Blueberry – Tome 15 – Ballade pour un cercueil : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 15 – Ballade pour un cercueil

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974) – Le Lombard (1974-1977)

Résumé :
Ballade pour un cercueil est le quinzième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin). Publié en 1974, c’est le dernier album du cycle du trésor des Confédérés (trois tomes).

Presque tous les acteurs de l’album précédent convergent vers un « pueblo abandonné », Tacoma, à la recherche du trésor des Confédérés.

Après avoir affronté les jayhawkers et Lopez à plusieurs reprises, la troupe de Blueberry ramène le trésor à la frontière des États-Unis, où elle aura à faire face au commandante Vigo, aux jayhawkers à nouveau et à un chasseur de primes.

Critique :
Voilà un album comme nous n’en verrons sans doute plus de nos jours car il est composé de 72 pages d’aventures pures et dures.

Maintenant, business oblige, on couperait l’album en deux.

Franchement, ici, on en a pour ses sous, niveau lecture, car le début de l’album est composé de longs textes expliquant l’origine de Blueberry, cet homme bourru, têtu, bagarreur, buveur, coureur de jupons, de pistes, au nez cassé et qui poste un nom de gonzesse (Myrtille).

Avant même l’émergence de la saga « La jeunesse de Blueberry », nous en savions enfin plus sur ses origines et je peux vous dire que malgré le fait que je connaisse les origines de mon lieutenant de cavalerie préféré, cela m’a fait plaisir de les relire.

Dans ce lourd album dense, notre lieutenant court toujours après le fameux trésor des confédérés, il n’est pas le seul et sa piste sera jonché de cadavres car dans cette course à l’or, tous les coups bas sont bien entendus permis.

Zéro temps mort, même pas pour laisser souffler les bêtes, des balles qui sifflent, des tombes que l’on creuse, un cercueil qui va faire un long voyage, des trahisons, des coups bas, des aides improbables, du whisky, de fausses pistes, de jeu de cache-cache, de chausses-trappes et j’en passe.

Du rythme sans perdre son souffle, un suspense maintenu tout au long de l’album et des surprises en veux-tu en voilà !

Je ne sais pas ce qu’il en est des nouvelles éditions, mais dans l’ancienne, on a beaucoup de couleurs monochromes et des cases coloriées tout dans le même ton, ocre ou bleu gris. Si on a l’habitude, ça ne fait pas de mal aux yeux, mais si on ne l’a pas, on pourrait être surpris.

Cet album met aussi en avant la fièvre de l’or et ce que l’Homme est capable de faire pour en obtenir, devenant fou devant ce métal jaune, prêt à trahir ou à mourir pour lui.

Les auteurs étant impitoyables pour leurs personnages, ça va saigner et on ne comptera plus les morts à la fin de l’odyssée du trésor des Confédérés. C’est sombre, violent et tous les travers de l’Homme sont réunis dans ces pages.

Personne n’en sortira indemne, personne n’en sortira grandi et certains partiront les pieds devants…

Un tournant dans la saga Blueberry, une trilogie qui marque, un peu à l’image du diptyque « L’or de la sierra » dont je vous parlais l’année dernière (Ici et ).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

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Durango – Tome 14 – Un pas vers l’enfer : Yves Swolfs & Thierry Girod

Titre : Durango – Tome 14 – Un pas vers l’enfer

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (25/04/2006)

Résumé :
Durango pensait bien avoir trouvé le havre de paix et d’amour tant espéré. Jusqu’au jour où la violence et l’injustice sont venues le frapper dans sa chair. La vengeance est donc de nouveau à l’ordre du jour.

Endossant son costume de justicier, il va joindre l’utile à l’agréable en défendant la veuve et l’orphelin tout en réglant ses comptes. Le pacificateur est de retour.

Huit ans d’absence pour une des meilleures adaptations de western spaghetti c’est long. Donc très attendu était ce 14e album de Durango par les inconditionnels du genre. Nouvel éditeur, nouvelle maquette et surtout nouveau dessinateur.

Yves Swolfs, en confiant son héros à Thierry Girod, n’est pas tombé sur le dernier-né.

Critique :
Punaise, 8 ans, c’était long ! 8 ans qu’on avait abandonné notre tireur aux beaux yeux après la traque du terrible Louie Holledigger et on se doutait qu’il était retourné à Nortonville auprès de la belle Celia, l’héritière.

Mais qu’est-ce qu’il fout, notre Durango, à envoyer un homme prendre les chevaux des 3 sales gueules, ces 3 cow-boys aux mines patibulaires qui se rinçaient le gosier au saloon ?

♫ Bang Bang ♪ He shot me down ♫
♫ Bang Bang ♪ I hit the ground ♪

Une fois de plus, le Mauser a parlé et de sa gueule est sortie les pruneaux qui ont définitivement constipés à jamais les trois sales gueules. Mais avant, il en fait parler un et il lui donne le nom du commanditaire d’un incendie dont nous n’en saurons pas plus : Lance Armstrong ! Non… Harlan Coben ! Oups, désolé, Lance Harlan.

Cet album était attendu au tournant, cela fait déjà quelques années qu’il est dans ma biblio et j’ai eu le temps de le lire moult et moult fois.

