Bouncer – Tome 1 – Un diamant pour l’au-delà : Alejandro Jodorowsky et François Boucq

Titre : Bouncer – Tome 1 – Un diamant pour l’au-delà

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : François Boucq

Édition : Les Humanoïdes associés (20/06/2001)

Résumé :
Etats Unis, fin de la guerre de sécession… un petit groupe de confédérés ne pouvant croire à la défaite de leurs camps continuent la guerre comme si de rien n’était. Ils se livrent aux pillages, viols autres cruautés sans aucun complexes.

Leur chef, le capitaine Ralton, un homme dément, prend conscience que son détachement ne pourra se livrer à ses massacres longtemps avant que les nordistes ne leur tombent dessus et ne les réduisent en charpies.

C’est pourquoi il décide de séparer son détachement et de partir avec ses meilleurs hommes à l’abri pendant quelques temps.

Il s’en va chez son frêre qu’il n’a pas vu depuis longtemps et avec lequel il s’est séparé en de mauvais termes. C’est à cause de lui que Ralton est défiguré, mais ne serait il pas venu le temps de lui faire payer ceci…

Critique :
*Voix de Jacques Martin*
— Bonjour, tu aimes La Petite Maison Dans La Prairie ? Les Bisounours ? Mon Petit Poney ? Lucky Luke ? Bref, toutes ces choses pleines de gentillesse, de bons sentiments où les Gentils sont très gentils, les Méchants très drôles et un peu cons et où les Bons gagnent toujours ??
— Oh oui, j’aime ça *voix enfantine*
— Et bien alors ne lis pas cette bédé !!

Avec Alejandro Jodorowsky au scénario, il ne faut pas s’attendre à du western gentillet à la Lucky Luke mais à quelque chose d’ultra violent dépassant même la série Durango.

Niveau violences, je pense que Jodorowsky a fait le tour : viols, pillages, incendies, décapitations, tortures, assassinats, pédophilie, prostitution et un personnage fouillera même les entrailles de sa mère morte…

Ma foi, on a fait le tour de ce qui était le plus abject, dans cette bédé western. Comme si l’auteur avait décidé d’y incorporer toute l’horreur dont sont capables des êtres humains quand ils se comportent de la pire des manières.

Là, le glauque dépasse l’entendement et perd de son charme.

Certes, l’Ouest, juste après la guerre de Sécession, ce n’était pas Le Manège Enchanté, mais tout de même… L’impression est qu’on a noyé le scénario dans de l’ultra violence (sérieusement, Durango, à côté, c’est pour les p’t’its z’enfants).

J’ai lu sur Babelio que Jodorowsky et Boucq ont inventé un genre nouveau : le « western shakespearien ». Sanguinolent à mort et, en trame de fond, on a une histoire ultra conventionnelle de vengeance, de trésor perdu et de Confédérés qui ne veulent pas se rendre.

Les dessins m’ont énormément gênés tant ils sont moches au niveau des visages, les chevaux donnent l’impression d’être démesurés en longueur… Par contre, les paysages étaient bien faits, ça compense un peu.

Malgré l’ultra violence exagérée et le scénario conventionnel, j’ai été happée par le récit, me demandant jusqu’où les auteurs allaient aller (sont allés trèèèès loin) et par le personnage énigmatique du Bouncer.

Les flash-back sont insérés aux bons endroits, ils permettent d’éclairer les personnages, de leur donner de l’épaisseur, un passé et d’expliquer le pourquoi du comment, le Grand Méchant Sudiste Ralton, a décidé de flinguer, torturer et plus si affinités.

J’ai beau être un peu mitigée, ma curiosité est titillée et comme on m’a prêté la série, je ne vais pas me gêner pour la lire et voir les tomes suivants sont toujours dans cette violence extrême. J’espère que non car cela fout souvent en l’air des scénarios.

 

et

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°65] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Blueberry – Tome 10 – Général « tête jaune » : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 10 – Général « tête jaune »

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1971)

Résumé :
Malgré la promesse de Blueberry faite à Sitting Bull, le général Allister dit « Tête Jaune » compte bel et bien mener campagne contre les Sioux et les Cheyennes dans l’hiver des Collines Noires.

