Tranchecaille ‭:‬ Patrick Pécherot [LC avec Bianca]

Titre : Tranchecaille

Auteur : Patrick Pécherot
Édition : Gallimard Série noire (2008) / Folio Policier (2010/2015)

Résumé :
Chemin des Dames, 1917, l’offensive du général Nivelle tourne à l’hécatombe. Dans l’enfer des combats, un conseil de guerre s’apprête à juger le soldat Jonas, accusé d’avoir assassiné son lieutenant.

Devant l’officier chargé de le défendre défilent, comme des fantômes, les témoins harassés d’un drame qui les dépasse. Coupable ? Innocent ? Jonas est-il un simulateur ou un esprit simple ?

Le capitaine Duparc n’a que quelques jours pour établir la vérité. Et découvrir qui est réellement celui que ses camarades ont surnommé Tranchecaille.

Critique :
Ce polar historique, qui aura pour cadre les tranchées de la Première Guerre Mondiale, commence un peu à la Columbo…

Dès les premières lignes, nous assistons à l’exécution d’un soldat accusé d’avoir planté, non pas le bâton, mais la baïonnette dans le dos de son lieutenant.

Tout ça pour un uniforme trop grand… Tout ça pour une prise de bec qui a eu lieu entre lui et le nouveau lieutenant ? Purée, ça fait cher le tissu en trop et le froc qui descend lorsque l’on charge les tranchées des casques à pointes.

Ce polar historique ne commence pas comme un autre, n’a pas un terrain d’enquête habituel et sa manière de nous narrer l’enquête du capitaine Duparc n’est pas commune du tout.

En effet, la narration de l’enquête, les faits et gestes du capitaine Duparc, du soldat Jonas (l’accusé), ainsi que des autres protagonistes de l’histoire (témoins, gradés, soldats de l’unité et j’en passe) est racontée au travers de chapitres assez courts qui sont en fait des témoignages en direct ou rapportés, des interrogatoires menés par le capitaine (ou son greffier), des discussions qui ont lieu sur place ou ailleurs, a moyen de lettres, de scènes rapportées….

Déstabilisant au départ, ce récit, monté comme un journal de bord. Pourtant, une fois dans le bain, on se sent très vite à l’aise, même si nous sommes dans un endroit où je n’aurais pas aimé traîner à cette époque.

D’ailleurs, l’auteur ne se contente pas de nous conter l’enquête, dans les chapitres, il y a aussi des scènes de la vie quotidienne dans les tranchées, notamment les milliers de morts, pour quelques mètres de pris et dont les quotidiens titreront que c’était une percée importante.

Si je ne me suis attachée à aucun personnage, cela n’a pas entamé mon plaisir de lecture, puisque les 300 pages ont été avalées en une seule journée (sorry ma Bianca).

Cela était sans doute dû au fait que l’on ne sait jamais vraiment qui est le soldat Jonas, l’accusé : un vrai benêt ou un type intelligent qui jouait au con ? Un vrai traumatisé par ce qu’il a vécu durant les 3 années, ou un comédien ? Un soldat qui est vraiment crétin ou un qui se moque des gradés ? Un débile, un âne ? Ou un simulateur de génie ? Cet homme est une énigme à lui tout seul.

En tout cas, c’est addictif, cette enquête et elle n’a rien de banal.

Un polar historique sur fond de Première Guerre Mondiale, sous le régime de la censure, celui de la langue de bois, celui où la justice était arbitraire et inique puisque, pour un galonné assassiné, on veut exécuter un soldat, mais qu’on n’exécutera pas de galonné pour tous les soldats qu’ils ont envoyé à la boucherie.

Une LC avec Bianca réussie et que je ne regrette pas d’avoir faite, ce roman traînait depuis trop longtemps dans mes étagères et il ne méritait pas ça !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°213].

Immortel – Tomás Noronha 10 : José Rodrigues dos Santos

Titre : Immortel – Tomás Noronha 10

Auteur : José Rodrigues dos Santos 🇵🇹
Édition : HC (2020) / Pocket (2021)
Édition Originale : Imortal (2019)
Traduction : Adelino Pereira

Résumé :
L’un des plus grands scientifiques chinois vient d’annoncer la naissance de deux bébés génétiquement modifiés, il disparaît juste après sa conférence.

La presse internationale commence à poser des questions, les services secrets tentent de trouver des réponses, un Américain contacte Tomás Noronha à Lisbonne.

Celui qui se présente comme un scientifique travaillant pour la DARPA, l’agence de recherche avancée de la Défense américaine, est à la recherche du savant disparu. Tomás découvre alors les véritables enjeux du projet chinois…

Critique :
J’ai longuement hésité et puis que je me suis dit que non je ne commencerais pas cette chronique en vous chantant « Immortelle » de Lara Fabian. Ce n’est pas l’envie qui m’a manqué…

Si je n’avais pas lu une critique de Geneviève, jamais je n’aurais ouvert ce roman qui me faisait un peu trop penser à ce qui s’est fait il y a des années, du temps du Da Vinci Code (que j’ai lu et apprécié pour le divertissement qu’il m’avait offert).