Commençons par ce qui me démange et que je vais grattouiller un petit peu : Swolfs a confié les dessins à Girod, celui qui dessine « Wanted » et même si leur style sont similaires, je suis désolée, mais on a perdu au change parce que je préférais le dessin de Swolfs, plus fin, plus précis, que celui de Girod (que je n’aime déjà pas trop dans Wanted).

La mise en page est excellente, le choix des plans aussi, mais le trait, je le trouve épais, grossier et on a perdu ses tonalités d’ocres, ces tons chauds qui donnaient une de ces ambiance à la série quand notre tueur à la gâchette facile se trouvait dans un endroit chaud (dans la neige, on passait à d’autres tons, mais je les aimais aussi).

Deuxième truc qui me dérange encore un peu, c’est le fait que Durango ne soit là que pour une vengence et avec lui, ce ne sera pas de la vengeance raffinée à la Monte-Cristo, mais plus de celle à la « viens ici que je te farcisse de plomb » et avec lui, la fin justifie les moyens, donc, les autres, il s’en branle allégrement.

Non pas que l’album ne soit pas bon, mais j’aurais préféré un scénario avec un peu plus de finesse pour son grand retour que l’habituel vengeance et que les méchants soient un peu plus travaillés et pas rien que des hommes de main juste là pour acheter les mines à tout prix, quitte à intimider, menacer, foutre le bordel et tuer.

Lance Harlan manque d’épaisseur, de travail, c’est la brute qui exécute les ordres, l’homme de main d’un autre, celui qui n’a pas peur de se salir les mains. Un peu de nuance l’aurait rendu plus intéressant.

Un tome fort attendu mais qui ne me donne pas autant de plaisir que les premiers, l’histoire semble se mordre la queue et je n’aime pas trop mon Durango dessiné par Girod.

Malgré ces bémols, j’avais tout de même été contente de retrouver mon héros solitaire, mon lonesome tueur préféré dans ce qui reste une excellente série de western spaghetti.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Lucky Luke – Tome 20 – Billy the Kid : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 20 – Billy the Kid

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1962)

Résumé :
Dans cet album, les auteurs reprennent le personnage de Billy the Kid, bandit notoire, né en 1859 et mort à 21 ans.

En fait, ils reprennent surtout son nom et jouent sur son surnom (kid signifie gamin en anglais) pour en faire un personnage de sale gosse.

La véritable histoire de Billy the Kid n’est abordée à aucun moment dans l’album.

En braquant sa première diligence à cinq ans, Billy the Kid commence son impressionnante carrière de bandit. Il s’installe à Fort Weakling où il terrorise la population.

Lucky Luke arrive à Fort Weakling, étonné que la rue soit aussi déserte. Il est ensuite bizarrement accueilli par le directeur de l’hôtel. Puis il fait la connaissance de Billy the Kid qui, drôlement, sympathise avec lui et l’invite à boire du chocolat chaud au saloon.

Critique :
Si vous voulez briller au prochain repas de famille ou à la machine à café, évitez de leur raconter cette aventure de Lucky Luke car elle n’est pas à prendre pour argent comptant : le célèbre desperado dont il est question ici, Billy The Kid, n’est pas canonique !

Ce n’est pas la première fois que les auteurs font entrer des personnages réels dans les aventures de leur lonesome cow-boy, mais ici, ils prennent des grosses libertés en faisant de Billy un sale gamin méritant une grosse fessée.

Évidemment, c’est bien plus drôle ainsi.

Les situations cocasses ne manquent pas et comme la ville où Billy a élu domicile est peuplée de couards de la pire espèce, tout le monde fait moult courbettes devant le sale gamin, lui donne l’argent de la banque, de la diligence, le tout sans qu’il ait besoin de tirer un coup de feu où qu’une victime porte plainte.

Terrorisés qu’il sont, les habitants de Fort Weakling (weakling qui veut dire « faible ») et ce n’est pas la venue du célèbre cow-boy tirant plus vite que son ombre qui va les rendre plus courageux ! Courage, laissons-nous faire et ne nous plaignons pas.

L’album est drôle du fait de Billy, le sale gosse qui ne sait pas lire, qui aime les histoires de princesses, mais sans méchantes sorcières, sinon il cauchemarde ! Billy, qui boit du chocolat chaud, pique des crises et mange des caramels.

Oui, Billy est un gamin en pleine crise d’adolescence, un enfant à qui on a passé tous les caprices, qui a braqué une diligence à pas d’âge et a juste été privé de dessert.

Même Lucky Luke n’arrive pas à en venir à bout tant ce gamin est insolent, lui qui voit le cow-boy comme un type qui le fait rire et tant la population lui fait ses quatre volontés sans broncher.

Si le dessin de Morris est excellent, l’album ne brille pas par les jeux de mots de Goscinny et on le dirait même aux abonnés absents tant on ne « sent » pas sa plume dans cet album, ce qui ne retire rien au fait que je l’apprécie, mais il manque son grain de sel, son groin de folie.

Le scénario reste excellent de par son déroulement et de par la stratégie adoptée par Lucky Luke pour venir à bout de ce sale môme qui n’a pas volé la fessée donnée en couverture, quoiqu’en dise les brillants penseurs qui l’ont consacrée au rang de torture pour enfant (alors que les adultes amateurs de sado-maso l’ont érigée en chose sensuelle).

