Le gardien des ténèbres : Rodolphe et Isaac Wens

Titre : Le gardien des ténèbres

Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Isaac Wens

Édition : Glénat Grafica (30/05/2007)

Résumé :
Le mystérieux carnet rouge à l’écriture toujours étrange possède des fragments écrits par une autre main en grec ancien. Ils font allusion à Charles Darwin et à sa visite à Monham.

London est approché par l’inquiétant Ptah qui souhaite acquérir le carnet, offre qu’il refuse.

Sur les traces de Brewser, ancien secrétaire de Darwin, Mort London apprend qu’il dirige un cirque ambulant sous le nom de Docteur Ward. Alors qu’il obtient de Ward le nom de Monham, la belle Victoria est chargée par Bram Stoker de séduire PTAH qui l’entraîne de nuit au Bristish Museum…

Un ultime épisode qui conclut avec éclat cette remarquable trilogie flirtant agréablement avec les romans gothiques des grands auteurs britanniques.

Critique :
Cette bédé fait suite à la série « London », même si pour autant il n’est pas noté que c’est le tome 3…

Ici Londres ! Fin XIXe siècle. Mortimer London (Mort) est entré en possession d’un étrange carnet rouge dont il ne comprend pas un traître mot.

Bram Stoker, qui lui donne un coup de main, peut juste lui dire que l’ami qui a tenté de le déchiffrer a juste réussi à lire du grec ancien et la signature de son auteur : Charles Darwin himself !

À travers le court récit qui explique la visite que fit un jour Charles Darwin à un inconnu, on comprend facilement que ça l’a marqué, ébranlé, qu’il a failli remettre en question ses théories.

Une fois de plus, les auteurs surfent sur l’élément fantastique sans vraiment le faire apparaître car rien du visage de la personne rencontrée par Darwin ne sera montré. Vu les commentaires de Mort qui vit la photo et les tableaux, on se doute que ce n’est pas joli joli à voir et qu’il aurait sa place dans la foire aux monstres.

Mais avant d’arriver à ce point final, Mort va enquêter, se faire cambrioler, se faire agresser, mais aussi se faire aider de la belle Victoria. Fil après fil, il va dénouer cet écheveau sans jamais que le lecteur ne sache vraiment qui sont ces autres créatures qui ont arpenté la Terre du temps des premiers Hommes…

Je pestai dans mon coin car j’aurais aimé voir, savoir ce à quoi j’avais affaire comme créature, supprimant d’office les vampires (puisqu’ils ne sont, en principe, pas horrible à regarder) et éliminant Néandertal puisqu’il n’est pas capable de vivre plus de 300 ans (et ne possède pas non plus une peau de serpent).

Jusqu’à ce que j’arrive à la fin, je pensais que je resterai sur ma fin… Mais l’ultime indice viendra de Victoria, partie en Amérique s’occuper d’un jeune garçon. Le tête du gamin, plus sont prénom peu courant m’ont sauté aux yeux et j’ai compris. Si besoin est, le nom de famille est lui aussi divulgué, sans compter l’indice flagrant dans la couverture, que j’ai remarqué ensuite.

Un récit bourré de mystère, de suspense, des graphismes agréables à regarder avec des couleurs qui ajoutent une ambiance gothique à cette bédé.

Anybref, sans révolutionner le genre, cette saga se laisse lire et la conclusion, même si elle laisse bien des portes ouvertes et qu’elle ne montre pas la tête du « monstre », donne tout de même de gros indices tout en mettant à l’honneur deux monuments de la littérature fantastique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°275], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°25], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 62 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

L’hôtel de la dernière chance – Une enquête magique de Seth Seppi – 01 : Nicki Thornton

Titre : Une enquête magique de Seth Seppi – 01 – L’hôtel de la dernière chance

Auteur : Nicki Thornton
Éditions : Michel Lafon (2019) / Michel Lafon Poche (2021)
Édition Originale : Seth Seppi Mystery, book 1: The Last Chance Hotel (2018)
Traduction : Isabelle Troin

Résumé :
L’hôtel de la Dernière Chance est un endroit très particulier ; le jardin y est probablement enchanté, les murs ne se contentent pas d’avoir des oreilles, ils peuvent aussi parler, et le garçon de cuisine, Seth Seppi, a empoisonné par mégarde le sorcier le plus important du pays !

Mais si le jeune garçon est le suspect numéro 1, le bâtiment grouille de magiciens aux pouvoirs tous plus loufoques les uns que les autres… et chacun avec une excellente raison de faire le coup !

Pour prouver son innocence, Seth, seulement aidé de Belladone son chat noir, devra éveiller le brin de magie qui sommeille en lui et démasquer le véritable coupable avant qu’il ne soit trop tard.

Critique :
Un hôtel perdu dans les bois, de la magie, une enquête, le pitch et l’univers étaient prometteurs.

Seth Seppi est un jeune marmiton dans la cuisine de l’hôtel, quasi un esclave puisqu’il doit tout faire (une Cendrillon au masculin), en plus d’être le souffre-douleur de la fille des patrons qui n’est même pas capable de cuire des œufs brouillés.

