Une journée d’Ivan Denissovitch : Alexandre Soljenitsyne

Titre : Une journée d’Ivan Denissovitch          big_5

Auteur : Alexandre Soljenitsyne
Édition : Presse Pocket (2007) / 10/18

Résumé :
En 1962, pour qu’Une journée d’Ivan Denissovitch pût être publiée en URSS, Soljenitsyne avait dû consentir à des coupures et, par endroits, remanier le texte original.

Voici la version intégrale de ce roman si profondément, si tragiquement russe et qui, cependant, fait maintenant partie du patrimoine mondial de la culture.

Vingt ans ont passé depuis qu’il a vu le jour. Des œuvres monumentales ont succédé à ce joyau : le Premier Cercle, le Pavillon des cancéreux, Août Quatorze et ce requiem colossal qu’est l’Archipel du Goulag ; pourtant, c’est toujours Ivan Denissovitch qui revient le premier à la mémoire dès qu’on nomme Soljenitsyne.

Récit, dans sa version intégrale, de la douloureuse expérience du maçon Denissovitch dans le camp Solovetski. Cette description crue du goulag a fait sensation dès sa parution.

Autre quatrième de couverture :
Une journée d’Ivan Denissovitch , c’est celle du bagnard Ivan Denissovitch Choukhov, condamné à dix ans de camp de travail pour avoir été fait prisonnier au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Le récit nous montre sa journée depuis le coup sur le rail suspendu dans la cour qui marque le lever, jusqu’au court répit du soir et au coucher, en passant par les longues procédures de comptage, la peur des fouilles, les bousculades au réfectoire, les travaux de maçonnerie par un froid terrible dans l’hiver kazakhe, les menues chances et malchances de la journée.

Archétype du paysan russe moyen, Choukhov, homme humble et débrouillard en qui le bien fait encore son oeuvre, a su se libérer intérieurement et même vaincre la dépersonnalisation que ses maîtres auraient voulu lui imposer en lui donnant son matricule.

Le talent propre à Soljénitsyne, son don de vision interne des hommes apparaissent ici d’emblée dans une complète réussite : ce chef-d’œuvre à la structure classique restera dans toutes les anthologies du vingtième siècle comme le symbole littéraire de l’après-Staline.

Critique : 
« Une journée d’Ivan Denissovitch », c’est du café fort, du café fort noir, bien qu’en apparence, il n’en ait pas l’air. À vue de nez, le café a l’air fort clair, pour peu, on apercevrait le clocher de l’église dans le fond de la tasse, mais lorsqu’on le goûte, sa force se fait ressentir dans la bouche et elle vous prend à la gorge.

Étrange pourtant, puisque ce récit d’une journée dans un goulag, en plein hiver, ne comporte pas de scènes violentes, ni de scènes de tortures. Pour peu, on lirait bien cette histoire avec le sourire… jusqu’à ce que la dure réalité se fasse ressentir : hé, on est au goulag !

Voilà toute la force du roman de Soljénitsyne : faire du roman fort, nous prendre par les tripes, nous faire ressentir la faim d’Ivan et des autres, nous faire ressentir le froid mordant, la peur, la résignation, la violence des gardiens, l’inhumanité des lieux, le travail titanesque qu’on leur demande d’accomplir, le tout sans épanchements, sans forcer le trait, en restant sobre… Tout en nous donnant un récit d’une forte intensité.

Ben oui, c’est quoi une journée dans toute une vie ? Rien… Mais pourtant, si importante. Surtout qu’au goulag, il faut rester en vie.

Il ne se passe pas de choses exceptionnelles dans le roman, pourtant, l’ennui est impossible et j’ai suivi cette journée d’Ivan avec passion, mes les tripes nouées tout de même.

Ivan, il est un homme simple, avec de l’enthousiasme. Ce n’est pas un tire-au-flanc ou un salaud, mais pour survivre au goulag, il doit ruser afin que son morceau de pain qu’il a caché ne soit pas dérobé durant son absence, ne pas se faire donner par un autre qui aurait à gagner un petit avantage, bref, éviter de se faire remarquer et d’aller au cachot qui signifierait la presque mort.

Ici, les gars, la loi… c’est la taïga. Mais, même ici, on vit. Ceux qui ne font pas de vieux os, au camp, c’est les lèche-gamelles, c’est ceux qui comptent sur l’infirmerie, c’est ceux qui vont frapper à la porte du grand patron.

Mieux qu’un Spartiate, le prisonnier CH-854 de la brigade 104 a mis au point tout un tas de petites combines afin d’améliorer quelque peu sa détention inhumaine : ne pas dévorer toute sa miche de pain le matin pour la faire durer;  magouiller afin d’avoir une soupe en plus; rendre des services à ceux qui reçoivent des colis; faire correctement son travail pour ne pas mettre leur brigadier dans la merde; cacher quelque lames dans son uniforme et faire en sorte de ne pas se faire attraper…

Denissovitch se permet même le luxe, à la fin, d’être optimiste et de se dire qu’une journée de plus était passée, sans seulement un nuage, presque un bonheur…

Un récit minimaliste qui donne naissance à une œuvre puissante, fallait le faire et le génie de l’auteur l’a fait. Poignant.

Et si le lecteur se donne la peine de réfléchir à l’envers du décor, cela lui donnera la vision d’un système totalitaire qui nie l’individu, qui lui enlève tout espoir et toute possibilité de réintégrer la vie normale. Ils savent tous qu’ils ne sortiront jamais de là…

On peut comprendre qu’à l’époque où le roman fut publié dans le « Novy Mir » il fallu couper quelques passages pour la publication (pourtant, ils n’étaient pas excessifs, ces passages) et que cela péta comme une bombe dans l’opinion russe puisque c’était la première fois qu’un écrivain parlait des goulags, lui qui y avait été.

Il s’endormait, Choukhov, satisfait pleinement. Cette journée lui avait apporté des tas de bonnes chances : on ne l’avait pas mis au cachot ; leur brigade n’avait point été envoyée à la Cité du Socialisme ; à déjeuner, il avait maraudé une kacha ; les tant-pour-cent avaient été joliment décrochés par le brigadier ; il avait maçonné à cœur joie ; on ne l’avait point paumé avec sa lame de scie pendant la fouille ; il s’était fait du gain avec César ; il s’était acheté du bon tabac ; et au lieu de tomber malade, il avait chassé le mal.
Une journée de passée. Sans seulement un nuage. Presque de bonheur.
Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait, d’un bout à l’autre, trois mille six cent cinquante-trois.
Les trois de rallonge, c’était la faute aux années bissextiles.

Un grand roman à découvrir !

Challenge « Myself » par Près de la Plume… Au coin du feu

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L’affaire Lerouge : Emile Gaboriau

Titre : L’affaire Lerouge                                                     big_2-5

Auteur : Emile Gaboriau
Édition : France loisirs

Résumé :
Une femme d’une cinquantaine d’années, la veuve Lerouge, est retrouvée sauvagement assassinée dans sa maison. Tous les indices conduisent à un jeune homme de bonne famille : les preuves matérielles sont accablantes.