Non, non, rien à voir avec le Da Vinci Code où l’on court partout, dans tous les sens, avec la moitié du monde à son cul.

D’ailleurs, durant plus de la moitié du roman, nous avalerons les conversations intéressantes qui ont lieu entre Tomás Noronha (historien et cryptologue) et un scientifique américain de la DARPA, l’agence de recherche avancée de la Défense américaine, au sujet d’un scientifique chinois disparu (le professeur Yao Bai), le tout en alternance avec ce qui se déroule dans le labo de ce scientifique.

Durant tout ce bla-bla, on pourrait penser que l’on va se faire chier, s’ennuyer ferme, et bien non ! J’étais immergé dans leurs conversations et j’ai oublié le temps qui passait, ne ronchonnant que pour le fait que l’Américain foutait le mot « man » toutes les dix phrases (c’était redondant).

Certes, cela pourrait faire un peu cliché que tout ce dont Tomás Noronha a mis en garde le scientifique, fan de nouvelles technologies et d’intelligence artificielle générale, se déroule justement ensuite et donne raison à notre historien.

Oui, si l’on n’y prend pas garde, ce thriller de vulgarisation scientifique pourrait faire penser à un mauvais film de Hollywood où, après avoir causé durant plus de la moitié du film, nos deux protagonistes se mettent tout d’un coup à courir pour sauver leur peau plus de fois que ce pauvre John McClane dans ses films (Die Hard).

En fait, ce roman aurait dû m’horripiler grandement, notamment avec les dialogues qui semblent nous mâcher tout ce qui arrivera ensuite, nous mettant en garde contre la science sans conscience, les technologies nouvelles et leurs dangers, notamment le Net et tous les GAFAM qui nous contrôlent (Google, si tu me lis…).

Oui, il y avait moyen de me perdre, de m’énerver dans cette construction de roman, avec les dialogues entre une personne pro-technologies et une qui s’en méfie, le tout faisant un peu manichéen, durant plus d’une moitié de ce pavé, avant que tout ne s’accélère.

Et pourtant, j’ai apprécié ma lecture, j’ai été plus qu’intéressée par leurs discussions, des plus instructives, qui ne m’a jamais donné la sensation d’être dans un café du commerce en compagnie de types bas de plafond. J’ai même eu la sensation d’aller me coucher moins bête qu’avant.

La partie consacrée à la Chine et à ses millions de caméras permettant de surveiller toute la population m’a fait froid dans le dos, une fois de plus. Le contrôle est total, les chinois possédant un crédit social (système carotte/bâton) dont ils ne peuvent descendre en dessous d’un certain score, sinon ils perdent le droit de prendre le train, de faire des emprunts,…

Orwell nous avait mis en garde, nous ne l’avons pas écouté. Moi, des caméras de sécurité dans les villes, je préfère qu’il y en ai un strict minimum, ça peut toujours être mal utilisé ensuite… 

Il y avait moyen de m’énerver aussi avec la partie course pour rester en vie, où nos deux protagonistes vont devoir échapper à un truc plus fort que tout, capable de tout, juste pour assurer sa survie, ne faisant pas plus attention aux vies humaines que nous n’en aurions pour une colonie de fourmis écrasées par mégarde.

Anybref, ce roman aurait pu finir balancé au milieu de la pièce et pourtant, je l’ai dévoré, ayant bien du mal à la lâcher, malgré ses défauts, comme ce scientifique américain un peu stéréotypé, cette manière de nous prémâcher la seconde partie du roman avec les mises en garde de Tomás et cette sensation d’être dans un mauvais film hollywoodien dans la partie « adrénaline, faut courir pour sauver notre peau ».

À réserver aux lecteurs et lectrices avides d’en savoir plus sur les avancées médicales et technologiques, afin de briller au prochain repas de famille, à la machine à café ou au barbec avec les voisins.

Le récit est fort riche d’apprentissages technologiques, médicales, de morale, de sciences, de conscience et cela pourrait vite devenir indigeste pour ceux ou celles qui préfèrent en manger à petite dose.

À noter aussi que l’épilogue, assez long, concernera la philosophie, l’eugénisme et ce qui est permis ou non, ce qui est moral ou qui ressemble à des pratiques nazies et que les dialogues entre les différents protagonistes pourraient, eux aussi, lasser une partie des lecteurs/trices.

J’ai aimé le fait que tout, dans ces questionnements, ne soient ni tout à fait blancs, ni tout à fait noirs, mais mis en balance avec ce qui se fait déjà et qui aurait sans doute crispé bien des gens il y a quelques années. Ce sera aux lecteurs de se faire leur opinion, la mienne n’étant pas tranchée sur ses sujets hautement sensibles et éthiques.

Une lecture très divertissante, très instructive, un thriller qui reste calme durant plus de la moitié de ses 654 pages (pocket) avant de nous précipiter dans une course-poursuite haletante, digne d’un grand blockbuster. Les chapitres sont courts et nous laisse souvent sur un cliffhanger.

Il faudrait que je me penche sur les autres romans mettant en scène le personnage de Tomás Noronha, car il m’a semblé un peu fade, manquant de profondeur et j’aimerais en savoir plus sur lui.