Cette fille est une sorte de pendant masculin de Dudley, le cousin de Harry Potter car elle aussi est trop gâtée par ses parents qui la croient la meilleure.

De Seth, on sait juste qu’il est orphelin et que lorsqu’il est puni, on l’enferme dans le placard à balai.

Il y a du mystère dans ce roman jeunesse, notamment avec ce dîner qui a lieu à huis clos et dont l’un des convives meurt empoisonné avec le dessert concocté par Seth. Il va lui falloir prouver son innocence, mais si Seth n’est pas une imbécile, il est souvent dépassé par les événements et spectateur de sa propre vie.

Les chapitres sont courts, beaucoup trop couts, dans le but de terminer sur un mini cliffhanger à chaque fois, mais à force, c’est épuisant, surtout que nous ne sommes pas dans un feuilleton publié dans un hebdo (ou un quotidien) mais bien dans un roman. Je ne sais pas si les jeunes ont autant besoin de suspense à chaque fin de chapitre.

L’enquête ne cassera pas trois pattes à un canard, Seth étant souvent spectateur malgré lui face à l’enquêteur de la MagiPol, la police du monde magique, qui pourrait être une sorte de Sherlock Holmes en plus humain.

L’univers développé par l’auteure est intéressant, dommage qu’il ait été autant survolé sans jamais être approfondi. Au lieu de couper aussi vite les chapitres pour jouer avec le suspense, il aurait été plus intelligent d’apporter un peu plus de mâche à cet univers, de profondeur afin que les lecteurs n’aient pas l’impression que cet univers magique est sans consistance.

La magie doit sans doute expliquer que certains personnages secondaires disparaisse au fil de la lecture, comme si étant de moindre importance, l’auteure n’avait plus jugé bon de les animer, ne gardant plus dans le récit que les importants, ceux dont on se doute, sans hésiter, qu’ils ont joué un rôle dans la mort du sorcier. En réfléchissant un peu, on arrive sans mal à se douter de qui a fait le coup.

Pour moi, roman jeunesse ne doit pas rimer avec facilité scénaristique, pauvreté des personnages ou survol de l’univers créé. Les jeunes ne sont pas des débiles, ils ont un cerveau normalement et il faut les pousser à s’en servir.

Les grandes révélations qui arrivent un peu comme par magie, juste au bon moment, résolvant tout, ça donne l’impression qu’il suffisait d’attendre tranquillement à siroter du thé pour que l’affaire se résolve d’elle-même.

Pourtant, malgré mes bémols, cette lecture ne manquait pas de fraicheur, de bonnes intentions, de créativité, mais il aurait fallu pousser les curseurs un peu plus loin et ne pas se contenter du minimum syndical (mince, on dirait une inscription comme j’en avais sur mon bulletin, du temps de ma scolarité).

Tout n’est pas à jeter dans cette histoire, elle plaira sans doute plus aux jeunes de 8/10 ans et coincera avec les plus âgés, sauf s’ils font partie des lecteurs qui veulent se laisser guider par la narration et ne pas se fouler.

PS : bientôt paraîtra le roman mystérieux dont je vous avais parlé dans l’article de présentation du Mois Anglais. La petite surprise de derrière les fagots… Encore quelques fois dormir !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°274], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°62], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°24] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

London – Tome 02 – Le carnet volé : Rodolphe et Isaac Wens

Titre : London – Tome 02 – Le carnet volé

Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Isaac Wens

Édition : Glénat – Grafica (2005)

Résumé :
Etre le majordome d’un aristocrate anglais se révèle plus passionnant que prévu pour Mort London. Il partage son temps à travailler et à combler les désirs érotiques de l’épouse délaissée de son patron.

Parallèlement, il découvre de mystérieux secrets qui entourent la famille Trelawny. Il n’est pas le seul puisque Scotland Yard et Sir Charles s’y intéressent de près également. Et notamment à propos d’un certain Sir Arthur, frère jumeau de Sir Charles, dont la mort a été annoncée quatre années auparavant, lors d’un combat en Afrique

Mais qui peut bien alors habiter cette pièce glauque que Mort découvre ?

Les énigmes dont regorge le manoir ne peuvent laisser indifférent, surtout lorsque Londres tremble sous la menace d’un meurtrier, digne héritier des méthodes de Jack l’éventreur !

Critique :
Dans ce deuxième tome, l’enquête progresse à grand pas, nos deux détectives en herbe trouve ce qui se cachait derrière la fenêtre fantôme.

De l’autre côté, nous suivons les tribulations de deux hommes patibulaires à la recherche d’un carnet volé par une prostituée nomme MJK et qui se fit assassiner le 9 novembre 1888…

Par contre, j’ai hurlé en découvrant le tarif demandé par la belle rousse : 12 shillings ?? Quand on sait qu’une £ sterling vaut 20 shillings et que les prostituées, du temps de Jack The Ripper (et même avant) ne touchait que quelques pences…

Les graphismes ne sont toujours pas ma tasse de thé, mais ils collent toujours bien à l’ambiance sombre et glauque de cette bédé. Attention, pas glauque dans le mauvais sens du terme, juste dans le bon.

