Le sixième soleil – Tome 1 – Tezcatlipoca : Laurent Moënard et Nicolas Otéro

Titre : Le sixième soleil – Tome 1 – Tezcatlipoca

Scénariste : Laurent Moënard
Dessinateur : Nicolas Otéro

Édition : Glénat – Vécu (2008)

Résumé :
Janvier 1917. Pendant que l’Europe se déchire en boucheries guerrières, le Mexique (🇲🇽) entame sa huitième année de révolution, organismes de défense des paysans, comités de soutien aux grands propriétaires terriens, milices pro ou anti-américaines : toutes les sensibilités s’expriment avec violence dans ce pays troublé.

Et c’est cet instant que choisit justement l’État-Major allemand pour débarquer dans le plus grand secret au Mexique afin de proposer à son président une alliance militaire contre la restitution des territoires annexés par les Américains.

Menés par de bas intérêts humains et politiques, les dirigeants des deux pays vont sans le savoir réveiller la lutte millénaire entre Quetzalcoatl, le dieu serpent à plumes, et son ennemi juré Tezcatlipoca…

Critique :
En 1917, en Europe, la Première Guerre Mondiale fait rage. Au même moment, un sous-marin allemand débarque 4 hommes en toute discrétion, non loin de Vera Cruz, au Mexique.

Les Allemands ne veulent pas que les américains entrent en guerre et ils magouillent en schmet pour que le Mexique se rallie à la cause allemande et attaque les États-Unis si ceux-ci font mine de vouloir s’engager dans la guerre.

La récompense ? Que le Mexique puisse annexer le Texas, le Nouveau Mexique et l’Arizona…

Pas de bol, la première chose qui foire, dans un plan de bataille, c’est le plan de bataille lui-même ! Voilà nos émissaires prisonniers d’un un groupe de révolutionnaires mexicains. Au Mexique, cela fait 8 ans que la révolution dure.

Pour les dessins, je ne deviendrai pas fan de ceux de Nicolas Otéro. Les traits des visages sont anguleux, moches et peu expressifs.

Si le scénario commence avec des faits historiques comme le Télégramme Zimmermann (*) et la révolution Mexicaine, il y a aussi un autre élément important : la mythologie aztèque. Les dieux Quetzalcóatl et Tezcatlipoca sont ennemis depuis toujours et se sont déjà battus.

Hélas, on a l’impression qu’on force le raccord entre les révolutionnaires mexicains, qui ont fait appel à la cavalerie américaine pour prendre en charge les prisonniers (contre des armes et du fric) et l’arrivée de la grande prêtresse qui voit dans un prisonnier allemand la réincarnation de Quetzalcóatl.

Tout est brutal, violent (oui, je sais, ce n’est pas l’époque des Bisounours) et arrive un peu trop précipitamment, alors que nous ne savons que peu de choses sur les différents protagonistes de l’histoire.

La mise en page de certaines cases rend le récit brouillon et confus à certains moments.

En terminant cette bédé, je me demande bien si je vais poursuivre le carnage ou abandonner pour désintérêt de la chose.

(*) Le télégramme Zimmermann est un télégramme diplomatique qui a été envoyé le 16 janvier 1917 par le ministre des Affaires étrangères de l’Empire allemand, Arthur Zimmermann, à l’ambassadeur allemand au Mexique, Heinrich von Eckardt, au plus fort de la Première Guerre mondiale. Il donnait l’instruction à l’ambassadeur de se mettre en contact avec le gouvernement mexicain pour lui proposer une alliance contre les États-Unis. Intercepté et déchiffré par le Royaume-Uni puis rendu public, son contenu a accéléré l’entrée en guerre des États-Unis.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 44 pages), et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°28).

bande dessinée, historique, western, uchronie, espionnage, croyances, religions, guerre civile, mythologie, mexicains, Mexique

Batman – Année 100 : Paul Pope et Jose Villarrubia

Titre : Batman – Année 100

Scénariste : Paul Pope
Dessinateur : Jose Villarrubia 🇪🇸
Traduction : Thomas Davier

Édition : Urban Comics – DC Classiques (2016)

Résumé :
Gotham City, 2039. Batman, une icône oubliée du passé, est recherché pour meurtre. Lancés à la poursuite d’une légende, le commissaire Gordon, petit fils de l’original, prend rapidement conscience des ramifications de l’affaire lorsque ses hommes se trouvent secondés sur le terrain par une unité d’élite, débarquée de Washington.

Critique :
Je ne vais pas y aller par quatre chemins : les dessins sont moches !

Batman est trapu, avec une bouche proéminente (toutes les bouches étaient horribles à voir), pas sexy pour deux sous et les coloris étaient fort sombres, tendant les détails plus difficiles à discerner.

Ce n’est pas un Batman en pleine forme que nous retrouvons, mais un Batman essoufflé après la course, blessé, grimaçant sous l’effort.

Nous sommes en 2039, dans un Gotham qui a bien changé… Ça pue le fascisme et le totalitarisme, ainsi que la mort des libertés individuelles.

