe à mettre fin à cette boucherie.

Oui, je sais, certaines imbécilités des Hommes peut prêter à sourire 100 ans plus tard, heureusement que je ne serai plus là quand dans un siècle, on jugera nos actions à nous et à nos gouvernants.

Petit à petit, nous entrons un peu plus dans la compagnie du caporal Gaston Peyrac, cette compagnie fait de jeunes gamins qu’on a sorti de prison pour envoyer au front. Si les soupçons pèsent sur des membres de cette compagnie, nous ne saurons pas encore le nom du coupable puisqu’un assaut des casques à pointes à foutu tout en l’air.

Ah, le suspense me tuera et la justesse des dessins et des propos aussi… Les aquarelles donnent une autre dimension aux dessins et la plume aiguisée du scénariste va piquer là où ça fait le plus mal.

Une fois de plus, un tome magnifique, si c’est possible de faire du beau avec de l’aussi laid : la grande faucheuse travaillant à la chaine avec des rendements qui font toujours aussi froid dans le dos.

Une deuxième complainte qui fait grincer des dents et serrer les tripes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Notre Mère la Guerre – Tome 01 – Première complainte : Maël & Kris

Titre : Notre Mère la Guerre – Tome 01 – Première complainte

Scénariste : Kris
Dessinateur : Maël

Édition : Futuropolis (2009)

Résumé :
Janvier 1915, en Champagne pouilleuse. Cela fait six mois que l’Europe est à feu et à sang. Six mois que la guerre charrie ses milliers de morts quotidiens. Mais sur ce lieu hors de raison qu’on appelle le front, ce sont les corps de trois femmes qui font l’objet de l’attention de l’état-major.

Trois femmes froidement assassinées. Et sur elles, à chaque fois, une lettre mise en évidence. Une lettre d’adieu. Une lettre écrite par leur meurtrier. Une lettre cachetée à la boue de tranchée, sépulture impensable pour celles qui sont le symbole de la sécurité et du réconfort, celles qui sont l’ultime rempart de l’humanité.

Roland Vialatte, lieutenant de gendarmerie, militant catholique, humaniste et progressiste, mène l’enquête.

Une étrange enquête. Impensable, même. Car enfin des femmes… c’est impossible. Inimaginable. Tout s’écroulerait. Ou alors, c’est la guerre elle-même qu’on assassine…

Critique :
Comment aborder la Der des Ders, la Grande Guerre, d’une autre manière ?

Comment nous faire traverser les tranchées, aborder le No man’s land, éviter les corps morts, patauger dans la boue, bref, comment nous faire revivre cela une fois de plus sans que cela fasse déjà-vu ?

Non pas que je sois blasée, c’est impossible, il y a tant à dire, mais je connais les gens, il le sont vite, eux, blasés.

Il suffisait d’y penser : nous faire entrer dans la Grande Guerre à reculons, à petits pas, puisque nous enquêterons avec le lieutenant de gendarmerie Roland Vialatte sur des meurtres de femmes commis non loin des tranchées, dont un dans une tranchée.

On a bien fusillé un soldat qui avait eu des mots avec la première victime, sans sa poser la question de savoir s’il était coupable ou non, fallait juste un exemple, un mort pour prouver aux autres que les chefs, c’étaient pas eux et qu’ils avaient intérêt à se tenir à carreau, nom de dieu.

Pas de bol, juste après avoir fusillé le coupable, d’autres meurtres de femmes ont eu lieu… Alors, on fait venir un gendarme pour enquêter, sans doute pour éviter d’en fusiller encore, des innocents à grande gueule.

L’album commence lui-même d’une manière non conventionnelle : un soldat chantonne ♫ Je suis petit oiseau, c’est la faute à Rousseau ♪ alors qu’il est blessé gravement par des balles, puis, on avance dans le temps (1935) et on passe sur le lit de mort d’un certain Roland qui nous raconter une histoire…

Le scénariste a fait en sorte de nous plonger de manière réaliste dans la Première Guerre Mondiale, avec ses soldats dont certains étaient fait de bric et de broc, sortis des prisons, ou alors des gamins encore humides derrière leurs oreilles…

Entre les gradés qui se planquent, qui ne risquent rien mais qui jouent avec la vie de leurs soldats, pour quelques arpents de terre Française, le froid, la boue, la pluie, le manque de sommeil, la folie qui guette chacun, le tout passera dans le récit, faisant de Roland un spectateur malgré lui, lui qui est resté à l’arrière pendant que d’autres mourraient devant.

