Capitaine Albator Dimension Voyage – Tome 6 : Leiji Matsumoto et Kouiti Shimaboshi

Titre : Capitaine Albator Dimension Voyage – Tome 6

Scénariste : Leiji Matsumoto
Dessinateur : Kouiti Shimaboshi

Édition : Kana Shônen (08/06/2018)

Résumé :
A bord de l’Arcadia, le chef mécanicien Maji se retrouve face à Zoll, guerrier tokarguien envoyé par les Sylvidres et qui s’est introduit dans le vaisseau !

Alors qu’un violent combat éclate, l’Arcadia se retrouve soudainement prisonnier de l’attraction de la planète Derazer située dans les Sargasses de l’univers.

Mais, fort heureusement, Queen Emeraldas n’est pas loin !

Critique :
♫ Goldorak go, rétrolasers en action
♪ Goldorak go, va accomplir ta mission
♪ Dans l’infini des galaxies
♫ Poursuit ta lutte infernale, du bien contre le mal ♪

Zut, j’ai mis le mauvais disque…

♫ Capitaine Flam tu n’es pas
♪ De notre voie lactée
♫Mais tu as traversé (Capitaine Flam)
♪ Cent mille millions d’années
♫ Pour sauver de ton bras Les gens de Mégara ♪

Mille excuses, ce n’est pas encore le bon générique…

♪ Albator, Albator, capitaine au cœur d’or
Albator, Albator, bien plus fort que la mort
Tu es toujours au rendez-vous n’importe quand, n’importe où
Tu es toujours au rendez-vous, toujours avec nous ♫

Parfait, ceci était enfin le bon. Maintenant que je vous ai collé ces génériques de notre enfance dans la tête pour toute la journée, je peux commencer ma chronique.

Albator, c’est une partie de mon enfance, comme Goldorak, Capitaine Flam et bien d’autres. Lire cette série manga (Capitaine Albator – Dimension Voyage), c’est revenir aux sources puisque ça ressemble à une version d’Albator 78 (de ce que je me souviens du dessin animé).

Une fois de plus, j’ai l’impression qu’on est face à un tome de transition, les histoires commencées dans les tomes précédents se poursuivent, notamment l’enquête de Daiba sur les Sylvidres (aidé par Zéro et Maya), les élections doivent avoir lieu sur Terre, les Sylvidres continuent de foutre le bordel partout et on a la suite de la tentative de sabotage de la part d’un Tokarguien nommé Zoll.

Zoll est un saboteur, il met tout l’équipage dans la merde et on le soigne quand même et l’auteur pousse le pathos jusqu’à en faire un saboteur sympathique qui n’a pas eu le choix, victime qu’il est, ainsi que sa famille et son peuple, du joug des Sylvidres.

Malgré tout, on a de l’action et du suspense avec l’Arcadia qui n’arrive pas à éviter une planète à la force gravitationnelle énorme qui l’attire comme un aimant le fait avec un morceau de fer.

Notre capitaine sexy s’en sort toujours, vous le savez, Queen Emeraldas est comme Zorro, elle arrive au galop, mais j’ai dû faire fumer mon cerveau pour la rattacher à des souvenirs de la série animée.

L’univers de Leiji Matsumoto est grand et le manga manque parfois de précision, comme si ses lecteurs devaient avoir révisés leur « Albator Sans Peine » avant d’entamer la série manga…

Même si ce que je lis suffit à ma compréhension générale, j’aurais aimé avoir plus de détails dans le manga afin de pouvoir appréhender cet univers dans ses moindres détails et savoir d’où les personnages viennent et comment ils en sont arrivés là, sans devoir me refaire tout l’univers de Leiji Matsumoto et de son capitaine Harlock (vrai nom d’Albator, qui fait moins sexy et très capitaine Haddock).

Hors cela fait des années que je n’ai plus vu les épisodes de l’animé Albator, et déjà, à l’époque, je trouvais qu’il n’y avait pas toujours de logique entre l’Albator 78 et le 84 et pour finir, j’en étais arrivée au fait que les deux séries devaient se regarder tranquillement, sans se donner mal au crâne en tentant de faire des liens.

Malgré les quelques bémols, ce tome 6 est loin d’être mauvais, il a de l’action, du suspense et on a droit à des révélations sur notre sexy baby Albator… Non les filles, ce n’est pas la taille de son engin… Juste qu’on se demande s’il est bien humain, le capitaine…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°28].

Capitaine Albator – Dimension voyage – Tome 5 : Leiji Matsumoto et Kouiti Shimaboshi

Titre : Capitaine Albator – Dimension voyage – Tome 5

Scénariste : Leiji Matsumoto
Dessinateur : Kouiti Shimaboshi

Édition : Kana Shônen (2017)
Édition Originale : Captain Harlock – Jagen Kôkai, book 5 (2016)

Résumé :
Albator arrive sur Vénus, la base de première ligne des Sylvidres, où il va devoir affronter la reine Sylvidra !

Pendant ce temps, Tadashi Daiba, qui s’est rendu sur Terre pour percer le mystère des Sylvidres, va se retrouver face à un arbre géant qui semble exister depuis la nuit des temps…

Critique :
Les Hommes viennent de Mars et les Sylvidres de Vénus…

Le face-à-face entre Jojibel, la reine des Sylvidres et Albator est repli d’action, de tension, de suspense et de mystère.

Que veut-elle dire par « les graines que nous avons semées » ? Est-ce que ça signifie ce que je crois ?

