Bilan Mensuel Livresque : Juin 2019 [MOIS ANGLAIS]

Comme d’habitude, mon Bilan Livresque du Mois de Juin est gargantuesque puisque c’est le mois de mes vacances annuelles (je les commence déjà fin mai, en général à l’Ascension) et celui du Mois Anglais !

D’office, le Bilan est toujours copieux, exceptionnel, fou, dantesque, amazing, fabuleux.

J’ai réussi à lire (heureusement que j’étais en vacances) 27 romans (dont 2 relectures), 18 Bédés, 3 Mangas et à voir 5 Films et 4 Séries !!

48 lectures au compteur, donc. Ne me demandez pas de faire pareil les autres mois, Juin est comme certains cols lors du Tour de France : Hors-catégorie !

Pour vous donner une idée, en Juin 2018, j’avais établi un record avec 21 romans lus + 13 relectures (= 34 romans lus) et 4 mangas (et zéro bédés). Je vous avoue qu’il ne me sera jamais possible de dépasser ou d’égaler, ni même de m’approcher de ce score stakhanoviste (je parle pour les romans).

Certes, lire autant, ça ne changera rien à ma PAL, on ne voit même pas qu’elle a descendu, mais au moins, j’ai réussi à sortir des vieux romans qui trainaient depuis un peu trop longtemps dans mes étagères.

Une fois de plus, j’ai noté des livres au programme, et je ne les ai pas lu… ♫ Comme d’habitude  ♪

Cela ne fait que la 3ème ou 4ème fois que je les note au programme du Mois Anglais et pas moyen de les sortir de la PAL (Bas-Fonds Londres – Crime et prostitution sous règne de Victoria de Chesney / L’Amant de lady Chatterley de D.H. Lawrence / Moriarty – Le chien des d’Urberville de Newman / La Rose pourpre et le Lys – Tome 1 de Michel Faber).

Certaines lectures furent bonnes, d’autres géniales et vu la quantité, il était normal de tomber sur des daubes premier prix, de celles qui devront caler des meubles ou qui finiront dans des boites à livres parce que sinon, je vais être obligée de détruire des pieds de meuble pour mettre les romans daube dessous.

Pour une fois, les romans ne sont pas toujours classés par ordre de lecture.

Pour ceux ou celles qui chercheraient une saga qui se met en place à son aise, sans pour autant lasser le lecteur, avec une résolution de meurtres, basique mais réaliste, se trouver en compagnie de personnages attachants, qui évoluent, je leur propose Les détectives du Yorkshire – Tome 1 – Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman (ICI). Ambiance so britsih garantie.

Un peu de fantastique, dans un Mois Anglais, ça ne fait jamais de tort et avec Les Attracteurs de Rose Street de Lucius Shepard (ICI), j’ai fait irruption dans un Londres qui avait des airs de steampunk. La psychologie des personnages est poussée et ce fut aussi une découverte agréable qui m’a sorti de mes sentiers plus que battus.

Dans ce futur peut-être pas si éloigné que ça, l’écologie en a pris la gueule, l’Homme a continué de polluer à mort et c’est un monde post-apocalypse qui est décrit dans Le Choix de Paul J. McAuley (ICI). Si j’ai aimé le récit, la manière dont il est écrit, je me suis retrouvée à la fin de cette histoire de manière un peu abrupte car je n’aurais pas craché sur quelques pages en plus. Malgré tout, une belle découverte.

Voilà ma lecture chiante du mois ! Littérature jeunesse ne veut pas dire non plus qu’il faut prendre les jeunes lectures pour des quiches… Jack l’éventreur – Le retour de Gilles Vincent (ICI) fait enquêter des jeunes gamins à qui tout est toujours tombé tout cuit dans le bec, au niveau de leur enquête, sans oublier un chat qui… parle ! Non, on oublie au plus vite.

Le problème avec les lectures daubes, c’est qu’elles attirent les autres… J’étais Jack l’Éventreur de Claude Ferny (ICI) finira lui aussi aux oubliettes de ma littérature. D’ailleurs, ne me demandez pas la référence à Jack The Ripper, son nom se trouve dans le titre mais ça s’arrête là. Rien de cohérent, rien de concret, des mobiles bancals, un médecin qui trucide et ses pensées qui ne m’ont fait que soupirer et bailler.

J’ai cru que ce roman finirait dans les abandons mais Les Sept morts d’Evelyn Hardcastle de Stuart Turton (ICI) a commencé à m’intéresser beaucoup plus après la page 200. C’est un OLNI avec une construction bien à lui mais réussie, ce qui fait que l’on comprend tout, que tout se met en place au fur et à mesure pour donner un final en bouquet final.

La littérature jeunesse ne m’a pas porté chance, ce mois-ci ! Dans Les Naufrageurs de Iain Lawrence (ICI), les événements s’enchainent un peu trop vite, un peu trop bien, les personnages ne sont pas assez travaillés. Tout à l’air d’être un peu trop beau pour être vrai, un peu comme les romans jeunesse que nous lisions jeune (Club Des Cinq et autres). Mais ici, ça ne passe pas ! Ça se lit, sans plus ou ça se lit, à la rigueur.

Mon livre préféré dans la saga qui est repassé haut la main au jeu cruel de la relecture.  Oui, Harry Potter – Tome 3 – Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban de J. K. Rowling [LC Bianca] (ICI) est toujours mon préféré de la saga ! L’auteure nous mystifie habillement, on se laisse avoir facilement, et boum, dans le final, quand on le découvre pour la première fois, on se prend un coup de poing dans le coeur. J’adore !

Si j’ai eu du mal à venir à bout de Mary Jane Kelly – La dernière victime de Didier Chauvet (ICI), ce n’est pas parce que le roman était mal écrit, juste parce qu’il était mal fichu en raison de son format PDF au lieu d’un Epub. J’ai ruiné mes yeux à le lire et il en valait la peine car l’auteur colle aux faits et nous offre une belle analyse brute des crimes de 1888 et plus particulièrement celui de MJK.

Vous voudriez en savoir un peu plus sur les crimes de 1888 sans pour autant entrer dans tous les détails ? Alors, L’Affaire Jack L’Éventreur de Christian Coudurier (ICI) vous conviendra. Voilà un petit livre qui, sans trop entrer dans les détails, donne une vue d’ensemble de l’affaire Jack The Ripper. C’est court, c’est bref, l’essentiel est dit. Pour les lecteurs pressés, ce petit livre est parfait, il fait le job, mais rien de plus.

Comment mettre en scène les inégalités sociales qui gangrénaient l’Angleterre victorienne sans que cela soit flagrant ? H.G. Wells a eu un coup de génie en envoyant un homme dans le futur, en 802.701 avec La Machine à explorer le temps (ICI). Dommage que j’aie découvert ce roman si tard dans ma vie car je l’aurais plus apprécié dans ma jeunesse que dans mon âge d’adulte.

Une nouvelle qui concerne un fantôme terrifiant qui donne envie de rire et ensuite qui donne des émotions ? Lisez Le fantôme de Canterville et autres contes d’Oscar Wilde (ICI) afin de ressentir ce mélange d’émotions. Le Crime de Lord Arthur Savile est aussi une excellente nouvelle du grand Wilde.

Roulements de tambour pour un vampire exceptionnel, un vrai : Dracula de Bram Stoker (ICI) est passé lui aussi sur le grill de la relecture. Le charme s’est accompli une nouvelle foi, Dracula m’a emporté, j’ai vibré durant tout le récit, marmonnant des inutiles « fuyez, pauvres fous » puisque le récit ne pouvait pas changer en mûrissant 26 ans de plus dans mes étagères. Mais il avait acquis un bon goût de fut de cercueil grand cru !

