Bilan du Mois Américain Non Officiel – Septembre 2022 – En solitaire (et solidaire)

Puisque ma chère Titine (Plaisirs à Cultiver) ne l’organisait pas, puisqu’on l’avait volé, je comptais faire le Mois Américain en solitaire, et pour finir, il fut en solidaire ! Non, je n’étais pas seule à participer à ce Mois Non Officiel (mais avec l’accord de sa créatrice) !

Nous avons fait de la résistance, à notre manière, pour nous faire plaisir, pour lire Américain (même si nous pouvons le faire tout au long de l’année avec le Picabo River Club sur FB). Mais c’est pas pareil !

Ici, c’est en Septembre, c’est d’ordinaire un mois de folie (pour moi et pour l’organisatrice qui se tape tous mes billets).

Bon, je suis restée sobre, juste un billet par jour (parfois deux), pour ne pas perdre la main. C’est comme pour l’Ironman, faut s’entraîner !

Cet article, c’est aussi la centralisation des blogueuses et blogueurs qui ont participé à ce Mois Américain Non Officiel.

Pativore m’avait demandé si j’allais faire une centralisation, j’ai dit non et ensuite, j’ai changé d’avis (je suis mûre pour aller en politique) et j’ai récupéré tous les liens, afin de montrer qu’on n’est pas resté les bras croisés durant 30 jours et que le Mois Américain est toujours populaire.

Bon, comme vous pourrez le constater, il y a de grandes disparités dans les scores… Sans surprise, je suis en tête avec 40 billets.

Sharon a 10 billets, Anne (Desmotsetdesnotes) m’en a donné 8, BOOK’ING m’en a offert 9 (dont 6 sur le même billet), Kathel 9 aussi et Ta d loi du cine m’en a donné 4. Bravo à toutes et à lui !

Je suis contente qu’il y ait eu des participantes (et un participant) pour me suivre dans ce Mois Américain en solitaire et que nous soyons plus que les deux folles de l’année dernière (Pativore et moi) à y participer en solo… 

97 billets tout de même, pour ce Mois Américain non officiel ! Ce qui est pas mal du tout, mais loin d’égaler les scores de l’Officiel de Titine.

D’ailleurs, Titine, faut que le reprennes en main, je suis trop laxiste, moi, et sans toi, je triche honteusement !

Oui, j’ai commencé à poster un peu en avance, j’ai balancé deux fiches qui ne seraient pas passées sous ton égide et je n’ai même pas vérifié dans les liens que l’on me donnait si les auteurs étaient bien américains.

Reviens, je suis un électron libre qu’il faut canaliser de temps en temps.

REVIENS !!

SHARON (Deslivresetsharon) : 10

  1. Un profond sommeil par Tiffany Quay Tyson
  2. 1275 âmes de Jim Thompson
  3. Le corbillard zébré – Lew Archer 10 de Ross MacDonald
  4. Rusty puppy de Joe R. Lansdale
  5. Le radeau des étoiles d’Andrew J. Graff
  6. Hors-la-loi d’Anna North
  7. Le frisson – Lew Archer 11 de Ross MacDonald
  8. Blizzard de Marie Vingtras
  9. Hors-la-loi d’Anna North
  10. Meurtres et cupcake au caramel de Joanne Fluke

PATIVORE : 2

  1. Le chat du bibliothécaire 1 – Succès mortel de Miranda James
  2. Aucune femme au monde de Catherine Lucille Moore

L’île aux 30 polars (Patricia Mathey) : 2

  1. Le mambo des deux ours de Joe. R. Lansdale
  2. Insoluble de James Patterson

Ma Dose d’Encre (Christelle Salvan) : 2

  1. L’odyssée de Sven de Nathaniel Ian Miller
  2. La lune de l’âpre neige de Waubgeshig Rice

Northanger : 2 

  1. Blackwater tome 1 de Michael McDowell
  2. Huit crimes parfaits de Peter Swanson

Tours et culture (Eimelle) : 2

  1. Là où chantent les écrevisses de Delia Owens
  2. Indian Creek de Pete Fromm

Et si on bouquinait un peu ? : 1

  1. De beaux lendemains de Russel Banks

BOOK’ING (Ingrid Macé) : 9

  1. Continents à la dérive de Russell Banks
  2. 4 3 2 1 de Paul Auster
  3. Blackwater » – Tomes I à VI de Michael McDowell (6 Tomes !)
  4. Les jours de silence de Phillip Lewis

Ta d loi du cine (squatteur chez Dasola) : 4

  1. Tortilla Flat de John Steinbeck
  2. Rue de la Sardine de John Steinbeck
  3. Tendre Jeudi de John Steinbeck
  4. La coupe d’Or de John Steinbeck

Dasola : 3

  1. Rattrape-le ! de Jake Hinkson
  2. Là où chantent les écrevisses de Delia Owens
  3. Là où chantent les écrevisses – Film 

Y’A D’LA JOIE ! (Caroline Comette) : 1

  1. Dans la peau de Sheldon Horowitz de Derek B. Miller

Desmotsetdesnotes (Anne) : 8 

  1. Le Poète de Michael Connelly
  2. Cet été-là de Lee Martin
  3. La traversée de l’été de Truman Capote
  4. Jours de juin de Julia Glass
  5. La couleur de l’eau de James McBride
  6. Sexy : Joyce Carol Oates
  7. La malédiction d’Edgar de Marc Dugain
  8. L’âge des possibles de Marie Chartres

Delivrer-des-livres (Nathalie) : 2

  1. L’incroyable voyage de Coyote Sunrise de Dan Gemeinhart
  2. Le lys de Brooklyn de Betty Smith

LETTRES EXPRÈS (kathel) : 9

  1. L’enfant de la prochaine aurore de Louise Erdrich
  2. Céline de Peter Heller
  3. Les anges et tous les saints de J. Courtney Sullivan
  4. Où vivaient les gens heureux de Joyce Maynard
  5. Tout est possible de Elizabeth Strout
  6. Le dahlia noir de James Ellroy
  7. Sidérations de Richard Powers
  8. 11h14 de Glendon Swarthout
  9. Sarah Jane de James Sallis
  10. Des idées de lectures proposées par Kathel : ICI

