Le Pavillon des cancéreux : Alexandre Soljenitsyne

Titre : Le Pavillon des cancéreux

Auteur : Alexandre Soljenitsyne
Édition : Presse Pocket (2005)

Résumé :
En 1955, au début de la déstalinisation, Alexandre Soljenitsyne est exilé dans un village du Kazakhstan après huit ans de goulag.

Il apprend alors qu’il est atteint d’un mal inexorable dont le seul nom est un objet de terreur. Miraculeusement épargné, il entreprendra quelques années plus tard le récit de cette expérience.

Au « pavillon des cancéreux », quelques hommes, alités, souffrent d’un mal que l’on dit incurable. Bien que voisins de lit, Roussanov et Kostoglotov ne se parlent pas.

Pour l’un, haut fonctionnaire, la réussite sociale vaut bien quelques concessions.

Pour l’autre, Kostoglotov, seule compte la dignité humaine.

Pour ces êtres en sursis, mais également pour Zoé la naïve, Assia la sensuelle, Vadim le passionné, c’est le sens même de leur vie qui devient le véritable enjeu de leur lutte contre la mort. Une œuvre de vérité.

Critique : 
Il est des chroniques plus difficile à écrire que d’autres parce qu’on ne sait pas vraiment par quel bout commencer, ni comment l’introduire.

Un peu comme un œuf qu’une poule aurait du mal à pondre tant la lecture fut longue, dure, intensive, mélangeant des tas d’émotions qu’à la fin, on termine un peu saoule. Et devant sa page blanche.

Éliminons déjà le caillou dans la chaussure, perçons l’abcès de suite : j’avais pris plus de plaisir dans « Une journée d’Ivan Denissovitch » mais les deux romans ne sont pas comparables au niveau du nombre de pages (700 ici).

Pourtant, dans cet hôpital qui soigne les cancéreux, nous avons ici aussi un large panel de la société russe dans toute sa splendeur.

Paul Roussanov est un crétin fini (dans le sens de veule et méprisant) qui s’insurge qu’une tumeur ait osé s’en prendre à lui, cadre zélé du parti communiste ! Non mais… Il est exigeant, s’insurge qu’on ne l’ait pas encore examiné après 18h et menace toujours de porter plainte.

Face à lui, Kostoglotov, un relégué qui a vécu les purges staliniennes, les camps du goulag et la guerre. Un personnage que j’ai mis du temps à cerner…

Nous avons aussi, pour équilibrer le bateau, le bienveillant Sigbatov, condamné à se faire emporter par sa maladie, le cynique Pouddouïev, un moribond désœuvré… Chaly qui boit de la vodka,

Sans oublier l’étrange Chouloubine, qui  contemple la salle, silencieux. Du côté des médecins, on a la dévouée Lioudmila Dontsova, Vera Kornilievna Gangart dont la vie se résume à son travail, le serein Léonidovitch, le chirurgien respecté, et Zoé, l’impudente et naïve infirmière.

Dans cet espèce de huis-clos où toutes ces personnes sont obligées de cohabiter, malgré leurs différences de statut social (le Roussanov a refusé le pyjama de l’hosto et a amené le sien), vous n’échapperez pas aux méthodes de soin de l’époque – déjà des rayons, oui ! – ni aux regards des médecins sur ce crabe qu’ils tentaient déjà d’enrayer à l’époque.

L’époque, parlons-en, tien ! Elle n’est pas de tout repos non plus… 1955, Staline est out, mort et embaumé, et le pays est dans une phase de déstalinisation, ce qui n’arrange rien.

La maladie, par contre, les met égaux, se fichant pas mal qu’ils soient ancien prisonnier ou cadre du parti ! Là, c’est égalité. Et la maladie vous montre aussi une part peu connue des gens malades. Pas toujours la meilleure chez certains.

— Et pourquoi lire ? Pourquoi, si on doit tous crever bientôt ?
La balafre de « Grandegueule » frémit.
— C’est justement parce qu’on doit tous crever qu’il faut se dépêcher. Tiens, prends.

Malgré le fait que j’ai aimé découvrir ce petit monde qui souffre, qui espère, qui partage, qui se chamaille, qui perdent courage, qui se battent, j’ai souffert de certaines longueurs dans le roman au point que j’ai sauté des lignes.

Problème aussi, le nom des personnages qui changent souvent, étant appelé selon un nom et ensuite un autre… ça n’aide pas ! Lioudmila Afanassievna alias Dontsova, par exemple ou Paul Nikolaievitch qui est ensuite appelé Roussanov ou Paul Nikolaievitch Roussanov. Bon, lui, vu son caractère de chien, il était reconnaissable.

Soljenitsyne a été soigné dans un pavillon pour cancéreux et il a connu le goulag… Kostoglotov devait lui ressembler un peu. Un homme qui a connu l’horreur dans la vie et qui malgré tout, avance encore et toujours. J’ai aimé le personnage.

C’est un roman sombre, qui vous parle de ce régime qui oubliait sciemment ses membres les plus faibles et qui se complaisait dans ses odieuses certitudes.

Nizamoutdine Bakhramovitch avait aussi insisté pour que l’on ne gardât pas les malades condamnés. Leur mort devait survenir, autant que possible, hors de l’hôpital; cela libérerait de nouveaux lits, épargnerait un spectacle pénible aux malades qui restaient et améliorerait les statistiques, ces malades étant rayé non pour raison de décès, mais avec mention : « État aggravé. »

Un roman qui vous ouvrira tout grand les portes de la souffrance humaine…

Cela faisait six mois que je souffrais comme un martyr, j’en étais arrivé le dernier mois à ne plus pouvoir rester ni couché, ni assis, ni debout sans avoir mal, je ne dormais plus que quelques minutes par vingt-quatre heures, eh bien, tout de même, j’avais eu le temps de réfléchir ! Cet automne-là, j’ai appris que l’homme peut franchir le trait qui le sépare de la mort alors que son corps est encore vivant. Il y a encore en vous, quelque part, du sang qui coule mais, psychologiquement, vous êtes déjà passé par la préparation qui précède la mort. Et vous avez déjà vécu la mort elle-même.

