Agatha Raisin enquête – Tome 4 – Randonnée mortelle : M.C. Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 4 – Randonnée mortelle

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (02/11/2016)
Édition Originale : Agatah Raisin, book 04 : And The Walkers of Dembley (1995)
Traducteur : Jacques Bosser

Résumé :
Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds – et le non moins cher James Lacey.

Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l’impression d’enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely.

Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d’affaires criminelles. Comme le meurtre d’une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs.

Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition.

Mais la piste d’un tueur se perd aussi facilement que la tête ou… la vie !

Critique :
Randonnée mortelle ? Non mais qu’est-ce qu’il me prend de vouloir lire un roman avec un titre pareil alors que je pratique moi-même la rando en ce moment et que nous sommes passés par des endroits où il y a déjà eu des morts ??

Morts accidentelles, certes, donc pas d’enquêtes sur mes parcours dangereux pour Agatha, mais tout de même, c’est troublant ! Pire, ça fait même froid dans le dos dès qu’on croise un groupe de randonneurs… Qui sait ?

Ce qui a de bien (ou de chiant, à vous de voir) dans les Agatha, c’est que tout ceux qui passent de vie à trépas de manière suspecte sont toujours des personnages nouveaux ET plus que détestables !

Le genre de personne tellement mauvaise qu’on aurait eu envie nous-même de leur sucrer leur thé d’arsenic et autres poisons ! Anybref, quand ces gens se retrouvent occis, on a presque un sourire machiavélique de satisfaction.

C’est tout de même un reproche que j’adresserai aux romans de cette série, c’est que les personnages qui apparaissent sont souvent stéréotypés, sans nuances, méchants, mauvais, cynique, manipulateurs, agressifs, possessifs, et j’en passe.

Un peu de nuance ne ferait pas de tort car nous sommes véritablement face à des clichés ambulants dont le réalisme laisse à désirer car il serait impossible de réunir une troupe aussi hétéroclite dont tout le monde est aussi stéréotypé (un couple de lesbiennes, une vieille fille, une féministe militante extrémiste, un logeur de l’IRA, une douce rêveuse de basse-classe, un couple limite gay et un faux écossais qui porte le kilt et qui n’arrive pas à conclure).

Pour le reste, pas de temps mort dans ce quatrième tome qui se dévore en 3h de lecture intense et quelques nouveautés à la fin de l’histoire où l’on tombe littéralement des nues tant c’est rapide, soudain, inattendu et peu réaliste dans le fait que ce personnage ne nous a pas préparé à un truc pareil.

Mais je ne doute pas que dans les suivants, le temps redeviendra instable et la mer agitée.

Ce qui fait le charme et le piment du personnage décalé d’Agatha sont toujours présent, mais attention de ne pas tomber dans la caricature d’elle-même sinon, les autres romans risquent de se retrouver sur ma PAL des « meubles à caler » pour cause d’enquête qui tournent en rond et de personnage devenu inintéressant.

Que les puristes du roman policier « Whodunit » restent éloignés de cette résolution d’enquête parce qu’elle tiendra plus du hasard que des déductions logiques chères à Sherlock Holmes et que même vous vous aurez compris bien avant les enquêteurs un peu loufoques que sont Agatha et son James Lacey.

Mais bon, les Agatha Raisin ne se lisent pas pour leur profondeur des dialogues, pour leurs scénarios dignes de la Reine du Crime qu’était Agatha Christie avec des coupables totalement inattendu découverts après une enquête poussée.

On lit Agatha pour se détendre, pour faire le vide dans son cerveau, parce que le personnage est cynique, rentre-dedans, pieds dans le plat et que tout cela est amusant à lire.

L’avantage de cette lecture repose avant tout sur le fait qu’il y a peu de temps mort et qu’on n’a pas le temps de s’embêter.

Il y a donc moins de risques dans les randos que nous pratiquons, Chouchou et moi, que dans celles se déroulant dans la région de cette chère Agatha. Ouf !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018). et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°2- Le Signe des Quatre – lire le quatrième tome d’une saga).

 

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Agatha Raisin enquête – Tome 03 – Pas de pot pour la jardinière : M. C. Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 03 – Pas de pot pour la jardinière

Auteur : M. C. Beaton
Édition : Albin Michel (02/11/2016)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 03 : And the Potted Gardener (1994)
Traducteur : Esther Ménévis

Résumé :
De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d’une nouvelle venue au village.

Aussi élégante qu’amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s’annonce déjà comme son triomphe.

Mais une Agatha Raisin ne s’incline pas avant d’avoir combattu (quitte à se livrer à l’une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) !

C’est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs.

De toute évidence, Agatha n’était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale…

Critique :
♫ Savez-vous planter les corps ♪ À la mort, à la mort ♪ Savez-vous planter les corps ♪ À la mode des Cotswolds ?

♪ On leur plante d’abord la tête ♪ À la mort, à la mort ♪ Puis on leur attache les jambes ♪ À un crochet au-dessus ♪

Bon sang, y’a pas à dire, mais avec Agatha Raisin, tout devient dangereux, que ce soit la cuisine ou le jardinage !

Dire que j’aime jardiner… On ne se rend pas toujours bien compte des risques que l’on prend en plantant des fleurs ou des légumes dans son lopin de terre.

