Détectives – Tome 7 – Nathan Else – Else et la mort : Herik Hanna & Sylvain Guinebaud

Titre : Détectives – Tome 7 – Nathan Else – Else et la mort

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Sylvain Guinebaud

Édition : Delcourt (2017)

Résumé :
Trois ans après les sombres événements orchestrés par le tueur 7, Nathan Else profite d’une retraite londonienne méritée.

John Eaton, son célèbre partenaire, voit néanmoins d’un mauvais oeil la sortie d’un nouveau roman consacré à leurs aventures, un récit macabre prédisant la chute du détective.

Alors que Else s’amuse de cette parution, Eaton s’inquiète de nouvelles menaces qui, loin de la fiction, pourraient bien être réelles…

Critique :
Heureusement que j’ai acheté cet album pour clore ma série de Détectives (que j’ai lue sur le tard) car il est bel et bien la prolongation du tome 6.

Les questions que je me posais à propos du tueur de femmes sont résolues, je sais QUI (je m’en doutais mais bon, on peut se tromper) et surtout, POURQUOI.

Dès les premières cases, je me suis demandée si ce n’avait pas été une erreur de l’acheter car la réunion de 6 de nos détectives ne les mettait pas en valeur.

Et puis, j’ai compris : le livre dans le livre. Nathan Else, tout comme Sherlock Holmes, a ses enquêtes publiées et ses fans sont nombreux. Pourtant, ce dernier tome est un ramassis d’horreurs sans noms, comme si l’auteur de cette dernière aventure avait voulu mettre dedans tout ce que la littérature compte de créatures fantastiques.

Si pour Sherlock Holmes, Watson était son biographe, dans le couple Else – Eaton, ce n’est pas ce dernier qui écrits les enquêtes de Nathan Else. Et le dernier livre est une daube sans nom.

On pourrait croire, en commençant ce dernier album, qu’on est dans la simplicité, dans le déjà-vu mais ce serait une grossière erreur que de penser cela car l’auteur avait plus d’un tour dans son sac pour clore magistralement la série.

Mon seul bémol serra pour le fait que les 5 autres détectives (Miss Crumble, Martin Bec, Fréderick Abstraight, Richard Monroe et Ernest Patisson) sont sous-exploités et plongés parfois dans le ridicule, le burlesque.

Vous me direz que l’album est consacré à Nathan Else et pas aux autres, d’accord, mais justement, puisque Nathan Else brille par son absence durant la majeure partie du récit, on aurait pu donner un peu plus de présence aux autres.

De plus, je préférais le physique de John Eaton dans l’album 6, avec les dessins de Mara plutôt que ceux de Sylvain Guinebaud dans ce tome 7.

Malgré ces petits bémols, j’ai passé un bon moment avec ce dernier album, j’ai apprécié les révélations faites car elles lient le tout, la tournure prise par les événements, les coups de pieds au cul et maintenant que je sais tout, il faudrait que je relise « Sept Détectives » pour me remettre tout en tête.

Une bien belle saga, des scénarios bien ficelés, des décors so bristish et des personnages bien détaillés. Il ne me reste plus qu’à découvrir Martin Bec et Richard Monroe.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

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London nocturne : Cathi Unsworth

Titre : London nocturne

Auteur : Cathi Unsworth
Édition : Rivages Noir (01/05/2019)
Édition Originale : Without the Moon (2015)
Traducteur : Isabelle Maillet

Résumé :
Londres, en février 1942. La ville est sous le régime du couvre-feu. Au milieu des ruines et des bombardements, une vie nocturne continue dans les pubs, clubs et autres music-halls.

Des lieux où se presse une population avide d’échapper à la guerre mais où rôdent toutes sortes d’individus louches, escrocs, journalistes à l’affût du scandale, cartomanciennes, joueurs professionnels et trafiquants du marché noir.

L’inspecteur Greenaway, ancien de la brigade des jeux, connaît cette faune par coeur. Mais il y a autre chose: dans la nuit, un tueur sème la panique en tuant et mutilant ses victimes…

Critique :
Londres, le black-out, les bombes du père Hitler qui pleuvent sur la capitale British et un Éventreur qui coure les rues.

Yes, j’adore !

En littérature, je précise, en vrai, je n’aime ni les bombes sur la gueule, ni les éventreurs.

Mais il faut dire que L’Éventreur du couvre feu, c’est un nom qui en jette !

La première partie est prenante, on suit un étrangleur de blondes (il ne devait pas les aimer) qui exercent le plus vieux métier du monde, le tout durant le couvre-feu et planqué derrières les rideaux occultant.

On enquête avec un inspecteur Greenaway qui doit avoir la carrure d’un Lino Ventura, on a de multiples intervenants, on se glisse dans l’intimité des belles de nuit ou des diseuses de bonnes aventures.

Le Londres de la pègre est bien retranscrit, on a des décors grandeurs natures, des descriptions des ruelles un peu glauques bien retranscrites et l’atmosphère a une vraie gueule d’atmosphère. Le pied.

Les personnages multiples nous offrent un panel d’émotions et de pensées en tout genre, c’est diversifié, même si nous resterons dans l’Angleterre d’en bas, celle qui se lève tôt ou va se coucher tard.

