Sherlock Holmes – Tome 2 – La folie du colonel Warburton : Jean-Pierre Croquet & Benoît Bonte

Titre : Sherlock Holmes – Tome 2 – La folie du colonel Warburton

Scénariste : Jean-Pierre Croquet
Dessinateur : Benoît Bonte

Édition :   Soleil Productions n°2 (2000)

Résumé :
Coïncidence ou machination ? Hasard ou acte criminel ? Une chose est sûre, il se passe d’étranges événements au manoir Glenmore où le colonel Warburton a pris sa retraite.

Morts violentes, apparitions fantômes : toutes les diableries de l’enfer semblent s’être donné rendez-vous dans ce coin perdu de la campagne écossaise.

Seul, Sherlock Holmes peut venir à bout d’un tel mystère, à coup sûr un des plus fascinants de sa longue carrière. Car cette fois, l’assassin vient d’ailleurs. Du royaume des morts. De l’autre côté du temps.

a8878Critique :
Je vous entend déjà dire à voix haute en découvrant ma chronique : « Mais il est où le tome 1 ?? ». Ben il se trouve ici puisque c’est le fameux tome 7 paru aux éditions « Lefrancq Bdétectives » sous le titre de « L’Étoile Sanglante ».

Tout le monde vous le dira quand il s’agit de lancer (ou relancer) une série, il est plus facile de l’installer avec plusieurs albums d’un coup et puisque c’était le même duo…

Déjà la couverture vous plonge dans l’atmosphère : Holmes, deerstalker sur la tête, macfarlane sur le dos, épée à la main, regard suspicieux, prêt à trancher le premier qui passe tel une rondelle de saucisson.

Watson, lui, révolver à la main, prêt à descendre le premier chienchien méchant qui passerait aussi. Bref, on les croiserait au coin d’un bois à minuit avec cet air là, on ne leur demanderait pas l’heure !

Décor dantesque et désolé, juste pourvu, en arrière-plan, d’un château où ne brille qu’une lumière, seul phare pour guider les malheureux égarés, perdus dans la brume qui tombe doucement, tel un voile diaphane sur la lande sauvage et déserte (me voici en train de poèter plus haut que mon luth… Pardon).

C’est fort, déjà, comme première vue. Mais ne cherchez pas cette scène dans la bédé, elle ne s’y trouve pas. Holmes manipulera une épée, mais à l’intérieur. Couverture mensongère.

Ça faisait longtemps que je n’avais plus relu cette collection et je sens que je ne vais pas me réconcilier avec elle non plus.

Dès la première page, on se retrouve dans un paysage désolé et écossais. Le brouillard, le vent, un castel et les paroles de deux personnes, sans phylactères, semées dans la nuit, qui vous distillent une atmosphère comme un alambic le ferait avec du whisky.

Manque plus qu’un air de cornemuse pour aller avec les paroles anxieuses de l’un.

En tout cas, pour ce qui est des dessins, ils sont déjà beaucoup mieux que ceux fournis par la collection de chez Lefrancq et ses Bdétectives. Les couleurs sont correctes et ne vous feront pas mal aux yeux.

Quand aux références canoniques, elles jalonneront l’album, mais pas toujours de manière adéquate.

Passons au 221b où nous retrouvons Holmes qui s’ennuie…

Du coup, afin de tirer notre détective de la torpeur dans laquelle il s’enfonce, arrive une cliente (elle tombe bien, non ?).

Une jeune fille, seule, qui croira même à de la sorcellerie lorsque Holmes se livrera à quelques déductions sur elle… Pouffiasse, va !

Que veut-elle ? Son oncle, le colonel Warburton (une vieille connaissance de Watson, rencontré lors de la campagne d’Afghanistan), est devenu zinzin depuis qu’il a découvert un bateau échoué et que son ami est passé au travers d’un pont. Oui, moi aussi je deviendrais zinzin pour ça…

Elle a besoin d’aide et son oncle encore plus. Rassurez-vous, pas dans le but de financer la consolidation des ponts !

Pas de chance, Holmes a une affaire en cours et des plus délicates (un rendez-vous avec LA femme peut-être ? *rires*) et il charge Watson de se rendre seul à Glenmore, en Écosse. Justement je vous parlais de whisky et de distilleries !

Tiens, tiens, un air de déjà vu, non ? Cela me fait penser au chien des Baskerville. De plus, il envoie la cliente passer la nuit au Northumberland Hotel. ZE grosse référence au toutou des Baskerville.

C’est cela qui me gêne un peu. Le scénariste aurait pu distiller (elle est facile, on est en Écosse) des références canoniques sans pour autant en extraire des pans entier. Pourquoi ne pas inventer sa propre histoire ? On n’est pas dans une fanfic…

Pourquoi copier une partie du scénario du chien des Baskerville ? Un bon holmésien a déjà tout compris sur les intentions cachées de Holmes. Ben oui !

Le reste est de la même trempe et ce qui avait bien commencé se transforme en eau de boudin. Watson est une espèce de gros nigaud qui ne pense qu’à manger et à boire.

Pourquoi faire de Watson un crétin congénital alors que ce serait si agréable qu’on fasse un Watson comme dans la série de la Granada. Un type à l’intelligence normale. C’est si compliqué un Watson qui n’est pas limite « débile » ? Sans doute…

Notre brave docteur se promènera aussi en kilt (sans que l’on sache ce qu’il porte en dessous), et quand il fera sortir le colonel Warburton de sa chambre, se sera pour s’entendre raconter la malédiction dont il se croit la victime.

On aura même droit, dans le récit du colonel, à une sorte de Jésus-Christ déguisé en fakir et qui ressuscite les chats. Le fantastique, encore une fois !

Tiens, une grosse référence aux 5 pépins d’orange avec les clous de la planche de fakir envoyé en guise d’avertissements. Une bonne grosse malédiction et une bonne aspiration du Canon.

Bref, rien de neuf sous le Soleil… Productions (rires).

Les paysages écossais que Watson traverse sont jolis, désertiques ou peuplés de moutons et il n’y pleut pas souvent.

La suite, je ne peux pas vous la raconter, mais bon, le scénariste aurait pu mieux faire. C’est téléphoné. On sait tout de suite où est caché Holmes.

Le seul point positif de l’album sera que Holmes ne portera sa macfarlane que sur la couverture et un peu à la fin. Marrant, à la campagne, il ne la porte pas, mais en plein Londres, oui.

La résolution de l’enquête était claire et nette, sans l’élément fantastique. Mais les quatre dernières pages m’ont plongées dans la consternation. Il fallait boucler l’album… D’accord, mais quelle manière. Fallait le sortir à ce moment là, leur fantastique ? Dubitative, je vous dis.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge British Mysteries chez My Lou Book et RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires.

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Legend : Brian Helgeland [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 20/52]

Legend est un film de gangsters britannique écrit et réalisé par Brian Helgeland, sorti en 2015.

  • Titre original : Legend
  • Réalisation : Brian Helgeland
  • Scénario : Brian Helgeland, d’après Les Jumeaux de la violence, Londres dans la nuit et C’est rapé, frangin, Londres dans la nuit de John Pearson

1. Synopsis :
À Londres dans les années 1960, les jumeaux Kray deviennent les rois de la pègre.

2. Distribution :

  • Tom Hardy : Ronald Kray / Reginald Kray
  • Emily Browning : Frances Shea
  • Colin Morgan : Franck Shea
  • Christopher Eccleston : Leonard « Nipper » Read
  • David Thewlis : Leslie Payne
  • Taron Egerton : Edward « Mad Teddy » Smith
  • Paul Bettany : Charlie Richardson

Ce que j’en ai pensé :
Londres, les années 60.

Les jumeaux Ronnie et Reggie Kray, les plus célèbres gangsters du Royaume-Uni, règnent en maîtres sur la capitale anglaise.

À la tête d’une mafia impitoyable, leur influence parait sans limites.

Deux frères aussi jumeaux qu’on peut l’être mais différents.

Reggie, c’est la classe, la décontraction, la beauté, les femmes, la gloire.

Ronnie, lui, c’est celui à qui on dirait qu’on a oublié d’insérer quelques pièces fondamentales dans le cerveau. N’allez pourtant pas croire qu’il est débile profond, non, il est dangereux, c’est un psychopathe complètement barge.

Tom Hadry, à lui tout seul incarne deux rôles dissemblables : d’un côté le rôle de Reggie, le frère charismatiques dont la violence est larvée, pas en public et de l’autre,  Ronnie, un personnage moins démonstratif, hanté, homosexuel, incontrôlable, impulsif, délirant et trouble.

