ABC contre Poirot (BD) : Frédéric Brémaud, Alberto Zanon et Agatha Christie

Titre : ABC contre Poirot (BD)

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Paquet – Agatha Christie (17/06/2020)

Résumé :
Alors qu’Hercule Poirot profite de sa retraite, il reçoit une lettre anonyme d’un certain ABC qui le défie en lui annonçant la date et le lieu de ses crimes.

Critique :
ABC contre Poirot faisait partie des romans que j’avais adoré, avant tout parce que la résolution était un coup de pied au cul monumental.

Malgré tout, au fil du temps, j’avais oublié la solution de cette énigme et ce fut l’adaptation télé, Les Petits Meurtres d’Agatha Christie qui me la remis en tête.

L’adaptation bédé n’allait pas me rafraîchir la mémoire, n’ayant plus oublié la résolution, mais on est fan du détective belge ou pas.

Si l’immeuble où vit Poirot, le Whitehaven Mansions, est fidèle à celui de la série télé avec notre moustachu, les dessins de Poirot, par contre… Dois-je vraiment le dire ?

Bon, ils sont plus que bof bof et ne m’ont pas enthousiasmés du tout ! On dirait un bonhomme Michelin et son élégance légendaire n’est pas bien représentée.

C’est bien simple, il ne faisait pas vraiment Poirot, quant aux sourcils du capitaine Hastings, ils étaient tellement longs qu’ils dépassaient de son visage !

Si les visages de nos deux personnages principaux ne sont pas bien exécutés, les couleurs, elles, sont bien dosées.

Le scénario est conforme au roman (même si ça remonte à très loin, ma lecture), mais en tout cas, il est touffu et ne donne pas l’impression que les auteurs ont survolé le récit initial avant de le caviarder là où il ne fallait pas. Un bon point donc pour le respect de l’histoire originale.

La résolution de l’affaire arrive après des enquêtes, des réflexions de Poirot, il prendra son temps pour expliquer le cheminement de ses petites cellules grises et une fois de plus, c’est appréciables car bon nombre de ces adaptations en bédé ont un final trop vite expédié, comme s’il n’y avait pas eu d’enquête digne de ce nom.

Si ce n’était les dessins aussi moches, cette adaptation serait repartie avec le maximum de points, mais je suis assez pointilleuse sur les dessins de Hercule Poirot (idem pour Sherlock Holmes) !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°295], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°48], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les chroniques de St Mary’s – 03 – Une seconde chance : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary’s – 03 – Une seconde chance

Auteur : Jodi Taylor
Édition : Hervé Chopin (14/02/2019)
Édition Originale : The Chronicles of St Mary’s, book 03: A Second Chance (2014)
Traduction : Cindy Colin Kapen

Résumé :
St Mary est de retour et rien ne va plus pour le docteur Maxwell. Une fois encore, l’institut très spécial de recherche historique St Mary, qui détient le secret du voyage dans le temps, passe d’une catastrophe à une autre.

De la rencontre avec Isaac Newton au champ de bataille sanglant d’Azincourt, rien ne se déroule comme prévu.

Mais c’est surtout à Troie, alors qu’Achille et Hector s’apprêtent à s’affronter sous ses yeux, que le destin de Max va se jouer.

Car si elle espère pouvoir percer le mystère du cheval de Troie, expliquer la destruction de cette cité mythique et toucher du doigt le destin tragique de Cassandre, elle va aussi devoir faire des choix irréversibles.

Critique :
Les sauts temporels sont toujours plus dangereux que les sauts dans des flaques d’eau ou que des sots, gardes des sceaux qui sautent dans des seaux d’eau, mais ils sont aussi bien plus instructifs et plus drôles que les autres exemples.

Si j’avais trouvé le tome 2 brouillon et foutraque avec plein de petits voyages temporels (pas assez développés à mon sens), que les résolutions arrivaient de manière un peu abrupte et que la relation entre Max (Madeleine Maxwell) et Léon partait en eau de boudin pour des petits rien, dans ce tome-ci, le récit est maitrisé.

L’humour est toujours bien présent, même lors de présentation des personnages principaux. Vous lisez les premières lignes et vous pouffez déjà de rire.

Cela équilibre un peu les drames parce que les aventures de Max et du département d’histoire ne sont jamais des parties de plaisir. On peut être blessé gravement durant un voyage dans le temps (et même à St Mary), on peut mourir, rester coincé au crétacé et finir dans l’estomac d’un dinosaure (imaginez ceux qui, plus tard, analyseront la crotte du dino après qu’il vous eût digéré : ils trouveront des éléments anachroniques dedans, telle de la viande humaine !)…

Déjà que les premières pages commencent par un épisode violent, avant de nous laisser sur un cliffhanger de dingue et de repartir en arrière pour nous expliquer ce que Max faisait en si mauvaise posture à cet endroit bien précis.

Si le premier voyage temporel de ce troisième roman est assez court (Isaac Newton), il est néanmoins assez drôle et dynamique et ne donne pas l’impression de se terminer abruptement comme celui du temps de Jack The Ripper (tome 2), même si le retour se fera, une fois de plus, en quatrième vitesse.

