Le train des orphelins – Tome 7 – Racines : Philippe Charlot et Xavier Fourquemin

Titre : Le train des orphelins – Tome 7 – Racines

Scénariste : Philippe Charlot
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Bamboo (2017)

Résumé :
Les femmes du train prennent le pouvoir à Cowpoke Canyon.

À la fin des années 1920, à Cowpoke Canyon, Lisa est entrée en résistance suite au véto que les employeurs d’orphelins de la ville ont mis à son projet d’école du soir.

De son côté, la veuve Goswell a décidé que Coleman, son fiancé, serait le prochain maire.

Mais Coleman, est poltron, misogyne et sans aucun sens politique. Pour la veuve c’en est trop, elle se rallie à l’avis de Lisa : les femmes doivent prendre les choses en mains.

Soixante-dix ans plus tard – depuis le décès de Lisa, le vieux Joey broie du noir et souffre de la solitude.

Son radio émetteur reste son seul lien avec le monde et c’est grâce à lui qu’il fait la connaissance de la jeune Louisa qui vit esseulée sur une petite île d’Irlande.

Critique :
Le train des orphelins est terminé et ce nouveau cycle nous parle de l’après…

Tout le monde s’est retrouvé, tout le monde continue sa vie et Joey décide de voyager.

Dans le passé, nous allons savoir ce qui s’est passé après le décès d’Effron et comment Lisa est devenue une femme de poigne, une femme de pouvoir, une femme qui pense aux orphelins que l’on exploite dans la ville.

C’est une bonne idée que les auteurs ont eu de prolonger la série d’un nouveau cycle de deux albums.

On retrouve les personnages que l’on apprécie, et le gamin Joey est moins agaçant que dans les premiers volumes. Plus âgé, il prend de grandes décisions, lui qui est introverti et casanier.

Les racines, c’est important. Savoir d’où on vient, qui on est, qui sont nos ancêtres. Nos orphelins ont grandi avec ce vide en eu et Joey aura au moins l’occasion d’aller en terre d’Irlande pour tenter de chercher ses racines.

Par contre, si on avait toujours eu un parallèle entre le passé et le présent, l’un éclairant l’autre, ici, ce sont deux récits différents qui sont présentés : le voyage de Joey et la vie qu’il a eu avec Lisa, à Cowpoke Canyon.

Il me reste un tome à découvrir et ensuite, je laisserai mes amis tranquille et continuerai la route avec d’autres.

Une belle série, toute en émotions, sombre à ses heures, mais lumineuse aussi car ces enfants ont réussi, tant bien que mal, à faire leur vie comme ils le pouvaient.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°87] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

La jeunesse de Blueberry – Tome 21 – Le convoi des bannis : Corteggiani et Blanc-Dumont

Titre : La jeunesse de Blueberry – Tome 21 – Le convoi des bannis

Scénariste : François Corteggiani
Dessinateur : Michel Blanc-Dumont

Édition : Dargaud (2015)

Résumé :
21e album de La Jeunesse de Blueberry : une nouvelle aventure qui se déroule durant la guerre de Sécession.

Alors que Blueberry est transféré dans un pénitencier sudiste, le train qui le transporte est pris dans une embuscade.

Notre héros parvient à s’échapper et trouve refuge dans un village hors du temps et de la guerre.

Malheureusement, le feu et les larmes ne sont jamais bien loin, et la guerre de Sécession va bientôt rattraper ce hameau tranquille.

Critique :
Depuis que Giraud et Charlier ne sont plus aux commandes du spin off consacré à la jeunesse de Blueberry, soit ça part en carabistouilles (restons polie) soit ça reste dans de l’ultra classique.

Les pères de Blueberry étaient dans le classique aussi, avec des retours aux sources, mais au moins, leurs scénarios étaient plus relevés, moins conventionnels que ce que je viens de lire.

Conventionnel ne veut pas dire merdique mais j’espérais tout de même avoir autre chose que du réchauffé.

Comme je prends la fin de la série bien après tout le monde, je n’ai pas dû attendre 3 ans entre l’album consacré à la bataille de Gettysburg et sa suite.

Dans l’album précédent, notre lieutenant après s’être réfugié dans une maison pour échapper aux tirs sudistes se faisait cueillir ensuite, avec son sergent, par les Reb et les voici dans un train en tant que prisonniers.

Première question : qui est le fameux convoi des bannis ? Le wagon avec une dizaine de prisonniers nordistes ? J’ai des doutes… Alors serait-ce le convoi des pillards déguisés en Sudistes qui seraient visé par le terme de « bannis » ? Bof… Jamais l’auteur ne nous apprendra de quoi ou de où ces hommes ont été bannis ! Mais bon…

Ces derniers albums, il me semble que Blueberry tombe souvent dans des communautés ultra religieuses… Cet album n’y déroge pas et on se retrouve une fois de plus chez des culs bénis qui refusent la violence mais n’hésitent pas à vous fouetter pour expier le Mal qui est en vous. Les grands croyants sont souvent bourrés de contradictions.

