Le Bureau des Affaires Occultes – 02 – Le Fantôme du Vicaire : Éric Fouassier [Par Dame Ida, créature inquiétante qui hante les coins sombres des bibliothèques]

Titre : Le Bureau des Affaires Occultes – 02 – Le Fantôme du Vicaire

Auteur : Éric Fouassier
Édition : Albin Michel (22/04/2022)

Résumé :
Valentin Verne, inspecteur en charge du Bureau des Affaires Occultes, doit résoudre une nouvelle affaire : un médium aurait recours au spiritisme et à de mystérieux pouvoirs extralucides pour ramener à la vie de la fille de Ferdinand d’Orval, un noble très fortuné. Tables tournantes, étranges apparitions, incarnations inexplicables… Mystification ou réalité ?

Des bas-fonds parisiens aux salons de la haute société, des espions de Vidocq aux troublants mystères du spiritisme, l’auteur nous entraîne dans un polar crépusculaire et addictif.

L’avis de Dame Ida :
Un peu lapidaire le résumé Babelio, non ? Oui, Valentin est appelé par une jolie aristobourge qui s’inquiète de voir son mari tomber sous la coupe d’un médium prétendant le mettre en contact avec sa fille défunte qu’il avait eu d’un précédent mariage…

Oui Valentin ne croit pas plus que cette dame à ces âneries et est prêt à venir démontrer l’escroquerie…

D’autant qu’en ces périodes de changements politiques instables, les préfets de police changent tous les quatre matins et qu’à chaque fois c’est la pérennité du bureau des affaires occultes qui se trouve menacée si Valentin de montre pas d’édifiants résultats.

Qui plus est, ce bureau serait d’autant plus facile à fermer qu’il en est le seul inspecteur, et que l’adjoint qu’on vient de lui donner, malgré son implication, ne représente pas une équipe pléthorique difficile à réaffecter en cas de fermeture du service.

Cette nouvelle affaire est donc cruciale, mais… Elle n’est pas la seule qui occupera Valentin, toujours décidé à retrouver le Vicaire, religieux dévoyé machiavélique à l’âme noire et nauséabonde avec qui il a quelques comptes personnels à régler depuis le volume précédent. Et croyez-moi, ça le préoccupera bien plus que son affaire de médium, tout au long du livre.

Ben oui ! D’où vient le titre du roman à votre avis ? Aucun rapport avec ce qui semble à première vue n’être qu’ un abus de faiblesse et de crédulité de la part d’un médium supposé escroc.

Dame Belette ne vous l’avait-elle pas dit dans son billet concernant le premier Opus des Enquêtes de Valentin Verne ?

Ne vous avait-elle pas fait part de ses regrets de ne pas avoir eu d’éclaircissements sur ce fameux Vicaire dont l’ombre planait déjà dans le premier volume, mais qui n’avait pas été récompensé selon ses mérites par la fraîche caresse de sa nuque par le couperet de la Veuve au petit matin en place publique comme on le faisait à l’époque?

Une belle époque où l’on savait vivre et où faute de télévision et d’internet, on savait proposer d’édifiants spectacles pour distraire la population qui se levait tôt ; ou surtout qui se couchait plus que tard puisque le public des exécutions capitales était surtout composé de fêtards noctambules qui après une nuit blanche venaient terminer « joyeusement » leur fiesta par une petite décapitation avant d’aller se coucher… on savait s’amuser y a pas à dire !

Et ben voilà ! Vous saurez tout ! Enfin presque… Car si vous vous êtes déjà approprié l’atmosphère du premier volet, vous vous doutez bien que le monstrueux homme d’Eglise pour à qui la soutane ne sert que de raison sociale et de couverture à défaut d’être une véritable vocation, gardera une petite part de mystère.

Je ne peux hélas vous en dire trop à ce sujet car il me faudrait cruellement spoiler et ôter à ce roman toute sa substantifique moelle. On dira juste qu’avec toutes les affaires qui agite l’Église Catholique en ce moment… ce vicaire là en rajoute une sacrée couche.

Je souscris aux bémols jadis posés par Belette, et je commencerai par eux pour pouvoir en terminer sur la note très positive que ce roman mérite.

Oui, on va finir par le savoir que Valentin est beau, bien fichu et pété de thunes… Et on le saura aussi que sa copine Aglaé, actrice (qui manque toutefois d’un peu de profondeur psychologique, je trouve) est également trèèèèès belle… Et qu’elle est étrangement vertueuse si l’on considère la vie des actrices de l’époque qui en réalité n’étaient pas autre chose que des cocottes (prostituées de luxe ayant un métier officiel à côté pour donner le change) …

Si le personnage d’Aglaé n’a pas beaucoup de profondeur psychologique, pour celui de Valentin c’est autre chose. Déjà il s’appelle Verne. Comme Jules. L’auteur a décidé d’en faire un adepte des vérités scientifiques bien décidées à faire sortir le monde d’une vision enchantée où l’occulte flirte avec l’obscurantisme.

Car oui, tandis que le positivisme de la fin du XIXe siècle et la science mettaient la religion à mal, les « brillants esprits » de l’époque se cherchaient des théories fantastiques alternatives pour offrir un peu de sursis à l’âme et aux forces de l’esprit.

Valentin est l’incarnation des idéaux de son époque qui voyait en la science la clé de l’édification universelle… Et l’affaire de spiritisme sur laquelle il devra travailler est quant à elle l’expression des résistance des vestiges de la « pensée magique » de cette époque face à la science.