Un roman qui vous fera découvrir la Russie du 20ème siècle, celle de tous les excès, sa grandeur, ses injustices et l’amour énorme que portent ses habitants à leur chère patrie.

Un roman où il ne faut pas vraiment chercher un récit, une histoire, du suspense, car vous êtes juste face à un panel de patients et des médecins qui sont confrontés à la maladie et au manque de place dans cet hôpital de Tachkent

Un roman sombre, un roman qui dénonce un régime, un roman humaniste aussi, qui met en avant la capacité de l’humain à s’inscrire dans son destin. Ou pas.

Challenge « Myself II » par Près de la Plume… Au coin du feu et le « Pavé de l’Été » chez Sur Mes Brizées.

CHALLENGE - Pavé de l'été 2015

Publicités

Vongozero : Yana Vagner

Titre : Vongozero                                                                         big_4

Auteur : Yana Vagner
Édition : Mirobole (2014)

Résumé :
La survie d’une femme, entre récit post-apocalyptique et thriller psychologique.

Anna vit avec son mari Sergueï et leur fils Micha dans une belle maison isolée près de Moscou. Un virus inconnu a commencé à décimer la population.

Dans Moscou en quarantaine, la plupart des habitants sont morts et les survivants – porteurs de la maladie ou pillards – risquent de déferler sur les alentours.

Anna et les siens décident de s’enfuir vers le nord, pour atteindre un refuge de chasse sur un lac à la frontière finlandaise : Vongozero. Bientôt vont s’agréger à leur petit groupe des voisins, un couple d’amis, l’ex-femme de Sergueï, un médecin…

Le voyage sera long, le froid glacial, chaque village traversé source d’angoisse, l’approvisionnement en carburant une préoccupation constante.

Tensions nées d’une situation extrême, perte de repères, jalousie, promiscuité, peur…

Plongée dans un exode moderne au cœur d’une Russie dévastée, Anna décrit avec une grande justesse les rapports entre ces onze personnes réunies par la nécessité.

Outre le suspense constamment présent dans le livre, Vongozero est un roman d’une rare densité psychologique porté par une écriture d’une finesse remarquable.

Critique : 
C’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes et ce sont les bons auteurs qui arrivent à transcender un scénario tellement éculé qu’on aurait peur de le lire…

Un virus mortel, les autorités qui minimisent l’affaire, tout qui s’emballe, les gens qui meurent, les survivants qui décident de quitter leurs maisons afin d’aller ailleurs… rien à dire, le postulat de départ puait le réchauffé dès le départ.

Oui mais Yana Vagner, tel son homonyme compositeur, va nous réécrire la partition et nous en jouer une neuve tout en utilisant des vieilles notes.

Du virus qui décime la Russie et le reste du monde, vous ne saurez rien. À vous de l’imaginer… Il est là, mais on ne saura pas grand-chose sur lui, hormis qu’il est mortel et que les grandes villes sont les plus touchées.

Si on avait posé un diagnostic correct dès le début, on aurait pu isoler les patients de façon vraiment efficace ; le problème, comme toujours, c’est qu’ils ont tous minimisé la gravité de la situation afin d’éviter la panique, et ensuite il était trop tard.

Ce qui change, dans ce récit, c’est que l’auteur reste sobre et ne nous fait pas vivre des scènes de pillages ou de violences incontrôlées à tire-larigot. Exit aussi longues descriptions – râles y compris – de l’agonie de la société. Ouf.

Non, chez elle, ce qui l’intéresse, c’est le groupe de fugitifs constitué au départ de 9 personnes. Le récit est centré sur eux et sur le voyage vers le lac Vongozero, à la frontière avec la Finlande. C’est Anna qui en sera la narratrice et vous fera partager ses doutes, ses craintes et son hostilité envers certains membres du groupe.

Hé oui, entre ces personnes là, ce n’est pas vraiment l’amour fou. Les voisins, Anna ne les aime pas. Quant à l’ex-épouse de son mari et le fils qu’ils ont eu, on ne peut pas dire que l’entente règne entre elles.

Va falloir se serrer les coudes, pourtant, parce qu’ailleurs, les structures sociales foutent le camp, l’autorité politique n’existe plus, l’armée par en coui***, on commence à se méfier de son voisin et de tout le monde, l’individualisme et l’égoïsme sont rois et la solidarité est aussi inhabituelle qu’un string brésilien sur la tête du père Nowel.

Ce roman ne se lit pas, il se dévore en quelques bouchées, malgré son épaisseur. Les temps morts sont inexistants, sans pour autant virer à Indiana Jones et dans les voitures qui remontent la Russie sous la neige et le froid, les huis-clos sont parfois étouffants tant l’adrénaline et les angoisses vous prennent aux tripes.

L’être humain, quand il en est à sa survie, peut être capable de tout, du meilleur comme du pire et ceci nous sera démontré durant le parcours de nos voyageurs car il ne sera pas de tout repos.

Pas besoin d’effets spéciaux ou de retournements à gogo, l’auteur maîtrise son sujet et sais user de sa plume pour qu’on ne lâche pas son livre.

Pas besoin de monstres dévoreurs d’enfants dans les pages pour vous mettre le trouillomètre à zéro quand on sait qu’un moteur doit boire de fuel ou de l’essence pour avancer et que si on s’arrête, on est mort. Mais dans un pays exsangue de gens, il en est de même pour le carburant…

Toute la subtilité du roman tient dans son scénario qui, malgré son postulat de départ, s’écarte des classiques habituels mais tout tient aussi dans la construction des personnages et dans leurs manières de se comporter entre eux et lorsqu’ils croiseront d’autres êtres humains.