En soi, cet album n’est pas mauvais, mais il est conventionnel et réchauffé : une communauté qui vit à l’écart de tout, des pillards qui arrivent, qui flinguent à tout va, le tout, sur fond de vengeance, pour ne pas changer.

Certains visages des personnages avaient tout droit l’air de sortir de « La planète des singes », l’ancien film vu leur dents qui ressortaient ou leurs airs simiesques. Hormis ces détails, les dessins de Blanc-Dumont sont bien exécutés et les coloris sont agréables pour les yeux, surtout après avoir lu « Wanted »…

Mais c’est trop du déjà-vu et Blueberry m’a habitué à autre chose que des aventures qui semblent là juste pour ajouter des albums avant de terminer enfin ce spin-off commencé par Charlier et Giraud en 1975 et qui devait faire la jonction avec le premier album de Blueberry « Fort Navajo » qui commence après la fin de la guerre de Sécession.

Où les auteurs changent leur fusil d’épaule en nous proposant du plus relevé ou alors, on arrête là et on ne continue plus le massacre.

Ma cote est sévère car j’ai eu l’habitude d’avoir de l’excellence et là, je suis très déçue…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°86] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Bohemian flats : Mary Relindes Ellis

Titre : Bohemian flats

Auteur : Mary Relindes Ellis
Édition : 10/18 (2015)
Édition Originale : The Bohemian Flats (2014)
Traduction : Marc Auligny

Résumé :
Au pied de Minneapolis, sur la rive du Mississippi, se dressent de petites baraques de bois connues sous le nom de Bohemian Flats.

C’est là, dans un joyeux chaos, que des migrants venus des quatre coins d’Europe, Tchèques, Irlandais, Finlandais ou encore Russes, échangent leurs histoires, partagent leurs coutumes, et s’épaulent sur le chemin laborieux du grand rêve américain.

Parmi eux, Albert et Raimund Kaufmann et leur amie d’enfance, Magdalena Richter, aspirent à un avenir plus libre, loin d’une Allemagne moyenâgeuse et intolérante. Mais la Première Guerre mondiale éclate, et avec elle s’envole la belle harmonie qui régnait dans les Flats.

Rattrapés par leur identité allemande, Albert, Raimund, Magdalena et leurs enfants vont être confrontés au passé douloureux de la famille, et à des secrets qu’ils croyaient enterrés pour toujours.

Critique :
L’histoire de la famille Kaufmann s’étale de 1881 à 1968, elle commence en Allemagne et continuera ensuite en Amérique.

Mary Relindes Ellis m’avait emportée dans « Wisconsin » et elle a remis ça, une fois de plus.

Ses personnages sont magnifiques, réalistes, sympathiques, humains, que ce soit le tout jeune Raimund et son frère Albert, leur parents, leur professeur Herr Richter, son épouse…

Commençant son récit dans l’Allemagne de 1881, l’auteure va nous conter la vie de la famille Kaufmann en prenant le temps de nous les présenter et de poser le décor d’une Allemagne rurale.

Les thèmes présentés sont des vieux amis : les relations dans une fratrie, les rapports entre le père et ses fils, la découverte de la sexualité, la figure maternelle, les mariages arrangés, les préjugés, l’intolérance, la religion, l’enseignement, les études, le travail à la ferme, dans les champs, l’envie, la jalousie, la convoitise… Et la fuite vers un autre continent.

C’est beau, c’est puissant, ça se dévore lentement car l’écriture de l’auteure se déguste. Elle n’est pas simpliste, loin de là. Moi qui ai d’habitude un bon rendement de pages à l’heure, j’ai mis plus de temps à avancer, sans pour autant m’ennuyer.

Le rêve américain cher à Trumpinette n’est une carabistouille pour moi. D’accord, en partant aux États-Unis tous les rêves sont permis, tout est possible, vous pouvez réussir en étant parti de rien. Mais pour un qui a réussi, combien ont chuté ? Le soleil ne brille pas pour tout le monde et si on veut devenir riche, faut écraser les autres.

D’ailleurs, aux Etats-Unis, la naissance ne détermine pas la position de l’individu dans la vie : à force de travail, un paysan peut s’élever au rang d’important homme d’affaires, voire occuper une fonction politique. La quantité d’argent ainsi gagné permet également d’acquérir un certain vernis social, mais l’accroissement de la richesse s’accompagne aussi d’une forme de censure que certains appellent les bonnes manières.

