Ikigami – Préavis de mort (Double) – Tome 1 : Motorô Mase

Titre : Ikigami – Préavis de mort (Double)

Scénariste : Motorô Mase
Dessinateur : Motorô Mase

Édition : Kazé Seinen (2015)

Résumé :
Dans ce pays, une loi entend assurer la prospérité de la nation en rappelant à tous la valeur de la vie. Pour ce faire, un jeune sur mille entre 18 et 24 ans est arbitrairement condamné à mort par une micro-capsule injectée lors de l’entrée à l’école.

Lorsqu’on reçoit l’ikigami, c’est qu’il ne nous reste plus que 24h à vivre. Mais à quoi passer cette dernière journée, lorsqu’on n’a pas eu le temps de faire sa vie ?

Critique :
La vie n’a pas de prix, mais bien souvent, nous l’oublions, il faut que nous manquions de mourir pour s’en rappeler, ou que nous voyons partir des plus jeunes que nous…

Alors, pour bien faire comprendre à toute la population la valeur de la vie, un pays, totalitaire, inocule une capsule dans les vaccins que sont obligés de recevoir les élèves. Un sur les mille mourra entre ses 18 et 24 ans, de manière arbitraire.

Sont préavis, il le recevra 24h avant sa mort… C’est un ikigami et c’est pour assurer la prospérité de la nation.

Prospérité ? J’t’en foutrai, moi, de ta prospérité. Depuis quand la mort d’un jeune assure-t-elle la prospérité de la nation ? C’est un devoir ? Ben merde alors… Mais bon, je n’ai jamais été atteinte de patriotisme non plus… Défendre mes proches, oui, mais sacrifier ma vie pour le pays qui se fout bien de moi, je ne suis pas encore prête.

Dans ce premier tome, nous assisterons à plusieurs réactions, suite à la réception du préavis de mort. Au moins, aucun des personnages ne réagira de la même manière et j’ai apprécié les questionnements que se pose Fujimoto, qui est un livreur d’ikigami, même si je trouve qu’ils arrivent fort rapidement, comme s’il mettait déjà le système en doute.

Fujimoto a raison, le système est arbitraire et débile, puisqu’on ne sait pas à quoi cela sert d’éliminer une personne sur mille. C’est même totalement absurde ! Mais si les régimes totalitaires ne l’étaient pas, cela se saurait !

La menace n’empêche pas les jeunes de se comporter comme des salopards, comme la bande de harceleurs et les sanctions qui pèsent sur les familles, si jamais le futur mort semait des troubles, n’a pas empêché l’un des personnages à se venger avant de mourir.

La lecture est intéressante parce qu’elle permet de se poser une question terrible, à laquelle nous n’avons pas toujours de réponse : qu’aurais-je fait à la place de ? Que ce soit à la place du fonctionnaire qui fait son job et délivre ses ikigamis ou à la place des personnes qui apprennent qu’il leur reste 24h avant de mourir.

Malgré tout, je suis restée sur ma faim… Fujimoto n’a pas beaucoup de place pour la rébellion, ni pour poser trop de questions. Quant aux chapitres consacrés à ceux qui allaient mourir, s’ils étaient intéressants, je n’ai pas envie que toute la série se déroule de la même manière, cela deviendrait redondant.

Un manga qui oscille entre thriller et dystopie, qui instaure un climat de malaise face à ces crimes institutionnalisés, réglés comme du papier millimétré et dont les fonctionnaires sont très fiers de cette « Loi pour la prospérité nationale » et du système mis en place pour que personne ne sache à l’avance dans quel vaccin la puce mortelle va être insérée (ni dans quel élève).

Ma foi, j’ai beau être restée sur ma faim, je vais tout de même lire le deuxième opus afin de voir si l’histoire bouge où si elle reste statique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°121] et Le Mois du Polar, chez Sharon – Février 2023 (N°04).

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Erectus – 03 – Le dernier hiver : Xavier Müller [LC avec Bianca]

Titre : Erectus – 03 – Le dernier hiver

Auteur : Xavier Müller
Édition : XO (03/11/2022)

Résumé :
Et si le passé, le présent et le futur n’étaient qu’illusion ?

Vous êtes là, deux amoureux à admirer l’extraordinaire météorite qui illumine le ciel, lançant autour d’elle des pépites dorées. Puis la personne que vous aimez, tout à coup, s’endort. Et quand elle se réveille, elle n’est plus la même. Elle vous considère comme son ennemi. Pire : comme sa proie !

Paris, Rome, New York, Tahiti… le cataclysme foudroie la planète, inversant le temps, remontant aux origines, effaçant l’évolution. C’est la superrégression. Un cauchemar. Et le spectre du dernier hiver pour l’humanité…

Critique :
Le premier tomes d’Erectus m’avait emballé, le deuxième avait eu un début un peu plus lent (avant de se poursuivre superbement ensuite), j’attendais donc le dernier avec une impatience mêlée de crainte…

Le risque, avec des suites, c’est qu’il y ait une régression scénaristique ou que l’auteur se prenne les pieds dans le tapis en voulant faire mieux (ou aussi bien) et que le final ne soit pas à la hauteur des attentes. Ce qui fout en l’air tout ce qui a précédé.

Alors, verdict ? Pas de crainte à avoir, si les Humains, les animaux et les plantes vont subir des régressions, le scénario, lui, va encore évoluer !

L’auteur a fait encore plus fort, plus fort que le Roquefort, plus fort que les deux précédents, le tout, sans perte de qualité scénaristique, que du contraire ! Son récit m’a emporté, m’a balayée, tout en restant réaliste, scientifique et sans jamais lasser. Pire, son livre, je l’ai bouffé sur une seule journée, affamée que j’étais. Ou contaminée !

Dans ce dernier tome, il a poussé les curseurs encore plus loin… J’ai frémi, tant tout était réaliste et j’espère que cette trilogie restera dans le domaine de la SF, car c’est trop flippant de penser que ceci pourrait, un jour lointain (ou proche), arriver.

Je ne vous dirai pas ce qu’il se passe dans ce dernier tome, il vaut mieux être vierge de tout résumé afin d’en profiter un maximum, d’avoir l’effet de surprise, de se prendre les révélations en pleine tronche et d’admirer le talent de l’auteur pour que, tout ce qu’il a mis en place, se tienne.

Il ne suffit pas de jouer avec la science, avec les lois de la physique ou bien le temps, il faut aussi que le récit reste cohérent, que l’auteur aille au bout de son idée, sans que son imagination débordante ne perde les lecteurs en route. L’équilibre doit toujours être assuré afin de ne pas se gameller.

Ce que Xavier Müller a réussi avec brio : cohérence et réalisme étant les maîtres mots de ce dernier tome, qui est brillant (au cas où certains ne l’auraient pas compris), vertigineux, qui donne le tournis et ne vous laissera que peu de répit, sans pour autant virer au thriller survitaminé qui perdrait de sa cohérence.

L’élément fantastique qui s’ajoute ne perturbe en rien le scénario, que du contraire. Vu ce qu’il se passe, cela reste cohérent et on se laisse embarquer pour un voyage des plus fous en Normandie et ailleurs.

Le seul léger bémol, c’est qu’il y a un peu de manichéisme dans les personnages. Les Gentils sont honnêtes, corrects, droits, justes, non vénaux et leurs défauts ne sont pas énormes, ce sont des gens dont on aimerait qu’ils soient nos collègues, nos voisins, nos amis, de notre famille.

Le Méchant, lui, est intelligent, profiteur, opportuniste, bref, réaliste. Heureusement, il échappe aux clichés que l’on retrouve chez certains auteurs (Ken Follet, entre autre) où les méchants sont stéréotypés à mourir. Celui du tome 2 faisait plus méchant d’opérette, pas ici.

Le manichéisme est ténu, à tel point que je ne l’ai pas ressenti durant ma lecture et ce fut au moment d’écrire ma chronique que je m’en suis rendue compte. Pas de panique, ce léger manque de défauts chez les Gentils ne pose aucun problème durant la lecture. C’est vraiment un point de détail, tant le reste est excellent.

