Bilan Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2020 ¡Olé!

Hélas, le Mois Espagnol est déjà terminé… Là-dessus, pas le temps de faire la siesta car je dois déjà me tenir prête à crier « Vive le Mois Anglais ! »

Cette année, confinement oblige, j’ai eu du temps pour lire plus et j’avais envie aussi de battre mes précédents records.

Non pas par soucis de compétition, mais juste pour faire honneur à Sharon, qui n’avait pas vraiment l’envie d’organiser son Mois Espagnol mais, comme je lui ai dis que si elle ne l’organisait pas, j’allais participer quand même, juste pour le fun, elle l’a mis au calendrier. Je l’en remercie !

Je n’ai jamais été une branquignole à son challenge (à aucun de ses challenges, d’ailleurs), mais là, j’ai pété les records, même si, une fois de plus, des romans sélectionnés plusieurs années de suite repartent dans les étagères, non lus.

On a beau lire à fond, il en reste toujours sur la pile et je n’ai même pas eu le temps de lire mes Del Arbol en retard, ni tous les autres que j’aurais vraiment souhaité lire cette année. Caramba encore raté !

Il y aura du rab’ pour l’édition 2021. Vu que j’avais une sélection de 70 titres et que j’ai rajouté 3 bédés ensuite (lues), il est clair que j’aurais eu bien besoin de 4 mois pour arriver à tout lire.

Sharon, on prolonge le Mois Espagnol ?? Ok, je sors et je file en Angleterre pour le Mois Anglais…

Oups, je vais passer de la paella à… On mange quoi de bon, chez les Anglais, hormis les petites saloperies sucrées à l’heure du thé ?? mdr

Ce que je retiendrai de ces lectures, c’est que si certaines furent des déceptions, d’autres furent des découvertes, des coups de cœur et des coups dans les tripes car la plupart de mes sélections étaient des romans noirs, des policiers durs et les lectures détentes furent peu nombreuses.

Livres lus et bilan de ce Mois Espagnol 2020 : 20 billets !

  1. El Niño de Hollywood : Juan José Martínez et Óscar Martínez (Salvador)
  2. Crack, chien patagon : Catelin Georges (Patagonie)
  3. Loverboy – Miguel Ángel Morgado 03 : Gabriel Trujillo Muñoz (Mexique)
  4. La fin de l’histoire : Luis Sepúlveda (Chili)
  5. Histoire d’une baleine blanche : Luis Sepúlveda (Chili)
  6. Tout pour la patrie : Martin Caparros (Argentine)
  7. L’homme en arme : Horacio Castellanos Moya (Salvador)
  8. Jungle : Miguel Bonnefoy
  9. Il pleut sur Managua : Sergio Ramirez (Nicaragua)
  10. Dracula, Dracul, Vlad ?, Bah.. : Alberto Breccia (Argentine)
  11. Dracula : Fernando Fernández (Espagne)
  12. Mala vida : Marc Fernandez (France/Espagne)
  13. La conspiration des médiocres – Perro Lascano 04 : Ernesto Mallo (Argentine)
  14. Le tableau du maître flamand : Arturo Perez-Reverte (Espagne)
  15. La frontière sud : José Luis Muñoz
  16. Le Manuscrit de Grenade : Leconte Marianne (France/Andalousie)
  17. Spirou et Fantasio – T07 – Le Dictateur et le champignon : Franquin (Palombie)
  18. Ni vivants ni morts : Federico Mastrogiovanni (Mexique)
  19. De loin on dirait des mouches : Ferrari Kike (Argentine)
  20. Chez les Gauchos : Backhouse Hugo (Angleterre/Argentine)

54 romans Repartent dans les étagères pour une nouvelle année de poussières… 

  1. Amigorena Santiago : Le ghetto intérieur (Argentine)
  2. Arból Víctor del : La veille de presque tout (Espagne)
  3. Arból Víctor del : Le poids des morts (Espagne)
  4. Arból Víctor del : Par-delà la pluie (Espagne)
  5. Arból Víctor del : La maison des chagrins (Espagne)
  6. Argemí Raúl : À tombeau ouvert (Argentine)
  7. Arriaga Guillermo : Un doux parfum de mort (Mexique)
  8. Bolaño Roberto : 2666 (Chili)
  9. Bryan Helen : Femmes de l’ombre (États-Unis/Andalousie)
  10. Cabré Jaume : Les voix du Pamano (Espagne)
  11. Carter Chris : Le prix de la peur – Détective Robert Hunter 02  (Brésil)
  12. Del Castillo Michel : La nuit du décret (France/Catalogne)
  13. Del Valle Ignacio : Empereurs des ténèbres (Espagne)
  14. Del Valle Ignacio : Les Démons de Berlin (Espagne)
  15. Diaz-Eterovic Ramon : L’Obscure Mémoire des armes (Chili)
  16. Diaz-Eterovic Ramon : Negra soledad (Chili)
  17. Fernandez Diaz J : Le gardien de la Joconde (Argentine)
  18. Fernandez Marc : Guerilla social club (France/Espagne)
  19. Franco Jorge : Le Ciel à bout portant (Colombie)
  20. Gamboa Santiago : Des hommes en noir (Colombie)
  21. Garduno Juan de Dios : Welcome to Harmony (Espagne)
  22. Giménez-Bartlett : Le silence des cloîtres (Espagne)
  23. González Ledesma : La dame de cachemire – Mendez 04 (Espagne)
  24. González Ledesma : Des morts bien pires – Mendez 11 (Espagne)
  25. González Ledesma : Cinq femmes et demie – Mendez 07 (Espagne)
  26. González Tomás : L’Histoire d’Horacio (Colombie)
  27. Mallo Ernesto : Les hommes t’ont fait du mal – Perro Lascano 03 (Argentine)
  28. Martinez Agustin : Monteperdido (Espagne)
  29. Miranda Miguel : Quand les vautours approchent (Portugal)
  30. Montero Manglano : Table du roi Salomon (Espagne)
  31. Montero Rosa : Le Poids du coeur (Espagne)
  32. Montero Rosa : Le temps de la haine (Espagne)
  33. Padura Leonardo : La transparence du temps – Mario Conde 08 (Cuba)
  34. Peeters Hagar : Malva (Pays-Bas/Chili – Pablo Neruda)
  35. Plante Alicia : Les eaux troubles du tigre (Argentine)
  36. Quiros Daniel : Pluie des ombres – Don Chepe 2 (Costa Rica)
  37. Ravelo Alexis : La stratégie du pékinois (Espagne)
  38. Redondo Dolores : Trilogie du Baztán, T1 : Le gardien invisible (Espagne)
  39. Rocha Luis Miguel : Le dernier pape (Portugal)
  40. Roncagliolo Santiago : Avril rouge – Félix Chacaltana 01 (Pérou)
  41. Roncagliolo Santiago : La peine capitale – Félix Chacaltana 02 (Pérou)
  42. Ruiz Zafon Carlos : Le jeu de l’ange (Espagne)
  43. Salem Carlos : Je reste roi d’Espagne (Argentine)
  44. Sepúlveda Luis : Un nom de torero (Chili)
  45. Sepúlveda Luis : Le vieux qui lisait des romans d’amour (Chili)
  46. Somoza José Carlos : La caverne des Idées (Espagne)
  47. Sánchez Pardos : Daniel Barcelona (Espagne)
  48. Santiago Mikel : Le Mauvais Chemin (Espagne)
  49. Taibo II Paco Ignacio : Nous revenons comme des ombres (Mexique)
  50. Taibo II Paco Ignacio : Jours de combat (Mexique)
  51. Taibo II Paco Ignacio : Ombre de l’ombre (Mexique)
  52. Trelles Paz Diego : Bioy (Pérou)
  53. Zanon Carlos : Taxi (Espagne)
  54. Zukerman David : San Perdido (France/Panama)

Mages – Tome 3 – Altherat : Jean-Luc Istin et Laci

Titre : Mages – Tome 3 – Altherat

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Laci

Édition : Soleil (27/11/2019)

Résumé :
La nécromancie est l’art lié à la mort. Il n’est pas le plus populaire et pourtant il possède ses propres attraits et un certain sens de la poésie…

Altherat est un mage aux ordres de Goddrick, un roi roublard, vicieux, sadique, qui n’hésite pas à tuer ou faire tuer qui bon lui semble.