Pour ceux qui le poursuive, Batman était une légende urbaine, il n’a jamais existé, ils ne savent donc pas après qui ils courent. Juste une sorte de terroriste, sans doute. Le genre de chose qu’il faut éliminer du système bien huilé de la dictature totalitaire, comme on expulserait un déchet.

L’homme Chauve-Souris est accusé de meurtre, mais ce que les flics ne savent pas, c’est qu’il en fut le témoin et que le policier a été assassiné par un autre policier.

Votre mission, si vous l’acceptez, bien entendu : trouver l’identité d’une mystérieuse entité et un désamorcer un complot. Le scénario était des plus correct et des plus intéressants. La criminalité existe toujours à Gotham et le justicier masqué aussi.

L’action est omniprésente, dès le départ, mais les dessins ont freinés ma lecture, ainsi que les tons sombres… Franchement, je n’ai absolument pas aimé cette vision alternative de l’univers Batman.

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°24).

La monture : Carol Emshwiller

Titre : La monture

Auteur : Carol Emshwiller
Édition : Argyll (01/10/2021)
Édition Originale : The Mount (2002)
Traduction : Patrick Dechesne

Résumé :
Charley est un humain, mais Charley est surtout un animal apprivoisé. Sur une Terre devenue leur monde d’accueil, les Hoots, des extraterrestres herbivores, ont transformé les humains en montures.

Charley, jeune garçon sélectionné pour ses mensurations et ses capacités reproductives, est destiné à devenir l’une d’entre elles; mieux encore, il est entraîné quotidiennement car promis à un futur dirigeant hoot, celui qu’il appelle Petit-Maître.

Cependant, sa rencontre avec Heron, son père libre et réfugié dans les montagnes, va chambouler son être, ses certitudes, sa destinée.

Critique :
Un beau jour (ou peut-être une nuit), les Hoots ont débarqué sur Terre. Ces petits êtres (qui ne sont pas bleus) venus d’ailleurs.

Ils possèdent de grands mains, savent faire des bons prodigieux, mais leurs jambes sont fines et incapables de les porter.

Tandis que nous, les Hommes, nous avons de belles jambes musclées…

Nous ne saurons jamais comment cela a commencé, mais les Hoots ont décidé que nous ferions d’excellentes montures et ont commencé à nous dresser, nous faire reproduire entre même race, de faire de nous des coureurs rapides ou des trotteurs sur longues distances. Bref, nous sommes leurs montures !

Cette dystopie m’a fait douter du bien fondé que nous avons de posséder des chevaux, de les utiliser, de choisir le meilleur étalon pour une jument, de les enfermer dans des box, de les tapoter et de leur refiler des friandises. Les Hoots sont très gentils avec leurs montures, ils les aiment, oui, mais… Au prix de l’enfermement ! Au prix de l’asservissement.

Oui, cette dystopie fait se poser pas mal de question, notamment dans notre rapport avec nos animaux de compagnie, même si, dans ce roman, l’on ne parle pas d’animaux mais d’être humains transformé en monture et qui, s’ils bénéficient de tout le confort, n’en restent pas moins prisonniers, sans pouvoir choisir leur conjoint(e).

C’est encore pire lorsque l’on transforme des humains en bêtes, les divisant en race de Seattle (les trotteurs capable de porter des charges) et les Tennessee (les coureurs rapides). Les mâles sont les Sam et les femelles, les Sue.

Comme dans les dictatures, il y a ceux (et celles) qui se complaisent dans cet asservissement, appréciant la sécurité de leur « emploi », le confort absolu et le fait que l’on décide à leur place. C’est reposant, c’est sécurisant, bien plus que de vivre comme les Sauvages.

Le narrateur sera Charley, jeune garçon de 11 ans, de la race des Seattle, appelé à être la monture du jeune Excellente Excellence, Vouée-à-Devenir-Notre-Maître-à-Tous, dit Petit-Maître pour les intimes. Sa sécurité volera en éclat lorsqu’il se retrouvera libre, avec les Sauvages, son Petit-Maître toujours sur les épaules.

Les style de narration de notre Charley va changer au fur et à mesure qu’il va grandir (il va prendre 2 ans) et qu’il va commencer à réfléchir un peu plus loin que le bout de ses naseaux, pardon, de son nez. Il aime le système, il en fait partie, il est sécurisant, il est valorisant pour un jeune comme lui qui rêve de porter un mors et de conduire son Petit Maître partout.

Sans entrer dans les détails, je dirais que le récit est plus subtil qu’on ne pourrait le penser au départ, que l’autrice a pris la peine de nuancer son histoire, de jouer avec les sentiments de ses lecteurs et de faire de Charley un narrateur naïf, partial, mais pas que…

Tiraillé entre deux solutions, notre jeune garçon va devoir faire preuve de courage, d’abnégation et de réflexion afin de trouver une solution. Il en sera de même avec son Petit Maître qui n’est pas vraiment celui que l’on pourrait penser.

