Bilan Livresque : Octobre 2013

BILAN - Sherlock-Moriarty PALAlors, le bilan de ce mois d’octobre ? Plus que correct ! 9 livres, comme pour septembre, mais plus de pages lues puisque mon bilan compte tout de même une énorme brique que fut « Le trône de fer » (790 pages) et « Les raisins de la colère » (640 pages), que j’avais entamé fin septembre et laissé en suspens.

Il faut ajouter à cela 2 mangas et 1 bande dessinée. Au final, je pourrais noter que j’ai 12 livres au compteur.

Je l’avais donc commencé fin septembre, mais j’avais fait une petite pause car la brique était épaisse : « Les raisins de la colère » de John Steinbeck (ICI) m’a passionné mais je lui ai trouvé quelques longueurs, tout de même. Ce livre est à lire pour en savoir plus sur les conséquences de la grande crise financière de 1929 et les gens qu’elle a mis sur la route…

Il paraît que « Le Facteur sonne toujours deux fois » selon James M. Cain (ICI). Titre donné au livre par le plus grand des hasards, il raconte l’amour fou qu’un homme et une femme ressentirent l’un pour l’autre et leurs manigances pour se débarrasser du mari de la dame. Attention, ne jamais oublier que le Destin, tôt ou tard se pointera pour apurer vos comptes. Court, bref, mais intense.

Un roman fort sombre, lourd dans son atmosphère, j’ai nommé l’ancien truand « Pike » de Benjamin Whitmer (ICI). Étrange que ce flic aussi sombre qu’une nuit sans lune et qui sème les cadavres derrière lui se fasse pourchasser par un ex-truand qui mène une vie plus réglo que la sienne. Le monde à l’envers. Tout ici n’est que violence, qu’elle soit psychologique ou physique. Le tout est purement gratuit, parfois. Et il manque de la profondeur dans l’histoire.

Ma seconde brique du mois avec cette super brique « Le Trône de Fer – Intégrale 1 » comprenant les deux premiers romans (Le Trône de fer/Le Donjon rouge) de George R.R. Martin (ICI). Ayant vu la série avant, j’ai eu plus facile à m’y retrouver dans la profusion de personnages. Ce livre, c’est du lourd et du bon !

Non, je n’ai pas donné ma « La langue au chat », mais j’ai passé un bon moment avec l’avocat Perry Mason, de Erle Stanley Gardner (ICI).

« Couché dans le pain », mais pas avec le soleil pour témoin, loin de là puisque nous sommes dans un roman noir de Chester Himes (ICI). Avec les policiers hors-norme que sont Ed Cercueil et Fossoyeur Jones.

James Ellroy est entré dans la tête d’un tueur, nous livrant un portrait de l’intérieur avec « Un tueur sur la route » : âmes sensibles s’abstenir, non pas en raison du sang ou des crimes violents et gratuits, mais en raison de la personnalité de Martin Michael Plunkett, le tueur (ICI) .

Pour me changer les idées, rien que tel qu’un livre de Gyles Brandreth : « Oscar wilde et le cadavre souriant » (ICI). Plus lent que le tome 2, mais pour celui qui veut plonger dans l’univers du théâtre, c’est extra !

Grand moment de détente avec le nouvel « Astérix chez les Pictes » par ses deux nouveaux « papas » que sont Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. Mon verdict ? Correct pour un premier album !

Au menu, de l’humour, des jeux de mots, des têtes connues (Johnny Hallyday sous les traits d’un barde hirsute et Vincent Cassel en méchant diabolique tout vert).

Bref, un album de transition plus qu’honorable quand on a connu les derniers. Comme d’hab, les clichés sont présents : les Pictes ne boivent que du whisky, jouent au lancer de troncs d’arbres, adorent la cornemuse et leurs noms commencent tous par Mac.

Ensuite, deux mangas de Yana Toboso : « Black Butler », les tomes 13  (ICI) et 14 (ICI) pour clore le cycle du voyage à bord du Campania, avec quelques surprises à bord. La fin du 14 annonce le cycle suivant où Ciel va enquêter dans une école huppée, style Eton.

J’ai clos le mois d’octobre avec un thriller que Yvan m’avait plus que conseillé : « Le festin du serpent » de Ghislain Gilberti (ICI). L’auteur, s’est transformé en python, m’enserrant l’esprit dans les anneaux puissants de son thriller, les resserrant de plus en plus autour de moi, jusqu’à me faire lâcher prise et quitter le monde réel. Un vrai festin, je vous jure ! Je m’en suis léchée les babines et les canines… Pardon, les crochets !

Avec tout ces livres, j’ai continué à remplir quelques challenges : Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014); le Challenge « Polar Historique » de Samlor; le Challenge « I Love London » de Maggie et Titine; le Challenge « Romans Classiques » de Métaphore; sans oublier le Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel; mon Challenge « Victorien » chez Arieste où je pète des flammes, celui du  « Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées; le Challenge « À tous prix » chez Asphodèle, le Challenge « US » chez Noctembule; le Challenge « I Love London 2 » de Maggie et Titine et le Challenge « XIXè siècle » chez Netherfieldpark.

Bilan Octobre : 9 livres (tous dans des challenges) + 2 mangas + 1 bédé = 12

  1. Les raisins de la colère : John Steinbeck
  2. Le Facteur sonne toujours deux fois : James M. Cain
  3. Pike : Benjamin Whitmer
  4. Le Trône de Fer – Intégrale 1 : George R.R. Martin
  5. La langue au chat… : Erle Stanley Gardner
  6. Couché dans le pain : Chester Himes
  7. Un tueur sur la route : James Ellroy
  8. Oscar wilde et le cadavre souriant : Gyles Brandreth
  9. Astérix chez les Pictes :Jean-Yves Ferri et Didier Conrad
  10. Black Butler 13 : Yana Toboso
  11. Black Butler 14 : Yana Toboso
  12. Le festin du serpent : Ghislain Gilberti

Festin du serpent - GilbertiBlack Butler - Tome 13 Black Butler - Tome 14

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Les Raisins de la colère : John Steinbeck

Titre : Les Raisins de la colère

Auteur : John Steinbeck
Édition : Gallimard/Folio

Résumé :
L’histoire débute au moment où Tom Joad sort de prison. Tandis qu’il retourne chez lui, il rencontre un ancien prédicateur, Jim Casy, avec qui il partage des souvenirs d’enfance.

Les deux personnages font la route ensemble. Alors qu’ils arrivent à la ferme familiale, ils s’aperçoivent que celle-ci a été désertée. Déconcertés et un peu perdus, Tom et Jim décident d’aller chez l’Oncle John où ils retrouvent les autres membres de la famille Joad. Ces derniers sont en train de charger un camion Hudson avec ce qui leur reste de biens.

Les cultures ont été anéanties par le Dust Bowl (tempête de sable) et la famille n’a par conséquent pas pu honorer ses dettes. Chassés de chez eux, ils espèrent que la situation s’arrangera en Californie grâce à des feuillets leur proposant du travail et qui sont distribués un peu partout dans leur état : ils pensent que, là-bas, ils auront à manger et gagneront assez d’argent pour vivre.

Séduits par cette publicité, la famille Joad décide d’investir tout ce qui lui reste dans ce voyage. Bien que ce projet enfreigne les termes de sa liberté conditionnelle, Tom décide de partir avec sa famille. L’ancien pasteur J. Casy se joint également à la famille.

Les Joad empruntent la Route 66 pour aller vers l’ouest.

Dans des camps de fortune dressés au bord de la route ils entendent l’histoire d’autres familles, dont certaines reviennent de Californie.

La famille Joad ne veut pas admettre que les promesses auxquelles elle croit ne seront pas tenues. Juste avant la limite d’état, Noah (l’aîné des fils Joad) quitte la famille pour rester vivre au bord du Colorado et la grand-mère de la famille meurt pendant la traversée du désert.

En arrivant en Californie, Connie (le mari de Rose of Sharon, la fille, qui est enceinte) quitte la famille. Le reste de la famille, dirigé par Man, n’a d’autre choix que de poursuivre sa route.

A leur arrivée, ils s’aperçoivent qu’ils ne gagneront jamais beaucoup d’argent car il y a trop de travailleurs et les propriétaires importants de la région ne les respectent pas tandis que les plus petits font faillite. Ils profitent du grand nombre d’émigrants pour baisser les salaires et les familles émigrantes vivent dans des camps de fortune provisoires appelés Hooverville.