Reconstitution détaillée, photographie soignée, rien à redire sur les décors ! On a l’impression d’être dans un film d’époque et si anachronisme il y a, je ne l’ai pas vu puisque je ne connais pas l’époque en détail !

On suit la montée en puissance des frères Kray dans le monde criminel. Ils ont commencé petit, puis, tout doucement, on étendu leur business plus loin, plus fort et sont devenus les maîtres dans la place.

Une  voix-off nous informe des événements dépeints et le côté « historique » est agrémentée de séquences plus intimes visant à mêler grande et petite histoire.

Évidemment, les méchants garçons attirent les filles et quand ils les draguent, ils sont tout gentils, tout sucre, tout miel. Une fois le mariage atteint, on se retrouve devant un autre homme et notre pauvre petite Frances Shea en fera l’amère découverte après avoir subi la cour romantique de Reggie Kray.

Maintenant, je ne sais pas si toutes ces scènes sont réelles ou pas. Difficile d’imaginer les frères Kray en train de manger des biscuits et de prendre le thé chez maman alors que l’un d’eux vient d’assassiner, de sang-froid, un homme devant témoins ou de les voir se retenir de se faire mal quand ils se battront ensemble…

En attendant, on regarde, effrayé la montée en puissance de cette mafia anglaise qui, comme toute les mafias, périclite souvent parce qu’elle s’est montrée trop gourmande ou par les membres de sa propre famille.

Où lorsque la femme de Reggie l’incite à s’éloigner du business parce qu’il le lui avait promis mais n’arrive pas à lâcher l’affaire.

La chute des frères Kray semble inévitable. Mais pas que pour une chose, c’est la somme de petites choses qui fait que… Et il n’y a pas que les frères Kray qui vont chuter dans la seconde moitié du film…

Mais on discutera de ceci après, si vous le voulez bien. Restons dans le positif.

Le plaisir du spectateur vient de la reconstitution mais aussi et surtout du jeu d’acteur de Tom Hardy qui, de policé quand il joue Reggie, devient totalement dingo quand il joue Ronnie.

Et si au départ, Ronnie se tient un peu, au fur et à mesure du film, il devient de plus en plus incontrôlable, devenant même un psychopathe schizophrène sanguinaire quand son frère se retrouve quelques temps au gnouf.

C’est violent, délirant et jouissif. Mais hélas, sur la durée, ça foire un peu dans la seconde moitié du match.

Si le scénario arrive à mettre en lumière toute la complexité des jumeaux Kray, chacun étant capable d’amour et de tendresse (Ronnie avec sa mère) comme de commettre des actes tout simplement ignobles et impardonnables tel le meurtre de sang-froid, et bien, j’ai l’impression que le scénariste s’est reposé sur ses lauriers pour la seconde moitié.

Où alors qu’il est parti pisser les mojitos ou les cafés qu’il avait éclusé… et qu’un autre a pris sa place.

Pourtant, on était bien parti et passer le point de vue à la femme de Reggie Kray était une bonne idée, surtout que la fille, bien que bête à croire que le Reggie va tout plaquer pour elle, n’était pourtant pas une potiche destinée à faire tapisserie. Elle a même des couilles à un moment donnée.

Mais hélas, le scénariste remplaçant s’est un peu trop concentré sur la vie de couple pas facile de Reggie et Frances alors que moi, j’aurais voulu voir plus de pègre, plus de magouilles, plus de conneries qui feront capoter les magouilles car on se disperse et parce que Reggie ne veut pas se séparer du frangin barjot qui pourtant est en train de faire couler le navire.

Et il n’y a pas que les frères Kray qui vont couler à la fin… le film prend un peu l’eau.

Legend retrace la véritable histoire de ces deux frères, remarquablement interprétés par Tom Hardy et nous plonge dans la noirceur stylisée des quartiers de l’East End du Swinging London.

Violent, jouissif, une belle première partie qui s’essouffle un peu et se disperse dans la seconde, hélas.

Cravacher la film ne servira à rien, le cheval de course a cédé sa place au mulet et on termine avec un petit goût de trop peu sur la fin.

Dommage parce que nous étions parti pour inscrire la Légende, malgré tout, le film se regarde avec plaisir et je n’ai pas de regrets, si ce n’est de ne pas avoir assez eu de pègre et un peu trop de vie de couple.

Étoile 3

Le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016 et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

Sherlock Holmes et associés – Tome 3 – À la recherche de Watson : Michael Citrin & Tracy Mack

Titre : Sherlock Holmes et associés – Tome 3 – À la recherche de Watson

Auteurs : Michael Citrin & Tracy Mack
Édition : LP Hachette Jeunesse (2008)

Résumé :
Calico Finch, un célèbre archéologue, est retrouvé mort dans la bibliothèque d’un musée.

Mais, ce n’est pas tout. Watson, le meilleur ami de Sherlock Holmes a disparu !

Tout porte à croire qu’il s’agit d’un enlèvement. Sur les conseils de Sherlock Holmes, les jeunes associés du détective se chargent de l’enquête.

Mais le comportement de leur Maître les inquiète.

Pourquoi ne les accompagne-t-il pas ? Que leur cache-t-il ?

irregulars1Critique : 
Des aventures de Sherlock Holmes avec un petit goût d’Indiana Jones, le fouet en moins… Je veux !

Un célèbre archéologue a été retrouvé mort dans la bibliothèque d’un musée et Sherlock Holmes va faire appel à ses « Mouches » pour être ses yeux dans cette enquête.

Mais notre bande de gamins des rues est bien perplexe : une bande de voyous plus âgés leur cherche des noises et semble avoir un coup d’avance sur eux à chaque fois !

Ok, nous sommes dans de la littérature jeunesse, mais ce n’est pas une raison pour prendre les lecteurs pour des imbéciles ! L’identité du traitre parmi les Mouches ne laisse aucun doute et on sent bien l’anguille sous la roche avec la seconde enquête que Holmes confie à ses enquêteurs en culottes courtes.

Quand à Ozzie, toujours à la recherche de son père, il vient enfin de comprendre ce que le lecteur avait pigé depuis le premier tome. D’ailleurs, il est bien dommage que la série ne compte que trois tomes parce qu’il y a comme un petit goût d’inachevé avec le final.

Anybref ! Malgré l’écriture asses simple, les ficelles assez grosses, on a tout de même du mystère, deux enquêtes, des trahisons, des quêtes de soi et du père ainsi qu’une certain recherche d’amour paternel et de reconnaissance et une mini tentation vers le côté obscur de la Force.

Ça ne cassera jamais trois pattes à un canard, mais ça se lit avec plaisir, la tête vidée de tout, les pieds sur la table et une tasse de thé à côté (ou de café, ou un mojito, une bière, ou ce que vous voulez boire !).

Les 2,5/5 ne sont pas le fait d’un mauvais roman, mais d’une lecture à garder pour les enfants ou pour les collectionneurs des apocryphes holmésiens.

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « A year in England » chez Titine et Le « Challenge US » chez Noctembule (auteurs américains).

Sherlock Holmes et associés – Tome 2 – Le jeu des illusions : Michael Citrin & Tracy Mack

Titre : Sherlock Holmes et associés – Tome 2 – Le jeu des illusions

Auteurs : Michael Citrin & Tracy Mack
Édition : LP Hachette Jeunesse (2008)

Résumé :
Lors d’une séance de spiritisme avec un célèbre médium, la riche Greta Berlinger a vu l’esprit de son défunt mari !

Une surprise tellement forte… qu’elle en est morte sur le coup ! Le mystère reste entier…

Voilà une affaire bien troublante pour Sherlock Holmes et ses jeunes associés.

spiritismeCritique : 
C’est péniblement que j’ai réussi à trouver les deux autres tomes de cette petite collection jeunesse (T2 et 3).

En fait, il m’a fallu plus de temps pour les trouver que pour les lire puisque les 180 pages se lisent très vite.

Pas de regrets de mon achat et de ma lecture. Certes, c’est de la littérature jeunesse, c’est assez simple niveau écriture et scénario, pourtant, j’ai passé des bons moments détente lors de ma lecture.

Cette série met en avant ce que, dans le canon holmésien, Sherlock Holmes nomme « The Baker Street Irregulars » (Les Irréguliers de Baker Street ou Francs-tireurs de Baker Street).

Pour votre info culturelle, il s’agissait d’un groupe de gamins des rues qui secondaient parfois Holmes dans ses enquêtes en se rendant un peu partout dans Londres, en posant des questions, ou en suivant les suspects. Leur chef était Wiggins.

Dans cette série, on les nomme « Les Mouches ». Wiggins est bien là et il est secondé par Osgood (Ozzie) et une dizaine d’autres gamins et, bien entendu, ils sont plus présent que le grand Sherlock Holmes, même si le Maître, comme ils le nomment, n’est jamais très loin.