Belette2911 (The Cannibal Lecteur) : 40

  1. Les croassements de la nuit – Inspecteur Pendergast 04 : Preston & Child
  2. Nuit noire, étoiles mortes : Stephen King
  3. Sherlock Holmes et les protocoles des Sages de Sion : Nicholas Meyer
  4. Duchess : Chris Whitaker
  5. L’été où tout a fondu : Tiffany McDaniel
  6. Blackwater – 01 – La Crue : Michael McDowell
  7. Toute la lumière que nous ne pouvons voir : Anthony Doerr [LC avec Bianca]
  8. Les bisons de Broken Heart : Dan O’Brien
  9. Fracture : Eliza Griswold
  10. Un profond sommeil : Tiffany Quay Tyson
  11. Brokeback mountain : Annie Proulx
  12. Minuit à Atlanta : Thomas Mullen
  13. Les hommes ont peur de la lumière : Douglas Kennedy [LC avec Bianca]
  14. Ecotopia : Ernest Callenbach
  15. Nous étions libres comme le vent : David Roberts
  16. Le Serpent des blés : T.M. Rives
  17. Crazy Horse – Une vie de héros : Joseph Marshall III
  18. Lady Chevy : John Woods
  19. Arpenter la nuit : Leila Mottley [BABELIO]
  20. Louisiana – Tome 1 – La couleur du sang : Léa Chrétien et Gontran Toussaint
  21. Deadwood Dick – Tome 2 – Entre le Texas et l’enfer : Maurizio Colombo, Pasquale Frisenda et Joe R. Lansdale
  22. Batman – Terre un – Tome 3 : Geoff Johns et Gary Frank [COMICS]
  23. The Seven Deadly Sins : Tze Chun et Artyom Trakhanov [COMICS]
  24. Horseback 1861 : Hasteda et Nikho [COMICS]
  25. Deadwood Dick – Tome 2 – Entre le Texas et l’enfer : Maurizio Colombo, Pasquale Frisenda et Joe R. Lansdale [COMICS]
  26. Deadwood Dick – Tome 3 – Black Hat Jack : Mauro Boselli, Stefano Andreucci et Joe R. Lansdale [COMICS]
  27. Calvin et Hobbes – Tome 9 – On n’arrête pas le progrès ! : Bill Watterson
  28. Louisiana – Tome 1 – La couleur du sang : Léa Chrétien et Gontran Toussaint
  29. Louisiana – Tome 2 – La couleur du sang : Léa Chrétien et Gontran Toussaint
  30. Batman – The Dark Knight Returns : Frank Miller et Klaus Janson [COMICS]
  31. Moby Dick – Livre premier (BD) : Christophe Chabouté et Herman Melville
  32. Moby Dick – Livre second (BD) : Christophe Chabouté et Herman Melville
  33. Le Révérend – Livre 1 – Les diables déchus du Nevada : Lylian, Augustin Lebon et Hugo Poupelin
  34. Le Révérend – Livre 2 – Chasse à l’homme : Lylian, Augustin Lebon et Hugo Poupelin
  35. John Tanner – Tome 1 – Le captif du peuple des Mille Lacs : Christian Perrissin et Boro Pavlovic
  36. West Legends – Tome 6 – Butch Cassidy & the wild bunch : Christophe Bec et Michel Suro
  37. Balles perdues : Walter Hill
  38. Seton, le naturaliste qui voyage – Tome 1 – Lobo, le roi des loups : Jirô Taniguchi et Yoshiharu Imaizumi
  39. West Legends – Tome 5 – Wild Bill Hickok, Forty Bastards : Nicolas Jarry, Laci et J. Nanjan
  40. Pawnee : Patrick Prugne
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Bilan Mensuel Livresque : Septembre 2022 [MOIS AMÉRICAIN 2022]

Septembre est terminé, le Mois Américain Non Officiel aussi (le récap sera publié le 4 octobre) les jours raccourcissent déjà fameusement (il faut la lumière pour faire son café à 6h et même à 7h) et en peu de temps, on est passé du t-shirt au plaid sur les jambes.

Les shorts sont remontés dans la garde-robe et les pantalons, pull et vestes sont de nouveaux de sortie. Les gosses sont rentrés à l’école. Et on se demande pourquoi je n’aime pas ce mois !

Mon Bilan Livresque est correct, pour ne pas dire qu’il est bon ! J’ai lu pas moins de 21 romans (dont 3 étaient tout petits), 18 bédés, 4 comics, 1 Manga et 3 albums enfants. Ce qui me fait 47 lectures.

Un seul pavé en Septembre, parce que j’ai tout donné en Août. Même si je n’ai pas chômé en Septembre et que maintenant, en voyant tout ce que j’ai lu et posté comme chroniques, je comprends que mes journées étaient super chargées !

Et maintenant, j’en suis à 90 nationalités lues ! Une de plus ce mois de Septembre…

Mon Bilan Annuel, ce 30 septembre, s’élève à 324 lectures. Tous genres confondus, bien entendu. Pas intérêt à fléchir dans le rythme, il faut que j’arrive à mes 400 lectures au 31 décembre, si je ne veux pas faire tache avec moi-même.

Et il ne me reste que 91 jours à partir de ce 1er octobre !

Oui, dans ce Bilan, j’ai ajouté trois albums enfants. « De le petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête » appartient à ma nièce et j’ai dû lui lire 5 fois de suite, en faisant les bruitages, bien entendu. On parle de caca, ça fait toujours plaisir aux enfants comme aux adultes. Elle rigole beaucoup lorsque je lui lis et maintenant, j’en suis à ma 9ème lecture de ce petit livre, tout en lui expliquant des choses sur les taupes, qu’elle a retenu parce qu’ensuite, elle les a racontée à ma mère.

Les deux autres : « C’est MON arbre », n’est pas encore pour son âge. Tout comme « Toile de dragon ». Mais puisque je me suis fendue de deux chroniques sur Babelio, je les ajoute au bilan.

La pioupioutte adore que je lui lise des livres et en août, elle m’avait sorti tous ses Tchoupi (12 !!), qu’il m’avait fallu lire à voix haute, mais pas que ! Non, non, on ne se contente pas de lire les textes, on lui explique aussi ce qu’il y a sur les images. Après Tchoupi, j’avais dû lire un Timothé et le vieux livre appartenant à ma mère (quand elle était petite) avec des chats. J’aurais dû les ajouter au Bilan aussi, tiens, vu qu’après avoir lu durant 45 minutes, j’avais le gosier à sec.

Le caractère de la petite est assez fluctuant et un jour, j’ai droit à un gros câlins et le lendemain, elle ne veut même pas me dire bonjour… Je ne m’inquiète pas, je l’ignore et c’est la meilleure méthode.

Un qui garde un caractère égal, c’est le chat. Il n’aime toujours pas lorsque je pars toute une journée (alors deux journées…) et à mon retour, c’est la fête, à sa manière. Il ne surgit que lorsque je suis assise et là, il faut lui gratouiller le dos (à la base de la queue) durant de longues minutes.

La pire chose à lui faire, c’est que je rentre tard, que je sois crevée et que j’aille me mettre au lit, sans les câlins qui lui sont dus. Je l’ai fait un mardi, je n’en pouvais plus… Alors, pour être au calme, j’ai pris ma liseuse et je suis allée lire dans le lit, pendant que mon homme regardait la télé. J’ai laissé la porte ouverte, afin que le chat puisse venir (habituellement, c’est verboten !) me rejoindre.

Monsieur Le Chat est monté sur le lit, mais n’a pas osé venir trop près, il est resté près de mes pieds, avant de remonter au niveau de mes genoux. J’ai beau être assise, ce n’est pas comme dans le divan, puisque mes jambes sont étendues.

Il a fallu que je le fasse durant quelques jours pour que la bête arrive enfin à se coucher sur mes jambes. Mais pas d’effusion comme dans le divan, il ne m’a pas pétri les jambes. Mais il a aimé. Sauf quand mon homme est monté, là, il est allé se planquer sous le lit avant de s’encourir.

Et lorsque vous rentrez encore plus tard, après une escapade à la Côte d’Opale (un jour ensoleillé !) et que vous aller vous pieuter quasi tout de suite, sans laisser au chat la possibilité de passer un bref moment avec vous, il faut s’attendre à ce qu’il vienne miauler à 4h du matin et ce qu’il vous attende sur le palier, tel un chien couché devant la porte, lorsque votre réveil a sonné… Non, interdit de pousser le dodo jusqu’à 7h, il est 6h, debout ! Le chats sont des tyrans que l’on adore !

Au niveau des belles découvertes lectures de ce Mois de Septembre, il y a en a eu quelques unes, dont des coups de coeur avec des romans Noirs et sombres.