Peut-on encore se considérer comme des gens bien lorsqu’on reçoit quelqu’un avec une carabine braquée sur lui ? Est-on une personne normale lorsqu’on ne veut pas partager notre nourriture avec de ceux qui crèvent la dalle ? Peut-on encore se regarder dans une glace, quand, après avoir été sauvé par un homme, on envisage de lui siphonner sa réserve de fuel ?

Et vous, comment vous seriez-vous comporté la place de tout ces survivants ?? la question m’a hanté, elle me hante encore et je ne suis pas très fière de moi…

Un roman magistral qui s’éloigne des sentiers battus pour nous entraîner dans un voyage angoissant, le suspense accroché à vos pare-chocs et la tension sous votre parka doublée de mouton…

Un roman qui ne vous laissera pas de glace et qui mettra vos peurs primales sous le feu des projecteurs.

Challenge « Myself II » par Près de la Plume… Au coin du feu.

L’Évangile du bourreau : Arkadi & Gueorgui Vaïner

Titre : L’Évangile du bourreau

Auteur : Arkadi & Gueorgui Vaïner
Édition : Gallimard (2005) 

Résumé :
Pavel Egorovitch Khvatkine, « honnête » professeur de droit, croyait bien avoir échappé à son passé d’ancien membre très influent des sections spéciales du KGB à la toute fin du règne de Staline.

Or, lors d’une soirée bien arrosée, surgit un homme se prétendant « gardien des fourneaux de l’enfer » et venu lui demander des comptes sur sa carrière passée…

Pavel, autrefois haut responsable des sections spéciales du KGB dans les années 1940, a été au coeur du système stalinien, en particulier de la répression sanglante contre les intellectuels juifs et du fameux “complot des blouses blanches”.

On a longtemps affirmé que le roman policier n’existait pratiquement pas dans l’ex-URSS.

Écrite à la fin des années 1970 par les frères Vaïner, mais publiée seulement après la chute de l’URSS, cette plongée terrifiante dans l’univers totalitaire soviétique pourrait bien être la remarquable exception qui confirme la règle.

Longtemps tenu secret, « L’Évangile du bourreau » est une peinture sidérante du système répressif soviétique sous Staline, a fait sensation lors de sa première publication en ex-URSS.

Sa langue faite de russe classique et d’argot des bas-fonds comme son étonnante galerie de bourreaux parfaitement intégrée dans un suspense romanesque font de ce livre un thriller inoubliable.

Biographie des auteurs :
Russes d’origine juive et juristes de formation, les frères Arkadi et Gueorgui Vaïner font partie des plus célèbres auteurs de romans noirs de leur pays.

Critique : 
Que voilà une critique difficile à écrire… D’un côté, nous avons un roman d’un noir profond, une descente horrifiante dans la Russie du camarade Staline, un pan peu reluisant de ce grand pays, la description d’un système qui fait froid dans le dos et de l’autre, il y a moi qui suis passée à côté du livre !

La profusion de personnages aux noms plus complexes que Dupond-Durand m’ont aidé à me paumer, sans compter que les souvenirs de Pavel Egorovitch Khvatkine viennent s’imbriquer dans le présent, rendant parfois le tout très confus.

Bien que je ne me sois pas forcée à lire les 770 pages, j’ai souvent décroché durant ma lecture.

Et j’enrage de n’avoir pas su m’immerger dans ce roman très sombre parce que je voulais vraiment le découvrir, ayant un faible pour la Russie (pas pour ses dirigeants) et voulant en apprendre plus sur son Histoire sombre.

« La veille encore, Lioutostanski s’esclaffait comme un vampire rassasié. Son bonheur était complet, sans nuages, car l’heure approchait où se réaliserait enfin le rêve de toute sa vie : l’extermination des juifs. Et il tirait un orgueil légitime d’avoir apporté son obole, et pas des moindres, à l’organisation de ce nouvel Armageddon. Seulement, Lioutostanski ignorait qu’il n’était pas du pouvoir des hommes de fixer les limites de l’existence et de décider de l’heure du trépas. Il ne pouvait pas savoir que le Saint Patron s’éteindrait le lendemain, et encore moins ce que cela aurait comme conséquence pour les juifs ou pour lui-même. « 

Attention, les auteurs ne sont pas fautif, je vous rassure de suite. Leurs personnages sont travaillés, très profonds, ni tout blanc, ni tout noir et les auteurs ont été assez intelligents que pour éviter de faire porter le chapeau à l’un ou à l’autre. Ils sont russes avant tout et bien que de religion juive, ils ne font que décrire un système sans le juger. Le lecteur est assez grand pour le faire lui-même.

Niveau méchant, Khvatkine est au dessus du lot ! Un beau salopard, pas vraiment un méchant, non. S’il torturait ou tuait du temps de Staline, c’était parce que c’était les ordres… C’était ainsi et il ne se posait pas de question. Aucun remord, aucun sentiment de culpabilité. Bref, un salaud qui s’ignore et l’utilisation du « je » renforce ce sentiment ignoble, nous donne envie de vomir… Beaucoup plus terrifiant que si c’était à la troisième personne.