À noter que les romans peuvent se lire de manière indépendante l’un de l’autre puisque leur parution en français ne suit pas l’ordre de parution portugaise.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°212] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°33).

Bandidos – Diego Martín 03 : Marc Fernandez

Titre : Bandidos – Diego Martín 03

Auteur : Marc Fernandez
Édition : Préludes (2018)

Résumé :
Le corps calciné d’une femme menottée, une balle dans la nuque, est retrouvé dans un parc de Madrid (🇪🇸). Diego Martin, journaliste radio d’investigation, connait la victime, rencontrée vingt ans auparavant… En Argentine.

Jeune reporter à l’époque, il avait couvert l’assassinat du frère de la victime : Alex Rodrigo, photographe pour un grand hebdomadaire, tué selon le même mode opératoire.

Un meurtre identique à des milliers de kilomètres de distance, à deux décennies d’écart. Il n’en faut pas plus au présentateur d' »Ondes confidentielles » pour se lancer dans une enquête qui le mènera à Buenos Aires (🇦🇷), où il retrouvera une femme qu’il n’a jamais pu oublier…

Entre corruption politique, flics ripoux et groupes mafieux, ce voyage va faire ressurgir les fantômes du passé. Car parfois, ceux qu’on croyait morts reviennent hanter ceux qui sont restés.

L’auteur de l’acclamé Mala Vida, finaliste du Prix des lectrices de Elle, et de Guerilla Social Club, revient avec un nouveau polar aussi trépidant que furieusement engagé, à l’arrière-plan historique fascinant.

Critique :
Dernier volet de la trilogie consacrée aux enquêtes de Diego Martín. Cette fois-ci, nous ferons le grand écart entre l’Espagne et l’Argentine, où ont eu lieu deux crimes similaires, à 20 ans d’intervalle.

Les romans de Marc Fernandez n’hésitent pas à sortir les cadavres des malles de l’Histoire, les squelettes des placards des dictatures sud-américaine ou espagnole.

C’était un véritable plaisir de retrouver les personnages avec lesquels j’ai déjà partagé des aventures dangereuses, mais des plus instructives, notamment avec les bébés volés sous les dictatures.

Ici, on parlera plutôt de liberté de presse, d’assassinats de journalistes, de censure, d’intimidations et de politiciens qui font la pluie et le beau temps. Puisque nous irons en Argentine, l’auteur nous fera repasser par les locaux de l’Asociación Madres de la Plaza de Mayo (Les Mères de la place de Mai). Il ne faut pas les oublier non plus !

Dans les romans de Marc Fernandez, il est toujours question de corruption, de pouvoir absolu, de dictatures, qu’elles soient anciennes ou d’époque.

N’allez pas croire que ses bouquins sont les mêmes, bien qu’ils se ressemblent, qu’il y ait des leitmotiv qui reviennent, qu’ils possèdent des sujets communs, ils ont tous un ADN différent, bien qu’issu de la même origine : les exactions des dictatures. Et on aura toujours à dire sur le sujet.

Diego va devoir fouiller dans un passé sordide que certains ne veulent pas voir remonter à la surface et qui feront tout pour le laisser dormir. D’ailleurs, ce roman réserve quelques surprises de taille. J’en avais vu une venir de loin, par contre, la suivante, elle m’a pris par surprise.

Diego est un journaliste pugnace, il ne lâche jamais rien, il est intrépide, un peu fou, il aime la vérité par-dessus tout et surtout, recouper ses infos !

Dans un monde où il faut aller de plus en plus vite afin d’être la premier et de faire le buzz, se permettre le luxe de vérifier et de recouper ses infos, c’est presque se tirer une balle dans le pied. Heureusement que Diego fait encore son travail, qu’il est libre dans sa tête (♫).

Mon seul léger bémol sera pour la manière dont sont présentés une partie des dialogues… Au lieu de faire parler ses différents personnages, l’auteur a choisi de garder la forme de la narration neutre avec « Il lui demanda » et « elle lui répondit », ce qui casse un peu le rythme et donne l’impression d’avoir des dialogues aseptisés.

Hormis cette petite critique, j’ai apprécié le roman qui s’en va fouiller dans les poubelles pour déterrer les cadavres bien planqués des dictatures.

Dans le roman, rien n’est tout à fait noir, rien n’est tout à fait blanc, c’est nuancé et on sent bien que tout le monde ne fait pas toujours ce qu’il aimerait faire, que les libertés sont contrôlées en Amérique du Sud, obligeant certains à manger à la table du Diable, où la longue fourchette ne sert à rien.

Un roman dont le récit alterne entre l’Espagne et l’Argentine, une enquête dangereuse, un méchant mégalo qui racontera tout à Diego à la fin (un peu cliché, mais bon), des amis qu’il fait bon d’avoir auprès de soi, de la corruption politique (oxymore), des squelettes dans les placards et des personnages que l’on n’a pas envie de quitter à la fin de sa lecture.

