Le Meurtre de Roger Ackroyd : Agatha Christie [LC avec Bianca]

Titre : Le Meurtre de Roger Ackroyd

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Masque (02/11/2017) / Le Livre de Poche (1960)
Édition Originale : The Murder of Roger Ackroyd (1926)
Traducteur : Miriam Dou-Desportes

Résumé :
Une mort étrange frappe Mr Ferrars puis sa veuve. Lorsque l’homme qui devait épouser Mrs Ferrars, un riche gentleman nommé Roger Ackroyd, est assassiné, Hercule Poirot se pose bien des questions.

C’est que l’enquête est difficile, car tous – domestiques, famille, voisins – avaient une bonne raison de souhaiter la mort d’Ackroyd.

Critique :
Les éveillés de la première rangée, ceux qui suivent, doivent se dire « Tiens, mais elle avait déjà publié une chronique sur ce roman de la reine du crime » et ils auront raison !

Oui, j’avais déjà commis une critique sur cet excellent Agatha Christie, publiée sur Babelio et 2 ans après, je l’avais transférée sur le blog.

Mais voilà, Bianca ne l’ayant jamais lu, ce roman est donc arrivé dans nos LC et je n’ai pas craché sur le fait de le relire une fois de plus alors que le suspense était mort pour moi, me souvenant toujours du coupable.

Je n’aurais plus su vous dire son nom, mais je savais comment la reine du crime m’avait entubée grave sa mère en string de guerre sur l’autoroute. Un truc de malade, j’vous jure.

On ne lit pas un Hercule Poirot pour le côté trépidant de ses enquêtes, ça va à son rythme et, tel Columbo, on enquête souvent dans les beaux milieux et on ne va pas salir son beau costume ou froisser sa belle moustache dans les bas-fonds, non mais oh.

Le docteur Sheppard est un médecin de campagne et force est de constater qu’on meurt assez bien dans le petit bled paumé de King’s Abbot ! Pour peu, on se croirait chez l’autre Agatha, la Raisin, dans les Costwolds vu le taux de mortalité élevée.

Et allez, après le mari de Mrs Ferrars, voici Mrs Ferrars qui se prend un aller simple pour le terminus des prétentieux et ensuite, c’est Roger Ackroyd qui casse sa pipe (oh zut, je divulgâche) en se prenant un coup de couteau dans le cou.

D’après sa belle-soeur, c’est sans aucun doute un accident ! D’accord, on a déjà eu des accidents avec des armes à feu dont le coup était parti tout seul, mais c’est normal, ça arrive souvent lorsqu’on tripote le canon…

Avec la belle-sœur d’Ackroyd, un type retrouvé avec 12 coups de couteau dans le dos, c’est un suicide. Punaise, mais qu’elle est bête, celle-là ! Tout le contraire de la perspicace sœur du docteur Sheppard qui, bien qu’adorant colporter et entendre des ragots, a tout du Varys de GOT !

Aux dires mêmes de Madame Christie, elle a été le brouillon de Miss Marple qui naîtra sous sa plume peu après. En plus âgée, bien entendu.

Des mots comme s’il en pleuvait et un Hercule Poirot qui cultive des citrouilles dans le coin… Du pain béni, sauf pour le coupable car quand Hercule entre dans la danse, on est sûr de devoir suivre son tempo et de ne rien comprendre à ses petites manies.

Devant un Dr. Watson, le docteur Sheppard va nous conter par le menu ce qu’il passé avant le meurtre ainsi que son enquête au côté d’un Poirot, qui, pour une fois, jouera les Holmes en se mettant à genou !

Des personnages troubles, qui sans en avoir l’air ont tous des petits secrets à cacher, des petits mensonges à avouer, ou des grosses fautes vilaines pas belles ! N’oublions pas l’époque, mesdames, et en ces temps-là, les enfants hors mariage et le badinage étaient mal vu ! La morale, voyons ! Vertueuses nous devions être, nous les femmes.

Je mets au défi quiconque n’a jamais lu livre (vu le film) de découvrir la personne coupable ! C’est totalement impossible tant la reine du crime nous tient en haleine durant son récit, tant elle nous brouille les pistes, tant elle joue avec nous, avant de nous divulguer la solution, nous décrochant la mâchoire par la même occasion.

Lors de ma première lecture, j’avais dans les 14/15 ans, je m’étais arrachée les cheveux en réfléchissant à QUI était le coupable. Peine perdue, je ne l’ai découvert qu’à la fin du livre. Waw !! Coup de pied au cul !

Hercule Poirot est génial, mystérieux et perspicace, à la fois hautain et respectueux… Un détective atypique, lui aussi, menant l’enquête avec le docteur Sheppard qui, tel un Watson, ne voit rien venir.

Le final ne m’avait pas déçu. Un truc de fou ! Et la relecture n’a pas entamé mon plaisir, même si je connaissais le nom.

Agatha Christie m’a souvent étonnée, mais jamais elle ne m’a déçue, au contraire de certaines nouvelles reines du crime qui, commençaient leur récit sur les chapeaux de roues et finissaient, sur le final, dans le talus. Elle, jamais !

Ma copinaute de LC, Bianca, a été époustouflée et on était bien contente de réussir cette LC après quelques unes foireuses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

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Notre mère la guerre – Tome 2 – Deuxième complainte : Kris et Maël

Titre : Notre mère la guerre – Tome 2 – Deuxième complainte

Scénariste : Kris
Dessinateur : Maël

Édition : Futuropolis (2010)

Résumé :
Janvier 1915, en Champagne pouilleuse. Cela fait six mois que l’Europe est à feu et à sang. Six mois que la guerre charrie ses milliers de morts quotidiens.