Là, je vous connais et vous me connaissez, vous vous dites que c’est trop de fleurs pour être honnête et que le pot va suivre.

Le pot arrive à toute volée !

Le problème des personnages, c’est qu’ils auraient tous mérité un traitement plus en profondeur car ils avaient du potentiel, étaient haut en couleur, en verbe, en richesse (pas celle du fric) et que chacun aurait mérité d’être un peu plus explicité, afin de donner un peu de mâche au récit. Du croquant.

L’enquête ne restera pas inscrite dans les annales de la police, elle n’est pas exceptionnelle, elle est aussi banale que celles de nos flics réels où le hasard fait bien les choses, même si la ténacité aide aussi.

Malheureusement, c’est plus que réaliste, cette manière d’enquêter, tandis que celle des Poirot, Holmes, Columbo et Marleau sont bien plus rares. Ceci était pour le petit pot lancé à la première partie…

Dans la seconde moitié, l’auteur a changé de ton et là, c’est un gros pot qui arrive à toute volée : Greenaway a attrapé l’étrangleur (trop vite ?), sans que l’on ait eu le temps de faire vraiment monter la mayonnaise, on l’inculpe et puis directement, boum, on met la main sur l’éventreur sans que le lecteur ait vraiment eu le temps de se retourner.

Pour ceux et celles qui aiment les ambiances de prétoire et de tribunaux, la seconde partie va leur en donner pour leurs sous car on va assister aux procès de ces deux tueurs.

Ce sont des moments de lecture qui m’ont plus, parce que j’aime ça, mais bon, niveau action, hormis le pétage de plomb de Grenaway, on est à un train de sénateur !

Manquait tout de même de liant, dans cette histoire et d’épaisseur dans les personnages. L’auteur donne l’impression de jongler avec le coq et l’âne (je change les expressions, oui !) sans trop savoir comment finir son tour.

Le Londres sous le couvre-feu est détaillé, les crimes aussi, l’auteur a potassé le sujet, ça se sent à la lecture et si on avait des doutes, les Notes de l’auteur nous en donneront un grand aperçu.

Les événements décrits dans ce roman s’inspirent de deux vraies affaires qui se sont déroulées sur cette même période de quinze jours en février 1942 – les crimes de Gordon Frederick Cummins, surnommé l’ »Éventreur du couvre-feu », et le meurtre non élucidé de Margaret McArthur sur le pont de Waterloo – et ont été jugées cette année-là au mois d’avril, à quelques jours d’intervalle.

Anybref, je suis le cul entre deux chaises avec ce roman. Il lui manquait quelques petits détails ou une autre mise en scène pour le rendre super attractif et addictif. Là, je l’ai lu sans avoir la tension qui jouait du yo-yo et mon rythme cardiaque est resté sur la bonne fréquence, celle qui ne donnera pas lieu à une tachycardie.

Pas évident de trouver la bonne cotation pour ce roman policier noir. D’un côté, j’ai aimé les descriptions du Londres de 1942, le rendu était parfait, les personnages étaient nombreux, intéressants, mais auraient pu bénéficier d’un traitement plus profond et niveau suspense, j’en déjà ressenti plus avec d’autres romans.

Malgré tout, il y a du bon dans ce roman, mais il aurait fallu les travailler un peu plus, ou différemment afin de scotcher le lecteur – qui en a lu d’autres – au fond de son divan.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Dracula : Bram Stoker

Titre : Dracula

Auteur : Bram Stoker
Édition : Pocket (1993 – 2011 – 2017) / J’ai Lu (2012)
Édition Originale : Dracula (1897)
Traductrice : Lucienne Molitor

Résumé :
Répondant à l’invitation du conte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux.

Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula.

Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante.

Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l’apesanteur…

Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…

Critique :
Dracula, ça, c’est un vrai vampire !

Fourbe, cruel, buveur de sang humain et s’il le faut, de sang animal, mais le sang de biche innocente n’est pas vraiment à son menu.

Anybref, Dracula n’a rien avoir avec les vampires vegan de Twoilet !

Dracula, je l’avais lu il y a… plus de 25 ans (1993) ! C’était il y a un siècle, une éternité (allez-y, chantez).

À cette époque lointaine, j’avais commencé à le dévorer lorsqu’une commotion cérébrale avait appuyé sur la touche « pause » de la lecture car il m’était impossible de lire plus de quelques lignes tant la douleur me vrillait le crâne.

C’est donc après 3 semaines d’arrêt lecture que j’avais pu et su le reprendre, mais j’avais cette frustration de ne pas avoir pu l’avaler d’un seul coup.

Ma vengeance est accomplie puisque j’ai pu, maintenant, le bouffer tout cru, le sucer jusqu’à la moelle et me pourlécher les canines.

L’avantage de le relire après avoir vu 36 fois le film, c’est que les personnages du livre ont pris les visages des acteurs du film.

Autant où j’avais détesté le style épistolaire des « Liaisons dangereuses » autant où dans Dracula il ne m’avait pas dérangé du tout, que le récit se déroule aux travers d’un journal intime, des lettres de Jonathan Harker ou d’articles de journaux.