L’assassin paraît tout désigné et l’affaire bouclée, quand le doute s’immisce dans l’esprit de l’un des enquêteurs, le père Tabaret. Certains faits le poussent à envisager le meurtre sous un autre angle, et ses découvertes réserveront bien des surprises aux lecteurs.

Inspirée d’une affaire criminelle qui défraya la chronique, L’Affaire Lerouge est le premier roman « judiciaire » français.

Son auteur, Émile Gaboriau, élabore une intrigue policière à la construction astucieuse, doublée d’une histoire amoureuse.

Arthur Conan Doyle, autre père du roman policier, était un grand lecteur et admirateur de Gaboriau. Il reconnaîtra d’ailleurs volontiers l’influence de Tabaret et de Lecoq sur la création de son héros mythique, Sherlock Holmes.

Critique :
Conan Doyle faisait dire à Sherlock Holmes, dans « Une étude en rouge » : « Lecoq n’était qu’une misérable savate ! Son unique mérite était de posséder une énergie indomptable. […] Il s’agissait d’identifier un prisonnier inconnu. Je l’aurais fait, moi, en vingt-quatre heures. Lecoq y a mis un mois ou presque. Cet ouvrage pourrait constituer à l’usage des détectives un livre élémentaire destiné à leur apprendre ce qu’il faut éviter ».

Ayant lu le livre, je ne peux pas dire qu’il avait tort… Lecoq est en effet plus énergique qu’un cycliste du Tour en train de monter le Ventoux à plein gaz. Mais Lecoq, ancien repris de justice, suit souvent des fausses pistes !

D’ailleurs, dès le départ, lors de la découverte du corps, certains protagonistes de l’enquête se lancent des suppositions un peu vaseuses !

Le corps ? Mais de quel corps je parle ? À Bougival, au hameau de La Jonchère, Célestine Lerouge, veuve, est retrouvée égorgée avec une sauvagerie effroyable.

Si ce roman est tiré d’une histoire vraie, le véritable assassin ne fut inquiété car jamais découvert.

Gaboriau tira un roman de ce crime non résolu et, puisque conseillé par le vieux policier de la sûreté chargé de l’affaire, l’inspecteur Terabat (surnommé Tirauclair), il a brodé sur la réalité pour nous offrir ce qui fut le premier roman policier, Gaboriau étant considéré avec Poe et Conan Doyle comme les pères du policier.

Roman policier qui prenait la poussière depuis des lustres sur mes étagères. Son prix étant en euros, je dirais que cela fait 10 ans qu’il m’attend, au moins.

Que dire si ce n’est que je me suis un peu ennuyée, lors de ma lecture, suite à de nombreuses digressions au niveau des pensées de certains personnages qui deviennent lourdes.

D’accord, elles sont importantes parce qu’elles mettent tout en place. Il est un fait certain que Daburon, le juge d’instruction, ne pouvait pas expliquer en deux lignes le pourquoi du comment le nom du vicomte Albert de Commarin lui rappelait de mauvais souvenirs, mais bon, trop is te veel ! Cela ralentit fortement l’action du roman et j’ai failli le reposer sur l’étagère qui l’avait conservé durant toutes ces années.

Malgré tout, j’ai persévéré et continué à suivre tout ce petit monde : Gévrol, le chef de la sécurité; Lecoq, son aide de camp  qui le méprise et voue une admiration extatique au père Tabaret, dit Tirauclair.

Tirauclair, qui est une sorte de précurseur à un Sherlock Holmes version « vieil homme riche » a une marotte inavouable en société : résoudre les énigmes les plus embrouillées grâce à sa méthode infaillible, à savoir partir du connu vers l’inconnu. Ce qu’il fit de manière brillante lors de l’analyse de la scène de crime chez la veuve Lerouge. Diable, on aurait dit Holmes dans ses déductions, donnant même la marque du cigare fumé.

– Est-ce le cigare qui vous confond ? Voici un bout du trabucos que j’ai recueilli dans les cendres. L’extrémité est-elle mordillée, a-t-elle été mouillée par la salive ? Non. Donc celui qui fumait se servait d’un porte-cigare.

Lorsque celui qu’ils pensent être le coupable est arrêté, à priori, il n’y a pas de doute : les preuves sont retrouvées chez lui.

C’est une fois l’arrestation faite que le reste va avancer un peu plus vite jusqu’au dénouement… après moult rebondissements. Lecoq ne fut pas le seul à se lancer sur des fausses-pistes, Tabaret aussi a fait des erreurs, mais il les a réparées. Lui qui se plaignait de ne plus voir de baux crimes…

– […] Les beaux crimes deviennent rares. La race force des scélérats sans peur fait place à la tourbe de nos filous vulgaires. Les quelques coquins qui font parler d’eux de loin en loin sont aussi bêtes que lâches. Ils signent leur crime et on soin de laisser traîner leur carte de visite. Il n’y a nul mérite à les pincer. Le coup constaté, on n’a qu’à aller les arrêter tout droit.

La fin du roman a rattrapé son départ laborieux avec un retournement de situation auquel je ne m’attendais point.

Le roman possède aussi quelques belles phrases toujours d’actualité :

– Retenez bien ceci, vicomte : la puissance a été, est et sera toujours à qui possède la fortune, à plus forte raison à qui détient le sol. Les hommes de 93 ont bien compris cela (1793). En ruinant la noblesse, ils ont détruit son prestige bien plus sûrement qu’en abolissant les titres. Un prince à pied et sans laquais est un homme comme un autre. Le ministre de Juillet qui a dit aux bourgeois « Enrichissez-vous » n’était point un sot. Il leur donnait la formule magique du pouvoir. Les bourgeois ne l’ont pas compris, ils ont voulu aller trop vite, ils se sont lancés dans la spéculation. Ils sont riches aujourd’hui, mais de quoi ? de valeurs de Bourse, de titres de portefeuilles, de papiers, de chiffons enfin.

La justice, malheureusement, ne peut jamais réparer complètement ses erreurs. Sa main posée injustement sur un homme laisse une empreinte qui ne s’efface plus. Elle reconnaît qu’elle s’est trompée, elle l’avoue hautement, elle le proclame… en vain. L’opinion, absurde, idiote, ne pardonne pas à un homme d’avoir pu être soupçonné.

Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), de l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et de « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.

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Bilan Livresque : Août 2013

9 livres… Huumm, pas terrible mon bilan du mois d’août… La faute à un gros pavé qui m’a pris du temps à lire. 840 pages qui m’ont pris deux semaines, et, résultat, un bilan en demi-teinte. Si, en demi-teinte parce que je comptais lire beaucoup plus !

Hé oui, je participe pour le dernier mois aux  Challenges « Faire fondre sa PAL » chez Metaphore et à « Destination PAL » chez Lili Galipette !

Malgré tout, j’ai fait de belles lectures, avec, tout d’abord, « Ténèbres prenez-moi la main » de Dennis Lehane (ICI). SUPER ! Super noir, aussi. Et un titre de plus pour le challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 !