Si oui, que les amateurs de la théorie du créationnisme passent leur chemin car la théorie émise par ce cinquième tome ne va pas leur plaire.

Ce qui suit ne devrait pas plaire aux Humains non plus puisque Tadashi Daiba découvre que les Sylvidres avaient mis leurs pieds sur Terre bien avant l’Homme. Mais alors, elles ne sont pas les envahisseuses, si elles étaient là avant nous ??

Si le tome 4 avait des airs foutraque, le tome 5 est bien agencé et apporte des réponses sous forme de théories même si on a l’impression de ne pas avoir beaucoup avancé depuis le premier tome, malgré tout, ça bouge doucement.

Le graphisme est toujours excellent, l’Albator du manga étant plus stylisé que l’Albator de la série animée.

Un tome 5 bien meilleur que le précédent, moins foutraque, avec de l’action, des révélations et un cliffhanger pour nous donner encore plus envie de lire le suivant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°25].

Capitaine Albator Dimension Voyage – Tome 4 : Leiji Matsumoto et Kouiti Shimaboshi

Titre : Capitaine Albator Dimension Voyage – Tome 4

Scénariste : Leiji Matsumoto
Dessinateur : Kouiti Shimaboshi

Édition : Kana Shônen (2017)
Édition originale : Captain Harlock – Jagen Kôkai, book 4 (2016)

Résumé :
Afin d’en apprendre plus sur les mystérieuses Sylvidres, Daiba se rend sur Terre et va être confronté à une bien choquante révélation !

Pendant ce temps, la menace du gouvernement terrien se rapproche dangereusement de Mayu, la fille de Tochirô.

Quant à Albator, il met le cap sur Vénus où se trouve la base de première ligne des Sylvidres.

Critique :
Ce tome de transition fait intervenir bien des personnages qu’il n’est pas toujours aisé de différencier, vu que les visages sont similaires, tout en finesses dans les traits.

Alors que pour d’autres visages, ceux de la foule par exemple, c’est tout à l’opposé puisqu’ils sont ronds.

Tadashi Daiba, quant à lui, cherche à percer les secrets des Sylvidres et se rend compte qu’elles étaient déjà sur Terre depuis très longtemps.

La tension monte partout, autant sur Terre entre les entres humains et androïdes que dans l’espace entre les Sylvidres et Albator.

Les envahisseuses sont perturbées par ce qu’elles lisent dans les pensées des membres de l’équipage de l’Arcadia et Albator, lui, met le cap sur Vénus.

C’est assez confus, on part dans tous les sens et cette relecture m’a permis de me remettre les événements dans la mémoire avant d’entamer la lecture des tomes suivants.

Ce tome 4 n’est pas mon préféré car il donne un sentiment de confusion vu qu’il part dans plusieurs directions.

Par contre, il nous permet d’en apprendre plus sur les Sylvidres (sauf pour les fans de la série animée qui savent déjà de quelle matière elles sont faites) et sur d’autres personnages qui faisaient partie de l’univers d’Albator.

Je m’en vais relire le tome 5 avant de poursuivre la découverte des autres tomes que je n’avais pas encore acquis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°23].

Le Livre de M : Peng Shepherd

Titre : Le Livre de M

Auteur : Peng Shepherd
Édition : Albin Michel Imaginaire (17/06/2020)
Édition Originale : The Book of M (2018)
Traduction : Sylvie Homassel

Résumé :
Que seriez-vous prêt à sacrifier pour vous souvenir ?

Un jour, en Inde, un homme perd son ombre – un phénomène que la science échoue à expliquer. Il est le premier, mais bientôt on observe des milliers, des millions de cas similaires. Non contentes de perdre leur ombre, les victimes perdent peu à peu leurs souvenirs et peuvent devenir dangereuses.

En se cachant dans un hôtel abandonné au fond des bois, Max et son mari Ory ont échappé à la fin du monde tel qu’ils l’ont connu. Leur nouvelle vie semble presque normale, jusqu’au jour où l’ombre de Max disparaît…

Critique :
Extrait de la cassette audio retrouvée sur une personne sans ombre…

PLAY ▶

Mon ombre a disparu, comme pour bon nombre d’êtres humains sur la Terre.

Je sais que d’ici quelques temps, je commencerai à oublier des choses importantes, comme si j’étais atteinte d’Alzheimer mais en pire puisque je ne saurai plus lire, ni que je dois manger, ni que je dois boire et pire, j’oublierai de respirer.

Avant le grand Oubli, je voudrais dire merci à certaines personnes qui m’ont accompagnées depuis que les ombres ont commencé à disparaître… Et comme notre mémoire était contenue dans nos ombres, l’Oubli commence peu à peu. Je suis la Belette Cannibal Lecteur et je tenais un blog avant que nos civilisations ne s’effondrent.

Ory (Orlando Zhang), tu m’as agacée au départ, avec ton air paternaliste, d’ailleurs, j’ai eu un peu de mal à te constituer un visage et tes contours sont restés flous durant une partie de notre voyage de malade. Sous la carapace se cachait une belle personne, obstinée, têtue, mais solidaire là où l’humanité ne l’était plus.

Maxine, ma chère Max, suivre ton périple en écoutant tes enregistrements sur cassette audio fut éprouvant car tu as enduré tellement de choses depuis la perte de ton ombre et de tes souvenirs. Comme moi, tu as compris les tentations d’utiliser ce don, quitte à perdre un peu plus ce que tu étais.

Ma chère Naz (Mahnaz Ahmadi), mon archère iranienne, des couilles, tu en as ! Un des plus beaux portraits selon moi.