Le titre ne le laisse pas deviner, mais toute l’histoire ne se déroule pas dans les Flats de Minneapolis puisque nous aurons la genèse en Allemagne (Bavière) et après, une partie de l’histoire se déroulera dans une ferme de Chippewa Crossing dans le Wisconsin.

Le récit nous contera la vie de la famille Kauffman, leur voyage jusqu’au États-Unis, leurs coups durs, la vie difficile dans les Flats mais empreinte de solidarité entre tous ses habitants, victime du mépris des autres habitants de la ville puisque ne vivent dans les Flats que les gens pauvres.

Le mépris et la haine, nous les retrouveront au moment de la Première Guerre Mondiale où malgré le fait que des hommes originaires d’Allemagne se battent aux côtés d’Américains, ils sont vus comme des espions, des traîtres, des gens à abattre ou à renvoyer chez eux.

Mais dans les lettres suivantes, il évoque les sarcasmes subtils, puis un peu moins subtils, qu’il endure de la part des ingénieurs anglo-saxons, en plus du préjugé anti-allemand qui ne cesse de se répandre à Minneapolis et à Saint Paul. Il n’y a que sur les Flats qu’il se sent à l’abri des insinuations malveillantes.

— Les Anglo-Saxons ont toujours été comme ça depuis que j’habite ici, répond l’homme-ours. Pour eux, ceux qui viennent de pays situés à l’est de Paris sont des Polacks, des Boches, des Bohêmiens ou des sales Russes, assez bons pour travailler dans les manufactures et les usines mais pas assez pour s’asseoir à leur table ou être respectés comme n’importe quel Anglo-Saxon, homme ou femme.

Bizarrement, TOUS les Américains sont issus de l’émigration massive (sauf les Natifs que sont les Amérindiens, qui sont là depuis bien plus longtemps), tous sont étrangers et pourtant, les Anglo-Saxons se considèrent comme les seuls vrais Américains et tous les autres sont déclarés des étrangers.

Mon seul petit bémol pour ce récit sera pour le personnage d’Otto, le frère aîné Kauffman qui est le salopard de ces pages, même si, une fois tout le monde parti en Amérique, nous ne le reverrons pas avant la fin.

Là où le bât a blessé, c’est que Otto va commettre un acte abject, abominable, dégueulasse, honteux (les mots me manquent), qui ne sert en rien le récit et qui m’a semblé déplacé, hors de propos, vu les années qui avaient passé et que cet acte ne lui rapporterait rien qu’une sale vengeance très basse et complètement inutile. Voilà, c’est dit.

Un magnifique récit qui couvre les périodes allant de 1880 à l’après 1960, commençant en Bavière et allant jusque dans le Minnesota, en passant par le Wisconsin et passant un peu par les champs de batailles de la Première Guerre Mondiale.

Une fresque familiale qui s’étale sur 80 ans, servie par des personnages sympathiques, émouvants, portés par une écriture très belle. Une fresque qui rend hommage à tous ceux qui ont construit l’Amérique et qui n’étaient que des petites gens, pauvres.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°85] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.


 

Blueberry – Tome 22 – Le bout de la Piste : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 22 – Le bout de la Piste

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Novedi (1986) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry contacte le géneral Dodge pour qu’il plaide sa cause auprès du président Grant. Il a avec lui toutes les preuves de son innocence dans l’affaire du trésor des confédérés, mais il refuse de se livrer et de laisser faire la justice.

Il lui faut retrouver les véritables conspirateurs qui ont essayé de tuer Grant et sa piste remonte à Kelly, le directeur du penitencier où Blueberry était détenu.

Le Bout de la piste est le vingt-deuxième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario), Jean Giraud (dessin) et Janet Gale (couleurs).

Publié pour la première fois en 1986, c’est le dernier album du cycle de La Réhabilitation de Blueberry (deux tomes).

Critique :
Blueberry, comme le lecteur, arrive au bout de la piste d’un récit commencé 9 albums plus tôt dans « Chihuahua Pearl » (tome 13).

Ça fait long la tentative de réhabilitation, même si, depuis le tome 13, Blueberry a vécu des aventures pour 1.000 vies.

Il devait aussi se blanchir de deux actes d’accusation graves : le vol du trésor des Confédérés et la tentative d’assassinat du président Grant.

Si l’album précédent (La dernière carte) n’était pas au top au niveau du scénario et des couleurs, celui-ci renoue avec les grandes heures de Blueberry et les auteurs nous offrent un festival d’action, de suspense et de complot pour terminer ce cycle ainsi que clore toutes les anciennes affaires qui pendaient au cul de notre lieutenant.

Cela avait beau être ma 36ème relecture, il n’en reste pas moins que j’ai eu de belles surprises car j’avais oublié le nom du comploteur en chef et de celui qui le secondait, comme quoi, perdre la mémoire, ça a du bon aussi, on redécouvre l’histoire avec des yeux neufs.

