Vinland Saga – Tome 5 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 5

Auteur : Makoto Yukimura
Édition : Kurokawa (10/12/2009)

Résumé :
Angleterre 1013. Avec l’hiver qui s’installe et la neige qui rend les routes impraticables, l’armée de Knut est contrainte de s’établir dans un petit village anglais jusqu’au printemps.

Histoire de s’assurer que leur position resterait secrète, Askeladd n’a pas hésité à faire massacrer tous les villageois, hommes, femmes et enfants.

Askeladd ne reste pas inactif. Il a un rêve, et pour l’accomplir, il doit trouver un moyen de transformer le prince Knut en chef de guerre impitoyable…

Critique :
Voilà un tome riche en action et en rebondissements ! Alors qu’on aurait pu penser se trouver face à un tome pépère puisque les troupes d’Askeladd ont investi un petit village pour attendre que la neige soit moins épaisse.

Pas de bol pour eux, un témoin de leurs méfaits a pu se sauver et raconter à d’autres ce que lui et ses hommes avaient fait aux villageois.

Si certains pensaient se la couler douce, et bien, c’est loupé, va falloir se battre et mettre les voiles, tout en évitant les mutineries parce que les hommes sont fatigués, en ont plein le cul et commence à se demande si Askeladd a encore la baraka puisque maintenant, ils ont Thorkell à leurs fesses.

Qui va le trahir ? Arrivera-t-il à faire de Knut un homme de combat et un homme de commandement ou ne pourra-t-il l’envoyer que dans un salon de thé, avec le petit doigt en l’air ? Et Thorfinn sera-t-il d’accord de lui servir de nounou ?

Je ne sais toujours pas où va n’emmener l’auteur, mais je prends toujours autant de plaisir à suivre cette saga, qui, je le pense, va m’emporter assez loin.

Le scénario ne laisse pas la place à la sieste, sans pour autant être trop trépidant et en devenir lourd. Les personnages sont bien travaillés et nous étonnent souvent, car ils ne sont pas figés, ils évoluent et peuvent aussi nous cacher des tas de petites choses, les coquins.

Mais certains dans leur ligne de conduite, comme Thorkell qui, en plus d’avoir de l’humour, l’envie de se battre tout le temps, quitte à se vendre à l’ennemi, n’aime pas les traitres ni les hommes qui se rendent.

Un tome qui bouge, assez violent, mais hautement addictif car j’ai encore plus envie de me faire toute la série.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

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Cheval de guerre : Michael Morpurgo

Titre : Cheval de guerre

Auteur : Michael Morpurgo
Édition : Gallimard Jeunesse (2012)
Édition Originale : War Horse
Traducteur : André Dupuis

Résumé :
Une très belle histoire d’amitié, de sagesse et d’humanité. Joey le cheval de ferme, devenu cheval de guerre, en 1914, nous raconte son histoire, avec simplicité.

Témoin de la Grande Guerre, il va vivre l’horreur des combats auprès des Britanniques, des Allemands, ou du côté des Français.

Pour lui, les soldats, les paysans, les officiers, les vétérinaires ne sont pas des ennemis, mais des hommes, chez qui il rencontre la bonté comme la méchanceté.

Joey partage leurs souffrances et leurs peurs, et sait leur redonner de l’espoir.

Critique :
Cheval de guerre prenait les poussières depuis un certain temps : je voulais le lire, mais je n’osais pas.

Un cheval qui se retrouve dans la Grande Guerre, un jeune garçon qui aimait son cheval et qui le perd, trop dur pour mon petit coeur.

En ce qui concerne le film, c’est encore pire, je n’osais pas non plus le regarder pour ces mêmes raisons.

Maintenant que j’ai franchi le pas avec le roman, je vais me tourner vers le film, mais pas tout de suite.

Dans cette boucherie qui fut cette Grande Guerre, des hommes n’avaient pas demandé de la faire, et même ceux qui l’avaient souhaité, ont vite déchanté. Mais les animaux, eux, qu’est-ce qu’ils y comprennent aux conneries de quelques humains qui voulaient absolument en découdre ? Rien…

Le narrateur est Joey, le cheval et nous verrons sont arrivée dans la ferme du père d’Albert, son débourrage, l’amitié qui le lie au jeune garçon et son arrivée dans cette guerre atroce où les morts tombent comme des mouches sous les balles et les obus. Une cavalerie, face à des mitrailleuses, c’est du suicide !

