Shining : Stephen King

Titre : Shining                                                           big_5

Auteur : Stephen King
Édition : J’ai Lu (1999)

Résumé :
Quand on propose à Jack Torrance, ancien professeur et ancien alcoolique, un poste de gardien pour l’hiver à l’hôtel Overlook dans les montagnes du Colorado, il croit tenir là une chance de se racheter aux yeux de sa famille.

Il s’y installe avec Wendy, sa femme, et leur fils Danny, en espérant profiter de cette occasion pour écrire la pièce de théâtre qui le révélera au monde.

Mais les démons de l’hôtel trouvent en Jack une proie presque trop facile pour poursuivre leur œuvre de mal, et il faudra le courage et le sixième sens étrange de son fils pour sauver in extremis ce qui pourra l’être.

Car Danny possède ce don de lumière de même que l’ancien cuisinier de l’hôtel, Dick Hallorann, et la conjugaison des deux fera reculer les forces du mal. Pendant un certain temps…

Petit plus : Porté à l’écran par Kubrick avec Jack Nicholson dans le rôle principal, Shining est avant tout l’histoire de la lente déchéance d’un homme rongé par la haine.

Critique : 
« C’était la nuit que le vent se mettait à hurler autour de l’aile ouest de l’hôtel. Il détestait tout particulièrement les nuits – elles étaient pires que tout ».

Danny Torrance avait peut-être le Don de réveiller les forces obscures tapies dans l’hôtel Overlook, mais Stephen King a toujours eu le Don de réveiller mes vieilles peurs et de me coller des frissons avec des choses simples ou des scénarios qui, a priori, pourraient nous paraître éculés.

Si j’avais délaissé cette œuvre majeure du King lorsque j’étais plus jeune, c’était parce que j’avais peur d’avoir peur… Oui, ce livre me fichait la trouille !

Un hôtel isolé, bloqué durant des mois par la neige, Jack Nicholson-Torrance, une hache à la main, sa tête de psychopathe fou et voilà…

« Il alla vers la planche à hacher et saisit le manche du maillet. Il le leva et le fit tournoyer. Le maillet faucha l’air avec un sifflement menaçant. Jack Torrance se mit à sourire ».

C’est la publication de Docteur Sleep qui m’a poussé à enfin sortir « Shining » de ma pile afin de me plonger dedans. J’avoue que j’en frissonne encore et ce n’est pas à cause de la neige ou du froid. Et je pense que je n’ai pas été la seule à avoir la trouille durant ma lecture !

« Il eut l’impression que ses testicules se transformaient en deux petites bourses ridées, pleine de glace pilée, et ses tripes en gélatine ».

L’histoire, je la connaissais, en gros, mais le détail fut encore plus terrifiant, angoissant… Et le King, malgré une écriture assez « simple », possède un véritable talent de conteur pour nous conter son histoire qui nous entraîne petit à petit dans l’horreur, avec un vieil hôtel dans les personnages principaux. Il est temps de compter vos abattits !

Parlons un peu de ce personnage pour le moins inhabituel… Construit en 1907, l’Overlook est un somptueux hôtel des Montagnes Rocheuses qui a changé de nombreuses fois de propriétaires, passant dans de mauvaises mains. Bref, c’est un hôtel qui a un passé pour le moins « agité » et surtout particulièrement sanglant : suicides et meurtres. Quand au précédent gardien, il a massacré sa femme et ses deux filles…

– Ullman m’a raconté que le premier gardien a tué sa famille puis s’est suicidé.
– Ouais, ce mec, Grady. C’était un salaud, je l’ai vu tout de suite à son sourire de faux jeton. On venait juste de commencer les travaux et Ullman, toujours aussi radin, était prêt à embaucher Jack l’Éventreur lui-même s’il acceptait d’être payé au rabais.

Certaines personnes exceptionnelles possédant le Don peuvent se retrouver, malgré elles, témoins de ce passé sanglant sous la forme de visions, d’apparitions, de fantômes,… Ce qui fut le cas pour Dick Hallorann, cuisinier et d’une femme de chambre. Ce sera pareil pour le tout jeune Danny « Prof » Torrance.

La femme qui gisait dans la baignoire était morte depuis longtemps. Elle était toute gonflée et violacée et son ventre, ballonné par les gaz et ourlé de glace, émergeait de l’eau gelée comme une île de chairs livides. Elle fixait sur Danny des yeux vitreux, exorbités comme des billes.

Un hôtel isolé qui semble doué d’une conscience autonome et foncièrement malfaisante… Fallait penser à l’écrire et le cauchemar que le King eu en 1974, dans la chambre 217 d’un hôtel où sa famille était les seuls clients, n’y est pas étranger.

Y’a pas à dire, Stephen King sait vous terrifier uniquement avec des ambiances angoissantes, des vieux ascenseurs, des tuyaux d’incendie et des buissons de buis représentant des animaux.

Au cours du roman, j’ai ressenti des frissons d’angoisse avec ce foutu hôtel qui avait lancé une véritable OPA de séduction sur Jack, ne sachant pas s’accaparer de l’esprit de Danny, qui lui, faisait de la résistance. Brrrr, oui, j’ai eu peur.

Ce livre, c’est une écriture qui fait mouche, du suspense, de l’angoisse, des temps fort, un huis-clos oppressant… Le tout distillé goutte à goutte.

Le fait d’attendre aussi longtemps pour découvrir ce roman fut une bonne chose parce que cela fait peu de temps que j’ai appris que le King était dépendant à l’alcool lorsqu’il a écrit ce livre, tout comme son personnage, Jack Torrance. Cela confère au récit une force bien plus grande que s’il avait été écrit par un auteur sobre comme un moineau.

L’auteur savait très bien ce que Jack pouvait ressentir lorsqu’il se retrouve sans alcool, essayant tant bien que mal de s’en sortir; comme il savait bien l’état d’esprit que son personnage pouvait avoir lorsqu’il cédait aux chants des sirènes pur malt.

Si Stephen King détesta l’adaptation de Kubrick c’est parce qu’il lui reprochait d’avoir négligé les thèmes de la désintégration de la famille et de l’alcoolisme qu’il traitait dans ce livre avec une sacrée justesse.

Autre chose, si dans le film, Jack Nicholson/Torrance cédait assez vite à la psychopathie ambiante, sombrant rapidement du côté obscur de l’hôtel, il n’en est pas de même dans le livre où l’auteur prend le temps de le faire sombrer dans le déchéance. On voit Jack changer petit à petit et on tremble pour sa famille.

C’est ce qui donne tout le sel au récit : pas de précipitation ! L’Overlook infiltre l’esprit et les veines de Jack avec lenteur, prenant possession de lui, petit à petit, mais pas à 100% puisque Jack réussira tout de même à avoir quelques moments de lucidité, dont un fort important pour mettre en garde son fils : la marionnette a eu un sursaut de résistance…

Puisque je viens de vous parler de Jack, je vais m’attarder sur les autres personnages : il est un fait que certains sont plus attachants que d’autres et j’ai ressenti une tendresse particulière pour le petit Danny, 5 ans, qui va devoir faire face à des écueils dont il n’est pas préparé, ainsi que sa mère qui doit le protéger et pour le cuisinier, Hallorann, qui a le Don lui aussi.

Si le petit Danny a le rôle phare (normal pour un enfant lumière), si l’hôtel Overlook a un rôle central, si le cuisinier Dick Hallorann aura son importance, si Wendy, la mère de Danny joue son rôle de protectrice du mieux quelle peut, Jack Torrance est la pièce maîtresse du roman.

Voilà un autre point que j’ai apprécié dans « Shining » : l’évolution de Jack Torrance. Au départ, ce n’est qu’un pitoyable poivrot, un pilier de comptoir. Un homme au caractère versatile, changeant d’avis comme les vapeurs d’alcool changent sous la direction du vent. Comme toujours, c’est le même combat : il veut arrêter de boire, mais il veut le faire sans aide aucune, uniquement par sa seule volonté, ce qui est quasiment impossible.

Bref, pas un personnage que l’on a envie d’aimer. Pourtant, lorsque King nous parle de lui, nous faisant découvrir dans le récit ce que fut sa vie, sa jeunesse, nous parlant de ses ambitions perdues, de son père violent, de l’amour qu’il ressent pour son fils, Danny, et bien, mon regard a changé et j’ai commencé à ressentir de l’empathie pour lui.

Il n’est pas coupable de tout… L’hôtel a pris possession de lui et il n’est plus qu’un pantin dans les mains d’un marionnettiste plus fort que lui.

Un autre point que j’ai bien aimé : dans les dernières pages, lorsque tout est consommé et consumé, l’auteur nous montre que l’Overlook peut avoir une influence maléfique, diabolique, même sur les gens les plus purs… Achevant de me convaincre, par là-même, que Jack n’avait pas la capacité de résister et qu’il ne fut qu’une marionnette pour l’hôtel.

La télépathie, le combat de l’écrivain contre la page blanche, la famille, la solitude, le passé, la dépendance à l’alcool… sont des thèmes qui, dans ce roman, sont exploités avec une rare justesse.

Merci, Stephen, de m’avoir, une fois de plus, donné une excellente histoire bien frissonnante avec des personnages forts ! Si un jour je te croise, je pourrais te dire que ta littérature a marqué ma vie, avec celle de Conan Doyle (mais lui, je risque moins d’avoir l’opportunité de le croiser).