Petit coup de blues car ce tome signe aussi la fin des aventures de Blueberry pour moi puisque les albums suivants ne font pas partie de mes préférés.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°84] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Molosses – 06 – Walt Longmire : Craig Johnson

Titre : Molosses – 06 – Walt Longmire

Auteur : Craig Johnson
Éditions : Gallmeister Noire (2014) / Points Policier (2016)
Édition Originale : Junkyard Dogs (2010)
Traduction : Sophie Aslanides

Résumé :
Alors que l’hiver s’installe dans le comté le moins peuplé de l’État le moins peuplé des États-Unis, Walt Longmire, son shérif, se voit confier une curieuse mission : celle de mettre la main sur le propriétaire d’un pouce abandonné à la décharge.

L’enquête devient rapidement haute en couleur, car Walt se trouve face à deux molosses qui gardent le terrain, à son vieux propriétaire loufoque et à un promoteur immobilier multimillionnaire qui cherche à prendre possession des lieux pour étendre son vaste ensemble de ranchs luxueux.

Sans parler d’un jeune couple fleurant bon la marijuana, de la vieille institutrice au charme incontesté, du perroquet dépressif et déplumé et de quelques cadavres qui bientôt viennent compliquer cette affaire.

On retrouve dans Molosses le style enlevé de Craig Johnson et l’humour désopilant de son shérif au service d’un nouveau polar parfaitement abouti.

Critique :
Ne dites pas au vieux Geo Stewart qu’il possède une déchetterie mais bien un « Site municipal de dépôt, tri et de récupération des déchets ».

Malgré l’empilement de bagnoles en tout genre et du bordel qu’il y règne, ceci n’est pas une casse non plus mais bien le « Site municipal de dépôt, tri et de récupération des déchets ». Repeat after me *voix d’Elie Kakou*

Geo Stewart, c’est le vieux qui fait du surf de neige derrière une bagnole, qui tchoupe avec une dame (il frouchelle avec, quoi) et qui se fait renverser par une bagnole et se relève, tel Iron Man.

C’est l’hiver dans le comté d’Absaroka, Wyoming et tout le monde peut chanter ♫ Tombe la neige ♪ Et mon cœur s’habille de noir ♪ car le shérif Walt Longmire va avoir son lot de cadavres sur les bras, sans oublier un pouce trouvé dans une glacière, une grosse méforme de santé.

Les emmerdes volant toujours en escadrilles, on ajoutera que Sancho, dit Le Basque, veut quitter l’équipe du shérif ; que la copine de Longmire (Vic) lui fait quelques reproches ; que son pote, Henry Standing Bear, dit la Nation Cheyenne, broie du noir et qu’il ne doit pas oublier d’organiser le mariage de sa fille Cady.

Pour une fois, on a un roman plus léger que les précédents, comportant assez bien de morceaux d’humour et de réparties drôles qui me font toujours sourire. De nombreux personnages secondaires gravitent dans l’enquête sans que l’on sache s’ils seront impliqués ou non (faut tout lire pour le savoir), mais une chose est sûre, ils étaient tous réussis.

Des coupables qui seraient innocents ? Des innocents qui seraient coupables ? Longmire se gratte la tête et mène son enquête en traînant la patte. Pas parce qu’il n’en a rien à foutre, mais juste parce qu’il a mal à sa jambe, à sa fesse (mordu par un chien), sans parler de son oeil qui lui joue des tours et le médecin qui veut absolument le voir…

Les lecteurs/trices devraient faire une pétition pour que son employeur (l’auteur) l’envoie quelques semaines dans un climat chaud, en tongs, les pieds dans le sable, sans rien d’autre à avoir à faire que manger et gratter la tête de son chien.

L’enquête est bien ficelée et j’ai eu ma petite surprise dans le final, parce que celle-là, je ne l’avais pas vue venir ! Comme quoi, sous ses airs de vouloir divertir ses lecteurs en les faisant sourire à l’aide de dialogues enlevés, l’auteur sait aussi focaliser notre attentions ailleurs pendant qu’il réalise son tour sous nos yeux.

Moi, j’adore !

Allez, faudrait pas que je reste trop longtemps entre deux enquêtes de mon shérif préféré parce qu’elles sont trop bonnes.

— Vous avez laissé partir Geo ?
À travers ses épaisses lunettes, Doc contempla les flocons de poussière qui flottaient dans son bureau.
— Non il a filé à la Longmire.

