Bedford Square : Anne Perry

Titre : Bedford Square                                       big_3-5

Auteur : Anne Perry
Édition:  10/18

Résumé :
Shocking ! Le général Balantyne ne décolère pas contre cet inconnu qui a eu le mauvais goût de venir mourir sur son perron de Bedford Square.

Pour Thomas Pitt, chargé de l’enquête, l’existence d’un lien entre la victime et le vieux militaire ne fait cependant aucun doute, mais pour le découvrir il va lui falloir explorer les arcanes de la haute société victorienne.

Et lorsqu’il s’agit de s’introduire dans ce milieu huppé, aucune aide ne lui est plus précieuse que celles de sa femme, l’intrépide Charlotte, de son amie Lady Vespasia, et de l’indispensable bonne Gracie.

Ensemble, ils vont peu à peu découvrir l’odieux chantage dont étaient victimes six des personnages les plus influents du royaume et qui menaçait leur bien le plus cher dans cette société impitoyable : leur réputation.

Critique : 
L’honneur, la réputation… vaste programme pour ce roman d’Anne Perry ! Warren Buffett a dit « Il faut 20 ans pour construire une réputation et cinq minute pour la détruire ».

On peut comprendre que dans l’Angleterre de la reine Victoria, une certaine partie de la population tienne à leur réputation comme d’autre à la prunelle de leurs yeux.  Je parle bien entendu de l’Angleterre du haut.

Imaginez, vous êtes un général à la retraite et un bête type a eu la brillante idée de venir rendre son dernier soupir sur votre perron ! Déjà que votre nom fut entaché il y a quelques années, il n’en faut pas plus au général Balantyne pour se dire que ces derniers jours sont vraiment des JDM !

Ce tome, bien au-dessus du précédent, fait la part belle à Charlotte et à tante Vespasia, pour laquelle j’ai une tendresse toute particulière. Honneur aussi à l’inspecteur Tellman, qui, de personnage détestable que j’avais envie d’étrangler lorsque Pitt est devenu commissaire dans « Le Bourreau de Hyde Park » devient un personnage qui évolue dans le bon sens au fil des tomes.

Un meurtre étrange et dans l’ombre, un étrange maître-chanteur qui ne demande pas d’argent, pas de services, mais qui terrorise des hommes hauts placés en les menaçant de révéler des choses qui détruiraient leurs réputations.

Voilà donc Charlotte ♫ Avec l’ami Bill Balantyne, Sauvé de justesse des crocodiles ♪ qui va enquêter dans le but de l’aider, car elle a de l’amitié pour lui. Et vous savez que quand Charlotte décide d’enquêter, elle y va franco !

Un roman court, sans temps mort, qui fait la part belle à des personnages que j’apprécie beaucoup (mais sans Emily, la sœur de Charlotte) où on se creuse les méninges en se demandant qui est le « blackmailer » et pourquoi il fait chanter 6 hommes haut placés qui n’ont pas l’air d’avoir de rapports entre eux.

Comme je vous le disais, l’honneur et la réputation de ces personnages haut placés sont au centre de l’intrigue (et d’autres choses que je ne dévoilerai pas) et l’auteur nous fait bien comprendre que ce n’était pas rien, à cette époque, de perdre son honneur aux yeux des autres.

Tout le paradoxe étant que si on nie, les gens ne croiront pas, quand bien même on apporterait une preuve. Une fois que les gens ont jasé, le mal est fait.

Roman tendu aussi car les victimes de chantage commence à suspecter tout le monde…

Si dans le dernier opus j’avais deviné qui était coupable, il n’en fut rien ici et je m’en suis prise un bien costaud lors de la révélation.

Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), du Challenge « Polar Historique » de Sharon, du Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, de l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur, du Challenge « Victorien » chez Arieste, du Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et, last but not leaste, d’une LC chez Bianca.

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Cet homme est dangereux : Peter Cheney

Titre : Cet homme est dangereux                          big_2-5

Auteur : Peter Cheney
Édition : Série Noire (1945)

Résumé :
Et maintenant que je vous présente Miranda Van Zelden — la beauté faite femme. C’te môme est l’héritière de dix-sept millions de dollars — ça vous la coupe, hein ?

En plus, c’est la reine des tordues, et le plus chouette bout de femme dont puisse rêver un homme d’affaires surmené, le soir, à son bureau… souple comme une panthère et un châssis à bousiller des noces de diamant.

C’est vraiment une pitié qu’une môme comme elle aille fréquenter des boîtes louches.

Critique : 
Au rayon des nouveautés de septembre, il y a le tout nouveau Peter Cheney, cuvée 1945 ! Ça vous en bouche un coin, je sais, j’ai toujours une guerre d’avance sur tout le monde.

Non contentent d’être la nouveauté de l’année 45, c’est aussi le mythique numéro 2 de la collection « Série Noire », même si, niveau chronologie, il se déroule avant « La môme vert de gris », le numéro 1 de la collection. Bien que, à cette époque là, les numéros n’étaient pas inscrits sur la couverture.

Conseil, commencez par cet opus-ci d’abord afin de ne pas vous faire gâcher la surprise que l’auteur nous réserve aux 8 dixième du roman. Surprise qui fut fichue en l’air suite aux premiers paragraphes lus dans « La môme… ».

Alors, qu’avons-nous là au menu ? Des histoires de gangsters et une tentative d’enlèvement sur une belle jeune fille et riche héritière qui plus est.

Comme vous le savez, les gangsters, ça s’associent ensemble, mais c’est toujours dans le but de gruger l’autre, de le rouler, de le doubler et à la fin, on se retrouve avec une soupe de sales types qui se plaignent d’avoir été roulé (avant d’avoir eu le temps de rouler l’autre) et qui veulent se venger en roulant l’adversaire…

Le héros n’est pas un flic, mais un bandit, lui aussi, bien que le lecteur risque de le trouver sympa, quand bien même il descende des truands dans le dos. Je n’en dirai pas plus.

Lemmy Caution, puisque c’est lui le héros, est à l’inverse de la chanson de Sting « A Englishman in New-York » car dans le livre, c’est « A American-man in London ». Et oui, le personnage de Lemmy, américain (au contraire de l’auteur) et il va vivre ses aventures trépidantes dans le Londres des années 30 (livre paru en 36 en Angleterre, quand je vous dis que je suis à la pointe des nouveautés).

Et le style dans tout cela ? Pas facile à lire au départ à cause d’une profusion de personnages et lecture rendue ardue par la profusion d’argot français, alors que Lemmy, dans la V.O parle en slang américain (argot américain)…

Comme l’impression que le texte n’est pas super travaillé dans ses dialogues…

Pendant qu’on est là, j’annonce à Larry que son frère s’est fait buter, et ça lui plaît pas plus que ça, à tel point qu’il brûle de partir de suite pour en descendre un ou deux. Je lui dis de pas s’en faire, qu’avant peu on aura nettoyé tous ces zèbres là, et proprement.

Petite enquête car j’ai peine à croire que le grand Peter Cheney puisse écrire de la sorte, utilisant des termes d’argot qui n’ont rien à voir avec le folklore américain ou anglais.

La traduction est de… Marcel Duhamel, l’ancien agent et traducteur de la Série Noire chez Gallimard. Déjà, ça pue l’oignon ! Sur le quatrième de couverture, il est noté « Texte intégral Série Noire » et là je crie « Bingo, le texte a sans aucun doute été caviardé ».

Gagné, on est bien face à une traduction à la « mord-moi l’fion » ! (pour la rime).

Il faut savoir qu’à l’époque (et jusque pas encore si longtemps que ça), les traductions chez Série Noire était à l’emporte-pièce : on caviardait le texte original (on le censurait), on tranchait dans les romans originaux pour que tous les romans traduits ne dépassent pas les 254 pages.