« Toutes ces caves de torture étaient un mythe, du perlimpinpin moyenâgeux, dont nous n’avions absolument pas besoin, puisque la Prison intérieure centrale du MGB de l’URSS, qui occupait l’immeuble de cinq étages de l’ex-hôtel, ex-compagnie de cargos Caucase et Mercure, dans la cour du 2, rue Loubianka, et reliée au bâtiment principal par un passage, permettait d’assurer le cycle complet de la sécurité nationale, depuis le travail préparatoire des agents jusqu’à l’arrestation du figurant, depuis le début de l’instruction jusqu’aux aveux complets de l’inculpé, depuis le procès par la Commission spéciale auprès du ministre, la COS, jusqu’à l’exécution du condamné, le tout sans mettre le nez dehors une seule fois. Tout se passait dans un lieu unique! Le rêve du technocrate, le but inaccessible du technicien: une production sans déchets, en circuit fermé, un intestin qui se digère lui-même ».

Les souvenirs de cette époque lui reviennent depuis qu’il a croisé un homme se prétendant être le machiniste de la chaudière de la troisième compagnie des enfers. Notre Pavel Khvatkine est donc un salaud, un manipulateur et n’aurait pas hésité à vous tuer s’il avait reçu l’ordre ou si vous dérangiez ses plans. Bref, un salaud réussi.

Niveau Histoire, les auteurs mélangent de véritables personnages avec des fictifs, rendant le tout cohérent et le final est superbe. La seule manière de clore un récit pareil.

Malgré tout ces points positifs, j’ai souvent perdu mon entrain en suivant le fil de ses pensées, assez décousue, parfois, de Pavel. Pas lorsqu’il parlait de ses exactions, là, j’ouvrais grand mes yeux devant toute cette horreur. Je décrochais surtout lorsqu’il parlait des événements du présent, hormis sur la fin, parce que Pavel m’a prouvé, une dernière fois, qu’il était le meilleur dans son niveau de salaud.

Dommage… Mais tout n’est pas perdu puisque j’en ai appris un peu plus sur cette période remplie d’un tas d’illogismes (accuser un juif d’avoir été un espion infiltré par les nazis… heu ??).

En tout cas, ce n’est pas parce que je suis passée à côté de la moitié du roman que je vais virer les frères Vaïner de ma bibliothèque ou vouer ce roman aux gémonies. Que du contraire, il ira sur les étagères du haut, à côté des autres tout grand.

Il avait vraiment tout pour me plaire, ce roman plus noir que le trou du cul d’un vieux mineur occupé à creuser une galerie, au fond d’une mine, à minuit, par une nuit sans lune (©Frédéric Dard, avec un léger changement car ce n’était pas un mineur). J’ai loupé le train, et ça me désole parce que la coupable, c’est uniquement moi. D’où l’absence de cotation.

Un jour, je reprendrai de roman très sombre, avec l’esprit branché sur la bonne longueur d’ondes !

 « Il arrive souvent que la Boutique désire donner quelque nouvelle à notre brave population : une rumeur fausse mais séduisante, officielle mais incertaine. Dans le reste du monde il y a les journaux pour cela ».

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et le Challenge « Myself II » par Près de la Plume… Au coin du feu.

Une journée d’Ivan Denissovitch : Alexandre Soljenitsyne

Titre : Une journée d’Ivan Denissovitch          big_5

Auteur : Alexandre Soljenitsyne
Édition : Presse Pocket (2007) / 10/18

Résumé :
En 1962, pour qu’Une journée d’Ivan Denissovitch pût être publiée en URSS, Soljenitsyne avait dû consentir à des coupures et, par endroits, remanier le texte original.

Voici la version intégrale de ce roman si profondément, si tragiquement russe et qui, cependant, fait maintenant partie du patrimoine mondial de la culture.

Vingt ans ont passé depuis qu’il a vu le jour. Des œuvres monumentales ont succédé à ce joyau : le Premier Cercle, le Pavillon des cancéreux, Août Quatorze et ce requiem colossal qu’est l’Archipel du Goulag ; pourtant, c’est toujours Ivan Denissovitch qui revient le premier à la mémoire dès qu’on nomme Soljenitsyne.

Récit, dans sa version intégrale, de la douloureuse expérience du maçon Denissovitch dans le camp Solovetski. Cette description crue du goulag a fait sensation dès sa parution.

Autre quatrième de couverture :
Une journée d’Ivan Denissovitch , c’est celle du bagnard Ivan Denissovitch Choukhov, condamné à dix ans de camp de travail pour avoir été fait prisonnier au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Le récit nous montre sa journée depuis le coup sur le rail suspendu dans la cour qui marque le lever, jusqu’au court répit du soir et au coucher, en passant par les longues procédures de comptage, la peur des fouilles, les bousculades au réfectoire, les travaux de maçonnerie par un froid terrible dans l’hiver kazakhe, les menues chances et malchances de la journée.

Archétype du paysan russe moyen, Choukhov, homme humble et débrouillard en qui le bien fait encore son oeuvre, a su se libérer intérieurement et même vaincre la dépersonnalisation que ses maîtres auraient voulu lui imposer en lui donnant son matricule.

Le talent propre à Soljénitsyne, son don de vision interne des hommes apparaissent ici d’emblée dans une complète réussite : ce chef-d’œuvre à la structure classique restera dans toutes les anthologies du vingtième siècle comme le symbole littéraire de l’après-Staline.

Critique : 
« Une journée d’Ivan Denissovitch », c’est du café fort, du café fort noir, bien qu’en apparence, il n’en ait pas l’air. À vue de nez, le café a l’air fort clair, pour peu, on apercevrait le clocher de l’église dans le fond de la tasse, mais lorsqu’on le goûte, sa force se fait ressentir dans la bouche et elle vous prend à la gorge.

Étrange pourtant, puisque ce récit d’une journée dans un goulag, en plein hiver, ne comporte pas de scènes violentes, ni de scènes de tortures. Pour peu, on lirait bien cette histoire avec le sourire… jusqu’à ce que la dure réalité se fasse ressentir : hé, on est au goulag !