London nocturne de Cathi Unsworth (ICI) avait tout pour lui mais il lui a manqué un peu pour arriver dans les grands romans. La première partie est prenante, le Londres sous les bombes est réaliste, les bas-fonds bien décrits et j’ai aimé la seconde partie, celle avec les procès, même si pour moi, on attrape un peu trop facilement l’éventreur. Le problème, c’est que les personnages manquaient de profondeur et un meilleur traitement leur auraient donné plu d’épaisseur. Dommage. Demi-teinte.

Un Anglais qui parle aussi bien de l’Amérique, c’est pas possible ! Je parie que dans une vie antérieur, R.J Ellory était Américain ! Une fois de plus, il nous monte un roman exceptionnel avec Le chant de l’assassin (ICI) où on se dit que si les hommes avaient porté des capotes, ils auraient eu moins d’emmerdes, mais nous aurions eu un roman insipide ! Ellory, c’est le type qui te plonge dans l’Amérique profonde, dans le trou du cul du Texas et tu en redemandes.

À table ! de John Wainwrigh (ICI) n’est pas un livre de cuisine, bien que les flics disent toujours qu’ils vont cuisiner un suspect lorsqu’ils l’interrogent pour le faire craquer. Véritable huis-clos étouffant, ce roman est à l’origine du film « Garde à vue » où Lino Ventura, en inspecteur, affronte Michel Serrault, le suspect. Les dialogues sont ciselés, aux petits oignons et on se délecte de la joute verbale.

J’avais vraiment envie de me faire peur, ce mois-ci car un 3ème roman est repassé au jeu de la relecture. J’avais adoré Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde (ICI) et je me demandais si lui aussi réussirait l’examen avec Grande Distinction. Une fois de plus, la réussite est totale, mais bon, c’est du Wilde mon pote ! Cynique, pince-sans-rire, les répliques sont cinglantes, elles fusent de toutes part, c’est savoureux, ça se déguste. On ne lit pas le Portrait pour le côté thriller mais pour l’écriture de Wilde qui est magnifique. Dernièrement, j’ai trouvé la version non censurée et bardaf, ce sera une 3ème lecture !

Ici, au moins, le 4ème de couverture n’en disait pas trop, ne spoliaiy rien, mais attisait la curiosité du lecteur avec ces règles bizarres qui sont imposées à Molly. J’ai pris plaisir à découvrir Les meurtres de Molly Southbourne de Tade Thompson (ICI), novellas qui oscille entre le fantastique, la SF et la dystopie. Un récit court, bon et intense !

Vous partez en vacances et n’avez pas envie de vous emmerder avec de la grande littérature sans pour autant donner du temps de cerveau à une boisson ? Alors, Les chroniques de St Mary – Tome 1 – Un monde après l’autre de Jodi Taylor (ICI) est fait pour vous car il est jubilatoire, simple mais pas simpliste, disons simplement qu’elle n’est pas là pour faire dans le registre sérieux. Drôle, amusant, ludique. What’else ?

Je ne l’aurais jamais cru mais il est revenu ! Quelle joie de retrouver mon Oscar Wilde enquêtant avec ce cher Conan Doyle sur les crimes de Whitechapel ! Oscar Wilde et les crimes de la Tamise de Gyles Brandreth (ICI) est jubilatoire, amusant, sérieux, intelligent, joyeux, sombre… Ce récit est comme la personnalité d’Oscar Wilde : flamboyante ! Non seulement nos deux protagonistes sont réalistes, mais ceux qui les entourent aussi et le scénario est tissé d’un fil qui, au final, donnera une trame qui aurait pu être celle de 1888.

J’ai visité le Londres contemporain, le Londres victorien et de temps en temps, je retourne au Londres moyenâgeux avec le Coroner John Cranston et son acolyte, le Frère Athelstan – Tome 5 – Le Fanal de la mort de Paul Doherty (ICI). Ça se lit tout seul, facilement, assez rapidement, un sourire venant égayer ces turpitudes dans les tavernes glauques car Cranston est l’élément comique du duo tandis que Athelstan est bien sûr l’élément posé, celui qui joue à Sherlock Holmes.

Et allez une daube de plus ! Pire, on a même un abandon dans le cas de ma copinaute et une lecture en diagonale pour moi. L’échange de‬ Rebecca Fleet [LC Bianca] (ICI) ne nous a pas marqué, sauf le fait de se faire chier durant une lecture compte. Alors, rien que pour ce degré de platitude offert dans ces pages, le roman mériterai 5 étoiles car je n’ai pas lu en diagonale mes autres lectures pas terribles et daubinettes de ce mois-ci.

Quand Oscar Wilde prend la plume, ça perfore, ça attaque, ça reproche, ça mord. Écrivant feuillets par feuillets (le feuillet était repris au soir et il ne pouvait plus y avoir accès pour se relire), censurée durant des années, ayant failli disparaître définitivement, on peut dire qu’on a du bol de pouvoir lire De Profundis (suivi de La Ballade de la geôle de Reading) (ICI) et de voir combien Wilde a souffert de sa relation avec Bosie.

Oui, je l’ai vraiment mis à l’honneur en juin ! L’Éventail de Lady Windermere de Oscar Wilde (ICI), c’est une pièce de théâtre, mise en roman dans ce cas-ci. Des quiproquos, des bons mots, des chassés-croisés, des secrets parsèment cette pièce qui se déroule, en même pas 24h. Une critique acerbe de la haute société victorienne qui, affichant une façade lisse, masquait en fait une vie pas toujours si puritaine que ça.

Dans les collèges huppés, réputés, tout n’est pas toujours rose. Parfois, on a envie de taper #balancetonporc et ce qui arrive dans Des garçons bien élevés de Tony Parsons (ICI) où des anciens d’un collège réputés vont se faire assassiner l’un après l’autre. Dommage que l’on soit face à un policier cassé, une fois de plus.

Envie d’un roman noir inconnu mais petite pépite ? Absolution de Anthony Shaffer (ICI) rentre dans le glauque, sans jamais pourtant franchir de lignes rouges ou virer dans la violence gratuite. Ici, tout est psychologique, on joue avec vos nerfs et le jeu est oppressant. Là aussi il s’en passe des belles dans ce collège…

Je n’ai jamais été fan du mélange entre le fantastique et Holmes, pour moi, les deux doivent être séparés, ou alors, ça doit être léger… Le premier tome ne m’avait pas convaincu en raison d’une explication trop rapide, mais je ne suis pas rancunière et puisque Dame Ida avait que Holmes et les Monstruosités du Miskatonic – Dossiers Cthulhu – Tome 2 de James Lovegrove (ICI) n’était pas si mal que ça, hormis le fait que Holmes avait bien changé et qu’on ne savait pas trop si c’était un pastiche holmésien ou un pastiche lovecraftien… Je me devais de vérifier ! Mais je n’aurai pas le temps de vous le dire maintenant, faudra attendre la chronique.

