Derniers Jours : Adam Nevill [LC avec Stelphique]

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Titre : Derniers jours

Auteur : Adam Nevill
Édition : Bragelonne (2014)

Résumé :
Kyle Freeman est chargé de réaliser un documentaire sur le Temple des Derniers Jours, une secte basée dans le désert d’Arizona en 1975, aujourd’hui disparue.

Depuis, les rumeurs vont bon train sur les pratiques déviantes et les expériences paranormales du groupe.

Et bientôt une série de phénomènes inexpliqués s’abat sur la production.

Expériences surnaturelles et visites nocturnes troublantes, disparitions soudaines et découvertes d’horribles artefacts, le tournage vire au cauchemar absolu…

last daysCritique : 
Mon homme a beau me dire que je me fais un film, mais moi, j’ai bien remarqué cette étrange odeur de viande avariée dans la maison…

Et le fait qu’elle provienne – sois-disant – d’une barquette qui a séjourné trop longtemps dans la poubelle ne m’a pas convaincu.

ILS sont ici… J’ai bien vu une coulante pas nette au mur, dehors, et mon mari ne me fera pas croire que c’est un truc qui est là depuis des années et que ça vient du volet, moi je sais, je sens qu’ILS sont parmi nous, chez moi !

Durant ma lecture, j’ai surveillé les murs et les plafonds comme le lait sur le feu, l’angoisse aux tripes, sursautant à chaque odeur nauséabonde et non, il ne me fera pas croire que ce que j’ai senti était la conséquence des gaz qui sortaient après la digestion.

Non, cette odeur, ce sont EUX !! Ce bruit de griffes sur le carrelage, alors que je n’ai plus de chien, ce sont encore EUX qui me cherchent et veulent me sucer le sang et me bouffer toute crue !

Non, non, non, ce n’est pas l’évier qui refoule, ce sont EUX qui tentent d’entrer par là ! Je le sais, je les sens, j’ai limite fait dans mon froc, comme Kyle Freeman et Dan, les deux cinéastes engagés par Max pour tourner un documentaire sur la secte du Temple des Derniers Jours.

Je savais que les sectes étaient dangereuses, tiens, déjà rien que d’entendre un Témoin de Jévého (nom changé afin de garantir leur anonymat) me causer que je cavale déjà en criant que j’ai oublié les patates sur le feu.

Les sectes, pas besoin d’être aux mains de fanatiques ou de malades mentaux pour que ça tourne au carnage ou à l’embrigadement et à la perte de la liberté.

— Tu sais, Sharon Tate était enceinte de huit mois quand elle a été poignardée à seize reprises par une fille de vingt et un ans. Susan Atkins. Elle appartenait à la « Famille » de Charles Manson.

— En 1978, le pasteur Jim Jones à fait abattre ou empoisonner neuf cents de ses fidèles pendant sa Nuit blanche en Guyana.

Vous me direz que les religions officielles, aux mains de fanatiques, de dingues ou de politiciens ambitieux, ça fait du dégât aussi, mais ma religion ne me demande rien : ni argent, ni biens, que dalle… Et si je déconne trop, je verrai si on me présente une facture à ma mort, ou pas.

De plus, libre à moi de refuser les hommes en soutane et de m’adresser directement au Big Boss…

Bien que, parfois, nul besoin de s’embrigader dans une secte pour porter des tyrans aux nues et les suivre comme un seul homme ou les vénérer, encore à notre époque. L’Homme aime le côté obscur de la Force.

Staline exerçait sa tyrannie sadique sur son pays depuis déjà douze ans. Au 1er juillet 1941, son collectivisme avait entraîné la mort de neuf millions de paysans. Dix millions d’hommes et de femmes, envoyés en prison et en camp de travail pour des motifs politiques, sont morts eux aussi. Quand Staline a rendu son dernier soupir en 1953, son bilan estimé s’établissait à environ vingt millions de victimes.

— J’essaie simplement de vous démontrer que la nature humaine possède sa part de ténèbres, que nous ne pouvons pas nous empêcher de vénérer, de servir. C’est notre plus grande tragédie, un phénomène universel, intemporel, comme le sont toutes les tragédies. Et nous ne tirons aucune leçon des erreurs de nos ancêtres. Staline, Hitler, Mao et Pol Pot sont le macrocosme. Ajoutez Napoléon, peut-être César ou même Alexandre à la liste ? Nous admirons ces figures historiques pour leurs conquêtes, leur énergie, leur ambition et les progrès qu’on leur a attribués. Mais l’humanité ne se serait-elle pas mieux portée, en tant qu’espèce, sans eux ?

Anybref… Oui, j’ai eu peur et j’ai adoré me faire peur avec ce roman qui m’a emmené à Londres, en Normandie et dans le le désert de Sonora en Arizona. Trois pays et des tournages qui m’ont fait flipper.

Des personnages attachants qu’on aurait envie de boxer, parfois, pour qu’ils se taillent de là, des révélations horribles et une plume qui arrive à vous faire regarder votre mur de travers à la moindre tache suspecte.

Juste quelques longueurs à un moment donné et 50 pages de moins auraient donné plus de tempo au milieu du récit.

Mais je m’en fiche, rien que pour le final, on rattrape la petite baisse de régime du milieu.

Putain, quel final ! Un truc de malade !

Bon, je vous laisse, je vais vérifier encore une fois mes murs, mes plafonds, les coulantes étranges et tout ce qui fait que la vérité est ailleurs !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (British Fantasy award en 2013), Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
C’est l’idée de ma binômette chérie qui devait lire un auteur anglais  pour son challenge, et comme ce livre traine depuis trop longtemps dans ma PAL numérique, le choix est apparu évident….On adore tellement se faire peur à deux….

Synopsis :
Quand Kyle Freeman, réalisateur indépendant, est chargé de réaliser un documentaire sur une secte oubliée, il y voit un moyen de rembourser ses dettes. Le Temple des Derniers Jours, basé dans le désert d’Arizona et dirigé par un gourou à la réputation sulfureuse, a connu une fin sanglante.

Pourtant, les rumeurs vont encore bon train sur les pratiques déviantes et les expériences paranormales du groupe. Bientôt, une série de phénomènes inexpliqués s’abat sur la production. Visites nocturnes troublantes, disparitions soudaines et découvertes d’atroces artefacts, le tournage vire au cauchemar…

Les personnages :
Kyle, il va en voir ce personnage!!! Et plutôt que réalisateur, il va se retrouver acteur d’un film qu’il n’avait pas prévu!!!!Très convaincant, dans son rôle….

Max, je l’aurai un peu baffé, moi à la place de Kyle…..

Ce que j’ai ressenti : … Une peur bleue efficace !!!!

« Celui qui se contente d’être horrifié n’apprend rien. »

Il y a des films qui ont marqué le genre Horreur: « Rec », « le projet Blairwicht », « Paranormal activity »… L’auteur prend son inspiration dans ce phénomène de caméra au poignet, et nous livre un roman qui nous fait gentiment cauchemarder !!!!

Je pense donc plus m’attarder dorénavant sur cette classification, car j’ai adoré avoir la trouille en lecture partagée!

Nuit Blanche
« Ne mangez pas les cerveaux. Ils vous rendront encore plus fous. »

Le point fort de ce livre, c’est ce mélange entre paranormal et folie humaine ! L’auteur a su concilier les deux avec brio, rendant encore plus saisissante, les dérives humaines…

Elle était aussi damnée qu’un fantôme s’apprêtant à quitter définitivement ce monde. Un spectre qui ne règne plus que sur les quelques pièces vides d’une existence dépeuplée. Une ombre qui observe, plus tout à fait ici, pas encore ailleurs, qui écoute le son de toutes les voix joviales et claires, mais n’offre jamais la sienne.