Ce qui sera le plus important dans ce roman, c’est le voyage temporel à Troie. Non, ils ne seront pas que trois à Troie et je ne vous dirai pas quand, mais ce n’était pas à Caen. De toute façon, le quart était passé.

Le récit d’Homère (d’alors) est-il véridique ? Nos amis vont tenter de résoudre cette énigme en partant à Troie durant 7 mois, un an avant la guerre, tentant de comparer le récit à la réalité, avant de revenir pour la guerre, à la fin, juste avant l’entrée en scène du cheval de Troie (qui avait quatre jambes).

Là, j’ai bu du petit lait ! La réécriture était intelligente, fine et j’ai dû faire abstraction du film où le beau Brad Pitt courrait en nous montrant ses belles guiboles. Rien à voir ! C’était violent et instructif à la fois. J’ai adoré avant que leur retour ne tourne en vinaigre entre Max et Léon, une fois de plus.

Le personnage de Madeleine Maxwell (Max), en plus d’être ronchon, gourmande, têtue, hyperactive, en bute avec l’autorité aura la conscience à géométrie variable. Une des règle les plus importantes est qu’il est interdit d’interférer dans l’Histoire, ce serait trop dangereux. Si Max a eu les couilles de s’interposer face à un membre qui allait prendre des libertés avec le règlement, elle aidera pourtant les premiers Hommes à traverser la mer Rouge…

L’univers de l’auteure est toujours riche en personnage marquants, hauts en couleur, déjanté, le genre de personnes qu’on ne peut laisser seul si l’on ne veut pas se retrouver avec des accidents ou catastrophes en tout genre.

Les descriptions de bataille d’Azincourt (autre voyage) étaient bien faites aussi, le lecteur a l’impression d’être sur le côté et de regarder les Anglais, moribonds, en sous effectif, faisant face aux Français, en surnombre, sûrs de leur victoire, vendant déjà la peau de l’ours avant même de l’avoir tué. L’Homme restera toujours le même, ses travers le suivant au fil des époques.

Anybref, après un tome 2 brouillon qui partait dans tous les sens sans vraiment s’accrocher à quoi que ce soit, ce tome 3 est précis comme le tir d’un arc anglais, lumineux comme les miroir d’Isaac Newton et impétueux comme un Agamemnon levant une armée pour faire le siège de Troie.

Le final est assez inattendu, imprévu et je me demande où l’auteure va nous mener dans le suivant avec ce nouvel arc narratif qui entre en ligne de compte. En tout cas, le final donne envie de lire le suivant pour savoir ce qu’il va se passer et j’espère ne pas attendre 1 an pour le faire, sinon, j’aurai tout oublié.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°294], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°47] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les Voies du Seigneur – Tome 1 – 1066 – Hastings : Fabrice David et Jaime Calderón

Titre : Les Voies du Seigneur – Tome 1 – 1066 – Hastings

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Soleil (2009)

Résumé :
1066. L’Angleterre se prépare à devenir le théâtre de l’une des plus furieuses et des plus épiques batailles de tout le Moyen Age.

C’est pourtant un tout autre enjeu qui fera basculer le sort des îles britanniques.

Inscrit dans le cuir, n’y a-t-il pas un secret susceptible de transformer le destin de la chrétienté ?

Odon de Bayeux, demi-frère du Duc Guillaume, sera le premier à découvrir à quel point les Voies du Seigneur semblent tortueuses.

Critique :
Si vous m’aviez demandé de vous parler d’Hastings, je vous aurais sorti la biographie du compagnon d’enquête d’Hercule Poirot…

Et si ensuite, vous m’aviez aiguillé sur la fameuse bataille d’Hastings, j’aurais été incapable de vous donner la date, les protagonistes et qui gagna le match (et à combien de buts d’écarts).

Comme il n’est jamais trop tard pour augmenter sa culture, je me suis dirigée vers cette bédé historique qui, en plus de nous faire vivre la bataille d’Hastings de l’intérieur, ajoutera à cela un petit mystère contenu dans un parchemin et qui est de la bombe !

Pour les Nuls qui se trouvaient au fond de la classe avec moi, je vous résume le brol en quelques lignes : Guillaume Le Bâtard (pas encore « Le Conquérant »), qui est, pour l’instant, le duc de Normandie, s’apprête à se lancer à l’assaut de l’Angleterre (anti-brexit, le mec). Son énorme flotte est postée à Bayeux et n’y fait pas tapisserie.

Son but ? Renverser celui qui revendique le trône (Harold) et s’approprier le pays, aidé en cela par Hardrada, le chef saxon (vikings).

Odon, le demi-frère de Guillaume le Conquérant n’a rien d’un espion mais il va devoir jouer double-jeu pour tenter de récupérer ce précieux parchemin, sans que son frangin le sache.

Les atouts de cette bédé sont ses dessins, très bien réalisés et son scénario qui est empli de mystère. Pour l’issue de la bataille, si vous trouvez le suspense trop dur, Wikiki vous dira tout mais vous ne vivrez pas cette bataille de l’intérieur.