Les auteurs ne nous font pas mariner durant plusieurs albums et dans ce deuxième tome, tout s’accélère, les histoires du premier tome qui semblaient sans rapports l’une avec l’autre se rejoignent et on a une belle vue d’ensemble de toute l’affaire.

Une fois de plus, le suspense est maîtrisé, pas de temps mort, des cadavres semés dans un parc et un tueur en cavale qui semble avoir pris la direction des marais où il fait super pour chasser le canard mais aussi pour y paumer son cheval, embourbé…

Ça sent bon le bourbier de Grimpen et le chien des Baskerville ! Et si vous aviez des doutes, une flèche indique le village de Harkeville…

Tous les mystères ne sont pas levés dans ce deuxième volume, mais j’ai appris qu’il en existait un troisième, bien que ne portant pas ce même titre de la série et je vais me mettre en quête afin de connaître tout le fin mot de l’histoire avec le carnet rouge et ses drôles de notes.

Quoiqu’il arrive, on peut aussi stopper l’aventure ici. Tout ce qui a trait à L’Éventreur est clos. Mais on peut poursuivre l’aventure avec « Le gardien des ténèbres » qui met en scène les mêmes protagonistes…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°271], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°21], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Ormeshadow : Priya Sharma

Titre : Ormeshadow

Auteur : Priya Sharma
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (08/04/2021)
Édition Originale : Ormeshadow (2019)
Traduction : Anne-Sylvie Homassel

Résumé :
Angleterre, fin du XIXe siècle. Fonctionnaire de province, le père du jeune Gideon Belman subit divers échecs financiers qui l’obligent, lui et sa famille, à quitter Bath pour l’ancestrale ferme de son frère, au lieu-dit Ormeshadow, sis au pied d’une colline à la forme caractéristique.

À en croire la légende locale, un dragon serait endormi sous cette colline et un trésor s’y trouverait dissimulé, trésor dont les Belman seraient les gardiens. Une simple légende, rien d’autre…

L’oncle de Gideon, homme fruste et brutal, nourrit des rapports conflictuels avec son frère. Un jour, à la suite d’une énième dispute, le père de Gideon disparaît. Qu’est-il advenu de lui ? Nul ne le sait ou ne tient à le savoir, et le jeune garçon reste vivre à la ferme avec sa mère, son oncle et la famille de ce dernier.

Les années passent et Gideon, désormais adolescent, n’oublie pas cette histoire de trésor caché. Mais les tensions ne cessent de croître chez les Belman. Qui sait ce qu’elles libéreront ?…

Âpre récit initiatique, aussi riche et sombre que la glèbe rocailleuse de son décor, Ormeshadow évolue dans les ombres grises qui séparent la littérature fantastique du mainstream. Salué par la critique anglo-saxonne, ce court roman a été couronné par le prix Shirley Jackson 2019.

Critique :
Angleterre, époque victorienne, mon époque préférée. Non, non, rangez vos belles robes, mesdames, vos services à thé et vous, messieurs, remisez au placard vos beaux costumes car c’est dans l’Angleterre rurale que cette novella nous emmène.

Pour un homme qui a été secrétaire, qui aime lire, écrire et évoluer dans des bibliothèques, tout abandonner pour partir avec sa femme et son fils, travailler dans la ferme dont il a hérité la moitié avec son frère, c’est un pas qu’il n’est pas facile de franchir.

Et John Belman accompli ce retour vers la terre, allant habiter chez son frère cadet qui gère la ferme depuis le début puisqu’il n’a pas eu l’opportunité de faire des études.

Si les citadins regardent les bouseux avec condescendance, la réciproque a lieu quand le rat des ville va aux champs. Les villageois ont toujours pensé que le père de Gidéon les prenait de haut puisque lui avait fait des études, était lettré.

C’est tout ce microcosme qui se met en place avec l’arrivée du lettré au pays des bouseux. Pourtant, John ne les a jamais dénigré, il a travaillé la terre aussi, plus jeune, il sait tondre des moutons, mais face à son frère qui est taiseux, colérique, tyrannique et sanguin, il s’écrase.

Ce court récit (le plus long pourtant de la collection) suit le parcours initiatique de Gidéon,, jeune garçon rêveur et naïf, qui a bien du mal à s’adapter à la vie rurale, surtout quand on a un oncle bourru qui n’est jamais satisfait de votre travail, qu’il vous traite en domestique et que vos cousins sont des casseurs de couilles.

L’auteure a réussi à décrire la vie campagnarde, dure, sans concession, à la merci des éléments naturels. Cette vie de misère où les paysans du coin, éleveurs de moutons, tirent le diable par la queue, se fichant bien des légendes entourant le village et cette terre où l’on dit qu’une dragonne s’est assoupie il y a des siècles.

