London nocturne : Cathi Unsworth

Titre : London nocturne

Auteur : Cathi Unsworth
Édition : Rivages Noir (01/05/2019)
Édition Originale : Without the Moon (2015)
Traducteur : Isabelle Maillet

Résumé :
Londres, en février 1942. La ville est sous le régime du couvre-feu. Au milieu des ruines et des bombardements, une vie nocturne continue dans les pubs, clubs et autres music-halls.

Des lieux où se presse une population avide d’échapper à la guerre mais où rôdent toutes sortes d’individus louches, escrocs, journalistes à l’affût du scandale, cartomanciennes, joueurs professionnels et trafiquants du marché noir.

L’inspecteur Greenaway, ancien de la brigade des jeux, connaît cette faune par coeur. Mais il y a autre chose: dans la nuit, un tueur sème la panique en tuant et mutilant ses victimes…

Critique :
Londres, le black-out, les bombes du père Hitler qui pleuvent sur la capitale British et un Éventreur qui coure les rues.

Yes, j’adore !

En littérature, je précise, en vrai, je n’aime ni les bombes sur la gueule, ni les éventreurs.

Mais il faut dire que L’Éventreur du couvre feu, c’est un nom qui en jette !

La première partie est prenante, on suit un étrangleur de blondes (il ne devait pas les aimer) qui exercent le plus vieux métier du monde, le tout durant le couvre-feu et planqué derrières les rideaux occultant.

On enquête avec un inspecteur Greenaway qui doit avoir la carrure d’un Lino Ventura, on a de multiples intervenants, on se glisse dans l’intimité des belles de nuit ou des diseuses de bonnes aventures.

Le Londres de la pègre est bien retranscrit, on a des décors grandeurs natures, des descriptions des ruelles un peu glauques bien retranscrites et l’atmosphère a une vraie gueule d’atmosphère. Le pied.

Les personnages multiples nous offrent un panel d’émotions et de pensées en tout genre, c’est diversifié, même si nous resterons dans l’Angleterre d’en bas, celle qui se lève tôt ou va se coucher tard.

Là, je vous connais et vous me connaissez, vous vous dites que c’est trop de fleurs pour être honnête et que le pot va suivre.

Le pot arrive à toute volée !

Le problème des personnages, c’est qu’ils auraient tous mérité un traitement plus en profondeur car ils avaient du potentiel, étaient haut en couleur, en verbe, en richesse (pas celle du fric) et que chacun aurait mérité d’être un peu plus explicité, afin de donner un peu de mâche au récit. Du croquant.

L’enquête ne restera pas inscrite dans les annales de la police, elle n’est pas exceptionnelle, elle est aussi banale que celles de nos flics réels où le hasard fait bien les choses, même si la ténacité aide aussi.

Malheureusement, c’est plus que réaliste, cette manière d’enquêter, tandis que celle des Poirot, Holmes, Columbo et Marleau sont bien plus rares. Ceci était pour le petit pot lancé à la première partie…

Dans la seconde moitié, l’auteur a changé de ton et là, c’est un gros pot qui arrive à toute volée : Greenaway a attrapé l’étrangleur (trop vite ?), sans que l’on ait eu le temps de faire vraiment monter la mayonnaise, on l’inculpe et puis directement, boum, on met la main sur l’éventreur sans que le lecteur ait vraiment eu le temps de se retourner.

Pour ceux et celles qui aiment les ambiances de prétoire et de tribunaux, la seconde partie va leur en donner pour leurs sous car on va assister aux procès de ces deux tueurs.

Ce sont des moments de lecture qui m’ont plus, parce que j’aime ça, mais bon, niveau action, hormis le pétage de plomb de Grenaway, on est à un train de sénateur !

Manquait tout de même de liant, dans cette histoire et d’épaisseur dans les personnages. L’auteur donne l’impression de jongler avec le coq et l’âne (je change les expressions, oui !) sans trop savoir comment finir son tour.

Le Londres sous le couvre-feu est détaillé, les crimes aussi, l’auteur a potassé le sujet, ça se sent à la lecture et si on avait des doutes, les Notes de l’auteur nous en donneront un grand aperçu.

Les événements décrits dans ce roman s’inspirent de deux vraies affaires qui se sont déroulées sur cette même période de quinze jours en février 1942 – les crimes de Gordon Frederick Cummins, surnommé l’ »Éventreur du couvre-feu », et le meurtre non élucidé de Margaret McArthur sur le pont de Waterloo – et ont été jugées cette année-là au mois d’avril, à quelques jours d’intervalle.

Anybref, je suis le cul entre deux chaises avec ce roman. Il lui manquait quelques petits détails ou une autre mise en scène pour le rendre super attractif et addictif. Là, je l’ai lu sans avoir la tension qui jouait du yo-yo et mon rythme cardiaque est resté sur la bonne fréquence, celle qui ne donnera pas lieu à une tachycardie.