On suit ce réalisateur non conventionnel et son cameraman,  sur les traces d’une secte disparue, et on n’imagine pas l’ampleur fantastique qui va se mêler à ce projet fou de reconstitution d’un massacre. J’ai adoré cette ambiance lourde, suintante, malodorante… L’horreur tapie dans le noir, les « vieux amis » qui s’invitent. Tellement je m’investis, dans mes lectures, j’en ai fait des cauchemars…

C’est juste pour vous dire que l’auteur arrive vraiment à jouer avec nos peurs, et que bien sur, la peur ne vient pas quand la lumière est allumée.. Mais bien quand la nuit tombe…(Petit aparté : Belette, t’es encore là ????!!! je crève de trouille moi !!!! Viens me tenir la main, s’il te plaiiiiiiiiiiiiiiit….). (Réponse de la Belette : je suis cachée sous le lit !!)

« On avait l’impression que la mort se tenait à nos cotés dans le noir. »

Du fait, de cette « urgence » de film, on est happé dans un engrenage d’actions qui fait que l’ennui n’est pas de ses pages. On en voit de toutes les couleurs et surtout de toutes une palette d’odeurs toutes plus répugnantes les unes que les autres.

Mais nous le savons bien le Mal prend toutes formes, et finalement qu’est-ce qu’une odeur face au Mal absolu ???

L’auteur nous sensibilise aux dangers des sectes, à leur fonctionnement, à leur gourou, au lent précipice vers lequel se jette des centaines de personnes presque inconsciemment…

« Mais laissez moi vous dire une chose à propos du boulot de flics. Jour après jour, la police est confrontée à la lie de l’humanité. C’est notre job. « 

Finalement, je ne sais pas ce qui est le plus effrayant de ses deux thèmes…Mais le cocktail des deux se déguste avec délectation !

Et comme pour ne rien gâcher, j’ai apprécié que l’auteur tienne son histoire jusqu’au bout, l’argumente, la mène jusqu’au final. Il ne s’en tire pas avec une pirouette, il nous emporte jusqu’aux Derniers Jours, heu, mots, pardon, dans son univers dérangé !!!

Un bon kiff de lecture!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette9/10

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Derniers Jours : Adam Nevill [LC – Impressions de lecture 2/2]

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Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 1 à 228) : Maman, j’ai peur !
Le roman commence en mode normal, rien d’exceptionnel, et puis, dès le premier tournage réalisé par Kyle et Dan, on découvre la peur ! Une sorte de Blair Witch Project ? Pas tout à fait, mais niveau trouille, je suis servie et tout doucement, je me surprends à surveiller la moindre odeur suspecte… Maman !!!!

Impressions de Stelphique (page 1 à 228) : Terrorisée mais j’en demande encore, cachée sous ma couette !!!! 😉
Je dirais que ça faisait longtemps que je n’avais ressenti le coup de la peur !!!! Très efficace cette séance d’ouverture…. Une bien jolie impression pour le démarrage, même si mon cerveau l’a vite traduit en cauchemars, j’ai adoré le style de l’auteur !!!!!

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 229 à 456) : Oh putain, j’ai fait une infidélité au King !
Jusqu’à présent, seul le King (et les contributions) arrivaient à me ficher la trouille, mais là, je viens de faire une expérience dans la peur… On est passé à la vitesse supérieure dans l’horreur et le glauque. Oui, j’ai trouillé, oui, j’ai flippé, oui, j’ai vérifié mes murs et oui j’ai eu du mal à lâcher le livre… Maman, j’ai eu peur !

Impressions de Stelphique (page 229 à fin) : Un roman qui a su tenir toutes ses promesses !
Ce n’est pas tout de ficher la trouille à ses lectrices, il faut que ça tienne la route, jusqu’au dénouement ! Et bien, comment vous dire ???? On a pas fini de vérifier nos canalisations !!!! Et heureusement que j’ai un odorat développé et des jambes en état de marche pour fuir aussi loin que possible….

Un régal cet auteur, et j’ai déjà proposé à ma chère binômette, les autres titres de l’auteur pour nos LCs!!!!Vous n’avez pas fini d’entendre parler de cet auteur !  😉

PS : Le Cannibal Lecteur a bien entendu accepté et signé sans lire le contrat !

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Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

Été rouge : Daniel Quiròs

Été rouge - Daniel Quiros

Titre : Été rouge

Auteur : Daniel Quiròs
Édition : Nouvelles éditions de l’Aube (2015)

Résumé :
Côte du Pacifique, Costa Rica. Un Éden où les pinèdes sont massacrées afin de permettre la construction de villas luxueuses pour des investisseurs étrangers… et des caïds de la drogue. Un Éden où il fait terriblement chaud, où l’alcool ne peut faire oublier le sable, la poussière et le vent.

C’est là, dans un tranquille village de pêcheurs, qu’est découvert sur la plage le cadavre d’une femme, surnommée l’Argentine.

Don Chepe, ancien guérillero qui a lutté aux côtés des sandinistes, décide de retrouver l’assassin de son amie. Une enquête qui le conduit à découvrir les liens obscurs entre passé et présent, utopie et désenchantement… et à revisiter l’histoire de son pays.

Entre torpeur et violence, ce livre nous colle à la peau.

Petit Plus : Été rouge a reçu le prix national de Littérature Aquileo J. Echeverría, la plus haute distinction littéraire du Costa Rica.

image003Critique :
Direction le Costa Rica, les p’tit gars, pour enquêter au côté de Don Chepe, ancien sandiniste et ancien de la Compagnie Nationale d’Assurances qui a décidé de se retirer dans un petit coin tranquille, Paraiso, paisible petite bourgade de pêcheurs.

Il n’entre pas grand monde dans ce bar. Il n’y a pas grand-chose à attendre d’un village de pêcheurs où vivent à peine trois cents personnes, et qu’un quelconque farceur a eu la riche idée de baptiser Paraiso (Paradis).

Don Chepe est un enquêteur du dimanche, un gars qui donne un coup de main aux policiers locaux pour résoudre des affaires de drogues, de meurtres, de vol.

Sinon, il passe son temps à siroter des bières dans le bar de Doña Eulalia, fumant ses cigarettes tout en regardant la mer, pestant sur la poussière qui lui colle à la peau moite.

La poussière. Je déteste la poussière. A cette époque de l’année, elle recouvre tout, comme une toile d’araignée omniprésente. Elle se mélange à la sueur et transforme la peau du visage en masque noirâtre.

Autre variante, il peut aussi être tranquillement à déguster dans le bar librairie de la ville voisine de Tamarindo, chez Ilana Etcheverri (surnommée l’Argentine), qui fait aussi dans le prêt de livres, ce qui occupe les looongues journées de tranquillité de notre homme.

La tranquillité s’est terminée lorsqu’on a retrouvé le corps de son amie, Ilana, une balle dans la tête et le portefeuille rempli. Ça pue le règlement de compte.

Don Chepe va enquêter et suivre le jeu de piste que Ilana a mis en place pour lui, en lui léguant des photos, une clé, une lettre.

L’enquête pourrait être accessoire, dans ce roman car la partie politique du pays est fort importante et l’auteur nous en parle au travers de son personnage atypique de Don Chepe.

Sans que cela devienne indigeste, durant sa remontée de piste au sujet du meurtre, Don Chepe se remémorera l’attentat à la bombe, commis à La Penca en 1984 et qui fit 7 morts et de nombreux blessés, dont les journalistes qui couvraient le conflit entre les sandinistes et les Contras.