Bilan Livresque Juin : 27 Romans

  1. Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle : Stuart Turton [ROMAN]
  2. J’étais Jack L’Éventreur : Claude Ferny [ROMAN]
  3. Jack L’Éventreur – Le retour : Gilles Vincent [ROMAN]
  4. L’Affaire Jack L’Éventreur : Christian Coudurier [ROMAN]
  5. Mary Jane Kelly – La dernière victime : Didier Chauvet [ROMAN]
  6. Le Portrait de Dorian Gray : Oscar Wilde [ROMAN – Relecture]
  7. Dracula : Bram Stoker [ROMAN – Relecture]
  8. London nocturne : Cathi Unsworth [ROMAN]
  9. Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban ‭: J.K. Rowling [ROMAN] [LC Bianca]
  10. L’échange ‭:‬ Rebecca Fleet [ROMAN] [LC Bianca]
  11. Détectives Yorkshire – T1 – Rendez-vous avec crime : Chapman [ROMAN]
  12. Les Attracteurs de Rose Street : Lucius Shepard [ROMAN]
  13. Le choix : Paul J. McAulay [ROMAN]
  14. Le fantôme de Canterville : Oscar Wilde [ROMAN]
  15. La Machine à explorer le temps : H.G. Wells [ROMAN] 
  16. Les meurtres de Molly Southbourne : Tade Thompson [ROMAN]
  17. Les Naufrageurs : Iain Lawrence [ROMAN]
  18. Le Chant De L’Assassin : R.J. Ellory [ROMAN]
  19. À table ! : John Wainwrigh [ROMAN]
  20. Chroniques de St Mary – T1 – Un monde après l’autre : Taylor [ROMAN]
  21. Oscar Wilde et les crimes de la Tamise : Gyles Brandreth [ROMAN]
  22. Frère Athelstan – Tome 5 – Le Fanal de la mort : Paul Doherty [ROMAN]
  23. De Profundis / La Ballade de la geôle de Reading : Oscar Wilde [ROMAN]
  24. L’Éventail de Lady Windermere : Oscar Wilde [ROMAN]
  25. Des garçons bien élevés : Tony Parsons [ROMAN]
  26. Absolution : Anthony Shaffer [ROMAN]
  27. Holmes et les Monstruosités du Miskatonic – Dossiers Cthulhu 2 : Lovegrove [ROMAN]

Bilan Livresque Juin : 18 Bédés et 3 Mangas

  1. Harrison & Holmes – Tome 01 – L’œil de fer : Arnü West [BD]
  2. Harrison et Holmes – Tome 2 – Pièces détachées : Arnü West [BD]
  3. Détectives – T 1 – Miss Crumble, Le monstre botté : Hanna & Guinebaud [BD]
  4. Détectives – T 5 – Frédérick Abstraight, A cat in the barrel : Hanna [BD]
  5. Détectives – T 6 – John Eaton, Eaton in love : Herik Hanna & Mara [BD]
  6.  Détectives – T7 – Nathan Else – Else et la mort : Hanna & Guinebaud [BD]
  7. Clues – Tome 01 – Sur les traces du passé : Mara [BD]
  8. Clues – Tome 02 – Dans l’Ombre de l’Ennemi : Mara [BD]
  9. Clues – Tome 03 – Cicatrices : Mara [BD]
  10. Clues – Tome 04 – À la croisée des chemins : Mara [BD]
  11. Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne : Fred Duva & J-P Pécau [BD]
  12. Holmes – BD dont vous êtes héros – Ombre de Jack l’éventreur : CED [BD]
  13. L’Homme de l’année – Tome 13 – 1888 : Benjamin Blasco-Martinez & Céka [BD]
  14. Dans tête S. Holmes – T1 – L’Affaire Ticket Scandaleux : Lieron & Dahan [BD]
  15. Le Magicien de Whitechapel – Tome 01 – Jerrold Piccobello : Benn [BD]
  16. Choc – Tome 3 – Les fantômes de Knightgrave : Colman et Maltaite [BD]
  17. Barracuda – Tome 1 – Esclaves : Jean Dufaux et Jérémy [BD]
  18. Barracuda – Tome 2 – Cicatrices : Jean Dufaux et Jérémy [BD]
  19. Sherlock Holmes – Tome 2 : Ishinomori, Ishikawa & Conan Doyle [MANGA]
  20. Black Butler – Tome 27 : Yana Toboso [MANGA]
  21. Moriarty – Tome 04 : Ryôsuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi [MANGA]

Bilan Filmesque Juin : 5 Films et 4 Séries

  1. Harry Potter à l’école des sorciers de Chris Columbus (2001) [FILMS]
  2. Harry Potter et la chambre des secrets de Chris Columbus (2002) [FILMS]
  3. Robin des Bois de Ridley Scott (2010) [FILMS]
  4. Les Douze Salopards (The Dirty Dozen) de Robert Aldrich (1967) [FILMS]
  5. Brexit de Toby Haynes (2019) [TÉLÉFILMS]
  6. Ordeal by innocence – Témoin indésirable (2017) [SÉRIES]
  7. Witness for the Prosecution – Témoin à charge (2016) [SÉRIES]
  8. A very english scandal (2018) [SÉRIES]
  9. Gunpowder (2017) [SÉRIES]

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Fuck, the English Month is finish – Bilan du Mois Anglais : Juin 2019 [Saison 8]

Une fois de plus, je me suis déchaînée pour le Mois Anglais qui se déroule en Juin, mois où je suis toujours en congé !

Malgré le fait que je sois allée me dorer la pilule dans le Sud de la France, je suis restée tout le temps à l’heure anglaise, pensant anglais, buvant anglais et mangeant… Non, pas anglais mais français ou méditerranéen ! Mon masochisme s’arrête là. La cuisine anglaise, très peu pour moi.

Réveillée tous les matins à 5h par le God Save The Queen, je m’enfilais tasses de thé sur tasse de thé, avant de boire 1 litre de café sur ma journée pour mener à bien mes lectures et puis écrire mes chroniques sur le pouce (sur le clavier, plutôt).

J’ai dû en manquer un peu, de café, puisque pour certains fiches, je n’avais pas mis mes conclusions, oubliant aussi la cotation et même les liens vers les challenges participants…

Cette année, j’avais assez bien de bédés au menu, c’est plus rapide à lire mais j’ai lu moins de romans. Hé, on ne peut pas être excellente en tout.

Maintenant, le suspense est à son comble pour savoir si j’ai battu mes anciens records où si je me suis mise minable.

Scores des Mois Anglais (pour rappel) :

  • 2013 : 36 billets !! (Titine comprenait son erreur de m’avoir inscrite de force)
  • 2014 : 62 billets !! (Burn-Out pour Titine et moi aussi)
  • 2015 : 41 billets !! (Des vacances pour Titine, quasi)
  • 2016 : 51 billets !! (J’ai fait honneur à ma réputation)
  • 2017 : 47 billets !! (Ok, j’ai failli un peu… shame on me)
  • 2018 : 53 billets !!!! (3ème meilleur score !)
  • 2019 : 54 billets !!! (2ème meilleur score, je suis épuisée, morte)

Oui, j’ai augmenté mon score de 2018, de peu, mais j’y suis arrivée (et je n’y croyais pas).

Bilan du Mois Anglais Juin 2019 :