En 1978, « Shining » a été nommé au prix Locus du meilleur roman de fantasy, terminant à la quatrième place.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), challenge Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle, le Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel et Le « Challenge US » chez Noctembule.

Crime et châtiment : Dostoïevski

Titre : Crime et Châtiment

Auteur : Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Édition: Folio Classique (1995) / Livre de Poche (2008)

Résumé :
Seul l’être capable d’indépendance spirituelle est digne des grandes entreprises.

Tel Napoléon qui n’hésita pas à ouvrir le feu sur une foule désarmée, Raskolnikov, qui admire le grand homme, se place au-dessus du commun des mortels.

Les considérations théoriques qui le poussent à tuer une vieille usurière cohabitent en s’opposant dans l’esprit du héros et constituent l’essence même du roman.

Pour Raskolnikov, le crime qu’il va commettre n’est que justice envers les hommes en général et les pauvres qui se sont fait abusés en particulier. « Nous acceptons d’être criminels pour que la terre se couvre enfin d’innocents », écrira Albert Camus.

Mais cet idéal d’humanité s’accorde mal avec la conscience de supériorité qui anime le héros, en qualité de « surhomme », il se situe au-delà du bien et du mal.

Fomenté avec un sang-froid mêlé de mysticisme, le meurtre tourne pourtant à l’échec. Le maigre butin ne peut satisfaire son idéal de justice, tandis que le crime loin de l’élever de la masse, l’abaisse parmi les hommes.

Raskolnikov finira par se rendre et accepter la condamnation, par-là même, il accèdera à la purification. Crime et Châtiment est le roman de la déchéance humaine, l’oeuvre essentielle du maître de la littérature russe.

Critique :
Voilà une lecture dont je ressors mitigée tellement j’ai eu du mal à en venir à bout de ce pavé… Je sens que je vais faire grincer des dents, tant pis, ce ne sont pas mes dents et je suis ici pour donner mon avis, ce qui n’engage que moi.

Ayant fait, dernièrement, une superbe découverte avec les romans noirs et puisque les critiques dithyrambiques de ce livre le cataloguaient dans les noirs de chez noir et autres thrillers psychologiques, j’ai décidé de franchir le pas et de me pencher sur ce pavé littéraire.

« Crime et châtiment », pour ceux qui reviennent de Mars, c’est une « odyssée » sur le thème du salut par la souffrance.

Le roman dépeint l’assassinat d’une vieille prêteuse sur gage et de sa sœur cadette par Raskolnikov, un ancien étudiant de Saint-Pétersbourg, et de ses conséquences émotionnelles, mentales et physiques sur le meurtrier.

Raskolnikov avait une théorie particulière : selon lui, il existe des êtres supérieurs pour lesquels la notion de mal habituelle ne s’applique pas.

Cette élite est au-dessus des gens inférieurs et si pour atteindre un objectif noble, une de ces personnes se voit obligée de commettre un crime, elle peut le faire et a même le droit de passer outre les lois et les scrupules. Est-ce qu’on accuse Napoléon d’être un criminel ? Que nenni ! On lui élève même des statues.

Et puis, la fin ne justifie pas t-elle les moyens lorsqu’il s’agit d’améliorer la justice sociale ?

Tuer cette vieille usurière afin de lui voler son argent pour faire le bien, selon lui, c’est moralement tolérable. Son plan de bataille foirera puisque, surpris par la soeur de sa victime, il lui donnera aussi l’extrême onction par la hache.

Commettre un crime est une chose, l’assumer en est une autre et Raskolnikov n’assume pas. Il est rongé par les remords et la culpabilité, torturé par des dilemmes moraux et sa raison commence à défaillir, le rendant paranoïaque.

Fièvre, délire, visions, sa plongée dans l’enfer va aller crescendo. Notre homme arrivera même à rejeter sa mère et sa sœur.

L’atmosphère du livre est oppressante, étouffante, dérangeante. Tout cela est représentatif de ce que notre criminel ressent lorsqu’il est bouffé par la culpabilité.

Enfermé dans sa petite chambre, la chaleur plombant la ville, tout cela ne l’aide pas, plongé qu’il est dans son huis-clos lugubre. Il en est de même pour la ville de Saint-Pétersbourg : superbe et cruelle, certaines de ses rues suintant de misère qui grouille dans les taudis.

Ici, nous sommes aux côtés du criminel, on s’attache, non pas à la résolution du crime, mais à la manière dont Raskolnikov va pouvoir vivre avec son crime sur la conscience. Croyez-moi, ça le ronge comme de l’acide, surtout que notre homme a échoué dans son projet de vie.

Comment vous faire part de mon ressenti de lecture ? Pas facile… Parce que je ne sais pas trop où ça a coincé chez moi.

Le « message » du livre m’a bien plu, il m’a parlé, je l’ai compris; les personnages étaient tous bien travaillés, torturés; la misère noire dépeinte Dostoïevski était plus que réaliste et on peut dire qu’il a eu un regard acide sur la société russe de son époque.

Son écriture n’est pas plate mais plutôt frénétique, un peu folle, enflammée, les mots sont puissants, tout est décrit avec force et justesse. Bref, un grand auteur, cet homme.

Malgré tout, j’ai failli très souvent piquer du nez sur les pages durant ma lecture… Arrêtez de faire grincer vos dents, ce n’est pas bon pour l’émail ! De plus, cela me fait râler de ne pas avoir su entrer dans le livre pour l’apprécier, parce qu’il avait tout pour me plaire.

Tenez, les personnages, par exemple… Que du bon : ils sont tous taillés sur mesure, profonds, torturés.

Marmeladov, fonctionnaire désespéré et au chômage,  un alcoolo qui en a été réduit à accepter que sa fille Sonia se prostitue afin d’aider sa famille. Marmeladov qui, entre autre, mourra en laissant sa famille dans la misère totale.

Sa fille Sonia, justement, qui a dû vendre son corps et ses charmes pour aider sa famille et qui se dévoue ensuite corps et âme pour notre meurtrier. Magnifique.

Le juge d’instruction, qui utilise des méthodes psychologiques et qui joue avec Raskalnikov au jeu du chat et de la souris. Il est aussi terrible et tout aussi patient que le félin lorsqu’il serre une proie dans ses griffes. Un personnage terrible et bien travaillé.

Svidrigaïlov, qui a sombré dans le côté obscur de la force (représentant la part sombre de Raskolonikov) qui ne trouvera pas la voie de la rédemption; Loujine, un être machiavélique, cruel, bref, un personnage horrible mais superbement bien travaillé, comme tous les autres.

Rien à dire de plus sur les autres personnages, ils tous fascinants, excessifs, outranciers, travaillés. « What’else ? » me direz vous.

« Crime et châtiment » est une oeuvre majeure, phénoménale, dans laquelle l’auteur décrit avec force et justesse ce que peut être la nature humaine dans ce quelle a de plus terrible. C’est une peinture au vitriol de la misère et de la lâcheté, sans parler de la condition humaine.

Malheureusement, je suis passée à côté. Dommage… J’aurais peut-être dû fractionner la lecture de cette oeuvre car je manquais de concentration.

En tout cas, je m’en serais voulue de ne pas vous en parler avec emphase parce que ce n’est pas la faute du livre si je suis passée outre. Tout était bien fait, bien écrit, travaillé, et tout s’emboîtait à la perfection. Il avait tout ce qu’il fallait dans le récit, la psychologie, les personnages, la trame de fond.

Ce n’est pas parce que je l’ai loupé mon rencart avec lui que vous devez passer outre. Je compte revenir vers lui, plus tard, en fractionnant ma lecture.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Challenge « Victorien » chez Arieste, Challenge « Les 100 livres à avoir lu » de Bianca, Challenge « Myself » par Près de la Plume-Au coin du feu, le Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel et Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Serena : Ron Rash

Titre : Serena

Auteur : Ron Rash
Édition : Livre de Poche

Résumé :
Situé dans les Smoky Mountains de Caroline du Nord, Serena allie, selon l’auteur, « drame élisabéthain, problèmes environnementaux et richesse de la langue ».

L’héroïne, sorte de Lady Macbeth des années 1930, est l’épouse de George Pemberton, riche et puissant exploitant forestier. Ces deux-là sont des prédateurs, prêts à tout pour faire fructifier leur entreprise dont l’objectif est de couper tous les arbres à portée de leur main.

Une ambition que vient menacer le projet d’aménagement d’un parc national, pour lequel l’État convoite leurs terres. Pemberton met sa fortune à contribution pour soudoyer tous les banquiers et politiciens qu’il faut, et Serena n’hésite pas à manier fusil et couteau pour éliminer les obstacles humains.

Belle, ambitieuse et intrépide, Serena fascine son mari et ses employés, pour lesquels elle n’éprouve aucune compassion. Et pourtant chaque jour apporte son lot de blessés, voire de morts, tant le métier de bûcheron est dangereux en soi et la nature alentour hostile, quoique magnifique.

Le roman prend des allures de thriller lorsqu’elle poursuit de sa haine implacable le fils naturel que Pemberton a engendré avant son mariage et qu’il semble vouloir protéger. Sa fureur vengeresse ira très loin…

Critique : 
♫ Se-re-naaa, ton univers impi-toy-aaaa-ble ♪… Oui, Serena est pire que le très célèbre J.R !