Voilà toute la force du roman de Soljénitsyne : faire du roman fort, nous prendre par les tripes, nous faire ressentir la faim d’Ivan et des autres, nous faire ressentir le froid mordant, la peur, la résignation, la violence des gardiens, l’inhumanité des lieux, le travail titanesque qu’on leur demande d’accomplir, le tout sans épanchements, sans forcer le trait, en restant sobre… Tout en nous donnant un récit d’une forte intensité.

Ben oui, c’est quoi une journée dans toute une vie ? Rien… Mais pourtant, si importante. Surtout qu’au goulag, il faut rester en vie.

Il ne se passe pas de choses exceptionnelles dans le roman, pourtant, l’ennui est impossible et j’ai suivi cette journée d’Ivan avec passion, mes les tripes nouées tout de même.

Ivan, il est un homme simple, avec de l’enthousiasme. Ce n’est pas un tire-au-flanc ou un salaud, mais pour survivre au goulag, il doit ruser afin que son morceau de pain qu’il a caché ne soit pas dérobé durant son absence, ne pas se faire donner par un autre qui aurait à gagner un petit avantage, bref, éviter de se faire remarquer et d’aller au cachot qui signifierait la presque mort.

Ici, les gars, la loi… c’est la taïga. Mais, même ici, on vit. Ceux qui ne font pas de vieux os, au camp, c’est les lèche-gamelles, c’est ceux qui comptent sur l’infirmerie, c’est ceux qui vont frapper à la porte du grand patron.

Mieux qu’un Spartiate, le prisonnier CH-854 de la brigade 104 a mis au point tout un tas de petites combines afin d’améliorer quelque peu sa détention inhumaine : ne pas dévorer toute sa miche de pain le matin pour la faire durer;  magouiller afin d’avoir une soupe en plus; rendre des services à ceux qui reçoivent des colis; faire correctement son travail pour ne pas mettre leur brigadier dans la merde; cacher quelque lames dans son uniforme et faire en sorte de ne pas se faire attraper…

Denissovitch se permet même le luxe, à la fin, d’être optimiste et de se dire qu’une journée de plus était passée, sans seulement un nuage, presque un bonheur…

Un récit minimaliste qui donne naissance à une œuvre puissante, fallait le faire et le génie de l’auteur l’a fait. Poignant.

Et si le lecteur se donne la peine de réfléchir à l’envers du décor, cela lui donnera la vision d’un système totalitaire qui nie l’individu, qui lui enlève tout espoir et toute possibilité de réintégrer la vie normale. Ils savent tous qu’ils ne sortiront jamais de là…

On peut comprendre qu’à l’époque où le roman fut publié dans le « Novy Mir » il fallu couper quelques passages pour la publication (pourtant, ils n’étaient pas excessifs, ces passages) et que cela péta comme une bombe dans l’opinion russe puisque c’était la première fois qu’un écrivain parlait des goulags, lui qui y avait été.

Il s’endormait, Choukhov, satisfait pleinement. Cette journée lui avait apporté des tas de bonnes chances : on ne l’avait pas mis au cachot ; leur brigade n’avait point été envoyée à la Cité du Socialisme ; à déjeuner, il avait maraudé une kacha ; les tant-pour-cent avaient été joliment décrochés par le brigadier ; il avait maçonné à cœur joie ; on ne l’avait point paumé avec sa lame de scie pendant la fouille ; il s’était fait du gain avec César ; il s’était acheté du bon tabac ; et au lieu de tomber malade, il avait chassé le mal.
Une journée de passée. Sans seulement un nuage. Presque de bonheur.
Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait, d’un bout à l’autre, trois mille six cent cinquante-trois.
Les trois de rallonge, c’était la faute aux années bissextiles.

Un grand roman à découvrir !

Challenge « Myself » par Près de la Plume… Au coin du feu

CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL

Bilan Livresque : Août 2013

9 livres… Huumm, pas terrible mon bilan du mois d’août… La faute à un gros pavé qui m’a pris du temps à lire. 840 pages qui m’ont pris deux semaines, et, résultat, un bilan en demi-teinte. Si, en demi-teinte parce que je comptais lire beaucoup plus !

Hé oui, je participe pour le dernier mois aux  Challenges « Faire fondre sa PAL » chez Metaphore et à « Destination PAL » chez Lili Galipette !

Malgré tout, j’ai fait de belles lectures, avec, tout d’abord, « Ténèbres prenez-moi la main » de Dennis Lehane (ICI). SUPER ! Super noir, aussi. Et un titre de plus pour le challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 !

Lecture chiante avec « Tabou » de Casey Hill (ICI) qui est proche, dans ces cent premières pages, du style littéraire de Harlequin… Limite si je ne l’ai pas envoyé en l’air, ce livre dont je vous conseille de passer votre chemin (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

« Ville noire, ville blanche » de Richard Price (ICI). Le voilà le gros pavé qui m’a empêché de lire plus tant il était gros et long à lire en raison de petits caractères et d’un développement assez long à se mettre en place aussi. Malgré tout, il est à découvrir pour la manière dont l’auteur décrit la montée de la haine raciale (Challenges Le « Pavé de l’été » Sur Mes Brizées,Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Après 15 jours de lecture pavesque, il me fallait du light et j’ai sorti deux petits Folio Policier qui m’ont bien agrémentés ma lecture. Tout d’abord, il y a eu « Vivement dimanche ! » de Charles Williams (ICI). Rien à avoir avec l’émission de Druker, mais ce petit polar était une bouffée d’oxygène. Scénario génial, meurtres, accusé innocent et ruse sont au menu de ce roman (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Le second Folio était le scénario du film que Sébastien Japrisot avait écrit : « Le passager de la pluie » (ICI), film avec Richard Bronson et Marlène Jobert. Le film, dans mes lointains souvenirs, était génial. Le livre en est sa copie conforme, sans la moustache de Bronson… Petit bémol dont il faut passer outre : les dialogues présentés comme dans une pièce de théâtre (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Comme j’ai décidé de lire des auteurs russes, mais de commencer par des épaisseurs guère épaisse, j’avais acheté « Une journée d’Yvan Denissovitch » de Soljenitsyne (ICI). Yvan est prisonnier du goulag et le roman est le récit d’une de ses journées, du lever au coucher. Alors qu’il aurait pu facilement tomber dans le pathos ou le récit dur, Soljenitsyne reste sobre dans ses descriptions, pas de sang, pas de tortures. Récit sobre, mais prenant, poignant et merveilleux d’optimisme de la part de Denissovitch (Challenge « Myself » par Près de la Plume… Au coin du feu.