Lecture chiante avec « Tabou » de Casey Hill (ICI) qui est proche, dans ces cent premières pages, du style littéraire de Harlequin… Limite si je ne l’ai pas envoyé en l’air, ce livre dont je vous conseille de passer votre chemin (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

« Ville noire, ville blanche » de Richard Price (ICI). Le voilà le gros pavé qui m’a empêché de lire plus tant il était gros et long à lire en raison de petits caractères et d’un développement assez long à se mettre en place aussi. Malgré tout, il est à découvrir pour la manière dont l’auteur décrit la montée de la haine raciale (Challenges Le « Pavé de l’été » Sur Mes Brizées,Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Après 15 jours de lecture pavesque, il me fallait du light et j’ai sorti deux petits Folio Policier qui m’ont bien agrémentés ma lecture. Tout d’abord, il y a eu « Vivement dimanche ! » de Charles Williams (ICI). Rien à avoir avec l’émission de Druker, mais ce petit polar était une bouffée d’oxygène. Scénario génial, meurtres, accusé innocent et ruse sont au menu de ce roman (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Le second Folio était le scénario du film que Sébastien Japrisot avait écrit : « Le passager de la pluie » (ICI), film avec Richard Bronson et Marlène Jobert. Le film, dans mes lointains souvenirs, était génial. Le livre en est sa copie conforme, sans la moustache de Bronson… Petit bémol dont il faut passer outre : les dialogues présentés comme dans une pièce de théâtre (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Comme j’ai décidé de lire des auteurs russes, mais de commencer par des épaisseurs guère épaisse, j’avais acheté « Une journée d’Yvan Denissovitch » de Soljenitsyne (ICI). Yvan est prisonnier du goulag et le roman est le récit d’une de ses journées, du lever au coucher. Alors qu’il aurait pu facilement tomber dans le pathos ou le récit dur, Soljenitsyne reste sobre dans ses descriptions, pas de sang, pas de tortures. Récit sobre, mais prenant, poignant et merveilleux d’optimisme de la part de Denissovitch (Challenge « Myself » par Près de la Plume… Au coin du feu.

Polar de chez « Rivages&Payot » ensuite avec « Par qui la mort arrive » de Joseph Hansen (ICI). Un enquêteur qui appartient au milieu des assurances; une mort appartenant au milieu homo et dont il doit s’assurer que ce n’est pas un suicide déguisé en meurtre; un coupable homo dont on ne sait pas à cent pour cent s’il l’est vraiment… vraiment coupable,  homo on en est sûr. Pour la police, ça ne fait aucun doute, sa culpabilité, mais Dave Brandstetter est tenace et bon enquêteur. Il est gay, aussi. Un départ un peu lourd suite aux nombreux personnages, mais ensuite, ça file (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Comme je voulais m’encanailler et remplir mon quota de deux livres pour le Challenge « Badinage et libertinage » de Minou, j’ai lu « La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux » du Marquis de Sade (ICI). Philosophie de comptoir, scènes de sexe qui sentent la resucée, bref, sulfureux à l’époque, encore un tout petit peu à la nôtre, mais la lecture ne m’a pas transcendée. Et la gamine de 15 ans qui devient une grande cochonne en deux secondes chrono, ça sent le mauvais scénario de film porno série Z. Sorry, Marquis, vous ne m’eûtes point émoustillée (Challenge « Myself » par Près de la Plume… Au coin du feu).

Pour terminer, quoi de mieux que LE premier roman policier, du moins, celui qui passe pour être le premier et dont Agatha Christie et Conan Doyle se sont inspirés pour les leurs ? Ce fut donc de ma PAL Noire que je sortis enfin « L’affaire Lerouge » d’Émile Gaboriau (ICI). Pfff, comment dire, ce fut laborieux comme roman !

Bien que le meurtre ait eu lieu de suite, il y a souvent des diatribes au niveau des pensées des personnages qui deviennent souvent lourdes. Ok, je sais qu’elles sont importantes parce qu’elles mettent tout en place, je sais que le juge ne pouvait pas expliquer en deux lignes le pourquoi du comment le nom du vicomte Albert de Commarin lui rappelait de mauvais souvenirs, mais bon, trop is te veel ! Tiens, petit aparté : Sherlock Holmes détestait Lecoq, le personnage de Gaboriau. (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 & Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur).

Bilan livresque d’Août : 9 livres + relecture de 3 bédés (9 livres pour les Challenges « Faire fondre sa PAL » chez Metaphore &  « Destination PAL » chez Lili Galipette)

  1. Ténèbres prenez-moi la main : Lehane (« Thrillers et polars »)
  2. Tabou : C Hill (« Thrillers et polars »)
  3. Ville noire, ville blanche : Price (« Pavé de l’été » et « La littérature fait son cinéma – 3ème année »)
  4. Vivement dimanche ! : Ch Williams (Thrillers et polars » et « La littérature fait son cinéma – 3ème année »)
  5. Le passager de la pluie : S Japrisot (« Thrillers et polars » et « La littérature fait son cinéma – 3ème année »)
  6. Par qui la mort arrive : J Hansen (« Thrillers et polars »)
  7. Une journée d’Yvan Denissovitch : Soljenitsyne (« Myself » )
  8. La philosophie dans le boudoir : Sade (« Badinage et libertinage »)
  9. L’affaire Lerouge : É Gaboriau (« Thrillers et polars » / PAL Noire)
  10. Ric Hochet – Tome 19 – Les signes de la peur : A-P Duchateau & Tibet (« Thrillers et polars »)
  11. Ric Hochet – Tome 18 – Enquête dans le passé : A-P Duchateau & Tibet (« Thrillers et polars »)
  12. Valhardi – Tome 7 – Le mauvais oeil : Jijé (« Thrillers et polars »)

La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux : Marquis de Sade

Titre : La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux

Auteur : Marquis de Sade                                                big_2
Édition : Maxi Poche

Résumé :
Cachez cet auteur que je ne saurais voir. J’ai nommé le marquis de Sade. Grand absent des anthologies scolaires, Sade fut longtemps le paria de la littérature française.

Et pourtant, c’est bien de littérature qu’il s’agit et d’éducation qui plus est.

« La Philosophie dans le boudoir », chef-d’œuvre du divin marquis, est le plus ambitieux des manifestes du libertinage jamais écrit. Avec Sade, l’acte accompagne toujours la théorie et il est plaisant de voir son Dolmancé, mâle incroyablement membré dans la pleine possession de ses moyens, éduquer la jeune Eugénie, 15 ans à peine, aux acrobaties du corps et à la gymnastique de l’esprit.

Confiée aux mains de Mme de Saint-Ange et de Dolmancé, Eugénie, élève douée, progresse très vite dans le domaine du plaisir.

« Nous placerons dans cette jolie petite tête tous les principes du libertinage le plus effréné, nous l’embraserons de nos feux, nous l’alimenterons de notre philosophie », annonce Mme de Saint-Ange.

Au terme de 300 pages voluptueuses, la jeune fille ignorante sera devenue experte et aguerrie en philosophie du plaisir.

« La Philosophie dans le boudoir » n’est pas un classique de l’érotisme, c’est le livre fondateur, la Bible du plaisir qui pourrait faire passer le Kama Sutra pour une simple fiche technique.