Et puis sans vouloir spoiler pour celles et ceux qui auraient manqué le premier volume (je recommande fortement de lire les livres dans l’ordre !!!), Valentin a bien morflé dans sa jeunesse et il en paye encore lourdement le prix… Et sa chérie aussi indirectement.

Cela étant… j’ajouterais volontiers un petit bémol supplémentaire, lorsqu’il est question des difficultés que rencontrent les tourtereaux qui se tournent autour en peinant à conclure.

OK, repousser le moment de conclure est aussi un artifice très pratique pour l’écrivain qui veut bien faire monter le désir chez ses lecteurs en même temps qu’il diffère la satisfaction de celui pouvant exister entre ses personnages…

OK, avec ce que Valentin a vécu on peut comprendre que ce soit un peu compliqué…

OK, cette complication est parfaitement crédible… Mais… elle aurait pu être un peu mieux décrite ou développée sur le plan psychologique.

Le voile de pudeur qui permet de ne pas entrer dans les détails peut certes rester crédible vu l’époque dans laquelle l’action se déroule, mais peut-être l’auteur aurait-il pu aller plus loin ?

Mais on ne se crispera pas là-dessus car le mieux est parfois l’ennemi du bien et se hasarder sur les sables mouvants de la psychologie est souvent très casse-gueule pour les auteurs car c’est un sujet difficile à maîtriser assez pour être crédible et éviter le ridicule.

Je reconnais aussi que ce bémol dans le bémol devient carrément sibyllin pour qui n’a pas lu le livre. Donc lisez-le et vous comprendrez. En dire plus serait du divulgâchage en règle. Notamment pour celles et ceux qui n’auraient pas encore lu le premier opus.

Et loin de moi l’intention de gâcher la lecture de ce roman bien écrit, bien construit, divertissant et très bien documenté. L’intrigue s’enracine dans l’Histoire avec beaucoup d’adresse et de talent, nous faisant rencontrer au passage quelques personnages ayant réellement existé et ce, sans jamais faire outrage à ce que l’Histoire nous a transmis d’eux.

Les explications contextuelles sont amenées sans pesanteur aucune, sans jamais paraître artificielle, les scènes de la vie quotidienne se mêlent aux passages descriptifs et aux intrigues de manière vivante et authentique.

Faire du polar historique est un art difficile. Il faut maîtriser divers sujets : l’organisation de la police à l’époque, les mœurs de l’époque, le langage populaire des brigands de l’époque, le contexte politique, économique, les courants artistiques, culturels etc.

Et Monsieur Fouassier a manifestement très très très bien travaillé son sujet. On le sent tout au long de ce livre qui devient une véritable machine à remonter le temps, et les notes de bas-de-page et les références annoncées en fin de livre viennent compléter ce constat.

Les deux intrigues traitées en parallèle sont glauques et retorses. L’auteur cherche à les rendre complexe évidemment, mais les habitués des romans policiers pourront cependant voir parfois vers où il nous conduit quant à la résolution des intrigues.

D’ailleurs je dois avouer que mon intuition m’avait déjà permis d’anticiper quelques coups de théâtres dans l’affaire du Vicaire, et de deviner dès les premiers chapitres, voire dès sa présentation initiale, l’identité de la personne responsable des drames accompagnant l’intrigue du médium.

À moins que je ne sois médium moi-même ? Je vais songer à une reconversion professionnelle un de ces jours… Il paraît que ça gagne bien…

Le jeu de piste angoissant que le Vicaire « proposera » (lui laissait il le choix ?) à Valentin nous demandera en revanche d’être plus patients puisque les éléments nous seront distillés qu’au fur et à mesure de la progression de notre héros dans sa quête (à ce niveau là ce n’est plus une simple enquête) où les découvertes macabres et douloureuses se suivent, faisant monter le niveau d’angoisse peu à peu.

Le suspense est bien ménagé, chaque fin de chapitre nous laissant sur notre faim et nous encourageant à lire le suivant, le degré d’action et de tension montant crescendo lors de la lecture.

Résultat… Je me suis couchée toujours plus tard que prévu pendant les quelques jours qu’a duré ma lecture…

Voilà pourquoi je n’étais pas en forme au boulot ces derniers jours ! C’est à cause du Sieur Fouassier Madame la Cheffe de Sévice !

Et si le Sieur Fouassier finit par nous laisser un peu sur notre faim lors des dernières pages, c’est je l’espère pour nous éprouver notre désir de retrouver ses personnages pour un troisième volume qui est déjà virtuellement dans ma PAL avant même qu’il ne paraisse.

Il ne nous reste plus qu’à espérer que l’auteur projette de reprendre sa plume…

 

Shi – Cycle 1 – Tome 3 – Revenge ! : José Homs et Zidrou

Titre : Shi – Cycle 1 – Tome 3 – Revenge !

Scénariste : Zidrou
Dessinateur : José Homs

Édition : Dargaud (2018)

Résumé :
Janvier 1852. Les photos prises dans la maison close ont été récupérées et leurs nouveaux possesseurs n’hésitent pas à s’en servir pour faire chanter les principaux concernés, leur extorquant ainsi d’importantes sommes d’argent qui serviront à de « nobles » desseins.

Quant à Jennifer, elle a été déclarée morte, brûlée dans l’incendie qu’elle aurait elle-même provoqué. Mais il n’en est rien. Personne ne peut arrêter la vengeance une fois qu’elle est en marche.

Plus de place pour la pitié en ce monde. Jay et Kita l’ont bien compris et se salir les mains ne les dérange plus.