Plantons le décor : nous sommes en plein cœur des Appalaches, en Caroline du Nord, peu après la grande dépression de 1929, au milieu d’une exploitation forestière. Presque «sur» exploitation parce qu’après leur passage, il ne restera plus un arbre debout, hormis les croix du cimetière.

Lorsque le noyer d’Amérique de trente pieds succomba à la scie va-et-vient de Ross et Henryson, la vallée et les crêtes ressemblaient à la chair écorchée d’un gigantesque animal.

L’exploitation appartient à la société de monsieur Pemberton qui la gère avec deux associés. Tiens, d’ailleurs le voici, Pemberton, avec son épouse. Son épouse ? Oui, messieurs les ouvriers, votre boss vient de se marier lors de son séjour à Boston et, croyez-moi, vaudrait mieux pas chercher des crosses à sa femme.

Non, pas en raison de la haute stature de votre patron… Juste en raison du caractère intraitable de sa femme ! Un ouvrier en fera les frais : non seulement il perdra son pari contre elle (2 semaines de travail sans salaire), mais en plus, madame le fera renvoyer ensuite, pour en faire un exemple.

Serena, c’est le genre de femme qu’on n’a pas envie de croiser sur son chemin, surtout si on à l’intention de lui mettre des bâtons dans les roues. Elle ne se laisse pas faire et elle a de la répartie… Sa langue est comme un fouet, elle claque. Ou comme la langue d’un serpent qui siffle avant de mordre.

– De par sa nature même, le beau sexe ne possède pas les qualités analytiques du sexe fort, mais dans ce cas précis, vous êtes parvenue, je ne sais comment, à pallier cette faiblesse.
– Mon mari m’a dit que vous étiez originaire de ces montagnes, d’un lieu qu’on appelle Wild Hog Gap, dit-elle à Cheney. Nul doute que votre opinion du sexe féminin a été formée en observant les souillons auprès desquels vous avez grandi, mais je puis vous assurer que les natures féminines sont plus variées que ne veut bien le reconnaître votre expérience limitée.

En comparaison, les autres femmes du roman font pâle figure, hormis la petite Rachel, 17 ans – qui s’était faite monter par monsieur Pemberton avant qu’il ne parte à Boston et revienne marié et qui est grosse de ses oeuvres… La pauvre gamine perdra son père lorsqu’il défia Pemberton au poignard.

Lorsque Pemberton regagna les montagnes de Caroline du Nord, […], parmi les personnes qui attendaient son train, sur le quai de la gare, se trouvait une jeune femme enceinte de ses œuvres. Elle avait auprès d’elle son père qui, sous sa redingote défraîchie, était armé d’un couteau de chasse affûté le matin même avec beaucoup de soin, de façon à pouvoir l’enfoncer aussi loin que possible dans le cœur de l’arrivant.

Elle a du courage, cette brave Rachel, mais elle aura intérêt à raser les murs parce que Serena l’a mauvaise à cause du fait qu’elle ne saura pas donner un enfant à son mari. Heu, tout compte fait, Rachel ferait mieux de fuir !

Serena… On ne sait pas si elle crève d’ambition ou si elle a soif d’une revanche sur la vie. Notre dame a les cheveux courts, porte des pantalons, monte à cheval comme les hommes et parcourt, sur son cheval arabe blanc, son fief boisé, au cœur des Smoky Mountains, un aigle perché sur le bras droit.

Serena… Plus diabolique que romantique. À beaucoup, elle inspire la peur, le respect, le désir, la haine. Biffez la mention inutile.

Pemberton, elle l’a vu et elle l’a voulu, s’offrant à lui le premier soir. Ce qu’elle veut, elle l’obtient, par tout les moyens.

Que voilà un personnage antipathique à 200%, la Serena. Surtout lorsqu’elle se met à régler tout ses problèmes à coups de cadavres, alors que son mari, lui, utilise sa fortune pour soudoyer les banquiers et politiciens, afin de tirer un maximum de ses terres avant de les laisser au futur Parc National. Totalement exsangue, bien entendu.

Ne vous y trompez pas : le mari a beau être fasciné par son épouse, ce sont tout les deux des prédateurs. Par contre, seule Serena a un cœur de pierre. Elle est bien plus dangereuse que lui, aussi.

Au fil des pages, elle devient de plus en plus froide, implacable, meurtrière, calculatrice, éliminant tout ceux qui sont dans son chemin, comme on abat un arbre. Aussi froide et impitoyable que les hivers rigoureux et mortels des Smoky Mountains. Aussi sèche que le sable des déserts brûlants.

Mais Serena ne tue pas elle-même… Non, tout comme elle utilise un aigle pour chasser les serpents, elle a un homme de main. Ses mains restent propres.

Roman noir, sur fond de misère sociale, de chômage et de crève-la-faim qui sont prêt à tout pour avoir un travail, même dans le milieu des bûcherons où on ne fait pas de vieux os. Ici, l’écologie est considérée comme un gros mot.

Quant aux droits des travailleurs… Les droits de qui ? Ce sont des esclaves, rien de moins. Un meurt ? Ils sont des dizaines à vouloir sa place.

Ce que j’ai aimé, en plus du contexte social, c’est que le roman ne soit pas centré uniquement sur la vie du couple Pemberton. Il nous parle aussi des ouvriers, de leur travail, nous fait partager leurs pensées philosophique, le cimetière qui se remplit des leurs, des concessions nouvelles qu’il faut négocier, sur ce parc National que certains veulent faire là où se trouve l’exploitation forestière. Bref, pas un moment de répit. Un roman profond.

Une écriture simple, mais pas simpliste, limite venimeuse comme Serena. Un récit lent, mais pas ennuyant, grâce au récit de la vie des Pemberton entrecoupé des récits des bûcherons, de la vie de Rachel qui élève seule son fils, des négociations pour d’autres terrains, des manigances de Serena et des bons mots qui parsèment le récit.

– J’ai assez de gadoue collée au cul pour y faire pousser un picotin de maïs, déclara-t-il d’un ton lugubre.
– Et moi j’en ai assez rien que dans mes cheveux pour boucher toutes les fentes d’une cabane en rondins, renchérit Henryson.

Argent, corruption, pas de justice – hormis celle du plus fort (ou de celui qui tue le premier) – un shérif qui fait tout ce qu’il peut pour lutter contre la puissance des Pemberton. Ce shérif, il en a dans le caleçon. C’est le seul a ne pas baisser les yeux et son froc devant eux.

Un personnage que j’ai apprécié, avec la petite Rachel. Deux personnages auxquels on s’attache, on tremble pour eux, on souffre avec la jeune maman qui fait ce qu’elle peut pour élever son gamin, sachant très bien qu’elle ne doit rien attendre du père biologique.

Un roman fort sombre, aux personnages travaillés, torturés, dont les quelques bûcherons dont nous suivons le parcours et leurs réflexions sur la femme du patron, le monde,…

Du venin dans les dialogues, dans les descriptions des hommes au travail et dans les paysages saccagés, sans parler du venin dans les pensées et les gestes de Serena et de ses sbires.

La fin m’a scié… Mais j’aurais dû m’en douter, avec Serena !

♫ Oh Serena, ton coeur est trop dur ♪

Livre particiapant au challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulture et  Le « Challenge US » chez Noctembule.

Mort un dimanche de pluie : Joan Aiken

Titre : Mort un dimanche de pluie        big_3-5

Auteur : Joan Aiken
Édition : Payot et Rivages – Rivages Noir (1986)

Résumé :
…Mais il plut tous les dimanches cet été-la. D’ailleurs, il plut presque tous les jours.

Pour Jane, ce fut l’été de la peur. Un couple étrange envahit sa vie, son mari devint distant et inquiet, ses enfants tombèrent malades, le chat mourut dans un piège à lapins…

La terreur s’installa peu à peu, jusqu’à l’explosion finale.

Fille du poète anglais Conrad Aiken, Joan Aiken a commencé par écrire des livres pour enfants avant de devenir une de ces reines du suspense qui savent distiller l’angoisse avec délectation.

Mort un dimanche de pluie » frappe par sa rapidité et sa concision. »

Mort un dimanche de pluie fut adapté au cinéma et réalisé par Joël Santoni en 1986.

Critique :
Le titre de ce roman des éditions Payot‭ & ‬Rivages m’avait intriguée et vu qu’il portait le numéro‭ ‬11,‭ ‬je m’étais laissée tenter par ce petit livre de‭ ‬146‭ ‬pages,‭ ‬augurant qu’un des premiers numéros ne pouvait pas être mauvais…

146‭ ‬pages écrites en tout petit…‭ ‬Vous me direz que c’est peu.‭ ‬Je vous répondrai qu’il n’y avait pas besoin d’en écrire plus‭ !

Ces‭ ‬146‭ ‬pages sont la preuve qu’il n’est pas toujours nécessaire de lire des briques de‭ ‬600‭ ‬pages,‭ ‬écrites par les maîtres du suspense et des sueurs froides,‭ ‬pour ressentir le double effet kiss cool‭ ‬:‭ ‬angoisse‭ ‬+‭ ‬adrénaline.‭

Oui,‭ ‬on peut ressentir un lourd sentiment de malaise et d’anxiété‭ ‬avec un petit livre    ! D’ailleurs, on nous l’a toujours dit : la taille ne fait pas tout ! On peut avoir un petit roman terriblement efficace.