Je suis contente d’avoir eu une partie de l’histoire à rebours, de me retrouver, dès le départ, plongée dans ce monde post-apocalypse, post-pandémie (même si ce n’est pas dû à un virus), sans le recul nécessaire, sans préparation, même si j’ai mis un peu de temps à m’adapter.

Après quelques tâtonnements, après avoir renoncé au confort de l’électricité et de tout ce que j’ai l’habitude d’avoir, les différents personnages m’ont expliqués les débuts de ce qui fut le commencement de la fin du Monde. Glaçant, même si de prime abord, l’homme sans ombre à fait le buzz. J’aurais été comme la majorité : curieuse.

Le roman choral se prêtait bien à ce genre de récit, il m’a permis de mieux comprendre ce qu’il se passait et d’avoir une vision globale de l’horreur de devenir un sans-ombre, de se voir tirer dessus par de ceux qui avaient encore la leur…

Notre périple m’a montré la ville de Boston, New-York et Washington en proie à des dégénérés sanguinaires qui, sans leurs souvenirs, redevenaient parfois des bêtes sauvages. Ma tension est montée d’un cran car moi aussi, je pouvais devenir ÇA, un jour prochain.

Mon incorporation dans une troupe de combattants a été bénéfique pour ma survie, mais vous m’excuserez si j’ai froncé les sourcils à la vue des grades. Quand on est dans la merde et qu’on se regroupe pour survivre, on ne s’amuse pas à nommer un Général ! Un chef, un responsable, un meneur, oui, mais un Général, sans blague ?

Oui, désolée, j’enregistre tout cela en vrac, avant que j’oublie tout…

Cette aventure avait beau être folle, reprendre une partie des codes du post-apo tout en développant les siens et ne pas se contenter de faire des scènes de batailles pour un sac de riz ou un paquet de PQ, j’ai peur depuis que j’ai perdu mon ombre car je sens que des souvenirs s’effacent… Qui suis-je, déjà ? Ou vais-je ? Ma mémoire devient gruyère et je ne sais même plus ce qu’est le gruyère. Vite, faut terminer avant l’Oubli !

Ce roman post-apo n’est pas exempt de petits défauts, mais ils sont noyés dans l’énormité de l’oeuvre, de l’histoire qui, sans jamais se perdre, nous prend par la main et nous entraîne dans un Monde violent, où la solidarité est souvent un gros mot, où la magie n’est pas celle de Harry Potter (tiens, qui c’est, lui ?) car sans baguettes et avec un prix à payer est énorme.

Un Monde où un prophète inattendu pourrait émerger sous une forme encore plus inattendue… Et où la solidarité pourrait arriver, malgré tout. Il faut juste espérer que Celui Qui Rassemble, Celui Qui A Un Milieu Mais Pas De Commencement, ne soit pas une chimère.

Un très bon roman post-apo qui au lieu de prendre l’autoroute habituelle est passé par des chemins plus sinueux, moins connus afin de nous conduire à la Nouvelle-Orléans d’une manière plus qu’inhabituelle.

Ceci est la fin de mon message parce que je ne sais même plus pourquoi j’ai ce truc en main… L’Oubli commence, mes souvenirs s’effacent et je vais tout oublier, même de vivre…

STOP ◼

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°15].

Les miracles du bazar Namiya : Keigo Higashino

Titre : Les miracles du bazar Namiya

Auteur : Keigo Higashino
Édition : Actes Sud Exofictions (Janvier 2020)
Édition Originale : Namiya Zakkaten no Kiseki (2012)
Traduction : Sophie Refle

Résumé :
En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes hommes se réfugient dans une vieille boutique abandonnée dans l’intention d’y rester jusqu’au lendemain.

Mais tard dans la nuit, l’un d’eux découvre une lettre, écrite 32 ans plus tôt et adressée à l’ancien propriétaire.

La boîte aux lettres semble étrangement connectée aux années 1980. Les trois garçons décident d’écrire une réponse à cette mystérieuse demande de conseil. Bientôt, d’autres lettres arrivent du passé.

L’espace d’une nuit, d’un voyage dans le temps, les trois garçons vont changer le destin de plusieurs personnes, et peut-être aussi bouleverser le leur.

Un miracle de roman fantastique, émouvant et profondément humaniste.

Critique :
À l’attention du bazar Namiya,

Il y a 8 ans, je vous avais demandé quel blog littéraire vous me conseilleriez de suivre, sur la Toile et vous m’aviez donné le conseil suivant :

« Suivez plusieurs blogs littéraires dont les rédacteurs/rédactrices sont d’un style différent de vos goûts littéraires afin d’agrandir vos horizons de lecture, d’augmenter votre capital découverte et d’exploser au maximum votre PAL ».

J’ai pris des abonnements à différents blogs, dont l’un était un blog qui se nommait ÉmOtionS, tenu par un certain Gruz qui avait Garfield en avatar.

C’est pour ce conseil judicieux que je voulais vous remercier car sans la chronique de ce Gruz, jamais de ma vie je n’aurais lu cette petite pépite littéraire qui conte l’histoire étrange de monsieur Namiya Yūji et de son bazar qui offre une réponse à tous les soucis qu’on lui exprime. Rigueur et discrétion assurées.