Les découpages de l’histoire sont dynamiques, quasi cinématographiques et une fois que l’on a lu les premières cases, on n’a plus envie de s’en aller, mais plutôt de lire jusqu’au bout.

Le mystère sur le parchemin sera levé, les lecteurs sauront ce qu’il contient et c’est une bonne chose car cela évite de devoir attendre la fin de la saga pour savoir. Effectivement, il aurait pu changer bien des choses…

Anybref, voilà une bédé historique plus que correcte, avec un scénario qui romance quelque peu l’Histoire, sans pour autant la dépraver ou la changer totalement.

Mon seul inconvénient sera pour les personnages avec lequel je n’ai eu aucun atome crochu, mais ceci n’est pas trop grave.

Par contre, plus de pages auraient permis aux auteurs de faire durer un peu plus la bataille afin que l’on soit vraiment immergé à fond dedans. Ici, elle se termine un peu trop vite.

L’intrigue liée au parchemin commence dans ce premier tome et je me doute bien qu’elle continuera dans les autres. Si j’ai le temps, je tâcherai de poursuivre cette saga afin de voir sur quelles routes (en dur ou maritimes) elle va me mener.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°293], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°46], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Sherlock Holmes et les ombres du passé : Thierry Niogret

Titre : Sherlock Holmes et les ombres du passé

Auteur : Thierry Niogret
Édition : Le Patient Résidant (03/10/2016)

Résumé :
Le docteur Watson avait-il tout dit? Non, si l’on en croit ces nouvelles révélations exhumées aujourd’hui, qui présentent des affaires totalement inédites.

Des cadavres qui disparaissent de la morgue pour être remplacés par des squelettes, un cambrioleur qui marche au plafond, un trésor disparu et convoité par des héritiers sans scrupules, un fantôme qui arpente un cimetière, la nuit, dans un village des Cornouailles, autant d’affaires nouvelles résolues par Sherlock Holmes qui devra élucider également l’énigme des pendus de la Tour de Londres.

Mais quand Holmes et Watson seront confrontés au deuxième chien des Baskerville, l’insolite atteindra son comble…

Critique :
Sherlock Holmes continue d’avoir une vie grâce à tous ces auteurs prolifiques qui ne cessent d’enrichir les écrits apocryphes.

Certains sont meilleurs que d’autres et ce recueil de nouvelles, même s’il ne déchire pas grave sa race, fait partie des bons recueils de nouvelles holmésiennes.

Alors que dans les nouvelles holmésiennes du canon, j’étais comme Watson, incapable de comprendre ce qu’il se tramait sous mes yeux, ici, j’ai eu facile de comprendre en additionnant les faits et en relevant les indices.

De deux choses l’une : ou je suis devenue soudainement intelligente et l’égale du maître, ou Conan Doyle était plus tortueux dans ses énigmes que Thierry Niogret. Cela n’enlève rien au plaisir de lecture que de comprendre avant, que du contraire, ça fait même chaud au cœur.

Le format des nouvelles est ce qui va le mieux aux enquêtes de Sherlock Holmes : on lui présente le mystère, les faits et il les résout assez vite. Ce format ne frustre jamais le lecteur avec Holmes.

J’ai apprécié qu’il y ait un côté fantastique dans les aventures mais que ce dernier se révèle être une supercherie, comme pour Le Chien des Baskerville : tout s’explique simplement et de la meilleure manière qui soit.

Dans ces nouvelles, on retrouve des anciens clients de Holmes, croisés dans le canon holmésien, et qui revienne vers lui pour d’autres affaires, tout aussi mystérieuse. Une bonne idée que d’utiliser des personnages connus et déjà croisé, on a l’impression de retrouver des vieux amis.

Par contre, le quatrième de couverture est un peu mensonger ou racoleur avec la mention « Holmes et Watson seront confrontés au deuxième chien des Baskerville » !

Bien que l’enquête se déroule à Baskerville Hall, le chien dont on parle n’est pas celui que vous pourriez penser et c’est Watson qui, lisant la réponse de Holmes, se demandera pourquoi il a inscrit « Chien » alors que personne n’a vu le bout de sa queue, ni même mis son pied dans une de ses crottes diaboliques et méphitiques sur les pelouses. Là, on vend le bazar et ça fait pchiittt, même si l’enquête est bien réalisée.

Ce recueil de nouvelles holmésiennes ne révolutionnera pas le monde du polar, aucune enquête ne déchirera sa race ou ne laissera pantois son lecteur.

Par contre, elles sont plaisantes à lire, agréables, bien réalisées. Le duo Holmes/Watson est quasi conforme aux originaux, les ambiances sont victoriennes, sentent le fantastique sans que cet élément n’entre en ligne de compte pour la résolution.

Le tout est assez dynamique et enlevé, ce qui fait qu’on avale tout, sans faire de pause, avec un véritable plaisir littéraire, râlant à la fin parce qu’il n’y en a plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°292], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°45] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

La méthode de Sherlock Holmes – Secrets et astuces du plus grand détective du monde : Ransom Riggs

Titre : La méthode de Sherlock Holmes – Secrets et astuces du plus grand détective du monde

Auteur : Ransom Riggs
Illustrations : Eugene Smith
Édition : Ynnis (2021)
Édition Originale : The Sherlock Holmes Handbook : The Methods and Mysteries of the World’s Greatest Detective (2009)
Traduction : Stéphanie Chaptal

Résumé :
« Je m’appelle Sherlock Holmes. C’est mon métier de savoir ce que les autres gens ne savent pas. » Sa réputation n’est plus à faire, et pourtant, le célèbre détective ne vous a pas livré ses plus précieux secrets.