Notamment avec L’été où tout à fondu, de Tiffany Mcdaniel (roman qui parle du racisme, des peurs des Hommes et de ses dérives, mais aussi de rédemption), puis avec le très sombre Duchess de Chris Whitaker, une tragédie tout aussi sombre, mais portée par une héroïne marquante.

Un profond sommeil de Tiffany Quay Tyson se déroule, lui aussi, dans l’Amérique des laissés pour compte, des pauvres, des ségrégationnistes, des racistes,… Un récit qui coule lentement, boueux comme le Mississippi, mais magnifique.

Puisque les romans Noirs et sombres me vont bien, j’ai ajouté Lady Chevy de John Woods, qui parle lui aussi de l’Amérique pauvre, raciste, suprémaciste et de fracturation hydraulique, sans doute pour faire écho ou récit de non-fiction qu’était Fracture, d’Eliza Griswold. Une belle saloperie, cette fracturation hydraulique afin d’extraire le gaz de schiste. Lady Chevy est, elle aussi, un personnage marquant, tout comme le fut Stacey Hanley (Fracture), personnage bien réel, elle, ce qui a rendu la lecture de son témoignage glaçante.

Puisque j’étais à fond dans les récits parlant de racisme, j’ai sorti et apprécié Minuit à Atlanta de Thomas Mullen, bien que le duo de policiers soit défait, Tommy étant devenu journaliste. Une belle page d’Histoire, même si elle est sombre, sanglante, raciste, ségrégationniste… Fermer les yeux ne sert à rien, vaut mieux les ouvrir et ne plus répéter les erreurs du passé.

Au rayon des très belles lectures, j’ajouterai aussi Les bisons de Broken Heart de Dan O’Brien, qui parle de nature et d’élevage de bisons, mais d’une manière si belle que l’on ne peut s’empêcher de suivre son récit sans s’ennuyer une seule seconde, ainsi que Toute la lumière que nous ne pouvons voir d’Anthony Doerr, dont le récit se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale et un peu avant. Bianca n’a pas terminé sa lecture, quant à moi, c’était une belle découverte.

Petit retour dans le racisme avec l’Afrique du Sud (oui, ce n’est pas l’Amérique) et son horrible Apartheid. Karoo boy de Troy Blacklaws parle de ces plages « White only », de ces Noirs qui étaient au service des Blancs, mais surtout du jeune Douglas qui va quitter les beaux quartiers pour se retrouver à Karro, un quartier où l’apartheid est présent au quotidien…

Sherlock Holmes et les protocoles des Sages de Sion de Nicholas Meyer me tentait bien, tout en me faisant un peu peur et pourtant, j’ai eu tort de me demander quel traitement l’auteur allait réserver à son livre. Il était très bien fait !

C’est LA saga dont tout le monde parle ! Blackwater – 01 – La Crue de Michael McDowell était archi tentant, surtout en raison de sa couverture (magnifique). On ne peut pas dire que le récit est bourré d’action, mais il possède une petite touche de fantastique, de mystère et impossible de le lâcher.

Une grosse déception avec le petit roman intitulé Tapi dans l’ombre – Une histoire sur Jack l’Éventreur de A. L. Butcher qui se contente de conter le meurtre de MJK vu par l’assassin, qui possède un mobile un peu débile. 15 pages seulement, mais 15 de trop.

Lorsque l’auteur avait parlé de son roman, à La Grande Librairie, j’avais été submergée par l’émotion. Hélas, il y en avait moins dans le récit… Un Afghan à Paris de Mahmud Nasimi n’est pas une déception, loin de là, mais il a raconté plus de détails dans l’émission… et j’aurais aimé vibrer autant.

Grosse déception avec Les hommes ont peur de la lumière de Douglas Kennedy qui m’a donné l’impression de regarder un mauvais film avec de mauvais acteurs (sauf pour Elise).

Mini déception avec Ecotopia de Ernest Callenbach qui est une dystopie intéressante à découvrir, malgré le fait qu’il n’y ait pas vraiment d’intrigue et que le ton soit très froid. Tout comme Le Serpent des blés de T.M. Rives que j’ai trouvé trop court et dont j’ai dû relire le final afin d’être bien sûre de l’avoir compris.

Deux romans sur les Amérindiens ont été lu pour ce Mois Américain et ils furent de belles découvertes. Nous étions libres comme le vent de David Roberts parle de Cochise et de Geronimo, sans romancer leur vie, tandis que Crazy Horse – Une vie de héros de Joseph Marshall III a plutôt tendance à nous conter la vie de Crazy Horse en version romancée, sans pour autant inventer.

La plus grosse déception est venue de Arpenter la nuit de Leila Mottley, dont les critiques élogieuses sur Babelio et sur Livraddict m’avaient donné envie de le lire sans tarder. Les personnages sont creux, manichéens (les flics Blancs sont tous des pourris), les dialogues plats (sans doute que les nôtres, dans la vraie vie, le sont aussi) et rien dans le récit n’a réussi à m’emporter, ne fut-ce qu’une seule fois. Bref, une catastrophe pour moi…

Bilan Mensuel : 21 Romans

  1. Sherlock Holmes et les protocoles des Sages de Sion : Nicholas Meyer
  2. Duchess : Chris Whitaker
  3. L’été où tout a fondu : Tiffany McDaniel
  4. Blackwater – 01 – La Crue : Michael McDowell
  5. Tapi dans l’ombre – Une histoire sur Jack l’Éventreur : A. L. Butcher (15 pages) [BABELIO]
  6. Toute la lumière que nous ne pouvons voir : Anthony Doerr [Pavé 657 pages ] [LC avec Bianca]
  7. Les bisons de Broken Heart : Dan O’Brien
  8. Un Afghan à Paris : Mahmud Nasimi
  9. Fracture : Eliza Griswold
  10. Un profond sommeil : Tiffany Quay Tyson
  11. Arthur Conan Doyle – Puis-je marier Sherlock Holmes ? : Chevalier (36 pages)
  12. Brokeback mountain : Annie Proulx
  13. Minuit à Atlanta : Thomas Mullen
  14. Les hommes ont peur de la lumière : Douglas Kennedy [LC avec Bianca]
  15. Ecotopia : Ernest Callenbach
  16. Nous étions libres comme le vent : David Roberts
  17. Le Serpent des blés : T.M. Rives (96 pages)
  18. Karoo boy : Troy Blacklaws
  19. Crazy Horse – Une vie de héros : Joseph Marshall III
  20. Lady Chevy : John Woods
  21. Arpenter la nuit : Leila Mottley [BABELIO]

