Bilan Livresque Mensuel : Juin 2016

BILAN - Minions plage travailler moins OK

Le Mois de Juin est mon mois préféré pour plusieurs raisons : on entre dans les jours les plus longs, le temps est meilleur (sauf cette année), ce sont mes vacances annuelles (5 semaines en tout), mes 3 semaines de vacances dans le Sud de la France et le Mois Anglais !

Dans les 51 billets que j’ai pondu pour le Mois Anglais, il y avait 13 romans (12 effectifs, un toujours en cours), 6 nouveaux Mangas et 1 bédé holmésienne.

Pour le moment, à cette moitié d’année, j’ai déjà lu 78 romans. Je suis contente de moi, mais on ne remarque même pas que ma PAL a bougé…

Ok, j’ai pas chômé, les gars ! Maintenant, faut aller bosser mardi et là, ça va être dur, dur, dur ! Mais j’aurais quelques trucs nouveaux pour vous en juillet… ou en août, on ne sait jamais, le temps passe si vite…

Un petit manga pour bien commencer le Mois Anglais avec la suite des aventures de nos amis aux prises avec des loups-garous… Black Butler – Tome 21 de Yana Toboso tient ses promesses et on n’a pas le temps de souffler… J’aime le côté fantastique de ce manga mais où le rationnel a aussi sa place.

Des retrouvailles avec un vieil ami et dandy Oscar Wilde qui va m’entrainer, en compagnie du docteur Arthur Conan Doyle à Rome pour un pétillant Oscar Wilde et les crimes du Vatican de Gyles Brandreth. Une bouffée d’air frais, un plaisir de lecture une fois de plus et mon seul regret est que je n’ai plus qu’un tome à lire dans cette série.

Chouette, la fin du diptyque avec Sherlock Holmes et les voyageurs du temps – T2 de Cordurié & Laci. Le second tome était mieux que le premier, je trouve, mais il faut aimer Sherlock Holmes à la sauce fantastique tout de même.

Que se passait-il à Londres durant la Seconde Guerre Mondiale ? Vous le saurez vous aussi en lisant Black-Out de John Lawton. Un enquête difficile, des preuves qui n’arrivent pas à la pelle, malgré le côté Holmes du légiste, de l’humour, du sexe, des morts, une plume qui nous entraine au fil des pages et, hélas, quelques longueurs à un moment donné. Pas au point de gâcher la lecture, mais il y avait moyen de passer outre, je pense.

La découverte des crimes de Jack The Ripper (Hell Blade – Tome 1 de Je-Tae Yoo) revus en manga était alléchant, hélas, si le premier tome tenait la route, après, on est s’est vachement égaré et au final, ben je les ai terminé tous les 5 mitigée. Un bon postulat de départ, un égarement ensuite, des questions sans réponse et un passé de Holmes esquissé mais pas terminé.

Acheté en février 2015 à la foire du livre de Bruxelles, il prenait un peu trop les poussières à mon goût et c’est dommage parce que le design de la couverture et la tranche en doré est du plus joli effet… Voilà pourquoi j’ai sorti Une étude en soie de Emma Jane Holloway. Si le début est un peu lent et que 100 pages de moins auraient boosté le suspense, cette enquête se lit toute seule.

Des retrouvailles avec le sergent sans nom de la Section A14 pour cette enquête qui est en fait sa première. Il est mort les yeux ouverts de Robin Cook est un concentré de noir !

Un Mois Anglais sans Sherlock Holmes est une hérésie, heureusement que cette auteure a pensé à moi en écrivant Le diable de la Tamise (Annelie Wendeberg) qui met en scène le Dr Anton Kronberg, bactériologiste et… Holmes ! Une histoire bien menée qui oscille entre l’enquête policière et l’enquête médicale.

On s’est faite peur, Stelphique et moi, pour notre LC du mois en ouvrant Derniers Jours de Adam Nevil. J’ai eu peur et j’ai adoré me faire peur avec ce roman qui m’a emmené à Londres, en Normandie et dans le le désert de Sonora en Arizona. Trois pays et des tournages qui m’ont fait flipper.

Jack The Ripper est toujours de la partie pour le Mois Anglais et on m’avait soumis à la tentation avec Je suis le sang de Ludovic Lamarque. Bram Stoker enquêtant sur les crimes de l’Éventreur, qui le rencontre, qui est obligé d’écrire sur lui et qui nous montre les prémices de Dracula… Mmmm, un régal.

Oh, encore une autre théorie sur les meurtres de 1888, une théorie qui se base sur les témoignages des personnes qui disaient avoir parlé ou vu Mary Jane Kelly le matin du 9 novembre alors que d’après le légiste, elle était déjà morte. Philippe R Welté ne s’en sort pas si mal avec sa théorie dans son Jack l’Éventreur, le secret de Mary Jane Kelly même si le coup du fantôme est le truc de trop. Sinon, pourquoi pas ? Je l’ai lu comme un roman fiction…

Là, j’ai touché le fond de la piscine (sans pull bleu marine) avec le coup du châle qui aurait pu appartenir à Catherine Eddowes, une des victime de l’Éventreur, châle qui n’est pas repris dans le procès-verbal de ses possessions… Un nom pour l’Éventreur de Russel Edwards pourrait être juste avec l’identité du tueur de Whitechapel, Kominski étant plausible, mais les tests ADN et tout le reste qu’il déblatère, non, je dis non, un peu trop capillotracté à mon goût.

Un roman sur des types qui plantent des piquets pour construire une clôture ? Ça existe ? Oui, je vous jure que je n’ai pas lu un catalogue de « Comment réaliser une clôture à forte tension pour vos bêtes à poils ». Retenir les bêtes de Magnus Mills vaut pour son humour noir, ses personnages désespérés, sauf quand ils vont au pub… De plus, il est court et se lit très vite.

Dans le cadre de mes journées de vacances « Un roman par jour, en forme toujours » j’ai bouffé La chambre des âmes de Franck Tallis assise sur une pierre, les pieds dans l’eau et j’ai terminé le roman au soir, à la piscine. Un roman étonnant, dont le final est… un peu comme dans un autre livre bien connu. J’ai apprécié le roman dont la fin divisera les lecteurs en ceux qui la trouvent super et d’autres trop facile ou déjà vue dans ses grandes lignes.

Encore un livre que j’ai lu assise au soleil, les pieds dans de l’eau glacée d’une rivière sauvage et que j’ai terminé au soir, avec un café sur la terrasse ensoleillée… Des retrouvailles avec Lizzie Martin et Ben Ross pour La curiosité est un péché mortel de Ann Granger. Il y a plus de rythme que dans le premier, mais moins de recherche et de déductions de la part de Lizzie Martin lorsqu’elle cherche qui a poignardé l’homme dans le jardin.

Petite incursion dans un policier fantastique avec Le livre des âmes de James Oswald. J’ai fait la connaissance de l’inspecteur Tony McLean et de ses acolytes policiers, à Édimbourg. Les personnages apportent beaucoup de sel à ce roman qui flirte avec le fantastique…

Niveau relectures bédés, j’ai relu toute la collection des BDétectives éditée par Lefrancq dans les années 90 et je me suis de nouveau fait mal avec des dessins mal fichus, des Sherlock Holmes aux épaules de débardeur, portant non stop son macfarlane et son deerstalker et des scénarios qui lorgnent trop sur le fantastique et les explications jetées à la fin du récit et qui n’expliquent pas tout.

Bilan Livresque Juin : 13 romans

  1. Oscar Wilde et les crimes du Vatican : Gyles Brandreth
  2. Black-Out : Lawton
  3. Une étude en soie : Emma Jane Holloway
  4. Il est mort les yeux ouverts : Robin Cook
  5. Le diable de la Tamise : Annelie Wendeberg
  6. Derniers Jours : Adam Nevill [LC avec Stelphique]
  7. Je suis le sang : Ludovic Lamarque
  8. Jack l’Éventreur, le secret de Mary Jane Kelly : PR Welté
  9. Un nom pour l’Éventreur : Russel Edwards
  10. Retenir les bêtes : Magnus Mills
  11. La chambre des âmes : Franck Tallis
  12. La curiosité est un péché mortel : Ann Granger
  13. Le livre des âmes : James Oswald (En cours)

Bilan Livresque Juin : 6 Mangas, 1 comics (relecture)

  1. Black Butler – Tome 21 : Yana Toboso [MANGA]
  2. Hell Blade – Tome 1 : Je-Tae Yoo [MANGA]
  3. Hell Blade – Tome 2 : Je-tae Yoo [MANGA]
  4. Hell Blade – Tome 3 : Je-tae Yoo [MANGA]
  5. Hell Blade – Tome 4 : Je-tae Yoo [MANGA]
  6. Hell Blade – Tome 5 : Je-tae Yoo [MANGA]
  7. Sherlock Holmes – Tome 1 : Moore & Reppion [COMICS]

Bilan Livresque Juin : 9 bédés (1 nouvelle, 8 relecture)

  1. Sherlock Holmes et les voyageurs du temps – T2 : Cordurié & Laci
  2. Tif et Tondu – Tome 16 – L’ombre sans corps : Tillieux & Will
  3. Sherlock Holmes – T1 – La sangsue rouge : Duchâteau & Clair
  4. Sherlock Holmes – T2 – Le Chien des Baskerville : Duchâteau & Stibane
  5. Sherlock Holmes – T3 – La béquille d’aluminium : Duchâteau & Clair
  6. Sherlock Holmes – T4 – Jack l’Éventreur : Duchâteau & Stibane
  7. Sherlock Holmes – T5 – La bande moucheté : Duchâteau & Stibane
  8. Sherlock Holmes – T6 – Le rat géant du Sumatra : Duchâteau & Di Sano
  9. Sherlock Holmes – T7 – L’étoile sanglante : JP Croquet & Bonte

BILAN - scrat ok

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The English Month Is End !! Oh Fuck ! – Bilan [Juin 2016]

Shit ! Fuck ! Bloody bastard ! The english month is end ! M’en fout, I’ll be back !

Enfin, si les gentilles organisatrices ne foutent pas un Brexit… ou un Belexit car je les surcharge de travail.

Alors, ce Mois Anglais ?

Excellent ! J’ai lu des romans, j’ai passé des bons moments avec Sherlock, Jack The Ripper, des séries nouvelles que j’ai découvert mais j’avoue que je n’ai pas fait tout ce que je voulait et que je me suis rabattue sur des vieilles bédés holmésiennes qui m’ont donné envie de les passer au broyeur, comme à chaque fois que je les relis.

Malgré tout, j’ai lu moins que ce que je pensais, durant mes vacances… y’a du laisser aller, je trouve.

Juste eu plus de temps les derniers jours, quand on se consacre à la farniente dans des petits coins champêtre, que j’ai réussi à lire un roman par jour (3 jours, 3 romans).