Ce récit est comme un bon whisky‭ ‬:‭ ‬l’angoisse et la terreur ont été distillées goutte à goutte pour nous donner un nectar à savourer dans un fauteuil profond,‭ ‬en écoutant le vent souffler aux fenêtres,‭ ‬pour mieux se sentir dans la campagne anglaise,‭ ‬sous la pluie froide et humide.

Ici,‭ ‬pas de monstres poilus avec de grandes dents pour vous coller une trouille d’enfer,‭ ‬mais un couple qui fait froid dans le dos,‭ ‬les Mc Gregor.‭ ‬Un couple‭  ‬aux manies étranges,‭ ‬dérangeantes,‭ ‬suspectes,‭ ‬terrifiantes…‭ ‬qui ont envahi la vie de Jane Drummond.

Mc gregor,‭ ‬le‭ «‬jardinier‭» ‬a été engagé par le mari de Jane,‭ ‬Graham Drummond,‭ ‬alors qu’il croule sous les dettes et les hypothèques de la maison.‭ ‬D’ailleurs,‭ ‬depuis qu’il a fait entrer le jardinier à son service,‭ ‬son mari se comporte étrangement.

Quant à l’épouse de Mc Gregor,‭ ‬elle est encore pire que son mari‭ ‬:‭ ‬engagée pour garder les deux enfants du couple Drummond,‭ ‬elle tient plus de la vipère que de la bonne d’enfant et la fillette du couple est terrorisée par sa gardienne‭ ‬:‭ ‬pipi au lit,‭ ‬cauchemars,‭ ‬somnambulisme,‭ ‬brûlures‭ «‬accidentelles‭»‬,‭ ‬tels sont une partie des symptômes de la fillette,‭ ‬son frère étant trop petit que pour comprendre quoi que ce soit.

Le malaise devient aussi épais que le fog londonien…

Jane est inquiète pour ses enfants‭ (‬le lecteur aussi,‭ ‬ses yeux ne décollent plus des pages‭)‬,‭ ‬mais elle ne peut pas rompre son contrat de travail de deux mois car son ménage a besoin de cet argent.‭

Et puisque son mari snobe les factures,‭ ‬ne ramène pas d’argent à la maison,‭ ‬n’a pas l’air de bosser beaucoup et qu’en plus,‭ ‬il prend la défense du couple de vipères,‭ ‬le nourri en son sein,‭ ‬ne prêtant même pas une oreille attentive aux récriminations légitimes de son épouse…‭ ‬Notre Jane est bien embêtée,‭ ‬Comment se débarrasser de ces parasites envahisseurs‭ ?

Notre pauvre femme va devoir prendre le taureau par les cornes…‭ ‬à moins que les événements ne la précipitent dans la gueule du loup plus vite qu’elle ne le pensait.

Au travers d’une écriture concise et d’un récit rapide,‭ ‬l’auteur nous entraîne dans ce maelström d’interrogations‭ ‬:‭ ‬qui est ce couple étrange‭ ? ‬Que veulent-ils aux Drummond‭ ? ‬Quel est le secret que cache monsieur Drummond‭ ? ‬Un secret ou plusieurs‭ ? ‬Etc…‭ ‬Les apparences sont souvent trompeuses.

Le récit ne traîne pas en route,‭ ‬tout se déglingue aux alentours de Jane et le lecteur ressent des sueurs froides à l’idée de l’explosion finale qui pourrait avoir lieu.

Je peux vous dire que je me suis accrochée aux pages,‭ ‬dévorant le récit,‭ ‬l’adrénaline courant dans mes veines,‭ ‬la bouche sèche.

L’auteur fait monter le suspense crescendo et à chaque page,‭ ‬on redoute le drame,‭ ‬on vibre avec Jane,‭ ‬un petit bout de femme qui s’interroge,‭ ‬qui ne sait pas quelle mouche a piquée son mari,‭ ‬mais qui ne veut qu’une chose ‭   ‬:‭ ‬protéger ses deux enfants.‭

C’est diabolique ce récit.‭ ‬146‭ ‬pages oppressantes.

C’est avec un plaisir certain que j’ai bouffé ce court roman,‭ ‬poussant un soupir de soulagement à la fin‭ ‬:‭ ‬ma terreur prenait fin.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014),  « I Love London 2 »  de Maggie et Titine et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

Un linceul n’a pas de poches : Horace Mc Coy

Titre : Un linceul n’a pas de poches       big_4

Auteur : Horace Mc Coy
Édition : Série Noire Gallimard N°4 (1946) / Folio Policier (1998)

Résumé :
Écœuré, Mike Dolan quitte le journal où il travaille. Il ne supporte plus de ne pouvoir faire éclater la vérité, le quotidien étant muselé par les annonceurs et soumis à diverses pressions.

Avec son meilleur ami et reporter judiciaire, Eddie Bishop, et avec Myra Barnovsky, ils décident decréer « Cosmopolite », un hebdomadaire dont la devise est « La vérité, toute la vérité et rien que la vérité ».

Les dents vont grincer et les menaces pleuvoir. La jeunesse et l’impétuosité auront-elles raison du système en place ?

Petit Plus : Avec Hammett et Chandler, McCoy est l’un des pères fondateurs du roman noir américain. Dans « Un linceul n’a pas de poches », son récit le plus autobiographique, il s’est servi de son expérience de journaliste pour dresser un violent réquisitoire contre la corruption et l’hypocrisie de la société.

Le sujet toujours d’actualité et la qualité de l’écriture font que ce roman publié en 1937 n’a pas pris une ride.

Critique :
Puisque j’affectionne régulièrement plonger dans le roman noir, je me suis dit que ce ne serait pas une mauvaise idée de me taper le numéro 4 de la mythique collection « Série Noire ».

Non, ne cherchez pas vainement un crime et en enquêteur habituel, ici, rien n’est habituel. Les crimes, se sont les notables de la ville qui les commettent avec leurs magouilles. Leurs complices ? Les journaux complaisants qui détournent la vérité ou la maquille.

L’enquêteur ? Mike Dolan, un jeune journaliste assoiffé de vérité qui a déniché une magouille et, puisque son patron ne veut pas publier son article sur le match de base-ball truqué, il plaque tout afin de créer sa propre revue, se disant qu’il pourra exercer son métier comme il l’entend ainsi que dénoncer tout ce qui lui semble contraire à la morale..

Mike sait que si les journaux n’osent plus appeler les enfants de salaud par leur nom, c’est à cause des pressions qu’excercent sur eux les notables de la ville et les annonceurs publicitaires. Tout le système est gangrené.

Mais ce n’est pas évident de créer sa propre revue lorsqu’on est sans le sous et criblé de dettes ! La rigueur de Mike fait peur et après quelques publications, son imprimeur se défile et sa revue est retirée des kiosques suite à un article qui a dérangé la personne visée.

Malgré plusieurs menaces, Mike est bien décidé de continuer à faire tomber les gros bonnets.

Son combat n’est-il pas perdu d’avance, lui qui voudrait nettoyer les écuries d’Augias d’un seul coup de torchon ? (non, pas au kärcher).

Plume trempée dans le vitriol, cynisme à tous les étages, personnages haut en couleur dont le « héros », rempli de défauts est un joli cœur, véritable bête noire des pères possédant une jolie fille, assoiffé de reconnaissance, voulant côtoyer les plus grands… Homme épris de justice, il me fait penser à un Don Quichotte des temps modernes.

Vous l’aurez compris, ce roman « noir de noir » est un violent réquisitoire contre la corruption et l’hypocrisie de la société américaine et de la société en général.

Écrit avant la Seconde Guerre Mondiale, McCoy nous dresse donc un portrait horriblement sinistre des États-Unis : censure de la presse, extrémisme, Ku Klux Klan…. Pays de la liberté ? Mon c**, oui !

Tout comme son personnage principal qui lui ressemblait beaucoup, Mc Coy paiera très cher cette peinture peu reluisante : son roman ne sera pas publié en Amérique, mais en Angleterre et ensuite en France, dans la mythique série noire de Marcel Duhamel.

« No pockets in a shroud » devra patienter jusque 1948 pour être édité : et encore, ce sera une version remaniée de l’édition anglaise, qui, elle-même, avait subi des coupes par rapport au manuscrit original.

La fin est brutale, mais il ne pouvait en être autrement…

Un roman qui se lit vite, les dialogues pulsent, l’action aussi, on ne s’ennuie pas et ça valait la peine d’être lu !

 

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014),  « Challenge US » chez Noctembule et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

Bilan Livresque : Octobre 2013

BILAN - Sherlock-Moriarty PALAlors, le bilan de ce mois d’octobre ? Plus que correct ! 9 livres, comme pour septembre, mais plus de pages lues puisque mon bilan compte tout de même une énorme brique que fut « Le trône de fer » (790 pages) et « Les raisins de la colère » (640 pages), que j’avais entamé fin septembre et laissé en suspens.

Il faut ajouter à cela 2 mangas et 1 bande dessinée. Au final, je pourrais noter que j’ai 12 livres au compteur.