Ne restent derrière elles que les cadavres de ceux qui ont eu le malheur de se mettre en travers de leur chemin et l’idéogramme « Shi », symbole de leur haine envers la société.

Critique :
Les hommes de la haute ont été s’amuser au lupanar, ne se contentant pas de relations « plan-plan », mais demandant des plaisirs à la carte, comme se faire fouetter, jouer au chien, avoir des relations avec des gamines impubères, se faire pisser dessus, se faire enfoncer un canon dans le cul…

Ils n’ont jamais vu le petit trou (oups) dans une toile, permettant de prendre des photos, appelées encore daguerréotype (à une époque où l’appareil photo était super rare et pas inclus dans n’importe quel smartphone bas de gamme – je précise pour les plus jeunes qui ne s’imaginent pas ça possible).

Lorsque l’on possède dans ses mains de pareilles photos, c’est assurément une main gagnante et on peut alors leur demander n’importe quoi. L’ancêtre du Revenge Porn, en quelque sorte…

Si je ne cautionne pas les revenge porn, ici, je suis plus tolérante et cela me fait même doucement ricaner (oui, le chantage, ce n’est pas bien, c’est mal).

Les auteurs continuent de nous parler de la ville de Londres, qui, bien qu’étant arpentée par des chevaux et non des voitures, n’en est pas moins extrêmement polluée : vingt-cinq mille chevaux à nourrir et cent tonnes de crottin à ramasser. Après, il faut s’en débarrasser, de la merde, comme de celles des vaches qui donnent le lait super frais aux gens friqués…

Bref, en 1852, Londres est une arche à la dérive. C’est aux pauvres, que l’on exige qu’ils mettent la main à la poche, les riches, les nantis, les hommes au pouvoir peuvent assassiner un pauvre, ce n’est pas grave du tout et une gamine résume bien ce qu’elle pense de tout cela : Dieu est du côté de ceux qui boivent le thé à 17h, la bouche en cul d’poule.

Dans les bas-fonds, il n’est pas recommandé d’aller s’y promener, si vous êtes un richard, car à pas d’âge, les gosses se promènent avec des armes pour attaquer, voler,…

Le ton est toujours empreint de cynisme et j’aime ça. Les auteurs sont lucides, ils ne se privent pas de taper sous la ceinture. Le ton utilisé par les personnages est grinçant, non dénué d’humour, parfois.

Les vengeances de nos deux femmes se mettent en place, on sait maintenant qui fait du chantage aux « galipetteurs », afin d’obtenir de l’argent et pourquoi ; des secrets sont levés ; des révélations sont faites et une horrible trahison termine ce tome 3. Et merde, je n’ai pas le tome 4 sous la main, ce qui me frustre !

L’élément fantastique n’est pas présent dans cet opus, les légendes japonaises autour des Dieux le sont, par contre. C’est de ces légendes, autour des différents dieux, qui sont exploitées par les auteurs et le tout s’incorpore bien dans le récit, pour le moment.

Par contre, cette fois-ci, pas de bond dans le temps pour arriver à notre époque, il faudra attendre pour connaître la suite des mésaventures du marchand de mines anti-personnel.

Un troisième tome qui continue dans la bonne lignée du premier avec un scénario original,  à tiroir et des dialogues soignés.

Le rythme est rapide, sans pour autant que l’on perde pied, les personnages sont tous bien distincts les uns des autres, ils acquièrent un peu plus de profondeur, sans jamais sombrer dans le manichéisme.

Les dessins sont toujours bien exécutés, maîtrisés et les couleurs sont parfaites. Bref, rien à redire, si ce n’est : vivement que je lise le tome 4 !

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°253], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Hercule Poirot (BD) – Tome 5 – La Mystérieuse affaire de Styles : Jean-François Vivier, Romuald Gleyse et Agatha Christie

Titre : Hercule Poirot (BD) – Tome 5 – La Mystérieuse affaire de Styles

Scénariste : Jean-François Vivier (d’après Agatha Christie)
Dessinateur : Romuald Gleyse

Édition : Paquet – Agatha Christie (05/08/2020)

Résumé :
1917, le capitaine Hastings, blessé au combat, est rapatrié en Angleterre et vient passer sa convalescence à Styles Court, dans la demeure familiale de son ami John Cavendish.

L’ambiance est lourde car Emily, la mère de John, s’est remariée avec l’antipathique Alfred Inglethorp, plus jeune qu’elle.

Et quand Emily meurt, empoisonnée, le hasard fait bien les choses avec la présence sur les lieux d’un ancien policier belge, un ami du capitaine Hastings. Hercule Poirot saura-t-il démêler le vrai du faux et confondre le coupable ?

Critique :
Cette mystérieuse affaire de Styles, je l’ai lue d’abord en roman, lorsque j’étais gamine, puis j’ai vu plusieurs fois d’adaptation télé avec David Suchet dans le rôle de Poirot, je l’ai vue adaptée par « Les petits meurtres d’Agathe Christie », je l’ai relue en roman et maintenant, je me la fait en version bédé.

Pas de surprise à avoir, je me souviens encore de la résolution de l’affaire. Néanmoins, j’apprécie toujours une relecture, quelle qu’elle soit, d’un roman d’Agatha Christie.

La première chose qui m’a frappée, dans cette adaptation, ce sont les dessins, notamment celui du capitaine Hastings qui, avec son uniforme militaire et son képi, avait un petit air de ressemblance avec Francis Blake (E.P Jacobs). Ensuite, ça sautera moins aux yeux.