Changeant une fois de plus de cavalier, passant des mains anglaises aux allemandes, ce cheval a bien mérité à un moment donné la croix de guerre donnée par un soldat allemand pour services rendus. Joey et Topthorn, son ami le cheval noir ont parfois eu plus de dignité et de courage que certains officiers.

Vous allez me dire qu’un récit narré par un cheval n’a aucune valeur, ce à quoi je vous répondrai que si, il a de la valeur, car le cheval, lui, il ne juge pas, il ne veut pas à tout pris prendre cette colline ou dézinguer les types dans la tranchée d’en face. Il est innocent lui, et on le transforme en bête de guerre.

Ce roman jeunesse est émouvant au possible et mes yeux se sont humidifiés car je me suis demandé ce qui se passerait si j’avais été à la place d’Albert et vu mes Louloutes à moi partir à la guerre.

Auraient-elles survécu ? Dans quel état seraient-elles revenues ? M’auraient-elles reconnues ? Senti le pantalon avec leurs naseaux soyeux comme habituellement ? Reniflé mes poches arrière dans l’espoir d’une carotte planquée là ? La plus jeune aurait-elle encore eu envie de me sortir le smartphone de la poche ?

J’ai mis du temps à sortir ce roman et je me dis que j’ai bien fait de profiter du Mois Anglais pour enfin prendre mon courage à deux mains afin de le lire. Il est sobre, profonde, bourré d’humanité, de courage, de gentillesse, mais aussi de dureté et de morts, tombés des deux côtés pour rien…

Dans ce roman, pas de manichéisme non plus : les Allemands ne sont pas présentés comme des barbares sans coeur et les Alliés des gentils soldats.

Non, ici, tout le monde patauge dans la même boue, dans la même merde, tout le monde crève sous le joug, hommes comme chevaux. Des enculés de pute de fils, il y en a des deux côté du No man’s land et des êtres humains sachant faire preuve de compassion aussi. Tous les Hommes sont les mêmes, pas de Bons d’un côté et de Méchants de l’autre.

Un très beau roman qui m’a pris à la gorge. Une vision de 14-18 différente, vue par les yeux d’un animal qui n’avait rien demandé.

PS : je me console en me disant que les chevaux ne sont plus utilisés à la guerre et qu’en cas où ça reviendrait, les soldats auraient beau faire entre une Louloute qui ne pense qu’à son ventre (et donc à manger en tout lieu) et une autre Louloute qui confond la moindre étendue d’herbe plane avec la ligne droite d’un champ de course… Sûr qu’on perdrait la guerre avec deux cas pareils !

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Vinland Saga – Tome 4 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 4

Auteur : Makoto Yukimura
Édition : Kurokawa (10/09/2009)

Résumé :
Angleterre 1013, l’armée danoise du roi Sven à la Barbe Fourchue continue sa campagne d’invasion. Malgré la supériorité de son armée, sa progression est bloquée à Londres, ville imprenable, protégée par Thorkell le Grand, un Viking passé à l’Anglais par simple ennui.

Sven décide alors de confier la responsabilité du siège à son fils Knut, à la tête d’une armée de quatre mille hommes.

Mais l’armée de Knut se fait décimer et le prince est pris en otage par Thorkell, bien décidé à attirer l’attention du roi du Danemark.

Sur un coup de tête, Askeladd part avec sa seule troupe à la rescousse de Knut. Un pari extrêmement dangereux pour gagner argent et gloire…

Critique :
Que se passe-t-il lorsqu’un jeune bad boy badass se trouve face à un prince très très timide et très très efféminé ?

C’est le clash ! Trop tentant pour le roquet Thorfinn de ne pas se foutre de la gueule du prince Knut qui se cache derrière Ragnar, le géant ado-sitter du prince.

Mais avant de se dire des gentillesses pleines de fiel, il va d’abord falloir sortir de cette fumée provoquée par les feux allumés par les hommes d’Askeladd et grouiller ses puces pour ne pas se faire attraper par les troupes de Thorkell.

Comme je le disais précédemment, les personnages évoluent et certains cachaient bien leur jeu… Maintenant, je ne sais pas non plus si Askeladd joue double ou triple jeu. Avec lui, tout est possible.

Ce tome se consacre à la marche forcée que les hommes d’Askeladd vont devoir faire afin d’échapper à Thorkell, lancé sur leurs trousses. Askeladd étant avare d’informations, ses hommes vont commencer à se poser des questions, à douter de lui, et quand on commence ainsi, c’est que la grève n’est pas loin !

Avec des airs de western spaghetti qui serait venu s’inviter dans le Moyen-âge, ce tome de transition nous apprend des tas de choses sur Askeladd et m’est avis qu’il n’a pas fini de nous étonner, le bougre de salopard qui n’a pas hésité à massacrer tout un village pour y abriter ses hommes.