Publié en 1971, c’est le dernier du cycle du cheval de fer (quatre tomes)

Critique :
Higway to hell…

En référence à la chanson de AC/DC et au « GO TO HELL ! » expédié par le général Allister à Blueberry qui lui répondra, avec cynisme : « Nous y sommes déjà, sir ».

S’ils n’étaient pas sur une autoroute (anachronisme) c’était vraiment le chemin pour l’enfer que le 7ème de cavalerie a emprunté.

Cet album, je déteste le relire. Attention, n’allez pas croire que Charlier ait loupé son scénario, que du contraire, il est très bon, c’est juste que cet album est terrible…

Dans le tome précédent, Blueberry avait obtenu un armistice avec les Sioux, donnant sa parole (et le général Dodge aussi) pour que de vraies négociations aient lieu, promettant que les camps d’hiver ne seraient pas attaqué par les Longs-Couteaux alors que les guerriers étaient à la chasse.

Le général Allister, mourant d’envie de s’illustrer quelque part et n’ayant pas eu l’occasion durant la guerre de Sécession, décide d’aller « casser du sioux » afin repousser définitivement la menace.

Blueberry est enrôlé de force et forcé d’assister à la chronique d’un massacre annoncé, des deux côtés.

Steelfingers avait décroché la palme du méchant le plus machiavélique, sadique du la saga, mais Allister décrochera celle du plus entêté, du plus menteur, du plus enragé, de la plus mauvaise fois et de celui qui manque, finalement, de cou…rage (restons polie).

Le général Allister, qui a un peu des airs de Custer, on aurait envie de lui faire subir le supplice des fourmis rouges, de le pendre, de l’écarteler, de le guillotiner, de le brûler, de le découper en morceaux et de les jeter aux quatre vents après l’avoir fait piétiner par un troupeau de bisons en furie.

Ce général de MesDeux rêve d’honneur mais s’attaque, en traître, à un camp rempli de femmes, d’enfants, de vieillards et de quelques guerriers. Facile… Mais les Indiens sont cent fois plus brillants que lui.

Allister est un salopard qui n’hésite pas à sacrifier ses propres soldats, sans leur dire, bien entendu, leur demandant de tenir la passe et en ne respectant pas sa parole de venir les secourir. Un salopard, je me tue à vous le dire !

Et je râlerai toujours car, à la fin de l’album, il n’est même pas puni, pas de justice pour lui et ce fils de sa mère n’a même pas de conscience, pas de cœur non plus et encore moins de cou… rage (restons polie, restons polie, c’est un sans couilles).

Les dessins illustrent bien les combats, la difficulté de chevaucher dans la neige, les paysages magnifiques des Black Hills qui nous entourent et que nous ne savourons pas tant le récit est haletant, bourré de suspense, de violences, de combats, des ruses de Blueberry pour tenter de sauver le régiment qui, sans lui, aurait péri en entier.

Cet album est glaçant jusqu’à la moelle car ce genre d’individu a existé. Non pas Allister en tant que tel, mais des militaires comme lui, entêté jusqu’au boutisme, prêt à faire mourir tout le monde pour s’en sortir lui, prêt à entraîner son régiment dans sa folie, à la poursuite de ses chimères, tel un capitaine Achab pourchassant Moby Dick sans aucun discernement et n’écoutant pas la voix de la raison qui est celle de Blueberry.

Un tel personnage est intemporel et tous les pays peuvent se targuer d’en avoir eu un à la tête d’un groupe armé, tuant des gens désarmés.

Une fois de plus, encore un album relevé pour le duo Charlier/Giraud, les deux maestros aux commandes de cette série qui ne vieillit pas, qui est intemporelle, elle aussi, car les sujets traités sont toujours d’actualité : génocides, guerres, spoliations, racisme, magouilles, gaspillage des ressources naturelles, recherche du pouvoir, recherche des honneurs à n’importe quel prix, mensonges, traîtrises et j’en oublie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°63] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Wanted – Tome 2 – Le canyon de La Muerte : Thierry Girod et Simon Rocca

Titre : Wanted – Tome 2 – Le canyon de La Muerte

Scénariste : Simon Rocca
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (1996/2001)

Résumé :
Des plus moches métiers de l’ouest américain, « bounty-hunter » (chasseur de primes) est sans doute le pire. Faut-il être impitoyable pour l’exercer…

À cet exercice, l’homme solitaire au visage ravagé par une cicatrice en forme de “W”, que tous connaissent sous le sobriquet de Wanted, est sans nul doute le plus redoutable.