En tout cas, je ne serai pas fan des illustrations qui m’ont donné l’impression d’être enfantine. Elles auraient mieux collé à une bédé d’humour qu’à une adaptation d’un roman policier. Hercule Poirot n’est pas bien réalisé, il lui manque son élégance, sa raideur, son côté guindé.

Malgré ces défauts, l’adaptation est bien faite, même si, du fait de ses 64 pages, il a fallu tailler dans le scénario original. Cela donne du rythme à l’ensemble, certes, mais cela paraît aussi être trop précipité à un moment donné.

Les explications de Poirot sont claires, détaillées, pas de soucis pour ceux ou celles qui ne connaîtraient pas l’histoire et la découvriraient pour la première fois.

Cette adaptation n’entrera pas dans les plus réussies (ce n’est que mon avis), malgré tout, bien que les dessins m’aient semblés simplistes, le corps du roman est respecté, malgré les coupes scénaristiques. C’est ce qui est le plus important, à mon sens.

Cette bédé policière pourra faire le bonheur des lecteurs et lectrices qui n’ont pas encore découvert l’univers d’Agatha Christie et qui n’ont pas le courage (ou l’envie) de se lancer dans ses romans (ce ne sont pas des pavés, je vous rassure).

Malgré tout, je privilégierais la découverte par le biais des romans originaux ou, au pire, par l’excellente série télé avec David Suchet (oui, j’adore son interprétation de Poirot).

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°252], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les enquêtes d’Enola Holmes (BD) – T03 – Le mystère des pavots blancs : Serena Blasco et Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes (BD) – T03 – Le mystère des pavots blancs

Scénariste : Nancy Springer
Dessinateur : Serena Blasco

Édition : Jungle ! (20/11/2019)

Résumé :
Londres, printemps 1889. Le Docteur Watson est introuvable !
Voici une nouvelle enquête qui intéresse aussi bien Enola Holmes que son frère Sherlock.

Pour cela, Enola doit se construire un nouveau personnage, le dernier ayant été démasqué lors de sa dernière enquête. Cette fois-ci, point de vieille demoiselle ou de jeune fille ingénue, elle va se transformer en véritable lady, élégante et raffinée.

Rendant visite à Mrs Watson, elle aperçoit un bouquet étrange. Selon le langage des fleurs, le message qu’il transmet est « malchance », « mort », « vengeance ». Mauvais présage ?

Critique :
Ayant lu tous les romans avec Enola Holmes, j’ai eu envie de me tourner, bien des années après, vers leur adaptation en bédé. Pour voir si elle était réussie et aussi, parce que j’avais oublié une grande partie de mes lectures, ne gardant dans mes souvenirs que le fait que la version roman était très bien faite et plaisante à lire.

Les dessins, des aquarelles aux tons pastels ou plus marqués, sont agréables pour les yeux.

Le petit plus revient à la mise en page originale de certaines cases (en spirales, notamment).

La mise en page est dynamique et puisque nous sommes en 80 pages, il faut résumer le plus important et ne pas s’encombrer des petits détails qui se trouvaient en plus dans le roman.

Pas de panique, l’essentiel est là et ce n’est pas compliqué de comprendre la résolution de l’affaire. Par contre, dans la bédé, il manque des informations sur la disparition de sa mère, alors que du côté des romans, c’était plus fourni en détails.

Enola a un petit nez en trompette, un visage taillé en pointe et des yeux très grands (voir la couverture), ce qui est totalement différent des illustrations sur les couvertures des romans.

Disons-le clairement, les dessins de l’adaptation font plus « girly », ce qui n’est pas vraiment un soucis, Enola n’était pas portée sur les licornes et autres fanfreluches.

Si dans l’ensemble, ça passe, je regrette que son visage dans les adaptations fasse si juvénile alors qu’il fait plus mûr, plus sérieux, sur les couvertures des romans.

En le lisant, des détails oubliés me sont revenus en mémoire. C’est dans cette enquête-ci que Watson a disparu.

Comme dans les romans, l’autrice souligne des faits de la société victorienne, pas toujours reluisants, comme ces femmes pauvres qui se coupaient les cheveux longs afin de les vendre pour en faire des perruques de cheveux naturels, le tout pour quelques sous, sur le fait que les femmes devaient porter des vêtements qui leur interdisait d’avoir une existence propre, sur les contraintes que les hommes imposent aux femmes…

Bref, cette série jeunesse ne se contente pas d’offrir quelques enquêtes et des mystères à ses lecteurs et lectrices, mais elle leur parle aussi des conditions de vie de l’époque, du social et du féminisme.

Une enquête agréable à suivre, pleine de fraîcheur, de malice, notamment parce que notre Enola damne la pion à son frangin Sherlock.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°250], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 80 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Moriarty – Tome 11 : Ryosuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 11

Scénariste : Ryosuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi
Édition Originale : Yûkoku no Moriarty, book 11 (2020)
Traduction : Patrick Honnoré

Édition : Kana Dark (23/09/2021)

Résumé :
Deux frères orphelins sont accueillis dans la famille Moriarty, grâce aux ambitions cachées du fils aîné Moriarty, Albert. Ce dernier abhorre l’aristocratie à laquelle il appartient et le système social qui régit la société britannique. Albert a vu en l’aîné l’intelligence et le charisme dont il avait besoin pour accomplir son rêve de nettoyer la société de ces « êtres inutiles et sales ».

Albert propose de leur offrir sa richesse et son influence à condition que les garçons mettent leur intelligence au service de son rêve. 13 ans plus tard, à côté de leurs activités officielles, les frères Moriarty sont devenus des « conseillers privés ».