Cela lui donne un réalisme bien plus grand qu’avec un narrateur omniscient ou à la première personne du singulier. Bref, ça vous fout la trouille et augmente votre tension, ainsi que votre respiration.

Et bien oui, croyez-moi ou pas, malgré toutes ces années passées, j’ai ressenti toujours des picotements dans l’estomac, des emballements du cœur et le suspense était toujours présent alors que ma mémoire se souvient encore de la plupart des événements.

Je me demande si ce n’est pas ça qui me fait flipper encore plus : le fait de savoir !

Les personnages sont toujours aussi intéressants, intrigants, attachants, surtout Mina qui à l’époque déjà m’avait marquée au fer rouge avec cet amour qui était bien plus beau que le dégoulinant d’une saga de vampires végétariens.

Attention, dans le film de Coppola (et pas Coppula), ils avaient fait du personnage de Mina un ancien amour de Dracula et la belle en était sa réincarnation, son voyage à Londres pour la retrouver était la raison !

Dans le livre, c’est le fait que Harker se soit enfui qui fait rappliquer notre suceur dare-dare pour le faire taire et puisque de toute façon il voulait y venir pour se faire de nouveaux disciples, autant profiter de l’occasion ! Et puis, Lucy passait par là, une proie facile et hop, le moustique Dracula l’a prise dans ses rets.

Le charme s’est accompli une nouvelle foi, Dracula m’a emporté, parce que oui, je l’adore, malgré le fait que c’est un vampire (ou alors, c’est pour ça, psychanalysez-moi), j’ai vibré durant tout le récit, marmonnant des inutiles « fuyez, pauvres fous » puisque le récit ne pouvait pas changer en mûrissant 26 ans de plus dans mes étagères.

Quel bonheur de relire ce grand roman de vampires, ce récit bit-litt bien plus mordant que certains à qui on a dû mettre une muselière ou limer les dents.

Ma relecture m’a tellement plu qu’elle gagne un demi Sherlock en plus !

Lucie, Lucie c’est moi je sais
Il y a des soirs comme ça où tout
S’écroule autour de vous
Sans trop savoir pourquoi toujours
Regarder devant soi
Sans jamais baisser les bras, je sais
C’est pas le remède à tout
Mais ‘faut se forcer parfois
Lucie, Lucie dépêche toi, on vit
On ne meurt qu’une fois
Et on n’a le temps de rien
Que c’est déjà la fin mais
C’est pas marqué dans les livres
Que le plus important à vivre
Est de vivre au jour le jour
Le temps c’est de l’Amour

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Le fantôme de Canterville et autres contes : Oscar Wilde

Titre : Le fantôme de Canterville

Auteur : Oscar Wilde
Édition : Larousse Petits classiques (2011) / Folio Junior (2007)
Édition Originale : The Canterville Ghost (1887)
Traducteur : Marie-Hélène Christensen

Résumé :
Bombardé de boulettes de papier et d’oreillers, jamais, durant les trois siècles de sa brillante carrière, le fantôme de Canterville n’a été à ce point ridiculisé !

Mais pour qui se prennent-ils, ces Américains qui s’apprêtent et acheter le manoir de Canterville ?

Rien ne les effraie, ni les squelettes, ni les chaînes, ni les éclats de rire sataniques… De quoi devenir fou, quand on tient, comme tout fantôme qui se respecte, à sa réputation !

Une histoire de fantômes avec frissons, situations extravagantes et éclats de rire ! Tout le talent de conteur et l’humour d’Oscar Wilde…

Dans le registre du rire grinçant, le deuxième conte, « Le Crime de Lord Arthur Savile », narre les mésaventures d’un homme à qui l’on a prédit, en lisant dans les lignes de sa main, qu’il allait commettre un crime.

Du coup, il se sent obligé de tuer quelqu’un, pour se délivrer de cette malédiction. Et l’on termine avec une courte histoire mettant en scène un millionnaire modèle.

Ces trois contes très drôles, écrits à la fin du XIXe siècle, comportent donc quelques expressions ou références obscures pour le lecteur d’aujourd’hui, qui sont expliquées en fin d’ouvrage.

Critique :
Un château hanté par un fantôme qui a sur la conscience bon nombre d’arrêts cardiaques, de frayeurs, de personnes rendues folles, muettes et j’en passe.

Mais au pays de l’Oncle Sam, on n’a pas peur des fantômes et ce n’est pas celui de ce manoir qui va enlever le flegme de ces américains que tous les anglais leur envieraient presque.

Pauvre fantôme, il se retrouve face à des gens qui n’ont pas peur de lui, pire, les jumeaux lui lancent des boulettes de papier ou leurs oreillers.

La première nouvelle m’a fait passer de la frayeur au rire, puis à la gorge nouée. Tout ça en peu de pages car Oscar Wilde est le maître des émotions qu’il fait naître chez son lecteur.

Dommage que cette nouvelle n’ait pas été plus longue car elle avait assurément un potentiel énorme. Si le fantôme avait prêté à rire plus tôt, on n’a plus du tout envie de rire de lui à la fin et malgré ses fautes, on est prêt à lui donner l’absolution.