Oserais-je dire que la saga Erectus est bandante ?? Oui, j’ose !

Ce thriller se révèle être une lecture virale, à laquelle il n’existe aucun antidote, si ce n’est aller jusqu’au bout de sa lecture. Après, un sentiment de manque se fait ressentir. Hé oui, la trilogie est terminée, il faut reprendre une vie normale.

La lecture suivante risque de me paraître fadasse, après un tel cocktail détonnant !

Une lecture addictive pour Bianca et moi, la preuve dans sa chronique ! Une manière de bien commencer l’année avec des bons romans qui donnent des LC réussies !

PS : bonne idée que l’auteur a eue, d’insérer un rapide résumé des tomes précédents, car les ayant lus à leur sortie, ma mémoire n’avait gardé que les faits les plus marquants et j’ai eu un peu de mal à remettre les personnages, ma mémoire les ayant un peu mélangé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°112].

Bilan Livresque Annuel 2022 et Coups de Cœur selon les catégories ! [Épisode 2/3]

Afin de n’oublier aucune lectures  digne d’intérêt, je vous propose, comme les autres années, un classement par « genre littéraire ». Rentrent dans ce classement, les romans que j’ai apprécié, mais pas au point d’en avoir un coup de coeur. Ce sont les 3 Sherlock ou 3,5 (étoiles).

Si vous l’envie subite vous prenait de vouloir lire un thriller addictif, un polar addictif, de la fantasy, de la SF ou tout autre genre qui vous fasse sortir de votre zone de confort, vous pourrez piocher dans ces listes de romans que j’ai apprécié en 2022, mais qui ne se retrouvent pas nécessairement dans les coups de cœurs publiés hier.

Il y aura des redites, bien entendu : des romans classés hier se retrouveront à nouveau dans ces listes, parfois à plusieurs endroits. D’autres feront leur apparition, selon leur catégorie et leur degré d’appréciation.

Certains romans, qui n’ont pas été des coups de cœur de l’année, dont j’ai soulevé des bémols dans mes chroniques, pourraient, malgré tout, se retrouver dans ces classements, car ils n’avaient pas que des points négatifs, que du contraire.

J’ai passé toute ma liste de lecture 2022 (putain, quelle longueur !) et j’ai essayée d’être la plus juste possible, de brasser le plus large possible et de vous laisser le plus de choix possible (non, je n’ai pas des actions dans la vente des livres !). J’espère ne pas en avoir oublié… 

PS : l’ordre de classement n’a rien à voir avec le plaisir de lecture. De toute façon, les meilleurs sont signalés par de ♥♥♥♥.

La Littérature Américaine que j’ai le plus appréciée en 2022 :

  1. L’été où tout a fondu : Tiffany McDaniel ♥♥♥♥
  2. Les bisons de Broken Heart : Dan O’Brien ♥♥♥♥
  3. Un profond sommeil : Tiffany Quay Tyson ♥♥♥♥
  4. Minuit à Atlanta : Thomas Mullen ♥♥♥♥
  5. Lady Chevy : John Woods ♥♥♥♥
  6. Duchess : Chris Whitaker ♥♥♥♥
  7. American predator : Maureen Callahan ♥♥♥♥
  8. Les croassements de la nuit – Inspecteur Pendergast 04 : Preston et Child
  9. Nuit noire, étoiles mortes : Stephen King
  10. Blackwater – 01 – La Crue : Michael McDowell
  11. Blackwater – 02 – La Digue : Michael McDowell
  12. Blackwater – 03 – La Maison : Michael McDowell
  13. Billy Summers : Stephen King
  14. L’Outsider : Stephen King
  15. Le mambo des deux ours – Hap Collins et Leonard Pine 03 : Joe Lansdale
  16. Plus bas dans la vallée : Ron Rash

Les romans, policiers ou pas, qui m’ont fait  passer un bon moment de lecture tout en étant bien faits ! Cela peut être un bon cosy mystery, un thriller plus tordu que les autres, un western bien foutu… Bref, ceux que j’ai apprécié lire, sans pour autant qu’ils décrochent, tous, les médailles d’or.

  1. Détectives du Yorkshire ‭–‬ 07 ‭–‬ Rendez-vous avec la menace ‭:‬ Chapman
  2. L’assassin de la rue Voltaire – Gabriel Joly 03 : Henri Loevenbruck
  3. La Traversée des Temps – 02 – La Porte du ciel : Eric-Emmanuel Schmitt
  4. Les chroniques de St Mary’s‭ – ‬04 – Une trace dans le temps : Jodi Taylor
  5. L’Armée d’Edward : Christophe Agnus
  6. Le Loup des Ardents : Noémie Adenis
  7. Au service surnaturel de sa majesté – 02 – Agent double : Daniel O’Malley
  8. Le bureau des affaires occultes – 02 – Le fantôme du vicaire : Éric Fouassier

Thrillers addictifs, pages-turner, mais pas que ! De quoi rester accroché à son roman tout en ayant plus qu’une simple enquête… Bien souvent, des faits de société viennent se greffer dans les récits, ce qui donne à ces romans un petit plus que les autres n’ont pas.

  1. L’Armée d’Edward : Christophe Agnus
  2. Dans les brumes de Capelans : Olivier Norek
  3. Labyrinthes : Franck Thilliez
  4. La capture – Yvonne Chen 02 : Nicolas Lebel
  5. Atmom[ka] – Franck Sharko et Lucie Hennebelle 03 : Franck Thilliez
  6. Pandemia – Franck Sharko & Lucie Hennebelle 05 : Franck Thilliez
  7. Immortel – Tomás Noronha 10 : José Rodrigues dos Santos
  8. Te tenir la main pendant que tout brûle ‭:‬ Johanna Gustawsson
  9. Lontano – Famille Morvan 01 : Jean-Christophe Grangé
  10. W3 – 02 – Le mal par le mal : Jérôme Camut et Nathalie Hug

♫ Noir c’est noir ♪ Les romans Noirs, ceux qui possèdent un contexte social important, ceux qui parlent des sans-dents, des pauvres… Ce classement reprendra aussi les petites perles noires lues cette année et toutes n’étaient pas des lectures dépressives !

  1. Hangman – Les fantômes du bourreau : Sébastien Bouchery ♥♥♥♥
  2. La reine noire : Pascal Martin ♥♥♥♥
  3. Épilogue meurtrier – Trilogie de la crise HS1 : Pétros Márkaris
  4. Tapas nocturnes – Diego Martín 00 : Marc Fernandez
  5. Indomptable : Vladimir Hernández Pacín
  6. Bandidos – Diego Martín 03 : Marc Fernandez
  7. Le fourgon des fous : Carlos Liscano
  8. ‭Respirer le Noir : Collectif
  9. On était des loups : Sandrine Collette
  10. L’Aigle noir : Jacques Saussey
  11. Le carré des indigents‭ : ‬Hugues Pagan

Nouvelle catégorie, parce que Holmes mérite bien d’avoir son classement des titres lus. Au royaume des apocryphes, tous ne sont pas de bonne qualité, tous ne sont pas super. Voici ceux que j’ai lu et apprécié…

  1. Lady Sherlock – 02 – Conspiration à Belgravia : Sherry Thomas
  2. Sherlock Holmes et les protocoles des Sages de Sion : Nicholas Meyer
  3. Les vieux cahiers de Sherlock Holmes : Martine Ruzé-Moens
  4. Les voyages de Sherlock Holmes : Martine Ruzé-Moëns
  5. Sherlock Holmes – Compléments d’enquête : Jean Alessandrini
  6. Sherlock, Lupin & Moi – 12 – Le bateau des adieux : Irene Adler
  7. Sherlock, Lupin & moi – 13 – Le souterrain mortel : Irene Adler
  8. Sherlock, Lupin & moi – 14 – À la recherche de la princesse Anastasia : Adler
  9. Enola Holmes – 07 – Enola Holmes et la barouche noire : Nancy Springer
  10. Sherlock Holmes et l’héritière de Lettox Castle : Pascal Malosse
  11. Sherlock, qui est le coupable ? : Vincent Raffaitin et Collectif
  12. Sherlock Holmes et les Romanov : Pascal Malosse
  13. Simulacres martiens : Eric Brown
  14. Sherlock Holmes et l’affaire des noyades bleues : Jérôme Hohl
  15. Sherlock Holmes – Recueil d’enquêtes détonantes : Gareth Moore

Envie de dépaysement ? D’aventures ? De partir au loin sans bouger de votre divan ? Avec eux, on s’évade dans l’espace, dans le temps et on passe d’excellents moments de lecture (souvent dans le froid ou la chaleur forte).