  • 2013 : 36 billets !! (Titine comprenait son erreur)
  • 2014 : 62 billets !! (Burn-Out pour Titine)
  • 2015 : 41 billets !! (Des vacances pour Titine, quasi)
  • 2016 : 51 billets !! (On fait honneur à sa réputation)

Au final, ça donne ça (dans l’ordre de publication) !

  1. Black Butler – Tome 21 : Yana Toboso [MANGA]
  2. Legend : Brian Helgeland [FILM]
  3. Oscar Wilde et les crimes du Vatican : Gyles Brandreth [ROMAN]
  4. Sherlock Holmes et les voyageurs du temps – T2 : Cordurié & Laci [BD]
  5. Life on Mars –  La série qui t’envoie dans le passé [SÉRIE]
  6. Hell Blade – Tome 1 : Je-Tae Yoo [MANGA]
  7. Black-Out : Lawton [ROMAN – LC]
  8. Hell Blade – Tome 2 : Je-tae Yoo [MANGA]
  9. Ripper Street – Saison 3 : Une série à qui on a permis de continuer de t’éventrer ! [SÉRIE]
  10. Hell Blade – Tome 3 : Je-tae Yoo [MANGA]
  11. Broadchurch – Saison 1 : La série qui… ♫ C’est le meurtre à la plage ♪ Ahoum tcha tcha tcha ♪ [SÉRIE]
  12. Sherlock Holmes – Granada  : The Crooked Man – Le tordu [SÉRIE]
  13. Sherlock Holmes – T1 – La sangsue rouge : A-P Duchâteau & G Clair [BD]
  14. Sherlock Holmes 1 de Guy Ritchie [FILM]
  15. Hell Blade – Tome 4 : Je-tae Yoo [MANGA]
  16. Hell Blade – Tome 5 : Je-tae Yoo [MANGA]
  17. State of Play – Jeux de pouvoir : La série qui te prouve que la vérité est ailleurs
     [SÉRIE]
  18. Sherlock Holmes – Granada  : The Norwood Builder – L’entrepreneur de Norwood [SÉRIE]
  19. Une étude en soie : Emma Jane Holloway [ROMAN]
  20. Peaky Blinders – Saison 1 : Une série qui va te racketter pour te protéger ! [SÉRIE]
  21. Sherlock Holmes – T2 – Le Chien des Baskerville : Duchâteau & Stibane [BD]
  22. Whitechapel – Saison 3 & 4 : Une série qui s’est arrêtée avant d’être finie [SÉRIE]
  23. Sherlock BBC – Saison 1 : La série qui a propulsé Sherlock à notre époque [SÉRIE]
  24. Sherlock BBC – Saison 2 : La série qui a mis Irene Adler fesses à l’air ! Et Sherlock aussi… [SÉRIE]
  25. Il est mort les yeux ouverts : Robin Cook [ROMAN]
  26. Sherlock BBC – Saison 3 : La série qui a fait revenir Sherlock dans sa bicoque ! [SÉRIE]
  27. Sherlock Holmes – Granada : The Resident Patient – Le Pensionnaire en Traitement [SÉRIE]
  28. Sherlock Holmes – Granada : The Final Problem – Le Dernier Problème [SÉRIE]
  29. Sherlock Holmes – Granada : The Empty House  – La maison vide [SÉRIE]
  30. Penny Dreadful – Saison 1 : Une série qui va te vampiriser ! [SÉRIE]
  31. Endeavour – Saison 1 : La série qui n’a rien d’un Morse ! [SÉRIE]
  32. Ripper Street – Saison 4 : Une série qui continue encore de t’éventrer ! [SÉRIE]
  33. Sherlock Holmes 2 – A Game of Shadows : Guy Ritchie [FILM]
  34. Le diable de la Tamise : Annelie Wendeberg [ROMAN]
  35. Tif et Tondu – Tome 16 – L’ombre sans corps : Tillieux & Will [BD]
  36. Sherlock Holmes – T3 – La béquille d’aluminium : Duchâteau & Clair [BD]
  37. Derniers Jours : Adam Nevill [LC – Impressions de lecture] [ROMAN]
  38. Sherlock Holmes – T4 – Jack l’Éventreur : Duchâteau & Stibane [BD]
  39. Derniers Jours : Adam Nevill [LC avec Stelphique]
  40. Sherlock Holmes – Tome 1 : Leah Moore & John Reppion [COMICS]
  41. Je suis le sang : Ludovic Lamarque [ROMAN]
  42. Jack l’Éventreur, le secret de Mary Jane Kelly : P.R Welté [ROMAN]
  43. Sherlock Holmes – T5 – La bande moucheté : Duchâteau & Stibane [BD]
  44. Sherlock Holmes – Granada : The Second Stain – La deuxième tache [SÉRIE]
  45. Sherlock Holmes – T6 – Le rat géant du Sumatra : Duchâteau & Di Sano [BD]
  46. Sherlock Holmes – T7 – L’étoile sanglante : J-P Croquet & Bonte [BD]
  47. Un nom pour l’Éventreur : Russel Edwards [ROMAN]
  48. Retenir les bêtes : Magnus Mills [ROMAN]
  49. La chambre des âmes : Franck Tallis [ROMAN]
  50. La curiosité est un péché mortel : Ann Granger [ROMAN]
  51. Jack The Ripper – La fin du mystère ? [ARTICLE]

Commencé mais pas terminé en ce 03 juillet :

  1. Le livre des âmes : James Oswald [ROMAN]

Pas eu le temps de lire (report pour « A Year In England ») :

  1. 1977 : David Peace [ROMAN – NON LU 2015]
  2. Rouge ou mort : David Peace [ROMAN – NON LU 2015]
  3. Sombre mardi : Nicci French [ROMAN – NON LU 2015]
  4. Goodbye Billy – Les Rats de poussière – Tome 1 : Laurent Whale [ROMAN]
  5. Moriarty -Le Chien des d’Uberville : Kim Newman [ROMAN]
  6. La frontière du loup : Sarah Hall [ROMAN]
  7. Coups de crosse : James Hurley [ROMAN]
  8. Sherlock Holmes et le collier de la mort de Terence Fisher [FILMS]
  9. Chambre blanche : Martyn Waites [ROMAN]
  10. Maurice : E.M Foster [ROMAN]
  11. Le dernier loup-garou : Glen Duncan [ROMAN]
  12. Les étrangers dans la maison : John Harvey [ROMAN]
  13. On ne meurt que deux fois : Robin Cook [ROMAN]

Mes créations « Keep Calm » pour le Mois Anglais :

Jack The Ripper – 14. Nouvelles théories [Fin du mystère ??]

Loin des élucubrations (d’Antoine – mdr) de Patricia Cornwell qui en avait après Walter Sikert ou de Russel Edward et de son châle appartenant à une des victimes de Jack (Catherine Eddowes), cette vidéo nous propose une autre théorie basée sur des faits dont nous n’avions pas connaissance.

Ici, pas de théorie farfelue mais une qui tient la route ! Qui est plausible, bien démontrée et qui ne crie pas que LA vérité est dans cette vidéo, comme d’autres le firent.

J’ai été bluffée !

C’est un journaliste venant des pays nordiques qui dévoile ce nouveau  nom, nom que les policiers avaient dans leurs dossiers mais pas en tant que suspect, juste comme homme qui passait par là et qui découvrit, avec un autre, le premier corps.

Le début de la vidéo présente le journaliste, les faits, les multiples suspects… Le coup du châle d’une des victimes, non présent sur la liste des objets lui appartenant et dont l’analyse ADN était truffée d’erreurs, selon le reportage.

Là, je ne suis pas scientifique, je peux juste me prononcer sur les capillotractages de l’enquête de monsieur Russel.

Donc, nous avons un homme qui en fut jamais considéré comme suspect et qui était sur les lieu de Mary Ann « Polly » Nichols, qu’ils considèrent comme « deuxième victime » dans le reportage, incluant donc Martha Tabram que je n’inclus jamais, me contentant des cinq victimes canoniques (ou dites comme tel).

L’agent Neil l’avait retrouvé dans Buck’s Row, le 30 août 1888, à 3h45 du matin. Mais le lendemain, dans un des journaux, un certain Robert Paul signalait qu’il avait découvert le corps AVANT l’agent Neil et et qu’à ce moment là, un autre homme était présent…

*Musique des Dents de la Mer* afin de créer du suspense dans mon article car le lendemain, Charles Allen Cross se présente chez les cognes ! *Musique du film Indiana Jones*

Je ne vous en dis pas plus et vous laisse regarder le reportage qui est bien foutu, plausible, bien démontré avec des petites loupiotes qui se déplacent dans les rues, mieux que Google Street View !

Alors, je ne sais pas si c’est vrai, mais si ça l’est, zut alors, un mystère qui s’écroule !

Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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La curiosité est un péché mortel : Ann Granger

Curiosité est un péché mortel - Ann Granger

Titre : La curiosité est un péché mortel [Lizzie Martin 2]

Auteur : Ann Granger
Édition : 10-18 (2014)

Résumé :
Lizzie Martin a été envoyée à New Forest pour soutenir une jeune femme dont le bébé a connu une mort tragique.

Mais les choses prennent une tournure encore plus sombre lorsqu’un chasseur de rats est retrouvé assassiné dans le jardin, la jeune femme éplorée et couverte de sang à ses côtés.

Ne sachant pas vers qui se tourner, Lizzie appelle son ami l’inspecteur Ross Ben de Scotland Yard pour résoudre ce crime horrible.

Curiosité - vancances

Il y a des pires endroits pour lire, non ? Mdr

Critique :
Ayant apprécié la première enquête du duo formé par Lizzie Martin et de l’inspecteur de Scotland Yard, Ben Ross, j’avais acheté les tomes suivants, sans jamais avoir le temps de les lire, ma PAL gigantesque étant la principale responsable.

Pourtant, en une journée, ce livre était terminé. L’avantage d’être en vacances et dans les jours consacrés à la farniente dans des endroits bucoliques, charmants et calmes.

Cette plongée dans l’Angleterre victorienne des années 1860 est toujours un plaisir et retrouver nos deux héros qui se tournent autour (ils voudraient bien mais Lizzie veut point pour le moment) pour une nouvelle enquête aussi.

Allez hop, on quitte le smog de Londres et direction New Forest, un coin paumé où pour y arriver, il faut prendre un bateau.

Pourquoi quitte-t-on Londres ? Parce que la tante de Lizzie l’a envoyé comme dame de compagnie chez des connaissances, afin de s’occuper de Lucy qui a perdu son bébé mais ne veut pas admettre sa mort. Pour le moment, Lucy vit là-bas avec ses deux tantes.