Ici, bien entendu, se basant sur du vrai, le reste ne sera que fiction, notamment dans l’identité du poseur de bombe ou de ceux qui auraient pu le commanditer.

Roman assez court, mais tout est dit… L’atmosphère de chaleur moite est plantée et bien rendue, les tensions qui existent encore dans le pays sont esquissées, il nous parle aussi des autochtones qui ont du mal à s’y retrouver avec tous ces complexes hôteliers qui poussent comme des champignons le long des plages et le côté politique n’est pas indigeste, même pour ceux qui n’aiment pas. J’ai eu l’impression de me cultiver en suivant l’enquête avec Don Chepe.

Notre personnage principal oscille un peu entre flic et voyou et sans être un foudre de guerre, peut devenir dangereux quand il pète un câble car il a failli nous refaire le coup de la cuisson à la Jeanne d’Arc, à un moment donné. Le bûcher en moins, l’essence en plus.

Au final, notre enquêteur aura résolu deux affaires, une fraiche et un cold-case, tout en nous expliquant son pays, une partie de sa politique, même si nous ne savons pas encore tout du Costa Rica.

Un roman qui a le cul entre deux chaises : policier et roman noir, empruntant aux deux. Ni trop long, ni trop court, avec des personnages bien sympathiques, ni tout blanc, ni tout noir et qui nous fait découvrir un pays que nous ne connaissons que peu ou pas du tout.

Une belle découverte, je dois dire ! Et loin de l’image de la « Suisse américaine » comme le pays se dit…

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (prix national de Littérature Aquileo J. Echeverría – Costa Rica) et le Challenge « Le mois Espagnol » chez Sharon.

Mois espagnol

L’ombre du vent : Carlos Ruiz Zafón

Titre : L’ombre du vent

Auteur : Carlos Ruiz Zafón
Édition : Grasset (2004) / Livre de Poche (2006)

Résumé :
Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours.

Un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés.

L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers.

Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets enterrés dans l’âme de la ville : L’Ombre du Vent.

superthumbCritique :
Si je n’avais pas fait partie d’un obscur Book-Club, jamais ce roman ne serait arrivé entre mes mains. Mais voilà, puisqu’il était l’Élu du Mois et qu’il fut facile de le trouver en seconde main, je me suis dit « Pourquoi pas ? ».

554 critiques sur Babelio rien que pour ce roman, m’est avis qu’il avait dû faire un tabac à sa sortie et que je l’avais nié, ayant tendance à ne pas suivre le troupeau, du moins, pas toujours.

Alors, docteur, verdict ? Bonne prise en main… 636 pages, on peut dire que c’est une brique !

C’est donc vierge de tout a priori que j’ai entamé la lecture de ce roman dont les critiques vont de « super » à « nul ».

Mes premiers pas, enfin, mes premières lignes puis mes premières pages se sont bien déroulées et sans le remarquer, je suis entrée dans le livre toute entière, me prenant de passion pour le jeune Daniel Sempere qui tente de rassembler des bribes sur la vie de Julián Carax, auteur d’un roman intitulé « L’ombre du vent » et dont on ne trouve plus d’exemplaires disponibles sur le marché.

Je me suis prise au jeu de l’enquête, j’ai dévoré chaque information que je recevais, je me suis attachée à Daniel que nous suivrons de ses 11 ans à ses 30 ans dans cette quête qui paraît insoluble.

Si les personnages manquent parfois un peu d’étoffement, certains sont hauts en couleurs, notamment Fermín Romero de Torres, un vagabond qui deviendra ami avec la famille Sempere.

Lui, ses dialogues, ses métaphores, ses pensées, c’était le petit Jésus en culottes de velours tant il m’a fait rire, sourire ou acquiescé à ses maximes. Il est magnifique, Fermin, comparé à un Daniel qui est souvent un peu benêt, sans que le mot soit dépréciateur du personnage, mais Daniel, il est naïf et c’est ce qui fera son charme.

Certes, on me dira que l’histoire est cousue de fil blanc, je le sais, je l’ai remarqué aussi, ayant même déduit des choses qui me furent confirmées au fil de l’histoire, mais malgré tout, ce fut un plaisir de lecture.

Une bouffée d’air frais, voilà ce qu’est ce roman ! De l’oxygène au milieu de tous mes p’tits noirs que j’avale sans sucre. Ce roman, c’est la pâtisserie, le beignet rempli de sucre qui vous colle aux doigts tant il ne veut plus vous lâcher. Oui, on suce ses doigts ensuite pour ne rien perdre…

Ce roman, c’est de l’humour sans modération, de l’humour fin, noir parfois, tinté de cynisme, souvent, et une fois entamé, on y retourne avec délice, comme avec les sucreries.

De plus, j’ai aimé aussi me farcir une partie de l’Histoire de la ville de Barcelone de l’après-guerre (et pendant guerre civile) et de l’Espagne de Franco, aussi. Sans que l’auteur s’épanche trop, il nous livre tout de même un portrait peu flatteur de cette période noire et j’ai savouré tous les petits détails que j’ai lu dans ces pages.

L’ombre du vent, c’est une friandise, un Sugus au citron de Fermin, un beignet rempli de chantilly – ou la pâtisserie que vous préférez, je ne voudrais pas faire des jaloux – sans pour autant sombrer dans le gnangnantisme (© Larousse 2028), la guimauve ou l’abus de sucre qui, comme vous le savez, est mauvais pour la santé.

Après cette bouffée d’oxygène, je peux replonger dans les profondeurs troubles des romans  noirs.

Attention, afin d’éviter tout risque de surpoids, de diabète et toussa toussa, n’abusez pas de ces bonnes choses que sont les romans sucreries qui font du bien au moral. Sinon, « Lisez, bougez » car les romans écrit avec savoir se dégustent avec sagesse.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix du meilleur livre étranger en 2004) et le Challenge « Le mois Espagnol » chez Sharon.


 

Total Khéops : Jean-Claude Izzo

Total Kheops - Trilogie Fabio Montale - Izzo

Titre : Total Khéops

Auteur : Jean-Claude Izzo
Édition : Gallimard (1995)

Résumé :
Les morts s’accumulent à Marseille : d’abord Manu, ensuite Ugo, deux amis d’enfance de Fabio Montale, ex-petit malfrat devenu flic par grandeur d’âme.

Mais contre qui doit-il se battre? La pègre, soupçonnée de ces meurtres? La police qui reste passive ?

Montale sera-t-il suffisamment résistant pour entrevoir la vérité alors que les fantômes de son passé refont surface ?

Critique : 
Laissez tomber le Marseille de Marius, faites de même avec celui de la série  Poubelle La vie et entrez – si vous l’osez – dans une ville qui a tout d’un enfer annoncé.

La plume d’Izzo a un léger accent du Sud, vé, additionnée de quelques mots d’argot et elle t’entraine, avec son Fabio Montale de flic, à travers un Marseille qui a tout du 93 d’Olivier Norek !

Ici, on vote communiste, le FN fait son business et tout le monde en à après l’Arabe (Algérien), le Noir, le Jaune.

Aujourd’hui, ici, on votait presque à égalité pour les communistes et le Front national.

Bref, ils voudraient bien n’avoir que du Dash : le Blanc de Blanc. Ici, l’immigré, c’est de travers qu’il est regardé et bien entendu, parqué dans des Cités, terreau du banditisme.

Je m’accroupis devant le cadavre de Pierre Ugolini. Je venais d’arriver sur les lieux.Trop tard. Mes collègues avaient joué les cow-boys. Quand ils tiraient, ils tuaient. C’était aussi simple. Des adeptes du général Custer. Un bon Indien, c’est un Indien mort. Et à Marseille, des Indiens, il n ‘y avait que ça, ou presque.