Voilà donc une dystopie intelligente, qui parle d’esclavage, d’asservissement, de rapport de domination entre des cavaliers Hoots et des montures humaines.

La métaphore est subtile, bien trouvée, elle met mal à l’aise à certains moments, surtout au départ, parce qu’on ne peut s’empêcher de faire un rapprochement avec les chevaux, qui, eux aussi, ne choisissent pas toujours leur vie.

Émissaires des morts – Andrea Cort 01 : Adam-Troy Castro

Titre : Émissaires des morts – Andrea Cort 01

Auteur : Adam-Troy Castro
Édition : Albin Michel Imaginaire (06/01/2021)
Édition Originale : Emissaries from the dead (2008)
Traduction : Camille Lamache

Résumé :
Quand elle avait huit ans, Andrea Cort a été témoin d’un génocide. Pis, après avoir vu ses parents massacrés, elle a rendu coup pour coup. En punition de ses crimes, elle est devenue la propriété perpétuelle du Corps diplomatique. Où, les années passant, elle a embrassé la carrière d’avocate, puis d’enquêtrice pour le bureau du procureur.

Envoyée dans un habitat artificiel aussi inhospitalier qu’isolé, où deux meurtres viennent d’être commis, la jeune femme doit résoudre l’affaire sans créer d’incident diplomatique avec les intelligences artificielles propriétaires des lieux.

Pour ses supérieurs, peu importe quel coupable sera désigné. Mais les leçons qu’Andrea a apprises enfant ont forgé l’adulte qu’elle est devenue : une femme pour le moins inflexible, qui ne vit que pour une chose, « combattre les monstres ».

Critique :
J’avais fait la connaissance d’Andrea Cort, enquêtrice pour le bureau du Procureur, dans « Avec du sang sur les mains« .

L’univers de cette novella, assez riche, m’avait donné envie de continuer l’aventure avec ce pavé de 700 pages.

Attention, ceci n’est pas une histoire entière !

Dans ce recueil, l’éditeur Albin Michel a eu la bonne idée de regrouper les différentes novellas qui avaient été publiées après « Émissaire des morts » (premier tome d’une trilogie).

Postérieurement, l’auteur avait écrit des novellas mettant en scène Andrea Cort, celles-ci se déroulant avant cette grande enquête.

Ainsi, le lecteur peut se familiariser avec l’univers, ainsi qu’avec le personnage assez froid et complexe d’Andrea, avant de plonger dans une plus grande histoire « Émissaire des morts ».

De plus, dans ce recueil, l’éditeur a mis les novellas dans l’ordre chronologique de lecture. Une bonne idée qui empêchera les lecteurs de les lire dans le désordre (après, le lecteur fait ce qu’il veut et la lectrice aussi).

Nous sommes dans un futur où les voyages dans l’espace sont permis, où les Homsap (Homo Sapiens) vivent sur d’autres planètes et où nous ne sommes pas seuls (Fox Mulder avait raison avant tout le monde).

Andrea Cort appartient au Corps diplomatique (et à vie, suite à son crime), c’est une magistrate, une enquêtrice judiciaire qui représente le Procureur général sur les planètes où elle est appelée.

Que les allergiques à la SF se tranquillisent, l’univers décrit par l’auteur reste facilement accessible, il suffit juste de faire marcher son imagination pour voir les autres peuples que nous allons croiser.

Comme toujours, nous avons beau être dans l’espace, l’Humain reste le même (une saloperie) et certains autres peuples n’ont rien à nous envier, bien que nous restions sur les plus hautes marches du podium, médaillés d’or en meurtres ou autres crasses que l’on peut faire.

Dans ces différentes enquêtes, ce n’est pas toujours sur un crime commis que Andrea doit faire la lumière. Nous sommes loin du colonel Moutarde, avec le pistolet laser dans le croiseur. La diplomatie doit être respectée, la politique est très présente et lorsqu’elle enquête, Andrea met souvent les pieds dans le plat.

Le côté psychologique des personnages est important, il joue un rôle prépondérant dans ses investigations (où elle investigue à fond). Ses entretiens avec différentes personnes sont toujours intéressants et empreint de profondeur. Bien des détails primordiaux se retrouvent dans ces conversations.

L’auteur nous a créé un personnage féminin qui n’a pas froid aux yeux, qui est misanthrope, asociale et précédée de sa réputation d’être un monstre. Bizarrement, on s’attache à elle facilement. Ses blessures, elle arrive à les surmonter, à ne plus faire attention aux regards qu’on lui lance et au fil des histoires, on en apprendra plus sur elle, notamment sur le génocide qui entache son passé (deux peuples pacifiques se sont entretués, comme pris d’une folie subite).

Si l’écriture est assez simple (facile à aborder), le contenu des scénarios n’est en rien simpliste, que du contraire. Comme je l’ai dit, il y a de la profondeur dans les différentes novellas et on ne sait jamais comment cela va tourner, se terminer.