Pas évident de trouver la bonne cotation pour ce roman policier noir. D’un côté, j’ai aimé les descriptions du Londres de 1942, le rendu était parfait, les personnages étaient nombreux, intéressants, mais auraient pu bénéficier d’un traitement plus profond et niveau suspense, j’en déjà ressenti plus avec d’autres romans.

Malgré tout, il y a du bon dans ce roman, mais il aurait fallu les travailler un peu plus, ou différemment afin de scotcher le lecteur – qui en a lu d’autres – au fond de son divan.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

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Orcs & Gobelins – Tome 6 – Ayraak : Nicolas Jarry & Jesús Hervàs Millàn

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 6 – Ayraak

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jesús Hervàs Millàn

Édition : Soleil (22/05/2019)

Résumé :
Ayraak, le redoutable capitaine de la compagnie du Croc de Fer, a pour mission de délivrer et ramener le rejeton d’un chef Gobelin contre un gros tas d’or. Une expédition périlleuse en territoire elfique les attend.

Il y a quelques années, les elfes Sylvains de l’île des Céliandes entrèrent en guerre contre la tribu des Gobelins de Dumn.

Au terme d’un affrontement meurtrier, les elfes parvinrent à capturer le fils du chef de guerre adverse et le gardèrent en otage afin de tenir les Gobelins en respect. Ayraak et six de ses valeureux compagnons, tous vétérans de nombreuses campagnes, ne se doutent pas qu’en acceptant la mission ils devront traverser l’enfer s’ils veulent un jour toucher le comptant de leur solde…

Partis à sept, le danger et même la mort ponctueront leur périple…

Critique :
Ce nouveau tome de Orcs & Gobelins m’a attiré par son résumé, par ses promesses et comme nous allions aller devoir voter dans pas longtemps, je me suis dit qu’au moins, avec les Orcs, je n’allais pas être déçue.

Apparemment, si je ne suis pas déçue du scénario qui conjugue la baston à tous les temps, et ajoute une bonne dose d’amitié virile, pour les dessins, je reste sur ma faim.

Si les premières cases donnaient l’impression d’être face à des tracés précis et foisonnant de détails, la suite m’a démontré que pour la plupart des cas, nous avions des traits flous, peu détaillés, à tel point que j’ai dû parfois y regarder à deux fois avec de reconnaître tel ou tel personnage.

En ce qui concerne les personnages, les Orcs de la compagnie du Croc de Fer, ils ont beau être une belle troupe de 8 mercenaires, on les distingue facilement d’après leur taille ou leur visage, sauf dans les cases mal fagotées où il faut y regarder à deux fois.

Leurs caractères sont belliqueux mais chacun a sa personnalité propre et leurs noms permet de deviner le trait principal de certains : Picole, Grimoire, Crapaud, Tambour, Plume, Gratteur et Barbak. Il n’y a que pour Ayraak que je ne vois pas la fonction dans son nom. Mais c’est lui le capitaine de la compagnie.

Dans le plus pur style des films d’actions comme « Les Douze Salopards », nos grosses bêtes vertes vont devoir exfiltrer un Gobelin (vert aussi, mais c’est pas l’amour entre les deux peuples), un fils de chef, tenu en otage chez les Elfes. Un Theon Greyjoy moins bien loti car pour le Gobelin, c’est la prison.

Si leur balade en terres d’Elfes se déroule plus ou moins bien, leur sortie sera tout sauf une partie de plaisir, surtout lorsqu’on doit gérer un Gobelin qui n’en fait qu’à sa tête, sorte de gamin non discipliné qu’on aurait envie de jeter dans la flotte et certains membres de son équipe qui pensent que tout se résout d’un seul coup de hache.

Beaucoup de dialogues dans cette aventure, des grandes cases aussi, pour représenter certaines parties qui ne tiendraient pas dans une case standard et des couleur tirant dans les tons verts-bruns (normal pour le vert, on est en compagnie d’Orcs).

Nos mercenaires causent plus que des femmes, même en territoire ennemi, ce qui permet aussi au scénariste de présenter la fine équipe sans que cela prenne 10 pages au départ. Et comme j’apprécie souvent les textes de Nicolas Jarry, le scénariste, cela ne m’a pas dérangé.

Sans en donner l’impression, le scénariste glisse souvent des références à notre Monde dans ses mondes à lui et quand on a tout fini, le bon vieux « Diviser pour régner » est valable dans toutes les civilisations, qu’elles soient Humaines, Orcques, Elfiques, Naines ou Gobelines.

C’est intemporel et ça fonctionne toujours, tout le monde se laisse attraper, manipuler et on se retrouve ensuite sur un champ de bataille à taper sur l’autre d’en face pour des motifs futiles et créé de toutes pièces.

Une bédé dont l’histoire a du punch, de la profondeur, des personnages intéressants, qui aurait, en effet, méritée de s’étaler sur deux tomes pour ne pas donner cette impression de précipitation dans l’action et nous permettre de mieux faire connaissance avec tous les membres de la troupe.