Si les enquêtes ne sont pas mal foutues, possèdent du suspense (un peu), du mystère, elles restent néanmoins gentillettes et tout est bien qui finit bien. Ne traumatisons pas les enfants ou les grands qui les lisent.

Malgré tout, les livres abordent la misère qui régnait dans certains quartiers mal famés et la vie, pas rose, des enfants qui y vivaient. Mais sans appesantir sur la chose non plus.

Holmes, bien que peu présent, est conforme à l’original tandis que Watson, dans ce tome, m’a paru en retrait et fort benêt dans ses attitudes et ses paroles. De plus, à un moment donné, il tutoie Holmes. Coquille dans la traduction ?

Ce ne serait pas la première puisque, page 147, on parle de « une voix [sic] de communication particulièrement fréquentée » au lieu de « une voie ». Les voies de la correction orthographique sont impénétrables… J’en ai perdu ma voix.

Malgré tout, il y a beaucoup de tendresse et d’amitié entre ces gamins, même si de toute la bande, quelques uns émergent vraiment, les autres étant plutôt laissés dans l’ombre.

Un agréable petit roman policier victorien sur fond de spiritisme et d’escroquerie monumentale.

À lire pour un moment de détente.

Petit Plus : Holmes rémunère leurs services au tarif d’un shilling par jour (plus les frais) et leur alloue une guinée (soit 21 shillings) pour toute découverte importante. Ils apparaissent pour la première fois dans « Une étude en rouge » (1886).

Les 2,5/5 ne sont pas le fait d’un mauvais roman, mais d’une lecture à garder pour les enfants ou pour les collectionneurs des apocryphes holmésiens.

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « A year in England » chez Titine et Le « Challenge US » chez Noctembule (auteurs américains).

CHALLENGE - Sherlock___Running_Wallpaper_by_draft624 Corrigé

Anna Karénine – Joe Wright (2012) [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 13/52]

Anna Karénine (Anna Karenina) est un film dramatique et historique britannico-français réalisé par Joe Wright, sorti en décembre 2012.

1. Synopsis :
Le film est une adaptation du roman Anna Karénine de Léon Tolstoï. Nous plongeons dans la haute société russe de la fin du XIXe siècle. Anna Karénine est une jeune femme mariée à Alexis Karénine, un important homme d’État.

Cependant, elle entretient une liaison secrète avec le Comte Vronsky, malgré les risques d’une telle relation dans cette sphère de la société.

Mais leur relation est bientôt connue de tous à la cour. Anna, hésitant entre son cœur et sa raison, décide de quitter son mari et son fils pour suivre son amant.

2. Distribution :

  • Keira Knightley : Anna Karénine
  • Jude Law : Alexis Karénine
  • Aaron Taylor-Johnson : le comte Vronsky, amant d’Anna
  • Kelly Macdonald : Dolly Oblonsky, femme d’Oblonsky
  • Domhnall Gleeson : Lévine
  • Matthew Macfadyen : Oblonsky, frère d’Anna
  • Alicia Vikander : Kitty, sœur de Dolly
  • David Wilmot : Nikolai

Ce que j’en ai pensé :
De l’étonnement, dès le départ… Oui, un grand étonnement parce que la première scène se passe comme dans un théâtre.

Et il en sera ainsi tout au long du film : comme si les personnages évoluaient dans un théâtre où les décors changent selon la scène, où ils passent dans les coulisses, sous la scène pour en rejoindre une autre.

Apparemment, le réalisateur a décidé de situer toutes les scènes citadines de l’histoire d’Anna Karenine (Keira Knightley), de son amant le comte Vronski (Aaron Taylor-Johnson) et de son mari (Jude Law) dans un décor à l’artificialité revendiquée. J’ai pas trop aimé et j’ai eu du mal à m’y faire.

Attention, tout le film ne se déroule pas dans des décors théâtraux puisque toutes les scènes de campagne avec Lévine (Domhnall Gleeson), se déroulent, elles, au grand air, donnant par là une césure avec les scènes des autres.

La dichotomie entre la ruralité et la vie citadine…

Lévine, c’est la campagne, la ruralité, le dur travail de la terre et Lévine est un personnage tout en opposition avec la bourgeoisie, c’est un homme qui veut la fin des clivages entre les gens, il est cultivé et aime d’amour pur la belle Kitty, qui elle, n’a d’yeux que pour le comte Vronski… Emmerdant, ça !

Rien de tel pour vous pimenter un roman ou un film qu’une histoire d’amour à un seul côté. Pendant que l’un lorgne sur l’une, celle-ci bave devant un autre, tel un dogue devant un os. Aimerait-elle suçoter son os, la coquine ???

Hem ! Revenons au film : regardé en VOSTRF je n’ai pas eu l’impression que les dialogues étaient du Tolstoï dans le texte car ils avaient un goût contemporain, sans pour autant verser dans le parler vulgaire ou le plat.

Non, c’était bien l’aristocratie, la bourgeoisie, les gens aisés de la Russie fin 19ème, mais les dialogues n’étaient pas empesés et jamais ils n’ont donné l’impression d’être hermétiques pour le spectateur lambda.

Anna Karénine, c’est une histoire d’amour totalement folle d’une femme mariée  – à Alexis Alexandrovich Karénine, un ministre et mère d’un garçon – avec un jeune officier jeune et beau : le jeune comte Alexis Wronsky

Anna trouve son mari froid et incapable de sentiments, une « machine » comme elle aime l’appeler. Notre homme est plus chrétien que le pape, plus religieux que le Bon Dieu et n’a dû honorer sa femme que de très rares fois, juste pour procréer. C’est pas tous les soirs que le biscuit est trempé dans la tasse de café et quand ça se fait, la passion folle est au abonné absent…

Dans le rôle du mari froid comme un glaçon, il y avait l’excellentissime Jude Law méconnaissable. On est loin du dandy des pubs pour Dior Homme ou du beau et sexy John Watson. C’est bien simple, au départ, je ne l’avais point reconnu tant il était raide comme la justice !

Ah, si Anna Karénine ne s’était pas rendue à Moscou chez son frère Stiva Oblonski (Matthew Macfadyen de Ripper Street), jamais, en descendant du train, elle n’aurait croisé le comte Vronski !

Si son frère n’avait pas trempé sa paille dans un autre verre de vodka que celui de sa légitime épouse, jamais Anna n’aurait dû se rendre chez lui pour calmer l’épouse cocue et pas contente.

Anna tombe amoureuse de Vronski, cet officier brillant, mais frivole et on ne peut lui donner tort tant il est mignon, le blondin.

Et l’homme a su y faire pour la charmer, la poursuivant de ses assiduités, ne la laissant pas tranquille un moment. Ma foi, on aimerait se faire harceler par un beau blond de la sorte.

Anna lutte contre cette passion et le jeu de l’actrice est super, mais, le cœur a ses raisons que la raison ignore et bardaf,  elle finit par s‘abandonner avec un bonheur coupable aux émotions qui l’envoient dans les bras – et le lit – de ce beau comte au sourire charmeur.

On ne peut pas dire que notre Anna est discrète dans sa folle passion… et c’est ce qui la perdra ! Personne autour d’elle n’est dupe et se doute qu’il y a anguille sous roche, ou quéquette dans la touffe.

Son caractère sera changeant tout au long du film, finissant par me donner envie de la flinguer moi-même.

Son mari, le moche Jude Law, a mis du temps avant de comprendre que sa femme le trompait, pourtant, on l’avait déjà mis en garde, mais il avait une confiance absolue en madame. Raté mon ami. Sherlock te l’aurait bien dit, my dear Watson. Anybref !

Pourtant, cet homme qu’on aurait envie de détester (puisqu’il se met en travers de la route d’Anne et de son amant), on ne peut que l’admirer lorsqu’il pardonne à son épouse et adresse même la parole à son jeune et beau rival.

Putain, ça c’est du pardon chrétien ou je ne ne m’y connais pas ! L’homme mérite mon respect.

Dans sa passion folle, Anna finira par vivre avec son amant avant de se faire dévorer par une jalousie galopante, pensant sens cesse que le jeune comte la trompe avec d’autres femmes.

Un des passages les plus éloquent est sans contexte la scène de l’opéra : Anna a exigé que son amant l’y emmène, lui ne veut pas, car il sait que l’on va murmurer lors de l’arrivée d’Anna, séparée alors de son mari.

Elle y va, seule, et se rend compte combien elle est méprisée par les dames, regardée avec envie et concupiscence par les hommes et ensuite, cette pouffiasse d’Anna hurlera sur son amant qui ne l’a pas empêché d’y aller.

