Ce genre de petites choses : Claire Keegan

Titre : Ce genre de petites choses

Auteur : Claire Keegan
Édition : Sabine Wespieser Littérature Etrangère
Édition Originale : Small Things Like These (2020)
Traduction : Jacqueline Odin

Résumé :
En cette fin d’année 1985 à New Ross, Bill Furlong, le marchand de bois et charbon, a fort à faire. Aujourd’hui à la tête de sa petite entreprise et père de famille, il a tracé seul sa route : élevé dans la maison où sa mère, enceinte à quinze ans, était domestique, il a eu plus de chance que d’autres enfants nés sans père.

Trois jours avant Noël, il va livrer le couvent voisin. Le bruit court que les sœurs du Bon Pasteur y exploitent à des travaux de blanchisserie des filles non mariées et qu’elles gagnent beaucoup d’argent en plaçant à l’étranger leurs enfants illégitimes.

Même s’il n’est pas homme à accorder de l’importance à la rumeur, Furlong se souvient d’une rencontre fortuite lors d’un précédent passage : en poussant une porte, il avait découvert des pensionnaires vêtues d’horribles uniformes, qui ciraient pieds nus le plancher. Troublé, il avait raconté la scène à son épouse, Eileen, qui sèchement lui avait répondu que de telles choses ne les concernaient pas.

Un avis qu’il a bien du mal à suivre par ce froid matin de décembre, lorsqu’il reconnaît, dans la forme recroquevillée et grelottante au fond de la réserve à charbon, une très jeune femme qui y a probablement passé la nuit.

Tandis que, dans son foyer et partout en ville, on s’active autour de la crèche et de la chorale, cet homme tranquille et généreux n’écoute que son cœur.

Critique :
C’est ce genre de petites choses que j’aime dans un roman : le contexte social, une crise économique, la présence de la religion et l’hypocrisie ambulante.

Après, il faut tout bien mettre en scène sinon c’est le vol plané assuré.

Ici, c’est mon coeur qui, une fois de plus, a pris un billet de parterre, se brisant en plusieurs morceaux après une chute.

Cette histoire, inspirée de faits réels puisque les couvents des Magdalene ont bel et bien existés et que ce qu’il s’y passait n’avait rien de catholique mais tendait plus vers les cercles de l’Enfer.

Cette histoire, on la dirait sortie d’un conte de Dickens : des gens pauvres, qui triment comme des esclaves, l’omniprésence de la religion, la toute puissance des religieuses et des jeunes filles exploitées.

Sérieusement, on pourrait croire que ce genre d’horreurs sont de l’époque révolue de la reine Victoria… Que nenni, ça existait toujours dans les années 90 puisque le dernier fut fermé en 1996 (merci Wiki).

Dans ce roman très court, très sobre mais bourré d’émotions, l’auteure met en avant l’hypocrisie habituelle des gens, ceux qui détournent la tête, qui ne veulent pas avoir ce qu’il s’y passe tant que leur linge est bien propre, qui colportent des ragots mais ne bougeraient jamais le petit doigt pour aider ces pauvres filles et qui, sans mauvaise conscience aucune, s’en vont à la messe de Minuit et fêtent Noël en famille.

De plus, il y a la peur… Les religieuses sont toutes puissantes, être admise dans l’école à côté est un honneur, une échelle pour s’en sortir et nos pingouins décident de qui y entrera. Les religieuses sont aussi des gros clients, payant rubis sur l’ongle et en ces temps de crises, on ne fait pas la fine bouche, alors, on ferme les yeux, on continue sa route et si la pingouin en chef vous donne un ordre, on l’exécute en disant « oui amen ».

Non, non, ne me faites pas croire que vous seriez des rebelles qui diraient non et qui tiendraient tête à la mère supérieure ! Nous sommes dans l’Irlande catho à mort et quand les soeurs font la pluie et le beau temps, on s’écrase car on ne veut pas perdre son gagne-misère.

Le récit est court, trop court… J’aurais aimé savoir ce qui allait se passer ensuite, même si je le devine… William Furlong n’est pas Zorro, ni Superman… Tout se paie dans la vie et parfois à un prix trop cher car dans sa ville, personne ne lui dira qu’il a eu raison, personne ne le félicitera, non, que du contraire, tout le monde le conspuera.

Puis, le jour om le scandale éclatera dans les années 90, tout le monde se placera de son côté, disant qu’il a raison, qu’il était un précurseur, un homme qui avait des couilles et la populace se ruera pour la curée sur ces religieuses dont elle a crain toute sa vie les représailles. Quand l’ennemi chute, on a du courage, avant, jamais.

Je ne jugerai pas la population car je ne sais pas si moi j’aurais eu le courage de m’opposer à ces bonnes femmes mariées à Dieu (ou Jésus) qui avaient bien trop de pouvoir dans leurs mains… et qui maintenant est passé à d’autres, puisque de toute façon ♫ Non, non, rien n’a changé… ♪

Une belle lecture, un récit tout en émotion, tout en questionnement, tout en douceur, un beau conte de Noël, sauf que derrière, il y a de la souffrance humaine dont les blessures ne guériront jamais.

Hélas, un récit trop court… J’aurais aimé plus de pages et ne pas quitter les personnages si abruptement sans recevoir de leurs nouvelles.

Une belle lecture faite grâce à la chronique de mon cousin, Cannibales Lecteurs.

 

Le Voleur de plumes : Kirk Wallace Johnson

Titre : Le Voleur de plumes

Auteur : Kirk Wallace Johnson
Édition : Marchialy (30/09/2020)
Édition Originale : The Feather Thief: Beauty, Obsession, and the Natural History Heist of the Century (2018)
Traduction : Doug Headline

Résumé :
Un soir de juin 2009, le jeune musicien virtuose Edwin Rist, destiné à une brillante carrière, commet un casse pour le moins incongru : après s’être produit à un concert de la Royal Academy of Music à Londres, il s’infiltre discrètement dans le musée d’Histoire naturelle pour voler des centaines d’oiseaux entreposés là depuis plusieurs décennies.

Plus étonnant encore, il ne s’empare pas des fleurons de la collection recueillis par Darwin, mais plutôt des paradisiers et autres spécimens rares aux couleurs éclatantes rapportés en Europe par un naturaliste méconnu du XIXè siècle.

C’est lors d’une partie de pêche à la mouche que Kirk Wallace Johnson entend parler de cette histoire pour la première fois.

Fasciné par l’affaire, il se lance dans une enquête passionnante, à la recherche de ces plumes disparues, et questionne notre obsession pour la beauté et notre désir de la posséder, à n’importe quel prix.

Critique :
Voler dans les plumes de quelqu’un est une expression connue (en référence aux combats de coqs) mais voler DES plumes à un musée, là, c’était tout de même du jamais vu !