Dommage que les dessins aient donné cette impression de flous, de manque de détails dans les visages et que le tout paraisse bâclé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

Vinland Saga – Tome 12 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 12

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (14/11/2013)

Résumé :
Esclave à la ferme de Ketil, au Danemark, Thorfinn n’a plus grand-chose à voir avec le mercenaire qui arpentait les champs de bataille dans l’espoir de venger son père en tuant le cynique Askeladd.

Au contact des habitants de la ferme, qu’ils soient libres ou esclaves, Thorfinn découvre une nouvelle vie loin des combats, faite de dur labeur, de sueur et de terre.

Toujours hanté par ses crimes passés, il fait le serment de renoncer à la violence. Mais lorsqu’un esclave en fuite arrive dans le domaine de Ketil avec à sa poursuite le Serpent et ses hommes, il devra décider s’il n’est pas des situations qui méritent que les hommes d’honneur se battent.

vinland-saga-3475267Critique :
Gardar aurait pu chanter ♫ Que je t’aime, que je t’aime ♪ à son Arneis car il vient de rompre ses chaînes pour retrouver sa femme qu’il avait perdu de vue depuis son départ à la guerre.

C’est beau l’amour, mais c’est violent, parce qu’il ne faut pas oublier que Einar, le pote à Thorfinn est fou d’amour pour la belle Arneis, elle même favorite du maître de l’exploitation, Ketil. Vous me suivez toujours ?

Un beau tome bien tristounet avec non seulement deux personnes qui s’aiment, un guerrier qui voudrait retrouver sa belle et leur fils, mais il ne sait pas qu’il est mort et un chef des mercenaires, Serpent, qui voudrait bien mettre la main sur le Gardar, puisque ce dernier a massacré toute la famille de son maître.

Ce tome est surtout intéressant pour le personnage de Thorfinn qui a promis de ne plus user de la violence et qui là, se retrouve le cul entre deux chaises ! S’il veut aider Arneis, qui est son amie aussi, il va devoir utiliser autre chose que la diplomatie !

La violence peut-être légitime ? Mais où se trouve la légitimité face à un assassin ?

Le personnage de Serpent, le mercenaire qui garde la propriété de Ketil, prend plus d’ampleur dans cette histoire, tout en gardant son aura de mystère. J’espère qu’on en apprendra plus sur lui dans les tomes suivants.

Un tome assez triste qui fait pencher l’histoire d’un autre côté et je me doute que la suite ne va pas être une partie de pêche sur un lac tranquille.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB – Tome 3 – Après la guerre : Jacques Tardi

Titre : Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB – Tome 3 – Après la guerre

Scénariste : Jacques Tardi
Dessinateur : Jacques Tardi

Édition : Casterman (28/11/2018)

Résumé :
Le final du récit le plus intime de Tardi.

Après son retour du Stalag, René Tardi donne naissance à son fils Jacques en 1946, puis, toujours militaire, il est envoyé en Allemagne dans la zone occupée par la France.

Toute la famille va l’y rejoindre, et s’installer dans une caserne. C’est là que le petit Jacques vivra ses premiers souvenirs, entre ruines et camps militaires.

Puis ce sera le retour à la campagne française, près de Valence, ou entre station-service et garage, son père essaie malgré tout de boucler les fins de mois.

Avec ce dernier volume, Tardi boucle le récit paternel et ouvre une porte sur son enfance, sans toutefois tomber vraiment dans l’autobiographie.

Critique :
Voilà le dernier tome qui clôt une trilogie magnifique, remplie d’émotions, d’Histoire et de tacles pour l’imbécilité humaine, surtout quand l’Homme se fait la guerre.

Ici, nous sommes dans l’après-guerre et Tardi continue de frapper sous la ceinture, là où ça fait le plus mal, et il a bien raison de souligner les comportements horribles qui eurent lieu après la fin de la guerre.

Et surtout l’hypocrisie des uns et des autres, dénonçant la paille dans l’oeil de la voisine qui finira tondue au lieu de voir la poutre dans son oeil à lui, le planqué ou le dénonciateur sans scrupules.

Tardi se met toujours en scène aux côtés de son père, qui nous reparle de quelques faits marquants d’avant-guerre (et de son évitement qui aurait pu avoir lieu), de ses quelques faits d’armes durant la drôle de guerre et surtout de son retour dans sa famille, entre une épouse qui ne veut rien entendre de la guerre ou de la politique ou des anciens qui lui rabâchent sans cesse que leur guerre n’en fut pas une, que la Grande Guerre, ça au moins, c’était une guerre et qu’on l’a gagné…

Bref, pas facile de se reconstruire quand on te rabaisse, quand on ne veut pas écouter tes traumatismes et que tu as toi-même du mal à en parler, que tu t’énerves pour un rien et que tu en veux à tout le monde, surtout à ceux qui se sont enrichis durant le conflit.