Heu, elle devait avoir ses règles, là… Ronchonne de cette manière, c’est les ours, à ne pas en douter.

Petite parenthèse : leur couple est tout en contradiction avec celui que va former Lévine et Kitty – calme et sagesse, eux – et d’ailleurs, la scène de la déclaration d’amour codée sera un instant d’une grâce infinie qui évitera l’écueil qui aurait pu faire sombrer cette scène dans le neu-neu. Fin de la parenthèse romantique.

L’idylle entre nos deux amants prendra l’eau de la faute d’Anna, jalouse comme un pet, changeant sans cesse d’avis, hurlant et pestant contre son bel Alexis Vronski.

Là, en voyant la fin, je me suis dit que Leonardo Di Caprio avait bien fait de mourir gelé après le naufrage du Titanic parce que sa relation avec Rose aurait sans doute fini en eau de boudin comme celle d’Anna et de Vronski.

« Les familles heureuses se ressemblent toutes; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à sa façon. »

Ne souffrant pas de temps morts, ce film met en lumière plusieurs couples : celui d’Anna et de son mari Alexis; celui que formera Lévine avec Kitty, l’ancienne fiancée abandonnée par le compte Vronski ainsi que celui de Daria et Oblonski, le frère d’Anna, le mari volage.

Le portrait de la société russe de cette fin de 19ème est mis en lumière. Rempli de dames bien pensantes, offusquées par le comportement d’Anna (ou jalouses qu’elle ait franchi le pas tandis que leur vie ne sont que misère sexuelle – je suppute), des hommes qui la prennent pour une femme facile, une pute et les chuchotis sur son passage.

J’ai bien aimé les jeux d’acteurs, surtout celui d’Anna Karénine (Keira Knightley) : passant de dame bien sous tout rapports à jeune ado dévorée par la passion et qui ne pense pas une seule seconde au mal qu’elle fait à son époux.

Jude est excellent en mari raide comme un piquet et donnant l’impression qu’il a peu d’émotions.

Quant au joli cœur du comte Vronski, on peut dire qu’il est à l’origine de la chute d’Anna car s’il ne l’avait pas poursuivie et fait la cour, elle aurait juste gardé cette émotion dans son cœur et c’est tout.

Un bon film qui se laisse regarder avec l’impression que la fin ne sera pas « happy » car si elle l’était, cela perdrait de sa crédibilité. 

Là seule chose que j’aie détesté, ce sont les décors « théâtre ».

Anna Karénine (film et livre) traite donc des ravages que cause une passion illégitime : Anna, qui quitte tout pour vivre une relation extraconjugale avec Vronsky, un bel officier, renonçant ainsi à son rôle d’épouse et de mère..

Et à l’opposé, l’amour légitime qui unit Kitty et Lévine offre un exemple à suivre, donnant un sentiment de sérénité et d’harmonie naturelle.

Étoile 3,5

Le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « A year in England » chez Titine et le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.

 

PAN : Joe Wright [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 12/52]

Pan est un film fantastique américain réalisé par Joe Wright, sorti en 2015.

1. Synopsis :

Londres, durant la Seconde Guerre Mondiale.

Peter est un orphelin (12 ans) et se fait enlever, lui et ses amis, au Pays Imaginaire (Neverland). Mais la vie n’y est pas aussi féerique qu’elle semble le promettre. Il travaillera avec d’autres orphelins de toutes époques, de tous pays, dans une mine pour Barbe Noire à la recherche du pixom.

Il réussira à s’échapper, et se mettra à la recherche des Fées en espérant qu’ils l’aident à retrouver sa mère.

2. Distribution :

  • Levi Miller : Peter Pan
  • Hugh Jackman : Barbe Noire (Blackbeard)
  • Amanda Seyfried : Mary
  • Rooney Mara : Lily la tigresse
  • Garrett Hedlund : James Hook

Ce que j’en ai pensé :
Lors de sa sortie, j’avais été intriguée par ce film et ensuite, ben, la mémoire étant ce qu’elle est, il m’était sorti de ma tête.

Puisque je n’avais rien de mieux à faire lors de cette soirée, j’ai inséré mon DD dans le PC qui ne sert qu’à ça et je me suis fait une toile dans mon salon sur écran de 18″, le tout bien entendu en VOSTFR.

Un bon point, le gamin qui joue le rôle de Peter a un sourire craquant et je me suis attachée à lui tout de suite, le cœur serré en voyant ce que les gosses enduraient dans cet orphelinat tenu par des bonnes sœurs aigries, méchantes, sadiques, voleuses et cupides.

Non, je ne me coucherai pas sur le divan pour vous déballer ce que j’ai sur le cœur en ce qui concerne les servants et servantes du Grand Architecte de l’Univers. Il est bien mal servi…

C’est la guerre, le Blitz, même, car nous sommes à Londres et les bombes nous tombent sur la gueule. Et puis, fait étrange, un navire volant s’amarre au-dessus de l’orphelinat et des pirates descendant le longs de grandes cordes viennent enlever des enfants dans leur lit… Et un jour, c’est le jeune Peter qu’ils enlèvent !

On peut dire que le film nous donne le souffle épique de la Grande Aventure !

Un bateau volant (Jolly Roger), des avions dans le ciel qui bombardent ma ville préférée, des pirates, un Hugh Jackman méconnaissable grimé en Grand Méchant Barbe-Noire (image de gauche) et un Capitain Hook qui possède encore ses deux mains, et une gueule d’ange sexy (à droite, bien entendu) et parfois un air d’Indiana Jones.

À voir comment Barbe-Noire se démenait parfois, j’avais l’impression de voir le Capitaine Hook du film de Spielberg…

Au départ, sans avoir lu le scénario, je pensais qu’il était Hook, même.

Relecture de l’histoire il y a eu et je dois dire que j’ai passé un bon moment de cinéma avec ce film où les temps morts sont peu nombreux et quand il y en a, ils ne sont jamais ennuyeux.

Peter est un enfant abandonné qui ne demande qu’une seule chose : retrouver sa mère, celle qui l’abandonna, un soir neigeux, devant une lourde porte, lui glissant un pendentif avec une flûte de pan autour du cou.

Le monde magique de Neverland… Ses mines exploitées par des enfants esclaves de Barbe-Noire qui a toujours de plus en plus besoin de gamins pour bosser pour lui.

Le pays imaginaire ne donne pas envie qu’on y aille… Y’a même pas de syndicat ! La maison de Michaël Jackson faisait plus rêver que le pays imaginaire du film.

Là, Peter va découvrir l’horreur, qu’il sait voler, avoir de l’amusement, connaître bien des dangers, et découvrir finalement sa destinée — devenir le héros qui sera toujours connu comme Peter Pan.

Il y a du mystère, du suspense dans l’enquête que Peter va réaliser afin de savoir qui était sa mère et ce qu’elle est venue foutre au pays des fées (Stelphique, c’est pour toi).

Bon, il n’y a pas que la mère, non plus, faudrait aussi découvrir qui a mis la petite graine à maman…

La légende est en marche et le combat entre le gentil Peter et le méchant Barbe-Noire sera un grand moment sur mon écran. Un final assez haut en couleur, en effets spéciaux et en acrobaties.

Là, désolé, mais je ne monterai jamais sur un bateau ! Pas à cause du mal de mer, mais du vertige ! mdr

Dommage que ce film n’ait pas eu le succès escompté et qu’il n’y ait pas de second volet. Il m’aurait plu d’en savoir plus sur Peter et sa vie à Neverland.

Par contre, la question que je me pose c’est : comment ensuite il y aura autant de haine entre Peter Pan et le Capitain Hook alors qu’ici, ils sont super copains ??

Pan est un film qui plaira aux petits comme aux grands, un film qui se regarde tranquillement dans son divan, avec des pop-corn et on s’en prend plein les mirettes tant les effets spéciaux sont excellents.

De l’Aventure, un peu d’humour, de l’amitié, de l’amour, un véritable grand méchant dans la personne de Hugh Jackman (pas sexy pour une fois), des navires qui volent, des acrobaties, des combats, de trahisons, et un gamin qui va devoir aller chercher eu plus profond de lui-même ce qu’il est vraiment.

Ça ne sera pas le chef-d’œuvre cinématographique de l’année, ça ne mange pas de pain, mais ça donne un bon moment de détente, épicétou.

Je sais que les fans du roman original de Barrie ont détesté le film, trouvant les acteurs vides comme des coquilles et de grosses incohérences.

Ne l’ayant jamais lu, n’en sachant que très peu (merci Disney et Spielberg), je ne peux point les remarquer, hormis le fait de la future mésentente entre Peter et Hook…

« A year in England » chez Titine et Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.