Un tome de transition, certes, mais un tome généreux en péripéties, en aventures, sans pour autant se disperser dans tous les sens et bâcler ses arcs narratifs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Vinland Saga – Tome 3 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 3

Auteur : Makoto Yukimura
Édition : Kurokawa (11/06/2009)

Résumé :
Août 1013, suite au massacre des camps vikings de Northumbrie, l’armée danoise se fait de plus en plus agressive en Angleterre. D’expédition en expédition, l’armée dirigée par Floki, rejointe par celle d’Askeladd, arrive enfin à Londres.

Mais après des décennies d’attaques. Londres est plus que parée contre les Vikings. Pour l’armée danoise, le combat s’annonce d’autant plus rude que Thorkell, le frère cadet du général des Jomsvikings Sigvald, lassé de combattre des Anglais qu’il juge trop faibles, a décidé de changer de camp pour s’amuser un peu.

Face à cet imprévu de taille, Askeladd a, comme toujours, une idée de génie : envoyer le jeune Thorfinn lui rapporter la tête de Thorkell en échange d’une promesse de duel…

Critique :
♪ Ce soir, nous irons à Londinum, pour pilier, pour tuer ♫

Nous sommes en l’an de grâce de 1013 et la puissante flotte des Vikings du Danemark, menée par le roi Sven, entre dans le Nord de l’Angleterre par rivière Humber (pas Uber !).

Sorry de vous l’apprendre, mais lorsque les Hommes du Nord, autrement dit, les Vikings, vont à Londres, ce n’est pas pour faire du shopping, même si les deux mots riment.

Le Wessex pillé, le Wessex volé, le Wessex incendié, le Wessex dévasté ! Londres, elle, résiste encore et toujours à l’envahisseur grâce à un transfert de poids : Thorkell, un viking qui est passé du côté opposé de la Tamise.

Nous retrouvons, dans tous ces arcs narratifs, notre jeune Thorfinn, toujours en rage, en rogne, contre la Terre entière. Bouche fermée, yeux révolvers, toujours prompt à se battre. Les djeuns diraient qu’il a la haine !

Askeladd, le chef des pillards qui le possède (on apprend au fur et à mesure des tomes d’où vient Thorfinn) a fait de lui une machine à tuer. Pourtant, jusqu’à présent, si Thorfinn a réussi à tuer toutes ses cibles, il est toujours incapable de vaincre Askeladd en combat singulier et donc, de retrouver sa liberté.

Expliqué de la sorte, on pourrait penser que l’on a affaire à un manga bourré de testostérones, de mecs violents, de sang qui gicle et de boyaux qui explosent, genre Ken Le Survivant. Mais il n’en est rien !

Non, non, non, le manga est fin, la psychologie des personnages est travaillée, on ne sait pas ce qui se cache derrière la personnalité de chacun et au fil des tomes, on aura quelques surprises.

Déjà qu’on remarque que Thorfinn a de la sensibilité et essaye de préserver une famille de la machine à broyer qu’est l’armée de Sven, le roi des Hommes Blonds Sexys…

Les dessins sont harmonieux, les scènes de combats bien détaillées, le scénario est riche, complexe, bourré de mystères, de vengeance, de rédemption.

J’ai vraiment envie de suivre ces personnages dans leurs aventures pour les voir évoluer.

En attendant, évitez d’aller à Londres, les Vikings sont en guerre !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

L’Affaire Léon Sadorski : Romain Slocombe [LC avec Bianca]

Titre : L’Affaire Léon Sadorski

Auteur : Romain Slocombe
Édition : Robert Laffont (25/08/2016)

Résumé :
Avril 1942. Au sortir d’un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l’Occupation. Pétainiste et antisémite, l’inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d’un mari attentionné.

Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy.

De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d’intervenir contre les « terroristes ».

Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison. Le but des Allemands est d’en faire leur informateur au sein de la préfecture de police…

De retour à Paris, il reçoit l’ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d’appartenir à un réseau antinazi.

Critique :
Léon Sadorski est ce qu’on peut appeler un salaud, un pute de fils, le genre de personnage abject avec qui l’on a pas envie d’aller boire un verre, et encore moins de croiser sa route, surtout si dans la famille, on a des prénommés Sarah ou Lévy.

Ça risque de vous foutre la vie en l’air parce que nous sommes en 1942 et que je pense que je n’ai pas besoin de vous faire un dessin.