En ce qui concerne la mère Agatha, qui s’en revient de vacances, elle voit rouge car son voisin James Lacey est lascif auprès de la nouvelle voisine, une belle femme liftée comme un camion volé, appréciée de tout le village ET jardinière hors pair…

Agatha détestant jardiner va s’y mettre aussi dans l’unique but de récupérer son James, jardinier lui aussi ! Elle aimerait sans doute que James lui tonde sa pelouse, qu’il lui laboure sa motte, qu’il lui défrise le cresson en y plantant une carotte…

Anybref, une fois de plus, la tornade Agatha va mettre ses godillots dans le plat, dire tout haut ce qu’elle ferait mieux de penser tout bas, pester, tricher, magouiller, faire des crises de jalousie et… enquêter sur l’assassinée que l’on a retrouvé la tête plantée dans un gros pot de terre. N’oubliez pas de bien arroser.

Un roman policier qui se lit sans prétention, les doigts de pieds en éventails au bord de la piscine (si une journaliste savait ça, elle se lamenterait que j’emmène de l’Agatha Raisin dans mes valises).

Le cadavre mettra un peu plus de temps pour arriver, mais pour nous faire patienter, l’auteur nous fera vivre du grand Agatha et nous offriras quelques petits mystères avec les jardins des gens charcutés, agressés, roundupisés par un mystérieux vandale alors que le concours horticole va bientôt commencer et où Agatha a l’intention de briller, même s’il lui faut tricher.

Certes, le niveau ne vole pas plus haut que le derrière d’un rhododendron (j’ai changé le cochon en plante pour rester dans le thème), mais c’est une lecture plaisante, divertissante, apaisante, même, pour les cerveaux surchargés ou en vacances (et sans l’offrir à une boisson gazeuse).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°53 – Les Trois Garrideb – lire le troisième tome d’une saga).

 

L’Affaire Léon Sadorski : Romain Slocombe [LC avec Bianca]

Titre : L’Affaire Léon Sadorski

Auteur : Romain Slocombe
Édition : Robert Laffont (25/08/2016)

Résumé :
Avril 1942. Au sortir d’un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l’Occupation. Pétainiste et antisémite, l’inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d’un mari attentionné.

Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy.

De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d’intervenir contre les « terroristes ».

Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison. Le but des Allemands est d’en faire leur informateur au sein de la préfecture de police…

De retour à Paris, il reçoit l’ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d’appartenir à un réseau antinazi.

Critique :
Léon Sadorski est ce qu’on peut appeler un salaud, un pute de fils, le genre de personnage abject avec qui l’on a pas envie d’aller boire un verre, et encore moins de croiser sa route, surtout si dans la famille, on a des prénommés Sarah ou Lévy.

Ça risque de vous foutre la vie en l’air parce que nous sommes en 1942 et que je pense que je n’ai pas besoin de vous faire un dessin.

Malheureusement, Léon Sadorski n’est pas un cas isolé, il est même un type tout ce qui a de plus normal dans cette France occupée dont les priorités sont de bouffer, faire des risettes à l’ennemi ou du moins, ne pas s’attirer leurs foudres, faire un peu de fric sur le dos des gens qui ont des choses à se reprocher, comme des « origines en désaccord avec l’idéologie des nazis ».

Et pour Léon, on pourra ajouter qu’il est le roi de la moule puisqu’il aime faire le coup du grand cyclope à Madame et visiter d’autres cavernes aux merveilles parce que ce n’est pas parce qu’il est au régime qu’il ne peut pas manger aux autres pelouses. Par contre, si sa femme fait pareil, il l’assommerait à coup d’beignes ♫

Le ton du roman est froid, sans concession, limite au sclapel et rien ne nous est épargné dans ce Paris occupé par les Z’Allemands qui sont encore triomphants. Niveau perversité et mauvaise foi, c’est des champions du monde et l’auteur ne vas pas se priver de nous faire vivre ces jours sombres comme si nous y étions.

D’ailleurs, je ne me suis senti en empathie ou en sympathie avec aucun personnages, et pourtant, ça ne m’a pas empêché de dévorer le roman, tentant de comprendre comme l’Homme peut en arriver à des extrêmes pareilles, à des violences pareilles…

La propagande avait fait son job, elle l’avait bien fait, même. Elle refera le job plus tard, transformant tous ces collabos en parfait petits résistants. Mais ceci est une autre histoire.

Bon, le répétez à personne mais, si j’ai adoré ce roman, il m’a glacé les sangs et certains passages furent lu avec le cerveau déconnecté sinon j’aurais perdu toutes mes couleurs et toute chaleur dans mon corps.

Sans pour autant entrer dans le voyeurisme graveleux ou gratuit, l’auteur nous immergera dans le quotidien de ces braves gars des Renseignements généraux qui ont des méthodes bien à eux pour faire parler les gens et leur faire avouer des choses dont ils ne sont pas coupables.

Je vous le dis, c’est glacé comme la lame d’un scalpel et pour rien au monde je n’aurais voulu vivre à cette période, ni que ce genre d’horreur se reproduise avec moi pour personnage principal. Oui, je fuis !

Mais je ne fuirais pas les autres romans mettant en scène ce pute de fils d’enculé de salopard de sous-merde qu’est Léon Sadorski.

Une LC avec Bianca qui fut partagée : j’ai adoré ce roman, elle, par contre, ne l’a pas terminé tant elle a trouvé le personnage principal détestable. Pas de chronique pour Bianca (on dirait un titre de film ou de roman).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°43 – Les Plans du Bruce-Partington – lire un livre se passant en temps de guerre).