— Qu’est ce que vous entendez par là ?
Isaac referma le livre qu’il tenait dans les mains et le posa sur le haut de la cinquième des piles fragiles qui se trouvaient sur son bureau.
— Il a signé son bon de sortie et il a disparu dans la nuit, un peu comme un individu que nous traitons régulièrement dans cet hôpital, et dont les fuites sont devenues tellement régulières que nous avons maintenant intégré son nom à notre lexique.
Je baissai la tête sans réprimer un sourire, et observai mes bottes d’un air faussement contrit.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°83], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°31] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 21 – La dernière carte : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 21 – La dernière carte

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Hachette (1983) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry, Red Neck et MacClure sont à Chihuahua parce que, selon Blueberry, c’est le seul endroit où il ait une chance de retrouver Vigo.

Ce dernier aurait en effet en sa possession un document concernant le vol du trésor de guerre sudiste. Ce qui innocenterait Blueberry.

Publié pour la première fois en 1983, c’est le premier album du cycle de La Réhabilitation de Blueberry (deux tomes).

Critique :
Cela fait quelques albums que Blueberry ne porte plus l’uniforme des Tuniques Bleues et qu’il court partout dans le but de prouver son innocence dans plusieurs sales affaires qui lui pendent au cul (Hors-la-loi).

Déjà qu’on l’accuse de tentative d’assassinat sur le président Grant, mais en plus, il y a toujours la vieille affaire du trésor de guerre des Confédérés qui a disparu alors qu’il devait le ramener.

Il est plus que temps qu’on le réhabilite, le Blueberry et qu’on lui offre une médaille !

Cet album est moins bon que les précédents, pour plusieurs choses : les couleurs sont horribles, criardes, pas agréable pour les yeux. Certains encrages sont trop légers, comme si on avait oublié de repasser un coup dessus et le scénario est mal équilibré.

Alors que ça traîne un peu en longueur au départ, le final est précipité. Entre les deux, c’est le remake de la grande évasion, sans moto et sans plan foireux de la 7ème compagnie. Bien que le coup des matelas n’était pas si mal trouvé… (mdr)

Le Mexique change de dirigeants comme de chemise et les coups d’état sont nombreux. Aujourd’hui, Vigo est gouverneur de l’État de Chichuahua, mais demain ? Ou dans une heure ? En tout cas, le hasard fait toujours bien les choses et c’est tant mieux pour que nous puissions continuer de lire les aventures de Blueberry.

Je déplorerai aussi que le bandit de l’album, El Tigre, soit aussi fin que le papier d’une cigarette, l’auteur n’ayant pas pris la peine de lui donner de l’épaisseur. Mais comme je le disais, on démarre lentement, comme un vieux diesel et ensuite on fonce pour boucler l’album qui est un 46 planches.

Pour une fois, voilà un album qui n’arrive pas à la cheville des autres, aussi bien au niveau des dessins, que du scénario et que des couleurs. Carton plein dans la demi-teinte, comme si les auteurs avaient eu d’autres occupations et que Blueberry en avait pâti.

Malgré tout, ça reste un album que j’ai pris plaisir à relire, mais il manque de professionnalisme et c’est bien dommage.

Il ne me reste plus qu’un seul tome à relire du cycle de la Réhabilitation de Blueberry et je pourrai dormir sur mes deux oreilles quand mon lieutenant préféré aura réussi à blanchir sa réputation, à défaut de domestiquer sa chevelure ou son caractère de cochon.

Oui, c’est ma 36.000ème relecture mais malgré tout, je vibre toujours pour lui et je m’inquiète aussi… C’est ce qui prouve le talent du scénariste Jean-Michel Charlier car les relectures n’entament jamais le suspense et mes angoisses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°82] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

L’insigne rouge du courage : Stephen Crane

Titre : L’insigne rouge du courage

Auteur : Stephen Crane
Édition : Gallmeister Totem (07/11/2019)
Édition Originale : The Red Badge of Courage (1895)
Traduction : Pierre Bondil et Johanne Le Ray

Résumé :
Jeune garçon de ferme, Flemming vit la guerre de Sécession sous forme de nouvelles et de comptes rendus héroïques de batailles.

La guerre arrive au pas de sa porte, il finit par être entraîné dans son tourbillon et s’engage. Commence alors l’apprentissage du métier de soldat, l’école du courage.

Flemming est d’abord harcelé par le doute : sera-t-il capable de faire face, dans sa première bataille, sans déserter ? L’épreuve du feu débute par un échec total de notre héros : il cède à la panique et se retrouve fuyant parmi un groupe de déserteurs.