Des véritables Jack The Ripper chez Série Noire ! Coupe de chapitres, phrases éliminés, paragraphes entiers passés à la trappe, style d’écriture de l’auteur remanié et changé pour mettre de l’argot français et faire en sorte que le lecteur ne se fasse pas péter une neurone lors de sa lecture.

Oui, le roman policier était le parent pauvre, nous étions après la guerre et fallait économiser…

Et c’est là que le bât blesse : toute la richesse d’écriture de Cheney a dû être effacée pour un style à la sous tonton-flingueurs (comme ils le firent durant des années).

Si Cheney voyait son texte traduit, m’est avis qu’il retomberait mort et grosse catastrophe, « Rivages » ne l’a pas retraduit en texte intégral.

Ah que je haïs ces coupes dans les textes ! Ils perdent toute leur essence.

Malgré tout, un bon moment passé avec tout ce petit monde de la truanderie, chacun s’amusant à planter le couteau dans le dos de l’autre. Les bons mots sont légion et les métaphores bien tournées (de l’auteur ? de la traduction ?).

Price est aussi mort que du pâté de cochon.

— T’es marqué, tu le sais très bien, et il va te nettoyer tout de suite. D’ici demain soir tu vas être en train de chanter des hymnes là-haut avec assez de plomb dans le corps pour avoir l’air d’une réclame de fabrique de munitions.

« Quand il en a terminé, tout le monde s’imagine que c’est moi qu’ai appris son métier à Al Capone, et dans le tribunal, les gens me regardent en se demandant si je vais pas leur sortir une mitraillette par le trou d’oreille ».

Mais j’aurais aimé lire le texte en V.O sous titrée pour voir ce qui était passé à la trappe et quels dialogues ils avaient changé. Tout cela ne m’empêchera pas de lire la suite.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), le Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, le Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre et le « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore.

Né sous les coups : Martyn Waites

Titre : Né sous les coups                                            big_5

Auteur : Martyn Waites
Édition : Payot et Rivages (2013)

Résumé :
1984 : Margaret Thatcher est au pouvoir, les mineurs sont en grève. « Deux tribus partent en guerre », pour reprendre un tube célèbre.

À Coldwell, cité minière du Nord, les mineurs ont lutté quasiment jusqu’à la mort, mais ça n’a pas suffi : manipulant l’opinion, recourant à la violence policière, les Tories avaient, à l’époque, méthodiquement cassé les reins du mouvement ouvrier.

Pour les vaincus, le prix de la défaite sera exorbitant : vingt ans plus tard, Coldwell est une ville sinistrée, gangrenée par tous les fléaux sociaux.

Histoire d’un affrontement impitoyable aux conséquences dévastatrices, histoire de criminels qui prospèrent sur la misère, histoires d’amour contrariées, tragiques, mais aussi poignantes, Né sous les coups est la fresque de tout un monde mis à terre qui lutte pour survivre sur deux générations, baignant dans la musique anglaise des années 70 et 80.

Critique : 
Tout comme le chantait Renaud, moi aussi je me changerais bien en chien, et comme réverbère quotidien, je m’offrirais Madame Thatcher. Et je ne serai pas la seule à aller me soulager sur sa tombe, je le sais.

Pourquoi est-ce que je parle de Miss Maggie dans ma chronique ? Parce qu’il est question de son gouvernement dans ce roman noir social.

Ce fut une lecture  dure, âpre, une lecture qui me marquera profondément, un roman dont j’ai dévoré les 200 dernières pages sans pause, restant épuisée à la fin de ma lecture à cause de ma course effrénée dans les rues de la ville, les flics à mes trousses, leurs matraques me chatouillant les côtes et fracassant le sommet de mon crâne, j’ai sauté par-dessus les haies, les chiens policiers à mes trousses, les policiers montés m’ont coursé dans les rues, je me suis faite plaquer contre le mur par les destriers rendu fous par leurs cavaliers, les chevaux redevenant des machines de guerre pour la cause.

Le rapport de force se trouva inversé. Les mineurs étaient quelques centaines, les policiers cinq mille.
Ils attendirent le départ des caméras de télévision, puis ils chargèrent.
La police montée. Les chiens policiers. Ils attaquèrent tout le monde, sans distinction. Quiconque avait un lien avec la grève, homme ou femme, jeune ou vieux, était une cible légitime. Les matraques antiémeutes furent réutilisées pour la première fois depuis dix ans. La dernière fois qu’elles l’avaient été, elles avaient causé la mort d’un manifestant antinazi.
Les gens se firent bastonner, piétiner, mordre.

Il ne faisait pas bon être mineur gréviste en 1984…

« 1984 » n’est pas qu’un roman célèbre d’Orwell… C’est en 1984 que l’Angleterre est entrée dans les temps modernes tels que nous les connaissons. C’est en mai 1984 que la bombe à retardement à été enclenchée et que le compte à rebours fut lancé dans un sinistre « tic-tac ».

Une seul nom : Margaret Thatcher, dite « la dame de fer ». Elle a été réélue pour un second mandat, les gens n’ayant aucune autre alternative crédible. La dame de fer s’est attaqué aux mineurs et les mines ont fermés, entrainant des combats, des tabassages en règle de mineurs et la mort des villes qui vivaient du charbon, pourtant rentable. Les grévistes n’ont pas eu le soutien de la population…

Le succès de ces opérations modifia les mentalités des membres du gouvernement. Il autorisa à penser l’impensable. S’ils pouvaient faire ça impunément, alors ils pouvaient se permettre tout et n’importe quoi.
Les gens ne diraient rien si les mineurs se faisaient démolir. Ils auraient trop peur de perdre leur propre boulot.
On pouvait faire tout et n’importe quoi sans avoir rien à craindre.

Ce roman jongle avec deux périodes, celle de 1984, nommée « avant » et 2001, nommée « maintenant », nous faisant changer d’époque mais avec les mêmes personnages, sans savoir ce qui s’est passé pour eux pendant ces 17 ans (on le saura à la fin).

1984, dans la ville minière de Coldwell, près de Newcastle… Nous sommes  en compagnie de  Tony, un jeune footballeur professionnel qui a du potentiel; de Louise qui cherche l’amour; de Tommy, une jeune brute, bras droit et gauche d’un caïd de la pègre locale; Mick un mineur syndicaliste qui aime la dive bouteille et Stephen Larkin, un journaliste idéaliste.

Tout ce petit monde évolue alors que les mineurs se lancent dans leur ultime combat, certains étant plus impliqués que d’autre.

2001… de la ville de Coldwell en état de siège en 1984 à celle décrépite et moribonde, tout a changé et ♪ « non, non, rien n’a changé » ♫.

Si la révolte semble être morte sous les coups de matraque donné en 1984, la résignation qui a engourdi les mineurs continue de faire son œuvre en 2001. La ville est morte et seule la pègre fait son beurre en vendant de l’herbe.

Ce roman nous montre la manipulation des masses par les médias qui, avec un reportage, peut faire passer le clan A pour des brutes et le clan B pour des victimes. Ici, ce furent les mineurs qui se firent passer pour des brutes sanguinaires et les poulets pour des pôvres petits. Démagogie, quand tu nous tiens.

Le gouvernement Thatcher voulait détruire la classe ouvrière et seuls les mineurs se sont révoltés… Le reste du monde ne comprenait rien et s’en fichait. Ce n’était pas son combat et de toute façon, les médias étaient instrumentalisées, les gens manipulés et les mineurs esseulés.

Les personnages de ce roman sont multiples, certains plus attachants que d’autres. Multiples, mais travaillés ! Ils ont leurs contradictions, ils ont des idéaux, des espoirs de vie meilleure, des envies, du courage mélangé à une part de lâcheté. Et les pire ne sont pas toujours les caïds… N’est-ce pas, Keith ?

Martyn Waites nous balance sans ménagements au milieu de cette population fracassée, moribonde, en état de mort clinique quasi. Il nous jette parmi cette population dépossédée de son travail, privée de son droit à faire bouillir la marmite, amputé de leur fierté et de la solidarité entre camarades mineurs.