Altherat doit lui obéir et servir ses desseins les plus fous. Il ne trouve de réconfort que dans les bras de sa bien-aimée décédée mais qu’il a ressuscitée en secret.

Quand le roi se met à convoiter les autres royaumes d’Yrlanie, Altherat s’inquiète.

Et quand, lors d’un banquet organisé par Goddrick, le roi Erik et son mage meurent empoisonnés, l’inquiétude passe au désarroi car le poison utilisé est celui d’Altherat. Une enquête commence…

Critique :
Altherat est un mage nécromancien et c’est le genre de mage qu’on n’a pas envie d’inviter à une fiesta !

Zéro humour, un habit en poils de yack (ou de yéti, on ne distingue pas bien, mais ça doit sentir), tire son pouvoir des morts et il sert un roi tyrannique, cruel, assoiffé de pouvoir, stupide…

Et nous on se plaint de notre roi qui a l’air tout mou et tout gentil ? Avec le roi Goddrick sur le trône, nous chierions tous dans nos culottes.

Ça commence mal, deux personnages importants et on a zéro empathie ou début de sympathie pour eux…

Rassurez-vous, ça ne nuira pas à votre lecture ! Bienvenue dans un royaume où Éros et Thanatos dansent un tango langoureux. Bienvenue dans un royaume où le calife veut être calife de tous les califes, à n’importe quel prix, au mépris de tous les conseils, prêt à tout pour que les autres rois se prosternent à ses pieds.

Son mage est puissant, même s’il ne sert son roi que contraint et forcé. Pourquoi ? Parce que les mages ont été puni suite aux folies zombiesque que l’elfe Lah’saa à fait subir aux terres d’Arran, après qu’elle ait été manipulée par un mage…

Altherat est le prisonnier de son roi mais lui même a une prisonnière, Aryann, une femme qu’il aimait, sans espoir de retour et qu’il est allé rechercher aux portes du royaume d’Hadès… Morbide.

Le pouvoir et l’amour… L’amour du pouvoir. La domination, les magouilles et la soif de pouvoir que seules les annexions (Anschluss) des royaumes voisins étancherons… Altherat doit suivre les folies de son roi.

Mais lorsqu’un autre roi décède à la table du banquet, Altherat s’inquiète et à raison : l’empoisonnement porte sa marque, donc, il est le principal suspect et s’il veut prouver son innocence, il va devoir jouer les enquêteurs.

Moins d’action mais plus de psychologie des personnages, avec un roi cruel et fourbe, un mage contraint et forcé, des jeux de pouvoir et de trônes, des ambitions démesurées et une histoire d’amour secrète entre le mage et une jeune fille…

Des rebondissements, une enquête, des coups tordus, des arroseurs arrosés, des batailles, des beaux dessins, des dialogues, un scénario aux petits oignons, un mage nécromancien auquel on s’attache doucement, un mage torturé entre ce qu’il est obligé de faire et ce qu’il aimerait faire, enchaîné contre son gré à un roi crétin, des surprises et un final qui laisse avec bien des interrogations pour la suite de toutes les sagas.

Damned, je suis sous le charme !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°232).

De loin on dirait des mouches : Kike Ferrari

Titre : De loin on dirait des mouches

Auteur : Kike Ferrari
Édition : Albin Michel (2019) / Le Livre de Poche Policier (2020)
Édition Originale : Que de lejos parecen moscas (2011)
Traduction : Tania Campos

Résumé :
Un glock, des menottes en fourrure, de l’arrogance, de la cocaïne. Et un cadavre. Tout cela tient dans la BMW noire du senor Machi, self made man de l’époque des dictateurs argentins et aujourd’hui entrepreneur sans scrupules.

Lui qui se croit au-dessus de tout le monde voit son univers doré réduit en poussière lorsqu’il découvre le corps d’un homme sans visage dans le coffre de sa BM flambant neuve.

Six heures de la vie d’un personnage infect, étouffé par sa propre prétention, qui doit se débarrasser d’un cadavre. Six heures à passer en revue – et ils sont nombreux – tous les « hijos de mil putas » qui voudraient le voir tomber.

Une attaque frontale contre la bourgeoisie argentine de l’époque de Videla, où les hommes d’affaires sont véreux et leurs femmes accommodantes.

Critique :
Le senor Luis Machi est un enfoiré de sale parvenu qui ne se prend pas pour de la merde mais considère tout le monde comme des résidus de chiottes sales, alors qu’en fait, c’est lui qui l’est.

Oui, Machi est un type abject, avec des airs de Trump dans sa manière qu’il a d’envoyer tout le monde au diable, de leur couper la parole, de raccrocher avant, de donner des ordres et de se vanter que lui, il est parti de rien et qu’il a réussi.

Pourtant, on s’amuse de le voir s’empêtré les pieds, non pas dans un tapis, mais dans un cadavre.

Certains ont des cadavres dans le placard, lui, c’est dans le coffre de sa BM. Menotté, en plus, le cadavre… Le but des prochaines heures sera de ne pas se faire prendre avec le cadavre, s’en débarrasser et trouver qui le déteste à ce point-là que pour vouloir lui faire porter le chapeau.

Ils sont légions ceux qui aimeraient foutre en l’air quelques heures de la vie de Machi. Il s’est essuyé les pieds sur tout le monde, a trompé sa femme, a traité ses maîtresses comme de la merde, ses employés encore plus, jamais de remerciements et j’en passe. Sa carte des méfaits est longue.

Ce roman noir et déjanté vous propose de faire un voyage dans la tête d’un salopard, de ne rien rater de ses pensées monstrueuses, de ses souvenirs, de ses rails de coke et de son esprit limité, comme peu l’être celui de Trumpinette pour tout ce qui touche à la culture, à la lecture et à tout ce qui ne l’intéresse pas.

Machi a beau jouer au macho, on devine les blessures de la jalousie sous son arrogance, lui qui est parti de rien, lui qui n’a pas un nom en deux parties, comme son épouse, lui qui n’est pas né avec une cuillère en argent dans la bouche, comme elle.

Lui qui, comme beaucoup d’autres, ont profité de la dictature argentine pour s’en mettre plein les poches. Lui qui, comme tous ces nouveaux riches, n’a aucun poids sur la conscience. La quoi ? La conscience ? Pardon, ce mot n’existe pas dans son dico perso.

Enfin bon, il a sa Rolex, donc, il a réussi sa vie, n’est-ce pas ? Plus des costards italiens taillés sur mesure, des cravates en soies d’Italie, des cigares, des vins et des alcools de choix. Un vrai bling-bling qui sniffe de la coke comme d’autres se mouchent le nez un jour de rhume.

Si je vous en parler, c’est parce que tandis que notre pute de fils cherche à se débarrasser du macchabée, il pense déjà à tous ces petits plaisirs qu’il va s’offrir en rentrant chez lui.