  1. Nouvelle Babel ‭:‬ Michel Bussi
  2. Atmom[ka] – Franck Sharko et Lucie Hennebelle 03 : Franck Thilliez
  3. La Traversée des Temps – 02 – La Porte du ciel : Eric-Emmanuel Schmitt
  4. L’Odyssée de Sven : Nathaniel Ian Miller
  5. Bêtes, hommes et dieux – À travers la Mongolie interdite : Ossendowski
  6. Du fond des âges : René Manzor
  7. Tous les démons sont ici – Walt Longmire 07 : Craig Johnson

Cette classification pourrait donner la main avec celle consacrée aux romans parlant des horreurs humaines (camps, génocides, goulags, racisme,…), parce que bien souvent, les deux classements possèdent les mêmes titres, à quelques exceptions près. Ici, sont classés les romans dont je n’oublierai pas certaines scènes, certains passages…

  1. La supplication – Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse : Svetlana Alexievitch ♥♥♥♥
  2. Hangman – Les fantômes du bourreau : Sébastien Bouchery ♥♥♥♥
  3. Condor : Caryl Ferey ♥♥♥♥
  4. S’adapter : Clara Dupont-Monod ♥♥♥♥
  5. Quand tu écouteras cette chanson : Lola Lafon ♥♥♥♥
  6. Génocidé : Révérien Rurangwa ♥♥♥♥
  7. Une saison de machettes : Jean Hatzfeld (non chroniqué)
  8. Le Chant d’Haïganouch : Ian Manook ♥♥♥♥
  9. Les silences d’Ogliano : Eléna Piacentini ♥♥♥♥
  10. Un coin de ciel brûlait : Laurent Guillaume
  11. Voyage au bout de l’enfance : Rachid Benzine ♥♥♥♥
  12. Que sur toi se lamente le Tigre : Emilienne Malfatto ♥♥♥♥

Parfois, on commence une lecture sans savoir si elle va nous apporter du plaisir ou de la déception… On avait entendu des bonnes critiques sur ces romans, mais on n’est jamais à l’abri de foirer sa lecture… Ce ne fut pas le cas ici. Des bons souvenirs de lecture !

  1. Le dernier joyau des Romanov ‭:‬ Monique Dollin du Fresnel
  2. Lady Sherlock – 02 – Conspiration à Belgravia : Sherry Thomas
  3. Lontano – Famille Morvan 01 : Jean-Christophe Grangé
  4. Les croassements de la nuit – Inspecteur Pendergast 04 : Preston et Child
  5. La Nymphe Endormie : Ilaria Tuti
  6. Vivre avec nos morts : Delphine Horvilleur
  7. Les Mots immigrés : Erik Orsenna et Bernard Cerquiglini
  8. Immortel – Tomás Noronha 10 : José Rodrigues dos Santos
  9. Tenir sa langue : Polina Panassenko
  10. La maison assassinée : Pierre Magnan

Chaque année, je me dis que je vais lire plus de fantasy/SF/fantastique/dystopie (j’en ai des tas dans ma PAL), et au bilan final, je me rends compte que je n’en ai pas lu beaucoup. Par contre, j’ai fait des bonnes pioches du premier coup :

  1. Le Chien du Forgeron : Camille Leboulanger
  2. Trilogie d’une Nuit d’Hiver – 02 – La Fille dans la tour : Katherine Arden
  3. Trilogie d’une Nuit d’Hiver – 03 – L’hiver de la sorcière : Katherine Arden
  4. La maison des jeux – 01 – Le serpent : Claire North ♥♥♥♥
  5. La maison des jeux – 02 – Le voleur : Claire North ♥♥♥♥
  6. Harry Potter et le prince de sang-mêlé – 06 : J.K. Rowling ♥♥♥♥
  7. Drenaï – 10 – Loup Blanc : David Gemmel
  8. Au service surnaturel de sa majesté – 02 – Agent double : Daniel O’Malley
  9. Les chroniques de St Mary’s‭ – ‬04 – Une trace dans le temps : Jodi Taylor
  10. Les chroniques de St Mary’s – 05 – Hier ou jamais : Jodi Taylor
  11. Ring Shout : P. Djèli Clark
  12. Simulacres martiens : Eric Brown
  13. Émissaires des morts – Andrea Cort 01 : Adam-Troy Castro
  14. La monture : Carol Emshwiller

Les romans marquants qui parlaient de ségrégation raciale, de l’apartheid, de racisme, de l’esclavage, des dictatures, du communisme et de ses dérives,  du totalitarisme, des guerres, des camps de concentration, des goulags, des génocides, de Tchernobyl et sa catastrophe, de fracturation hydraulique, les migrants, Daesh,… Le tout dans des romans policiers, historiques, autobiographiques, des recherches, de la littérature blanche :

  1. La supplication – Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse : Svetlana Alexievitch ♥♥♥♥
  2. Condor : Caryl Ferey ♥♥♥♥
  3. Vous ne nous séparerez pas : Régis Delpeuch ♥♥♥♥
  4. Une libération : Nicolas Rabel
  5. Toute la lumière que nous ne pouvons voir : Anthony Doerr
  6. Quand tu écouteras cette chanson : Lola Lafon ♥♥♥♥
  7. Génocidé : Révérien Rurangwa ♥♥♥♥
  8. Une saison de machettes : Jean Hatzfeld (non chroniqué)
  9. Le Chant d’Haïganouch : Ian Manook ♥♥♥♥
  10. GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique ‭: ‬Ondjaki 
  11. Donbass : Benoît Vitkine
  12. Un coin de ciel brûlait : Laurent Guillaume
  13. Haine : José Manuel Fajardo
  14. Le fourgon des fous : Carlos Liscano
  15. Fracture : Eliza Griswold
  16. Voyage au bout de l’enfance : Rachid Benzine ♥♥♥♥
  17. Le cycliste de Tchernobyl : Javier Sebastian
  18. L’or vert du Sangha : Pierre Pouchairet

Parce que les Amérindiens méritent aussi d’avoir leur classement en plus des autres, parce que cette année, j’ai lu trois romans parlant de ce que les Blancs leur ont fait subir… Et que je devrais en lire plus.

  1. Nous étions libres comme le vent : David Roberts
  2. Crazy Horse – Une vie de héros : Joseph Marshall III
  3. Kill the indian in the child : Elise Fontenaille-N’Diaye

Parfois, lorsque plus rien ne va, lorsqu’on en a marre de tout, il suffit de sortir de sa PAL un auteur doudou (Camilleri et son commissaire Montalbano / Doherty et son frère Athelstan / Kinsey et sa Lady Hardcastle / Faith Martin avec Loveday & Ryder,…) pour que tout reparte ! Ce sont des polars que j’aime lire et dont j’apprécie suivre les personnages.

