La Frontière – Art Keller 03 : Don Winslow

Titre : La Frontière – Art Keller 03

Auteur : Don Winslow
Éditions : HarperCollins Noir (16/10/2019) / HarperCollins Poche (07/10/2020)
Édition Originale : The Border (2019)
Traduction : Jean Esch

Résumé :
Pendant quarante ans, Art Keller a été en première ligne de la guerre la plus longue que les USA aient jamais menée: la guerre contre la drogue.

Son obsession à vaincre les plus puissant des caids, le parrain du cartel de Sinaloa, Adan Barrera lui a laissé des marques, lui a couté des êtres chers et même une partie de son âme.

Maintenant, Keller occupe une position prestigieuse au sein de la DEA il se rencontre que le monstre qu’il a détruit en a engendré beaucoup d’autres qui sèment la mort, le chaos et la désolation au Mexique et ailleurs.

Le testament de Bara, c’est l’afflux d’héroïne en Amérique. En se jetant dans la bataille Art Keller découvre qu’il est entouré d’ennemis, des tueurs qui veulent le liquider, des politiciens qui veulent le détruire, et même une administration montante en cheville avec les trafiquants qu’il combat.

Critique :
L’année 2021 ne pouvait pas bien commencer si je ne finissais pas la trilogie de Art Keller !

En janvier 2020, Cartel me mettait sur les genoux tant il était puissant et dévastateur.

La Frontière le fut tout autant et ça me donne envie d’aller lire un livre tout doux pour les petits…

20 ans ! 20 ans qu’il aura fallu à l’auteur pour mettre le dernier point à sa trilogie consacrée à la poudre blanche… Après cela, vous serez incollable sur les gangs, les cartels, le Sinaloa, les drogues, la misère humaine, les meurtres, les massacres.

Le point fort de ce dernier tome c’est qu’il n’est jamais chiant à lire, malgré ses 1.000 pages en version poche (848 en GF) et que l’auteur fait en sorte de vous mettre dans la peau d’un tas de personnages aux antipodes l’une de l’autre.

Mon C.V pourra s’enrichir car une fois de plus, durant ma lecture, j’ai été : agent de la D.E.A, agent de police infiltré, trafiquant de drogue, droguée, membre d’un gang, de plusieurs cartels, porte-flingue, assassin, en prison et migrant clandestin en provenance du Guatemala, chevauchant La Besta (train de la mort), après avoir fouillé une décharge.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout est d’un réalisme saisissant, comme si l’auteur avait été, tour à tour, ces différents personnages. Avec autant de pages, Winslow a le temps de les façonner, de leur donner une histoire, de leur donner de l’épaisseur et j’ai été franchement triste de quitter certains.

Winslow ne pratique pas le manichéisme avec ses personnages car ceux-ci ont tous des nuances de gris, certains salopards ayant même un cœur ou des règles morales.

Art Keller, le héros, a commis des atrocités aussi, la fin justifiant ses moyens et feu Adan Barrera, el padrino, interdisait la prostitution de mineures sur son territoire, mais n’hésitait pas à flinguer des gens sans aucune once de pitié. Tout le monde a la morale à géométrie variable, qu’on soit de papier ou de chair. Moi-même j’ai eu de l’empathie pour le trafiquant Darius Darnell lorsque je l’ai vu avec sa grand-mère ou son fils…

La construction du roman est aboutie car l’auteur nous fait passer d’un univers à l’autre d’une manière habile et introduit dans son roman une part d’actualité, comme la mort tragique des 49 étudiants qui avaient détourné un bus et celle d’une accession à la Maison-Blanche par un certain Dennison qui adore gazouiller et attraper les femmes par la chatte.

Chez Winslow, rien n’est laissé au hasard… Lorsque subitement vous vous retrouvez à Bahia sur une plage paradisiaque, ce n’est pas pour faire un interlude agréable, mais pour introduire une nouvelle donnée à son drame Shakespearien (sauce mexicaine et américaine) et il en est de même lorsque nous plongeons dans une décharge avec Nico Ramírez, un jeune gamin de 11 ans.

Tout se tient, tel un mur magistralement construit et c’est glaçant à mourir !

On devrait ajouter en bandeau-titre ce que Dante avait lu sur le fronton de la porte menant aux Enfers « Lasciate ogni speranza, voi ch’intrate » (Abandonnez toute espérance, vous qui entrez ici).

Dans ces pages, c’est noir, sombre, c’est la misère humaine, l’exploitation de l’Homme par l’Homme, le chantage, les menaces, les massacres, l’illogisme de la justice qui met en cabane des petits trafiquants, des consommateurs mais laisse courir librement les blanchisseurs de fric, les banquiers, les hommes hauts placés.

Le seul moment de détente est celui avec le concours de celui qui pisse le plus loin que les gamins migrants, arrivés aux States seuls, organisent dans leur centre de détention… Si jamais, messieurs, apparemment, faut mettre la bite à 45°…

Winslow nous a livré une trilogie éclairante sur le trafic de drogue où les méchants ne sont pas QUE les vilains Mexicains qu’un type aux cheveux orangés a traité de voleurs, assassins et violeurs car dans l’équation, faut aussi ajouter les américains qui se droguent, les puissants qui laissent faire car ça rapporte, la guerre de la drogue, les gouvernements qui ferment les yeux sur ce qui les arrangent et sur les investisseurs qui aiment l’argent, qu’il soit sale ou propre. Et j’en oublie.