  1. Harrison & Holmes – Tome 01 – L’œil de fer : Arnü West [BD]
  2. Harrison et Holmes – Tome 2 – Pièces détachées : Arnü West [BD]
  3. Détectives – T1 – Miss Crumble, Le monstre botté : Hanna & Guinebaud [BD]
  4. Détectives – T5 – Frédérick Abstraight, A cat in the barrel : Hanna [BD]
  5. Détectives – T6 – John Eaton, Eaton in love : Herik Hanna & Mara [BD]
  6.  Détectives – T7 – Nathan Else – Else et la mort : Hanna & Guinebaud [BD]
  7. Clues – Tome 01 – Sur les traces du passé : Mara [BD]
  8. Clues – Tome 02 – Dans l’Ombre de l’Ennemi : Mara [BD]
  9. Clues – Tome 03 – Cicatrices : Mara [BD]
  10. Clues – Tome 04 – À la croisée des chemins : Mara [BD]
  11. Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne : Fred Duva & J-P Pécau [BD]
  12. Holmes – BD dont vous êtes héros – Ombre de Jack l’éventreur : CED [BD]
  13. Jack L’Éventreur : Ortiz & Segura [BD]
  14. L’Homme de l’année – Tome 13 – 1888 : Benjamin Blasco-Martinez & Céka [BD]
  15. Dans la tête de Sherlock Holmes – T1 – L’Affaire du Ticket Scandaleux : Lieron & Dahan [BD]
  16. Le Magicien de Whitechapel – Tome 01 – Jerrold Piccobello : Benn [BD]
  17. Sherlock Holmes – Tome 2 : Ishinomori, Ishikawa & Conan Doyle [MANGA]
  18. Black Butler – Tome 27 : Yana Toboso [MANGA]
  19. Moriarty – Tome 04 : Ryôsuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi [MANGA]
  20. Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle : Stuart Turton [ROMAN]
  21. J’étais Jack L’Éventreur : Claude Ferny [ROMAN]
  22. Jack L’Éventreur – Le retour : Gilles Vincent [ROMAN]
  23. L’Affaire Jack L’Éventreur : Christian Coudurier [ROMAN]
  24. Mary Jane Kelly – La dernière victime : Didier Chauvet [ROMAN]
  25. London nocturne : Cathi Unsworth [ROMAN]
  26. Le Portrait de Dorian Gray : Oscar Wilde [ROMAN – Relecture]
  27. Dracula : Bram Stoker [ROMAN – Relecture]
  28. Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban ‭: J.K. Rowling [ROMAN] [LC Bianca]
  29. L’échange ‭:‬ Rebecca Fleet [ROMAN] [LC Bianca]
  30. Le Crime de l’Orient Express ‭:‬ Agatha Christie [ROMAN] [LC Bianca]
  31. Détectives Yorkshire – T1 – Rendez-vous avec crime : Chapman [ROMAN]
  32. Les Attracteurs de Rose Street : Lucius Shepard [ROMAN]
  33. Le choix : Paul J. McAulay [ROMAN]
  34. Le fantôme de Canterville : Oscar Wilde [ROMAN]
  35. La Machine à explorer le temps : H.G. Wells [ROMAN] 
  36. Les meurtres de Molly Southbourne : Tade Thompson [ROMAN]
  37. Les Naufrageurs : Iain Lawrence [ROMAN]
  38. Le Chant De L’Assassin : R.J. Ellory [ROMAN]
  39. À table ! : John Wainwrigh [ROMAN]
  40. Chroniques de St Mary – T1 – Un monde après l’autre : Taylor [ROMAN]
  41. Oscar Wilde et les crimes de la Tamise : Gyles Brandreth [ROMAN]
  42. Frère Athelstan – Tome 5 – Le Fanal de la mort : Paul Doherty [ROMAN]
  43. De Profundis / La Ballade de la geôle de Reading : Oscar Wilde [ROMAN]
  44. L’Éventail de Lady Windermere : Oscar Wilde [ROMAN]
  45. Des garçons bien élevés : Tony Parsons [ROMAN]
  46. Absolution : Anthony Shaffer [ROMAN]
  47. Harry Potter à l’école des sorciers de Chris Columbus (2001) [FILMS]
  48. Harry Potter et la chambre des secrets de Chris Columbus (2002) [FILMS]
  49. Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban de Alfonso Cuarón (2004) [FILMS]
  50. Brexit de Toby Haynes (2019) [TÉLÉFILMS]
  51. Ordeal by innocence – Témoin indésirable (2017) [SÉRIES]
  52. Witness for the Prosecution – Témoin à charge (2016) [SÉRIES]
  53. A very english scandal (2018) [SÉRIES]
  54. Gunpowder [SÉRIES]

Absolution : Anthony Shaffer

Titre : Absolution

Auteur : Anthony Shaffer
Édition : Rivages Noir (2017)
Édition Originale : Absolution (1979)
Traducteur : Jean Esch

Résumé :
Le père Goddard a placé de grands espoirs dans son élève préféré, garçon charmeur et brillant, véritable prodigue du pensionnat. Jusqu’au jour où celui-ci, afin de défier son autorité, détruisit les fondations sur lesquelles le prêtre avait bâti sa confiance, .

Commence alors une lente et tortueuse descente aux enfers pour le père Goddard, lié par le secret de la confession. Le terrifiant combat du Bien contre le Mal ne peut s’achever que par la destruction d’un des adversaires.

Car de tous les poisons qui infestent l’âme humaine, un seul ne peut recevoir l’absolution.

Critique :
Il est un fait que certains lisent du polar comme d’autres vont aux putes : un coup vite fait et aussi vite oublié.

Avec un peu de chance, ils ramèneront des morbacs ou pire, la chtouille.

C’est un peu comme ceux qui lisent des romans et qui l’oublient aussitôt terminé, l’abandonnant pour le suivant, ou juste parce que ça ne les intéressent pas de le garder.

C’était la littérature de gare. De celle qu’on oublie, comme la passe vite fait dans une ruelle.

Et puis, il y a les grands romans policiers, ceux que l’on garde précieusement, que l’on relit, dont on se souvient. C’est le but louable de la maison d’édition Rivages Noir : nous dénicher des pépites méconnues, les traduire et nous les servir. C’est eux qui le disent dans la préface.

Nous n’avons pas d’autre ambition, mais elle est grande, que de vous présenter, dans le domaine du roman policier, ce que nous considérons comme des joyaux que vous ne connaissez pas encore.

Il existe de par le monde des tas de super romans dont nous n’aurons jamais connaissance, ou alors, ils arriveront dans 100 ans, bénéficiant, tels les oeuvres des peintres et de certains compositeurs, d’un grand succès une fois leurs créateurs ayant rejoint le leur (de créateur).

Oui, ce roman noir est une pépite mais elle est glauque, malsaine, elle est dérangeante, on se demande jusqu’où est capable d’aller le jeune Benjamin, petit protégé du père Goddard (dit « Dieu »), dans sa descente aux enfers, dans sa folie, dans cette envie qu’aurait un fils aimé de voir jusqu’où il peut aller avant que son Père le bannisse, testant tout jusqu’à le faire craquer, tout en le tenant d’un autre côté grâce au secret de la confession.

Sur ce, Goddard quitta la chapelle, désorienté et épuisé.
Benjamin resta assis, un sourire froid et méprisant sur le visage. Les consonnes sifflantes et murmurées coulaient du coin de sa bouche.
— Maudit soit-il ! Maudit soit-il ! J’espère que sa chair puante et immonde brûlera en enfer pour l’éternité.

Il faisait lourd et chaud, ce mercredi 26 juin 2019 (37°) mais ce n’était pas à cause de la chaleur que mes mains étaient moites, que mon front coulait de sueur. J’aurais eu la même réaction durant l’hiver tant le récit m’a mis mal à l’aise, tant les personnages étaient criants de réalisme.

— La culpabilité est un moyen de paiement, comme l’argent. Comme l’or. Avec la culpabilité, tu peux acheter ou vendre des gens. L’homme est né libre, et partout il est enchaîné.

Dans ce collège où enseignent des pères jésuites, la place de la religion catholique est importante, elle rythme la vie des collégiens, mais la paix n’est pas dans leurs cœurs et la pitié non plus.

Entre la mise à l’écart d’un élève portant une prothèse, entre le rejet d’un jeune gitan, entre l’acharnement du père Goddard sur cet élève handicapé et son amour pour Benjamin (platonique), on a beau dire des bénédicités et des rosaires, se foutre à genoux pour prier, c’est à se demander s’ils pensent vraiment qu’il y a quelqu’un en haut qui les écoute car avec eux, c’est faire ce que je dis, pas ce que je fais.

— Vous venez de me dire que le catholicisme est universel, et rien de ce qui est humain ne saurait lui être étranger. À moins, bien évidemment, que vous refusiez de considérer ce gitan comme un être humain.
— Pour les besoins de la discipline, je suis tout à fait disposé à le considérer comme une créature inhumaine, mais je trouve que le mot gitan est un terme bien romantique pour désigner un vulgaire chapardeur.