Ils n’ont plus rien et ne peuvent léguer à leurs enfants que le malheur, le renoncement à tout et la haine de soi.

Pour eux et pour la génération suivante commence une longue et pénible descente aux Enfers, une descente bien plus dégradante que celle qui les transformait en rats qui grattaient la terre pour en extraire les pépites noires.

L’échec ne naît pas de la révolte mais de la résignation…

Un roman aussi noir que l’anthracite mais au bout du tunnel, il y a souvent de la lumière…

Photo d’illustration : Ce face-à-face à la mine d’Orgreave, près de Sheffield, a été l’un des tournants de la grève des mineurs de 1984-1985. La police a empêché les manifestants de fermer l’usine et ce fut le début d’une longue et douloureuse débâcle, jusqu’à la défaite finale.

Il y a eu d’autres batailles sanglantes après celle-ci, mais le fait que les mineurs n’aient pu obtenir le soutien d’autres ouvriers lors de la bataille d’Orgreave les a dégoûté et isolé. Bien que les grévistes aient recueilli des dons d’argent importants, la tactique du gouvernement Thatcher — anticiper en stockant du charbon et envoyer des troupes de briseurs de grève remplacer les manifestants — s’est révélée efficace et a marqué la fin de l’époque des puissants syndicats.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), le Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, le « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur.

Baiser d’adieu : Allan Guthrie

Titre : Baiser d’adieu                                        big_3

Auteur : Allan Guthrie
Édition : Le Masque (2010)

Résumé :
À Édimbourg, lorsqu’on a besoin d’emprunter de l’argent, on va trouver Cooper. Et si on ne rembourse pas à temps, on reçoit la visite de Joe Hope et de sa batte de base-ball.

Mais maintenant, c’est au tour de Joe d’avoir des problèmes : sa fille adolescente a été retrouvée morte. Un suicide, à première vue, mais il a ses doutes sur la question. Puis sa femme alcoolique est assassinée.

Et il est arrêté pour meurtre. Seulement, pour une fois, Joe est innocent, et apparemment la victime d’un coup monté.

Aidé par un avocat commis d’office mais généreux, et de quelques camarades qui comptent parmi les vrais durs de durs du pays – dont une prostituée au grand cœur – Joe va essayer de découvrir qui l’a mis dans ce mauvais pas, et de se faire justice. À sa manière.

Critique :
Tout le monde le sait, à force de dormir avec les chiens, on se réveille avec des puces ! Joe Hope aurait dû s’en douter.

Lui, dans son travail, il ne connaît pas la crise. Chargé de tabasser à coups de batte de baseball les mauvais payeurs ou les récalcitrants pour le compte de Cooper, son usurier d’employeur dans la riante ville d’Édimbourg, on ne peut pas dire qu’il se soit beaucoup occupé de sa petite famille.

Alors, lorsqu’il apprend que sa fille – qui ne vivait plus chez eux – s’est suicidée, il ne comprend pas pourquoi et frôle même la mauvaise foi. C’est vrai quoi, si sa fille avait des soucis, elle n’avait qu’à venir lui en parler.

— Et lui parler de quoi ? Je ne savais pas, moi, qu’elle voulait parler. Elle m’a jamais rien dit.
— T’as jamais posé la question, lui rétorqua Ruth.
— Mais je savais pas, moi. Putain de merde ! Je savais pas que quelque chose n’allait pas. Pourquoi j’aurais posé la question ?
— Mais putain, si seulement t’avais fait un peu attention, elle serait peut-être pas morte.

Niveau personnage principal, Joe Hope mérite des baffes en raison de sa réaction assez « froide » lorsqu’il apprend le suicide de sa fille, pensant plus à aller casser la gueule du cousin de sa femme qui devait veiller sur sa fille plutôt que de se remettre en question.

Le meurtre de sa femme ne lui causera pas le moindre chagrin, mais le voilà sous une inculpation de meurtre !

Le côté enquête n’est pas très important, tout lecteur un peu éveillé comprenant vite qui a tué l’épouse et qui est visé dans le carnet de la fille. Tout le sel étant dans la manière dont Joe va arriver à prouver qu’il n’est pas coupable mais victime d’un coup monte, aidé seulement par trois bras cassés : le cousin de sa femme (qui a de l’embonpoint), une prostituée et son jeune avocat commis d’office.

Bien que le quatrième de couverture parle de « quelques camarades qui comptent parmi les vrais durs de durs du pays », faut se lever de bonne heure pour les croiser parce qu’ils ne s’y trouvent pas. Sauf si l’on considère un écrivain et un jeune avocat comme des durs de durs… mais il y a peu d’espoir.

Du cynisme, de l’humour, des dialogues qui font souvent mouche, de la rage qui palpite sous les pages et dans les phrases, et un final qui fait monter l’adrénaline.

Émotion aussi lorsqu’il se rend compte, en lisant le journal intime de sa fille, que ce qui n’avait été qu’une banale journée pour lui (la chute des météores), elle avait compté énormément pour sa petite fille. Elle aimait son père et guettait le moindre signe aimant de sa part.

Un bon roman noir à lire en sirotant du thé car il est anglais, mais sans le kilt, bien que nous soyons en Écosse.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (finaliste du Gumshoe Awards et du Shamus), « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore, Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, Challenge « Nordique » chez Mes chroniques Littéraires et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur.

Brunswick Gardens : Anne Perry

Titre : Brunswick Gardens                            big_3

Auteur : Anne Perry
Édition:  10/18

Résumé :
Alors que la bataille fait rage entre les tenants de l’évolution des espèces de Darwin et l’Église anglicane, une jeune femme, Unity Bellwood, est engagée par un pasteur, le révérend Ramsay Parementer, afin de l’aider à traduire des textes anciens.

Cette jeune femme, féministe convaincue, prêche également pour la théorie de Darwin.

Or, après une âpre dispute avec le pasteur, elle tombe dans l’escalier et se brise la nuque…

L’enquête étant délicate, elle est confiée à Thomas Pitt qui se rend aussitôt au manoir de Brunswick Gardens, ou vit le pasteur avec ses trois enfants et Dominic Corde, un vicaire, qui se trouve être également le beau-frère de Charlotte et Thomas Pitt.

Tout accable Ramsay, et pourtant Thomas a du mal à croire à sa culpabilité. Plusieurs nouveaux incidents viendront obscurcir l’affaire, avant qu’un coup de théâtre de dernière minute ne dévoile enfin l’identité du meurtrier.

Critique : 
1891… Suite à une chute mortelle dans les escaliers de Unity Bellwood, l’assistante du révérend Ramsay Parementer, Pitt est appelé à faire toute la lumière sur cette triste affaire dans laquelle le révérend semble impliquée, la jeune fille ayant crié « Non, non, révérend » avant de se rompre le cou en bas des marches.

Une fois de plus, il va devoir marcher sur des œufs afin de ne pas inculper le révérend si celui-ci s’avérait finalement innocent comme il le dit.

Je dois avouer que j’ai eu bien du mal avec les cent premières pages… Toutes les considérations religieuses étalées dans les pages et le mini huis-clos entre toute la famille : le fils catho, les deux filles non-conformistes, le père révérend qui avait la tête ailleurs, la mère et le vicaire vivant avec eux.

Mais en m’accrochant, je me suis fait violence et je n’ai pas sauté de pages. Une fois passé ce cap, le reste défile tout seul et j’ai pris plaisir à ma lecture, bien que j’aie deviné assez vite qui était coupable…

Une fois que j’avais éliminé l’impossible, ce qui restait, aussi improbable que ce soit, devait être la vérité… Bingo pour le nom, mais erreur pour le mobile et la manière de faire.

Notre morte, Unity Bellwood était une femme libre, une féministe et grande militante des théories de Darwin.