Pourtant, son cœur de pierre ne s’émeut-il pas en sauvant la vie du jeune métis Yaqui-Jed que d’odieux chasseurs de scalps “les frères Bull” ont laissé pour mort après avoir massacré et scalpé tous les siens ?

À travers l’ouest en proie à la guerre de sécession, au massacre des Indiens Navajos par les milices de Kit Carson, à la guerre Apache… il va aider Jed à se venger et à retrouver le trésor accumulé par les pillages des Bull…

Critique :
Wanted est une série 100% western, qui utilise tous les codes du western de manière ultra-classique, sans nouveautés et avec des dessins pas géniaux.

On ne parlera même pas des couleurs, ça risquerait de plomber l’ambiance… Elles sont à chier.

J’avais relu la saga en 2015 mais je n’avais chroniqué que « Les frères Bull », tome 1 de cette série qui en comptera 6.

La série Durango jouait elle aussi dans le western classique à 100% mais la mise en scène donnait un souffle nouveau, ici, ce n’est pas la cas.

J’avais plus d’indulgence avec la série lorsque je l’ai commencée, vers 1995. Maintenant, j’en vois tous les défauts et le tome 2 ne remonte pas dans mon estime.

Une histoire de vengeance, c’est classique mais ça marche toujours. Vengeance contre qui ? Contre des salopards qui scalpent de paisibles Hopis (femmes et enfants compris) pour toucher la prime « Navajos » parce qu’ils n’ont pas les couilles d’aller chercher les scalps sur la tête de ces terribles Navajos… Et non content de tuer des innocents, ces salopards violent. Yaqui Jed veut leur peau après la mort de sa femme et ses gosses.

Tout ceci se trouvait dans le premier tome. Dans cette suite, nous avons toujours Yaqui Jed, notre métis Indien qui ressemble à Rahan en quête de vengeance, aidé par le chasseur de primes surnommé Wanted, qui y va les pieds de plombs mais qui y va quand même.

Ce que je reproche à ce deuxième tome, c’est d’être bordélique et d’aller dans tous les sens, quitte à perdre le lecteur au passage.

Comme dans « Le bon, la brute et le truand », nous avons notre chasseur de primes et le métis qui se retrouvent au milieu de la guerre de Sécession, coincés dans l’affrontement entre deux beaux-frères (véridique !) : le confédéré Henry Hopkins Sibley contre son beauf, l’unioniste Edward Canby qui est accompagné par les troupes du célèbre Kit Carson.

Ajoutons à cela les guerres Indiennes et nous avons un brol pas possible de conflits en tous genre qui semblent n’être là que pour faire durer l’histoire de vengeance un peu plus longtemps.

Je reprocherai aussi un manque de profondeur des personnages. Tout cela ressemble à de la caricature, à des images d’Épinal, à du bon gros western spaghetti où la sauce est si lourde qu’on a du mal à avaler et encore plus à digérer.

Sans le Mois Américain, je n’aurais pas relu cette saga, mais comme je n’avais chroniqué que le premier tome, j’ai eu envie de poursuivre et bien mal m’en pris… J’aurais dû relire ma propre chronique avant de commencer la relecture du tome 1.

La lie du vin étant tirée, je vais terminer le cycle de la vengeance et je passerai à du bien meilleur, comme du Blueberry, ou même du Lucky Luke et du Jerry Spring.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°58] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Blueberry – Tome 09 – La piste des Sioux : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 09 – La piste des Sioux

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1971)

Résumé :
Capturé par les indiens, Blueberry est torturé afin qu’il livre l’endroit où l’argent de l’Union Pacific a été enterré. Plus il tiendra, plus la résistance aura le temps de se préparer.