Sans sombrer dans le pathos, l’auteur, au travers de son flic désabusé, nous montre une ville gangrénée par son racisme ambiant, violent, par son Histoire, aussi, pas très nette durant la Seconde Guerre Mondiale.

Izzo, il n’y va pas par quatre chemins et appelle un chat, un chat et le texte est ponctué de gros mots tels que bougnoule, crouille (terme raciste et injurieux utilisé pour désigner une personne d’origine maghrébine) ou niaquoué.

Je déteste ces mots, mais quand un raciste parle, il ne met pas des gants et cela aide à vous plonger encore mieux dans l’ambiance sombre et sordide de ces quartiers mal notés.

Marseille n’est pas une ville pour touristes. Il n’y a rien à voir. Sa beauté ne se photographie pas. Elle se partage. Ici, faut prendre partie. Se passionner. Être pour, être contre. Être violemment. Alors seulement ce qui est à voir se donne à voir. Et là trop tard, on est en plein drame. Un drame antique où le héros c’est la mort. À Marseille, même pour perdre il faut savoir se battre.

Fabio Montale non plus ne fait pas dans la dentelle, bien que lui, le racisme, il n’aime pas ça. Flic un peu trouble, au passé peu glorieux, voyou avant d’être flic, il est désabusé, a peur de s’engager, peur d’aimer. Un flic brisé mais on l’aime de suite, le Fabio.

Je n’ai jamais su parler des femmes que j’ai aimées. Je voulais préserver ces amours qui étaient en moi. Les raconter, c’était ramener les engueulades, les larmes, les portes qui claquent. Et les nuits qui suivent dans les draps froissés comme le cœur. Et je ne voulais pas. Je voulais que mes amours continuent de vivre. Avec la beauté du premier regard. La passion de la première nuit. La tendresse du premier réveil.

Cette enquête qu’il réalisera moitié en sous-marin, moitié en officiel, est aussi un bon prétexte pour nous faire découvrir la vile de Marseille au travers de ses banlieues, ses truands, ses petites frappes, sa zone, ses exclus, ses flics violents, ces parents qui ont démissionné, ces jeunes qui ne savent pas quoi faire et qui ne connaissent pas leur identité.

Ils étaient de Marseille, marseillais avant d’être arabes. Avec la même conviction que nos parents;. Comme nous l’étions Ugo, Manu et moi à quinze ans. Un jour, Ugo avait demandé : « Chez moi, chez Fabio, on parle napolitain. Chez toi, on parle espagnol. En classe, on parle français. Mais on est quoi, au fond ? » Des Arabes, avait répondu Manu.

Bien que nous soyons dans les années 1995, rien n’a changé depuis, hormis le Minitel qui est mort et les smartphones qui ont fait leur apparitions.

C’est un roman brut, un récit sans une once de lait (mais avec une pointe de sexe) rempli de misère sociale, économique, de racisme, de cadavres, c’est une enquête parmi les truands, le tout avec une touche de cuisine, de philosophie de la vie et de farniente. Oui, Fabio aime la cuisine, les calanques, la pêche et pas qu’au voyou.

Boxer ce n’est pas seulement cogner. C’est, d’abord, apprendre à recevoir des coups. À encaisser. Et que ces coups fassent le moins mal possible. La vie n’était rien d’autre qu’une succession de rounds. Encaisser, encaisser. Tenir, ne pas plier. Et taper au bon endroit, au bon moment.

Un putain de bon roman noir qui m’a enchanté, transporté, fait grimacé, serré les tripes devant certains faits. Dans ce roman, Fabio n’est pas le personnage principal, la ville de Marseille l’est aussi, ainsi que tout ce qui gravite dans ses ruelles.

— Fabio, j’aime les mojitos, mais je sens bien que je ne tarderai pas trop à aller me boire quelques pastis avec toi ! Vé !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix du festival de Saint-Nazaire en 1996) et Ma PAL « Canigou »… C’est du massif !.

Le cycle de Dune – T1 – Dune : Franck Herbert [LC avec Stelphique]

Titre : Le cycle de Dune – Tome 1 – Dune                                   big_3-5

Auteur : Frank Herbert
Édition : Pocket (2005)

Résumé :
Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse: l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers achète à n’importe quel prix.

Richesse très convoitée : quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi mystique. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et qui, à la tête des commandos de la mort, changera le cours de l’histoire.

Cependant les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique ; elles veulent créer un homme qui concrétisera tous les dons latents de l’espèce. Tout est fécond dans ce programme, y compris ses défaillances.

Le Messie des Fremens est-il déjà né dans l’Empire ?

Critique du Cannibal Leteur : 
♫ Il y a le ciel, le soleil et… pas de mer ! ♪ Que du sable à perte de vue.

Pas de dromadaires, mais des vers de sable avec une gueule tellement grande qu’elle te boufferait un vaisseau Star Wars.

Et puis, il y a les terribles Fremens et rien à voir avec les femmes qui courent les seins nus !

Voulant m’encanailler dans la SF, je me tâtais toujours pour savoir par quel pavé de SF commencer quand ma binôme de LC me cria « Help, je suis perdue sur Dune ».

Alors, n’écoutant que mon courage, j’ai foncé droit sur la planète Arrakis (Dune pour les intimes), pensant m’y échouer aussi mais je m’en suis très bien sortie, malgré le manque cruel d’eau et de bière ! Obligée de porter un distille et de boire ma propre production de flotte…

Hormis du sable à perte de vue et de l’eau qu’il faut traquer et stocker, le monde de Dune (ainsi que l’Espace tout entier) n’est pas si éloigné du nôtre.

La Guilde est un gros Lobby qui contrôle vos déplacements, l’épice présente sur Dune a plus de vertus que nos drogues, mais se vend bien plus cher, les complots sont légions, les coups bas dans le dos aussi.

Oui, il a des similitudes avec notre monde… Malgré tout, c’est toute une civilisation que l’auteur a recréé dans l’espace infini. Les personnages sont complexes, travaillés, certains évoluent.

Mais, il y a tout de même un « mais »… c’est fort manichéen ! Les Harkonnens sont très méchants, rien pour les sauver; l’Empereur Padishah Shaddam IV est un triple lâche, assoiffé d’absolutisme, les Atréides sont vraiment vraiment très gentils, limite humanistes; les guerriers Sardaukars sont des meurtriers sanguinaires, les Fremens résistent à tout et les Révérendes Mères Bene Gesserit sont vraiment très très fortes…

Pourtant, ce manichéisme passe aussi facilement qu’un doigt dans du beurre mou (Bison, elle est pour toi) et n’entrave pas la lecture ou l’empathie pour les personnages (ou la haine pour certains).

Les descriptions des paysages sont précises, bien détaillées et j’ai eu la gorge sèche plus d’une fois.

Quand à l’ascension de Paul Atréides, dit ensuite Paul Muad’Dib a tout de l’ascension d’un prophète qui devrait batailler pour offrir la liberté à son peuple.

La vie dans le désert est remplie de règles bien établies et qui pourraient parfois en faire frémir certains, mais le désert étant impitoyable, il faut résister et seuls les plus forts subsistent.

Malgré quelques passages plus lents et menés à un rythme plus pèpère, les pages se tournent toutes seules et le récit défile comme du sable tombant dans un sablier, nous emmenant à la dernière page et faisant en sorte que l’on ait juste une seule envie : lire la suite !

Conseil de lecture : allez peut-être voir l’ami Wiki pour les personnages, c’est plus facile quand on sait un peu où on va.

Le « Challenge US » chez Noctembule et Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Hugo – meilleur roman – 1966).

