Les Voies d’Anubis : Tim Powers

Titre : Les Voies d’Anubis

Auteur : Tim Powers
Édition : Bragelonne (18/02/2015)
Édition Originale : The Anubis Gates (1983)
Traducteur : Gérard Lebec

Résumé :
Lorsque le professeur Brendan Doyle accepte de donner une conférence sur le poète anglais Coleridge, il est loin d’imaginer qu’il ne va pas tarder à le rencontrer en personne… en 1810 !

Car après avoir accepté l’offre d’un millionnaire ayant percé les mystères du voyage dans le temps, le voilà plongé dans une aventure rocambolesque traversant un Londres peuplé de bohémiens, de mendiants douteux et de sorciers terrifiants, tel ce clown macabre qui règne sur le monde souterrain.

Et pour couronner le tout, Doyle ne peut revenir à son époque, à moins de déjouer les plans malfaisants des mages égyptiens qui veulent ramener leurs anciens dieux à la vie. Mais osera-t-il prendre le risque de changer le cours de l’Histoire ?

Mêlant les thèmes du voyage temporel, du mythe du loup-garou et de la magie noire égyptienne dans le Londres victorien, ce roman qui a remporté les prestigieux prix Apollo et Philip K. Dick, est le grand classique à l’origine du steampunk.

Critique :
Les voies d’Anubis sont-elle impénétrables, comme celle de Dieu ?

Et bien non, elles sont totalement pénétrables, dans un sens comme dans l’autre, mais pas à tout moment car les failles ne sont pas ouvertes partout et en même temps…

Ah, quel voyage fantastique je viens de faire, mes amis ! Dans le temps et dans l’espace.

Nous partîmes en 1983 et pas un prompt saut dans le temps, nous arrivâmes en 1810, à Londres.

Oubliez le Londres de Sherlock Holmes, si la misère est bien présente, si les mendiants et leur confrérie sont bien là a agiter leur escarcelle, nous sommes aussi dans un monde où la magie existe, même, si, au fil des époques, elle perd de sa force.

Difficile de s’ennuyer dans ce roman fantastique, sauf peut-être au départ, qui est un peu poussif, mais ensuite, attachez vos ceintures et accrochez à tout ce qui dépasse.

Dans ces pages de l’édition cuivrée (du plus bel effet) il y a moult personnages différents, en plus du principal, Brendan Doyle, sans que pour autant on puisse les mêler et ne plus s’y retrouver.

Niveau action, on n’est pas volé sur la marchandise, ça bouge, ça saute dans le temps et pour le même prix, vous passerez donc de 1983 à 1810, puis dans les années 1660. N’oubliez pas votre passeport, ni votre crème solaire, car en plus de voyager dans le temps et on ira se balader à Alexandrie (♫ Alexandra ♪).

Les voyages dans le temps… Quand je me mets à réfléchir à la chose, j’en attrape des migraines : comment peut-on influencer le passé alors qu’on vient juste se sauter dans le passé ?

On pourrait le changer, mais le passé n’aurait pas pu être changé à l’avance par nous, puisque l’on vient juste d’y sauter !

Un peu comme si Marty McFly, en chantant Johnny Be Good de Chuck Berry au bal de ses futurs parents, devenait en fait Chuck Berry, qui lui, n’aurait tout simplement pas existé, puisque ce serait McFly qui, en chantant la chanson, l’avait crée. Vous suivez ?

Impossible que ce soit McFly qui soit l’auteur originel de la chanson dans le passé, puisqu’il vient seulement d’arriver dans le passé et que moi, je ne comprend plus ce qui a bien pu se passer dans ces foutus voyages temporels (j’ai jamais rien compris, d’ailleurs).

Bref, grosse migraine en tentant de comprendre ces choses rationnellement, mais si je ne cherche pas la petite bête à la quadrature du cercle des voyages temporels, le tout devient foutrement amusant dans l’histoire.

Un roman abracadabrantesque, comme disait l’autre. Sans compter que nous mélangeons plusieurs mythes, dont celui des Dieux Égyptiens, des voyages dans le temps sans voiture, et que l’auteur récrit le mythe du loup-garou de manière totalement éclairée et jubilatoire.

