Bel-Ami : Guy de Maupassant

Titre : Bel-Ami

Auteur : Guy de Maupassant
Édition: Livre de Poche (1979)

Résumé :

Le monde est une mascarade où le succès va de préférence aux crapules. La réussite, les honneurs, les femmes et le pouvoir: le monde n’a guère changé.

On rencontre toujours – moins les moustaches – dans les salles de rédaction ou ailleurs, de ces jeunes aventuriers de l’arrivisme et du sexe.

Comme Flaubert, mais en riant, Maupassant disait de son personnage, l’odieux Duroy :  » Bel-Ami, c’est moi. »

Et pour le cynisme, la fureur sensuelle, l’athéisme, la peur de la mort, ils se ressemblaient assez.

Mais Bel-Ami ne savait pas écrire, et devenait l’amant et le négrier d’une femme talentueuse et brillante.

Maupassant, lui, était un immense écrivain. Universel, déjà, mais par son réalisme, ses obsessions et ses névroses, encore vivant aujourd’hui.

Critique :

« Mais d’aventure en aventure, D’arrière-train en arrière-train, De corps en corps, De lit en lit, Jamais encore, je vous le jure, Je n’ai réparé mes torts »… (sur une chanson bien connue de Serge Lama).

Georges Duroy, jeune homme arriviste et ambitieux, surnommé Bel-Ami, aurait pu chantonner ce refrain, lui qui, dénué de tous scrupules, n’a pensé qu’à son ascension, en parfait petit arriviste qu’il était, utilisant les femmes comme des objets selon son bon plaisir, toujours en quête de plus de pouvoir et de luxe.

Mais qu’est-ce qu’il a ce Georges qui leur fait sortir le cœur par la gorge ?

Il avait le charme… et les femmes tombaient comme des mouches. Il faut dire qu’il les attrapait avec du miel et non du vinaigre.

« Bel Ami » nous raconte donc l’ascension de Georges Duroy, jeune homme arriviste et ambitieux (je répète pour les deux du fond qui ne suivent pas), qui se hissera du pavé Parisien jusqu’aux plus hautes strates de la bonne société.

Ce fils de paysan normand travaillera d’abord modestement comme employé aux Chemins de fer du Nord, mais sa rencontre avec Charles Forestier, ancien conscrit du même bataillon que lui,  va changer sa vie mieux que les six croix du Lotto.

Grâce à son ami, il entre au journal « La vie française » mais Georges, éternel insatisfait de sa condition, lorgne déjà plus haut.

Il veut toujours gagner plus pour dépenser plus (tiens, ça me fait penser à un autre type…), il veut la reconnaissance de ses pairs, les éloges,… Bref, un sale emmerdeur jamais content de ce qu’il a.

Je dois vous avouer que je n’ai ressenti aucune empathie pour Georges Duroy. Juste un énervement envers ce petit arriviste qui voulait péter plus haut que son cul, dilapidant même son premier salaire et les quatre suivants, reçu en avance !

Une maîtresse à satisfaire, ça coûte cher… Et ça fait des dettes à l’ami Georges.

Grâce à son joli minois de Bôgosse, à sa moustache blonde et à sa maîtresse, une femme mariée, les frivolités des salons mondains lui sont ouvertes, et Bel-Ami est vite remarqué par le reste de la gente féminine.

Le Bôgosse arriviste va rapidement faire son chemin de lit en lit, jusqu’à fréquenter l’intelligentsia Parisienne de la fin du dix neuvième siècle.

Sans aucun scrupule, il utilisera sa beauté et son charme pour mener grand train, brisant les vies, la paix des ménages et les cœurs autour de lui, sans un regard en arrière.

Il ne se marie pas par amour, mais pas opportunité, sa femme devenant son nègre puisque Môssieur Bel-Ami à dû mal à écrire ses articles.

C’est aussi un homme jaloux qui, bien que trompant sa femme, ne supporte pas qu’elle fasse de même. Lui, c’était sans doute pour l’hygiène qu’il trempait son biscuit dans d’autres tasses de café…

Philippe Geluck, auteur du « Chat », dans un dessin non publié en France (z’ont pas osé le publier) faisait dire à la Une d’un journal lue par le Chat « DSK, le coup de b***  qui change l’histoire de France ».