Oui, Luis Machi est abject, arrogant, pédant, mal élevé, sans conscience, salopard, harceleur, trompe sa femme, baise autant qu’un croisement improbable entre DSK et le Rocco des films X, méprise tout le monde et puis se demande qui a bien pu lui en vouloir pour lui jouer un coup de pute de la sorte.

C’est justement parce qu’il est tout ça que l’on se délecte en le voyant se démener, vitupérer, s’énerver, crier, mordre sur sa chique et tenter d’être poli de temps en temps, afin de ne pas se faire trop remarquer et même courber l’échine devant des flics… Le tout durant quelques heures qui seront les plus longues de sa vie et qui feront le plaisir des lecteurs, témoins de sa déchéance.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°231 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 19].

 

 

Ni vivants ni morts : Federico Mastrogiovanni

Titre : Ni vivants ni morts

Auteur : Federico Mastrogiovanni
Édition : Métailié – Bibliothèque hispano-américaine (09/02/2017)
Édition Originale : Ni vivos ni muertos (2015)
Traduction : Francois Gaudry

Résumé :
Depuis une dizaine d’années, on compte plus de 30.000 disparus au Mexique. Avec les 43 étudiants de l’École normale d’Ayotzinapa, l’onde de choc s’est répandue dans le monde, mais ni la pression internationale, ni les associations des droits de l’homme, ni les initiatives des familles n’ont suffi, dans ce cas comme dans d’autres, à faire apparaître la vérité – et encore moins à enrayer le phénomène.

Ni vivants ni morts : les disparus sont là, dans cet interstice, ce no man’s land, invisibles, sans corps, sans tombe, sans aucune existence. Arrachés à leur vie, et comme dissous dans l’atmosphère.

Pour leurs proches, aucun recours, le deuil impossible, l’angoisse interminable, les menaces, l’hypocrisie des autorités.

L’enquête fouillée de Federico Mastrogiovanni, à travers des entretiens avec les parents des victimes, des experts, des activistes, des journalistes, démontre que la disparition forcée est un outil de pouvoir terriblement efficace, qui fait taire jusqu’à la possibilité d’une contestation.

C’est le portrait sensible et effrayant d’un pays miné par la peur, où l’État piétine sciemment ses propres prérogatives – et les droits de ses citoyens –, quand il ne se comporte pas directement comme le pire des délinquants.

Critique :
La prochaine fois que je ronchonnerai sur nos gouvernants, j’aimerai qu’on me susurre à l’oreille « Mexico » ou « Felipe Calderon », juste pour me rappeler que malgré leur gabegie et leur incompétence, il est préférable d’être dirigé par ces voleurs que par les assassins au pouvoir qui sévissent au Mexique.

Les mexicains ne savent plus où finit l’Etat et où commence le crime, et vice-versa car tout le système est infiltré, pourri, gangrené par les cellules d’un cancer qui est plus terrible que le vrai.

Ne faites confiance ni à la police, ni à l’armée, ni aux dirigeants. Ils sont pire que tout…

Ni vivants, ni morts… Tel le chat de Schrödinger, ces personnes disparues se retrouvent dans une dimension parallèle pour leurs familles qui ne savent pas faire leur deuil puisque personne ne sait si ces disparus sont morts, assassinés ou servent de main d’oeuvre bon marché quelque part.

Le néant total et donc, zéro enquête et zéro justice puisque le concept de « disparitions forcées » (inventée par les nazis) n’est pas inscrit dans le code pénal. Un peu comme si tout ce gens (plus de 30.000) avaient décidé de partir ailleurs sans prévenir personne.

Ce roman qui oscille entre roman noir et roman policier n’est ni l’un ni l’autre. C’est en fait une gigantesque enquête sur une réalité glaçante que sont ces disparitions ou ces assassinats… Parfois même, ce sont les habitants de villages entiers qui ont disparu et croyez-moi, même Fox Mulder saurait que ce n’est pas l’oeuvre des extra-terrestres.

Bizarrement, dans des zones ultra violentes, des sociétés investissent quand même… Le sous-sol est riche d’or, de gaz de schiste, de métaux, de pétrole et les techniques d’extractions sont toutes plus polluantes les unes que les autres. Non content d’avoir fait disparaître des populations entières ou de les avoir chassé par la violence, le saccage continuera et après pillage, pas de nettoyage… Si ce n’est des corps.

Le pire pour les familles des disparus ? En plus de ne rien savoir sur leurs proches disparus, les familles doivent aussi encaisser une criminalisation des victimes retrouvées parfois assassinées dans un fossé, comme si en fin de compte, elles l’avaient bien méritées puisque appartenant au milieu du crime. Hors, il n’en est rien !

Douche froide sur ma tête car moi aussi, lorsque je vois aux infos qu’un criminel-délinquant a été assassiné, je me dis que ce n’est que justice…

Mais non, ce n’est pas de la justice. Et si cette personne était innocente, alors ? Je serais complice de tout ceux qui la criminalise pour se dédouaner de leur assassinat et laver le sang sur leurs mains, même si nous ne sommes pas au Mexique. J’étais moins fière, tout à coup.

Ce roman d’enquête, après son introduction qui vous fige déjà la bouche ouverte devant autant d’horreur, va nous parler de quelques personnes disparues, nous livrer les récits des témoins (qui se terrent), du ressenti de leur famille, de leurs combats, voués à l’échec, du cauchemar qui commence, de cette attente, de cette mort lente qui va les prendre dans ses bras.

Le cœur est au bord des lèvres durant la lecture. La vie d’une famille a basculé parce que Untel était au mauvais endroit, au mauvais moment. Kidnappé ? Assassiné ? Devenu un esclave ? Une mule ?

Quelques réponses mais jamais de justice. Normal, la disparition forcée au Mexique est utilisée surtout comme stratégie de terreur car chaque personne disparue affecte le moral de beaucoup de monde autour de lui.

Sous l’empire de la terreur, on fait tout ce qu’on ne devrait pas faire et on permet ainsi la progression du processus de guerre et d’enfermement. La phrase qu’on entend le plus au Mexique aujourd’hui est : « Je ne peux plus sortir de chez moi ». Alors on libère la rue, le territoire du délit pour les délinquants et ceux qui contrôlent le territoire peuvent agir en toute impunité.

Est-ce la police qui l’a enlevé ? Les narcos ? Est-ce l’armée qui a assassiné ces étudiants ? Oups, pardon, sujet tabou ! La Grande Muette n’a jamais aussi bien portée son nom. Les pires âneries seront dites en conférence de presse, après l’exécution de ces 43 étudiants mais gare à ceux qui mettraient en doute ce qui a été dit.

C’est un Mexique loin des cartes postales, que l’auteur nous dévoile, c’est un pays de tortionnaires, de voyous, d’assassins et les pires ne sont pas chez les narcos ou le crime organisé. Le pire est bien souvent à la tête de l’état. Un état qui ne fait pas son mea culpa alors qu’il se comporte comme l’Allemagne nazie le fit, en son temps.

C’est une enquête qui glace les sangs, qui serre les tripes, qui met le coeur au bord des lèvres. C’est un livre qui fait monter en vous des sensations horribles lorsque vous pensez à la douleur des familles, à la terreur qui cloue ces gens car on ne sait jamais où le prochain coup va tomber.

Si la peur fait bouger les gens, les poussent à réfléchir, à se dépasser, la terreur, elle, les fige au milieu de la route, dans les phares… Les prédateurs n’ont plus qu’à donner le coup de grâce aux pauvres lapins.

Un roman enquête qui ne laisse pas indifférent et à éviter de lire avant de partir en vacances là-bas, ça vous les gâcherait… Moi, je n’irai pas.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°230 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 18].