Critique : 
Que dire de ce livre si ce n’est que les protagonistes feraient mieux de parler moins et de s’envoyer en l’air plus !

Ben oui, durant les moments de « pause » entre deux sodomies ou autre pénétrations en « al », les protagonistes pérorent sur Dieu, la politique, la morale et autres sujets qui m’ont fait bailler d’ennui tant ces messieurs étaient sûr de détenir la Vérité Absolue.  La diatribe sur la non-existence de Dieu est à mourir d’ennui !

Désolée, mais durant les phases réfractaires de chouchou, je n’aurais pas du tout envie de l’entendre me parler de politique ou de religion ! Surtout que Sade y va quand même fort dans sa philosophie qui tient plus de celle « du comptoir » que d’ailleurs.

Oh pardon… Pour ceux qui aurait une cul-ture zéro,  » La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux », c’est l’histoire de la journée d’éducation sexuelle et de débauche de la jeune Eugénie, 15 ans au compteur, que madame de Saint-Ange et son frère incestueux vont initier a toutes les facettes du sexe par tous les orifices.

C’est « la journée de la luxure », le tout aidé d’un sodomite qui cause beaucoup trop : Dolmancé.  Plus un syphilitique, mais en fin de roman.

En deux mots : ça éduque la gamine, ça baise tous ensemble ou séparé, ça cause et ensuite, ça refornique par tous les trous qui existent.

Les scènes de sexe ? C’est de la resucée : un « sandwich » entre trois hommes, de l’inceste frère-soeur, de la sodomie en veux-tu-en-voilà, du « décalotage » et suçage en tout genre. Rien de neuf sous le soleil, si ce n’est la perversion de certaines histoires où Dolmancé parle d’un homme qui a des rapports sexuels avec sa fille, lui fait un enfant, le dépucelle aussi, etc… Sade voulait choquer, il l’a fait.

Par contre, peu de descriptions dans les scènes de sexe. Certes, pour l’époque, ça a dû choquer la ménagère de moins de 50 ans, mais maintenant, bof. J’ai lu des fan-fics cochonnes bien plus détaillées dans leur scène hot que celles du roman du Marquis !

Ce que je reproche d’autre au livre ? Les dialogues qui sont souvent à se taper la tête au mur tant ils peuvent être bêtes, parfois.

Pire, lors de la fameuse scène de couture (ceux qui ont lu comprendront, les autres, imaginez), la mère – qui est censée avoir très mal vu l’endroit où on la coud – ne hurle pas très fort sa douleur, c’est limite si on n’a pas l’impression d’une mauvaise actrice qui veut en faire trop : « Tu me déchires, scélérate ! Que je rougis de t’avoir donné l’être ! ».

Heu, on est en train de lui suturer un certain endroit… Ça ne m’a même pas collé de frissons de dégoût tant cela ne faisait « pas vrai », ses récriminations de douleur.

Sans parler que les dialogues sont présentés comme dans une pièce de théâtre, et là, ça ne passait pas, malgré la vaseline.

De plus, une gamine de 15 ans qui se fait débaucher l’arrière-train sans arrières-pensées, comme si on lui expliquait la cuisine, demandant qu’on la débauche fissa… Là, je tique un peu en raison du fait qu’elle devient une grosse cochonne en deux secondes chrono.

N’ayant jamais vu un vit de sa vie (vit = pénis), elle se fait prendre par derrière comme d’autre vont prendre un verre, criant même qu’on la lui fourre profond. Hop, ça glisse comme chez une vielle péripatéticienne. Pas très réaliste.

Les personnages sont parfois à tuer, surtout Dolmancé, qui, à force de crier « je décharge, je décharge », m’a pompé l’air !

Je termine « No shocking » par le livre, ayant juste ressenti de l’ennui profond, mais très profond !

Marquis, tu aurais pu détailler plus tes scènes au lieu de nous faire toujours le même scénario sexuel !

Lu dans le cadre du challenge « Badinage et libertinage » organisé par Minou et « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel.

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Par qui la mort arrive : Joseph Hansen

Titre : Par qui la mort arrive                                     big_3-5

Auteur : Joseph Hansen
Édition : Payot et Rivages (1986)

Résumé :
Rick Wendell, copropriétaire d’un bar gay, a été assassiné. Debout, à côté de son cadavre, se tenait Larry Johns, prostitué occasionnel.

Pour tous, l’affaire paraît claire. Mais pas pour Dave Brandstetter, enquêteur des assurances, qui trouve que Larry fait un coupable un peu trop idéal.

Pendant un concours pour l’élection de «Mr Marvelous», Dave découvre la vérité, et que l’amour, qu’il soit hétéro ou homo, peut engendrer la jalousie, la haine et le désespoir, et qu’il y a toujours quelqu’un qui souhaite votre mort.

Critique : 
Que voilà donc un roman joyeux ! Oh zut, je voulais dire « gay » ! Pourquoi ? Parce que l’enquêteur principal, Dave Brandstetter, est homo, comme la victime, Rick Wendell et l’accusé, Larry Johns, prostitué à ses heures perdues (il n’y a pas de sot métier, en ces temps de crise, pensez-y, messieurs !).

Dès le départ, nous suivons Dave Brandstetter, enquêteur pour les assurances, dans sa quête de la vérité; à savoir si Rick Wendell, copropriétaire d’un bar gay, a bien été assassiné par Larry Johns, le jeune homme qui se tenait nu à côté de son cadavre, en train d’essuyer les empreintes sur le révolver.

Cela lui titille les cellules grises, à l’ami Dave (qui n’a rien à voir avec le  chanteur du même nom) : le Larry fait un coupable un peu trop idéal.

Rick aurait pu se suicider et dans ce cas là, l’assurance qui l’emploie ne devra pas verser la prime d’assurance de 25.000 $.

Personnage sympathique et tenace, Dave n’a rien d’un imbécile et passe son temps à interroger tout les protagonistes de l’affaire, et je peux vous dire que des coupables potentiels, il y en a en-veux-tu-en-voilà ! Les seuls que je n’ai pas soupçonné, ce sont les trois chiens de Tom Owen, c’est vous dire…

Le style de Hansen est assez déroutant au départ. Je m’explique : la profusion de personnages fait perdre un peu les pédales au lecteur dans la première partie. L’auteur ne s’embarrasse pas toujours à vous décrire ses personnages, mais par contre, la tortue qui mâchouille sa laitue fanée, oui.

Pourtant, ce roman de 240 pages à été bouffé en peu de temps, parce qu’une fois passé le début et les interrogatoires menés par Dave (à croire que les flics n’ont rien foutu), la suite s’emballe !

Si tout le monde avait un motif pour le meurtre de Rick, ils furent tous soupçonnés et mis devant leurs faits et gestes. Là, j’ai été baladée par l’auteur qui s’est bien joué de moi en me faisant croire que le coupable était sous mon nez. Erreur !

Le final est assez dingue : on se trouve au concours pour l’élection de «Mr Marvelous» (des mecs qui défilent à poil) et là, je râlais de ne pas avoir d’images. Si les membres masculins de Babelio pouvait remédier à cela en m’envoyant leurs photos en tenue d’Adam, merci. *fin du message personnel*

Bluffée ! J’ai adoré ce petit roman au style si étrange et dont les diverses implications – qui semblaient n’avoir aucun rapport entre elles – s’imbriquent l’une dans l’autre.