On pourrait, par analogie, appliquer cette phrase à Bel-Ami : ça lui a changé la vie aussi, ses galipettes. La différence c’est que lui, ça l’a bien servi ! Et que, il n’a pas toujours dû sortir la flûte de son pantalon pour charmer les femmes.

Par contre, gare au biscuit d’un homme politique important qui traînait dans les environs de la tasse de café de son épouse… Encore un coup de b*** qui change l’histoire de France !

Ah, ah, ah mais vraiment, Georges Duroy est un salaud ! (chanson paillarde bien connue).

Sadique, calculateur, manipulateur, enjôleur et vengeur, voilà son portrait peu flatteur.

La lecture m’a bien plu dans le sens où j’ai suivi le récit de cet arriviste qui ne s’est inquiété en rien du mal qu’il pouvait faire, brisant les coeurs pour arriver à ses fins, jouant et trompant les femmes avec de jolis sourires.

Mais j’ai détesté se personnage.

Roman lu dans le cadre du challenge « Romans Cultes » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel.

 

CHALLENGE - La littérature fait son cinéma 1

Les Liaisons dangereuses : Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos

Titre : Les Liaisons dangereuses

Auteur : Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos
Édition: Folio Classique
Résumé :

Au petit jeu du libertinage, l’adorable Valmont et la délicieuse Madame de Merteuil se livrent à une compétition amicale et néanmoins acharnée : c’est à celui qui aura le plus de succès galants, et le moins de scrupules.

Peu importent les sentiments, seule la jouissance compte. Les conquêtes se succèdent de part et d’autre, jusqu’à ce que Valmont rencontre la vertu incarnée : la présidente de Tourvel.

Elle est belle, douce, mariée et chaste : en un mot, intouchable. Voilà une proie de choix pour Valmont : saura-t-il relever ce défi sans tomber dans les pièges de l’amour ?

De lettre en lettre, les héros dévoilent leurs aventures, échangent leurs impressions et nous entraînent dans un tourbillon de plaisirs qui semble n’avoir pas de fin.

Petit plus : Ce sulfureux roman a longtemps été censuré, ce qui ne l’a pas empêché de fasciner des générations de lecteurs et, plus près de nous, de captiver bon nombre de cinéastes : « Les Liaisons Dangereuses » de Stephen Frears mais aussi les adaptations de Roger Vadim, et de Milos Forman.

Critique :

Ce roman traînait dans ma PAL depuis tellement longtemps…

Pourtant, j’avais commencé sa lecture, il y a de cela bien longtemps, mais le style épistolaire et la baratin tarabiscoté utilisé à cette époque m’avaient paru tellement fastidieux que je n’avais pas accroché et je l’avais reposé définitivement.

Que je croyais.

Vive les challenges littéraires qui nous motivent à nous pencher sur ces romans perdus dans le fond de nos biblio.

Je laisserai à Valmont le soin de vous déflorer l’histoire, si jamais vous ne la connaissiez pas.

Sinon, je pourrais vous dire que je viens de lire 380 pages de machiavélisme ! A croire que la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont sont les descendants directs de Machiavel.

La vengeance entraînant des dommages collatéraux, vaut mieux pas de trouver dans les parages de la marquise et du vicomte. Surtout si vous êtes un mâle et que la marquise de Merteuil a décidé de s’offrir votre tête pour le petit déj.

Pareil si vous êtes une femme fidèle qui résiste.  Cela poussera Valmont à tous les artifices pour vous attirer dans ses rets.  Une femme qui est parée de toutes les vertus, que à côté, la Vierge Marie fait pâle figure, une femme qui  se refuse, c’est bien plus excitant pour le vicomte que une qui les écarte tout de suite. Le gibier n’en sera que meilleur une fois la chasse terminée.

De même que l’oie blanche en provenance direct du couvent et qui doit marier un vieux mec plein de thunes. C’est si bon… et la puisque la marquise lui demande si gentiment, Valmont peut courir deux lièvres à la fois.