Polar de chez « Rivages&Payot » ensuite avec « Par qui la mort arrive » de Joseph Hansen (ICI). Un enquêteur qui appartient au milieu des assurances; une mort appartenant au milieu homo et dont il doit s’assurer que ce n’est pas un suicide déguisé en meurtre; un coupable homo dont on ne sait pas à cent pour cent s’il l’est vraiment… vraiment coupable,  homo on en est sûr. Pour la police, ça ne fait aucun doute, sa culpabilité, mais Dave Brandstetter est tenace et bon enquêteur. Il est gay, aussi. Un départ un peu lourd suite aux nombreux personnages, mais ensuite, ça file (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Comme je voulais m’encanailler et remplir mon quota de deux livres pour le Challenge « Badinage et libertinage » de Minou, j’ai lu « La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux » du Marquis de Sade (ICI). Philosophie de comptoir, scènes de sexe qui sentent la resucée, bref, sulfureux à l’époque, encore un tout petit peu à la nôtre, mais la lecture ne m’a pas transcendée. Et la gamine de 15 ans qui devient une grande cochonne en deux secondes chrono, ça sent le mauvais scénario de film porno série Z. Sorry, Marquis, vous ne m’eûtes point émoustillée (Challenge « Myself » par Près de la Plume… Au coin du feu).

Pour terminer, quoi de mieux que LE premier roman policier, du moins, celui qui passe pour être le premier et dont Agatha Christie et Conan Doyle se sont inspirés pour les leurs ? Ce fut donc de ma PAL Noire que je sortis enfin « L’affaire Lerouge » d’Émile Gaboriau (ICI). Pfff, comment dire, ce fut laborieux comme roman !

Bien que le meurtre ait eu lieu de suite, il y a souvent des diatribes au niveau des pensées des personnages qui deviennent souvent lourdes. Ok, je sais qu’elles sont importantes parce qu’elles mettent tout en place, je sais que le juge ne pouvait pas expliquer en deux lignes le pourquoi du comment le nom du vicomte Albert de Commarin lui rappelait de mauvais souvenirs, mais bon, trop is te veel ! Tiens, petit aparté : Sherlock Holmes détestait Lecoq, le personnage de Gaboriau. (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 & Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur).

Bilan livresque d’Août : 9 livres + relecture de 3 bédés (9 livres pour les Challenges « Faire fondre sa PAL » chez Metaphore &  « Destination PAL » chez Lili Galipette)

  1. Ténèbres prenez-moi la main : Lehane (« Thrillers et polars »)
  2. Tabou : C Hill (« Thrillers et polars »)
  3. Ville noire, ville blanche : Price (« Pavé de l’été » et « La littérature fait son cinéma – 3ème année »)
  4. Vivement dimanche ! : Ch Williams (Thrillers et polars » et « La littérature fait son cinéma – 3ème année »)
  5. Le passager de la pluie : S Japrisot (« Thrillers et polars » et « La littérature fait son cinéma – 3ème année »)
  6. Par qui la mort arrive : J Hansen (« Thrillers et polars »)
  7. Une journée d’Yvan Denissovitch : Soljenitsyne (« Myself » )
  8. La philosophie dans le boudoir : Sade (« Badinage et libertinage »)
  9. L’affaire Lerouge : É Gaboriau (« Thrillers et polars » / PAL Noire)
  10. Ric Hochet – Tome 19 – Les signes de la peur : A-P Duchateau & Tibet (« Thrillers et polars »)
  11. Ric Hochet – Tome 18 – Enquête dans le passé : A-P Duchateau & Tibet (« Thrillers et polars »)
  12. Valhardi – Tome 7 – Le mauvais oeil : Jijé (« Thrillers et polars »)

Bilan Livresque : Avril 2013

BILAN - SDA - Dragon

Le mois d’avril fut bien rempli en lectures,‭ ‬c’est pas moins de‭ 18‭ ‬livres qui ont été lu ‭ ! ‬

Sans compter que j’ai fait baisser ma PAL Noire de‭ ‬2‭ ‬romans.‭ ‬Ok,‭ ‬peut mieux faire…

Donc, dans un soucis de diminuer ma PAL Noire,‭ ‬j’ai entammé le mois par deux livres policiers historiques‭ (‬tout bon pour les challenges‭!) ‬:‭ « Rutland Place » (ICI) ‬et‭ « Resurection Row » ‬(ICI) de Anne Perry.

Ils avaient l’avantage d’être assez court‭ (‬300‭ ‬pages‭)‬,‭ ‬donc,‭ ‬pas de perte de temps dans les scones et les tasses de thé.‭ ‬Non pas que je n’aime pas cela,‭ ‬mais lorsque c’est trop long,‭ ‬cela fait perdre du dynamisme à l’enquête.‭ ‬Ici,‭ ‬dynamique et très agréable à suivre.

Un peu de classique avec‭ « Fahrenheit‭ ‬421 » ‬de Bradbury (ICI).‭ ‬Une vision de ce que pourrait être l’avenir si la littérature devenait persona non grata et que le grand nivellement par le bas commençait…‭ ‬Un très beau livre ‭ !