Conclusion : les homos sont des amoureux comme les autres, ils connaissent les mêmes soucis que les hétéros : jalousie, tromperie, haine tenace, amour fou, folie digne d’une midinette,… Je le savais déjà mais sait-on jamais, Frigide pourrait me lire !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL

Le passager de la pluie : Sébastien Japrisot

Passager de la pluie - Japrisot

Titre : Le passager de la pluie                            big_4

Auteur : Sébastien Japrisot
Édition : Gallimard (1998) /Folio Policier

Résumé :
Une petite station balnéaire en automne. Une jeune femme sage, au bonheur sage, mariée à un navigateur aérien : Mellie.

Un soir de pluie, toute sa vie bascule : le passager d’un autocar qui n’amène plus personne la surprend chez elle, l’attache sur son lit, la violente. Ce qui se passe ensuite, au cours de cette nuit de cauchemar, Mellie seule le sait et ceux qui liront ce livre.

Mais, le lendemain même, arrive au village un Américain mystérieux, qui la traque, aussi tranquille et dangereux qu’un félin : Harry Dobbs.

Entre eux commence un face-à-face qui va durer quatre jours, intense et sans merci, un duel où toutes les tricheries sont permises, où tous les coups font mal. A tout moment, l’un ou l’autre pourrait gagner. L’inquiétant M. Dobbs est malin et il a beaucoup d’atouts.

POLAR - Passager de la pluieCritique :
Charles Bronson donnant la réplique à Marlène Jobert… Le film « Le passager de la pluie » (1970), je l’avais vu il y a longtemps, une fois où il était passé à la télévision et c’était mon père qui m’avait conseillé de le regarder avec lui. Dernièrement, je suis tombée sur le livre et j’ai décidé de le lire.

Le livre est pareil au film, le scénario étant de Japrisot, l’auteur du livre.

Le déroulement du roman est pareil aussi à un épisode du lieutenant Columbo puisque nous connaissons le nom du coupable : Mélie… malgré tout, le livre est prenant parce qu’il y a un détail important dont le lecteur n’est pas au courant et qui fait monter la tension… De plus, on ne sait pas comment Mélie va s’en sortir et si elle va s’en sortir.

Mélie (Marlène Jobert) est la jeune épouse de Tony, pilote de l’aviation civile, souvent absent. Leur maison est à l’écart de la ville, en bord de mer.

Un soir, Mélie est agressée chez elle et violée par un inconnu. Elle le tue et elle se débarrasse du corps en le jetant d’une falaise. Ni vu, ni connu.

Le lendemain surgit un personnage mystérieux : Harry Dobbs (Bronson), un américain, qui s’introduit lui aussi dans la maison de Mélie et s’intéresse de très près à l’affaire dont il semble tout savoir ou presque.

Véritable harceleur envers Mélie, il lui pose des tas de questions qu’elle ne comprend pas, jouant avec elle comme un chat avec une souris puisqu’il connaît une partie des réponses.  Mais sait-il tout ou joue-t-il au bluff ?

S’engage alors une rude partie entre Mélie et Dobbs, parfois brutale, parfois plus tendre.

Partie tendre quand il la surnomme « Love Love » comme noté sur son tablier; brutale quand il la menace d’un Luger…

Cette « partie de poker » où Mélie ne voulait pas jouer devient un face-à-face où aucun des deux ne peut baisser la garde, un mano à mano dont l’enjeu demeure inconnu, un duel où les coups bas sont permis.

Et durant tout ce temps, la police enquête, elle aussi, et Mélie commence à avoir la sueur qui lui coule le long de l’échine dorsale, le lecteur aussi.

Le seul inconvénient du livre est d’être écrit comme un scénario de film et donc, d’avoir les noms des protagonistes devant chacun de leurs dialogues, comme dans une pièce de théâtre. J’ai eu un peu de mal au départ, et puis, mes yeux ont gommé les noms et les dialogues incisifs se sont succédé sans aucun problème.

Bien que l’on sache que Mélie a tué le dingue qui l’avait violée, le tout est de savoir ce que Dobbs sait vraiment, comment il va la coincer, et s’il va la coincer, aussi !

Un retournement de situation à la fin met le lecteur sur les genoux, comme Mélie.

L’écriture est incisive, les dialogues super, les personnages énigmatiques, on ne sait pas tout sur eux, mais ils nous sont sympathiques, surtout Mélie et Harry Dobbs.

J’ai aimé la manière dont Mélie a réglé son problème, sa manière de tenir sa langue, ses blessures d’enfance et le caractère brutal de Dobbs (Bronson allait bien dans le rôle), sa manière d’enquêter et d’arriver devant elle en sachant toutes les réponses, ou presque.

Le roman est court mais il est bon ! Et comme je ne me souvenais plus de tous les détails du film, j’ai eu droit à la surprise du chef avec le petit coup bas… Excellent !

Livre particpant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et le Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

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Vivement dimanche ! : Charles Williams

Vivement dimanche - Williams

Titre : Vivement dimanche !                                        big_4-5

Auteur : Charles Williams
Édition :
Folio Policier

Résumé :
Propriétaire d’une grosse agence immobilière, John Duke Warren est marié avec Frances, qui dirige une boutique de mode mitoyenne avec le magasin d’articles de sports de Dan Robert.

Un matin, on retrouve celui-ci mort au marais Crossman, dans un des affût utilisé pour la chasse aux canards.

Une voix charitable téléphone alors à Warren pour lui révéler que sa femme a assassiné Robert dont elle était la maîtresse. La correspondante mystérieuse précise que Frances a égaré son briquet chez la victime.

Peu après, l’agent immobilier retrouve sa femme et une violente dispute éclate, interrompue par l’arrivée d’un policier qui demande à Warren de se rendre au commissariat.

Celui-ci, en rentrant chez lui une heure plus tard, découvre le cadavre de son épouse.

POLAR - Vivement dimanche - FilmCritique : 
« Vivement dimanche ! » n’a rien à voir avec l’émission dominicale de Michel « Bonsoir, merci » Druker. D’ailleurs, en traduisant le roman, il  aurait été plus judicieux de traduire à la lettre le titre original « The long saturday night » qui symbolise mieux la looongue nuit du samedi que Duke Warren va passer.

John Duke Warren, agent immobilier, avait tout pour être heureux : une agence qui marche bien, une charmante épouse et le droit d’appartenir au Club des Chasseurs de Canards (8 membres, seulement).

Or, peu après qu’il ait été tirer quelques coups sur des canards innocents, on retrouve le sieur Roberts – un autre membre – la tête emportée par un coup de fusil tiré à bout portant.

Suicide ? Impossible, il tirait avec du calibre n°6 et les plombs que les flics ont extrait de sa tête sont de calibre n°4…

Les canards n’étant pas armés, les soupçons ont pesé légèrement sur Duke (prénom prédestiné) mais il sort libre du commissariat.