Bien souvent, alors que l’on pensait avoir affaire à une histoire sans importance, le diable, qui se cachait dans un détail, fait tout exploser et j’ai été surprise plusieurs fois, pour mon plus grand plaisir.

La plus grande histoire est une véritable enquête puisqu’il y a une disparition (vu la hauteur de la chute, la personne est morte et c’était un sabotage) et un meurtre par crucifixion. Là, c’est un véritable sac de nœud, surtout avec les IAs-sources (intelligences artificielles) qui ont créés le monde-artefact de Un Un Un et une partie de ses habitants (les Brachiens).

Très complexe, cette histoire va explorer plusieurs pistes avant de nous emmener vers la solution, qui ne sera pas des plus simples, comme nous le constaterons et qui en fera voir de toutes les couleurs à Andrea Cort. J’ai eu beau chercher, impossible de trouver la solution, même si, j’avais eu un soupçon et qu’il s’est révélé être bon.

Finalement, même dans l’espace, on rencontre les mêmes sujets de société que sur la Terre ferme… Les fonctionnaires qui ne foutent rien, la lenteur de l’administration, le sexisme, le racisme, le harcèlement sexuel sont, hélas, universels.

Les descriptions des mondes, des décors, des populations, sont riches, denses, importantes. Elles permettent de poser les bases de ce qui entoure Andrea Cort et d’emporter le lecteur dans l’espace.

Attention, tout cela est très épais, il est déconseillé de lire tout le pavé d’un coup. Vu la richesse de ce qui se trouve dans ses pages, j’ai pris mon temps, lisant une novellas tous les jours, ou entrecoupant ma lecture avec un autre roman, afin de profiter au maximum, sans rencontrer de lassitude.

Une chose est sûre, c’est que ce recueil est prenant, addictif et qu’il permet de se promener dans l’espace sans risque, en suivant Andrea Cort, sorte de Sherlock Holmes au féminin, le Watson en moins (et le lourd poids de son passé en plus) qui va devoir résoudre des mystères, des enquêtes, le tout sans se prendre les pieds dans le tapis, sans faire de faute diplomatique (oups) et sans suivre les ordres.

Un très bon roman qui mélange la SF, le roman policier, le thriller psychologique, les sujets de sociétés, le tout servi par des scénarios possédant de la profondeur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°180].

Simulacres martien : Eric Brown

Titre : Simulacres martien

Auteur : Eric Brown
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (20/01/2022)
Édition Originale : The Martian Simulacra: A Sherlock Holmes Mystery (2017)
Traduction : Michel Pagel

Résumé :
Londres, 1907. Dix ans après la reddition terrienne. Alors que l’humanité vit sous la férule de ses conquérants, Gruvlax-Xenxa-Schmee, vice-ambassadeur de Mars en Grande-Bretagne, vient frapper à la porte du 221b, Baker Street. Il faut dire que l’affaire est d’importance, et quand les maîtres de la Terre vous réclament, se dérober n’est pas une option.

Ainsi le docteur Watson et le plus célèbre des enquêteurs humains, Sherlock Holmes, se trouvent-ils propulsés au sein d’une enquête épineuse, dans les méandres désertiques de la Planète Rouge, avec pour compagnon nul autre que l’impétueux professeur Challenger.

Leur mission ? Résoudre une énigme improbable et assurer la paix entre les mondes. À moins qu’un terrifiant secret ne se dissimule derrière les intentions prétendument louables des nouveaux seigneurs de la Terre.

Car après tout, sur Mars, les apparences peuvent s’avérer trompeuses…

Critique :
Sherlock Holmes sur Mars ! Fallait le faire. Toute la Terre est occupée par les Martiens. Toute ?

Oui, toute… Pas d’irréductibles qui résistent encore et toujours à l’envahisseur.

Holmes et son fidèle Watson sont appelés sur Mars pour résoudre le meurtre d’un philosophe.

Qu’est-ce que ça donne le mélange des genres ? Le polar et la SF… Ou, Sherlock Holmes et les envahisseurs martiens de H.G Wells.

Le mélange aurait pu être casse-gueule, il évite de se prendre les pieds dans le tapis et offre un divertissement fort agréable. Les lecteurs/lectrices qui ne sont pas familiarisés avec le genre SF ne s’y perdront pas et pourraient même passer un chouette moment de lecture tout en quittant leurs sentiers habituels.

Le format des novellas va comme un gant aux enquêtes de Sherlock Holmes : 129 pages, c’est la bonne proportion qu’il faut pour monter un univers, présenter les personnages et mener l’enquête, sans que cela ne devienne trop long. Et pour une fois, ce n’est pas trop court. Zéro frustration.

Alors que je m’attendais à une enquête de Holmes sur la planète Rouge, c’est tout autre chose qui s’est déroulé, me surprenant, ce qui était très agréable. A contrario, si vous étiez à la recherche des déductions holmésiennes, faudra faire une croix dessus, puisqu’elles sont peu nombreuses.