Dans cet ouvrage, Ransom Riggs consigne avec humour et sarcasme les méthodes et astuces nécessaires pour vous hisser à la hauteur du maître !

Comment ouvrir un coffre-fort ? Comment feindre votre propre mort ? Comment soutirer de l’argent a la famille royale ?

Autant de questions dont vous aurez les réponses dans ce manuel qui dépeint entre les lignes la fascinante figure de Holmes et son époque haute en couleur.

Un guide richement illustré qui ravira les fins limiers comme les détectives en herbe. Alors… que l’enquête commence !

Critique :
Ce petit guide ne fera pas de vous un parfait détective version 2021, mais il vous fera passer un agréable petit moment de lecture au jardin ou au coin du feu (tout dépend de la saison).

Ce guide s’attache surtout à parler des méthodes d’investigations de Holmes durant l’époque victorienne (il ne fera donc pas de vous un parfait détective 2.0 de notre ère) mais vous apprendrez comment ouvrir un coffre-fort (pas ceux à claviers digitaux), déchiffrer des messages codés (celui des hommes dansants), analyser des empreintes, vous déguiser, apprendrez à pratiquer des sports de combats.

Reprenant des extraits du canon, ce petit guide pourra se révéler idéal pour une personne qui viens de lire pour la première fois l’entièreté du canon et qui voudrait apprendre quelques petits détails pertinents sur le détective, sur ses méthodes…

Vous apprendrez aussi ce qui est anti-canonique comme éléments (pipe calebasse, le élémentaire mon cher Watson et le deerstalker – on explique le pourquoi du comment ces objets sont devenus inhérent à sa personnalité), sur les sociétés secrètes (du temps des publications des aventures de Holmes, la mafia, on n’en parlait pas comme maintenant), sur les drogues en ventes libres et sur les fumeries d’opium qui n’étaient pas aussi trash que l’on a cherché à nous faire croire.

Ce n’est pas avec ce guide que l’on cassera trois pattes à un canard car il reprend essentiellement des extraits du canon holmésien, autrement dit, rien de neuf sous le soleil pour un holmésien, même pour un membre en bas de l’échelle.

« Le simple fait que vous teniez ce livre entre les mains permet de faire un certain nombre de déductions élémentaires vous concernant : que vous êtes intéressé par les crimes et les criminels ; que vous avez au moins quelques connaissances en matière de littérature ; et que, comme beaucoup d’autres, vous cherchez à mieux comprendre (et même à imiter) la capacité presque surnaturelle qu’a Holmes à reconstituer à partir des plus infimes des effets constatés les faits incroyablement précis qui les ont causés. »

L’auteur n’apporte rien de nouveau, il se contente d’analyser l’œuvre de Conan Doyle, son époque et son personnage emblématique.

Au moins, tout ce qui se trouve dans ces pages est correct, il n’y a pas de digressions folles comme certains auteurs l’ont déjà fait en mélangeant les éléments canoniques avec les théories en tout genre (sans jamais préciser ce qui était certifié A.OC et en faisant prendre des vessies pour des lanternes à un lecteur non initié).

Ce petit guide est parfait pour le collectionneur holmésien (même s’il n’apprendra pas grand-chose) et encore plus parfait pour le néophyte qui aimerait en savoir plus sur le détective et sa méthode d’investigation.

Ce guide est parfait aussi pour remettre les pendules à l’heure sur le détective qui savait rire (si, si), sourire, niquer la loi et qui mettra en lumière les objets qui ne lui appartenaient pas et qui sont devenus siens dans l’imaginaire collectif.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°291], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°44] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot – 03 – Crime en toutes lettres : Sophie Hannah

Titre : Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot – 04 – Crime en toutes lettres

Auteur : Sophie Hannah
Édition : Le Masque (2018) / Livre de Poche (2019)
Édition Originale : The Mystery of Three Quarters
Traduction : Valérie Rosier

Résumé :
Hercule Poirot découvre une femme l’attendant devant sa porte, furieuse qu’il l’ait accusée du meurtre de Barnaby Pandy, un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Poirot est sous le choc, il ne connaît pas non plus cet homme.

Une deuxième surprise l’attend à son bureau, lorsque John McCrodden lui annonce avoir reçu une lettre signée de Poirot, l’accusant du meurtre de Pandy.

Critique :
Pour les inconditionnels du détective belge, Hercule Poirot, lire ses nouvelles enquêtes écrites par Sophie Hanna, ce n’est pas la même chose.

Ça en a la couleur, ça y ressemble, mais c’est du Canada Dry© mis à côté d’un vieux whisky qui a passé du temps dans son fût de chêne.