Avec William à leur tête, ils aident les gens du peuple, victimes d’injustices, à se venger des riches qui les ont fait souffrir.

Critique :
Puisque les deux derniers tomes étaient revenus à une ligne plus classique et m’avaient offert quelques bons moments de lectures, j’ai poursuivis ma lecture de cette série manga qui m’avait fortement déçue quand elle avait incorporé des éléments de James Bond…

Le combat entre Milverton et Moriarty s’annonçait intéressant, s’il était bien mis en scène.

Du moment que l’on mettait Holmes au placard, moi, ça m’allait, parce que je déteste, depuis le début, le côté loubard mal élevé de leur Sherlock.

Comme je l’avais craint à la fin du tome 10, le suivant allait aborder « Le signe des Quatre », ce qui allait me faire bouffer du Sherlock dans une version « mal dégrossi » que je déteste. Autant où leur version de Moriarty est bien revue, bien amenée, apportant un sacré renouveau, leur version de Holmes était à vomir.

Apparemment, j’ai eu peur pour rien. Cette fois-ci, leur Holmes est correct, hormis un « merde » prononcé dans sa tête, ce que je peux pardonner.

Quel est l’intérêt de lire en manga un récit que l’on a lu plusieurs en roman, que l’on a vu adapté à la télé ? L’intérêt réside dans le fait que les mangakas ont changé quelques points de détails, notamment dans Mary Morstan. C’est elle qui constitue le mystère.

Les Moriarty Brothers ne seront présent que dans les intermèdes entre deux chapitres, regardant les cases comme s’ils étaient devant un film (l’un mangera même des pop-corn), commentant ce qu’ils voient. Ça donne une petite touche d’humour, le fait de commenter l’enquête de Holmes.

La résolution est, en gros, celle du roman original, à quelques détails près. Dans le manga, c’est Sherlock qui expliquera ce qu’il s’est passé et non un des protagonistes qui expliquera comment il s’était fait duper à l’époque. C’est court, c’est bref.

Par contre, alors que je m’attendais à un bon mystère avec Mary Morstan, un truc croustillant, bien mystérieux, j’ai déchanté lors de la résolution : bof, pas terrible.

Cela permettra aux auteurs, dans le prochain tome, de faire entrer Milverton dans la danse, le reliant aux différents protagonistes, puisque dans le tome 12, les Moriarty reviendront sur le devant de la scène.

Un tome de transition, pas mauvais, mais pas exceptionnel non plus. Le fait d’avoir mis en scène un Holmes moins loubard que dans les autres tomes est tout de même un bon point qu’il faut souligner !

Sans cela, il aurait terminé avec un demi point en moins.

PS : une fois de plus, je soulignerai les horreurs commises avec les attelages : les brancards sont situés assez loin des flancs du cheval et comme soutenu par deux « lanières » ou barres horizontales, partant des flancs, ce qui est une aberration sans nom.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°249] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Miss Endicott – T01 : Jean-Christophe Derrien et Xavier Fourquemin

Titre : Miss Endicott – T01

Scénariste : Jean-Christophe Derrien
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Le Lombard – Signé (2007)

Résumé :
Officiellement, Prudence Endicott est revenue à Londres pour y enterrer sa mère et occuper un poste de gouvernante.

Mais, les femmes de la famille ont leurs petits secrets et Prudence a reçu en héritage la lourde tâche de devenir la nouvelle « conciliatrice » de la capitale anglaise.

Le principe est simple : résoudre les problèmes des gens ! Même s’il faut pour cela défier le peuple des Oubliés qui règnent sur le Londres souterrain…

Critique :
Ce n’est pas ma première aventure avec le dessinateur Xavier Fourquemin. Ses dessins sont reconnaissables, j’ai retrouvé des traits de personnages découverts dans ses autres séries.

Bien des hommes ont des longs nez fins et des mentons en pointes. Cela aurait pu être dérangeant, mais ça ne le fut pas.

La ville de Londres est bien représentée, même si on ne la reconnaît pas de prime abord.

Miss Endicott est une conciliatrice, sorte de détective privé avant l’heure, sillonnera la ville pour résoudre les mystères que les gens sont venus lui soumettre.

Si les mystères que la première personne lui apporte semble bénin, il cache en réalité un problème bien plus conséquent qui entraînera notre miss Endicott dans une ville sous la ville. Les décors sont ceux des bas-fonds, à la Dikens ou à la Jack London dans « Le peuple des abysses ». C’est le royaume des Oubliés.

Les dialogues sont amusants, miss Endicott ne manquant pas de répartie, qu’elle soit verbale ou kung-fuesque. Non, elle ne jouera pas à un Van Damme croisé avec un Bruce Lee, mais elle sait se battre, sans arriver au niveau d’une Uma Thurman dans Kill Bill.

Miss Endicott est pleine de malice, tout comme le vieil homme ronchon qui tient la boutique lorsqu’elle joue à la gouvernante (il bossait déjà avant avec sa mère) et qui se retrouve obligé de faire le ménage, maintenant.

Le scénario apporte un peu de fraîcheur avec cette jeune dame qui joue à la conciliatrice la nuit et à la gouvernante le jour. C’est amusant, agréable à lire, on ne s’y ennuie pas une seule seconde et les dessins fourmille de détails.

Il n’est pas aisé de mettre en scène une héroïne qui a du courage (sans trop virer dans les exagérations), qui est sympathique, qui a des failles, alors, j’apprécie toujours de trouver une bédé qui en met une à l’honneur. Par certaines actions, elle m’a fait penser à Mary Poppins (son parapluie).