Anybref, si vous aimez le fantastique, un brin de steampunk (léger, on est à ses débuts), la grande Aventure (avec un A majuscule), les voyages en tout genre, Londres, la mythologie égyptienne, la magie, l’action, le mystère, le suspense, la poésie, je vous conseille d’embarquer pour le Grand Voyage !

Prière de laisser tout objets vous rattachant à votre époque à l’accueil, merci.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule, le Challenge Totem (Loup-Garou) chez Lili Galipette et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

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Feuillets de cuivre : Fabien Clavel [LC avec Bianca]

Titre : Feuillets de cuivre

Auteur : Fabien Clavel
Édition : Actusf (06/11/2015)

Résumé :
Paris, 1872. On retrouve dans une ruelle sombre le cadavre atrocement mutilé d’une prostituée, premier d’une longue série de meurtres aux résonances ésotériques. Enquêteur atypique, à l’âme mutilée par son passé et au corps d’obèse, l’inspecteur Ragon n’a pour seule arme contre ces crimes que sa sagacité et sa gargantuesque culture littéraire.

À la croisée des feuilletons du XIXe et des séries télévisées modernes, Feuillets de cuivre nous entraîne dans des Mystères de Paris steampunk où le mal le dispute au pervers, avec parfois l’éclaircie d’un esprit bienveillant… vite terni.

Si une bibliothèque est une âme de cuir et de papier, Feuillets de cuivre est sans aucun doute une œuvre d’encre et de sang.

Critique :
Comment cataloguer ce roman  ?

On pourrait être tenté de le classer dans les OLNI, mais ce serait réducteur car il possède à la fois l’ADN d’un roman policier, un soupçon de SF, un zeste de fantasy, une pincée de fantastique, le tout saupoudré de steampunk.

En parlant de steampunk, je m’attendais à me trouver face à sa définition, c’est-à-dire une uchronie faisant référence à l’utilisation massive des machines à vapeur au début de la révolution industrielle puis à l’époque victorienne… Il n’en fut rien !

Ce roman policier, comme je le disais, est inclassable car il aborde trop de genres différents que pour être catalogué, sans compter toutes les références à d’autres choses dont je n’aurais même pas eu connaissance sans la postface.

Patchwork… C’est plus un nom qui lui convient car il commence comme un recueil de nouvelles, avec quelques enquêtes de Ragon, jeune gardien de la paix à Paris, de forte corpulence et n’aimant pas voir les cadavres.

Après quelques enquêtes qui placent le personnage de Ragon et le font évoluer, on passera ensuite à une sorte de feuilleton, avec un Méchant qui reviendra tourmenter Ragon et nous donner du plaisir avec des mises-en-scène digne des plus grands.

Sherlock Holmes disait que le crime était commun et la logique rare, au moins, ici, notre enquêteur Ragon aura un ennemi à la porté de son esprit brillant !

D’ailleurs, je cite Holmes en oubliant de vous dire que notre Ragon possède un peu du détective de Baker Street, parle de ses petites cellules grises comme un Hercule Poirot, pose les questions justes, tel un Columbo obèse et analyse les gens tel un Mentalist.

Si j’ai été déconcertée au début par le fait de me trouver face à des petites nouvelles, genre les aventures de Sherlock Holmes, je me suis vite mise dans le bain et j’ai suivi ces enquêtes qui possèdent toutes un fil rouge, donnant dans la seconde partie, la pelote de laine entière et le dessin du pull.

Je précise qu’avant de lire, je n’avais pas relu le résumé, me laissant porter par l’histoire, sans savoir où elle allait me mener, d’où ma surprise de me trouver face à des nouvelles et pas à un roman continu. Ensuite, j’ai compris…

Une première partie plus « policière » et une seconde avec le petit côté fantastique et le tout donne, au final, un bon moment de lecture, une lecture rafraichissante, me sortant de mes pantoufles littéraires habituelles.

Une fois de plus, cette LC avec Bianca a porté sur un roman qui trainait dans ma PAL depuis longtemps et elle fut réussie !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N° 13 – Le Pouce de l’Ingénieur – lire un livre du genre « Steampunk »).

