Indians ! – L’ombre noire de l’homme blanc : Tiburce Oger et Collectif

Titre : Indians ! – L’ombre noire de l’homme blanc

Scénariste : Tiburce Oger
Dessinateurs : Collectif

Édition : Bamboo Grand angle (16/11/2022)

Résumé :
Le parcours sauvage et violent de l’aigle sacré des Indiens pendant la conquête de l’Ouest. Un western qui sent la poudre et la boue… En seize histoires, Indians retrace de 1540 à 1889 les épisodes sombres de la conquête de l’Ouest.

Quatre siècles de colonisation qui vont mener, entre les massacres et les maladies propagées par les colons, à un génocide qui n’a jamais porté officiellement ce nom mais qui décima 14 millions d’Amérindiens.

Décrivant la face cachée du rêve américain, Indians est un vibrant hommage aux peuples autochtones opprimés…

Critique :
Ayant adoré Go West, je me suis faite offrir la version Indians, basée sur le même concept : un seul scénariste, mais un dessinateur pour chaque histoire qui passera en revue un chapitre important de l’Histoire des Amérindiens.

On commencera à l’arrivée des Conquistadors et on terminera en 1889, lorsque les derniers Indiens déposeront les armes, conscient qu’ils ne vaincront jamais l’Homme Blanc vu que ce dernier est comme un nuage de sauterelles : infini et innombrable.

Contrairement à l’album Go West, où le fil rouge était une montre, dans celui-ci, c’est le vol d’un aigle que l’on apercevra de temps en temps, ou un personnage qui reviendra sur plusieurs chapitres (ou un descendant).

Ce que j’ai apprécié, c’est qu’il n’y avait pas de manichéisme dans les personnages, que ce soit du côté des Indiens ou des colons, dont certains avaient une conscience, une âme. Cela se verra surtout dans l’épisode avec les horribles écoles pour casser l’Indien.

Quant aux Indiens, ce n’étaient pas des anges, ils s’attaquaient entre eux, se pillaient, mais sans jamais arriver au niveau de l’Homme Blanc qui lui, commit un génocide, purement et simplement.

Tous les dessins ne se valent pas, mais j’ai apprécié les histoires, même si elles auraient mérité, toutes, un album rien qu’à elles toutes seules, tant il y avait de la richesse dedans et tant de choses à raconter.

Bien que différent et en peu en deçà du « Go West » qui se consacrait à la Conquête de l’Ouest, le tome consacré aux Amérindiens n’en reste pas moins excellent.

Du moins, pour celles et ceux qui voudraient en apprendre un peu plus sur les guerres Indiennes, sur les traitements que l’Homme Blanc, l’envahisseur, a fait subir aux Amérindiens. Au moins, ces derniers ont résistés, mais une fois les armes déposées, on a fait tout ce qu’il fallait pour qu’ils n’existent plus…

Terrifiant…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XXX] et Le Mois du Polar, chez Sharon – Février 2023 (N°00).

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Ringo – Intégrale : William Vance, Jacques Acar et André-Paul Duchâteau

Titre : Ringo – Intégrale

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Le Lombard (18/11/2022)

Résumé :
Convoyeur de fonds pour la Wells Fargo au beau milieu d’un territoire sans foi et à la loi balbutiante, Ray Ringo ne peut compter que sur sa fine gâchette.

Pourtant entre les flèches des Apaches, les crocs des coyotes, les balles des malandrins ou les feux croisés du Nord et du Sud, ce ne sont pas les façons de mourir qui manquent, dans le Far-West…

Et entreprendre cette chevauchée en compagnie de Ringo, c’est remonter une seconde piste tout aussi palpitante : l’évolution graphique de William Vance à travers une décennie !

Albums : Piste pour Santa Fe Scénario / La ville de la peur Scénario / Le serment de Gettysburg / L’or des déserteurs / El Diablo s’en mêle / Trois salopards dans la neige

Cette intégrale rassemble les albums « Tout Vance, tome 08 : L’intégrale Ringo, 1ère partie » et « Tout Vance, tome 09 : L’intégrale Ringo, 2ème partie ».

Critique :
Le Ringo de cet album n’est pas parent avec celui qui chantait ♫ Laisse les gondoles à Venise ♪.

Non, lui, il aurait plutôt chanté : ♫ Laisse l’or de la Wells Fargo tranquille ♪ Ou t’y laissera ta chemise ♪

Notre Ringo évolue dans le far-west violent, où les bandits attaquent les fourgons transportant des coffres remplis d’or, magouillant pour faire tomber dans une embuscade le convoi d’or et Ringo, agent de la Wells Fargo est là pour les en empêcher.