Pourquoi je l’ai choisi (critique de Stelphique) :
J’avais envie de me mettre à la SF « pure et dure »…Lire des Classiques du genre….Incursion donc dans Dune obligatoire 😉

Synopsis :
Sur Dune, la planète des sables, germe l’épice qui donne longévité et prescience. A cause de l’épice, tout l’empire galactique du Padishah Shaddam IV tourne autour de Dune, âprement convoitée par les nobles maisons du Landsraad et la Guilde des Navigateurs.

Leto Atreides, Duc et Cousin de l’Empereur, a reçu Dune en fief. Pour peu de temps. En 10191, il meurt assassiné. Mais son fils Paul, avec sa mère, trouve asile dans les repaires du peuple Fremen, indompté, invaincu, la lie de Dune pour certains, le sel de la terre pour d’autres. Paul grandit dans le désert et forge l’arme de sa vengeance.

Mais ne va-t-il pas dépasser son but, lancer les légions Fremen en une effroyable croisade ? Il a, dit-on, le pouvoir de connaître l’avenir. Aura-t-il celui de l’éviter ?

Les personnages :
Il n’en manque pas dans ce tome!!!!!C’est fou cette variété de personnages, mais on ne s’y perd jamais grâce a cette alternance de chapitres. Petite préférence pour ceux qui mettent en scène Paul ou Jessica, mais bon chacun tient son role, on suit avec plaisir tous ses guerriers dans l’âme !!!!!!

Ce que j’ai ressenti: …Une lecture épicée qui appelle l’Or Bleu….
Arrakis, planète inhospitalière? Sans aucun doute… Mais que ce soit les personnages ou le lecteur non averti, cette planète a les pouvoirs de vous séduire! Tel un cobra des sables, il vous envoute d’un regard, vous fait sa jolie danse, et plonge en vous pour mieux vous mordre de l’intérieur! Maladivement accro, vous n’aurez que juste le temps de finir cette saga avant de sombrer vers des contrées inconnues…..

Dune, c’est un Monde à part entière, un fantastique univers enivrant, où le vent vous assoiffe, la chaleur vous étouffe, et le sable s’insinue dans chaque partie de votre corps. Même respirer en devient difficile, mais l’Eau sera votre principal problème.

Le désert reste toujours un lieu de mystère et de danger, il continuera de nous attirer encore et encore, malgré sa fatale réputation. Rien que pour cette richesse du décor, ça vaut vraiment le détour de fouler le sol d’Arrakis. Oui, ça, et la poésie qui se dégage de ses pages…

Tout était plat.
Dans son esprit, il chercha quelque chose de vertical qu’il put greffer sur ce paysage. Mais il n’y avait rien, rien d’un horizon à l’autre sous l’air surchauffé. La brise n’agitait pas la moindre fleur, la moindre plante fragile. Les dunes…Et la falaise, là-bas, sous le ciel d’argent bleui.

A l’Est, un faisceau de lumière grise monta dans la nuit, puis ce fut une opalescence nacrée et les étoiles en furent estompées. Alors vint le long, le lent sillage de l’aube sur l’horizon brisé.

S’il est vrai que Dune est une lecture qui n’est pas des plus faciles, il n’en reste pas moins qu’elle est d’une belle qualité! Elle doit s’apprécier, se déguster avec délectation. Je me suis laissée portée par la magie environnante, la douceur des grains de mots, le spectacle de la réflexion intérieure…

La tache a été ardue au départ, car c’est non seulement tout un monde inconnu qui s’ouvre au lecteur, mais aussi tout un champ lexical assez difficile à maitriser.

Au final, on se dit que toute quête mérite ses épreuves, le trésor n’en est que plus reluisant !

Je ne connais pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon oeil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi.

Après, en ce qui me concerne, tout ce qui touche aux jeux politiques, stratégies militaires, trahisons en tout genres, ce n’est pas ma tasse de thé en règle générale. Bien qu’ici , ce soit bien raconté, avec même des phrases off ,pour ne rien perdre des intrigues, je n’ai pas trop accroché à ces tours de dupes.

Tous ses visages bavards l’écœuraient soudain. Ce n’étaient que des masques dérisoires appliqués sur des pensées infectes et les voix essayaient en vain de dominer le profond silence qui régnait dans chaque poitrine.

Il n’empêche que suivre Paul et Jessica dans leurs combats, reste ce qu’il y a de meilleur. Très sensible à tout ce qui touche à la Magie, j’ai été plus qu’enchantée de leur prescience, leurs pouvoirs… Leur enseignement quelque chose de fascinant.

J’adore contempler leurs destinées hors du commun, entre nouveau prophète ou grande prêtresse, leurs parcours entremêlés est captivant !

Je suis curieuse de voir leur évolution au contact du peuple Fremen et de toutes les péripéties futures qui jalonneront ce grand Cycle.

 Ma note plaisir de Lecture fee clochette 8/10

Dune : Franck Herbert [LC – Impressions de lecture 3/3]

Dune-de-Frank-Herbert

Impressions du Cannibal Lecteur (page 1 à 200) : Dépucelage en douceur.
N’étant pas une habituée de la SF, je suis entrée à mon aise dans le roman. Ça ne sent pas trop la SF au début, hormis les différentes planètes. Ça ressemble en tout cas au bons vieux complots de notre bonne vieille terre. Mon arrivée sur Dune ne fut pas une partie de plaisir : y’a pas d’eau, on y moissonne une sorte de drogue (me v’là dealeuse) et je dois surveiller mes arrières. J’vous laisse, je retourne voir qui en veut à ma peau… Que la Force soit avec moi !! (oups).

Impressions de Stelphique (page 1 à 200) : Accroche difficile….
Alors autant j’ai aimé le message subtil qui se dégage de cette première partie, autant j’ai eu du mal avec l’aspect stratégie. Un peu de mal à complètement rentrer dans ce monde, mais par contre j’adore la poésie des mots et je me délecte de certains passages….. Encore ensablée, j’ai lancé un appel à ma chère binôme, qui est venue me rejoindre sur les terres de Arrakis…… Ça va mieux d’un coup!!!!!;)

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 201 à 400) : Trahison, à la garde !
Le rythme s’accélère et ma gorge se dessèche à force d’être dans ce putain de désert que je ne veux pourtant pas quitter (je lis avec une bouteille de bière d’eau à proximité). La vie dans le désert est rythmée par bien des rituels, on s’ennuie pas et le tout est alterné avec des moments passés chez les traitres qui conspirent. Le récit coule tout seul et je tourne les pages sans m’en rendre compte.

Impressions de Stelphique (pages 201 à 400) : Nettement plus addict…
Je reste toujours sur le coup, je marche indéfiniment dans le sable. J’adore particulièrement suivre Paul et Jessica. J’aime la magie qui se dégage d’eux !!!!!! Le monde d’Arrakis est plein de beauté insoupçonnée, bien que les complots ne cessent de ternir celle belle image…

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 401 à la fin) : Accro !
Oui, désolé, j’ai le même mot que ma binôme de LC. Là, il n’y a pas d’accroc, je suis juste addict, accro et je veux retourner sur Arrakis pour voir ce que le tome 2 me réserve… nous réserve ! Je veux encore chevaucher un Faiseur !

Impressions de Stelphique (pages 401 à la fin) : Accro…
Non mais c’est quoi cette fin ??!!!! Voilà on est obligé de poursuivre maintenant, parce que l’on sait que ça va présager un paquet de conséquences et vérités… Un jeu infini d’unions et désunions pour notre plus grand plaisir !!!!!;) …

 

L’Alchimiste : Paulo Coelho [LC avec Stelphique]

Titre : L’Alchimiste                                                                         big_3

Auteur : Paulo Coelho
Édition : Anne Carrière (1994) pour la première édition / J’ai Lu / Livre de Poche

Résumé :
L’alchimiste Santiago, un jeune berger andalou, part à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. Lorsqu’il rencontre l’Alchimiste dans le désert, celui-ci lui apprend à écouter son cœur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve.