Son cher et tendre l’inspecteur Ben Ross n’aime pas ça, pour lui, ça sent les problèmes à plein nez ! Et il aura raison !

Personne n’aime s’entendre déclarer : « Je vous l’avais bien dit. » Et une jeune femme aime encore moins l’entendre dans la bouche de son bon ami.

Pas évident ce poste de dame de compagnie pour notre Lizzie qui n’a pas toujours sa langue en poche et qui vient de débarquer chez des vieilles filles plus catholique que le pape, enfin, je voulais dire « plus protestantes que l’archevêque de Canterbury » !

Chez elles, tout n’est que respectabilité et bigoterie. « Admirez le portrait de nos ancêtres huguenot qui quitta la France lorsque l’on commença à massacrer les protestants ! »

Sobriété, respectabilité, un homme pieux, l’ancêtre, d’après les dires de la Christina Roche, la vieille carne qui mène la maison d’une main de maître. Celle-là, on aimerait qu’elle figure au menu du prochain meurtre et on serait bien coupable nous-même !

« Tout n’est que respectabilité chez les Roche », qu’elle nous le répète un peu trop souvent, la vioque. On apprendra ensuite, avec joie, que le bougre d’ancêtre appliquait à la lettre un des enseignement de Jésus « Aimez-vous les uns (SUR) les autres » vu qu’il eut une chiée de bâtards.

Comment Lizzie l’apprendra-t-elle ? Parce que l’estimé frère aîné des deux vioques, le Charles Roche, a tous les carnets intimes de l’ancêtre ainsi qu’une collection de croquis anatomique du sexe faible… L’ancêtre du magazine Play-Boy, en quelque sorte.

J’adore quand on découvre les squelettes dans les placards des gens qui se disent « respectable » et « pieu » et qu’on se doute que le tonton joue à la veuve poignet dans l’intimité de son bureau.

Ici, la respectabilité risque de prendre l’eau lorsque un homme est retrouvé poignardé dans le jardin et que c’est Lucy qui le découvre.

Allez Lizzie, faut trouver le coupable et faire en sorte que la respectable famille Roche ne soudoie les flics locaux pour qu’on ne jase pas sur leur passage.

Sinon, il faut envoyer un message à son chéri et le faire rappliquer dans ce trou paumé où un élégant médecin aliéniste lui fait un peu de l’œil, à notre Lizzie !

— Il est plein de tact, dis-je, et cultivé.
— Dans ce cas, pourquoi est-il policier ? rétorqua Miss Roche.

— Quitte à ne rien accomplir d’autre sur cette terre, j’espère contribuer à faire avancer le jour où les gens renonceront à leur attitude superstitieuse envers les maladies de l’esprit, attitude qui subsiste même chez les plus éduqués. Sans oublier cette opinion absurde selon laquelle une telle maladie ne serait guère respectable, on ne sait pourquoi. Les gens continuent à cacher leurs proches affligés d’une maladie mentale, ou bien se voilent la face.

L’aînée des sœurs Roche va en faire un caca nerveux de savoir que le Yard va enquêter, faudra lui passer la pommade, ce que nos amis feront avec habilité. Je jubilais littéralement, là.

C’est toujours la même chose quand la police est face à des gens respectables qui occupent une position en vue dans la société. Ils sont les premiers à écrire au Times pour se plaindre de la déliquescence de l’ordre public et de l’incapacité de la police à y porter remède. Mais quand un policier leu demande de l’aide et ose poser une botte sur le seuil immaculé de leur maison, c’est une autre chanson.

La lecture fut agréable, divertissante, plaisante, un régal pour ceux et celles qui aiment cette époque, mais si vous voulez du rythme trépidant, allez voir ailleurs, bien que j’ai trouvé que ce deuxième tome avait plus de rythme que le premier où l’auteur devait mettre en place ses personnages.

Niveau personnages, je regrette un peu qu’ils soient si « conventionnels » et que hormis le Docteur Lefebre qui est plus ambigu, les autres soient si bien définis comme « charogne », « dominée », « gentil » et qu’ils ne soient pas plus nuancés.

On sent assez vite qui aurait pu tuer le docteur Lenoir dans le jardin avec le poignard, le colonel Moutarde n’était pas loin, même si on ne discerne pas tout à fait le mobile au départ. Puisqu’on nous parle sur le 4ème de couverture « qu’on croirait voir une partie de Cluedo se jouer à Downton Abbey »…

De plus, notre Lizzie ne fait pas vraiment preuve de ses dons d’enquêtrice puisque la vérité lui arrive un peu par hasard, sans qu’elle ait vraiment eu besoin d’enquêter ou de relever des indices.

Certes, une fois que le début du fil est trouvé, toute la pelote se défait et elle comprend tout, mais j’aurais aimé qu’elle fouine un peu plus, qu’elle joue à Sherlock et cherche l’origine de l’incendie dans la lande.

Anybref… J’ai apprécié cette lecture et l’esquisse faite des horribles workhouse, des institutions « charitables » qui recueillait les orphelins, enfants abandonnés, ou les confiaient à des femmes qui s’en occupaient durant leurs premières années de vie.

Horrible, c’est le mot, atroce, inhumain, dégradant, honteux… Mais c’était ainsi et c’était tout ce qui existait.

— C’est tout ce qui existe, déclara Morris. La paroisse ne la paie pas beaucoup. Elle est obligée d’en prendre un grand nombre pour pouvoir gagner sa vie. Je ne la défends pas, monsieur, je dis juste que comme ça que ça se passe.

Bien qu’assez conventionnel comme roman policier, j’ai passé un excellent moment de lecture et je continuerai de suivre les enquêtes de notre duo qui, je l’espère, ne tardera pas trop à convoler et à s’envoyer en l’air.

Le tout ne sera pas facile avec le métier de Ben et ces satanés voleurs, criminels qu ne prennent jamais de vacances !

Le monde criminel ne prenait pas de vacances, comme j’eus tôt fait de le découvrir. À toute heure du jour et de la nuit, avec un manque criant de considération pour l’officier de police et sa vie privée, des cambrioleurs soulageaient les citoyens de leurs objets de valeur, des aigrefins mettaient en œuvre leurs intrigues ingénieuses, tandis que le meurtre, le plus impitoyable des prédateurs, rôdait dans les ruelles des faubourgs et se glissait, invisible, dans les demeures des nantis.

Étoile 3,5

PS : Ceci est ma 1111ème critique sur Babelio !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

Keep Calm and use

Là où j'ai lu les 200 premières pages...

Là où j’ai lu les 200 premières pages…

Retenir les bêtes : Magnus Mills

Retenir les bêtes - Magnus Mills 2

Titre : Retenir les bêtes

Auteur : Magnus Mills
Édition : 10-18 (2002)

Résumé :
Entrez dans le monde de Tam et Richie, austères travailleurs écossais. Deux types bougons et paresseux, mais bien décidés à filer au pub tous les soirs contre vents et marées.

Voici que nos deux compères, avec leur nouveau contremaître, commencent à révéler au grand jour des profondeurs cachées.

Expédiés sur un chantier en Angleterre par leur patron Donald, ils vont solder définitivement le compte de leurs clients tout en restant invariablement cramponnés à leurs petites habitudes, jusqu’au jour où le Destin viendra les frapper à leur tour. Les brillants débuts d’un écrivain au talent inquiétant !

Critique :
♫ L’patron m’a dit d’monter sur la colline, de l’attendre avec toutes mes bobines de fil ♫ J’ai monté les piquets et j’ai creusé tant que j’ai pu ♪ Les fils de fer on les a tendu, tendu ♪ Aie aie aie ♫

Ne vous fiez pas à la clôture en barbelé mal fichue de l’image, nos héros sont des spécialistes de la clôture à forte tension, ce qui veut dire des piquets alignés et des fils d’acier tendus à l’extrême.

Non, ceci n’est pas un Poisson d’Avril qui viendrait en juin, je viens bien de lire un roman où des types travaillant pour une société écossaise montent des clôture, creusent des trous et tendent des fils d’acier.

Un boulot assez répétitif, en somme, le leur. On creuse un trou avec sa pelle (un beau trou), on plante le piquet, on tend un fil entre deux piquets et on aligne les autres dessus. Ensuite, on met les fils et on les tend le plus possible.

J’oubliais qu’entre deux piquets, on fait une pause clope et que nos deux zozos écossais sans kilt (Tam et Richie), vaut mieux les surveiller comme le lait sur le feu sinon le travail avancera moins bien, leur contremaître (anglais, lui) l’a bien remarqué.

Au début, Tam et Richie marchaient à la baguette, accomplissant leur besogne comme Donald l’aurait aimé, mais je savais que cette frime ne ferait pas long feu. Ils préféraient appliquer dans le travail une approche plus libérale, attaquant leurs tâches comme elles se présentaient plutôt que dans un ordre déterminé.

Hélas, on ne peut pas dire qu’il sache y faire avec eux, pas comme leur Big Boss, Donald, qui lui, d’un seul regard, fait activer nos deux Laurel et Hardy de la clôture à forte tension.

Tam et Richie, on peut dire qu’en plus d’être des loosers assoiffés et des champions de la crasse, ce sont aussi les roi de la pause clope ou pause tout court.

— Bon, dis-je. Vous voulez bien finir de trier ces machins ?
— Pas spécialement, fit Richie.
Je tentai une approche différente.
— OK. On range et après on va chez M. McCrindle.
— C’est quand la pause ?
— Vous venez de la faire.
— Quand ?
— Quand vous avez déjeuné.
— Ah bon.
— On peut s’en fumer une petite, d’abord ? dit Tam.
— Si vous voulez.

Ah, parfois on rompt la monotonie du « planté du piquet » en tuant le client, sans le faire exprès, bien entendu. Et puis, ben ensuite, on l’enterre, ni vu ni connu et terminer la clôture.

Quoi qu’il en soit, ses paroles s’estompèrent quand il tomba dans les pommes. Je m’avançai pour le rattraper et découvris combien il est difficile de maintenir sur ses jambes quelqu’un qui n’en a plus envie. Je l’appuyai à la clôture. M. McCrindle avait l’air tout surpris. Ses yeux étaient écarquillés, mais, apparemment, il était mort.

— Qu’est-ce qu’on fait de M. McCrindle ?
— Eh bien, dis-je, on n’a qu’à l’enterrer.
Ce fut ma première grande décision en tant que contremaître.

Parfois, on est même tenté d’aller manger à un autre râtelier que celui de son patron et, tout en montant la clôture pour le chef, on va en faire une autre pour un autre type, avec tous les problèmes que ça peut entrainer…

Il faut prendre ce titre avec toute son ironie. Les bêtes en question qu’il faut retenir sont nos deux jeunes loosers écossais, Tam et Richie pour lesquels l’essentiel dans la vie est de ne pas rater la fermeture du pub. Et ça ferme tôt les pub en Angleterre.