J’ai bien souvent écarquillé les yeux en lisant leur prose et toutes les stratégies retorses qu’ils élaborent pour arriver à leurs fins. Le pire est quand la victime que Valmont décide d’instruire est mineure d’âge (15 ans).

On peut comprendre le scandale que le livre fit à l’époque. Les pires travers de l’aristocratie s’y trouvent.

C’est du joli, tout cela ! Je ne regrette pas de m’y être penché à nouveau sur cet ouvrage.

Attention, je vous avoue tout de même que j’ai commencé la lecture le 2 octobre et que je l’ai terminé le 29 octobre (de la même année, hein, n’exagérons pas).

Entre les coups, j’ai lu d’autres livres tellement celui-ci me prenait du temps.  Les tournures du langage sont bien souvent lourdes et il vaut mieux être attentif pour comprendre de qui Merteuil veut se venger et toutes les petites subtilités de l’histoire.

De plus, mon édition (vendue avec le journal « Le Soir » à l’époque) avait les paragraphes qui commençaient tout en haut de la page, allait tout en bas et bien sur les côtés aussi. Voilà une raison de plus à la longueur de ma lecture.

Moralité de l’histoire ? Les dégâts fait autour de Valmont et Merteuil sont incommensurables; on est puni par là où on a péché; il vaut mieux sortir « couvert »; l’amour rend les femmes complétement débiles (et les jeunes hommes aussi); la vanité et l’orgueil mènent tout droit dans le talus et un jour, tout se paie… Et cash !

Un roman de plus qui m’a marqué, un !

Lu dans le cadre du challenge « Badinage et libertinage » organisé par Minou, dans le cadre du Challenge « Romans Cultes » de Métaphore, dans le cadre du challenge « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel ainsi que dans le cadre de l’Objectif PAL Noire à Zéro en partenariat avec Georges et L’Or et de mon propre challenge « Vingt mille lieues sous mes étagères ».

Je suis une légende : Richard Matheson

Titre : Je suis une légende

Auteur : Richard Matheson
Édition: Folio SF (2001)

Résumé :
Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil…

Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme.
Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire.

Critique :
Que dire sur ce livre qui n’a pas encore été dit ici ?? Pas évident. Vous dire que, comme bon nombre, j’ai découvert le film bien avant le roman original et que j’ai vite mis de côté les souvenirs que j’avais de Will Smith sillonnant un New-York vide avec son berger allemand ?

Et bien oui, pour ceux qui débarqueraient de la planète mars (John Carter, si tu me lis…), les deux oeuvres ont des points communs mais ne se ressemblent guère.

Déjà, l’époque (1976 pour le livre), la non-présence de Rex chien flic, si ce n’est un pauvre clébard famélique, et surtout que Robert Neville est blond… et encore des tas d’autres détails. Dont la fin qui est loin d’être Holywoodienne.

Ce fut donc une belle découverte ce roman que j’ai commencé ce matin et fini ce soir (mais pourquoi j’ai évité comme la peste les romans de Classiques SF, moi ?).

Le pitch (Black ?) : Robert Neville est le dernier survivant d’une pandémie. Cette épidémie fut causée par un bacille qui transforma les gens en espèces de vampires (loin des Bisounours de la mère Meyer) qui, heureusement pour lui, ne survivent pas à la lumière du soleil.

Robert tient tête, depuis trois ans, à ces vampires, parmi lesquels se retrouvent ses anciens amis et voisins devenus des vampires.

Vivant dans une maison barricadée et fortifiée afin de résister aux attaques nocturnes de ces noctambules hémoglobinovore, il ne sort que pendant la journée afin de se ravitailler.

Je me plains parfois du climat Belge, mais notre pauvre « last men » vit dans un climat d’horreur, étouffé par la solitude et les remords. Je me suis attachée à lui.

Bien qu’il y ait des cadavres à la pelle dans le livre, il n’y a pas de temps mort dans la lecture. Attention, pas de scène de bastons grandiloquentes, pas d’action pure et dure et pourtant, on ne s’emmerde pas en le lisant. Loin de là, le rythme est trépidant et les pages tournent toutes seules.