  1. Commissaire Montalbano – 05 – Un mois avec Montalbano : Andrea Camilleri
  2. Commissaire Montalbano – 06 – La démission de Montalbano : Camilleri
  3. Commissaire Montalbano – 07 – L’excursion à Tindari : Andrea Camilleri
  4. Commissaire Montalbano – 10 – Le tour de la bouée : Andrea Camilleri
  5. Les enquêtes de Frère Athelstan – 04 – La Colère de Dieu : Paul Doherty
  6. Les enquêtes de Frère Athelstan – 06 – Le Repaire des corbeaux : Doherty
  7. Les enquêtes de Frère Athelstan – 07 – Le Jeu de l’assassin : Paul Doherty
  8. Les enquêtes de Frère Athelstan – 08 – La Chambre du diable : Doherty
  9. Enquêtes de Lady Hardcastle – 01 – Petits meurtres en campagne ‭:‬ T.E Kinsey
  10. Enquêtes de Lady Hardcastle – 02 – Meurtres dans un village anglais : Kinsey
  11. Enquêtes de Lady Hardcastle – 03 – La mort au tournant : T. E. Kinsey
  12. Détectives du Yorkshire ‭–‬ 07 ‭–‬ Rendez-vous avec la menace ‭:‬ Chapman
  13. Loveday & Ryder – 05 – Feu d’artifice mortel : Faith Martin
  14. Loveday & Ryder – 06 – ‬Couronnement fatal à Middle Fenton ‭: ‬Faith Martin
  15. Les folles enquêtes de Magritte et Georgette – 03 – Les fantômes de Bruges : Nadine Monfils
  16. Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette – 04 – Liège en eaux troubles : Nadine Monfils
  17. Aurel le consul – 05 – Notre otage à Acapulco : Jean-Christophe Rufin
  18. Les chroniques de St Mary’s‭ – ‬04 – Une trace dans le temps : Jodi Taylor
  19. Les chroniques de St Mary’s – 05 – Hier ou jamais : Jodi Taylor
  20. Les Dames de Marlow enquêtent – 01 – Mort compte triple : Robert Thorogood
  21. Sa Majesté mène l’enquête – 02 – Bain de minuit à Buckingham : S.J. Bennett

Les déceptions totales, alors que je m’attendais à de belles lectures. Parfois ce furent des découvertes d’auteurs que je voulais faire et qui ont foirées (et elles sont nombreuses, cette année) :

  1. Verre cassé : Alain Mabanckou
  2. Nos vies en flammes : David Joy
  3. L’île des chamanes : Jay Kim
  4. L’eau rouge : Jurica Pavičić
  5. Sherlock Holmes et la Bête des Stapleton : James Lovegrove
  6. Sidérations : Richard Powers
  7. 1977 : Guillermo Saccomanno
  8. Je suis l’hiver : Ricardo Romero
  9. Dans les eaux du Grand Nord : Ian McGuire
  10. Le grand monde : Pierre Lemaitre
  11. Ce qui vient après : JoAnne Tompkins
  12. Francis Rissin : Martin Mongin
  13. Omerta : R. J. Ellory
  14. Nous sommes les chasseurs : Jérémy Fel
  15. Les hommes ont peur de la lumière : Douglas Kennedy [LC avec Bianca]
  16. Arpenter la nuit : Leila Mottley
  17. Le Meurtre de Harriet Monckton ‭:‬ Elizabeth Haynes [LC avec Bianca]
  18. Fantômes : Christian Kiefer
  19. Toutes les chances qu’on se donne : Kevin Hardcastle
  20. Dessous les roses : Olivier Adam
  21. Instants sauvages : Noël Sisinni
  22. L’homme peuplé : Franck Bouysse
  23. Le secret de la cité sans soleil : Gilles Legardinier
  24. Se cacher pour l’hiver : Sarah St. Vincent (non chroniqué)
  25. True story : Kate Reed Petty (non chroniqué)
  26. Eldorado : Laurent Gaudé (non chroniqué)

Du fond des âges : René Manzor

Titre : Du fond des âges

Auteur : René Manzor
Édition : Calmann-Lévy Noir (19/10/2022)

Résumé :
Nouvelle-Zélande. Un enfant est poursuivi dans les rues de Christchurch par un pick-up noir. Des coups de feu éclatent, les gens hurlent. L’enfant est touché, mais l’homme à ses trousses est abattu au moment où il allait l’achever.

À l’hôpital, le petit garçon est identifié : il s’agit de Nateo Taylor, le fils du célèbre explorateur Marcus Taylor. Nateo avait disparu sans laisser de trace. D’où revient-il ? Et pourquoi a-t-on voulu l’éliminer ?

Un an auparavant, le glaciologue Marcus Taylor dirige une expédition à Vostok, la station scientifique implantée au beau milieu de l’Antarctique. Un organisme vieux de 800 000 ans a été découvert à quatre kilomètres sous la glace et doit être remonté pour être étudié.

De cette expédition qui tourne au cauchemar, seul Marcus reviendra…

Critique :
Voilà un thriller survitaminé qui commence par une scène très violente : un gamin est poursuivi dans les rues de Christchurch, avant de recevoir une balle dans le dos…

Le ton était donné, l’auteur voulait y aller en force et afin d’augmenter le rythme cardiaque et de jouer avec le suspense, le vilain a fait un retour en arrière d’un an. Ensuite, il a alterné les chapitres se déroulant un an auparavant, en Antarctique et ceux se passant en Nouvelle-Zélande. Adrénaline garantie !

N’ayant pas lu le résumé, la surprise a été totale lorsque durant le voyage de l’équipe en Antarctique, ils ont eu un petit soucis… Et qu’ensuite, la mission a tourné à l’horreur pure, à l’épouvante, aux frissons dans le dos.

Non pas en raison d’une créature sortie des enfers ou de l’apparition d’un vampire ou d’un contrôleur des contributions hurlant « Des sous ». Bien pire que ça ! Là, on joue sur l’être humain et sa capacité à être égoïste au possible ou d’être solidaire.

On sait jusqu’où l’être humain est capable d’aller pour survivre (et même au-delà) et c’est ce qui fait le plus peur, dans ces pages. L’Homme est un monstre.

Ce thriller fait son job : il est divertissant, donne des frissons, fait peur, fait monter l’angoisse d’un côté, lors de la mission en Antarctique, puis vient casser un peu cette hausse cardiaque avec ce qu’il se passe en Nouvelle-Zélande, avant que cette partie ne devienne, elle aussi, bourrée d’adrénaline et de mystères.

L’auteur souffle donc le froid (l’Antarctique et ses températures record négatives) et le chaud (Nouvelle-Zélande, sous la canicule).

Où se situe donc le cheveu dans la soupe ? Les personnages m’ont semblés manquer de profondeur, ce qui est dommage parce que ce thriller n’hésite pas à surfer (ou skier ?) sur des faits de sociétés tel que la perte d’un enfant, le deuil impossible, les maladies génétiques rares, les bactéries, la science sans conscience, la ferveur religieuse, le déni, la survie, les démons qui hantent certains personnages,…

Mais voilà, certains ne sont qu’esquissés trop brièvement, expliquées en vitesse, comme si le nombre de pages était imparti et qu’on arrivait au bout de ce quota. Il manquait des explications sur la disparition et sur le retour d’un personnage, sur l’arrivée du Maori aveugle et sur cette culture que l’on ne connait pas.

Avec quelques pages de plus, l’auteur aurait pu étoffer un peu ces vides et donner plus de profondeur à son roman.

Il vaut mieux le considérer, avant sa lecture, comme un thriller endiablé et rythmé, qui vous fera passer quelques moments angoissants et ne pas rechercher les émotions ressenties lors de la lecture d’Apocryphe, un autre roman de l’auteur.

Ce thriller fait le job, sans aucun doute. Il ne laisse que peu de répit et sa lecture est addictive. Il ne faut pas lui demander plus. Les émotions ressenties seront du niveau de la peur et des angoisses et vu que l’écriture est assez cinématographique, vous n’aurez aucun soucis à le vivre dans votre tête. Gare aux écarts de températures… Moi, durant ma lecture, j’ai sué de trouille !

Hélas, s’il m’a bien divertit, il ne restera sans doute pas dans ma mémoire comme d’autres romans…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°81].

L’archipel des oubliés – Grace Campbell 03 : Nicolas Beuglet [Par Dame Ida, lectrice épuisée]

Titre : L’archipel des oubliés – Grace Campbell 03

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : XO (22/09/2022)

Résumé Babélio:
Cette histoire vous fera douter de tout…

Les inspectrices Grace Campbell et Sarah Geringën le savent. Malgré leurs caractères opposés, elles doivent unir leurs forces pour neutraliser l’“ homme sans visage ”, l’architecte du plan diabolique qui mènera l’humanité à sa perte.