C’était un samedi soir typique d’un bourg anglais. Les foules se déplaçaient de pub en pub comme un troupeau de gnous à la saison des pluies.

Les problèmes vont commencer dès les premières pages, quand leur Big Boss les envoie tous les trois faire une clôture en Angleterre et Tam déteste les anglais… Leur contremaitre nommé depuis peu va avoir fort à faire pour motiver ses troupes.

Ce court roman est assez répétitif dans ses actions : le planter du piquet, les pauses, le briquet qu’on cherche dans le pantalon, les réveils difficiles, les pintes au pub, mais ce qui est jubilatoire, ce sont les dialogues et l’humour noir de gris qui parsème les pages.

— Comment va-t-il ? dis-je.
— La question n’a pas de sens. Il est mort.
Il me prit le manche et l’inséra dans la tête du marteau. Il avait du jeu.
— Ça m’étonnerait, dit-il, qu’on paie cette facture-là.

Une sorte de métro-boulot-dodo à la sauce des planteurs de piquets : réveil-thé-boulot-pause-boulot-pause-boulot-pause-boulot-pub-bières-dodo.

Ils se tuent à la tâche tous les jours, même le dimanche, même le jour du réveillon de Noël et n’aspirent qu’à une chose : terminer la journée de travail, s’asseoir au pub et boire de la bière, même si pour ça il faut faire quelques kilomètres !

Et le vendredi, c’est le gros lot parce que nos deux amis se lavent les cheveux (qu’ils ont longs) ! Se raser ? Non, pourquoi ? Laver nos assiettes sales et maintenir la caravane propre ? Heu, faut pas trop en demander non plus !

Un roman qui te donne une grande bouffée d’air frais, exposé ainsi que tu es aux vents écossais et ensuite anglais, sans oublier qu’après sa lecture, tu seras un pro de la pose de clôture à forte tension !

Et un pro de la disparition des corps aussi.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Naming Jack The Ripper – Jack l’éventreur démasqué : Russel Edwards

 

Naming Jack The Ripper - Edwards

Titre : Naming Jack The Ripper – Jack l’éventreur démasqué

Auteur : Russel Edwards
Édition : Lyons Press (2014) / L’Archipel (2016)

Résumé :
Tout commence en mars 2007. Lors d’une vente aux enchères dans un village du Suffolk, Edwards, passionné depuis longtemps par le mystère, achète un châle décoré d’un motif d’asters, en très mauvais état, déchiré et taché.

Le tissu maculé de sang avait été trouvé aux côtés du corps de Catherine Eddowes, quatrième victime de Jack l’Éventreur. Un policier l’avait alors emporté pour l’offrir à sa femme qui, sans surprise, n’avait pas voulu du cadeau.

Il serait ensuite resté rangé chez plusieurs générations de descendants du limier de Scotland Yard, jusqu’à ce que l’un d’entre eux se décide à le vendre.

Russell Edwards fait alors appel à Jari Louhelainen, spécialiste de la biologie moléculaire à l’université John Moores de Liverpool pour étudier l’objet.

À l’aide d’une caméra infrarouge et de lumière ultraviolette, il met en évidence des taches de sang, des traces du rein de la victime charcutée par son bourreau et – eurêka – de sperme.

Pour vérifier leurs découvertes, les deux chercheurs réussissent à trouver une descendante directe de Catherine Eddowes, dont l’ADN correspond parfaitement à celui prélevé sur la pièce à conviction.

Ce châle caractéristique d’un style d’Europe de l’Est pousse Edwards à s’intéresser à l’un des suspects des meurtres de 1888, cité mais jamais inculpé faute de preuve, le Polonais Aaron Kosminski.

Immigré en Angleterre avec sa famille pour fuir les pogroms russes, ce coiffeur de 23 ans vivait à 200 mètres du lieu d’un des meurtres de l’Éventreur. Interrogé par la police, il avait été relâché.

Deux ans plus tard, il est interné dans un asile pour schizophrénie après qu’il aurait attaqué sa sœur avec un couteau. Il y restera jusqu’à sa mort en 1919.

Edwards et Louhelainen assurent avoir mis la main sur une descendante de la sœur de Kosminski, qui a accepté de fournir des extraits d’ADN. Et, miracle, ceux-ci correspondent aux prélèvements effectués sur le châle.

Russell Edwards estime « catégoriquement » avoir mis fin à 126 ans de suspense après y avoir consacré quatorze ans d’investigations.

Il faudra sans doute toutefois une validation d’autres scientifiques et celle de la police avant d’en avoir le cœur tout à fait net.

Lu en VF mais je ne vous dirai pas comment j’ai eu le livre qui portait la couverture de l’édition anglaise.

Jack l'éventreur démasqué - Russel EdwardsCritique : 
Dire qu’on a imprimé ça ! Là, je me pose sérieusement des questions sur les relecteurs ou ceux qui choisissent les romans à publier dans les maisons d’éditions.

Allez, on tranche dans le vif et le massacre sera à la hauteur de celui du 9 novembre, au 13 Miller’s Court (Mary Jane Kelly).

Notre homme commence par nous raconter comment il a acquis le châle dans une vente aux enchères ou personne, je dis bien personne, n’avait enchéri dessus !

Le fait qu’un spécialiste de Jack n’ait pas bronché à la présentation du sois-disant châle ayant appartenu à Catherine Eddowes aurait dû mettre la puce à l’oreille de n’importe quel imbécile. Mais il l’achète après, en passant directement par le commissaire-priseur.

Stewart Evans, l’un des plus grands experts mondiaux de l’Éventreur et collectionneur d’objets de crimes devisait volontiers sur l’histoire de l’Éventreur, mais semblait dubitatif quant à l’authenticité du châle.
“Ce n’est pas pour moi, dit-il, je suis juste là pour voir qui l’emportera. Personne ne devrait l’acheter.”

Môssieur savait que le châle était ZE châle à Catherine Eddowes !

C’était comme si j’avais su quelque chose que personne d’autre ne savait.

On lui présente un truc vieux et puant en lui disant que c’est une relique d’une des victime de Jack et il le gobe ?

Et demain, je lui sors un drap de lit à la propreté douteuse et je lui dis que les tache plus blanches sont en fait le visage de Jésus et je lui refourgue en tant que véritable Saint-Suaire ?

Quelques commentaires le taxaient de canular, sans ajouter grand-chose d’autre. Pourtant, quelque chose me donna envie d’en savoir plus. Comme je l’ai dit, en dépit du fait que je suis têtu question affaires, je crois aux intuitions et à mon sixième sens : mon instinct n’a pas toujours raison, mais il a plus souvent raison que tort ; et je lui ai bien souvent été reconnaissant, mais jamais autant que dans ma quête de Jack l’Éventreur.

WTF ??

Ensuite, il nous parle de lui, de sa vie, de ses malheurs, de son enfance pas terrible, du fait qu’il ne connaissait rien de rien de celui qui fit de l’East End un lieu maudit… Ok, si l’auteur veut nous le faire croire, je vais jouer le jeu et croire.

Mais bon sang, on s’en fout, mec, de ta vie, de ton enfance et du fait que tu as réussi à réussir dans la vie ! Accouche, pousse, c’est un garçon !

De plus, l’usage d’un nègre littéraire n’aurait pas été du luxe car son style d’écriture est pauvre, lourd, surtout avec ses pavés de descriptions historiques et de détails scientifiques. Rien n’est bien construit.

Dans un style d’écriture super simpliste et super agaçant à lire durant certains passages, de plus, l’abus des mêmes tournures de phrase sur une même page peut s’avérer un brin chiant

On notera aussi que l’auteur ne se prend pas pour n’importe qui, faudra qu’il change de chemises, il a dû exploser ses cols à force de se faire gonfler le cou !

Ce fut l’un des instants les plus colossaux de ce voyage, quelque chose qui me fit réellement tituber de surprise. Je vérifiai, revérifiai, et revérifiai encore. Comment avais-je pu voir ça alors que tout le monde était passé à côté ?

Les dates : quelque chose fait qu’elles ont toujours compté pour moi. Cela explique peut-être pourquoi moi, mais aucun autre chercheur passé avant, j’ai mis le doigt dessus.

À croire qu’il vient d’inventer le fil à couper le beurre tant il se prend pour LE gars qui vient de résoudre une des énigmes de la fin du 19ème siècle. Lui seul a su découvrir LA vérité, poils au nez.

Ensuite, il nous décrit la ville de Londres, ses taudis, ses immigrés, et toussa toussa, mais je n’ai pas vu à la fin du roman les références à tout ce qu’il nous a raconté (et qui était vrai). Il a pompé ces infos dans d’autres livres traitant de l’Éventreur, dans des livres historiques ou il a la science infuse ??

Notre auteur à la plume pas géniale retrace aussi longuement l’emploi du temps des victimes.

Il commence par la mort d’Emma Smith, agressée le 3 avril 1888, puis passe à Martha Tabram (7 août 1888), l’incluant dans les victimes de Jack (les ripperologues l’excluent) avant d’arriver à la première victime canonique, Mary Ann Nichols.

Si vous êtes un ou une habitué(e) des livres parlant de l’Éventreur, tout cela pourrait faire resucée mais je ne plaindrai pas, remettre les faits en place n’est jamais mauvais, et sans cela, le roman aurait été plus fin qu’un Harlequin…

Pareil ici, l’auteur ne cite toujours pas ses sources officielles, il parle juste de quelques trucs qu’il a lu dans les journaux de l’époque (sources pas toujours fiables !) ou dans le Police Gazette, mais pas de notes en fin d’ouvrage sur les sources plus « officielles ».

Lorsqu’il aborde le meurtre de Catherine Eddowes, on le sent déjà piaffer d’impatience de nous raconter ce qu’il savait du châle (de source pas sûre du tout et non répertorié dans les objets de la victime par les roussins) et que les autres savaient pas (♫ nananinanère) puisque c’est par ce châle que la lumière fut.

Amen et ite missa est (allez, la messe est dite).

Oui, autre chose qui m’a énervée : certes, les victimes sont avant tout des êtres humains et elles ont sans doute perdu leur statut à force d’en parler, elles sont des « cas d’études » mais que l’auteur nous bassine avec ses remarques aussi régulières que stéréotypées sur l’empathie que suscitent chez lui les victimes de l’éventreur semblent forcées, voire un brin artificielles.

J’espère pour elle que la mort est intervenue rapidement et qu’elle n’a pas souffert après le premier coup porté sur son cou.

[…] La veille du jour où les résultats de Jari sont tombés, quelque chose a effleuré mon inconscient et m’a aidé à comprendre pourquoi je me sentais aussi fortement connecté aux victimes de l’Éventreur, à ces femmes infortunées contraintes de vendre leur corps pour se payer leur nourriture et un lit pour la nuit. Oui, je me suis toujours senti proche d’elles, en partie en raison de ma propre expérience de sans-abri.