 

 

The English Month is bientôt (dans pas longtemps) back ! [June 2020 – Season 9]

YES ! Le Mois Anglais va bientôt recommencer, comme chaque année en juin.

Puisque mes vacances sont à l’eau (snif), j’aurai – en principe – plus de temps à consacrer à ce Mois adoré… Comme je ne circule pas de trop en ces temps de pandémie et que je vais prendre mes congés parce qu’il faut bien les prendre, j’espère dépasser mes scores de dingues des autres années (oserait-on rêver à dépasser les 62 billets de 2014 ?).

Cette année, j’avais envie de changer mon fusil d’épaule et de lire autre chose que ce que je lis habituellement pour le Mois Anglais et le restant de l’année.

Pas de panique, vous aurez tout de même droit à des classiques tels que Sherlock Holmes (jeune, en version fantasy et en bédé), Jack The Ripper ou la reine du crime Agatha Christie, avec du Hercule Poirot et même du miss Marple !

Tiens, j’ai même encore un Poirot apocryphe à vous proposer…

Il y aura aussi des romans policiers traditionnels avec des enquêtes contemporaines ou historiques, ainsi que des Classiques anglais (Oscar Wilde, même s’il est Irlandais, Nancy Mitford, Thomas Hardy, Jean Ray et ses nouvelles anglaises), pour garder l’équilibre et même de la littérature jeunesse (Roald Dahl, Michael Morpurgo, Irene Adler) pour la cure de jouvence !

Je n’ai pas oublié non plus d’y adjoindre des romans que j’avais déjà sélectionné les autres années mais que je n’avais jamais eu le temps de lire. Cette fois-ci, je ne le dis plus, je les lis, nom de Dieu !

Lorsque j’ai commencé à monter ma PAL pour le Mois Anglais (Livraddict, pour la liste), j’en ai profité pour décider de sortir des sentiers battus et d’aller m’amuser avec des auteurs Anglais dont l’action se déroule ailleurs

Par exemple en Amérique (R.J Ellory), dans la pampa d’Argentine (Backhouse Hugo), au Japon (David Kirk), à Paris (Tim Willocks), en Russie (Kate Furnivall & Sam Eastland), en Allemagne (David Thomas)… J’ai même du Gengis Khan !

Puis, tant qu’à changer de lieu, autant aller dans le fantastique, la fantasy, le steampunk ou la SF ! Soyons folle (et je le suis !).

Pas de panique, je n’ai pas oublié les bédés, même si je commence à avoir de plus en plus de mal à en trouver qui se déroulent en Angleterre (ou traduites d’auteurs Anglais).

En fouillant un peu, j’ai réussi à dénicher des Sherlock Holmes avec des images (des histoires classiques tirées des 4 romans, une d’humour et du steampunk-fantastique), une nouvelle série que ne connaissais pas (Special Branch) ou tout simplement des bons vieux Blake & Mortimer quand les deux compères sont à Londres ou un Tintin face à un gorille sur une île noire.

J’ai essoré ma PAL, traqué tout ce qui avait un accent anglais, rameuté Gogole, BabelioSens Critique, Booknode, Comixtrip, Coin Bédé ou Wiki (et Wikiki encore) pour m’aider dans mes recherches de bédés se déroulant en Angleterre.

Ensuite, jai fait tourner les systèmes qui font des recherches sur mes étiquettes (littérature anglaise) et tapé un œil sur mes anciennes listes afin d’en avoir le plus possible pour m’amuser cette année et en 2021 (si on me prête vie).

Par contre, je ne suis pas inspirée par des séries ou des films, donc, à moins d’un miracle, il n’y en aura pas cette année… Depuis le début du confinement, je n’ai pas envie de regarder toutes les séries ou les films que je possède…

Avant que les organisatrices ne tombent dans les pommes devant ma liste comportant 126 entrées, je le dis de suite : il est impossible de tout lire en 30 jours, même pour moi. J’avais juste envie d’avoir du choix pour piocher selon mes humeurs.

Et puis, cette longue liste pourrait donner des idées à des participantes (je n’ai jamais vu un mec au Mois Anglais, donc…), cette liste. Ou à des copinautes qui ne participent pas mais qui m’encouragent sur le banc de touche, m’offrant du thé, des scones ou du café fort afin que je tienne le coup (Ida, à tes fourneaux !).

Liste dans laquelle je vais puiser allègrement (oui, elle est longue mais elle servira longtemps) et pour les couvertures, passez faire un tour sur Livraddict.