Ensuite, les choses vont s’emballer :
– Un appel anonyme qu’il reçoit et qui accuse sa femme d’avoir tué Roberts car on a retrouvé son briquet chez lui;

– Duke qui commence à douter de son épouse (qui est en voyage) et qui n’était déjà plus à l’hotêl quand elle lui avait téléphoné ce matin (alors qu’elle lui certifiait qu’elle était encore dans son lit);

– De l’argent qu’elle a dépensé, mais où et pourquoi autant ?

– Sa femme qui rentre en avance : ils se disputent;

– Le policier vient le rechercher parce que le shérif veut lui reposer des questions suite à un appel anonyme qu’il a reçu lui aussi;

– À son retour, quand il monte dans la chambre, il découvre sa femme morte… Et pas de mort naturelle : sa tête est défoncée !

Duke aurait pu appeler les flics, mais non, c’est trop tard, il a raté le coche !

Le voici en cavale pour trouver le fin mot de cette histoire. Mais il n’est pas seul, il pourra compter sur une personne qui le croit innocent…

« Amusant », voilà ce que je pourrais dire de ce livre car le pauvre Duke n’est pas au bout de ses peines ! Ce ne sera pas facile d’arriver à démêler cet écheveau afin de prouver son innocence.

Amusant, mais terriblement intelligent, notre Duke, quand il mène une enquête sur sa femme morte, faisant appel à des détectives privés et mettant au point une technique pour ne pas devenir le choux que la chèvre de shérif dévorerait en une bouchée.

Rusé aussi, parce que se planquer ensuite dans son bureau, fallait avoir les couilles de le faire ! Duke les a eues.

182 pages sans temps mort, mené tambour battant, une enquête à suivre en même temps que notre agent immobilier, reconvertit en Sherlock Holmes le temps d’une nuit d’un samedi long comme un jour sans pain !

Personnage que l’on apprécie, Duke n’est peut-être pas le meilleur détective, mais il fait ce qu’il faut pour y arriver.

Mention « Napoléonienne » à son aide qui se comportera comme un renard plus que rusé !

L’écriture est simple, mais pas simpliste, Charles Williams nous a concocté un agréable polar qui se lit tout seul tant il est savoureux, nous réservant quelques surprises de son cru.

Sans oublier les nombreux traits d’humour…

– Mais… mais pourquoi l’avez-vous giflé ?
– Ma foi, c’était un peu ridicule, à vrai dire, mais sur le moment ça m’a paru le moyen le plus simple de l’obliger à sortir sa main de mon soutien-gorge.
– Vous ne voulez pas dire… pas Georges ?
– Je vous assure qu’il a des mains.
– Eh bien ! Bon Dieu ! Ah ! le vieux cochon ! L’hypocrite ! C’est donc la raison de votre démission ?
– Oui. Pas à ce moment là, mais plus tard.

Ou encore :

-Vous a-t-elle dit pourquoi je suis allée la voir ?
– Elle a dit que vous aviez essayé de la violer.
– C’est tout ?
– Elle a sans doute estimé que ça suffisait. Vous avez fait irruption dans sa chambre à trois heures du matin et vous vous êtes mis à lui arracher ses vêtements. Si vous cherchiez seulement à obtenir sa recette de ragoût de veau, vous l’auriez dit.

(Non, ce n’est pas l’audition de DSK, mais le shérif Scanlon qui interroge Duke Warren sur son interrogation musclée qu’il a eue avec une protagoniste de l’affaire).

François Truffaut a réalisé un film sur le livre en 1983, avec Fanny Ardent et Jean-Louis Trintignant dans les rôles phares. L’action ne se déroule pas aux États-Unis dans le film.

Livre particpant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et le Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

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Ville noire, ville blanche : Richard Price

Titre : Ville noire, ville blanche                               big_4

Auteur : Richard Price
Édition:  10-18 (2009)

Résumé :
Une jeune femme blanche, en état de choc, se réfugie aux urgences d’un hôpital. Un inspecteur qui l’interroge relève très vite dans son récit et son comportement des contradictions…

Roman choc entre deux communautés – la noire et la blanche, dans une banlieue new-yorkaise -, ce livre n’est qu’en apparence un thriller et révèle une ampleur sociale et psychologique d’une intensité impressionnante.

Critique : 
620 pages pour 48h… 48h réparties sur 620 pages. Y’a pas à dire, on aura pas le temps d’aller faire pipi. Enfin, moi j’ai eu le temps parce que ça m’a pris un certain temps pour en venir à bout…

Écrit en tout petit, imprimé très haut jusque très bas de la page, et une histoire qui prend son temps de se développer : j’ai failli lâcher prise mais je me suis retenue et j’ai continué la lecture parce qu’intéressée par ce qui pouvait bien se passer dans ces pages.

Après un speech sur l’assassinat de deux habitants d’un quartier chaud dans la banlieue de New-York surnommé « Darktown », une femme Blanche arrive aux urgences après avoir traversé à pied le quartier noir. Elle est blessée aux mains et ne veux rien dire.

C’est Big Daddy (Lorenzo Council), le flic noir, qui prendra sa déposition. Lui, c’est le pilier de la cité, l’icône, celui qui peut parler aux dealers, celui que l’on écoute et que l’on respecte.

Par bribes, Brenda lui explique qu’elle s’est faite car-jacker sa voiture par un Noir et que le voleur l’a trainée à terre, ce qui explique ses mains en sang.

Dès le départ, il a compris que Brenda cache quelque chose. Qu’est-ce qu’une Blanche est venue foutre dans un quartier Noir ? Dans cette ruelle où trainent des dealers ? Pourquoi traverser la ville pour venir dans cet hôpital ? Pourquoi… ? Il y en aura des tonnes, de « pourquoi » !

Brenda et l’inspecteur Lorenzo… Ces deux là ne vont plus se quitter ! Non, pas de « chabadabada », mais en raison du caractère explosif que l’affaire va déclencher : en effet, Brenda avoue – trois heures après – que son gamin était dans la voiture !

Une Blanche, agressée par un Noir et son fils enlevé… il n’en faut pas plus pour faire chauffer les esprits des gens en ces chaleurs de l’été. Et puis, certains grognent parce qu’ils savent qu’on aurait pas fait tout ça si le gosse avait été Noir…

« On n’arrête pas le spectacle pour un seul singe ».
« Ben, quelquefois si. Tout dépend du singe, de la couleur de son poil« .

Ce roman ne va pas vite, il prend le temps de faire monter la température entre les deux communautés : les Blancs et les Noirs. Une communauté qui vit dans les beaux quartiers et l’autre pas…

Entre les flics du quartier de Gannon qui investissent le quartier Noir d’Armstrong – le bien nommé « Darktown » – pour retrouver le fils de Brenda, sœur d’un flic Blanc, les journalistes, les arrestations arbitraires, les coups, les insultes, le ton monte et l’ambiance du livre devient plombée.

Si la sueur coule dans le dos des protagonistes, elle coule aussi dans la nuque du lecteur qui « sent » venir le bordel à plein-nez.

On ne peut pas dire non plus que Brenda aide l’inspecteur Lorenzo « Big Daddy » Council dans son enquête. Tout est dit par bribes, elle se renferme comme une huître, colle ses écouteurs sur les oreilles, se comporte bizarrement et pendant ce temps, la haine raciale monte comme la température dans un four allumé.