Une trilogie sombre, glaçante, sans concession, sans manichéisme, d’un réalisme à couper le souffle. Une trilogie qui va trôner dans les hautes étagères de ma biblio, avec les autres grands romans coups de poing dans la gueule.

Maintenant, j’ai envie d’aller lire un livre avec les Bisounours qui iraient prendre le goûter chez Oui-Oui et où l’horreur absolue serait Petit-Loup se cassant une dent en dégustant une couque de Dinant…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°168].

Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu : Dobbs et Antonio Marinetti

Titre : Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Antonio Marinetti

Édition : Soleil 1800 (2010)

Résumé :
L’étrange docteur Henry Jekyll et Faustine Clerval, sa belle gouvernante, sont sur le départ.

En effet, étant dans l’attente de produits essentiels à ses expériences, fabriqués par l’obscure société suisse Walton, le savant se voit dans l’obligation de se déplacer lui-même pour aller les récupérer.

Si la première partie de leur voyage est l’occasion de voir le docteur Louis Brocq, un éminent confrère français, pour traiter la curieuse dermite qui se développe sur le corps du savant anglais, leur dernière étape en territoire helvétique revêt un caractère on ne peut plus ténébreux.

Effectivement, l’institut Walton, à l’écart de toute civilisation, semble avoir été abandonné, et pour cause !

Quelque chose d’énorme rode autour et en ses murs, un monstre d’une force démoniaque dont l’origine pourrait bien intéresser le scientifique Jekyll.

Critique :
Le titre m’avait fait peur car il sentait les vieux films de la Hammer où l’on faisait s’affronter tous les personnages connus et monstres de la littérature…

Même si Frankenstein n’est que le nom du créateur et pas de sa créature. L’amalgame a été fait et est resté.

Mister Hyde contre Frankenstein, ça sentait déjà bon le pop-corn et les vieilles ficelles pour faire frissonner le public dans les salles obscures de l’époque avec un scénario aussi épais qu’un spéculoos qui a trempé dans le café.

De ce que j’en ai vu pour le moment (1 tome lu), je dirais que le scénario est aussi dur qu’une couque de Dinant (elles sont super dures !) tout en étant mangeable, lui !

Mister Hyde… Tout un programme ! Le dessinateur lui a donné des traits agréables à regarder et un physique qui ferait retourner les dames dans la rue… Problème avec lui, c’est qu’il est sadique, qu’il adore tuer et que je ne voudrais pas le croiser au coin de la rue.

L’âme humaine est sombre, noire, sans espoir et les auteurs font ce qu’il faut pour nous le démonter, mais sans jamais aller dans la démesure ou la surenchère, le tout étant plutôt montré de manière subtile, mais ça ne laisse aucune place au doute.

Même le côté psychologique ne vient pas plomber le récit. Alors qu’on aurait pu avoir des dialogues soporifiques, il n’en est rien et c’est aux travers des relations entre Mister Hyde et sa gouvernante Faustine Clerval que le scénariste nous livrera ses petites réflexions.

Dans des tons sépias monochromes, le dessinateur nous offre des décors plus vrai que nature de la ville de Londres, lui donnant vie, une présence. Lorsque notre duo s’introduira dans des lieux plus angoissants, les décors d’adapteront aussi, donnant une note supplémentaire d’angoisse.

Un bon début pour cette bédé fantastico-gothique qui met en scène deux bêtes de la littérature et se termine par un cliffhanger qui donne envie de se jeter sur le tome suivant. Ça tombe bien, je ne dois pas attendre entre deux publications !

♫ Tu n’savais pas pauvre de toi
Qu’il y a du mister Hyde en moi
Hyde en moi aïe pour toi ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°167].

Rendez-vous avec la mort – Tome 02 – Hercule Poirot (BD) : Didier Quella-Guyot, Marek et Agatha Christie

Titre : Rendez-vous avec la mort – Tome 02 – Hercule Poirot (BD)

Scénariste : Didier Quella-Guyot
Dessinateur : Marek
Adapté de : Agatha Christie

Édition : Paquet (07/08/2019)
Édition Originale : Appointment with Death (1938)

Résumé :
Dans un chic hôtel de Jérusalem, Mrs. Boynton est réputée pour être un véritable tyran avec son entourage.

Quand le corps de la mégère est découvert sans vie sur le site de Pétra, tous ses proches deviennent des suspects potentiels. Le détective Hercule Poirot saura-t-il découvrir le coupable ?…

Cette enquête qui se déroule dans le site mythique de Pétra est inspirée du vécu de la Reine du crime, qui fut mariée à un archéologue…

Critique :
Cela faisait des années que j’avais lu « Rendez-vous avec la mort » et je me suis remis ce roman en mémoire en regardant son adaptation dans « Les petits meurtres d’Agatha Christie ».