Suit alors une descente aux enfers où il vit une complète humiliation. C’est un parcours initiatique terrible, d’une vraisemblance rare et vraiment novatrice dans la littérature classique – excepté le panorama grandiose de la bataille de Waterloo vu par le jeune Fabrice dans La Chartreuse de Parme, d’où le héros, comme Flemming, sort désabusé quant à l’héroïsme des batailles. C’est en traversant cet enfer qu’il reprend courage et surmonte ses peurs…

Critique :
♫ À 18 ans, j’ai quitté ma province, bien décidé à empoigner la guerre… ♪

Le coeur léger et gonflé de fierté, Henry Fleming s’engage dans l’armée de l’Union, sans écouter sa mère qui lui déconseille d’aller à la guerre.

Il se sent un héros, on l’adule, les gens fêtent le passage de ces jeunes soldats… Vu ainsi, ça a l’air vachement chouette, la guerre.

Mais on déchante vite car soit on est dans l’inactivité comme le sera Henry avec son régiment, soit on monte au front et là, on chie dans son froc.

Écrit 30 ans après la fin de la guerre de Sécession, ce petit roman se veut plus un récit sur l’inutilité de la guerre, sur son imbécillité, sur sa cruauté, sur l’héroïsme imbécile qui veut que les gradés souhaitent de belles charges, se foutant bien que tout le régiment trépasse sous le feu de l’ennemi, faisant monter les hommes à l’assaut inutile, juste pour grappiller 20 cm de plus.

Dans un conflit, on affronte plusieurs ennemis : ceux qui se trouvent en face, sois-même (sa conscience) et la Nature qui peut soit vous aider à vous cacher, soit ralentir votre fuite. Les ennemis sont nombreux et les pire ne sont pas toujours ceux d’en face.

Henry Flemming est comme bien d’autres qui s’engagent sous les drapeaux : après l’euphorie vient la peur, la trouille et la pétoche. Devant l’ennemi, on fuit et, courant dans le sens inverse de l’affrontement, on se demande ce qu’on est venu faire dans cette galère.

L’auteur n’a pas concentré son récit sur des affrontements mais plus sur la vie simple d’un régiment dans l’attente de la montée au front et dans les angoisses qui les étreint tous, mais que personne n’avouera. Tout le monde gamberge pour occuper le temps mort avant l’assaut.

Le récit est intelligent car il ne nous plonge que peu de temps dans l’horreur d’une bataille, préférant s’attarder sur les pensées du jeune Flemming et sur enthousiasme su départ qui, petit à petit, va disparaître une fois qu’il comprendra que tout cela n’est pas un jeu. Ses idéaux vont voler en éclats…

Le parcours du soldat Flemming est celui d’un bleu qui affrontera ses peurs, tout comme les jeunes qui composent son régiment. Dans sa tête, ça bouillonne d’émotions, ça cogite et nous verrons la bataille au travers de ses yeux.

Il m’a manqué des émotions, dans ce roman de guerre (roman psychologique ?) car à force de nommer notre narrateur « le jeune », je me suis détachée de lui et je n’ai pas su m’immerger pleinement dans ses déboires.

Ce roman est excellent dans sa manière de nous parler de la guerre de Sécession, de nous montrer tout l’inutilité de cette guerre fratricide, de sa boucherie, de son inhumanité, mais comme je n’ai pas su m’attacher au jeune Flemming, j’ai loupé une partie du récit puisque je n’ai pas vraiment ressenti d’émotions fortes.

Le Mois Américain – Septembre 2020 – Chez Titine et sur Fesse Bouc.

La jeunesse de Blueberry – Tome 20 – Gettysburg : Corteggiani et Blanc-Dumont

Titre : La jeunesse de Blueberry – Tome 20 – Gettysburg

Scénariste : Corteggiani
Dessinateur : Blanc-Dumont

Édition : Dargaud (2012)

Résumé :
Alors que Jean Giraud s’en est allé, Corteggiani et Blanc-Dumont nous offrent Gettysburg, 20e tome de La Jeunesse de Blueberry…

Dans ce 20e album de La Jeunesse de Blueberry, Mike Steve Blueberry se remémore la terrible bataille de Gettysburg.

Entre réalité historique et grande aventure, replongez au coeur de la guerre de Sécession et vivez de l’intérieur l’une des batailles les plus célèbres, et les plus sanglantes, de l’histoire.

Ce 20e épisode de La Jeunesse de Blueberry est un récit complet de 56 pages suivi d’une histoire courte parue dans Pilote.

Critique :
Après quelques albums décevants ou en demi-teinte, les nouveaux parents de Blueberry le remettent dans le vrai jus de sa jeunesse : la guerre de Sécession !

Gettysburg, je n’y étais pas mais ce fut terrible. Les batailles sont toujours des boucheries sans nom, quelque soit la guerre.

Alors que je m’attendais à vivre cette bataille de l’intérieur, les auteurs ont choisi le procédé narratif : Blueberry et un sergent sont coincés dans la cave d’une maison que les Rebelles canonnent et notre lieutenant préféré lui raconte la bataille de Gettysburg qui se déroula du 1er au 3 juillet 1863.