Nous sommes dans un western datant des années de publication de l’hebdo Tintin (1965) et je ne le connaissais pas du tout (premièrement, pas mon époque et deuxièmement, je lisais des vieux hebdos Spirou, pas des Tintin).

Le western étant mon dada, je me suis laissée tenter par cette intégrale qui réunit les deux précédentes intégrales de Ringo (Tout Vance, tome 08 : L’intégrale Ringo, 1ère partie » et « Tout Vance, tome 09 : L’intégrale Ringo, 2ème partie »).

William Vance, je le connais de Ramiro et surtout de mon chouchou XIII (qui à un moment donné s’est perdu, je sais). Les dessins sont donc comme je les aime, j’étais en terrain plus que connu. Ce sont des dessins réalistes, les chevaux sont bien faits, les visages aussi et on retrouve les mêmes traits que dans XIII.

Les scénarios sont assez conventionnels, dans le plus pur esprit des bédés western des années 60/70 : le gentil est gentil et les méchants sont méchants.

De plus, Ringo, gentil comme il est, n’assassine pas les voleurs, les bandits, mais leur laisse une chance. Bref, un boy-scout bien aimable, mais qui tire bien et vise juste. Un Lucky Luke en plus réaliste, mais pas au point d’un Blueberry ou d’un Durango.

Hormis la dernières aventure qui se déroule dans la neige et le blizzard (où personne ne tousse, n’est trempé, ne se perd) qui m’a moins emballée, je ne peux pas me plaindre de la qualité des autres : elles sont correctes, pour l’époque (il faut se replacer dans le contexte de l’époque).

Rien de transcendantal, bien entendu, rien d’exceptionnel, mais des aventures western agréables à lire, plaisantes, sans fioritures, dans l’air du temps, à la Jerry Spring, un peu.

Maintenant, si vous n’êtes pas fan de western, passez votre chemin, vous ne trouverez pas votre compte, sauf si vous aimez les preux chevaliers poursuivant les vilains pas beaux qui volent l’argent des banques ou des mines.

Les amateurs de bédés western y trouveront leur compte, sauf s’ils cherchent du réalisme… Non pas que ces histoires ne soient pas réalistes, loin de là, mais quand les bons gagnent toujours, on quitte le réalisme.

Malgré tout, je suis contente d’avoir découvert ce héros western dans cette intégrale.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°103] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Marshal Bass – Tome 8 – La mort misérable et solitaire de Mindy Maguire : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 8 – La mort misérable et solitaire de Mindy Maguire

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt (31/08/2022)

Résumé :
Personne ne sait pourquoi Mindy Maguire a assassiné Skunk Bernhardt avant de s’enfuir en territoire indien et personne ne s’en soucie. Sauf les hommes de Dryheave… qui la pourchassent sans répit tant que l’alcool coule à flot.

La seule chance de survie de Mindy est que le Marshal Bass la trouve en premier…

Critique :
Les albums du marshal Bass se suivent mais ne se ressemblent pas et celui-ci, bien que commençant comme un western classique, prendra une tournure tout à fait différente.

Une petite ville d’Arizona. Bernhardt Le Puant a été assassiné dans la maison close et son or a été volé.

Pas besoin de faire venir la fine fleur des enquêteurs, la coupable est connue, c’est la prostituée Mindy Maguire qui a fait le coup.

Comme dans un bon western, le shérif organise un battue (un posse) pour retrouver la fugitive. Pas besoin d’avoir fait un master en Western pour savoir comment cela peut se terminer pour un ou une fugitive : la mort, sans procès, sans preuves, juste parce que des mecs seront chauffés à blanc et imbibés de whisky.

Oui, on commence dans du classique, mais ensuite, l’auteur a été assez intelligent que pour bifurquer et nous proposer autre chose, un récit inattendu, presque poétique, doux, beau, où la violence sera présente, mais différemment des autres albums. C’est bien vu.

Le marshal Bass, Noir de peau, ce qui était très mal vu en 1877 (et pas qu’à cette époque, malheureusement), est plus intelligent que les autres zoulous lancés à la poursuite de la fugitive. Sous ses dehors bourrus, se cache aussi une forme d’humanité.

Parce que comme le disait la morale dans la blague du petit oiseau transi de froid : premièrement, ce n’est pas parce qu’on te met dans la merde qu’on te veut forcément du mal. Deuxièmement, ce n’est pas parce qu’on te sort de la merde qu’on te veut forcément du bien. (*) Aller en prison peut te sauver du froid de gueux qui règne en Arizona et te remplir l’estomac.