Ce premier volet (un diptyque) est une belle découverte et je n’espère qu’une seule chose, que le second soit de la même trempe, surtout après un final qui m’a laissé pantoise.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°246], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 77 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Shi – Cycle 1 – Tome 2 – Le roi démon : José Homs et Zidrou

Titre : Shi – Cycle 1 – Tome 2 – Le roi démon

Scénariste : Zidrou
Dessinateur : José Homs

Édition : Dargaud (2017)

Résumé :
Sept mois se sont écoulés depuis les événements du Crystal Palace. Jay et Kita vivent chacune l’enfer : la première, mariée de force, la seconde, contrainte à se prostituer. Jour après jour, la haine les consume, elles qui maudissent leur destin et cette société qui écrase les femmes et les pauvres.

Mais l’heure de la revanche a sonné. Et celle-ci pourrait bien s’incarner dans des clichés compromettants qui risquent de faire voler en éclats l’empire britannique. Le réveil du démon approche. Qu’il déverse son pouvoir et sa colère sur ce monde d’hypocrisies.

Que vienne le règne du Roi Démon ! Est-ce là l’origine de « Shi », cette organisation terroriste qui, aujourd’hui, venge la veuve et l’orphelin ?

Critique :
Nous avions quitté Jay, fille de bonne famille et Kita, d’origine japonaise, dans les plus mauvaises postures qui soient : la première a été mariée de force à un pasteur et l’autre est forcée de se prostituer dans un bordel pour hommes de la haute société.

Sept mois se sont passés depuis les événements du Cristal Palace (et de l’expo universelle) et durant ces 7 mois, nos deux femmes ont nourri la bête que l’on appelle haine.

Alors que j’étais bien installée dans l’époque victorienne de 1851, voilà que les auteurs me propulsent à nouveau dans l’époque contemporaine, afin de constater les dégâts que firent les bombes qui explosèrent dans un jardin. Instants karma, le directeur de cette société, qui fabrique des mines anti-personnel, s’en prend plein la gueule et le médecin fait bien de lui rentrer dans le lard.

Hop, miracle de la technologie, on repart ensuite dans le Londres de 1851… Il faut lier les deux récits situés à 150 ans l’un de l’autre et c’est ce qui est fait ici.

Comme pour le premier tome, j’ai apprécié les dessins et les couleurs, assez sombres, de ce deuxième album. La ville de Londres est comparée à une demi-mondaine et c’est bien ce qu’elle est.

D’un côté, ceux qui naissent avec une cuillère en argent dans la bouche et de l’autre, les miséreux qui doivent trimer dur et les femmes qui doivent se faire mettre des bites dans le fondement pour gagner quelques sous.

La séparation est plus que visible et les auteurs ne se privent pas de nous montrer l’abîme sans fond séparant les classes sociales. Et pourtant, il se passe des choses pas très nettes et pas très ragoutantes, chez les gens de la haute.

On sent un petit élément fantastique arriver dans le récit, sans que cela m’ait dérangé, avant que n’arrive le plus gros élément fantastique, qui est bien incorporé au récit.

Le destin de nos deux jeunes femmes est tragique, comme fut celui de millions de gens à travers le monde et en Angleterre, mais puisque ce sont elles les protagonistes, leur destin abject nous touche directement.

Sur le final de l’album, nous allons retrouver les scènes de poursuite dans la neige et sur les toits que nous avions découvert dans le premier tome et ainsi, boucler la boucle : nous savons maintenant comment nos jeunes filles s’étaient retrouvées poursuivies par les cognes et les chiens.

Le deuxième album est différent du premier, mais il reste dans la lignée de l’excellence. Si le premier posait les bases de l’histoire, celui-ci les étoffe, fait évoluer nos personnages, nous apprends quelques petits secrets cochons (ah les daguerréotypes dans les bordel) et l’on sait maintenant ce qu’est l’organisation SHI et comment tout cela a commencé.

Vivement la suite !

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°242], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Lizzie Martin ‭–‬ 08 ‭–‬ L’héritage de Sir Henry : Ann Granger [LC avec Bianca]

Titre : Lizzie Martin ‭–‬ 08 ‭–‬ L’héritage de Sir Henry

Auteur : Ann Granger
Édition : 10/18 Grands détectives (03/03/2022)
Édition Originale : The Truth-Seeker’s Wife (2021)
Traduction : Jean-Baptiste Dupin

Résumé :
Printemps 1871. Lizzie Martin accompagne sa tante dans le New Forest pour se mettre au vert. Invitées à dîner chez Sir Henry Meager, un riche propriétaire terrien, c’est lui que l’on retrouve assassiné le lendemain.

Plus personne ne se sent en sécurité. D’autant que les ennemis et potentiels meurtriers sont nombreux.

Lizzie, secondé de son époux, se lance dans une sombre enquête destinée à révéler les secrets de Sir Henry et démasquer un tueur aussi impitoyable que vengeur.

Critique :
À une époque où aucun homme anglais n’est prêt à accepter une femme dans un poste de police (ça leur fout des frisson rien que d’y penser), à une époque où la place des femmes est en cuisine, avec les marmots, ou au tricot, Lizzie Martin peut s’estimer heureuse d’avoir épousée un homme tel que l’inspecteur Ben Ross.

Oh, il reste un produit de l’époque victorienne, malgré tout, il laisse une grande liberté à son épouse et à l’esprit un peu moins étriqué que la plupart des mâles de son temps (et des femmes, parce que tous les torts ne sont pas dans les mains des hommes).