Bilan Mensuel : 18 Bédés / 4 Comics / 1 Manga / 3 albums enfants = 26

  1. Louisiana – Tome 1 – La couleur du sang : Léa Chrétien et Gontran Toussaint
  2. The Seven Deadly Sins : Tze Chun et Artyom Trakhanov [COMICS]
  3. Horseback 1861 : Hasteda et Nikho [COMICS]
  4. Calvin et Hobbes – 09 – On n’arrête pas le progrès ! : Bill Watterson [COMICS]
  5. Batman – The Dark Knight Returns : Frank Miller et Klaus Janson [COMICS]
  6. Louisiana – Tome 2 – La couleur du sang : Léa Chrétien et Gontran Toussaint
  7. Archives secrètes de Sherlock Holmes – Tome 4 – L’ombre d’Arsène Lupin : Philippe Chanoinat et Frédéric Marniquet [BABELIO]
  8. Moby Dick – Livre premier (BD) : Christophe Chabouté et Herman Melville
  9. Moby Dick – Livre second (BD) : Christophe Chabouté et Herman Melville
  10. Le Révérend – Livre 1 – Les diables déchus du Nevada : Lylian et Lebon
  11. Le Révérend – Livre 2 – Chasse à l’homme : Lylian et Augustin Lebon
  12. John Tanner – Tome 1 – Le captif du peuple des Mille Lacs : Christian Perrissin et Boro Pavlovic
  13. West Legends – Tome 6 – Butch Cassidy & the wild bunch : Christophe Bec et Michel Suro
  14. Mages – T08 – Belkiane : Sylvain Cordurié et Vladimir Krstic [BABELIO]
  15. Les 5 terres – T02 – Quelqu’un de vivant : Lewelyn et Lereculey [BABELIO]
  16. Les 5 terres – T03 : L’amour d’un imbécile : Lewelyn et Lereculey [BABELIO]
  17. Les 5 terres – T04 : La même férocité : Lewelyn et Lereculey [BABELIO]
  18. Les 5 terres – T05 – L’objet de votre haine : Lewelyn et Lereculey [BABELIO]
  19. Les 5 terres – T06 – Pas la force : Lewelyn et Lereculey [BABELIO]
  20. Balles perdues : Walter Hill
  21. C’est MON arbre : Olivier Tallec [ALBUM] [BABELIO]
  22. De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête : Werner Holzwarth et Wolf Erlbruch [ALBUM] [BABELIO]
  23. Toile de dragon : Muriel Zürcher [ALBUM] [BABELIO] 
  24. Enquêtes de Sherlock Holmes – T01 – L’aventure du ruban moucheté : Conan Doyle et Christel Espié [BABELIO]
  25. Seton, le naturaliste qui voyage – Tome 1 – Lobo, le roi des loups : Jirô Taniguchi et Yoshiharu Imaizumi [MANGA]
  26. West Legends – T05 – Wild Bill Hickok, Forty Bastards : Nicolas Jarry et Laci

Crazy Horse – Une vie de héros : Joseph Marshall III

Titre : Crazy Horse – Une vie de héros

Auteur : Joseph Marshall III
Édition : Albin Michel – Terre indienne (2007)
Édition Originale : The journey of Crazy Horse (2004)
Traduction : Renaud Morin

Résumé :
Avec Sitting Bull et Geronimo, Crazy Horse est l’une des figures les plus charismatiques de la résistance indienne aux États-Unis. Sa personnalité, son étonnante victoire sur le général Custer à Little Big Horn, sa mort tragique et prématurée en 1877 ont fait de lui un véritable héros qui, aujourd’hui encore, fait figure de symbole pour les Indiens d’Amérique. »

Les coutumes qu’il a pratiquées, les traditions qu’il a suivies, les valeurs qu’il a incarnées sont encore viables aujourd’hui parce qu’il a fait son possible pour les conserver. Il les a défendues en vivant en accord avec elles et en se battant pour elles.

Pour toutes ces raisons, Crazy Horse sera toujours mon héros », dit l’écrivain et historien lakota Joseph Marshall.

Jamais encore l’un des siens n’avait entrepris de raconter le destin exceptionnel du chef sioux.

Dans ce livre émouvant, fruit d’années de rencontres et de recherches, l’auteur du Cercle de la vie brosse un portrait  » intime  » de Crazy Horse et nous invite à découvrir de l’intérieur la passionnante culture des Indiens des Plaines.

Critique :
L’Homme Blanc a réussi le tour de force de transformer des gens autonomes en personnes assistées ! Du socialisme inversé, en quelque sorte.

C’est du très mauvais socialisme celui qui asservi les gens, ce clientélisme juste bon à s’assurer la passivité (ou les votes, chez nous) de ces nouveaux assistés, qui sans les colis alimentaires, auraient bien du mal à subsister là où les a parqué, alors qu’avant, ces Indiens n’avaient besoin de personne pour survivre.

Pas de quoi pavoiser, l’Homme Blanc est roublard, il se réservera toujours le droit de diminuer les colis donnés, de ne pas respecter les contrats, de ne pas en donner autant d’années qu’il avait été prévu et les colis n’étaient jamais composés que de nourriture avariée, casseroles, instruments agraires ou vêtements défraichis. Oui, le peuple de Red Cloud a été eu… ♫ Paroles et encore des paroles ♪

Cette biographie de Crazy Horse, basée sur des témoignages et sur les récits oraux de ses ancêtres Amérindiens, est romancée. Non pas que l’auteur a raconté des choses fausses, mais contrairement à d’autre livres sur les chefs Indiens, il met en scène l’Histoire, même s’il n’y a pas de dialogues.

Elle commence avec sa naissance et son enfance. Jeune enfant aux cheveux clairs, il était souvent la cible de moqueries des autres gamins (nous n’avons pas le monopole), mais jamais il ne se rebella, ne s’énerva et il acquit ainsi un statut de guerrier juste, pas un fou prêt à tout, mais un homme réfléchi.

Tout allait bien dans la tribu des Sioux, jusqu’à ce que l’Homme Blanc emprunte la piste avec ses chariots, ne chassent les bisons de par sa présence massive, de par ses chasses massives, de par sa frénésie de l’or, de par ses envies de s’étendre et parce que l’Homme Blanc, telle une nuée de sauterelles, détruisait tout sur son passage, Nature, animaux et être humains qui ne vivaient pas comme eux.

Il est marrant (si j’ose dire) de voir que là aussi, le conflit a commencé avec une vache ! Je dis ça parce que gamine, à l’école, nous avions appris l’histoire de la Guerre de la Vache (qui a donné son nom à une route et qui fit 15.000 morts – merci Wiki), histoire célèbre dans mon plat pays (avec la bataille des éperons d’or).

Ici, tout pareil : une vache maigre se promène, sans propriétaires, arrive dans le campement des Indiens, qui la tue, la mange et lorsque le proprio Mormon hurle à l’assassinat de sa vache, ça dégénère, car il refusa les deux bons chevaux proposés en dédommagement par les Indiens et ensuite, des soldats vinrent au campement et tuèrent un chef qui était paisible. Et tout bascula ensuite…

Cette biographie romancée est très intéressante, une fois de plus, c’est une mine de détails, d’Histoire, de culture du peuple des Sioux (divisés en plusieurs peuples) et mon sel regret sera que l’auteur parle peu de la bataille de Little Big Horn.

Dommage, parce que c’est une bataille importante (même si on connait les détails). Par contre, on aura des récits d’autres batailles. Ce sera dans les pages additionnelles que je comprendrai pourquoi l’auteur ne s’est pas appesanti sur Little Big Horn.

Comme toujours, les Indiens ont été trompés par les Hommes Blancs, grugés, les traités n’ont jamais été respectés et la langue des Blancs est resté fourchue en tout temps, en tout lieu.

Les Indiens, lassés de fuir, lassés de se battre contre des soldats qui ne connaissaient rien de l’honneur (comme les autres tribus indiennes contre qui ils se battaient), ont bien souvent déposés les armes, laissé les Blancs emporter leur chevaux et se sont laissé asservir et corrompre par l’Homme Blanc, qui a réussi à monter les Sioux entre eux, donnant du pouvoir à des hommes qui ne l’auraient jamais eu dans leur tribu. On n’est jamais aussi bien trahi que par les siens…

L’ouvrage se termine par la mort de Crazy Horse, assassiné par l’un des siens, sans doute un meurtre commandé par Red Cloud qui voulait rester calife et ne pas partager le pouvoir avec un autre chef, même si Crazy Horse ne demandait rien. La peur de perdre le pouvoir, ça fait toujours agir les humains de manière violente.