Critique :
Blueberry, c’est LE mec qui chope toutes les emmerdes possibles et inimaginables à cent kilomètres à la ronde !

La preuve une fois de plus avec cet album où il se sort d’un guêpier pour retomber dans un autre, puis un autre… La poisse est son amie.

Blueberry, c’est aussi l’Histoire de l’Ouest de manière plus réaliste que Lucky Luke ou Jerry Spring, plus violente, aussi.

Les dessins de Giraud sont toujours des petits bijoux, remplis de détails et les décors ne sont pas négligés.

Dans ce tome, Blueberry ne va pas se reposer, ses deux amis Red Neck et MacClure non plus. Que ferait notre lieutenant sans eux ? Parfois ça lui ferait moins d’ennuis…

Ce tome emprunte une voie plus positive puisque la langue droite de Blueberry et celle du Général Dodge promettent aux Indiens de ne pas aller massacrer leurs femmes et papooses lorsqu’ils seront à la chasse au bison.

Enfin, se dit-on, du happy end dans l’air avec l’arrêt des massacres d’Indiens… Et puis saloperie, on voit apparaître cet enfoiré d’enfant de pute de Général Allister, un salopard qui râle de ne pas avoir de décorations durant la guerre civile et qui pense qu’un bon Indien est un Indien mort et que la parole de Dodge, il va se torcher avec.

Steelfingers était un salopard fini et Allister peut aller lui donner la main.

Une fois de plus, un excellent tome des aventures de Blueberry mais qui annonce avec horreur le tome suivant, que je déteste, que je crains de relire car le Général Allister est un bel enfant de salaud d’assassin, une couille molle qui s’attaque au plus faibles afin de faire mousser.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°57] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 08 – L’homme au poing d’acier : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 08 – L’homme au poing d’acier

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974)

Résumé :
Le général Dodge est certain que parmi ses proches, se terre un espion empêchant le chantier de l’Union Pacific de progresser. Il charge Blueberry de le débusquer.

Critique :
James Bond avait pour ennemi Jaws, l’homme à la mâchoire d’acier et Blueberry a Jethro Steelfingers, l’homme au poing d’acier.

Et Steelfingers est cent fois plus méchant et machiavélique que Jaws (qui fait chaton à côté).

L’histoire continue et elle monte en intensité : le camp est entouré d’Indiens sur le sentier de la guerre, tout ça à cause des exactions que Steelfingers a faites pour favoriser la compagnie de chemin de fer pour laquelle il travaille vraiment, à savoir,  la Central Pacific.

Blueberry va-t-il arriver à sauver tout le monde ou va-t-il se foutre un peu plus dans la merde ? Si on connait le personnage, on a déjà la réponse… Si Lucky Luke triomphe toujours, on sait qu’il n’en est rien dans la réalité et les auteurs n’ont jamais épargné notre lieutenant à la barbe mal rasée.

Dans cet album, tous les sales coups sous la ceinture sont permis pour faire échouer la ligne de chemin de fer de l’Union Pacific car il y a un marché à rafler et quand il s’agit de business, tous les coups de pute sont permis.

Les dessins de Giraud sont toujours superbes, foisonnants de détails sur la vie en ces temps-là et les décors sont grandeurs nature.

Le scénario n’est pas à la ramasse avec Charlier et Steelfingers continue dans les saloperies à faire pour foutre le bordel, ment comme il respire, manipule tout le monde… Au rayon des Méchants, il est tête de gondole !

Pas de temps mort, de l’action, du suspense, des emmerdes comme s’il en pleuvait pour Blueberry et ses deux acolytes, Red Neck et Jimmy MacClure (que j’adore) pendant que le camp du chemin de fer est assiégé.

Rien à redire, Blueberry, c’est de la toute bonne came western !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°54] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

L’agent Indien : Dan O’Brien

Titre : L’agent Indien

Auteur : Dan O’Brien
Édition : Points (2010)
Édition Originale : The Indian Agent (2004)
Traduction : Aline Weil

Résumé :
Après l’assassinat en 1877 du chef de guerre des derniers Sioux rebelles Crazy Horse, Washington décide de nommer dans le Dakota du Sud le jeune docteur Valentine McGillycuddy comme agent indien de l’agence des Sioux oglalas, bientôt rebaptisée réserve de Pine Ridge.