La malédiction du Norfolk : Karen Maitland

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Titre : La malédiction du Norfolk

Auteur : Karen Maitland
Édition : Sonatine (sept 2014) / Presse Pocket (2015)

Résumé :
1208. Le pape Innocent III, en conflit avec le roi Jean, prononce un interdit sur tout le royaume d’Angleterre.

Les églises et les cimetières sont fermés, le haut clergé quitte le pays, les prêtres ont défense de célébrer les offices ou de conférer les sacrements, ni confession, ni mariage, ni extrême-onction.

S’ensuit un véritable chaos spirituel dans le royaume, en particulier chez les plus démunis, ceux pour qui la foi est le seul recours.

C’est dans ce contexte particulièrement difficile qu’une jeune paysanne, Elena, est appelée au service du seigneur de Gastmere, dans le comté de Norfolk.

Là, on l’oblige à s’adonner à un étrange rituel, celui des « mangeurs de péchés », consistant, en l’absence d’extrême-onction, à prendre sur sa conscience tous les péchés non expiés d’un mourant.

Cette cérémonie va être le début d’une véritable descente aux enfers pour la jeune fille qui se retrouve bientôt accusée de meurtre.

Son cauchemar ne fait que commencer.

9782266257602Critique : 
Angleterre 1208. Suite à une grosse querelle entre le roi Jean d’Aquitaine-Angleterre (ex Jean Sans Terre) et le pape Innocent III, toute l’Angleterre est sans prêtres, sans curés, ses cimetières et églises sont fermées, plus d’offices célébrées… Plus rien, quoi ! RIEN !

Toute l’Angleterre ? Oui ! Ici, il n’y aura pas de « Un petit village résiste encore et toujours à l’envahisseur ».

Nous, en 2016, dans le cas où ça arriverait, ce ne serait pas aussi grave qu’à cette époque puisque les mariages passent d’abord par l’officier d’état civil et je me demande qui pense encore à se confesser de nos jours.

Oui, mais en 1208, ce n’est pas le cas ! Les croyances sont fortes, les gens sont « simples », l’Église est toute puissante et si tu meurs sans confession, je ne te raconte pas les tourments de l’Enfer que l’on te promet ! Idem pour un enfant mort sans être baptisé : les limbes ! Eux, ils en ont encore la trouille de tout ça, ces gens pieux et simples.

Faut dire qu’on les a gavé pire que des oies, avec toutes ses choses sur les non-confessés et les non-baptisés. Comme si Dieu allait vraiment envoyer des enfants innocents dans des limbes ! Anybref…

C’est dans ce contexte tendu entre Jean et Innocent que nous faisons connaissance des différents personnages qui vont nous entrainer dans cette histoire médiévale. Ils sont nombreux mais impossible de les confondre ou d’en faire une soupe car chacun est bien distinct de l’autre.

Notons Elena, jeune serve, belle, rousse flamboyante, une fille de campagne qui vient de se faire déniaiser par son fiancé mais qui restera toujours un peu niaise, idiote et naïve au fil des pages.

— C’est dangereux, tu es quand même capable de comprendre ça, non, espèce de petite idiote ? La prochaine fois, je ne serai peut-être pas là pour sauver ta misérable tête.

Énervante, Elena le sera souvent. Grosse envie de la baffer, parfois, mais nous sommes en 1208 et l’Éducation Nationale pour tous n’est encore que de la SF à cette époque. Alors, on lui pardonne son imbécilité et ses croyances qu’on lui a bourrée dans le crâne. C’est pas de sa faute…

Penser le mal, lui avait dit un jour le prêtre du village, était aussi condamnable que le commettre.

Nul besoin de prêtres là-bas [en Terre Sainte]. Le pape avait juré que tout homme qui périssait en combattant de la Croix mourrait absous de tous ses péchés.

Un qui mérite le détour, c’est Raffaele qui pourrait être aussi savoureux qu’une friandise de chez Ferrero à la noix de coco sauf que le pauvre n’a plus ses bonbons…

Au milieu de tout ces étalons ou, au pire, de ces « entiers » (puceau), notre Raffaele est un hongre ! On n’oubliera pas de dire merci à sa maman – la salope – qui l’a offert à l’Église (encore Elle !) pour qu’elle en fasse un Petit Chanteur À La Croix De Bois version castrat.

Sans compter que maître Raffaele valait mieux que n’importe quel messager céleste, dans la mesure où, comme le savait tout un chacun, il était castré, si bien que, contrairement à l’archange Gabriel, il ne risquait pas de vous laisser avec un bâtard dans le ventre.

Hélas, Raffaele n’ayant pas le talent d’un Farinelli et il est finalement renvoyé à ses chers parents et sa chance viendra en devenant l’écuyer, l’ami et l’intendant de sire Gerard de Gastmere lorsqu’ils en auront terminé avec les Croisades. Raffaele, stature imposante et voix de fillette, la vie ne fut pas facile pour lui et ne l’est toujours pas.

— Maître Raffe, vraiment ? Tu parles d’une veine ! Alors, comment il est, le Bouvillon ? On dit qu’il fait des trucs que même une pute à matelots connaît pas.

Son passé en Terre Sainte recèlera quelques récits sanglants qu’il nous contera au fur et à mesure du récit, tout en nous gardant du suspense, le vieux bougre ! Le final de son récit m’a serré les tripes.

Ce roman de 528 pages se lit tout seul, les entrées de chapitre nous dévoilant une partie de l’herbier de la mandragore (instructif et amusant), les personnages sont travaillés, les deux méchants – Osborn et Hugh de Roxham – sont de vrais salauds bien torchés, comme on les aime. Cruels, sadiques, jamais avares de répliques cinglantes et d’insultes bien senties. Et dans ces contrées, la Justice était expéditive et la torture normale.

— Mordiable, pourquoi faut-y que ça soit un des hommes de la suite de lord Osborn ! Avec un autre, on aurait pu s’contenter de pendre le premier gredin venu, dire que justice était faite, et on n’en parlait plus.

En plus de posséder du mystère, une enquête, des meurtres et des complots, le récit nous parle de la misère des gens de cette époque et met bien en avant la différence énorme entre les serfs, les gens nés « libres » et ceux dit « de noble extraction ».

Entre nous, on est tous extrait du même endroit, sauf peut-être les frères Roxham qui durent être extrait hors d’un cul de basse-fosse… Je pense qu’ils ne sont pas les seuls…

L’enfer étant pavé des meilleurs intentions possibles, notre pauvre Elena va en voir de toutes les couleurs et n’est pas encore sortie de l’auberge.

Quant à Raffaele, il a beau être un hongre qui a mal vieilli (ça fait souvent ça quand on les coupe), il est un personnage fort, puissant, tenace, têtu et il m’a conquis. Tout comme les personnages ô combien étrange de Ma la mère maquerelle et de Talbot.

— Qu’un mendiant pète dans cette ville et je le sais avant qu’il en sente lui-même l’odeur !

— Je ne condamnerais pour rien au monde une femme qui se servirait d’un couteau contre un homme qui le mérite. Mieux, j’admirerais son cran.

Un excellent roman historique, une belle plume, une narratrice hors du commun pour certains passages, une grosse louche de croyances, de bigoterie, des complots, du sang, de l’intrigue, du suspense, des retournements de situation, la vie dans un lupanar et le tout sans vous rendre l’Histoire – celle avec un grand H – indigeste.

Quelques passages m’ont serré le cœur car je me suis dit que les exactions commises par certains n’ont rien à envier avec celles commises par d’autres… Autre temps, même mœurs et imbécilités commises par des Hommes et ça me révulse. Et ce n’est pas à Lui que j’en veux, mais à eux !

— C’est impossible. L’Église nous avait certifié que si nous partions en croisade, tous les péchés commis avant et pendant les guerres saintes nous seraient immédiatement pardonnés, effacés, comme s’ils n’avaient jamais existé. On nous l’avait juré. C’était un infidèle. Un mécréant. Le tuer était un acte sanctifié, un acte juste. L’Église nous avait promis le pardon.

— Cette nuit-là, les prêtres qui accompagnaient l’armée de Richard vinrent bénir les hommes et tenter de les réconforter, leur assurant qu’ils étaient lavés de tous leurs péchés et qu’ils avaient œuvré pour la plus grande gloire de Dieu, car ces hordes païennes étaient de toute façon damnées, condamnées à brûler en enfer. Ils se juchaient sur un tertre ici ou là et déclamaient les paroles de saint Bernard de Clairvaux dans la touffeur de la nuit : “Le chrétien tire gloire de la mort d’un païen, parce que par là le Christ lui-même est glorifié.”