Oser mettre sa carrière, sa réputation en l’air, pour piquer des oiseaux empaillés, collectés par Wallace au siècle dernier, tout ça pour pouvoir monter des mouches victorienne pour la pêche (et en revendre), ça me laisse pantoise…

Lorsqu’on a une addiction qui coûte la peau des fesses, faut trouver des combines et celle d’Edwin Rist était risquée mais d’une facilité déconcertante. 299 oiseaux volés pour une valeur d’un million…

La première chose qui m’a attirée dans ce roman, c’est sa couleur de couverture, un orange attirant, ainsi que la matière. C’est plus fort que moi, je l’ai pris dans mes mains et comme j’en avais entendu parler en bien, j’ai franchi le pas.

Partant d’un vol qui a réellement été commis, l’auteur a accompli une véritable enquête, remontant les pistes froides dans un milieu où règne l’omerta ! Non, on ne parle pas de la mafia mais de la fraternité des monteurs de mouche… On se serre les coudes, on ferme sa gueule car tout le monde connaît la difficulté de trouver des plumes d’oiseaux en voie d’extinction, protégés par des conventions ou disparus.

Ce qui m’a interpelé dans ce roman, en plus d’être captivant, c’est le côté conscience tranquille que l’on retrouve chez les monteurs de mouche et chez Edwin le voleur : puisque ces oiseaux collectés au siècle dernier, du temps de Darwin, ne sont pas utilisés et restent dans les tiroirs, les voler n’est pas un vol et les utiliser est une bonne chose puisque cela a sauver des oiseaux vivants…

Autant où au début j’avais eu de la sympathie pour le jeune Edwin et son rêve fou de monter des mouches rares, autant om ensuite je me suis détachée de lui, son discours rempli de bonne conscience me glaçant jusqu’à l’os.

Sans avoir besoin de beaucoup de mots, sans charger le baudet, l’auteur nous a dressé le portrait d’Edwin tel qu’il s’est livré lui-même durant l’interview. Il est en paix avec sa conscience, tout va bien… La perte immense du musée ? Bah, il n’en faisait rien de ses oiseaux… C’est le volé qui doit se justifier de ce qu’il fait de ses propriétés ou pas… Elle est forte, celle-là !

L’être humain est ainsi fait, ce qui est beau, il veut le posséder, se l’approprier ! Rien que pour lui… À n’importe quel prix. De toute façon, dans ce monde d’égoïstes centrés sur leur nombril et leur passion, rien ne peut les toucher, rien ne peut faire vibrer la corde sensible. Que ce soit celle d’Edwin, de ses copains qui montent des mouches ou de les autres qui chassent, détruisent, exterminent, volent…

L’Homme a exterminé des tas d’espèces vivantes, juste pour son plaisir, ça ne va pas changer maintenant dans les mentalités de certains. Et avant, on pensait que les animaux ne pouvaient pas s’éteindre, que Dieu y pourvoirait. Ben non les gars, fallait mieux gérer les ressources !

Véritable enquête dans un monde qui s’est fermé comme une huître dès que l’auteur a commencé à poser des questions sur le vol et la disparitions des oiseaux, ce qui avait commencé comme une enquête pour se changer les idées a débouché sur la mise en lumière d’un sport pas si respectueux des règles que ça et sur des pêcheurs prêt à vendre leur âmes au diable pour obtenir des plumes rares, quelque soit leur provenance.

L’auteur a réussi à rendre son roman intéressant, sans que j’aie envie de reposer le livre car on est tenu en haleine durant tout le temps.

J’étais loin de me douteur, en commençant cette lecture, que l’on pouvait captiver les gens avec un vol de plumes et que des pêcheurs étaient prêt à tout pour obtenir les plus belles plumes pour monter leurs mouches, quitte à niquer les lois et sans respect de la Nature.

PS : l’éditeur a soigné la présentation de son livre, c’est vraiment un bel objet que l’on tient en main et il en jette dans la biblio !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°164] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°34]

Un chocolatier pour Noël : Hope Tiefenbrunner

Titre : Un chocolatier pour Noël

Auteur : Hope Tiefenbrunner
Édition : MxM Bookmark Essential (28/10/2020)

Résumé :
La magie de Noël.

David n’y croit pas, pas plus qu’il ne croit qu’il pourrait se passer quelque chose entre lui et Nathan, qui travaille dans sa chocolaterie. Autant espérer croiser un lutin ! Après tout, Nathan est en couple et ne sort qu’avec des top models, pas vraiment la catégorie dans laquelle concourt David.

Lorsque Séraphine, sa meilleure amie, l’incite à écrire Nathan sur sa liste de Noël, David ne le fait que pour l’humour. Tout le monde sait que le père Noël n’existe pas et qu’il ne dépose pas les cadeaux au pied du sapin, même quand on a été très sage !

La magie de Noël n’existe pas. Mais ça… c’est lui qui le dit !

Critique :
En voyant une telle lecture chez moi, vous devez penser que c’est un poisson d’Avril en avance (ou en retard) ou pire, que je suis devenue zinzin, qu’il faut appeler les blouses blanches de l’HP !

Ou que j’ai fumé les poils du chat additionné d’herbe de Provence, le tout roulé dans un tapis Ikéa.

Je vous rassure de suite, rien de ça ! L’année 2020 se terminant, j’avais envie de légèreté pour la terminer et mon choix s’est porté sur une romance joyeuse.

Enfin, une romance gaie… Gay ! Ben oui, pourquoi pas après tout puisque ma copinaute Sharon l’a lu et en a parlé en bien. Désolée, mais je ne voulais pas du neuneu non plus (oups, je sens le jeux de mots foireux que je n’ai pas voulu faire).

Qui dit romance dit final couru d’avance mais je m’en fichais parce que l’auteure a tout de même soigné ses personnages, les a rendu sympathiques, agréables à suivre, profonds et j’aurais eu envie d’aller bosser avec eu dans la chocolaterie (sans Charlie) et de ressentir cette belle ambiance de travail quasi familiale.

Par contre, l’auteure semble s’être assise sur la législation du travail car ses personnages bossent 7/7, même le jour de Noël ! Qu’un indépendant bosse non stop, c’est courant, j’en connais plein (soit ils triment pour s’en sortir, soit ils adorent leur job), mais on ne peut pas imposer ça à ses employés sans qu’il y ait des jours de récup ! Eux, ils font les 70 heures semaine au lieu des 35…

C’est décidé, je vais envoyer l’inspection du travail faire une descente dans cet atelier afin de vérifier tout ça. Comme j’ai tout vu, j’ira avec et j’en profiterai aussi pour piquer des chocolats de la main gauche pendant que la droite testera la fermeté des fesses de Nathan dont on dit qu’elles sont à tomber ! #BalanceTaCochonne (mdr).

Nathan se retourna, se mit sur la pointe des pieds et David eut toutes les peines du monde à se concentrer sur autre chose que les fesses qui étaient de nouveau à quelques centimètres de son visage. Cela lui donnait des idées parfaitement déplacées.

Hormis ce point d’achoppement sur les heures et jours de travail, je ne me plaindrais de rien d’autre. J’ai passé un bon moment de lecture, sans prise de tête, avec un sourire béat.