Malgré tout, sans l’intelligence de Holmes et de ces petits détails qui ont attiré son attention, le docteur Watson se serait retrouvé dans une fâcheuse situation. Heureusement que sur Mars, il y avait une autre personne pour leur donner un coup de main…

Voilà donc une novella de SF qui met Sherlock Holmes à l’honneur, face aux Martiens de La Guerre des Mondes, ceux de la deuxième vague, la première ayant perdu face à un virus terrien. Ces autres Martiens, vaccinés, se disent plus doux que les premiers et qui veulent mettre notre Terre sous protectorat de Mars. Dites merci !

C’est un récit correct, amusant, qui nous fera voyager au-delà de notre bonne vieille Terre. Une novella avec de l’action, de l’aventure, du suspense, du mystère et qui pourra se laisser lire par tout le monde, même les allergiques au genre SF.

Ni trop court, ni trop long, c’est le format parfait pour débuter avec de la SF. De plus, ça se lit tout seul et c’est comme un petit gâteau auquel on ne peut résister de venir reprendre un morceau.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°175].

Nouvelle Babel ‭:‬ Michel Bussi [LC Bianca]

Titre : Nouvelle Babel

Auteur : Michel Bussi
Édition : Presses de la cité (03/02/2022)

Résumé :
« La méthode, calme et systématique, du tueur terrifia les trois enquêteurs. Qui était cet assassin progressant à visage découvert ?

Déjà, leurs tabletas se connectaient aux bases de données planétaires de reconnaissance faciale. Plus personne ne pouvait rester anonyme dans le monde actuel. Dans quelques secondes, ils connaîtraient l’identité de ce monstre. La suite du film fut plus sidérante encore. »

2097. Sur une île privée paradisiaque inaccessible, de paisibles retraités sont assassinés…

Trois policiers, un journaliste ambitieux et une institutrice nostalgique s’engagent dans une folle course contre la montre pour préserver l’équilibre d’un monde désormais sans frontières, où la technologie permet aux humains d’être à la fois ici et ailleurs.

Critique :
Imaginez un Monde où la téléportation serait possible. Quel gain de temps ! Fini d’en perdre dans les transports entre deux points.

Imaginez : vous avez fini votre journée de travail, vous appuyez sur le bouton « casa » de votre TPC et hop, vous voici transporté de suite chez vous !

Ok, depuis 2020, une partie de la population a déjà testé ce miracle, sauf que nous l’avons appelé « télétravail »… Tout est dans la sémantique. Ok, je sors.

Que les allergiques à la SF n’aient pas peur du nouveau roman de Bussi, il est accessible à tout le monde puisque l’action se passe dans les années 2090, que les frontières n’existent plus, les nations non plus, les villes pareil, tout le monde peut vivre où il veut et se téléporter partout. Il y a juste des règles de taux d’occupation, ce qui est normal, trop de monde dans un endroit minuscule et ce serait le bordel.

La société qu’il nous présente est utopique, on en rêverait tant ça à l’air simple, facile, sans prises de tête. Plus de guerres, plus d’armement, presque plus de crimes. Putain, le rêve !

Ah, pardon, on vient de trouver 10 corps assassinés sur une île, plus un chien. Pourquoi le chien a-t-il été tué aussi ? Parce que l’auteur aime assassiner les animaux, le méchant (il a épargné le chat, merci à lui).

Bon, trêve d’amusement, les enquêteurs envoyés sur place ne comprennent pas, nous non plus et il faudra lire tout le roman pour que toutes les questions trouvent leur réponse. Nous avons beau être dans de la science-fiction où les téléportations sont possibles, il n’en reste pas moins qu’il faut enquêter sur ces assassinats et qu’il y en aura d’autres.

Lorsque je lis un roman de Michel Bussi, je me demande où je vais me faire avoir… Un peu comme lorsqu’on signe un papier à la banque, chez l’assureur, lorsqu’on va voter : la question se pose toujours. Quand va-t-on se faire entuber royalement ?? La seule différence, c’est qu’avec la littérature, on est content lorsque ça arrive…

Zut, je ne me suis pas faite avoir, j’avais deviné la couille dans le pâté. Cela ne m’a pas empêché de lire ce roman à grande vitesse, tant il était addictif et bien mis en scène. Les personnages, en grande partie, m’ont plu, sauf les méchants, bien sûr ! Et puis, l’avantage, c’est qu’ils peuvent évoluer, ils ne font pas du sur-place, leurs réactions sont naturelles et réalistes.

Comme souvent, dans le roman, on retrouvera des vérités implacables, des phrases qui font mouches, qui sont si vraies et que personne ne veut écouter. En ces temps où tout le monde se replie sur son pré carré, voir une Terre avec une seule langue, une seule monnaie et peu de politiciens, cela fait du bien. Attention, le populisme n’est jamais loin, il ne meurt jamais.