Seule piste : un manoir égaré dans les brumes d’Écosse. Derrière les volets clos de la demeure, l’ombre d’une jeune veuve austère, en apparence innocente. Mais cette femme est-elle vraiment ce qu’elle prétend être ? Ce que les deux inspectrices découvrent dépasse leurs pires hypothèses.

Dans une course qui les entraîne du loch Ness à la Norvège, Grace et Sarah vont devoir repousser les frontières de la peur pour rejoindre l’énigmatique archipel des Oubliés – l’ultime rempart au chaos du monde.

Un thriller glaçant. Et perturbant. Car ce qui se joue sur ces terres mystérieuses pourrait bien ressembler au choix de civilisation qui se dresse devant nous…. Même de vous…

L’avis de Dame Ida :
Bon… On ne peut pas dire que le résumé Babelio qui est en réalité le plus souvent la 4e de couverture proposée par les éditeurs, nous aide beaucoup. Et c’est fort ennuyeux.

D’autant qu’à aucun moment l’Archipel des Oubliés n’est nommé comme tel dans le roman !!! Ce sera au lecteur de deviner de quoi il s’agit…

Cette présentation est d’autant plus regrettable que le chaland lambda qui n’a jamais lu un roman de Nicolas Beuglet ne saura pas que l’Archipel des Oubliés est la suite (et fin ?) des précédentes enquêtes de l’inspectrice Grace Campbell (le Dernier Message, Le Passager sans visage) et de celles de Sarah Geringën (Le Cri, Complot, l’Île du Diable) qu’il est tout bonnement impératif d’avoir lues avant si on veut suivre un minimum. Or, ce n’est pas indiqué.

Après avoir lu dans un premier temps les enquêtes de Sarah Geringën, et être arrivée au bout de la première enquête de Grace Campbell, j’avais lu la seconde qui se terminait sur l’irruption tonique de Sarah dans le bureau de Grace qui rentrait de sa dernière expédition policière à travers le monde…

Je les avais quittées là… Attendant la suite avec impatience, et c’est bien là que j’ai eu le plaisir de les retrouver. Elles n’avaient pas bougé du commissariat écossais où Grace officie.

Mais je les avais laissées à cette place un peu trop longtemps et n’avais plus un souvenir très frais des cinq premiers tomes qui avaient préparé les deux femmes à se rencontrer et à partir ensemble dans une nouvelle enquête.

Je dois avouer avoir eu un peu de mal à raccrocher les wagons et à retrouver mes repères dans les débuts de cette nouvelle enquête, notamment pour comprendre ce que Sarah pouvait vouloir à Grace. Heureusement, Beuglet nous rafraîchit la mémoire bien comme il faut.

Même s’il sait nous embarquer tambour battant dans des enquêtes rythmées où ses héroïnes elles-mêmes peinent à retrouver leur souffle, je reprendrai mes critiques habituelles concernant les arrangements de l’auteur avec la réalité.

Comme lors des cinq précédents volumes, la hiérarchie des inspectrices est inexistante et les deux femmes enquêtent en roue libre comme si de rien n’était, même si les enquêtes impliquant les polices de deux pays doivent toujours préalablement faire l’objet d’autorisations des services diplomatiques etc… La police n’est pas bureaucratique qu’en France.

Par ailleurs, le corps humain a ses limites et de voire Grace attaquer une nouvelle enquête avec un bras dans le plâtre (ce qui est assez peu crédible pour un agent de terrain en principe – si on vous autorise à travailler avec un plâtre, c’est à des tâches strictement administratives) m’a bien amusée.

Et j’ai également compris lors de la lecture des romans précédents que Grace et Sarah sont des dures à cuire, increvables, qui peuvent essuyer les coups, les tirs, les sauts dans le vide, les cascades sans égratignures, résister aux drogues, survivre à des explosions, prendre des bains d’eau glacée, alors qu’il gèle à pierre fendre sans choper un rhume et subir des situations psychologiquement traumatisantes sans jamais s’écrouler.

En lisant ce roman je me suis rappelée ce que je m’étais dit en passant des enquêtes de la norvégienne à celles de l’écossaise… Les deux femmes n’avaient peut-être pas la même histoire et les mêmes traumatismes, l’une est supposée être plus froide que l’autre… Mais je n’arrivais pas franchement à les différencier l’une de l’autre.

Et ce roman est venu renforcer cette impression. Lorsque l’auteur nous fait entrer à l’intérieur de leurs têtes respectives, c’est avec ses propres mots, son propre style, sans parvenir à décrire pour l’une et pour l’autre un flux de pensée qui leur soit propre ou original. Leurs différences ne sont visibles que de l’extérieur ou que dans le rappel de leurs biographies.

De fait, elles me sembleront presque être le clone l’une de l’autre et dans le feu de l’action, là où elles fonctionnent en tandem, j’oubliai rapidement qui est qui, comme si elles ne faisaient qu’une. L’uniformité du style de l’auteur dans le déploiement de la pensée de ses deux héroïnes ne permettra pas de leur donner à toutes les deux, une psychologie qui leur est propre. Je trouve ça un peu dommage, même si ça n’empêche pas de suivre et d’apprécier l’histoire.

Voilà pour les faiblesses du roman, selon moi. Du côté de l’intrigue en revanche… Ce n’est franchement pas mal du tout. C’est tordu à souhait et rythmé, et les pompes funèbres auront bien du boulot, avec tous les cadavres qui joncheront la route des deux inspectrices.

Et pourtant… on est franchement loin du polar réaliste ! Et je suis assez sévère quand on n’est pas assez réaliste dans un bouquin.

Même si les James Bond nous semblent toujours aussi improbables, c’est toujours avec un certain plaisir qu’on les regarde… Les histoires sont démentes, les complots granguignolesques des super-méchants n’ont absooooolument rien de crédible, et les abrutis qui travaillent pour les super-méchant ratent toujours leur cible quand ils tirent à la mitraillette ou au bazooka et James Bond, même à découvert en sortira indemne sans être décoiffé.

Et bien là, c’est pareil, sauf que l’auteur est suffisamment sadique pour faire morfler ses héroïnes. Et elles morflent très lourdement… Mais… à les entendre… « Même pas mal ».

Côté méchants, c’est pareil aussi… Les deux femmes se sont battues pendant cinq et maintenant six tomes, contre des super-vilains aux moyens illimités, que ce soit en argent, moyens techniques, relations ou contrôle des médias, capables de recruter des armées entières de sbires à leur service et d’entretenir des bases secrètes d’où ils projettent d’asservir l’humanité. Rien que ça.

C’est énorme… Je dirais même ça pourrait être carrément grotesque… Surtout pour moi qui ai du mal quand les auteurs me prennent pour une quiche à essayer de me faire gober n’importe quoi.

Et pourtant ça marche !

Pourquoi ça marche ? Et bien parce qu’à travers de ses intrigues, Nicolas Beuglet, extrapole sur certains travers de notre société afin de les dénoncer, travers basés sur des faits réels et vérifiés sur lesquels il revient en postface dans chacun de ses romans pour nous aider à mieux en prendre conscience.

On pourrait presque l’imaginer fasciné par le complotisme, car il s’efforce de nous montrer comment les puissances du profit peuvent parvenir à nous faire gober tout et n’importe quoi.

Oui mais voilà… S’agit-il d’interprétations complotistes d’éléments pourtant bien tangibles de la réalité ? Ou l’étiquette complotiste ne serait-elle pas ici posée pour décrédibiliser celui ou celle qui dénoncerait quelque chose de trop dérangeant pour certaines élites ? Questions qui se renvoient sans cesse l’une à l’autre comme notre image entre deux miroirs.

Même si ses histoires sont totalement incroyables, ce qu’elles mettent en scène ne peut que nous toucher et nous faire réfléchir… voire nous épouvanter face à la mise en abîme du sens et de la vérité de toute chose.

Je ne sais pas précisément quand il a écrit son livre mais quand à travers la bouche d’un de ses personnages il ironise sur le fait que l’on demande à la population de baisser son chauffage alors que ceux qui nous le recommandent circulent en jets privés… On ne peut que se prendre ça de plein fouet dans la figure étant donné notre actualité.