Je l’avais donc commencé fin septembre, mais j’avais fait une petite pause car la brique était épaisse : « Les raisins de la colère » de John Steinbeck (ICI) m’a passionné mais je lui ai trouvé quelques longueurs, tout de même. Ce livre est à lire pour en savoir plus sur les conséquences de la grande crise financière de 1929 et les gens qu’elle a mis sur la route…

Il paraît que « Le Facteur sonne toujours deux fois » selon James M. Cain (ICI). Titre donné au livre par le plus grand des hasards, il raconte l’amour fou qu’un homme et une femme ressentirent l’un pour l’autre et leurs manigances pour se débarrasser du mari de la dame. Attention, ne jamais oublier que le Destin, tôt ou tard se pointera pour apurer vos comptes. Court, bref, mais intense.

Un roman fort sombre, lourd dans son atmosphère, j’ai nommé l’ancien truand « Pike » de Benjamin Whitmer (ICI). Étrange que ce flic aussi sombre qu’une nuit sans lune et qui sème les cadavres derrière lui se fasse pourchasser par un ex-truand qui mène une vie plus réglo que la sienne. Le monde à l’envers. Tout ici n’est que violence, qu’elle soit psychologique ou physique. Le tout est purement gratuit, parfois. Et il manque de la profondeur dans l’histoire.

Ma seconde brique du mois avec cette super brique « Le Trône de Fer – Intégrale 1 » comprenant les deux premiers romans (Le Trône de fer/Le Donjon rouge) de George R.R. Martin (ICI). Ayant vu la série avant, j’ai eu plus facile à m’y retrouver dans la profusion de personnages. Ce livre, c’est du lourd et du bon !

Non, je n’ai pas donné ma « La langue au chat », mais j’ai passé un bon moment avec l’avocat Perry Mason, de Erle Stanley Gardner (ICI).

« Couché dans le pain », mais pas avec le soleil pour témoin, loin de là puisque nous sommes dans un roman noir de Chester Himes (ICI). Avec les policiers hors-norme que sont Ed Cercueil et Fossoyeur Jones.

James Ellroy est entré dans la tête d’un tueur, nous livrant un portrait de l’intérieur avec « Un tueur sur la route » : âmes sensibles s’abstenir, non pas en raison du sang ou des crimes violents et gratuits, mais en raison de la personnalité de Martin Michael Plunkett, le tueur (ICI) .

Pour me changer les idées, rien que tel qu’un livre de Gyles Brandreth : « Oscar wilde et le cadavre souriant » (ICI). Plus lent que le tome 2, mais pour celui qui veut plonger dans l’univers du théâtre, c’est extra !

Grand moment de détente avec le nouvel « Astérix chez les Pictes » par ses deux nouveaux « papas » que sont Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. Mon verdict ? Correct pour un premier album !

Au menu, de l’humour, des jeux de mots, des têtes connues (Johnny Hallyday sous les traits d’un barde hirsute et Vincent Cassel en méchant diabolique tout vert).

Bref, un album de transition plus qu’honorable quand on a connu les derniers. Comme d’hab, les clichés sont présents : les Pictes ne boivent que du whisky, jouent au lancer de troncs d’arbres, adorent la cornemuse et leurs noms commencent tous par Mac.

Ensuite, deux mangas de Yana Toboso : « Black Butler », les tomes 13  (ICI) et 14 (ICI) pour clore le cycle du voyage à bord du Campania, avec quelques surprises à bord. La fin du 14 annonce le cycle suivant où Ciel va enquêter dans une école huppée, style Eton.

J’ai clos le mois d’octobre avec un thriller que Yvan m’avait plus que conseillé : « Le festin du serpent » de Ghislain Gilberti (ICI). L’auteur, s’est transformé en python, m’enserrant l’esprit dans les anneaux puissants de son thriller, les resserrant de plus en plus autour de moi, jusqu’à me faire lâcher prise et quitter le monde réel. Un vrai festin, je vous jure ! Je m’en suis léchée les babines et les canines… Pardon, les crochets !

Avec tout ces livres, j’ai continué à remplir quelques challenges : Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014); le Challenge « Polar Historique » de Samlor; le Challenge « I Love London » de Maggie et Titine; le Challenge « Romans Classiques » de Métaphore; sans oublier le Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel; mon Challenge « Victorien » chez Arieste où je pète des flammes, celui du  « Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées; le Challenge « À tous prix » chez Asphodèle, le Challenge « US » chez Noctembule; le Challenge « I Love London 2 » de Maggie et Titine et le Challenge « XIXè siècle » chez Netherfieldpark.

Bilan Octobre : 9 livres (tous dans des challenges) + 2 mangas + 1 bédé = 12

  1. Les raisins de la colère : John Steinbeck
  2. Le Facteur sonne toujours deux fois : James M. Cain
  3. Pike : Benjamin Whitmer
  4. Le Trône de Fer – Intégrale 1 : George R.R. Martin
  5. La langue au chat… : Erle Stanley Gardner
  6. Couché dans le pain : Chester Himes
  7. Un tueur sur la route : James Ellroy
  8. Oscar wilde et le cadavre souriant : Gyles Brandreth
  9. Astérix chez les Pictes :Jean-Yves Ferri et Didier Conrad
  10. Black Butler 13 : Yana Toboso
  11. Black Butler 14 : Yana Toboso
  12. Le festin du serpent : Ghislain Gilberti

Festin du serpent - GilbertiBlack Butler - Tome 13 Black Butler - Tome 14

Les Raisins de la colère : John Steinbeck

Titre : Les Raisins de la colère

Auteur : John Steinbeck
Édition : Gallimard/Folio

Résumé :
L’histoire débute au moment où Tom Joad sort de prison. Tandis qu’il retourne chez lui, il rencontre un ancien prédicateur, Jim Casy, avec qui il partage des souvenirs d’enfance.

Les deux personnages font la route ensemble. Alors qu’ils arrivent à la ferme familiale, ils s’aperçoivent que celle-ci a été désertée. Déconcertés et un peu perdus, Tom et Jim décident d’aller chez l’Oncle John où ils retrouvent les autres membres de la famille Joad. Ces derniers sont en train de charger un camion Hudson avec ce qui leur reste de biens.

Les cultures ont été anéanties par le Dust Bowl (tempête de sable) et la famille n’a par conséquent pas pu honorer ses dettes. Chassés de chez eux, ils espèrent que la situation s’arrangera en Californie grâce à des feuillets leur proposant du travail et qui sont distribués un peu partout dans leur état : ils pensent que, là-bas, ils auront à manger et gagneront assez d’argent pour vivre.

Séduits par cette publicité, la famille Joad décide d’investir tout ce qui lui reste dans ce voyage. Bien que ce projet enfreigne les termes de sa liberté conditionnelle, Tom décide de partir avec sa famille. L’ancien pasteur J. Casy se joint également à la famille.

Les Joad empruntent la Route 66 pour aller vers l’ouest.

Dans des camps de fortune dressés au bord de la route ils entendent l’histoire d’autres familles, dont certaines reviennent de Californie.

La famille Joad ne veut pas admettre que les promesses auxquelles elle croit ne seront pas tenues. Juste avant la limite d’état, Noah (l’aîné des fils Joad) quitte la famille pour rester vivre au bord du Colorado et la grand-mère de la famille meurt pendant la traversée du désert.

En arrivant en Californie, Connie (le mari de Rose of Sharon, la fille, qui est enceinte) quitte la famille. Le reste de la famille, dirigé par Man, n’a d’autre choix que de poursuivre sa route.

A leur arrivée, ils s’aperçoivent qu’ils ne gagneront jamais beaucoup d’argent car il y a trop de travailleurs et les propriétaires importants de la région ne les respectent pas tandis que les plus petits font faillite. Ils profitent du grand nombre d’émigrants pour baisser les salaires et les familles émigrantes vivent dans des camps de fortune provisoires appelés Hooverville.

Les travailleurs étant exploités, des individus essayent de les faire adhérer à des syndicats ; Jim Casy, qui a fait de la prison pour couvrir Tom car il avait agressé un shérif, est l’un d’entre eux.

Critique : 
Un roman qui, malgré ses quelques longueurs, m’a pris aux tripes… Un roman porteur d’un message sur le capitalisme qui, non content d’exploiter l’homme, fait en sorte que toutes les richesses ne soient détenue que par quelques mains (la racaille en col blanc).

« Lorsque la propriété est accumulée dans un trop petit nombre de mains, elle est enlevée. Lorsqu’une majorité a faim et froid, elle prendra par la force ce dont elle a besoin. la répression n’a pour effet que d’affermir la volonté de lutte de ceux contre qui elle s’exerce et de cimenter leur solidarité ».

 

L’industrialisation a beau être pointée du doigt dans ce roman (les tracteurs), ce n’est pas elle qui est citée à comparaître sur le banc des accusés : la machine n’est pas responsable du mal qu’elle fait.

Non, mais l’auteur dénonce la mauvaise utilisation et le fait que les banquiers – eux, une fois de plus – aient entraînés les plus pauvres à payer leurs erreurs (♫ non, non, rien n’a changé ♪).

« La banque ce n’est pas la même chose que les hommes. Il se trouve que chaque homme dans une banque hait ce que la banque fait, et cependant la banque le fait. La banque est plus que les hommes, je vous le dis. C’est LE MONSTRE. C’est les hommes qui l’ont créé, mais ils sont incapables de le diriger ».