C’est un huis-clos puisque, à quelques exceptions près (les souvenirs et les morts-vivants), Neville est seul avec ses pensées qui le hantent.

Et pour ce qui est des dialogues, les vampires ne sont pas très prolixes !

Puisque je vous cause des vampires, j’ai aimé l’approche que Richard Matheson fait sur ce mythe. Point de mystère ou de fantastique, mais de la science ! Cela change tout.

Avec l’ami Will Smith, le film tournait autour d’un combat à mort de l’homme (le gentil) contre les vampires (les méchants). Manichéen à mort et très « simpliste ».

Diable, nous étions bien loin des subtilités que le roman nous offre et que les studios d’Hollywood ont laissé de côté. Le roman de Matheson est bien plus ambivalent.

« C’est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés ». Et tout est dit.

Lu dans le cadre des challenges « Romans Cultes » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel.

 

Jane Eyre : Charlotte Brontë

Titre : Jane Eyre                                                 big_5

Auteur : Charlotte Brontë
Édition: Gallimard (2012)

Résumé :
Orpheline, Jane Eyre est recueillie à contrecœur par une tante qui la traite durement et dont les enfants rudoient leur cousine.

Placée dans un orphelinat, elle y reste jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Elle devient alors institutrice dans une famille et tombe passionnément amoureuse du tuteur de son élève, monsieur Rochester.

Un amour partagé, auquel elle résistera d’abord, découvrant avec horreur l’existence de la première femme de Rochester, enfermée pour folie par son mari.

Critique :
Si on m’avait demandé, il y a quelques années, de lire un Classique, j’aurais ri et me serais écriée « Un Classique, moi ? Jamais ! ».

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent jamais d’avis… et puisque, tels les grands vins, je bonifie avec l’âge, j’ai pris la décision de m’atteler à la découverte des Romans Classiques.

Je n’en suis pas déçue, des mes découvertes, et bien souvent, c’est le coup de foudre avec le roman.

D’ailleurs, je participe aussi au challenge « Romans cultes » organisé par Métaphore (voir sur mon site), c’est vous dire si je vais en bouffer, du classique (mais j’avais entamé Jane Eyre trois jours avant de découvrir le challenge de Métaphore).

Mais revenons à notre critique…

« Orgueil et préjugés » m’avait conquis, « Jane Eyre » encore plus !

Pourtant, j’avais une appréhension à l’entame du roman, non pas en raison de ses quelques sept cent pages, mais en raison de l’histoire, qui me faisait craindre une longue suite de brimades envers Jane.

Déjà, dès les premières pages, mon instinct « serial killer » se réveilla, me donnant envie de passer à la moulinette la tante Reed, de pendre ses deux filles et d’écarteler le fils.

Pourquoi tant de haine et de violence envers trois enfants et leur mère ?

Si vous avez lu le roman, vous le comprendrez. Sinon, tout simplement parce qu’ils sont d’une cruauté gratuite et n’assument même pas leurs agressivité. Brutalisant Jane, le fiston est le premier à pleurnicher quand sa cousine se retourne sur lui.

Il a beau la martyriser sous les yeux de sa mère, elle s’en moque, comme si rien n’était trop beau pour lui faire plaisir, à ce gamin de merde. Mais faut surtout pas se défendre ou rendre les coups !

Vous avez sans aucun doute devinez que leur môman, c’est le genre de bonne femme qui ne supporte pas que l’on dérange son petit chou de fils, ne voyant même pas qu’il a tout, et même plus, pour finir pire qu’un voyou. C’est une sorte de petit tyran en culottes courtes…

J’ai eu peur à ce moment là que les sévices ne durent un trop long moment et que cela devienne répétitif, les rendant de ce fait dérangeants dans la lecture.

Mais non, pas d’étalement de douleur inutile car notre petite Jane partira au pensionnat de Lowood, et ma foi, cela se déroule plutôt bien, sauf que là aussi, j’eus des envies de meurtre sur le pasteur. Le crucifier au mur aurait été un must. Pourquoi tant de violence envers en homme de Dieu ?