N’allez pas croire que ce soit mauvais, le Canada Dry© est d’ailleurs mon soda préféré ! Malgré tout le talent de l’auteure, il lui est impossible de faire comme Agatha Christie.

La première chose qui frappe, se sont les différents personnages qui semblent futiles, guère approfondi, légers. Ceux d’Agatha Christie avaient baignés dans leur jus, les sauces étaient relevées, épicées, vous nappaient le palais, tandis qu’ici, hormis le gamin, Timmy, ils avaient tous l’air d’avoir baigné dans un bouillon Knorr industriel, comme si l’auteur avait manqué de tendresse pour eux.

Les deux premiers personnages étaient même à baffer : invectivant Poirot, à qui ils reprochaient l’envoi d’une lettre horrible, où ce dernier les accusait d’un crime, aucun des deux n’a pris la peine d’écouter le détective leur jurer de ses grands dieux n’avoir jamais écrit pareille lettre.

Ils étaient tellement dans leur trip, versant leur fiel sur le détective et sur tout le monde dans leur entourage, sans écouter un traitre mot de Poirot, que sur le moment, j’ai pensé à deux acteurs de caméras cachées jouant un rôle et je m’attendais presque à voir jaillir monsieur Zygo ou Marcel Béliveau, hilares, d’avoir réussi à piéger Hercule. Loupé.

Dans les critiques lues, certains reprochaient un récit trop long à se mettre en place, je ne leur donnerai pas tort, ça avance lentement, mais je n’ai pas ressenti cette lenteur de mon côté.

J’ai pris plaisir, malgré tout, à suivre Hercule Poirot, même si ce n’était qu’une copie du vrai et qu’il m’a semblé, à certains moments, un peu fadasse aussi, comme s’il lui avait manqué ces fameux jus de cuisson made in Christie et qui lui donnaient un goût hors du commun, irrésistible, celui que David Suchet su lui donner quand il lui prêta ses traits.

Dans ce troisième tome des nouvelles enquêtes, pour la première fois, l’on va parler de la peine de mort, avec d’un côté ses adeptes et de l’autre son détracteur. Comme toujours, dans ces discussions là, c’est tout ou rien et chacun est certain d’avoir raison, là où Poirot mettra plus de tempérance, là où moi je suis souvent le cul entre deux chaises.

Il y aura beaucoup d’hypocrisie ensuite, mais ça, c’est normal face à l’être humain qui n’est pas à une contradiction près et qui nous la joue ♫ Je retourne ma veste, toujours du bon côté ♪. L’analyse finale de Poirot sera un joli petit moment car il mettra les mots qu’il faut sur pareille hypocrisie. Il n’y avait, hélas, pas de gorille pour entraîner cette personne dans le maquis…

Une autre chose m’a un peu dérangée, c’est les sentiments amoureux de certains qui étaient un peu trop too much. Que vous gardiez de bons souvenirs d’un amour de vacances, c’est normal, mais que vous restiez amoureux fou, pendant des années, d’une femme que vous n’avez connu que trois jours, là, ça devient plus tiré par les cheveux (ou alors, c’était un super coup au lit), limite ado amouraché qui n’a pas su évoluer et à mis sur un piédestal cette femme.

Contrairement aux originales, cette enquête de Poirot ne m’a pas fait pousser des cris en découvrant la résolution de l’énigme car, sans être banale, elle ne cassera pas la baraque comme ont peu le faire celle de la reine du crime.

Malgré tout, je saluerai tout de même l’ingéniosité de l’auteure qui, si elle n’a pas réussi à nous offrir un vrai Hercule Poirot (mission impossible), a tout de même tenté le tout pour le tout afin de s’en approcher au plus près (mais il manquera toujours les sauces made in Agatha) et pour nous offrir une enquête qui sortait des sentiers battus, sans pour autant révolutionner le polar.

Mitigée je suis. D’un côté, j’ai apprécié ma lecture, sans pour autant qu’elle me transporte et de l’autre, je suis un peu déçue des personnages qui n’avaient pas d’envergure, dont certains étaient exaspérant (je demande qu’on les tue dans le prochain roman) et que mon cher Poirot n’était pas tout à fait tel que je l’ai toujours connu.

Ce n’est pas du polar haut de gamme, mais ce n’est pas la merde littéraire que je pensais, au vu des différents critiques lues (et qui m’ont fait rire, surtout le coup des escargots dans le compost).

Malgré tout, l’auteure aurait pu mieux faire au niveau des personnages qui auraient dû être soignés, surtout les vieilles filles.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°290], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°43] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
Le juge Aaron nous l’a joué à la maire de New-York, Giuliani : tolérance zéro !

Le juge, personnage austère, plus croyant que Dieu lui-même, a éradiqué la délinquance des quartiers de Londres, chassant les pauvres comme on chasse les rats, éliminant même les chiens et ne voulant que des gares, des banques ou des commerces corrects.

Les aristocrates ont le droit de se défoncer avec toutes les substances qu’ils veulent, de claquer des milliers de livres dans les salons élégants où ces substances sont servies, mais ils sont priés de le faire sans troubler l’ordre public. Ah, l’hypocrisie, elle est toujours dans les parages et elle a encore de beaux jours devant elle.