La tension monte de plus en plus, Benjamin, comme possédé par le Mal, va aller de plus en plus loin dans ses farces, dans son mépris du père Goddard, dans sa manière qu’il a de jouer avec Arthur, l’élève à la prothèse, qui est chiant mais qui ne demande que de l’amitié, que l’atmosphère du roman devient oppressante, lourde et qu’on se demande bien jusqu’où ça va aller, tout en sachant que ça va mal se terminer.

Horrible… J’en suis restée muette, le cri qui montait dans ma gorge s’est arrêté.

Ça c’est du roman ! Glauque,dérangeant, horrible, sadique, cruel. Un véritable esprit dérangé, un véritable maître en matière de manipulations.

Goddard n’était pas d’humeur à écouter des divagations au sujet de la liturgie entre deux gorgées de lapsang souchong. (citation rien que pour Dame Ida)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Des garçons bien élevés – Max Wolfe 01 : Tony Parsons

Titre : Des garçons bien élevés – Max Wolfe Tome 01

Auteur : Tony Parsons
Édition : de La martinière (22/10/2015) / Points Policier (2016)
Édition Originale : The murder bag (2014)
Traducteur : Pierre Brévignon

Résumé :
Je vous présente l’enquêteur Max Wolfe. Insomniaque. Amoureux des chiens. Drogué au café noir. Boxeur. Orphelin. Mari dévoué d’une femme disparue brutalement. Père célibataire. Défenseur des opprimés, des assassinés, et le pire cauchemar de tous les meurtriers.

Un serial killer est en cavale. Il aime trancher les gorges. Et il est très bon à ce petit jeu.

Vingt ans plus tôt, sept étudiants privilégiés d’une riche école privée, Potter’s Field, fondée par Henri VIII cinq cents ans plus tôt, deviennent amis. Aujourd’hui, ils meurent les uns après les autres, de la façon la plus violente qu’on puisse imaginer.

Max Wolfe va suivre la piste sanglante, depuis les bas-fonds de la ville de Londres jusqu’aux lumières les plus brillantes des hautes sphères du pouvoir. Il n’en sortira pas indemne. Le secret terrifiant qu’il découvre, enterré depuis maintenant deux décennies, va bientôt exploser.

Critique :
Il y avait déjà Bob l’éponge, Bob Le Bricoleur, il y avait aussi Bob Le Marrant (Friends) et voici le nouveau, Bob Le Boucher, qui ne découpe pas les côtes d’agneau plus vite que l’éclair, mais il fait le Buzz (mdr) sur les réseaux sociaux car c’est un serial killer.

Non mais sérieusement, Bob Le Boucher, ça ne fait pas sérieux du tout !

Jack The Ripper, ça claque, ça en impose, ça fout les chocottes. Même traduit en Jack l’Éventreur, ça claque toujours sa race.

L’Éventreur du Yorkshire, ça faisait canin, je vous l’accorde, mais on sentait de suite qu’on avait affaire à un gars qui laisserait sa trace dans l’Histoire, de même pour le Cannibale du Milwaukee ou L’Étrangleur de Boston.

Mais nom de dieu, Bob Le Boucher, fallait avoir envie de faire rire les gens. Pourtant, ceux qui ont croisé sa route ont arrêté de rire, Bob leur ayant fait un sourire énorme dans leur gorge. Enfin si c’est bien lui…

Première enquête aux côtés de Max Wolfe et sans vouloir crier au loup, ce type boit trop de triple expresso ! Et c’est une consommatrice de café qui vous le dit. Il en consomme plus en quelques jours que moi durant tout le Mois Anglais (et j’en avale des litres).

Dommage que, une fois de plus, on se retrouve avec un inspecteur à la vie fracassée, veuf selon mes premières déductions, avec une gamine de 5 ans et un chien, insomniaque (l’inspecteur, pas le chien), un peu borderline parfois, véritable bombe à retardement à lui tout seul, le genre de flic qui fait que c’est pour cela qu’on ne les arme pas, en Angleterre.

— Vous savez pourquoi nous ne portons pas de pistolet, inspecteur ?
Je connaissais la réponse par cœur.
– Parce que ce n’est pas nécessaire, madame. Parce que nous avons des agents spéciaux formés au maniement des armes. Parce que nos citoyens ne veulent pas d’une police armée. Et parce que, si chaque agent avait un pistolet, nos excellentes statistiques de maintien de l’ordre dégringoleraient.
– Non. La véritable raison, ce sont les salauds dans votre genre. Vous êtes une bombe à retardement, Wolfe.

Ne vous attendez pas à une enquête menée à une allure de malade, ça prend son temps mais ça se lit vite. Pas trop de surprise non plus pour le mobile car l’introduction nous laisse comprendre qu’il y aura de la vengeance là-dessous.

En tout cas, on a du mystère et cette envie d’aller de l’avant pour savoir le fin mot de tous ces assassinats et aussi savoir qui les commets. Tout en s’occupant de sa gamine, du chien, de ses leçons de boxe, notre DC Wolfe nous baladera d’un témoin à l’autre pendant qu’autour de lui, un tueur joue à « Dix petits nègres ».

– La force de tes coups n’a pas d’importance, répondit Fred. Ce qui compte, c’est la force des coups que tu es capable d’encaisser tout en continuant à te battre.

Sans trop développer, l’auteur nous présente une vieille institution, un collège de 500 ans, un collège qui forme la future élite, mais on devine qu’il y a un prix à payer et qu’il ne parle pas que des frais d’entrée.

— Ils vous cassent et, après, ils vous reconstruisent. Voilà ce qu’ils font, dans ces vieilles écoles anglaises si réputées. C’est ça que vos parents paient si cher. Ils vous démolissent morceau par morceau puis ils vous refaçonnent à leur image . Ils prennent des petits garçons craintifs et ils en font des capitaines d’industrie, des décideurs, des Premiers ministres…

Tel un danseur, l’auteur arpente son ring, sans baisser sa garde, mais en nous portant quelques petits coups, juste pour tester nos réactions avant de nous décerner l’uppercut dans le dernier round, nous laissant reprendre notre souffle après le coup sous la ceinture.

Ah c’est vache, ça ! Mais c’est comme ça qu’on l’aime, notre match de boxe : pas trafiqué, pas truqué et la possibilité d’un changement de leader jusqu’au dernier coup de gong, même si un est au sol, quasi K.O.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

L’échange : Rebecca Fleet [LC avec Bianca]

Titre : L’échange

Auteur : Rebecca Fleet
Édition : Robert Laffont La bête noire (07/06/2018) / Pocket Thriller (09/05/2019)
Édition Originale : Cécile Ardilly
Traducteur : The house swap (2018)

Résumé :
“PERSONNE NE VIT AINSI…À MOINS D’AVOIR QUELQUE CHOSE À CACHER“.

Quand Caroline et Francis reçoivent une offre pour échanger leur appartement de Leeds contre une maison en banlieue londonienne, ils sautent sur l’occasion de passer une semaine loin de chez eux, déterminés à recoller les morceaux de leur mariage.

Mais une fois sur place, la maison leur paraît étonnamment vide et sinistre. Difficile d’imaginer que quelqu’un puisse y habiter.

Peu à peu, Caroline remarque des signes de vie, ou plutôt des signes de sa vie. Les fleurs dans la salle de bains, la musique dans le lecteur CD, tout cela peut paraître innocent aux yeux de son mari, mais pas aux siens.

Manifestement, la personne chez qui ils logent connaît bien Caroline, ainsi que les secrets qu’elle aurait préféré garder enfouis. Et à présent, cette personne se trouve chez elle…

Critique :
Je vous propose un échange moi aussi : je vous échange ce roman contre n’importe quel mauvais baril de poudre à lessiver !