Bien entendu, l’équipe du commissaire Swan Laurence n’est pas partie à Pétra, en Jordanie… Mais la mégère de l’adaptation télé était si criante de vérité à tel point que je l’aurais bien assassinée moi-même.

Celle de cette adaptation bédé l’est moins… Fatalement, en 60 pages, on ne sait pas prendre le temps de la rendre horriblement exécrable. Ne me demandez plus comment elle était dans le roman, ça date depuis tellement de temps…

Mon seul bémol pour cette adaptation bédé sera pour les dessins. La tête d’Hercule Poirot ne me revenait absolument pas et c’est embêtant… Moi qui adore David Suchet dans le rôle… Les couleurs étaient elles aussi mal rendues et les tons jaunes ocres étaient du plus mauvais effet, inesthétiques.

Anybref, quand la mégère avale son bouillon de 11h, il est peu de monde pour la pleurer et encore moins le lecteur. Maintenant, le tout est de savoir qui lui a fait passer le goût du pain, même si son décès semble dû à sa mauvaise santé et au périple qu’elle accomplissait avec ses deux enfants, majeurs et vaccinés, mais toujours sous la coupe de môman.

Lorsque Hercule Poirot est dans le coin, un crime est toujours commis, impossible pour lui de profiter de vacances ou d’aller quelque part sans être sollicité, lui et ses petites cellules grises. Le voici chargé de faire toute la lumière sur la mort étrange de la vieille bique.

Le fait d’avoir vu l’épisode dernièrement m’a permis de me remettre en mémoire le mobile du crime, donc, je n’aurais pas dû avoir de surprise… De suite j’ai trouvé le coupable et je ne l’ai plus lâché, jusqu’à la solution finale où Hercule m’a fait comprendre que si la série française gardait les mobiles et les entourloupes de la mère Christie intactes, elle changeait tout de même les identités et bardaf, j’étais tombée dedans à pieds joints.

Une relecture qui m’a fait du bien à la mémoire et m’a donné envie de ressortir cet Hercule Poirot de ma collection afin de le relire et de profiter du beau soleil de Pétra au lieu du temps gris et morne que nous avons pour le moment.

5/5 pour le scénario original d’Agatha Christie mais des points perdus pour les dessins que je n’ai pas vraiment appréciés au niveau de ce cher Hercule Poirot.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°166].

Le Detection Club : Jean Harambat

Titre : Le Detection Club

Scénariste : Jean Harambat
Dessinateur : Jean Harambat

Édition : Dargaud (04/10/2019)

Résumé :
Une île en Cornouailles, années 1930. Le milliardaire Roderick Ghyll invite les membres du Detection Club, qui réunit les grands auteurs britanniques de l’âge d’or du roman à énigme dont les célèbres Agatha Christie et G.K. Chesterton, à se rendre dans sa vaste demeure, la villa Briarcliff.

Ils sont conviés à assister à la démonstration d’un automate, qui, une fois intégrées les données d’un problème policier, résout le crime en livrant le nom du coupable. Mais Ghyll est assassiné…

Critique :
Chouette, une bonne énigme en chambre close, sur une île et en compagnie de 7 écrivains de romans policiers appartenant au célèbre Detection Club.

Ça sent un peu le célèbre roman d’Agatha Christie : dix petits nègres, sauf qu’ici, de meurtre, nous n’en aurons qu’un seul.

Si les dessins sont assez simplistes, le tout sur fond de couleur uni, sans détails, ce qui m’a plu dans cet album, ce sont les dialogues remplis d’humour british, de petites piques, de verve…

C’est plaisant à lire, on passe un bon moment et je me suis piquée de tenter de trouver la clé de l’énigme. Si j’avais trouvé une partie, l’autre m’était restée hermétique.

Et pourtant, une fois éliminé l’impossible, ce qui restait, même improbable, était nécessairement la vérité ! Mais je ne l’ai point vue.

Cluedo grandeur nature où le colonel Moutarde pourrait être G.K Chesterton vu sa carrure et son souffle de vieillard rachitique, mais où le chandelier n’aura que peu de chance d’être l’arme du crime, cette bédé possède une ambiance so british qui ravira les amateurs de whodunit en chambre close et sur île déserte, ce qui donne un double plaisir pour un double mystère.

Si les dessins sont simplistes, les dialogues sont ciselés comme un poignard affûté dans le grand salon et les répliques fusent telles des balles d’un révolver dans le hall.

Le scénario est cuisiné aux petits oignons, a été réglé avec la bonne clé à molette, dans la véranda, ficelé avec la corde dans la bibliothèque, éclairé par un chandelier rempli des lumières de nos 7 auteurs de polars qui, dans le bureau, chercherons la solution avant que la matraque ne les assomme en leur montrant le fin mot de l’affaire, dans le jardin…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°1XX].