Mais sur ce lieu hors de raison qu’on appelle le front, ce sont les corps de trois femmes qui font l’objet de l’attention de l’état-major.

Roland Vialatte, lieutenant de gendarmerie, militant catholique, humaniste et progressiste, mène l’enquête, à la demande du capitaine Janvier. Une étrange enquête, à cause des victimes, à cause des tranchées…

Le 8 janvier, la section Peyrac perd au combat les deux tiers de ses soldats. Même s’ils étaient des repris de justice, mineurs de surcroît, libérés de prison pour être envoyés au front, le caporal Gaston Peyrac, socialiste et antimilitariste, les aime ces gamins.

Il se moque de ce qu’ils ont pu faire avant, son unique but est de les garder en vie.

Alors, quand Vialatte et Janvier portent leurs soupçons sur ses hommes, ça le met en rage…

Critique :
Nous avions laissé nos jeunes soldats, des gamins encore, assister à la lente agonie d’un des leur, au fond de leur tranchée et c’est là que nous les retrouvons, mais un peu avant, avec l’appel des survivants de cette grande boucherie.

On assiste déjà à l’imbécilité faite homme avec celui qui fait les appels et qui demande au caporal Peyrac s’il a bien vérifié le décès du soldat touché par une salve d’artillerie de son propre camp…

— Bon… Certain de sa mort ? Vous avez vérifié le corps ?
— Son corps ? Il était éparpillé sur mon visage, mon lieutenant…

L’auteur sait si bien mettre les mots sur les maux… Et l’émotion transperce des cases, des paroles, vous prend à la gorge et vous la serre, comme le ferait une grosse main avec un petit cou de moineau.

Je pensais avoir le fin mot de l’histoire dans ce tome-ci, mais en fait, l’enquête sur les trois femmes assassinées va passer un peu au second plan tant les combats font rage sur le front et les auteurs n’émargent pas les lecteurs, ne manque plus que le bruit et l’odeur et on s’y croirait.

Attention, l’enquête passe au second plan, mais ce n’est pas pour autant qu’elle est reléguée aux oubliettes ou en pertes et profits…

Bien que niveau pertes, nous devrons ajouter, aux multiples soldats qui meurent, une nouvelle victime du tueur, une fille qui donnait de la joie et cette fois-ci, nous aurons des témoins, des pauvres tirailleurs, qui sont encore moins bien lotis que les autres.

Marrant, si je puis dire… On assassine des femmes, et la gendarmerie enquête, mais dans les tranchées, on assassine des hommes, on a transformé des terres en abattoir à ciel ouvert mais personne ne songe à mettre fin à cette boucherie.

Oui, je sais, certaines imbécilités des Hommes peut prêter à sourire 100 ans plus tard, heureusement que je ne serai plus là quand dans un siècle, on jugera nos actions à nous et à nos gouvernants.

Petit à petit, nous entrons un peu plus dans la compagnie du caporal Gaston Peyrac, cette compagnie fait de jeunes gamins qu’on a sorti de prison pour envoyer au front. Si les soupçons pèsent sur des membres de cette compagnie, nous ne saurons pas encore le nom du coupable puisqu’un assaut des casques à pointes à foutu tout en l’air.

Ah, le suspense me tuera et la justesse des dessins et des propos aussi… Les aquarelles donnent une autre dimension aux dessins et la plume aiguisée du scénariste va piquer là où ça fait le plus mal.

Une fois de plus, un tome magnifique, si c’est possible de faire du beau avec de l’aussi laid : la grande faucheuse travaillant à la chaine avec des rendements qui font toujours aussi froid dans le dos.

Une deuxième complainte qui fait grincer des dents et serrer les tripes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 7 – La Terre promise : Jul & Achdé

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 7 – La Terre promise

Scénariste : Jul
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (04/11/2016)

Résumé :
« Jack la poisse » a un service à demander à son ami Lucky Luke : que celui-ci escorte sa famille de Saint-Louis à Chelm City. La petite troupe quitte la misère de la Pologne pour conquérir sa part du rêve américain.

Bien que le périple doive s’étirer sur 4500 kilomètres, traverser un désert et un territoire indien, le cow-boy justicier accepte sans sourciller.

Jack, dont le véritable patronyme est Jacob Stern, est bien soulagé de ne pas avoir à révéler à ses proches qu’il n’est pas avocat à New York, mais garçon vacher dans le Middle-West.

La mission s’annonce simple et sans encombre. Mais c’est compter sans le fait que Moïshé, Rachel, Hanna et Yankel sont juifs, et que la pratique quotidienne de leur religion est souvent incompatible avec la vie dans l’Ouest sauvage.

Critique :
Je ne pense pas qu’il serait possible, de nos jours, de refaire un film tel que « Rabbi Jacob » et donc, le pari de faire rire avec le judaïsme et l’immigration était un pari osé pour les auteurs.

Rien que pour cela, je saluerai l’idée et la prise de risques, sans compter que les auteurs ont été drôles sans jamais être irrespectueux.

Le judaïsme est décrit dans ses grandes longueurs, dans ce que l’on connait le plus, mais sans jamais être condescendant ou moqueur.

La famille juive des Stern est accompagnée de Lucky Luke comme escorte et c’est tout naturellement qu’ils lui expliquent pourquoi ils ne peuvent pas manger certains aliments ou voyager la nuit de vendredi à samedi.

Si l’humour est présent, c’est hélas par des clins d’oeils à un film connu (Rabbi Jacob) où les auteurs empruntent des répliques célèbres ou alors, des clins d’oeils à d’autre film, comme Star Wars, mais point de calembour maison, comme le faisait le regretté Goscinny, même si Morris ne lui laissait pas trop en faire.