C’est âpre et violent comme récit car notre Gidéon n’est pas fait du même bois que les autres, son père ne l’a jamais battu, lui-même ne sait pas se battre et sa mère n’a rien d’une mère à mon sens. Elle est froide avec lui, ne l’aide pas, ne le soutient pas. Je l’ai détestée autant que j’ai apprécié Gidéon.

Ce que j’ai aimé dans ce récit fantastique, c’est que vous pouvez le voir de deux manières différentes. Soit comme Gidéon, vous voyez le dragon, vous sentez son souffle, sa colère, soit vous décidez que les évènements sont dû à une cause naturelle, mais cette dernière option vous ferait perdre la magie de cette novella.

Omershadow est un récit bouleversant, celui de l’apprentissage de la vie dure par un jeune gamin, à coups de poings, de brimades, de travail dur dans les champs, sous la houlette d’un oncle qui en veut au gamin à cause de la jalousie qu’il a toujours eu envers son frère.

C’est un conte initiatique qui sent bon le fantastique. Une légende qu’un père raconta à son fils, passant avec lui des moments de douceurs, de partage et qui à servi à Gidéon de refuge quand il devait faire face à la dureté de la vie, des gens.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°269], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°19], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°61] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

The London Mystery Club – Tome 1 – Le Loup-garou Hyde Park : Davide Cali et Yannick Robert

Titre : The London Mystery Club – Tome 1 – Loup-garou Hyde Park

Scénariste : Davide Cali
Dessinateur : Yannick Robert

Édition : ABC Melody (15/09/2016)

Résumé :
Quatre collégiens, à la tête d’un blog spécialisé dans les phénomènes étranges et paranormaux, mènent l’enquête.

Pour leur première affaire à résoudre, Kyle, Ashley, Zoey et Tyler vont devoir faire face à d’inquiétants loups-garous qui envahissent Hyde Park… Au fil des indices, cette aventure les mènera dans les endroits les plus mystérieux de Londres!

Une BD passionnante et pleine de suspense pour les apprentis-détectives.

Critique :
Voilà une courte bédé qui fera plaisir aux plus jeunes, sans risquer de leur faire peur car je rassure les plus trouillards : vous ne verrez pas le poil d’un seul loup-garou !

Mais il y a pourtant une épidémie de loups-garous et les gens qui en souffrent le disent dans les journaux. L’un d’eux est même venu trouver Kyle pour qu’il l’aide puisque ce dernier a un blog qui traite du paranormal.

L’enquête est rapide, simpliste aussi, nos jeunes enquêteurs trouvant assez vite le fil de laine qui mène à la résolution de l’énigme.

C’est clairement une bédé jeunesse pour les 8-11 ans, les anciens tels que nous trouverons ça fort simpliste et trop léger.

Rien de compliqué dans ces pages, les lecteurs peuvent même se prêter au jeu de l’enquête avec les personnages, même si nous n’avons qu’à les suivre pour tout comprendre.

Les dessins sont sympas, colorés et les personnages sont agréables à suivre dans leurs pérégrinations. Ils sont jeunes et ont des rêves de gosses, tels que nous avions à leur âge.

Bah, je suis retombée en enfance le temps d’une lecture et je suis quasi sûre qu’elle plaira au public qu’elle vise car le fantastique est toujours attirant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°267], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages), Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°16]  et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

London – Tome 01 – La fenêtre fantôme : Rodolphe et Isaac Wens

Titre : London – Tome 01 – La fenêtre fantôme

Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Isaac Wens

Édition : Glénat – Grafica (2005)

Résumé :
« Mon histoire se passera là-bas… En Moldavie ou en Valachie, parmi les Alpes transylvaniennes, les Carpates… Dans ces lieux reculés, ces vallées encaissées, où ni le progrès, ni le soleil ne s’aventurent… Les mœurs, comme le climat, y sont rudes…

Et la mémoire des gens est pleine d’histoires terribles ! Des légendes, bien sûr, mais aussi des faits historiques monstrueux. On m’a parlé d’un Voïvode du XVème siècle, un des princes régnants de Valachie, un certain Vlad II… Son père était surnommé « Drakull », ce qui veut dire « Le Diable », et lui-même « Tépes », « L’Empâleur » !

Ce charmant garçon fit en effet empaler plus de 40000 personnes, Turcs pour la plupart ! Un des personnages les plus sanguinaires de l’histoire ! On raconte qu’il n’est pas vraiment mort et qu’il dort en attendant que son peuple ne le rappelle ».

Voilà ce qui est en train de germer dans la tête de Bram Stoker, l’écrivain qui deviendra mythique en écrivant « Dracula », sommet de terreur en littérature…

Critique :
Mort London est un jeune peintre, mouton noir de la famille. Son ami, Bram Stoker, lui raconte une partie de son futur roman qui mettra en scène Vlad Tepes, dit L’Empaleur (et pas en raison d’une vie sexuelle débridée).