 

Fantazmë : Nicolas Tackian [Saga Tomar Khan 2]

Titre : Fantazmë [Saga Tomar Khan 2]

Auteur : Nicolas Tackian
Édition : Calmann-Lévy (03/01/2018)

Résumé :
Comment être un bon flic quand les victimes sont aussi des bourreaux ?

Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Sur place, beaucoup d’empreintes et un ADN ne correspondant à rien dans les fichiers de police.

Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’enquête qui restera en suspens des années, se dit-il.

Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi.

Et bientôt la rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, le « spectre » en albanais.

Critique :
Vous voulez connaître mon fantasme ? Vous voulez vraiment le connaître ?

Approchez-vous de l’écran que je vous le chuchote à l’oreille car il ne faudrait pas que d’autres l’apprennent : n’avoir rien d’autre à faire dans ma vie que lire et monter à cheval !

Oh, je vous sens déçus ? What did you expect ? Bande d’obsédés, va !

Si le titre « Fantazmë » ressemble phonétiquement à la définition de la représentation imaginaire suggérée par l’inconscient, la définition n’est pas la même puisque dans notre roman, il s’agit d’un mot albanais qui veut dire « spectre ». Déjà là, je me suis couchée moins bête.

Au 36 quai des Orfèvres, on est en émoi pour plusieurs choses : le déménagement prochain et quelques crimes bizarres, sans aucun rapport entre eux, si ce n’est l’extrême violence dans lesquels ils ont eu lieu.

N’ayant jamais lu le premier tome, j’ai donc fait connaissance avec ce drôle de flic, le commandant Tomar Khan, chef de groupe de la section 3. D’origine kurde, on apprend que son enfance ne fut pas celle joyeuse de l’île aux enfants et que ses placards sont bourrés de squelettes en tout genre.

Un flic écorché, une fois de plus, me direz-vous… Oui, mais le portrait de l’homme est bien réalisé, bien travaillé, et ses blessures ne ressemblent pas à celles des autres flics torturés que nous connaissons.

Sans en faire des tonnes, l’auteur plante son décor, ses personnages, son intrigue et le déroulement des meurtres, dont les âmes sensibles devraient pouvoir s’en remettre… Quoique, vu la situation de misère des migrants (et des SDF) décrite dans la ville des Lumières, on ne devrait pas avoir le droit de s’en remettre.

Sous le couvert d’une enquête qui pue le classement vertical, faute de preuve, l’auteur nous plante le décor de la ville de Paris (loin de ses lumières) avec, à ma droite, ses chancres, ses camps de migrants vidés, ses pauvres hères qui errent sans but dans une ville où la loi ne fait rien pour les aider et à ma gauche, ses réseaux de prostitution mis en place grâce aux trafics de femmes, le tout sous l’égide de la mafia albanaise.

C’est rythmé, c’est couillu, c’est musclé, sanglant, violent, servi avec de la profondeur et des émotions, sans oublier le suspense, mon vieux complice (oups, je sors), un bœuf-carottes que l’on aimerait foutre en boite, le tout étant relié à des faits réels puisque l’auteur fait allusions aux terribles faits du vendredi 13 novembre.

Faut pas avoir fait littérature supérieure pour comprendre le roman, c’est à la portée de tous et il n’y a rien de péjoratif dans cette phrase, juste une conclusion, un constat.

Ici, les flics sont des flics, ils ne parlent pas comme dans La princesse de Clèves et se comportent comme des policiers qui n’ont plus de vie de famille, qui sont crevés, mal aimés, mal achalandés car jamais assez de budget et toujours une guerre de retard sur les truands.

Réaliste, donc…

Ça te déchire ta race sans révolutionner le roman policier, mais ça va quand même plus loin que le polar habituel puisqu’il n’est pas question, ici, du colonel Moutarde ayant tué dans la bibliothèque avec le révolver.

Allez, vite la suite que je sache ce qui va arriver ensuite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°41 – La Deuxième Tache – Lire le deuxième tome d’une saga).

Glacé : Bernard Minier [LC avec Bianca]+[Défi CannibElphique]

Titre : Glacé

Auteur : Bernard Minier
Édition : Pocket (10/05/2012)

Résumé :
Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise.

Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.

Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière.

Critique :
George W. Bush a une réunion à l’ONU au sujet d’une guerre qu’il veut mener, en Moyen-Orient.
— Dans cette guerre, nous allons tuer 1 million de civils et un chat ! dit George Bush devant les membres de l’ONU rassemblés.

Les membres le regardent, confondus, et demandent :
— Un chat ?… Pourquoi allez-vous tuer un chat, bordel de dieu ?

Cacophonie dans l’assemblée, tout le monde est horrifié par le fait que l’on va tuer un chat.

George Bush donne alors une tape sur l’épaule de son chef des armées et lui dit tout bas :
— Qu’est-ce-que je t’avais dit ?… Personne ne posera la question au sujet du million de civils que nous allons tuer.

Et bien, c’est un peu l’effet que ce roman m’a fait durant ma lecture : on a tué un cheval, puis un homme. De manière assez barbare, violente.

Mais putain, pourquoi a-t-on tué un yearling d’un an ? Un magnifique jeune cheval prometteur, gentil, qui n’avait rien fait de mal à personne ?? Nom de dieu, pourquoi tuer un cheval ?