Un homme de Dieu ? Mon oeil, oui ! Vous trouvez que c’est un homme de Dieu celui qui affame des enfants, qui veut que l’on coupe les longs cheveux des filles, car il veut mortifier chez elles les désirs de la chair, parce qu’il veut leur enseigner à se vêtir de manière modeste et sobre,…et patati et patata.

Elle est forte, celle là ! Alors que, à ces côtés, il a ses deux filles, deux espèces de poupées Barbie version grand luxe, avec tous les accessoires de la pétasse fortunée fournis avec : les fourrures, les belles coiffures, les vêtements coûteux et en soie, les beaux chapeaux ou les toques en castor (et tout le monde sait que le castor ne travaille ni avec les mains, ni avec les pieds…).

C’est joli de prêcher pour la chapelle des autres, mais il aurait mieux fait de voir la poutre dans son oeil et pas la paille dans celui des autres. Un bûcher pour cet homme, rien de moins !

Malgré tout, Jane, bien qu’il l’ait descendu en flamme (humour de bûcher), se plaira bien à l’internat, apprendra correctement, ne subira aucune brimades de la part de ses condisciples et se fera une amie véritable en la personne de Helen Burns, qui décèdera malheureusement de la tuberculose, qu’elle doit aux très mauvaises conditions de l’internat. Homme de Dieu, hein ??

Malgré ce moment plus triste, son passage à cette pension sera une vraie bouffée d’air frais ! Je n’aurais pas apprécié qu’elle se fasse vilipender non stop. Elle non plus.

C’est lorsqu’elle quittera Lowood après huit ans (6 ans élève, 2 ans enseignante) pour un poste de gouvernante à Thornfield-Hall que tout changera pour elle.

Si six croix peuvent vous changer la vie, comme le dit la pub pour le Lotto (deux « t », c’est le Lotto Belge), une petite annonce va changer toute la destinée de Jane.

A ce moment là, Guy Marchand entame sa célèbre chanson « Destinée, On était tous les deux destinés, À voir nos chemins se rencontrer, À s’aimer sans demander pourquoi, Toi et moi ». Guy, fou moi la paix !

Autant j’ai apprécié le personnage de Jane Eyre, autant j’ai aimé celui de Rochester, sa manière d’être, de tourner autour de Jane sans qu’elle le remarque, sa façon de lui parler, de la traîter, correctement, apprécié aussi les quelques fois où il s’arrête de parler, juste avant de dire un mot tel que « ma chère » ou plus, car affinités.

C’est très agréable à suivre, leur histoire, j’étais dedans, à Thornfield-Hall, et plus sur terre.

Leurs rapports sont assez épiques, les dialogues étonnants, amusants, prenants. C’est un livre que l’on peut nommer : « Tu-Rateras-Ta-Station-De-Métro-Et-Oublieras-De- Descendre ».

Je peux comprendre que certains n’aimeront pas la manière de s’exprimer des personnages, fort lyrique, parfois (souvent même), mais moi, je suis entrée dans le roman directement et je l’ai liquidé en très peu de temps (trois jours et quelques heures), dévorant les pages au fur et à mesure, avec l’envie de crier « Mais dis-lui que tu l’aimes, nom de dieu ! ».

L’histoire ne serait pas aussi bonne sans sa touche « mystère » et le secret de Rochester, caché au troisième étage, en est un grand.

Après m’avoir fait vibrer dans le verger, Rochester lui faisant une déclaration que l’on aimerait entendre dans la bouche de nos hommes (mais je pense que je vérifierais si le mien n’a pas de fièvre, s’il m’en faisait une de la sorte), Jane accepta d’attendre avant que le secret lui soit révélé. Elle aime les risques ? Sans doute…

Leur mariage avorté à cause de la révélation du grand secret m’a fait hurler de dépit, mais ce qui me surpris le plus, ce fut leur conversation ensuite.