[Lucky Luke] — Quel rêve épouvantable ! Je crois que je ne digère pas la carpe farcie…
[Jolly Jumper] — Méfie-toi du côté obscur de la farce, Luke !

— Comment ? Lucky Luke, vous n’êtes pas juif ?!
— Ben non.
— Lucky Luke n’est pas juif…Ça alors ? Et votre cheval non plus n’est pas juif ?
— Lui non plus, hélas…
— Bon ben, c’est pas grave ! Je vous prend quand même !

Alors oui, on sourit, mais j’aurais préféré des nouveautés, sans pour autant renier les connues, mais bon, on est loin des « Ming Li Foo est voué à la propreté, il vient d’essuyer des coups de feu ! » qui dans le genre, était tout à fait innovant.

Tout comme dans le précédent, « Les Tontons Dalton », cet album n’est qu’un florilège de bons mots connus mais rien de neuf sous le soleil. Dommage.

Je soulignerai juste un calembour d’humour noir fait par Moishé Stern sur les voyages inconfortables que les juifs ont l’habitude de faire… Fallait oser ! Celui sur l’étoile du shérif était plus subtil.

— C’est joli mais euh… tous les juifs d’ici sont-ils obligés de porter une étoile sur leurs vêtements ?
— Ce monsieur est le shérif de la ville, miss Hanna !
— Un juif shérif ?! C’est beau l’Amérique.

Avec des airs d’albums comme « La caravane » (très bon) ou de « La fiancé de Lucky Luke » (très mauvais) nous sommes face à une aventure où, une fois de plus, Lucky Luke doit escorter des gens et les protéger mais sans que l’histoire ne soit trépidante et si l’aventure est plaisante, on attend l’action un peu trop longtemps et elle n’arrive pas vraiment.

Si l’album ne brille pas par sa nouveauté et est très conventionnel, le fait d’avoir placé une famille juive ashkénaze sous la houlette de Lucky Luke est néanmoins neuve et méritait d’être mise en album, j’aurais préféré des nouveaux gags mélangés à des clins d’oeils.

Le juge Roy Bean les accuserait de casus belli, les condamnerait à 50 dollars environ d’amende et les ferait poursuivre par son ours, attachés tous les deux à un arbre, avant de leur faire payer pour qu’ils lui offrent une bière et de les obliger à nous sortir de nouveaux calembours pour l’album suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

 

Le Spectre de la rue du Puits [Melchior l’Apothicaire 02] : Indrek Hargla

Titre : Le Spectre de la rue du Puits [Melchior l’Apothicaire 02]

Auteur : Indrek Hargla
Édition : Babel Noir (2015)
Édition Originale : Rataskaevu viirastus (2010)
Traducteur : Jean-Pascal Ollivry

Résumé :
Tallinn, 1419. Le gardien d’une tour est retrouvé mort alors qu’il avait, la veille, déclaré avoir vu un spectre.

Quelque temps plus tôt, une prostituée était découverte noyée dans un puits après avoir rapporté le même témoignage.

Rue du Puits, une maison qu’on dit hantée concentre des haines ancestrales, à deux pas de la boutique de Melchior l’apothicaire.

Ce dernier arpente les ruelles de la Vieille Ville jusqu’au cimetière des dominicains, à la recherche de la vérité.

Critique :
— Je s’appelle Grote…

Désolé, mais c’était trop tentant, surtout lorsqu’on a un mort qui se prénomme Tobias Grote et qu’à chaque fois qu’on lit son nom dans le roman, on a envie de pouffer de rire, repensant au personnage des gardiens de la galaxie.

Je vais direct éliminer ce que j’ai sur le cœur au sujet de ce polar historique : un mort que l’on retrouve avec, sur le visage, une expression de terreur indicible.

Il me semblait que lors de la mort, tous les muscles se relâchaient et que donc, hormis la rigor mortis qui commencera quelques heures plus tard, le visage du décédé ne pouvait donner qu’une impression d’apaisement et pas de terreur.

— Je n’ai jamais vu pareille expression sur un mort. D’habitude, ils ont un visage apaisé, et un peu figé, tu vois ce que je veux dire. Mais Grote… c’était comme s’il avait vu un spectre.

— Il avait le visage raidi par la peur, et ce n’était pas l’effet de la douleur, j’en suis certain. Quand quelqu’un fait une chute pareille, la douleur est si intense qu’elle est impossible à supporter. Mais là, cette tête, cette bouche ouverte, ces yeux écarquillés de peur… quelle horreur ! Dieu miséricordieux !

Nous sommes en 1419, à Tallin, en Estonie et si les voyages forment la jeunesse, vu mes lectures dépaysantes, je n’aurai jamais besoin de crème anti-rides.

L’auteur prend le temps de planter le décor, même si c’est le deuxième tome, ce qui fait qu’un lecteur qui, comme moi, prendrait la série à rebrousse-poil, n’aura pas l’impression de tomber comme un cheveu dans la soupe et pourra découvrir le petit monde où Dieu et le diable sont très présents dans les esprits des gens et où la médecine en est encore à ses humeurs.

Melchior est un apothicaire qui est compétent et s’il n’a pas le niveau d’un Sherlock Holmes, il a tout de même su dénouer la pelote de nœud qu’étaient ses morts un peu étranges et comprendre aussi ce que les morts avaient voulu dire par le fait qu’ils avaient vu un spectre.