Sans révolutionner le genre de la romance, l’auteure a réussi à me tenir en haleine alors que la scène d’ouverture m’avait laissée la bouche ouverte car il est rare qu’un roman commence par le passage aux toilettes pour le petit pipi du matin (même si ça concerne tout le monde, rois comme présidents comme citoyen lambda), avec la gaule en plus.

Puisque nous sommes dans une romance gay, l’auteure en profitera aussi pour parler d’homophobie et de ces enfoirés qui adorent casser du pédé (mais s’amusent-ils aussi à aller casser du mec baraqué ceinture noire de karaté ?) juste pour le plaisir d’humilier et de jouer aux durs à plusieurs contre un.

L’acceptation de leur orientation sexuelle par leurs parents y passera aussi, même si, de ce côté-là, les réactions des parents de nos hommes sera plus de l’indifférence que du rejet pur et simple. Maintenant, qu’est-ce qui est le pire ? L’indifférence ou la non acceptation ? Vous avez deux heures…

Une romance gay qui a le mérite de m’avoir fait sortir de mes sentiers battus, loin de ma came littéraire habituelle, qui m’a donné la pêche et même la banane !

Une romance qui est comme une boîte de chocolats (pas celle de Forrest Gump) : on sait sur quoi on va tomber mais on replonge la main avec gourmandise et on dévore, on lèche, on croque (ce que vous voulez).

Un roman qui est joyeux, où les personnages sont attachants (sauf le crétin d’enfoiré), sympathiques et auquel on s’attache de suite. Une lecture idéale pour les temps de sinistrose que nous vivons depuis mars 2020 !

 

La vallée des poupées : Jacqueline Susan [LC avec Bianca]

Titre : La vallée des poupées

Auteur : Jacqueline Susan
Éditions : Presses de la cité (2014) / 10/18 (2016)
Édition Originale : Valley of the Dolls (1966)
Traduction : Michèle Lévy-Bram

Résumé :
1945. Anne Welles quitte sa famille et son fiancé de Nouvelle-Angleterre pour débarquer à New York, la tête pleine de rêves et de gloire.

Elle y devient secrétaire d’un avocat spécialisé dans le théâtre et fait la connaissance de deux autres jeunes femmes qui prévoient de faire carrière dans le monde du spectacle: l’ambitieuse et prometteuse Neelly O’Hara et la très belle mais peu talentueuse Jennifer North.

Des bureaux d’agents d’artistes aux coulisses de Broadway, des plateaux d’Hollywood aux premières émissions TV, le roman suit leur ascension (et chute) respective, au rythme de leurs rencontres plus ou moins heureuses, carrière, amitié, amours bien sûr et autres trahisons et désillusions…

Critique :
Dallas était un univers impitoyable ♪ mais Broadway et New-York aussi !

Bienvenue dans le monde du show-bizz des années 45 à 65. Bienvenue dans un panier de crabes où tout les coups de putes sont permis.

Bienvenue dans ce qui ressemble souvent à un règlement de compte à O.K Corral mais en version plus perfide car ici, on peut tirer dans le dos.

Si vous voulez vous changer les idées et lire un truc gentillet, va falloir choisir un autre roman si vous ne voulez pas finir en dépression devant tant de perfidie, de saloperie, d’exploitation de la Femme par l’Homme.

Attention, ne pensez pas que les poupées du titres sont les jolies jeunes filles de la couverture ! Le docteur House était accro à la Vicodine et ici, les pilules qui font dormir, maigrir, rendent heureuses, les filles les appellent les poupées. Il y en a de toutes les couleurs, comme les Dragibus, mais avec elles, vous risquez bien plus que des caries (l’addiction est la même, par contre).

Après la Seconde Guerre Mondiale, les femmes rêvent de liberté, de se prendre en main, de mener une carrière artistique. Hélas, les hommes sont toujours paternalistes ou bien coureurs de jupons ou pensant que la place de la femme est au foyer, avec des marmots dans les pattes.

À 18 ans Ann a quitté sa province, bien décidée à empoigner la vie. Neelly rêve de gloire aussi, dans la même pension d’Ann et ensemble, elle croiseront la route de Jennifer. Toutes les trois ont les mêmes aspirations ou presque.

Faut pas croire que ce roman ressemble à une série américaine neuneu faite pour les ménagères de plus de 50 ans ou les bobonnes. Le scénario vole bien plus haut que les débilités au long cours que sont certaines séries. C’est Amour, Gloire et Beauté mais en version plus trash et cynique. C’est l’envers du décor du show-bizz et il n’est pas beau à voir.

Le pire, c’est que les horreurs et coups bas qui avaient lieu en 1945 ont toujours lieu maintenant, à quelques différences près (les réseaux sociaux et des nouvelles drogues en plus). L’univers du show-bizz est toujours plus impitoyable que celui de Dallas (vous l’avez en tête, le générique ???)…

Mes bémols iront à des personnages qui m’ont parfois un peu déçus dans leur comportement, qui auront manqué de courage, de reconnaissance.

Le beau Lyon est un coureur de jupons qui prend des excuses débiles pour ne pas se fixer (des claques !) ; Ann qui nous la joue midinette à 18 ans, je comprends, mais pas 18 ans après, surtout auprès d’un homme qui est resté des années silencieux et qui l’avait plaqué comme une vieille chaussette puante et Neelly qui ne se comportera pas comme une amie sur la fin du roman.

Toutes les femmes de ce roman avaient des rêves de gloire, d’amour et de beauté éternelle. Une soif éperdue de succès, de reconnaissance, de public en liesse. L’argent est facile à faire mais il part encore plus vite qu’une baignoire qui fuit dans un problème de math.

Un très bon roman sur l’envers du décor qui est bien plus sombre que celui qu’on nous montre habituellement, rempli de paillettes, de sourires Pepso Dent, de cirage de pompes et de main amicale dans le dos. Ne vous fiez pas au apparences, tout est faux.

En tout cas, je remercie Bianca de m’avoir proposé ce roman en LC parce que sans sa proposition (et la présence du roman chez mon bouquiniste préféré), jamais je n’aurais lu ce roman.

Nous avons toutes deux passé un bon moment lecture, avons ressenti les mêmes choses et trouvé aussi que certains personnages méritaient des claques !

Le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Un livre de martyrs américains : Joyce Carol Oates

Titre : Un livre de martyrs américains

Auteur : Joyce Carol Oates
Édition : Philippe Rey Littérature étrangère (05/09/2019)
Édition Originale : A book of american martyrs (2017)
Traduction : Claude Seban

Résumé :
2 novembre 1999. Luther Dunphy prend la route du Centre des femmes d’une petite ville de l’Ohio et, se sentant investi de la mission de soldat de Dieu, tire à bout portant sur le Dr Augustus Voorhees, l’un des « médecins avorteurs » du centre.

De façon éblouissante, Joyce Carol Oates dévoile les mécanismes qui ont mené à cet acte meurtrier. Luther Dunphy est à la fois un père rongé par la culpabilité car responsable de l’accident qui a causé la mort d’une de ses filles, et un mari démuni face à la dépression de sa femme.