L’homme, honnête et sans détours, va connaître les pires années de sa carrière au service du gouvernement. Ses nouvelles fonctions vont le confronter au chef oglala Red Cloud, une forte personnalité, retors, autoritaire, à l’esprit insaisissable et dont le pouvoir et l’ascendant sur les siens, que les Blancs pensaient briser après son enfermement dans la réserve, demeurent plus fort, que jamais.

Dans un style envoûtant, convaincant de par l’exactitude des faits, l’authenticité des personnages, O’Brien décrit minutieusement les circonstances de la politique et des tensions des premiers jours de la réserve, au moment où McGillycuddy, le fonctionnaire qui fit l’objet du plus grand nombre d’enquêtes en Amérique, presse les Sioux d’adopter une économie agricole.

Le jeune agent va en effet devoir affronter, outre la corruption et les prébendes, une opposition larvée, parfois rude et menaçante qui va pendant plusieurs années le mettre dans une position difficile vis-à-vis de ses collègues du bureau de Pine Ridge, des rares Indiens qui se sont mis de son côté, et du gouvernement dont l’un des enjeux des prochaines élections présidentielles concerne la politique du ministère de la Guerre quant à l’administration des réserves indiennes et notamment l’aigu problème sioux que pose Red Cloud à Washington.

Le face-à-face entre les deux hommes restera unique dans l’histoire d’un agent de réserve et son dénouement s’achèvera dans un déchirement qui incarnera à jamais le terrible symbole de la tragédie des Grandes Plaines d’Amérique.

Critique :
Ce roman historique parle d’une réalité que l’auteur a romancée.

Valentine McGillycuddy a réellement existé et il se destinait à une carrière de médecin dans l’armée.

Mais le gouvernement lui proposa d’occuper le poste d’agent dans la toute nouvelle réserve de Pine Ridge où étaient stationnés les Sioux et notamment Red Cloud.

Pas le poste le plus facile. Pourtant, Valentine est un homme honnête et droit, pas un magouilleur comme le furent bon nombre d’agent Indien chargé de l’intendance des réserves.

Ce roman nous plonge dans une partie de l’Histoire des États-Unis, pas la plus glorieuse puisqu’elle concerne des êtres humains placés dans des réserves et sommés de ne pas en partir, tant pis si les conditions de vie y sont misérables et à l’opposé de leur mode de vie.

Nous sommes dans un contexte pas facile non plus : Crazy Horse a été assassiné, Sitting Bull résiste encore toujours et Red Cloud est dans la réserve de Pine Ridge et ses rapports avec Valentine sont de l’ordre du bras de fer car si notre homme est incorruptible, il a l’idée folle de transformer les Indiens en brave petits fermiers cultivant leur terres.

Passer de chasseurs-cueilleurs à agriculteurs, ça ne se fait pas en quelques jours et il est difficile de faire plier des gens contre leur gré.

Ce roman, je voulais le découvrir depuis longtemps, hélas, je n’ai pas vraiment vibré avec l’écriture de l’auteur, le récit a été long et laborieux et pour ce qui est des émotions ressenties, ce ne fut pas le feu d’artifice, ni même un pétard, sauf mouillé.

Un comble vu que je me trouvais confrontée à un peuple qui crève de misère, privé de son moyen de subsistance qu’est le bison, vu comme des sauvages par les Blancs ou, au mieux, comme des enfants. Peuple qu’on a placé sur des terres infertiles, sauvages, ou rien ne pousse et où il fut défait de sa dignité. Les vibrations auraient dû être telluriques. Et rien…

Je retiendrai de cette lecture le fonctionnement des réserves, la corruption, les détournements des rations, la famine, l’indignité et le bras de fer entre deux hommes fiers, que tout oppose, notamment la vision des choses puisqu’ils ont chacun un idéal  et leur propre vision du futur indien.

Personne n’est tout à fait bon, personne n’est tout à fait méchant, mais chacun prêche pour sa chapelle et son peuple. Sans jamais prendre parti pour l’un ou pour l’autre, l’auteur nous livre un récit où les manigances politiques, culturelles et les coups-bas sont monnaie courante entre des adversaires.