Étant en 1419, les gens étaient fort susceptibles de croire à de telles calembredaines que celles d’histoires de spectre ou de personnes mortes revenant hanter le lieu où elles avaient perdu la vie et notre apothicaire Melchior va voir son enquête s’emberlificoter dans des racontars dont on ne saura plus trop où est la vérité et où est le mensonge.

Parce qu’entre les morts de maintenant, ceux d’il y a quelque temps et ceux d’il y a septante ans (70), il y a moyen d’y perdre son latin… Ou sa vertu, sachant qu’un moine était monté comme Rocco Siffredi… Son spectre reviendrait-il nous hanter car cet homme n’a pas trouvé la paix ? Est-ce que Satan l’habite encore ?

— C’est ainsi que le récit de ses fautes anciennes s’était répandu parmi les frères ; sans doute ces histoires avaient-elles aussi pris leur essor lorsque les frères avaient vu, quand ils étaient au sauna, que le membre viril du jeune Adelbertus était long et épais, du genre dont les femmes raffolent, de sorte que tous les frères qui le voyaient détournaient le regard et disaient en pensée une prière de remerciement, eux qui, plus modestement équipés, risquaient moins d’être en permanence induits en tentation.

— On dit que ce qu’elle vit alors la réjouit fort, et que toutes les histoires qui circulaient à propos d’Abelardus étaient véridiques. C’était comme un arbre gigantesque qui s’était mis à pousser sous son habit de moine, et en voyant cela la femme l’avait saisi entre ses mains

Si le diable n’est pas responsable des morts, il se cachera dans les petits détails qui m’ont échappés et l’explication finale aura des relents d’ignominie pure et d’horreur, mais l’élément fantastique n’y sera pas.

Je ne conseillerai pas les enquêtes de Melchior à des amateurs de thriller car le rythme est assez lent au départ, l’auteur nous expliquant, aux travers des récits ou des pensées de ses personnages, une partie de l’histoire de la ville et du pays, ce qui donnera à la lecture un air de leçon d’histoire sans que cela ne devienne saoulant.

Une enquête plaisante, un dépaysement certain, une société médiévale que l’on découvre avec avidité (ce qui me permettra de me coucher moins bête au soir) avec la religion omniprésente, la politique aussi, la torture, les exécutions et des personnages aux caractères bien détaillés, restants réalistes dans leurs paroles, bien que je ne me sois pas trouvée dans cette ville à cette époque.

Un polar médiéval qui prend son temps et dont le final aura plus tendance à choquer le lecteur par son côté glauque au lieu de lui donner une bonne claque de par son inventivité, à la manière d’un roman de la mère Agatha Christie. Il reste assez classique dans son mobile, même si on a une pointe d’inventivité qui aurait pu être exploitée un peu plus.

Une découverte que je ne regrette pas, mais je ne pense pas avoir le temps de revenir à Melchior l’apothicaire, ou alors, d’ici quelques années.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Les Trois Mousquetaires : Alexandre Dumas [LC avec Bianca]

Titre : Les Trois Mousquetaires

Auteur : Alexandre Dumas
Édition : Le Livre de Poche – Les Classiques de Poche (2017)
Édition originale : 1844

Résumé :
Le roman raconte les aventures d’un Gascon désargenté de 18 ans, d’Artagnan, monté à Paris faire carrière afin de devenir mousquetaire. Il se lie d’amitié avec Athos, Porthos et Aramis, mousquetaires du roi Louis XIII.

Ces quatre hommes vont s’opposer au premier ministre, le Cardinal de Richelieu et à ses agents, dont la belle et mystérieuse Milady de Winter, pour sauver l’honneur de la reine de France Anne d’Autriche.

Critique :
Ma culture des trois mousquetaires s’arrêtait à un dessin animé de l’époque de Club Dorothée « D’artagnan et les trois mousquetaires » où tout le monde avait des têtes d’animaux…

Plus récent (et à cause d’une petite sœur) ma connaissance s’était agrandie avec le dessin animé « Albert le cinquième mousquetaire »…

C’est vous dire si ma culture avait besoin d’un coup de torchon afin de revenir à la normale avec le roman de Dumas (ou d’un de ses ghostwriter).

Véritable roman d’aventure, de capes et d’épées et de péripéties en tout genre, ce roman a tout pour nous entraîner dans de folles cavalcades afin d’empêcher un complot d’arriver à sa fin, de sauver une belle jeune fille, de confondre une vile espionne qui mérite le titre de super salope perfide ou de faire le siège d’une ville avec l’armée du Roi, Louis XIII.

Si j’avais lu ce roman lorsque j’étais jeune, j’aurais sans doute moins remarqué les petites incohérences et le changement de caractère de certains personnages, tel d’Artagnan qui, tantôt semble être un volcan prêt à aller croiser le fer avec Rochefort et l’instant d’après semble le plus posé des hommes.

Tout comme un jour il est fou amoureux de madame Bonacieux, puis de Ketty, la femme de chambre de Milady de Winter puis de milady, elle-même, changeant sans cesse de sentiments, tel un ado en chaleur. Purée, d’Artagnan, décide-toi, mon gars !

Ou comme Felton qui se fait retourner par une milady manipulatrice, une madame Bonnacieux qui écoute aussi son baratin, à se demande comment est-ce possible de croire à de telles fadaises débitées par une inconnue…

Ben si, c’est possible, on croit bien tout ce que nous débite la télé et les réseaux sociaux et on s’en va, bille en tête ! Pour le personnage de John Felton, là, je lui décerne le titre du connard d’imbécile de crétin de sa mère d’empaffé de sa race.

Beaucoup de rebondissements, dans ces pages, on peut comprendre puisqu’à l’époque, c’était diffusé en feuilleton, il fallait donc du cliffhanger, du suspense, du mystère, des trahisons, des complots, de l’espionnage, des reines à sauver et des maris à cocufier.