Pour ne pas sombrer, il se raccroche à son église où il fait la rencontre décisive du professeur Wohlman, activiste anti-avortement chez qui il croit entendre la voix de Dieu.

Comme un sens enfin donné à sa vie, il se sent lui aussi chargé de défendre les enfants à naître, peu importe le prix à payer.

Dans un camp comme dans l’autre, chacun est convaincu du bien-fondé de ses actions. Mené par des idéaux humanistes, Augustus Voorhees, le docteur assassiné, a consacré sa vie entière à la défense du droit des femmes à disposer de leur corps.

Les morts de Luther et d’Augustus laissent derrière eux femmes et enfants, en première ligne du virulent débat américain sur l’avortement. En particulier les filles des deux hommes, Naomi Voorhees et Dawn Dunphy, obsédées par la mémoire de leurs pères.

La puissance de ce livre réside dans l’humanité que l’auteure confère à chacun des personnages, qu’ils soient « pro-vie » ou « pro-choix ».

Sans jamais prendre position, elle rend compte d’une réalité trop complexe pour reposer sur des oppositions binaires.

Le lecteur est ainsi mis à l’épreuve car confronté à la question principale : entre les fœtus avortés, les médecins assassinés ou les « soldats de Dieu » condamnés à la peine capitale, qui sont les véritables martyrs américains ?

Joyce Carol Oates offre le portrait acéré et remarquable d’une société ébranlée dans ses valeurs profondes face à l’avortement, sujet d’une brûlante actualité qui déchire avec violence le peuple américain.

Critique :
Devant un centre d’avortement, Luther Dunphy tire à bout portant sur un médecin avorteur, le Dr Augustus Voorhees.

Pour lui, ce médecin est un assassin et les femmes qui avortent des meurtrières aussi car pour lui, quelque soit la raison de la grossesse (viol, inceste, raisons médicales,…), l’avortement est un péché.

Le procès est facile : Luther coupable et au pilori ces fous de Dieu qui agissent en Son Nom, pour Lui, à Sa place, comme si Dieu n’était pas assez grand pour punir (en partant du principe établi que Dieu existe).

Parce que même si vous n’êtes pas une enragée de l’avortement, vous accordez quand même aux femmes de disposer de leur corps et de ce qui y pousse, contre leur gré. Oui, on tue un être vivant mais ceci est l’affaire de celle qui l’accompli, pour les raisons qui lui sont propres et que nous ne connaissons pas.

Pourquoi ? Parce que le grand philosophe qu’est Patrick Juvet n’a pas posé la bonne question : où sont les hommes (les pères) ?? Pour faire un enfant, il faut un homme et une femme, ça reste toujours la bonne vieille méthode éculée de l’ovule et du spermatozoïde.

Mais lorsque la femme tombe enceinte des œuvres des coups de rein de monsieur (qu’elle soit consentante ou pas), ce dernier n’est jamais avec elle à la clinique de l’avortement ! Comme si ensuite, c’était le problème de madame, rien que le sien. Facile, non ?

Et puis ensuite, si il faut, on frappera la femme qui a avorté ou l’Église la jugera, sa famille aussi, même si elle a été victime d’un viol…

En commençant ce roman, mon procès était fait, plié, terminé d’avance, avant même que Luther Dunphy, le coupable, ne présente les circonstances de l’assassinat de celui qu’il considérait comme un meurtrier (le Dr Augustus Voorhees, le médecin avorteur).

Il aurait été plus facile si tout avait dichotomique : les bons d’un côté et les mauvais soldats de Dieu de l’autre.

Cela n’aurait pas été réaliste, bien évidemment, mais pour ma conscience, cela lui aurait évité d’être tiraillée à hue et à dia et de tourner en rond avec cette question obsédante : qui sont les martyrs américains ? Les foetus avortés, les médecins qui pratiquent les avortements et qui risquent de se faire tuer ou les fous de Dieu qui flinguent les médecins ?

Peut-être que tout simplement, les martyrs sont les femmes qui se retrouvent enceintes sans l’avoir demandé puisque certains considèrent encore la contraception comme un péché.

Ces femmes aux prises avec des maris libidineux qui se comportent comme des lapins en rut ; ces femmes/jeunes filles/gamines victimes de prédateurs sexuels qui les ont violées et qui courent toujours ; ces femmes pauvres qui ne savent pas comment elles nourriront une bouche de plus… Une fois de plus, aucun homme pour les épauler.

L’auteur déroule la vie de deux familles : celle de l’assassin et celle de l’assassinée. Cela vous fait plonger dans leur vie, dans l’enfance de l’assassin et même si à la fin du récit vous le considérez toujours coupable, vous saurez au moins le pourquoi du comment il en est arrivé là. Un éclairage est toujours bon pour l’esprit.

L’auteure n’est pas tendre avec l’Amérique et la mentalité rétrograde de certains qui ne jure que par Dieu. Les croyances sont l’affaire privée de chacun, je ne les rejette pas mais certains vont trop loin et on a l’impression de ne pas se trouver en Amérique, pays qui se veut libre, tolérant et progressiste (pourquoi vous toussez ?), mais dans le fin fond du fin fond des âges sombres dont nous avons émergés.

Ce livre n’est pas facile à lire car il est profond, il ne juge personne, il déroule les faits, mais certains passages sont des plus horribles, comme les foetus dans des sacs poubelles et l’injection létale.

Mais au moins, il a le mérite d’aller au fond des choses et de nous montrer les conséquences de l’acte d’assassinat sur les familles, que ce soit celle du tireur (Dunphy) que celle de la victime (Voorhees).

Entre nous, j’ai trouvé que les passages consacrés à la famille Dunphy plus intéressants que ceux consacrés à la famille Voorhees car plonger dans le quotidien difficile d’une famille pieuse et pas riche était plus enrichissant que celle de la famille instruite. Dawn Dunphy m’a profondément plus marqué que Naomi Voorhees.

Mon seul bémol sera pour la longueur du roman (864 pages) : 150 pages de moins lui aurait évité cette impression de lourdeur qu’il donne par moment, surtout lorsque nous sommes avec la famille Voorhees.

À certains moments de ma lecture, j’ai tiré la langue comme un coureur non entraîné (qui a dit non dopé ?) qui grimperait le mont Ventoux. Lui s’accrochera à une voiture, moi j’ai sauté quelques passages longs et insipides.

Un roman qui analyse brillamment et de manière pointue une société fort complexe sans la juger.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°49], le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Boucet le et le Challenge Pavévasion – Saison 1 (de 17 mars au 10 mai) et saison 2 (du 20 juin au 22 septembre) chez Mez Brizées [Lecture N°09 – 864 pages].

Notre-Dame du Nil : Scholastique Mukasonga

Titre : Notre-Dame du Nil

Auteur : Scholastique Mukasonga
Édition : Gallimard (01/03/2012)

Résumé :
1973. Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2.500 mètres d’altitude, près des sources du grand fleuve égyptien.

Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d’accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l’intérêt du lignage.

Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota « ethnique » limite à 10 % le nombre des élèves tutsi.

Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un « vieux Blanc », peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé.

Avec passion, il peint à fresque les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d’insoumises reines Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires.

Non sans risques pour sa jeune vie, et pour bien d’autres filles du lycée, la déesse est intronisée dans le temple qu’il a bâti pour elle.

Le huis clos où doivent vivre ces lycéennes bientôt encerclées par les nervis du pouvoir hutu, les amitiés, les désirs et les haines qui traversent ces vies en fleur, les luttes politiques, les complots, les incitations aux meurtres raciaux, les persécutions sournoises puis ouvertes, les rêves et les désillusions, les espoirs de survie, c’est, dans ce microcosme existentiel, un prélude exemplaire au génocide rwandais, fascinant de vérité, d’une écriture directe et sans faille.

Critique :
Un collège pour jeunes filles riches et de bonnes familles est perché là-haut sur la montagne, à l’orée des nuages.

Pas pour avoir de l’air pur, non, juste pour faire en sorte que les jeunes filles arrivent vierges au mariage que leurs familles auront mis en place pour elles.

Déjà, la gorge se bloque… Puis la salive passe plus difficilement lorsqu’on apprend que dans ce collège huppé où l’on doit parler français, il y a un quota pour les Tutsis.

Pas plus de 10% de Tutsis sinon, certains vont en chier des pendules.

Les Hutus se sentent supérieurs aux Tutsis et dans leurs têtes, il le sont. Tout est bon pour rabaisser l’autre ethnie, pour les vilipender, à voix haute, pour leur faire comprendre que sans eux, ça irait mieux.

Il y a du mépris de Blanc, dans les paroles hautaines des Hutus. Oui, dans leurs commentaires, dans leur manière de rabaisser les Tutsis, c’est comme si les Hutus copiaient l’arrogance des Blancs.

Ça m’a fait froid dans le dos. Et nous n’étions que dans les années 70 (1973), pas encore en 1994. Bien que j’ai appris qu’un massacre avait déjà eu lieu en décembre 1963 (entre 8.000 et 12.000 hommes, femmes et enfants furent massacrés).

Celle qui attise les braises de la haine, c’est Gloriosa, une fille de ministre Hutu qui cherche par tous les moyens à faire de la politique à l’école et à faire en sorte que les Hutus soient exclus de l’école et d’ailleurs aussi.

Manipulatrice en chef, Gloriosa va monter tout le monde contre les quelques élèves Tutsis, le tout sous le regard absent des professeurs français qui laisseront faire avec une passivité qui m’a laissé baba. L’art de regarder ses chaussures quand, à côté de nous, se jouent des drames…

Dans ce roman qui nous plonge au cœur de ce collège réputé où les haines raciales sont farouches, on distingue l’ombre des Français et des Belges, mais pas dans ce que nous avons de meilleur puisque ça sent mauvais le colon. Et il n’y a rien de bon dans le colon…

Ce roman, c’est aussi l’occasion d’apprendre sur la manière de vivre au Rwanda, comment s’organisent les familles, sur la cuisine, le climat, avec sa saison des pluies et la saison sèche, les marques de respect à avoir sur certains membres de la famille, notamment celle du père, la plus importante… Hé oui, société patriarcale.

Ce huis-clos dans un collège huppé, ce n’est jamais que la transposition des mentalités de l’époque envers les Tutsis. Les classes sociales sont présentes dans l’école aussi et les jeunes filles Hutus ne font que répéter ce qu’elles ont entendu dans leurs propres familles au sujet des Tutsis.

Une haine pareille, elle ne vient pas de naître, elle est déjà ancrée profondément dans l’esprit des parents, des grands-parents et sont transmises à leurs enfants, comme on apprendrait une comptine. Sauf qu’ici, la comptine, on la chantonne à la machette.

Un roman fort, puissant, servi par une écriture simple (mais pas simpliste) qui nous parle de la société Rwandaise, de ses mœurs, de sa culture et des clivages entre deux ethnies. Un désamour qui se change en haine et où, les esprits s’échauffant lentement, se finira dans un bain de sang plus tard.

Une belle manière (si je puis dire) de nous expliquer en partie le pourquoi du comment. En tout cas, ça commence toujours avec des petits riens qu’on monte en épingle, ajoutant une bonne dose de propagande, de mensonges, de contre-vérités, de culot et qu’on mélange dans la marmite appelée haine de l’autre.

Le bal des folles : Victoria Mas

Titre : Le bal des folles

Auteur : Victoria Mas
Édition : Albin Michel (21/08/2019)

Résumé :
Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires.

Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres.

Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Critique :
Avant, lorsqu’on voulait se débarrasser d’une femme, c’était très facile : on l’emmenait à la Salpêtrière et on la faisait déclarer folle.

Même pas besoin de soudoyer un médecin pour un faux certificat médical, la parole d’un homme suffisait puisque les possesseurs de bananes-kiwis avaient le pouvoir absolu.

Nous les femmes, nous avions juste le droit de fermer notre gueule, de ne pas marcher hors des sentiers délimités pour notre sexe, fallait éviter à tout prix les envies de révoltes et même en restant dans le carcan étroit qui nous était dévolu, le mâle (père, mari) ou une belle-mère pouvait nous faire interner.

Effectivement, ce roman met à nu les conditions de la femme à la fin du 19ème siècle (1885) et force est de constater, une fois de plus, que nous revenons de loin et qu’il y a un peu plus de 100 ans, il était possible de faire disparaître une femme dans un asile d’aliéné sans qu’un bilan de santé soit établi.

La Salpêtrière, ce n’est pas Bedlam (Bethlem Royal Hospital à Londres) mais tout de même, les droits n’existent pas.

Au travers de différents regards, que ce soit des patientes ou d’une infirmière, l’auteure nous fait déambuler dans les couloirs, à quelques semaines du fameux bal des folles où la bourgeoisie va venir voir les aliénées danser, en espérant qu’une fera une crise, afin d’avoir des sujets de conversations jusqu’à la fin de l’année.

Si je regrette un peu que le portrait dressé de Charcot soit minime, les portrait des femmes croisées sont des plus réussis.

Que ce soit Eugénie, jeune fille d’une bonne famille qui voit et entend les morts, ou Louise, qui rêve de son amoureux, persuadée qu’elle va sortir de là et Geneviève, infirmière aussi rigide qu’un corset métallique qui va se réchauffer un peu, ces femmes ont une histoire que l’auteure va mettre en scène et nous les faire aimer.

Une fois de plus, je suis tombée sur une petite pépite littéraire qui bien que mettant en scène un sujet lourd, grave et ayant existé, ne sombre pas dans le pathos ou le larmoyant.

On ne rigole pas, certes, mais  c’est addictif, on veut connaître le destin de nos différentes femmes et les émotions sont perpétuellement en voyage, dans cette lecture puisque l’on passe de l’indignation à la tendresse, avant d’avoir envie de hurler devant l’étroitesse d’esprit de certains personnages face à ce qui est autre que leurs croyances ancrées.