Une belle biographie sur ce chef charismatique, une mine d’information pour celles et ceux qui sont intéressées par le sujet, car il n’est pas le seul dont l’auteur parlera.

Le portrait d’un être humain, avec ses défauts, ses qualités. D’un homme qui se dévouait pour son peuple, qui aidait ceux qui n’avaient pas grand-chose (les veuves), parce que c’était son devoir et qu’il n’était pas égoïste, comme d’autres.

Un portrait réalisé au plus juste, loin des clichés habituels qu’on nous a fourré dans la tête, loin des Indiens assoiffés de guerre, de sang, de scalps et de toutes ces conneries des films où les gentils cow-boys, les merveilleuses Tuniques Bleues, affrontaient les vilains méchants Indiens.

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022 (dernière fiche).

 

Lady Chevy : John Woods

Titre : Lady Chevy

Auteur : John Woods
Édition : Albin Michel – Terres d’Amérique (26/01/2022)
Édition Originale : Lady Chevy (2020)
Traduction : Diniz Galhos

Résumé :
Amy Wirkner, lycéenne de 18 ans, est surnommée « Chevy » par ses camarades en raison de son surpoids.

Solitaire, drôle et intelligente, elle est bien décidée à obtenir une bourse pour pouvoir aller à l’université et quitter enfin ce trou perdu de l’Ohio où la fracturation hydraulique empoisonne la vie des habitants, dans tous les sens du terme.

Mais alors qu’elle s’accroche à ses projets d’avenir et fait tout pour rester en dehors des ennuis, les ennuis viennent la trouver.

Convaincue que l’eau de la région devenue toxique est à l’origine des malformations de naissance de son petit frère, elle accepte de participer avec son meilleur ami Paul à un acte d’écoterrorisme qui va très mal tourner.

Mais Amy refuse de laisser l’erreur d’une nuit briser ses rêves, quitte à vendre son âme au diable…

Critique :
La fracturation hydraulique, dans le but d’extraire du gaz de schiste, c’est un truc super giga polluant. Ceux qui ont des doutes, je leur conseille de lire « Fracture » de Eliza Griswold.

Une fois de plus, je me suis retrouvée dans l’Amérique d’en bas, des laissés-pour-compte, des petites gens, des redneks, des suprémacistes et racistes.

Non pas que j’aime les théories raciales (que du contraire), juste que j’apprécie les romans noirs et que ce genre de personnes gravitent souvent dans l’Amérique profonde, celle qui a peur de perdre sa place, de se faire remplacer, de perdre sa puissance.

Amy Wirkner, lycéenne de 18 ans, est surnommée « Chevy »… Joli petit surnom, pour une fille, que l’on se dit de suite. Sauf que c’est l’abréviation de Chevrolet et que c’est parce qu’Amy est grosse. La grossophobie est de sortie et en raison de son surpoids, là voilà toute désignée pour être victime des élèves de son bahut.

Dans son patelin, les mecs de la fracturation hydraulique sont passés, ont entubés tout le monde (sans vaseline), ont fait miroiter des revenus importants et lorsque les gens n’étaient pas intéressés, ils leurs ont dit que de toute façon, ils n’y couperaient pas puisque tout le monde signait. Depuis, l’eau n’est plus potable et on peut même y mettre le feu lorsqu’elle sort du robinet.

Amy Wirkner est un personnage qui marque, un personnage important, une fille qui ne se laisse pas faire, qui essaie d’y arriver, alors que son entourage n’est pas le meilleur. Une mère qui s’en va avec d’autres hommes, un père qui manque de couilles, un grand-père qui a appartenu au Triple K (ce n’est pas le nom d’un ranch) et un oncle suprémaciste, raciste, possédant un bunker pour survivaliste et un drapeau nazi.

L’ère d’Obama ne plaisait pas à ces gens… L’auteur a poussé loin les curseurs pour monter son petit théâtre, pour nous plonger dans cette Amérique profonde, dans cette Amérique qui portera, plus tard, le Trump aux nues et au pouvoir. Un président qui se vantera d’attraper les femmes par la chatte… Tout ce que certains aiment.

N’ayant pas relu le résumé avant ma lecture, je ne savais pas du tout où le récit allait m’entraîner, jusqu’à ce que le drame se produise.

J’étais à fond dans l’histoire, me demandant comment tout cela allait finir, quand, en lisant un passage, ma tasse de café s’est figée dans les airs. Non, pas possible, j’avais dû mal lire. On reprend… Purée, non, j’avais tout à fait bien lu. Bizarrement, cet acte m’a secoué, m’a troué le cul et pourtant, c’était la seule solution et j’y avais moi-même pensé… Il est temps que je me fasse soigner.

Les personnages, même secondaires, sont bien travaillés, réalistes au possible et tous auront un rôle à jouer. Le pire étant H, le policier. Un méchant comme on aime en croiser dans la littérature (ou au ciné), un homme froid, dangereux, manipulateur et que l’on ne voudrait pas croiser dans la vraie vie. Une réussite !

Malgré tous les ingrédients glauques, sombres, violents, pollués comme les eaux de la ville, malgré les assassinats, les racistes, les héritages lourds à porter, la grossophobie, ce roman n’est pas le genre à plomber l’ambiance à la fin de sa lecture, ni à terminer les pieds dans le tapis ou dans les caricatures lourdes.

C’est un roman noir sombre, ô combien troublant, puisque l’on ne sait jamais comment tout cela va se terminer. Le suspense est entier, jusqu’au bout et le duel entre Amy et H sera le point d’orgue de ce récit.

Dans ces pages, personne n’est ni tout à fait noir, ni tout à fait blanc, tout le monde se trouvant dans ces zones de gris, même l’oncle qui se lamente que les Américains se soient trompés d’ennemis durant la Seconde Guerre. Lorsqu’il dit que l’Amérique s’est construite sur un génocide et sur l’asservissement des autres, il a tout à fait raison. Un trait de lucidité avant qu’il ne reprenne ses discours de haine.

L’Amérique doit sa place dans l’Histoire à sa conquête génocidaire, à l’asservissement d’autres races, et à une quinzaine de centimètres de terre riche et saine en surface. Nous n’étions au départ qu’une poignée de colonies sur la côte Est, et nous avons relié le Pacifique au gré des massacres, bâtissant ainsi notre empire continental.

Bref, un roman noir magistral, parfaitement maitrisé et qui nous plonge dans une Amérique qui a mal, qui a peur, qui aimerait se retrouver entre Blancs, une Amérique pieuse, qui va à l’église mais qui ne sait pas ce qu’est le Bien ou le Mal, ou alors, qui a sa propre définition qui ne correspond pas vraiment au « Aimez-vous les uns et les autres » et « respectez votre prochain »…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°54] et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Pawnee : Patrick Prugne

Titre : Pawnee

Scénariste : Patrick Prugne
Dessinateur : Patrick Prugne

Édition : Daniel Maghen (2013)

Résumé :
Alban, jeune soldat français envoyé en Louisiane et porté déserteur, partage à présent la vie des indiens Minetaree. Solidement lié d’amitié avec le trappeur Toussaint Charbonneau, il a abandonné tout espoir de retrouver Louis, l’ami qui l’avait accompagné en Amérique avant de tomber aux mains des Pawnees. Sa décision est prise, il va rentrer en Europe…

Malheureusement, son chemin croise celui de guerriers Shawnees, et d’une bande de miliciens.