Hé oui, le marshal Bass est là où on ne l’attend pas, se montrant sous un autre jour, qui n’est jamais que le sien, celui qu’il cache et le récit se révèle plus humaniste et plus psychologique qu’on aurait pu le penser au départ, même si, la violence est présente. L’Ouest de 1877, ce n’est pas Dora l’exploratrice, ni le monde des Bisounours. Surtout lorsqu’on est en terres Indiennes.

Les dessins de Igor Kordey ne me plairont jamais, mais dans cet album, ils passent mieux et sa double dernière planche est, une nouvelle fois, superbe. Comme quoi, on est toujours susceptible d’être surpris. D’ailleurs, le long titre, qui en disait beaucoup, réserve lui aussi une surprise.

Un western qui commence classiquement et qui sort des sentiers battus par la suite. Une bédé où les personnages ont une présence indéniable, que ce soit l’abject shérif ou le guerrier Lakota Epanay, un grand soiffard qui vise juste.

Un huitième album surprenant. Bien vu !

(*) Un petit oiseau tombé du nid se retrouve au milieu d’un chemin de campagne, il pleut, il a froid et il a faim.
Heureusement une vache qui passait par là lâche une grosse bouse sur le petit oiseau. Il se retrouve au chaud dans la bouse, et en plus il y trouve des petites graines à manger ; il est heureux et chante des cui-cui.
Un renard qui passait par là entend les cui-cui, sort le petit oiseau de la bouse et le croque.
Moralité 1 : Si quelqu’un vous met dans la merde, c’est pas forcément qu’il vous veut du mal.
Moralité 2 : Si quelqu’un vous sort de la merde, c’est pas forcément parce qu’il vous veut du bien.
Moralité 3 : Quand tu es dans la merde, ferme-la.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°97], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur. et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Chito Grant – Intégrale : Jean-Blaise Djian et David Etien

Titre : Chito Grant – Intégrale

Scénariste : Jean-Blaise Djian
Dessinateur : David Etien

Édition : EP Éditions (2017)

Résumé :
Le borgne Chito Grant a un vieux compte à régler avec la ville qui lui a enlevé son père adoptif, sa seule famille. Et ce n’est pas la pulpeuse Texas , la reine de cette ville, qui va l’impressionner.

Seulement, Grant ne se doute pas qu’en pénétrant sur les terres de cette femme richissime, c’est son passé qu’il va rencontrer.

Critique :
Le duo Djian et Etien, je le connais depuis que j’ai découvert la saga des Quatre De Baker Street, mais en ouvrant cette bédé western, je n’ai pas reconnu les dessins de Etien.

Le premier tome de Chito Grant date de 2004, celui des Quatre a été publié en 2009.

Il m’a fallu arriver au troisième (et dernier) tome composant cette intégrale pour retrouver les traits caractéristiques du dessinateur Etien.

Le départ avait mal commencé, j’ai détesté les dessins, heureusement que le scénario était à la hauteur. Puis, au fil des albums, le dessin a changé, les couleurs aussi et en lisant une intégrale, c’est plus flagrant qu’en patientant entre deux albums, notamment dans les visages, qui changent au fil des albums, rendant parfois difficile l’identification de certains personnages (le shérif change de couleur de cheveux en quelques cases).

Malgré les dessins qui ne m’ont pas plu, le scénario, bien que conventionnel, est bien cuisiné : un jeune homme arrive dans une ville où le shérif est aussi le tenancier du saloon. Le jeune homme est borgne et il se frite déjà avec le fils de Texas, LA femme qui tient tout le monde dans sa main, sous sa coupe. La Jupiter du coin.

Chito Grant est un personnage auquel on s’attache. Il y a des mystères dans son enfance, il y a des trucs louches dans la ville, dans le passé de son shérif, de sa patronne toute puissante et il faudra attendre le dernier album pour que tout les fils se touchent, donnant un beau feu d’artifice.

Un western conventionnel, qui respecte tous les codes, sauf celui des selles western… Pas de pommeau devant et rien de western dans les selles plates que j’ai vue dessinées sur les chevaux (qui n’étaient pas beaux, eux non plus). Heureusement que le dessin de Etien a évolué dans le bon sens.