Pour la deuxième nouvelle, on se rend compte de tout le pouvoir de persuasion que possèdent les chiromanciens !

Votre Mitterand consultait une liseuse d’avenir dans les astres (Elizabeth Teissier), alors on comprend que le pauvre Lord Arthur Savile ait eu envie de connaître son avenir dans les lignes de sa main. Le pire sera qu’il ait cru qu’il allait commettre un meurtre.

Lord Savile n’a rien d’un assassin, pourtant, cette idée va le turlupiner et il va faire en sorte que la prédiction se réalise, l’imbécile ! On peut être un Lord, instruit, riche et terriblement crétin.

J’ai adoré aussi car c’est cynique, perfide et terriblement addictif !

La dernière était très courte mais bonne, comme quoi, n’écoutez pas les personnes qui vous disent que la longueur entre en ligne de compte.

Si les émotions étaient au rendez-vous pour la première et serraient la gorge, les deux autres étaient plus calmes à ce niveau-là. Malgré tout, je n’ai pas retrouvé l’écriture qui m’avait emportée pour Le Portrait de Dorian Gray.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Clues – Tome 4 – À la croisée des chemins : Mara

Titre : Clues – Tome 4 – À la croisée des chemins

Scénariste : Mara
Dessinateur : Mara

Édition : Akileos (01/10/2015)

Résumé :
Suite à l’attentat qui a semble-t-il coûté la vie à Hawkins, Lord Wellington a pris le contrôle du Parlement, tandis que Londres est à présent sous la coupe des Red Arrows et de Pitts.

Mais une résistance, dont l’un des chefs n’est autre qu’Emily, s’est organisée et tente par tous les moyens de confondre Lord Wellington et de contrecarrer les ambitions de Pitts.

Dernier tome de la série « Clues », cet album est celui des ultimes révélations, celui dans lequel Emily découvrira peut-être qui a tué sa mère et qui est son père…

Critique :
— Emily, je suis ton père ! [Voix caverneuse et respiration forte]

Si elle ne savait pas encore QUI avait tué sa mère et QUI était son père, nous, lecteurs, avions déjà découvert la main qui avait tenu l’arme à feu qui mit fin aux jours de sa mother et pour l’identité du père, en faisant un peu marcher ses méninges, le lecteur lambda pouvait le déduire aisément.

Restait à savoir si mes déductions étaient bonnes ! Mais je ne vous dirai rien…

Dans des tons pastels réalisés sans doute à l’aide d’aquarelle, ce dernier album dénote parmi les trois précédents car les couleurs ne sont pas aussi profondes qu’avant mais délavées.

De ce côté là, j’ai moins aimé. Je trouve que cela a nuit à la qualité de l’album et si pour certains plans les délavés allaient comme un gant, pour les intérieurs et les personnages, le rendu n’était pas agréable pour l’œil.

Les dessins, eux, sont un peu différent. Trois ans ont passé entre les deux derniers albums, l’auteure a dû changer quelque peu sa manière de dessiner et de colorier.

Le scénario est rythmé, comme toujours, Emily est devenue une bonne femme qui n’a peur de rien ni de personne, on est loin de la jeune fille craintive du départ. Elle a pris le taureau par les cornes, voulant par là même prendre les membres des Red Arrows par les couilles et leur tordre jusqu’à que ce qu’elles soient arrachées.

Autant où les trois premiers tomes restaient dans du crédible et du plausible, là, on a tout de même quelques facilités, des raccourcis pris et des changements dont nous n’aurons pas l’arc narratif. Faudra se douter qu’Emily a su y faire pour monter un groupe prêt à combattre les Red.

Le final expédié assez vite, on se retrouve un peu à côté de ses pompes de voir comment tout ça s’est vite résolu, vite terminé, et comment des gens que nous n’avons pas vu blessé ont pu mourir si vite, comme si on voulait s’en débarrasser au plus vite aussi.

Autant où les trois albums précédents étaient bien réalisés en termes de dessins, avec des scénarios cohérents, on a l’impression ici qu’on a tout fourgué dans un seul album, en vitesse, comme si la série pesait, après sept années passées à bosser dessus.

Dommage que le dernier tome soit si rapidement empaqueté et expédié…

Ça me fait penser à une réplique dans le film « Madame Doubtfire » :
— Tu vas vider ses étagères, expédier et empaqueter tous ses films. Après t’attaques ses boites, là. T’empaquètes et t’expédie. T’empaquète tout ça … et tu l’expédie. Des questions ?
— Après empaqueter ?
— T’expédie ! Au travail, gros malin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

La Machine à explorer le temps : H.G. Wells

Titre : La Machine à explorer le temps

Auteur : Herbert George Wells
Édition : Folio Junior (2012) / Larousse Petits classiques (2017)
Édition Originale : The Time Machine (1895)
Traducteur : Henry-David Davray

Résumé :
Londres, fin du XIXe siècle. Un groupe d’amis écoute les aventures de celui qui prétend être le premier voyageur du temps. Son récit débute en l’an 802 701. La Terre en l’an 802.701 avait pourtant toutes les apparences d’un paradis. Les apparences seulement.