Malheureusement, Léon Sadorski n’est pas un cas isolé, il est même un type tout ce qui a de plus normal dans cette France occupée dont les priorités sont de bouffer, faire des risettes à l’ennemi ou du moins, ne pas s’attirer leurs foudres, faire un peu de fric sur le dos des gens qui ont des choses à se reprocher, comme des « origines en désaccord avec l’idéologie des nazis ».

Et pour Léon, on pourra ajouter qu’il est le roi de la moule puisqu’il aime faire le coup du grand cyclope à Madame et visiter d’autres cavernes aux merveilles parce que ce n’est pas parce qu’il est au régime qu’il ne peut pas manger aux autres pelouses. Par contre, si sa femme fait pareil, il l’assommerait à coup d’beignes ♫

Le ton du roman est froid, sans concession, limite au sclapel et rien ne nous est épargné dans ce Paris occupé par les Z’Allemands qui sont encore triomphants. Niveau perversité et mauvaise foi, c’est des champions du monde et l’auteur ne vas pas se priver de nous faire vivre ces jours sombres comme si nous y étions.

D’ailleurs, je ne me suis senti en empathie ou en sympathie avec aucun personnages, et pourtant, ça ne m’a pas empêché de dévorer le roman, tentant de comprendre comme l’Homme peut en arriver à des extrêmes pareilles, à des violences pareilles…

La propagande avait fait son job, elle l’avait bien fait, même. Elle refera le job plus tard, transformant tous ces collabos en parfait petits résistants. Mais ceci est une autre histoire.

Bon, le répétez à personne mais, si j’ai adoré ce roman, il m’a glacé les sangs et certains passages furent lu avec le cerveau déconnecté sinon j’aurais perdu toutes mes couleurs et toute chaleur dans mon corps.

Sans pour autant entrer dans le voyeurisme graveleux ou gratuit, l’auteur nous immergera dans le quotidien de ces braves gars des Renseignements généraux qui ont des méthodes bien à eux pour faire parler les gens et leur faire avouer des choses dont ils ne sont pas coupables.

Je vous le dis, c’est glacé comme la lame d’un scalpel et pour rien au monde je n’aurais voulu vivre à cette période, ni que ce genre d’horreur se reproduise avec moi pour personnage principal. Oui, je fuis !

Mais je ne fuirais pas les autres romans mettant en scène ce pute de fils d’enculé de salopard de sous-merde qu’est Léon Sadorski.

Une LC avec Bianca qui fut partagée : j’ai adoré ce roman, elle, par contre, ne l’a pas terminé tant elle a trouvé le personnage principal détestable. Pas de chronique pour Bianca (on dirait un titre de film ou de roman).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°43 – Les Plans du Bruce-Partington – lire un livre se passant en temps de guerre).

 

Fatherland : Robert Harris

Titre : Fatherland

Auteur : Robert Harris
Édition : Pocket (16/03/1998)
Édition Originale : Fatherland (1992)
Traducteur : Hubert Galle

Résumé :
Berlin, 1964. Les forces de l’Axe ont gagné la guerre, la paix nazie règne sur l’Europe. L’Amérique a refusé le joug. Mais, dans quelques jours, le président Kennedy viendra conclure une alliance avec le Reich. Ce sera la fin du monde libre.

Deux meurtres viennent perturber les préparatifs. Les victimes sont d’anciens S.S. de haut rang jouissant d’une paisible retraite. Chargé de l’affaire, l’inspecteur March s’interroge.

S’agit-il d’un règlement de comptes entre dignitaires ? Pourquoi la Gestapo s’intéresse-t-elle à l’enquête ? Quelle est cette vérité indicible qui semble menacer les fondations du régime ?

Dans Berlin pavoisé, les bourreaux guettent, prêts à tout pour étouffer les dernières lueurs de la liberté.

Critique :
Purée, le mois d’avril aura été riche en lectures « abandonnées » ! Du jamais vu en 30 malheureux jours.

Ben oui, une fois de plus, voilà un roman que je voulais lire absolument et dont je n’ai pas réussi à franchir le cap.

Ok, j’ai déjà dépassé la page 30, allant même jusque la 111 (le quart), mais que ce fut long et dur !

Pas à cause du fait que les allemands aient gagné la Seconde Guerre, pas du fait que les nazis soient rois, mais à cause du rythme du livre !

Robert Harris, j’avais déjà tenté de le lire avec « Imperium » qui mettait en scène Marcus Cicéron, le brillant avocat et orateur et philosophe célèbre.

Bingo, je n’avais pas réussi à dépasser la page 40 et le roman avait fini dans les dons.