À un moment donné, on se rend compte qu’on a posé ses fesses sur un baril de poudre et qu’une flamme se rapproche dangereusement de la mèche. Les Noirs sont mécontents, ils savent que si le gosse avait été noir, jamais on aurait déployé de moyens pour le retrouver ! Les flics Blancs ont dépassé les bornes et tout le monde sait que « les bornes ont des limites » !

Vaut mieux pas se trouver dans les parages lorsque ça explosera… Et l’inspecteur Lorenzo aura fort à faire pour essayer que sa cité garde son sang-froid. L’émeute et le bain de sang sont proches et plus les minutes passent, plus ça chauffe !

Et Brenda, dit-elle toute la vérité ? Quels secrets leur cache-t-elle ? Pourquoi est-elle aussi capricieuse ? Pourquoi ne fait-elle pas plus pour retrouver son fils ?

620 pages oppressantes, noires, sombres, dures, longues. La haine monte lentement mais sûrement, les vieilles rancœurs entre les deux communautés ressortent, l’huile est sur le feu, le lait aussi et l’auteur nous décrit cette poudrière de manière magistrale.

Les personnages sont légion, certains tordus, d’autre bizarre, bref, chacun a son caractère.

Un roman à lire lorsqu’on a du temps devant soi, afin de le lire sur quelques jours et pas sur deux semaines comme moi.

Livre adapté au cinéma « La couleur du crime » en 2005 avec Samuel L. Jackson dans le rôle.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et le « Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées et le Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

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Tabou : Casey Hill

Titre : Tabou

Auteur : Casey Hill
Édition: Belgique Loisirs (2012)

Résumé :
Reilly Steel, experte de la police scientifique, a quitté la Californie pour un poste à Dublin. Elle espère fuir un sombre passé familial, mais se retrouve rapidement mêlée à une série de crimes atroces, dont chaque mise en scène provoque l’effroi.

Et dans le jeu du chat et de la souris que mène le tueur, il devient bientôt évident que celui-ci en a particulièrement après Reilly…

POLAR - image_4Critique :
Non mais allo quoi ? C’est quoi ce bouquin ? Des auteurs de la maison Harlequin se seraient-ils mis en tête de nous faire une farce monumentale et d’écrire un thriller ? Le tout sans nous prévenir par le sigle « Mira » adapté à cette collection, les petits salopiauds ?

Ou alors, les auteurs, en vacances, auraient confié la rédaction des 100 premières pages à leur p’tit nièce de 12 ans ??

Pourtant, à la première analyse, ce roman de Casey Hill (deux auteurs, mari et femme), publié en avant-première chez Belgique Loisirs avait tout pour plaire : une cover ou se mêlaient une lame de rasoir sur une tache de sang, le tout imprimé en relief sur un fond beige (style « palissade ») qui avait fait saliver ma rétine et ma pupille.

Bref, ces petits détails et le fait que la romancière était décrite comme « confirmée » et classée régulièrement numéro 1 sur les listes des best-sellers en Irlande (donc, sous-entendu une bonne auteur) donnait envie de découvrir le 4ème de couverture.

Lui aussi me plaisait bien.  Ok, j’emporte ! Emballé c’est pesé.

Le début du roman s’attache à nous présenter l’héroïne, Reilly Steel, une américaine experte dans le domaine médico-légal. Elle a fait ses classes au FBI et s’est expatriée depuis peu dans le pays d’origine de ses ancêtres, la verte Erin (l’Irlande, pour si jamais Nabilla nous lisait, ce dont je doute).

Un meurtre sordide (ce ne sera pas le seul) deux corps nus, de la cervelle répandue style « je retapisse les murs avec ma matière grise » le tout sur fond d’expertise médico-légale. A priori, pour qui me connait un peu, ce genre de soupe aurait dû me ravir.

Mouais… Là où j’ai commencé à avoir l’impression de me trouver dans un livre style « Harlequinade Roucoulade », c’est quand l’auteur a insisté plus que lourdement sur le fait que l’héroïne, elle était terriblement bêêêêêllle ! Blonde aux yeux bleus et suuupppeeeer intelligente ! L’auteur ne se prive pas de nous le répèter plusieurs fois, noir sur blanc.

Super compétente aussi (en un ou deux mots, au choix) car son taux de réussite d’affaire criminelle est comme le taux de cholestérol d’un habitué du MacDo : plus de 80% !

Reilly est aussi une gentille donneuse de leçon : « Tu regardes trop les séries télés » et d’expliquer au bleu de service, « comme si elle s’adressait à un gamin de 5 ans » (oui, c’est écrit !) que « Non, non, on ne ramasse pas une arme par le canon avec un crayon, on pourrait déplacer les dépôts de poudre dans le canon ! Tu le prends avec des gants et par la crosse, mon gars ».

Diable, Horatio Caine, Gil Grissom et Mac Taylor, les grands Experts de la télé ne nous l’avaient jamais dit !

Bon… Passons, me dis-je. Jusqu’à ce que je tombe sur des passages dignes des Harlequins : déjà le style d’écriture était d’une platitude abrutissante, gnangnan et neuneu sur la première centaine de pages ! Sérieux, j’ai lu des annuaires téléphoniques mieux écrit que ça !

De plus, les pensées que le narrateur accorde à Reilly sont dignes des pensées d’une série de chez AB Production ou d’une héroïne Harlequin, le champion de la banalité à bas prix !

Extrait (et j’ai pris la plus relevée…) : « Par le passé, son instinct l’avait beaucoup aidée et elle ne comptait pas l’ignorer pour la simple raison qu’un rouquin de policier irlandais trouvait ses méthodes stupides et inutiles. Pourquoi se soucier de lui ? Elle n’en faisait qu’une bouchée d’un gars comme lui, mais elle n’allait pas se rabaisser à cela ».

Oh, notre héroïne est cannibale à tendance anthropophage ! Elle bouffe ses collègues au petit déj… Une Troll sommeille dans ce joli petit corps.

Au rayon des « qualités », mademoiselle a aussi un odorat suuupppeeer développé et l’auteur nous le ressort toutes les dix pages. Odorat développé à tel point que si vous avez mangé de l’ail la veille, elle le sent. Plus terrible que le chien de race Saint-Hubert ! (belge).

Pire, sur une scène de crime dont le cadavre date de plusieurs jours, elle ne couvre pas son nez, non, elle hume et elle filtre les différentes odeurs mieux que les filtres des centrales nucléaires.

Et que sent-elle sur cette scène de crime, ami lecteur ? Accroche-toi à ton transat parce que ça va dépoter grave… Elle sent le parfum de la mort !

T’en est tombé de ta chaise, hein ? Attends, mieux encore, elle va nous filtrer une autre odeur qui va déchirer ta race : la chair faisandée ! Elle doit être la seule à la sentir, à mon avis…

Oh, au rayon des défauts, elle ronge ses ongles (pas bien !), a perdu sa soeur dans des circonstances que l’on devine tragique (on en apprend plus au fur et à mesure de cette lecture torture) et papa est devenu alcoolo. Elle est aussi accro à son boulot… C’est un défaut, non ?