Mais ? Ne serait-ce pas votre histoire, ça, monsieur Namiya ? Vous que les crapuleux de votre strotje (« rue » en patois) nommaient « nayami » (qui veut dire « soucis » en japonais) ? (*) Quelle coïncidence…

Putain, quel roman mes aïeux ! Quelle pépite humaniste ! Quel roman fantastique qui joue avec le temps et les voyages que l’on peut faire dedans… Quel roman choral où tout se tient, où tout se rejoint, telle une Toile où tous les fils mènent au centre.

Comme je suis une lectrice qui doute, j’ai cru à un moment que tout le roman allait tourner autour de ses trois voyous qui, après un casse, se sont réfugiés dans le bazar Namiya, vide depuis des décennies et qui vont répondre aux lettres qu’on leur soumet, du passé.

L’auteur est confirmé, ce n’est pas un débutant, il sait très bien comment mener son bateau et à un moment, j’ai été plongée dans d’autres vies à tel point que j’ai réussi à oublier tout, même les 3 ados voyous du début.

Passer à un roman choral était une riche idée et petit à petit, j’ai commencé à entrevoir la toile tissée avec professionnalisme, rigueur, inventivité et humanisme. Il fallait que tout se tienne, que tout se recoupe et l’auteur y est arrivé avec brio.

Ce roman fantastique, il est magique, il fait un bien fou, c’est une pépite délicieuse, un bonbon acidulé qui pique à certains moments mais qui dégage ensuite un festival de goût qui explose dans la bouche.

Une lecture que j’ai regretté d’avoir terminé car je n’aurais rien eu contre un peu de rab… Une petite pépite que j’ai décidée de lire suite au billet de Gruz, sur son site ÉmOtionS parce que sans ce billet, jamais je n’aurais inscrit ce roman dans ma PAL.

(*) PS : certains pourraient se demander pourquoi je parle de crapuleux et de strotje,  dans ma chronique, mais c’est juste un petit hommage à madame Chapeau et à sa réplique célèbre dans la pièce de théâtre « Bossemans et Coppenolle » dont j’ai revu une partie l’autre jour. C’est une pièce bruxelloise dont les dialogues sont du patois de la capitale, le Brusseleir.

Une des répliques célèbres de Madame Chapeau (son surnom) dans la pièce est « Ça est les crapuleux de ma strotje qui m’ont appelée comme ça parce que je suis trop distinguée pour sortir en cheveux ! ». Amélie Van Beneden, de son nom, a été surnommée « Madame Chapeau » par les voyous de sa rue. Cette réplique comporte deux mots de Brusseleer, crapuleux (voyou) et strotje (rue). Madame Chapeau est toujours jouée par un homme travestit en femme.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lectures N°06].

Madame Chapeau jouée par Jérôme De Warzée

Les chroniques de St Mary’s – Tome 2 – D’écho en échos : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary’s – Tome 2 – D’écho en échos

Auteur : Jodi Taylor
Édition : HC (22/10/2018)
Édition V.O : The Chronicles of St Mary’s, book 02 : A Symphony of Echoes (2013)
Traduction : Cindy Colin Kapen

Résumé :
Les visites dans le passé reprennent à l’institut de recherche historique de St Mary. Maxwell et ses excentriques confrères historiens partent pour de nouvelles aventures à travers le temps.

Promue directrice du département d’Histoire, Maxwell va contrer, à l’aide de son équipe, les plans de leurs ennemis qu’ils croyaient neutralisés. C’est l’Histoire tout entière qui est menacée par ces fantômes du passé.

Au bord du burn out, l’historienne utilise ses dernières forces pour maintenir l’équilibre dans l’Histoire et dans sa vie privée.

Non sans rudesse, elle doit faire face à l’attaque de Jack l’Éventreur, à un St Mary du futur quelque peu différent, un séjour improvisé à Ninive, ou encore à la mort étrange d’Élisabeth Ière d’Angleterre.

Critique :
Ouiiiii, moi aussi si j’étais une Historienne de St Mary et que c’était mon dernier saut, j’aurais choisi Londres en 1888, Whitechapel, sur les traces de Jack…

Ok, j’aurais sans doute laissé des traces de freinage dans ma culotte lorsque j’aurais eu le tueur à mes basques…

Cours, Maxwell, cours !

Les voyages dans le temps, c’est dangereux, quand on y pense bien… On peut même revenir avec des saloperies de l’époque que l’on vient de quitter avec précipitation…

Les chroniques de St Mary’s, c’est frais, c’est déjanté, bourré de petites touches d’humour, de sexe, d’aventures folles, de voyages dans le temps, de paradoxes temporels et de courses à pied, poursuivis par tout ce que peut compter l’Histoire comme prédateurs, soldats, assassins, guerriers, vélociraptor…

J’ai posé mon manchon sur la console, lissé mes vêtements et tapoté mes cheveux pour les remettre en place. Les historiens ne rentrent jamais débraillés. Parfois ils rentrent morts, mais même dans ces cas- là, nous faisons toujours en sorte d’ être présentables.

Maxwell (Max) est une historienne et, pour une fois, on est face à un personnage féminin qui n’est pas voluptueuse mais qui a de la cellulite, des capitons, quelques kilos en trop… Ajoutons un caractère bien trempé, c’est une tête brûlée et si vous tenez à votre bagnole, vaut mieux pas la chercher sur un domaine horizontal.