Un western bourré de mystères, de suspense, de coups fourrés, de bandits, de recherche dans le passé de Chito, qui ne sait pas d’où il vient, sauf que son père n’était pas son père, mais celui qui l’avait trouvé, abandonné. Classique, en effet, mais les personnages sont bien faits et il est difficile de s’ennuyer dans ce western.

On a même une pointe d’humour lorsque plein d’étrangers arriveront en ville, rendant fou le shérif, qui, suspicieux, soupçonne des mauvais coups à tous les coins de rue, et vu qu’il est couard…

Une bonne intégrale western, que je ne connaissais pas, comme quoi, il y en a toujours à découvrir et là, ce fut une belle rencontre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°74] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Go West Young Man – Intégrale : Collectif

Titre : Go West Young Man – Intégrale

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Bamboo Grand angle (03/11/2021)

Résumé :
« Le parcours sauvage et violent d’une montre pendant la conquête de l’Ouest. Un western qui sent la poudre et la boue…”

En quatorze histoires, Go West young man retrace la conquête de l’Ouest américain, de 1763 à 1938.

Des conflits des grands lacs au désert du Mexique, les destins se succèdent. Trappeurs et pionniers, tribus indiennes, desperados et prostituées vont se battre et survivre dans les grandes plaines, les villes champignons et les guerres interminables.

Si les grands thèmes sont à l’honneur dans cet album, c’est le côté obscur des Hommes qui ressort, présentant avec un goût amer le rêve américain. Racisme, génocide indien, condition des femmes, guerres et misère.

Go West young man est un hommage au western, mais un hommage lucide.

Critique :
Allez, go west ! On enfourche sa monture et on s’élance dans les grandes plaines.

Ou plutôt, on suit le cheminement d’une montre (durant 175 ans) et on revisite l’Histoire américaine, ses saloperies, son ségrégationnisme, ses meurtres, ses massacres, ses guerres et le pony-express (faut bien un truc sympa dans ce programme sombre).

De 1763 à 1938, au travers de 14 récits, de longueurs différentes, les différents dessinateurs vont mettre en images des scènes reflétant l’Amérique.

Pas besoin d’en faire des tonnes : un gros tas de crânes de bisons symbolisent bien le massacre fait par l’Homme Blanc et une réflexion d’un personnage, parlant des Indiens qui ne savent plus chasser et crèvent de faim, sont plus parlants et plus percutants qu’un long discours.

Tous les personnages de l’épopée Américaine se retrouvent présentés dans cet album magnifique. On aura les anglais, les colons, les Indiens, les cow-boys, les voleurs de bétail, les détrousseurs de diligence, les trappeurs, Geronimo, les convois qui traversaient le pays, la révolution mexicaine, la guerre de Sécession, le racisme, les puits de pétrole, les prostituées, le pony express, les Tuniques Bleues… dans le bon ordre, bien entendu.

Le fil rouge reliant toutes ces histoires sera la montre, passant de mains en mains, apportant chance ou malchance, finissant souvent recouverte de sang.

Le changement de dessinateur ne pose pas trop de problème, je m’y suis faite très vite, d’autant que j’en connaissais assez bien.

Pour celles et ceux qui aiment le western, je ne dirai qu’une seule chose « GO » et pour les frileux qui ne sont pas fans du genre « GO » aussi ! Voilà de quoi faire un tour de l’Amérique sans bouger de son canapé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°60] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Crazy Horse – Une vie de héros : Joseph Marshall III

Titre : Crazy Horse – Une vie de héros

Auteur : Joseph Marshall III
Édition : Albin Michel – Terre indienne (2007)
Édition Originale : The journey of Crazy Horse (2004)
Traduction : Renaud Morin

Résumé :
Avec Sitting Bull et Geronimo, Crazy Horse est l’une des figures les plus charismatiques de la résistance indienne aux États-Unis. Sa personnalité, son étonnante victoire sur le général Custer à Little Big Horn, sa mort tragique et prématurée en 1877 ont fait de lui un véritable héros qui, aujourd’hui encore, fait figure de symbole pour les Indiens d’Amérique. »

Les coutumes qu’il a pratiquées, les traditions qu’il a suivies, les valeurs qu’il a incarnées sont encore viables aujourd’hui parce qu’il a fait son possible pour les conserver. Il les a défendues en vivant en accord avec elles et en se battant pour elles.

Pour toutes ces raisons, Crazy Horse sera toujours mon héros », dit l’écrivain et historien lakota Joseph Marshall.

Jamais encore l’un des siens n’avait entrepris de raconter le destin exceptionnel du chef sioux.