Toute la maisonnée est suspecte : personne n’est venu de l’extérieur et les idées modernes de la jeune femme lui avaient valu de nombreuses inimitiés dans la maison, hormis avec Tryphena.

Une bonne idée que de nous avoir ressortit le beauf à Charlotte, Dominic Corde, le veuf de sa sœur Sarah (voir le premier tome « le meurtre de Callender Square »). De « personnage détestable » il est devenu beaucoup plus intéressant à suivre. Une belle évolution.

Comme toujours, la palette de personnages est bien fournie et travaillée. On aurait envie d’en brûler quelques uns sur un bûcher… Quant à d’autres, on aimerait les croiser dans le roman suivant pour voir s’ils ont pu conclure dans le foin. Pardon, « concrétiser leur amour naissant ».

Ce roman aborde les questions de la place de la femme dans la société victorienne, de son non-droit de vote, du jugement de son intellect face aux hommes (on s’en prend plein la gueule, mesdames !), il fera aussi la part belle à la « religion anglicane vs religion catho » et à Darwin.

— Elle n’aurait jamais dû avoir le droit de se pencher sur des sujets théologiques aussi sérieux. […] Ce n’est pas fait pour les femmes. De pas leur constitution, elles sont incapables de comprendre. Ce ne sont pas des questions qui font appel aux sentiments mais à l’esprit pur, à la raison, débarrassée des émotions et des préjugés.

— Je crois vous l’avoir déjà expliqué, dit-il avec aigreur. Les femmes sont, de par leur nature, inaptes aux graves questions intellectuelles. Miss Bellwood ne faisait pas exception à la règle. Elle avait l’esprit vif, saisissait aisément les faits, s’en souvenait aussi bien que n’importe qui, mais la compréhension profonde lui échappait.

Petit bémol… Dans le roman, les personnages réduisent Darwin à la théorie selon laquelle l’homme descendrait du singe : ce qui est faux.

Premièrement, on ne descend pas du singe, merci bien, je n’ai rien avoir avec les primates et même si on partage 98,5% de notre ADN avec le chimpanzé, nos tendons de la cheville n’ont rien en commun (pour ne citer que cela). Hé ho, je suis un être humain, pas un numéro et encore moins un singe.

Deuxièmement, Darwin n’a jamais dit ça… je le pensais aussi (avec horreur) à un moment, jusqu’à ce qu’on me remette dans la bonne direction.

Alors, mauvaises connaissances de l’auteur ou juste la transcription de ce que les gens pensaient à l’époque, puisque les critiques, hostiles à Darwin, avaient tiré cette théorie qui n’était pas exprimée…

Pour info, dans « L’Origine des espèces », Darwin ne parlait pas des origines de l’homme. Le public a confondu les idées exprimées dans le livre de Darwin avec celles de Lamarck, qui cinquante ans auparavant avait avancé cette idée, sans que cela fasse scandale.

Je pencherais pour une vision de la pensée telle qu’elle était à l’époque : déjà amalgamée de choses fausses et fort réduite. Vous pensez ce que vous voulez, mais moi, je n’ai rien à voir avec le singe !

Bref, un tome un peu chiant au départ, mais plus instructif et plus « chaud » ensuite, car les repas familiaux seront haut en couleurs et en noms d’oiseaux ! Sans parler de la solution de l’affaire…

Le côté huis-clos m’a bien plu aussi (celui après la page 100), ainsi que les incursions de Pitt dans le passé trouble de son beau-frère. Par contre, Charlotte est un peu moins présente.

L’avantage, avec cette collection, c’est que l’on en apprend plus sur la société victorienne et ça me plaît.

Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), du Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), du Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, de l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur, du Challenge « Victorien » chez Arieste, du Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et, last but not leaste, d’une LC chez Bianca.

Black Butler – Tome 16 : Yana Toboso

Titre : Black Butler : Tome 16                                            big_2-5

Scénariste / Dessinateur : Yana Toboso
Édition : Kana (2014)

Résumé :
Il n’existe qu’une seule façon pour Ciel de participer au thé de minuit organisé par le principal du Weston College… Être le joueur qui se distinguera le plus au tournoi traditionnel de cricket.

Les élèves choisis pour représenter chaque dortoir, débordants de jeunesse, courent sur la pelouse vert tendre.

Critique : 
L’école de sorcellerie de Poudlard avait 4 maisons qui s’affrontaient au Quidditch, le Weston College a 4 dortoirs qui s’affronteront au criquet !

Le jeune Ciel a compris qu’il se tramait un truc louche avec les disparitions de certains élèves, transférés – sois-disant – à la « Purple House ».

Hors, vu que les relations entre les 4 maisons qui composent le collège sont souvent orageuses, on peut en déduire que les transferts d’élèves entre les maisons sont inhabituels, étranges et hautement suspect. C’est un peu comme si la reine Elizabeth II allait en représentation sans ses traditionnels gants. C’est vous dire si c’est bizarre.

Personne n’a rien dit parce que c’est le Principal du collège – celui qu’on ne voit jamais ! – qui a pris la décision.

Le Principal, dont on ne met jamais en doute les décisions, ne se montre jamais que lors du traditionnel match de criquet du 4 juin. Et pour pouvoir parler avec, il faut s’être distingué durant le match pour avoir le droit de prendre le thé de minuit avec lui et les préfets.

Ciel va devoir mettre toute sa science en marche pour élaborer une stratégie afin de gagner le match parce que sa maison est la plus faible, étant composée d’intellectuels.

Suspense, sport, petites infos sur le criquet anglais – ancêtre du base-ball américain – et flash-back consacrés au père de Ciel composent ce tome où, pour une fois, l’enquête n’est pas close à la fin de ce triplé.

Agréable à lire, récit composé d’indices pour résoudre l’enquête, dessins superbes, mais ça n’avance pas fort…

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), au Challenge « Polar Historique » de Sharon, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au Challenge « Victorien » chez Arieste, au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et au « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore.

 

Trois mille chevaux vapeur : Antonin Varenne

Titre : Trois mille chevaux vapeur                                  big_5

Auteur : Antonin Varenne
Édition:  Albin Michel (2014)

Résumé :
Birmanie, 1852. Arthur Bowman, sergent le la Compagnie des Indes orientales est choisi pour accomplir une mission secrète durant la 2e guerre anglo-birmane. Mais l’expédition tourne mal et les hommes sont capturés et torturés pendant plusieurs mois. Seuls dix d’entre eux en sortiront vivants.

Londres, 1858. Alors qu’il se noie dans l’opium et l’alcool, luttant avec ses fantômes, Bowman découvre dans les égouts le cadavre d’un homme mutilé. La victime semble avoir subi les mêmes sévices que ceux qu’il a endurés dans la jungle birmane.

Persuadé que le coupable est l’un de ses anciens compagnons de captivité, Bowman décide de partir à sa recherche. Une quête qui s’achèvera douze ans plus tard, en 1864, sur les rives d’un autre continent.

À l’Ouest. Où une autre guerre a éclaté. Le chemin qui le mènera à la vérité sera aussi celui de sa rédemption.

Walden qui fait ses oreilles méchantes ?

Critique :
1852, Madras, Birmanie… Nous partîmes 15 mille, mais pas un prompt renfort, nous ne fûmes plus que dix élus à monter sur le Sea Runner. 30 en arrivant à la jonque qui devait nous mener en mission, mais elle s’échoua sur la berge…

Par mon commandement, mes hommes se mirent en joue et nous vainquîmes la jonque ennemie, mais deux autres survinrent. Prisonniers, nous ne fûmes que 10 à survivre aux tortures lorsqu’en 1853, les Birmans libérèrent les prisonniers britanniques dont nous faisions partie.

1858. Arthur Bowman est rentré depuis 5 ans à Londres, cassé, traumatisé, hanté par une armée de fantômes qu’il tente de noyer dans l’alcool. Surveillant à la brigade de la Tamise, il regarde la ville suffoquer sous l’odeur pestilentielle qui la ronge.