Un être humain, je peux comprendre les mobiles : vengeance, pour toucher un héritage, jalousie, liquidation d’un amant, d’un rival politique, pour le plaisir de tuer…

Mais un cheval ?? Le pire, c’est que la hiérarchie harcèle plus le commandant Servaz pour résoudre la mort horrible du cheval que celle de l’homme.

Bernard Minier est un auteur retors et sadique ! Il mène son histoire comme un pro et nous laisse souvent devant des petites énigmes : un des policiers apprend des choses en menant sa petite enquête, il se fait confirmer la chose par des collègues, mais le salaud se garde bien de nous le dire tout de suite !

Évidemment, le suspense sera à son comble dans les 100 dernières pages, là, on n’ose même plus les lâcher pour aller boire un café, ce serait trop dangereux pour le cœur, d’ailleurs.

Les personnages sont réalistes, le commandant Servaz est spécial, tourmenté, mais pas alcoolo, son équipe est bien typée, et les personnages qui gravitent autour peuvent être extrêmement sympathique ou à chier, mais personne n’est mal imaginé.

Pire, un patient de l’aile A du centre psychiatrique de haute sécurité à même des tendances charismatiques.

Par contre, je mettrai mon scepticisme sur le fait qu’on puisse taper 36 mots de passe différents lorsqu’on tente d’allumer un PC ! Je pense qu’après 3, ça bloque, sinon, ce serait trop facile.

Anybref, Glacé est un roman à lire en hiver, pour se mettre encore plus dans l’ambiance, un roman qui se dévore assez vite, malgré ses 750 pages, un roman qui m’a fait fumer les méninges tant j’aurais aimé découvrir le pourquoi du comment, mais pas moyen, je n’ai ouvert les yeux que sur la fin.

Glacé possède des ambiances froides et chaleureuses en même temps et son histoire n’est pas commune, elle sort des sentiers battus, elle nous pousse à nous questionner, et, pendant que l’on tourne les pages, les mains tremblantes, on ne voit plus le temps passer, sans pour autant que le roman ait un rythme à la 24h chrono.

Tout est bien dosé dans ce roman glaçant.

Vous pouvez lire les avis de mes deux copinautes de LC soit chez Bianca, mais aussi chez Stelphique puisque le roman avait été choisi pour le Défi CannibElfique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°56 – Le Soldat Blanchi – lire un livre dont la couverture est à dominante blanche).

 

Possédées : Frédéric Gros [LC avec Bianca]

Titre : Possédées

Auteur : Frédéric Gros
Édition : Albin Michel (18/08/2016)

Résumé :
En 1632, dans la petite ville de Loudun, mère Jeanne des Anges, supérieure du couvent des Ursulines, est brusquement saisie de convulsions, victime d’hallucinations.

Elle est bientôt suivie par d’autres sœurs et les autorités de l’Église les déclarent « possédées ». Contraints par l’exorcisme, les démons logeant dans leurs corps désignent leur maître : Urbain Grandier, le curé de la ville.

L’affaire des possédées de Loudun, brassant les énergies du désir et les calculs politiques, les intrigues religieuses et les complots judiciaires, a inspiré cinéastes et essayistes.

Critique :
♫ Possédées, nous étions toutes possédées ♪ Avoir envie de s’auto-flageller ♫ Et à des bites rêver ♪ Possédées ♪

Le sexe de nos religieuses serait-il devenu l’enfer ? Oui, parce que Satan l’habite (je n’ai pas pu résister au jeu de mot).

Enfin, c’est ce qu’il paraît parce que ce roman, je l’ai survolé de très haut, sautant les phrases et n’arrivant à m’agripper à rien.

Une lecture en travers, voilà comment je désignerais ce que je viens de faire, ne m’arrêtant que sur certains passages, et même eux n’étaient pas intéressants.

Mea culpa, j’ai péché ! Mon père, donnez-moi l’absolution parce que j’ai commis le péché de lecture en diagonale.

Et si vous ne me pardonnez pas, alors, excommuniez-moi, déclarez-moi hérétique, je m’en fous, parce que de toute façon, rien de rien, non, je ne regrette rien.

Si ce n’est de m’être laissée tenter par un résumé aguichant, intéressant, intriguant…

Anybref, une lecture qui ne restera pas dans mes annales (avec deux « n » s’il vous plait, bougre de petits cochons) et niveau bonnes sœurs, ma préférée restera toujours Sœur Marie-Thérèse des Batignolles.

Une lecture à oublier et un livre à bazarder au plus vite.

Ma copinaute Bianca a adoré sa lecture, elle. Voyez son avis, pour avoir une autre opinion que la mienne.

Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°40 – Le Manoir de l’Abbaye – lire un livre dans lequel la religion est un sujet important).

The Rook – Au service surnaturel de sa majesté : Daniel O’Malley

Titre : The Rook – Au service surnaturel de sa majesté

Auteur : Daniel O’Malley
Édition : Super 8 (2014) / Pocket (07/05/2015)
Édition Originale : Checquy Files – Book 1 : The Rook (2012)
Traducteur : Charles Bonnot

Résumé :
Victime d’une agression, Myfanwy Thomas reprend conscience dans un parc de Londres. Autour d’elle, des hommes en costume portant des gants de latex. Tous sont morts. Situation peu réjouissante, certes, mais il y a pire : Myfanwy ne se souvient plus de rien.

Le plus surprenant, c’est qu’elle semble avoir prévu cette amnésie. Elle a sur elle une lettre écrite de sa main lui expliquant qui elle est et ce qu’elle doit faire pour découvrir qui veut l’éliminer.