Une fois arrivé à sa propre naissance, Jacques Tardi laissera sa place à son double, à son lui-même mais en version bébé, puis jeune gamin.

L’occasion était trop belle et l’auteur parle aussi de sa famille, de sa mère qui lui reprochait sans cesse d’avoir tout bousillé à l’intérieur lorsqu’il était né, l’empêchant ensuite d’avoir des enfants ; ses multiples déplacements avec ses parents lorsque son père était basé en Allemagne ; le mépris des uns pour les autres et le fait qu’ensuite ses parents l’aient confié à ses grands-parents et qu’il ait ressenti cela comme un abandon.

Anybref, on a un peu de tout dans ce dernier tome, de l’après-guerre avec les comportements de tout un chacun et le passé de l’auteur qui, selon moi, est très instructif car nous sommes dans les années qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre Mondiale et de tous les événements politiques importants qui eurent lieu à ce moment-là.

De quoi se cultiver encore un peu plus, tout en savourant les piques acérées lancées par ses personnages, que ce soit son paternel ou lui-même. Tardi n’est pas tendre et il a raison de taper sous la ceinture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Shiloh : Shelby Foote

Titre : Shiloh

Auteur : Shelby Foote
Édition : Rivages (06/02/2019)
Édition Originale : Shiloh (1952)
Traducteur : Olivier Deparis

Résumé :
Immense romancier américain, dans la lignée de William Faulkner, Shelby Foote est un auteur encore assez méconnu en France.

Un de ses livres les plus importants en Amérique s’appelle Shiloh, épopée miniature qui raconte la guerre de Sécession en 200 pages à travers la voix de soldats ou lieutenants des deux camps.

Chaque chapitre est ciselé à la perfection, explorant la nature humaine, l’absurdité des combats, l’étrange ivresse de la cause et la détresse inévitable devant le spectacle de la violence et la mort. Tous les paradoxes à l’œuvre dans une guerre.

Critique :
Si avant ce roman on m’avait parlé de « Shiloh », j’aurais de suite pensé à Alambix (Astérix et le bouclier Arverne) désignant une réserve de grain, de son parler bien particulier.

Raté et j’ai moins envie de rire car Shiloh est le lieu d’une bataille durant la guerre de Sécession, 6 et 7 avril 1862.

Moins connue que celle de Bull Run, mais tout aussi absurde, inutile, sanglante et tout ce que vous voulez comme adjectif désignant les guerres.

Shiloh, en fait, c’était petite chapelle du sud-ouest du Tennessee et durant quelques jours, ce ne fut pas un lieu de paix ou de recueillement mais un lieu où des hommes se donnèrent la mort et où certains prirent peur.

Renseignements pris sur Wiki, il parait que l’armée de l’Union déplora 13.047 victimes (1.754 tués, 8.408 blessés et 2.885 disparus) et les pertes des Confédérées furent de 10.699 hommes (1.728 tués, 8.012 blessés et 959 disparus ou prisonniers).

À ce moment là, ce fut une des batailles plus sanglantes de l’Histoire des États-Unis. Qui l’eut cru ?

Les deux camps furent horrifiés par le carnage (tu m’étonnes). Personne ne pensait que la guerre allait durer encore trois années et que huit batailles allaient être encore plus sanglantes… Glaçant, n’est-il pas ?

Tiens, Wiki me dit aussi qu’en hébreu, Shiloh signifie « havre de paix » et désigne, soit la ville de Silo (Canaan), soit la figure biblique Shiloh (figure biblique) dont la signification est contestée. La vie est ironique, je trouve…

Ce récit choral donnera la parole autant à des confédérés qu’à des fédérés et quel que soit le camp choisi, les peurs, les questions, les attentes sont les mêmes, qu’ils soient simples soldats, artilleurs ou officier.

Après ma lecture, je serais incapable de vous faire un cours sur cette bataille, mais je pourrais vous résumer la chose en un seul mot : bordel ! Oui, c’est le mot car c’était un sacré bordel sur le champ de bataille et, comme dans toutes les guerres, cette bataille était absurde et les gains minimes en cas de victoire.

Juste pour faire mousser les officiers… Comme toujours. Mais qui monte au front ? Les soldats, même si, dans ces armées, nous avons des officiers pourvus de sacrées paires de coui**** car ils chargent en tête, avec leurs hommes et font preuve de bravoure (ou de folie pure, les deux termes sont jumeaux).

Un récit glaçant sur la folie humaine, sur l’inutilité des guerres voulues par des bureaucrates qui ne la feront jamais, un récit qui n’hésite pas non plus à parler des peurs ressenties par les soldats, lorsqu’ils sentent que tout est perdu, leur honte avouée pour certains, ou le déni, pour d’autres.