Puisqu’il est sans le sous, Bram donne l’adresse de Sir Charles, avocat, à Mort afin que ce dernier se fasse engager chez lui et puisse gagner sa vie tout en continuant son art.

Et dans la maison des Trelawny, il se passe des choses étranges ! Très très étrange !

Comme dans les ruelles de Londres où il semble que l’Éventreur serait revenu aux affaires, 10 ans après.

N’allons pas par quatre chemins, je n’ai pas été subjuguée par les dessins et le graphisme. Mais je dois reconnaître qu’il allait comme un gant à l’ambiance sombre, gothique et mystérieuse de cette bédé.

Il est difficile de lâcher ce premier tome car il est bourré de mystère, d’angoisses et de questionnements. Mort London n’est pas un Sherlock Holmes, mais avec la belle gouvernante, Miss Gray, ils vont enquêter sur les phénomènes étranges qui se déroulent sous leurs yeux et c’est addictif.

Les dialogues ne volent pas haut, ils ne décrocheront pas le prix d’interprétation intellectuelle, mais ils n’en sont pas moins corrects pour l’époque et énoncés par des personnages réalistes.

Les femmes sont cantonnées au rôle qui leur été échu à cette époque victorienne (être belles et se taire, surtout se taire) mais on sent tout de même une envie d’émancipation sexuelle entre une qui veut se taper le joli peintre (ou poser nue pour lui) et l’autre que le peintre aimerait coucher dans son lit et qui hésite.

Cela reste une belle mise en bouche (oups) pour un premier tome et je m’en vais de ce pas lire le suivant afin de crever l’abcès du suspense de cette fenêtre fantôme.

Il est à noter que le tome 3 (qui n’en est pas tout à fait un) ne porte pas le nom de cette saga  dont les deux premiers sont parus en 2005… Mais maintenant que je l’ai vu, je peux vous garantir que la saga se termine totalement dans « Le gardien des ténèbres ».

PS : un bel hommage à Sherlock Holmes dessiné par Sidney Paget dans cette image…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°265], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°14], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages)  et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les Voleurs de curiosités : Jess Kidd [LC avec Bianca]

Titre : Les Voleurs de curiosités

Auteur : Jess Kidd
Édition : Presses de la cité (11/02/2021)
Édition Originale : Things in Jars (2019)
Traduction : Laurent Philibert-Caillat

Résumé :
Londres, 1863. Bridie Devine, détective spécialisée dans les cas délicats, fait face à l’affaire la plus complexe et la plus insolite de toute sa carrière. Christabel Berwick, l’héritière d’un baronet, a été kidnappée. Mais Christabel n’est pas une enfant ordinaire.

Son existence a été cachée aux yeux de tous et ses étranges talents semblent effrayer son entourage autant qu’ils attirent l’attention des collectionneurs de curiosités.

Ne ménageant pas ses efforts pour retrouver l’enfant, Bridie entre dans un monde de chirurgiens déments et de saltimbanques mercenaires.

Aidée dans sa quête par le fantôme tatoué d’un boxeur mélancolique qu’elle seule peut voir et par une femme de chambre à la carrure impressionnante, la jeune femme suit pas à pas les traces laissées par les ravisseurs, s’exposant ainsi à un passé qu’elle a tenté d’oublier.

Résurrectionniste, chimiste excentrique, créature aquatique légendaire : autant de personnages qui hantent les pages de ce roman lyrique et gothique où le spectacle est roi, mais qui fait la part belle à une enquête digne des plus grandes énigmes policières.

Critique :
Approchez Mesdames et Messieurs ! Bienvenue dans Londres la victorienne. Pour vous, ce sera Londres la sale, la puante, celle pleine de smog, de mendiants, de gens fouillant la vase de la Tamise…

Bref, la Londres d’en bas, celle de Dickens, celle de Jack London. Approchez, mesdames et messieurs, n’ayez pas peur et plongez dans cette histoire qui fait la part belle aux légendes.

Durant cette enquête, mesdames et messieurs, si vous croisez du beau linge, ceux de la haute, ce ne sera pas pour autant que ce sera moins glauque ou puant… La merde, ça peut se mettre dans un bas de soie…

1863, Londres. Le personnage central, Bridie Devine (veuve) est une sorte d’enquêtrice. Oui, une sorte de Sherlock Holmes au féminin, mais si elle s’en inspire, elle n’est pas sa copie en jupons. En fait, Bridie, c’est LA spécialiste des investigations domestiques et les affaires complexes, qui sortent de l’ordinaire, c’est pour elle.

Autrement dit, le cadavre d’une femme emmurée avec son bébé dans la crypte d’un presbytère, c’est pour elle, de même que la disparition d’une enfant qui n’a rien d’ordinaire…

Pour l’aider dans son enquête complexe, Bridie a sa femme de chambre immense (7 pieds de haut = 2,13m) et Ruby, le fantôme d’un boxeur qu’elle est la seule à voir.

L’univers de ce roman est le fantastique, sans pour autant que l’on vire dans la magie, mais la présence d’un fantôme aux côtés d’une enquêtrice n’est pas une chose courante, vous conviendrez.