Si ces derniers sauvent la vie d’Alban, ils se révèlent d’une sauvagerie et d’une cruauté bien supérieure à celle des indiens qu’ils sont censés combattre…

Critique :
C’est le hasard le plus pur qui m’a fait prendre cette bédé, qui était plus épaisse et plus haute que les autres qui se trouvaient rangées dans le même espace, dans une bouquinerie.

L’inconvénient, c’est qu’apparemment, l’on retrouve dans ces pages les personnages de « Frenchman » et que je n’ai pas lu cet album.

Bon, ce n’était pas trop grave, avec le peu d’indications reçues dans le récit, j’ai tout de même compris l’essentiel.

Les dessins et les couleurs de cette bédé sont magnifiques, des vraies œuvres d’art à l’aquarelle qu’on aurait envie d’accrocher dans son salon.

Le récit se passe en 1811, dans l’ouest du Mississipi, où le jeune Alban, soldat de Napoléon, a déserté et vit chez les Minetarées. Lassé de ne pas avoir retrouvé la trace de son ami, Louis, il décide de retourner en Europe, sans savoir qu’Angèle, sa sœur vient d’arriver sur le continent et fait route vers Philadelphie.

En Amérique, c’est le bordel ! Les soldats français et anglais se tapent sur la gueule, les Indiens ont compris qu’il fallait aussi se battre et ne pas se laisser marcher sur les pieds et des miliciens ont assassinés de Pawnee, juste pour le plaisir.

Mélangeant habillement le contexte historique et les errances d’Alban et de sa soeur, l’auteur développe dans son récit une histoire de vengeance, une histoire de miliciens qui se font dégommer, silencieusement, un par un. Mais qui les attaque ? Je ne dirai rien de plus.

Le scénario est classique au possible. Rien de neuf sous le soleil. Malgré tout, on s’attache aux personnages d’Alban et d’Angèle, on se sent plus proche des guerriers Pawnee, luttant pour leur survie face à la nuée de sauterelles qu’est l’Homme Blanc et on suit le fil du récit avec plaisir, angoisse et on se laisse prendre dans les bras du suspense.

À noter qu’à la fin de l’album, il y a des crayonnés de l’auteur, des petites merveilles qu’on regarde avec beaucoup d’attention.

Une belle découverte ! Maintenant, je vais me mettre en chasse et tenter de trouver les autres albums de cet auteur, et surtout le premier !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°53] et Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

West Legends – Tome 5 – Wild Bill Hickok, Forty Bastards : Nicolas Jarry, Laci et J. Nanjan

Titre : West Legends – Tome 5 – Wild Bill Hickok, Forty Bastards

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Laci

Édition : Soleil (13/10/2021)

Résumé :
Le train de Wild Bill Hickok déraille quelques heures après son départ. Isolés, les survivants ignorent que la plus grande menace n’est ni les Indiens ni les loups ni le froid, mais la cavalerie des États-Unis, avec à sa tête le pire des fils de putes que l’Ouest ait connu, bien décidé à reprendre ce que Hickok lui a volé, quitte à tuer tous ceux qui se mettront en travers de son chemin.

Critique :
Wild Bill Hickok est une figure moins connue de l’Ouest, mais cette bédé ne nous racontera pas toute sa vie, se contentant de nous narrer un seul épisode, mais quel épisode !

Nous apprendrons qu’il était shérif à Dodge City et qu’il est foutu le camp en vitesse, refusant de nous dire, au début, pourquoi il en est parti si vite.

Les lecteurs, tout comme les autres passagers du train, l’apprendrons au fur et à mesure, ce qui donnera du suspense et du mystère.

Le récit est un classique : des personnes sont traquées par d’autres, des soldats sans scrupules, qui cherchent à mettre la main sur Wild Bill Hickok, le tout dans des paysages enneigés, où il fait froid et où les survivants manquent cruellement de tout.

Classique chasse à l’homme, mais présenté d’une autre manière, ce qui la rend addictive au possible et nous empêche de poser l’album avant d’en avoir tourné la dernière page.

Les personnages, même secondaires, posséderont les caractéristiques de personnages réalistes et même si nous ne saurons rien d’eux, on ne manquera pas de s’attacher à certains. Tous auront leur rôle à jouer, héros ou zéro, survivant ou tombé au champ d’honneur.

Les dessins de Laci sont, comme d’habitude, magnifiques, tout comme les couleurs de Nanjan, que je retrouve souvent dans les coloristes chez Soleil Production.

Bref, je ne vais pas la faire longue, mais je me suis retrouvée devant un excellent album, meilleur que celui avec Buffalo Bill, même si dans celui-ci, c’était aussi le portrait d’un héros fatigué.

Une saga qui me plait toujours aussi bien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°52], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 58 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Seton, le naturaliste qui voyage – Tome 1 – Lobo, le roi des loups : Jirô Taniguchi et Yoshiharu Imaizumi

Titre : Seton, le naturaliste qui voyage – Tome 1 – Lobo, le roi des loups

Scénariste :
Dessinateur : Yoshiharu Imaizumi
Traduction : Thibaud Desbief

Édition : Kana (2006)

Résumé :
Le vieux Lobo, ou « The King », comme l’appelaient les Mexicains, était le terrible chef d’une étonnante meute de loups gris qui ravagea la vallée de Currumpaw pendant des années.

Tous les bergers et fermiers le connaissaient bien, et, partout où il passait avec sa fidèle meute, il semait la terreur, la colère et le désespoir chez les éleveurs.

Critique :
C’est par le plus grand des hasards que je suis tombée sur ce manga, alors que j’en cherchais un autre. Le mot « Loup » a attiré mon attention et il n’a pas traîné longtemps dans ma PAL.

Premier constat : les dessins sont superbes, loin des visages stéréotypés que l’on voit souvent dans les mangas.

Pas de visage avec des mentons effilés, pas de mèches de cheveux que l’on se demande comment elles tiennent, mais des graphismes réalistes et de beaux décors de la Sierra Navada.

Le récit est tiré de celui d’Ernest Thompson Seton, un peintre qui n’a pas trouvé du succès à Paris, avec sa toile sur les loups. On lui a parlé d’un loup, insaisissable, qui défie tous les chasseurs et qui tue le bétail, semblant comprendre les pièges qu’on lui tend.

Ce manga pourrait sembler partir sur le fantastique, avec ce loup, surnommé Lobo, qui semble comprendre tous les pièges mis en place par les hommes, même par Seton, alors que ce dernier prend moult précautions pour camoufler ses appâts empoisonnés ou ses pièges.

Combats titanesques entre un homme et des loups, dont un semble humain (ou loup-garou), tant il est intelligent, rusé et inattaquable. Le but de Seton était aussi de l’étudier, mais finalement, il passera plus de temps à piéger tout le coin qu’à étudier cette bande de 6 loups.

Ce que je reprocherai à ce manga, c’est le côté « bêtes sauvages » que l’on semble donner à ces loups. En voyant les tableaux de chasse de ces prédateurs, on aurait presque envie de crier haro sur les loups, et pourtant, j’ai tiqué, tant cela me semblait exagéré, limite abusé de sa race !