Oklahoma, fin des années 20… 1929 pour être plus précise. Les cultures ont été anéanties par le Dust Bowl (tempête de sable) et les agriculteurs qui avaient emprunté de l’argent aux banques après une récolte merdique, se retrouvent à ne plus savoir honorer leurs dettes puisque aucune de leurs récoltes ne fut vraiment bonne.

Et que font les banquiers lorsque vous ne savez pas payer vos dettes ? Ils vous saisissent vos biens, vos terres et vous saisissent à la gorge. Ils ont expulsé les fermiers sans aucun état d’âme (et nous savons que cela continue de nos jours)…

Le passage où les tracteurs charruent les terres des pauvres gens, massacrant au passage leurs maisons de bois est émouvant. C’est toute leur vie qu’on met à bas, leurs terres que l’on massacre, leurs terres que l’on va épuiser en plantant du coton.

À non, c’est vrai, ce ne sont plus leurs terres, ce sont celles de la banque, de la société, de on-ne-sait-pas-trop-qui, mais le responsable n’est pas « humain » en tout cas. Il est bien plus facile de dire que c’est la Société Machin.

Chassés de chez eux, ils penseront comme tous les immigrants que leur situation s’arrangera ailleurs – en Californie, ici – puisque des feuillets leur promettent monts et merveilles, notamment du travail à foison. Ces pauvres gens pensent que, là-bas, ils auront à manger et gagneront assez d’argent pour vivre. Pauvres fous… (pas en tant qu’insulte, mais en tant que visionnaire de leur futures emmerdes).

La famille Joad, c’est elle que nous allons suivre sur leur chemin d’exil  depuis l’Oklahoma jusqu’en Californie, sur la mythique route 66 qui ne sera pas une partie de plaisir, mais s’apparentera plus à une descente aux Enfers.

Les voitures des émigrants surgissaient en rampant des chemins de traverse, regagnaient l’autostrade et reprenaient la grande voie des migrations, la route de l’Ouest. A l’aube, elles détalaient, pareilles à des punaises ; dès la tombée du jour, surprises par l’obscurité, elles se rassemblaient et venaient grouiller autour d’un abri ou d’un point d’eau.

De fait, nous n’avons jamais vu d’immigrants voyager en Rolls. Ici, ce sera un vieux « camion ». De nos jours, ce sont des containers, des embarcations de fortune…

Mais comme Moïse, la terre promise, certains ne la verront jamais, et les autres, ils ne feront que l’avoir rêvée parce qu’on leur a vendu de belles images. Non content de les spolier de leurs terres, on les spolie de leurs rêves d’avoir une vie meilleure.

Ne laisse pas s’envoler trop tes espérances, pour n’avoir pas à ramper comme un ver de terre.

Ce livre comporte des passages assez long et j’ai parfois eu dur de continuer le voyage, mais comme les Joad, je me suis accrochée afin de lire ce chef-d’œuvre de Steinbeck, ce pamphlet qui n’épargne pas les banques et qui nous raconte ce que fut la grande dépression de 1929 au travers du voyage d’une famille.

Il vous prend aux tripes parce que vous vous retrouvez à abandonner ce que fut votre vie, vos affaires, vos amis, vous voyagez sur une route qui a tout du fleuve Styx (celui des Enfers), parce que vous vous retrouvez dans des camps de fortune dressés sur les bords des routes, parce que les promesses de travail vantées par les put**** de prospectus ne sont pas tenues, entrainant les familles déjà démunies à crever de faim parce que sans emploi et sans nourriture.

Et tout retour en arrière est impossible, c’est marche en avant ou crève en faisant marche arrière.

Si vous qui possédez les choses dont les autres manquent, si vous pouviez comprendre cela, vous pourriez peut-être échapper à votre destin. Si vous pouviez séparer les causes des effets, si vous pouviez savoir que Paine, Marx, Jefferson, Lénine furent des effets, non des causes, vous pourriez survivre. Mais cela vous ne pouvez pas le savoir. Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en « Je » et vous sépare toujours du « Nous ».

La famille Joad, qui ne sera pas au bout de ses peines, va devoir se disloquer, elle crèvera de faim aussi, subira comme d’autres l’injustice et l’exploitation, elle devra faire face à des conditions de survie inhumaines, elle connaîtra le rejet, la discrimination, la mort, la prison,…

« Les grandes compagnies ne savaient pas que le fil est mince qui sépare la faim de la colère. Au lieu d’augmenter les salaires, elles employaient l’argent à faire l’acquisition de grenades à gaz, de revolvers, à embaucher des surveillants et des marchands, à faire établir des listes noires, à entraîner leurs troupes improvisées. Sur les grand-routes, les gens erraient comme des fourmis à le recherche de travail, de pain. Et la colère fermentait.

Comme le dit la devise de mon pays, « L’Union Fait La Force » et c’est uni que tout ces opprimés arriveront à s’en sortir. La solidarité étant souvent très forte entre eux (dans le livre).

– On en apprend tous les jours, dit t-elle, mais il y a une chose que je sais bien, à force . Quand on est dans le besoin, ou qu’on a des ennuis – ou de la misère – c’est aux pauvres gens qu’il faut s’adresser. C’ est eux qui viendrons en aide – EUX SEULS.

Autre paradoxe soulevé par le récit et qui me fait penser à ce que nous vivons toujours : les habitants de Californie ne veulent pas les immigrés mais ils en ont besoin pour le travail… « Travaille et puis casse-toi, pauv’con ».

– On est bien dans un pays libre, tout de même.

– Eh bien tâchez d’en trouver, de la liberté. Comme dit l’autre, ta liberté dépend du fric que t’as pour la payer.

Bref, un livre à lire, les personnages sont attachants, ce qui est écrit est une partie de l’histoire, malgré quelques longueurs, ça vaut la peine de l’ouvrir, de plus, le style d’écriture est implacable. Dire que depuis, rien n’a changé.

Craignez le temps où l’Humanité refusera de souffrir, de mourir pour une idée, car cette seule qualité est le fondement de l’homme même, et cette qualité seule est l’homme, distinct dans tout l’univers.

L’auteur a reçu pour cette œuvre le prix Pulitzer en 1940.

Lu dans le cadre des Challenges « Romans Cultes » de Métaphore, de « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel, du « Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées, pour Le « Challenge US » chez Noctembule et pour Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle.

Le Facteur sonne toujours deux fois : James M. Cain

Titre : Le Facteur sonne toujours deux fois       big_3

Auteur : James M. Cain
Édition: Folio Policier / Série Noire Gallimard

Résumé :
Chômeur à vingt-quatre ans, Frank Chambers arpente les routes, une petite valise à la main, à la recherche d’un emploi. Il s’arrête à une station-service restaurant. Le patron, Nick Papadakis, qui exploite l’établissement avec son épouse Cora, lui propose un travail. Après avoir aperçu la jeune femme, Frank accepte de rester et devient rapidement son amant. Ensemble, ils décident de tuer Nick.

Petit plus :
À sa parution en 1934, ce roman reçut de nombreuses critiques élogieuses.

Novateur par son écriture concise et rythmée, le livre l’est tout autant par le choix de son sujet. Cette passion banale entre deux êtres très ordinaires débouche sur un crime dont les mobiles centraux sont l’argent et le sexe.

D’un regard distancié, sans porter le moindre jugement moral sur ses personnages, James Cain met en évidence leurs motivations et montre comment l’obsession de la réussite aboutit au naufrage d’individus fascinés par le rêve américain.

Ce récit a donné lieu à différentes adaptations cinématographiques, notamment en 1946 avec Lana Turner, puis, en 1981, avec Jack Nicholson et Jessica Lange.

Critique :
Ne cherchez pas une signification au titre, ni de facteur dans l’histoire…  L’auteur, James M. Cain lui-même, ayant indiqué avoir choisi ce titre à la dernière minute, étonné qu’un éditeur lui octroie enfin un contrat. Donc, pas de véritable sens à donner à ce titre pour le moins étrange.

Si ce roman ne raconte pas la vie dure d’un postier, il nous raconte un morceau de la vie de Frank Chambers, jeune « chômeur vagabond » de 24 ans, qui fait une halte dans une station-service-restaurant pour un repas.

Le patron, un grec du nom de Nick Papadakis, l’engage. Il tient son restaurant avec l’aide de sa belle jeune femme, Cora…

Là, je parie que vous voyez venir l’affaire qui est aussi grosse que le train postal Glasgow-Londres.

Et notre fringant ex-chômeur nous raconte, sans surtaxe, comment il est tombé amoureux de la femme du patron, rêvant qu’elle lui vérifie la colle de son timbre-poste.

J’avais tant envie de cette femme que je ne pouvais rien garder dans l’estomac.

Attirance qui se trouve être réciproque. Elle aussi veut se faire cacheter la lettre.

Sans tarder, il lui glisse son colis postal dans la boîte aux lettres (celle munie d’une fente), il lui cachette le timbre poste, le lèche, le retamponne, vérifie le colis sous tous les angles, fait des dépôts en liquide et tous deux nous rejouent la mythique scène de « L’arrière-train sifflera trois fois » (-18 ans)…

Non, les images et les détails ne sont pas compris dans le livre. J’extrapole un peu sur les scènes, mais ils s’envoient bien en l’air.

Liaison passionnée, sadomasochiste, même, puisque lors de leur premier baiser fougueux, Cora demandera à Frank de lui mordre les lèvres, ce qu’il fera, jusqu’au sang… Dracula en aurait défailli de jouissance. Entre eux, ce ne sera que morsures durant leurs étreintes brutales et rapides.