Les travailleurs étant exploités, des individus essayent de les faire adhérer à des syndicats ; Jim Casy, qui a fait de la prison pour couvrir Tom car il avait agressé un shérif, est l’un d’entre eux.

Critique : 
Un roman qui, malgré ses quelques longueurs, m’a pris aux tripes… Un roman porteur d’un message sur le capitalisme qui, non content d’exploiter l’homme, fait en sorte que toutes les richesses ne soient détenue que par quelques mains (la racaille en col blanc).

« Lorsque la propriété est accumulée dans un trop petit nombre de mains, elle est enlevée. Lorsqu’une majorité a faim et froid, elle prendra par la force ce dont elle a besoin. la répression n’a pour effet que d’affermir la volonté de lutte de ceux contre qui elle s’exerce et de cimenter leur solidarité ».

 

L’industrialisation a beau être pointée du doigt dans ce roman (les tracteurs), ce n’est pas elle qui est citée à comparaître sur le banc des accusés : la machine n’est pas responsable du mal qu’elle fait.

Non, mais l’auteur dénonce la mauvaise utilisation et le fait que les banquiers – eux, une fois de plus – aient entraînés les plus pauvres à payer leurs erreurs (♫ non, non, rien n’a changé ♪).

« La banque ce n’est pas la même chose que les hommes. Il se trouve que chaque homme dans une banque hait ce que la banque fait, et cependant la banque le fait. La banque est plus que les hommes, je vous le dis. C’est LE MONSTRE. C’est les hommes qui l’ont créé, mais ils sont incapables de le diriger ».

Oklahoma, fin des années 20… 1929 pour être plus précise. Les cultures ont été anéanties par le Dust Bowl (tempête de sable) et les agriculteurs qui avaient emprunté de l’argent aux banques après une récolte merdique, se retrouvent à ne plus savoir honorer leurs dettes puisque aucune de leurs récoltes ne fut vraiment bonne.

Et que font les banquiers lorsque vous ne savez pas payer vos dettes ? Ils vous saisissent vos biens, vos terres et vous saisissent à la gorge. Ils ont expulsé les fermiers sans aucun état d’âme (et nous savons que cela continue de nos jours)…

Le passage où les tracteurs charruent les terres des pauvres gens, massacrant au passage leurs maisons de bois est émouvant. C’est toute leur vie qu’on met à bas, leurs terres que l’on massacre, leurs terres que l’on va épuiser en plantant du coton.

À non, c’est vrai, ce ne sont plus leurs terres, ce sont celles de la banque, de la société, de on-ne-sait-pas-trop-qui, mais le responsable n’est pas « humain » en tout cas. Il est bien plus facile de dire que c’est la Société Machin.

Chassés de chez eux, ils penseront comme tous les immigrants que leur situation s’arrangera ailleurs – en Californie, ici – puisque des feuillets leur promettent monts et merveilles, notamment du travail à foison. Ces pauvres gens pensent que, là-bas, ils auront à manger et gagneront assez d’argent pour vivre. Pauvres fous… (pas en tant qu’insulte, mais en tant que visionnaire de leur futures emmerdes).

La famille Joad, c’est elle que nous allons suivre sur leur chemin d’exil  depuis l’Oklahoma jusqu’en Californie, sur la mythique route 66 qui ne sera pas une partie de plaisir, mais s’apparentera plus à une descente aux Enfers.

Les voitures des émigrants surgissaient en rampant des chemins de traverse, regagnaient l’autostrade et reprenaient la grande voie des migrations, la route de l’Ouest. A l’aube, elles détalaient, pareilles à des punaises ; dès la tombée du jour, surprises par l’obscurité, elles se rassemblaient et venaient grouiller autour d’un abri ou d’un point d’eau.

De fait, nous n’avons jamais vu d’immigrants voyager en Rolls. Ici, ce sera un vieux « camion ». De nos jours, ce sont des containers, des embarcations de fortune…

Mais comme Moïse, la terre promise, certains ne la verront jamais, et les autres, ils ne feront que l’avoir rêvée parce qu’on leur a vendu de belles images. Non content de les spolier de leurs terres, on les spolie de leurs rêves d’avoir une vie meilleure.

Ne laisse pas s’envoler trop tes espérances, pour n’avoir pas à ramper comme un ver de terre.

Ce livre comporte des passages assez long et j’ai parfois eu dur de continuer le voyage, mais comme les Joad, je me suis accrochée afin de lire ce chef-d’œuvre de Steinbeck, ce pamphlet qui n’épargne pas les banques et qui nous raconte ce que fut la grande dépression de 1929 au travers du voyage d’une famille.

Il vous prend aux tripes parce que vous vous retrouvez à abandonner ce que fut votre vie, vos affaires, vos amis, vous voyagez sur une route qui a tout du fleuve Styx (celui des Enfers), parce que vous vous retrouvez dans des camps de fortune dressés sur les bords des routes, parce que les promesses de travail vantées par les put**** de prospectus ne sont pas tenues, entrainant les familles déjà démunies à crever de faim parce que sans emploi et sans nourriture.

Et tout retour en arrière est impossible, c’est marche en avant ou crève en faisant marche arrière.

Si vous qui possédez les choses dont les autres manquent, si vous pouviez comprendre cela, vous pourriez peut-être échapper à votre destin. Si vous pouviez séparer les causes des effets, si vous pouviez savoir que Paine, Marx, Jefferson, Lénine furent des effets, non des causes, vous pourriez survivre. Mais cela vous ne pouvez pas le savoir. Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en « Je » et vous sépare toujours du « Nous ».

La famille Joad, qui ne sera pas au bout de ses peines, va devoir se disloquer, elle crèvera de faim aussi, subira comme d’autres l’injustice et l’exploitation, elle devra faire face à des conditions de survie inhumaines, elle connaîtra le rejet, la discrimination, la mort, la prison,…

« Les grandes compagnies ne savaient pas que le fil est mince qui sépare la faim de la colère. Au lieu d’augmenter les salaires, elles employaient l’argent à faire l’acquisition de grenades à gaz, de revolvers, à embaucher des surveillants et des marchands, à faire établir des listes noires, à entraîner leurs troupes improvisées. Sur les grand-routes, les gens erraient comme des fourmis à le recherche de travail, de pain. Et la colère fermentait.

Comme le dit la devise de mon pays, « L’Union Fait La Force » et c’est uni que tout ces opprimés arriveront à s’en sortir. La solidarité étant souvent très forte entre eux (dans le livre).

– On en apprend tous les jours, dit t-elle, mais il y a une chose que je sais bien, à force . Quand on est dans le besoin, ou qu’on a des ennuis – ou de la misère – c’est aux pauvres gens qu’il faut s’adresser. C’ est eux qui viendrons en aide – EUX SEULS.

Autre paradoxe soulevé par le récit et qui me fait penser à ce que nous vivons toujours : les habitants de Californie ne veulent pas les immigrés mais ils en ont besoin pour le travail… « Travaille et puis casse-toi, pauv’con ».

– On est bien dans un pays libre, tout de même.

– Eh bien tâchez d’en trouver, de la liberté. Comme dit l’autre, ta liberté dépend du fric que t’as pour la payer.

Bref, un livre à lire, les personnages sont attachants, ce qui est écrit est une partie de l’histoire, malgré quelques longueurs, ça vaut la peine de l’ouvrir, de plus, le style d’écriture est implacable. Dire que depuis, rien n’a changé.

Craignez le temps où l’Humanité refusera de souffrir, de mourir pour une idée, car cette seule qualité est le fondement de l’homme même, et cette qualité seule est l’homme, distinct dans tout l’univers.

L’auteur a reçu pour cette œuvre le prix Pulitzer en 1940.

Lu dans le cadre des Challenges « Romans Cultes » de Métaphore, de « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel, du « Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées, pour Le « Challenge US » chez Noctembule et pour Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle.

Bilan Livresque Mensuel : Juillet 2013

BILAN - Nazguls dragon

Alors ? Quoi de neuf sous le soleil pour le Bilan Livresque de ce chaud mois de juillet ??

Correct, pas de record mais pas de baisse de régime : 10 livres dont un Classique et un PAL Noire.