C’est ainsi que Myfawny rejoint le siège de l’Échiquier, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne.

Au sein de cette version paranormale du MI5 anglais où elle occupe un poste élevé, entourée de surdoués aux pouvoirs plus que spéciaux, la jeune femme va rapidement se retrouver seule, cherchant son chemin dans un univers d’ombres et de menaces.

À présent, il va lui falloir lever le voile sur une conspiration aux proportions inimaginables.

Critique :
Au service surnaturel de sa majesté… On pourrait penser, de prime abord, avoir affaire aux aventures d’une sorte de James Bond avec les pouvoirs magiques d’un Harry Potter.

Que nenni !! Nos agents ressemblent plus à des M.I.B (ils portent aussi des costumes de croque-mort) possédant des pouvoirs de X-Men, qu’à un Sean Connery bourré de gadgets.

Je ne savais pas du tout où je mettais les pieds en ouvrant ce roman, et si les 100 premières pages sont un peu « lentes » car il faut mettre en place une partie du décor, je peux vous dire qu’ensuite, on ne voit plus le temps passer.

La construction du roman est pour le moins étrange, mais ça lui va très bien de commencer par nous présenter son personnage principal, Myfanwy Thomas, se réveillant après une agression, totalement amnésique et apprenant une partie de son ancienne vie grâce aux lettres laissées par son Moi précédent qui savait qu’elle allait perdre la mémoire.

L’astuce est géniale car de personnage effacé et timide qu’elle était avant, Myfanwy, possédant maintenant une mémoire toute neuve, va pouvoir se constituer une autre personnalité, la laisser émerger, la laisser grandir et enfin éclore, elle qui toute sa vie a baissé les yeux devant les autres.

Nous nageons dont en plein roman fantastique, avec des tas d’entités bizarres qui peuvent se déclarer en Angleterre ou ailleurs dans le monde et nos agents du M.I.B croisés avec ceux du MI5 ou des X-Men doivent se servir de leurs pouvoirs surnaturels pour en venir à bout. Ils font partie de la Checquy.

Dis ainsi, cela pourrait sembler simpliste, mais ça ne l’est pas et le roman possède une sacrée dose d’humour dans ses réparties, dialogues, pensées des personnages et bien souvent, j’ai souri ou pouffé de rire.

Pourtant, je prenais de gros risques en ouvrant le roman puisque la Checquy a de gros soucis avec des entités qui voudraient envahir la perfide Albion et que ces entités, nommées les Greffeurs viennent de Belgique et que je suis… Belge !

Certes, avec un nom tel que la Wetenschappelijk Broederschap van Natuurkundigen, faut pas être Sherlock Holmes pour déduire que ces Greffeurs viennent de la Belgique du Nooord (voix de Galabru), là où on parle la langue de Vondel, alors que moi, je viens du Sud (de la Belgique, Sardou, ne chante pas mon Sud), bien que depuis des années, j’habitasse la capitale, enclave francophone située sur le territoire de la Belgique du Nooord (Galabru, arrête). Compliqué…

Lire un livre où mon petit pays a des envies belligérantes, je dois dire que ça m’a fait rire deux fois plus, même si ceux qui veulent envahir la patrie de Elize Abeth II ne sont en fait que des espèces d’entitées qui auraient fait triquer Fox Mulder, même si elles ne viennent pas d’ailleurs.

Sans prétention aucune, ce roman fantastique qui a la taille d’une brique, m’a fait passer un moment de pur plaisir, où j’ai ri, où j’ai frémi, souri, me donnant pour mon argent en suspense et en mystères.

Tout en maîtrisant son sujet, ses personnages avec leurs petits plus, l’auteur avance ses pions, ses tours, ses cavaliers et ses fous pour entraîner le lecteur dans une partie d’échecs où il faudra jouer serré, car n’oubliez pas que votre personnage a perdu la mémoire !

C’est jouissif !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°07 – Une Affaire d’Identité – lire un livre dont le personnage principal est amnésique) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Meurtre au dix-huitième trou : John-Erich Nielsen [Inspecteur Sweeney – Tome 01]

Titre : Meurtre au dix-huitième trou – Inspecteur Sweeney – Tome 01

Auteur : John-Erich Nielsen
Édition : du Palémon (2016) / Head over Hills (2005)

Résumé :
Amanda Nelson est morte… L’Américaine était la maîtresse de Will Tyron Jr, le n°1 mondial de golf. Elle était aussi la fille du général Boyle, le conseiller militaire du dernier Président des États-Unis.

Beaucoup de passions autour de cette jeune femme.

Trop sans doute : on lui a fracassé le crâne, avant de l’enterrer sous un bunker du parcours de St. Andrews en Écosse…

Critique :
♫ Morte dans le sable ♫ Le corps dans l’eau ♪ Son crime était trop beau ♪ Une balle qui l’achève, il clamsera, devant ses fans et moi  ♫ ♪ Comment arriver à résoudre ça ? Dans ces pays loin là-bas ? ♪ (1)

Vous savez ce que c’est lorsqu’on arpente les travées d’un salon du livre : on tombe immanquablement sur des petites maisons d’éditions avec des auteurs peu connus car ils n’ont pas les honneur des têtes de gondole.

Cette année, j’avais décidé de me pencher un peu plus sur des auteurs de polars inconnus, sans pour autant négliger le côté dépaysement de la lecture.