Si nos quatre héros (d’Artagnan, Aramis, Porthos et Athos) accompagné de leurs quatre valets (Grimaud, Mousqueton, Bazin et Planchet) sont des personnages sympathiques et courageux, ils ne seraient rien sans des méchants de grande envergure, que ce soit la Milady de Winter, la perfide éminence grise de son éminence le cardinal de Richelieu (dont on ne sait pas trop pour qui il roule), l’énigmatique comte de Rochefort et le ténébreux comte de Wardes.

Évidemment, dans la réalité, des aventures pareilles sont quasi impossibles, mais nous sommes dans de la réalité sublimée et cela devient de la fiction et là, tout est permis, pour le plus grand plaisir du lecteur qui voit le récit et les personnages virevolter dans une danse endiablée, lui procurant quelques heures de saines distractions.

Attention, je ne dis pas que tout est inventé, les ferrets en diamants de la reine ont bel et bien disparu, le siège de La Rochelle a eu lieu, des personnages de ces pages ont réellement existé

Certains pourraient se demander ce que pareil titre fait dans un Mois du Polar, mais c’est parce que nous sommes bel et bien face à un polar, nom d’un mousquet !

On a des mystères, des enlèvements à résoudre, une reine à sortir de la merde, du suspense, de l’espionnage, des complots, des morts, des tentatives d’assassinats, une vieille affaire qui revient à la surface, un jugement, des magouilles, des assassins et des assassinés et il faut résoudre tout ça pour que le pays tourne mieux.

Que vouloir de plus ? L’auteur a pris un contexte historique et s’est introduit dedans afin de la magnifier, de le détourner, de le changer, de le malaxer pour le préparer à sa sauce, même si on se doute qu’il a eu un cuisinier pour lui couper les légumes et commencer la cuisson du bouillon, c’est Dumas qui a assaisonné le tout de sa plume magique.

Ma copinaute de LC, Bianca, a apprécié sa lecture, même si elle a trouvé le siège de La Rochelle un peu trop long et je ne peux pas lui donner tort, même si chez moi c’est passé un peu mieux.

Question à deux balles : son éminence le cardinal de Richelieu est-il le créateur des slips du même nom ?? (Éminence…)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), et  Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°49 – La pierre de Mazarin – lire un livre se déroulant à l’époque du cardinal de Mazarin, le 17è siècle).

Bernard Prince – Tome 01 – Le général Satan : Hermann & Greg

Titre : Bernard Prince – Tome 01 – Le général Satan

Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann

Édition : Dargaud (1969) / Le Lombard (1999)

Résumé :
Cet album inaugurant les aventures de Bernard Prince, se divise en 2 histoires.

Dans la première, « Les Pirates de Lokanga », Prince, accompagné de Djinn, accepte d’acheminer la cargaison d’un avion accidenté dans la jungle africaine.

Cette mission lui donne l’occasion de rencontrer Barney Jordan. La nature de la cargaison demeure mystérieuse mais suscite bien des convoitises.

Dans la seconde, « Le Général Satan », Bernard Prince et Jordan Barney sont contraints par les autorités asiatiques de ravitailler en armes et en vivres « le fort des mille nuages ».

Ce fort, qui est la clé de tout le système de sécurité côtier, est bloqué par un aventurier puissant, « le Général Satan ».

Critique :
Oui, en hiver, mon plaisir est de ressortir mes vieilles bédés, celles que j’ai déjà relues 36 fois mais que ça fait longtemps que je ne l’ai plus fait…

Puisque Bernard Prince a le même scénariste que Bruno Brazil, autant sortir les deux héros aux cheveux blancs en même temps et bouffer de l’aventure à gogo.

De l’aventure où, années 70 et journal de Tintin oblige, on a les Bons qui triomphent toujours des vilains Méchants pas beaux qui proviennent toujours de pays imaginaires mais dont les noms sont synonymes de bien réels.

Bernard Prince n’est pas un héros lisse comme un Tintin, il n’hésite pas à enfreindre les lois, à se battre, à tenir tête aux caïds du coin, même s’il rechigne à abattre des guerriers locaux (nommés « sauvages ») armés de lances et bourrés jusque la gueule de substances qui leur donne de l’ardeur au combat.

Le capitaine Haddock sera joué par un ivrogne, le capitaine Barney Jordan, un roux flamboyant au caractère volcanique, s’emportant facilement, surtout si on touche à Djinn, le jeune Hindou dont Prince est le tuteur.

Tiens, en 1969, nous avions deux hommes pour s’occuper d’un enfant, qui n’allait pas souvent à l’école et qui baroudait dans toutes les mers avec un ancien flic d’Interpol et un alcoolique notoire…

Pas sûr que dans l’hebdo Spirou, aux mains du très catholique Jean Dupuis, pareille série aurait passée…

Aux dessins, nous retrouvons aussi un habitué de ma biblio puisqu’il s’agit de Hermann qui m’avait enchanté dans la série « Comanche ».

On retrouve ses traits caractéristiques, sa patte est reconnaissable aux personnages et dans les décors aussi, sauf que dans ce premier album, Bernard Prince n’a pas encore sa jolie bouille de bô gosse… Faudra attendre un peu, les filles !