Peace Maker – Tome 2 : Ryoji Minagawa

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Titre : Peace Maker – Tome 2

Scénariste : Ryoji Minagawa
Dessinateur : Ryoji Minagawa

Édition : Glénat (2011)

Résumé :
Peace Emerson et ses compagnons franchissent la mer vers une terre inconnue, à la recherche de son frère.

Mais la traversée ne sera pas de tout repos : ils sont toujours la proie des tentatives d’assassinat des Crimson Executers, et ce ne sont là que les préliminaires des nouveaux dangers et des révélations qui les attendent sur le nouveau monde de Tarkus.

peace-maker-9782723480413_pgCritique :
Avec beaucoup de retard je viens de découvrir la suite des aventures de Hope Emerson, un tireur émérite et de ses deux compagnons de route : Kyle Palmer, l’intello et Beat Gabriel, un tireur tout aussi excellent que Hope.

Sans oublier la petite Nicola Crimson, fille du chef des Crimson Executer, recherchée par les membres de sa « famille » depuis qu’elle a pris la fuite et qu’elle est protégée par Hope Emerson et ses deux amis.

On commence par un voyage mouvementé à bord de ce qui ressemble furieusement à un transatlantique (et je ne sais pas vraiment en quelle époque nous sommes) en direction de Tarkus.

Pas le temps de se reposer, ça fuse de partout avec le Crimson Executer qui veut faire sauter le paquebot. Va falloir toute l’ingéniosité de Kyle et l’adresse au tir de Hope et de Beat pour en venir à bout et terminer façon croisière s’amuse, enfin !

Le pays de tarkus a tout du Moyen-Orient de par la physionomie de ses habitants et de leur habillements. Et si on pensait se reposer un peu, c’est rappé de nouveau !

Ce deuxième tome met en avant du suspense et des tirs de fous, réalisés à pleine vitesse dans une des premières voitures Ford ou sur une motocycle qui commence par « Harley »…

Bon, on va me la faire à moi, c’est tout bonnement impossible de ne jamais rater ses cibles quand on fonce à toute berzingue, mais on n’est pas ici pour le réalisme des choses mais plus pour le fun et passer un bon moment en faisant parler la poudre.

On a des mystères, de l’action, de la morve de gamine qui coule de partout, des magouilles, un assassinat qui a tout de politique et sans doute une injustice quand au coupable présumé.

Ma foi, je passe un bon moment avec nos tireurs professionnels, j’apprécie les personnages principaux, leurs côtés sombre héros et j’ai bien envie de savoir ce qui va leur arriver dans l’avenir.

Verdict ? Je continue la série !

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

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Une Étude en soie : Emma Jane Holloway

Une Étude en soie

Titre : Une Étude en soie

Auteur : Emma Jane Holloway
Édition : Bragelonne (2015)

Résumé :
Evelina Cooper, la nièce de Sherlock Holmes, s’apprête à vivre sa première saison dans la haute société londonienne. Mais quand de terribles meurtres secouent le manoir de son amie et hôte, la jeune femme se retrouve plongée au cœur d’un complot remettant en question le monopole des barons de la vapeur sur la ville. Une enquête à hauts risques.

D’autant qu’Evelina cache un dangereux secret et qu’elle ignore auquel de ses compagnons elle peut réellement accorder sa confiance : le beau et brillant aristocrate débauché qui fait battre son cœur ou son meilleur ami forain, qui ferait n’importe quoi pour elle.

steam punk_4a72b0cca22b0_hiresCritique :
Plutôt que de se lancer dans l’exercice périlleux de pondre un apocryphe avec Sherlock Holmes en personnage principal faisons de lui un personnage secondaire et inventons-lui une charmante nièce douée de pouvoirs magique…

De la magie ? Oui, ce roman lorgne clairement vers le steampunk, d’ailleurs, ceux qui font le loi à Londres, ce sont les barons de la vapeur, qu’elle soit produite avec du gaz, du charbon ou de l’électricité.

Une sorte de lobby tout puissant qui fait la pluie et le beau temps chez tout le monde, y compris dans l’aristocratie et qui, si vous marchez pas sur leur musique, peuvent vous déconnecter ! Plongé dans le noir vous serez, oublié de tous vous deviendrez.