Mais bon, pas terrible comme bilan étant donné que  je participe aux  Challenges « Faire fondre sa PAL » chez Metaphore et à « Destination PAL » chez Lili Galipette !

Quelques bandes dessinées aussi : des nouvelles et une relecture annuelle de la collection Ric Hochet.

Ais-je bien diminué ma PAL sous le soleil ? Mhouais… 10 romans, c’est une bonne moyenne. Mais là où le bât blesse, c’est dans le fait que la fièvre acheteuse m’a encore frappé et voilà ti pas que j’ai fait exploser ma PAL d’un autre côté. Hem, shame on me, je sais… 😦

Le mois a commencé avec deux nouveautés au rayon bédé : « Le monde des quatre de Baker Street » de Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand & David Etien (ICI). Pas d’aventures pour nos quatre amis, mais plutôt un album qui nous explique la vie à Londres au temps de la Reine Victoria, leur première rencontre avec Holmes, leur première « enquête ». Vraiment bien fait. Pour les habitués de la série ou ceux qui veulent en savoir plus sur la vie londonienne.

Le tome 2 qui clôt la surprenante série « Scotland Yard – Tome 2 – Poupées de sang » de Dobbs & Perger (ICI) est toujours aussi déstabilisant de par ses dessins au lavis. Fort sombre, il explore la personnalité de l’accolite meurtrier que la police avait arrêté dans le tome 1. (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Rayon classique, je me suis penchée sur « 1984 » de George Orwell (ICI). Pas évident à lire, mais instructif ! Non, Big Brother n’est pas mort ! (Challenge « Romans Classiques » de Métaphore et « Les 100 livres à avoir lu » de Bianca & « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Petite incursion dans les romans Série Noire de Gallimard avec « Sous Pression » de Richard Stark qui est le pseudo de Donald Westlake (ICI), « L’étouffe-serviette » de Lawrence Block (ICI) et « La Moisson rouge » de Hammet Dashiel (ICI).

Trois belles découvertes ! Du roman noir, du hard-boiled (roman noir en anglais). Des romans parfois sans policier, sans enquêteur, violent et qui décrivent la société sans concession. (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Depuis un an qu’il attendait, lui ! « La Femme en vert » d’Arnaldur Indridason (ICI) aurait dû être lue plus vite, mais quand on a trop de livre, voilà ce qu’il arrive : un tout bon livre qui a trop dormi sur les étagères ! (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Ma fascination pour certains personnages se porte sur un Grand Conquérant : Alexandre le Grand. Voilà pourquoi j’ai sorti de ma PAL Noire « Alexandre – Tome 1 – Le feu du ciel » de Mary Renault (ICI). Grande déception ! Non pas au niveau de l’érudition ou de la qualité de l’écriture, mais du fait que le roman est soporifique… Dommage ! (Challenge « Pavé de l’été » Sur Mes Brizées).

Jeranjou m’avait donné envie et dès que je l’ai eu, j’ai ouvert ce polar noir qu’est « La reine des pommes » de Chester Himes (ICI). Un truc de fou ! (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 & « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel)

Ce livre là, je le dois aussi à Babelio. Le terrifiant huis-clos « Les Morsures de l’ombre » de Karine Giebel (ICI). Sueurs froides comme dans « Misery » de Stephen King. Une auteure à découvrir ! (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Dans la collection Nature Writting, il vous faut découvrir le très agréable polar des Editions Gallemeister « La Rivière de sang » de Jim Tenuto (ICI). Notre enquêteur est un guide de pêche à la mouche et je dois avouer que le roman se lit facilement et que l’on passe un moment de tranquilité (hem) avec Wallace. (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Le mois se termine et je n’ai pas fini de lire « La griffe du chien » de Don Winslow qui, avec ses 840 pages, participe au « Pavé de l’été ». Le livre est le plus grand roman sur la drogue jamais écrit.

Bilan Livresque Juillet 2013 : 10 romans et 12 bédés (2 neuves) dont 1 PAL Noire, 1 Romans Classique & à avoir lu, 18 fiches pour le Challenge Thriller et polar et 2 pour le Cinéma fait sa littérature + + Challenges « Faire fondre sa PAL » chez Metaphore &  « Destination PAL » chez Lili Galipette.

  1. Le monde des quatre de Baker Street : Djian, Legrand & Etien
  2. Scotland Yard – Tome 2 – Poupées de sang : Dobbs & Perger
  3. 1984 : George Orwell
  4. Sous Pression : Richard Stark (pseudo de Donald Westlake)
  5. L’étouffe-serviette : Lawrence Block
  6. Moisson rouge (la) : Hammet Dashiel
  7. Ric Hochet – Tome 3Défi à Ric Hochet : Duchateau & Tibet
  8. Ric Hochet – Tome 4L’ombre de Caméléon : Duchateau & Tibet
  9. Ric Hochet – Tome 5Piège pour Ric Hochet : Duchateau & Tibet
  10. Ric Hochet – Tome 6Rapt sur le France : Duchateau & Tibet
  11. Ric Hochet – Tome 7Suspense à la télévision : Duchateau & Tibet
  12. Ric Hochet – Tome 8Face au serpent : A-P Duchateau & Tibet
  13. Ric Hochet – Tome 9Alias Ric Hochet : A-P Duchateau & Tibet
  14. Ric Hochet – Tome 10Les 5 revenants : A-P Duchateau & Tibet
  15. Ric Hochet – Tome 11Les spectres de la nuit : Duchateau & Tibet
  16. Ric Hochet – Tome 15Le monstre de Noireville : Duchateau & Tibet ( « Totem »)
  17. Femme en vert (la) : Arnaldur Indridason
  18. Alexandre – Tome 1 – Le feu du ciel : Mary Renault (PAL Noire)
  19. Reine des pommes (la) : Chester Himes
  20. Morsures de l’ombre (les) : Karine Giebel
  21. Rivière de sang (la) : Jim Tenuto
  22. Griffe du chien (la) : Don Winslow (en cours de lecture)

Etouffe serviette - Block Moisson Rouge - Série Noire - Hammett LE MONDE DES 4 DE BAKER STREET[VO].indd.pdfSous Pression - Stark

CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL 624b5-challengelalitt25c325a9raturefaitsoncin25c325a9ma2013-252822529jpgCHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2) challenge-des-100-livres-chez-bianca  CHALLENGE - objectif-pal-001 (2)LOGO LOUP GAROU - Copie challenge-romans-cultes2 Gaston final

1984 : George Orwell

Titre : 1984                                                         big_4

Auteur : George Orwell
Édition: Folio (1972)

Résumé :
L’origine de 1984 est connue : militant de gauche violemment opposé à la dictature soviétique, George Orwell s’est inspiré de Staline pour en faire son « Big Brother », figure du dictateur absolu et du fonctionnement de l’URSS des années trente pour dépeindre la société totalitaire ultime.

Mais Orwell n’oublie pas de souligner que les super-puissances adverses sont elles aussi des dictatures…

Ce qui fait la force du roman, outre son thème, c’est la richesse des personnages, qu’il s’agisse du couple qui se forme, malgré la morale étroite du Parti, ou même du policier en chef qui traque les déviants, ex-opposant lui-même, passé dans les rangs du pouvoir…

C’est aussi cette « novlangue », affadie et trompeuse, destinée aux « proles », et ces formules de propagande (« L’ignorance, c’est la force ») scandées par des foules fanatisées et manipulées. 1984 est un livre-phare, apologie de la liberté d’expression contre toutes les dérives, y compris celles des sociétés démocratiques.

Critique :
Que dire de nouveau après 203 critiques sur Babelio ? Que depuis l’incident avec la grosse curieuse NSA, les ventes du livre ont augmenté de… 7000% ? Comme quoi, tout le monde veut en savoir plus sur Big Brother…

Big Brother n’est pas vraiment un système de surveillance, c’est surtout le portrait d’un homme avec des grosses moustaches qui fait curieusement penser à Staline.  Sa tronche est présente partout en Océania.

Océania ? Nouveau Club Med ? Non ! Un Régime Totalitaire dans toute sa splendeur qui nivelle à mort par le fond. Même la télé réalité n’arriverait pas à faire aussi bien qu’eux parce que nous possédons encore le libre arbitre de la regarder ou pas.