Elle semblait être l’ancêtre de toutes les putains du monde. Le diable en eut pour son argent, cette nuit-là.

Petit soucis dans leur romance timbrée et hautement sexuelle : le mari !

C’est là que nous remarquons que nous sommes en plein roman noir parce que, dans la collection Harlequin, le mari, voyant sa femme éprise d’un autre, aurait soit cédé sa place en pleurant de bonheur pour les deux tourtereaux, ou, au pire, demandé le divorce…

Avec un peu de chance, il aurait même eu un accident mortel, tout seul comme un grand, laissant par derrière lui une lettre dans laquelle il leur souhaiterait ♫ tout le bonheur du monde ♪… Oui, mais… On n’est pas chez Harlequin le champion de l’Amûûr, ici.

« Alors, on en fait quoi de mon graisseux de mari ? »
« Ben c’est tout simple, on le tue… »

Mais on entube pas… heu, on ne tue pas un grec aussi facilement que ça et notre ami survit au coup de la baignoire (Clo-Clo aurait apprécié que survienne la panne de courant, lui aussi).

Puisqu’il est gentil et un peu con, le mari ne remarque rien… La seconde tentative sera-t-elle la bonne ?? Nos expéditeurs veulent l’envoyer de nouveau ad patres, par recommandé cette fois-ci, avec accusé de réception de la part de Saint-Pierre.

Un mot, un geste, la Poste fait le reste… Signez ici pour l’âme du pauvre grec qui s’est quand même fait entuber.

On ne peut pas dire que ce livre pêche par un style littéraire utilisant les mots de plus de dix lettres du dictionnaire, ni que les dialogues soient d’Audiard, ils manquent même de descriptions de ce que font les protagonistes durant leur parlottes.

Malgré tout, la lecture se déroule sans accro, plus rapide que Chrono Post (pas difficile non plus d’être plus rapide que la Poste !).

Je pense que le style littéraire « un peu plat » est voulu, puisque c’est Franck Chambers qui nous raconte son récit juste avant de passer… Je ne vous dirai pas où !

On nagera dans le Noir, avec les tentatives de meurtres, le sexe bestial, l’envie,…

Avec un avocat retors et plus roublard que Perry Mason himself ! Un truc de fou où les agences d’assurances jouent leur grand rôle de faux-cul (elles sont faites pour ça).

Noir, parce que Franck Chambers est un gars qui a la bougeotte et que, une fois conquise la femme du grec, ben il n’aspire qu’à une chose : reprendre la route. Ils manquent même de séparer, la rancoeur ayant cédé la place l’amûûr.  Un comble alors qu’ils ont tué pour être ensemble.

Le noir, on s’y enfoncera jusqu’au genoux puisque deux coupables s’en sortiront… Et là où le Noir nous prendra à la gorge, c’est quand un innocent sera condamné à la potence. Ironie, quand tu nous tiens…

Qui avait dit « Tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin ? ».

Décidément, dans les polars noirs, les hommes tombent à cause du fait qu’ils ont été tremper leurs biscuits dans des tasses de café dans lesquelles ils n’avaient pas à aller touiller.

Livre participant aux challenges « Thrillers et polars (2013-2014)«  de Liliba, à celui de « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel et au  « Challenge US » chez Noctembule.

L’assassin qui est en moi (The killer inside me) : Jim Thompson

Titre : L’assassin qui est en moi (Le démon dans ma peau) – The killer inside me

Auteur : Jim Thompson                                                                     big_4
Édition : Rivages Noir (2002 – Nouvelle traduction intégrale) / Paru aussi en Folio sous le titre « Le démon dans ma peau » mais sans la traduction intégrale !

Résumé :
Adjoint du shérif de Central City, Lou apprend que le fils Conway, cet idiot d’Elmer, s’est amouraché de Joyce, une prostituée installée à l’orée du canton.

La bourgade texane est sous la coupe du père Conway, patron d’une grosse entreprise du bâtiment. Lou garde une dent contre lui : il le soupçonne d’avoir ordonné la mort de son frère Mike et maquillé le meurtre en accident.

Aussi lorsque le vieux Conway le charge de faire déguerpir Joyce moyennant 10 000 dollars, Lou a en tête un tout autre plan : il confie à Elmer cette besogne pour les éliminer ensuite tous les deux sur place, en faisant croire qu’ils se sont entretués.

Ambiance glauque d’un village perdu, personnages retors et pervers, rapports à double tranchant où personne n’est dupe et où chacun essaie d’abuser son prochain, toutes les obsessions de Jim Thompson se retrouvent dans ce livre à l’âme plus noire que le pétrole texan. Un Thompson au sommet de son art : implacable, machiavélique, brutal.

«L’histoire la plus crédible et la plus effrayante jamais écrite à la première personne concernant un esprit criminel».  Stanley Kubrick.

Critique :
Ne voulant pas avoir l’impression d’escalader l’Evrest en espadrilles et sans entraînement (1), j’ai donc suivi le conseil de l’ami Jeranjou (de Babelio) et lu quelques polars noirs avant de m’attaquer à ce monument (que j’ai acheté dans sa première traduction intégrale – autant faire les choses correctement !) de la littérature noire.

Munie d’un solide entraînement avec ces messieurs Winslow, Himes, Hammet, Hansen, Williams, Block, Lehane, Johnson… j’ai chaussé mes crampons et escaladé ce monument du grand Jim Thompson.

Alors, chocolat noir ou chocolat au lait ? (2) Nous allons l’analyser…

Tout le sel de cette intrigue se trouve dans le fait que c’est Lou Ford, l’adjoint du shériff, qui nous raconte ses tribulations… Nous sommes dans sa tête et notre narrateur à l’art et la manière de nous tenir en haleine.

Lou, il a l’air un peu simplet, un peu plouc sur les bords, on lui donnerait le bon Dieu sans confession…

Il m’arrive, parfois, de traîner en ville, adossé à la devanture d’un magasin, mon chapeau repoussé en arrière, une botte passée derrière la cheville de l’autre jambe – ma foi, vous m’avez sans doute vu si vos pas vous ont mené dans cette direction -, et, de rester comme ça, avec la tête d’un gars gentil, sympa, stupide, un type qui n’oserait jamais pisser dans on pantalon si celui-ci prenait feu. Et pendant tout ce temps où je reste là, intérieurement, je hurle de rire – rien qu’en regardant passer les gens.

Heu ? Son âme est plus noire que du goudron !

Lou ne fait rien à moitié, d’ailleurs, monsieur a même deux gonzesses : Amy Stanton, « l’officielle » et  Joyce Lakeland « une jolie pute ». C’est d’ailleurs à cause de cette pute – qu’il saute allégrement – que son assassin s’est réveillé. Lou Ford a beau faire tout ce qu’il peut pour cacher sa véritable nature, les morts étranges s’accumulent autour de lui comme des mouches sur un étron fumant.

De plus, notre ami Ford possède déjà quelques cadavres dans son placard : un crime commis dès son plus jeune âge; son demi-frère, Mike, fut accusé et emprisonné à sa place. Ce qui le fiche en l’air, c’est la mort « accidentelle ? » du demi-frangin, après sa libération. Ajoutez à cela des relations assez difficiles (euphémisme) avec son père médecin (qui est mort) et vous avez presque cerné l’animal.

Niveau « traumatismes », on ne peut pas dire qu’il soit en manque.

Lou Ford a donc la rage envers Chester Conway, le magnat local de la construction. Pourquoi ?  Parce qu’il le  suspecte d’être responsable de la mort de son demi-frère. Sans compter qu’un syndicaliste lui fait comprendre que Conway n’était pas en règle dans le chantier que son demi-frère inspectait… À croire qu’il voulait que Ford déchaîne son p’tit killer !

Noir, ce polar ? Oh, pas tant que ça… Cinq morts : les deux premiers pour la vengeance et les trois autres pour se couvrir. On pouvait faire pire, non ? *air innocent*

Et puis, Lou est un personnage merveilleux : un assassin cynique, hypocrite, possédant une certaine propension à nier l’évidence, faisant preuve d’une froideur dans la préparation de ses crimes, possédant une assurance à toute épreuve, un certaine propension à baratiner tout le monde, le tout mâtiné d’un sentiment de puissance et d’impunité.

Tout ça parce que j’étais dans les parages lorsque certaines personnes se sont fait assassiner; parce que le hasard a voulu que je me trouve là.

Monsieur sème la mort avec délectation car il a le sentiment d’être dans son bon droit.

Ben quoi, c’est pas sa faute, non, si tout le monde se met en travers de sa route ? Non, mais, allo quoi ? Sont-ils tous aussi cons d’aller poser leur cou sur le billot alors que Lou a une hache en main ?

Alors, vraiment un chocolat noir au-delà de 65%, ce roman ? Stop ! Avant de me faire descendre par Jeranjou qui pointe un révolver sur ma tempe, je peux vous l’avouer : ce polar, c’est « noir de chez noir » et garantit pur cacao à des hautes teneurs.

Le personnage de Lou Ford est magnifique de cynisme, plusieurs fois ses pensées m’ont fait osciller entre le rire nerveux ou l’effroi pur et simple.