Je viens d’apprendre qu’une fois de plus, la censure était passée par là dans la case de départ où l’on voit Billy téter le canon d’un revolver, ce qui, à l’époque, avait été jugé inappropriée par ces messieurs de la censure.

Un tome plaisant mais pas du niveau de certains, malgré tout, j’ai de la tendresse pour cet album, et cela, ça ne s’explique pas mais ça me rend sans doute plus indulgente.

J’y vois aussi un reflet de notre société où l’enfant-roi ne doit jamais être contrarié, ni stoppé dans ses bêtises, jamais grondé, et où même les adultes (politiciens) ne sont presque jamais punis pour leur fautes, aussi grosses soient-elles.

J’vous jure, il y a des fessées qui se perde !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Blueberry – Tome 14 – L’homme qui valait 500 000 $ : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 14 – L’homme qui valait 500 000 $

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1973)

Résumé :
L’Homme qui valait 500 000 $ est le quatorzième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin). Publié en 1973, c’est le deuxième album du cycle du trésor des Confédérés (trois tomes).

La ville mexicaine de Chihuahua et ses alentours sont le théâtre de divers affrontements entre Blueberry, le gobernador Lopez, Chihuahua Pearl, le commandante Vigo, les jayhawkers Kimball et Finley, ainsi que MacClure et Red Neck.

Ils sont tous à la recherche du trésor des Confédérés, dont le secret est détenu par un ancien colonel sudiste enfermé dans le « bagne-forteresse de Corvado ».

Critique :
Après l’Homme qui valait 3 milliards (d’ancien francs !!) ou The Six Million Dollar Man dans sa V.O, nos voici avec un grand blond qui vaut 500.000$ or !

Le trésor des Confédérés, le fric qu’ils ont mis à l’abri lors de la victoire des mecs en Bleu, afin de reprendre la guerre plus tard et de la gagner, bien entendu.

Un homme connaît la cachette de ce fabuleux trésor et tout le monde a envie de jouer à Indiana Jones afin de le mettre la main dessus.

Peu de personnes sont au courant et si notre lieutenant badass Blueberry ne s’était pas mêlé d’une incursion de soldats mexicains poursuivant un pauvre type, il ne se retrouverait pas dans cette galère.

Blueberry ne se la coulera jamais douce… Le voici enfermé et les portes du pénitencier, bientôt vont se fermer et c’est là qu’il finira sa vie, sauf s’il s’évade… En compagnie d’un détenu mis au secret, le beau grand blond détenteur du secret du trésor, ce qui, vous conviendrez, commence à devenir compliqué.

Heureusement pour nos deux hommes qu’ils bénéficieront d’une aide extérieure afin de nous rejouer la Grande évasion, avec autant de panache que lorsque la 7ème compagnie s’est évadée.

Un album sans temps mort, avec son lot de trahisons, de retournements de situation, d’évasion, de mariage glamour avec militaires et fusils, de morts, de prisonniers qui nous rejoueront les Révoltés du Bounty et un final qui laisse présager encore beaucoup de suspense et d’aventures dans le prochain tome !

Blueberry ou comment passer de bons moments de lecture, le cul dans le divan, à défaut d’une selle western pour le savourer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

[FILMS] Deadpool II (2018) – Le film qui va essayer de ne pas tuer la Pool aux œufs d’or

Deadpool 2 est un film de super-héros américain réalisé par David Leitch, sorti en 2018. Il met en scène le personnage du même nom tiré des comics, interprété par Ryan Reynolds.

Il s’agit de la suite de Deadpool de Tim Miller, sorti en 2016.

Synopsis :
Deadpool se voit contraint de rejoindre les X-Men : après une tentative ratée de sauver un jeune mutant au pouvoir destructeur, il se retrouve dans une prison anti-mutants.

Arrive Cable, un soldat venant du futur et ayant pour cible le jeune mutant, en quête de vengeance. Deadpool décide de le combattre.

Peu convaincu par les règles des X-Men, il crée sa propre équipe, la « X-Force ». Mais cette mission lui réserve de grosses surprises, des ennemis de taille et des alliés indispensables.

Fiche technique :

  • Titre original et français : Deadpool 2
  • Réalisation : David Leitch
  • Scénario : Rhett Reese (en), Ryan Reynolds et Paul Wernick (en), d’après les comics de Rob Liefeld et Fabian Nicieza

Distribution :

  • Ryan Reynolds : Wade Wilson / Deadpool et Le Fléau (Juggernaut en VO – capture de mouvement faciales et voix)  ainsi que lui-même (scène post-générique)
  • Josh Brolin : Cable
  • Julian Dennison : Russell « Hot Stuff » Collins / Firefist
  • Zazie Beetz : Neena Thurman / Domino
  • Morena Baccarin : Vanessa Carlysle
  • Andre Tricoteux (capture de mouvement) et Stefan Kapičić (trait facial et voix) : Piotr Rasputin / Colossus
  • T. J. Miller : Weasel
  • Brianna Hildebrand : Ellie Phimister / Negasonic Teenage Warhead

Ce que j’en ai pensé :
Pas facile de faire un numéro 2 lorsque le 1er a connu du succès et a révolutionné l’univers des films Marvel en mettant en scène un de ses plus politiquement incorrect personnage.

Le premier film surprenait, amusait, je me demandais où cet énergumène de Deadpool allait n’emmener et j’étais sortie du film plus que conquise. J’avais ri, souri et j’étais totalement accro à cet héros qui n’avait rien de lisse.