L’autre univers est celui des freaks (monstres de foire), des gens qui sortent de la norme. Ainsi que celui des anatomistes, des chirurgiens, des scientifiques, des collectionneurs qui adorent découper les personnes qui sortent de l’ordinaire ou alors, les mettre en bocal (en bocaux, s’ils sont plusieurs).

L’écriture de l’auteure est fort descriptive, les paysages, les décors, sont très bien décrits. Il n’en aurait pas fallu plus, sinon, cela serait devenu l’indigestion.

Mais l’auteure ne se contente pas de nous brosser les décors divers, elle nous parlera aussi, au travers de Bridie, des droits de la femme en Angleterre et sa place est clairement: mariée, avec des enfants et aux fourneaux, sauf si elle vit dans une famille fortunée, alors, elle aura les larbins pour s’occuper du ménage. Bref, mesdames, c’est pas rose mais plutôt morose pour nous.

L’alternance du récit entre le présent et le passé permettra à l’auteure de nous conter la jeunesse de Bridie Devine, l’enquêtrice qui ne lâche rien. Pourtant, dans l’ensemble, il m’a semblé qu’il manquait des morceaux dans la trame du passé, comme si l’auteure avait laissé des non dits, des blancs. Nous ne saurons pas vraiment tout…

L’intrigue est étrange, mais la construction du roman l’est aussi et c’est sans doute cela qui m’a dérouté au départ, avant que je ne retombe sur mes pieds (assez vite) et que j’embraye à fond sur le récit qui joue avec plusieurs genres littéraires comme le roman fantastique, historique, social et qui met en scène des légendes, des mythes, le tout dans une ambiance sombre et gothique.

C’est étouffant, ténébreux à souhait, mais amusant aussi car il y aussi de l’humour grinçant dans ces pages et un fond d’humanité, mais je vous le dis de suite, ce ne sera pas dans les yeux des anatomistes, chirurgiens et autres collectionneurs prêts à tout pour agrandir leur collection. Ma foi, vous trouverez plus d’humanité dans l’œil d’un chien qui remue la queue.

Une LC réussie de plus avec Bianca et cette fois-ci, c’était une lecture aux ambiances fantastiques et gothique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°251], Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook, et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°11].

La vie ô combien ordinaire d’Hannah Green : Michael Marshall Smith

Titre : La vie ô combien ordinaire d’Hannah Green

Auteur : Michael Marshall Smith
Édition : Bragelonne (13/01/2021)
Édition Originale : Hannah Green and her unfeasibly mundane existence (2017)
Traduction : Laurence Boischot

Résumé :
La jeune Hannah Green est persuadée que son existence est plus banale que la moyenne, mais elle ne va pas tarder à découvrir que les ombres de sa vie cachent depuis toujours un monde où rien n’est ce qu’il paraît ; qu’il existe une machine secrète qui convertit les mauvais tours en énergie diabolique ; qu’il y a des champignons qui parlent ; que son grand-père est copain avec le diable depuis plus de cent cinquante ans, et qu’ils ont besoin de son aide.

Critique :
Comment pourrais-je qualifier ce roman ? Amusant ? Dépaysant ? Distrayant ? Divertissant ? Fantastiquement et diaboliquement jouissif ? Ah zut, j’aurais aimé une rime en « ant »…

Maintenant, comment arriver à vous en parler sans déflorer l’affaire tout en vous donnant l’envie de vous y plonger ?

Premièrement, je n’ai pas été relire le résumé avant de commencer, ce qui fait que j’ai été surprise par le départ qui semble commencer comme dans un conte avant que le narrateur ne nous explique qu’il vaut mieux comment l’histoire autrement…

Sachez juste que vous allez mettre les pieds dans l’univers du fantastique et qu’il sera excitant, emballant, entraînant (oh, les rimes reviennent) et j’en passe.

Sachez juste que vous aller accompagner Hannah, une petite fille de 11 ans qui se plaint que sa vie est banale, que ses parents se séparent et qui, sur décision de son père qui n’en peut plus, va être envoyée quelques jours chez son papi…

Banal, me direz-vous, oui mais non parce que son papi n’est pas un homme banal et que son métier d’ingénieur n’est pas le même que celui d’un autre ingénieur, quand bien même serait-il le meilleur du monde.

Le récit est barré, couillu, sorte de fable fantasmagorique, de récit de vie initiatique où aucun personnage ne jouera le rôle qu’on aurait pu lui croire dévolu si un autre auteur avait été à l’écriture.

Rassurez-vous, chacun des personnages est bien à sa place, mais l’auteur est allé plus loin que d’autres auraient été et cela donne un truc pétillant à souhait car les conventions sont envoyées à la gare et ça fait un bien fou dans ce genre de récit d’envoyer tout balader, sauf le respect dû au lecteur, d’écrire un récit qui, au premier abord, semblerait être celui d’un enfant (je le dis avec tendresse) mais qui, lorsqu’on y regarde d’un peu plus près, possède une profondeur énorme.