Dans ce livre émouvant, fruit d’années de rencontres et de recherches, l’auteur du Cercle de la vie brosse un portrait  » intime  » de Crazy Horse et nous invite à découvrir de l’intérieur la passionnante culture des Indiens des Plaines.

Critique :
L’Homme Blanc a réussi le tour de force de transformer des gens autonomes en personnes assistées ! Du socialisme inversé, en quelque sorte.

C’est du très mauvais socialisme celui qui asservi les gens, ce clientélisme juste bon à s’assurer la passivité (ou les votes, chez nous) de ces nouveaux assistés, qui sans les colis alimentaires, auraient bien du mal à subsister là où les a parqué, alors qu’avant, ces Indiens n’avaient besoin de personne pour survivre.

Pas de quoi pavoiser, l’Homme Blanc est roublard, il se réservera toujours le droit de diminuer les colis donnés, de ne pas respecter les contrats, de ne pas en donner autant d’années qu’il avait été prévu et les colis n’étaient jamais composés que de nourriture avariée, casseroles, instruments agraires ou vêtements défraichis. Oui, le peuple de Red Cloud a été eu… ♫ Paroles et encore des paroles ♪

Cette biographie de Crazy Horse, basée sur des témoignages et sur les récits oraux de ses ancêtres Amérindiens, est romancée. Non pas que l’auteur a raconté des choses fausses, mais contrairement à d’autre livres sur les chefs Indiens, il met en scène l’Histoire, même s’il n’y a pas de dialogues.

Elle commence avec sa naissance et son enfance. Jeune enfant aux cheveux clairs, il était souvent la cible de moqueries des autres gamins (nous n’avons pas le monopole), mais jamais il ne se rebella, ne s’énerva et il acquit ainsi un statut de guerrier juste, pas un fou prêt à tout, mais un homme réfléchi.

Tout allait bien dans la tribu des Sioux, jusqu’à ce que l’Homme Blanc emprunte la piste avec ses chariots, ne chassent les bisons de par sa présence massive, de par ses chasses massives, de par sa frénésie de l’or, de par ses envies de s’étendre et parce que l’Homme Blanc, telle une nuée de sauterelles, détruisait tout sur son passage, Nature, animaux et être humains qui ne vivaient pas comme eux.

Il est marrant (si j’ose dire) de voir que là aussi, le conflit a commencé avec une vache ! Je dis ça parce que gamine, à l’école, nous avions appris l’histoire de la Guerre de la Vache (qui a donné son nom à une route et qui fit 15.000 morts – merci Wiki), histoire célèbre dans mon plat pays (avec la bataille des éperons d’or).

Ici, tout pareil : une vache maigre se promène, sans propriétaires, arrive dans le campement des Indiens, qui la tue, la mange et lorsque le proprio Mormon hurle à l’assassinat de sa vache, ça dégénère, car il refusa les deux bons chevaux proposés en dédommagement par les Indiens et ensuite, des soldats vinrent au campement et tuèrent un chef qui était paisible. Et tout bascula ensuite…

Cette biographie romancée est très intéressante, une fois de plus, c’est une mine de détails, d’Histoire, de culture du peuple des Sioux (divisés en plusieurs peuples) et mon sel regret sera que l’auteur parle peu de la bataille de Little Big Horn.

Dommage, parce que c’est une bataille importante (même si on connait les détails). Par contre, on aura des récits d’autres batailles. Ce sera dans les pages additionnelles que je comprendrai pourquoi l’auteur ne s’est pas appesanti sur Little Big Horn.

Comme toujours, les Indiens ont été trompés par les Hommes Blancs, grugés, les traités n’ont jamais été respectés et la langue des Blancs est resté fourchue en tout temps, en tout lieu.

Les Indiens, lassés de fuir, lassés de se battre contre des soldats qui ne connaissaient rien de l’honneur (comme les autres tribus indiennes contre qui ils se battaient), ont bien souvent déposés les armes, laissé les Blancs emporter leur chevaux et se sont laissé asservir et corrompre par l’Homme Blanc, qui a réussi à monter les Sioux entre eux, donnant du pouvoir à des hommes qui ne l’auraient jamais eu dans leur tribu. On n’est jamais aussi bien trahi que par les siens…

L’ouvrage se termine par la mort de Crazy Horse, assassiné par l’un des siens, sans doute un meurtre commandé par Red Cloud qui voulait rester calife et ne pas partager le pouvoir avec un autre chef, même si Crazy Horse ne demandait rien. La peur de perdre le pouvoir, ça fait toujours agir les humains de manière violente.