Un récit qui nous plonge au cœur de la bataille, dans l’exaltation avant les combats, dans les conditions météorologiques déplorables avec de la boue, de la pluie, du froid, qui nous laisse voir les craintes des hommes quand la bataille a commencé et les horreurs que ce genre d’activité réserve : douleurs, amputations, blessures, confusions, morts, décisions imbéciles…

Je vous avoue avoir soupiré d’aise une fois la dernière page tournée. Mais je ne sais pas pourquoi, les cris des soldats m’ont poursuivis et il me faudra un certain temps avant de rire devant un ancien album des Tuniques Bleues.

Terrible et magnifique en même temps. Il était plus que temps que ce roman nous parvienne dans sa traduction pour les francophones.

Vinland Saga – Tome 08 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 08

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (14/10/2010)

Résumé :
Arrivé à York où son père, le roi Sven, l’a « invité » à venir célébrer ses prouesses militaires, Knut complote un coup d’état avec les conseils avisés d’Askeladd.

Mais au cours du banquet, les choses dérapent. Sven, conscient de l’ambition de son fils, offre à Askeladd un choix sans équivoque: Le pays de Galles ou Knut.

Si Askeladd n’apporte pas à Sven la tête de Knut, celui-ci enverra ses armées raser le pays de ses ancêtres.

Acculé, Askeladd prend une décision qui bouleversera non seulement la vie de Thorfinn, mais aussi celle de toute l’Europe.

Critique :
Tel est pris qui croyait prendre !

À la manière d’un épisode de Game Of Thrones, on aurait pu penser que Askeladd avait gagné le jeu avec le roi Sven, mais comme à la chandeleur, ce dernier va le retourner comme une crêpe, sans oublier d’ajouter la pâte à tartiner maison afin de bien la lui enfoncer profond là où je pense.

Oui, c’est un traitement inadmissible pour une pauvre crêpe, je sais…

Ah, cruel dilemme dans lequel se trouve Askeladd ! Le choix de Tantale car quelque soit son choix, aucun ne le satisfera à 100%, sans compter qu’un coup de pute de la part du roi Sven est toujours possible.

Ce tome nous met à la croisée des chemins, on sent bien qu’après ça, rien ne sera plus le même pour personne ! Que se soit pour le roi Sven, pour son fils Knut (fille ?), pour le mercenaire Askeladd (c’est peu de le dire !!) et Thorfinn, son ennemi juré.

Maintenant, notre jeune Thorfinn va pouvoir chanter ♫ Colchiques dans les prés, C’est la fin de l’été ♪  mais pas sûr que ce nouveau statut le ravisse, surtout qu’on lui a pris sa raison d’être : venger la mort de son père qui avait été tué par Askeladd.

La conquête de l’Angleterre par les Danois vient de prendre un tournant à 180°, on quitte la perfide Albion et ses jeux du trône pour le Danemark et je peux vous dire qu’il y a quelque chose de pourri au Royaume et que Thorfinn va nous montrer un autre visage, maintenant que l’auteur l’a placé dans un autre arc narratif.

Vivement la suite en espérant qu’elle soit toujours du niveau de ces premiers tomes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Armoiries imaginaires attribuées à Knut au XIIIe siècle par Matthieu Paris

Vinland Saga – Tome 07 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 07

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (10/06/2010)

Résumé :
Escorté par Askeladd et le récalcitrant Thorfinn, le prince Knut arrive enfin au camp de Gainsborough, fort de l’armée de Thorkell qui s’est ralliée à sa cause.

Il y est reçu en audience par le roi Sven en personne.

Commence alors une guerre psychologique entre le vieux roi et son jeune fils qui ne cache pas son intention de lui prendre le trône.

Pour tous les protagonistes de l’histoire, c’est l’heure de choisir sa voie, de réaliser son destin ou bien encore de s’en libérer.

Mais la route s’annonce douloureuse et souillée de sang.

Critique :
Si vous voulez le trône sur lequel est assis votre père et que votre frère n’y accède pas, il n’y a pas 36 manières de l’obtenir…

Et si vous êtes roi et que vous ne voulez pas que votre couillon de fiston vous le chipe, vous n’avez pas 36 solutions non plus !

Game of thrones n’a rien inventé, il doit tout à l’Histoire et elle se répète encore une fois dans ce manga : tuer ou être tué !

Knut n’a rien d’un combattant, rien d’un homme courageux, tous les guerriers de Thorkell ou d’Askeladd aimerait savoir s’il a bien une bite dans son pantalon.

Il est vrai que les traits de Knut sont plus féminins que masculins…

Ce que j’apprécie depuis le tout début, dans cette saga, ce sont les dessins : les traits sont fins, stylisés, bref, un régal pour les yeux. Quant aux combats, les suivre sont aussi un véritable plaisir tant tout est bien détaillé.

En ce qui concerne les personnages, ils sont fouillés, détaillés, travaillés, que ce soit un personnage important ou l’imbécile du coin, sans compter qu’ils ne sont pas figés et qu’ils évoluent, en bien ou en mal, ça, on le découvre au fil des tomes.