Le juge Aaron est un Méchant de la pire espèce sans que rien ne vienne contrebalancer son portrait d’homme violent, sans cœur qui embastille tous les pauvres gens pour un oui ou pour un non. Il aime voir dans les yeux des prisonniers la terreur qu’il leur inspire. C’est un tyran, un dictateur qui tient toute la ville de Londres dans ses mains.

Mais cet homme de loi est-il aussi pieu qu’on le croit ? C’est ce que vont essayer de découvrir deux anciens membres des Dogs.

C’est rythmé, on a de l’action, ça bouge assez bien, mais nous ne savons toujours pas qui a trahi les Golden Dogs il y a 6 ans. Tout le monde pense que c’est l’autre qui les a dénoncés mais personne n’a aucune preuve. Suspense total.

Les Golden Dogs recommencent à jouer avec les pieds des puissants et ça fait du bien, pour eux comme pour le lecteur.

On a arrêté de tourner en rond comme dans le tome 2 et si on est d’accord pour accepter la reformation de la bande, la suite de la lecture passera comme une lettre à la poste.

Oui, il faut accepter que la bande se reforme alors que personne ne sait toujours pas qui les a dénoncés il y a 6 ans et qui a piqué le magot. Vous auriez confiance, vous ? Moi pas…

Anybref, on continue de faire le grand écart entre les quartiers mal famés où les pauvres vivotent et les beaux salons où les riches s’amusent en claquant leur fric, puisqu’ils n’auront pas de soucis pour manger demain, eux.

Les couleurs sont agréables, pas criardes, pas délavées, les ambiances des bas-fonds de Londres sont bien rendues, comme celle des salons chics pour les pété de thune d’aristo.

En espérant avoir les réponses dans le quatrième et dernier tome. Dans ce troisième, on avance bien, mais il reste toujours des questions sans réponses et je suis du genre à apprécier les recevoir au fur et à mesure et pas tout dans le dernier tome, car bien souvent, soit l’auteur oublie de les donner, soit il les donne en vrac, dans les dernières cases…

À voir ce que le dernier nous réserve !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°289], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°42], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Classiques illustrés – Tome 10 – Les grandes aventures de Sherlock Holmes : Nick Tall et Nestor Redondo

Titre : Classiques illustrés – Tome 10 – Les grandes aventures de Sherlock Holmes

Scénariste : Nick Tall
Dessinateur : Nestor Redondo

Édition : Héritage (1977)

Résumé :
Les aventures illustrées de Sherlock Holmes d’après l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle : Le ruban moucheté.

Critique :
Ah, les vieux brols que l’on déniche au fin fond des stocks obscurs d’une échoppe encore plus obscure ! J’adore.

Un Sherlock Holmes en bédé, en noir et blanc et en plus, cerise sur le gâteau, c’est l’adaptation d’une de mes histoires préférées : Le ruban moucheté (The Adventure of the Speckled Band).

Les dessins de Holmes sont réussis, il est grand, mince, élégant, à la limite sexy. Watson ne fait pas vieux croulant comme on le voit trop souvent dans les adaptations.

Notre docteur semble être entre deux âges (45 ans) alors qu’en principe il devrait être au début de la trentaine puisque nous sommes en 1883 et qu’une estimation de sa date de naissance donne 1852.

Cette adaptation est fidèle à la nouvelle, rien à redire. Tous les détails importants s’y trouvent et les dialogues sont eux aussi dans l’esprit de la nouvelle (que je n’ai pas relue depuis longtemps mais dont je n’ai pas oublié les détails).

Mon seul hurlement digne d’un loup-garou se coinçant la queue dans une porte sera pour le fait que Holmes revienne du palais de Justice en portant un macfarlane et une deerstalker sur la tête !!!

Nom de Zeus, et moi qui me réjouissais que sa pipe soit droite, voilà que les dessinateurs retombent dans leurs vieux travers de foutre cet accoutrement campagnard à Holmes en pleine ville !

Après avoir résolu le mystère de la bande mouchetée durant la moitié de l’album, l’aventure suivante du celle du mystère de Boscombe Valley. Une enquête sordide dans la campagne où un jeune homme est accusé d’avoir assassiné son père.

Les cases sont assez épurées en ce qui concerne les décors, le dessinateur a juste ajouté ce qu’il fallait et rien de plus. Les phylactères prennent assez bien de place dans les cases, ne laissant plus de place pour des détails de décors.

Cette aventure se déroulerait en 1888 (mais personne n’est sûr de la date) et notre Watson est marié (Le signe des quatre se déroule en 1888 aussi), par contre, il paraît beaucoup plus vieux alors que 5 ans sépare les deux affaires traitées dans cette adaptation. Bizarre. Lestrade sera de la partie aussi.

Ces adaptations devaient être faite pour un public jeune puisque certains mots tels que coroner, livre sterling, enquête ou manoir sont définis en bas de page. Bedetheque vous donnera la liste de tous les Classiques illustrés (Éditions Héritage) édités.

Pour une collectionneuse telle que moi, cette bédé devait faire partie de ma collection.