Une belle biographie sur ce chef charismatique, une mine d’information pour celles et ceux qui sont intéressées par le sujet, car il n’est pas le seul dont l’auteur parlera.

Le portrait d’un être humain, avec ses défauts, ses qualités. D’un homme qui se dévouait pour son peuple, qui aidait ceux qui n’avaient pas grand-chose (les veuves), parce que c’était son devoir et qu’il n’était pas égoïste, comme d’autres.

Un portrait réalisé au plus juste, loin des clichés habituels qu’on nous a fourré dans la tête, loin des Indiens assoiffés de guerre, de sang, de scalps et de toutes ces conneries des films où les gentils cow-boys, les merveilleuses Tuniques Bleues, affrontaient les vilains méchants Indiens.

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022 (dernière fiche).

 

Pawnee : Patrick Prugne

Titre : Pawnee

Scénariste : Patrick Prugne
Dessinateur : Patrick Prugne

Édition : Daniel Maghen (2013)

Résumé :
Alban, jeune soldat français envoyé en Louisiane et porté déserteur, partage à présent la vie des indiens Minetaree. Solidement lié d’amitié avec le trappeur Toussaint Charbonneau, il a abandonné tout espoir de retrouver Louis, l’ami qui l’avait accompagné en Amérique avant de tomber aux mains des Pawnees. Sa décision est prise, il va rentrer en Europe…

Malheureusement, son chemin croise celui de guerriers Shawnees, et d’une bande de miliciens.

Si ces derniers sauvent la vie d’Alban, ils se révèlent d’une sauvagerie et d’une cruauté bien supérieure à celle des indiens qu’ils sont censés combattre…

Critique :
C’est le hasard le plus pur qui m’a fait prendre cette bédé, qui était plus épaisse et plus haute que les autres qui se trouvaient rangées dans le même espace, dans une bouquinerie.

L’inconvénient, c’est qu’apparemment, l’on retrouve dans ces pages les personnages de « Frenchman » et que je n’ai pas lu cet album.

Bon, ce n’était pas trop grave, avec le peu d’indications reçues dans le récit, j’ai tout de même compris l’essentiel.

Les dessins et les couleurs de cette bédé sont magnifiques, des vraies œuvres d’art à l’aquarelle qu’on aurait envie d’accrocher dans son salon.

Le récit se passe en 1811, dans l’ouest du Mississipi, où le jeune Alban, soldat de Napoléon, a déserté et vit chez les Minetarées. Lassé de ne pas avoir retrouvé la trace de son ami, Louis, il décide de retourner en Europe, sans savoir qu’Angèle, sa sœur vient d’arriver sur le continent et fait route vers Philadelphie.

En Amérique, c’est le bordel ! Les soldats français et anglais se tapent sur la gueule, les Indiens ont compris qu’il fallait aussi se battre et ne pas se laisser marcher sur les pieds et des miliciens ont assassinés de Pawnee, juste pour le plaisir.

Mélangeant habillement le contexte historique et les errances d’Alban et de sa soeur, l’auteur développe dans son récit une histoire de vengeance, une histoire de miliciens qui se font dégommer, silencieusement, un par un. Mais qui les attaque ? Je ne dirai rien de plus.

Le scénario est classique au possible. Rien de neuf sous le soleil. Malgré tout, on s’attache aux personnages d’Alban et d’Angèle, on se sent plus proche des guerriers Pawnee, luttant pour leur survie face à la nuée de sauterelles qu’est l’Homme Blanc et on suit le fil du récit avec plaisir, angoisse et on se laisse prendre dans les bras du suspense.

À noter qu’à la fin de l’album, il y a des crayonnés de l’auteur, des petites merveilles qu’on regarde avec beaucoup d’attention.

Une belle découverte ! Maintenant, je vais me mettre en chasse et tenter de trouver les autres albums de cet auteur, et surtout le premier !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°53] et Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

West Legends – Tome 5 – Wild Bill Hickok, Forty Bastards : Nicolas Jarry, Laci et J. Nanjan

Titre : West Legends – Tome 5 – Wild Bill Hickok, Forty Bastards

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Laci

Édition : Soleil (13/10/2021)

Résumé :
Le train de Wild Bill Hickok déraille quelques heures après son départ. Isolés, les survivants ignorent que la plus grande menace n’est ni les Indiens ni les loups ni le froid, mais la cavalerie des États-Unis, avec à sa tête le pire des fils de putes que l’Ouest ait connu, bien décidé à reprendre ce que Hickok lui a volé, quitte à tuer tous ceux qui se mettront en travers de son chemin.