Pour mon challenge‭ « My Self »‬,‭ ‬j’ai entamé la lecture d’un auteur russe ‭ ‬:‭ ‬Dostoïevski avec‭ « Une sale histoire » ‬qui fut une belle découverte littéraire (ICI).

Le Grand Nord pour le challenge Totem avec un récit de Jack London‭  « L’appel sauvage » (ICI).‭ ‬Nous sommes en compagnie de Buck,‭ ‬un chien enlevé dans la Floride et qui se retrouvera à tirer les traineaux dans le Grand Nord.‭ ‬Une belle aventure,‭ ‬le chien devant s’adapter à cette vie dure et sauvage,‭ ‬avant de retrouver son état sauvage.

Deux petits policiers ensuite avec,‭ ‬en tout premier‭ « In Nomine » ‬de Giacometti et Ravenne (ICI) qui nous conte les débuts du futur commissaire franc-maçon Marcas.‭ ‬Le roman souffre d’un manque de développement et‭ ‬200‭ ‬pages de plus lui aurait rendu service ‭ !

« Autopsie d’un viol » ‬(ICI) de Steeman n’a pas comblé mes attentes et je me suis ennuyée ferme durant ma lecture,‭ ‬la fin sauvant un peu le reste de pas son côté inattendu.

Heureusement qu’ensuite,‭ ‬je suis partie virtuellement en Australie avec‭ « Cul-de-sac » ‬de Douglas Kennedy (ICI) qui lui m’a fait sourire,‭ ‬rire avec son humour noir et ses situations totalement burlesque.

Puisque j’en étais aux bonnes lectures,‭ ‬j’ai intégré les pensées et la vie d’un sérial-killer dans‭ « Un Employé modèle » ‬de Cleave (ICI).‭ ‬Joe est agent de nettoyage au commissariat de Police de Christchurch,‭ ‬la joue‭ « ‬attardé mental » ‬mais au final,‭ ‬c’est Hannibal Lecter qui joue à Forrest Gump.‭ ‬SUPER ‭ !

Du noir de chez noir,‭ ‬du serrage de tripes et des larmes avec le pavé de‭ ‬1000‭ ‬pages de Karine Giebel‭ « Meurtres pour rédemption« ‬. Un roman plus que sombre qui nous fait entrer dans l’univers carcéral féminin. J’en ai eu les tripes retournées, nouée, la gorge serrée, les yeux humides. Magnifique, mais à la fin de pareille lecture, on est une loque (EN COURS – ICI).

Que faire ? Se lancer corps et âme dans de la littérature jeunesse. Ce que je fis avec une salve de 4 romans de Béatrice Nicodème qui met en scène Wiggins, un « Irréguliers de Baker Street », des jeunes gamins des rues utilisé par Sherlock Holmes pour les filature.

Là, notre garçon veut devenir détective et il apprend le métier, résout des enquêtes, mais son mentor n’est jamais loin. « Wiggins et le perroquet muet » (ICI) est le premier que j’ai lu.

Enchainant ensuite avec « Wiggins et la ligne chocolat » (ICI) et « Wiggins chez les Johnnies » (ICI) pour en conclure avec « Wiggins et les plans de l’ingénieur » (ICI).

Aventures agréables à lire, sans se prendre la tête tout en découvrant les bas-fonds de Londres à l’époque victorienne.

Puisque j’étais en compagnie de mon détective préféré, j’ai sorti de ma PAL « Le mystère Sherlock » (EN COURS – ICI) que je n’avais pas encore lu. C’est George et son excellente critique qui m’y a fait penser. Drôle, de l’humour au second degré, de l’humour noir, un style que n’aurait pas renié Frédéric Dard (le père du commissaire San-Antonio), l’argot et les scènes de cul en moins. J-M Erre est désopilant et cela fait du bien de lire ce genre de roman car mes pouffements de rire furent légion.

Pour clore mon mois chargé, j’ai relu un livre dont je ne me souvenais plus de la fin « L’horreur du West End » de Nicholas Meyer (EN COURS – ICI) et qui est un pastiche holmésien.

Encore ? Ben quoi, faut bien que je remplisse mes challenges, non ?

*******

Bilan Avril 2013 : 16 livres (2 PAL Noire et 16 participations à divers challenges)

1. Rutland Place ‬: Anne Perry (PAL Noire« Polar Historique »« Thrillers et Polars »)

2. Resurection Row : Anne Perry (PAL Noire« Polar Historique »« Thrillers et Polars »)

3. Fahrenheit‭ ‬421 : Bradbury (« Romans Cultes »« La littérature fait son cinéma – 3ème année »

4. Une sale histoire : Dostoïevski (« Myself » )

5. L’appel sauvage : Jack London‭ (« Totem » )

6. In Nomine : Giacometti et Ravenne (« Thrillers et Polars »)

7. Autopsie d’un viol : Steeman (« Thrillers et Polars »)

8. Cul-de-sac : Douglas Kennedy (« Thrillers et Polars »)

9. Un Employé modèle : Cleave (« Thrillers et Polars »)

10. Meurtres pour rédemption : Karine Giebel‭ (« Thrillers et Polars »)

11. Wiggins et le perroquet muet : Béatrice Nicodème (« Sherlock Holmes »  – « Polar Historique »« Thrillers et Polars »)

12. Wiggins et la ligne chocolat : Béatrice Nicodème (« Sherlock Holmes »  – « Polar Historique »« Thrillers et Polars »)

13. Wiggins chez les Johnnies : Béatrice Nicodème (« Sherlock Holmes »  – « Polar Historique »« Thrillers et Polars »)

14. Wiggins et les plans de l’ingénieur : Béatrice Nicodème (« Sherlock Holmes »« Polar Historique »« Thrillers et Polars »)