Bon, à un moment donné, les auteurs ont relevé leur p’tite nièce du dur labeur de l’écriture gnangnan et heureusement pour moi, le reste du roman était « passable ». Pas transcendantal, mais comparé aux débuts laborieux, on a relevé d’un p’tit cran le niveau. Et comme je râlais d’avoir dépensé de l’argent pour ce livre, j’ai continué à lire.

Dommage qu’il souffre de ces défauts d’écriture indignes d’une  romancière « sois-disant » confirmée parce que le pitch était excellent et les crimes se référant à papa Freud étaient bien trouvés.

Au rayon des bonnes nouvelles, j’ai été étonnée de l’identité du coupable, mais j’ai trouvé que les raisons du meurtre « originel » étaient un peu légères ou trop poussées parce que pas assez développées…

Quant au duel final Reilly-Coupable, même le pire des scénaristes du plus mauvais western spaghetti en aurait fait un peu plus, plus long, ajouté plus de tension, plus de sueur dans les yeux, plus de tremblements dans les mains qui tenaient les colts,…

Happy end à la Bisounours… non, à la Harlequin ! Et les flics qui n’aimaient pas Reilly au début en sont devenu tout fiers ensuite. Bref, tout le monde l’aime, cette fille, sauf moi.

Par contre, on reste avec certaines questions sans réponses…

Non, mais allo quoi ? On a abattu des arbres pour imprimer ce truc ? Mais que foutaient les Écolos ce jour-là ? Et l’éditeur qui l’a éditée, il avait fumé la moquette ou était-il un fan du style d’écriture d’une platitude absolument abyssale de la collection Harlequin ?

On ne le saura jamais…

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

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Ténèbres prenez-moi la main : Dennis Lehane

Titre : Ténèbres prenez-moi la main            big_5

Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2002)

Résumé :
Une nuit, la psychiatre Diandra Warren reçoit un appel anonyme et menaçant qu’elle croit lié à l’une de ses patientes.

Quand arrive au courrier une photo de son fils Jason sans mention de l’expéditeur, elle prend peur et demande de l’aide à Patrick Kenzie et Angela Gennaro.

C’est pour les deux détectives le début d’une affaire bouleversante qui va les confronter à l’inacceptable, jusqu’à l’imprévisible dénouement.

Critique :
C’est avec fébrilité que j’ai enfilé ma tenue de détective privé et que je me suis attachée à suivre les pas de Patrick Kenzie et Angela Genaro, bien déterminée à découvrir ce qui se tramait dans ce livre qui, d’après un certain Babelien, était tellement bien qu’il en a fait son avatar.

P. Kenzie : Vous êtes bien sûre de vouloir nous suivre, madame la Belette ?

Moi : Bien sûr ! Je vais mettre en application les principes du Maître à tous, Sherlock Holmes, et résoudre votre affaire.

Kenzie : Heu, vous savez, nous ne sommes pas chez un quelconque auteur de polar à deux balles, ici. Nous sommes chez Lehan, tout de même.

Moi : Et alors ? Je vais suivre toutes les pistes et mettre le doigt sur LE détail qui me fera résoudre cette affaire fissa.

Kenzie : Et vous êtes assez naïve pour penser que le Grand Lehane va laisser traîner un détail énorme, une piste tellement facile à suivre que Rantanplan y arriverait ou une affaire tellement bête et téléphonée que même Nabilla arriverait à la résoudre ? Non, mais allo, quoi ? Suivez-nous, mais ne croyez pas que vous allez solutionner aussi vite et facilement les méandres de notre créateur…

Moi (toute fière) : Hé, j’avais compris bien avant vous à quoi avait pu servir le fa… (No spoil !)

Kenzie : Chut ! Ok, sur ce coup là, vous marquez des points, mais pour le nom du coupable, vous repasserez !

Moi (bougonne) : Gruummmblll. Vous y avez pensé, vous ? Hein ? Non.

Voilà, c’est armée de ma loupe que j’ai suivi les pas de nos deux détectives qui ont repris le collier et se sont retrouvé « engagés » par une certaine Diandra Warren car elle a été menacée par téléphone et a reçu une photo de son fils Jason par courrier.

Et c’est partit pour une filature ! Là, j’ai jouée les voyeuse en compagnie d’Angie, Jason étant un chaud lapin affligé d’un sexe de la taille d’un python… et ses trois petites amies aiment lui tutoyer la clarinette pythonesque.

Quelques temps après ces filatures et ces fellations, le meurtre d’une connaissance à nos détectives va les impliquer directement dans une enquête des plus sordides.

Y’auraiti pas un sérial killer qui officierait dans le coin ? La jouant à la Jésus-Christ en raison de quelques crucifixions…

Toujours plus complexe qu’il n’y paraît, Lehane sait vous dérouter, vous surprendre et vous faire rire avec les réparties de Kenzie et l’humour trash de Bubba.

Et si oui, j’ai bien découvert une chose avant eux, pour le reste, je me suis ramassée !

Non, on ne devine pas chez Lehane ! J’avais mon suspect, j’y croyais dur comme fer et bien, j’ai repris mes billes et j’ai opté pour un autre, qui s’est révélé un tout aussi mauvais choix. Raté ! Lehane aime surprendre.

Les moments entre Kenzie et un prisonnier font froid dans le dos, pareil avec le final, manquait plus que la musique d’Ennio Morricone.

Bien que l’on entrevoit une partie de tout l’iceberg bien avant le mot « Fin », on en a pour son argent parce que le final est long, rempli de suspense, de questions, de rebondissements, de balles dans tous les sens.

Bref, comme les produits Durex©, Lehane fait durer le plaisir et le multiplie, nous collant quelques torgnoles au passage, pour se terminer dans un orgasme littéraire.

Voilà pourquoi, entre autre, j’aime cet auteur. Pour les surprises qu’il réserve à ses lecteurs, pour les enquêtes qui nous mènent là où on ne s’y attend pas, pour les frissons, pour la profondeur de ses personnages, pour les questions qu’il soulève dans notre tête, pour le climat du livre (Boston, on est en plein dedans, et pas les beaux quartiers), pour son style d’écriture des plus agréable à lire, pour l’humour qu’il mélange à son noir, ou son noir mélangé d’humour.

Si le livre était un café, il serait noir de chez noir, additionné de sucre (humour). Mais croyez-moi, on ne verrait pas le clocher de l’église au fond de sa tasse ! (1) Même pas les célèbres piques de l’Hôtel de Ville de Bruxelles ! Non, il faisait très sombre…

Lehane, une valeur sûre dans le polar bien noir, un auteur qui gagne à être lu et connu. Ce livre était magistral et m’a donné bien du plaisir. Merci Jeranjou !

(1) « Voir le clocher de l’église Untel dans le fond de sa tasse » est valable pour les cafés trop léger dont on voit le fond de la tasse.

(1) A contrario, si on dit qu’on ne verrait pas le clocher de l’église Untel dans le fond de sa tasse, c’est que le café est tellement noir que même le sucre n’ose pas aller dedans.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

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