Une bataille qu’il a vécu des deux côtés, puisqu’il était agent double. Sans oublier que notre Blueberry a grandi dans le Sud (avec plantations et esclaves) avant d’émigrer vers le Nord et de finir avec l’uniforme bleu sur le dos et muni d’un nouveau nom de famille.

Avec cet album, les auteurs reviennent aux fondamentaux de Blueberry dans sa partie « Jeunesse » et j’ai regretté de ne pas avoir relu les premiers albums pour me remettre le tout en tête. Cela ne m’a pas empêché de profiter de ma lecture et après quelques albums décevants, j’ai repris du plaisir avec Blueberry jeune (je préfère la série mère à la dérivée).

Pas facile de nous raconter une bataille qui fut violente en terme de pertes humaines et qui fut, selon certains, un moment clé de la guerre de Sécession, celle qui fit basculer l’Union vers la victoire de cette guerre fratricide.

Il y a des attaques, des contre-attaques, ça canonne dans tous les coins et il faut tenir le lecteur en haleine sinon il risque vite de s’y perdre dans ces offensives de toutes parts. Les dessins de Blanc-Dumont sont précis, les traits des personnages fins et les décors ne sont pas négligés.

En mélangeant la petit histoire de Mike S. Donovan Blueberry à la grande Histoire de la bataille, les auteurs ont réussi à captiver le lecteur et à ne pas l’égarer sur le champ de bataille.

La collection « Jeunesse de Blueberry » est inégale, sauf pour les premiers tomes de la saga qui eux sont super importants pour connaître vraiment qui est Blueberry, mais ce vingtième album est à classer dans les « bons » (pas dans les excellents) et je suis contente de voir que la série se redresse après quelques tomes décevants, pas terribles, passables.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX] et Le Mois Américain – Septembre 2020 – Chez Titine et sur Fesse Bouc.

À gauche, le tome 1 et à droite, le tome 20… Entre les deux, un Blueberry qui a vieilli

 

Indian creek – Un hiver au coeur des Rocheuses : Pete Fromm

Titre : Indian Creek – Un hiver au coeur des Rocheuses 

Auteur : Pete Fromm
Éditions : Gallmeister Nature writing (2016) / Gallmeister Totem (2010/2017)
Édition Originale : Indian Creek Chronicles (1993)
Traduction : Denis Lagae-Devoldère

Résumé :
Pete Fromm s’apprête à vivre un long hiver, seul, au coeur des montagnes Rocheuses. L’auteur livre dans ce récit son témoignage, véritable hymne aux grands espaces sauvages de l’Idaho.

« Indian Creek » est un captivant récit d’aventures et d’apprentissage, un Walden des temps modernes. Ce classique contemporain a établi Pete Fromm comme une des grandes voix de l’Ouest.

Critique :
Quelle idée folle a eu le jeune Pete Fromm, étudiant, d’aller passer 7 mois dans les montagnes Rocheuses, durant l’hiver, pour surveiller des œufs de saumons ?

Faut oser ! Ou alors, faut être un peu fou sur les bords car même si Pete avait fait du camping et lu des récits de trappeurs ou autres aventuriers, ça ne fait pas de vous un homme des bois.

N’écoutant que sa folie et son envie de passer 7 mois en solitaire, notre jeune homme va plaquer ses études à l’université de Missoula et partir, totalement à l’aventure et découvrir petit à petit la dure vie dans les montagnes Rocheuses.

Nous sommes en 1978, dans cette partie de l’Idaho, le mercure peut descendre à -40° et la neige recouvre tout… Niveau confinement, ça pose son homme ! Surtout qu’il n’y a pas de supermarché dans le coin et que les provisions apportées devront être complétées avec autre chose, comme le produit de la chasse…

C’est un fameux récit initiatique que Pete Fromm nous raconte. Ici, la Nature est sauvage, rude, ne fait pas de cadeau et si vous n’avez pas coupé assez de bois ou bien mis à l’abri vos provisions, la Mort vous attend à l’entrée de votre tente.

Vous êtes seul, juste avec un chien et des œufs de saumons à surveiller une fois par jour, afin que la glace soit brisée là où ils grandissent. Non, vous n’avez pas emporté des masses de livres, juste quelques uns, des récits de trappeurs, de chasseurs…

La Nature est grandiose, j’ai vibré avec l’auteur qui, finalement, ne sera pas toujours aussi seul qu’il le voudrait… C’est toujours pareil, lorsque vous être tranquilles, vous râlez quand un chasseur ou autre vient vous rendre visite, mais si vous vous cassiez la jambe, vous aimeriez que tout le staff déboule chez vous !