Merci à toi, Diego Martín, de m’avoir fait découvrir ton univers de journaliste d’investigation, tes amis fidèles et le petit café où vous vous réunissez tous et toutes. N’oublie pas de rester prudent, mon cher Diego et d’embrasser ton père littéraire qui a fait en sorte que j’aille me coucher moins bête après avoir lu 4 de ses romans.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°211] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°30).

Trois vautours : Henry Trujillo

Titre : Trois vautours

Auteur : Henry Trujillo 🇺🇾
Édition : Actes Sud – Actes noirs (2012)
Édition Originale : Tres buitres (2007)
Traduction : Alexandra Carrasco

Résumé :
Pour gagner de quoi quitter l’Uruguay, un jeune homme accepte de passer une voiture en contrebande en Bolivie. Là-bas, il rencontre une magnifique paumée qui lui vole son passeport.

Pour le récupérer, il devra s’enfoncer encore un peu plus dans la marginalité. Un roman noir plein de misère et d’espoir.

Critique :
Les auteurs Uruguayens ne se battent pas dans mes étagères, Henry Trujillo étant le seul représentant de ce pays d’Amérique du Sud.

C’était donc une bonne occasion de profiter du challenge Mois Lusophone pour le sortir.

C’est un roman noir, indubitablement. La misère est présente, même si elle semble décrite de manière ténue par l’auteur.

Malgré tout, on sent bien sa présence dans les décors, les villages, les villes, les personnages, leurs actions…

Dans l’émission Top Chef, les chefs le disent tous : il faut du goût, du goût, du goût ! De l’audace, mais surtout du goût. Hélas, c’est ce qui a manqué dans ce roman noir : du goût, du peps, du sel, du rythme.

Tout est un peu lent, sans pour autant que le récit devienne intéressant. Le personnage principal manque de relief, de profondeur, est terne et il semble être le spectateur de sa propre vie.

Le tout manquant de cohérence, comme si l’auteur n’avait pas réussi à faire le lien entre ces différents chapitres, comme si personne ne savait vraiment où il allait aller. Le style est sans doute trop dépouillé.

Dommage parce que la description de la misère était bien réalisée, sans en faire de trop, sans sombrer dans le pathos. Avec quelques situations, nous avions déjà compris que nous étions chez les paumés, les miséreux, ceux qui tirent le diable par la queue.

Les décors étant en harmonie avec ces pauvres gens : perdus, arides, secs, poussiéreux.

Le final nous plongera dans une histoire glauque à faire frémir et on se dit que cela ne pouvait finir qu’ainsi pour certaines personnes.

Bon, une lecture à oublier, l’étincelle n’ayant jamais eu lieu (et pourtant, je n’ai sauté aucune pages, ce qui est paradoxal).

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°27) et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Uruguay).

Batman – Année 100 : Paul Pope et Jose Villarrubia

Titre : Batman – Année 100

Scénariste : Paul Pope
Dessinateur : Jose Villarrubia 🇪🇸
Traduction : Thomas Davier

Édition : Urban Comics – DC Classiques (2016)

Résumé :
Gotham City, 2039. Batman, une icône oubliée du passé, est recherché pour meurtre. Lancés à la poursuite d’une légende, le commissaire Gordon, petit fils de l’original, prend rapidement conscience des ramifications de l’affaire lorsque ses hommes se trouvent secondés sur le terrain par une unité d’élite, débarquée de Washington.

Critique :
Je ne vais pas y aller par quatre chemins : les dessins sont moches !

Batman est trapu, avec une bouche proéminente (toutes les bouches étaient horribles à voir), pas sexy pour deux sous et les coloris étaient fort sombres, tendant les détails plus difficiles à discerner.

Ce n’est pas un Batman en pleine forme que nous retrouvons, mais un Batman essoufflé après la course, blessé, grimaçant sous l’effort.

Nous sommes en 2039, dans un Gotham qui a bien changé… Ça pue le fascisme et le totalitarisme, ainsi que la mort des libertés individuelles.

Pour ceux qui le poursuive, Batman était une légende urbaine, il n’a jamais existé, ils ne savent donc pas après qui ils courent. Juste une sorte de terroriste, sans doute. Le genre de chose qu’il faut éliminer du système bien huilé de la dictature totalitaire, comme on expulserait un déchet.

L’homme Chauve-Souris est accusé de meurtre, mais ce que les flics ne savent pas, c’est qu’il en fut le témoin et que le policier a été assassiné par un autre policier.

Votre mission, si vous l’acceptez, bien entendu : trouver l’identité d’une mystérieuse entité et un désamorcer un complot. Le scénario était des plus correct et des plus intéressants. La criminalité existe toujours à Gotham et le justicier masqué aussi.

L’action est omniprésente, dès le départ, mais les dessins ont freinés ma lecture, ainsi que les tons sombres… Franchement, je n’ai absolument pas aimé cette vision alternative de l’univers Batman.

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°24).

Indomptable : Vladimir Hernández

Titre : Indomptable

Auteur : Vladimir Hernández 🇨🇺
Édition : Asphalte Noir (19/10/2017)
Édition Originale : Indómito (2016)
Traduction : Olivier Hamilton

Résumé :
La Havane, de nos jours. Un jeune ingénieur en électronique, Mario Durán, se retrouve en prison après avoir trafiqué des accès Internet avec son meilleur ami et complice de toujours, Rubén.