La vie est comme une roue, elle tourne et revient toujours à son point de départ, mais ils sont nombreux ceux qui ne l’ont pas encore compris…

Les loups pissent pour marquer leur territoire ; mais qu’ils sentent l’odeur d’une autre bande, et ils se retirent en silence. Pourquoi risquer un combat qui peut vous mutiler ou vous tuer ? Mais les humains, eux, vont se déchaîner et massacrer leurs semblables par milliers dans le seul but d’aller planter leur petit bout d’étoffe au sommet d’une colline ou d’un rempart.

— Semez ce que vous aimeriez récolter. Faites à autrui ce que vous aimeriez qu’il vous fasse.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et « A year in England » chez Titine.

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Casino Royale : Martin Campbell [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 9/52]

— Le monde entier saura que vous serez mort en me grattant les couilles [James Bond]

Casino Royale est un film américano-britanno-germano-tchèque d’espionnage réalisé par Martin Campbell.

Il est sorti le 22 novembre 2006 en France et en Belgique. C’est le 21e opus de la série des films de James Bond produite par EON Productions.

Chronologiquement, c’est la première aventure de l’espion anglais. James Bond est ici incarné par Daniel Craig, succédant ainsi à Pierce Brosnan.

C’est l’adaptation cinématographique du roman Casino Royale de Ian Fleming, publié au Royaume-Uni en avril 1953.

Le roman avait déjà été adapté dans un téléfilm du même nom avec Barry Nelson en 1954 et dans une comédie de 1967 avec David Niven.

1. Synopsis :
James Bond vient d’obtenir le statut d’agent 00 au sein du MI6.

Pour sa première mission, James Bond affronte le tout-puissant banquier privé du terrorisme international, Le Chiffre.

Pour achever de le ruiner et démanteler le plus grand réseau criminel qui soit, Bond doit le battre lors d’une partie de poker à haut risque au Casino Royale.

La très belle Vesper, attachée au Trésor, l’accompagne afin de veiller à ce que l’agent 007 prenne soin de l’argent du gouvernement britannique qui lui sert de mise, mais rien ne va se passer comme prévu.

2. Fiche technique :

  • Titre : Casino Royale (Le « e » de Royale n’est pas une faute d’orthographe : le titre original du roman de Ian Fleming est l’abréviation de Casino de Royale-les-Eaux. Cette signification est perdue dans le film, puisque le casino est situé au Monténégro.)
  • Titre de travail : James Bond 21 et Ian Fleming’s Casino Royale
  • Réalisation : Martin Campbell
  • Scénario : Neal Purvis, Robert Wade et Paul Haggis, d’après Casino Royale de Ian Fleming
  • Pays d’origine :  Royaume-Uni,  États-Unis Allemagne République Tchèque
  • Langues originales de tournage : anglais et français
  • Genre : espionnage, action, thriller
  • Budget : 72 millions USD (production), 150 millions $ (avec la publicité)
  • Durée : 138 minutes (2h18)

3. Distribution :

  • Daniel Craig : James Bond 007
  • Eva Green : Vesper Lynd
  • Mads Mikkelsen : Le Chiffre
  • Jesper Christensen : M. White
  • Judi Dench : M
  • Jeffrey Wright : Felix Leiter
  • Giancarlo Giannini : René Mathis
  • Caterina Murino : Solange
  • Simon Abkarian : Alex Dimitrios

Ce que j’en ai pensé :
Ah ben voilà la preuve que l’on peut réaliser un excellent James Bond !

Ok, j’avoue que je m’y prend avec 10 ans de retard, mais à ma décharge, j’avouerai, mesdames et messieurs des jurés, que j’avais fait la grimace en découvrant Daniel Craig pour jouer mon James Bond.

Le côté blondin ne m’avait pas plu et j’ai boudé durant de longues années (pas bien, je sais).

Alors maintenant que je me suis réconciliée avec l’acteur, que j’ai adoré Skyfall et me suis faite chier avec 007 Spectre, il est temps que je me fasse les deux autres en commençant par le commencement : Casino Royale !

Les d’jeuns qui découvriraient la scène d’ouverture pourraient penser que leur PC il est tout cassé puisque l’on débute en noir et blanc… La première scène est l’acquisition par l’agent James Bond de son double 0, autrement dit, le permis de tuer.

Le sang a coulé car il eu ses règles… Heu, son premier macchabée !

Le premier ? Oui, c’est la genèse de James.

Attendez là, y’a pas comme une problème avec l’actrice Judi Dench (M) ?? Gros problème de continuité, puisque celle-ci avait été présentée dans GoldenEye comme la successeur du M joué par Bernard Lee et Robert Brown…

Les recherches m’ont indiquées que cet apparent problème de continuité avait été réglé en affirmant que ce film démarrait une nouvelle série d’aventures cinématographiques de James Bond et qu’il n’y avait aucune continuité à rechercher puisqu’il n’y en avait plus.

Ok, les mecs. C’est la genèse mais ça commence une nouvelle partie. Vous suivez toujours les autres ??

Scène d’intro : pas de nanas dans le générique, absence de la traditionnelle scène du canon (elle viendra plus tard, ouf), et un début qui est une course-poursuite endiablée entre James et un homme plus agile qu’un singe (et ceci n’est pas une insulte) qui va me donner le vertige à grimper sur des poutrelles et des grues.

D’ailleurs, heureusement que j’avais vu deux autres Bond avec Craig parce que sinon, j’aurais eu un arrêt cardiaque en pensant qu’il allait chuter et mourir.

Punaise, mes yeux ne savaient plus suivre. Punaise, mes genoux me faisaient mal rien que de les voir sauter dans tous les sens. Non, non, jamais je ne ferai pareilles acrobaties et sauts dans les airs.

Par contre, il y a une chose qui me fera toujours hausser les sourcils d’étonnement : comment est-ce possible de rater James Bond qui court alors qu’ils sont plein de gars à lui tirer dessus à la mitraillette ??

Des balles touchent le gars qu’il emmène avec lui comme « otage » et notre James, lui, rien, pas une balle ne le frôle, comme si c’était des Gilbert Montagné en train de lui tirer dessus en lieu et place de militaires.

Nous sommes dans le monde du cinéma, tout est donc possible ! Passons à des considérations plus sérieuses, si vous voulez bien…

Ce que j’ai apprécié ici, c’est le côté plus profond de James Bond : ce sont ses débuts, il fait des erreurs, il doit apprendre.

C’est un James Bond plus psychologique et le côté sensible de notre célèbre agent apparait (ce qui fait finalement ressortir son côté humain).

Tout au long du film, on assiste vraiment à l’éclosion du personnage de James Bond (tchip tchip, le petit poussin sort de l’œuf).

Il a un côté plus sombre aussi que son prédécesseur, Pierce Brosnan. Et une musculature plus impressionnante aussi. Rhââââ….

Un personnage qui m’a fichu les jetons, c’est le Grand Méchant, le Chiffre… Le croiser au coin d’un bois me donnerait une seule envie : courir !!

Pas besoin de lui faire sortir de grandes phrases, avec un seul regard il vous cloue plus facilement que les romains ont cloué Jésus sur la croix.

Niveau cascades, celles de l’aéroport sont spectaculaires et heureusement que je savais que James allait survivre, sinon, j’aurais eu mon cœur en état d’arrêt cardiaque une fois de plus.

Après un coup pareil, je peux comprendre que le Chiffre ait envie de massacrer le beau James.

Bien qu’il n’y a pas QUE de l’action, les moments plus calmes ne sont pas pour autant des moments propices aux bâillements.

Quelques belles réparties dans le train avec la jolie Vesper Lynd (une comptable) une partie de poker qui m’a fait suer tant les mises étaient énormes, des revers, des vodka-martini dont on n’en a rien à battre qu’elles soient à la cuillère ou au shaker.

Niveau courses-poursuites en bagnoles, les fans seront déçu puisque nous n’en avons pas et lorsque James foncera dans son Aston Martin DBS V12 ce ne sera que pour une courte durée.

Les cascadeurs ont tout de même détruit  trois Aston Martin (300 000$ pièce) et établis un record mondial avec 7 tonneaux.

Anybref (© Meloë) notre James Bond, pour sa partie de poker à 10 million de $ va donc bénéficier de l’aide de la charmante comptable Vesper Lynd (Eva Green) avec laquelle il nouera une histoire d’amour intense (♫ chabadabada ♪), ce que l’on n’avait plus vu depuis « Au service secret de sa Majesté ».

Ouf, au moins on a eu droit à un personnage féminin bien plus fouillé et le plus complexe que ceux vus auparavant, dans les autres films. Ça nous change des nanas qui n’avaient comme atouts que leurs formes opulentes (mais un rôle plus fin que du papier d’Arménie).