Un peu plus de pages n’auraient pas nui à l’histoire car l’épisode du fameux bal est assez court. De plus, quand on aime un roman, on a toujours envie d’en avoir un peu plus.

Un roman historique qui lève le voile sur ce qu’on appelait la folie en 1885 et où la majorité des patientes n’étaient pas folles du tout. Un roman humaniste, une petite pépite qu’on lit avec gourmandise en pestant sur nos sociétés phallocratiques (la banane) où tout le pouvoir était dans les mains des hommes.

C’est bouleversant.

Au nom du Japon : Hirō Onoda

Titre : Au nom du Japon

Auteur : Hirō Onoda
Édition : La manufacture de livres (06/02/2020)
Édition Originale : Waga ruban shima no 30-nen sensō (1974)
Traduction : Sébastien Raizer

Résumé :
1945. La guerre est terminée, l’armistice est signé. Mais à ce moment précis, le jeune lieutenant Hirō Onoda, formé aux techniques de guérilla, est au cœur de la jungle sur l’île de Lubang dans les Philippines.

Avec trois autres hommes, il s’est retrouvé isolé des troupes à l’issue des combats.

Toute communication avec le reste du monde est coupée, les quatre Japonais sont cachés, prêts à se battre sans savoir que la paix est signée.

Au fil des années, les compagnons d’Hirō Onoda disparaîtront et il demeurera, seul, guérillero isolé en territoire philippin, incapable d’accepter l’idée inconcevable que les Japonais se soient rendus.

Pendant 29 ans, il survit dans la jungle. Pendant 29 ans il attend les ordres et il garde sa position. Pendant 29 ans, il mène sa guerre, au nom du Japon.

Ce récit incroyable est son histoire pour la première fois traduite en français. Une histoire d’honneur et d’engagement sans limite, de foi en l’âme supérieure d’une nation, une histoire de folie et survie.

Critique :
♫ C’est peut-être, Une goutte dans la mer ♪ Oui mais c’est sa raison d’être ♪ Sa raison d’être, sa raison d’être ♪

Défendre le Japon et accomplir sa mission, c’était la raison d’être du sous-lieutenant Hirō Onoda et tant qu’il n’aura pas reçu l’ordre d’arrêter, de la part du commandement, il continuera, envers et contre-tout, jusqu’au boutisme, même tout seul, jusqu’à l’abrutissement, à accomplir sa mission…

Maintenant, cette vie prenait fin, et j’étais brutalement privé de ma raison d’être.

Ce récit pourrait prêter à sourire tant Hirō Onoda refuse de voir la réalité : le Japon a perdu la guerre… Pour lui, dans sa conception d’esprit, tant qu’un Japonais sera vivant, le Japon ne se rendra pas. Parce que si le Japon s’est rendu, pour lui, c’est que TOUS les Japonais sont morts.

Hors, comme il est vivant, le Japon se bat toujours, il se bat toujours, même si ce qu’il accompli est une goutte d’eau dans la mer.

Je croyais sincèrement que le Japon ne se rendrait jamais, tant qu’un seul Japonais serait encore en vie. Et réciproquement, si un seul Japonais était encore en vie, le Japon ne pouvait s’être rendu.

Ou sa variante : « Qui a dit que nous avions perdu la guerre ? Les journaux prouvaient que c’était faux. Si nous avions perdu, tous les Japonais seraient morts. Le Japon n’existerait plus, sans même parler des journaux japonais. »

Non, ça ne donne pas du tout envie de rire ce jusqu’au-boutisme. Ça ferait plutôt peur de voir un soldat autant attaché à sa patrie, à son Empereur, aux commandements de ses supérieurs.

On lui a inculqué la formation de guerre secrète à Futamata et il est voué corps et âme à la mission qu’on lui a donnée : mener des actions de guerre non conventionnelles à Lubang, une île dans les Philippines.

Pour Hirō Onoda, un ordre est un ordre. Là où d’autres auraient abandonné, se carapatant vite fait bien fait, lui, il reste ! Et durant 30 ans, il va sillonner la jungle avec trois soldats, puis deux, puis un, puis plus que lui…

Dans cette jungle, en compagnie de deux autres soldats (un a déserté), Hirō Onoda se persuade (et persuade les autres) que tous les journaux qu’ils lisent, les émission des radio qu’ils écoutent, les messages qu’on leur envoie, les photos de leur famille qu’on leur dépose, les messages du frère d’Hirō, ne sont que de la propagande, de l’enfumage de cerveau, un vaste complot mis au point par les Américains.

Je le ferai ! Même si je ne trouve pas de noix de coco, même si je dois manger du chiendent, je le ferai ! Ce sont les ordres que j’ai reçus et je les mettrai à exécution !

Notre Hirō s’est créé un monde dans lequel il peut survivre puisque, pour lui, le Japon se bat toujours et n’a pas déclaré forfait. Il évolue dans une sorte de dystopie pour lui tout seul (et les deux autres qui sont resté avec) où tout ce qu’il apprend n’est qu’un grand complot mondial et, comme tout bon défenseur d’une théorie du complot, il fait feu de tout bois et tout est bon pour le conforter à son histoire, même si ça n’a aucun sens.

C’est un beau récit, car il est véridique, mais j’ai trouvé le ton assez froid. Alors que nous crapahutons dans la jungle, sous les pluies, crevant de faim, trempé, fatigué, les vêtements qui partent en lambeaux, que nous dormons au sol, que nous souffrons de la chaleur, et bien, je n’ai pas ressenti ces affres comme j’aurais voulu les ressentir.

Moi je voulais ressentir tout ça, avoir faim, sentir mes jambes fatiguer, le poids du sac durcir les muscles de mes épaules, la sueur devait me couler dans le dos, la pluie me faire frissonner… Ben non, la plume n’a pas réussi à me transmettre et à me faire ressentir ces sentiments, ces émotions.

Nous sommes face à un putain de récit, un truc de folie d’un soldat Japonais qui n’a pas « entendu » la réédition du Japon, qui se croit toujours en guerre, qui fait la guérilla durant 29 ans, qui est resté comme prisonnier du temps, bloqué en 1945 (même s’il sait à quelle date on est) et on ne ressent pas une osmose entre nous et le narrateur, ni avec les personnages secondaires ?

Nom de Zeus, c’est comme déguster un plat magnifique qui serait sans goût, sans explosion pour les papilles gustatives. Fade, presque. On le mange, parce qu’on veut savoir le pourquoi du comment, parce que c’est un récit qui mérite qu’on le lise, une histoire qui doit être connue, un témoignage qui doit être transmit, mais on le fait machinalement, sans que ça bouleverse.

Un récit hallucinant mais manquant cruellement de sel, d’épices, d’émotions. Cette magnifique histoire est desservie par l’écriture qui est trop froide et qui n’explore pas ce que Hirō Onoda a bien pu foutre durant 29 ans pour glaner des infos alors qu’il a tout de même loupé la plus importante de toute : le Japon a capitulé.