Oui, on peur les traiter humainement lorsqu’on analyse les meurtres de 1888 à Whitechapel, mais lui, il force le trait avec ses « Mon Dieu, pourvu qu’elle n’ait pas souffert » et autres niaiseries qui sonnent aussi faux que si je disais que j’ai tourné dans un film porno.

Une fois qu’il a parlé du « passé » avec nos victimes, leur vie, leur mort, il passe au « présent » et enchaîne sur des dialogues avec les experts, les prétendus descendants de la victime et il explique ainsi comment il en était arrivé à cette théorie sur les motifs de fleurs imprimés sur le châle, théorie capillotractée et tout aussi loufoque que celle de Cornwell qui tirait la queue du chat pour faire de Sickert un parfait Jack.

Je lui parlai de la pertinence des dates de la fête de la St-Michel en relation avec les meurtres d’Elizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Kelly, ce à quoi il répondit : “Nous ne savions pas cela, c’est nouveau.”

Enfin, la théorie loufoque, c’est moi qui le dit, hein, pas lui, namého lui il est Grand et le plus fort, le plus intelligent et le seul qui sait LA vérité.

J’étais certain qu’il était d’époque, mais je devais le prouver. Ma recherche à peine entamée, je fis une découverte importante, une avancée à laquelle je ne m’attendais pas.

Souvent, trop de détails viennent parasiter le récit, notamment lorsqu’il présente les personnes qui ont bossé sur le châle.

Qu’il me déroule le C.V du scientifique qui a réalisé les analyses, je suis d’accord, c’est la preuve que c’est pas un guignol ou son neveu avec son matériel de petit chimiste, mais savoir avec qui il est marié et le nombre de gnomes qu’il a fait à sa femme, on s’en branle !

Tous ces passages superflus où Edwards rentre dans des détails biographiques tout à fait inutiles à son sujet ou sur les différents participants à la quête du Graal plombent et alourdissent le récit au point que l’on décroche des lignes et que les yeux survolent le tout sans prendre attention.

Certes, il faut expliquer correctement, prouver qu’on a pas déconné, mais la manière dont les choses sont abordées me font penser à un enfant qui nous expliquerait ses recherches (tout en devisant sur le fait qu’il faisait ses courses, qu’il buvait un verre, qu’il était en bagnole).

Là encore, aucune références, ce pourrait être de l’invention pure et simple et le seul moyen de le savoir serait de vérifier sur le Net, sites scientifiques… Mais en attendant, ça meuble les paragraphes, les pages, le roman…

L’auteur arrive même à s’emmêler les pinceaux, à croire que personne n’a relu le roman et que l’auteur est une girouette qui ne sait plus ce qu’il dit.

La preuve ? Le châle est assez luxueux, pas du genre à être possédé par une prostipute, alors notre coco arrive à une conclusion stupéfiante : la misérable prostituée Catherine Eddowes qui mettait ses bottines au clou pour se payer un lit pouilleux dans un asile de nuit ne pouvait pas posséder ce luxueux châle.

Alors ? Alors ? Oui, il appartiendrait à Jack l’Éventreur qui l’aurait disposé près du corps pour laisser un message sur la date de son prochain carnage (les motifs floraux). Bon, ok, on tire sur les cheveux, ça fait mal…

Et si le châle n’appartenait en rien à Catherine Eddowes ? Et s’il avait été abandonné sur la scène du crime par l’Eventreur lui-même ? Cela prenait soudain tout son sens. Catherine était très pauvre, et le jour précédant sa mort, elle et son partenaire avaient gagé une paire de bottes, sans doute beaucoup portées, qui leur procura juste assez pour s’offrir à manger. Il est certain que, si elle avait eu un châle de cette valeur, ils l’auraient mis en gage pour en obtenir plus. Et comment, dans son passé de privations et de pauvreté, serait-elle entrée en possession d’un châle de ce prix ?

Mais là où le bât blesse, c’est qu’ensuite il a l’air d’avoir oublié cette conclusion tarabiscotée et nous fait un caca nerveux en apprenant que le bleu du châle déteint à l’eau et que donc, Catherine Eddowes n’aurait jamais pu le porter sur elle en revenant de la cueillette du houblon parce qu’il pleuvait et que le châle aurait perdu sa couleur bleue.

Ou il ne sait plus ce qu’il a dit avant ou alors, il a tout écrit et remanié ensuite ses chapitres, le déroulement de son histoire et cela donne cet illogisme flagrant.

Ce qui me fait enchainer sur le fait que niveau structure du livre, c’est un bordel sans nom et complet ! Un véritable souk, un brol !

J’ajouterai, pour clouer un peu plus le livre, que l’auteur, tout à sa joie de résoudre l’affaire, fait parfois des suppositions vaseuses mais qui, bien entendu, vont dans son sens. Même si la châle dont il parle ne se trouvait pas sur les relevés des objets appartenant à Eddowes.

Mais les articles de nombreux journaux qui évoquaient l’enquête judiciaire de l’affaire Eddowes mentionnaient clairement que “sa robe était de chintz vert, dont le motif représentait des marguerites de la St-Michel”. Cela voulait-il dire quelque chose ?

Nous ne pouvons que supposer que, si la presse a inclus dans ses articles la description de la robe – ou jupe – de chintz bordée de marguerites de la St-Michel, c’est parce que soit un journaliste était présent sur les lieux et a jeté un coup d’œil aux éléments (en dépit de tous les efforts de la police, les scènes de crimes n’étaient pas autant protégées qu’elles le sont aujourd’hui), soit parce qu’ils ont parlé avec des policiers présents qui, eux aussi, avaient pris le châle aux motifs bien particuliers pour une jupe ou une robe.

Tout va toujours dans son sens et la théorie des fleurs sur le foulard qui est un message pour les enquêteurs, moi je dis « faut pas pousser mémé dans les orties, surtout quand elle n’a pas de petite culotte » !

Ce qui me frappa, ce fut ces deux dates de la St-Michel. C’était les nuits des trois derniers meurtres, d’abord le double événement, au cours de la St-Michel fêtée traditionnellement dans ce pays, ensuite le dernier meurtre, celui de Mary Jane Kelly, la nuit de la St-Michel de l’Église orthodoxe orientale. Les morts du double événement ont eu lieu après minuit, c’est-à-dire, techniquement, le 30 septembre, mais si Jack l’Éventreur avait décidé de sa mission le soir de la St-Michel ? Nous savons qu’Elizabeth Stride a été tuée vers 0 h 45, peu après le changement de date, et on peut supposer qu’il s’est donné un peu de temps pour trouver une victime adéquate.

Je compris aussi que, pour que les marguerites de la St-Michel aient une signification bien réelle, il fallait qu’elles soient liées à l’Éventreur. Peut-être avait-il laissé le châle sur la scène du crime en guise d’obscur indice pour la police de la date à laquelle il frapperait à nouveau.

Ce que ressens, à la fin de ma lecture laborieuse, c’est un endormissement prématuré, une pointe de douleur derrière l’arcade sourcilière et l’impression qu’on a fait du remplissage de paragraphes afin d’étoffer le livre et de ne pas sortir un roman de l’épaisseur d’une ficelle de string.

De plus, niveau « pratique », il eut été plus intelligent d’intégrer directement les illustrations dans le texte plutôt que de les remiser à la fin, en appendice.

Comment qualifier ce WTF de roman ?

« Un peu de tout » car nous sommes face à une biographie vu l’auteur qui nous raconte sa vie, c’est une enquête mais sans suspense, ceci n’est pas une fiction et malgré la soupe indigeste des analyses en seconde partie, ceci n’est pas un rapport scientifique mais ça cumule tous les défauts de ces genres !

Je ne remets pas en question le coupable, Aaron Kosminski, il était dans les suspects, il est plausible et bien plus qu’un Walter Sickert, que le petit-fils de la Reine, son médecin personnel ou Columbo aidé de Derrick (bien que pour Derrick j’hésite, paraît qu’il était plus hargneux, jeune).

Merde, il y avait moyen de faire un bon bouquin, une enquête passionnante que l’on aurait dévoré, une traque sans faille, une théorie plausible et le tout fait pchiiit et on reste avec un goût amer dans la bouche tant avec le travail d’écriture d’un pro on aurait eu autre chose entre les mains.

Si la première partie était intéressante, la seconde est indigérable, lourde, et j’ai peiné pour arriver à la fin du livre, mais puisque le vin était tiré je l’ai bu, même en tant que piquette.

PS : Oh, des minis références !

Je voudrais d’abord remercier les experts et les historiens dont la passion pour l’histoire de l’Éventreur m’a fourni les bases et les informations qui m’ont aidé à me faire une première idée du mystère. Ce sont Paul Begg, Martin Fido, Stewart Evans et Donald Rumbelow.

étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

15. Sherlock Holmes : The Second Stain – La deuxième tache

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SAISON 2 – ÉPISODE 4

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : John Bruce
  • Scénariste : John Hawkesworth
  • Décorateur : Tim Wilding
  • Musique : Patrick Gowers
  • 16ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 23 juil. 1986 – ITV Network (17ème épisode diffusé); États Unis : 26 fev. 1987 – WGHB; France : 9 avril 1989 – FR3 (16ème épisode diffusé)
  • Durée : 50 min 30 sec

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  • Distribution :
    Jeremy Brett … Sherlock Holmes
    Edward Hardwicke … Dr. John Watson
    Patricia Hodge … Lady Hilda Trelawney Hope
    Stuart Wilson … Honourable Trelawney Hope
    Harry Andrews … Lord Bellinger, Prime Minister
    Colin Jeavons … Inspector Lestrade
    Sean Scanlan … Constable MacPherson
    Yves Beneyton … Eduardo Lucas
    Yvonne Orengo … Madame Henri Fournaye
    Rosalie Williams … Mrs. Hudson
    Alan Bennion … Bates

SECO2Le Pitch :
Sherlock Holmes reçoit la visite sous le sceau du secret, de Trelawney Hope, secrétaire aux Affaires Européennes, accompagné du Premier Ministre Lord Bellinger.

Il a perdu une lettre d’un souverain étranger qu’il avait apportée chez lui et dont pourtant n’avaient connaissance que les membres du cabinet. Elle contient un important secret d’État qu’Holmes les oblige à lui révéler. C’est une protestation contre le développement colonial de la Grande-Bretagne dont les adversaires du souverain pourraient se servir pour entraîner l’Europe dans la guerre.

Pour Holmes, il est certainement déjà trop tard, mais il veut tout de même aller voir les trois espions internationaux que cette affaire pourrait concerner.