 

Le Voleur de plumes : Kirk Wallace Johnson

Titre : Le Voleur de plumes

Auteur : Kirk Wallace Johnson
Édition : Marchialy (30/09/2020)
Édition Originale : The Feather Thief: Beauty, Obsession, and the Natural History Heist of the Century (2018)
Traduction : Doug Headline

Résumé :
Un soir de juin 2009, le jeune musicien virtuose Edwin Rist, destiné à une brillante carrière, commet un casse pour le moins incongru : après s’être produit à un concert de la Royal Academy of Music à Londres, il s’infiltre discrètement dans le musée d’Histoire naturelle pour voler des centaines d’oiseaux entreposés là depuis plusieurs décennies.

Plus étonnant encore, il ne s’empare pas des fleurons de la collection recueillis par Darwin, mais plutôt des paradisiers et autres spécimens rares aux couleurs éclatantes rapportés en Europe par un naturaliste méconnu du XIXè siècle.

C’est lors d’une partie de pêche à la mouche que Kirk Wallace Johnson entend parler de cette histoire pour la première fois.

Fasciné par l’affaire, il se lance dans une enquête passionnante, à la recherche de ces plumes disparues, et questionne notre obsession pour la beauté et notre désir de la posséder, à n’importe quel prix.

Critique :
Voler dans les plumes de quelqu’un est une expression connue (en référence aux combats de coqs) mais voler DES plumes à un musée, là, c’était tout de même du jamais vu !

Oser mettre sa carrière, sa réputation en l’air, pour piquer des oiseaux empaillés, collectés par Wallace au siècle dernier, tout ça pour pouvoir monter des mouches victorienne pour la pêche (et en revendre), ça me laisse pantoise…

Lorsqu’on a une addiction qui coûte la peau des fesses, faut trouver des combines et celle d’Edwin Rist était risquée mais d’une facilité déconcertante. 299 oiseaux volés pour une valeur d’un million…

La première chose qui m’a attirée dans ce roman, c’est sa couleur de couverture, un orange attirant, ainsi que la matière. C’est plus fort que moi, je l’ai pris dans mes mains et comme j’en avais entendu parler en bien, j’ai franchi le pas.

Partant d’un vol qui a réellement été commis, l’auteur a accompli une véritable enquête, remontant les pistes froides dans un milieu où règne l’omerta ! Non, on ne parle pas de la mafia mais de la fraternité des monteurs de mouche… On se serre les coudes, on ferme sa gueule car tout le monde connaît la difficulté de trouver des plumes d’oiseaux en voie d’extinction, protégés par des conventions ou disparus.

Ce qui m’a interpelé dans ce roman, en plus d’être captivant, c’est le côté conscience tranquille que l’on retrouve chez les monteurs de mouche et chez Edwin le voleur : puisque ces oiseaux collectés au siècle dernier, du temps de Darwin, ne sont pas utilisés et restent dans les tiroirs, les voler n’est pas un vol et les utiliser est une bonne chose puisque cela a sauver des oiseaux vivants…

Autant où au début j’avais eu de la sympathie pour le jeune Edwin et son rêve fou de monter des mouches rares, autant om ensuite je me suis détachée de lui, son discours rempli de bonne conscience me glaçant jusqu’à l’os.

Sans avoir besoin de beaucoup de mots, sans charger le baudet, l’auteur nous a dressé le portrait d’Edwin tel qu’il s’est livré lui-même durant l’interview. Il est en paix avec sa conscience, tout va bien… La perte immense du musée ? Bah, il n’en faisait rien de ses oiseaux… C’est le volé qui doit se justifier de ce qu’il fait de ses propriétés ou pas… Elle est forte, celle-là !

L’être humain est ainsi fait, ce qui est beau, il veut le posséder, se l’approprier ! Rien que pour lui… À n’importe quel prix. De toute façon, dans ce monde d’égoïstes centrés sur leur nombril et leur passion, rien ne peut les toucher, rien ne peut faire vibrer la corde sensible. Que ce soit celle d’Edwin, de ses copains qui montent des mouches ou de les autres qui chassent, détruisent, exterminent, volent…

L’Homme a exterminé des tas d’espèces vivantes, juste pour son plaisir, ça ne va pas changer maintenant dans les mentalités de certains. Et avant, on pensait que les animaux ne pouvaient pas s’éteindre, que Dieu y pourvoirait. Ben non les gars, fallait mieux gérer les ressources !

Véritable enquête dans un monde qui s’est fermé comme une huître dès que l’auteur a commencé à poser des questions sur le vol et la disparitions des oiseaux, ce qui avait commencé comme une enquête pour se changer les idées a débouché sur la mise en lumière d’un sport pas si respectueux des règles que ça et sur des pêcheurs prêt à vendre leur âmes au diable pour obtenir des plumes rares, quelque soit leur provenance.

L’auteur a réussi à rendre son roman intéressant, sans que j’aie envie de reposer le livre car on est tenu en haleine durant tout le temps.

J’étais loin de me douteur, en commençant cette lecture, que l’on pouvait captiver les gens avec un vol de plumes et que des pêcheurs étaient prêt à tout pour obtenir les plus belles plumes pour monter leurs mouches, quitte à niquer les lois et sans respect de la Nature.