[…] Je me rappelle ce qu’il a fait, et j’arrête de rire, et j’enrage – je deviens furieux.
– Espèce d’ordure ! J’étais sur le point de l’épouser, cette pauvre petite. On allait partir tous les deux, et elle t’a surpris à fouiner dans la maison, et tu as essayé de la…
Je me tais parce qu’il n’a rien fait du tout. Mais il aurait pu. Il aurait pu faire ce que je viens de dire, il en est parfaitement capable.
Ce salopard aurait pu le faire, mais il est comme tout le monde. Bien trop gentil-gentil et trop hypocrite pour faire quoique ce soit de vraiment éprouvant.

La ville de Central City, la seule que Ford ait jamais vu de sa vie, est remplie de canailles, elle aussi : tout le monde sait que les notables de la ville se tapent la pute, mais tout le monde la ferme; les syndicats sont plus pourris que la bouche d’un vieil édenté; c’est Conway qui dirige la ville et tout le monde est à ses bottes, quant au procureur, il ne vaut pas mieux.

Notre assassin n’est que le reflet de ce que cette ville peut produire de mieux…

« Qu’est-ce que tu pourrais bien dire quand tu te noies dans ta propre merde, et qu’ils t’empêchent d’en sortir en te repoussant à coups de pied ? Quand tous les hurlements dont retentit l’enfer feraient moins de bruit que ceux qui cherchent à sortir de ta gorge ? »

Ce n’est que sur la fin du récit que nous aurons tous les détails du « traumatisme » enfantin de Lou et le pourquoi il se sent obliger de tuer des femmes.

L’écriture est incisive, sans temps mort, suspense garantit, vous sentez la tension qui monte dans votre corps et vous ne savez pas ce que vous préféreriez comme final : la victoire de la police ou celle de Lou Ford…

Pris au premier degré, ce livre vous glace les sangs. Au second, ça va un peu mieux… Mais je termine tout de même glacée car à un moment donné, mon second degré s’est fait la malle (sur le final).

Verdict ? Un livre aussi bon, aussi fort et brassé avec autant de talent ne se déguste qu’avec sagesse.

(1) Jeranjou avait utilisé cette image qui m’avait fait beaucoup rire et je l’ai reprise (sa phrase était « Sauter d’un Agatha Christie à un Jim Thompson relève de l’ascension de l’Everest, en espadrille et sans entrainement »).

(2) Jeranjou, toujours lui, avait écrit une belle critique en comparant ce livre à du chocolat noir (« au-delà de 65 % de cacao, amer et long en bouche, à déguster à petite dose, [ce qui] correspond évidemment à notre fameux polar »).

Livre participant aux Challenges « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), à « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel et au « Challenge US » chez Noctembule.

« The Killer Inside Me » est un film américano-britannico-canado-suédois réalisé par Michael Winterbottom, basé sur le livre du même nom de Jim Thompson. Il est sorti en salles en 2010. Avec Casey Affleck et Jessica Alba.

Autres couvertures :

Bilan Livresque : Août 2013

9 livres… Huumm, pas terrible mon bilan du mois d’août… La faute à un gros pavé qui m’a pris du temps à lire. 840 pages qui m’ont pris deux semaines, et, résultat, un bilan en demi-teinte. Si, en demi-teinte parce que je comptais lire beaucoup plus !

Hé oui, je participe pour le dernier mois aux  Challenges « Faire fondre sa PAL » chez Metaphore et à « Destination PAL » chez Lili Galipette !

Malgré tout, j’ai fait de belles lectures, avec, tout d’abord, « Ténèbres prenez-moi la main » de Dennis Lehane (ICI). SUPER ! Super noir, aussi. Et un titre de plus pour le challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 !

Lecture chiante avec « Tabou » de Casey Hill (ICI) qui est proche, dans ces cent premières pages, du style littéraire de Harlequin… Limite si je ne l’ai pas envoyé en l’air, ce livre dont je vous conseille de passer votre chemin (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

« Ville noire, ville blanche » de Richard Price (ICI). Le voilà le gros pavé qui m’a empêché de lire plus tant il était gros et long à lire en raison de petits caractères et d’un développement assez long à se mettre en place aussi. Malgré tout, il est à découvrir pour la manière dont l’auteur décrit la montée de la haine raciale (Challenges Le « Pavé de l’été » Sur Mes Brizées,Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Après 15 jours de lecture pavesque, il me fallait du light et j’ai sorti deux petits Folio Policier qui m’ont bien agrémentés ma lecture. Tout d’abord, il y a eu « Vivement dimanche ! » de Charles Williams (ICI). Rien à avoir avec l’émission de Druker, mais ce petit polar était une bouffée d’oxygène. Scénario génial, meurtres, accusé innocent et ruse sont au menu de ce roman (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Le second Folio était le scénario du film que Sébastien Japrisot avait écrit : « Le passager de la pluie » (ICI), film avec Richard Bronson et Marlène Jobert. Le film, dans mes lointains souvenirs, était génial. Le livre en est sa copie conforme, sans la moustache de Bronson… Petit bémol dont il faut passer outre : les dialogues présentés comme dans une pièce de théâtre (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Comme j’ai décidé de lire des auteurs russes, mais de commencer par des épaisseurs guère épaisse, j’avais acheté « Une journée d’Yvan Denissovitch » de Soljenitsyne (ICI). Yvan est prisonnier du goulag et le roman est le récit d’une de ses journées, du lever au coucher. Alors qu’il aurait pu facilement tomber dans le pathos ou le récit dur, Soljenitsyne reste sobre dans ses descriptions, pas de sang, pas de tortures. Récit sobre, mais prenant, poignant et merveilleux d’optimisme de la part de Denissovitch (Challenge « Myself » par Près de la Plume… Au coin du feu.

Polar de chez « Rivages&Payot » ensuite avec « Par qui la mort arrive » de Joseph Hansen (ICI). Un enquêteur qui appartient au milieu des assurances; une mort appartenant au milieu homo et dont il doit s’assurer que ce n’est pas un suicide déguisé en meurtre; un coupable homo dont on ne sait pas à cent pour cent s’il l’est vraiment… vraiment coupable,  homo on en est sûr. Pour la police, ça ne fait aucun doute, sa culpabilité, mais Dave Brandstetter est tenace et bon enquêteur. Il est gay, aussi. Un départ un peu lourd suite aux nombreux personnages, mais ensuite, ça file (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Comme je voulais m’encanailler et remplir mon quota de deux livres pour le Challenge « Badinage et libertinage » de Minou, j’ai lu « La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux » du Marquis de Sade (ICI). Philosophie de comptoir, scènes de sexe qui sentent la resucée, bref, sulfureux à l’époque, encore un tout petit peu à la nôtre, mais la lecture ne m’a pas transcendée. Et la gamine de 15 ans qui devient une grande cochonne en deux secondes chrono, ça sent le mauvais scénario de film porno série Z. Sorry, Marquis, vous ne m’eûtes point émoustillée (Challenge « Myself » par Près de la Plume… Au coin du feu).

Pour terminer, quoi de mieux que LE premier roman policier, du moins, celui qui passe pour être le premier et dont Agatha Christie et Conan Doyle se sont inspirés pour les leurs ? Ce fut donc de ma PAL Noire que je sortis enfin « L’affaire Lerouge » d’Émile Gaboriau (ICI). Pfff, comment dire, ce fut laborieux comme roman !

Bien que le meurtre ait eu lieu de suite, il y a souvent des diatribes au niveau des pensées des personnages qui deviennent souvent lourdes. Ok, je sais qu’elles sont importantes parce qu’elles mettent tout en place, je sais que le juge ne pouvait pas expliquer en deux lignes le pourquoi du comment le nom du vicomte Albert de Commarin lui rappelait de mauvais souvenirs, mais bon, trop is te veel ! Tiens, petit aparté : Sherlock Holmes détestait Lecoq, le personnage de Gaboriau. (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 & Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur).

Bilan livresque d’Août : 9 livres + relecture de 3 bédés (9 livres pour les Challenges « Faire fondre sa PAL » chez Metaphore &  « Destination PAL » chez Lili Galipette)

  1. Ténèbres prenez-moi la main : Lehane (« Thrillers et polars »)
  2. Tabou : C Hill (« Thrillers et polars »)
  3. Ville noire, ville blanche : Price (« Pavé de l’été » et « La littérature fait son cinéma – 3ème année »)
  4. Vivement dimanche ! : Ch Williams (Thrillers et polars » et « La littérature fait son cinéma – 3ème année »)
  5. Le passager de la pluie : S Japrisot (« Thrillers et polars » et « La littérature fait son cinéma – 3ème année »)
  6. Par qui la mort arrive : J Hansen (« Thrillers et polars »)
  7. Une journée d’Yvan Denissovitch : Soljenitsyne (« Myself » )
  8. La philosophie dans le boudoir : Sade (« Badinage et libertinage »)
  9. L’affaire Lerouge : É Gaboriau (« Thrillers et polars » / PAL Noire)
  10. Ric Hochet – Tome 19 – Les signes de la peur : A-P Duchateau & Tibet (« Thrillers et polars »)
  11. Ric Hochet – Tome 18 – Enquête dans le passé : A-P Duchateau & Tibet (« Thrillers et polars »)
  12. Valhardi – Tome 7 – Le mauvais oeil : Jijé (« Thrillers et polars »)