Lorsque l’on voyage dans le temps, il faut éviter de créer des paradoxes temporels, c’est bien connu. En voulant rétablir une situation qui part en couilles, vous pourriez faire pire que mieux…

C’est un peu ce qu’il s’est passé dans ce roman : un paradoxe s’est créé et une fois de plus, je vais devoir faire le grand écart entre mon ressenti de lecture et le roman en lui-même. Ça va encore me donner des crampes pour la notation, ce grand écart…

Si j’ai aimé ma lecture ? Bien sûr ! J’adore Max, ses compagnons de voyage, les personnel de St Mary, la manière d’écrire de l’auteur, parsemant son récit de petites notes qui font sourire. C’était bien déjanté, les réparties étaient drôles, cinglantes et j’ai souri de nombreuse fois sans voir le temps passer.

Les voyages temporels sont toujours intéressants, bourrés de suspense et d’aventures folles mais… On a l’impression que tout le récit est un peu brouillon, foutraque, comme si on avait voulu développer plein de chouettes idées mais qu’on n’avait pas été jusqu’au bout des choses.

Le voyage en 1888 au temps de Jack ? Génial, mais trop vite terminé et sans vraiment rien apprendre sur l’époque. De plus, pour l’identité du tueur, pas sûr que ce soit bien ça…

Mais bon, l’épisode Jack n’était sans doute là que pour propulser le lecteur directement dans la marmite d’adrénaline avec les morceaux de suspense flottant dedans, de lui faire peur et d’envoyer plein de personnages du roman à l’infirmerie.

Les voyages entre le St Mary de maintenant et celui du futur ? Une idée intéressante mais qui laisse un goût de trop peu car la résolution arrive de manière un peu abrupte. Les congés de Max et de son boss ? On termine ça en eau de boudin car Max pète un câble pour pas grand-chose… Quand Max fâchée, elle toujours faire ainsi ?

Le voyage dans les jardins suspendus de Babylone qui sont en fait à Ninive ? Oui, très bon, mais ça donne l’impression qu’on meuble afin d’ajouter des pages au roman pour ne pas que les acheteurs fassent la gueule en découvrant un ouvrage guère épais.

Heureusement qu’on a le voyage chez Marie Stuart pour équilibrer le récit qui tanguait un peu dans tous les sens sans savoir si nous allions gîter à bâbord ou à tribord…

Les historiens sont des farfelus qui aiment prendre des risques, d’accord, mais si le récit ne partait dans autant de sens, on y retrouverait plus facilement nos jeunes et cela ne nous laisserait pas cette impression de nuit noire et obscure où on tâtonne pour savoir où tout cela va nous mener.

Comme j’adore l’humour de cette série, sa fraîcheur et son côté déjanté, je serai indulgente (je suis faible) avec le côté « je pars dans tous les sens » car moi aussi, parfois, dans mes longues journées, je pars dans tous les sens, je suis foutraque, bordélique et je me disperse !

Comptez sur moi pour continuer la saga car malgré mes bémols, j’adore ! Quand je vous disais que l’on avait créé un paradoxe.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°246 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Le temps fut : Ian McDonald

Titre : Le temps fut

Auteur : Ian McDonald
Édition : Le Bélial’ – Une Heure Lumière (13/02/2020)
Édition Originale : Time was (2018)
Traduction : Gilles Goullet

Résumé :
Bouquiniste indépendant, Emmett Leigh déniche un jour un petit recueil de poèmes lors de la liquidation de la librairie d’un confrère. Un recueil, Le Temps fut, qui s’avère vite d’une qualité littéraire au mieux médiocre…

En revanche, ce qui intéresse Emmett au plus haut point, c’est la lettre manuscrite qu’il découvre glissée entre les pages de l’ouvrage. Pour le bouquiniste, tout ce qui peut donner un cachet unique et personnel à un livre est bon à prendre.

Il se trouve ici en présence d’une lettre d’amour qu’un certain Tom adresse à son amant, Ben, en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale.

Remuant ciel et terre – et vieux papiers – afin d’identifier les deux soldats, Emmett finit par les retrouver sur diverses photos, prises à différentes époques.

Or, la date présumée des photos et l’âge des protagonistes qui y figurent ne correspondent pas… Du tout.

Critique :
Emmett Leigh, bouquiniste anglais, n’a rien d’un Sherlock Holmes, mais lorsqu’il récupère un petit recueil de poésie inconnu lors de la fermeture d’une bouquinerie vénérable, à Londres, il décide de mener l’enquête suite à la lettre trouvée dans ce recueil médiocre.

Tom adresse une lettre à « Mon cher Ben », ce qui induit une histoire d’amour entre deux hommes, durant la Seconde Guerre Mondiale et comme notre bouquiniste est féru des ouvrages de guerre, il remonte la piste de ces deux hommes.

Le format des novellas va bien à ce roman SF qui met tout de même un peu de temps à se lancer, mais une fois sur la rampe, le voyage se déroule à une vitesse folle, jusqu’à ce qu’on se prenne une mandale de la part de l’auteur.

Les auteurs ont le droit de me frapper avec leurs récits, surtout quand, tellement plongée dans le récit de ces deux hommes et dans l’enquête d’Emmett, je ne vois rien venir.

Les récits sont alternés, sans que l’on sache de prime abord à qui nous allons avoir affaire, sans trop d’indications de temps, mais des indices nous permettent très vite de voir plus clair. Il faut juste un peu faire marcher ses méninges au début de chaque chapitre.

La SF n’est pas mon genre de prédilection, mais j’ai un gros faible pour les publications des éditions Le Bélial’ car j’y ai souvent fait de belles découvertes tout en m’encanaillant ailleurs que dans mes polars/romans noirs.

Les plus réfractaires au genre trouveront chaussures à leurs pieds avec cette novellas car elle est courte, bien écrite et la science pure n’y est présente que durant peu de temps et il n’y aura pas d’interrogation écrite à la fin du récit.