Critique :
Wild Bill Hickok est une figure moins connue de l’Ouest, mais cette bédé ne nous racontera pas toute sa vie, se contentant de nous narrer un seul épisode, mais quel épisode !

Nous apprendrons qu’il était shérif à Dodge City et qu’il est foutu le camp en vitesse, refusant de nous dire, au début, pourquoi il en est parti si vite.

Les lecteurs, tout comme les autres passagers du train, l’apprendrons au fur et à mesure, ce qui donnera du suspense et du mystère.

Le récit est un classique : des personnes sont traquées par d’autres, des soldats sans scrupules, qui cherchent à mettre la main sur Wild Bill Hickok, le tout dans des paysages enneigés, où il fait froid et où les survivants manquent cruellement de tout.

Classique chasse à l’homme, mais présenté d’une autre manière, ce qui la rend addictive au possible et nous empêche de poser l’album avant d’en avoir tourné la dernière page.

Les personnages, même secondaires, posséderont les caractéristiques de personnages réalistes et même si nous ne saurons rien d’eux, on ne manquera pas de s’attacher à certains. Tous auront leur rôle à jouer, héros ou zéro, survivant ou tombé au champ d’honneur.

Les dessins de Laci sont, comme d’habitude, magnifiques, tout comme les couleurs de Nanjan, que je retrouve souvent dans les coloristes chez Soleil Production.

Bref, je ne vais pas la faire longue, mais je me suis retrouvée devant un excellent album, meilleur que celui avec Buffalo Bill, même si dans celui-ci, c’était aussi le portrait d’un héros fatigué.

Une saga qui me plait toujours aussi bien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°52], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 58 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Seton, le naturaliste qui voyage – Tome 1 – Lobo, le roi des loups : Jirô Taniguchi et Yoshiharu Imaizumi

Titre : Seton, le naturaliste qui voyage – Tome 1 – Lobo, le roi des loups

Scénariste :
Dessinateur : Yoshiharu Imaizumi
Traduction : Thibaud Desbief

Édition : Kana (2006)

Résumé :
Le vieux Lobo, ou « The King », comme l’appelaient les Mexicains, était le terrible chef d’une étonnante meute de loups gris qui ravagea la vallée de Currumpaw pendant des années.

Tous les bergers et fermiers le connaissaient bien, et, partout où il passait avec sa fidèle meute, il semait la terreur, la colère et le désespoir chez les éleveurs.

Critique :
C’est par le plus grand des hasards que je suis tombée sur ce manga, alors que j’en cherchais un autre. Le mot « Loup » a attiré mon attention et il n’a pas traîné longtemps dans ma PAL.

Premier constat : les dessins sont superbes, loin des visages stéréotypés que l’on voit souvent dans les mangas.

Pas de visage avec des mentons effilés, pas de mèches de cheveux que l’on se demande comment elles tiennent, mais des graphismes réalistes et de beaux décors de la Sierra Navada.

Le récit est tiré de celui d’Ernest Thompson Seton, un peintre qui n’a pas trouvé du succès à Paris, avec sa toile sur les loups. On lui a parlé d’un loup, insaisissable, qui défie tous les chasseurs et qui tue le bétail, semblant comprendre les pièges qu’on lui tend.

Ce manga pourrait sembler partir sur le fantastique, avec ce loup, surnommé Lobo, qui semble comprendre tous les pièges mis en place par les hommes, même par Seton, alors que ce dernier prend moult précautions pour camoufler ses appâts empoisonnés ou ses pièges.

Combats titanesques entre un homme et des loups, dont un semble humain (ou loup-garou), tant il est intelligent, rusé et inattaquable. Le but de Seton était aussi de l’étudier, mais finalement, il passera plus de temps à piéger tout le coin qu’à étudier cette bande de 6 loups.

Ce que je reprocherai à ce manga, c’est le côté « bêtes sauvages » que l’on semble donner à ces loups. En voyant les tableaux de chasse de ces prédateurs, on aurait presque envie de crier haro sur les loups, et pourtant, j’ai tiqué, tant cela me semblait exagéré, limite abusé de sa race !

Deux loups qui, durant une nuit, égorgent 200 moutons, ça fait tout de même un sacré travail, non ? Comme si l’on voulait vraiment les considérer comme des animaux nuisibles, juste bons à abattre…

Par contre, là où le manga m’a frappé en plein coeur, c’est qu’il n’est pas avare en émotions dans sa dernière partie. J’étais à deux doigts de sortir le kleenex tant c’était émouvant, beau, violent et horrible à la fois.