Merveilleux conte philosophique destiné à l’enfant qui sommeille en chaque être, ce livre a déjà marqué une génération de lecteurs.

Critique :
Voilà un roman que je n’avais jamais voulu lire… Tout le monde me bassinait avec ce livre en 1995 et puisque tout le monde ne jurait que par lui, j’avais pris la décision ferme et définitive de ne jamais le lire. Na !

Pourquoi ce revirement ? À cause de ma binômette de Lecture Commune, Stelphique, qui l’adore et qui a insisté (pas trop) pour qu’enfin je le découvre et puisse ensuite le critique ou le porter aux nues.

C’est donc avec circonspection que j’ai commencé ma lecture, vu les critiques peu élogieuses que j’avais lues sur ce best-seller.

Je conseillerais à ceux qui veulent le commencer de le faire avec l’esprit d’un enfant, avec le côté fantastique enclenché et de le voir en tant que conte philosophique. Sans ça, j’aurais trouvé le style à chier, neuneu, cliché, trop mielleux, naïf, simpliste, bourré de philosophie à deux balles (ou de comptoir) et râlé que tout tombe tip-top.

C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante.

Je t’aime parce que tout l’Univers a conspiré à me faire arriver jusqu’à toi.
 
Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible : c’est la peur d’échouer.

Personne ne peut fuir son cœur, c’est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu’il dit.

Mais voilà, j’ai ouvert mon âme enfantine plus fort que madame Cash juste avant une triple… *vous savez quoi* et j’ai suivi avec le sourire les pérégrinations de Santiago qui voulait accomplir son rêve, sa Légende Personnelle.

Quand on veut une chose, tout l’Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve.

Certes, niveau écriture, c’est du « easy reader », de l’écriture fast-food, low-cost, ça cassera pas 5 pattes à un dromadaire, mais je vous avoue qu’une fois ouvert ce roman, je ne l’ai pas reposé avant de l’avoir terminé.

Pourquoi ?? Un Djinn m’aurait-il enchanté ?

Non, mais de temps en temps, j’aime lire des histoires assez simple, bourrée de clichés, de philosophie bas-de-gamme que tout le monde connait, me donnant souvent l’impression de lire un article rempli de citations ou d’être dans « Les citations des Minions », mais que voulez-vous, ma raison a ses raisons que ma propre raison ignore : j’ai aimé ce bouquin !

J’aurais dû hurler devant ses clichés plan-plan, devant ces deus ex machina utilisé pour sortir Santiago de l’impasse, j’aurais dû balancer le livre devant certains faits impossibles, mais puisque c’était un conte, je l’ai pris comme tel et j’ai passé deux bonnes heures de lecture sans me prendre la tête.

La peur de la souffrance est bien pire que la souffrance elle-même…

Quand nous avons de grands trésors sous les yeux, nous ne nous en apercevons jamais. Et sais-tu pourquoi ? Parce que les hommes ne croient pas aux trésors.

Tout ce que nous craignons, c’est de perdre ce que nous possédons, qu’il s’agisse de notre vie ou de nos cultures. Mais cette crainte cesse lorsque nous comprenons que notre histoire et l’histoire du monde ont été écrites par la même Main.

Comme quoi, les miracles peuvent arriver : j’ai lu ce roman, je l’ai apprécié, même s’il ne fera jamais partie de mon Top 20 littéraire.

Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Grand prix des lectrices Elle – Roman – 1995).

BILAN - LC réussie - OK
Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Je relis souvent pour le pur plaisir ce livre régulièrement, mais cette fois ci, je partage cette lecture avec ma binôme complètement délurée: Cannibal Lecteur et ça me touche qu’elle m’ait suivi sur cette lecture. Merci encore à elle…;)

Synopsis :
Un jeune berger andalou, Santiago, part à la recherche d’un trésor enfoui au pied des pyramides. Il découvrira pendant son périple la clef d’une quête spirituelle. ‘L’ Alchimiste’ est le récit d’une quête, celle de Santiago, un jeune berger andalou parti à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. 

Dans le désert, initié par l’alchimiste, il apprendra à écouter son cœur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve. Destiné à l’enfant que chaque être cache en soi, ‘L’ Alchimiste’ est un merveilleux conte philosophique, que l’on compare souvent au ‘Petit Prince’, de Saint Exupéry, et à ‘Jonathan Livingston le Goéland’, de Richard Bach.
Ce que j’ai ressenti….Un doux apaisement…..

 » C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante. « 

Pourquoi Est-ce Mon Livre Préféré ?
Tout d’abord parce que c’est un conte. Un conte merveilleux, d’une douceur apaisante. Je suis fan de Andersen, Perrault, Grimm, je relis sans cesse leurs histoires, car j’admire leur façon d’écrire sous couvert de féérie, les drames de l’Histoire.

Et ce conte là de Paulo Coelho me touche particulièrement, car il nous montre un berger à la recherche de son trésor, un homme qui observe le monde qui nous entoure, en suivant sa destinée.

Je crois que si ce livre m’a autant plu, c’est que je l’ai lu avant que mon innocence se soit envolée, et je le relis sans cesse pour ne pas oublier cette vision de la vie simple et ouverte sur notre monde, juste pour essayer de ne jamais perdre cet esprit d’enfant ébloui, par la beauté de notre planète.

J’ai appris que le monde possède une âme, et celui qui pourra comprendre cette âme comprendra le langage des choses.

Il n’a qu’une façon d’apprendre, répondit l’Alchimiste. C’est par l’action. Tout ce que tu avais besoin de savoir, c’est le voyage qui te l’a enseigné.

Le monde arabe nous est raconté avec magie et spiritualité. Le désert n’aura jamais autant été si beau et aussi enivrant, les pyramides, un rêve à portée de main, l’Islam aussi généreux. Santiago a un œil neuf, observateur attentif aux signes, à la vie tout simplement…. Il va devenir au cours de sa route un homme transformé, un être courageux et confiant, un esprit éclairé.

Suivre sa destinée lui a permis de mieux se connaitre, mieux comprendre le monde qui nous entoure, mieux appréhender l’avenir. Oui, un conte merveilleux qui aurait pu commencer par la formule autrement célèbre « Il était une fois »  » Once upon a time »: la formule magique qui englobe ô combien d’idées merveilleuses.

Peut-être Dieu a-t-il créé le désert pour que l’homme puisse se réjouir à la vue des palmiers »

Ensuite c’est un conte philosophique. Il y a à l’intérieur une certaine forme de spiritualité, un courant de pensée apaisant. Une histoire riche en rebondissements et en enseignement porteur de lumière.

Si on se laisse guider par ce flot, on en ressort profondément touché en plein cœur, grandi d’une vision d’amour et de partage, élevé d’ Espoir.

C’est certes une philosophie simple, (d’autres diront naïve), mais il n’y a pas de mal à se faire du bien? La simplicité ne serait -elle pas la clé du bonheur ?

Moi , j’aime y voir dans ces pages un simple berger, instruit et attentif aux signes, qui s’ouvre spirituellement pour toucher la Magie de ce monde, de le voir se transformer en vent, de le voir s’ouvrir aux secrets de l’Alchimie, de le voir succomber à l’Amour dans un regard.