Sûr que ce livre m’a fait dresser les cheveux sur la tête ! Quand je vous dis que c’est un régime « totalitaire », vous pouvez me croire, on frôle même la perfection, la machine est bien huilée, style rouleau compresseur et vu d’ici, la mécanique me semble sans faille.

Observons là de plus près…. L’espion qui espionne les espions, c’est nous. En cas de problème, le terminal de l’aéroport en Russie nous servira de Terre Promise !

A Océania, on surveille tout le monde derrière des écrans et pour votre intimité, vous repasserez ! Une sorte d’écran de PC ou de télé au mur qui voit tout.

A Océania, l’ennemi d’hier devient le super pote du lendemain et on efface des « journaux » le fait qu’on ait été en guerre avec lui durant quelques années. La population ne doit pas savoir, elle doit oublier.

Oh, pardon, les journaux ne sont pas en vente libre dans le kiosque du coin, mais disponibles aux archives et constamment remis à jour.

Winston, notre « z’héros », est chargé, avec d’autre, de changer les infos des journaux que la population n’a jamais eu l’occasion de lire. Le tout pour le bien de l’Histoire.

Quand je dis que l’on nivelle par le bas, on y va à fond et même Nabilla a plus de mot de vocabulaire que leurs dicos. Fini les synonymes et les antonymes, on utilisera « bon » ou « inbon » et « plusbon »… Les dictées de Pivot seront insipides… pardon, en Novlangue, c’est « inbon ».

Le sexe ? Bientôt comme chez les animaux d’élevage : pour assurer la pérennité de la race, quand au plaisir… Quel plaisir ?? « Orgasme » ne se trouve pas dans leurs dictionnaire.

Vous faites un pas de travers ? On peut vous dénoncer, surtout votre famille, vos enfants… déjà bien conditionné, les moutards ! Pffffttt, vous serez vaporisés et votre nom disparaîtra aussi. Existence zéro.

A Océania, à 7h du mat’, on vous réveille grâce à l’écran et c’est parti pour une séance de gym tonique  style « Véronique et Davina » mais sans elles, sans les jolies poitrines qui dansent, sans le sourire, mais avec la sueur et les injonctions : « Élève Winston, touchez vos pieds avec vos mains, mieux que ça ! ».

Tout est manipulé et la population gobe tout comme des oies au gavage… Les mensonges sont répétés et deviennent Vérité Historique. Sont gravés, quasi.

C’est pas le cas dans notre société ? Non ? Z’êtes bien sûrs ? Je suis tracée avec mon GSM, mon abonnement aux transports en commun, le PC du boulot, mon PC personnel aussi car Obama lit mes critiques que la NSA surveille de près, je dois être sur la liste rouge parce que tout à l’heure, j’ai dit à mon collègue que… Hé, non, je ne vais pas l’écrire, sinon, je vais monter en grade à la NSA !

Pharmacie ? Idem avec la carte SIS (Vitale en France), si vous avez une carte « GB-Carrefour », ils savent même ce que contient votre panier de ménagère de moins de 50 piges !

Caméras par-ci, caméras par-là… Les JT ne nous disent pas tout, on ne sait rien, les gouvernements nous mentent, les banques et assurances aussi, les lobbys contrôlent tout et certains osent même affirmer que la croissance va remonter… Une bonne nouvelle pour faire plaisir à la masse, comme dans le livre ??

Si le roman est assez long à lire et à certain moment « lourd », il faut s’accrocher afin d’arriver jusqu’au bout. Je l’ai lu par petites doses.

Dans « L’épée de vérité », Richard Rahl était le caillou dans la mare. Winston sera-t-il ici le grain de sable qui vient gripper la grosse machine bien huilée ou se fera-t-il prier d’aller voir sur la plage s’il n’y a pas de pavé en dessous ?

À l’heure ou nos gouvernements stockent nos données, nos messages, nos conversations téléphoniques dans un but « sécuritaire » (mon cul !), à l’heure ou Oncle Sam regarde par-dessus notre épaule, entassant un max de données qu’il ne saura jamais traiter, qu’avons-nous fait de notre indignation ?

Diantre, Frigide Barjot n’était pas là pour s’offusquer de l’œil de Washington ? D’ailleurs, les manifestants des derniers temps ne sont pas là pour crier que les bornes ont des limites ??

Le mariage joyeux, non, l’espionnage à grande échelle, oui !

Orwell, relève-toi, on se laisse faire comme des moutons à l’abattage !

Challenge « Romans Classiques » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

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Croc-Blanc : Jack London

Titre : Croc-Blanc                                                                big_5

Auteur : Jack London
Édition : Hachette / Livre de Poche / …

Résumé :
Dans le Grand Nord sauvage et glacé, un jeune loup apprend à lutter pour la vie. Les premiers hommes qu’il rencontre, des Indiens, le baptisent Croc-Blanc. Auprès d’eux, il connaît la chaleur du feu de camp, mais aussi le goût du sang.

Racheté par un Blanc cupide, il est dressé pour le combat et découvre la haine. Un homme pourtant le sauve de cet enfer.

Croc-Blanc lui vouera un amour exclusif.

Critique : 

ATTENTION ! Si vous lisez ce livre dans les transports en commun (genre métro comme moi) assurez-vous d’avoir une bonne âme (mon mari dans mon cas) à vos côtés pour vous signaler que vous arrivez à destination !

Oui, j’étais tellement plongée dans ma lecture que je ne me rendais même pas compte que le métro allait arriver à la station de destination…

C’est vous dire comme il fut prenant ! Pourtant, ce livre n’étant dans ma PAL que depuis deux mois, il n’aurait pas dû être lu aussi tôt.

Bizarrement, j’ai eu une envie folle de le lire, de le découvrir puisque je n’ai jamais vu le film. Pourquoi cet empressement ?

Et bien, le temps étant à la canicule – au moins 11 degrés – (mhouahaha), je me suis dit qu’un peu de fraîcheur serait la bienvenue et me voilà partie pour le Grand Nord, les pieds enfoncés dans la neige, les loups à mes trousses.

Cette première partie avec un traineau tiré par des chiens, poursuivi sans relâche par une meute de loups affamés – dont un viendra manger avec les chiens sans que le musher s’en rende compte tout de suite – était plus que prenante.

Comme dans « Dix petits nègres » et ses invités qui meurent l’un après l’autre, ici, c’est un chien qui disparaissait chaque nuit, dévoré après avoir été entrainé par la louve qui n’a pas peur de l’homme (la mère du futur Croc-Blanc). Elle est à moitié louve, à moitié chien et a grandi parmi les hommes. La ruse, elle connait. Les hommes aussi.

D’emblée, cette entrée en matière avec la course poursuite entre des loups affamés, hurlants et le traineau avec les deux hommes était flippante… Pourtant, c’est considéré comme littérature jeunesse. Nous sommes loin de l’univers de la Bibliothèque Rose, là !

Cet aparté terminé, je dois vous avouer que ce que j’aime dans ces livres de Jack London, c’est que cet auteur a une manière de vous parler du Grand Nord qui fait que, même si vous étiez au bord d’une piscine par 40 degrés à l’ombre, vous vous croiriez dans le blizzard en train de grelotter, le trouillomètre à zéro, la vision du Petit Chaperon Rouge, dévoré, dansant devant vos yeux épouvantés.

Nous sommes dans le Grand Nord, oui, et il ne fait pas de cadeau. Un jeune louveteau va le découvrir très vite, lui qui sera le seul survivant de la nichée. Pas  le choix, faut manger si on ne veut pas être mangé. Sa rencontre avec une belette sera décisive, la bête étant vicieuse et vindicative (hem, c’est mon totem).

Les premiers hommes qu’il rencontre seront des Indiens qui le baptiseront Croc-Blanc. Auprès d’eux, il connaîtra la chaleur du feu de camp, mais aussi le goût du sang et la main qui frappe au lieu de caresser.

Sa condition de « plus loup que chien » fera qu’il sera rejeté par les autres chiots, agressé et mis à l’écart. Pas d’amour, pas de tendresse, mais des bagarres. Cela va déjà lui forger le caractère.

Comme dans « L’appel sauvage », cette histoire nous est contée à travers l’animal, ici, Croc-Blanc, ce qui donne au récit une émotion qui vous prendra aux tripes plus que si c’était raconté par un narrateur humain.