Niveau meurtre et mystère, on plonge dans le bain de suite avec le meurtre d’une servante de chez lord Bancroft où Evelina réside comme elle est amie avec Imogen, la fille.

Le seul bémol viendra ensuite car le début est lent à se mettre en place car l’auteur nous parle de tous les personnages, nous les voyons accomplir des tâches, des magouilles, des fourberies, sans toujours savoir où tout cela mènera et il faut un certain nombre de pages avant que tout ne se mette vraiment en branle et ne nous entraine dans un final où Sherlock Holmes sera plus que présent.

Ce que j’ai apprécié, c’est l’ambiance steampunk, les machines à vapeur, la main-mise de ce lobby de barons tous en train de se tirer dans les pattes l’un l’autre ou de magouiller pour prendre le territoire d’un autre.

La magie, bien que présente, ne l’est pas au point d’un Harry Potter, elle est discrète parce que quiconque sera suspecté d’en user se verra emprisonné, aura un simulacre de procès avant de finir sur le bûcher. Comme disait l’autre « Puisque vous ne m’avez pas crue, vous m’aurez cuite ! ».

Les personnages sont assez nombreux mais bien distincts et on ne sait pas vraiment qui est clean et qui ne l’est pas, et s’il ne l’est pas , à quel point est-il mouillé dans tout ce qui arrive dans l’histoire !

Evelina est agréable à suivre, elle voudrait bien monter dans la société, elle qui est née des amours de la soeur de Holmes pour un militaire avec lequel elle s’était enfuie. Disgrâce infâme !

Notre héroïne ne perd la tête que lorsque le beau Tobias, fils de Lord Bancroft lui fait les yeux doux ou lorsque Niccolo l’intrépide, ami d’enfance, lui lance un regard de braise.

Si Tobias est un ange déchu, comment qualifier Nick ? Une séduisante créature du monde des ombres venue me tenter avec des visions d’amour perdu ? Les deux hommes étaient à la fois désirables et dangereux.

— Trouver le bon mari, c’est un peu comme choisir un chien de chasse. Tous aboient plus qu’ils ne mordent, ma fille. Un jour tu contempleras l’homme assis en face de toi à la table du petit déjeuner et tu comprendras que le dressage est la seule option restante.

C’est frais, amusant, on découvre une société victorienne conforme à ce qu’elle était, sauf que nous avons des machines à vapeur et de la magie en sus.

Il y a de l’humour, du tragique, de l’amour, du mystère, du suspense aussi, mais il aurait été plus perceptible avec 100 pages de moins.

— Quand j’observe – où devrais-je dire quand j’explore ? – la garde-robe d’une femme, le nom de la boutique où elle a acheté ses vêtements n’est pas ce qui m’intéresse le plus.
Bucky leva les yeux au ciel.
— Alors qu’est-ce qui est le plus riche d’enseignements, les jupes ou les culottes ?
— Ni les unes ni les autres ne sont des sources d’information très fiables. Elles cèdent à la moindre pression.

Un récit qui se lit tout seul, malgré ces 570 pages, une plume qui nous fait passer de bons moments avec les personnages qu’elle crée, un Holmes bien esquissé, peu présent au départ mais là au final, de l’amitié, des choix amoureux à la limite du déchirement et des mystères qui planent au-dessus des pages.

De plus, paru durant le « Mois du Cuivre », le roman est tout simplement superbe avec ses tranches dorées. Et comme le ramage était conforme au plumage, je ne regrette pas mon achat onéreux !

J’espère qu’il y aura d’autres tomes de cette facture car j’ai envie de retrouver Evelina et voir ce qui va lui arriver dans les prochaines aventures !

— Je ne veux pas m’enfuir, ni me cacher, ni être exploitée par quelqu’un d’autre. Je veux simplement être moi-même.
Il recula et laissa échapper un soupir.
— Alors prépare-toi à te battre pour ça parce que seuls les forts peuvent se tenir debout tout seuls.

PS : Il est à noter que le titre est bien trouvé et en rapport avec le contenu mais que le sous-titre « L’affaire Baskerville » n’avait pas vraiment lieu d’être puisqu’on en parle à demi-mots…

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.