Je suis une incroyable romantique, une inconditionnellement rêveuse, et une fée émerveillée encore de Merveilleux, pour moi ce texte est puissant car rempli de simplicité et d’altruisme, il se lit en deux vitesses et comporte ce qu’il faut de féérie pour nous faire rêver plus fort.

« Avant de réaliser un rêve, l’Âme du Monde veut toujours évaluer tout ce qui a été appris durant le parcours. Si elle agit ainsi, ce n’est pas par méchanceté à notre égard, c’est pour que nous puissions, en même temps que notre rêve, conquérir également les leçons que nous apprenons en allant vers lui. Et c’est le moment où la plupart des gens renoncent. C’est ce que nous appelons, dans le langage du désert : mourir de soif quand les palmiers de l’oasis sont déjà en vue à l’horizon. »

En bref, lorsque je relis ce livre, il m’apporte l’apaisement, il me permet de me recentrer, de revenir à l’essentiel et surtout de garder mon âme d’enfant.

A chaque lecture, j’ai l’impression de découvrir une nouvelle chose qui trouve sa voie dans mon quotidien. En ces jours si sombres qui frappent la France, cette lecture m’a permis  de trouver la force de croire encore à un avenir meilleur.

« Quand on veut une chose, tout l’Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve. »

« C’est dans le présent que réside le secret ; si tu fais attention au présent tu peux le rendre meilleur. Et si tu améliores le présent, ce qui viendra ensuite sera également meilleur. Oublie le futur et vis chaque jour de ta vie selon les enseignements de la Loi, et en te fiant à la sollicitude de Dieu à l’égard de ses enfants. Chaque jour porte en lui l’Éternité. »

 

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 10/10

L’immense obscurité de la mort : Massimo Carlotto

Titre : L’immense obscurité de la mort                                     big_4

Auteur : Massimo Carlotto
Édition : Métailié (2006) / Points (2008)

Résumé :
Il s’est enfui avec le butin, sain et sauf – ça ressemble à miracle. Un miracle cher payé: il laisse derrière lui deux morts innocents et son coéquipier Raffaello, qui écope de la perpétuité.

Quinze ans plus tard, Raffaello formule un recours en grâce et demande le pardon de Silvano, père et mari des victimes.

Ce dernier, fou de douleur, accepte de pardonner pour mieux se venger.

Critique : 
Deux hommes, un braquage d’une bijouterie qui tourne mal. Une femme et son enfant abattus comme des bêtes par un des braqueurs qui carburait à la poudre Blanche.

Un mari et père dévasté par la mort brutale de sa femme, Clara et d’Enrico, son fils de huit ans. Dévasté est encore un faible mot pour un homme qui n’a jamais su se relever.

« Ma vie était enfermée pour toujours dans l’immense obscurité de la mort. Mon présent et mon avenir n’étaient que du temps passé dans l’antichambre à attendre la fin, parce qu’il ne me restait rien d’autre ».

Roman à deux voix, celle de Raffaello, le braqueur qui a pris perpète car il n’a pas donné le nom de son complice et celle de Silvano, l’homme qui a tout perdu. Notre braqueur étant atteint d’un cancer incurable, il a demandé à Silvano d’accepter sa mise en liberté.

Roman 100% ♫ black is black ♪ car il ne reste plus aucun espoir à Silvano sauf la vengeance, qui, comme vous le savez, se déguste froide.

Donc, si Raffaello – qui n’a rien d’une douceur à la noix de coco – sort de cabane, non seulement Silvano pourra se venger de lui, mais aussi mettre la main sur le complice, celui qui a flingué ses deux amours.

L’auteur, qui sait ce que c’est la prison, esquisse le milieu carcéral avec réalisme, sans en faire trop, sans en faire des tonnes. La vérité dans sa nudité toute nue.

Oui, la prison est méritée pour certains, mais elle reste néanmoins inhumaine et n’a rien d’un Club Med comme on pourrait le penser parfois. Les geôliers étant de pires voleurs que ceux qu’ils surveillent.

Durant tout le récit, jamais l’auteur ne se pose comme juge ou comme avocat de la défense. Au lecteur de porter un jugement sur les deux damnés que sont Raffaello et Silvano et moi, je ne m’y risquerai plus.

Sans concession aucune pour ses deux personnages clés, l’auteur les tourmente, nous plongeant dans leurs pensées les plus obscures, secrètes, leurs désirs les plus fous et, tout d’un coup, nous renverse la vapeur en nous démontrant que dans tout homme sommeille la bestialité et que de victime, on passe facilement au statut de bourreau.

— J’ai toujours été pour la peine de mort pour les criminels. Sauf que c’est aux magistrats d’émettre la sentence et à l’État de l’exécuter. On n’est pas au Far West, ici, monsieur Contin, et personne ne vous a accroché l’étoile de shérif sur la poitrine.
— Pourtant, c’est nous autres, les victimes.

Si au départ j’avais pensé que l’histoire allait être téléphonée, je suis vite revenue sur mes pas car le roman part dans un sens totalement inattendu, plongeant même au plus profond de la noirceur humaine.

Un roman court, bref, intense, plus fort qu’un expresso dont la cuillère n’oserait pas descendre, de peur de se perdre dans ce noir 100% remplit de sombritude (néologisme).

Corsé, âpre, avec un récit taillé au scalpel, une plume acide et une autopsie de l’humain sans concession aucune pour le lecteur.

Un récit de rédemption, de folie et une vengeance qui fait froid dans le dos. Les personnages qui gravitent dans ce petit univers ne sont ni tout noir, ni tout blanc, ni tout à fait bon, ni tout à fait méchant. Ils sont gris.

Ici, en plus d’un récit noir, on a plein de nuances de gris et croyez-moi, il y en a plus que 50…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Challenge « À tous prix » (grand prix festival Cognac 2007) chez Asphodèle et le « Mois Italien » chez Eimelle.

CHALLENGE - Thrillers Polars 2015-2016CHALLENGE - Mois Italien

Cujo : Stephen King [LC avec Stelphique]

Titre : Cujo                                                                                      big_3-5

Auteur : Stephen King
Édition : Livre de Poche (2006)

Résumé :
« La chaleur tuera cet été ! Ça va être terrible »; avait prédit Evvie Chalmers, la doyenne de Castle Rock. Elle ne se trompait pas : l’été 1980 fut effectivement le plus chaud que Castle Rock eût jamais connu. Ce fut aussi un été sanglant.

En fait, tout commença le matin du 16 juin, lorsque Cujo, un saint-bernard aussi impressionnant que débonnaire, se fit mordre par une chauve-souris. Mais au fond, cela avait peut-être commencé dès le mois de mai, lorsque Tad Trenton avait cru voir un monstre, dans le placard de sa chambre…

Bien sûr, ses parents l’avaient rassuré, il avait fait un cauchemar, les monstres n’existent pas, voyons !

Ils se trompaient : même dans les petites villes paisibles, les monstres guettent, tapis dans l’ombre…

Critique du Cannibal :
Cujo… Un roman du King que je n’avais jamais osé lire. Pourquoi ? Parce que c’était un chien qui devenait enragé et qui terrorisait tout le monde.

Et moi, je n’avais pas envie de regarder de travers les chiens de la maison.

Bien que j’ai aimé ce roman et que, durant quelques temps je risque de faire pipi dans ma culotte au moindre chihuahua qui va grogner dans le sac à main de sa mèmère, j’avais trouvé Simetierre et ÇA plus prenant.

Dans ces deux autres romans du King, je m’étais attachée très vite aux personnages alors qu’ici, il m’a fallu un peu plus de temps pour entrer dans leur vie.

Le début du roman avait même quelques longueurs je trouve. Les premières lignes m’avaient emballées et ensuite, le soufflé était un peu retombé avec la lecture des morceaux de vie familiale.