Deux loups qui, durant une nuit, égorgent 200 moutons, ça fait tout de même un sacré travail, non ? Comme si l’on voulait vraiment les considérer comme des animaux nuisibles, juste bons à abattre…

Par contre, là où le manga m’a frappé en plein coeur, c’est qu’il n’est pas avare en émotions dans sa dernière partie. J’étais à deux doigts de sortir le kleenex tant c’était émouvant, beau, violent et horrible à la fois.

On pourrait en vouloir à Seton d’avoir fait ce qu’il a fait, mais au moins, en voyant l’horrible et magnifique tableau sous ses yeux, il comprendra son erreur, la regrettera et essayera de rétablir les loups. Pas besoin de vous dire qu’il n’y a pas vraiment réussi, l’Homme ayant toujours peur du loup…

Finalement, si j’ai été sceptique au départ, ce manga m’a emporté et à balayé tout sur son passage, comme un ouragan (chantez, maintenant). L’auteur arrive bien à décrire la barbarie des êtres humains, leur cruauté et le fait qu’ils se foutent pas mal de la Nature. L’Homme est bien pire que les loups, et pourtant, ce sont eux qu’on a exterminés, éradiqués…

Une belle trouvaille que j’ai faite, avec ce manga…

PS : Comme les autres volumes concerneront d’autres animaux, je ne pense pas les chercher dans mes bouquineries, ce qui m’a attiré dans celui-ci, c’était les loups.

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Le Serpent des blés : T.M. Rives

Titre : Le Serpent des blés

Auteur : T.M. Rives
Édition : Zulma (05/05/2022)
Édition Originale : The Corn Snake
Traduction : Lucien d’Azay

Résumé :
Le Guide des insectes sous le bras, la jeune Macey et sa mère partent en pique-nique sur les collines dorées de Feldon.

Au beau milieu des herbes folles surgit Mitchell, un géant dégingandé aux lunettes étincelantes sous le soleil.

Esprit libre et fantasque venu de New York pour étudier les serpents, Mitchell est un vrai charmeur. Le voilà qui s’installe dans leur vie…

Le Serpent des blés nous emporte dans ces paysages américains tout droit sortis des tableaux de Edward Hopper, avec une sensibilité et un laconisme déchirant dignes de Carson McCullers ou de Raymond Carver. Irrésistible et envoûtant.

Critique :
Une fois de plus, je suis allée arpenter l’Amérique profonde, celle des campagnes, loin des grandes villes, dans un lieu où les gens s’occupent des affaires des autres, notamment d’une jeune veuve et de sa fille, Macey, en mal de père.

Dans cette petite ville, il faut aller à l’église, il faut suivre les conventions et patati et patata.

Dans ce roman ultra-court (trop ?), en moins de cent pages, l’auteur dresse des portraits, plante son décor et nous montre une tranche de vie, celle de cette veuve qui souhaiterait rencontrer un homme, mais qui n’ose pas se le dire et qui, lorsqu’une amie lui parlera de cet homme étrange qui arpente les collines de Feldon à la recherche d’insectes, résistera encore à l’envie d’aller le rencontrer.

Dans cet univers qui semble paradisiaque (la nature est omniprésente) et sans technologies (l’histoire ne doit pas se dérouler au-delà des années 70), l’homme qu’elle rencontre est un herpétologiste ! Non, non, il n’étudie pas l’herpès ! Juste les serpents.

Un homme, une femme, chabadabada ♫ et des serpents, le tout au milieu de la nature !

Pas de bol, l’homme se prénomme Mitchell et non Adam (même pas Eddy). Contrairement aux culs bénis du coin, il est désinhibé, marche hors des clous, a un sens de l’humour développé et ne possède pas la pudibonderie des bouffeurs de Bon Dieu du patelin.

Macey, qui était une gamine renfermée, qui semblait aller mal dans sa tête (sans que l’on sache jamais ce qu’il se passe dedans), commence à s’ouvrir, au contact de cet homme qui lui parle de serpent comme d’autres parleraient de chiens ou de chats.

Ce court roman est bon, mais il m’a manque un petit quelque chose pour en faire une lecture extraordinaire. Mitchell et Macey sont des personnages merveilleux, mais avec plus de pages, j’aurais pu les appréhender mieux et profiter plus longtemps de leur présence bienveillante et drôle.

Le récit est tout en nuances et j’ai dû relire le final deux fois avant de bien en saisir toute sa portée. Il apporte son lot de questionnement, jusqu’à ce que la pièce tombe et qu’on comprenne que parfois, il faut peut de mots pour en dire beaucoup. Certains ont peur de se retrouver enfermé dans un terrarium et doivent peser le pour et le contre avant de décider…

En fait, durant ma lecture, j’ai cherché de la perversité, du péché, des horreurs à venir, là où il n’y avait qu’un récit de vie, tout simplement. Sincèrement, il faut que j’aille me faire soigner ou alors, arrêter de lire des romans noirs et lire plus de Tchoupi pour ne plus chercher de noirceur là où il n’y en même pas.

Tout comme le serpent des blés n’est pas venimeux, ce court récit ne comportait aucun venin. Dommage qu’il était si court, j’ai l’impression de ne pas avoir eu le temps de l’apprécier.

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Nous étions libres comme le vent : David Roberts

Titre : Nous étions libres comme le vent

Auteur : David Roberts
Édition : Albin Michel – Terre indienne (1999)
Édition Originale : Once They Moved Like the Wind
Traduction : Alain Deschamps

Résumé :
« À la fin, durant l’été 1886, ils n’étaient plus que trente-quatre, hommes, femmes et enfants, à suivre Géronimo. Le petit groupe d’Apaches Chiricahuas fut la dernière bande d’Indiens libres à poursuivre la guerre contre le gouvernement des Etats-Unis. Cinq mille soldats américains – le quart des effectifs de l’US Army – et trois mille soldats mexicains les traquèrent sans merci. Pourtant, pendant plus de cinq mois, Géronimo et les siens réussirent à échapper à leurs poursuivants. Jusqu’à leur reddition finale, les forces armées de deux nations puissantes ne sont pas parvenues à capturer un seul Chiricahua, pas même un enfant. »

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, le territoire couvert aujourd’hui par le Nouveau-Mexique, l’Arizona et le Nord du Mexique fut le théâtre d’une tragédie marquée par la violence, la perfidie et la cruauté.

Dans cette lutte sans merci, les chefs apaches n’auront de cesse de défendre leur patrie, alors que leurs ennemis n’aspirent qu’à leur mort, leur déportation ou leur parcage sur des réserves.

Peu de chefs indiens auront exercé une aussi grande fascination que les figures désormais légendaires de Cochise et Geronimo.

Critique :
Histoire de la mort d’un peuple fier, libre et nomade annoncée… Une fois que l’Homme Blanc a posé son pied sur le continent du Nouveau-monde, cela a sonné le glas pour bien des peuples.

Bizarrement, alors que l’Anglo-saxon et les autres européens fuyaient les dictatures royales, les famines, les différentes oppressions, qu’ils se voulaient libre, ils n’ont eu de cesse de brider les libertés des autochtones, les Amérindiens.

C’était un peuple nomade, chasseurs et le Blanc voulait en faire un sédentaire agriculteur, du jour au lendemain, alors que dans l’évolution humaine, ce changement radical de mode de vie n’a pas eu lieu du jour au lendemain.