Des dessins qui sont des aquarelles, ça donne une majesté à un récit qui n’avait besoin que de ça pour se sublimer encore un peu plus. J’ai même eu l’impression que, une fois de plus, l’enquête n’était qu’un prétexte pour dénoncer les imbécilités et les horreurs qui eurent lieu durant celle que l’on pensait être la dernière.

L’ambiance n’est pas aux tons chaleureux, vous vous en doutez, le tout est dans des gris froids, glacés. Normal, il fait un temps à ne pas mettre un Poilu dehors, ni même un casque à pointe.

Sans en faire des tonnes, avec peu de mots, mais des mots justes, qui claquent comme les balles des Fritz d’en face, les auteurs nous montrent toute la brutalité et les  abominations de cette guerre de tranchée, comme si vous y étiez.

Un premier tome qui met la barre très haut, des crimes toujours pas résolus, même si on a un poilu hautement bizarre qui m’a tout l’air d’être LE meurtrier, sauf si je me trompe et je parie que je me plante royalement.

Bon, le suspense est à son comble, les tripes sont nouées, pari réussi de me donner des sueurs froides et de faire passer des meurtres de femmes au second plan, quasi. Il ne me reste plus qu’à me jeter sur les tomes suivants.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Michel Strogoff : Jules Verne [LC avec Bianca]

Titre : Michel Strogoff

Auteur : Jules Verne
Édition : Hachette Jeunesse (2008)
Édition Originale : 1876

Résumé :
Les provinces sibériennes de la Russie sont envahies par des hordes tartares dont Ivan Ogareff est l’âme.

Ce traître, poussé par une ambition insensée autant que par la haine, projette d’entamer l’empire moscovite !

Le frère du tsar est en péril à Irkoutsk, à 5.523 kilomètres de Moscou et les communications sont coupées. Comment le prévenir ?

Pour passer, en dépit des difficultés sans nombre et presque insurmontables, il faudrait un courrier d’une intelligence et d’un courage quasi surhumains.

Le capitaine Michel Strogoff est choisi et part, porteur d’une lettre du tsar, en même temps qu’une jeune Livonienne, la belle Nadia, et que deux journalistes, l’anglais Harry Blount et le Français Alcide Jolivet…

Critique :
Cela fait déjà un petit moment que je me dis qu’il serait temps de lire quelques Grands Classiques afin d’ajouter des pierres à mon édifice littéraire et lentement mais surement, je m’y mets.

De plus, si on ne veut pas se farcir les textes intégraux, longs et parfois laborieux (Oliver Twist, si tu me lis), on a toujours la possibilité de les lire dans leurs version abrégées mais conformes à la traduction et à l’histoire initiale.

Possédant Michel Strogoff dans une version longue, j’ai opté pour la courte et puisque j’ai bien aimé l’aventure, je pense refaire le périple en sa compagnie, mais dans la version longue, cette fois.

Michel Strogoff, c’est le souffle de la grande aventure, c’est le dépaysement et Jules Verne a tout fait pour nous immerger dans cette expédition de fou puisque Strogoff va devoir parcourir plus de 5.500km pour délivrer un message alors que les provinces de Sibérie sont envahies par des hordes de Tartares barbares.

Ne cherchez pas la subtilité dans les portraits des personnages, non seulement ils sont vite esquissé, mais en plus, on baigne dans le manichéisme le plus total !

Les gentils sont gentils, beaux, serviables et un pareil à Michel Strogoff ne vit que pour son pays, sa patrie, son Tsar et sa mère. Idem pour Nadia et pour tous les personnages originaires de Russie, il faut creuser fort pour trouver des défauts aux gentils.

Pour ce qui est des méchants, Ivan Ogareff est un traitre à sa patrie qui veut se venger pour une dégradation qu’il méritait et n’a rien comme circonstances atténuantes pour justifier sa traitrise et le fait qu’il se soit allié à Féofar-Khan, le chefs des hordes de Tartares, qui sont appelés « barbares » par tout les autres.

Parfois, un peuple a toutes les bonnes raisons du Monde pour se révolter, notamment contre un gouvernement qui les spolierait, les exploiterait, les humilierait, bref, une dictature.