Dans le deux, il ne va pas changer, il est toujours aussi drôle, irrévérencieux, le film est bourré de caméos (j’ai pas tout vu, mais Wiki m’a tout dit et je vous le dirai aussi), obsédé du cul et pas prêt à se plier aux règles des X-Men.

Mais alors là, pas du tout du tout et les X-Men n’ont pas trop envie de le voir chambouler leur équipe. Il n’y a que Colossus qui l’apprécie et essaye de le changer.

Niveau méchant, on est servi, mais pas vraiment comme on aurait pu le penser et je trouve ça chouette que les scénaristes aient pensé à nous surprendre.

Le scénario fait la part belle aux cascades, pas de bâillement devant son écran, c’est addictif, jouissif, mais j’avais plus joui à ma première fois qu’à ma seconde.

Je ne sais pas si c’est moi (qui m’fait du cinéma ♫ qui m’fait mon cinéma ♫) qui attendais trop du second opus, ou si c’est lui qui est un poil sous le premier, mais même si j’ai pris mon pied, l’orgasme cinématographique était un cran sous le précédent et nous les femmes, on ressent bien ça.

Alors oui c’est toujours aussi chouette, amusant, Deadpool me fait toujours autant marrer avec ses réflexions et ses poses, mais il m’a semblé qu’il manquait le sel du premier épisode pour que tout soit parfait.

Un bon moment cinéma passé, mais si j’ai un coup de blues, je me referai le premier jet et pas le second (oups).

Par contre, un passage du film 2 que je me referais bien, c’est la sélection de son équipe et leur atterrissage en parachute !! Je me suis marrée à fond.

Le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Clins d’œil et références (que j’avais repérés) : 

  • Deadpool mentionne à nouveau le nom de Patrick Stewart, l’interprète du Professeur Xavier âgé dans les films X-Men.
  • D’autres clins d’œil à la franchise sont présents dans le film. Il y a ainsi un Wolverine (Hugh Jackman) dans le passé, quelques X-Men voulant éviter Deadpool au manoir (le Fauve, Professeur Xavier jeune, Vif-Argent , Cyclope, Tornade et Diablo). Deadpool révèle par ailleurs le sort de Wolverine dans le film Logan (2017). Aussi, il se déplace un temps dans le fauteuil roulant du professeur, et plus tard essaie le casque du Cerebro.
  • Deadpool appelle Cable par le nom de Thanos. Josh Brolin, qui interprète ici Cable, tient le rôle de Thanos dans plusieurs films de l’univers cinématographique Marvel.
  • En voyant son bras robotique, Deadpool hurle à Cable qu’il a volé le bras du Soldat de l’hiver.
  • Deadpool lance à Domino « Shut up, black Black Widow » (« Tais-toi Black Widow noire »). Natasha Romanoff / Black Widow est incarnée par Scarlett Johansson dans Avengers.
  • Lors de l’arrivée de Cable dans le présent, deux personnes écoutent Escape (The Piña Colada Song) de Rupert Holmes, qui est une des chansons du Awesome mix de Peter Quill/Star Lord dans Les Gardiens de la Galaxie.
  • Dans la bande annonce, Deadpool déclare que Cable est un méchant tellement « dark » qu’il pourrait venir de chez DC Comics.
  • Par ailleurs dans le film, Deadpool dit qu’il y a encore un personnage dont la mère s’appelle Martha, comme Martha Kent (mère de Clark Kent) et Martha Wayne (mère de Bruce Wayne).
  • Lorsque Deadpool se bat contre Cable, ce dernier lui demande qui il est. Deadpool lui répond : « Je suis Batman ! »
  • Le générique d’introduction du film est une parodie de celui de James Bond, et plus particulièrement celui de Skyfall.
  • Pendant un combat contre Cable, il y a une référence au film Les Goonies lorsque Wade l’appelle Willy le Borgne (l’acteur Josh Brolin ayant joué Brand Walsh dans ce film).
  • Deadpool 2 fait aussi référence à Basic Instinct lorsque Deadpool est assis sur le canapé et montre son entrejambe.

Ceux que j’ai loupé : 

  • Lors de la scène d’entretien d’embauche pour X-Force on peut voir le portrait de la juge Ruth Bader Ginsburg membre de la cour suprême des États-Unis.
  • Deadpool signifie avec excitation au Fléau quand il le rencontre, à quel point il est « fan » de lui depuis tout petit. Dans ce film, les deux personnages sont campés sous le masque par le même acteur (Ryan Reynolds).
  • Il est possible de voir une affiche disant M-Day is near (« Le Jour-M est proche ») dans les couloirs de l’Institut Essex. Il s’agit d’une référence à House of M, une série de comics Marvel. Lorsque le Fantôme s’électrocute, son visage est visible. Il est incarné par Brad Pitt, qui avait un temps été évoqué pour camper Cable.
  • De plus, lorsque Deadpool, Cable, Domino et Dopinder arrivent à l’orphelinat et se battent contre Le Fléau, on peut entendre Deadpool dire : « Salut mon grand, le soleil va bientôt se coucher ! » (« Hey big guy, the sun’s getting real low ! » en version originale). Cette phrase renvoie au film Avengers : L’Ère d’Ultron lorsque à la fin de l’infiltration du château du Baron Strucker, Black Widow dit exactement la même phrase mais sur une intonation différente à Hulk afin qu’il se calme et redevienne Bruce Banner.
  • Lorsque Deadpool fait passer des entretiens pour monter une équipe, on peut voir en arrière plan un fusil avec à l’intérieur un drapeau « Bang! », en référence à l’arme du Joker.