Oui, j’ai souffert avec Croc-Blanc, j’ai partagé ses émotions, ses peurs, ses découvertes, ses ruses, j’étais dans sa peau et j’avais envie de mordre les autres chiens qui l’emmerdaient. Oui, j’ai regardé les humains avec un regard de haine brûlante, avec l’envie d’en mordre certain et de leur trancher la jugulaire.

Je n’ai pas l’âme d’une violente, mais le récit atteint une intensité tellement féroce à certains moments que vous ne pouvez vous empêcher de vous dire que l’être humain peut-être une crapule.

Jack London nous dépeint plusieurs facettes de l’homme : l’indien qui deviendra aussi con que l’homme blanc après avoir goûté à l’eau-de-feu et qui vendra Croc-Blanc à l’homme cupide et pleutre qui veut le loup pour se sentir puissant et organiser des combats. Après cette brute et ses airs de truand, viendra le bon.

Mais dressé pour le combat, notre Croc-Blanc a basculé du côté obscur de la Nature et à cause des hommes, il a découvert la haine, il est devenu sauvage, hargneux.

Pas besoin de dictionnaire, il a vite compris ce que voulaient dire « injustice », « cruauté gratuite » et « vraie sauvagerie ». Dans la nature, jamais il ne serait parvenu à un seuil pareil, le rendant irrécupérable tant la rage coule dans ses veines, tant il n’a plus confiance en l’homme.

Et pourtant…Tout le monde a droit à une rédemption.

Je remercie Jack London de m’avoir plongé dans cette aventure mi-humaine et mi-animale très bouleversante, sans m’épargner la vision de la cruauté humaine envers l’animal.

Les civilisés ne sont pas ceux que l’on dit. C’étaient les hommes qui hurlaient leur plaisir lors des combats de Croc-Blanc contre des ours, des lynx, un bouledogue… Eux qui voulaient voir le sang couler.

Un roman fort, prenant, dur, violent, sauvage, mais avec de l’espoir et des grands espaces. Tous les hommes ne sont pas des salauds…

Maintenant, je change de registre et je vais aller le dorer la pilule en Afrique du Sud avec le roman « Zulu ». C’est l’agence de voyage de Caryl Férey qui m’y emmène.

Avec cet auteur bucolique, ce sera petites fleurs, poésie et douceur au menu. Un peu de douceur dans ce monde de brute. Tiens, pourquoi ceux qui ont lu « Zulu » toussent-ils aussi fort ?

Livre lu dans le cadre du Challenge « Totem » par Liligalipette (catégorie « Loups ») du Challenge « Romans Classiques » de Métaphore et du Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

Le tour du monde en quatre-vingts jours : Jules Verne

Titre : Le tour du monde en quatre-vingts jours

Auteur : Jules Verne
Édition : Gallimard (2001)

Résumé :
Faire le tour du globe en 1920 heures ou 15200 minutes, c’est le pari fou que le gentleman anglais Phileas Fogg relève en 1872 contre les membres du Reform Club de Londres ! Il entraîne Passepartout, son valet, dans une course effrénée…

Poursuivi, de steamboat en railroad par les polices anglaises qui voient en lui le cambrioleur qui vient de dévaliser la Banque d’Angleterre.

Une grande aventure où se croise une belle indienne à sauver du bûcher. où les ponts s’effondrent, les navires flambent… et où un gentleman dépense et se dépense sans compter pour atteindre son but à l’heure exacte !

Critique : 

Sorry, veuillez excuser mon léger retard, mais je viens de boucler un tour du monde en 80 jours en compagnie de mon ami Passepartout et son nouvel employeur, Mr Phileas Fogg.

Y’a pas à dire, c’était une sacrée aventure que nous venons de vivre, tout ça pour un pari avec ses amis du club auquel il appartient ! Monsieur Fogg a tout de même parié la moitié de sa fortune.

Qui je suis ? Mais enfin, je suis Tico et je voyage dans la poche de Passe-Partout.

Quoi ? Ah, pardon, je vous présente mes excuses. Tico ne fait pas partie du roman de Verne. Là, je me croyais revenue en 1983, sur Récré A2, dans ce grand classique du dessin animé japonais « animalier » (comme dans le dessin animé « Sherlock Holmes »).

Voilà tout le paradoxe de ma lecture : l’omniprésence des images du dessin animé qui avait bercé mon enfance et que j’avais revu avec plaisir il y a 10 ans.

Le dessin animé, bien que fidèle au livre, possédait quelque différences, dont une de taille : l’humour !

Ici, le Philéas Fogg n’a pas une tête de lion et est moins sympa, l’inspecteur Fix du livre n’est pas aussi crétin que celui de la version animée (et sans compère encore plus crétin) et pas de Tico pour faire des bêtises.

Alors, j’ai dû faire table rase sur mes souvenirs et une fois que ce fut fait, ma lecture s’est accélérée et bien que connaissant la fin, j’ai ressenti l’ivresse de la course et du poteau final qui s’approchait. Oui, on peut connaître la fin et jouir du suspense malgré tout.

Verne n’est pas avare de descriptions, que se soit au niveau des personnages ou des endroits qu’ils traversent. On voyage à peu de frais en compagnie de nos deux compères, Fogg gardant son flegme quoi qu’il arrive.

Quant à Passepartout, il fera bien quelques bêtises, bien vite pardonnées et puis, il se rattrape à la fin !

Le seul bémol est la princesse que j’ai trouvée un peu trop lisse, pas assez présente et Fogg moins sympa que sa représentation en lion.

Pour le reste, une lecture agréable, rapide, sans prise de tête, un voyage autour du monde à une vitesse folle et un dépaysement certain. Je me devais de le lire et j’ai bien fait.

« 80 jours à courir, pas plus pour réussir
Le tour complet de la planète
Personne ne l’a jamais fait
Mais on fera tout pour être les premiers
80 jours à courir, pas plus pour réussir
Le tour complet de la planète
Pla_nète, quel pari de fou mais on y arrivera
Oh, quel pari de fou mais on y arrivera »

Y’a pas de raison qu’elle ne vous trotte pas dans la tête à vous aussi !

Livre lu dans le cadre des challenges « Romans Classiques » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

Bilan Livresque : Avril 2013

BILAN - SDA - Dragon

Le mois d’avril fut bien rempli en lectures,‭ ‬c’est pas moins de‭ 18‭ ‬livres qui ont été lu ‭ ! ‬

Sans compter que j’ai fait baisser ma PAL Noire de‭ ‬2‭ ‬romans.‭ ‬Ok,‭ ‬peut mieux faire…

Donc, dans un soucis de diminuer ma PAL Noire,‭ ‬j’ai entammé le mois par deux livres policiers historiques‭ (‬tout bon pour les challenges‭!) ‬:‭ « Rutland Place » (ICI) ‬et‭ « Resurection Row » ‬(ICI) de Anne Perry.

Ils avaient l’avantage d’être assez court‭ (‬300‭ ‬pages‭)‬,‭ ‬donc,‭ ‬pas de perte de temps dans les scones et les tasses de thé.‭ ‬Non pas que je n’aime pas cela,‭ ‬mais lorsque c’est trop long,‭ ‬cela fait perdre du dynamisme à l’enquête.‭ ‬Ici,‭ ‬dynamique et très agréable à suivre.

Un peu de classique avec‭ « Fahrenheit‭ ‬421 » ‬de Bradbury (ICI).‭ ‬Une vision de ce que pourrait être l’avenir si la littérature devenait persona non grata et que le grand nivellement par le bas commençait…‭ ‬Un très beau livre ‭ !

Pour mon challenge‭ « My Self »‬,‭ ‬j’ai entamé la lecture d’un auteur russe ‭ ‬:‭ ‬Dostoïevski avec‭ « Une sale histoire » ‬qui fut une belle découverte littéraire (ICI).

Le Grand Nord pour le challenge Totem avec un récit de Jack London‭  « L’appel sauvage » (ICI).‭ ‬Nous sommes en compagnie de Buck,‭ ‬un chien enlevé dans la Floride et qui se retrouvera à tirer les traineaux dans le Grand Nord.‭ ‬Une belle aventure,‭ ‬le chien devant s’adapter à cette vie dure et sauvage,‭ ‬avant de retrouver son état sauvage.