Ça se lit très vite, d’une seule traite et on se surprend même à dire « oh, c’est déjà fini ? » car, une fois de plus, je me sentais bien dans ce récit qui mélange habillement le fantastique, la SF, la romance, les légendes, une enquête et les vieilles bouquineries qui se meurent.

Une fois le livre refermé, on reste un brin nostalgique et on repense à toute l’histoire, on tente de tout remettre dans le bon ordre et on sourit car tout était bien pensé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°241 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

 

 

Blake et Mortimer – Tome 06 – La Marque jaune : Edgar P. Jacobs

Titre : Blake et Mortimer – Tome 06 – La Marque jaune

Scénariste : Edgar P. Jacobs
Dessinateur : Edgar P. Jacobs

Édition : Lombard (1956) / Blake et Mortimer (1987)

Résumé :
Depuis quelques temps déjà, Londres ne baigne plus dans la sérénité. Pourquoi ?
La faute en revient à un homme,  » La marque Jaune » qui menace de plus en plus la sécurité des citoyens et nargue les forces de l’état en leur indiquant quel délit il projette de faire et à quel moment.

Nous nous retrouvons donc à une heure du matin, à Big Ben sous une pluie battante…

Là, des hommes sont en train de deviser et discuter à propos de ce mystérieux individu qui a prévenu qu’il volerait la couronne royale. Quand soudain ….
Plus de lumière, le garde surveillant l’entrée, évanoui… la couronne volée !

Qu’a t-il pu se passer ? Blake est immédiatement mis sur l’affaire et en informe son ami le professeur Mortimer. Il faut dire que ce dernier est bien placé pour émettre un avis tant l’intelligence de leur adversaire semble inouïe !

Critique :
Cela faisait des années que je n’avais plus relu un Blake et Mortimer… Il est un fait que, dans ma collection de bédés, ce sont des albums que je relis le moins souvent, contrairement à des Astérix, pour ne pas le citer.

Une fois en main, l’album pèse son poids et il n’est pas avare en pages puisqu’il est composé de 96 planches !

Les dessins « ligne claire », chère aussi à Hergé, font toujours des merveilles sur mes petits yeux, les détails sont foisonnants et les différents visages remarquablement exécutés.

Si les dessins d’Edgar P. Jacobs sont détaillés, il en va de même pour son scénario et ses bulles (phylactères), qu’elles soient de dialogues ou explicatives. Et c’est lourd, très lourd !

Dans un soucis de tout vouloir nous expliquer, l’auteur multiple les grands cadres avec des textes, ce qui pourraient faire fuir (ce qui fera fuir) les lecteurs peu habitués à ce genre de narration copieuse, à cette cuisine réalisée au beurre, à la crème, aux oeufs, au louchée de sucre…

C’est savoureux, ça ne laissera pas une dent creuse, on a de quoi s’occuper pour toute une longue soirée, alanguie sur sa terrasse et on aura encore des restes pour le petit-déj du lendemain, mais quand c’est trop lourd, et bien, c’est trop lourd ! (les philosophes ont du soucis à se faire, j’arrive avec mes grandes pensées profondes).

Mes souvenirs de cet album étaient pourtant bons… Si ma mémoire est une passoire, elle garde pourtant les émotions ou sensations ressenties de mes lectures passées et mon subconscient se réjouissait, tel un jeune chiot, de cette relecture.

Sans aucun souvenirs par contre du « coupable », je n’ai pas mis longtemps à le retrouver, sa perfidie se portant sur son visage et peu de temps après, un nom a réveillé le reste et je savais qui se cachait sous le masque de l’Ombre Jaune, ce génie du crime, ce Napoléon de la cambriole (et pas Edgard de la cambriole) qui est arrivé à barboter les bijoux de la couronne gardés dans la Tour de Londres ! Bon sang, mais c’est bien sûr !

Le capitaine Francis Blake de l’Intelligence Service et de son ami le professeur Philip Mortimer sont sur l’enquête car en plus d’avoir réalisé des cambriolages spectaculaires, d’avoir mis les gardes hors d’état de nuire, la Marque Jaune a enlevé quatre personnes et si on ne trouve pas le mobile, impossible de trouver le coupable.

Le récit est dense, bourré de fantastique, de science-fiction et de bons sentiments anglais, comme nous les connaissons à travers la littérature qui fait la part belle à leurs travers, justement, dont l’un est de se considéré comme mieux élevés que les autres nations, plus calmes, plus mieux, plus anglais, quoi !

Autant où j’avais apprécié la lecture de l’album plus jeune, autant je suis plus critique en ayant pris de la bouteille car rien n’est plus frustrant et téléphoné que le Méchant qui explique tout à son prisonnier, donnant du temps aux autres pour intervenir ou au prisonnier pour renverser la situation.

On en arrive même à se dire que sans les explications du Méchant, une partie de l’enquête serait restée dans le flou.

Si le graphisme « ligne claire » de l’album est une oeuvre d’art, si les cases regorgent de détails et que les visages des personnages sont d’un beau réalisme, il y a, selon moi, trop de bla-bla, ce qui ralentit la lecture et la fait durer, durer, mais durer… Sans doute mieux qu’un gel de chez ©Durex pour retarder l’éjaculation… Désolée, mais à un moment donné, il faut quand même conclure !