  1. Chez les Gauchos : Backhouse Hugo [Aventures]
  2. Sherlock, Lupin & moi, T08 – Le secret de l’oeil d’Horus : Adler Irene [Polar]
  3. Grand livre de l’horreur, T05 – Sur les traces de Sherlock Holmes : Zimmermann [Fantastique]
  4. Détectives du Yorkshire, T02 – Rendez-vous avec le mal : Chapman [Polar]
  5. Loveday & Ryder, T01 : Le corbeau d’Oxford : Martin Faith [Polar]
  6. Frère Athelstan, T05 – Le Fanal de la mort : Doherty Paul [Polar]
  7. Frère Athelstan, T01 – La galerie du rossignol : Doherty Paul [Polar]
  8. Son Espionne royale mène l’enquête, T01 : Bowen Rhys [Polar]
  9. L’importance d’être constant : Wilde Oscar [Roman Théâtre]
  10. Le portrait de Dorian Gray (non censuré) : Wilde Oscar [Roman]
  11. La Rose pourpre et le Lys, T01 : Faber Michel [Roman Historique]
  12. Bas-Fonds Londres – Crimes et prostitution sous règne Victoria : Chesney [Historique]
  13. Parmi les tombes : Powers Tim [Fantasy]
  14. La chair du limier : Belmont Stéphane [Polar]
  15. Un Parfum de Mort : Andrew Taylor [Polar Historique]
  16. Lizzie Martin, T07 : L’orpheline de Salisbury : Granger Ann [Polar]
  17. Thomas Hawkins, T01 – Le sourire du Diable : Hodgson Antonia [Polar]
  18. Thomas Hawkins, T02 – La trahison de la reine : Hodgson Antonia [Polar]
  19. Les chroniques de St Mary’s, T02 – D’écho en échos : Taylor Jodi [SF]
  20. L’héritier de Dracula : Sam Stall et Roland Sarkany [Fantastique] [Polar]
  21. Giordano Bruno, détective, T01 – Le prix de l’hérésie : Parris S. J. [Polar]
  22. Elle n’en pense pas un mot : Tey Josephine [Polar]
  23. Soeur Fidelma, T01 – Absolution par le meurtre : Tremayne Peter [Polar]
  24. Les Dernières heures : Walters Minette [Roman Historique]
  25. Depuis le temps de vos pères : Waddell Dan [Polar]
  26. Le jour où Kennedy n’est pas mort : Ellory R. J. [Polar Thriller]
  27. Max Wolfe, T02 – Les anges sans visage : Parsons Tony [Polar]
  28. La ferme du bout du monde : Sarah Vaughan [Roman]
  29. L’Accusé du Ross-Shire : Graeme Macrae Burnet [Polar]
  30. Jacks : Chavaneau Benoit [Polar]
  31. Jack l’Éventreur, le secret de Clifford Harrington : Dumas Patrice [Polar]
  32. L’héritage de Jack l’Éventreur : Buan Hugo [Polar]
  33. Jack l’Éventreur, les morts : Ruaud André-F [Étude]
  34. Nouvelles enquêtes dePoirot, T03 – Crime en toutes lettres : Hannah [Polar]
  35. La nuit qui ne finit pas : Christie Agatha [Polar]
  36. Miss Marple, T13 – La dernière énigme : Christie Agatha [Polar]
  37. Hercule Poirot , T34 – La troisième fille : Agatha Christie [Polar]
  38. A comme arsenic – Les poisons d’Agatha Christie : Harkup Kathryn [Étude]
  39. Agatha Christie de A à Z : Martinetti Anne [Étude]
  40. Les nombreuses vies d’Hercule Poirot : Ruaud et Mauméjean [Étude]
  41. Sherlock Holmes, une vie : Ruaud André-François [Étude]
  42. London noir : Ruaud André-François [Étude]
  43. Dossiers Cthulhu,T03 – Sherlock Holmes et les démons marins du Sussex :  Lovegrove James [Fantastique]
  44. Moriarty – Le chien des d’Urberville : Newman Kim [Fantastique]
  45. Étrange affaire de Spring Heeled Jack : Hodder [SF]
  46. Les Notes de sang, T01 : Vailly Corinne [SF]
  47. Anno Dracula, T01 : Newman Kim [Fantastique]
  48. Le temps fut : McDonald Ian [SF]
  49. Troie, T02 – Le bouclier du tonnerre : Gemmell David [Fantasy]
  50. Blackwing, T02 – Le Cri du corbeau : McDonald Ed [Fantasy]
  51. Téméraire, T05 – La victoire des aigles : Novik Naomi [Fantasy]
  52. L’âge du feu, T04 – L’attaque du dragon : Knight E. E. [Fantasy]
  53. Bartiméus, T04 – L’anneau de Salomon : Stroud Jonathan [Fantasy]
  54. Lady Helen, T01 – Le club des mauvais jours : Goodman Alison [Fantasy]
  55. La maison des morts : Pinborough Sarah [SF]
  56. Au service de Sa Majesté la Mort, T01 – L’ordre des revenants : Hervieux [Fantasy]
  57. Au service surnaturel de sa majesté, T02 – Agent double : O’Malley [Fantastique]
  58. SS-GB : Deighton Len [SF Dystopie]
  59. Blitz, T01 – Black-out : Willis Connie [SF]
  60. Roslend, T01 : Somers Nathalie [Fantastique]
  61. Le Guide du voyageur galactique, T01 : Adams Douglas [SF]
  62. Ostland : Thomas David [Polar Historique]
  63. Tess d’Urberville : Hardy Thomas [Roman Classique]
  64. Le samouraï : Kirk David [Aventures Historique]
  65. L’inconnue de Queen’s Gate : Beddingfeld Anne [Polar]
  66. Cuits à point : Serrano Élodie [Fantasy]
  67. Sláine Adamson, T01 – De trèfles et de plumes : Arden J. [Fantastique]
  68. Smoke : Vyleta Dan [Fantastique]
  69. Enquêtes extraordinaires Newbury et Hobbes, T01 – Revenants Whitechapel : Mann George [Fantastique]
  70. Henry Wilkes, T02 – Les fantômes du passé : Perrin-Guillet [Polar Historique]
  71. L’affaire Birdie Barclay : Finlay Mick [Polar Historique]
  72. David Ash, T01 – Hanté : Herbert James [Fantastique Épouvante]
  73. David Ash, T02 – La conspiration des fantômes : Herbert James [Fantastique]
  74. Craw Trilogy, T01 – La Rune du loup : M.D. Lachlan [Fantasy]
  75. Mage de Bataille, T01 : Flannery Peter A. [Fantasy]
  76. Merfer : China Miéville [SF]
  77. Jane Austen contre le Loup-Garou : Ciaudo Marianne [Fantastique]
  78. En fuite vers Bradford  : Flanders John [Fantastique]
  79. Les contes du Whisky : Jean Ray [Fantastique]
  80. Les Douze enfants de Paris : Willocks Tim [Polar Historique]
  81. L’oeil du Tsar Rouge : Eastland Sam [Polar]
  82. Le diamant de Saint-Pétersbourg : Furnivall Kate [Polar Historique]
  83. Matthew Shardlake, T04 – Prophétie : Sansom C. J. [Polar Historique]
  84. Épopée Gengis Khan, T02 – Seigneur des steppes : Iggulden [Historique]
  85. L’Âme du temple, T01 – Le Livre du Cercle : Young Robyn [Historique]
  86. Les Maîtres d’Ecosse, T01 – Insurrection : Young Robyn [Historique]
  87. Deux soeurs pour un roi : Gregory Philippa [Historique]
  88. La Nuit de l’infamie : Cox Michael [Polar Historique]
  89. Je suis Pilgrim : Hayes Terry [Polar]
  90. Mansfield park : Jane Austen [Roman Classique]
  91. Maudit mercredi : Nicci French [Polar]
  92. Highland fling : Mitford Nancy [Roman]
  93. Avec vue sur l’Arno : E.M Forster [Roman]
  94. Les Mortes-Eaux : A.M Hurley [Polar]
  95. La Peste Noire, grandes peurs et épidémies (1345-1730) : Naphy [Historique]
  96. Mauvais Garçon : Morpurgo Michael [Jeunesse]
  97. Sacrées sorcières : Dahl Roald [Jeunesse]
  98. Londres Noir : Collectif [Polar Noir]
  99. Londres Express : Peter Loughran [Polar Noir]
  100. 3 minutes pour comprendre multiples visages de Londres : Denison [Étude]
  101. Baker Street – T05 – Le cheval qui murmurait à l’oreille de Sherlock Holmes : Barral et Veys [Bédé]
  102. Archives secrètes de Sherlock Holmes – T02 – Le Club de la mort : Marniquet et Chanoinat [Bédé]
  103. Archives secrètes de Sherlock Holmes – T03 – Les Adorateurs de Kâli : Marniquet et Chanoinat [Bédé]
  104. Une histoire illustrée de Sherlock Holmes – T01 – Le chien des Baskerville : Edginton & Culbard [Bédé]
  105. Une histoire illustrée de Sherlock Holmes – T02 – Une étude en rouge : Edginton & Culbard [Bédé]
  106. Une histoire illustrée de Sherlock Holmes – T03 – Le signe des quatre : Edginton & Culbard [Bédé]
  107. Une histoire illustrée de Sherlock Holmes – T4 – La vallée de la peur : Edginton & Culbard [Bédé]
  108. M.O.R.I.A.R.T.Y – T01 – Empire mécanique : Duval & Pécau [Bédé]
  109. M.O.R.I.A.R.T.Y – T02 – Empire mécanique : Duval & Pécau [Bédé]
  110. Maudit sois-tu – T01 : Zaroff Pelaez et Puerta [Bédé]
  111. Mystères de Whitechapel – Terreur sur Londres : Marniquet, Chanoinat [Bédé]
  112. Special Branch – T01 – L’agonie du léviathan : Roger Seiter et Hamo [Bédé]
  113. Special Branch – T02 – La course du Léviathan : Roger Seiter et Hamo [Bédé]
  114. Special Branch – T03 – L’éveil du Léviathan : Roger Seiter et Hamo [Bédé]
  115. Special Branch – T04 – Londres rouge : Roger Seiter et Hamo [Bédé]
  116. Blake et Mortimer – T06 – La Marque jaune : Edgar P. Jacobs [Bédé]
  117. Blake et Mortimer – T13 – L’affaire Francis Blake : Van Hamme & Benoît [Bédé]
  118. Blake et Mortimer – T21 – Le serment des cinq lords : Yves Sente [Bédé]
  119. Les aventures de Tintin – T07 – L’Île Noire : Hergé [Bédé]
  120. Basil et Victoria – T01 – Sâti : Edith Grattery et Yann [Bédé]
  121. Le club des prédateurs – T01 – The Bogeyman : Mangin et Dupré [Bédé]
  122. Le club des prédateurs – T02 – The party : Mangin et Dupré [Bédé]
  123. Dickens & Dickens – T01 – Destins croisés : Rodolphe et Griffo [Bédé]
  124. Alix – T33 – Britannia : Bréda, Marc Jailloux et Jacques Martin [Bédé]
  125. Magicien de Whitechapel – T02 – Vivre pour l’éternité : André Benn [Bédé]
  126. Magicien de Whitechapel – T03 – L’éternité pour mourir : André Benn [Bédé]