Ici, vous ne saurez pas le pourquoi de cette soudaine invasion Tartare et l’auteur mettra même le paquet pour vous faire comprendre que les Russes sont les gentils et les envahisseurs Tartares les méchants ! Ajoutez à cela les tziganes qui sont dans le camp des vilains pas beaux et vous aurez compris que le manichéisme règne en maître dans ces pages.

Est-ce pour autant que le roman doit valser à la poubelle ou être descendu ? Ben non, parce que malgré ça, j’ai apprécié l’aventure, les péripéties, les multiples rebondissements, les cachoteries de l’auteur, les disputes imbéciles des deux journalistes chargés de couvrir les événements, Harry Blount l’anglais et Alcide Jolivet le français.

Tout est cousu de fil blanc, le Bien triomphe du Mal, le héros s’en sortira toujours à temps, tel Le Courier solitaire, Michel Strogoff est le Sibérien de la terre (Bob Morane quoi… ♫ Et soudain surgit face au vent ♪ Le vrai héros de tous les temps ♫).

Évidemment, en ce temps-là, c’était ainsi que l’on écrivait et je ne vais pas me plaindre car les récits de Jules Verne me tentent bien et je compte en lire d’autres, en LC ou seule (L’Ile mystérieuse est programmée avec Bianca et j’ai toujours un 20.000 vieux sous mèmère à faire avec Stelphique).

Michel Strogoff est à lire un soir de grand froid, bien au chaud sous un plaid, pour vivre une aventure un peu folle, en apprendre un peu plus sur la Russie, même si cette invasion n’existe pas dans la réalité et, si les blablas ne vous dérangent pas trop, vous pourriez l’apprécier.

C’est justement les dialogues un peu trop nombreux qui ont rendu la lecture moins agréable pour ma copinaute de LC, Bianca, qui attendait plus d’aventure.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Mon édition intégrale que je vais relire à mon aise, juste pour le plaisir

Les Tuniques Bleues – Tome 6 – La Prison de Robertsonville : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 6 – La Prison de Robertsonville

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1975)

Résumé :
Le sergent Chesterfield et le caporal Blutch se sont tirés de bien des situations périlleuses, mais cette fois, ils ont été capturés par les Confédérés.

Direction Robertsonville : la prison dont on ne s’évade pas ! Cette appellation menaçante n’est pas pour décourager nos deux Yankees.

Ils mettront tout en œuvre pour s’enfuir, allant jusqu’à enfiler des uniformes sudistes pour échapper à la vigilance des gardes.

Ce qui n’est peut-être pas la meilleure idée pour parvenir aux lignes nordistes sans y laisser sa peau… !

Critique :
Cet album fait partie de mes préférés car l’humour de situation est omniprésent et les multiples tentatives d’évasion de Blutch et Chesterfield sont toutes plus cocasses les unes que les autres.

Le côté épuré du trait de Lambil me plait bien aussi, ses chevaux sont moins large du poitrail et le sergent moins gras du bide.

C’étaient aussi les premiers traits de Lambil qui venait de reprendre la série suite au décès de Salvérius.

Évidemment, étant gosse, je me marrais bien en lisant cet album, sans savoir que cette prison existait réellement, mais sous le nom d’Andersonville et où les conditions de vie étaient bien pires que celles décrites dans l’album.

De plus, celui qui me faisait le plus rire aussi était un personnage secondaire réussi : le fameux Cancrelat, qui portait bien son nom, et qui est à lui tout seul un concentré d’énergie maléfique, plus bête que méchant, sorte de Joe Dalton en taille normale et ne rêvant que de faire la peau à nos deux Nordistes préférés.

Des années plus tard, devenue adulte (si, si), je me marre toujours en lisant cet album car les auteurs sont arrivés à nous présenter les dures conditions de vie de prisonniers (privations, conditions de travail horribles, épuisement, rationnement, punitions,…) de manière épurées, sans sombrer dans le pathos (nous sommes dans une série humoristique) et toujours amusante, comme le fait de creuser un tunnel pour s’évader avec les dents.

— D’après les rares types qui ont pu s’en évader, il paraîtrait que c ‘est un trou infect ! Rien à manger. Un boulot à vous rendre dingue et trois heures de sommeil par nuit ! Des vacances quoi… 

Non seulement on se marre avec les tentatives d’évasion de nos deux compères et leurs multiples retour à la case départ, mais en plus leur inventivité est sans limites, sans bornes et le chef du camp aura bien du mal avec nos des énergumènes qui, pour une fois, travailleront de concert.