SECO3

Cet épisode est probablement l’adaptation la plus fidèle de la série. Le souci de conformité au texte original est allé jusqu’à la recréation de la scène où Watson vient demander à Holmes, retiré dans le Sussex, l’autorisation de publier l’histoire.

Un cottage fut choisi à Rostherne, des ruches installées, et Brett revêtit consciencieusement les gants et le voile de l’apiculteur. Mais manifestement, il n’était pas heureux de devoir se vieillir pour le rôle.

SECO12

Heureusement pour lui, la séquence a fini au panier pour des raisons de longueur.

Il est à noter qu’ayant oublié (imbécile que je suis) le DVD de la série chez moi, j’ai été obligée de regarder cet épisode sur You Tube, intégralement en anglais, avec les sous-titres anglais basés sur de l’audio et je ne vous raconterai même pas comme le machin transformait « Holmes » en « Home ».

Heureusement que je ne me sépare jamais de mon petit traité d’holmésologie qui se trouve être mon PC assez bien rangé pour que je retrouve les notes prises un jour dans divers endroits. Plus ma mémoire !

Intro : 10, Downing Street. Le premier Sinistre (Lord Bellinger) sort de ce qui ressemble fort au célèbre numéro 10 mais on sait que c’est pas le vrai.

Bref, Lord Bellinger, suivi de son secrétaire aux Affaires européennes, Trelawney Hope s’engouffrent dans une voiture armoriée qu’ils échangent ensuite pour un cab. Quoi ? On ne veut pas que l’on sache que le Pays a besoin du grand Sherlock Holmes ??

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Baker Street : Voilà une scène qui ne se trouve pas dans le Canon Holmésien mais qui mériterait d’y figurer ! On découvre le 221b dans un joli foutoir et Watson qui ôte prestement à Holmes la tasse de thé qu’il avait en main, tandis que Mrs Hudson s’affaire, telle une abeille, en bougonnant de mettre un minimum d’ordre. Seul Holmes reste immobile au milieu de la tempête.

Sitôt arrivés, le ministre et le secrétaire expliquent à Holmes la terrible situation où ils se trouvent. Une lettre potentiellement explosive, envoyée par un potentat étranger, a été volée la veille au soir dans la valise officielle du secrétaire.

Moi, je lui collerait un C4 (licenciement) à ce secrétaire imbécile qui n’a pas su empêcher qu’on lui vole une lettre dans sa valise.

L’expéditeur de la lettre n’est pas nommé… Non, ce n’est pas un remake du « Scandale en Bohème », ce  n’était pas une photo compromettante ou une lettre d’amûr enflammé.

Si on connaissait la date de cette aventure, on pourrait vérifier si le terrible petit-fils de la reine Victoria, le kaiser Guillaume II…

Vous connaissez Holmes, au vu de ce qu’on vient de lui dire, directement il soupçonne la meuf à Trelawnay Hope et il lui demande si elle connaissait l’existence de la lettre.

Shocking premier Sinistre qui dit que son secrétaire a un sens trop élevé du devoir que pour parler des secrets d’états avec sa douce moitié…

Ok, Holmes interroge donc sur les circonstances du vol et sur le contenu de la lettre.

Trelawney Hope allait répondre quand le vieux crouton de Premier Sinistre lui coupe la parole (une expression de surprise déçue passe sur le visage de Holmes) et commence à lui décrire la lettre physiquement, tourne autour du pot et lui parle de la récompense qu’il pourra choisir, mais ne donne en rien des indications sur son contenu, croyant arriver à mystifier Holmes.

Mauvaise idée ! Holmes lui déclare alors qu’il ne peut se charger de l’affaire et qu’étant, comme ses visiteurs, fort occupé, il ne peut perdre son temps en conversations inutiles.

« Casse-toi, pauvre con » aurait dit un autre homme… Sherlock les a enrobés de miel, bien entendu, IL est bien élevé,lui… Holmes se contente de refuser, en termes courtois et indirects, de se charger de l’affaire.

Il est clair qu’il parodie l’hypocrisie du langage diplomatique, et l’acteur poursuit en ce sens
en affectant une douceur souriante, ainsi qu’une compassion infinie et respectueuse pour les deux hommes d’état surmenés. Mais le fait qu’il se lève et leur tourne le dos donne à ses propos une connotation ironique insolente.

Le ministre, offusqué, fait mine de sortir, puis se ravise et rend les armes. Personne ne résiste à Sherlock…

Cette missive a été écrite par un souverain qui est exaspéré par l’expansion coloniale britannique et son style est si offensant que, si elle était divulguée, elle enflammerait l’opinion publique anglaise. Une guerre coûteuse en argent et en hommes serait inévitable, et aucun des deux pays n’a envie de ça !

Putain, sont vite choqués, ces Anglais ! Aller faire une guerre pour quelques mots ou quelques noms d’oiseaux, c’est fort de café et de mojitos !

On leur dirait bien « Faites l’amour et pas la guerre » mais c’est sans compter sur les multiples ennemis ! Eux gagneraient de cette divulgation de missive et la bisbrouille qui naîtrait car l’Europe se partagerait en deux coalitions…

Et nous savons qu’à cette époque là, la poudrière des Balkans était déjà ZE point noir, donc, la moindre chose pouvait tout faire péter.

Cette aventure, si elle est policière, parle aussi pour la première fois dans la série d’espionnage et présente un tableau politique de l’Europe où la Grande-Bretagne tient un rôle déterminant.

Les répliques de Premier Ministre sont pertinentes et fermes, celles de Holmes courtes, précises et directes. Pour Holmes, la lettre doit déjà être loin et on doit se préparer à la guerre puisque ce bout de papier peut en déclencher une.

Holmes étant asocial et anticonformiste, il s’intéresse assez peu à la toute-puissante Grande-Bretagne.

Seul l’intérêt de l’affaire le motive.

Il a acquis une réputation qui lui permet non seulement de voir le premier ministre recourir à ses services en se déplaçant en personne chez lui, mais aussi de lui imposer ses volontés (son refus catégorique au début) et de refuser de lui indiquer la façon dont il a procédé à la fin.

Une autre scène importante, c’est celle qui suit l’achat de Watson du journal qui parle du meurtre de Westminster…

Holmes lui donne les trois noms des espions qui auraient pu tremper dans cette affaire de vol de lettre : Oberstein, La Rothiere ou Eduardo Lucas, et que le coupable va chercher à vendre la lettre au plus offrant.

Il sait que la situation est grave et même désespérée. Holmes est même prêt à racheter la lettre à n’importe quel prix, même si cela donnera une hausse des impôts (voilà pourquoi les vôtres et les nôtres ont augmenté ces derniers temps… une lettre compromettante sans aucun doute !).

Si dans le canon, l’auteur laissait à Holmes le temps de lire le journal, ici, il n’en est rien !

Allez hop, seconde visite : Lady Hilda Trelawney Hope est annoncée au 221B. Oui, la femme du sous-secrétaire du même nom, celui qui n’a plus retrouvé la lettre là où il l’avait mise (comme celui du « Traité Naval » qui s’était fait aussi voler son papelard !).

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Le but de Lady Hilda est de savoir ce que son mari risque après la perte de cette missive et aussi ce que leur Perfide Albion risque ! Et comme lui aurait répondu De Funès « You risk énormément » ou « I risk encore plus ».

Tandis que Watson se pâme devant sa beauté, Holmes, lui, reste de bois et se méfie de la grognasse comme de la peste, surtout qu’elle s’est mise à contre-jour pour qu’il ait plus de mal à détecter son extrême nervosité.

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Non, non, non, il ne lui dira rien et arrêtera même Watson d’un geste car lui, il allait tout balancer à la belle poitrine bien roulée !

Oh, le sourire sceptique qui s’affiche sur le visage de Holmes quand la Lady lui dit que son unique mobile est le désir de partager les inquiétudes de son mari, et quelle grimace ironique il nous gratifie lorsqu’elle lui répète qu’elle compte sur sa discrétion absolue.

Par ces quelques mimiques, l’acteur en dit des volumes sur la misogynie de son personnage.

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Ce que j’aime dans cette scène, c’est la tirade de Holmes sur les mystères de l’âme féminine…

— Le beau sexe est votre rayon, Watson…

Les propos de Holmes sur les femmes « leurs actions les plus banales peuvent se rapporter à quelque chose de très grave » sont ici de circonstance.

Mais malgré sa misogynie, il se montre indulgent et secourable.

Puis le fait qu’il fasse un demi-tour rapide dans le couloir lorsque Watson, lisant le journal, lui apprend le meurtre d’un des trois espions cités plus haut : Lucas.

On a même arrêté son valet, Holmes là vu !

Non, ça bouge moins, dans cet épisode !

Pour nos compères, commence la longue et pénible attente des faits nouveaux. On suggère l’interminable écoulement du temps par l’accumulation progressive des journaux sur la table, des mégots dans le cendrier, de la fumée dans l’atmosphère, et la vision répétée du balancier de la pendule…

Holmes, dévoré d’impatience, arpente sans relâche le salon et bois du thé présenté par madame Hudson.

Enfin les deux amis apprennent dans le journal (dans le canon, c’était grâce à Lestrade), que Lucas a été assassiné par son épouse créole, une malade mentale folle de jalousie.

Holmes n’attache pas au meurtre d’importance cruciale.

Ce qui l’obsède et le tourmente est le fait qu’aucune conséquence n’a suivi la disparition de la lettre.

Bordel de dieu, on vole une lettre qui pourrait foutre le feu à l’Europe si elle était divulguée et rien de ne se passe ! Pas été mise en circulation ? Oukellè alors ?

Tiens, dans cet épisode, il y a une scène drôle qui ne se trouve pas dans la canon.

Holmes discute avec Watson, lui dit que cette affaire est ardue, mais que s’il la résout, elle sera le couronnement de sa carrière !

À cette tirade (qui elle, est intégralement fidèle au texte de Conan Doyle), le réalisateur lui donne une chute de son cru : tout à l’idée de sa gloire future, Holmes allume sa pipe et jette derrière lui son allumette enflammée…

Et les journaux entassés le dossier de la chaise s’embrasent !

On pourrait penser que l’intrigue est à zéro et que tout est bloqué quand un nouvel élan est donné par la révélation de la deuxième tache dans une scène très efficace.

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Nos deux amis ont rejoint Lestrade sur les lieux du crime (celui de Lucas) et le policier montre ensuite au détective la tache de sang qui a profondément imprégné le tapis et qui, bizarrement, ne correspond pas à celle laissée sur le plancher.

Holmes a déjà compris qu’il suffit de faire tourner le tapis dans le sens contraire des aiguilles d’une montre pour que les deux taches coïncident. On a donc déplacé le tapis. Mais qui, et pourquoi ?