Les chaleurs des derniers mois ont fait descendre le niveau de la Tamise et les déchets s’y accumulent : merde, cadavres de bêtes en provenance des abattoirs et tutti quanti. Franchement, n’éditez jamais ce roman en odorama, on le fuirait tant ça y fouette dans ces passages !

« Fin juin, la température avait continué de grimper et la Tamise s’était épaissie au point de devenir une lente coulée de lave putride.

Les déchets des usines, déversés dans les mêmes égouts ou directement sur les berges, s’accumulaient en nappes noires et grasses. Les rejets des abattoirs flottaient à la surface du fleuve solidifié.

Des carcasses de vaches et de moutons, engluées dans la boue, passaient lentement devant le nouveau Parlement de Westminster.

Les pattes des squelettes pointaient en l’air comme sur un champs de bataille abandonné et des corbeaux venaient s’y percher.

Il fallait une demi-journée pour que les cornes d’un bœuf, à l’horizon du pont du Lambeth, passent sous les fenêtres de la Chambre des Lords et disparaissent sous le pont de Waterloo. On prétendait qu’à certains endroits on pouvait traverser le fleuve à pied.

Le 2 juillet, la chaleur fut sans égale et la ville tout entière recouverte par l’odeur d’un gigantesque cadavre ».

Londres crève, Londres pue, Londres à soif mais Londres survit !

« Si l’enfer avait une odeur, elle ne pouvait pas être différente de celle-là et l’idée faisait son chemin: Londres se changeait bel et bien en enfer, il y avait derrière cette peine divine une raison enfouie, un péché monstrueux ».

C’est un meurtre horrible qui va faire bouger l’ancien sergent Bowman de la torpeur dans laquelle il se complaisait : ce corps, comme passé à la moulinette, il est persuadé que c’est un de ses anciens hommes qui l’a torturé. Ils étaient dix à s’en être sorti…

Menant son enquête afin de retrouver les 9, il élimine les incapables, les décédés, le fou, l’emprisonné et le suicidé. Lorsque sa liste ne comporte plus que deux noms, il apprend qu’un est parti et que l’autre est pasteur.

Bowman n’hésitera pas à traverser l’océan à destination de l’Amérique pour suivre la piste de son homme lorsqu’il lira qu’un meurtre semblable à celui des égouts de Londres à eu lieu dans une ville américaine.

Là, on peut dire que ce roman vous fait vivre l’aventure avec un grand « A ». Un Triple « A » même : Aventure, Action, Amérique.

Réunissant un peu tous les genres, mélangeant le roman de guerre avec du polar historique et trempant le tout dans du western et de l’aventure intérieure, ce roman entre dans 7 de mes challenges littéraires.

Un superbe voyage sur trois continents, passant de la Birmanie à Londres puis New-York et ensuite sur les plaines désertiques de cette jeune nation en construction que sont les États-Unis. Le portrait n’est pas flatteur, mais il est réaliste.

— Les États-Unis ne sont pas une jeune nation, mais un commerce d’êtres humains florissant. Ceux qui débattent aujourd’hui à Washington de l’émancipation des esclaves sont les propriétaires des usines où travaillent ces femmes. Ce sont eux qui font tirer sur les ouvriers. Dans le Sud, un Blanc qui tue un Nègre ne va pas en prison, mais un Blanc qui aide un esclave en fuite ira moisir dans une cellule pendant longtemps. Les pauvres sont trop nombreux, on ne doit pas les laisser se réunir.

— Les Blancs ont inventé en Amérique un pays sans passé pour avoir une vie nouvelle. Mais cette terre a une mémoire. C’est pour ça qu’ils nous tuent [les indiens], pour l’effacer. Qu’est-ce que tu en penses ?
— Ce que j’en pense ? Que c’est la même saloperie partout où je suis allé.

L’écriture est magique, elle vous scotche aux pages qui défilent plus vite que le vapeur Persia sur l’océan, celui qui possède un moteur de trois mille chevaux vapeur et qui vous fait la traversée en 9 jours et quelques heures (sans croiser d’iceberg, lui).

Pas de bâillement, pas de décrochement de la mâchoire, pas de « Hé, c’est du chiqué » car tout est bien dosé, bien écrit, bien pensé, bien dosé et les personnages secondaires sont bien travaillés. Un pensée émue pour les Fitzpatrick.

L’aventure est une véritable épopée, vous traverserez les states sur votre mustang, suivant la piste sanglante du criminel, mangeant sur le pouce une tambouille de haricots ou de lard, bivouaquant à la belle étoile, chassant, dépeçant et buvant des les rivières, avant de vous saouler dans un bar quelconque.

Ce roman, c’est aussi des galops furieux durant des heures et des heures qui m’ont cassé le dos, mis les reins en compote et collé des hémorroïdes au cul tellement la selle était peu confortable et que mon Arthur Bowman cravachait comme un fou.

L’ex-sergent Bowman… un sacré mec ! Bougon, grognon, un meneur d’homme, pas un tendre, mais tout de même… sous sa carapace, là, bien au fond, il saura s’émouvoir. Et nous émouvoir de par ses blessures profondes dans l’âme.

Bowman, c’est un boxeur. Cent fois mis au tapis, cent fois il se relèvera et repartira au combat, encore plus enragé qu’avant. Jusqu’au K.O final, mais il ne renonce jamais.

— Pour votre malheur, Bowman, vous avez survécu à des choses qu’un homme normal n’aurait pas supportées. Vous auriez dû vous tuer depuis longtemps, mais si vous ne l’avez pas fait, c’est qu’il y a en vous quelque chose de plus fort que ce dont vous avez été victime.

La traque est intense, rude, il est seul avec Walden, son mustang, seul avec lui-même et ses fantômes. Seul avec ses armes et ses pensées noires. Seul sur la piste…

Un livre qui restera gravé dans ma mémoire, tel un mustang marqué au fer rouge sur la cuisse : à vie.

Un anti-héros avec qui j’ai voyagé sans m’ennuyer une seule seconde, un homme qui m’a ému, émerveillé, emballé et avec qui j’aurais encore fait un bout de chemin.

À tel point que ce matin, alors que je continuais mon roman sur la jeunesse de Sherlock Holmes à Pau entamé la veille (j’étais p 40) dans la foulée de « Trois mille chevaux vapeur »  je me suis dit « Mais pourquoi Bowman va-t-il à la biblio municipale ? Il n’y en a pas dans l’Ouest sauvage ! » quand je me suis souvenue que le roman était terminé et que j’étais dans un autre où les biblio municipales sont présentes.

C’est vous dire si Bowman m’a marqué ! Dommage que c’était son dernier coup d’archet… His Last Bow(man).

Réclamation : pourquoi, à un moment donné – p554 – ce roman se termine ?? L’auteur ne pouvait-il pas encore ajouter 200 pages juste pour mon plaisir personnel ? Quel est l’imbécile qui a inventé le mot « Fin » à des romans de cette trempe là ??

Un gros coup de cœur pour ce roman sombre, mais lumineux.

« Je ne crois pas au fond nous ayons lu trop de livres. Seulement nous vivons entourés de gens qui n’en n’ont pas lu assez, aussi incultes que cette terre. Si nous avons été naïfs, c’était en croyant des hommes d’affaires, plus qu’à nos idées ».

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, Challenge « Victorien » chez Arieste, le « Challenge US » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore,  « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence ».

Un intérêt particulier pour les morts : Ann Granger

Titre : Un intérêt particulier pour les morts                          big_3-5

Auteur : Ann Granger
Édition : 10-18 (2013)

Résumé :
Nous sommes en 1864 et Lizzie Martin accepte un poste de dame de compagnie à Londres auprès d’une riche veuve qui est aussi une propriétaire de taudis. Lizzie est intriguée d’apprendre que la précédente dame de compagnie a disparu, apparemment après s’être enfuie avec un inconnu.