— Eh, Cancrelat ! J’ai comme l’impression que le lieutenant a attrapé un coup de sang ! Il pleure comme une madeleine et refuse de sortir de son trou ! …

Rythmé, sans temps morts, bourré d’énergie pour s’enfuir, de quiproquo une fois évadés (je ne spolie pas, s’ils ne s’étaient pas évadés, la série se serait arrêtée là !), rempli de bons mots et de traits d’esprits, cet album, c’est de l’humour concentré, un duo au meilleur de sa forme qui nous prouve, une fois de plus, qu’ils ne peuvent se passer l’une de l’autre, même s’ils se détestent et que l’un ne rêve que de désertion.

Je suis revenu, j’ai vu mais je n’ai pas pu.
Cessez donc de faire de l’esprit espèce de bougre d’âne et dites-moi plutôt pourquoi vous êtes revenu ?
Qu’est-ce que vous feriez sans moi sergent ?

Un album que je vous invite à découvrir et, si c’est déjà fait, à relire juste pour le plaisir car il fait partie du temps où Les Tuniques Bleues ne manquaient pas de fraicheur, d’inventivité, de rythme, de scénarios intéressants, amusants…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Les Tuniques Bleues – Tome 20 – Black Face : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 20 – Black Face

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1983)

Résumé :
Derrière les lignes ennemies, il y a des Noirs, beaucoup de Noirs qui travaillent dans des plantations. Si l’on parvenait à les mener à la révolte, ils deviendraient de puissants alliés au camp des Nordistes.

Pour les convaincre de prendre les armes contre les Sudistes, il faut leur envoyer un des leurs. Escorté par le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, un homme surnommé Black Face accepte d’aller parler aux esclaves de l’autre camp.

Mais attention, cette stratégie risque de se révéler une arme à double tranchant.

Critique :
Cet album des Tuniques Bleues m’avait terriblement intrigué lorsque je l’avais eu en main, en 1983… J’avais 8 ans, je connaissais déjà le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, mais là, je ne comprenais pas.

Un Noir se tenait devant le duo, une arme à la main, peu amical et nos deux amis portaient l’uniforme de l’armée sudiste !

De plus, cet album avait ébranlé mes convictions : la guerre de Sécession avait eu lieu parce que le Nord voulait délivrer les Noirs maintenu en esclavage par le Sud et là, j’apprenais que ce but louable n’était pas une vérité, mais juste un bon prétexte et que les Noirs n’étaient pas libres dans le Nord…

— Cette guerre est surtout la leur voyons ! Nous luttons tous pour l’abolition de l’esclavage !
— Allons, allons mon cher ! Vous savez très bien que là n’est pas le véritable but ! Bon d’accord…il y a un peu de ça…il faut bien trouver un prétexte glorieux pour guerroyer ! Et puis ça tranquillise la conscience du peuple !
— Non…le vrai motif, c’est que certains de nos politiciens rêvent de s’approprier les richesses du sud ! Alors, les noirs, là-dedans, vous savez !

La claque ! Mes convictions naïves qui étaient les miennes à 8 ans volaient en éclat. L’être Humain était-il si vénal ? Des politiciens déclencheraient-ils une guerre parce qu’ils lorgnaient sur les riches propriétés du Sud ? Non, impossible ! Et mon esprit était revenu à la belle raison : délivrer les esclaves !

Je suis adulte depuis longtemps, j’ai grandi, appris des choses, rempli mon cerveau (du moins, je l’espère) d’autres choses que des bêtises. Exit la naïveté de mes 8 ans.

Ce que fait que depuis longtemps, à chaque fois que je relis cet album, je le vois toujours d’un autre oeil et je sais que sous le couvert de l’humour des répliques de Blutch et des situations cocasses du duo, il y a de la profondeur et une horrible leçon dans cette aventure, plus tragique qu’on ne pourrait le croire et qui n’aurait sans doute pas dû finir dans les menottes d’une gamine de 8 ans.

Non, les Noirs n’étaient pas si libres que ça dans le Nord ! Juste libre de faire ce que les Blancs leur disaient… Et le pire étaient ceux qui s’étaient engagé dans l’armée des Nordistes : juste bons à creuser des latrines et des tombes.