Niveau aventures exotiques, on est servi, niveau mystères et suspense, on en bouffe un max, que ce soit pour découvrir la cargaison à récupérer dans la première histoire ou comment livrer les armes à un fort sans se faire arraisonner par les pirates qui tiennent un siège devant…

Pas de soucis, tel l’aventurier solitaire, Bernard Prince s’en sortira toujours vainqueur, tel Bob Morane. On est dans de la bédé pour jeunes, ici, publiée au journal Tintin, donc…

On a beau avoir deux mecs sur un bateau avec un gamin qui ne va pas à l’école, le sang ne coule pas, même chez les morts, la rédemption de certains méchants est possible et tout se termine toujours bien pour nos trois amis car ils vivent en Théorie et là, tout fonctionne.

Cette première aventure n’est pas la meilleure, les auteurs mettent tout en place, on se cherche un peu et on n’a pas encore donné un grand rôle à Barney, le futur joyeux luron bougon du trio.

Mais tout ceci laissait présager quelque chose de bon et je peux vous assurer que certains albums volent très haut niveau scénario, humour, rebondissement, suspense, mystère et aventures de malades !

Petit Plus : Il existe d’ailleurs au sujet des origines de Djinn une incohérence : présenté par Greg en 1966 comme un orphelin de Karachi, donc Pakistanais, il est par la suite présenté comme « un enfant perdu de Calcutta », donc Indien.

Petit Plus 2 : Hermann et Greg ont d’abord publié sept récits complets, de 4 à 6 pages chacun, dans le Journal de Tintin en 19662. Ces récits mettaient en scène le héros comme inspecteur d’Interpol, jusqu’à ce qu’il hérite d’un bateau, le Cormoran ; ce changement de cap de la série, du genre policier à celui de l’aventure, aurait été dicté par des raisons éditoriales, Le Journal de Tintin ayant déjà un détective avec le personnage de Ric Hochet.

Petit Plus 3 : La série est clairement inspirée par celle de l’Epervier bleu, créée par Sirius en 1942, puisque Eric, dit l’épervier bleu, y est flanqué d’un acolyte roux dénommé Larsen et de Sheba, un enfant indien portant turban (série que j’ai lue aussi, quand j’étais gamine, chipée dans la biblio paternelle).

Petit Plus 4 : Des récits à suivre sont parus ensuite, et ont été publiés en albums. Le hors-série « Bernard Prince d’hier et d’aujourd’hui » regroupe les premiers récits ainsi que des histoires courtes pré-publiées dans des Tintin « hors-série » (parfois scénarisées par Hermann lui-même, d’ailleurs).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Sherlock Lupin & moi – Tome 6 – Les ombres de la Seine : Irene Adler

Titre : Sherlock Lupin & moi – Tome 6 – Les ombres de la Seine

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (02/01/2019)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & Io – Le ombre della Senna (2014)
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Automne 1871. La guerre contre la Prusse est enfin finie, et Irene et sa famille retrouvent avec bonheur leur appartement parisien.

Évidemment, c’est aussi l’occasion pour la jeune fille de retrouver ses deux acolytes, Arsène Lupin et Sherlock Holmes. Le trio d’enquêteurs se reforme vite, un nouveau mystère les attend.

Le cousin d’Arsène, Fabien d’Andrésy vient de se volatiliser, après, semble-t-il, une sortie dans les bas-fonds parisiens.

Essayant de glaner quelques informations dans une taverne mal famée, les trois amis se retrouvent au cœur d’une guerre entre bandes rivales.

Les retrouvailles promettent d’être mouvementées !

Critique :
Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré !

Non, nous ne sommes pas à la fin de la Seconde Guerre Mondiale mais à la fin de celle qui laissait présager que ce ne serait pas fini, niveau contentieux, entre la France et l’Allemagne et que les matchs retours seront sanglants et meurtriers.

Nous sommes en 1971 et les casques à pointes ont gagné la guerre Franco-Allemande (ou franco-prussienne), l’annexion de l’Alsace-Moselle ne sera pas au menu de cette enquête de notre jeune trio, mais on se consolera en descendant dans les bas-fonds parisiens.

Ça me change de mes traditionnels bas-fonds londoniens que j’ai arpenté en long et en large (et malgré tout, je n’ai pas tout vu) et ça me change aussi du Paris traditionnel que je visite car ce genre de quartiers, je n’y mets pas les pieds, sauf accompagnée de Sherlock, Lupin et Irene, bien entendu.

On a beau être dans de la littérature jeunesse, on ne prend pas les jeunes lecteurs pour des cruches, dans ses pages, et on ne leur épargne pas la vérité non plus : la pauvreté, la misère, les mendiants qu’on a éclopés pour qu’ils rapportent plus, c’est une réalité à laquelle le jeune lecteur va être confronté.

En ces temps-là, il y avait déjà des gens riches qui aidaient les plus démunis, mais quand bien même on irait éplucher les patates pour la soupe populaire comme nos trois amis, au soir, tel Jack London et eux, nous rentrerions dans nos maisons douillettes pour manger plus qu’à notre faim, là où d’autres dormiront à la belle étoile ou sous les ponts de Paris.

Parlons-en des dessous des ponts de Paris ! Faudra que je vérifie si le système est toujours en place sous le pont d’Austerlitz (morne plaine)…

Ce sixième tome prend son temps pour s’installer, nous berce d’une douce langueur avant de nous jeter dans la Seine ainsi que dans les ruelles tortueuses fréquentées par la pègre. Cours, Irene, cours !

Un tome bien plus sombre que les premiers, bien plus mature aussi, avec un final qui m’a laissé sur le cul tant il était inattendu dans tous les sens du terme : on est dans de la littérature jeunesse et même s’il y avait des indices dans le texte d’Irene, j’étais loin de m’imaginer pareille fin du roman. Violent.