Un roman fantastique barré, extrêmement jouissif à lire, dépaysant, très bien construit, qui ose amener son récit d’une autre manière et qui, sous ses airs enfantins possède une profondeur dans son écriture et son scénario.

Un roman fantastique qui sent bon le conte initiatique et qui vous emmènera là où peu de gens sont allés pour un voyage de folie qui ne vous laissera pas un seul moment de répit. Apprêtez-vous à courir, à transpirer et à en redemander.

Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°10] et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.

La Mystérieuse Affaire de Styles : Agatha Christie [LC avec Bianca]

9782702449370_1_75Titre : La Mystérieuse Affaire de Styles

Auteur : Agatha Christie
Éditions : Le Masque / Livre de Poche
Édition Originale : The Mysterious Affair at Styles (1920)
Traducteur : Marc Logé (ou Thierry Arson)

Résumé : Pendant la Première Guerre mondiale, Arthur Hastings, rapatrié en Angleterre, est invité dans la demeure de Styles Court (ou Styles en version abrégée) par son ami John Cavendish, qui lui apprend que sa mère s’est remariée avec un homme beaucoup plus jeune, le mystérieux Alfred Inglethorp.

À Styles, tout le monde a l’air de le détester. Sauf évidemment Mrs Inglethorp.

Plus tard, Emily Inglethorp est empoisonnée et les soupçons pèsent sur Alfred Inglethorp. Hercule Poirot, ancien Inspecteur de Police Belge, qui est aussi au village de Styles Saint-Mary, est invité par Hastings à résoudre cette affaire.

Apparemment, Poirot pense qu’ Alfred Inglethorp n’est pas l’assassin et il essaye de le disculper. Mais Poirot a-t-il une idée derrière la tête?…

la_mysterieuse_affaire_de_stylesCritique :

Alors que je suis capable de me souvenir des coupables dans certains romans d’Hercule Poirot, ici, c’était le trou noir complet, j’avais tout oublié !

Pire, dans mes souvenirs, je pensais que la personne à qui l’on faisait boire le bouillon de 11h, était un vieil homme et que l’astuce était l’utilisation d’un… Hop, hop, hop, je ne vous dirai plus rien parce que je ne vais pas divulgâcher et pire, si ça se trouve, j’ai fait un bouillon avec plusieurs romans.

Lorsque Bianca m’a proposé cette LC, je n’ai pas hésité longtemps et j’ai dit « Voui » (Rabbi Jacob, sors de ma tête). Mon seul problème était que je m’étais remis cette enquête en mémoire en regardant son adaptation télé avec le magnifique David Suchet et celle des « Petits meurtres d’Agatha Christie » et que donc, j’allais avoir zéro suspense…

Loupé, j’ai eu du suspense, j’ai hésité, j’ai pensé que ma mémoire me jouait des tours, une fois de plus, que j’avais zappé un morceau dans la série avec David Suchet ou que la version française avait peut-être plus de liberté que je ne le pensais…

Merde alors, c’est bien le talent d’Agatha Christie que de jouer avec ses lecteurs, que de s’amuser avec des illusions, des insinuations, les codes du polar, nos pensées, notre compréhension ou notre propension à ne pas voir ce qui crève pourtant les yeux.

Bordel de Dieu, je me suis laissée prendre une fois de plus ! Malgré mes ricanements en début de lecture, parce que je savais QUI était coupable, à un moment, j’ai douté de moi, de mes souvenirs et j’ai changé mon fusil d’épaule, visant un autre personnage.

Hercule Poirot ne serait pas content de moi ! Sherlock Holmes non plus… Parce que la Reine du Crime n’est pas la reine pour rien. Pour ma défense, je dirai que même Poirot a failli se faire avoir ! Bon, lui est retombé sur ses pattes de suite, là où moi je nageais en pleine purée de pois.

Anybref, si vous avez envie de vous faire entuber par autre chose que le gouvernement, quel qu’il soit, faites-vous entuber par la Reine du Crime, ça fait du bien au moral et met de bonne humeur.

Tout est sous vos yeux, mais c’est à vous de voir ! Avec elle, on ne sortira pas un personnage inconnu d’un chapeau, comme certains auteurs m’ont déjà fait le coup. Non, avec Agatha Christie, c’est cash, à vous de savoir lire et à vous de savoir observer ! Parce que bien souvent, nous voyons, mais nous n’observons pas !

Un roman policier qui se lit presque d’une traite, qui nous parle entre autre, de la société anglaise, de son racisme, de ses préjugés, de ses mœurs, de ces distinctions de classe et, last but not least, met en scène pour la première fois le détective Belge expatrié pour cause de Première Guerre Mondiale, Hercule Poirot !

Un plaisir de le relire avec Bianca, pour qui c’était sa première lecture. Comme moi, elle a adoré. Son avis est à lire ici !

Étoile 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°224], Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°09].

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Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°2XX], Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°XX].