On a beau le lui dire sur tous les supports, il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas voir. Pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas entendre. Oui, je sais, j’ai mélangé les sens, mais c’est exprès. Na !

Il m’a manqué les émotions et ça me fend le coeur. Malgré tout, vu le récit hallucinant, c’est tout de même un roman à découvrir (ou une histoire à connaître).

 

Je n’ai pas eu les émotions que je voulais !

De mort lente : Michaël Mention

Titre : De mort lente

Auteur : Michaël Mention
Édition : Stéphane Marsan (11/03/2020)

Résumé :
Ils sont partout, mais c’est un secret bien gardé. Dans votre nourriture, vos meubles, les jouets de vos enfants. Vous êtes empoisonné, mais vous ne le savez pas encore. Tant que leur degré de toxicité ne sera pas démontré, les perturbateurs endocriniens continueront de se répandre dans notre quotidien.

Il n’y a encore pas si longtemps, Marie, Nabil et leur fils étaient heureux. Philippe était un éminent scientifique. Franck était un journaliste réputé. Désormais, ils sont tous des victimes. Aucun d’eux n’est de taille à lutter contre le puissant lobby de l’industrie chimique. Tout ce qu’ils exigent, ce sont des réponses. Mais ils posent des questions de plus en plus gênantes…

C’est le début d’une guerre sans pitié, de Paris à Bruxelles, de la Bourse à la Commission européenne, où s’affrontent santé publique et intérêts privés.

Critique :
J’imagine bien un Top Chef où on demanderait aux candidats d’épicer leurs plats à grands coups de perturbateurs endocriniens, de rajouter un peu de PCB (polychlorobiphényles) pour le goût et de ne pas oublier d’assaisonner le tout avec une touche de bisphénol A…

Plus envie de saliver devant les plats ?

Et pourtant, nous bouffons ces saloperies sans même le savoir…

Des trucs qui ne nous disent rien car nommés PFC, PCB, BPA, PBDE, APE,…

Oui, vu d’ici, on dirait ma nièce de 6 mois qui babille… Il n’en est rien.

Si je devais chanter pour résumer le roman de Michaël Mention, je vous proposerais bien du Jacques Dutronc avec du ♫ On nous cache tout, on nous dit rien ♪

Mais au final, ce sera Nolwenn avec ♫ Glacée, oh, oh, glacée ♪ (on change un peu son « cassée »).

Oui, ce roman m’a glacée. Normal, on parle de perturbateurs endocriniens (des substances capables d’interférer avec notre système hormonal), ces petits tueurs que l’on ne voit pas, que Hercule Poirot ne saurait démasquer et qui nous tuent à petit feu.

Nous mourons de mort lente, mais tout va très bien madame la marquise.

Déjà que tous les mercredis, le « Conflit de Canard » (du Canard Enchaîné) me donne des sueurs froides, mais ici, ce fut pire : sueurs froides et mains moites.

Les manœuvres perfides des lobbys, véritables gangs aussi puissants qu’une mafia; la lenteur du système; les scientifiques qui mangent à tous les râteliers; la presse qui est subsidiée ou qui appartient à des grands patrons d’industries, qui n’est plus indépendante, tant elle est à la merci de l’argent des campagnes de pubs; certaines maladies qui augmentent, dans indifférence totale…

Tout comme moi, quelques personnages du roman morflaient déjà sévèrement (Nabil, Marie, Léonard, Franck, Philippe) dans le roman, mais ce qui m’a glacé plus que tout, ce furent les campagnes de bashing que durent subir certains personnages.

La pire des choses, surtout à l’heure des réseaux sociaux qui s’enflamment très vite, où tout se partage encore plus vite, tout le monde oubliant la présomption d’innocence et où l’on mise sur les émotions des gens et non sur leurs réflexions.

Propagande, tu n’as pas fini de vivre et d’enfler. C’est aussi dévastateur qu’une exécution musclée du gang des MS-13, le sang en moins. Après, on ne s’en relève jamais tout à fait.

Le roman de Michaël Mention parle d’un sujet difficile, que personne n’a envie de lire parce que la politique de l’autruche est plus simple et que de toute façon, après moi, les mouches…

Et pourtant, même avec un sujet rébarbatif au possible, l’auteur arrive à nous faire vibrer, à nous instruire, à nous faire peur, à nous faire vivre ce combat perdu d’avance entre David le citoyen lambda et Goliath, la grosse industrie qui se la joue comme un gang.

Les personnages font beaucoup, on s’y attache, on vibre avec eux, on s’insurge à leurs côtés, on vocifère, on a envie de hurler que « Putain, c’est trop injuste » et de dégommer certains méchants, qui sont réussis eux aussi, même s’ils sont toujours dans l’ombre et qui envoient leurs « hommes » faire le sale boulot.

C’est d’un réalisme saisissant, quasi un reportage journalistique, sauf que ce reportage est romancé pour faciliter son ingestion. Ne comptez pas le digérer, c’est de notre santé et de notre vie qu’il en est. Une fois de plus, l’auteur me marque au fer rouge.

L’écriture de Michaël Mention me plait toujours autant, elle est reconnaissable entre toutes, c’est sa patte : jamais barbante, toujours intéressante, brassant large, tapant sous la ceinture et tout le monde en prendra pour son grade dans notre société.

Comme quoi, on peut instruire les lecteurs sans les noyer sous les informations, les pousser à s’interroger, les entraîner dans une histoire glaçante, aux côtés de personnages qui, comme nous, vont en baver.

Des romans glaçants, j’en ai lu beaucoup. Même des plus horribles que celui-ci, de ceux qui ont terminé dans mon freezer, car trop éprouvant à lire.

La seule différence, c’est qu’ils se déroulaient loin de chez moi, soit dans des autres pays, soit dans une autre époque. Ça m’avait remué les tripes, mais je me sentais protégée par la distance ou le temps.

Ici, je ne puis me protéger, je suis dedans jusqu’au cou… Et vous aussi. Glaçant. Dérangeant. Angoissant. Du grand art.

Bon appétit, s’il nous en reste.

PS : Michaël, désolée, mais vu ce que tu as osé faire à Starsky, tu viens d’intégrer ma kill-list, aux côtés d’Olivier Norek (son utilisation du micro-onde n’est toujours pas pardonnée) et de Bernard Minier (la scène de « Glacé » dans la montagne n’est toujours pas digérée non plus). Il est des choses qui ne se font pas, même dans un roman.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lectures N°01].

Pour mourir (lentement) moins bête… Mais on mourra quand même.