PS : l’éditeur a soigné la présentation de son livre, c’est vraiment un bel objet que l’on tient en main et il en jette dans la biblio !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°164] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°34]

Dans la vallée de l’ombre de la mort : Kirk Mitchell

Titre : Dans la vallée de l’ombre de la mort

Auteur : Kirk Mitchell
Édition : Folio Policier (08/09/2011)
Édition Originale : Deep Valley Malice (1996)
Traduction : Daniel Lemoine

Résumé :
Au beau milieu du carnage de la Guerre de Sécession, un tueur s’attaque à des femmes Dunkers, ces Baptistes allemands qui refusent de porter les armes pour l’un ou l’autre camp.

Le colonel Simon Wolf, Juif Sudiste engagé dans l’armée du Nord, va traquer le meurtrier jusqu’au bout dans ce gâchis absurde où l’on entasse bras et jambes coupés dans un chariot et où le typhus finit le travail commencé par les armes parce qu’on a installé les latrines de l’hôpital près de la seule source disponible.

Critique :
Des meurtres de civils ont lieu durant le grand carnage de la guerre civile américaine…

Ce sont des femmes Dunkers, des Baptistes Allemands que personne n’aime car ils vivent dans leur coin et surtout, qui n’ont pas voulu prendre les armes durant ce conflit fratricide.

Ils sont contre l’esclavage, même s’ils vivent dans le Sud, ils refusent de prendre les armes contre leurs Frères, vous comprenez bien que tout le monde se fiche qu’on en passe certains par le fil du sabre.

Tout le monde ? Non, un homme résiste encore et toujours à l’indifférence… Simon Wolf est un cas à lui tout seul : colonel, chirurgien, originaire du Sud, opposé à l’esclavage, fils du ministre de la guerre Sudiste et engagé chez les Nordistes.

J’oubliais, il est Juif… Ça ne m’en touche même pas une, mais dans la troupe, il y a des têtes de bois et un Sudiste Juif engagé au Nord, ça fait naître des questions. Oh, il est manchot aussi, depuis la bataille d’Antietam… Il soigne, n’opère plus, mais est chargé de l’enquête sur la mort étrange des femmes Dunkers après en avoir recueilli une.

Virginie, automne 1864, campagne de la vallée de Shenandoah…

Enquêter dans une grande boucherie à ciel ouvert, faut le faire ! Surtout quand on est le seul à vraiment vouloir faire toute la lumière sur cette sordide affaire ! Surtout quand on soulève des inimités à force de vouloir faire la lumière et qu’on suspecte des gradés d’être coupables.

Ne vous attendez pas à une enquête trépidante, l’auteur laisse son personnage prendre son temps, avancer doucement, tomber dans des embuscades, échapper à la mort, se demande ce qu’il fout là.

En fait, je vous dirai que l’enquête n’est là que pour nous parler de la folie meurtrière des hommes, de la soif de sang et de victoires des gradés, prêts à tout pour gagner quelques mètres, quelques collines, pour se faire accrocher quelques médailles de plus sur leurs vareuses.

Custer, Sheridan sont des assassins, des tueurs de masses, autant des soldats du Sud que de leurs propres hommes Nordistes puisque qu’aucun ne compte à leurs yeux. On dirait presque des enfants lançant leurs soldats de bois dans une bataille imaginaire.

Hélas, le sang n’est pas factice, les blessés et les morts non plus et ils sont responsables des montagnes de membres amputés que l’on entasse en tas dans des chariots. Mais pour les soldats, ils sont des héros, des meneurs, des hommes que l’on suivrait même en enfer.

Politiquement, on a monté les habitants d’un pays l’un contre l’autre, pour le prétexte fallacieux de l’abolition de l’esclavage, mettant de côté que le Sud resterait toujours le Sud, qu’il gagne où qu’il perde la guerre. L’auteur nous le fait comprendre dans son récit et c’est avec le cœur lourd que l’on suit cette guerre civile meurtrière.

Un récit qui prend son temps, qui nous plonge dans un bain de sang et de tripes, sans jamais virer au glauque ou au voyeurisme, sans jamais devenir lourd et qui nous expédie, avec un réalisme glaçant, dans une partie de la Guerre de Sécession, dans ses batailles, ses enjeux, ses jeux de pouvoir, mettant à jour les ambitions des gradés.

Une enquête qui ne sera pas facile pour Simon Wolf, un des personnages les plus sympathiques du roman car il a compris depuis longtemps que cette guerre était une boucherie et que rien de bon n’en sortirait.

Un roman policier de guerre qui traînait depuis trop longtemps dans ma PAL ! Merci à Sharon d’en avoir parlé et de m’avoir donné envie de l’en sortir.

PS : joyeux anniversaire à Sherlock Holmes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°163].

Black Butler – Tome 29 : Yana Toboso

Titre : Black Butler – Tome 29

Scénariste : Yana Toboso
Dessinateur : Yana Toboso

Édition : Kana Dark (28/08/2020)
Édition originale : Kuroshitsuji, book 29 (2019)

Résumé :
Enfin remis du choc des révélations, Ciel rassemble ses partisans. Il est désormais temps de contre-attaquer.