On prend les mêmes et on recommence. Je ne saurai donc jamais qui a tué ces anciens S.S. et entre nous, tant mieux ! Sauf que j’aurais aimé décerner une médaille à leur assassin, moi…

Ou, du moins, savoir dans quel complot ces meurtres bizarres s’inscrivaient et pourquoi on ne voulait pas que l’inspecteur Xavier March, de la Kripo (la Kriminalpolizei de Berlin) poursuive ses investigations.

Là où je me suis arrêtée, on mettait déjà des bâtons dans les roues de ce Sturmbannführer. À vos souhaits.

Mes incursions dans les uchronies ne sont pas toujours couronnées de succès, mais je ne baisserai pas les bras et je reviendrai au genre avec un autre auteur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Sale boulot : Larry Brown

Titre : Sale boulot

Auteur : Larry Brown
Édition : Gallmeister (01/02/2018)
Édition Originale : irty work (1983)
Traducteur : Francis Kerline

Résumé :
Braiden Chaney n’a plus ni jambes ni bras. Walter James, lui, n’a plus de visage. Ils les ont tous deux perdus au Viêt-Nam.

L’un est noir, l’autre est blanc. Vingt-deux ans plus tard, ils se retrouvent dans la même chambre d’un hôpital pour vétérans du Mississippi.

Au fil d’une très longue nuit, ils se racontent ce qu’ils étaient, ce qu’ils sont devenus, ce qu’ils pourraient devenir et, surtout, ce qu’ils attendent l’un de l’autre.

En une nuit, tout est dit sur la guerre – seul lien entre ces deux hommes que tout oppose – et ce qu’elle fait subir aux soldats. En une nuit, tout est dit sur la souffrance, la mort et la compassion.

Critique :
Que peuvent bien se raconter deux vétérans du Vietnam qui sont revenus, plus que cassés, de cette guerre ?

Des histoires de guerre ? Oui, un peu, sans que cela ne soit majoritaire dans l’histoire.

L’histoire de leur vie merdique ? Sans aucun doute !

On pourrait taxer l’auteur d’avoir voulu faire pleurer dans les chaumières avec deux personnages aussi cabossé : une gueule cassée et un amputé des bras et des jambes.

Si vous voulez une histoire avec des Bisounours qui mangent des arc-en-ciel pour faire des cacas papillons, passez votre chemin car ceci est un récit noir, dur, sans concession, violent aussi, dans les propos racontés.

Les tranches de vie ne sont pas drôles, ce sont celles de l’Amérique d’en bas, d’un Blanc et d’un Noir qui n’ont pas eu un parcours de vie des plus tendres, mais qui s’en sont sortis, avant d’aller s’engager dans l’armée.

Engagez-vous, qu’ils disaient ! Tu parles !

Si le récit est sombre de par ce qui est raconté par nos deux hommes, il est aussi de par sa construction qui pourrait en dérouter plus d’un, car moi aussi je le fus par cette propension de passer du récit de Braiden à celui de Walter, tout en conservant l’utilisation de la première personne du singulier, ce qui embrouille les cartes.

J’ai parfois dû revenir un peu en arrière ou attendre un détail du récit pour savoir si c’était l’amputé Braiden ou la gueule-cassée de Walter qui s’exprimait.

Il est à noter aussi que l’auteur a utilisé une forme de parler que ces deux hommes auraient pu utiliser et vu leur niveau de scolarité, on a des fautes de langage grosse comme des maisons, mais cela donne de la réalité et de l’épaisseur au récit.

Un roman noir qui parle, aux travers de ces deux hommes, de la stupidité d’une guerre, des inégalités en Amérique, du problème racial, des gens d’en bas, le tout avec une glacière remplie de bières, quelques joints et un mystère : que s’est-il passé pendant sa perte de conscience pour que Walter la gueule cassée arrive dans cet hôpital ?

Il nous suffira de nous asseoir, de plonger notre main pour saisir une mousse fraiche et de suivre, tel un fil rouge, les récits de ces deux hommes.