Car derrière ces jardins magnifiques, ces bosquets somptueux, cet éternel été où les hommes devenus oisifs n’ont à se préoccuper de rien, se cache un horrible secret.

Ainsi témoigne l’explorateur du temps face à des auditeurs incrédules.

Depuis la conception de son incroyable machine jusqu’à son voyage au bout de l’Histoire, là où l’humanité s’est scindée en deux.

D’un côté les Éloïms, qui vivent en surface, petits êtres gracieux, doux et décérébrés.

De l’autre les terribles Morlocks qui ont fui la lumière pour s’enterrer dans un gigantesque et inhospitalier monde souterrain.

Un monde où l’Explorateur du Temps devra s’aventurer s’il souhaite répondre à ses questions, et surtout revenir à son époque.

Inutile d’insister sur le fait qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre. Wells demeure avec Jules Verne le grand ancêtre de la science-fiction, celui qui lui a donné ses lettres de noblesse, avec des œuvres aussi importantes que « L’Île du Docteur Moreau », « L’Homme invisible » ou « La Guerre des mondes ».

Un grand classique, précurseurs dans bien des domaines, qui reste indépassable. À lire ou à relire.

Critique :
Mais qu’allait-il faire en l’an de grâce 802.701 ??

Bon sang, il ne pouvait pas voyager moins loin ? Allez explorer le futur plus proche que celui des années 800.000 ?

Au moins, ça nous conforte qu’à cette époque là, la Terre sera toujours pourvue de l’Homme et personne ne pourra vérifier les dires de l’auteur avec la réalité car je subodore que nous n’arriverons jamais à cette année-là !

Wells, tout comme Verne, aime bien nous assommer un peu avec des trucs de scientifiques afin de donner plus de réalisme à son récit.

N’aimant pas trop ça, j’ai un survolé les premières pages où il explique les principes du voyage temporel afin d’arriver à la fin de cette conversation un peu trop scientifique pour moi.

De notre voyageur dans le temps, nous ne saurons rien, ni son nom, ni son physique, ni sa vie ou son passé.

Contrairement au film de 2002 (il me reste quelques bribes de souvenirs), il restera une sorte de narrateur inconnu pour les lecteurs, même s’il ne sera pas le narrateur principal puisque nous avons un récit dans le récit.

Ça se lit vite, une fois les considérations scientifiques passée, le reste passe tout seul et c’est avec la même curiosité que les autres personnes rassemblées que nous allons écouter le récit du voyageur du temps qui est arrivé dans un Londres bien différent que celui qu’il connaissait.

Deux sociétés distinctes vivent dans ce Monde : les Éloïs, sorte de petites créatures dont les pouvoirs de réflexion volent plus bas que le derrière d’un cochon, sorte d’être oisifs qui glandent toute la journée en bouffant des fruits et les Morlocks, terribles créatures qui vivent sous terre.

En lisant le récit, on se rend compte que l’auteur n’a fait que de mettre en scène, avec des métaphores, les inégalités sociales qui gangrénaient l’Angleterre victorienne et qui n’ont pas vraiment changé depuis, même si on a fait quelques progrès.

Avec ses petites créatures, l’auteur balance une critique acerbe de la société, comparant les Éloïs à des vaches broutant dans un pré et ne se doutant pas qu’un jour, elles finiront dans notre assiette.

L’écriture est vieillotte, normal, elle est d’époque, elle est simple, facilement compréhensible mais le roman manque de profondeur, de détails sur la société découverte. Ça manque un peu de vivacité, ce récit.

Le fait que le voyageur nous le raconte à son retour bousille aussi la narration car un récit relaté en direct lors de son voyage aurait été plus vivant. Là, c’est de la rediffusion.

Dommage que j’aie découvert ce roman si tard dans ma vie car je l’aurais plus apprécié dans ma jeunesse que dans mon âge d’adulte.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Black Butler – Tome 27 : Yana Toboso

Titre : Black Butler – Tome 27

Scénariste : Yana Toboso
Dessinateur : Yana Toboso

Édition : Kana Dark (15/03/2019)

Résumé :
« Réponds ! Qui est-ce qui m’appelle ? »
14 décembre 1885. Le jour où Ciel fête ses dix ans. C’est le début du désespoir…

L’enfant impuissant hurle, et ses cris de haine attirent des miasmes d’un noir violacé qui approchent en ondulant…

Critique :
Black Butler est une série assez noire, qui n’est pas remplie de Bisounours chevauchant des Petits Poneys…

On a déjà eu du glauque dans les souvenirs que Ciel nous divulguait au fur et à mesure, mais là, on a franchi un palier tel qu’on est en droit de se demander si pareille horreur pourrait exister.

L’Histoire mondiale me chuchote qu’on a vu pire.

Les lecteurs qui suivent la saga depuis le départ savaient que Ciel était passé par des moments traumatisants lorsqu’il s’était retrouvé dans la cage, avant de passer le pacte avec Sebastian mais nous étions encore dans de la grosse suggestion, le mangaka n’ayant pas encore affiné tous les détails.