  • PFC (composés perfluorés) : s’accumulent dans les êtres vivants, causant des problèmes de développement et de la reproduction ainsi que des troubles du métabolisme. Ils sont cancérigènes et agissent sur les hormones thyroïdiennes.
  • PCB (polychlorobiphényles) : ils sont toxiques, écotoxiques et reprotoxiques (y compris à faible dose en tant que perturbateurs endocriniens). Ils sont classés comme cancérogènes probables.
  • BPA (bisphénol A) : Son écotoxicité est encore en débat, mais en juin 2017, après que le Canada l’a classé comme reprotoxique, le comité des États-membres de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a classé à l’unanimité le bisphénol A parmi les substances extrêmement préoccupantes du règlement REACh, en tant que perturbateur endocrinien.
  • PBDE (polybromodiphényléthers) : ils sont une suite de 209 produits chimiques bromés différents, dont certains sont ou ont été utilisés pour ignifuger les matières plastiques et les textiles. Ils ont aussi été utilisés à haute dose dans les années 1970 et 1980 pour l’extraction pétrolière. Plusieurs de leurs propriétés physiques rendent les composés de cette famille dangereux.
  • APE (éthoxyates d’alkylphénol) : En tant que composés xénobiotiques (c’est-à-dire en tant que molécule artificielle introduite dans l’environnement) ils sont considérés comme étant des perturbateurs endocriniens.

La Peste Noire – Grandes peurs et épidémies (1345-1730) : William Naphy et Andrew Spicer

Titre : La Peste Noire – Grandes peurs et épidémies (1345-1730)

Auteurs : William Naphy et Andrew Spicer
Édition : Autrement (13/09/2003)
Édition Originale : The black death (2000)
Traduction : Arlette Sancery

Résumé :
L’Occident reste traumatisé par la grande épidémie de peste (et par extension d’autres maladies contagieuses) qui a décimé de 30 à 50% de la population en quelques décennies ; la maladie et la contagion nous ont ainsi accompagnés pendant quatre siècles.

Les images hantent nos mémoires, l’épidémie de la peste a nourri les idéologies, les peurs au point qu’aujourd’hui, quand apparaissent les ravages du Sida, la crémation des corps de bêtes infectées par l’ESB, ou la panique mondiale devant la pneumopathie atypique, le souvenir des grandes peurs resurgissent.

Critique :
Lorsqu’on lit cet ouvrage, on se dit qu’on a la chance de ne pas avoir vécu les grandes épidémies de peste qui ont rayé de la carte une grande partie de la population mondiale…

Voyez un peu les ravages que cela fit.

« En 1347, lorsque l’épidémie atteint l’Europe après avoir fauché deux Chinois sur trois au cours du siècle précédent, elle emprunte les denses voies du commerce international pour, en seize mois, y faire périr le tiers de la population. Puis elle ravage le Vieux Continent durant quatre siècles, exterminant sans crier gare, par cycles de dix ou vingt ans, entre le quart et la moitié de la population de régions entières. Sa dernière flambée, en 1720, tuera plus d’un Marseillais sur deux ».

Cet ouvrage est instructif, on y apprend comment les populations ont réagi (confinement, quarantaine), vers qui elles se sont tournées (la religion, les philosophes,…) selon les pays ou les croyances.

Chez les musulmans, par exemple, c’était l’oeuvre d’Allah, donc, ça ne servait à rien d’essayer d’y échapper si vous étiez sur la liste noire.

Cela pourrait prêter à sourire, de nos jours, mais en fait, ce n’était pas si con que ça car les populations sont restées fixes : cela ne servait à rien de quitter sa ville pour aller se confiner ailleurs puisque c’était la main de Dieu et qu’il vous retrouverait n’importe où… Le fait de ne pas se déplacer évite que la maladie se propage.

Les auteurs nous parlent aussi des traditionnels boucs émissaires dans les épidémies de peste : les Juifs, qui sont chassés de partout et persécutés. On apprend que pour certains, la maladie venait des miasmes présent dans l’air, autrement dit, un bon air et tout irait mieux.

Sans savoir que la peste était hautement contagieuse, la plupart ont fait des erreurs ayant entraîné la/leur mort.

C’est instructif, mais il faut s’accrocher pour progresser dans ce petit roman car la narration fait souvent des bons dans le temps, passant d’une épidémie à une autre, d’un siècle à un autre et c’est assez laborieux à lire. J’ai souvent piqué du nez tant j’avais envie de dormir.

Avant de plonger tout à fait, j’ai appris que les pays ont commencé après à affecter de l’argent aux œuvres sanitaires et ont mis sur pied des infrastructures administratives afin de contrôler les populations (les empêcher de foutre le camp des régions contaminées ou pour les forcer à avouer que leurs proches étaient atteints)…

Zut alors, d’après les deux auteurs, notre bureaucratique de merde serait née de toutes ces épidémies qui ravagèrent l’Europe et le reste du monde…

Le dernier chapitre est super instructif, par contre, car il parle des épidémies de maintenant, à savoir, le virus du Sida  (HIV) et l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

Virus HIV, qui, bien qu’étend moins « contagieux » que celui du Covid (puisque pas transmissible par les voies respiratoires), n’en reste pas moins cruellement mortel pour la population africaine. Mais, comme dirait l’auteur, puisque l’Afrique est loin de nos contrées, c’est comme pour Ebola, on n’en parle pas.

Seconde remarque, encore plus inquiétante : la réaction des médias devant la pneumopathie atypique a frôlé l’hystérie. Quand on voit qu’en Chine, le pays le plus touché, la maladie a tué moins d’un millier de patients sur une population qui dépasse le milliard d’hommes, on peut s’étonner de l’ampleur des réactions. Le Sida tue des millions de malades en Afrique, et la malaria en fait de même à l’échelle mondiale, sans que les médias témoignent de la moindre panique, quand ils daignent évoquer ces sujets. Pourquoi cette différence de traitement ?

Peut-on l’attribuer au fait que le SRAS menace l’Occident civilisé et non le Sud, si exotique ? Si le chiffre des victimes était significatif, le journal télévisé ne parlerait que de la malaria ou du virus Ebola tous les soirs. En effet, nous retrouvons vis-à-vis du SRAS les mêmes attitudes que vis-à-vis de la peste : la peur de l’ »autre », du « sale », du « moins évolué », du « moins civilisé », plus que la peur de la maladie elle-même.

Ce qui nous rappelle la panique mondiale de 1995 devant les rumeurs de peste bubonique en Inde : toutes les compagnies aériennes occidentales cessèrent de desservir ce pays, si bien que l’on aboutit au paradoxe d’autoriser des avions venant du Pakistan à se poser en Europe, mais pas ceux en provenance de Calcutta, même si Islamabad était bien plus proche de Bombay, source réelle de la résurgence. 

Si j’ai eu du mal à rester concentrée sur ma lecture, le dernier chapitre (8) et le post-scriptum m’ont réveillée car il avait un air de déjà-vu… Sans l’épidémie du Covid et le confinement, il m’aurait sans doute moins parlé puisque je n’aurais pas vécu certains situations (ou vu de mes yeux vus).

Le post-scriptum est aussi un tacle dans les jambes des occidentaux qui ne se préoccupent des épidémies que si elles les touchent personnellement.

[…] Le SRAS n’est pas tant une épidémie qu’un révélateur d’attitudes mentales, celles de l’Ouest vis-à-vis du reste du monde.

Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).