Alors, j’ai porté mon dévolu sur l’inspecteur Sweeney (Todd ? mdr) de la Police criminelle Édimbourg car son auteur m’en a parlé avec ferveur, m’apprenant même des petites choses sur le monde du golf et sur lequel je ne savais rien.

J’ai donc acheté cette première enquête de l’inspecteur Sweeney, dont la bouille dessinée sur la couverture m’a bien plu, sans oublier son air un peu mutin et dégingandé.

Malgré ma PAL de plus de 1.500 titres, étrangement, la curiosité aidant (« changement d’herbage réjouis les veaux », comme disait mon grand-père) le jeune inspecteur écossais (qui ne porte pas de kilt, c’est bien dommage) n’a pas trainé plus de quelques heures et en fin de journée, je lui avais réglé son compte, à cet inspecteur à la barbe rousse et au style improbable.

Quand je me souviens des débuts de cette affaire, je frémis encore… Je me dis qu’à ce moment-là, j’étais loin d’imaginer que mon enquête allait me conduire des côtes écossaises jusqu’en Géorgie, dans la moiteur du Sud américain, pour s’achever sur une lande irlandaise battue par les vents. Et là, si j’avais pu me douter de ce qui m’attendait… Bon sang ! Mes nerfs allaient être mis à rude épreuve… »

Verdict et autopsie ? Niveau voyage, je n’ai pas été déçue puisque je suis passée de l’Écosse à la chaleur torride de la Géorgie américaine et puis, j’ai foulé le sol Irlandais. Point de vue décalage horaire, c’était du lourd !

Niveau inspecteur de police, j’ai aimé son humour, sa jeunesse, sa maladroitesse (néologisme offert), son côté « rentre dedans sans mettre des gants », bref, son côté pieds dans le plat sans diplomatie aucune et le fait que, comme moi, il n’y connaisse que dalle au monde fermé de la petite balle blanche.

Gérad Collard comparait les enquêtes de Sweeney au genre Agatha Christie troisième millénaire : jamais chez la mère Agatha je n’ai réussi à trouver le coupable, alors qu’ici, oui (mais pas le « comment »), de plus, niveau 3ème millénaire, on repassera puisque nous sommes encore à l’ère de la disquette !

Certes, nous sommes sur des parcours de golf, comme dans le célèbre « Crime du golf » de la mère Christie, mais Sweeney n’est pas Hercule Poirot, et c’est tant mieux, puisque Poirot est unique ! Et Belge, aussi (cocorico).

Anybref, ce polar est un whodunit classique, avec un inspecteur original, qui possède des blessures, mais pas au point d’être fracassé comme certains, une tante bien sympathique, sorte de Watson dans ce qu’elle est un conducteur de lumière, sans oublier le chien bizarre de Sweeney et son style vestimentaire bien à lui.

Sweeney ne va rien révolutionner (ou alors, dans les suivants que je n’ai pas lu), mais il m’a apporté de la fraicheur dans mes lectures qui, ces derniers temps, étaient assez sombres, sans pour autant mettre mon cerveau au repos !

Une belle découverte et une envie, un de ces jours, de repartir enquêter aux côtés de Sweeney sur la lande écossaise.

(1) Mes excuses à Roch Voisine pour le détournement de sa chanson « Hélène ». Et si la chanson vous trotte dans la tête toute la sainte journée (♫), alors tant mieux ! Même pas honteuse. La chanson fait référence à toutes les morts qui parsème ce petit roman.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , le Mois du polar (Février 2018) chez SharonLe Challenge et « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°39 – Trois-quart manquant – Un livre sur le monde du sport, ce sera le golf).

Le Siècle -Tome 1 – La chute des géants : Ken Follett [LC avec Bianca]

Titre : Le Siècle -Tome 1 – La chute des géants

Auteur : Ken Follett
Édition : Robert Laffont (30/09/2010) / LP (04/01/2012)
Édition Originale : The Century Trilogy – Book 1 – Fall of Giants (2010)
Traducteurs : Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Nathalie Gouyé-Guilbert et Viviane Mikhalkov

Résumé :
En 1911, les grandes puissances vivent leurs derniers instants d’insouciance. Bientôt la guerre va déferler sur le monde…

Cinq familles – américaine, russe, allemande, anglaise et galloise – vont se croiser, s’aimer, se déchirer, au rythme des bouleversements de l’Histoire: la Première Guerre mondiale et la Révolution russe.

Cette gigantesque fresque brasse toute la gamme des sentiments humains et dresse une galerie de portraits saisissants : des personnages exceptionnels, passionnés, ambitieux, attachants, tourmentés, qui bravent les obstacles et les peurs pour s’accomplir en dépit des tragédies qui les emportent.

Entre saga historique et roman d’espionnage, histoire d’amour et lutte des classes, Le Siècle, la nouvelle épopée de Ken Follett en trois volumes, traverse la période la plus agitée, la plus violente et la plus complexe des temps modernes : la grande aventure du XXe siècle…

Critique :
♫ Qui c’est qui est très gentil ? Les gentils ♪ Qui c’est qui est très méchant ? Les méchants ♫ Qui c’est qui est l’mieux à l’écrit (les gentils) ♫ Qui n’a pas de circonstances atténuants (les méchants) ♪

Cette petite chanson pour illustrer le problème des romans de Ken Follet : le manichéisme de ses personnages et le fait que peu d’entre eux évoluent dans un sens ou l’autre.

Les méchants restent bêtes, méchants et bornés et les gentils sont pourvus de toutes les qualités.