PS : pas besoin de me le signaler, je sais que c’était les Petits Poneys qui mangeaient des arc-en-ciel pour chier des papillons et non les Bisounours. De toute façon, on ne connait pas assez le système intestinal de ses créatures.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Le Siècle -Tome 1 – La chute des géants : Ken Follett [LC avec Bianca]

Titre : Le Siècle -Tome 1 – La chute des géants

Auteur : Ken Follett
Édition : Robert Laffont (30/09/2010) / LP (04/01/2012)
Édition Originale : The Century Trilogy – Book 1 – Fall of Giants (2010)
Traducteurs : Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Nathalie Gouyé-Guilbert et Viviane Mikhalkov

Résumé :
En 1911, les grandes puissances vivent leurs derniers instants d’insouciance. Bientôt la guerre va déferler sur le monde…

Cinq familles – américaine, russe, allemande, anglaise et galloise – vont se croiser, s’aimer, se déchirer, au rythme des bouleversements de l’Histoire: la Première Guerre mondiale et la Révolution russe.

Cette gigantesque fresque brasse toute la gamme des sentiments humains et dresse une galerie de portraits saisissants : des personnages exceptionnels, passionnés, ambitieux, attachants, tourmentés, qui bravent les obstacles et les peurs pour s’accomplir en dépit des tragédies qui les emportent.

Entre saga historique et roman d’espionnage, histoire d’amour et lutte des classes, Le Siècle, la nouvelle épopée de Ken Follett en trois volumes, traverse la période la plus agitée, la plus violente et la plus complexe des temps modernes : la grande aventure du XXe siècle…

Critique :
♫ Qui c’est qui est très gentil ? Les gentils ♪ Qui c’est qui est très méchant ? Les méchants ♫ Qui c’est qui est l’mieux à l’écrit (les gentils) ♫ Qui n’a pas de circonstances atténuants (les méchants) ♪

Cette petite chanson pour illustrer le problème des romans de Ken Follet : le manichéisme de ses personnages et le fait que peu d’entre eux évoluent dans un sens ou l’autre.

Les méchants restent bêtes, méchants et bornés et les gentils sont pourvus de toutes les qualités.

Et vous savez le pire ?? C’est que chez Ken Follet, ça ne me pose que très peu de problème ce manichéisme assumé.

Si en lisant (ou en regardant) Game Of Thrones, je frémis pour chaque personnage que j’apprécie, je sais que chez Ken Follet j’ai peu de risque de les voir mourir. Ce n’est sans doute pas très réaliste, je le sais, mais j’apprécie le fait de ne pas me faire du mauvais sang pour les personnages que j’apprécie.

De plus, dans ce roman, les femmes sont toutes avec des envies d’indépendance, féministes, battantes, intelligentes (je ne m’en plaindrai pas). Je parle bien entendu des femmes ayant un grand rôle à jouer.

Voilà, c’est dit.

Par contre, niveau saga historique, là, le père Follet, il assure un max parce que je viens de lire la Première Guerre Mondiale comme j’aurais aimé qu’on me l’expliquasse à l’école (pour info, on nous a parlé de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand de Habsbourg-Este, la déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie et la guerre qui commence avec le jeu des alliances et puis, basta, terminé, merci au revoir).

Durant 1.000 pages, l’auteur va nous faire passer de 1911 à 1924, nous montrant les prémices du futur conflit à venir (discussion politiques) et ensuite de ce qui se déroula durant la guerre (certaines batailles), et ce, au travers de plusieurs personnages bien distincts, que ce soit au niveau des nationalités ou de leur origines sociales.

Dommage que en plus des russes, des anglais, des gallois, des américains et des allemands, il n’y ait pas eu le point de vue de personnages belges puisque les allemands ont traversé mon petit pays sans nous demander notre avis.

PS : Ils voudraient le refaire maintenant, ils se retrouveraient bloqués au carrefour Léonard, sur le Ring, sur le pont Van Praet et casseraient leurs chenilles sur nos routes pleines de trous.

L’auteur ne se prive pas de tirer à boulets rouges sur la presse qui fit monter la haine envers les perdants ou qui fit la propagande de la guerre, sur les gouvernements, les officiers ou les aristocrates très va-t-en-guerre (pour ne pas sortir les noms d’oiseaux), sans parler des officiers à qui il n’aurait même pas fallu confier un chien pour aller le faire pisser.

J’aimerais vous parler plus en profondeur de ce livre, de cette saga énorme, de tout ce qu’elle renferme d’important, de vous dire que j’avais l’impression d’y être, que le suspense était tel, à un moment donné, que j’ai espéré que la guerre ne se fisse pas, que Lénine ne prenne pas le pouvoir et que la bataille de la Somme ne se termine pas en boucherie.

C’est vous dire le talent de l’auteur pour me faire espérer des faits que je sais avérés.

L’avantage d’un récit historique romancé, c’est qu’il nous permet de nous attacher à certains personnages et cela rend les discussions politiques moins absconses, moins impersonnelles.