Il le fait dans ce tome 27 et putain, on apprécierait une vanne de Undertaker ou de Grell, le Shinigami (dieu de la mort) ne vienne du gringue à Sebastian tant l’atmosphère est oppressante et glauque.

Ce qui me faisait des choses vues et lues, c’est que ce ne serait pas discret d’agir de la sorte pour ces espèces d’illuminés du bocal adorateurs de Satan.

Je m’explique : kidnapper des enfants dans les bas-fonds, ça ne se voit pas, les miséreux, ça n’a pas l’opportunité d’aller se plaindre, mais des enfants de famille noble, là, on est dans le haut du panier, dans le sang bleu et donc, assassiner tout le monde et chiper les enfants, ça pourrait faire bien plus de grabuge que des enfants laissés-pour-compte.

Ce qui m’avait titillé aussi, c’est que les Méchants ne le sont que lorsqu’il s’agit de baisser leur pantalon ou d’implorer Satan de venir, mais quand ce dernier pointe le bout de sa queue, on fait moins l’malin.

Le Malin, vous l’avez invoqué avec tous les ingrédients réunis, alors, maintenant, assumez, bande de larves. Ciel au moins, il a des couilles, alors qu’avant, c’était un trouillard pleurnichard.

Un tome qui poursuit l’arc de malade entamé dans le précédent, qui nous dévoile tout avant sans doute de nous achever dans le 28 en nous expliquant comment un mort est revenu, tel Mathilde, mais en moins marrant.

Suspense encore plus à son comble que pour tous les autres, j’espère que l’auteur ne va pas foirer cet arc majeur et totalement inattendu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

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Mary Jane Kelly – La dernière victime : Didier Chauvet

Titre : Mary Jane Kelly – La dernière victime

Auteur : Didier Chauvet
Édition : L’Harmattan Graveurs de mémoire (01/06/2002)

Résumé :
Avec cette première biographie de Mary Jane Kelly, jeune et jolie prostituée irlandaise à la personnalité si attachante qui fut la dernière victime de Jack l’Éventreur, l’auteur nous replonge au cœur du Londres de la fin du 19e siècle, et dresse un portrait sans fard des mœurs, des soubresauts de l’époque, des conditions de vie inhumaines des déshérités de l’East End, ces quartiers maudits dans lesquels Jack l’Éventreur va frapper en 1888.

Critique :
Avant toute autre chose, j’aimerais pousser un ch’ti coup de gueule contre cet epub !

Acheté sur une grande plate-forme bien connue, je me suis pourtant retrouvé avec un texte en tout petit caractères, sans possibilité d’agrandir, comme si au lieu d’être numérisé, on était face à des scans de basse catégorie.

Non mais allo quoi ? Je ne l’ai pourtant pas payé en monnaie de singe et je me retrouve avec un fichier merdique de chez merdique.

Fallait la loupe pour arriver à lire sans se faire saigner les yeux. Comment voulez-vous faire une chronique honnête quand on est face à un sabotage pareil ?

En pompant la couverture du livre chez les éditions de L’Harmattan, je suis tombée sur ce petit texte qui explique peut-être cela : « Les ebooks publiés avant 2011 sont susceptibles d’être issus d’une scannérisation, merci de consulter l’aperçu pour visualiser leur qualité ».

Bon mon colon, si j’avais su, j’aurais pas v’nu, comme le disait si bien le petit Gibus.

Pourtant, on avait du potentiel mais vu ainsi, il est impossible d’aller jusqu’au bout sans frôler la déficience oculaire.

Malgré tout, je peux tout de même vous en parler un peu car j’ai fractionné ma lecture.

L’auteur nous décrit l’East End où les conditions de vie n’avaient rien d’idyllique, croyez-moi. Il a potassé le sujet, il est précis et ce n’est pas plombant de le lire, juste horrible pour la vue, mais l’écriture de l’auteur n’en est pas la cause.

Retraçant l’histoire de l’East End, depuis l’arrivée de Huguenots, le récit n’est jamais trop professoral mais intéressant, du moins, pour ceux qui se passionnent pour Jack, Whitechapel et les ruelles mal famées de Londres (non, ça ne se guérit pas).

La première partie, consacrée à l’East End, se lit assez vite et c’est avec regret qu’on la quitte, car il y avait encore tant à dire.

La deuxième partie est consacrée à Mary Jane Kelly, dite Ginger, où l’auteur nous la présente avec une courte biographie, décrit les lieux où il vivait (au 13 Miller’s Court), le carreau cassé dans une dispute et surtout nous explique la perte par MJK de l’unique clé de son gourbi,  faits que l’on n’avait jamais entendu parler jusqu’il y a peu.

Une copinaute ayant lu « Jack the Ripper : The casebook » m’en avait parlé il y a quelques années et depuis, l’info est reprise, mais pas toujours. Pourtant, ce détail insignifiant à son importance puisque lorsque les policiers arrivèrent, la porte était fermée à clé !

Soit elle l’avait retrouvée, soit le tueur l’avait en sa possession… Mystèèèère ! La troisième partie consacrée au meurtre nous donnera les faits, rien que les faits, pas de théorie fumeuse, si ce n’est les noms de différents suspects qui furent suspectés (logique) d’être Jack.