 

Spirou et Fantasio – Tome 7 – Le Dictateur et le champignon : André Franquin

Titre : Spirou et Fantasio – Tome 7 – Le Dictateur et le champignon

Scénaristes : André Franquin & Maurice Rosy
Dessinateur : André Franquin

Édition : Dupuis (1956)

Résumé :
Le Marsupilami serait bien mieux en Palombie. Spirou décide de l’y renvoyer. Arrivé sur place, il constate que Zantafio y a installé une dictature.

Critique :
— Ouvrez vos atlas, bande de cancre, et trouvez-moi la Palombie dessus ! Mais si, ça existe la Palombie ! Non, bande de moules, elle n’est pas voisine du royaume de Syldavie ! La Syldavie est dans les Balkans, nom de Zeus, Marty. Comme vous séchez, je vous donne un premier indice : Amérique du Sud !

Lorsque j’étais gamine et que je relisais cet album (j’ai commencé jeune), je riais toujours des facéties du Marsupilami avec la bonbonne de Métomol, faisant fondre tous les métaux dans la petite ville de Champignac.

Hurlant de rire devant les bêtises du même Marsupilami lors de leur traversée vers la Palombie, pour aller le relâcher dans la forêt vierge et je repartais de plus belle avec la seconde partie du voyage, en avion…

Fantasio avec son caractère soupe au lait est un bon client pour faire démarrer les gags, lui qui s’emporte toujours, entraînant Spirou dans les bagarres, malgré lui.

Je riais des discours alambiqués du maire et de toutes les situations cocasses, dont celle faites par le dictateur qui, après un attentat à la bombe, demandais au directeur de la sécurité de faire emprisonner des tas de gens, dont le directeur de la sécurité même !

C’est une aventure avez du rythme, de l’action, et des gags. Publié avant dans l’hebdo Spirou, les dessinateurs/scénaristes se devaient de terminer les pages avec un brin de suspense pour que le lecteur revienne la semaine suivante.

Donc, on ne s’emmerde pas et on sourit beaucoup, même si les sourires sont jaunes, car depuis, j’ai bien grandi et je sais maintenant que les dictatures ne sont pas des trucs drôles comme celle de Palombie…

En poussant la réflexion à son paroxysme, il est clair que les gags de Franquin dénoncent les régimes autoritaires avec les ambitions folles du chef suprême, ses discours où toute la ville se doit d’assister, d’applaudir, de crier « viva Zantas », où la liberté de la presse n’existe pas, où les gens sont pauvres et sous la coupe d’un taré qui ne rêve que d’attaquer le pays voisin, quitte à mettre en scène des problèmes à la frontière.

Tout ça, je ne le voyais pas quand n’étais gosse. Je ne comprenais pas non plus que les mimiques exécutées par le dictateur Zantas lors de son discours avaient été copiées sur celle de Chaplin dans le film « Le dictateur », elles mêmes copiées du triste sire moustachu…

Comme quoi, sous couvert de l’humour, des gags amusant, Franquin dénonçait le régime des dictatures et moi, enfant, je ne le comprenais pas vraiment… Il a fallu que je grandisse pour redécouvrir une partie des albums avec un autre œil.

Oui, je ris toujours, mais dans le fond, quand je referme l’album, j’ai un petit serrement au cœur, les tripes qui se nouent et les mains un peu moites.

Un bel album où Spirou et Fantasio auront fort à faire pour empêcher l’invasion du pays voisin, jouer les agents doubles, faire preuve de duplicité afin d’être convaincant dans leurs rôles de colonels de l’armée et devront affronter cette même armée avec la dernière invention de Champignac, le tout sans faire de victimes !

Le Métomol, une super invention !

Avec tout ça, on en oublierait presque de déposer le Marsupilami dans la forêt vierge, tout content de retrouver son environnement, sous les yeux tristes de Spip qui voit son copain de jeu s’en aller.

Ça m’arrachait une larme, gamine, mais la dernière case me remontait toujours le moral.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°229, le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 17] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°07].

 

Le manuscrit de Grenade : Marianne Leconte

Titre : Le manuscrit de Grenade

Auteur : Marianne Leconte
Édition : Pygmalion Fantasy (16/02/2011)

Résumé :
1491, Andalousie.
Sous le règne implacable des rois catholiques d’Espagne, il ne fait pas bon être juif ou musulman…

Condamnée pour sorcellerie, une femme se tord dans les flammes du bûcher. Elle laisse à sa fille, la rousse Myrin, une prophétie aux mots énigmatiques et une pierre de lune aux étranges pouvoirs…

Traquée par le Grand Inquisiteur Jimenez et ses hommes, Myrin se lance dans une fuite éperdue sur les routes d’une Espagne ensanglantée par la Reconquista, en compagnie de Pedro, un musulman converti, et d’Isabelle, jeune noble catholique promise au couvent.

Au terme de leur périlleux voyage, Grenade la légendaire, dernière cité maure qui résiste encore aux assauts des armées chrétiennes…

Critique :
Classé en fantasy, ce polar historique a tout du fantastique  et peu de la fantasy puisque nous sommes dans notre Monde.

La touche fantastique est donnée par la magie. Attention, pas la magie à la Harry Potter ! Personne ne vous lancera un Adava Kadavra

Par contre, nous avons des Doués, c’est-à-dire des personnes qui possèdent un Don et en cette époque de l’Inquisition, il ne fait pas bon appartenir à cette catégorie, comme il n’est pas bon d’être Juif, Musulman ou accusé de sorcellerie.

De l’action, de l’aventure version Indiana Jones fatigué, une quête, une touche d’ésotérisme, des guerres de religion, un manuscrit à retrouver et une énigme vite résolue.

Sans être mauvais, ce roman historico-fantastique aurait gagné de la profondeur s’il y avait eu plus de pages pour mieux développer les personnages, qui sont attachants mais trop faiblement esquissés, pour approfondir leurs différents voyages afin de rejoindre la ville de Grenade, leur donner plus de fil à retordre durant leur périple, plus de péripéties…

Là, on a l’impression que tout s’est fait les doigts dans le nez avec une rapidité qui rendrait vert de jalousie le professeur Langdon du Da Vinci Code. La résolution et la fin de la quête étaient trop facile, trop rapide, trop « on ne s’en sort pas encore si mal malgré tout ce qui est lancé à nos miches ».

On me dira que si l’art est difficile, la critique est aisée… En effet, lorsque l’auteur n’épargne pas ses personnages et les fait mourir quasi tous (G.R.R Martin), on pleure, on gémit, on le supplierait même d’en épargner.

Si l’auteur en fait voir de toutes les couleurs à ses personnages, les maltraite un peu trop souvent pour finir par un happy end (Ken Follet, Di Fulvio), on râle car on trouve que pour en arriver là, il aurait peu leur épargner quelques malheurs au lieu de tenter de nous tirer des larmes à chaque chapitre.