Là où une femme sensée aurait hurlé, tempêté, vitupéré, fait une grosse crise, gueulé, envoyé le contenu des armoires à la figure de son futur-ex époux, notre Jane, elle, reste d’un calme olympien.

Là, j’ai craint pour eux deux… Après l’envolée, c’est la chute. Moi, avec un tel discours, je pense que je lui aurait pardonné, à Rochester, mais, autre époque, autres moeurs.

Et lorsque Jane partit, mon coeur avait mal pour elle. J’ai tremblé, espérant qu’elle vienne le retrouver, son aimé.

J’ai eu peur qu’elle ne se laisse prendre dans les filets du pasteur (pas celui du bûcher) un peu zinzin (trop « je suis un serviteur de Dieu ») et j’ai souffert lorsqu’elle a retrouvé Rochester, blessé physiquement dans sa chair et dans son coeur.

Diable, que d’émotions en 730 pages !

Les mauvaises langues pourraient dire « En fait, c’est un roman Harlequin de l’époque victorienne « .

Que nenni ! Ce serait insulter le roman et le talent de Charlotte Brontë.

De plus, si les Harlequin étaient de ce niveau, ma foi, j’en aurais des étagères entières.

Jane n’est pas une de ces héroïnes romantique qui chante tous les matins « Un jour mon prince viendra », elle n’est pas jolie et ne se fait pas d’illusion sur sa vie.

Aimant Rochester, elle ne se fait aucune illusion non plus. De plus, contrairement aux Harlequin, les deux protagonistes ne se disputent pas, ne s’engueulent pas, bref, ils ont des rapports normaux.

Là où Harlequin s’enfonce dans le grand n’importe nawak, Jane Eyre s’envole dans les cieux et est aussi loin d’Harlequin qu’on peut l’être.

Jane Eyre, c’est le soleil, Harlequin, c’est Pluton : rayé du système solaire.

Les défauts du livre ? Minimes. J’aurais aimé que sa petite racaille de cousin, John Reed, meure dans de plus horribles conditions, encore. Que Mrs Sarah Reed se repente aussi des tous les torts causés à Jane, lorsqu’elle était enfant. Mais, obnubilé à force de mettre tous les torts sur le dos de Jane, elle ne changera pas son fusil d’épaule. Jane a bien plus de classe qu’elle et que ses enfants !

Non, rien d’autre à reprocher au livre. Trop court ? Oui, j’aurais aimé en lire plus et connaître les prénoms des enfants de Jane.

C’est bien simple, j’ai tellement aimé que lorsque j’eus terminé le roman, accélérant pour découvrir le final, mais râlant qu’il soit déjà terminé, je suis retombée sur terre avec une horrible question : que lire après un roman pareil ?? Dur !

Si vous avez des propositions dans le même genre, je suis ouverte à toutes propositions (propositions littéraires, of course, et rien d’autre !).

Mais pourquoi n’ai-je pas lu ce livre plus tôt, moi ?? Merci Babelio et merci aux critiques avant qui m’ont donné envie de le découvrir.

Critique postée sur Babelio le 03 septembre 2012 et dans le cadre du challenge « Romans Cultes » organisé par Métaphore.

Lu aussi dans le cadre du challenge « La littérature fait son cinéma » organisé par Kabaret Kulturel.

Participe aussi au challenge « Les 100 livres à avoir lu au moins une fois » chez Bianca.

challenge-des-100-livres-chez-bianca

Les Hauts de Hurle-Vent : Emily Brontë

Titre : Les Hauts de Hurle-Vent

Auteur : Emily Brontë
Édition: Livre de Poche
Résumé :

Lorsque Mr Earnshaw ramène d’un voyage un enfant abandonné, Heathcliff, les réactions de ses enfants évoquent les orages qui s’abattent sur le domaine des Hauts du Hurlevent.

Le fils Hindley n’accepte pas cette enfant sombre et lui fait vivre un enfer.

La fille, Catherine, se lie très vite à lui, d’un amour insaisissable et fusionnel.

Tous trois grandissent, dans cet amas de sentiments aussi forts qu’opposés.