Critique :
L’affaire du sang n’est pas terminée, ni celle de l’usurpation d’identité (ceux qui ont lu comprendront) mais comme la vie de notre jeune comte est menacée, il s’est réfugié chez Lau avec son diable de majordome.

L’enquête est délicate, il faut trouver les lieux où les banques de sang sont installées et qui est à la tête de ce trafic de suceurs de sang.

Dracula est innocent, le sang n’est pas sucé par un vampire mais par des pompes conventionnelles de l’époque victorienne.

Cet album met notre Ciel habituel un peu en retrait car ces missions vont être accomplies par les membres de son personnel, ceux qui lui sont restés fidèles et c’est la myope May Linn, sa femme de chambre, qui va enquêter dans ce tome.

Pas de temps mort, une enquête qui se poursuit et qui mêle l’arc des vols de sang et celui de l’usurpation d’identité. On a toujours du mystère, du suspense et une touche de fantastique comme d’habitude.

Vivement le prochain tome !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°1XX].

MotherCloud : Rob Hart

Titre : MotherCloud

Auteur : Rob Hart
Édition : Belfond (05/03/2020)
Édition Originale : The Warehouse (2019)
Traduction :

Résumé :
Ex-petit patron désormais ruiné, Paxton n’aurait jamais pensé devoir intégrer une unité MotherCloud, cette superstructure de l’e-commerce qui a dévoré la moitié de l’économie mondiale. Pourtant, dans une société n’ayant plus rien à offrir, comment peut refuser un job qui propose non seulement un salaire, mais aussi un toit et à manger ?

La jeune Zinnia non plus n’aurait jamais pensé rejoindre MotherCloud, mais sa mission est tout autre : une révolution est en marche dont elle est le bras armé. Devenir salariée n’est qu’un premier pas pour infiltrer le système, en percer les secrets. Le détruire.

Dans cet univers où tout est calculé, paramétré, surveillé, où l’humain disparaît au profit de la rentabilité, où l’individu n’est qu’un algorithme, Zinnia et Paxton réalisent bientôt qu’il est impossible de dévier. À moins d’être prêt à se sacrifier ?

Car derrière sa façade d’entreprise idéale, MotherCloud est une machine à broyer, impitoyable à l’égard de ceux qui oseraient se rebeller.

Critique :
Imagine… Imagine un monde où les gens n’oseraient plus sortir de chez eux et commanderaient tout sur la plateforme Cloud.

Imagine un monde où une partie de l’humanité crève de faim, de soif, de chaud sous un soleil implacable et où la seule solution pour s’en sortir soit d’entrer bosser chez Cloud.

Plus d’écoles, plus de petits magasins, plus de librairies, des gouvernements à la ramasse.

Imagine une super société géante où les travailleurs vivent, travaillent, dorment, mangent sur le site même… Sans jamais en sortir, sauf si virés.

Où ils portent une montre qui les aide dans leur recherche des produits à envoyer aux clients… Produits envoyés par drones, le plus rapidement possible. On dirait un peu l’autre grosse boîte qui ne paie pas ses impôts, Ha ma zone…

Oui, cette dystopie est ultra réaliste, glace les sangs car cette forme d’esclavagisme est déjà là, n’a jamais totalement disparu, c’est juste modernisé. Les chaînes ne sont plus en métal, mais électroniques et encore plus difficile à enlever car elles ont été mises à l’insu de notre plein gré.

Les patrons, les gouvernements, les sociétés, inventent des gadgets pour nous faciliter la vie, le travail, la tâche, les courses, pour nous distraire, pour notre sécurité, mais c’est toujours à sens unique car le produit, c’est nous ! Le cobaye, c’est nous ! Celui que l’on suit à la trace, c’est nous ! Celui qu’on enchaîne, c’est vous, moi, toi, nous.

Opposant différents récits : d’une part, celui du concepteur, qui pense qu’il a créé le modèle de société idéale, que tout le monde est content et de l’autre, des travailleurs de cette même société qui bossent non stop, à des cadences infernales, suivant leur montre qui leur indique tout et qui les trace partout. Bref, le jour et la nuit !

Gibson, le gentil créateur de MotherCloud avait pourtant une idée de génie, mais à la fin, c’est un peu comme moi quand je me mets au bricolage : dans ma tête, c’est magnifique, génial, la vision de rêve et quand j’ai terminé, ce que j’ai sous les yeux ne ressemble en rien à ce que je voyais dans ma tête. Comme les hamburgers des fast-food, super apetissant et gonflé sur les affiches mais une fois dans l’assiette, oups…

Malheureusement, il y a des longueurs, j’ai eu du mal à m’attacher à Paxton et Zinnia, les deux travailleurs. Bref, j’ai peiné à lire ce roman, à tel point que j’ai pensé arrêter tout à la moitié… J’ai arrêté en fait et pris un autre roman, pour avancer. Puis j’y suis revenue et là, tout s’est débloqué !