La cité de larmes : Kate Mosse

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Titre : La cité de larmes

Auteur : Kate Mosse
Édition : Sonatine (21/01/2021)
Édition Originale : The City of Tears (2020)
Traduction : Caroline Nicolas

Résumé :
1572. Depuis dix ans, les guerres de Religion ravagent la France. Aujourd’hui, enfin, un fragile espoir de paix renaît : Catherine de Médicis a manœuvré dans l’ombre et le royaume s’apprête à célébrer le mariage de la future reine Margot et d’Henri, le roi protestant de Navarre.

Minou Joubert et son époux Piet quittent le Languedoc pour assister à la cérémonie. Alors que la tension est déjà à son comble dans les rues de Paris, on attente à la vie de l’amiral de Coligny. C’est le début du massacre de la Saint-Barthélemy. Précipités dans les chaos de l’Histoire, Minou et Piet sont sur le point de prendre la fuite quand ils découvrent la disparition de Marta, leur fillette de sept ans…

Après La Cité de feu, Kate Mosse nous propose une nouvelle fresque historique et familiale pleine de rebondissements. Du Paris de la Saint-Barthélemy à Amsterdam en passant par Chartres, elle tisse sa toile et le lecteur, captivé, regarde s’écrire l’Histoire.

Une famille plongée dans l’enfer de la Saint-Barthélemy : l’Histoire de France comme vous ne l’avez jamais lue !

51176327Critique :
L’Histoire de France racontée par une Anglaise ! Et dans cette histoire, la perfidie n’est pas toujours du côté d’Albion…

Celle qui n’est pas encore Marianne se comporte aussi comme une traîtresse et plus le sang coule et plus les gens ont envie de le faire couler.

On a toujours quelque chose à venger et à ce rythme-là, on peut assassiner au nom d’une vieille rancune ou des morts durant des siècles.

Si je retournais dans le passé, je ferais en sorte d’éviter le mois d’août 1572 et la ville de Paris, car bien que étiquetée catho tendance « je me pose beaucoup de questions et je ne sais rien de rien », je risquerais ma tête en tant que non pratiquante, profane…

Une fois encore, l’auteure nous entraîne dans les horreurs des guerres de religions, dans les querelles sanglantes entre protestants (huguenots) qui pratiquent la religion réformée et les catholiques qui pratiquent la totale et ne démordent pas que leur religion est la seule, la vraie, la plus mieux, bref…

Pas de place pour les autres croyants qui voudraient un culte plus sobre, si ce n’est de la place au cimetière. Aimez-vous les uns et les autres… Tu parles !

Les ambiances sont travaillées pour que les lecteurs n’aient aucun doute sur l’époque à laquelle ils sont transportés, le travail de documentation de l’auteure est titanesque et c’est toujours un plaisir de découvrir l’Histoire de France dans ses romans.

Par contre, autant où le premier opus m’avait emporté de suite (La cité de feu), autant où celui-ci a pris plus de temps à arriver à un certain rythme de croisière et à entrer dans l’action. Les débuts sont un peu lents et il a fallu que l’on arrivasse à Paris, quelques jours avant la funeste Saint-Barthélemy pour que le roman se mette à bouger vraiment.

Entre nous, j’aurais préféré avoir plus de pages sur cet épisode sanglant que fut la Saint-Bath… Là, c’est assez vite expédié. Je l’avais vécu de l’intérieur avec Ken Follet (Une colonne de feu) mais j’aurais aimé que Kate Mosse y passe plus de pages.

Les femmes ont leur place dans les romans l’auteure et ce n’est pas jouer les seconds rôles, celui de la potiche de service qui fait à manger pour les hommes !

Non, dans ce roman, les femmes ont de la force de caractère, même si elles se font toujours rabrouer par les mecs qui leur demandent de tenir leur place, mais malgré tout, elles en veulent, elles ont la hargne et tous les mâles dans ses pages ne sont pas des Alphas, phallocrates, misogynes et empêcheur de dire haut ce que les femmes pensent tout bas.

Les chapitres sont nombreux mais assez courts, ce qui donne la possibilité à l’auteure de multiplier les points de vue des personnages et de nous faire voyager entre l’un et l’autre. Plusieurs intrigues se dérouleront sous nos yeux avant que toutes ne se rejoignent pour un final démentiel qui sera bourré d’action (sans pour autant en arriver à celle d’un 007, restons sérieux).

Un très bon roman historique qui parle des guerres de religions, des jeux de pouvoir entre les têtes couronnées, de massacres de Protestants, de haine de l’autre, d’inégalités sociales, de religions intransigeantes et qui met en scène un couple attachant (Minou et Piet), leur famille et bien des secrets enfouis que certains ne voudraient pas voir remonter à la surface.

Un roman historique hautement documenté, possédant des couleurs sociales, des références historiques, une jolie plume pour nous conter le tout et un rythme assez lent au départ, avant de prendre une vitesse de croisière plus intéressante pour la lectrice que je suis.

Étoile 3,5

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°223], Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°08].

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