Alors, à ma droite, Vic et Brenda Trenton ainsi que Tate, leur gamin de 4 ans et à ma gauche, la famille Camber, avec Charity « j’aurais pas dû épouser ce con »,  son mari alcoolo brutal et bouseux  Joe « le mécano » (et pas Joe le Taxi), Brett, le gamin et Cujo, un gros sein… Saint-Bernard (sans le tonnelet d’alcool).

Quelle était la probabilité que ce gros Nanard tout doux se fasse mordre par une chauve-souris enragée ?? Oui, monsieur Bigard… Une chance sur dix millions, merci pour la statistique.

Et bien, le couillon sur 10 millions qui se fit mordre par cette salope de chauve-souris enragée, ce fut Cujo. Pas de bol, c’est tombé sur le gros chien de 100 kg et pas sur le caniche grabataire de la mère Michel. Mais bon, le caniche, ça l’aurait pas fait non plus. Le King n’est pas un imbécile tout de même.

Ce qui est assez récurent chez le King, c’est de nous offrir un paternel qui tète la bouteille aussi souvent qu’un veau au pis et qui, l’abus d’alcool aidant, se transforme en monstre de brutalité et d’imbécilité. Bien que même sobre, Joe le Mécano est un bouseux puissance 10. Et son gamin l’adore, c’est ça qui est le plus grave.

Elle se ratatinait toujours un peu quand il élevait ainsi la voix pour appeler son fils. Brett aimait énormément son père, mais Charity n’avait jamais su exactement ce que Joe éprouvait pour l’enfant. C’était une pensée affreuse, mais qui exprimait néanmoins la vérité.

Voilà un petit morceau de l’Amérique que le King nous montre par le petit bout de la lorgnette, tout en préparant le terrain avec notre Cujo qui commence à ressentir les effets de la rage (pas la taxatoire) et à changer de caractère, le ch’ti père.

Le suspense prend son temps, il monte crescendo, tout est tendu (ça vous excite, hein !!) et vos muscles se font durs lorsque vous lisez certains passages angoissants au possible.

Le King est un salaud parce que les moments les plus éprouvants sont entrecoupés, non pas d’une page de pub, mais presque : des passages plus calmes ou parlant de tout autre chose que de la bave dégoulinante des babines retroussées du chien Bernard.

Le final est éprouvant, horrible, rempli de tension et mon cœur n’en pouvait plus. J’avais envie de hurler à tous « mais putain, magnez-vous à la ferme des Camber, nom d’un chien ! ».

Si le début avait été un peu lent, la suite m’a enchanté et j’ai passé un bon moment d’angoisse avec ce roman qui me donne encore des frissons.

Prochain roman du King : un percepteur des contributions enragé… Je ne sais pas si vous avez déjà entendu ululer un percepteur dans la nuit ? C’est sinistre ! Inhumain !

Ne vous fiez pas à mon air humoristique dans cette critique, je ris pour faire baisser la pression et faire taire le monstre dans le placard. Le King restera toujours le King… lui, il ne chante pas, mais il m’enchante !

Cette peur qui vous tient au ventre et vous fait fouiller l’obscurité à la recherche de ce qui va vous sauter dessus.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle, (prix British Fantasy du meilleur roman 1982), Ma PAL « Canigou »… C’est du massif ! et « Le Mois Américain » chez Titine.

Cujo2Pourquoi je l’ai choisi :
Suite à l’empressement de ma binôme pour lire du King au mois de Septembre, je n’ai pas pu lui refuser cette faveur!

Synopsis :
A la suite d’une panne et de coïncidences exceptionnelles, Donna Trenton et son fils Tad se retrouve enfermée dans leur voiture à cause de la présence d’un chien enragé (Cujo) qui les empêche de sortir de l’automobile afin d’appeler de l’aide.

En effet, son mari – Vic Trenton – est en voyage d’affaires et ne peut par conséquent pas savoir la situation de son épouse. Quant à la famille propriétaire du chien, la mère et son enfant (Charity et Brett Camber) sont en vacances chez sa soeur alors que le père (Joe Camber) n’a pu échapper à la violence aveugle que son chien entraîne derrière lui.

Petit apparté perso *en mode énervée* : non mais t’as qu’à tout dire aussi dans le synopsis, comme ça, y’aura plus de surprise de lecture !!!! Heureusement que je ne l’ai pas lu avant ma lecture !!!

Les personnages :
Famille Camber : J’ai détesté Joe, mais la mollesse de Charity pour son quotidien m’a vite énervée aussi.

Famille Trenton: Donna, trop énervante(à claquer meme!!). Tad, trop choupinou. Vic, trop passif.

Ce que j’ai ressenti… Une furieuse envie de mordre…
Comme vous le savez surement, les fées sont très proches des animaux. J’ai du peut être m’en approcher de trop près, car Cujo a bien du me mordre, mais pas forcement de la manière que vous croyez. La rage a dû passer….Ce n’est pas possible sans ça, si je prends carrément au livre du King. Une fée enragée, vient de déferler sur la toile….

Mon défi personnel : lire tous les livres de Stephen King (et les lire avec ma binôme, ça rajoute un certain cachet !!!).

J’adooooooooooooooooooore vraiment cet auteur qui sait me faire frissonner dans ses pages, m’envoler vers d’autres contrées, me faire voir les « qualités » du Maine.

Oui mais voilà, sur celui ci, ça n’a pas fonctionné. Voyons donc le pourquoi du comment :
  • Déjà, je n’ai pas peur des chiens. L’angoisse ne pouvait pas m’asphyxier. Sachant que le King aime nous faire ressortir toutes nos peurs les plus profondes et les mettre ainsi en lumière, il ne pouvait pas me toucher avec ce thème là.
  • Ensuite, tout c’est beaucoup tenu à ses personnages. Je n’ai pas du tout accroché à ses familles et leurs relations. J’ai du mal avec l’infidélité et la violence conjugale, mais alors les suivre et vivre leurs petites vies minables et leurs petits soucis pathétiques, et bien j’avais du mal à garder mon intérêt éveillé.

Après bien sur, l’écriture du King est toujours aussi efficace, j’ai eu droit à mon « petit frisson » sur la dernière scène. Cet enfermement, on le ressent, il nous parle, il nous submerge. Deux êtres démunis dans une voiture, condamnés, coincés dans un espace réduit, c’était flippant et délicieusement bien mené !!!!!

Là, ou j’ai senti une certaine connexion, c’était avec Tad, cet enfant de 4 ans tiraillé par ses peurs infantiles. Ma fille ayant le même âge, on sent que Stephen King s’inspire de son rôle de père soumis à ce problème récurrent, et j’étais curieuse de voir comment il gère cette phase. Sa « Formule contre les Monstres » va peut être me souffler LA solution dans ma vie quotidienne.

C’est vraiment la partie qui m’a le plus plu en fait : ce placard et cette porte mystérieuse qui s’ouvre. La peur irrationnelle, les bruits nocturnes et l’imagination fertile. J’aurai aimé que ça soit plus accentué sur ça que sur ce pauvre chien, ou même le tueur qui frappa le Maine (d’ailleurs lui, j’ai pas compris ce qu’il foutait dans l’histoire !!!)..

En bref ce n’est pas la première fois que les histoires du King ne fonctionne pas avec moi,( j’ai abandonné Plein Gaz et Mr Mercedes) , mais là, bien que je sois arrivée à la fin, je ne me suis pas autant éclatée que d’habitude en ouvrant un livre du Maitre. L’horreur n’a pas été au rendez vous, ni l’émotion fulgurante. Une prochaine fois, sans doute, je n’en doute pas….

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette fachee