Bon sang, nous, on se casse la gueule en glissant sur un bête rocher et on fini à l’hosto et notre Pete, lui, il affronte des tas de dangers, la Nature Sauvage, manque plusieurs fois de passer par le petit trou de la serrure et, chance de pendu/cocu, il ne se cassera rien alors qu’il était dans un milieu extrême, à des températures extrêmes, loin de toute civilisation, là où les mecs du 112 ne pourrait même pas te retrouver si tu les appelais avec ton smartphone hyper connecté !

J’ai dévoré le récit de Pete Fromm, j’ai dégusté ses descriptions de la Nature sous la neige, ses angoisses, ses questionnements, son amour pour la solitude, pour cette Nature sauvage. Comme nous durant le confinement, il a rêvé d’aller faire un tour en ville, de revoir du monde et, quand il a pu y aller, il était tout content de rentrer dans sa tente perdue au milieu de tout. Comme nous, comme moi…

Ce récit, c’est magnifique, grandiose, superbe. Son histoire nous fait vibrer, en entre en osmose avec l’auteur, on imagine ce qu’il a vécu même si avec le soleil qui brille dehors, on ressent moins la morsure du vent glacial.

Ce roman, c’est aussi une ode à la Nature, cette Nature merveilleuse que l’Homme fout en l’air. Pete Fromm se désole aussi du tourisme de masse qui pollue les endroits les plus reculés. Ce qu’il a vécu, il l’a fait avec innocence et la folie de sa jeunesse, mais il l’a vécu dans ses tripes, ce que les suivants ne feront pas.

La solitude dans la Nature et dans le froid, ça a du bon… Même si tu dois dégeler tes pancakes sous tes aisselles…

PS : et pour une saucisse, on la met où pour la dégeler ???

Le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Le train des orphelins – Tome 6 – Duels : Philippe Charlot et Xavier Fourquemin

Titre : Le train des orphelins – Tome 6 – Duels

Scénariste : Philippe Charlot
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Bamboo (2016)

Résumé :
À sa mort, Lisa, l’adolescente qui avait pris soin des orphelins déplacés vers l’Ouest américain dans les années 1920, laisse une lettre dévoilant le secret d’Harvey.

Le garçon qui a volé l’identité de Jim, l’un des orphelins, a été témoin d’un meurtre commis par Joey, le jeune frère de Jim.

Soixante ans plus tard, Jim et Joey, âgés mais toujours solidaires, décident de se rendre chez Harvey pour apprendre la vérité à leur petite sœur Anna, restée toute sa vie auprès de celui qu’elle pense être son frère.

Critique :
Ce qui est perdu l’est à jamais, surtout en ce qui concerne le temps. Jim et Joey se sont retrouvés, mais après 70 ans, on n’a pas toujours grand-chose à se dire.

Si les deux frères sont rassemblés, c’est l’équivalent d’une sœur, d’une mère, que Joey perd quand Lisa s’en va définitivement. Or, une soeur, il en avait déjà une, lorsqu’il était petit… Anna, qui a été séparée de ses frères.

Dans ce tome, fort émouvant, on rassemble une partie des orphelins, vieux et on retrouve ce salopard d’Harvey, qui, même à son âge, a toujours son petit sourire mauvais en coin.

Une fois de plus, il a joué un rôle important à Cowpoke Canyon, lorsqu’il a dû y aller, malgré lui, afin que ses parents adoptifs ne découvrent pas son secret.

Comme toujours, il manipule les adultes, jouent avec eux, fait du chantage, des promesses, des menaces et pousse le machiavélisme très loin, si loin que Lisa gardera jusqu’au bout le secret de sa véritable identité, afin de ne pas nuire à une autre personne.

Lisa… Un personnage qui, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ne s’est pas laissée marcher sur les pieds par son mari et a réussi à tirer des ficelles dans l’ombre afin d’éviter que plus d’orphelins ne se fassent exploiter à Cowpoke Canyon. Avec elle, le Girls Power va prendre une autre envergure.

Les aller-retours entre le présent et le passé sont toujours bien exécutés, on ne perd jamais le fil du récit et sont dans la continuité de ce que l’on venait de lire.

Les mystères soulevés ont été résolus, sans devoir attendre plusieurs tomes puisque les auteurs ont découpés leur récit en cycle, fermant un avant d’en entamer un autre.

Les différentes révélations sont venues au compte-goutte car il faut faire durer le suspense du cycle, mais au moins, maintenant, on sait le plus important et on peut entamer le dernier cycle (ou s’arrêter ici). Moi, je vais jusqu’au bout.

Une excellente série, sombre, dure, où l’Homme ne se montre pas sous son meilleur jour et où l’exploitation de l’enfant par l’adulte était quelque chose de tout à fait normal, dans les années 20. Personne pour s’en indigner, ou si peu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°78] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.