Mais quand le corps de la jeune fille est retrouvée dans les décombres de l’un des bidonvilles démolis récemment autour de la nouvelle gare de St Pancras, Lizzie commence à se demander ce qui s’est passé.

Elle renoue avec un ami d’enfance, devenu l’inspecteur Benjamin Ross, et commence à enquêter avec son aide, au péril de sa vie, pour découvrir la vérité sur la mort de la jeune fille dont le sort semble étroitement lié au sien.

Critique : 
En l’an de grâce 1864,  Elizabeth Martin (Lizzie), 29 ans quitte son Derbyshire pour monter à la capitale afin de jouer à la dame de compagnie auprès d’une riche veuve.

Pourquoi ? Parce que son père, médecin fort apprécié dans la région, est décédé il y a peu de temps, la laissant sans un rond… À force d’aider son prochain, il en a oublié de laisser à sa fille de quoi subvenir à ses besoins. C’était un homme bien qui se dit « Charité bien ordonnée devait commencer par les autres ».

— C’est un petit garçon qui est mort, dis-je. Un tout petit garçon, n’est-ce pas papa ?
Mon père se tourna vers moi et je crois que c’est seulement à cet instant qu’il s’aperçut de ma présence.
  — Oh, Lizzie…
Puis, secouant la tête :
  — Oui, un tout petit enfant. Plus jeune que toi, je pense.
  — Que faisait-il à la mine ? demandais-je. Il n’était tout de même pas assez grand pour extraire le charbon ! (…)
  — N’oublie jamais ce que tu as vu aujourd’hui. Souviens-toi que cela représente le vrai prix du charbon.

Dans cette Angleterre rigide des années 1860, la femme n’a pas la place qu’elle mérite. Elle doit juste fermer sa bouche et tenir sa maisonnée, tout en pondant quelques marmots (les riches en faisant moins que les très pauvres).

Lizzie a 29 ans, pas mariée, c’est donc une vieille fille, pour l’époque. De plus, elle a du mal à tenir sa langue et n’est pas ce que l’on peut dire « jolie ». Bref, elle risque de voir pousser les toiles d’araignée entre ses jambes, la pauvre. De plus, à cette époque, s’envoyer en l’air en dehors des liens du mariage est trèèèès mal vu !

1864… C’est aussi à cette époque que l’on rasa des taudis afin de bâtir la future gare de Saint-Pancras. Et les gens qui y survivaient ? Mais enfin, tout le monde s’en moque ! Vous pensez bien, des pauvres… Le capitalisme n’est pas une invention de notre siècle et on nous le démontrera dans le roman.

L’arrivée de Lizzie dans la ville de Sherlock Holmes (en 1864, il était tout gamin et vivait à la campagne) n’est pas de tout repos ! Voilà que le fiacre qui l’emmène chez la vieille peau croise la route d’un tombereau avec le cadavre d’une jeune femme dessus !

Coïncidence malheureuse, le cadavre est celui de la précédente dame de compagnie qui avait disparu, apparemment en s’enfuyant avec un inconnu.  Rhôôô, très mal vu à l’époque ! Petite dévergondée, va ! Elle brûlera dans les flammes de l’Enfer, selon le Dr Tibbet, gardien de la moralité devant l’Éternel (passez-moi mon AK47, s’il vous plaît, merci).

Lizzie, en digne émule de Sherlock Holmes et du couple Charlotte et Thomas Pitt auquel elle ressemble un peu, va enquêter sur cette affaire où se mêlent d’étranges coïncidences…

Coup de bol, l’inspecteur principal est une lointaine connaissance du Derbyshire et il voue à Lizzie une admiration sans borne. Non, pas de scènes de sexe torride dans le roman, désolée.

Certes, l’intrigue n’est pas recherchée comme celles d’Agatha Christie, certes, l’inspecteur Ben Ross n’est pas Holmes, mais ce fut un véritable plaisir de découvrir cette nouvelle venue dans le polar historique victorien !

Personnages agréables – certains étant détestables, mais c’est ce qui fait le sel de l’histoire – un majordome un peu louche avec sa manie de surgir partout, sa femme qui a tout du dragon, des personnages suspects, des rigides, des collets montés ou bon à jeter dans la Tamise, la panel est varié et bien représenté.

L’époque est bien restituée, il ne manquait plus que le bruit des roues des fiacres, la sensation du brouillard et l’odeur putride des taudis !

« Le brouillard se refermait sur moi, m’enveloppait aussi sûrement qu’un nouveau-né. Et comme un nouveau-né, je regardais le monde avec étonnement, incapable de différencier le nord du sud et l’est de l’ouest, et tout juste le haut du bas. Étais-je en train de monter une légère pente ? Descendais-je une ruelle ? J’avais cru me trouver dans une rue parallèle à Oxford Street ; peut-être étais-je en train de m’éloigner. Je n’entendais aucun bruit de circulation, le brouillard émoussait tous les sons ».

Bon point, je n’avais pas vu venir le (la) coupable à la fin !

Le seul bémol sera à attribuer à l’imprimeur qui, une fois arrivé à la page 216 passe à la 145 ! Abus d’alcool ou manque de café, tout rentre dans l’ordre à la 241 mais il me manque l’histoire qui s’est passée durant ces 25 pages manquantes !

Sans transcender le genre, ce polar ce lit avec grand plaisir et je me demande bien ce que les autres tomes nous réservent. En tout cas, ce sera avec moi !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, Challenge « Victorien » chez Arieste, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore.

Ashworth Hall : Anne Perry

Titre : Ashworth Hall                                       big_3

Auteur : Ashworth Hall  
Édition :  10/18

Résumé :
En cette fin de XIXe siècle, les dissensions politiques et religieuses en Irlande n’en finissent pas d’empoisonner le gouvernement britannique ; la guerre civile menace.

Une rencontre secrète est alors organisée entre protestants et catholiques irlandais dans le superbe manoir d’Ashworth Hall, et le commissaire Pitt se voit contraint d’assurer, en toute discrétion, la sécurité du lieu.

Aidé de l’inspecteur Tellman et de sa femme Charlotte, Pitt surveille le déroulement de cet événement à hauts risques tandis que la tension monte entre les invités.

Lorsque l’un des convives est assassiné, l’atmosphère du château pourrait bien tourner à l’explosion de violence et mettre en péril la paix de tout le royaume.

Critique : 
Qui a commencé entre les O’Timmins et les O’Hara ? Nous ne le saurons jamais avec certitude, mais entre les Irlandais catholiques et les Irlandais Protestants, l’entente n’est pas au beau fixe…

Un peu comme dans « Les rivaux de Painful Gulch » de Morris… L’humour en moins, bien entendu. Quant à leur entente avec les Anglais… Là, c’est tout aussi pire ! Toutes ces querelles sont comme des pelotes de laine dont on ne sait plus trop où se trouve le bout.

— Oublions le passé, Gracie. Nous ne devrions pas non plus être là où nous sommes. Ici se sont succédé les Normands, les Vikings, les Danois, les Romains. Les Écossais, au départ, venaient d’Irlande.
— Non, Madame, les Écossais viennent d’Écosse, la contredit Gracie.
Charlotte secoua la tête.
— En Écosse, il y avait les Pictes. Les Écossais venus d’Irlande les ont chassés de leurs terres. […]
— Bon alors, si les Écossais venaient d’Irlande et ont envahi l’Écosse, d’où y viennent, les Irlandais ? Pourquoi ils peuvent pas s’entendre, comme tout le monde ?
— Parce que certains Écossais protestants ont été chassés par les Anglais et sont retournés en Irlande, où la majorité de la population, entre-temps, était devenue catholique.

Au XIXème, déjà, les dissensions politiques et religieuses entre catho et protestants en Irlande n’en finissaient pas d’empoisonner le gouvernement britannique car la guerre civile menaçait de se déclarer entre les deux factions.