Ce qui aurait dû être pour moi, une magnifique immersion dans les coulisses des réserves, du pouvoir politique des Blancs et des Indiens, s’est soldé par une déception littéraire. Et pour la nation Indienne, elle s’est soldée par le massacre du 29 décembre 1890, à Wounded Knee (Dakota du Sud).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°45] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 07 – Le cheval de fer : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 07 – Le cheval de fer

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1986)

Résumé :
Une compagnie voulant construire une ligne de chemin de fer traversant le pays est confrontée à la menace des tribus Sioux et Cheyenne.

Critique :
Ça ne vous dit rien, cette histoire de deux compagnies de train rivales, d’un côté l’Union Pacific et de l’autre, la Central Pacific, qui se sont lancées dans un gigantesque chantier : relier l’ouest à l’Est en train !

Pour cela, il faut construire par une voie ferrée d’un côté à l’autre du pays.

Mais oui, c’est l’album 9 de Lucky Luke : Des rails sur la prairie !

Sauf que ne sommes pas chez le héros qui tire plus vite que son ombre mais chez Blueberry et que lui, sa spécialité, c’est se foutre dans les emmerdes jusqu’au cou !

L’Union Pacific est dirigée par le général Dodge (celui qui cassa la nez de Blueberry dans « Double jeu ») et il fait appel à Blueberry car le général craint les attaques que pourraient mener les Cheyennes et les Sioux car ils se préparent à entrer sur leurs territoires de chasse.

C’est un album aux dessins superbes de Giraud foisonne de détails de ce qu’était la vie en ce temps-là (1866) lors de la construction d’une voie de chemin de fer de cette ampleur : saloons, tripots, prostituées, travailleurs dépensant leur solde en alcool et haine du Peau-Rouge.

Le scénario n’est pas en reste avec Charlier qui développe une histoire aux ramifications politiques et qui n’auraient pas déplu à Machiavel puisque Jethro Steelfingers divise pour faire régner puisqu’il roule pour la concurrence, à savoir, la Central Pacific (mais personne ne le sait).

La propagande est une fois de plus aux avants postes et comme d’autres l’ont fait avant lui et après lui, les fauteurs de troubles agissent dans l’ombre pour que les Indiens croient que ce sont les hommes du rail qui ont fait fuir les troupeaux de bisons et massacré leurs femmes et papoose dans leurs camps.

La colère gronde et les hommes du chemin de fer veulent bouffer du Rouge car le racisme est lui aussi de la partie. L’Homme Blanc a la langue fourchue comme celle du serpent et ils ont beau avoir touché la plume, les Blancs ne respectent pas ensuite leurs propres traités, méprisant les Indiens et remangeant leur parole.

Plus sombre et moins drôle que la version de Morris (Lucky Luke), les auteurs ont au moins le mérite de ne pas jouer sur les clichés concernant les Indiens en les transformant en alcooliques un peu benêts.

Les dessins sont réalistes et on a de quoi s’occuper avec les dialogues ou les explications de Charlier qui prend le temps de planter son décor et de nous raconter l’Histoire.

À noter que cet album est le premier d’un nouveau cycle qui en comptera 4 et que notre lieutenant Blueberry va encore cumuler les emmerdes plus vite que Jimmy MacClure ne collectionne les cuites au whisky !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°44]et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Le régiment noir : Henry Bauchau

Titre : Le régiment noir

Auteur : Henry Bauchau
Édition : Babel (2000)

Résumé :
Révolté par l’opposition de ses parents à sa vocation d’officier, Pierre s’embarque pour l’Amérique et s’engage dans l’armée nordiste au début de la guerre de Sécession.

II rencontre Johnson, jeune esclave noir en fuite, avec lequel il va fonder le régiment noir, qui jouera un rôle important dans la guerre.

Au-delà des somptueux panoramiques de batailles dignes des plus prestigieux romans d’aventures, ce grand « western de l’inconscient » frappe surtout par sa dimension initiatique, et par la mise en place d’une épopée intérieure.