Anybref, me revoici, une fois de plus, le cul entre deux chaises car, malgré les blas-blas et les tracas de nos deux compères, cette redécouverte s’est bien passée, j’ai eu de quoi nourrir mon cerveau de lettres et de phrases et si à un moment donné, j’aurais bien cravaché tout ce petit monde pour qu’il avance un peu plus vite, je me suis tue car avec cet album, on en avait pour son argent et pour des heures de lecture garantie.

Ça a sans doute mal vieilli, ce qui était la norme dans les années 50 ne l’est plus en 2020 (presque 70 ans, bigre !) et pourtant, la bédé garde tout son charme et est digne de faire partie de la biblio d’un bédéphile qui se respecte où tous les genres littéraires se côtoient.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°237 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Fresque murale que l’on peut admirer à Bruxelles

La Neige de saint Pierre : Léo Perutz [LC avec Rachel]


Titre : La Neige de saint Pierre

Auteur : Léo Perutz
Édition : Zulma (03/10/2016)
Édition Originale : St. Petri Schnee (1933)
Traducteur : Jean-Claude Capèle

Résumé :
En 1932, Georg Friedrich Amberg, jeune médecin engagé par le baron von Malchin, quitte Berlin pour le lointain village de Morwede.

Pour y soigner des paysans ? Pas si évident, car dans le secret de son laboratoire, la baron vient de découvrir une drogue surpuissante : la neige de saint Pierre. Dont il compte bien faire usage à grande échelle.

Interdit par les nazis dès sa parution en 1933, la Neige de saint Pierre est, par-delà l’enquête aux allures de rêve hallucinatoire, le roman de la manipulation et du pouvoir.

Critique :
Rêve ou réalité ? Cette question a failli rester sans réponse, pourtant, quelques indices me donnent à penser que c’était la réalité…

Imaginez que vous vous réveillez sur un lit d’hôpital, vos derniers souvenirs sont qu’une personne vous a assommé avec un fléau…

Le médecin vous signifie qu’on n’utilise plus de fléau pour battre le blé, nous sommes en 1932 tout même et qu’en plus, vous avez été renversé par une voiture.

Youyou, il y a quelqu’un là-dedans, McFly ?

Le doute s’installe. Avez-vous rêvé votre histoire ou vous ment-on ?

Puisque le doute l’habite, le jeune docteur Georg Friedrich Amberg va donc faire appel à ses souvenirs pour nous expliquer son histoire et nous donner la vérité, qui est ailleurs, comme toujours.

L’auteur, au moyen des souvenirs de son personnage principal, va nous entraîner dans un petit village, perdu au fond du trou du cul de la Westphalie, où règne le baron von Malchin et où tout est encore à l’ère manuelle, comme dans des temps reculés.

Si les expériences de petit chimiste de Gaston Lagaffe étaient réputées pour être dangereuses pour tout l’immeuble des éditions Dupuis, ainsi que pour celui de leurs voisins, Ducran et Lapoigne, les expériences chimiques du baron et de son associée, la belle Kallisto Tsanaris (Bibiche pour les intimes) ne le sont pas moins.

Croyez-moi, l’univers de ce roman est spécial, tournant parfois au huis-clos puisque nous sommes dans un petit village et que le baron voudrait, au travers de son fils adoptif, Frederico, ultime descendant de l’empereur Frédéric II (qu’il dit), rétablir la dynastie des Hohenstaufen du Saint Empire Romain Germanique (Ier Reich). Rien de moins…

Bizarre cette idée de vouloir rétablir un grand Empire… C’est moi ou ça pue l’idée du grand Reich de l’autre moustachu de sinistre mémoire ?

Vu que son roman a été interdit dès 1933 par les nazis, ces petits êtres sadiques, je pense qu’en effet ces tristes sires y ont vu, eux aussi, une allégorie des idée de grand empire prônée par leur grand guignol fanatique aux idées détestables et assassines.

Mince alors, ils avaient donc un cerveau ? Ou alors, délation, quand tu nous tiens.

Anybref, voilà une lecture que je n’aurais jamais faite dans ma copinaute Rachel et sans l’erreur qui fut sienne d’acheter ce roman en lieu et place de « La nuit sous le pont de pierre » du même auteur et que j’avais coché pour mon Mois du Polar (PTDR).

Une erreur qui a bien fait les choses car elle m’a permise de lire ce roman étrange, qui se lit facilement et qui parle des rêves un peu fous d’un baron, peut-être pas si frappadingue que ça, et qui va tenter, grâce à une substance chimique, de manipuler les foules pour leur rendre… Je ne vous dis rien de plus.

C’est un roman qui explore à la frontière entre la réalité et le fantasmagorique, qui se promène aux frontières du réel, faisant hésiter le lecteur et le personnage sur les faits qui se sont produits et dont il a été le témoin direct.

Malgré le fait que tout le monde lui dit le contraire, notre docteur se raccroche à ses souvenirs et se demande pourquoi on tente de le manipuler. La réalité serait-elle une illusion ? Ou le rêve est-il vraiment la réalité et on veut l’empêcher d’en parler ?

Un roman qui met en avant, avec moquerie, le Premier Reich, touchant par là-même le Troisième qui se voulait aussi grand, qui parle de la foi comme de l’opium du peuple (mais d’une autre manière que je ne divulgâcherai pas), qui parle de la manipulation des masses par quelques personnes, le tout sur un ton assez badin, amusant, mêlant habillement le roman d’investigation à celui d’anticipation.

On comprend l’interdiction de l’époque ! Mais maintenant, on peur le lire sans peur et sans reproches.