À leur grande surprise, il est libéré prématurément, à condition de prêter main forte au vol d’un coffre-fort, pour lequel ses compétences techniques et celles de Rubén sont indispensables. Un boulot apparemment facile… ce qui éveille la méfiance de Durán.

À raison. Quelques heures après le casse, il se retrouve enterré vivant dans un parc de La Havane, le cadavre de Rubén à ses côtés. Il n’aura dès lors plus qu’une seule idée : se venger de « l’Homme Invisible », leur commanditaire… Encore faut-il savoir de qui il s’agit réellement.

Polar mené à un train d’enfer, Indomptable nous transporte dans les rues de La Havane pour nous montrer le Cuba d’aujourd’hui, et sa jeunesse désillusionnée qui rêve d’ailleurs.

Critique :
Comment réussir à foirer sa journée et se retrouver à moitié mort dans un trou. Suivez bien les conseils…

1. Bénéficiez d’une liberté conditionnelle et sortez de prison,
2. Montez à l’arrière de la moto de votre pote et ancien complice,
3. Suivez-le dans la combine géniale qu’un type lui a proposé,
4. Accomplissez le casse en bidouillant le système de sécurité,
5. Ne vous méfiez pas et tournez le dos à un type armé,
6. Sortez du trou, couvert de sang, de terre, la rage au ventre et ruminez votre vengeance.

Pour réussir à avoir un type à vos basques qui veut se venger, il suffit de ne pas respecter sa parole et de demander à votre homme de main, qui a des problèmes de vue, de le tuer. Simple comme un coup de feu loupé…

Raconté ainsi, on pourrait croire que ce n’est jamais qu’une énième histoire de vengeance. En effet. Et pourtant, si cela semble à un récit réchauffé, l’auteur a réussi à lui donner un souffle et de la profondeur.

Tout en instrumentant sa vengeance, Durán va aussi nous parler de la ville de La Havane et de ce qu’il se passe à Cuba : misère noire, bidonvilles, émigration clandestine dans des barques, en direction des États-Unis, corruption, magouilles, salaires de merde, l’embargo…

La dictature qui ne dit pas son nom est sous-jacente. La génération de Rubén et de Durán n’a pas les mêmes aspirations que celle de leurs parents.

A la différence de la génération perdue de leurs parents, et de celle du désenchantement – ou plutôt des jérémiades- qui avait suivi, ils rejetaient le projet social collectif. Comme tant d’autres enfants nés sous la période spéciale, élevés dans une ouverture économique illusoire empreints d’un pragmatisme post-millenium, ils se sentaient totalement libérés des compromis idéologiques d’antan. Ils ne croyaient qu’en l’initiative personnelle. Il était clair pour eux qu’en politique les dés étaient pipés et que la seule issue qu’ils offraient étaient une salle d’attente donnant sur un futur toujours plus incertain.

Pas de bons sentiments, dans le scénario, cela se résout à la testostérone et avec des armes, bien entendu. Ceci n’est pas une vengeance fine, telle celle de Monte Cristo. Ce sera une traque, intelligente tout de même, afin de trouver le mystérieux commanditaire du casse.

En alternance avec le récit, des chapitres seront consacrés à la jeunesse de Durán et à ses années passées en prison, avec toutes les emmerdes que cela implique (dont les viols). Durán semble être fait de métal, pourtant, il a des faiblesses, mais au moins, il apprend de ses erreurs.

Un roman noir brutal, sans concessions, ou quelques surprises nous attendrons au tournant. Le roman n’est ni trop long, ni trop court, en 256 pages, l’auteur arrive à planter ses décors, à donner vie à ses personnages, à les étoffer, sans en faire trop, tout en nous dressant un portrait peu flatteur de La Havane.

Un bon roman noir où l’on ne s’ennuie pas une seconde. Dès les premières pages, je me suis faite happer par le récit et j’ai apprécié ma folle cavalcade avec l’ami Durán et ses guns.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°2XX], Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Cuba) et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°19).

Captain America – Steve Rogers – T02 – Le procès de Maria Hill : Nick Spencer, Jesús Saiz, Javier Piña et Szymon Kudranski

Titre : Captain America – Steve Rogers – T02 – Le procès de Maria Hill

Scénariste : Nick Spencer
Dessinateurs : Jesús Saiz 🇪🇸, Javier Piña 🇪🇸 et Szymon Kudranski

Édition : Panini Comics Marvel Now ! (2018)

Résumé :
Steve Rogers est un agent de l’Hydra au service de Crâne Rouge. Aucun héros ne se doute que Captain America agit dans l’ombre pour prendre le pouvoir.

Contient Captain America: Steve Rogers (2016) #7-11 et Civil War II: The Oath (2017). En fin de recueil, galerie de couvertures de 9 pages.

Critique :
Cela faisait 1 an que j’avais lu le tome 1 de cette série et que depuis, les autres albums dormaient dans une biblio.

Je comble aujourd’hui mon retard et le manque de temps qui m’a fait reporter à demain ce que j’aurais pu faire il y a 1 an : lire la suite !