Le scénario ne tourne pas en rond, on ne s’amuse pas comme un chien qui tenterait d’attraper sa queue mais on avance et le mangaka fait toujours en sorte de nos garder du suspense, ce qui me fait penser que ceux qui ont suivi cette série au lieu d’arriver après, comme moi, on dû souffrir entre chaque parution de tome.

L’auteur ne délaisse pas le côté historique pour nous proposer uniquement des scènes de baston ou de batailles. Cela nous permet de comprendre un peu mieux la psychologie et le mode de vie, de pensée, des gens à cette époque là.

Le roi Sven Ier a bien existé et son fils Knut aussi (dit Cnut ou Knud). Des Danois sur le trône d’Angleterre… Shocking, dirait la reine actuelle.

Mais ce qui m’a le plus fait flipper, dans ce tome, c’est le jeu psychologique auquel Askelaad et le roi Sven vont jouer. Chacun gagnant des points sur l’autre, chacun ne voulant rien laisser passer, l’issue de leur joute est incertaine et rien n’est gagné.

Niveau lecture, ce duel des mots fut un régal et son issue m’a troué le cul !

Ouf, je peux sans problème entamer la lecture du tome suivant sans attendre, ce qui aurait été un suspense insoutenable, nom d’un Norrois !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Notre mère la guerre – Tome 2 – Deuxième complainte : Kris et Maël

Titre : Notre mère la guerre – Tome 2 – Deuxième complainte

Scénariste : Kris
Dessinateur : Maël

Édition : Futuropolis (2010)

Résumé :
Janvier 1915, en Champagne pouilleuse. Cela fait six mois que l’Europe est à feu et à sang. Six mois que la guerre charrie ses milliers de morts quotidiens.

Mais sur ce lieu hors de raison qu’on appelle le front, ce sont les corps de trois femmes qui font l’objet de l’attention de l’état-major.

Roland Vialatte, lieutenant de gendarmerie, militant catholique, humaniste et progressiste, mène l’enquête, à la demande du capitaine Janvier. Une étrange enquête, à cause des victimes, à cause des tranchées…

Le 8 janvier, la section Peyrac perd au combat les deux tiers de ses soldats. Même s’ils étaient des repris de justice, mineurs de surcroît, libérés de prison pour être envoyés au front, le caporal Gaston Peyrac, socialiste et antimilitariste, les aime ces gamins.

Il se moque de ce qu’ils ont pu faire avant, son unique but est de les garder en vie.

Alors, quand Vialatte et Janvier portent leurs soupçons sur ses hommes, ça le met en rage…

Critique :
Nous avions laissé nos jeunes soldats, des gamins encore, assister à la lente agonie d’un des leur, au fond de leur tranchée et c’est là que nous les retrouvons, mais un peu avant, avec l’appel des survivants de cette grande boucherie.

On assiste déjà à l’imbécilité faite homme avec celui qui fait les appels et qui demande au caporal Peyrac s’il a bien vérifié le décès du soldat touché par une salve d’artillerie de son propre camp…

— Bon… Certain de sa mort ? Vous avez vérifié le corps ?
— Son corps ? Il était éparpillé sur mon visage, mon lieutenant…

L’auteur sait si bien mettre les mots sur les maux… Et l’émotion transperce des cases, des paroles, vous prend à la gorge et vous la serre, comme le ferait une grosse main avec un petit cou de moineau.

Je pensais avoir le fin mot de l’histoire dans ce tome-ci, mais en fait, l’enquête sur les trois femmes assassinées va passer un peu au second plan tant les combats font rage sur le front et les auteurs n’émargent pas les lecteurs, ne manque plus que le bruit et l’odeur et on s’y croirait.

Attention, l’enquête passe au second plan, mais ce n’est pas pour autant qu’elle est reléguée aux oubliettes ou en pertes et profits…

Bien que niveau pertes, nous devrons ajouter, aux multiples soldats qui meurent, une nouvelle victime du tueur, une fille qui donnait de la joie et cette fois-ci, nous aurons des témoins, des pauvres tirailleurs, qui sont encore moins bien lotis que les autres.

Marrant, si je puis dire… On assassine des femmes, et la gendarmerie enquête, mais dans les tranchées, on assassine des hommes, on a transformé des terres en abattoir à ciel ouvert mais personne ne songe à mettre fin à cette boucherie.

Oui, je sais, certaines imbécilités des Hommes peut prêter à sourire 100 ans plus tard, heureusement que je ne serai plus là quand dans un siècle, on jugera nos actions à nous et à nos gouvernants.

Petit à petit, nous entrons un peu plus dans la compagnie du caporal Gaston Peyrac, cette compagnie fait de jeunes gamins qu’on a sorti de prison pour envoyer au front. Si les soupçons pèsent sur des membres de cette compagnie, nous ne saurons pas encore le nom du coupable puisqu’un assaut des casques à pointes à foutu tout en l’air.