Deux petits policiers ensuite avec,‭ ‬en tout premier‭ « In Nomine » ‬de Giacometti et Ravenne (ICI) qui nous conte les débuts du futur commissaire franc-maçon Marcas.‭ ‬Le roman souffre d’un manque de développement et‭ ‬200‭ ‬pages de plus lui aurait rendu service ‭ !

« Autopsie d’un viol » ‬(ICI) de Steeman n’a pas comblé mes attentes et je me suis ennuyée ferme durant ma lecture,‭ ‬la fin sauvant un peu le reste de pas son côté inattendu.

Heureusement qu’ensuite,‭ ‬je suis partie virtuellement en Australie avec‭ « Cul-de-sac » ‬de Douglas Kennedy (ICI) qui lui m’a fait sourire,‭ ‬rire avec son humour noir et ses situations totalement burlesque.

Puisque j’en étais aux bonnes lectures,‭ ‬j’ai intégré les pensées et la vie d’un sérial-killer dans‭ « Un Employé modèle » ‬de Cleave (ICI).‭ ‬Joe est agent de nettoyage au commissariat de Police de Christchurch,‭ ‬la joue‭ « ‬attardé mental » ‬mais au final,‭ ‬c’est Hannibal Lecter qui joue à Forrest Gump.‭ ‬SUPER ‭ !

Du noir de chez noir,‭ ‬du serrage de tripes et des larmes avec le pavé de‭ ‬1000‭ ‬pages de Karine Giebel‭ « Meurtres pour rédemption« ‬. Un roman plus que sombre qui nous fait entrer dans l’univers carcéral féminin. J’en ai eu les tripes retournées, nouée, la gorge serrée, les yeux humides. Magnifique, mais à la fin de pareille lecture, on est une loque (EN COURS – ICI).

Que faire ? Se lancer corps et âme dans de la littérature jeunesse. Ce que je fis avec une salve de 4 romans de Béatrice Nicodème qui met en scène Wiggins, un « Irréguliers de Baker Street », des jeunes gamins des rues utilisé par Sherlock Holmes pour les filature.

Là, notre garçon veut devenir détective et il apprend le métier, résout des enquêtes, mais son mentor n’est jamais loin. « Wiggins et le perroquet muet » (ICI) est le premier que j’ai lu.

Enchainant ensuite avec « Wiggins et la ligne chocolat » (ICI) et « Wiggins chez les Johnnies » (ICI) pour en conclure avec « Wiggins et les plans de l’ingénieur » (ICI).

Aventures agréables à lire, sans se prendre la tête tout en découvrant les bas-fonds de Londres à l’époque victorienne.

Puisque j’étais en compagnie de mon détective préféré, j’ai sorti de ma PAL « Le mystère Sherlock » (EN COURS – ICI) que je n’avais pas encore lu. C’est George et son excellente critique qui m’y a fait penser. Drôle, de l’humour au second degré, de l’humour noir, un style que n’aurait pas renié Frédéric Dard (le père du commissaire San-Antonio), l’argot et les scènes de cul en moins. J-M Erre est désopilant et cela fait du bien de lire ce genre de roman car mes pouffements de rire furent légion.

Pour clore mon mois chargé, j’ai relu un livre dont je ne me souvenais plus de la fin « L’horreur du West End » de Nicholas Meyer (EN COURS – ICI) et qui est un pastiche holmésien.

Encore ? Ben quoi, faut bien que je remplisse mes challenges, non ?

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Bilan Avril 2013 : 16 livres (2 PAL Noire et 16 participations à divers challenges)

1. Rutland Place ‬: Anne Perry (PAL Noire« Polar Historique »« Thrillers et Polars »)

2. Resurection Row : Anne Perry (PAL Noire« Polar Historique »« Thrillers et Polars »)

3. Fahrenheit‭ ‬421 : Bradbury (« Romans Cultes »« La littérature fait son cinéma – 3ème année »

4. Une sale histoire : Dostoïevski (« Myself » )

5. L’appel sauvage : Jack London‭ (« Totem » )

6. In Nomine : Giacometti et Ravenne (« Thrillers et Polars »)

7. Autopsie d’un viol : Steeman (« Thrillers et Polars »)

8. Cul-de-sac : Douglas Kennedy (« Thrillers et Polars »)

9. Un Employé modèle : Cleave (« Thrillers et Polars »)

10. Meurtres pour rédemption : Karine Giebel‭ (« Thrillers et Polars »)

11. Wiggins et le perroquet muet : Béatrice Nicodème (« Sherlock Holmes »  – « Polar Historique »« Thrillers et Polars »)

12. Wiggins et la ligne chocolat : Béatrice Nicodème (« Sherlock Holmes »  – « Polar Historique »« Thrillers et Polars »)

13. Wiggins chez les Johnnies : Béatrice Nicodème (« Sherlock Holmes »  – « Polar Historique »« Thrillers et Polars »)

14. Wiggins et les plans de l’ingénieur : Béatrice Nicodème (« Sherlock Holmes »« Polar Historique »« Thrillers et Polars »)

15. Le mystère Sherlock : J-M Erre (« Sherlock Holmes »« Thrillers et Polars »)

16. L’horreur du West End : Nicholas Meyer (« Sherlock Holmes »« Polar Historique » « Thrillers et Polars »)

Des fleurs pour Algernon : Daniel Keyes

Titre : Des fleurs pour Algernon

Auteur : Daniel Keyes
Édition: J’ai Lu

Résumé :

Algernon est une souris de laboratoire, Charlie Gordon un simplet employé aux médiocres besognes. Tous deux vont emprunter, grâce à une découverte du docteur Strauss et du professeur Nemur, le chemin vers l’intelligence.

Suivi par la psychologue Alice Kinnian dont il tombe rapidement amoureux, Charlie va faire de grands progrès sur le plan intellectuel.

Ainsi, au terme du troisième mois de traitement, il consigne dans son journal, originellement intitulé CONTE RANDU : J’ai téléphoné à Landsdoff au New Institute for Advanced Study, au sujet de l’utilisation des paires d’ions produites par effet photo-nucléaire, pour des recherches exploratoires en biophysique.

La progression est fulgurante. Mais le plus dur est à venir, et la découverte du monde qui l’entoure sera sans concession.

Puis soudain le rêve s’effondre, Algernon décline et finit par mourir.

Petit plus : A rapprocher de Quotient intellectuel à vendre de John Boyd, cette fable émouvante conviendra autant aux jeunes lecteurs avides de découvertes qu’aux amateurs qui seraient passés à côté de ce livre aujourd’hui classique.

Il obtint en effet le prix Hugo en 1960 et fut porté à l’écran par Ralph Nelson en 1968 sous le titre de Charly.

Critique : 

« Un bon livre, c’est un livre qui te fait mal quand tu le refermes. »

Cette année 2012 est un bon millésime car riche en « coups de coeur »  littéraires.

Ces coups de coeur, je les dois aux critiques sur Babelio, qui m’ont données envie d’enrichir ma bibliothèque, mais aussi à certains membres qui m’ont conseillé des livres dont ils se doutaient qu’ils me procureraient des heures de plaisir.

Et bien, ce livre, c’est aussi grâce aux bonnes critiques lues sur Babelio et surtout grâce au fait que Métaphore me l’ai recommandé comme j’hésitais avec un autre titre.

Cette oeuvre de science-fiction (que je n’aurais eu l’idée de lire), je l’ai acquise et lue dans le cadre du challenge « Romans Cultes » organisé par Métaphore.

C’est grâce à son challenge que j’ai découvert cette pépite.

« Des fleurs pour Algernon » fera, lui aussi, partie de ces romans qui me hanteront encore longtemps après avoir tourné la dernière page.

Pourtant, ma première impression, en commençant ma lecture, fut un écarquillement des yeux pas possible.

En effet, sur la première ligne, je venais de lire « Conte randu » et je me suis dit qu’il devait y avoir une grève des correcteurs, le jour où le livre fut édité.

La deuxième ligne me fit tiquer aussi sur une faute d’orthographe énorme et là je me suis dit qu’il devait y avoir une subtilité que je n’avais pas vu, étant donné que j’avais commencé ma lecture en buvant mon premier café, au réveil.

Ok, c’est Charlie Gordon, le « héros » qui nous parle et vu qu’il est arriéré mental, ces fautes d’orthographe sont normales.