Et vous savez le pire ?? C’est que chez Ken Follet, ça ne me pose que très peu de problème ce manichéisme assumé.

Si en lisant (ou en regardant) Game Of Thrones, je frémis pour chaque personnage que j’apprécie, je sais que chez Ken Follet j’ai peu de risque de les voir mourir. Ce n’est sans doute pas très réaliste, je le sais, mais j’apprécie le fait de ne pas me faire du mauvais sang pour les personnages que j’apprécie.

De plus, dans ce roman, les femmes sont toutes avec des envies d’indépendance, féministes, battantes, intelligentes (je ne m’en plaindrai pas). Je parle bien entendu des femmes ayant un grand rôle à jouer.

Voilà, c’est dit.

Par contre, niveau saga historique, là, le père Follet, il assure un max parce que je viens de lire la Première Guerre Mondiale comme j’aurais aimé qu’on me l’expliquasse à l’école (pour info, on nous a parlé de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand de Habsbourg-Este, la déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie et la guerre qui commence avec le jeu des alliances et puis, basta, terminé, merci au revoir).

Durant 1.000 pages, l’auteur va nous faire passer de 1911 à 1924, nous montrant les prémices du futur conflit à venir (discussion politiques) et ensuite de ce qui se déroula durant la guerre (certaines batailles), et ce, au travers de plusieurs personnages bien distincts, que ce soit au niveau des nationalités ou de leur origines sociales.

Dommage que en plus des russes, des anglais, des gallois, des américains et des allemands, il n’y ait pas eu le point de vue de personnages belges puisque les allemands ont traversé mon petit pays sans nous demander notre avis.

PS : Ils voudraient le refaire maintenant, ils se retrouveraient bloqués au carrefour Léonard, sur le Ring, sur le pont Van Praet et casseraient leurs chenilles sur nos routes pleines de trous.

L’auteur ne se prive pas de tirer à boulets rouges sur la presse qui fit monter la haine envers les perdants ou qui fit la propagande de la guerre, sur les gouvernements, les officiers ou les aristocrates très va-t-en-guerre (pour ne pas sortir les noms d’oiseaux), sans parler des officiers à qui il n’aurait même pas fallu confier un chien pour aller le faire pisser.

J’aimerais vous parler plus en profondeur de ce livre, de cette saga énorme, de tout ce qu’elle renferme d’important, de vous dire que j’avais l’impression d’y être, que le suspense était tel, à un moment donné, que j’ai espéré que la guerre ne se fisse pas, que Lénine ne prenne pas le pouvoir et que la bataille de la Somme ne se termine pas en boucherie.

C’est vous dire le talent de l’auteur pour me faire espérer des faits que je sais avérés.

L’avantage d’un récit historique romancé, c’est qu’il nous permet de nous attacher à certains personnages et cela rend les discussions politiques moins absconses, moins impersonnelles.

L’avis de ma copinaute Bianca se trouve sur son blog : un lecteur averti en vaut deux ! Et un clavier Azerty aussi…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) , le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°27 – Traité Naval – Intrigue en partie politique).

Oscar Wilde et le mystère de Reading : Gyles Brandreth [Saga Oscar Wilde 6]

Titre : Oscar Wilde et le mystère de Reading

Auteur : Gyles Brandreth
Édition : 10-18 (19/09/2013)
Édition Originale : Oscar Wilde and the murders at Reading Gaol (2012)
Traducteur : Jean-Baptiste Dupin

Résumé :
Tout juste libéré de la prison de Reading, ou il a été enfermé deux ans, Oscar Wilde se réfugie à Dieppe. Il croise la route d’un mystérieux étranger manifestement très intéressé par son histoire.

Jour après jour, Wilde entame le récit de son calvaire, des corvées endurées, de la censure… sans oublier le double meurtre qu’il lui a fallu résoudre.

Car dans une affaire si délicate, à quel saint se vouer, si ce n’est au détenu le plus célèbre de Reading Gaol ?

Critique :
Cela faisait un petit temps que ce roman trônait sur ma pile, plusieurs fois je l’avais pris en main, à chaque fois je l’avais reposé, repoussant sans cesse le moment fatidique de la lecture…

Pourquoi ? Parce que c’était le dernier qu’il me restait à lire de cette série consacrée aux enquêtes d’Oscar Wilde, et qu’en plus, c’était le volume consacré aux deux années que Wilde passa en prison, accusé du crime de sodomie.

À cette époque, et jusqu’à peu, la sodomie était un crime punissable d’emprisonnement en Angleterre, et même si depuis longtemps on n’enfermait plus les homosexuels, la loi existait toujours dans le code anglais jusqu’il y a peu.

Oscar Wilde, mon dandy flamboyant, mon amateur de bons mots, de bons champagnes, de mets capiteux, de fêtes, cet amateur d’indolence, ce brillant écrivain, réduit à des travaux forcés dans un bouge infâme où l’on n’a même pas le droit de parler !

 » … avant sa chute et son incarcération Oscar Wilde était un homme heureux. Le bonheur était, pour ainsi dire, l’essence même de sa personnalité. Oscar Wilde était une fête – c’était une fête d’être avec lui, une fête de le connaître. Il aimait la vie : il la savourait. »

Au matin du lundi suivant – le 27 mai 1895 – je fus confronté à toute l’horreur de ma situation. J’avais fréquenté les princes, dormi dans des draps fins, respiré des flagrances subtiles. J’avais bu les meilleurs champagnes, m’étais nourri de homard et de caviar frais. À six heures, ce jour-là, je m’éveillais dans ma cellule de Newgtate et fumai ma dernière cigarette.