Ce roman n’est pas une fiction, il n’est même pas romancé. C’est l’histoire des guerres indiennes, la vie des grands chefs Indiens, que ce soit Cochise, Geronimo, Juh, Mangas Coloradas et Victorio. Avec des plus grands passages consacrés à Cochise et la rébellion de Geronimo qui ne voulait pas se faire enfermer dans une réserve.

Ce que j’ai apprécié, dans ce roman historique, c’est que l’auteur n’ai pas présenté tous les Hommes Blancs comme des vilains méchants pas beaux et les Amérindiens comme des gentils écolo bobo version Bisounours.

Les exactions ont eu lieu des deux côtés, les Amérindiens ont torturés aussi, pendus, assassinés, violés des victimes innocentes (ou pas) et même tué des Blancs qui étaient leurs amis. S’il est facile de tuer un ennemi, il est bien plus difficile de tuer un ami.

Certains Hommes Blancs ont essayé de les comprendre, même s’ils n’y sont pas toujours arrivé, les barrières de la langue et de la culture étant compliquées à surmonter.

Mais il est un fait certain, c’est que les Blancs avaient la langue fourchue, ne respectaient pas la parole donnée ou les traités signés et que dans le registre des meurtres, les Amérindiens étaient des petits artisans, ils tuaient au détail, tandis que les Blancs massacraient en gros. Ils ne jouaient pas dans la même catégorie.

Hélas, l’être humain de l’époque se révoltait pour chaque mort de son peuple (celui des Blancs) et applaudissait pour 100 assassinats d’Indiens, perpétrés loin de son jardin. De nos jours, des gens s’offusqueront toujours bien plus pour un homme tué que par 6000 décédés sur des chantiers (et loin de chez nous).

Ce roman historique est des plus intéressants, mais il est à réserver à des lecteurs (lectrices) qui sont passionnés par le sujet. Il n’y a pas d’action, l’auteur rapportant des témoignages, se basant sur les études réalisées par d’autres, sur des théories d’historiens, afin de nous éclairer sur cette période des guerres Indiennes.

Le récit pourrait sembler long à quelqu’un qui n’est pas intéressé par le sujet. Il n’est pas toujours aisé à lire, du fait qu’il y a beaucoup de matière à avaler, à digérer, mais dans mon cas, le repas s’est bien déroulé et mon rythme de lecture était correct, le roman n’a pas trainé plus de 48h.

Attention que certaines scènes rapportées dans ce récit pourraient heurter les âmes sensibles, ce n’est pas Tchoupi dans son bac à sable, on parle tout de même de guerres, de massacres, de génocide et d’être humains placés dans des réserves où ils crevaient de faim, de soif, de maladie…

Mon seul bémol sera pour le fait qu’un tel récit est assez froid, il a manqué les émotions brutes, comme celles que j’avais pu ressentir avec d’autres récits historiques sur les Amérindiens.

Les Apaches mènent une vie en fuite, tentant d’échapper aux soldats lancés à leurs trousses, ou dans des campements insalubres, souffrant de tout, et le ton de l’auteur m’a semblé froid, comme s’il énonçait des faits bruts. Je ne demande pas que l’on sombre dans le pathos, mais j’apprécie lorsqu’il y a les tripes qui se serrent, en lisant ce genre de récit.

En ce qui concerne l’instruction, ce livre m’a rassasié ! Les détails dans le récit étaient précis, l’auteur donnant souvent plusieurs versions (les témoins se contredisent souvent, les mémoires flanchent, les égos interdisent de dire la vérité,…), au lecteur de se faire sa propre idée.

Un récit copieux, rempli de détails, de vie de chefs Indiens, de guerriers libres, chevauchant des jours et des jours. Un récit sur la rencontre de deux peuples qui ne se sont jamais compris et sur l’un deux qui voulu asservir l’autre, le parquer, l’empêcher de bouger, de chasser, bref, de vivre, tout simplement.

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Balles perdues : Matz, Jef et Walter Hill

Titre : Balles perdues

Scénariste : Matz
Dessinateur : Jef
Adapté de : Walter Hill

Édition : Rue de Sèvres (2015)

Résumé :
1931. Arizona, période la Prohibition. Roy Nash sort de prison, à laquelle il était condamné à perpétuité.

Pour payer la dette de sa libération envers le boss de Chicago, Roy est à la poursuite de trois braqueurs qui ont filé avec le magot sans partager. L’un a de plus embarqué Lena, l’ex de Roy, dans l’aventure.

Roy parcourt les speakeasy et les bas-fonds de Los Angeles à la recherche des fuyards, fâche les mafieux locaux, un détective verreux et ses propres patrons…

De la vengeance, du magot ou de Lena, quel sera le vrai moteur de la quête de Roy ? Et surtout, comment survivre au milieu de ces gangsters à la gâchette facile ?

Critique :
Arizona 1932… Le désert, un trou paumé de chez paumé. Un homme descend de la voiture. Gros plan sur lui, sur la voiture, sur son chauffeur, un balafré.

Pas un mot durant plusieurs cases où notre homme, qui se nomme Roy Nash, commande un whisky au bar, en pleine prohibition. Déposant un billet sur le comptoir, on lui sert son verre.

Roy est un tueur, il a une gueule de tueur.

D’ailleurs, les dessins réalisés par Jeff n’étaient pas toujours de qualité égale.

Il y a des gros plans magnifiques et aussi des merdiques, où l’œil d’un personnage bouffe les cerises pendant que l’autre crache les noyaux. Dans une case, le personnage du policier avait un certain cousinage avec une trogne digne des Guignols de l’info.

Et je ne vous parle même pas des bouches, qui, de temps en temps, se tordent, donnant un rictus affreux aux personnages, les rendant moche, défigurés. Par contre, j’ai apprécié les tons sépias, même si cela donnait l’impression que les mecs portaient du rouge à lèvre.

Dommage pour les visages, parce que les décors et les bagnoles étaient des plus réussis.

Le scénario est classique : trois hommes ont réalisé un hold-up, empruntant de l’argent à un mec de la pègre, ainsi qu’un chauffeur et ensuite, on retrouve la bagnole vide, le chauffeur abattu et le fric envolé.

Non, pas de surprises au rendez-vous, juste un polar noir musclé, rythmé, sanglant, avec des femmes superbes qui se baladent les nichons à l’air (et la touffe aussi).

Du polar noir dans toute sa splendeur, un hard-boiled de derrière les fagots, réunissant tous les ingrédients du genre : des truands, des trafics, un bar Noir, les années 30, la prohibition, les filles faciles, des femmes fatales, les balles qui sifflent, les contrats sur les têtes, des chaussures de béton, un tueur à gage, des trahisons, des mitraillettes, des chapeaux, de l’amour…

Les cadrages de cette bédé étaient très bien fait, donnant l’impression de regarder un film. Normal, on apprend à la fin que Walter Hil, crédité dans cette bédé, est un réalisateur et scénariste de Hollywood et que cette bédé, au départ, c’était un scénario pour un film.

Et comme dans les films, des gars tirant avec des mitraillettes arrivent encore à louper le mec en face d’eux, qui lui, uniquement pourvu de flingues, arrivent à les dessouder !

Roy, c’est Lucky Luke version salopard.

Rien de nouveau sous le soleil avec ce scénario, mais au moins, il va à l’essentiel et nous plonge dans le monde de la pègre dans les années 30. Efficace et distrayant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°51] et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.