Une LC avec Rachel qui, malgré les cafouillages du départ, aura été une belle découverte. Elle, comme moi, a apprécié sa lecture. D’ailleurs, elle vous le confirmera dans sa chronique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°202.

La servante écarlate – Tome 2 – Les testaments : Margaret Atwood [LC avec Bianca]

Titre : La servante écarlate – Tome 2 – Les testaments

Auteur : Margaret Atwood
Édition : Robert Laffont – Pavillons (10/10/2019)
Édition Originale : The Testaments (2019)
Traducteur : Michèle Albaret-Maastsch

Résumé :
Quinze ans après les événements de La Servante écarlate, le régime théocratique de la République de Galaad a toujours la mainmise sur le pouvoir, mais des signes ne trompent pas : il est en train de pourrir de l’intérieur.

A cet instant crucial, les vies de trois femmes radicalement différentes convergent, avec des conséquences potentiellement explosives.

Deux d’entre elles ont grandi de part et d’autre de la frontière : l’une à Galaad, comme la fille privilégiée d’un Commandant de haut rang, et l’autre au Canada, où elle participe à des manifestations contre Galaad tout en suivant sur le petit écran les horreurs dont le régime se rend coupable.

Aux voix de ces deux jeunes femmes appartenant à la première génération à avoir grandi sous cet ordre nouveau se mêle une troisième, celle d’un des bourreaux du régime, dont le pouvoir repose sur les secrets qu’elle a recueillis sans scrupules pour un usage impitoyable.

Et ce sont ces secrets depuis longtemps enfouis qui vont réunir ces trois femmes, forçant chacune à s’accepter et à accepter de défendre ses convictions profondes.

Critique :
Le monde décrit dans La Servante Écarlate n’était pas de la petite bière, nous étions loin du pays des Bisounours…

Pourtant, malgré le fait que nous étions dans une dystopie, il y avait des relents de déjà-vécu quelque part dans le Monde ou quelque part dans le passé.

Il fait froid dans le dos, ce roman, car nos sociétés pourraient basculer dans ce cauchemar très vite, sans que l’on s’en rende compte et sans que l’on sache y faire quelque chose.

Sans oublier que certaines sociétés sont dans ce puritanisme religieux…

Puritains quand ça les arrange, bien entendu ! On oblige les autres au puritanisme, mais si on gratte sous la croûte de pudibonderies, on trouvera de la saloperie.

Quand à la religion, elle a bon dos et ne sert qu’à justifier certaines règles, certains comportements, qu’ils soient machistes, phallocratiques, misogynes ou qu’ils transforment la femme en vache reproductrice. Une tyrannie doit reposer sur quelque chose et la religion est souvent la bonne excuse.

Bien souvent, les suites sont moins bonnes que le premier tome, mais ici, ce n’est pas le cas, j’ai même trouvé la suite meilleure que le premier opus !

En tout cas, niveau froid dans le dos, j’ai eu ma dose pour quelques temps. J’ai comme une envie de me jeter sur des Petzi ou des Martine, c’est vous dire combien j’ai flippé ma race.

Dans le monde décrit brillamment par l »auteure, les femmes n’ont aucun droit, si ce n’est celui de fermer sa gueule et de jouer aux juments reproductrices, ou aux vaches gestantes. Au choix… Mais elles n’ont pas toujours le choix de l’étalon (ou du taureau).

Le taux de fécondité ayant fortement baissé, il faut bien perpétuer la race Humaine avec celles qui savent encore tomber enceinte et donc… Les Servantes Écarlates sont comme des vaches qu’on engrosse pour prendre le veau. L’enfant, pardon.

Trois personnages marquants vont nous raconter leur vie dans cette suite : une Tante, une jeune fille habitant le Canada (donc libre) et une fille d’un Commandeur, habitant Galaad (Gilead dans la traduction précédente, mais ça ne m’a pas dérangé).

Nous sommes 15 ans après la premier tome, donc, le récit n’est pas linéaire et ne vous attendez pas à retrouver Defred aux commandes de la narration.

J’ai trouvé que donner la parole à une Tante qui avait connu la démocratie, qui avait assisté à le chute de la société, qui avait été dans un camp et qui en était sortie en abandonnant une partie de son âme, était une riche idée. Nous avons vu la naissance de Galaad d’une autre manière et compris que si ça arrivait chez nous, cela se passerait de la même manière : sans quasi de résistance.

Le récit est fort, puissant, intense, horrible… Il m’a donné froid dans le dos. Entrer ainsi dans le fonctionnement de Galaad et voir le lavage de cerveau m’a donné envie de vomir. Voir le système de l’intérieur, voir sa corruption, sa corrosion, son hypocrisie, son manichéisme, m’a collé la nausée tant tout était réaliste et possible.

Mon seul bémol sera pour la fin qui est un peu trop précipitée à mon goût. Bianca l’a trouvée elle aussi un peu trop rapide, mais malgré ce léger point critique, tout le reste est dans le haut du panier littéraire.

Une dystopie à l’écriture fine, caustique, réaliste. Une tyrannie basée sur des mensonges, sur religion dont les écrits sont détournés pour servir les intérêts de quelques-uns et pas du bien commun.

Des personnages forts, énigmatiques, profonds et qui évolueront au fil des pages. Un monde décrit qui fait froid dans le dos et où la lecture et l’écriture sont devenus dangereux, interdits et réservés à quelques personnes triées sur le volet.

Anybref, une fois de plus, une LC réussie avec Bianca et nous sommes sur la même longueur d’ondes. Et si vous suivez le lien, vous en aurez la preuve !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°134.