Comme dans « On the brinks » de Sam Millar, l’auteur décrit avec force les conditions inhumaines des prisons anglaises (de sa cellule de Newgate à la prison de Pentonville, puis à Wandsworth et enfin à Reading Goal) et du comportement, inapproprié, de certains matons, dont le gardien Braddle, cancrelat de l’existence qui ne se sent fort que lorsqu’il rabaisse les plus faibles que lui.

« Mon séjour à Pentonville fut un enfer. Pendant quatre semaines, j’endurai la torture du moulin. Heure après heure, jour après jour, nous étions trente-deux malheureux anonymes, silencieux, sans visage, enfermés dans une gigantesque roue en bois où nous marchions, marchions, marchions – sans autre but que notre humiliation. »

En prison, le temps n’avance pas. Il tourne sur lui-même. Il parait évoluer en cercle autour d’un centre de douleur. En prison, il n’y a qu’une saison : la saison du chagrin… C’est toujours le crépuscule dans les cellules, comme c’est toujours le crépuscule dans les cœurs.

Si les 5 autres tomes étaient joyeux, celui-ci est assurément le plus sombre, le plus tragique, le plus triste, car nous savons qu’après ses deux ans d’emprisonnement, Wilde ne survivra pas longtemps et s’éteindra le 30 novembre 1900.

Le mercredi 20 novembre 1895, je fus transféré de la prison de Wandsworth à celle de Reading. De toutes mes journées de détention, celle-ci fut sans doute la plus humiliante. On m’emmena par le train. De deux heures à deux heures et demie ce jour-là, je dus rester debout sur le quai principal de la gare de Clapham Junction, en tenue de bagnard, menotté, de façon que chacun pût me voir. On m’avait arraché à ma cellule dans l’infirmerie de la prison de Wandsworth sans me laisser un instant pour me préparer. J’offrais le plus grotesque des spectacles. Quand ils m’apercevaient, les badauds éclataient de rire.

Au lieu de libations et de joyeusetés proférées par notre dandy anglais, nous aurons droit à un compte-rendu des joyeusetés qui se déroulaient dans les geôles anglaises, pourtant, jamais le récit ne sombrera dans le pathos et de temps en temps, il sera même éclairé par un geste de bonté de la part de l’un ou l’autre intervenant.

Et quand il levait les yeux sur sa congrégation de détenus, son regard ne suggérait ni mépris, ni inquiétude, n’évoquait ni rat, ni belette.

Cette fois-ci, l’enquête de Wilde sera plus discrète, les conclusions se dérouleront dans sa tête, avant qu’il ne nous raconte tout, et il faudra être attentif durant sa lecture car nous le savons tous, le diable se cache dans le moindre petit détail.

Pourtant, les leçons de mon Maître ont dû porter leurs fruits, parce que comme Wilde, j’ai déduis une chose que personne d’autre dans la prison n’avait compris ! Et nous avions raison, lui et moi. Normal, nous sommes les meilleurs.

Un tome plus sombre, moins joyeux, car voir le grand Oscar Wilde trainé dans la boue, vilipendé, voué aux gémonies, n’est jamais agréable.

— Je suis déjà mort, répliquai-je.
— Non, Wilde. C’est peut-être en enfer que vous vivez, mais vous vivez.

Le pauvre ne pouvait pas savoir que maintenant, il serait toujours considéré comme un Grand Auteur et que le monde se contrecarre de ses préférences sexuelles (enfin, ceux qui, comme moi, n’en tienne pas compte, Frigide doit l’avoir mis à l’index et ce n’est pas là qu’il faut le mettre).

Un tome où l’enquête se déroulera d’une autre manière, plus subtile, plus cachée, où nous apprendrons les faits au compte-goutte et où il faudra attendre les dernières pages pour avoir les ultimes conclusions et voir la pièce dans toute sa splendeur car nous sommes face à un Grand du crime, un criminel qui aurait fait le bonheur d’un Holmes car il était retors à souhait.

Le fil rouge du meurtre se mêle à l’écheveau incolore de la vie. Notre affaire est de le débrouiller, de l’isoler, de l’exposer dans toutes ses parties…c’est du moins ce que dit mon ami Conan Doyle.

Un tome qui, comme je le redoutais, ne clôt pas la série puisqu’un nouveau tome est sorti en septembre 2017 (je viens de l’apprendre maintenant) et que je pourrai donc retrouver mon Wilde aux côtés de Conan Doyle et oublier ainsi les conditions de détentions inhumaines qui furent celles des prisons anciennes.

C’est avec regret que j’ai terminé cette lecture et même si le récit était sombre, Wilde a su, même dans l’adversité, me l’égayer.

Je méprise les journalistes : ils passent leur temps à s’excuser en privé de ce qu’ils ont écrit en public. Et je n’ai pas beaucoup plus d’affection pour les éditorialistes. (Après tout, qu’y a-t-il derrière un éditorial sinon préjugés, bêtise, verbiage et coquecigrues ?).

Toute autorité est avilissante, Mr Wilde. Elle avilit ceux qui l’exercent et elle avilit ceux sur qui elle s’exerce.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°54 – L’Illustre Client – lire un livre dont le titre contient le nom d’un personnage célèbre), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.