Le Cap est un héros gentil, assez lisse, contrairement à d’autres dans l’univers Marvel et ici, nous le retrouvons à l’opposé de ce que nous avions l’habitude, puisque notre Captain est un agent de l’Hydra.

L’espionnage n’est pas mon genre de prédilection, pourtant, j’ai apprécié le double-jeu que Captain America joue avec les autres. Il y a beaucoup de mensonges entre les personnages, chacun tentant de tirer la couverture à soi et de manipuler tout le monde, quitte à laisser gagner son ennemi pour mieux piéger le SHIELD ensuite.

Dans ce deuxième album, personne n’est tout à fait blanc ou tout à fait noir, tout est en nuance de gris et il y en beaucoup ! D’ailleurs, je me demandais si certains personnages ne jouaient pas triple jeu ou juste un jeu afin de servir leurs intérêts propres.

Le captain est à la fois agent d’Hydra, mais aussi au service du Red Skull et il poursuit ses propres objectifs…

Finalement, je ne savais pas si je me faisais manipuler par les auteurs ou si tout l’arc narratif était « véridique » et tel qu’on me le montrait. Cela a ajouté du piment à ma lecture de ne pas savoir qui baisait qui et de me douter que je me faisais avoir aussi). En littérature, j’adore, dans la vie réelle, je déteste !

Une partie des dessins sont bien exécutés, vraiment très beaux à regarder, tandis que d’autres semblent avoir été un peu bâclé, comme si le dessinateur avait dû aller vite et ne pas fignoler les détails des visages. Dans un autre épisode, ce sont les coloriages qui rendent les personnages figés.

Ce n’est pas un album facile à suivre, il vaut mieux être concentré sur ce que l’on fait. De nombreux flash-back sur la jeunesse de Steve Rogers sont présents, ainsi que quelques retours en arrière dans le fil narratif, lorsque le scénariste revient sur un épisode dont nous n’avons pas connaissance.

En fouinant un peu afin d’en apprendre plus sur cette saga, j’ai appris que l’auteur Nick Spencer devait mettre en place les pièces nécessaires pour le crossover Marvel.

Si je ne l’avais pas lu dans une chronique (merci à Presence, membre sur Babelio), il m’aurait été impossible de la comprendre en lisant cet album.

Le récit n’est pas dénué de profondeur, le scénario est réfléchi, retors, travaillé, comprenant des retournements et pas manichéen du tout. On a de quoi lire pour occuper nos longues soirées de printemps.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°208] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°14).

1977 : Guillermo Saccomanno

Titre : 1977

Auteur : Guillermo Saccomanno 🇦🇷
Édition : Asphalte Noir (05/03/2020)
Édition Originale : 77 (2008)
Traduction : Michèle Guillemont

Résumé :
Buenos Aires, 1977. La dictature argentine mène sa « guerre sale » : la répression des opposants est massive et systématique. Toutes les nuits, des escadrons de la mort abattent des militants ou les emmènent vers une destination inconnue. Ils ne sont dès lors plus jamais revus.

Professeur de littérature dans un lycée, Gómez tâche de faire profil bas alors que le nombre de disparus grandit sans cesse autour de lui. Jusqu’au jour où l’un de ses élèves, Estéban, qu’il affectionne particulièrement, est raflé dans sa salle de classe même.

Rongé par l’insomnie et la paranoïa, Gómez passe ses nuits dans des bars interlopes en quête d’aventures avec des hommes de passage. Il va jusqu’à entamer une relation trouble et violente avec un policier fédéral qui l’effraie autant qu’il le fascine. Mais son conflit intérieur entre morale et survie va devenir intenable quand un jeune couple de dissidents se réfugie chez lui.

1977 est un roman essentiel sur la terreur institutionnalisée. En montrant combien il est difficile de conserver son humanité dans un climat totalitaire, Guillermo Saccomanno nous rappelle que l’Histoire se répète – et que les avertissements du passé sont hélas rarement entendus.

Critique :
1977 avait tout pour me plaire : un roman noir sur la guerre sale en Argentine.

Dictature (depuis le coup d’état de 1976), répression, assassinats, milices, rafles et un prof de littérature qui tente de ne pas se faire remarquer par les milices qui sévissent dans la ville.

Attention, je ne sous-entends pas que j’aime ces horreurs que des Hommes infligent à d’autres Hommes ! Jamais de la vie.

C’est juste parce que j’ai toujours apprécié l’Histoire et en apprendre plus sur les dictatures est toujours un bon moyen de contrer les gens qui, dans mon entourage (boulot), seraient tentés par un dictateur à la tête du plat pays. Imbéciles, va ! Lisez, nom de Dieu et choisissez les lectures qui vont vous éclairer.

Ce roman devait être, un de plus, qui allait m’éclairer, me donner matière à frémir, à me faire croiser les doigts que jamais nous ne sombrions dans une dictature.

Hélas, entre ce livre et moi, le coup de foudre n’a pas eu lieu, ce fut même une lecture froide, sans émotions, tant le style du récit m’a déplu dans sa manière d’être raconté.