Que faire ? Tenter d’apaiser les tensions à l’aide d’une secrète réunion  entre protestants et catholiques irlandais, sans omettre dans le lot des modérés et un médiateur. Le médiateur ayant déjà reçu des menaces de morts, il faut le protéger discrètement…

Par qui ? Par le commissaire Pitt, pardi ! Où ? Dans le superbe manoir d’Ashworth Hall, demeure d’Emily, la sœur de sa femme Charlotte. Comment ? En toute discrétion, je vous prie ! Les déguisements « robes de soirées » et « smoking » seront de rigueur.

Voilà Pitt déguisé en bodyguard… Kevin Costner était bien plus efficace dans le rôle car le médiateur Greville s’est noyé dans sa baignoire, le tout à l’insu de son plein gré ! Un meurtre, oui, c’est bien cela. Ah c’est bête, comment on va faire, maintenant, pour la réunion, hein ?

Pour une fois, nous n’arpenterons pas les ruelles de Londres, nous ne prendrons pas le thé chez les ladys car nous sommes dans un huis-clos !

Le meurtre a eu lieu et la directive est « Que personne ne sorte ». Pitt, aidé de son second, Tellman (au départ, déguisé en valet peu coopératif), doit résoudre ce meurtre dans les plus brefs délais avant que l’ambiance ne tourne à l’explosion (dans tous les sens du terme).

Ici, pas de ladys dans le sens premier du terme – vous savez, celles qui boivent du thé – mais des irlandaises catho ou protestantes qui se regardent en chiens de faïence. Pas évident, dès lors, de trouver un sujet de conversation qui ne soit pas sujet à controverses ou à disputes. Hormis parler de la pluie et du beau temps, ou chiffons, il ne reste pas grand-chose comme sujets de discussion à l’hôtesse et à sa sœur Charlotte.

Entre leurs maris ou leurs frères, l’ambiance n’est pas mieux, je dirais même qu’elle est plus tendue que le « matériel » d’un acteur porno sur le point d’entrer dans… heu, en action !

Chacun se renvoie la faute, certains se vautrent dans le statut de victimes, d’autres dans les lits qui ne sont pas les leur et on se demande s’ils ont vraiment le désir d’arranger leurs différents où s’ils ne préfèrent pas mieux que tout continue, afin d’avoir encore une cause pour laquelle mourir ou des légendes fausses à raconter.

— Vous n’êtes qu’une Anglaise arrogante, qui se moque bien de savoir que les Irlandais meurent de faim par votre faute ! Vous me rendez malade. Pas étonnant que l’on vous déteste !
— J’ai jamais dit qu’on avait raison, dit Gracie d’un ton las. Je dis seulement qu’Alexander Chinnery a pas tué Neassa Doyle et que vous mentez depuis trente ans, parce que ce mensonge sert votre cause. Vous arriverez jamais à faire la paix, parce que ça vous plaît d’être des victimes. Moi, j’ai pas envie de dire que tous mes malheurs, c’est de la faute des autres. Ça voudrait dire que je suis une marionnette qu’on manipule comme on veut.

Cela m’a changé de mes habituels « Charlotte Pitt » de rester à l’intérieur d’un manoir et de voir les gens prêts à se sauter à la gorge au nom d’une cause.

Le côté politique m’a bien plu et j’ai appris des choses durant ma lecture en suivant les flèches décochées par chaque camp. Entre nous, vu leur comportement, ils donnaient envie de pleurer, vu leur incommensurable bêtise.

— Et si Mr. Doyle et Mr. O’Day connaissaient la vérité, ils changeraient peut-être d’attitude, non ? demanda gracie avec une pointe d’espoir dans la voix.
— Non, répondit Charlotte sans hésiter. Cela signifierait que leur famille leur a menti. Ce n’est jamais bon à apprendre.
— Même si c’est la vérité ?
— Surtout si c’est la vérité.

Conseil, si vous le lisez, faites comme moi : prenez des notes lors de la présentation des personnages afin de vous y retrouver dans les noms des Irlandais catho ou protestants ! Sans cela, vous risquez d’être perdu et de ne pas profiter aussi bien du récit.

Bien que j’ai deviné de suite qui était plus louche que les autres, bien que je ne me sois pas trompée dans les noms des coupables, non seulement ça n’a pas gâché mon plaisir, mais je dois confesser que j’avais tout de même fait une petite erreur de jugement…

Un roman court, différent des autres, mais qui se lit tout seul, le tout dans une ambiance assez houleuse additionnée d’un huis-clos explosif !

♫ J’ai voulu planter un oranger
Là où la chanson n’en verra jamais ♪
Là où les arbres n’ont jamais donné ♫
♪ Que des grenades dégoupillées ♫

Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), du Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), du Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, de l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur, du Challenge « Victorien » chez Arieste, du Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Ma PAL fond au soleil » chez Métaphore et, last but not least, d’une LC chez Bianca.

CHALLENGE - Ma PAL Fond au soleil

Le « Mois Anglais 2014 » : Bilan de mes publications

Oui, Titine, Cryssilda & Lou avaient de nouveau osé m’inviter au célèbre « Mois Anglais » qui se déroule chaque année en juin…

C’est surtout Titine qui est la plus folle ou celle qui aime vivre le plus dangereusement, parce qu’elle avait déjà eu un aperçu de ce dont j’étais capable quand on me poussait un peu… Le « Mois anglais » 2013

Là, à cause de moi, elles doivent être en burn-out quelque part…

En 2013, j’avais déjà cartonné avec 36 fiches, mais cette année, j’ai pulvérisé les compteurs avec 62 fiches !

Sans oublier que la plupart de ces billets entrent aussi dans les challenges « I Love London », dans le « Victorien », dans le « XIXème siècle », le « Polar historique », le  « Thrillers & polars » et le « Sherlock Holmes ».

  • 11 mangas (Black Butler – City Hall)
  • 1 bédé (Sherlock Holmes : Crimes Alley 2)
  • 10 romans
  • 2 séries télé (Whitechapel – Ripper Street)
  • 1 téléfilm en deux parties (Jack The Ripper)
  • 2 films sur Jack The Ripper (From Hell – Murder by decree)
  • 16 articles sur Jack The Ripper (de mon cru)
  • 13 articles sur Sherlock Holmes (de mes petites mains)
  • 6 articles sur la série Granada (Sherlock Holmes) : 1 pour l’intor et 5 sur les épisodes.

Bilan du Mois Anglais 2014 – Tous les billets par ordre de parution :