Si un personnage tombe dans moult embuscades et s’en sort à chaque fois avec peu d’égratignures (« Le Hussard » de Giono ou dans les romans de Christian Jacq), on trouvera ça pas très réaliste et vachement redondant, lassant.

L’exercice est périlleux et trouver le juste équilibre n’est pas facile. Oui, dans la quête, il leur arrivera des accidents « graves » durant leur périple, mais tout le monde s’en sort toujours par une pirouette, par le hasard qui fait bien les choses, par un bandit qui s’attache à Isabeau, déguisée en mec (et qui a des érections sans comprendre pourquoi – la preuve que la bite des hommes a un cerveau), par un tour de magie…

Même la résolution de l’énigme, de la prophétie, se déroule très vite… Heu, personne n’avait jamais trouvé la grotte depuis le temps ? Vu la vitesse à laquelle notre groupe y parvient, elle ne devait pas être cachée très fort…

Quant à l’énigme, elle sera résolue fissa, sans qu’il y ait d’erreur de lieu. Pas si hermétique que ça, cette arcane mystérieuse… Messieurs Indiana Jones et Langdon, vous pouvez allez vous rhabiller !

Anybref, ce roman a du bon, il m’aurait sans doute plu lorsque j’étais jeune, à la recherche d’histoire se terminant bien, de personnages/héros à qui il n’arrive pas trop de bricoles et qui s’en sortent quasi toujours des différents traquenard (le genre de choses qui fonctionnent parfaitement bien dans les bédés comme Lucky Luke, Astérix, Lanfeust,…).

À mon âge, avec mon bagage littéraire, ce n’est plus vraiment ma came. L’auteur qui succombe aux facilités de l’intrigue, ça me fend le cœur et me gâche mon plaisir littéraire.

Ça me fait presque de la peine de lui coller une cotation sévère car s’il y a un domaine dans lequel ce polar historico-ésotérico-fantastique a brillé, c’est dans celui du dépaysement, de l’évasion, de l’aventure.

Malgré mes bémols, malgré ma critique sévère, il a fait son job de m’emmener ailleurs et le soleil d’Andalousie a réchauffé mes épaules.

Comme quoi, il en manquait vraiment peu (pour être heureux ♪) pour passer d’un roman mitigé, trop survolé, cédant trop vite aux facilités à un roman profond avec des personnages forts.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°228 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 16].

 

La frontière sud : José Luis Muñoz

Titre : La frontière sud

Auteur : José Luis Muñoz
Édition : Actes Sud Actes noirs (02/09/2015)
Édition Originale : La frontera sur (2010)
Traduction : Alexandra Carrasco

Résumé :
Mike Demon (déjà aperçu dans Babylone Vegas) est vendeur d’assurances. Il mène une existence de bon Américain moyen tout en s’offrant des escapades amoureuses ou sexuelles lors de ses tournées.

À Tijuana, il promet à la prostituée sublime dont il est tombé follement amoureux de lui faire passer la frontière.

C’est sans compter Fred Vargas, un flic mexicain violent et véreux, qui fait chanter les bons pères de famille yankee venus s’encanailler de l’autre côté de la frontière…

Une double intrigue menée de main de maître pour un western noir sursaturé de violence et de sexe.

Critique :
Ce roman noir, c’est le film Pretty Woman en version glauque, poisseuse, sombre, violente, à la western, le tout assaisonné de poudre blanche, sursaturé de sperme à gogo et de sexe.

Mike Demon est comme le Belzébuth de la « Salsa du démon » (Grand Orchestre du Splendid) : il est en rut !

Qu’on lui enfonce du bromure en suppositoire dans le fion, ça lui fera les pieds, tiens !

Ce n’est pas de la bigoterie mais de l’énervement car bon sang, aucune leçon ne lui sert et il retombe toujours dans sa folie sexuelle avec n’importe quel trou féminin (le tout sans trop de respect, c’est du sexe bestial).

Ne chercher pas une morale dans ces pages, il n’y en a pas. Mike ne tirera aucune leçon de ses mésaventures, pire, il s’enfoncera dans le vice encore plus avant de basculer dans une autre catégorie, sans même ressentir du remord ou de la culpabilité.

Pour Mike, le sexe des femmes se nomme l’enfer parce que Satan l’habite (je vous offre le jeu de mot). Son épouse est moins portée sur la chose que lui et donc, monsieur la fourre dans tous les trous féminins qui ne sont pas ceux de son épouse.

De l’autre côté de la frontière, à Tijuana, il y a Carmela, la soeur de Ruben, drogué branleur et tueur à gage à ses heures. Une scène de ce roman m’a donné envie de vomir car on dépasse en glauquitude la relation Cersei/Jaime. Oui, c’est possible.

Malheureusement, il y a trop de passages à vide dans ce roman, trop de longueurs afin de présenter les personnages et de les placer dans leurs décors, leur boulot, leur vie.

La partie consacrée à l’autre côté de la frontière, à Tijuana, est hyper violente, sordide, donnant des sueurs froides avec les exécutions, les viols, la misère, la prostitution (pas toujours de son plein gré), les crimes, la drogue, les chantages, enlèvements et j’en oublie sans doute.

Fred Vargas est encore plus immonde que Mike. Non, je ne parle pas de l’auteure Fred Vargas mais de son homonyme, un flic mexicain violent et véreux qui adore faire chanter les américains friqués qui viennent avec Popaul visiter les petites femmes de Tijuana, dans tous les sens du terme. Et ça ne chante pas à The Voice !

Impossible pour moi de m’attacher à un personnage, si ce n’est cette pauvre Carmela qui est mal tombée avec son frangin libidineux et Mike Demon qui est un beau parleur, mais rien de plus.

Les ambiances sont poisseuses de sperme car ça baise à tous les étages, ça y pue la sueur, le sang, les morts, la corruption… L’auteur nous a mis la tête dedans et le goût restera coincé dans les narines, même à la fin de la lecture.

Malheureusement, trop de longs passages ennuyeux (ceci n’est que mon avis) que j’ai survolé tant je n’accrochais pas à ce roman noir, ce western survolté où la violence et le sexe se côtoient ad nauseum.

Pour la prostituée drôle, amusante et le loverboy sexy qui tient ses promesses avec un beau happy end sur une musique magique, choisissez Pretty Woman, une valeur sûre !

Une fois de plus, je dirai : au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°227 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 15].

 

 

Le tableau du maître flamand : Arturo Perez-Reverte

Titre : Le tableau du maître flamand

Auteur : Arturo Perez-Reverte
Édition : Le Livre de Poche Thriller (1994/2007/2010))
Édition Originale : La tabla de Flandes (1990)
Traduction : Jean-Pierre Quijano

Résumé :
Sur la toile, peinte il y a cinq siècles, un seigneur et un chevalier jouent aux échecs, observés depuis le fond par une femme en noir.

Détail curieux: le peintre a exécuté ce tableau deux ans après la mort mystérieuse d’un des joueurs et tracé l’inscription « Qui a pris le cavalier ? », également traduisible par: « Qui a tué le cavalier ? »

Tout cela n’éveillerait que des passions de collectionneurs si des morts violentes ne semblaient continuer la partie en suspens sur la toile.

Et c’est ainsi que l’histoire, la peinture, la logique mathématique viennent multiplier les dimensions d’une intrigue elle-même aussi vertigineuse que le jeu d’échecs…

Critique :
Quis necavit equitem ? Et pour ceux et celles qui n’ont pas écouté pendant les cours de latin (moi en premier), la traduction veut dire « Qui a pris le cavalier ? », ou plus simplement, « Qui a tué le cavalier ? ».