Non, on n’épargne plus les jeunes de nos jours et c’est tant mieux…

Une série qui continue de m’enchanter, un trio qui devient plus mature, des questions qu’Irene se pose sur l’amour que lui porte ses deux amis et des aventures toujours plus palpitantes, comme on en aurait rêvé de vivre à leur âge.

Moriarty Tome 3 : Ryosuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty Tome 3

Scénariste : Ryosuke Takeuchi
Dessinateur :  Hikaru Miyoshi

Édition : Kana (07/12/2018)

Résumé :
Soupçonné du meurtre du comte Drebber, Sherlock Holmes a été arrêté et incarcéré par Scotland Yard.

Afin de démasquer celui qui a manigancé ce piège, Sherlock Holmes prend l’enquête en main…

Avec l’entrée en scène du célèbre détective, décidé à faire la lumière sur les zones d’ombre de l’Empire britannique, l’ambitieux « projet » de William entre dans une nouvelle phase.

Critique :
C’est toujours un peu déroutant de retrouver les enquêtes du canon holmésien misent à une autre sauce, additionnée d’un soupçon de l’adaptation de la BBC.

Perturbant, déroutant, mais ce qui me perturbe encore plus que ce bon vieux Charles Baskerville devenu un pervers de la pire espèce, ce sont les tutoiements entre Holmes et Watson, ainsi qu’avec les inspecteurs de Scotland Yard.

Dans la version remise à notre époque de la BBC, no problem, c’est logique, mais bordel de dieu, pas dans l’Angleterre coincée du bulbe (pour reste polie).

Pire encore… Oui, j’ai trouvé encore pire qu’un attelage de deux chevaux dont les colliers de traction n’ont pas de sangle à la taille, dont les traits ne possèdent ni avaloir, ni reculement, ni de sangles pour soutenir les traits sur l’arrière (Jésus !) et où les deux meneurs guident chacun un cheval… Là, c’est du jamais vu, mais je suis ouverte à tout… Hum…

Là où j’ai défailli, c’est lorsque Holmes, cherchant des indices et mettant la main sur un, répond à Watson qu’il était en train de faire un pet pour ne pas que les inspecteurs de Scotland Yard comprennent qu’il s’est abaissé pour ramasser quelque chose !!!!!

Vous me direz que tout le monde pète, les rois, les papes, les présidents, les princesses… Mais punaise, dans l’Angleterre guindée de Victoria, on pète sans le dire et on ne prend pas cette excuse pour justifier ce qu’on fait.

Anybref, malgré ces bémols, la série avance bien, on comprend un peu mieux les désidératas de Moriarty et on comprend qu’il est en train de faire Sherlock Holmes. Que ce dernier est son alter ego, mais de l’autre côté de la barrière.

Là où le bât blessera tout de même un peu, c’est que les nobles sont souvent présentés tous comme des déviants, des pervers, des salopards finis, des médaillés d’or de la méchanceté gratuite. Un peu de distinction ne ferait pas de mal, ce serait plus réaliste aussi.

Je ne vais pas bouder mon plaisir car ce tome fait la part belle à Holmes dans sa première partie, A Study In Scarlett et nous plonge ensuite dans l’extra glauque avec ce Baskerville qui dans cette version, est infiniment bien pire que son ancêtre perverti, celui qui avait été tué par un chien maudit.

Une séria manga pour ceux ou celles que la revisite du canon holmésien n’effraie pas et ne rebute pas car elle va plus loin que les autres, frôlant un peu la revisite de la BBC qui nous avait offert un Moriarty à la hauteur de Holmes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

L’homme de l’année – Tome 10 – 1666, l’homme à l’origine du grand incendie de Londres : Fred Duval & Studio Sept Epées

Titre : L’homme de l’année – Tome 10 – 1666, l’homme à l’origine du grand incendie de Londres

Scénaristes : Fred Duval & Nicolas Moustey
Dessinateurs : Stevan Subic & Studio Sept Épées
Édition : Delcourt (26/08/2015)

Résumé :
1666. Une atmosphère lugubre plane sur les ruelles misérables et insalubres de Londres quand une catastrophe d’une ampleur dantesque s’abat sur elle : le grand incendie.

Une apocalypse de flammes dévaste alors une cité en proie au chaos. Un notable racontera dans son journal le fil des événements dont Farynor, un simple boulanger, sera responsable et victime.

Critique :
Le grand incendie qui ravagea Londres du 2 au 5 septembre 1666 ne fit pas de nombreuses victimes (une dizaine), ce qui est un comble, lorsqu’on s’imagine toutes les maisons partie en fumée et les mouvements de foule que dut engendrer ce gigantesque incendie.

Incendie, qui, je vous le rappelle, ravagea 13.200 maisons, 87 églises paroissiales, la cathédrale Saint-Paul et la majorité des bâtiments publics de la Cité !

Le nombre infime de mort face à un tel enfer s’explique sans doute par le fait que bien des gens dans ces quartiers miséreux n’étaient pas inscrits, ni répertoriés et que donc, ils ont pu disparaître dans l’indifférence de l’administration qui n’avait pas les moyens de maintenant.

Mais comment il est arrivé, cet incendie ? Des français ou des hollandais auraient-ils bouté le feu comme les anglais les accusèrent ? Un complot des papistes ? Une vengeance pour avoir cuit Jeanne d’Arc à défaut de l’avoir crue (fallait que je la sorte, c’est plus fort que moi) ?

Ben non les amis, tout simplement un boulanger, Thomas Farynor (Farriner pour Wiki) qui a laissé son feu allumé en montant se coucher et bardaf, ce fut l’embardée, ou plutôt, l’embrasée !