Les Tuniques Bleues – Tome 20 – Black Face : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 20 – Black Face

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1983)

Résumé :
Derrière les lignes ennemies, il y a des Noirs, beaucoup de Noirs qui travaillent dans des plantations. Si l’on parvenait à les mener à la révolte, ils deviendraient de puissants alliés au camp des Nordistes.

Pour les convaincre de prendre les armes contre les Sudistes, il faut leur envoyer un des leurs. Escorté par le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, un homme surnommé Black Face accepte d’aller parler aux esclaves de l’autre camp.

Mais attention, cette stratégie risque de se révéler une arme à double tranchant.

Critique :
Cet album des Tuniques Bleues m’avait terriblement intrigué lorsque je l’avais eu en main, en 1983… J’avais 8 ans, je connaissais déjà le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, mais là, je ne comprenais pas.

Un Noir se tenait devant le duo, une arme à la main, peu amical et nos deux amis portaient l’uniforme de l’armée sudiste !

De plus, cet album avait ébranlé mes convictions : la guerre de Sécession avait eu lieu parce que le Nord voulait délivrer les Noirs maintenu en esclavage par le Sud et là, j’apprenais que ce but louable n’était pas une vérité, mais juste un bon prétexte et que les Noirs n’étaient pas libres dans le Nord…

— Cette guerre est surtout la leur voyons ! Nous luttons tous pour l’abolition de l’esclavage !
— Allons, allons mon cher ! Vous savez très bien que là n’est pas le véritable but ! Bon d’accord…il y a un peu de ça…il faut bien trouver un prétexte glorieux pour guerroyer ! Et puis ça tranquillise la conscience du peuple !
— Non…le vrai motif, c’est que certains de nos politiciens rêvent de s’approprier les richesses du sud ! Alors, les noirs, là-dedans, vous savez !

La claque ! Mes convictions naïves qui étaient les miennes à 8 ans volaient en éclat. L’être Humain était-il si vénal ? Des politiciens déclencheraient-ils une guerre parce qu’ils lorgnaient sur les riches propriétés du Sud ? Non, impossible ! Et mon esprit était revenu à la belle raison : délivrer les esclaves !

Je suis adulte depuis longtemps, j’ai grandi, appris des choses, rempli mon cerveau (du moins, je l’espère) d’autres choses que des bêtises. Exit la naïveté de mes 8 ans.

Ce que fait que depuis longtemps, à chaque fois que je relis cet album, je le vois toujours d’un autre oeil et je sais que sous le couvert de l’humour des répliques de Blutch et des situations cocasses du duo, il y a de la profondeur et une horrible leçon dans cette aventure, plus tragique qu’on ne pourrait le croire et qui n’aurait sans doute pas dû finir dans les menottes d’une gamine de 8 ans.

Non, les Noirs n’étaient pas si libres que ça dans le Nord ! Juste libre de faire ce que les Blancs leur disaient… Et le pire étaient ceux qui s’étaient engagé dans l’armée des Nordistes : juste bons à creuser des latrines et des tombes.

— Et si je me rends, que crois-tu qu’il va se passer ?
— [Blutch] Vous serrez emprisonné, puis jugé…
— Et puis ?
— Il y en a qui ont eu la vie sauve !
— Des blancs, peut-être ! Jamais des noirs, et tu le sais très bien ! A présent, fichez le camp ! Hop ! Du balai !
— Black Face, tu es fou à lier ! Vous n’avez pas la moindre chance !
— De la chance, on n’en a jamais eu ! Sauf aujourd’hui…celle de mourir libres !

— Que ce soit chez les blancs, les noirs, les rouges, les jaunes ou les verts s’il en existait…l’or et l’argent ont toujours été à la base de l’agonie de bien des consciences !…

Le scénario imaginé par le Nord pour foutre le bordel au Sud est diabolique, mais lorsqu’on envoie pareille bombe chez les autres, on ne sait jamais si au final, elle ne va pas nous exploser dans la gueule ! Et ici, ce sera le cas !

Poussant le diabolique à son paroxysme, le général va avoir une idée de génie et entre nous, dans l’Histoire, il ne devait pas être le premier et il ne sera pas le dernier, un moustachu l’a utilisée aussi. L’habit fait le moine, pour eux.

Sans manichéisme, tout le monde étant un peu gris dans cette histoire, les auteurs nous livrent un tome plus sérieux, plus noir, plus sombre, sur la guerre de Sécession, sans pour autant renier leur habitude de le traiter avec humour, tout en restant sobre puisque l’humour sera dans les dialogues entre le sergent et le caporal.

Un album fort sombre qui m’avait fait un peu peur lorsque j’étais jeune à cause de quelques scènes de pillages sur fonds de maisons incendiées.

Un album où les Nordistes ne ressortaient pas grandis… Un album qui m’expliquaient que personne n’était tout blanc ni tout noir, que personne ne lavait plus blanc qu’un autre et qu’au final, l’Homme était un salaud.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Blueberry – Tome 13 – Chihuahua Pearl : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 13 – Chihuahua Pearl

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1973)

Résumé :
Chihuahua Pearl est le treizième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin).