Ces adaptations des enquêtes de Holmes sont fidèles aux originales et c’était plaisant de les relire sous forme de bédé, avec un Holmes conforme au canon : grand, mince, élancé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°288], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°41], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 58 pages), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°66], et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Columbo – Saison 02 – Épisode 04 – Dagger of the Mind

Ecrit par : Jackson Gillis

Produit par : Dean Hargrove

Casting :

  • Peter Falk : Lieutenant Columbo
  • Richard Basehart : Nicholas Frame
  • Honor Blackman : Lilian Stanhope
  • John Williams : Sir Roger Haversham
  • Wilfrid Hyde-White : Tanner

Résumé : Lillian Stanhope a séduit le producteur Sir Roger Haversham avec la complicité de son mari pour qu’il produise Macbeth, la pièce dans laquelle compte jouer le couple.

Lorsque le producteur s’aperçoit des intentions du couple, il décide de tout arrêter.

Victime d’un mauvais coup durant une dispute, il meurt et le couple va tenter de faire passer cet homicide pour un accident. Columbo, en visite à Scotland Yard (pour y apprendre les techniques de pointe pratiquées par Scotland Yard auprès du très anglais detective chief superintendent Durk) va mener l’enquête.

Columbo pour le Mois Anglais ? Non, non, je n’ai pas fumé mes herbes de Provence ou abusé du café eet non je n’essaie pas d’entuber les organisatrices ! C’est oublier qu’un jour, Columbo a été invité par Scotland Yard et que, pas de bol pour les meurtriers, il les a coincé avec son espièglerie habituelle.

S.O.S. Scotland Yard est le titre V.F de l’épisode, mais pour ajouter du mystère, j’ai décidé de mettre celui en V.O afin de vous faire hausser les sourcils. Dagger of the Mind fait référence à Macbeth.

Columbo en Angleterre, à Londres, plus précisément, ça vaut son pesant de cacahuètes. Déjà que le lieutenant à l’imper froissé détonne dans les maisons chics où il enquête, le voir courir partout pour prendre des photos du folklore anglais pourrait laisser croire que les touristes américains sont ainsi lorsqu’ils visitent un pays à l’Histoire forte : courant partout comme un lapin pour shooter des images.

Une fois de plus, tout le monde pensera que le lieutenant n’est pas un homme intelligent, qu’il est décalé, un peu fou et qu’on leur a envoyé le débile de service. Ben non messieurs les anglais !

J’apprécie tous les anciens épisodes de Columbo, mais lui, c’est un de mes chouchous.

Les ambiances londoniennes sous la pluie changent de celles de Los Angeles sous le soleil étincelant.

Pas de grosses voitures américaines mais de belles anglaises, dont celle du couple formé par Nicholas Frame (Richard Basehart) et Lillian Stanhope (Honor Blackman), sorte de voiture de sport à hauteur d’un basset qui ne comporte pas de vitres latérales à tel point que l’on se demande comment ils n’ont pas froid lorsqu’ils conduisent ou attendent l’autre dans une ruelle mal famée.

Pour une fois, nous enquêterons dans le milieu du théâtre, avec deux acteurs sur le retour qui ont conspirés pour que Sir Roger Haversham (John Williams) leur monte Hamlet et une fois que le vieil homme pété de thunes se rendit compte que l’on jouait avec ses pieds, vitupéra à l’encontre de ces deux acteurs et paf Sir Roger Haversham…

Mort, tué accidentellement par Lillian Stanhope que cet homicide involontaire va hanter, comme dans Macbeth qui nous montre les affres que traversent les meurtriers qui ne peuvent plus jouir d’aucune sérénité jusqu’à ce que leur forfait soit découvert et leur crime puni.

D’ailleurs, nos deux acteurs, Nicholas Frame et Lillian Stanhope, qui jouent respectivement Macbeth et Lady Macbeth, deviennent réellement Macbeth et Lady Macbeth en tuant Sir Roger Haversham, sorte de substitut du roi Duncan qui deviendra ensuite l’équivalent du fantôme de Banquo, lorsque Lillian, dans la réserve du musée, tombera nez à nez avec la tête de cire de Sir Roger, comme s’il était revenu d’outre-tombe pour hanter son esprit.

Ce qui me fait toujours rire dans les Columbo, c’est que personne ne le prend jamais au sérieux, surtout les coupables et quand le couperet tombe, ils sont souvent les premiers étonnés car Columbo était toujours arrivé vers eux avec cette expression de fausse candeur affichée sur le visage. Ce n’est qu’à la fin de l’épisode que les coupables se rendent compte que Columbo a toujours mené le jeu.

Nos deux acteurs sur le retour vont se démener pour le mener sur des fausses pistes mais peine perdue, notre lieutenant connait son métier et à coup de phrases cultes, telles « Juste une dernière chose » ou de « Quand je vais dire ça à ma femme » et petit à petit, à coup de petits détails qui ne collent pas, il va comprendre l’implication de nos deux acteurs dans le mort de Sir Roger Haversham. Mais comment le prouver ?