Le côté science-fiction et l’enquête sur les meurtres sont aussi l’occasion pour l’auteur pour nous parler de propagande, de mensonges, de magouilles, d’images ou de reportages que l’on veut nous faire avaler, afin de mieux nous manipuler. Et je ne vise pas les pubs pour les produits de consommation…

L’Humain réagit toujours aux émotions, plus souvent celles de la colère que celles de la joie. Une image violente aura toujours plus de vues qu’une avec des chatons. Les gens seraient prêts à renoncer à leurs libertés pour un peu de sécurité, même si les caméras n’ont jamais empêchées des agressions, des vols ou pire, des attentats.

L’auteur joue avec les peurs des gens, comme d’autres le font, mais  pas dans le but de nous mettre en garde, de nous divertir ou de fournir de la matière à leur roman. Jusqu’où certains sont-ils prêts à aller afin de nous prouver qu’ils avaient raison et nous tort ? Jusqu’où certains sont-ils prêt à aller pour renforcer nos peurs et nous offrir plus de sécurité ? Jusqu’où sont-ils prêts à mentir ? À se parjurer ?

Non, non, ce thriller de science-fiction n’est pas qu’un énième roman de pur divertissement.

C’est surtout un roman intelligent qui, sous le couvert de nous divertir, nous pousse à réfléchir, à ne pas croire tout ce que l’on voit (Saint-Thomas avait raison, nous devrions prendre exemple sur lui), à ne pas avaler les couleuvres, ni à prendre des vessies pour des lanternes.

Un roman différent des autres, certes. Un roman qui ne manque ni de profondeur, ni de justesse, ni de références à notre époque actuelle.

Le résumé ne m’aurait jamais laissé présumer que j’allais entrer dans un roman aussi intéressant, aussi poussé, aussi intelligent.

Merde, j’ai été eue, alors ?? Une fois de plus… Merci monsieur Bussi !

Une LC plus que réussie avec ma copinaute Bianca. Allez, téléportation à la prochaine LC, dans le Yorkshire, cette fois-ci.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°163].

À dos de crocodile : Greg Egan

Titre : À dos de crocodile

Auteur : Greg Egan
Édition : Le Bélial’ – Une Heure Lumière (20/05/2021)
Édition Originale : Riding the Crocodile (2005)
Traduction : Francis Lustman

Résumé :
Des milliers de races extraterrestres et posthumaines cohabitent harmonieusement dans la méta-civilisation de l’Amalgame.

Seul le noyau central, occupé par les Indifférents, des êtres qui refusent tout contact, est un milieu hostile.

Avant de mourir, Leila et Jasim, mariés depuis dix mille trois cent neuf ans, souhaitent en savoir davantage sur les mystérieux Indifférents.

Critique :
De temps en temps, je sors de ma zone de confort de lecture et je m’en vais faire des incursions dans d’autres genres.

Cette fois-ci, j’avais envie de SF et de space-opera. Les novellas publiées par Le Bélial’ sont parfaites pour ce genre : pas trop longues.

Les voyages dans l’espace sont permis, l’immortalité est pour tout le monde et après 10.000 de vie commune (putain, quel bail !), le couple formé par Leila et Jasim décide qu’il est temps de s’arrêter, dit au revoir à tout le monde et s’en va tenter d’entrer en communication avec bulbe central.

Le bulbe est peuplé d’êtres ayant refusé jusqu’à la moindre communication avec ceux qui les entouraient. Voilà de quoi finir sa vie de façon grandiose et audacieuse.

Si au départ j’ai fusionné avec cette lecture, à un moment donné, je me suis retrouvée engluée dans la panade avec l’auteur qui introduisait dans son récit trop de données scientifique, trop de concepts et cela m’a fait décrocher du voyage intergalactique. Plus soulant qu’une bouteille de vin, ces explications.

Le ton froid de l’auteur, en plus de ces concepts scientifiques trop lourds, ne m’a plus donné envie de suivre les pérégrinations de ce couple, qui, après plus de 10.000 de vie commune, se sépare pour des broutilles…

Je ne vais pas m’épancher plus, tout ce que je sais, c’est que l’astrophysique n’est pas mon truc du tout et que je préfère imaginer sans avoir à me farcir cette science à laquelle je ne comprend rien et qui m’a plombé cette lecture qui était pourtant bien partie.

Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Australie) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°105].


Le Convoyeur – Tome 2 – La cité des mille flèches : Tristan Roulot et Dimitri Armand

Titre : Le Convoyeur – Tome 2 – La cité des mille flèches

Scénariste : Tristan Roulot
Dessinateur : Dimitri Armand

Édition : Le Lombard (21/05/2021)

Résumé :
De retour d’une de ses missions, le convoyeur est attaqué par surprise par la mystérieuse Chasseresse. Il sort vainqueur de l’affrontement, mais renonce à achever son adversaire.

Les deux ennemis se croisent à nouveau à la cour du Duc d’Arcasso, où cruauté et dépravation règnent en maîtres. Face à un mal qui les dépasse, convoyeur et Chasseresse seront-ils capables de s’allier ?