15. Le mystère Sherlock : J-M Erre (« Sherlock Holmes »« Thrillers et Polars »)

16. L’horreur du West End : Nicholas Meyer (« Sherlock Holmes »« Polar Historique » « Thrillers et Polars »)

Une sale histoire: Fédor Dostoïevski

Titre : Une sale histoire

Auteur : Fédor Dostoïevski
Édition : Actes Sud (2001)

Résumé :

1862 : début des grandes réformes en Russie, qui annoncent une tentative de libéralisation du régime. Désireux de prouver sa largeur d’esprit, alors fort à la mode, un grand chef de l’administration s’invite à la noce d’un modeste fonctionnaire. La série de catastrophes découlant de cette très mauvaise idée est l’occasion d’une farce irrésistible qui, par son impertinence caustique, annonce déjà la révolution.

Critique : 

Ma décision est prise depuis quelques temps déjà, c’est décidé, je me mets ENFIN à lire des auteurs Russes ! Mais bon, pour commencer, je me suis dit qu’un roman assez fin conviendrait mieux que de m’attaquer à « Guerre et paix » !

Voilà pourquoi j’ai commencé ce projet par ce roman qui m’a fait entrer de plein-pied dans la Russie de 1862, celle des castes, des privilèges, de l’administration toute puissante et du début des réformes qui annoncent une tentative de libéralisation du régime.

Un grand chef de l’administration, désireux de prouver sa largeur d’esprit, ne trouve rien de mieux que de s’inviter à la noce d’un modeste fonctionnaire.

Le quatrième de couverture me parlait d’une farce irrésistible et je m’attendais à des éclats de rire, mais il n’en fut rien.

C’est bien une farce, mais c’est de l’humour à froid. C’est de l’impertinence caustique, pas du rire gras. Ne vous attendez pas à de la blague à deux balle (honte à moi) mais c’est encore plus terrible.

Bien que j’aie eu quelques difficultés avec les noms des protagonistes, n’arrivant pas bien à les reconnaître, au départ et obligée, de ce fait, à relire plusieurs fois les mêmes lignes, j’ai persévéré, obligeant mon cerveau à lire les noms et non les deviner (un personnage, ce n’était pas « Stéphane », mais « Stépane »)

Ce qui m’a plu ? Les pensées de Mr Pralinski avant de s’inviter à la noce : il se fait un film de ce qu’il pense être le futur déroulement de son entrée surprise, se voyant déjà ensuite, adulé par les autres… Et la largeur d’esprit, à cette époque, c’était le must !

Mais c’était oublier que la première chose qui foire dans un plan de bataille, c’est le plan de bataille lui-même !

Pralinski et ses déboires, ce fut un peu à la manière de Perette de son pot de lait : elle se voit déjà en possession de poules, de vaches, de cochons… Et ensuite ? Adieu veau, vache, cochon, couvée !

Au final, une belle découverte de quelques moeurs de la Russie Impériale et une belle illustration du fameux « Tu t’es vu, quand t’as bu ? »

Titre participant au Challenge « Myself » par Près de la Plume… Au coin du feu.

Challenge « My self »

Chez Romanza : Près de la plume… au coin du feu

En reprenant mon idée d’auto-challenge Proust fait il y a quelques temps, il s’agit ici de vous lancer un défi littéraire personnel pour cette année 2013.

C’est vous qui choisissez! C’est votre défi, vous décidez en quoi il consiste.

Il peut s’agir de lire 1 seul roman dans l’année comme une vingtaine … Vous vous auto-challengez. C’est assez libre puisque c’est vous qui établissez les objectifs à atteindre.

Il peut s’agir de :

  • découvrir un auteur que vous n’avez pas encore ouvert
  • lire (enfin) un roman que vous désirez parcourir depuis des années et que vous n’avez jamais pris le temps d’ouvrir (ou que vous craignez d’ouvrir)
  • lire une série ou une saga (ou la terminer)
  • découvrir ou lire davantage un genre littéraire particulier
  • lire des romans sur un thème particulier
  • découvrir la littérature d’un pays
  • se réconcilier avec un auteur
  • …….. et bien d’autres choses.

Quant aux règles, elles sont simples :

Informez-moi de votre participation en commentaire de ce message.

Donnez-moi le lien de votre billet publié sur votre blog annonçant votre participation au Challenge Myself ainsi que votre choix de défi personnel. Ainsi je pourrai mettre le lien de votre billet ici-même et le thème de votre défi.

A chaque avis de lecture en lien avec votre défi, avertissez-moi ici que je tienne à jour un récapitulatif des billets des inscrits.

Le challenge dure toute l’année 2013 (en débordant sur janvier 2014, puisque je suis un peu à la bourre).

Libre à vous de créer, comme je l’avais fait pour Proust, des dérivés à votre Challenge : création d’un marque-page spécial, visite de la maison de l’écrivain que vous découvrez cette année, voyage dans le pays en lien avec votre challenge, découverte des adaptations cinématographiques de vos lectures, etc …

Mais faites-nous vivre ces moments dans des billets!!!

*****

Mon défi personnel ?

 

Lire mes auteurs russes !! Tolstoï, les frères Vaïner, Soljenitsyne et Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski : 1/8

1. Anna Karénine : Tolstoï

2. Les cosaques : Tolstoï

3. Une journée d’Ivan Denissovitch : Soljenitsyne

4. Crime et Châtiment : Dostoïevski

5. Les Frères Karamazov : Dostoïevski

6. L’évangile du bourreau : Vaïner

7. 36, rue Petrovka : Vaïner

8. Une sale histoire : Dostoïevski

 

CHALLENGE - Troika_akron - OK CHALLENGE - troika1 - OK