L’auteur nous démontre bien aussi que nous nous résignons facilement, trop facilement, alors que nous sans doute toujours juré que « non jamais », que ça ne passerait pas par vous… Et hop, vous voilà parfait petit toutou, remerciant la main qui le soigne et qui lui offre un toit, parce que tout compte fait, c’est mieux que dehors…

Une fois installé dans notre petit confort, dans notre routine, même chiante, même abrutissante, on baisse les bras, on ne se révolte pas, pire, on trouve que tout compte fait, c’est pas si mal que ça… Les résolutions vont aux orties pendant que le reste du monde vous fait bosser comme un esclave pour avoir ses commandes toujours plus vite.

Par contre, j’aurais apprécié d’en apprendre un peu plus sur le monde d’après, sur tous ces gens qui commandent à MotherCloud… Entendre des voix différentes auraient été intéressantes, aurait donné une autre dimension au roman et l’aurait rendu moins orienté.

Malgré le fait que je ne me sois pas attachée plus que ça aux personnages principaux, que j’ai trouvé des longueurs dans le texte et qu’un autre point de vue n’aurait pas été du luxe, cette dystopie est glaçante car elle n’est pas éloignée de notre Monde (hormis le contexte climatique).

MotherCloud pourrait être Ha Ma Zone ou l’autre avec ses 40 voleurs qui niquent les règles du travail, se comportent comme des esclavagistes, ne paient pas d’impôts (ou si peu) et contrôlent une partie du Monde comme des dictateurs, dictant aux gouvernements leur règles à eux qui leur permettent, avec notre accord, de devenir de plus en plus riche.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°161].

Ces montagnes à jamais : Joe Wilkins

Titre : Ces montagnes à jamais

Auteur : Joe Wilkins
Édition : Gallmeister Americana (05/03/2020)
Édition Originale : Fall back down when I die (2019)
Traduction : Laura Derajinski

Résumé :
Depuis la disparition de son père en plein cœur des Bull Mountains, il y a plusieurs années, et le décès récent de sa mère, Wendell Newman vivote de son salaire d’employé de ranch sur les terres qui appartenaient autrefois à sa famille.

Comme un rayon de soleil débarque alors dans sa vie aride le petit Rowdy Burns, fils d’une cousine incarcérée, dont on lui confie la garde.

Un lien puissant et libérateur se noue entre Wendell et ce garçon de sept ans mutique et traumatisé.

Mais tandis que s’organise la première chasse légale au loup dans le Montana depuis plus de trente ans, les milices séparatistes qui vénèrent le père de Wendell se tournent vers le jeune homme.

Bien décidé à ne pas prendre parti, Wendell devra tout faire pour protéger Rowdy et conjurer la violence qui avait consumé la vie de son père.

Critique :
Montana… Les Bull Mountains… Je connais ! D’accord, je n’y ai mis les pieds qu’en littérature, mais je sais d’avance que lorsqu’un roman se déroule là, ce ne sera pas Bisounours Party !

L’Amérique, j’aime la lire dans ce qu’elle a de plus sombre, donc, un rural noir, ça me convient très bien.

Une petite ville, des gens qui vivotent, ont plusieurs boulots, les enfants sont déscolarisés, les gens hyper armés, anti-écologiste, anti-gouvernement, anti-loups, anti-tout ce qui ne leur convient pas.

Les éleveurs ont perdu leurs terres, ont dû les revendre pour payer leurs impôts et ces derniers accusent tout le monde, pensant qu’on leur doit quelque chose. Le rêve de certains ? Établir un territoire rien qu’à eux dans l’État, le pays et le déclarer libre d’y faire ce qu’ils veulent.

Parmi tous les bas de plafond, il y a Wendell, 24 ans, qui trime aussi pour s’en sortir, qui a perdu les terres de ses ancêtres, qui a perdu son père, parti dans la montagne après avoir tué un homme, qui vit dans un mobil home et là-dessus, arrive chez lui le petit Rowdy Burns, 7 ans, le fils d’une cousine condamnée à la prison. Le gamin ne pète pas un mot, traumatisé. Pas évident pour Wendell.

Ce rural noir démarre doucement, ne vous attendez pas à un rythme trépident, l’auteur prenant le temps de nous présenter les différents protagonistes dans ce roman qu’il a voulu choral.

Les paysages du Montana, les montagnes, les animaux, font eux aussi partie du livre et lui donne une autre couleur : celle du nature writing car ici, la Nature est aussi importante que les Hommes, elle les a façonné et eux, en retour, ont essayé de dompter la Nature en décimant le gibier, les prédateurs, les poissons, en posant des pièges et maintenant, en voulant éradiquer les loups que l’on avait réintroduit.

Il y a de la poésie dans ce roman, des moments remplis d’émotions aussi, entre Wendell et Rowdy, qui bien que ne parlant pas, arrive à trouver sa place auprès de Wendell qui, sous ses dehors de paumé, arrive tant bien que mal à s’occuper du gosse. Il y a de la tendresse entre eux deux.

Le problème vient des hommes surarmés, qui se promènent avec leurs carabines bien visibles, qui débarquent chez vous en troupeau portant des fusils, juste pour vous demander de les rejoindre dans leur chasse à tout. Moi, ça me fous les chocottes toutes ces armes car il ne ressort jamais rien de bon d’une population armée comme pour la guerre. La moindre mouche qui pète et tout part en règlements de compte à Ok Corral.