L’auteur, dans un soucis de coller le plus aux faits, parlera même de Caroline Maxwell qui affirma avoir vu Mary Jane vivante ce vendredi 9 novembre à 8h30…

Thomas Bowyer frappant à la porte de Mary Jane à 10h45 avait vu son corps en mille morceaux sur le lit. Et elle était déjà froide depuis longtemps. La police soutint donc que madame Maxwell l’avait croisée la veille, le jeudi. Le témoin ne revint jamais sur son témoignage.

Analyse brute des faits, véritable travail de fourmi, même si d’autres avant lui ont débroussaillé le terrain, l’auteur nous décrit minutieusement les événements de cette nuit du 9 novembre 1888 où Mary Jane Kelly fut dépecée par ce qui pourrait être Jack The Ripper (les ripperologues ne sont pas tous d’accord sur les victimes même si on a établit 5 victimes canoniques).

Jack The Ripper n’a toujours pas été identifié à ce jour et je n’ai jamais cru les théories fumeuses des certains auteurs mâles ou femelles.

Ce roman, qui n’en est pas vraiment un, s’adresse vraiment à ceux qui sont mordus de Jack The Ripper et qui ne sauraient pas encore tout ce qu’il y a à savoir.

Je ne sais pas tout sur Jack, je sais qu’on ne sait jamais, mais je n’ai rien appris de neuf dans ces pages que je ne savais déjà. Stéphane Bourgoin étant passé par là, après lui, les mouches car les autres peuvent aller voir ailleurs.

Dommage que l’on vende un livre numérique fait à partir de scans, obligeant le lecteur à le lire sur un programme pour PDF, en plissant un peu les yeux. Le travail de l’auteur est remarquable, précis, mais ne s’adresse qu’aux puristes.

Je ne coterai pas l’état de l’epub, sinon, se serait un zéro pointé et l’auteur ne mérite pas ça, sauf si c’est lui même qui a scanné les feuilles !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Harry Potter – Tome 3 – Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban : J. K. Rowling [LC avec Bianca]

Titre : Harry Potter – Tome 3 – Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban

Auteur : J. K. Rowling
Édition : Folio Junior (2001/2016)
Édition Originale : Harry Potter, book 3 : Harry Potter and the Prisoner of Azkaban (1999)
Traducteur : Jean-François Ménard

Résumé :
Sirius Black, le dangereux criminel, qui s’est échappé de la forteresse d’Azkaban, recherche Harry Potter. C’est donc sous bonne garde que l’apprenti sorcier fait sa troisième rentrée.

Au programme : des cours de divination, la fabrication d’une potion de ratatinage, le dressage des hippogriffes…

Mais Harry est-il vraiment à l’abri du danger qui le menace ?

Le troisième tome des aventures de Harry Potter vous emportera dans un tourbillon de surprises et d’émotions. Frissons et humour garantis !

Critique :
Mon livre préféré dans la saga qui repassait au jeu cruel de la relecture.

Ce n’est jamais gagné d’avance, l’exercice est périlleux, on joue avec le feu car les émotions ressenties il y a 17 ans pourraient ne plus être au rendez-vous et la relecture devenir une torture.

Ce ne fut pas le cas et heureusement car j’aurais été fort peinée de ne pas retrouver tout ce qui m’avait emballé lors de ma première lecture.

Ce que j’ai toujours apprécié, dans les 3 premiers tomes, c’est que c’est encore un peu l’insouciance : on parle encore de Vous-savez-qui mais on ne le voit pas vraiment, il est dans l’ombre, tapi, ses serviteurs essaient de le ramener par minou… heu, parmi nous, mais quéquette, ça a du mal à viendre.

Quant à ses partisans, on sait qu’ils existent mais ils ferment leur gueule, ce qui changera dès le tome 4…

Dans le tome 3, nous avons une foule de petits détails qui, de prime abord, nous semblent dérisoire, mais qui dans le fond, sont super importants car ce sont des indices que l’auteur plante devant notre nez avec l’air de ne pas y toucher ou dans le but de nous induire en erreur.

À nous de jouer les Sherlock Holmes et de voir le diable caché dans ces détails comme le Scrutoscope offert par Ron à Harry et qui s’affole dès qu’il détecte de la magie noire, sauf qu’elle n’est peut-être pas là où on le pense et ce n’est qu’une fois presque arrivé à la fin que l’on comprend comment on s’est mis tout seul le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

J.K Rowling, en plus de faire des parallèles avec notre Monde à nous, notre Histoire, nos folklores, nos légendes, sait aussi construire son récit de manière à ce que le lecteur pense une chose, tant elle est flagrante, alors que c’est tout le contraire en réalité.

Une partie du talent est là car il faut mystifier le lecteur, le mener où on veut, par le bout du nez, ou de la baguette magique (ça fait tendancieux), tout en déroulant un récit intéressant, intriguant, mystérieux, avec du suspense, des disputes, des personnages qui évoluent, qui grandissent, qui changent de caractère, qui s’affirment, qui désobéissent, qui prennent des risques.