Publié en 1973, c’est le premier album du cycle du trésor des Confédérés (trois tomes).
Quelques années après la guerre de Sécession, le conseiller militaire du président des États-Unis « oblige » Blueberry à retrouver le trésor de Confédérés dans le but de prévenir la reconstitution d’une armée sudiste qui servirait à mener une guerre de reconquête.

Démis de ses fonctions et plus tard accusé de meurtre, Blueberry se met en route vers la ville mexicaine de Chihuahua.

Après avoir affronté des soldats mexicains, il prend contact avec une femme belle et volontaire surnommée « Chihuahua Pearl ».

Surpris alors qu’il l’embrasse, Blueberry se fait un ennemi du gouverneur de l’État en place. En plus, une bande de jayhawkers est aussi à la recherche du trésor.

Critique :
♫What can make you move, Chihuahua ♫Can you feel the groove ChihuahuaWhat can make you dance ♪ Oh Chihuahua ! ♪What can make you sing Chihuahua ♪Take it and you win Chihuahua ♫

Quand la belle et voluptueuse Chihuahua Pearl serre un cigare dans ses dents, je pense que les hommes auraient envie qu’elle s’occupe du leur, mais sans les dents…

Mais avant que notre lieutenant borderline Blueberry ne croise les lèvres pulpeuses et les courbes généreuses de la belle Chihuahua, il va lui arriver moult aventures et, une fois de plus, il aura l’impression d’être le dindon de la farce, un pion sur l’échiquier, sans qu’il sache toujours très bien qui joue avec qui.

Une chasse au trésor, ça vous dit ? Le magot que les confédérés auraient planqué lors de la capitulation n’a toujours pas été retrouvé, certains n’en avaient même pas connaissance, de l’existence de ce magot. Mais une fois que l’on sait, ça donne envie de jouer tout en laissant les règles de côté.

Mike Blueberry est envoyé pour retrouver l’homme qui a enterré le trésor, mais comme il doit faire ça dans la discrétion, on va le renvoyer à la vie civile et même ajouter des griefs à son palmarès déjà bien rempli de conneries en tout genre.

Chasse au trésor et partie de cache-cache pour éviter les soldats mexicains de Vigo, le chasseur de primes et les jayhawkers de Kimball et Finlay, tout en essayant de se faire rejoindre par le poivrot de MacClure et son autre acolyte, Red Neck.

Qui a dit qu’on allait se la couler douce ??? Va falloir faire gaffe à préserver sa peau, à éviter les mauvaises rencontres et ménager sa monture ! Les chemins pour passer au Mexique ne sont pas nombreux, ce qui ferait plaisir à Trumpette…

Un tome qui mélange adroitement les codes du western et du polar, distillant adroitement le suspense et les retournements de situation, le tout avec une pincée de manipulations, de jalousie, d’envie et de soif de l’or.

Un tome qui ne ménagera pas notre lieutenant mal rasé, mal coiffé, mal embouché, sale, puant et au caractère de cochon. Mais c’est ainsi que nous l’aimons, non ?

— Sûr ! Mais pour comprendre, faut que je vous fasse deux confidences… Primo : que tous les officiers au-dessus du grade de lieutenant sont complètement abrutis… Deuxio, que le degré d’abrutissement double à chaque nouveau galon…
— Très intéressant… Eh bien, confidence pour confidence, je suis le général MacPherson, conseiller militaire du président des États-Unis…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Sonora – Tome 1 – La vengeance : Jean-Pierre Pécau & Benoît Dellac

Titre : Sonora – Tome 1 – La vengeance

Scénariste : Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Benoît Dellac
Couleurs : Scarlett Smulkowski

Édition : Delcourt Neopolis (2017)

Résumé :
1851. Maximilien Bonnot débarque, avec d’autres aventuriers attirés par la fièvre du métal jaune, à San Juan del Sur, port de la côte pacifique, dernière étape avant San Francisco.

Voilà 3 ans que la ruée vers les champs aurifères a commencé, mais Max lui ne cherche pas d’or.

Héros torturé par son passé, et notamment par ce qu’il a vécu pendant la Révolution de 1848, il n’a plus qu’un seul but : se venger.

Critique :
La ruée vers l’or ! Un épisode important dans l’Histoire des États-Unis mais je ne l’avais jamais vu traité que de manière drôle, à la manière de Picsou ou de Lucky Luke.

Cet album avait titillé ma curiosité et vu qu’il était en seconde main pour pas cher, je ne risquais rien à l’acheter.

Dans le pire des cas, je l’aurais donné ou, avec un peu de chance, j’allais découvrir une nouvelle saga western pour mon plus grand plaisir.

Pas de déception, le plaisir fut au rendez-vous ! Bon, pas eu niveau des dessins des personnages, là, j’ai un tout petit peu moins aimé car il y a peu de plans larges, le dessinateur ayant préféré les plans serrés donnant peu de place aux décors environnants.

Dommage, j’apprécie toujours les plans plus larges mais sans doute le dessinateur (ou le scénariste) a préféré se concentrer sur les plans resserrés et les physionomies des différents visages.

L’album nous offrira tout de même quelques plans larges qui seront bien exécutés, que ce soit au niveau du trait ou celui des couleurs.