Quand il nous rappelle que le passage au tout numérique n’a certainement rien d’écologique en ce sens que les datacenters et le passage à la 5G, la généralisation du cloud et de la dématérialisation des factures ou autres documents, vont conduire le numérique à consommer encore plus d’énergie et à rejeter encore plus de carbone que jamais, on ne peut que comprendre à quel point les discours véhiculés par les médias et présentés comme des vérités écologiques mériteraient d’être repensés et décryptés… car les médias sont-ils si libres ou indépendants ? N’appartiennent-ils pas de plus en plus souvent à des grands groupes industriels ?

Il y a toujours quelque chose de vrai dans un délire disait Freud… Et le moins qu’on puisse dire c’est que les délires des super-vilains de Beuglet, aussi incroyables soient-ils contiennent une part de vérité.

À nous d’interpréter celle-ci ou de choisir sous quel angle on a envie de la voir. Et c’est ça qui fait pour moi tout le sel de cette série de romans.

L’archipel des oubliés – Grace Campbell 03 : Nicolas Beuglet

Titre : L’archipel des oubliés – Grace Campbell 03

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : XO Thriller (22/09/2022)

Résumé :
Cette histoire vous fera douter de tout…

Les inspectrices Grace Campbell et Sarah Geringën le savent. Malgré leurs caractères opposés, elles doivent unir leurs forces pour neutraliser l' » homme sans visage « , l’architecte du plan diabolique qui mènera l’humanité à sa perte.

Seule piste : un manoir égaré dans les brumes d’Écosse. Derrière les volets clos de la demeure, l’ombre d’une jeune veuve austère, en apparence innocente. Mais cette femme est-elle vraiment ce qu’elle prétend être ? Ce que les deux inspectrices découvrent dépasse leurs pires hypothèses.

Dans une course qui les entraîne du loch Ness à la Norvège, Grace et Sarah vont devoir repousser les frontières de la peur pour rejoindre l’énigmatique archipel des Oubliés – l’ultime rempart au chaos du monde.

Un thriller glaçant. Et perturbant. Car ce qui se joue sur ces terres mystérieuses pourrait bien ressembler au choix de civilisation qui se dresse devant nous…. même de vous…

Critique :
Dans ce dernier roman de la trilogie, l’inspectrice écossaise Grace Campbell, l’héroïne principale, venait de croiser la route de l’inspectrice Sarah Geringën, celle de l’autre trilogie (deux trilogies, ça fait une sexologie ? mdr).

Ça promettait d’allumer le feu parce que nos deux inspectrices n’étaient pas des neuneus ! Elles sont badass et, telles des James Bond au féminin, rien ne leur fait peur, elles enchaînent les cascades, même avec un bras cassé !

Verdict ? Le début est canon, mené tambour battant, on ne s’ennuie pas, les mystères sont bien présents, l’adrénaline pulse et l’angoisse monte. Normal, nous avons suivi nos deux inspectrices vers un manoir égaré dans les brumes d’Écosse où vit une étrange bonne femme.

Ce que j’ai toujours apprécié, dans les romans de cet auteur, c’est qu’il frappe là où ça fait mal.

Après qu’Olympe ait fait en sorte de niveler par le bas (ce qui se passe réellement dans nos sociétés, sauf pour certains), ôté l’esprit critique des gens (des moutons sont plus faciles à manipuler pour envoyer à l’abattoir) et de jouer avec les peurs des gens pour faire mieux les contrôler, la phase 3 était le suspense insoutenable !

Après avoir abruti les peuples pour leur ôter l’esprit critique dans sa phase 1, après les avoir terrorisés dans sa phase 2 pour mieux les contrôler, la phase 3 consiste à [NO SPOLIER].

Ambiances anxiogènes au possible, le roman me collait aux mains et j’ai eu du mal à le poser tellement le récit pulsait et que je voulais savoir.

L’écriture est simple sans être simpliste, elle est nerveuse et l’auteur ne prend pas des gants : il trempe sa plume dans l’encrier des dénonciations et il balance (le 5G inutile, les datacenters immenses, les cloud qui bouffent de l’énergie, le tout au numérique qui consomme et qui a une empreinte carbone énorme,…).

Des vérités, rien que des vérités, hélas. Au travers de son roman, l’auteur s’appuie sur des faits de sociétés, sur des thèmes qui nous sont contemporains, ce qui ancre ses récits dans la réalité. Bref, il est engagé.

On a le nez dans la merde, je ne le nierai pas et effectivement, si nous continuons de la sorte, l’iceberg devant nous va faire couler le navire sur lequel nous nous trouvons et il n’y aura pas assez de canots de sauvetage pour tout le monde (uniquement les premières classes, les plus fortunés). Je dirais même plus : on a déjà pris l’iceberg dans la gueule ! La maison brûle et nous sommes dedans !

L’auteur dénonce aussi les médias, les journalistes qui ne prennent pas la peine de recouper leurs informations, qui balancent tout et n’importe quoi pour faire le buzz, pour être lu, pour que leur feuille de choux soit la plus lue (mais rien n’a changé depuis des siècles).

Le pire étant que les journaux appartiennent maintenant à des groupes industriels, à des grands patrons du CAC40 et qu’ils soient tributaires des pubs, perdant de ce fait leur indépendance. Si l’un d’eux veut dézinguer une ou plusieurs personnes, le journal a ce pouvoir et dans le roman, c’est bien illustré. Avant que tout ne parte un peu en capilotade…

Ben oui, on était bien parti et puis, boum, on a pataugé dans la panade avec une évasion spectaculaire, avec l’entrée d’une vieille légende dans le récit, à tel point que j’ai pensé que je lisais un roman fantastique ! Non, je n’ai rien contre le fantastique, la SF ou l’anticipation, mais là, dans le roman, ça clochait tout de même, rendant bancal la suite.

Ce qui m’a le plus gêné, c’est à nouveau l’opposition entre une puissante société qui veut le Mal (avec une puissance énorme) et un groupe qui ne veut que le Bien (et qui n’est pas sans ressources non plus). Le manichéisme, c’est bien beau, mais dans la littérature (comme dans les films, séries), ça coince tout de même. J’aurais apprécié plus de nuances.

J’ai cru à un moment donné que les nuances allaient arrivées, on aurait pu les toucher du doigt dans une confession, mais non, peau d’zob, pas de nuances dans les méchants et les gentils, si ce n’est un méchant devenu un gentil…

Dans ce que nous assène l’auteur, à travers les paroles de certains des personnages, j’ai eu l’impression que c’était une leçon que l’on nous donnait. Cela ne me gêne pas du tout de recevoir des leçons, elles peuvent être bénéfique et je suis toujours à l’écoute, mais il y a la manière de le dire…

Là, j’ai eu la sensation que ceux qui écoutaient les belles paroles véridiques (les inspectrices et nous, lecteurs et lectrices), étaient des enfants qu’il fallait convaincre, des gosses à qui le prof fait la leçon.

Et leur esprit critique, il compte pour du beurre ? Là, ce n’était pas des bons conseils, c’était limite du prosélytisme.

Je ne sais pas si je dois mettre cela sur le compte de l’auteur ou sur le compte de ce personnage, qui, malgré ses belles paroles, a un côté un peu hypocrite (faites ce que moi je dis, pas ce que le méchant fait), dénonçant chez son ennemi Olympe un comportement qui est ancré en lui aussi, même s’il le fait différemment, avec la meilleure volonté du monde (et l’enfer est pavé de bonnes intentions, nous le savons).

Si je partage ses points de vue, je n’apprécie pas trop la manière dont il nous les fait passer. Par contre, je suis intéressée par ses conseils de lecture, en fin d’ouvrage.

Anybref, malgré ce petit malaise avec cette leçon qu’on nous donne et le côté fantastique qui surgit d’un coup, le reste est de bonne facture et cela donne un thriller qui pulse, qui ne vous laisse pas bailler d’ennui et des personnages féminins assez forts, même si on a du manichéisme dans les méchants/gentils.