Critique :
Au départ, je ne pensais pas faire la chronique du deuxième tome sur le blog, mais juste la poster sur Babelio.

Ce qui m’a fait changer d’avis ?

La qualité scénaristique du tome 2 et le coup de pied au cul que je me suis prise dans le final, équivalent à une décharge de chevrotine dans le fondement, ou à celui qui a dû saisir les spectateurs lorsqu’il entendirent la voix profonde de Dark Vador prononcer ces mots « Je suis ton père ».

Il y avait des indices, mais je n’ai rien vu venir.

Le premier tome m’avait donné du plaisir de lecture, m’immergeant dans un monde où le virus de La Rouille avait renvoyé les Hommes à l’âge du Bronze ou de la Pierre. Alors, je n’ai pas traîné pour retrouver mon cher Convoyeur !

Il y avait des zones d’ombres dans le premier tome, notamment avec la femme qui semblait suivre le Convoyeur à la trace, ainsi que bien des mystères sur la personne du Convoyeur.

Lorsque l’on ouvre un deuxième tome, il y a toujours la peur qu’il ne soit pas à la hauteur du premier, qu’il tourne en rond ou en eau de boudin. Mes craintes furent vite balayées en commençant la lecture du tome 2.

Peu de temps morts, de l’action, des mystères dont on lève les voiles et le fameux putain de coup de pied au cul, notamment dans les dernières pages (mais pas que) puisque les auteurs lèvent le voile sur le mystère que cache le convoyeur, celui qui avait intrigué le Renifleur lorsqu’il avait reniflé.

Avec ce deuxième tome, on entre dans une autre dimension et les auteurs nous ont gâtés avec un scénario qui n’est pas banal.

Vivement le tome 3 !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°102], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°98] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Le convoyeur – Tome 01 – Nymphe : Tristan Roulot et Dimitri Armand

Titre : Le convoyeur -Tome 01 – Nymphe

Scénariste : Tristan Roulot
Dessinateur : Dimitri Armand

Édition : Le Lombard (26/06/2020)

Résumé :
Un virus s’est répandu sur la terre. La « Rouille » s’est attaquée au fer, détruisant peu à peu les infrastructures, les véhicules, les outils… Notre civilisation est revenue à l’âge de la pierre.

Dans ce monde brutal, le légendaire Convoyeur incarne le seul espoir pour beaucoup de gens. Il accepte de remplir toutes les missions qu’on lui confie, quels qu’en soient les risques.

En échange de quoi, les commanditaires doivent simplement manger un œuf étrange…

Critique :
« Les promesses n’engagent que ceux qui y croient » disent tous les politiciens, fort utilement pour se dédouaner de tout, puisque leur langue est fourchue.

Le Convoyeur, lui, vous dira : « Ma parole est ma loi » parce que lui, il tient toujours ses promesses !

Une épidémie terrible a ravagée la Terre…

Non, pas un SARS COV, mais un virus s’attaquant au métal ! Tout ce qui possède du fer se transforme, sous l’action de ce virus, en papier friable. Les Hommes sont retournés à l’âge du Bronze et de la pierre.

Oups, j’avais oublié une chose importante : notre sang contient du fer aussi… Les dégâts ne sont pas beaux à voir. L’avantage, c’est que le virus a donné des pouvoirs à certains.

La première chose que j’ai apprécié dans cet album, ce sont les dessins et leurs couleurs. Le rendu post-apocalypse est bien détaillé et il ne faut pas de longs discours pour qu’on comprenne toutes les catastrophes découlant de ce virus : la peur et le repli sur soi en tête de liste et les paysages où trainent des carcasses de voiture, des anciens bâtiments…

Dimitri Armand, le dessinateur, m’avait déjà enchanté dans la bédé western « Sykes ».

Le scénario est élaboré, même si, au départ, il laisserait à penser qu’il va se diriger vers du classique. Que nenni, les auteurs nous réservaient quelques petites surprises de leur cru et je me suis laissée avoir. Bien vu, j’adore être surprise en littérature.

Développant un univers qui oscille entre western post-apocalypse et récit d’anticipation, ce premier album pose les bases, le personnage central du Convoyeur, homme mystérieux dont on ne saura pas tout lors de cette première rencontre.

Il est bourré de secrets, on ne sait jamais s’il est du bon ou du mauvais côté, ou entre les deux et j’ai hâte de le retrouver dans le tome 2 (en attendant les suivants) car il reste des zones d’ombres dans ce premier album et j’espère qu’on recevra l’éclairage dans le suivant.

Les flash-back sont bien différenciés du récit initial et j’ai apprécié la manière dont étaient agencées les différentes cases de ce premier tome.

Peu de temps morts durant l’album, le récit avance à un bon rythme, sans sacrifier sur le fond ou sur la forme, et en 56 pages, on en apprend déjà assez bien sur ce monde retourné dans les tréfonds de l’évolution, notamment avec les religieux qui cherchent des femmes fécondes et des enfants.