Un rural noir qui prend son temps, qu’il faut lire avec la tête bien à ce qu’on fait car il faut aussi s’immerger dedans, ce qui m’a pris un certain temps, au début.

Un rural noir qui explore l’Amérique profonde, celle des gens peu intellectualisés, peu scolarisés, aux idées très basses de plafond et qui tirent plus vite que leurs ombres. Des gens qui chassent toute l’année, qui ne respectent pas la Nature, qui ne veulent pas qu’on s’immisce dans leur vie, qui pensent que tout leur est dû et que tout se règle avec des armes.

Et au milieu, il y a Wendell et Rowdy… Wendell qui veut offrir à ce gosse ce qu’il n’a pas eu : un père présent et non pas celui en cavale après un meurtre.

Bull Moutain, ton univers impitoyable…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°160].

 

Loveday et Ryder – Tome 3 – Meurtre en coulisse : Faith Martin [LC avec Bianca]

Titre : Loveday et Ryder – Tome 3 – Meurtre en coulisse

Auteur : Faith Martin
Édition : Harper Collins (12/11/2020)
Édition Originale : A fatal flaw (2019)
Traduction : Alexandra Herscovici-Schiller

Résumé :
1960. Alors que la ville d’Oxford se prépare pour le premier concours de beauté Miss Miel au Old Swan Theatre, une des principales candidates est retrouvée morte. Un suicide, ou l’élimination d’une concurrente gênante ?

Dans cette atmosphère de compétition féroce, la liste des suspects est interminable. Pour mener l’enquête, pas le choix : il faut se fondre dans la masse.

Et quand, à son grand embarras, la jeune policière Trudy Loveday se retrouve à intégrer les rangs des prétendantes à la couronne, elle découvre un monde où, en coulisse, tous les coups bas sont permis.

Entre mauvais tours, chantages et duperies, elle et le Dr Clement Ryder doivent rapidement repérer le tueur, avant que l’événement devienne une course mortelle pour remporter le prix…

Critique :
Les enquêtes de Loveday et Ryder sont toujours un petit moment de plaisir, comme un chocolat qu’on enfourne dans la bouche et qu’on déguste avec délectation.

Non seulement le duo d’enquêteur est équilibré, sympa et qu’il n’y ait pas de flirt entre eux est une excellente idée car entre Trudy Loveday, la jeune stagiaire de police et Clement Ryder, le coroner sexagénaire, il y a une certaine forme d’amitié qu’une histoire d’amour gâcherait.

Non seulement l’auteure a eu l’intelligence de créer un excellent duo que tout oppose, mais en plus, elle a situé ses enquêtes à Oxford, dans les années 60.

Alors oui, pour les conditions de la femme, on repassera (mais ne chantons pas victoire de nos jours, il reste encore du chemin à faire) puisque la place des jeunes filles et des femmes est dans un foyer, mariée et mère de famille, mais pas au travail.

Cette pensée est partagée aussi bien par les hommes, que les autres femmes ou bien par leurs parents, si ces filles sont jeunes. Alors, une jeune fille stagiaire de police, c’est l’hérésie totale, aucun mâle ne peut concevoir qu’elle soit capable de faire autre chose que de fouiller les suspectes ou réconforter les familles endeuillées. Merci les gars…

Et c’est ce qui fait le sel de ces romans (une pointe de sel, avec du chocolat noir, c’est un plaisir de fin gourmet), le fait que l’histoire se déroule dans les années 60 car l’auteur, avec de petites touches parfaitement intégrée au récit, nous en apprend plus sur les mœurs et les pensées de la société de 1960.

Cette fois-ci, j’ai trouvé le duo moins piquant puisque Loveday, infiltrée dans le concours de beauté Miss Miel doit faire comme si elle ne connaissait le coroner Ryder qui a réussi à se faire accepter comme membre du jury.

Rassurez-vous, rien à voir avec un scénario à la « Miss détective / F.B.I » où notre Loveday devrait prendre des cours de maintien. Ceci est une enquête anglaise, pas une comédie américaine.

Même si cette enquête est assez basique et que j’ai trouvé le nom du coupable bien avant notre duo de choc, j’ai pris un grand plaisir à déambuler dans le théâtre, à écouter les rêves des filles qui se présentent à ce concours, à découvrir les dessous de certaines (pas les dessous coquins, mais du caractère), leurs travers, leurs secrets…

L’époque, le lieu et nos deux enquêteurs ajoutent aussi une plus-value à ce roman qui, sans eux, ne sera pas aussi agréable à lire. Oxford dans les années 60 a un charme suranné et grâce à la série Endeavour, je la connais mieux, ainsi que les us et coutumes des gens à cette époque…

Loveday et Ryder, c’est une série plaisante, agréable, une bouffée d’air frais dans la morosité ambiante, le tout porté par un duo atypique que je trouve très équilibré et bien pensé. Vivement la suite !

Une LC réalisée avec Bianca qui est sur la même longueur que moi dans sa chronique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°159].