Ah, le suspense me tuera et la justesse des dessins et des propos aussi… Les aquarelles donnent une autre dimension aux dessins et la plume aiguisée du scénariste va piquer là où ça fait le plus mal.

Une fois de plus, un tome magnifique, si c’est possible de faire du beau avec de l’aussi laid : la grande faucheuse travaillant à la chaine avec des rendements qui font toujours aussi froid dans le dos.

Une deuxième complainte qui fait grincer des dents et serrer les tripes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Notre Mère la Guerre – Tome 01 – Première complainte : Maël & Kris

Titre : Notre Mère la Guerre – Tome 01 – Première complainte

Scénariste : Kris
Dessinateur : Maël

Édition : Futuropolis (2009)

Résumé :
Janvier 1915, en Champagne pouilleuse. Cela fait six mois que l’Europe est à feu et à sang. Six mois que la guerre charrie ses milliers de morts quotidiens. Mais sur ce lieu hors de raison qu’on appelle le front, ce sont les corps de trois femmes qui font l’objet de l’attention de l’état-major.

Trois femmes froidement assassinées. Et sur elles, à chaque fois, une lettre mise en évidence. Une lettre d’adieu. Une lettre écrite par leur meurtrier. Une lettre cachetée à la boue de tranchée, sépulture impensable pour celles qui sont le symbole de la sécurité et du réconfort, celles qui sont l’ultime rempart de l’humanité.

Roland Vialatte, lieutenant de gendarmerie, militant catholique, humaniste et progressiste, mène l’enquête.

Une étrange enquête. Impensable, même. Car enfin des femmes… c’est impossible. Inimaginable. Tout s’écroulerait. Ou alors, c’est la guerre elle-même qu’on assassine…

Critique :
Comment aborder la Der des Ders, la Grande Guerre, d’une autre manière ?

Comment nous faire traverser les tranchées, aborder le No man’s land, éviter les corps morts, patauger dans la boue, bref, comment nous faire revivre cela une fois de plus sans que cela fasse déjà-vu ?

Non pas que je sois blasée, c’est impossible, il y a tant à dire, mais je connais les gens, il le sont vite, eux, blasés.

Il suffisait d’y penser : nous faire entrer dans la Grande Guerre à reculons, à petits pas, puisque nous enquêterons avec le lieutenant de gendarmerie Roland Vialatte sur des meurtres de femmes commis non loin des tranchées, dont un dans une tranchée.

On a bien fusillé un soldat qui avait eu des mots avec la première victime, sans sa poser la question de savoir s’il était coupable ou non, fallait juste un exemple, un mort pour prouver aux autres que les chefs, c’étaient pas eux et qu’ils avaient intérêt à se tenir à carreau, nom de dieu.

Pas de bol, juste après avoir fusillé le coupable, d’autres meurtres de femmes ont eu lieu… Alors, on fait venir un gendarme pour enquêter, sans doute pour éviter d’en fusiller encore, des innocents à grande gueule.

L’album commence lui-même d’une manière non conventionnelle : un soldat chantonne ♫ Je suis petit oiseau, c’est la faute à Rousseau ♪ alors qu’il est blessé gravement par des balles, puis, on avance dans le temps (1935) et on passe sur le lit de mort d’un certain Roland qui nous raconter une histoire…

Le scénariste a fait en sorte de nous plonger de manière réaliste dans la Première Guerre Mondiale, avec ses soldats dont certains étaient fait de bric et de broc, sortis des prisons, ou alors des gamins encore humides derrière leurs oreilles…

Entre les gradés qui se planquent, qui ne risquent rien mais qui jouent avec la vie de leurs soldats, pour quelques arpents de terre Française, le froid, la boue, la pluie, le manque de sommeil, la folie qui guette chacun, le tout passera dans le récit, faisant de Roland un spectateur malgré lui, lui qui est resté à l’arrière pendant que d’autres mourraient devant.

Des dessins qui sont des aquarelles, ça donne une majesté à un récit qui n’avait besoin que de ça pour se sublimer encore un peu plus. J’ai même eu l’impression que, une fois de plus, l’enquête n’était qu’un prétexte pour dénoncer les imbécilités et les horreurs qui eurent lieu durant celle que l’on pensait être la dernière.

L’ambiance n’est pas aux tons chaleureux, vous vous en doutez, le tout est dans des gris froids, glacés. Normal, il fait un temps à ne pas mettre un Poilu dehors, ni même un casque à pointe.

Sans en faire des tonnes, avec peu de mots, mais des mots justes, qui claquent comme les balles des Fritz d’en face, les auteurs nous montrent toute la brutalité et les  abominations de cette guerre de tranchée, comme si vous y étiez.

Un premier tome qui met la barre très haut, des crimes toujours pas résolus, même si on a un poilu hautement bizarre qui m’a tout l’air d’être LE meurtrier, sauf si je me trompe et je parie que je me plante royalement.