— Et si je me rends, que crois-tu qu’il va se passer ?
— [Blutch] Vous serrez emprisonné, puis jugé…
— Et puis ?
— Il y en a qui ont eu la vie sauve !
— Des blancs, peut-être ! Jamais des noirs, et tu le sais très bien ! A présent, fichez le camp ! Hop ! Du balai !
— Black Face, tu es fou à lier ! Vous n’avez pas la moindre chance !
— De la chance, on n’en a jamais eu ! Sauf aujourd’hui…celle de mourir libres !

— Que ce soit chez les blancs, les noirs, les rouges, les jaunes ou les verts s’il en existait…l’or et l’argent ont toujours été à la base de l’agonie de bien des consciences !…

Le scénario imaginé par le Nord pour foutre le bordel au Sud est diabolique, mais lorsqu’on envoie pareille bombe chez les autres, on ne sait jamais si au final, elle ne va pas nous exploser dans la gueule ! Et ici, ce sera le cas !

Poussant le diabolique à son paroxysme, le général va avoir une idée de génie et entre nous, dans l’Histoire, il ne devait pas être le premier et il ne sera pas le dernier, un moustachu l’a utilisée aussi. L’habit fait le moine, pour eux.

Sans manichéisme, tout le monde étant un peu gris dans cette histoire, les auteurs nous livrent un tome plus sérieux, plus noir, plus sombre, sur la guerre de Sécession, sans pour autant renier leur habitude de le traiter avec humour, tout en restant sobre puisque l’humour sera dans les dialogues entre le sergent et le caporal.

Un album fort sombre qui m’avait fait un peu peur lorsque j’étais jeune à cause de quelques scènes de pillages sur fonds de maisons incendiées.

Un album où les Nordistes ne ressortaient pas grandis… Un album qui m’expliquaient que personne n’était tout blanc ni tout noir, que personne ne lavait plus blanc qu’un autre et qu’au final, l’Homme était un salaud.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Vinland Saga – Tome 5 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 5

Auteur : Makoto Yukimura
Édition : Kurokawa (10/12/2009)

Résumé :
Angleterre 1013. Avec l’hiver qui s’installe et la neige qui rend les routes impraticables, l’armée de Knut est contrainte de s’établir dans un petit village anglais jusqu’au printemps.

Histoire de s’assurer que leur position resterait secrète, Askeladd n’a pas hésité à faire massacrer tous les villageois, hommes, femmes et enfants.

Askeladd ne reste pas inactif. Il a un rêve, et pour l’accomplir, il doit trouver un moyen de transformer le prince Knut en chef de guerre impitoyable…

Critique :
Voilà un tome riche en action et en rebondissements ! Alors qu’on aurait pu penser se trouver face à un tome pépère puisque les troupes d’Askeladd ont investi un petit village pour attendre que la neige soit moins épaisse.

Pas de bol pour eux, un témoin de leurs méfaits a pu se sauver et raconter à d’autres ce que lui et ses hommes avaient fait aux villageois.

Si certains pensaient se la couler douce, et bien, c’est loupé, va falloir se battre et mettre les voiles, tout en évitant les mutineries parce que les hommes sont fatigués, en ont plein le cul et commence à se demande si Askeladd a encore la baraka puisque maintenant, ils ont Thorkell à leurs fesses.

Qui va le trahir ? Arrivera-t-il à faire de Knut un homme de combat et un homme de commandement ou ne pourra-t-il l’envoyer que dans un salon de thé, avec le petit doigt en l’air ? Et Thorfinn sera-t-il d’accord de lui servir de nounou ?

Je ne sais toujours pas où va n’emmener l’auteur, mais je prends toujours autant de plaisir à suivre cette saga, qui, je le pense, va m’emporter assez loin.

Le scénario ne laisse pas la place à la sieste, sans pour autant être trop trépidant et en devenir lourd. Les personnages sont bien travaillés et nous étonnent souvent, car ils ne sont pas figés, ils évoluent et peuvent aussi nous cacher des tas de petites choses, les coquins.

Mais certains dans leur ligne de conduite, comme Thorkell qui, en plus d’avoir de l’humour, l’envie de se battre tout le temps, quitte à se vendre à l’ennemi, n’aime pas les traitres ni les hommes qui se rendent.

Un tome qui bouge, assez violent, mais hautement addictif car j’ai encore plus envie de me faire toute la série.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).