Bon, les dialogues, quand ils roucoulent sont sirupeux et, me retournant vers mon Chouchou, je lui dis :
— Mais pourquoi tu ne me fais jamais pareille déclaration ??
— Parce que je ne suis pas James Bond…
— Certes, mais tu possède pourtant un double zéro et un sept dans ton pantalon.

Le goujat me traita d’obsédée… mdr

Je ne spoilerai pas la fin du film, mais quand je vous disais qu’on était proche du film « Au service secret de sa majesté », je ne vous racontais pas de carabistouilles.

James doit souffrir pour devenir celui qu’il est à présent.

Une chose m’a étonnée : le fait que le principal adversaire de Bond boive son bouillon de 11h bien avant le générique final… Hé, ça, c’est original au moins et ça laisse d’autres possibilités.

Dans tous les films, quelque soit le James Bond, notre espion passe souvent un mauvais quart d’heure en frôlant l’haleine fétide de la mort, c’est connu.

Ici, on entre dans un tout autre domaine puisque, assis sur une chaise trouée, notre pauvre homme est torturé, et passe un vrai moment de souffrance.

Tous les hommes voyant cette scène auront les cuisses qui, instinctivement, se resserreront. À se demander comment après, il arrive encore à… Parce qu’après un tel traitement, « elles » devaient avoir la même couleur que celles des Schtroumpfs !

— Mon nom est Bond, James Bond » sera la dernière image du film après que notre ami ait encore été sonné, anéanti, énervé, et qu’il aura dézingué des tas de mecs pas gentils du tout.

Un film de la franchise qui sort de l’ordinaire, un James plus humain, en train de se construire, d’apprendre le métier, un homme blessé, plus sensible, plus profond.

Pas de gadgets habituels, pas de course-poursuite digne de ce nom, mais l’important n’était pas là. Il était dans un James Bond et dans sa genèse.

J’ai passé un putain de bon moment devant mon PC dont le film n’arrêtait pas de faire de la pub (Sony VAIO – Columbia appartient à Sony).

Étoile 4

« A year in England » chez Titine et le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.

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Dans son ombre : Gerald Seymour

 

Dans son ombre - Seymour Gerald [NUM] 2

Titre : Dans son ombre

Auteur : Gerald Seymour
Édition : Sonatine (2015)

Résumé :
Londres, 2001 : Joey Cann se tient devant une maison qu’il a vue des centaines de fois sur des photos, dans des dossiers, dans des rapports, celle d’Albert William Packer, un richissime homme d’affaires soupçonné de diriger la mafia londonienne.

Joey est membre de l’Église, un service des douanes britanniques qui vient de subir un cuisant revers.

Après trois ans de surveillance, un budget de cinq millions de livres, un procès retentissant, Packer, qui a été emprisonné pendant des mois, vient en effet d’être libéré suite à l’étrange défection d’un témoin clé. Si l’enquête est officiellement close, Cann s’est malgré tout juré de ne jamais renoncer.

Désormais, il sera dans l’ombre de sa cible, en permanence. Un homme retrouvé mort à Sarajevo va bientôt forcer Packer à sortir de son antre pour gagner la Bosnie.

C’est sur ce terrain inattendu, dans un pays durement éprouvé par la guerre, que Cann, accompagné de Maggie Bolton, une experte en surveillance, va tenter de le piéger.

mafiaCritique :
« Captivant de la première à la dernière ligne, c’est le genre de livre qui vous fait perdre toute notion de l’heure. » (selon The New York Times).

« Pas si captivant que ça, je trouve, trop long au départ mais addictif sur les 200 dernières pages » (dixit Belette2911)

Mais je ne suis pas le New-York Times, moi, et ma critique ne fera sûrement pas vendre plus parce que je n’ai pas du tout perdu la notion de l’heure ou celle du temps, lors de ma lecture. Que du contraire ! Heureusement que ça passe mieux après les 150 premières pages.

Mister (Albert William Packer) est un mafioso, dans sa version anglaise. Notre homme est distingué, sûr de lui, self-made man, rempli de self-control, toujours prompt à riposter envers ceux qui ne jouent pas le jeu ou veulent le doubler, imbu de lui-même…

Un vrai Napoléon du crime qui n’a jamais connu de défaite et qui vole d’Austerlitz en Iéna (de victoire en victoire, quoi).

Le voilà qui vient de sortir parfaitement libre de son procès, laissant son adversaire – le service des douanes britanniques – tenter de digérer ce cuisant revers. Trois ans de travail réduit à néant sur défection d’un témoin.

Au départ, même si Mister fait « truand chic et impitoyable », j’ai trouvé qu’il avait le charisme d’une amibe desséchée.

Bon, après, j’ai révisé mon jugement, son côté amibe a disparu et j’ai vu une hyène en costume cravate, mais malgré tout, il lui manquait la flamboyance des vrais Grands Méchants. Même si c’est un vrai salopard, il lui manquait un truc pour en faire un Méchant inoubliable.

Joey Cann – l’autre personnage principal – faisait partie des douanes, il était archiviste, autrement dit, une chiure de mouche, mais lui, il ne veut pas laisser tomber l’affaire.

Alors, il va suivre Mister lors de son périple à Sarajevo, là où il veut étendre son domaine d’action. Dans sa mission, Joey sera aidé par Maggie Bolton, un agent féminin qui en connait un sacré bout sur la ville. Si Joey est un néophyte, elle, c’est une pro !

Un chef d’équipe avait dit d’elle un jour : « Elle pourrait coller une sonde dans le cul d’un crocodile et il ne s’apercevrait même pas qu’on est en train de lui chatouiller les sphincters ».

Passant tour à tour du côté de la loi (Cann et les autres) à celui des truands (Mister et son équipe); de Londres à Sarajevo; de 2001 (époque où l’action se déroule) à 1992, lors de la guerre en Yougoslavie, on ne pourra pas se plaindre que l’auteur ne nous ait pas fait varier les plaisirs, les protagonistes, les lieux ou les époques.

Ce sont ces passages sur la vie à Sarajevo, avant, pendant et après la guerre, qui m’a captivé et fait perdre la notion du temps. Certes, on se demande, au départ, ce que la guerre et la pose des mines dans les champs aura avoir avec le roman, mais les explications viendront en temps utile (fin du livre).

La question que tout le monde se pose est « Est-ce que Sarajevo sera le Waterloo de Mister ? Ou tout simplement une version de la « retraite – la queue entre les jambes – de Russie » comme pour le véritable Napoléon.

— Vous savez ce qui me tracasse ? Je veux dire, ce qui m’empêche vraiment de dormir ? C’est qu’un jour, vous vouliez aller trop loin – je veux dire – que vous fassiez un pas de trop. Voilà ce qui me tracasse…

Joey Cann peut-il le faire tomber ? Can(n) he do it ? Le loser peut-il venir à bout du winner ? Réponse dans le roman.

En tout cas, Joey est tenace, n’a pas peur de Mister et sera comme un moustique qui vous tourne autour mais que vous ne pouvez pas écraser au vu de tous, de peur qu’ils pensent que vous perdez votre sang-froid légendaire.

Là où le roman devient addictif, c’est dans le duel final… Ne vous attendez pas à un duel à la Clint Eastwood dans « The good, the bad and the ugly », mais notre Joey aura tout du salopard dans ce duel, bien que je ne puisse le blâmer.

— Tu vois, Nasir, je m’en fiche de descendre plus bas que terre avec lui, et de devoir me battre encore plus salement que lui. Il perd, je gagne. Ce que je veux, c’est le tenir dans ma main et l’écraser. Il a toujours gagné, et j’ai toujours perdu, mais pas ici. Tu comprends ça, Nasir ?

On sent le travail du journaliste dans la plume de l’auteur car tout y est bien détaillé et nous donne l’impression d’être plongé jusqu’au coup dans cette ville où règne toujours la misère et la corruption. Gros tacle aussi sur notre Société à nous, sur ceux qui sont allé pour « aider » et tir à boulets rouges sur ce que le côté salaud du genre humain.

— Est-ce que nous aurions pu faire ça ? bredouilla Joey. Est-ce que nous aurions fait ces choses dans les camps, vous et moi ?
— Bien sûr que nous l’aurions fait, répliqua-t-elle d’une voix lasse. C’est une question d’environnement, d’instinct de survie, de propagande. C’est ce vieux truc de vouloir avilir son ennemi. Gratte sous la peau de n’importe qui et tu trouveras un abcès de bestialité. Quand la haine tourne à l’obsession, quand on veut écraser l’autre, prouver sa suprématie, n’importe lequel d’entre nous peut se retrouver à agir de cette façon.