Ces défauts ne seront pas rédhibitoires si vous n’y attachez pas d’importance ! Ou si vous voulez un thriller qui vous emporte loin dans l’aventure.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°78].

Ecotopia : Ernest Callenbach

Titre : Ecotopia

Auteur : Ernest Callenbach
Édition : Folio SF (2021)
Édition Originale : Ecotopia
Traduction : Brice Matthieussent

Résumé :
Trois États de la côte ouest des États-Unis – la Californie, l’Oregon et l’État de Washington – décident de faire sécession et de construire, dans un isolement total, une société écologique radicale baptisée Écotopia.

Vingt ans après, l’heure est à la reprise des liaisons diplomatiques entre les deux pays. Pour la première fois, Écotopia ouvre ses frontières à un journaliste américain.

Au fil de ses articles envoyés au Times-Post, William Weston décrit tous les aspects de la société écotopienne : les femmes au pouvoir, l’autogestion, la décentralisation, les 20 heures de travail hebdomadaire, le recyclage systématique, le rapport à la nature, etc.

Quant à son journal intime, il révèle le parcours initiatique qui est le sien : d’abord sceptique, voire cynique, William Weston vit une profonde transformation intérieure. Son histoire d’amour intense avec une Écotopienne va le placer devant un dilemme crucial : choisir entre deux mondes.

Critique :
Certains auteurs (et autrices, n’oublions pas les femmes), arrivent à mettre le doigt, bien à l’avance, sur des phénomènes de société.

Que ce soit Orwell et la terrible dictature du Big Brother (1949), ou Katharine Burdekin, mettant en garde contre l’idéologie nazie (en 1937), ces personnes avaient un côté avant-gardiste.

Ils sont nombreux, mais je ne citerai que ces deux-là, sinon, ma chronique fera 10 pages.

Ernest Callenbach, lui, avant l’heure, parla d’écologie, de décroissance, sans pour autant que les gens qui la choisissent vivent comme des Amish (cfr votre président). Même s’il me serait difficile de vivre comme les gens d’Écotopia et non pas en raison du manque de technologies.

Non, non, ils possèdent des technologies, mais tout doit être réparable ! Bon, je possède deux mains gauches, mais ce qui me gênerais le plus dans cette société qui est tournée vers l’écologie, c’est la promiscuité entre les gens. J’ai tendance à être ours des cavernes et vivre avec tout un tas de personnes me dérangerais fortement. Idem pour l’amour libre.

Comme cela fait 20 ans que trois états ont fait sécession avec le reste de l’Amérique et que personne ne rien d’eux, on a envoyé le journaliste William Weston mener l’enquête. Comme moi, il est sceptique, il n’a rien du ravi de la crèche et cette société lui semble trop belle pour être vraie. Il sera impartial ! De plus, il est stéréotypé et rempli d’apriori.

Tout comme moi, s’il est resté froid au départ, ne voulant pas se réjouir trop vite de cette nouvelle société écologique, voulant, comme moi, des preuves que tout cela est génial, il s’est peu à peu laissé gagner par Écotopia et son côté égalitaire pour les hommes et les femmes, l’acceptation de l’homosexualité et son anticapitalisme.

Moi aussi je me suis laissée doucement séduire, parce que j’y ai trouvé des bonnes idées qui étaient novatrices et que vu où nous en sommes, si on ne braque pas direct, on va se prendre le mur (qu’on se prend déjà dans la gueule).

Par contre, là où le bât a blessé, c’est dans la manière narrative : le ton est plat, il ne se passe pas grand-chose, notre journaliste découvrant, peu à peu, tout ce qui fait cette nouvelle société (éducation, temps de travail, chasse, énergies, société, sexe…), qui, par certains de ses comportements, pourrait faire penser à une bande d’hippies.

Bon, au lieu de kèter (mot wallon) et de nous raconter ses nuits agitées, j’aurais préféré que William Weston nous dévoile autrement Écotopia. Le cul, c’est bien, mais à force de lire ses parties de jambes en l’air, ça devient lassant.

Bizarrement, notre journaliste a commencé à s’ouvrir à la société écotopienne quand il a pu se vider autrement qu’à la force du poignet… Cela mériterait bien une enquête.

Malgré tout, par bien des innovations, cette société était en avance sur son temps et très écologique (recyclage des déchets, agriculture sans pesticides, zéro voiture,…) et le récit, même s’il manque de chaleur, n’en reste pas moins intéressant, même s’il n’est pas toujours facile à lire. Disons que le récit est exigeant, sans pour autant qu’il soit nécessaire d’être écolo ou d’avoir fait ingénieur.

Bien qu’il comporte quelques longueurs, que le style narratif du journaliste se fasse sur un ton assez froid, ce roman SF dystopique n’en reste pas moins intéressant, surtout à notre époque où tout bascule. Déjà, lors de sa publication en 75, il était novateur, puisque situé juste après le choc pétrolier.

L’univers mis en place n’est pas chimérique, ni le pays des Bisounours, que du contraire, il est réaliste.

Peut-être plus tout à fait en 2022 (où Internet et les smartphones sont rois), et pourtant, une grande partie des préceptes mis en place à Écotopia pourraient fonctionner de nos jours, mais pas sûr que la majorité ait envie de s’y plier.

Une dystopie intéressante à découvrir, malgré le fait qu’il n’y ait pas vraiment d’intrigue.

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Horseback – 01 – 1861 : Hasteda et Nikho

Titre : Horseback 01 – 1861

Scénariste : Hasteda
Dessinateur : Nikho

Édition : Ankama – Label 619 (11/09/2020)

Résumé :
États unifiés d’Amérique, 1861. Après le Texas et l’Oklahoma, c’est le Kansas qui devient le 34e État de l’Union. Après une décennie de Guerres indiennes, l’assassinat d’Abraham Lincoln, la réélection houleuse du Président Richard L. Clarks et sa politique d’expansion agressive, le spectre d’un conflit fratricide n’a jamais été aussi présent.

L’opposition naturelle entre les États Nordistes et Sudistes semble s’être déplacée. C’est l’Union entière qui s’apprête à envahir les territoires de l’Ouest.

Dans le tumulte ambiant, une société de convoyage tire avantage des difficultés de liaison entre les deux blocs. Non loin de Topeka, la capitale du Kansas, la Randall Delivery s’est installée dans le fort abandonné de Hill Haven. Redford J. Randall, son propriétaire, ancien chasseur de primes renommé mais retraité, va accepter un contrat qui risque de changer le destin du pays tout entier.

C’est toute son équipe qui se retrouve empêtrée dans une sordide affaire de génocide indien…

Critique :
Le western, c’est mon péché mignon, alors, lorsque je tombe sur une bédé du genre, avec une couverture agressive et un titre accrocheur, moi, j’ai du mal à résister.

Première nouvelle, lorsque j’ouvre la bédé, c’est que nous sommes dans une uchronie : la guerre de sécession a été évitée, quant aux Indiens, ils ont fait front commun (syndical?) et se retrouvent en guerre contre les colons.

Première impression : putain, les dessins, beurk ! Ok, je simplifie à outrance, mais sérieusement, WTF ? Les traits des visages sont grossiers, fort peu détaillés, et dans certains cases où l’action sera omniprésente, j’aurai même du mal à reconnaître les personnages, à savoir qui se fait tirer dessus, qui s’est fait descendre de l’équipe de Randall.

Leq chevaux sont moches, les harnachements ne ressemblent à rien, que ce soit pour les chevaux montés ou les attelés (là, on dépasse toutes les bêtises du monde, aucun cheval ne saura tirer un chariot harnaché de la sorte).

Les couleurs, c’est encore pire, elles sont moches, tirent sur tous les tons, sont criardes et pas vraiment un plaisir visuel.

Le scénario est un peu brouillon, mais au moins, j’ai réussi à comprendre qu’il y avait une grosse embrouille dans le chargement que notre bande hétéroclite doit convoyer. Comment la bande s’est rencontrée, nous le saurons durant un interlude, le tout sous forme de texte, comme dans un roman.