Cette pauvre Lizzie est obligée d’accompagner sa tante en villégiature dans le New Forest, non loin de là où elle avait résolu les mystères du tome 2 (La curiosité est un péché mortel). Il est difficile de tenir tête à la veuve de son parrain, cette tante aux idées bien arrêtées et qui pratique le culot à un niveau olympique, comme le déni.

Il est amusant de voir comment sa tante s’enfonce dans la bêtise, notamment en étant persuadée que Sir Henry a été assassiné par un cambrioleur. Impossible de faire entendre raison à cette bonne femme, même lui mettant le nez dans ses contradictions ou les illogismes.

Cette dame d’un certain âge est l’illustration de bien des Anglaises de l’époque (pire, c’est intemporel ce genre de déni) qui ne veulent voir que ce qui les arrange, de peur de constater que leur époque change, que le monde change… Alors, telles des moules à leur rocher, elles s’y cramponnent, à leur idée à la con. Sa tante, Mrs Julia Parry, en est une brillante illustration.

Mais revenons au roman et à cette pauvre Lizzie qui se retrouve à la campagne, avec sa tante Parry, dans un petit village où tout se sait en un instant, comme s’ils avaient déjà le téléphone et les réseaux sociaux.

L’esprit des petits villages est bien représenté : tout le monde surveille les nouveaux arrivants, les secrets sont tus, on vous regarde de travers, l’esprit de clocher règne, on est toujours un peu superstitieux… La séparation entre les nantis et les besogneux est bien représentée aussi et la fracture est nette.

Bien que je n’ai rien vu venir de la personne coupable, j’ai trouvé que ce huitième tome était un peu lent par moment, donnant l’impression que rien n’avançait. Lla double narration (Lizzie / Ben), que j’apprécie en temps normal, a semblé être un frein à l’avancée de l’enquête.

Rien de rédhibitoire ou de grave, les 360 pages se dévorent en deux jours et les longueurs sont noyées dans les dialogues qui, bien souvent, ne manquaient pas de piquant. Cette enquête manquait juste un peu de sel et m’a semblée un peu fade, comparée à des précédentes.

Durant les neuf dixième, Lizzie et Ben semblent ne pas savoir qui aurait pu faire le coup et puis, une phrase dite innocemment dans une conversation et boum, Lizzie comprend, vérifie et assemble les pièces du puzzle, démystifie le coupable, prenant une longueur d’avance sur son époux inspecteur, lui-même y étant arrivé avec une grosse longueur de retard. Girl power !

Un polar historique sympathique, des personnages qui j’aime retrouver, une époque victorienne bien détaillée (mais jamais trop) et des vacances, qui, comme toujours, tournent mal avec des meurtres à résoudre. Les enquêteurs, hommes ou femmes, n’auront jamais droit à des vacances tranquilles !

Une LC réussie avec Bianca qui, comme moi, a trouvé quelques longueurs.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°241] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Dans les eaux du Grand Nord : Ian McGuire

Titre : Dans les eaux du Grand Nord

Auteur : Ian McGuire
Édition : 10/18 (2017/2019)
Édition Originale : The North Water (2017)
Traduction : Laurent Bury

Résumé :
Puant, ivre, brutal et sanguinaire, Henry Drax est harponneur sur le  » Volunteer « , un baleinier du Yorkshire en route pour les eaux riches du cercle polaire arctique.

Patrick Sumner, un ancien chirurgien de l’armée traînant une mauvaise réputation, n’a pas de meilleure option que d’embarquer sur le baleinier comme médecin.

En Inde, pendant le siège de Delhi, Sumner a cru avoir touché le fond de l’âme humaine, et espère trouver du répit sur le « Volunteer »…

Mais pris au piège dans le ventre du navire avec Drax , il rencontre le mal à l’état pur et est forcé d’agir. Alors que les véritables objectifs de l’expédition se dévoilent, la confrontation entre les deux hommes se jouera dans l’obscurité et le gel de l’hiver arctique.

Critique :
1859, Angleterre… Nous allons faire la connaissance du sieur Henry Drax et, comme dans un Columbo, nous ne raterons du meurtre et nous aurons l’identité du coupable. L’analogie s’arrêtera là. Et dans analogie, il y a… anal, en effet.

Drax aime les jeunes garçons, je ne vous ferai pas de dessin. Le meurtre du gosse est violent et marquant. Quelle entrée en matière !

Ce roman d’aventures restera aussi dans mes annales en raison de sa violence, qu’elle soit envers les animaux (nous sommes à bord d’un baleinier) du Grand Nord (phoques, baleines, ours blancs) ou envers les hommes.

Parce que dans un baleinier, les marins ne sont pas des enfants de coeur, mais si en plus des mousses, vous avez embarqué le fameux Drax et son goût pour les jeunes gamins, ça risque de mal se terminer ! Déjà que vous vouliez couler votre navire pour toucher les assurances…

Oui, ce roman restera dans mes annales, en partie pour les raisons exposées ci-dessus, mais aussi parce qu’après un tiers de pages, je me suis de temps en temps ennuyée et j’ai souqué plus ferme dans le but de passer outre de ces vagues d’ennui.

Ce roman possède des émotions fortes (violences, naufrage, survie, meurtres,…), des descriptions remarquables des paysages, des actions, de la vie sur un baleinier, par contre, je n’ai pas trouvé la bouée de sauvetage et j’ai bu la tasse de temps en temps. Trop de détail tue le détail, même si, pour l’immersion, c’était parfait.