— Ils ont impliqué le maximum de gens dans le nettoyage et les massacres, de manière que la faute soit collective. Créer une culpabilité collective, ça a été un des grands talents de leurs leaders. Le second point très habile, ça a été de détruire l’héritage de ceux qu’ils avaient forcés à partir. Mais n’oublie jamais une chose : il n’y a pas eu de saint parmi les seigneurs de guerre, d’un côté comme de l’autre, aucun, seulement des pécheurs.

Même celui qui voudrait rester loin de la corruption, rester propre, clean, tombera dedans un jour. Pas le choix. Enfin, si : marche avec nous ou crève ! C’est vicieux, mais c’est ainsi.

— Je ne pensais pas que j’avais un prix, dit le juge. Je vous le dis, priez votre Dieu pour ne jamais avoir à boire dans la coupe du diable.

Un roman qui est loin d’un John Le Carré comme indiqué, il ne me marquera pas mon esprit – hormis pour ses passages sur la pourriture de guerre qui eut lieu entre 1992 et 1996 – bien que j’ai tout de même passé un bon moment avec lui sur la fin, ce qui m’a consolé du départ laborieux.

Malgré tout, vu ce qui était noté en 4ème de couverture, j’avais espéré bien mieux que ce que je viens de lire… Dont un Grand Méchant plus « charismatique », pas pour l’aimer, mais pour frissonner à mort du début à la fin.

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), « A year in England » chez Titine, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (581 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

Sherlock Holmes – Incident at Victoria Falls [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 7/52]

Incident at Victoria Falls est un téléfilm britannique réalisé par Bill Corcoran, diffusé en 1992 au Canada et aux États-Unis

Incident at Victoria Falls est le second volet d’une série de deux téléfilms mettant en scène Christopher Lee et Patrick MacNee dans les rôles respectifs de Sherlock Holmes et du Docteur Watson, après Sherlock Holmes and the Leading Lady (1991).

1. Résumé :
En 1910, Sherlock Holmes, sur le point de partir à la retraite, est contacté par son frère Mycroft pour remplir une mission d’importance pour le roi Edward. Ce dernier lui apprend que L’Étoile d’Afrique, un diamant précieux, doit être ramenée en Angleterre depuis la colonie du Cap où elle a été trouvée par des colons.

Le transport étant risqué à cause de revendications sur sa propriété, Holmes est chargé de protéger le joyau en l’échangeant contre une réplique alors qu’il gardera discrètement le vrai diamant avec lui pendant le trajet.

2. Distribution :

  • Christopher Lee : Sherlock Holmes
  • Patrick MacNee : Docteur Watson
  • Jenny Seagrove : Lillie Langtry
  • Joss Ackland : Édouard VII du Royaume-Uni
  • Claude Akins : Theodore Roosevelt
  • Steven Gurney : Guglielmo Marconi

Ce que j’en ai pensé :
Christopher Lee avait joué dans des Sherlock Holmes, il avait eu le rôle de Mycroft Holmes, mais il n’a eu que deux fois le rôle du détective. Ce téléfilm est l’un d’eux.

C’est un Sherlock Holmes proche de la retraite que l’histoire nous montre, un Sherlock Holmes qui voudrait bien se retirer et s’occuper d’abeilles mais qui doit, sur demande expresse de son frère, venir en aide au Roi. Holmes save the king !

L’Étoile d’Afrique, un diamant précieux de la taille du Youkounkoun dans le film « Le Corniaud » (de Gérard Oury) doit être ramenée en Angleterre depuis la colonie du Cap où elle a été trouvée par des colons.

Trouvée ? Oui mais avant, elle avait pas été un peu volée, cette Étoile (des neige ♫) ?

Le voilà donc quittant les brumes londonienne pour aller se dorer la pipe – pardon, enquêter et protéger le diamant – en Afrique du Sud. Mais ça, il ne va pas le chanter sur tous les toits non plus !

Notre détective londonien est accompagné du fidèle Watson, qui, sous les traits de Patrick MacNee de « Chapeau Melon et Bottes de Cuir », n’a pas le rôle d’un Watson avec un cerveau. Dommage. Emma Peel devait lui manquer, sans doute.

Malgré ses « Oooh » sur un air d’un qui vient de débarquer (ou de comprendre), il offre cependant un compagnon correct pour le grand détective, mais niveau lumière, on repassera.

Le réalisateur n’a pas compris le rôle d’un Watson et nous les a mis en veilleuses, ses lumières !

[Même si Holmes disant, dans les récits de Conan Doyle, que Watson n’était pas une lumière mais un conducteur de lumière, signifiant par là ce que la perplexité de Watson et ses interrogations sur une affaire peuvent mettre son ami sur la piste de la vérité.]

— En vérité, Watson, vous vous surpassez, fit Holmes, en reculant sa chaise pour allumer une cigarette. Je dois avouer que, dans tous les rapports que vous avez bien voulu rédiger sur mes humbles travaux, vous ne vous êtes pas assez rendu justice. Vous n’êtes peut-être pas lumineux par vous-même; mais je vous tiens pour un excellent conducteur de lumière. Il existe des gens qui, sans avoir du génie, possèdent le talent de le stimuler chez autrui. Je confesse, mon cher ami, que je suis votre obligé.[The Hound of the Baskervilles]

Anybref (©Meloé) ! Bienvenue au Cap… Ici, le racisme est latent, Afrique du Sud évidemment… Donc, si quelque chose disparaît, d’office c’est le gamin noir qui est entré dans le compartiment pour jeter un coup d’œil. Je ne vous apprendrai rien et découvrir autre chose n’aurait pas été conforme à la réalité.

Si Watson n’a rien d’une lumière dans ce film, le policier sur place est, lui, totalement à l’ouest ! Un véritable crétin patenté, un connard de la plus belle espèce, le genre de mec qui était absent le jour de la distribution des cerveaux. Et on ne repassera pas avec les plats pour un second service !

Il est tellement bête que ça en devient lourd alors qu’on aurait pu faire dans le léger et le comique avec un enquêteur sans matière grise et petites cellules de la même couleur. Holmes ne se privera pas de le faire aller… et de se foutre de sa gueule. Mais toujours en gentleman !

Holmes est assez conforme à l’original, il n’est pas surhumain, il se trompe, fait des erreurs, joue avec tout le monde et à la fin, la question que je me suis posée c’est « Est-ce qu’il avait remis le vrai diamant ou la copie, dans le coffre ?? ».

Les personnages qui gravitent autour de Holmes dans l’hôtel et dans le train sont tous bien typés, chacun bien reconnaissable des autres. Pas de risque de les confondre.

Entre le chaud-lapin (photo), la princesse Hindoue, le riche Grec, la blondasse de service, l’actrice de théâtre, un ancien président des États-Unis ou l’Italien inventeur, on se demande bien QUI a volé le diamant !

À un moment donné, j’ai ri lorsque le directeur de l’hôtel, Stanley Bullard, qui a lu les aventures écrites par Watson, lui fait remarquer que son récit Wisteria Lodge se situe en 1892 en plein « Grand Hiatus » et que cela est impossible.

Et il a raison, moi-même l’avais remarqué (et je ne suis pas la seule !!). Watson lui bredouillera qu’il est obligé de modifier des dates afin de conserver secret certains faits ou identités.

Autre référence en la personne du dénommé Raffles qui est un personnage de roman policier créé en 1890 par Ernest William Hornung, le beau-frère de Sir Arthur Conan Doyle. On reste en famille…

Dans ce film, on découvre aussi que l’ancien premier homme du pays de la bannière étoilée utilise une caméra et voir le résultat de ses prises de vue sur un écran improvisé, devant tout le monde médusé, avait comme un parfum de nostalgie.

J’aime bien découvrir les « premières fois » d’objets qui nous sont maintenant usuels.

Quand on voit d’où nous sommes parti et où nous sommes arrivé, on se demande bien si maintenant, on n’est pas un peu trop enclin à sortir le smartphone pour filmer tout et n’importe quoi… Mais ceci est un autre débat !

Téléfilm holmésien en deux parties qui se regarde avec plaisir, une tasse de thé à la main.

Ne cherchez pas l’action à tout pris, elle n’est pas vraiment là, nous ne sommes pas dans un thriller mais dans une enquête du grand Sherlock Holmes.

Pas un chef-d’œuvre à inscrire dans les annales, mais un film correct que j’ai apprécié regarder (il m’en reste encore assez bien de films holmésiens à voir !).

Et puis, Sherlock Holmes en Afrique du Sud, ça nous change des brumes londoniennes !!

Étoile 3,5

« A year in England » chez Titine, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.