Durant ce moment, Holmes ne bronche pas, hausse-t-il juste un sourcil pour nous indiquer que lui, il a une idée du pourquoi du comment le tapis a été déplacé.

Ici, LA scène d’anthologie c’est celle où Holmes, après avoir vu la deuxième tache, fait sortir Lestrade par ruse pour pouvoir fouiller seul, le lieu du crime.

En un éclair, il se précipite par terre et gratte frénétiquement le parquet tel un Jack Russel devant un terrier et trouve ce qu’il cherchait.

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Juste à temps ! À son retour, Lestrade retrouve un Holmes imperturbable, dans la même position, comme si rien ne c’était passé.

L’inspecteur est bien loin d’imaginer l’agitation qui a régné dans la pièce en son absence et que l’énigme a été résolue.

Holmes va alors jouer au rusé renard pour trouver ce qu’il devait trouver, confondre la personne qui a subtilisé la lettre et le remettre afin qu’elle ne soit pas accusée. Pourtant, la personne n’était pas disposée à la lui remettre, cette foutue lettre !

— Vous pensez, Monsieur, que si ce document n’est pas recouvré, ce sera la guerre ? Alors, préparez-vous pour la guerre.

Le tout par un tour de passe-passe qui éveillera les soupçons du vieux Ministre, mais bon, Holmes a ses secrets diplomatiques lui aussi !

L’adaptation y ajoute le bond joyeux de Holmes et son cri de triomphe. Car Holmes a restauré la sérénité du gouvernement, et sauvegardé le bonheur d’un jeune couple.

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Finalement la clé de l’énigme est moins étonnante que dans d’autres des aventures, puisque à partir d’une affaire politique de portée mondiale, on découvre une simple affaire privée de lettre volée, à priori assez banale.

Il n’y avait pas 36.000 personnes qui pouvaient la voler, cette lettre !

Cet épisode est assez calme, on penserait même qu’il ne va rien se passer. La seule scène d’action étant le meurtre d’Eduardo Lucas…

Pour autant, on est pas dans un épisode de Derrick parce que le scénario est vif, bien construit, fidèle (à peu de choses près) à l’original et l’interprétation des personnages est toujours juste.

Sa réussite s’obtient par des situations drôles, des dialogues saupoudrés d’humour, une série de chassés croisés générant animation et suspens et on y découvre un Holmes plus expressif, plus enclin à montrer ses réactions.

Le dénouement est aussi amusant qu’osé, car Holmes va jusqu’à faire croire qu’il n’y a pas eu de vol.

Dans cette histoire, la réalité n’est pas du tout ce que l’on croit. Et bien sûr, on assiste à la capacité de déduction d’un esprit sagace, qui observe avec minutie et à la vivacité d’un détective toujours aussi vif et ardent.

Pour une après-midi de tranquillité !

Anecdotes : L’ensemble de l’épisode a pu être tourné à Londres, où tous les signes de la modernité ont été effacés, il a « simplement » suffit d’enlever les voitures et de cacher les marquages au sol à l’aide de feuilles mortes. Mais pour raisons de sécurité, l’équipe ne put pas tourner dans le vrai Downing Street.

Étoile 3,5

Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Sherlock Holmes – T5 – La bande mouchetée : André-Paul Duchâteau & Stibane

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Titre : Sherlock Holmes – T5 – La bande mouchetée

Scénariste : André-Paul Duchâteau
Dessinateur : Stibane

Édition :  Bdétectives – Claude Lefrancq n°34 (1995)

Résumé :
La jeune Helen Stoner consulte Sherlock Holmes à propos d’évènements étranges ayant eu lieu dans son château. Sa sœur a trouvé la mort peu avant son mariage dans des circonstances mystérieuses auxquelles leur beau-père, le Dr. Roylott, ne semble pas étranger.

Helen, dont le propre mariage est proche, se voit obligée par son beau-père d’occuper la chambre et le lit dans laquelle sa sœur a trouvé la mort. Holmes et Watson passent une nuit au château pour élucider ce problème. Y réussiront-t-il ?

le-ruban-mouchetc3a9Critique :
Ma joie avait été immense lorsque la collection Bdétectives avait publié l’adaptation en bédé de ma nouvelle canonique préférée.

La joie fut vite douchée car tout l’album n’est pas consacré à cette nouvelle (20 pages) mais l’autre moitié est pour une Untold Stories « L’affaire du fantastique baron Maupertuis ».

Untold quoi ?? Conan Doyle prit un malin plaisir à nous mettre l’eau à la bouche en nous énumérant tout au long du Canon, des aventures inédites vécues par Holmes et Watson dont nous n’avions pas eu récit.

Toutes ces aventures, aux titres souvent mythiques, synonymes de mystère et de brouillard ont lancé de nombreux débats parmi les adeptes de Sherlock Holmes et bien des scénaristes s’y sont engouffrés, avec succès ou pas.

Ce qui m’a fâché, ici, ce sont les raccourcis pris par le scénariste, zappant toutes les choses importantes de cette nouvelle, mettant la cliente, Helen Stoner, fort en retrait et je déplore aussi des erreurs dues sans doute à une mauvaise relecture (ou à pas de relecture du tout ?).

Exemple : Helen raconte à Holmes la nuit où sa sœur est morte et le détective lui demande si elle a bien entendu un bruit métallique et un sifflement. Hors, Helen n’en a pas parlé dans les cases précédentes. Raccourci ? Don de médium ? Holmes savait déjà la solution de cette enquête ??

Quand je vous parlais qu’il manquait des choses importantes, c’est tout le sel des personnages qui est le grand absent de ces pages et qui pourraient éclairer les novices sur la personnalité de Sherlock Holmes, notamment son désintéressement de l’argent, ses scrupules à avoir emmené Watson au devant de danger et les quelques explications qu’il donne à Watson, lui faisant comprendre qu’ils sont arrivés à temps pour sauver leur cliente d’un meurtre subtil et horrible.

Putain de merde, j’avais salivé pour rien entre le moment où je l’avais acheté et le moment où je l’avais lu (quelques heures). Depuis, j’ai même plus envie de le relire. Oui, je suis maso, je sais.

« L’affaire du fantastique baron Maupertuis » est fidèle à la trame de nombreuses histoires de Ric Hochet : on commence fort et cela flirte déjà dangereusement avec le non-sens.

Pour le reste, un baron participe à un duel et il s’avère que l’homme contre lequel il se bat – retrouvé mort ensuite – est un proche de la Couronne britannique.

Ça part dans tout les non-sens possible, avec la présence d’un colonel et d’une carabine à air comprimé.

Au final, il faut réfléchir pour recomposer le puzzle dans son entièreté, tellement les faits sont embrouillés.

Aspirines, please !

étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions

Jack l’Éventreur – Le Secret de Mary Jane K. : Philippe R. Welté

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Titre : Jack l’Éventreur – Le Secret de Mary Jane K.

Auteur : Philippe R. Welté
Édition : Alban éd. (2006)

Résumé :
Entre le 31 août et le 9 novembre, cinq prostituées sont sauvagement massacrées par un meurtrier insaisissable. Devant l’inefficacité de Scotland Yard, la peur et la paranoïa s’empare de la capitale britannique. Tout le monde devient suspect.

Les arrestations se multiplient, mais rien n’y fait. Celui que l’on surnomme Jack l’Éventreur a toujours une longueur d’avance sur la police.

Aux premières heures du 9 novembre, il va commettre un dernier meurtre d’une sauvagerie rarement atteinte avant de disparaître définitivement.

Considérée depuis toujours comme la clé de cette énigme, Mary Jane Kelly, une jeune beauté rousse de vingt-cinq ans, est la cinquième victime officielle de Jack.

Derrière le secret de sa disparition se cache aussi celui du meurtrier le plus mythique de tous les temps.

En dévoilant une piste jusque lors jamais explorée, Philippe R.Welté aboutit à une hypothèse à mille lieues de toutes les précédentes.

Une hypothèse inédite des plus fascinantes qui apporte enfin des réponses possibles aux nombreuses zones d’ombre demeurées inexpliquées à ce jour.

Jack_the_Ripper REDCritique :
Jack The Ripper ou Jack L’Éventreur pour les francophones… 5 victimes canoniques seulement à son actif et pourtant, son nom est le plus connu de tous les serial-killer, bien plus que des Ted Bundy (+100), les Jeffrey Dahmer, les Ed Gein ou que Peter Sutcliffe (13).

On dit de lui qu’il fut le premier serial-killer, mais ceci n’est pas confirmé… On parle de Gilles de Rais (un pote à Jeanne d’Arc), dont on dit qu’il aurait massacré 800 enfants et il y a encore la comtesse sanglante qui, entre 1600 et 1610 tortura à mort 650 jeunes filles dans le seul but de se baigner dans leur sang.

Ok les gars et les meufs, on n’a pas de preuves, ce pourraient être des gros ragots pas beaux ! Mais bon, tout ceci pour dire que le Jack n’était sans doute pas le premier à tuer en série.

Mais lui, contrairement à d’autres tueurs en série, les espacements entre les meurtres eurent tendance à augmenter et il s’arrêta subitement après le massacre au scalpel de Mary Jane Kelly, la nuit du 9 novembre.

Je dois dire que niveau théories loufoques, j’ai lu mon compte, des plus censées ou plus farfelues (le complot maçonnique, le docteur de la reine Victoria, son petit-fils ou le peintre Walter Sickert) aux plus « plausibles ».

Ici, l’auteur, après nous avoir fait un bref topo des faits, nous balance une théorie jamais entendue et qui est assez percutante ! Dois-je la dire ? Oui, il le faut bien…

Mary Jane Kelly ne serait pas morte, mais, complice du tueur, elle aurait mis en scène sa propre mort pour échapper aux soupçons que la police aurait pu avoir sur elle…

Soupçons ? Oui, elle aurait tué, en état de légitime défense, Martha Tabram (victime non canonique), mais ce serait faite voir par Mary Ann Nichols qui l’aurait fait chanter, donc, elle dû aussi la zigouiller, mais n’ayant pas su la tuer, elle aurait fait appel à son grand amour français, médecin, et qui est revenu la rechercher jusque dans les bas-fonds de l’East End.

Donc, on trouve une femme qui a la même corpulence que la MJK mais qui va mourir de cause naturelle, on la fout dans la chambre, on la dépèce pour pas qu’on puisse identifier le cadavre et boum, l’affaire est dans le sac !

Je vous passerai les détails de la suite avec les autres meurtres, je peux les faire via les commentaires, quand j’aurai un peu plus de temps, parce que les vacances, ça prend du temps sur le PC !

Anybref… Ça pourrait sembler farfelu dit ainsi (la théorie de l’auteur, pas que les vacances m’empêche de surfer), mais l’homme étaye tout.