Brouillon, chaotique, voilà comment je résumerais cette lecture. Une fois de plus, pour les dialogues, les tirets cadratins et les guillemets sont aux abonnés absents et c’est toujours plus complexe de s’imprégner d’un récit lorsque les dialogues ne sont pas bien mis en évidence. Et puis, ce récit qui part dans tous les sens, qui ne m’a pas passionné, qui m’a fait bailler d’ennui…

Dommage pour moi, car ce livre parlait de choses importantes : de la survie sous une dictature, de la morale qui fout le camp, de la paranoïa qui s’installe, de la peur d’être raflé à son tour, pour des motifs futiles, inventés, imaginés, iniques. Juste parce que certains ont du pouvoir et vous pas… Sous le règne de la terreur, il n’est pas facile de vivre, de faire confiance.

Dommage aussi parce que la ville de Buenos Aires, ainsi que sa population, étaient des personnages à part entière de ce roman noir, de ce roman social, policier et historique. On sent bien que la plume de l’auteur est amère, qu’il fait une critique violente de ce régime et de ceux qui y participèrent…

Mais, la rencontre n’a pas eu lieu entre le roman et moi et croyez-moi que je le regrette amèrement car il faisait partie de ceux que j’avais sélectionné lors de la rentrée littéraire de 2020 (oui, j’ai énormément de retard) et dont j’attendais beaucoup.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°207] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°13).

Aurel le consul – 05 – Notre otage à Acapulco : Jean-Christophe Rufin

Titre : Aurel le consul – 05 – Notre otage à Acapulco

Auteur : Jean-Christophe Rufin
Édition : Flammarion (06/04/20222)

Résumé :
La jeune Martha Laborne s’est évaporée à Acapulco. Mauvaise nouvelle pour le Quai d’Orsay : c’est la fille d’un homme politique français. La « Perle du Pacifique » était dans les années soixante le paradis des stars hollywoodiennes. Hélas, la ville aujourd’hui est livrée aux pires cartels mexicains de la drogue.

Aurel Timescu, notre calamiteux Consul, est envoyé sur place. Comme à son habitude, il est fermement décidé à ne rien faire. Son hôtel, le Los Flamingos, est hanté par les fantômes de Tarzan, d’Ava Gardner ou de Frank Sinatra. En suivant ces héros qui l’ont tant fait rêver dans son enfance, il va subir une complète métamorphose.

Un Aurel hédoniste, dandy et buveur de tequila se révèle. C’est bien malgré lui qu’il va se retrouver exposé à des intrigues meurtrières, à des dangers inconnus et au plus redoutable d’entre eux : la passion pour une femme exceptionnelle.

Critique :
Pour bien faire, j’aurais dû suivre l’ordre et lire les tomes précédents, compris entre le 2 et le 4. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, mais soudainement, j’ai eu une envie folle d’aller me dorer la pilule au soleil d’Acapulco.

Aurel Timescu, le plus calamiteux des Consuls y allait justement, alors, je me suis glissée dans la poche de sa veste en tweed. Il y faisait caliente, mais cela me permettait de voyager à moindre frais et avec un diplomate ! Même si ce n’est pas le diplomate qui fait rêver.

La mission d’Aurel est simple : ne rien faire !! Poser son cul dans un hôtel, siroter des cocktails, se baigner, mais surtout, surtout, ne rien faire pour chercher la fille de l’homme politique français qui a disparu. Coucouche panier, Aurel !

Ça tombe bien, Aurel n’est pas du genre à se fouler au boulot. Que du contraire, moins il en fait, moins on lui en demande, mieux il se porte ! J’avais la certitude que nous allions nous la couler douce, au Los Flamingos hôtel, en slash (tongs) et guayabera, à boire de la tequila ou des margarita.

Loupé, tout le monde est venu nous pourrir la vie avec des infos et des pistes sur la disparue dont nous n’avions rien à faire.

Aurel, c’est l’enquêteur improbable, le fainéant magnifique, celui qui ne fait pas de bruit, mais que tout le monde remarque. Celui qui voudrait passer sous les radars et qui n’y arrive pas. Aurel, je l’adore. Il n’est pas beau, il s’habille comme l’as de pique (et encore, en pire), mais il est tellement atypique qu’on l’aime de suite.

Les romans policiers de l’auteur semblent être avant tout là pour donner une touche d’humour, de légèreté, comme si l’on s’amusait follement, tout en enquêtant dans des pays (et des villes) où l’on n’a pas l’habitude d’aller. Ce serait réducteur de penser cela.

Sous ses airs d’amuseur local, l’auteur fait pourtant mouche et ne se prive jamais de parler de l’envers du décor, de nous montrer ce que les cartes postales ne montreront jamais : la violence, la pauvreté et autres sujets de société.

En fait, les enquêtes d’Aurel sont un mélange entre « Échappées belles » (à petites doses) et de « Envoyé spécial », le tout sous le couvert d’une enquête où notre Aurel fait le minimum du minimum.