Le Régiment noir, publié par Gallimard en 1972, avait fait l’objet en 2000, chez Actes Sud, d’une nouvelle édition revue et corrigée par l’auteur.
C’est cette dernière version qui est ici proposée.

Critique :
Ce roman se trouvait dans ma biblio depuis 2015 et là, il était plus que temps que je le découvre enfin, surtout que les critiques sur Babelio étaient élogieuses.

Le récit commence avec notre personnage principal, Pierre, qui nous parle de son enfance auprès de son grand-père, ancien officier de l’Empire et possédant une forge.

Déjà, j’ai eu quelques soucis avec la plume de l’auteur, composée de phrases courtes et qui me donnait l’impression de partir dans tous les sens.

Pierre grandit et part aux États-Unis pour s’engager dans la guerre de Sécession, chez les Nordistes.

De mon côté, je me demandais pourquoi certains auteurs décidaient de balancer leurs dialogues en paquet, sans faire un « à la ligne ». Pour économiser quelques pages en bout de roman ? En tout cas, ça ne favorise pas la lisibilité, même en ajoutant les tirets cadratins.

Le récit aurait été plus addictif à lire si l’auteur avait fait des phrases un peu plus longues, sans se disperser un peu partout et sans incorporer des dialogues au milieu du texte…

Ce qui aurait dû être une super lecture s’est révélée être un calvaire et j’ai usé de mon droit de sauter des pages, ne lisant que les paragraphes les plus intéressants et les moins chargés (les plus lisibles, donc).

Dommage pour moi, j’attendais beaucoup de cette lecture mais les seules émotions ressenties furent de la frustration. Nous n’étions pas fait pour cette rencontre, il va retourner sagement dans la biblio et moi je vais aller voir ailleurs.

Le Mois Américain – Septembre 2020 – Chez Titine et sur Fesse Bouc.

Capitaine Albator Dimension Voyage – Tome 6 : Leiji Matsumoto et Kouiti Shimaboshi

Titre : Capitaine Albator Dimension Voyage – Tome 6

Scénariste : Leiji Matsumoto
Dessinateur : Kouiti Shimaboshi

Édition : Kana Shônen (08/06/2018)

Résumé :
A bord de l’Arcadia, le chef mécanicien Maji se retrouve face à Zoll, guerrier tokarguien envoyé par les Sylvidres et qui s’est introduit dans le vaisseau !

Alors qu’un violent combat éclate, l’Arcadia se retrouve soudainement prisonnier de l’attraction de la planète Derazer située dans les Sargasses de l’univers.

Mais, fort heureusement, Queen Emeraldas n’est pas loin !

Critique :
♫ Goldorak go, rétrolasers en action
♪ Goldorak go, va accomplir ta mission
♪ Dans l’infini des galaxies
♫ Poursuit ta lutte infernale, du bien contre le mal ♪

Zut, j’ai mis le mauvais disque…

♫ Capitaine Flam tu n’es pas
♪ De notre voie lactée
♫Mais tu as traversé (Capitaine Flam)
♪ Cent mille millions d’années
♫ Pour sauver de ton bras Les gens de Mégara ♪

Mille excuses, ce n’est pas encore le bon générique…

♪ Albator, Albator, capitaine au cœur d’or
Albator, Albator, bien plus fort que la mort
Tu es toujours au rendez-vous n’importe quand, n’importe où
Tu es toujours au rendez-vous, toujours avec nous ♫

Parfait, ceci était enfin le bon. Maintenant que je vous ai collé ces génériques de notre enfance dans la tête pour toute la journée, je peux commencer ma chronique.

Albator, c’est une partie de mon enfance, comme Goldorak, Capitaine Flam et bien d’autres. Lire cette série manga (Capitaine Albator – Dimension Voyage), c’est revenir aux sources puisque ça ressemble à une version d’Albator 78 (de ce que je me souviens du dessin animé).

Une fois de plus, j’ai l’impression qu’on est face à un tome de transition, les histoires commencées dans les tomes précédents se poursuivent, notamment l’enquête de Daiba sur les Sylvidres (aidé par Zéro et Maya), les élections doivent avoir lieu sur Terre, les Sylvidres continuent de foutre le bordel partout et on a la suite de la tentative de sabotage de la part d’un Tokarguien nommé Zoll.