Enfin, il fait de son mieux ! Je ne dis pas qu’il a tort, mais il romance quand même fort l’affaire de ce que Mary Jane et son amant de Paris auraient pu faire.

Par contre, je ne lui donne pas tort puisqu’ils y a des témoignages contradictoires. Des témoins affirment avoir vu ou parlé avec Mary Jane Kelly alors que le légiste situait la mort entre 1h et 2h du matin.

L’auteur joue donc sur les témoignages contradictoires, sur le fait que Elizabeth Stride n’est pas une victime de l’Éventreur car pas même couteau, ni même mode opératoire.

Vu que personne ne sait rien sur rien, on peut supputer jusque demain matin sans faire autre chose que de tenter d’attraper sa propre queue.

Malgré tout, le livre se lit avec plaisir, on apprend d’autres choses et ma foi, pourquoi pas cette théorie ? Cornwell a fait pire ! Et l’auteur ne se prive pas de dire tout le mal qu’il pense de son enquête…

La seule chose dont il aurait pu éviter, c’est le côté « j’ai croisé un fantôme » puisque l’auteur nous raconte qu’en s’engageant dans la rue qui était anciennement Buck’s Row il a ressenti une présence éthérée qui portait un parfum qui l’a grisé.

Là, ça fait un peu trop… Mais bon, hormis ce petit détail inutile, le reste est du bon pour celui ou celle qui est passionnée par les crimes de Whitechapel !

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Je suis le sang : Ludovic Lamarque & Pierre Portrait

Je suis le sang - Lamarque

Titre : Je suis le sang

Auteurs : Ludovic Lamarque & Pierre Portrait
Édition : Les Moutons Electriques (2016)

Résumé :
Londres, 1888. Au théâtre du Lyceum, la pièce Jekyll et Hyde fascine la bonne société victorienne tandis qu’une série de meurtres est commis dans l’East End.

Des prostituées sont sauvagement assassinées. Bram Stoker, écrivain et régisseur du Lyceum, voit dans ces meurtres atroces la matière pour écrire le grand roman qui lui vaudra la postérité.

En visitant les lieux du crime, il rencontre Mary Kelly, une prostituée irlandaise, et l’assassin que la presse surnomme bientôt : Jack l’Éventreur.

Petit Plus : Deux romanciers, le Bordelais Ludovic Lamarque et le Parisien Pierre Portrait, nous projettent en plein dans les sanglantes années 1880, lorsque l’affaire Jack l’Éventreur terrorisait la capitale britannique et tandis que le mythe de Dracula trouvait sa naissance…

Un thriller victorien méticuleusement documenté mais qui, comme l’aurait dit Alexandre Dumas, « viole l’histoire à condition de lui faire de beaux enfants ».

Critique :
Que se passe-t-il lorsqu’un assassin s’attaque aux prostituées de Londres en 1888 ?

Beaucoup de choses, me direz-vous… Des victimes directes, des indirectes, un éclairage de la misère, une prise de conscience, des améliorations, des têtes qui tomberont sans qu’une guillotine doive être mise en action…

Mais aussi une résurgence du racisme, de l’antisémitisme, des vieilles peurs de l’autre, de l’étranger, la peur du pauvre.

Un tueur solitaire sème la terreur au cœur du plus grand empire que le monde ait connu et tient la meilleure police du monde en échec ! Quel affront pour la couronne ! Alors, oui, mieux vaut suggérer que le tueur n’est pas de ce monde pour ne pas perdre la face.

Et puis, dans tout ça, il y a la naissance d’un mythe, celui de Dracula de l’écrivain Bram Stoker.

Ce roman se divise en deux parties : la première concerne la découvert des meurtres, en commençant par Martha Tabram jusqu’au double meurtre du 30 septembre (Elizabeth Stride et Catherine Eddowes) en attendant le dernier, celui du 9 novembre (Mary Jane Kelly).

Nous découvrons notre personnage principal qui est Bram Stoker himself, régisseur du Lyceum Théâtre, qui n’a pas encore écrit son chef-d’œuvre gothique mais qui cherche quelque chose à publier, un roman dont on se souviendrait, mais pas sur les meurtres de Whitechapel, car trop vont le faire.

« Quel romancier ne serait pas attiré par cette série de crimes hors du commun? C’est le genre d’affaires qui n’arrive qu’une fois dans la vie d’un auteur. Au lieu de conter une histoire macabre, pour la première fois, je la vis. C’est très excitant. Le journaliste que je suis la relate et l’écrivain en moi la sublime. Écrire est un acte magique, Bram, vous le savez. »

« Les historiens écriront la véritable histoire de l’Éventreur. Pour moi, ce n’est qu’une source d’inspiration, je ne recherche pas la vérité. Mon but est de divertir mes lecteurs en les effrayant. »

Dans cette partie, Bram va s’intéresser aux crimes de 1888 et rencontrer le criminel himself ! Criminel qui aimerait que Bram écrive un livre sur lui.

Non, ici, pas de quête de l’identité du tueur, les auteurs nous en ont inventé un pour les besoins de l’histoire, tout en restant fidèle aux meurtres de 1888 dans ses grandes lignes.

Cette première partie fera la part belle à la montée de l’antisémitisme dans les quartiers de l’East End, au racisme, à la peur de l’autre, la peur de l’étranger, à la misère qui règne dans les ruelles, les maisons, les abattoirs à ciel ouvert, le sang qui coulait sans cesse dans les rigoles, à l’air libre.

Oui, Londres a peur, mais on se demande bien de qui les gens aisés du West End ont peur : du tueur ou de la pauvreté qui gangrène les quartiers de l’East End ?

Si les maladies pullulaient dans l’East End, il n’y en avait qu’une qu’on redoutait dans le West End, c’était le scandale. Dès l’instant où l’on en était frappé, on cessait d’exister. Vivant en apparence mais mort aux yeux des autres. Les premières causes en étaient le désir et l’ennui. A Londres, ils étaient les deux pires ennemis d’un gentleman.

Peur de l’étranger ou de découvrir que le criminel est un bon anglais, en dépit des affirmations qu’ils balancent, disant que ce ne peut pas être un anglais, parce qu’un anglais ne ferait pas ça ?

D’ailleurs, ces crimes ont eu lieu dans la mauvaise partie, l’East End, touchant les Sœurs de l’Abîme (les putes), alors le West End reste en observation de ces quartiers où pullule la misère, la mort et les crimes.

Et puis, de toute façon, les anglais ont la meilleure police du monde, alors, pourquoi s’en faire, on va l’arrêter en vitesse, ce meurtrier ! Tu parles Charles (Warren) !

Bram, lui, il arpente les rues, tentant de trouver une solution pour arrêter l’homme au couteau, se déguisant, croisant la route de prostituées, dont la belle rousse Mary Jane Kelly.

Cette première partie est déjà riche en émotions et en atmosphères de Londres à l’époque victorienne. Et Arletty peut dire ce qu’elle veut, ici, c’est bien « Atmosphère ! Atmosphère ! » et son rendu est magnifique tant on s’y croirait.

La seconde partie est consacrée à la recherche de Bram Stoker pour son futur livre, le tout en partant du tueur de Whitechapel dont il connait l’identité mais dont la révéler ne servirait à rien, faute de preuves.

Ici, c’est le processus d’écriture qui est mis en avant. Bram a son sujet d’inspiration, Mary Kelly qui lui a raconté sa vie, mais lui n’arrête pas de penser qu’il doit placer son récit dans les beaux quartiers s’il veut que les lectrices s’identifient à son personnage féminin.

Dans cette seconde partie, j’ai découvert un homme qui aimait mieux passer du temps avec des personnages de papier qu’avec les vivants et les auteurs ont bien rendu cette « folie » qui prend l’auteur et ne lui fait plus penser qu’à sa future œuvre, au point de se négliger lui, mais aussi les autres, dont Mary Kelly, qui la trouve saumâtre.

Comme je le disais, l’atmosphère de 1888 est bien décrite, bien rendue, les personnages sont attachants, même si j’ai eu un peu de mal avec la Mary Jane Kelly de ce roman, sortant juste d’un autre où elle avait un rôle moins glamour (Le secret de Mary Jane K). Mon esprit avait encore l’autre Mary dans la tête et j’ai dû la sortir de là pour me concentrer sur celle-ci.

La plume des auteurs m’a plongée d’office dans l’époque victorienne, j’ai suivi avec plaisir Bram Stoker dans ses deux quêtes (le tueur, le roman), j’y ai croisé mon vieux copain, Oscar Wilde ainsi que le tyrannique Henry Irving, j’ai tremblé en m’attachant à Mary Kelly car je savais que le 9 novembre…

Oscar Wilde avala la dernière lampée de son verre. « Si le bruit se répand que je suis capable de profondeur et de réflexion, je ne pourrai plus jamais écrire pour les journaux ! »

Et j’ai assisté avec un sourire de plaisir à la création de cette œuvre magistrale dans la littérature gothique : celle de Dracula, un VRAI vampire à l’âme plus noire que celle de tout les autres, mais un personnage qui m’avait fascinée.

Le sang était la clé. Le sang, comme le livre, reliait les Vivants aux Morts. Tout se transmettait par le sang : force, noblesse, fortune, talent, folie. Le sang faisait le lien entre réel et imaginaire, nature et surnaturel. Le sang était le grand fleuve dans lequel baignaient tous les hommes.

Un roman victorien qui viole l’Histoire, mais qui nous fait assister à la naissance de deux monstres : l’un bien réel (Jack) et l’autre de papier (Dracula) et au lien qui les unit puisque Bram est parti de sa connaissance du tueur.

Un pari osé, un pari risqué, un pari qui aurait pu capoter, mais un pari relevé ! Pour écrire une histoire pareille, il fallait de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace. Ils en ont eu et ils ont réussi.

Un roman angoissant, un roman à l’atmosphère lourde, tendue, un roman réaliste, un Londres parfaitement maitrisé, un travail de documentation colossal pour nous en rendre la quintessence et nous créer une atmosphère où il ne manquait plus que la puanteur des quartiers de l’East End.

Il ne s’agit ni des riches ni des pauvres, mais de tous les hommes. Nous aimons la nuit et ses sortilèges. L’histoire de Jack l’Éventreur nous fascine car nous avons hérité du goût de nos ancêtres pour le sang. Nous le glorifions dans nos contes et légendes, et nous le moralisons dans nos fables. Mais il est là, il rode, jamais bien loin de nos consciences, et il suffit de pas grand-chose pour l’exalter à nouveau et qu’il reprenne possession de nous. C’est pourquoi nous faisons tourner les tables et écrivons nos histoires gothiques. Forts de notre progrès, de notre science et de notre positivisme, nous nous sentons coupables de ressentir toujours cette attirance. Avec la mort, ce goût du sang est l’unique lien que riches et pauvres partagent.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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