Bon, le suspense est à son comble, les tripes sont nouées, pari réussi de me donner des sueurs froides et de faire passer des meurtres de femmes au second plan, quasi. Il ne me reste plus qu’à me jeter sur les tomes suivants.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Michel Strogoff : Jules Verne [LC avec Bianca]

Titre : Michel Strogoff

Auteur : Jules Verne
Édition : Hachette Jeunesse (2008)
Édition Originale : 1876

Résumé :
Les provinces sibériennes de la Russie sont envahies par des hordes tartares dont Ivan Ogareff est l’âme.

Ce traître, poussé par une ambition insensée autant que par la haine, projette d’entamer l’empire moscovite !

Le frère du tsar est en péril à Irkoutsk, à 5.523 kilomètres de Moscou et les communications sont coupées. Comment le prévenir ?

Pour passer, en dépit des difficultés sans nombre et presque insurmontables, il faudrait un courrier d’une intelligence et d’un courage quasi surhumains.

Le capitaine Michel Strogoff est choisi et part, porteur d’une lettre du tsar, en même temps qu’une jeune Livonienne, la belle Nadia, et que deux journalistes, l’anglais Harry Blount et le Français Alcide Jolivet…

Critique :
Cela fait déjà un petit moment que je me dis qu’il serait temps de lire quelques Grands Classiques afin d’ajouter des pierres à mon édifice littéraire et lentement mais surement, je m’y mets.

De plus, si on ne veut pas se farcir les textes intégraux, longs et parfois laborieux (Oliver Twist, si tu me lis), on a toujours la possibilité de les lire dans leurs version abrégées mais conformes à la traduction et à l’histoire initiale.

Possédant Michel Strogoff dans une version longue, j’ai opté pour la courte et puisque j’ai bien aimé l’aventure, je pense refaire le périple en sa compagnie, mais dans la version longue, cette fois.

Michel Strogoff, c’est le souffle de la grande aventure, c’est le dépaysement et Jules Verne a tout fait pour nous immerger dans cette expédition de fou puisque Strogoff va devoir parcourir plus de 5.500km pour délivrer un message alors que les provinces de Sibérie sont envahies par des hordes de Tartares barbares.

Ne cherchez pas la subtilité dans les portraits des personnages, non seulement ils sont vite esquissé, mais en plus, on baigne dans le manichéisme le plus total !

Les gentils sont gentils, beaux, serviables et un pareil à Michel Strogoff ne vit que pour son pays, sa patrie, son Tsar et sa mère. Idem pour Nadia et pour tous les personnages originaires de Russie, il faut creuser fort pour trouver des défauts aux gentils.

Pour ce qui est des méchants, Ivan Ogareff est un traitre à sa patrie qui veut se venger pour une dégradation qu’il méritait et n’a rien comme circonstances atténuantes pour justifier sa traitrise et le fait qu’il se soit allié à Féofar-Khan, le chefs des hordes de Tartares, qui sont appelés « barbares » par tout les autres.

Parfois, un peuple a toutes les bonnes raisons du Monde pour se révolter, notamment contre un gouvernement qui les spolierait, les exploiterait, les humilierait, bref, une dictature.

Ici, vous ne saurez pas le pourquoi de cette soudaine invasion Tartare et l’auteur mettra même le paquet pour vous faire comprendre que les Russes sont les gentils et les envahisseurs Tartares les méchants ! Ajoutez à cela les tziganes qui sont dans le camp des vilains pas beaux et vous aurez compris que le manichéisme règne en maître dans ces pages.

Est-ce pour autant que le roman doit valser à la poubelle ou être descendu ? Ben non, parce que malgré ça, j’ai apprécié l’aventure, les péripéties, les multiples rebondissements, les cachoteries de l’auteur, les disputes imbéciles des deux journalistes chargés de couvrir les événements, Harry Blount l’anglais et Alcide Jolivet le français.

Tout est cousu de fil blanc, le Bien triomphe du Mal, le héros s’en sortira toujours à temps, tel Le Courier solitaire, Michel Strogoff est le Sibérien de la terre (Bob Morane quoi… ♫ Et soudain surgit face au vent ♪ Le vrai héros de tous les temps ♫).

Évidemment, en ce temps-là, c’était ainsi que l’on écrivait et je ne vais pas me plaindre car les récits de Jules Verne me tentent bien et je compte en lire d’autres, en LC ou seule (L’Ile mystérieuse est programmée avec Bianca et j’ai toujours un 20.000 vieux sous mèmère à faire avec Stelphique).

Michel Strogoff est à lire un soir de grand froid, bien au chaud sous un plaid, pour vivre une aventure un peu folle, en apprendre un peu plus sur la Russie, même si cette invasion n’existe pas dans la réalité et, si les blablas ne vous dérangent pas trop, vous pourriez l’apprécier.

C’est justement les dialogues un peu trop nombreux qui ont rendu la lecture moins agréable pour ma copinaute de LC, Bianca, qui attendait plus d’aventure.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Mon édition intégrale que je vais relire à mon aise, juste pour le plaisir