L’avis de ma copinaute Bianca se trouve sur son blog : un lecteur averti en vaut deux ! Et un clavier Azerty aussi…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) , le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°27 – Traité Naval – Intrigue en partie politique).

Glaise : Franck Bouysse

Titre : Glaise

Auteur : Franck Bouysse
Édition : Manufacture du Livre (07/09/2017)

Résumé :
Au pied du Puy-Violent dans le cantal, dans la chaleur d’août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants: même si on pense revenir avant l’automne, les travaux des champs ne patienteront pas.

Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Joseph tout juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin.

Dans une ferme voisine, c’est Eugène, le fils qui est parti laissant son père, Valette, à ses rancoeurs et à sa rage: une main atrophiée lors d’un accident l’empêche d’accomplir son devoir et d’accompagner les autres hommes.

Même son frère, celui de la ville, a pris la route de la guerre. Il a envoyé Hélène et sa fille Anna se réfugier dans la ferme des Valette.

L’arrivée des deux femmes va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes.

Critique :
♪ Quoi ma glaise ? Qu’est-ce qu’elle a ma glaise ? Quelque chose qui ne va pas ? Elle ne te revient pas ? ♫

Lorsqu’on ouvre le nouveau roman d’un auteur qu’apprécie fortement, d’un auteur qui nous a donné des coups de coeur, on a toujours cette peur au ventre, cette appréhension : est-ce que cette fois-ci je vais ressentir autant d’émotions que dans l’autre ?

« Grossir le ciel » avait été magistral niveau émotions ressenties, « Vagabond » m’avait laissée de marbre, alors vous comprenez que lorsque j’ouvris « Glaise », j’avais un peu la chocottes.

La première ligne a dissipé ce doute, les premières phrases m’ont confortées dans le fait que je tenais en main un grand roman et une fois le premier chapitre terminé, je me doutais que des émotions, j’en aurais à foison.

Maintenant, le plus dur reste à faire : comment vous en parler ? Par quel bout commencer pour en parler comme je voudrais vous en parler, pour tenter de vous faire ressentir toutes les émotions qui m’ont submergé durant ma lecture ? Difficile.

Alors, venez avec moi dans un petit coin perdu du Cantal, sorte de trou du cul de la région qui se retrouve uniquement peuplée, non pas d’irréductibles gaulois, mais de femmes, d’enfants et de vieillards, puisque tous les hommes valides sont partis, la fleur au fusil, bouter le teuton de France, le tout en moins de quinze jours, cela va de soi.

Avec le recul, on sait que certains se sont avancé avec un peu trop d’enthousiasme dans le fait que ce serait une guerre éclair. Elle fut longue et dure, et ce n’est pas là que je préfère les longueurs et la dureté.

L’écriture de l’auteur est belle, poétique, lyrique, magnifique, elle vous emporte ailleurs pour vous déposer directement dans ce petit coin perdu de France, à une époque que vous et moi ne pouvons pas connaître.

Ses personnages ont de la prestance, de la présence, on les sent vivant, réellement. Joseph est comme tous les jeunes, un peu taiseux, un peu fougueux, passionné. Il est l’homme de la maison depuis que son père est à la guerre.

Valette, le salaud de service est plus un méchant pathétique qu’impressionnant. On a envie de le baffer, certes, mais aussi de le plaindre parce qu’avec un caractère pareil, la vie ne doit pas être gaie tous les jours : alcoolo, violent, bas de plafond, estropié d’une main qui fait qu’il n’ira pas à la guerre, et ça lui plombe son moral.

Les femmes, quant à elles, elles sont effacées, derrière les hommes et cette guerre va leur permettre aussi de montrer leur vrai valeur car ce sont elles qui font tourner la France et si le labourage et pâturage ne sont pas toujours les deux mamelles de la France, elles font ce qu’elles peuvent pour que les exploitations agricoles continuent de les nourrir.

Si la campagne, ça vous gagne, moi, la campagne, ça me connait un peu, même si ce n’est pas celle des années 1914. On sent que l’auteur a potassé son sujet, soit en lisant, soit en écoutant les vieilles histoires au coin du feu, car ce que j’ai lu était le reflet de ce que je connaissais, sauf avec l’histoire du petit veau parce que Valette est hors-norme comme enfoiré de première.

Ce roman, j’avais envie de le dévorer, mais je me suis contenue, lisant doucement, m’imprégnant bien de ses mots, des ses phrases, de ses personnages, de cette prose qui est la signature de l’auteur et qui sait si bien me donner moult émotions différentes, dont une envie de lire le prochain s’il est de la même trempe…

Comme disait la pub « La campagne, ça vous gagne » (je sais que c’était la montagne) et moi j’ajouterai qu’avec Franck Bouysse, rien n’est lisse ! Il vous parle de la campagne comme les vieux de chez nous, ceux qui ont toujours une anecdote ou une histoire à vous raconter, belle ou tragique, mais réaliste.