Columbo n’est pas à une mise en scène près, à un piège tendu au(x) coupable(s), comme simuler une panne pour prouver que de ce point-là, le téléphone de la voiture ne passe pas, ou jouer avec la boite de petit chimiste de son petit neveu face à un dentiste qui avait réussi le crime presque parfait.

Ici, ce sera le coup du parapluie…

Anybref, un excellent épisode de Columbo, comme toujours, où notre lieutenant fera preuve de perspicacités, n’ayant rien à apprendre des Anglais (il pourrait même être leur prof) et n’étant pas gêné d’avouer ses lacunes en théâtre ou en culture, montrant une fois de plus qu’il vient d’un autre milieu social, celui constitué par les petits gens et qu’il en est fier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°287], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°40] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les Détectives du Yorkshire ‭-‬ 05 ‭- ‬Rendez-vous avec le danger ‭: ‬Julia Chapman [LC avec Bianca]

Titre : Les Détectives du Yorkshire ‭–‬ 05 ‭– ‬Rendez-vous avec le danger

Auteur : ‬Julia Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (28/11/2019)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 5: Date with danger
Traduction : Dominique Haas et Stéphanie Leigniel

Résumé :
La mort frappe toujours deux fois.

À la suite d’un accident mortel survenu à la foire aux bestiaux de Bruncliffe, le commissaire-priseur Harry Furness engage Samson et Delilah pour mener l’enquête.

Mais ce qui semblait n’être qu’une simple vérification de routine prend vite un tour plus sombre quand les détectives découvrent que cet accident a probablement été provoqué…

Ajoutez à cela des vols de moutons, un dangereux chantage et un fermier amoureux, et vous aurez la recette parfaite pour une enquête explosive !

Critique :
C’est toujours un plaisir que de retourner dans le Yorkshire, à Bruncliffe, retrouver Sansom et Delilah, mes deux détectives adorés, même si tout le village me regardera de travers puisque je suis une offcumden (étrangère au village).

Cette fois-ci, j’ai découvert la foire aux bestiaux de Bruncliffe, qui change de celle de Libramont puisque c’est dans cette foire qu’ont lieu des ventes aux enchères de troupeaux entiers de moutons, gestantes ou suivies. Et bardaf, la mort frappe déjà, sous couvert d’un accident, aux yeux des autres, mais moi, je savais que c’était un meurtre.

Mes deux amis détectives ont été appelés afin de faire la lumière sur cet accident dont d’autres pensent qu’il n’en est pas un et comme toujours, ils vont lever un tas de nœuds de vipères et au fur et à mesure qu’ils remonteront la pelote de laine, ils vont découvrir des choses pas très catholiques !

Comme d’habitude, l’auteure nous a réservée plusieurs mystères, même si le plus gros est celui de la mort accidentelle de Ron Watson et auquel viendra se greffer des vols de moutons la nuit. Dans les plus petites enquêtes, nous aurons des vols dans la caisse et des cacas canins mystérieusement déposés devant la devanture de la boucherie (toujours irrésolu à ce jour).

Le duo fonctionne toujours autant, sans pour autant qu’il y ait eu des déclarations d’amour, chacun restant de son côté de la barrière et pour le moment, tant mieux, je ne voudrais pas qu’une fois mis ensemble, nous nous trouvions avec le syndrome « Clair de Lune » (quand les deux personnages se mettent en couple et que vous n’avez plus du tout cette tension qu’il y avait avant et qui vous faisait regarder la série) ou devant un couple planplan.

C’est frais, c’est relevé, c’est enlevé, on ne s’ennuie pas un seul instant avec toutes ces petites affaires qui se déroulent sous nos yeux, plus celles auxquelles nous avons accès mais pas les autres : la tentative de chantage et la culture de cannabis. Certains points ne sont toujours pas résolus depuis le premier tome, le méchant est toujours dans l’ombre, mais ces derniers temps, il subit des revers, chouette.

Ma connaissance du monde de l’élevage (même si ce n’est pas celui des ovins) m’a fait comprendre un des modus operandi dès que j’ai eu l’objet du délit sous les yeux, alors que nos deux détectives pataugeaient encore. C’était retors mais bien vu.

Alors que je cheminais, fière comme Artaban, de ne pas m’être laissée piéger par l’auteure (et d’avoir laissé le goudron et les plumes au garage) et persuadée que j’étais de tout savoir sur les coupables ou les innocents, je me suis faite tacler d’une manière brutale et imprévue. Joli coup de la part de l’auteure.

Anybref, cette lecture fut un régal sur tous les points, l’équilibre des goûts était maîtrisé (Top Chef, sors de mon corps) et j’ai dévoré les trois-quarts de ce roman en une journée, le terminant goulûment le lendemain matin.

Une fois de plus, j’ai ressenti un vide en finissant ce cinquième roman. Mon plaisir de lecture avait été tel que je suis restée sans avoir envie de lire autre chose pendant un petit moment tant le déchirement était grand de les quitter à nouveau, jusqu’à leur prochaine enquête, que je possède déjà.

Une LC réussie avec Bianca (voir son avis), grandement réussie, même ! J’ai tellement pris mon pied durant cette lecture jubilatoire que je n’ai aucun scrupules à lui coller 4 Sherlock !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°286], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°39], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°65] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.