  1. City Hall – Tome 1 : Lapeyre (relecture jamais fait de fiches)
  2. Le vrai journal de Jack l’Éventreur : Bob Garcia
  3. Sherlock Holmes Crime Alleys – Tome 2 – Vocations forcées : Cordurié
  4. City Hall – Tome 2 : Lapeyre (relecture jamais fait de fiches)
  5. City Hall – Tome 4 : Lapeyre
  6. Elephant Man – La véritable histoire de Joseph Merrick  : Howell & Ford
  7. Black Butler – Tome 1 : Yana Toboso (relecture jamais fait de fiches)
  8. Ripper Street – Saison 2 : Série
  9. Les mois d’avril sont meurtriers : Robin Cook
  10. Jack The Ripper – Intro
  11. Black Butler – Tome 2 : Yana Toboso (relecture)
  12. Jack The Ripper – 1. Petite histoire de l’East End
  13. Jack The Ripper – 2. Première victime : Mary Anne Nichols
  14. Jack The Ripper – 3. Mais que fait la police ?
  15. Black Butler – Tome 3 : Yana Toboso (relecture)
  16. Black Butler – Tome 4 : Yana Toboso (relecture)
  17. Jack The Ripper –  4. Deuxième victime : Annie Chapman
  18. From Hell : Film d’Albert et Allen Hughes (2001)
  19. J’étais Dora Suarez : Robin Cook
  20. Élémentaire mes chers parents : Pardheilla
  21. Jack The Ripper – 5. Les Lettres : « Dear Boss » – « From Hell » & « Saucy Jack »
  22. Jack The Ripper –  6. Troisième victime : Elizabeth Stride
  23. Black Butler – Tome 5 : Yana Toboso (relecture)
  24. Black Butler – Tome 6 : Yana Toboso (relecture)
  25. Meurtre par décret – Murder by decree : Film Bob Clark (1979)
  26. Jack The Ripper – 7. Quatrième victime : Catherine Eddowes
  27. Black Butler – Tome 7 : Yana Toboso (relecture)
  28. Black Butler – Tome 8 : Yana Toboso (relecture)
  29. Jack The Ripper – 8. ♫ Presse qui roule, nous casse les couilles ♪
  30. Jack The Ripper –  9. Mais que fout la police ??? [PART I]
  31. Jack The Ripper –  9. Mais que fout la police ??? [PART II]
  32. Jack The Ripper –  9. Mais que fout la police ??? [PART III & fin]
  33. Jack The Ripper – 10. Cinquième victime : Mary Jane Kelly
  34. Jack The Ripper – 11. Une légende était née : surnom
  35. Adieu demain : Michael Mention
  36. Jack The Ripper – 12. Mode opératoire, théories, suspects… [FIN]
  37. Sherlock Holmes – The Consulting Detective : Intro
  38. Sherlock Holmes – 1. Sherlock Holmes en long et en large
  39. Sherlock Holmes – 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.1. AMOUR
  40. Retour à Whitechapel : Michael Moatti
  41. Sherlock Holmes – 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.2 SEXE
  42. Sherlock Holmes – 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.3 DROGUES
  43. Sherlock Holmes – 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.3.1 Mister Sherlock et docteur Holmes
  44. Jack The Ripper – 13. Reportages Télé
  45. Sherlock Holmes – 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.4 ♫ ROCK’N ROLL♪
  46. Sherlock Holmes – 3. Holmes travestit
  47. Sherlock Holmes – 4. Gédéon Theusmanie ?
  48. Whitechapel : Série (2009)
  49. Sherlock Holmes – 5. Sherlock Holmes – Qui a dit « Sale caractère » ? [Part 1]
  50. Sherlock Holmes – 6. Sherlock Holmes – Qui a dit « Sale caractère » ? [Part 2]
  51. Sherlock Holmes – 7. Sherlock Holmes – Pour conclure (dans le foin ?)
  52. Sherlock Holmes – 8. Sherlock Holmes en bref…
  53. Le livre rouge de Jack l’Éventreur : Stéphane Bourgoin
  54. Sherlock Holmes : Série Granada [Intro]
  55. 1. Sherlock Holmes : Un scandale en Bohème – A scandal in Bohemia
  56. Jack The Ripper : Téléfilm en deux parties (1988)
  57. Comment vivent les morts : Robin Cook
  58. 2. Sherlock Holmes : Le ruban moucheté – The Speckled Band (Granada)
  59. 3. Sherlock Holmes : Les Hommes Dansants – The Dancing Men
  60. 4. Sherlock Holmes : La Ligue des Rouquins – The Red-Headed League
  61. 5. Sherlock Holmes : L’Escarboucle Bleue – The Blue Carbuncle
  62. Jack l’Éventreur démasqué – L’enquête définitive : Sophie Herfort

Bilan Mois Anglais par « genre » :

1. Romans (10 billets) : 4 sur l’Éventreur – 1 Sherlock Holmes

  1. Le vrai journal de Jack l’Éventreur : Bob Garcia
  2. Elephant Man – La véritable histoire de Joseph Merrick  : Howell & Ford
  3. Les mois d’avril sont meurtriers : Robin Cook
  4. J’étais Dora Suarez : Robin Cook
  5. Élémentaire mes chers parents : Pardheilla
  6. Adieu demain : Michael Mention
  7. Retour à Whitechapel : Michael Moatti
  8. Le livre rouge de Jack l’Éventreur : Stéphane Bourgoin
  9. Comment vivent les morts : Robin Cook
  10. Jack l’Éventreur démasqué – L’enquête définitive : Sophie Herfort

2. Films et téléfilms (3 billets) : Jack l’Éventreur

  1. From Hell : Film d’Albert et Allen Hughes (2001)
  2. Meurtre par décret – Murder by decree : Film Bob Clark (1979)
  3. Jack The Ripper : Téléfilm en deux parties (1988)

3. Séries (7 billets) : 2 sur « Jack » et 5 sur « Sherlock Holmes »

  1. Ripper Street – Saison 2 : Série
  2. Whitechapel : Série (2009)
  3. Sherlock Holmes : Un scandale en Bohème – A scandal in Bohemia
  4. Sherlock Holmes : Le ruban moucheté – The Speckled Band (Granada)
  5. Sherlock Holmes : Les Hommes Dansants – The Dancing Men
  6. Sherlock Holmes : La Ligue des Rouquins – The Red-Headed League
  7. Sherlock Holmes : L’Escarboucle Bleue – The Blue Carbuncle

4. Mangas (11 billets)

  1. City Hall – Tome 1 : Lapeyre (relecture jamais fait de fiches)
  2. City Hall – Tome 2 : Lapeyre (relecture jamais fait de fiches)
  3. City Hall – Tome 4 : Lapeyre
  4. Black Butler – Tome 1 : Yana Toboso (relecture jamais fait de fiches)
  5. Black Butler – Tome 2 : Yana Toboso (idem)
  6. Black Butler – Tome 3 : Yana Toboso
  7. Black Butler – Tome 4 : Yana Toboso
  8. Black Butler – Tome 5 : Yana Toboso
  9. Black Butler – Tome 6 : Yana Toboso
  10. Black Butler – Tome 7 : Yana Toboso
  11. Black Butler – Tome 8 : Yana Toboso

5. Sherlock Holmes canonique (13 billets)

  1. Sherlock Holmes – The Consulting Detective : Intro
  2. 1. Sherlock Holmes en long et en large
  3. 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.1. AMOUR
  4. 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.2 SEXE
  5. 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.3 DROGUES
  6. 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.3.1 Mister Sherlock et docteur Holmes
  7. 2. Amour, Sexe, Drogues et Rock’n Roll – 2.4 ♫ ROCK’N ROLL♪
  8. 3. Holmes travestit
  9. 4. Gédéon Theusmanie ?
  10. 5. Qui a dit « Sale caractère » ? [Part 1]
  11. 6. Qui a dit « Sale caractère » ? [Part 2]
  12. 7. Pour conclure (dans le foin ?)
  13. 8. Sherlock Holmes en bref…

6. Sherlock Holmes : série Granada (6 billets) : 5 épisodes + 1 intro

  1. Sherlock Holmes : Série Granada [Intro]
  2. Un scandale en Bohème – A scandal in Bohemia
  3. Le ruban moucheté – The Speckled Band (Granada)
  4. Les Hommes Dansants – The Dancing Men
  5. La Ligue des Rouquins – The Red-Headed League
  6. L’Escarboucle Bleue – The Blue Carbuncle

7. Jack The Ripper (16 billets)

  1. Jack The Ripper – Intro
  2. 1. Petite histoire de l’East End
  3. 2. Première victime : Mary Anne Nichols
  4. 3. Mais que fait la police ?
  5. 4. Deuxième victime : Annie Chapman
  6. 5. Les Lettres : « Dear Boss » – « From Hell » & « Saucy Jack »
  7. 6. Troisième victime : Elizabeth Stride
  8. 7. Quatrième victime : Catherine Eddowes
  9. 8. ♫ Presse qui roule, nous casse les couilles ♪
  10. 9. Mais que fout la police ??? [PART I]
  11. 9. Mais que fout la police ??? [PART II]
  12. 9. Mais que fout la police ??? [PART III & fin]
  13. 10. Cinquième victime : Mary Jane Kelly
  14. 11. Une légende était née : surnom
  15. 12. Mode opératoire, théories, suspects… [FIN]
  16. 13. Reportages Télé