Farynor, boulanger de talent, fournissait la Cour ainsi que des riches habitants de Londres. Harassé par ses journées bien remplies, il commit cette faute qui eu des conséquences terribles pour d’innocents londoniens, ainsi que pour des mangeurs de grenouilles (dixit les anglais) qu’on accusait d’avoir ♫ allumé le feu ♪ pour faire danser, les diables et les dieux ♪

Cet album aux tons rouges et jaunes se contente de nous relater ce qui se passa durant la nuit, grâce aux carnets de Lord Samuel Pepys qui y consigna tout ce dont il fut le témoin, en ce compris l’imbécilité du lord-maire Thomas Bloodworth qui ne voulut pas se mouiller en faisant abattre des maisons pour générer des coupes feu.

Véritable récit ces événements, les auteurs ont préféré présenter tout ce qui se passa (ou qu’on soupçonne de s’être passé) d’une manière linéaire, sans vraiment mettre en avant d’autres personnages que le boulanger fuyant avec sa famille et Lord Pepys, tentant de comprendre d’où était parti le feu et comment arriver à l’éteindre tout en protégeant ses propres biens.

Un bande dessinée un peu froide, malgré la chaleur de l’incendie, car on n’a pas un personnage principal à suivre ou à apprécier, Farynor étant un médaillé d’or de la lâcheté, à égalité avec Bloodworth, le lord-maire tandis que Pepys n’a pas assez de cases que pour se révéler en entier.

Les lynchages et accusations envers les étrangers (on n’a rien inventé) sont traités aussi de manière rapide, la faute au format de l’album : en 54 planches, on doit faire des choix scénaristiques et ne pas s’appesantir, plus que nécessaire, sur certains faits, si on peut les relater en quelques cases.

Un album que j’ai pris plaisir à découvrir, augmentant ma culture générale par la même occasion. Dommage que j’ai n’ai pas eu le plaisir aussi de m’attacher à des personnages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Sherlock Holmes Society – Tome 6 – Le champ des possibles : Sylvain Cordurié & Andrea Fattori

Titre : Sherlock Holmes Society – Tome 6 – Le champ des possibles

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Andrea Fattori

Édition : Soleil Collection 1800 (07/11/2018)

Résumé :
Il reste peu de temps pour empêcher Liam Holmes de mettre sa menace à exécution. L’avenir de Londres est des plus incertain, face à la détermination du fils du plus célèbre détective privé britannique.

Après la trahison de Liam, Sherlock et ses alliés s’unissent pour l’arrêter avant qu’il ne fabrique la bombe susceptible d’anéantir la capitale. Sherlock fait appel à Megan Connelly pour traquer le capitaine Johnson, détenteur d’informations sur Liam.

Sherlock servira d’appât mais la stratégie est risquée. Proie ou prédateur, le capitaine reste dangereux et chaque heure qui passe rapproche Liam de son objectif…

Critique :
Comme je vous le disais dans le tome précédent, pour apprécier cette série, il ne faut pas être allergique à l’immersion de l’univers de Sherlock Holmes dans celui du fantastique !

Si vous pensez que les vampires et les voyages dans le temps n’ont rien à faire dans une histoire de Sherlock Holmes, alors, je vous déconseille fortement cette saga.

Je ne suis pas chaude pour ce mélange, mais étant collectionneuse, curieuse, aimant les vampires (les vrais), Holmes et Retour vers le futur…

Ok, je l’avoue, j’ai toujours été perdue dans les voyages temporels, je n’ai jamais compris pourquoi, lors du premier voyage dans le temps d’un personnage, il y ait déjà des faits qui en aient découlé et je suis toujours en panne sur le voyage dans le temps que réalisa Lanfeust, c’est vous dire ! Pire, j’ai même pas compris le Terminator 3…

Alors, les paradoxes temporels, je vous le jure, ça me laisse toujours les sourcils en l’air et la tronche qui n’a pas tout capté… Malgré tout, je reste toujours fan de ces voyages, même si je comprends pas tout.

Voici donc le face à face tant attendu, le combat de Holmes père contre Holmes fils, le combat entre deux cerveaux puissants, mais dont celui du fils possède le talent légué par sa mère et que je ne révèlerai pas ici (ou alors, via MP, moyennant paiement sur mon compte offshore, je veux dire, of course).

Waw, c’est retors ! Et le plus retors de tous, ce ne sera pas le fils de Holmes… J’ai pas tout compris dans le concept de la trame du temps, cela restera toujours pour moi un truc difficile à imaginer, mais j’ai bien aimé la manière utilisée pour résoudre le problème du fiston qui voulait tout faire péter.

Mon seul bémol sera pour le fait que ce nouveau dessinateur ait un peu trop surligné de noir les yeux de Liam Holmes et qu’il lui ait fait des sourcils en M, lui donnant un air démoniaque, ou méphistophélique (fallait le replacer, cet adjectif là !).

Un tome qui clôt ce diptyque puisant ses origines dans la série des « Vampires de Londres » et des « Voyageurs du temps » mais il n’est pas nécessaire de les lire pour aborder ces deux tomes, même si, c’est un plus, bien entendu.

Un tome agréable, un scénario bien ficelé, le fantastique bien abordé, qui ne nuit pas trop à Holmes et un final inattendu, du moins, dans sa réalisation. Même le grand détective ne l’avait pas vu venir.

Là, pas sûr que Holmes et madame vont se laisser aller à mélanger leurs différentes sécrétions, sachant ce que cela risque de donner. Dommage… (à moins de se protéger en couvrant le mont pelé).

Un bon diptyque, mais à réserver pour les inconditionnels du genre ou les curieuses, comme moi. En espérant qu’il y ait une suite…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).