Heathcliff devient un homme sans scrupule, qui jure de se venger des deux hommes ayant empêché le déploiement de son amour : Hindley, le frère ennemi, et Edgar, le mari de Catherine.

La destruction de ces deux familles et de leurs descendances constitue alors son seul objectif.

Dans les paysages sauvages et immuables des landes du Yorkshire, les déchirements sont nombreux, et cohabitent dans une passion extrême et des tourments destructeurs.

Critique :

Ce que Edmond Dantès avait fait avec finesse, Heathcliff  l’a fait avec rudesse… Ce que le premier avait réalisé avec une ruse magistrale, le second a fait dans le registre bestial.

De quoi je parle ? De vengeance, pardi ! Mais là où je donnais raison à Dantès (le comte de Monte-Cristo), l’approuvant, même, je ne suis pas du même avis pour la vengeance d’Heathcliff.

Ce roman, il traînait dans ma PAL depuis tellement longtemps que son prix était encore en francs belge, c’est vous dire ! Acheté en 1997 ou 98, je l’avais entamé avant de le refermer. Je n’étais pas prête à le lire à ce moment là.

Profitant de deux challenges (voir fin de la critique), je me suis décidée à le sortir pour enfin le lire.

Bien que je l’ai moins apprécié que « Jane Eyre », la lecture m’a entrainé dans cette ambiance sombre et morose, sans que j’éprouve de l’amitié pour les personnages principaux, hormis Hareton.

Attention, je ne veux pas dire que les personnages manquent d’épaisseur, non, que du contraire !

C’est que certains m’ont tapés sur les nerfs, tant ils étaient susceptibles de déclencher chez moi de l’amour, de l’amitié, de la colère, voire de la haine… Oui, tous ces sentiments à l’égard de chaque personnage.

Catherine Earnshaw est une petite fille fort gâtée, assez égoïste, nombriliste. Pourtant, elle aura de l’amitié pour le petit bohémien ramené par son père, par un soir très sombre.

Bien qu’étant tout le temps avec lui, bien que l’aimant, elle le sacrifiera pour un mariage avec un pâle type nommé Edgar Linton. Là, je l’ai maudite, moi aussi. Pourtant, j’ai souffert avec elle.

Son frère, Hindley, fut un salaud avec Heathcliff, et lorsqu’il deviendra veuf, il finira alcoolo, brutalisant son fils, le tuant, presque.

Le fameux Edgard Linton est, limite, une couille molle, le vieux Joseph récite la Bible mais ne l’applique guère et le pire sera le fils d’Heathcliff, une sorte d’hypocondriaque gémissant à qui j’aurais bien collé un coup de pied dans le fondement.

Quand à Cathy, la fille de Catherine, elle se comportera bien sottement avec la gémisseur de service, ne s’améliorant que sur la fin du roman.

Pareils sentiments contradictoires pour Heathcliff, qui, bien que je l’ai approuvé dans la première partie de sa vengeance, sur Hindley (le frère aîné de Catherine, pour ceux qui ne suivent pas), je n’ai pas aimé qu’il laisse le petit Hareton (le fils de Hindley) sans éducation, faisant de lui presque une bête.

Heathcliff n’a aucun scrupule et comme il a juré de se venger des deux hommes qu’il estime être les responsable de l’empêchement de son amour pour Catherine (Hindley, le frère ennemi, et Edgar, le mari de Catherine), il ira jusqu’au bout, détruisant tout sur son passage, ne rêvant que d’asservir le descendant de la famille Earnshaw afin que le fils du maître soit un serf sur ses propres terres. Violent !

La destruction de ces deux familles et de leurs descendances constitue alors son seul objectif, son leitmotiv, et au final, j’éprouvais une sorte de gêne car il pousse la vengeance trop loin, même sur l’unique fille de son amour, Catherine.

Ce livre m’a remué les tripes, oppressé, dérangé, presque.

Heathcliff est comme un vampire qui veut sucer la vie de ses ennemis à petites gorgées, les faisant mourir à petit feu.