Me voici donc mitigée au moment d’écrire ma chronique : le roman n’est pas mauvais du tout, il apporte le souffle de la grande aventure, il est précis, documenté, l’écriture descriptive est très jolie, et pourtant, il m’a manqué quelque chose pour que j’adhère totalement à ce récit.

Sans doute un personnage auquel me raccrocher, même si le chirurgien, Patrick Sumner, a fait l’affaire durant une grande partie du roman.

C’est une impression fugace qu’il manquait une âme à ce récit, un corps. Des émotions autre que le dégoût devant les massacres d’animaux ou des assassinats d’être humains.

Décrire avec précision la vie sur un baleinier, l’assaisonner de violence, de sodomie, d’assassinat d’un mousse, de fausses accusations, d’un coupable souffrant de déni purulent, rajouter une couche de violence, de descriptions peu ragoutantes, faire couler le navire et passer ensuite dans un récit de survie, tout en rajoutant une énorme couche de violence, ne fait pas d’un roman d’aventure un excellent roman d’aventure.

Dommage, le premier tiers était addictif et je l’avais lu en un rien de temps. La suite a défilé un peu plus vite lorsque je me suis mise à sauter des pages.

Une lecture en demi-teinte et le cul entre deux chaises (inconfortable) pour rédiger ma chronique. Tout n’est pas mauvais, dans ce roman, que du contraire, mais il manquait d’âme, que ce soit pour le récit ou pour les personnages, un peu trop brièvement esquissés. Zut alors…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°239] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les enquêtes de Frère Athelstan – 07 – Le Jeu de l’assassin : Paul Doherty

Titre : Les enquêtes de Frère Athelstan – 07 – Le Jeu de l’assassin

Auteur : Paul Doherty
Édition : 10/18 Grands détectives (2004)
Édition Originale : The Assassin’s Riddle (1996)
Traduction : Christiane Poussier et Nelly Markovic

Résumé :
En 1380, les morts brutales et soudaines ne sont pas rares dans les ruelles sordides de Londres.

Aussi, personne ne s’émeut lorsque l’on repêche dans la Tamise le corps d’Edwin Chapler, clerc de la chancellerie de la Cire verte. Le jeune homme s’est noyé après avoir été assommé d’un violent coup sur la nuque.

Mais, peu après, on découvre Bartholomew Drayton, usurier et prêteur sur gages, gisant dans sa chambre forte, un carreau d’arbalète fiché dans la poitrine…

Les deux meurtres auraient-ils un rapport ? Sir John Cranston, coroner de la ville de Londres, et frère Athelstan sont chargés de l’enquête.

Critique :
Un usurier est retrouvé mort, assassiné, dans sa chambre forte, ce qui en fait un meurtre en chambre close.

D’un autre côté, un clerc de la chancellerie de la Cire verte est assassiné et son corps jeté dans la Tamise.

Pour ceux et celles qui ne savent pas, pour quitter l’Angleterre, il fallait obtenir un visa, un sceau sur un papier. L’ancêtre du passeport, en quelque sorte.

On pourrait croire que des gens sont mécontents des services de la chancellerie, car ses employés vont tomber comme des mouches, assassinés par un mystérieux jouvenceau.

Comme d’habitude, Sir John Cranston et le frère Athelstan vont se retrouver face à trois énigmes à résoudre : celle de la chambre close, celle des meurtres de la chancellerie de la Cire verte et d’un Christ en croix qui pleure des larmes de sang, provocant l’émoi chez les paroissiens de Athelstan, ainsi qu’ailleurs. C’est un miracle, Salomon, un vrai miracle !

Les trois affaires s’emboitent parfaitement l’une dans l’autre et c’est toujours un plaisir de suivre les pérégrinations de nos deux hommes, que tout oppose et qui, pourtant, sont amis. Un Sherlock Holmes et un Watson du moyen-âge.

Une fois de plus, le côté historique est présent, sans jamais étouffer le récit, tant l’auteur l’incorpore parfaitement bien à son enquête. L’écriture est simple, sans être simpliste et les dialogues entre le coroner et le frère sont des petits bonbons à déguster sans modération.

Le régent est une fois de plus intransigeant avec nos deux enquêteurs, vu qu’il faut retrouver le magot qui se trouvait dans la chambre forte et qui a été volé. Ah, ces foutues têtes couronnées !

Frère Athelstan va encore avoir fort à faire pour démêler cet écheveau, tout en cherchant comment prouver que le crucifix miraculeux n’est qu’un faux grossier.

Rien n’est jamais simple dans ces romans, lorsque l’on pense que les ouailles de notre bon frère n’en font qu’à leur tête, dans le but de se mettre de l’argent en poche, on apprend, à la fin, que ce n’était pas aussi manichéen qu’on aurait pu le penser au départ.

Pour une fois, j’ai été plus forte que notre enquêteur en robe de bure… Une remarque innocente d’un protagoniste de l’affaire des clercs assassinés m’a mis la puce à l’oreille et j’ai compris qui était le meurtrier.

Attention, le mobile n’est pas si flagrant que cela, si on n’est pas mis en alerte par cette réflexion innocente, il sera impossible de comprendre avant les explications finale de notre homme de foi. Je vous rassure de suite, cela n’a pas gâché mon plaisir, que du contraire !

Par contre, je ne vais pas trop attendre avant de lire le tome suivant, car celui-ci se terminait sur un cliffhanger du tonnerre de Dieu !

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°236] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).