Zoll est un saboteur, il met tout l’équipage dans la merde et on le soigne quand même et l’auteur pousse le pathos jusqu’à en faire un saboteur sympathique qui n’a pas eu le choix, victime qu’il est, ainsi que sa famille et son peuple, du joug des Sylvidres.

Malgré tout, on a de l’action et du suspense avec l’Arcadia qui n’arrive pas à éviter une planète à la force gravitationnelle énorme qui l’attire comme un aimant le fait avec un morceau de fer.

Notre capitaine sexy s’en sort toujours, vous le savez, Queen Emeraldas est comme Zorro, elle arrive au galop, mais j’ai dû faire fumer mon cerveau pour la rattacher à des souvenirs de la série animée.

L’univers de Leiji Matsumoto est grand et le manga manque parfois de précision, comme si ses lecteurs devaient avoir révisés leur « Albator Sans Peine » avant d’entamer la série manga…

Même si ce que je lis suffit à ma compréhension générale, j’aurais aimé avoir plus de détails dans le manga afin de pouvoir appréhender cet univers dans ses moindres détails et savoir d’où les personnages viennent et comment ils en sont arrivés là, sans devoir me refaire tout l’univers de Leiji Matsumoto et de son capitaine Harlock (vrai nom d’Albator, qui fait moins sexy et très capitaine Haddock).

Hors cela fait des années que je n’ai plus vu les épisodes de l’animé Albator, et déjà, à l’époque, je trouvais qu’il n’y avait pas toujours de logique entre l’Albator 78 et le 84 et pour finir, j’en étais arrivée au fait que les deux séries devaient se regarder tranquillement, sans se donner mal au crâne en tentant de faire des liens.

Malgré les quelques bémols, ce tome 6 est loin d’être mauvais, il a de l’action, du suspense et on a droit à des révélations sur notre sexy baby Albator… Non les filles, ce n’est pas la taille de son engin… Juste qu’on se demande s’il est bien humain, le capitaine…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°28].

Capitaine Albator – Dimension voyage – Tome 5 : Leiji Matsumoto et Kouiti Shimaboshi

Titre : Capitaine Albator – Dimension voyage – Tome 5

Scénariste : Leiji Matsumoto
Dessinateur : Kouiti Shimaboshi

Édition : Kana Shônen (2017)
Édition Originale : Captain Harlock – Jagen Kôkai, book 5 (2016)

Résumé :
Albator arrive sur Vénus, la base de première ligne des Sylvidres, où il va devoir affronter la reine Sylvidra !

Pendant ce temps, Tadashi Daiba, qui s’est rendu sur Terre pour percer le mystère des Sylvidres, va se retrouver face à un arbre géant qui semble exister depuis la nuit des temps…

Critique :
Les Hommes viennent de Mars et les Sylvidres de Vénus…

Le face-à-face entre Jojibel, la reine des Sylvidres et Albator est repli d’action, de tension, de suspense et de mystère.

Que veut-elle dire par « les graines que nous avons semées » ? Est-ce que ça signifie ce que je crois ?

Si oui, que les amateurs de la théorie du créationnisme passent leur chemin car la théorie émise par ce cinquième tome ne va pas leur plaire.

Ce qui suit ne devrait pas plaire aux Humains non plus puisque Tadashi Daiba découvre que les Sylvidres avaient mis leurs pieds sur Terre bien avant l’Homme. Mais alors, elles ne sont pas les envahisseuses, si elles étaient là avant nous ??

Si le tome 4 avait des airs foutraque, le tome 5 est bien agencé et apporte des réponses sous forme de théories même si on a l’impression de ne pas avoir beaucoup avancé depuis le premier tome, malgré tout, ça bouge doucement.

Le graphisme est toujours excellent, l’Albator du manga étant plus stylisé que l’Albator de la série animée.

Un tome 5 bien meilleur que le précédent, moins foutraque, avec de l’action, des révélations et un cliffhanger pour nous donner encore plus envie de lire le suivant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°25].