Ce tome est aussi mon préféré à cause de deux personnages : Sirius Black et Remus Lupin. Nom de Zeus, pour une fois qu’on a un professeur de défenses contre les forces du mal qui en vaut la peine, qui a un cours intéressant, attractif, et qui ne se met pas en avant comme le précédent (Gilderoy Lockhart), ça mérite d’être souligné.

N’ayant pas aimé le film tiré du roman, je lui dois tout de même d’avoir mis en scène deux acteurs qui entraient parfaitement bien dans les rôles et depuis, tous les personnages des livres ont la tête des acteurs du film. Fainéantise quand tu nous tiens.

Anybref, l’auteur nous offrant au fil de ses tomes, plus de pages à lire et plus de noirceur, celui-ci était à la croisée des chemins : sombre mais pas trop, avec encore un peu d’innocence de nos compagnons avant l’entrée dans la terrible adolescence et les jérémiades de Harry dans le tome 4, le tout avec assez de pages pour me satisfaire tout en me laissant un goût de trop peu dans la bouche.

D’ailleurs, malgré mon emploi du temps chargé, j’ai réussi à le lire en moins de 48h, c’est-à-dire plus vite que ma copinaute de LC Bianca. Pour sa défense, Madame Pomfresh n’exerce pas dans son beau pays ! 😉 Elle me comprendra…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

 

Les Naufrageurs : Iain Lawrence

Titre : Les Naufrageurs

Auteur : Iain Lawrence
Édition : Folio Junior (1999)
Édition Originale : The Wreckers (1998)
Traducteur : Henri Robillot

Résumé :
1799… Un navire se fracasse sur les récifs le long des côtes de Cornouailles. John Spencer, le fils du capitaine et le plus jeune membre de l’équipage, survit au naufrage.

Lorsqu’il reprend connaissance, il comprend avec effroi que les hommes qui viennent à sa rencontre sont des pilleurs d’épaves…

Les habitants du village de Pendennis semblent se livrer à un mystérieux trafic…

Qui tire les ficelles ? Et à qui John pourra-t-il se fier pour libérer son père retenu prisonnier ?

Un roman d’aventures captivant dans la grande tradition de L’île au trésor et Moonfleet.

Critique :
Les comparaisons avec un autre roman, c’est souvent surfait ! Parce que croyez-moi, on est tout de même très loin de l’île au trésor ! Pas à quelques encablures, mais à au moins mille miles marin !

Hissez les voiles, matelot, nous voguons au fil de l’eau. Pour l’ambiance maritime, je ne me plaindrai pas, l’auteur plonge son lecteur dedans, toutes voiles dehors.

Prévoyez un dico Gogole à vos côtés afin de vous y retrouver entre le mât d’artimon et de misaine et sachez comment virer au lof.

Niveau aventures, je ne me suis pas embêtée non plus, ça bouge, on galope dans tous les sens, on a du mystère, des fausses pistes, une enquête, une énigme dans le fait qu’on ne sait pas qui est le chef des naufrageurs, mais le tout semble brouillon, trop vite écrit, juste de quoi faire un livre pour que les jeunes amateurs d’aventures aient leur dose sans trop se poser de questions.

Les événements s’enchainent un peu trop vite, un peu trop bien, les personnages ne sont pas assez travaillés, surtout Simon Mawgan, l’oncle de Mary qui recueille John Spencer, notre jeune naufragé.

Il s’emporte pour un rien, se calme aussi vite, à l’air parfois un peu trop détaché de tout, cachant des choses, donnant l’impression qu’il est une brute sans coeur. J’aurais aimé plus de profondeur. D’ailleurs, même la fin du roman ne m’a pas vraiment éclairé sur son comportement général, sauf pour une chose que j’avais déjà deviné.

De plus, hum, l’auteur n’est pas trop regardant dans le soucis du détail ! À un moment donné, il dit que les deux gosses montent sur leurs poneys à cru et dans une scène plus loin, il nous dit qu’ils sont « étrier contre étrier »… La selle a dû pousser sur le dos du cheval ou pour ces enfants là, monter avec une selle ou à cru, c’est la même chose !

Tout à l’air d’être un peu trop beau pour être vrai, les personnages tournant assez vite casaque, Mary racontant les confidences de John à son oncle, puis à une autre personne (on ne peut lui faire confiance, à cette gamine !) et tout allant un peu trop bien dans le final, alors que peu de temps auparavant, c’était la Bérézina totale à Waterloo.

Deus ex machina… Oui, un peu. Ça se retourne plus vite qu’un chat portant une tartine beurrée sur le dos.

Quant au commanditaire des naufrageurs, faut pas avoir fait ses études chez Holmes pour le deviner, il se voit aussi bien que le nez au milieu de la figure et les soupçons sont totalement confirmé lorsqu’il tue une personne au lieu de la mettre en joue.

Anybref, ça se lit vite, ça met du piment au voyage en train, on sent les embruns et on entend le bruit des vagues mais on oubliera ce récit tellement vite qu’il faudra se dépêcher de faire la chronique avant de l’avoir totalement zappé.

Ça se lit, sans plus ou ça se lit, à la rigueur.

Le navire prend l’eau de toute part, va falloir souquer ferme et écoper !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.