À défaut de l’utiliser pour caler un meuble, autant essayer d’obtenir n’importe quoi d’autre à la place.

Pas besoin de sortir de l’ENA pour comprendre que je n’ai pas aimé ce roman.

Les personnages sont inintéressants, pathétiques, en totale contradiction avec eux-mêmes et le scénario n’a rien d’emballant.

J’aurais dû le lire cette nuit, alors que je soufrais d’insomnies, il m’aurait renvoyé directement au pays des rêves tant il ne se passe pas grand-chose.

Comme je le disais plus haut, les personnages ne sont pas creusés, approfondis, ils n’ont pas de présence dans ces pages.

Le mari est addict aux médocs, mais je n’ai pas lu le pourquoi du comment. Son épouse, Caroline, est exaspérante, confie leur gosse de deux ans à ce mari complètement stone, lui reproche son absence mais elle-même n’est pas brillante dans son cas.

Il y a des contradictions dans leurs portraits, des incohérences dans leurs actions et leurs dialogues sont d’une platitude qui m’a donné envie de piquer du nez, mais j’ai préféré sauter des pages, puisque j’étais en LC.

Le truc final ne m’a pas fait sursauter ou m’exclamer « Mon dieu mais quel retournement » ou « Super, une idée de génie » car je soupirais tout en bâillant d’ennui, malgré l’alternance présent/passé qui nous éclaire sur le couple que forme Caroline avec son mari, ancien drogué des médocs.

L’intrigue n’est pas très réaliste, exagérée, peu crédible, les personnages sont fades et sans saveur, très clichés et on se demande ce que ce couple fait encore ensemble tant ils semblent avoir des difficultés à discuter entre eux. Entre nous, vu la platitude de leurs discussions…

Le côté thriller est absent alors qu’on aurait pu avoir un récit qui faisait monter la tension au fur et à mesure, musique angoissante à l’appui, on se retrouve avec un suspense inexistant et le tout fait pchiiit, une fois de plus.

Thrillers psychologique ? Tu parles, Charles ! Que dalle. Le Prix Bête Noire des libraires (sélection 2018) ? Si Bianca, ma copinaute de LC et moi avions été dans le jury, il aurait été saqué direct.

D’ailleurs, après 100 pages à se faire chier comme un rat mort, Bianca a abandonné et je lui ai raconté la fin qui ne l’a pas fait tressaillir non plus.

Allez, au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello : André Benn

Titre : Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello

Scénariste : André Benn
Dessinateur : André Benn

Édition : Dargaud (27/02/2015)

Résumé :
Londres, 1887. Jerrold Piccobello, magicien parmi les plus prestigieux du royaume britannique, se fait une nouvelle fois remballer d’une audition comme un malpropre.

Désespéré, l’homme revient sur les lieux de son enfance, là où tout a commencé et où il fera une rencontre pour le moins inattendue…

Critique :
La magie, ce n’est pas que l’affaire d’Harry Potter et consorts (ou qu’on ne sort pas).

Ici, même les Moldus peuvent être magicien. De très grands magiciens.

Hélas, d’aussi qu’on soit monté, on n’est jamais assis que sur son cul, mais la chute n’en est pas pour autant aussi douloureuse que si on avait chu de l’Empire State Bulding.

Pourtant, Jerrold Piccobello a commencé dans la bas du panier, avec une père décédée et un père qui jouait au Grec, c’est-à-dire qu’il trichait avec les dés (entre autre).

C’est après avoir été refusé pour son numéro et s’être senti devenu has been que Jerrold revient sur les terres qui l’ont vu grandir. Se remémorant sa jeunesse et tous les mauvais coups du sort, il repense aussi avec nostalgie à son mentor, Virgil Webb, Ze best magicien. Celui qui lui a tout appris.

Les dessins ne m’ont pas trop emballés, de plus, à certains moments, on a du mal à différencier Jerrold de Virgil, si on n’est pas trop attentifs.

Dommage que je n’ai pas accroché aux dessins parce que le scénario, de son côté, appelle à la curiosité, à l’envie de découvrir la jeunesse de Jerrold, les coups durs, son insouciance de jeunesse…

Son apprentissage auprès du Gérad Majax de l’époque, du Harry Houdini qui ne s’évade pas, du David Copperfield qui séduit toute les dames après leur avoir montré sa baguette magique, était bien mis en scène et je n’ai pas vu le temps passer durant ma lecture.

Malgré tout, il me manquait un truc pour me faire revenir pour le deuxième acte, pour aller chercher la suite de cette bédé dans les étagères de la biblio et ce truc qui manquait, il est arrivé en final de ce tome et là, je me suis dit que j’allais suivre cette série – au diable les dessins que je n’aime pas – afin de savoir ce qui allait se passer maintenant que notre Jerrold avait passé un contrat inhabituel.

Faudrait peut-être lui signaler qu’il devra utiliser une longue cuillère, car lorsqu’on dîne à la table de ce personnage, vaut mieux en avoir un longue (de cuillère !).

Cul entre deux chaises pour cette chronique. La curiosité est plus forte, je ne résisterai pas, faudra que je lise la suite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

L’Éventail de Lady Windermere : Oscar Wilde

Titre : L’Éventail de Lady Windermere

Auteur : Oscar Wilde
Édition : Flammarion GF – Bilingue (2012)
Édition Originale : Lady Windermere’s fan (1893)
Traducteur : Pascal Aquien

Résumé :
« Comme c’est étrange ! J’étais prête à la déshonorer en public dans ma propre maison. Elle accepte le déshonneur public de quelqu’un d’autre afin de me sauver. Il y a une ironie amère dans les choses, une ironie amère dans notre façon de classer les femmes en deux catégories, les vertueuses et les immorales. »

Lady Windermere, qui ignore tout de Mrs Erlynne, avouera-t-elle à son mari qu’elle a cru adultère ce que faisait son éventail chez Lord Darlington ?

Mrs Erlynne, qui s’est accusée faussement de l’y avoir oublié, livrera-t-elle ses raison ? « Parler, c’est revivre tout cela à nouveau. Les actions sont la première tragédie de la vie, les mots sont la seconde ! Les mots sont peut-être la pire. Les mots sont sans pitié. »

Chacune pourtant gardera son secret, l’une parce qu’elle est innocente, l’autre [No spolier].

La discrétion est une ascèse que Wilde oppose à l’hypocrisie cachottière qu’aurait pu symboliser l’éventail.

Critique :
Ça tire ? Non, satire… Mais pas chez les satyres, juste chez les bonnes gens de la haute société, ceux qui sont vertueux.

Enfin, pas si vertueux que ça !

Les gens de la haute ont beau avoir l’air de ne pas y toucher, leurs dames ont beau penser à la grandeur de l’Angleterre lorsque leurs maris les honore, ces maris n’ont pas de scrupules à entretenir des maîtresses ou à aller voir les petites femmes de Whitechapel.

Quant à ces dames, elles ont beau avoir autant de droit d’un gosse, elles peuvent aussi avoir chaud au cul.

Mon seul regret sera que ce roman, récit de la pièce de théâtre, soit présenté comme les textes de la pièce, c’est-à-dire avec les noms des personnages qui prennent la parole et ce qu’ils font, ce qui rend la lecture plus difficile et moins fluide.

Mais le pire sera pour l’introduction où on m’a spolié avant même que je ne commence le récit de la pièce. Merdouille, autant avoir le nom de l’assassin en commençant le petit mot d’introduction d’un roman d’Agatha Christie. Bande de moules, va.

Véritable satire, comique, vaudevilesque, cette pièce de Wilde se veut une critique sociale de la bonne société, celle qui se donne des grands airs, celle qui a l’air de laver plus blanc que blanc et qui en fait, est sale, corrompue et qui fornique à tour de bras, ou plutôt, à tour de… Vous voyez ce que je veux dire ?