On pourrait en vouloir à Seton d’avoir fait ce qu’il a fait, mais au moins, en voyant l’horrible et magnifique tableau sous ses yeux, il comprendra son erreur, la regrettera et essayera de rétablir les loups. Pas besoin de vous dire qu’il n’y a pas vraiment réussi, l’Homme ayant toujours peur du loup…

Finalement, si j’ai été sceptique au départ, ce manga m’a emporté et à balayé tout sur son passage, comme un ouragan (chantez, maintenant). L’auteur arrive bien à décrire la barbarie des êtres humains, leur cruauté et le fait qu’ils se foutent pas mal de la Nature. L’Homme est bien pire que les loups, et pourtant, ce sont eux qu’on a exterminés, éradiqués…

Une belle trouvaille que j’ai faite, avec ce manga…

PS : Comme les autres volumes concerneront d’autres animaux, je ne pense pas les chercher dans mes bouquineries, ce qui m’a attiré dans celui-ci, c’était les loups.

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

West Legends – Tome 6 – Butch Cassidy & the wild bunch : Christophe Bec et Michel Suro

Titre : West Legends – Tome 6 – Butch Cassidy & the wild bunch

Scénariste : Christophe Bec
Dessinateur : Michel Suro

Édition : Soleil Productions (26/01/2022)

Résumé :
Le Wild Bunch de Cassidy terrorise la région depuis trop longtemps. Un avis de recherche avec une forte récompense de 3 500 $ a été posé sur la tête du malfrat, mort ou vif, ce qui attire bon nombre de chasseurs de primes.

Ce soir-là dans un relais, deux d’entre eux semblent être tombés sur une partie de la bande. Cassidy vit-il ses dernières heures ?

Critique :
Je n’avais pas aimé le film « La horde sauvage » et jamais été fan des films avec « Butch Cassidy et The Sundance Kid » (avec Paul Newman et Robert Redford), ce qui pourrait faire penser que cet album n’était pas pour moi.

Eh bien, détrompez-vous, malgré l’extrême violence de ce sixième tome, j’ai apprécié de chevaucher aux côtés de la bande de Butch Cassidy, le Wild Bunch (la horde sauvage).

Les dessins des visages sont bien fait, les décors aussi (même s’ils sont peu nombreux à être en grandes cases) et les couleurs chaleureuses.

Malgré mon évident plaisir devant cette nouvelle histoire, je ne me priverai pas pour souligner les petites choses qui auraient pu être améliorées, notamment dans le rythme de l’histoire.

On commence lentement, avec beaucoup de cases par page, beaucoup de dialogues, de détails. Très bien, c’est agréable, le scénariste prend le temps de nous immerger dans l’époque, les lieux, dans la bande et tout ce qui tourne autour (les shérifs, marshals,…), mais ensuite, une fois la course poursuite engagée, cela s’accélère et on manquera de détails sur la communauté dans la montagne.

Et quelques explications n’auraient pas été superflues. Même s’il est impossible d’expliquer pourquoi des gens peuvent tourner de la sorte (et s’y complaire), même avec un prédicateur fort à la tête de leur communauté, un chouia de modération aurait été appréciable, parce que là, ça tourne un peu trop au récit d’horreur et d’épouvante.

C’était exaltant, il y avait de l’action, du suspense, de l’adrénaline, mais une fois l’épisode terminé et le souffle retombé, on en vient à se demander s’il était nécessaire d’en arriver à cette extrémité.

Ce genre d’extrémités sont réelles, elles ont déjà eu lieu, mais bien souvent dans des circonstances bien précises et limitées dans le temps. J’ai dû mal à croire qu’autant de gens puissent continuer de telles pratiques et s’y vautrer dedans. Moi, là, je vire végan de suite.

Anybref (comme le disais une copinaute), cet album est bon, il sait tenir son lecteur (lectrice) en haleine, lui donner envie de se carapater de la montagne en hurlant après sa mère, il y a de quoi lire dans les phylactères, c’est l’aventure avec un super grand A, on a des femmes hors-la-loi qui n’ont pas froid aux yeux, de la chevauchée dynamique, mais il est à réserver à des adultes et je préciserai que certaines scènes pourraient heurter la sensibilité de certains. J’ai grimacé de dégoût, mais je n’ai pas fermé les yeux.

L’Ouest sauvage dans toute sa splendeur… violente !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XX], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.