Un beau et grand roman, noir, sombre, lumineux, rempli d’émotions en tout genre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°8 – Livre se déroulant à la Campagne).

L’Ami retrouvé : Fred Uhlman

Titre : L’Ami retrouvé

Auteur : Fred Uhlman
Édition : Gallimard (1983)
Date de publication originale :  Reunion (1971)

Résumé :
Âgé de seize ans, Hans Schwartz, fils unique d’un médecin juif, fréquente le lycée le plus renommé de Stuttgart.

Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l’arrivée dans sa classe d’un garçon d’une famille protestante d’illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l’amitié, tel que le lui fait concevoir l’exaltation romantique qui est souvent le propre de l’adolescence.

C’est en 1932 qu’a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée, les troubles déclenchés par la venue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart.

Critique :
J’ai longuement hésité à le lire, me souvenant, avec effroi, du traumatisme que le livre « Mon ami Frédéric » avait causé en moi (j’étais très jeune et n’avais pas encore bien capté la noirceur de l’Humain).

C’est donc avec appréhension que j’ai ouvert cette longue nouvelle, ou ce court roman, au choix, puisque l’on se situe à cheval entre les deux genres.

Je suis ressortie de ma lecture avec les émotions moins chamboulées que je ne m’y attendais car le roman se concentre plus sur l’amitié qui est née entre Hans Schwarz (16 ans), le narrateur, fils d’un médecin juif, et Conrad von Hohenfels, un jeune aristocrate (même âge).

Nous sommes à Stuttgart, en 1932 et je ne dois pas vous rappeler qu’en ce temps là, il y avait la montée en puissance du régime nazi, mené par un moustachu qui aurait mieux fait de s’étrangler durant son enfance ou durant sa gestation…

On sent monter la peste brune, on pourrait presque entendre le bruit des bottes à clous, on entend certains discours, des slogans, des aboiements que l’on connait, mais cela reste assez ténu, c’est vraiment en arrière-plan.

Ce qui est mis en avant, c’est cette amitié improbable entre le fils d’un médecin juif et un fils issu de la haute bourgeoisie. Une amitié hors norme, impensable, contre-nature, diraient certaines mauvaises langues.

Alors oui, le livre n’est guère épais, mais il est puissant de par ce qu’il évoque, de par ce qu’il sous-entend avec peu de mots, peu de phrases, ses références à une partie sombre de l’Histoire humaine.

Les personnages sont attachants, autant Hans qui a de grands idéaux sur l’amitié, et Conrad, qui traine toute une kyrielle d’ancêtres célèbres et qui se fait traiter avec un infini respect par les autres, impressionnés qu’ils sont par son pedigree royal (canin ?).

Le pire, ou le plus touchant, c’est le père de Hans qui pense que ses compatriotes vont se réveiller et comprendre que le nazisme est une grosse pustule qu’il faut écraser et que d’ici peu de temps, la patrie de Goethe et consorts va virer cette foutaise qu’est Hitler et son nazisme.

Croyez vous vraiment que les compatriotes de Goethe et de Schiller, de Kant et de Beethoven, se laisseront prendre à cette foutaise ?

Mon père détestait le sionisme. L’idée même lui paraissait insensée. Réclamer la Palestine après 2000 ans n’avait pas pour lui plus de sens que si les Italiens revendiquaient l’Allemagne parce qu’elle avait jadis été occupée par les Romains. Cela ne pouvait mener qu’à d’incessantes effusions de sang car les Juifs auraient à lutter contre tout le monde arabe.

Un roman fort, mais avec moins d’émotions que dans « Mon ami Frédéric » qui nous expliquait les pogroms, tandis qu’ici, tout est en arrière-plan, on s’en doute parce qu’on connait ce qu’il s’est passé.

Et puis, à la dernière ligne, on se prend un V2 dans la gueule, une rafale de mitraillette dans le plexus, on chancelle, on reprend son souffle et là, bizarrement, les yeux se mouillent.

Un roman qui se dévore en peu de temps, mais qui marque l’esprit, même s’il se ne sera pas au fer rouge sur ma peau en plus (ça, c’est réservé aux romans traumatisants qui finissent au freezer).

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (auteur anglais)  et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°5 – Un scandale en Bohême).