Malgré tout, les femmes les plus vertueuses peuvent elles aussi se dévergonder et tenter d’aller jouer ailleurs et les femmes qui ont un scandale qui leur pend aux basques depuis des années peuvent avoir des vertus cachées.

Rien n’est figé dans ce monde et tout peut changer, en bien comme en mal. Mais la façade doit rester le plus lisse possible, la réputation intacte et ces choses guère reluisantes doivent se dérouler en cachette, en privé. La face cachée de l’iceberg n’est pas joli joli à voir.

Ainsi étaient les moeurs dans cette société puritaine qu’était l’époque victorienne.

Des quiproquos, des bons mots, des chassés-croisés, des secrets parsèment cette pièce qui se déroule, en rythme serré, sur même pas 24h.

Oui, une fois de plus, c’est court mais c’est bon ! Tirez vos propres conclusions.

Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau & Maza

Titre : Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne

Scénariste : Fred Duval & Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Maza

Édition : Delcourt Neopolis (19/11/2014)

Résumé :
1943, la France et l’Angleterre sont désormais en guerre.

Une petite légion de volontaires français a choisi de rejoindre Londres pour combattre le régime fasciste de Laval. Ils ne savent pas encore qu’une menace mortelle plane sur la ville…

Le gouvernement français travaille au lancement de fusées. Les réseaux résistants français pourront-ils arrêter l’opération Charlemagne à temps ?

Critique :
Une p’tite uchronie (*), ça vous dit ? Il y en a un peu plus, je vous l’met, ma bonne dame (mon bon monsieur) ?

Pas de bol pour moi, cette bédé est la suite de « Jour J – Tome 14 – Oméga » et si j’avais su, j’aurais lu ce tome 14 car là, j’ai eu l’impression de tomber comme un cheveu dans la soupe.

Afin d’y comprendre quelque chose – nous sommes dans une dystopie, donc, les faits réels sont changés – j’ai farfouillé un peu pour avoir le topo de ce fameux tome 14 où la France a basculé du côté des fascistes.

Imaginons qu’en février 34, un coup d’État avait porté au pouvoir en France un gouvernement fasciste, aidé d’une milice violente : Oméga. Un tel gouvernement aurait sans doute tué dans l’œuf les velléités de réarmement d’Hitler en 1936 et aurait fini par s’opposer à la démocratie britannique. Une nouvelle guerre mondiale commence en 1942 et la France est cette fois dans le mauvais camp !

Bande dessinée d’espionnage, elle nous montre des exilés français qui sont foutus le camp en Angleterre, refusant le nouveau gouvernement de Laval qui a tout d’un Mussolini, avec moins de prestance, selon une espionne.

Une bédé d’espionnage uchronique, fallait y penser et arriver à ce que l’histoire racontée se tienne car tout le soucis des uchronies est là : changer un fait du passé mais rester cohérent dans le récit que l’on développera à partir de ce changement.

Le pari est réussi dans ce cas-ci et je dois dire que j’ai eu tout de même un peu de mal au départ en lisant le récit puisqu’il allait à l’encontre de ce que je sais et qu’il opposait deux pays qui, s’ils ne se sont jamais aimé, étaient alliée en 39-45.

Voir une France fasciste a de quoi donner des sueurs froides, voir cette France en conflit avec la Perfide Albion durant la Seconde Guerre Mondiale avec un De Gaulle dans un autre rôle que celui qui est connu était plus que perturbant aussi.

Mais malgré ces perturbations, j’ai apprécié ma lecture. Justement, ces perturbations qui donnaient des sueurs froides ont ajouté du piment à cette lecture tant je n’arrêtais pas de penser « Et si putain ça arrivait, un gouvernement fasciste dans un pays voisin du mien ? ».

J’vous dit que j’ai pas bien dormi ? En plus, voir Big Ben brûler… Ça m’a fait un drôle d’effet !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

(*) L’uchronie pour les Nuls : Dans la fiction, l’uchronie est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. « Uchronie » est un néologisme du XIXe siècle fondé sur le modèle d’utopie, avec un « u » pour préfixe de négation et « chronos » (temps) : étymologiquement, le mot désigne donc un « non-temps », un temps qui n’existe pas.

On utilise également l’anglicisme « histoire alternative » (alternate history). L’histoire contrefactuelle et l’uchronie se distinguent par la prééminence donnée soit à l’événement déclencheur (histoire contrefactuelle), soit à ses suites fictives (uchronie).

De Profundis suivi de La Ballade de la geôle de Reading : Oscar Wilde

Titre : De Profundis suivi de La Ballade de la geôle de Reading

Auteur : Oscar Wilde
Édition : Flammarion (14 mai 2008) – Édition bilingue
Édition Originale : De Profundis – écrit en prison (1897), version expurgée (1905), version intégrale corrigée (1962)
Édition Originale : The ballad of Reading Gaol (1898)
Traducteur : Pascal Aquien

Résumé :
25 mai 1895. Oscar Wilde, dramaturge admiré du Tout-Londres et amant de lord Alfred Douglas, est condamné à deux ans de travaux forcés pour « outrage aux mœurs ».

Début 1897, l’écrivain brisé, réduit au sinistre matricule « C.3.3 » obtient enfin du directeur de la prison de Reading l’autorisation d’écrire.

La longue lettre qu’il rédige alors à l’intention de Douglas, à qui il reproche de l’avoir abandonné, ne sera publiée, partiellement, que cinq ans après sa mort : récit autobiographique et méditation existentielle sur l’art et la douleur, De profundis est aussi l’un des plus beaux témoignages qui soient sur la passion.

Quant à « La Ballade de la geôle de Reading » (1898), inspirée d’une histoire vraie, elle retrace les derniers jours d’un soldat exécuté pour avoir égorgé sa femme par jalousie.

Ce poème poignant est le chant du cygne de Wilde, qui mourut deux ans après sa publication.

Critique :
♫ Ça balance pas mal sur Bosie, ça balance pas mal ♪

Dans cette longue lettre qu’Oscar Wilde écrivit dans sa geôle à Reading, il y a de la passion, des questions et surtout des reproches à dressé à Bosie, lord Alfred Douglas, fils du 9ème comte de Queensberry.

Partant d’une connerie, Wilde a intenté un procès en diffamation au Queensberry et l’a perdu, se retrouvant ensuite sur la sellette avant de finir en matricule C.3.3 dans une prison.

Dans cette lettre, qui fut souvent censurée afin que l’on ne sache pas qu’elle s’adressait à son amant De Mes Deux où il balance tout, ce qui nous brosse un portrait pas très flatteur de ce Bosie.

Enfant gâté, capricieux, égoïste, méchant, ne s’intéressant qu’à l’argent et à ce qu’on peut acheter avec, considérant Wilde comme son banquier personnel, ce Bosie me fera dire une fois de plus que si son père avait mis une capote lorsqu’il s’envoya en l’air avec sa femme, et bien, le destin de Wilde eut été différent…

Où alors, il aurait mieux fait d’aller de masturber ou d’aller chez les putes, ce satané comte de Queensberry, celui qui réglementa le noble art qu’est la boxe alors que lui-même était une brute.

C’est violent, le texte que Wilde écrivit, ça suinte la passion, les regrets, les reproches, les sentences, les questionnements.

Bosie est coupable d’avoir utilisé Wilde et ce dernier est coupable d’avoir trop souvent cédé aux caprices de ce gamin de merde, d’avoir trop souvent passé l’éponge après ses esclandres, d’avoir trop souvent toléré sa présence et d’avoir épongé ses dettes.

Wilde était dépensier, mais avec son amant Bosie, c’est le quasi le budget de l’Angleterre qu’il dépense, ce qui le ruinera, sans compter que ce petit merdeux lui fit faire des mauvais placements.