Des mystères, de l’action, du suspense, des disparitions étranges et un Convoyeur qui doit retrouver les disparus dans une forêt pleine de dangers… On frémit, on s’angoisse un peu et on passe un bon moment de lecture avec ce western post-apo d’anticipation.

Une belle découverte !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°99], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°96] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Lorsque le dernier arbre : Michael Christie

Titre : Lorsque le dernier arbre

Auteur : Michael Christie
Édition : Albin Michel (18/08/2021)
Édition Originale : Greenwood
Traduction : Sarah Gurcel

Résumé :
D’un futur proche aux années 1930, Michael Christie bâtit, à la manière d’un architecte, la généalogie d’une famille au destin assombri par les secrets et intimement lié à celui des forêts.

2038. Les vagues épidémiques du Grand Dépérissement ont décimé tous les arbres et transformé la planète en désert de poussière. L’un des derniers refuges est une île boisée au large de la Colombie-Britannique, qui accueille des touristes fortunés venus admirer l’ultime forêt primaire.

Jacinda y travaille comme de guide, sans véritable espoir d’un avenir meilleur. Jusqu’au jour où un ami lui apprend qu’elle serait la descendante de Harris Greenwood, un magnat du bois à la réputation sulfureuse.

Commence alors un récit foisonnant et protéiforme dont les ramifications insoupçonnées font écho aux événements, aux drames et aux bouleversements qui ont façonné notre monde. Que nous restera-t-il lorsque le dernier arbre aura été abattu ?

Fresque familiale, roman social et écologique, ce livre aussi impressionnant qu’original fait de son auteur l’un des écrivains canadiens les plus talentueux de sa génération.

Critique :
En 2038, toute la Terre à connu le Grand Dépérissement : tous les arbres furent décimés et la planète est devenu un désert où il ne fait pas bon vivre.

Toute la Terre ?? Non, un petit village d’arbres résistent encore et toujours à l’envahisseur « désert » et cet oasis se trouve sur une île boisée au large de la Colombie-Britannique.

Cette dystopie est fort prenante, le début m’a aspiré littéralement dans cet univers où il ne fait absolument pas bon vivre, sauf si vous êtes pété de thunes.

Commençant en 2038, le récit va remonter l’échelle du temps pour nous présenter les ancêtres de Jacinda (dite Jake) Greenwood. Oui, ce sera une fresque familiale assez foisonnante et riche en aventures.

Malgré l’enthousiasme du départ, malgré l’écriture parfaitement calibrée de l’auteur, malgré le récit correctement construit qui remonte le fil du temps en nous éclairant sur le destin de la famille Greenwood, malgré les parallèles entre la famille et les arbres, malgré les personnages travaillés, il m’a manqué un petit quelque chose d’important dans ce récit : les émotions !

Que dalle, rien ressenti durant ma lecture, si ce n’est quelques unes, à certains moments, notamment la colère en voyant ses riches personnages qui viennent se ressourcer dans ce qu’il reste de forêt primaire avant de s’en retourner dans le monde dévasté pour le dévaster un peu plus…

Alors qu’en lisant et entendant les éloges fait à ce roman, je m’attendais à m’embraser tel un vieil arbre sec, et bien, ce ne fut pas le cas. Pourtant, ça avait bien commencé, j’étais happée par le récit et pas la remontée du temps.

À un moment donné, j’ai plutôt survolé certains passages devenus trop longs à mon goût, notamment lors de la cavale d’Everett.

M’attendant à lire un livre porté sur l’écologie ou du moins, sur les arbres, il m’a semblé que ces derniers n’étaient qu’une toile de fond, juste là pour parler des turpitudes de la famille Greenwood, dont les fondateurs ont commencé bien mal dans la vie avant que l’un des deux ne se hisse sur les hautes marches du capitalisme débridé et n’amasse du fric comme un arbre amasse la mousse et les champignons.

C’est donc mitigée que je ressors de cette lecture, sans doute parce que je m’attendais à autre chose et vraiment pas à ce que la saga familiale prenne autant dans place dans le récit, que j’aurais aimé être plus centré sur les arbres.

Même si, dans l’histoire, on comprend bien le mal que l’Homme leur fait en coupant à tort et à travers, en coupant à fond, comme s’ils allaient repousser de suite, grâce à une graine magique du druide Panoramix. Si Idefix avait lu ce roman, je pense qu’il aurait hurlé à la mort à chaque arbre tombé, à chaque forêt éradiquée…

Attention, je ne dis pas que ce roman est mauvais, loin de là, juste que nous nous sommes rencontré à un moment donné et qu’ensuite, nous nous sommes perdus de vue, avant de nous revoir et de passer un bon moment ensemble… Et ainsi de suite.

Je ressors donc de cette lecture mitigée, les longueurs l’ayant emporté sur les meilleurs morceaux (dommage). Sans oublier que le manque d’émotions ressenties a contribué à l’échouage de cette lecture, tel un arbre coupé et jeté dans un fleuve pour qu’il arrive à bon port, mais qui se perd en route.

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde – Écologie.