Le personnage de Charlie est sympathique, on aurait presque envie de gueuler sur tous ceux qui se moquent de lui, sans que Charlie s’en rende compte.

Évidemment, il est toujours plus facile de se moquer de ceux qui ne savent pas se défendre, cela nous rend plus fort…

Charlie ne veut qu’une chose, devenir « un telligent ». La science le fera, mais les rêves, une fois qu’ils sont réalisés, ne sont pas toujours agréables et Charlie va le découvrir à ses dépends.

Puisque son QI se développe, Charlie va tout doucement se rendre compte que les autres se moquaient de lui, qu’il peut éprouver de la colère, que lui aussi peut devenir condescendant envers les autres parce qu’ils n’ont pas un esprit aussi vif que le sien.

Voilà donc un roman qui m’a pris aux tripes, me laissant à la fin avec une boule dans la gorge parce que l’issue est tout tracée.

J’ai suivi l’évolution de Charlie, son retour dans son passé, dans ses souvenirs qui sont remontés à la surface durant l’augmentation de son QI, j’ai souffert avec lui en découvrant que sa mère, après avoir fait comme si son fils était « normal », a tout fait pour le rendre intelligent, préférant se dire que c’était de la paresse plutôt qu’une déficience mentale.

Le début est fort prenant, on remarque de suite l’amélioration de Charlie en lisant ses billets où les fautes s’estompent, où les phrases deviennent de plus en plus construite.

L’homme ayant toujours eu peur de ce qu’il ne connaît pas, de ce qui est différent de lui, voilà que les collègues de travail de Charlie ont peur de lui, ne veulent plus le voir, son niveau d’intelligence étant tellement élevé, qu’ils se sentent en infériorité devant lui.

Et vu qu’ils s’élevaient en écrasant un plus faible, une fois que le faible d’esprit devient un génie, ça les rabaissent.

Le pire c’est que Charlie devient comme eux, regardant les autres qui sont moins vifs d’esprit que lui, avec supériorité, changeant de personnalité, perdant même son sourire qu’il affichait tout le temps auparavant.

Si une partie du livre peut sembler moins importante, je l’ai lue avec avidité parce que elle signifiait aussi la révolte de Charlie qui en avait marre de ne pas être traîté en être humain et sa fuite, avec Algernon.

Arriéré avant, cobaye ensuite, il se révoltait contre ceux qui le considérait comme leur « propriété », comme s’ils lui avaient donné naissance. Ils traitaient Charlie comme Algernon, la souris blanche devenue intelligente, elle aussi, suite à une manipulation scientifique.

L’auteur ne s’appesantit pas non plus sur la vie de misère de Charlie, distillant plutôt tout cela dans les rapports écrits par Charlie, lorsqu’il se souvient et comprend. Je pense que c’est encore pire de cette manière. On a mal avec lui.

La fin est prenante, vous collant une boule dans la gorge lorsque Charlie se rend compte que le processus s’inverse…

Je l’ai terminé avec les larmes aux yeux, tant je m’étais attachée au personnage et tant il est déprimant de se rendre compte de sa déchéance.

C’est comme lorsqu’une personne atteinte d’Alzheimer se rend compte, dans un bref moment de lucidité, qu’elle perd les pédales… ça lui fait mal et aux autres aussi.

Ce livre a beau être de la science-fiction, il illustre de belle manière les dangers de la science ou de la médecine, lorsqu’elle utilise son savoir à mauvais escient.

Comme le disait Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Et c’est la vie et l’âme de Charlie qu’ils ont ruiné, même si le fait de devenir aussi intelligent était son rêve. Ceci dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions…

Le mal était plus fort que le bien qui fut fait et, ma foi, ils auraient mieux fait de lui ficher la paix, à Charlie !

Après un roman pareil, un de ceux qui me hantera longtemps après que la dernière page se soit tournée, il me faut lire un roman simple, un roman avec un meurtre ou un truc léger, une lecture qui ne prendra pas la tête, qui ne me nouera pas les tripes, ne me causera pas de l’humidité dans les yeux, un truc du genre…

Lire un Harlequin ? Non, j’ai dit « divertissant », pas « abrutissant » ! Oh, vite, un San-Antonio !

Lu dans le cadre des challenges « Romans Cultes » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel.

Participe aussi au challenge « Les 100 livres à avoir lu au moins une fois » chez Bianca.

L’Appel de la forêt (L’Appel sauvage) : Jack London

Titre : L’Appel de la forêt (L’Appel sauvage)    big_5

Auteur : Jack London
Édition : Hachette

Résumé :

C’est le plus grand livre que London aura consacré au monde du froid, mais c’est beaucoup plus que cela : par-delà l’aventure du chien Buck, rudoyé et humilié par la chiennerie humaine et qui choisit de retourner à la libre vie de ses frères loups, c’est le plus bel hymne que le grand écrivain américain ait composé à la gloire du monde sauvage.

Michel Le Bris a tenu à préfacer cette édition d’un texte à ses yeux capital, que les lecteurs de langue française, aussi étrange que cela paraisse, n’ont pu lire longtemps que dans une édition incomplète et peu fidèle.

Sous un titre enfin conforme à l’original (The Call of the Wild), une redécouverte qui sera, pour le plus grand nombre, une véritable découverte.

Malmené et humilié par les humains, le chien Buck, après quelques aventures bien propres à glacer d’effroi le lecteur, décide de s’en retourner à la vie libre de ses frères loups…

Le plus bel hymne que London ait consacré à la vie sauvage – dans une traduction nouvelle enfin conforme à l’original.

Critique : 

Voilà un livre avec peu de dialogues, retraçant toutes les péripéties d’un chien de sang-mêlé, nommé Buck, enlevé, qui va devoir apprendre à survivre, se laisser aller à la loi du plus fort, apprendre à se débrouiller par ses propres moyens (car il est devenu, malgré lui, un chien de traineau) et qui est palpitant ! L’eusses-tu cru ?

Buck au départ, il vit tranquillos chez son maître, le juge Miller, dans la vallée ensoleillée de Santa Clara. Pas de chance pour lui, on a trouvé de l’or dans le Grand Nord et puisqu’on a besoin de chiens grands et forts pour tirer les traineaux et que le jardinier a le vice du jeu, il le vole et le vend.

Voilà notre grand chien mêlé (avec du Saint-Bernard dans ma version et du Terre-Neuve dans d’autre, mais dans les films aussi, la race change) qui est embarqué pour une sacrée aventure sans billet de retour !

Son voyage et son arrivée dans le Grand Nord le déroute car il se retrouve confronté à un environnement naturel dont il n’a pas l’habitude : le froid, la neige, la faim,…

Sans compter qu’ici, les hommes et les autres chiens ne se comportent pas comme il en avait l’habitude dans sa vallée ensoleillée. Ici, tout n’est que brutalité.

Pour survivre, va falloir s’adapter, devenir rusé, réfléchir… C’est l’homme au pull rouge qui va le transformer en le battant comme un plâtre. Buck comprend ce qu’il doit faire pour survivre dans ce milieu hostile où personne ne vous fait de cadeaux, ni les hommes, ni les chiens.

Il devra faire attention et se méfier des hommes…

Un fameux et bien dur apprentissage de la vie pour ce chien attachant. Et ensuite, le reste se fera dans des conditions encore plus dantesques que celle de l’homme au pull rouge et au bâton. Là, il devra s’accrocher et apprendre à se battre, retourner aux instincts de ses ancêtres, les loups…

Durant tout le livre, nous suivons les pensées de Buck, ses défis, son apprentissage, tout ce qu’il comprend, apprend, bref, tout ce qui le pousse à se surpasser jusqu’à ce qu’il se révèle comme le leader naturel de l’attelage des chiens de traineau, le big boss incontesté au sein de cette meute. Oui, Buck aime tirer le traîneau et il se sent « utile ».

Buck n’est pas un imbécile, il assimile la méthode et s’adapte aux conditions difficiles à vitesse grand V. La force est avec lui, il a de l’intelligence et lorsqu’il veut devenir calife à la place du calife, il n’hésitera pas une seconde car ce qu’il convoite, c’est la place de chien de traineau de tête ! Oui, ce cannis lupus a de l’ambition.