Et malgré tout, je vous garantis que l’on ne s’ennuie pas du tout. Les personnages secondaires sont soignés, détaillés, ils prennent vie, ont leur importance. Aurel gagnera en profondeur, ressentira des émotions, craindra pour sa vie et se prendra pour Sinatra ou Johnny Weissmuller. Il aurait pu être ridicule, grotesque, mais non, il ne l’est pas, bien qu’il le frôle de peu. Il est surtout touchant, sans en avoir l’air.

Aurel est comme les romans qui le mettent en scène : on dirait de la littérature faite pour l’amusement, on sent que l’auteur s’est amusé à écrire ce cinquième tome, qu’il a puisé dans sa carrière de diplomate, que les seconds rôles existent réellement, quelque part…

Mais sous le couvert de littérature amusante, l’auteur n’oublie pas d’aborder les problèmes du Mexique, les tensions sociales, les narcos, les assassinats, la violence terrible, la corruption, les flics qu’il vaut mieux éviter et le déclin de cette station balnéaire, devenue la cible des racketteurs. On est en tong, mais on n’oublie pas le principal.

Aurel, je vais revenir en arrière et je ne zapperai pas tes précédentes enquêtes. Si tu pouvais me chanter, avec ta belle voix de crooner « Strangers in the night », je serais ravie !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°206] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°12).

 

Elfes – Tome 31 – Ylanoon : Jean-Luc Istin et Kyko Duarte

Titre : Elfes – Tome 31 – Ylanoon

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Kyko Duarte 🇪🇸

Édition : Soleil (20/04/2022)

Résumé :
Suite à l’immense raz-de-marée qui a dévasté les côtes des terres d’Arran, les elfes bleus érigent leur nouvelle capitale sur les ruines de la cité d’Ennlya. Mais d’étranges massacres jettent l’opprobre sur les différentes communautés.

Pour Lanawyn et sa jeune apprentie Ylanoon commence alors une enquête sanglante au plus profond d’une forêt sombre où se tapit la mort incarnée.

Critique :
— Je suis quasiment sûr que nous avons affaire à un serial killer.
— Pardon ?
— Je crois que nous avons affaire à un serial killer.
— Un quoi ?
— Un serial killer.
— Un ?
— Un serial killer. Un tueur en série.
— Ah… Un serial killer. (1)

Nos deux enquêtrices ne le savent pas encore, mais il y a fort à parier qu’elles aient affaire à un serial-killer. On vient de retrouver des Elfes Bleus, assassinés, la tête décapitée, déposée entre leurs mains.

On ne leur a pas volé de biens et lorsqu’elles apprennent que des Humains ont eu droit au même traitement, là, elles sont sûre que ce n’est pas une affaire de vengeance ou de race.

Oui, dans les Terres d’Arran, la race est importante et elles existent. Un Elfe n’est pas un Nain, ni un Orc, encore moins un Humain. Par contre, entre les Humains et les Elfes, ce n’est pas le grand amour, nos semblables rendant responsables les longues oreilles de bien des maux : les goules étaient menées par une Elfe et le raz-de-marée fut provoqué par une Elfe.

Dans cet album, une fois de plus, les dessins de Kyko Duarte m’ont enchanté. Les visages sont expressifs, les décors sublimes, pareil pour les couleurs. Bref, un régal pour les yeux.

Le scénario, lui, s’apparente totalement à une enquête policière truffée de fausses pistes. Une sorte de Whodunit, mais pas en huis clos. L’immensité de la forêt, ses dangers, la neige, l’assassin tapi dans l’ombre (ou les, on ne sait pas encore), les tensions entre Humains et Elfes, rien n’est mis en oeuvre pour établir un climat serein.

Comme je vous le disais, il y a des nombreuses fausses pistes dans cet album. Trop ? Oui et non… Dommage que les fausses pistes se terminent si abruptement. On pourrait même dire que la résolution arrive comme une sorte de miracle puisque, au bon moment, on signale à une des Elfe la présence d’un tueur dans la ville, emprisonné.

Moi, j’avais déjà compris, grâce à une case dans l’album où le dessinateur insiste un peu trop lourdement sur un détail de la déco. À ce niveau

Comme je suis perverse (et que j’ai fait mes classes en lisant Agatha Christie), j’ai suspecté tout de suite la bonne personne, la plus improbable, bien entendu, celle qui était la valeur sûre pour donner un choc aux lecteurs.

Non, vous ne saurez pas si je me suis trompée ou si j’avais visé juste. Lisez l’album et trouvez-vous même le ou la coupable (vais-je devoir utiliser le « iel » pour ne pas spolier dans mes chroniques futures ??).

Posez-vous aussi la question : alors que cet album porte le titre de la jeune Elfe Bleue, Ylanoon, comment cela se fesse-t-il qu’elle ne soit pas plus mise en avant et que la star soit Lanawyn, déjà mise en avant dans d’autres albums ? Tandis qu’il y a encore tant à découvrir sur la jeune Ylanoon…

Un bon tome de transition. Je me demande toujours ce que la suite nous réserve…

(1) Extrait du film « La cité de la peur », sorti en 1994, écrit par les Nuls (Alain Chabat, Dominique Farrugia et Chantal Lauby) et réalisé par Alain Berbérian.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°205], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages) et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°11).