Du point de vue de l’histoire, il est simple : la vengeance ! Je ne spolie pas, tout est dans le titre. Maximilien Bonnot (sans sa bande – mdr) rêve de se venger et pour cela, il n’hésitera pas à passer du côté obscur, sans jamais vraiment franchir la ligne rouge tout à fait.

Prêt à tout pour assouvir sa soif de vengeance, mais il reste tout de même humain pour le reste. Le personnage n’est pas tout blanc ni tout noir mais oscille entre le gris clair et le gris foncé.

Sur un scénario classique, éculé, vieux comme le monde, les auteurs arrivent tout de même à nous servir un bon western, comme je les aime, avec des personnages intéressants, mystérieux, des lieux mal famés, des voleurs et des salopards, des magouilles en tout genre et la folie du métal jaune qui fait que les Hommes sont prêt à tout pour lui.

Mais il y a toujours la petite histoire insérée dans la Grande et c’est là que ça devient intéressant car en plus de vivre en partie la Ruée vers l’Or, nous aurons aussi un épisode de la révolution française de 1848…

Un western qui a potassé ses classiques mais qui nous les sert avec un autre sauce spaghetti qui ne manque pas de piquant.

J’ai hâte d’acquérir le suivant afin de voir ce que nous réserve l’histoire de vengeance de Maximilien Bonnot.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

Parfois le loup : Urban Waite

Titre : Parfois le loup

Auteur : Urban Waite
Édition : Actes Sud – Actes noirs (06/04/2016)
Édition Originale : Sometimes the wolf (2014)
Traducteur : Céline Schwaller

Résumé :
Le shérif Patrick Drake s’efforce de vivre la tête haute dans sa petite ville de montagne, mais un jour sa femme tombe malade. Il est seul à faire bouillir la marmite, alors pour faire face, il se met à avoir de mauvaises fréquentations. Bientôt, il est arrêté et condamné pour l’un des pires crimes qu’ait connu l’histoire locale.

Douze ans plus tard, Patrick entame sa conditionnelle sous l’oeil circonspect de son fils, Bobby, shérif adjoint dans l’ancien bureau de son père.

Hanté par les casseroles du paternel, et secrètement rongé par une culpabilité mal placée, Bobby n’a pas eu la vie facile non plus et son mariage s’en ressent.

Il a bien cherché à tourner la page, mais les esprits étroits des petites villes ont la mémoire longue.

Et peu de temps après sa sortie de prison, une menace terrifiante ressurgit du passé de Patrick. Cette fois, personne ne sera épargné.

De roman en roman, Urban Waite fait montre d’une rare constance. Prose lancinante, personnages forts, paysages grandioses, il suit patiemment la trace ouverte par Cormac McCarthy.

Critique :
On ne commence pas ce roman si on est en demande d’un rythme trépidant car l’auteur prend le temps de planter le décor, les personnages, ce qu’il s’est passé…

Avec peu de mots, il développe de manière sobre les relations un peu tendues entre un Bobby Drake, shérif adjoint, et son père, Patrick Drake, ancien shérif qui a trafiqué de la Blanche (la poudre, pas l’humaine).

Un père qui a passé douze ans en taule, un fils qui ne l’a que peu connu, qui a perdu sa mère jeune, dont le père a trafiqué pour payer les factures.

Un fils qui tente de se reconstruire, d’oublier les regards obliques, de panser ses blessures personnelles et qui a fait une croix sur une carrière de basketteur à cause de son père.

L’ambiance à la maison est plus tendue que la corde d’un string taille small et qui serait porté par un sumo. On sent les non dits, les silences pesants, les mots guérisseurs que l’on voudrait dire et qu’on ne dit pas, les questions que l’on a sur le bout de la langue et que l’on ne posera jamais, les soupçons qui noircissent le cœur, pourrissent les pensées.

L’auteur prend son temps afin de nous mettre dans cette ambiance tendue, dans nous plonger les pieds dans le ciment à prise non rapide, c’est un début lancinant qu’il faut déguster lentement afin de bien le digérer.

Pas besoin d’être médium extra lucide pour voir le drame arriver. On ne sait pas par qui il va arriver, ni de quoi il sera fait, mais on le sent poindre le bout de son nez tant cette chape de plomb devient de plus en plus pesante au fur et à mesure que l’on tourne les pages.

Les personnages sont tourmentés, bourrelés de remords, rongés par leur passé, leur secret, même si certains n’en donnent pas vraiment l’impression.

On sent que les décors derrière nous sont grandioses, même si nous sommes dans un patelin un peu perdu, entouré de forêts et de montagnes, le tout non loin de la frontière avec le Canada, ce qui facilité l’exportation de la drogue.

Un roman noir âpre, qui se met en place lentement pour ensuite vous coller aux doigts, à la peau.

Un roman à l’atmosphère à couper au couteau à certains moments, un roman qui utilise les silences de ses personnages pour nous faire passer leurs émotions, leurs blessures, leurs fêlures.

Un roman qui traque le loup comme d’autres traquent l’argent caché, un roman qui fait mouche, pire qu’avec une carabine longue portée munie d’un viseur.