Comment un homme de l’intelligence de Wilde, qui possédait la finesse des mots, qui balançait des aphorismes magnifiques à longueurs de journée, qui était épris de culture a-t-il pu foutre tout en l’air, famille et travail, pour cette espèce de petite merde qu’était Bosie, pour ce petit mec infatué de sa personne et qui était plus cupide que les banquiers de chez Godman Sachs ??

L’amour ? D’accord… Mais après des années de liaison destructrice, on ouvre en général les yeux, on redevient lucide. Là, même lucide, jamais Wilde ne mit fin à cet amour qui ne disait pas son nom mais qui vous pompait le compte bancaire plus rapidement qu’une actrice du porno le ferait de la chose à Rocco !

On ne sort pas grandi après avoir écrit cette lettre et le lecteur en ressort lessivé, avec moult questions auxquelles Oscar ne répondra jamais. Le savait-il lui-même ?

Cette édition bilingue comprend le texte original de la lettre intitulée « De profondis » (qui, sans l’intelligence de Robert Ross – un saint homme ! – qui en fit faire une copie, aurait fini brûlée par le Bosie en question), suivi du poème qui retrace les derniers jours d’un soldat exécuté pour avoir égorgé sa femme par jalousie, ainsi que la version originale en anglais et la version dans les deux langues.

Après avoir digéré tout cela, vous aurez droit aussi au récit du procès de Wilde contre Queensberry et de toutes les erreurs qui furent faite par lui pour une simple diffamation qu’il aurait mieux fait d’ignorer. Mais cet enfoiré de sa mère de Bosie en voulait à son père et à entrainé Wilde sur une pente savonneuse qui fut sa descente aux Enfers.

Alea jacta est…

Un lieu où règne la douleur est terre sainte. On comprendra un jour ce que cela veut dire. Jusque-là, on ne saura rien de la vie. Quand, de ma prison, on m’amena entre deux policiers, devant le tribunal des faillites, Robbie attendait dans le sinistre et long couloir afin de pouvoir, devant toute la foule, qu’un geste si simple et si charmant réduisit au silence, soulever gravement son chapeau tandis que, menottes aux mains et tête basse, je passais devant lui.  Des hommes sont allés au ciel pour de moindres actes que celui-ci.

Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

L’Homme de l’année – Tome 13 – 1888 : Céka & Benjamin Blasco-Martinez

Titre : L’Homme de l’année – Tome 13 – 1888

Scénariste : Céka
Dessinateur : Benjamin Blasco-Martinez

Édition : Delcourt Histoire & histoires (18/04/2018)

Résumé :
Comment un rescapé des pogroms russes, arrivé en Angleterre avec sa famille, est devenu le plus célèbre psychopathe de l’ère victorienne ? Rencontrez l’homme qui se cache derrière Jack l’Éventreur…

1888. Londres. Un mystérieux assassin s’attaque aux prostituées de Whitechapel. Les corps sont atrocement mutilés. Qui est capable de telles horreurs ?

Scotland Yard échoue à arrêter celui qui devient le plus célèbre tueur en série de l’histoire.

Un châle maculé de traces ADN nous permet de révéler, plus d’un siècle après l’affaire, l’identité du fameux Jack l’Éventreur et ce qui le poussait à tuer…

Critique :
Enfer et damnation, encore cet Aaron Kosminski et cette stupide histoire de châle bourré de traces d’ADN que j’avais lue dans le roman de Russell Edwards : « Naming Jack The Ripper » (Jack l’éventreur démasqué) !

Bardaf, après quelques cases, lors de la découverte d’un châle dans une vieille malle au grenier, j’ai compris qu’on allait nous proposer cette théorie tout ce qu’il y a de plus loufoque.

Mais bon, le vin était tiré, il fallait le boire, ou plutôt, la bédé était commencée, fallait l’achever.

Juste après cette découverte, les auteurs basculent sur la nuit du 31 août 1888 avec Mary Ann Nichols, ivre et rencontrant son tueur. Par contre, ils oublient de parler de l’incendie sur les docks…

Les dessins ont su donner à ce récit l’atmosphère qu’il lui fallait en présentant, avec réalisme, des bans de brume typiquement londonienne, même si, durant les meurtres, il n’y avait ni fog, ni smog, ni brouillard.

Les clichés cinématographiques ont la vie dure et effectivement, ça vous plonge encore mieux dans les rues miteuses de Whitechapel si vous ajoutez ces effets spéciaux que sont les brouillards de l’époque victorienne.

La lumière des quelques réverbères est elle-même noyée dans la brume, tamisant la lumière, lui donnant une autre aura, plongeant un peu plus le lecteur dans l’ambiance de 1888 et de ses meurtres. Rien à redire, j’ai aimé les décors.

Les meurtres sont violents, sordides, le sang gicle, bref, on s’y croirait ! Les couleurs, style aquarelles, mettent bien en scène l’histoire, que ce soit au niveau des meurtres ou des événements qui l’entourent puisque nous allons pénétrer au coeur de la vie de Kosminski.

Là où j’ai trouvé que l’on manquait de réalisme, c’est lorsque notre garçon coiffeur, le fameux Aaron Kosminski est vêtu d’un haut-de-forme et d’une belle redingote lorsqu’il quitte son boulot. Apparemment, les apprentis coiffeurs savaient se vêtir. On vit piteusement mais on s’habille en grand seigneur.

Pour mieux comprendre les mobiles du tueur de Whitechapel, les auteurs le mettent en scène dans ce qui fut son passé, avant qu’il n’arrive en Angleterre, quand il était dans son village en Pologne, sous occupation Russe.

Et les Russes, ils s’en prenaient aux Juifs Polonais… Non, rien n’a changé, les boucs émissaires sont toujours les mêmes.

Mettant en scène ce qui aurait pu être la vie de Kosminski, les auteurs lui ont donné une vie, un mobile, un regard un peu fou, dans les tons bruns-rouges des plus troublants et flippants. On frôle même parfois des regards méphistophéliques.

Leur tueur, vu ses yeux fous et son comportement a tout d’un tueur crédible, mais on ne me fera pas gober le test ADN que Russel Edwards a réalisé sur le châle trouvé aux côtés du cadavre de Catherine Eddowes et (sois-disant) volé par un policeman à l’époque (celui arrivé le premier sur les lieux du crime) pour l’offrir à sa femme.

Un truc plein de sang et de coups de couteau, dans la bédé… Quelle femme voudrait de ça ? Là, je n’y crois pas un instant, je n’y ai jamais cru, encore moins en lisant le roman de Edwards, mais la bédé est plus centrée sur les meurtres de 1888 que sur les tests ADN réalisé sur le châle et au final, moi qui pensais soupirer et ronchonner, et bien, c’est tout le contraire qui s’est passé.

La manière d’aborder le sujet, les dessins, la mise en scène, le découpage (si je puis me permettre), les couleurs aquarelles dans les tons qui rendent justice à l’ambiance glauque des rues de Whitechapel, tout ces détails réussis ont fait pencher la balance vers le plaisir livresque, alors que c’était des plus mal barré au départ.

Les auteurs ont bien réussi leurs coups et on a vraiment l’impression d’être face à un potentiel tueur, même si, dans le fond, ce serait trop facile et que de toute façon, pour moi, Jack l’Éventreur doit rester à jamais sans identité, le mythe s’effondre toujours quand on sait.

Une réussite. En mettant de côté le fait que ce châle soit vraiment celui trouvé sur Catherine Eddowes ! Cette vente aux enchères avait attisée la curiosité de cerains Ripperologues mais personne n’a pris cette histoire au sérieux car tous doutaient de l’authenticité de ses origines.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.