Moriarty Tome 3 : Ryosuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty Tome 3

Scénariste : Ryosuke Takeuchi
Dessinateur :  Hikaru Miyoshi

Édition : Kana (07/12/2018)

Résumé :
Soupçonné du meurtre du comte Drebber, Sherlock Holmes a été arrêté et incarcéré par Scotland Yard.

Afin de démasquer celui qui a manigancé ce piège, Sherlock Holmes prend l’enquête en main…

Avec l’entrée en scène du célèbre détective, décidé à faire la lumière sur les zones d’ombre de l’Empire britannique, l’ambitieux « projet » de William entre dans une nouvelle phase.

Critique :
C’est toujours un peu déroutant de retrouver les enquêtes du canon holmésien misent à une autre sauce, additionnée d’un soupçon de l’adaptation de la BBC.

Perturbant, déroutant, mais ce qui me perturbe encore plus que ce bon vieux Charles Baskerville devenu un pervers de la pire espèce, ce sont les tutoiements entre Holmes et Watson, ainsi qu’avec les inspecteurs de Scotland Yard.

Dans la version remise à notre époque de la BBC, no problem, c’est logique, mais bordel de dieu, pas dans l’Angleterre coincée du bulbe (pour reste polie).

Pire encore… Oui, j’ai trouvé encore pire qu’un attelage de deux chevaux dont les colliers de traction n’ont pas de sangle à la taille, dont les traits ne possèdent ni avaloir, ni reculement, ni de sangles pour soutenir les traits sur l’arrière (Jésus !) et où les deux meneurs guident chacun un cheval… Là, c’est du jamais vu, mais je suis ouverte à tout… Hum…

Là où j’ai défailli, c’est lorsque Holmes, cherchant des indices et mettant la main sur un, répond à Watson qu’il était en train de faire un pet pour ne pas que les inspecteurs de Scotland Yard comprennent qu’il s’est abaissé pour ramasser quelque chose !!!!!

Vous me direz que tout le monde pète, les rois, les papes, les présidents, les princesses… Mais punaise, dans l’Angleterre guindée de Victoria, on pète sans le dire et on ne prend pas cette excuse pour justifier ce qu’on fait.

Anybref, malgré ces bémols, la série avance bien, on comprend un peu mieux les désidératas de Moriarty et on comprend qu’il est en train de faire Sherlock Holmes. Que ce dernier est son alter ego, mais de l’autre côté de la barrière.

Là où le bât blessera tout de même un peu, c’est que les nobles sont souvent présentés tous comme des déviants, des pervers, des salopards finis, des médaillés d’or de la méchanceté gratuite. Un peu de distinction ne ferait pas de mal, ce serait plus réaliste aussi.

Je ne vais pas bouder mon plaisir car ce tome fait la part belle à Holmes dans sa première partie, A Study In Scarlett et nous plonge ensuite dans l’extra glauque avec ce Baskerville qui dans cette version, est infiniment bien pire que son ancêtre perverti, celui qui avait été tué par un chien maudit.

Une séria manga pour ceux ou celles que la revisite du canon holmésien n’effraie pas et ne rebute pas car elle va plus loin que les autres, frôlant un peu la revisite de la BBC qui nous avait offert un Moriarty à la hauteur de Holmes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

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L’homme de l’année – Tome 10 – 1666, l’homme à l’origine du grand incendie de Londres : Fred Duval & Studio Sept Epées

Titre : L’homme de l’année – Tome 10 – 1666, l’homme à l’origine du grand incendie de Londres

Scénaristes : Fred Duval & Nicolas Moustey
Dessinateurs : Stevan Subic & Studio Sept Épées
Édition : Delcourt (26/08/2015)

Résumé :
1666. Une atmosphère lugubre plane sur les ruelles misérables et insalubres de Londres quand une catastrophe d’une ampleur dantesque s’abat sur elle : le grand incendie.

Une apocalypse de flammes dévaste alors une cité en proie au chaos. Un notable racontera dans son journal le fil des événements dont Farynor, un simple boulanger, sera responsable et victime.

Critique :
Le grand incendie qui ravagea Londres du 2 au 5 septembre 1666 ne fit pas de nombreuses victimes (une dizaine), ce qui est un comble, lorsqu’on s’imagine toutes les maisons partie en fumée et les mouvements de foule que dut engendrer ce gigantesque incendie.

Incendie, qui, je vous le rappelle, ravagea 13.200 maisons, 87 églises paroissiales, la cathédrale Saint-Paul et la majorité des bâtiments publics de la Cité !

Le nombre infime de mort face à un tel enfer s’explique sans doute par le fait que bien des gens dans ces quartiers miséreux n’étaient pas inscrits, ni répertoriés et que donc, ils ont pu disparaître dans l’indifférence de l’administration qui n’avait pas les moyens de maintenant.

Mais comment il est arrivé, cet incendie ? Des français ou des hollandais auraient-ils bouté le feu comme les anglais les accusèrent ? Un complot des papistes ? Une vengeance pour avoir cuit Jeanne d’Arc à défaut de l’avoir crue (fallait que je la sorte, c’est plus fort que moi) ?

Ben non les amis, tout simplement un boulanger, Thomas Farynor (Farriner pour Wiki) qui a laissé son feu allumé en montant se coucher et bardaf, ce fut l’embardée, ou plutôt, l’embrasée !

Farynor, boulanger de talent, fournissait la Cour ainsi que des riches habitants de Londres. Harassé par ses journées bien remplies, il commit cette faute qui eu des conséquences terribles pour d’innocents londoniens, ainsi que pour des mangeurs de grenouilles (dixit les anglais) qu’on accusait d’avoir ♫ allumé le feu ♪ pour faire danser, les diables et les dieux ♪

Cet album aux tons rouges et jaunes se contente de nous relater ce qui se passa durant la nuit, grâce aux carnets de Lord Samuel Pepys qui y consigna tout ce dont il fut le témoin, en ce compris l’imbécilité du lord-maire Thomas Bloodworth qui ne voulut pas se mouiller en faisant abattre des maisons pour générer des coupes feu.

Véritable récit ces événements, les auteurs ont préféré présenter tout ce qui se passa (ou qu’on soupçonne de s’être passé) d’une manière linéaire, sans vraiment mettre en avant d’autres personnages que le boulanger fuyant avec sa famille et Lord Pepys, tentant de comprendre d’où était parti le feu et comment arriver à l’éteindre tout en protégeant ses propres biens.

Un bande dessinée un peu froide, malgré la chaleur de l’incendie, car on n’a pas un personnage principal à suivre ou à apprécier, Farynor étant un médaillé d’or de la lâcheté, à égalité avec Bloodworth, le lord-maire tandis que Pepys n’a pas assez de cases que pour se révéler en entier.

Les lynchages et accusations envers les étrangers (on n’a rien inventé) sont traités aussi de manière rapide, la faute au format de l’album : en 54 planches, on doit faire des choix scénaristiques et ne pas s’appesantir, plus que nécessaire, sur certains faits, si on peut les relater en quelques cases.

Un album que j’ai pris plaisir à découvrir, augmentant ma culture générale par la même occasion. Dommage que j’ai n’ai pas eu le plaisir aussi de m’attacher à des personnages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.