Un roman noir qui donne envie de découvrir les autres romans de l’auteur et de reprendre une bonne goulée d’air frais de la montagne, tout en faisant gaffe de ne pas se faire truffer de plomb…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle : Bob Garcia

Titre : L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle

Auteur : Bob Garcia
Édition : La mécanique générale (02/11/2017)

Résumé :
La belle et mystérieuse spirite Mina Marten est habitée de visions qui ont permis de confondre des criminels. Scotland Yard doute encore. Arthur Conan Doyle, spécialiste du spiritisme et accessoirement agent littéraire de son ami le docteur Watson propose de soumettre Mina Marten à une expérience.

Les visions et les révélations s’enchaînent, aux confins du surnaturel. Londres retient sa respiration. Sherlock Holmes s’oppose est persuadé que tout cela n’est que mystification. La dernière vision de Mina Marten plonge Londres dans l’effroi.

Pourtant, la vérité découverte par Sherlock Holmes est bien plus sordide encore… Les londoniens seront-ils prêts à l’entendre ?

Ce récit est tiré d’une enquête réellement menée par Conan Doyle et relatée dans ses mémoires.

Critique :
J’ai été eue ! Mais bien eue, pour ne pas dire bien bais**… Moi qui me plaignais encore l’autre jour avec une copinaute de ces romans que l’on réédite en changeant ET la couverture ET le titre…

Bardaf, la copinaute avait été eue la dernière fois, cette fois-ci, c’est mon tour !

Comprenez bien que je n’ai rien contre le fait que l’on change la couverture d’un roman lorsqu’il passe du Grand Format au format Poche, mais quand, en prime, on change le titre ET le 4ème de couverture, comprenez bien qu’il y a de quoi y perdre son latin, ou son holmésien, dans ce cas-ci.

Ce roman, je me délectais à l’avance de le lire. 720 pages de Sherlock Holmes, vous imaginez que pour moi, ça fait le même effet qu’une solution à 7% de cocaïne !

Donc, cet épais apocryphe attendait le moment propice pour être dévoré quand, soudain, catastrophe nationale, je reçois un petit commentaire d’Eric75 sous ma chronique de « Penny Blood » sur Babelio qui me disait, en substance : « J’ai l’impression que ce livre est ressorti sous le titre « L’affaire Mina Marten » (sous-titre : Sherlock Holmes contre Conan Doyle). Donc à un prix aujourd’hui beaucoup plus abordable ! ».

Heureusement que j’étais bien assise sinon, j’aurais défailli ! Bon sang, il a raison l’homme, c’est bien les deux mêmes histoires, même si on a tout renouvelé pour mieux attirer le chaland, sans doute.

De deux choses l’une : soit je me morfondais et tentais de noyer ma peine, ma déception, ma rage, mon ire dans des mojitos (je préconise toujours le rhum brun), soit je le relisais puisque de tout façon, j’avais oublié une grande partie du livre, sauf en ce qui concernait la petite Histoire dans la Grande, mais les détails s’étaient effacés de ma mémoire.

J’avais même oublié que nous avions l’ombre de Jack dans ce roman, c’est vous dire l’état de ma mémoire ! Donc, évitez de boire autant de café et de mojito que moi et tout ira bien pour vos petites cellules grises : vous n’oublierez plus jamais rien.

Folie que de le relire ? Sans doute, mais bon, j’avais un Challenge Pavé de l’Été à honorer, les 675 pages de récit brut étaient les bienvenus et un rafraichissement de ma mémoire aussi, surtout après 5 ans.

Le spiritisme, le voyeurisme (oups) et la voyance, ce sont des foutaises, même Patrick Jane le disait, alors, le coup des fées qui dansent devant des gamines ou des gens qui pensent voir mon avenir ou mon passé, c’est « buiten » (dehors) avec un coup de pied au cul.

J’ai pris plaisir à replonger dans l’histoire, à relire la Grande Histoire de Londres insérée dans la petite en 13 récits (comme le 13 Miller’s Court ?) qui nous feront passer de la période des Celtes à celle des Romains, du grand incendie, de Jack, et je le redis une fois de plus, il n’en fallait pas plus et deux récits en moins auraient donné un peu plus de souffle au récit.

Holmes et Watson sont presque fidèles au canon holmésien et notre détective, toujours grand enquêteur, mettra les bouchées doubles pour tenter de savoir si la spirite dit des conneries ou la vérité en les plongeant dans l’Histoire de l’Angleterre.

Les enquêtes de Holmes sont prenantes, on se déguise, on explore Londres et on ira plus patauger dans les bas-fonds que prendre le thé chez la baronne de La Tronche En Biais ou la duchesse Dufermoir de Monsac !

Cette fois-ci, je savais où j’allais et donc, je n’ai pas sursauté lors du retour dans le présent de Holmes, les sauts dans le temps me laissant toujours un peu barbouillée, sans doute à cause des 88 miles à l’heure nécessaire pour passer d’une époque à une autre.

Ne me souvenant plus du final, je pensais être surprise, mais pas de bol, une fois de plus, je l’ai vu venir, mais cela n’a pas gâché cette relecture, que du contraire, le livre a bien vieilli.

Un polar historique composé d’une grosse tranche de petites Histoires brutes et fort sombre. À éviter si vous êtes allergique à l’Histoire ou à la sombritude.

Pour les autres, on peut consommer sans modération, mais prenez tout de même la peine de manger et bouger durant la lecture (et boire, aussi !!).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Challenge « Pavé de l’été 2018 » chez Sur Mes Brizées (720 pages).