Pour ce qui est de la description des lieux, c’est tout simplement magnifique, on a l’impression d’être sur la lande et je comprend mieux quand Phoebe, personnage de la série « Friends » qui, parlant de ce livre, disait à Rachel que « la lande symbolise le caractère sauvage d’Heatcliff » (Saison 5, épisode 9).

Ce que j’ai aimé aussi, c’est la narration. Toute l’histoire étant racontée par Helen Dean (dite parfois Nelly) à Lockwood. C’est une narration qui se fait même « en tiroir » parfois, Nelly racontant ce qu’un personnage lui a raconté ou écrit. C’est spécial, mais terriblement efficace.

Par contre, les mariages entre cousins, ça passe moins bien chez moi, même si la loi tolère les mariages au quatrième degré.

Ici, on sent bien que la série Dallas a dû s’en inspirer, parce que Heathcliffe qui épouse la soeur d’Edgar (le mari de Catherine, son amour), son fils Linton qui épousera la fille qu’Edgar a eu avec Catherine et celle-ci qui, veuve, se remariera avec le neveu de sa mère…

Bigre ! Comment diable une fille de pasteur, sortant peu (Internet loin d’être inventé) et d’à peine trente ans, a donc telle bien pu nous sortir un roman aussi noir ?

Pas de sexualité « apparente », mais on frôle la nécrophilie lorsque Heathcliff avoie avoir fait ouvrir le cercueil de Catherine, des années plus tard, pour contempler son visage.

Bref, une lecture éprouvante, remuante, oppressante, la lande et son brouillard envahissant votre corps, sans oublier les fantômes qui parcourent les lieux. Un seul rayon de soleil dans tout le roman : la fin.

Aucun regret d’avoir attendu si longtemps pour le lire, ça en valait la peine. Il me fallait juste attendre le bon moment. Ne passez pas à côté.

Livre lu dans le cadre du challenge « Romans cultes » organisé par Métaphore ainsi que dans le challenge commun « PAL Noire à ZéroVingt mille lieux sous mes étagères » où je suis en partenariat avec « Les livres de Georges ». 

Participe aussi au challenge « Les 100 livres à avoir lu au moins une fois » chez Bianca.

challenge-des-100-livres-chez-bianca

Challenge « La littérature fait son cinéma – 2ème année »

Un challenge de plus pour moi… c’est chez Kabaret Kulturel

Le cinéma et la littérature se sont toujours fait la cour. Le cinéma s’intéresse à la littérature depuis pratiquement ses débuts.
Il n’y a qu’à voir le nombre d’adaptation de romans, nouvelles et pièces de théâtre que le cinéma nous a donné.

Le but du challenge est de (toujours) lire des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des BDs qui ont été adaptés au cinéma.

Toutefois, il y a une petite différence avec le challenge de l’année dernière : il n’y a plus de catégorie et un nombre de livres à lire.

Le but du challenge est de lire le plus de livres possible dans l’année. Comme ça pas de contrainte! (Si vous voulez lire 1 livre ou 5 vous pouvez. Mais si vous voulez en lire plus de 20, c’est possible aussi).

Mes titres : (16/16) TERMINÉ !!

  1. Jane Austen : Orgueil et préjugés (ICI)
  2. Charlotte Brontë : Jane Eyre (ICI)
  3. Choderlos de Laclos : Les liaisons dangereuses (ICI)
  4. Oscar Wilde : Le portrait de Dorian Gray (ICI)
  5. Stephen King : Misery (ICI)
  6. Bram Stoker : Dracula (ICI)
  7. Mary Shelley : Frankenstein (ICI)
  8. Daniel Keyes : Des fleurs pour Algernon (ICI)
  9. Harris : Le silence des agneaux (ICI)
  10. Matheson : Je suis une légende (ICI)
  11. Steinbeck : Des souris et des hommes (ICI)
  12. Bel-Ami : Maupassant (ICI)
  13. L’île au trésor : Stevenson (ICI)
  14. Hardwick : La vie privée de Sherlock Holmes  (ICI)
  15. Conan Doyle : Le chien des Baskerville  (ICI)
  16. Dennis Lehane : Shutter Island (ICI)

Autres logos pour le Challenge de Kabaret Kulturel :