Omar n’a pas « tuer » et il semblerait que Dupont de Ligonnès soit innocent aussi.

Mais alors, QUI a zigouillé le cavalier ?

Cette inscription latine et énigmatique a été inscrite sur la toile « La Partie d’échecs », peinte en 1471 par Pieter van Huys, flamand de son état et sans les rayons X, jamais elle n’aurait été mise à jour puisque recouverte par la peinture.

Il est trop tard pour passer les menottes au coupable, sauf à arrêter un squelette. Il semble que la prescription jouerait pour celui qui assassina le cavalier de la toile… Malgré tout, il y a là un petit mystère qui ne déplaît pas à Julia, restauratrice de cette toile.

Tout le monde pourrait penser que l’amant (le cavalier/chevalier) de l’épouse (la dame en noir en arrière-plan) aurait été assassiné par le mari cocu et jaloux (un grand classique), son adversaire dans cette partie d’échec.

Plausible mais banal, bien que la théorie du rasoir d’Ockham nous la souffle. Mais ce serait trop simple, beaucoup trop simple !

La solution était moins simple mais nom de Zeus, pour arriver à comprendre le raisonnement, qui est long et obscur j’ai dû avaler des aspirines afin de calmer mes maux de tête !

On est loin des déductions à Holmes ou Poirot, loin des indices faciles à repérer car la résolution est dans les échecs, jeu hermétique pour mon pauvre et simple esprit. C’est trop mathématique, trop abscons pour moi.

En plus, j’ai trouvé les différents personnages assez plats, sans relief, hormis pour le vieux César qui nous gratifiait de touches d’humour de temps en temps. Lui, il a relevé le niveau des autres qui eux, pouvaient retourner au vestiaire.

L’écriture est simple, à la portée de tous, les complications venant dans la partie consacrée aux échecs.

Par contre, malgré le fait que je me suis perdue, j’ai apprécié quand l’auteur nous parlait de l’art et de ses trafics nombreux, des manières de restaurer des peintures et de la fabrication des couleurs à une époque lointaine.

Vous vous en doutez, j’ai sauté des passages entiers et des pages et des pages tant le roman ne me passionnait guère. Je suis allée jusqu’au bout tout de même car « Le polar pour les Nuls » en parlait en bien, tant au niveau de sa construction que de sa résolution.

Ouf, je suis arrivé dans les chapitres des révélations ! Et patatras, lorsque Munoz, le « détective », prodige aux échecs, dévoilera le nom du coupable « tadaaaa », j’en suis restée baba tant ça me semblait lourd, déjà vu, déjà fait, coup classique… Le coup que je déteste qu’on me fasse. Le coup de pute.

Sinon, c’était vachement alambiqué, c’était recherché d’incorporer la solution de l’énigme dans des parties d’échecs, mais tout ça m’a perdu. En plus, avec des personnages sans trop de saveur et de goût, ça m’a achevé.

Je vais l’oublier et le ranger sur mes étagères.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°226 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 14].

 

La conspiration des médiocres – « Perro » Lascano 04 : Ernesto Mallo

Titre : La conspiration des médiocres- « Perro » Lascano 04

Auteur : Ernesto Mallo
Édition :
Édition Originale : La conspiración de los mediocres (2015)
Traduction : Olivier Hamilton

Résumé :
En Argentine, au début du règne du dictateur Videla, Perro Lascano, jeune policier intègre, enquête sur le suicide d’un Allemand.

Se rendant compte qu’il s’agit en réalité d’un meurtre, il contrarie ses supérieurs corrompus en creusant cette piste et trouve dans le bureau du mort un carnet rédigé par un homme qui a été gardien à Auschwitz.

Critique :
Ce quatrième et dernier tome des enquêtes de « Perro » Lascano est en fait sa première enquête car nous le retrouvons dans l’Argentine des années 70, tout jeune policier, mais déjà tel que nous le verrons ensuite : intègre, incorruptible, ne lâchant jamais rien, tel un chien tenant un os.

Par contre, notre chien est un solitaire et il ne rejoindra jamais la meute des assassins du Triple A (Alianza Anticomunista Argentina).

Lascano dérange, il gêne, et donc, quoi de plus simple que de le mettre sur l’enquête d’un suicide. Elle est bien bonne… Si on voulait se foutre de sa gueule, c’est loupé car le suicide n’en est pas un, c’est une exécution déguisée.

Le faux suicidé est un Allemand et l’enquête va en déranger plus d’un et certains voudront faire cesser la chasse du chien Lascano à tout prix, lui mettre un collier et une laisse autour du cou afin qu’il arrête de chercher des puces sur les dos qu’il ne faut pas.

À mon avis, je viens de lire le Perro Lascano le plus sordide, le plus glaçant, bref, le plus mieux. Lascano est jeune et nous découvrons avec lui l’Argentine de Isabel Perón (1974/1976), qui sera déposée par la junte militaire que dirige le général putschiste Jorge Rafael Videla.

Une fois de plus, la résolution du crime est accessoire, de toute façon, l’assassiné était un salopard de la pire espèce, comme tous les autres qui émigrèrent après la Seconde Guerre Mondiale en Argentine, sans que celle-ci ne s’offusque de leur passé (les autres pays non plus, notamment les États-Unis avec les scientifiques nazis).

Et si tout vous semble aller dans un seul sens, méfiez-vous, parce que Mallo n’a pas  pour habitude de suivre un chemin tracé mais de bifurquer à un moment donné et de vous emmener sur d’autres chemins, plus escarpés, plus sombres, moins connu…

La résolution de l’enquête devient donc accessoire pour le lecteur car moins importante que l’Histoire dans l’histoire que l’auteur dévoile, se servant de ce crime pour nous la conter.

Dans ce récit, ce qui est le plus glaçant, c’est la traduction du carnet de cet Allemand ainsi que les exactions des hommes de Videla, la corruption, les meurtres, les exécutions, la police infiltrée par les types du Triple A, les tortures, les disparitions des gens qui dérangent ou qui pourraient en dire trop sur un indice d’une scène de crime,…

Du début à la fin, j’ai eu du mal à lâcher le roman tant il était prenant, tant il était poisseux de violence et de sang, tant la chape de plomb pesait sur mes épaules à cause de l’atmosphère que l’auteur a su rendre réaliste puisqu’il nous parlait de ce qu’il avait connu dans son pays.

Comme à son habitude, Ernesto Mallo ne s’embarrasse pas de tirets cadratins ou de guillemets pour ses dialogues qui se retrouvent noté en italique, tout simplement, avec les paroles des protagonistes qui se retrouvent toutes l’une sous l’autre, ce qui est plus facile à déchiffrer que lorsque les dialogues se retrouvent insérés dans la narration normale, comme je l’ai déjà vu.

Pour sa première enquête littéraire, Lascano paraît plus humain que dans les suivants car il est amoureux et donc, différent. La vie lui a déjà réservé bien des tourments, bien des peines, mais elle ne l’a pas encore cassé comme il semblait l’être dans les autres romans. Celui nous expliquera pourquoi.

Un roman noir écrit au vitriol, taillé au scalpel, un roman court mais ultra percutant, sombre, violent. L’auteur ne s’encombre pas de fioritures et va directement à l’essentiel. Du brut de décoffrage qui écorche la gorge et pique aux yeux.

Un Perro Lascano qui ne lâche rien mais qui va payer le prix de son honnêteté. Une enquête retorse où les atmosphères angoissantes du pays sont plus importantes que tout le reste. Il m’a glacé, ce roman noir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°225 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 13].

 

 

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