Le final n’est pas si mal que ça, il y a de l’action, des magouilles, du gore, de la bonne vieille vilenie humaine et cette envie de massacrer les gens qui dérangent, qui gênent, bref, de faire un petit génocide.

Heureusement que de temps en temps, les méchants se font fracasser la gueule…

Pas une bédé qui me marquera l’esprit, hormis pour ses dessins que je n’ai pas aimé (et mes yeux encore moins) !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°37], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Le convoyeur – Tome 3 – Ces ténèbres qui nous lient : Tristan Roulot et Dimitri Armand

Titre : Le convoyeur – Tome 3 – Ces ténèbres qui nous lient

Scénariste : Tristan Roulot
Dessinateur : Dimitri Armand

Édition : Le Lombard (20/05/202)

Résumé :
La « Rouille » a peut-être fait disparaître toute trace de fer, mais pas celui qui caractérise la volonté de Minerva. Scientifique devenue sorcière aux yeux du monde, elle a juré de retrouver l’homme qu’elle aime. L’homme qui l’aima avant de répondre à l’appel et devenir le Convoyeur. Ou plutôt… un Convoyeur !

Minerva s’est adjoint les services du Renifleur pour mener à bien sa mission. Mais une femme seule peut-elle faire face à l’inexorable destin de l’humanité, cette multitude au visage unique qu’est le Convoyeur ?

Critique :
Avec les deux premiers tomes aussi emballant, la barre avait été placée très haute et j’attendais donc beaucoup de ce troisième album. Il ne m’a pas déçu, que du contraire.

L’action est omniprésente et les surprises aussi. Déjà que le précédent en recelait déjà de nombreuses.

Le personnage féminin de Minerva la chasseresse est bien réalisé, sans être trop badass, même s’il ne faut pas aller la chercher. Elle a ses failles, ses faiblesses, notamment son amour pour Kivan, son époux disparu.

L’univers post-apo est toujours aussi riche, intéressant et les dessins de Dimitri Armand sont un régal pour les yeux du lecteur (et de la lectrice). Que ce soit les dessins des différents personnages, des décors de forêts, villages, ruines, des combats, des poursuites… Tout y est parfaitement bien esquissé. Les couleurs parachèvent le tout.

Mélangeant la SF, le post-apo, le western, le fantastique, la dystopie, cette série est bien fichue et pour le moment, ne m’a apporté que du plaisir de lecture, me donnant autre chose à lire que ce que je connais, même si l’Humain, mutant ou non, reste le même que sur notre Terre : cupide !

Bien entendu, avec un tel univers, c’est lugubre. Les champignons ne cachent pas les charmantes maisonnettes des Schtroumpfs. Le scénario reste intéressant, riche en découvertes, en surprises et nous ne savons pas encore tout, l’album se terminant, une fois de plus, sur une dernière case qui nous fait rager car il va falloir attendre pour savoir ce qu’il se passera ensuite.

Vivement la suite et j’espère qu’elle sera toujours à la hauteur du programme qu’on nous a offert jusqu’à présent !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°19] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

 

Les chroniques de St Mary’s – 05 – Hier ou jamais : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary’s – 05 – Hier ou jamais

Auteur : Jodi Taylor
Édition : HC (20/02/2020)
Édition Originale : The chronicles of St Mary’s, book 05: No Time Like the Past (2015)
Traduction : Cindy Colin Kapen

Résumé :
À l’institut St Mary, les historiens n’étudient pas seulement le passé, ils le visitent.

La jeune historienne docteur Madeleine Maxwell et son équipe ont finalement récupéré de leurs blessures et la vie reprend tranquillement son cours à l’institut… jusqu’aux prochaines catastrophes.

Prise au piège dans le grand incendie de Londres, puis piégée aux Thermopyles, Max doit lutter pour remettre l’Histoire sur les rails. Et éviter de voir le monde occidental bouleversé.

Mais il va d’abord falloir passer la  » fête de St Mary « , qui promet de très mal finir pour tout le monde.

Une seule chose est certaine, rien n’est jamais « tranquille » à St Mary !

Critique :
Quand vais-je enfin comprendre qu’il est impossible de se la couler douce en allant passer du temps à l’institut St Mary ? Moi, je voulais juste déguster des Margarita, boire du thé, manger des biscuits et rigoler avec des potes.

Alors oui, j’ai bu des cocktails, j’ai mangé des biscuits, j’ai tellement bu du thé que je me suis vidée, j’ai ri, ricané, pouffé de rire, mais pour la tranquillité, faudra aller voir ailleurs !

J’ai assisté à une scène de ménage violente dans un manoir, avant de le voir brûler et d’y avoir risqué ma peau, j’ai eu des emmerdes à l’expo universelle de Londres, puis je n’ai rien trouvé de mieux que d’aller à la cathédrale Saint-Paul, à Londres, durant le grand incendie de 1666, j’ai ensuite organisé une journée portes ouvertes, je me suis pris une balle, des caillasses à Florence avant de finir avec les Spartes, aux Thermopyles.

C’est bien simple, j’ai utilisé tous les jours de congés maladies disponibles…  Mais bon, qu’est-ce qu’on se marre tout de même ! Faut bien rire, face à toutes les catastrophes qui nous tombent sur le paletot, à St Mary, là où même la plus banale enquête sur un événement historique majeur peut tourner en eau de boudin.

Après quelques thrillers, j’avais besoin d’un peu de calme et au lieu de prendre un cosy-mystery bien tranquille, je suis repartie volle gaz (ou volle Petrol, bref, très vite) à l’institut St Mary. Pourquoi ? Parce que c’était l’assurance de retrouver des personnages qui me sont chers, que j’apprécie et de me payer une tranche de bonne humeur.

L’écriture de l’autrice est jubilatoire, sans pour autant que cela tourne en farce ridicule ou en non sens. Le contexte historique des voyages dans le temps est bien respecté. Oh, pardon, je voulais bien sûr dire : des enquêtes sur les événements historiques majeurs depuis l’époque contemporaine. La dernière qui a parlé de voyages dans le temps à dévalé des escaliers sur son pet (son cul).

Tout en lisant, je révise mon Histoire, celle avec un grand H (et non un grand I), l’observant avec un autre regard, la vivant de l’intérieur.

On pourrait lui reprocher d’appliquer toujours la même recette : mettre ses personnages en danger durant un voyage temporel, quel qu’il soit, même le plus basique comme la visite de l’expo universelle de Londres en 1851, au Crystal Palace.

On pourrait aussi reprocher l’utilisation des mêmes méchants, encore et toujours… Méchants qu’on ne peut pas dézinguer sans risquer d’influencer sur son futur ou son passé.

Oui, effectivement, les tomes se suivent et se ressemblent, la même recette est appliquée, puisqu’elle fonctionne bien. L’autrice ne se renouvelle guère, sauf dans le précédent, avec la police du temps et les univers parallèles.

Pourtant, ça passe toujours facilement avec moi, car ce sont les personnages qui font tout, ainsi que l’écriture, pétillante, simple, agréable à suivre, de Jodi Taylor.

Les règles établies par nos historiens ou les membres de la sécurité ne sont pas toujours suivies à la lettre, comme nous-même le faisons, avec les règles de sécurité. Ne pas intervenir durant une mission est parfois difficile, il faut avoir un mental d’acier pour ne pas aider une personne et il est normal que nos amis succombent parfois au désir de sauver un autochtone croisé. Ils sont humains.

Une lecture qui fut agréable, ponctuée de sourire, de pouffements de rire, de ricanements bêtes de ma part.

La lecture qui me fallait au bon moment, sans trop de prises de tête (quoique, avec Izzie la harpie…), qui m’a instruite avec l’Histoire, sans pour autant que cela devienne lourd et qui, cerise sur le gâteau, m’a amené aux Thermopiles, pour une bataille mythique entre les Spartes et les soldats de Xerxès. Comme si j’y étais, les odeurs de sang et de sueur en moins.

Un cinquième tome qui continue dans les pas des premiers, après un changement de direction dans le 4 et qui est toujours aussi jubilatoire que les précédents.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°01].