Dans ce récit, l’homme n’a pas le plus beau rôle (hormis un, sur la fin, Jack Thornton) : toutes les grandes douleurs de Buck et ses désillusions, c’est aux hommes qu’il les doit.

Ses premiers maîtres, François et Perrault, sont sévères mais justes et on ne peut pas dire qu’ils ne prennent pas soin de leurs chiens. Que du contraire, ils sont organisés et s’occupent des chiens avant de s’occuper d’eux-mêmes.

Leurs aventures seront palpitantes et je sentais le froid du Grand Nord me flageller les joues.

Buck aurait été heureux avec eux, hélas, il passera ensuite (suite à une vente) chez des autres qui n’auront pas le soucis du bien-être de leurs bêtes. « Qui veut voyager loin, ménage sa monture » mais pour eux, rien à faire, on cravache les chiens.

Mon coeur s’est serré cette fois-là, une fois de plus… Mais ma douleur n’était encore rien face à ce qui l’attendait ensuite : un trio familial inexpérimenté, cruel et suicidaire. Eux, aucune organisation, les néophytes total !

C’est sa rencontre avec Thornton qui le sortira de sa vie de chien de traîneau qui n’avait plus aucune saveur.

Là, on sent que Buck change, apprend à faire confiance, qu’il aime son nouveau maître. Thornton le respecte et Buck transcende vers un autre animal.

Pourtant, durant tout le récit, on sent bien que Buck est intrigué par les hurlements des loups qu’il entend dans la forêt, on sent qu’il veut répondre… Il le fera, timidement, puis, de plus en plus régulièrement. Mais ses attaches avec Thornton sont fortes et il restera avec lui, jusqu’au jour où un événement malheureux ne lui brise ses dernières chaînes…

Maintenant, il peut répondre à l’Appel de la forêt et de ses ancêtres… et je n’ai pu empêcher mon petit coeur d’artichaut de se serrer.

Jack London nous livre ici une aventure canine et épique, celle d’un chien courageux, follement attachant, bien que féroce. Un voyage canin qui sonne comme une véritable quête de soi dans un Grand Nord hostile où il faut survivre si on veut vivre.

Un Grand Nord si bien décrit et un récit bien rythmé où l’ennui n’existe pas. Un livre à découvrir.

L’Appel de la forêt (The Call of the Wild), c’est aussi un film américain, adapté et réalisé par William A. Wellman, sorti en 1935, avec le beau Clark Gable dans le rôle de Jack Thornton.

Ce fut aussi un film britannique réalisé par Ken Annakin en 1972, avec le grand Charlton Heston dans le rôle de John Thornton.

Livre lu dans le cadre du Challenge « Totem » par Liligalipette (catégorie « Loups »), du Challenge « Romans Classiques » de Métaphore et du Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

Fahrenheit 451 : Ray Bradbury

Titre : Fahrenheit 451                                            big_5

Auteur : Ray Bradbury
Édition: Folio SF (2000)

Résumé :

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume.

Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.

Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable.

Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Petit plus : Né en 1920, Ray Bradbury s’impose à la fin des années 40 comme un écrivain majeur, avec la parution d’une série de nouvelles oniriques et mélancoliques, plus tard réunies sous le titre de Chroniques martiennes.

Publié en 1953, Fahrenheit 451, qui finit d’asseoir la réputation mondiale de l’auteur, sera porté à l’écran par François Truffaut.

Critique :

Un pompier qui brûle des livres, c’est aussi révoltant qu’un contrôleur à la fraude fiscale qui fraude… qu’un garde-chasse qui braconne… et quand c’est autorisé par l’Autorité Suprême, c’est encore plus révoltant.

Guy Montag est un pompier qui jouit presque à chaque fois qu’il nourri les flammes de son feu avec des feuilles de livres. Cette « purification » par le feu ne se conteste même pas. Aucune questions sur le fait de savoir si ce qu’il fait est bien ou pas. Pour lui, un bon livre est un livre brûlé. Un pompier, c’est fait pour détruire par le feu.

Un soir, il rencontre Clarisse, une jeune fille de son quartier, une jeune fille différente, une jeune fille qui se pose des questions et qui lui en pose une de taille : « C’est vrai qu’autrefois les pompiers éteignaient le feu au lieu de l’allumer ? ». Montag nie. Un pompier qui éteint un incendie, c’est du n’importe quoi.

Pourtant, Clarisse, à force de le croiser, instille le doute dans son esprit et Montag va tenter d’en apprendre plus sur ces autodafés qui ont lieu depuis des siècles et il commence à faire travailler son cerveau, son esprit… Ce faisant, il va à l’encontre de tout le monde.

« Fahrenheit 451 » fut écrit en 1953… Un vieux brol ? Que nenni, il est plus que d’actualité parce qu’en le lisant, j’avais l’impression de me retrouver dans un monde proche, un monde fait d’écrans de télé, de relations virtuelles, de gens qui ne pensent à rien, qui ne veulent même pas penser, qu’on empêche de penser…

Puisque les livres vous donnent des informations différentes, ils les ont banis et les détruisent pour vous éviter de vous fouler les neurones avec toutes ces données perturbantes.

Afin de rendre les gens heureux, on les bombarde d’images et de faits, sans émotion, sans réflexion… Pour être heureux, il ne faut pas penser.

L’écriture précise et incisive de Bradbury ne m’a laissé aucun répit et j’ai dévoré ce livre plus vite que le feu ne l’aurait consumé.

Bradbury nous met face à une société ou l’anti-culture est la norme, ou la liberté brille par son absence, où les gens refusent de savoir, préférant se mettre la tête dans le trou ou écouter leur murs – plutôt que d’autres êtres humains – et ils vivent complaisamment dans la soumission.

Napoléon disait : « Le peuple est le même partout. Quand on dore ses fers, il ne hait pas la servitude ». Dans la société décrite par l’auteur, les fers et la cage sont dorés.

L’auteur ne vous plante pas les actes des autodafé sans vous les justifier, sans donner des arguments à ceux qui accomplissent cette tâche sans conscience ni remords : « Pour éliminer les différences, il faut éliminer les sources de réflexion et de contestation ». Dont acte.

Bam, prends-ça dans la face, Montag, toi qui veux penser, toi qui veux découvrir les livres et lire ce qu’il y a à l’intérieur. Pauvre fou, va ! Tu crois que l’on va te laisser faire ?

Non, non, dans cette société, on ne pense pas !

« Si vous ne voulez pas qu’un homme se rende malheureux avec la politique, n’allez pas lui cassez la tête en lui proposant deux points de vue sur une question, proposez-lui un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun ».

C’est un merveilleux nivellement par le bas que l’auteur nous décrit. Il ne fait pas bon être intello, dans ce monde là.

Quoi ? Dans le notre non plus ? Quand je vous disais que ce livre n’était pas si vieux que ça ! Les gens s’abrutissent devant de la télé-réalité bête à pleurer et les idiots qui la peuplent sont mis sur un piédestal tandis que les émissions « avec des neurones » sont virées des écrans. Normal, les émissions intelligentes ne donnent pas du temps de cerveau disponible à la marque de boisson gazeuse.

Comme le dit d’ailleurs Bradbury  : « Il y a plus d’une façon de brûler un livre », l’une d’elles, peut-être la plus radicale, étant de rendre les gens incapables de lire par atrophie de tout intérêt pour la chose littéraire, paresse mentale ou simple désinformation (ceci est un extrait de la préface).

On me disait bien, à moi, que lire c’était s’isoler du monde et certains me raillaient… Ils ne me raillent plus !

Dans cette préface, on nous dit aussi « Aujourd’hui, on ne brûle pas les livres. Ou plutôt on ne les brûle plus » ce qui me fait réagir et dire « c’est faux ». Nous l’avons bien vu au Mali avec des livres transformés en bûcher.

Je pardonne à la préface, à l’époque où elle fut écrite, on n’en brûlait peut-être plus…

L’Histoire nous apprend qu’en cas de conflit, c’est toujours la culture qui est sacrifiée en premier. Un peuple sans culture, c’est un peuple sans identité, nus, sans âme,… Sans compter que certains, ne comprenant sans doute rien à rien, sont les premiers à flinguer des livres quand ils en croisent.

Un sacré visionnaire, Bradbury…

Oui, en 2013, on interdit toujours certains livres, parce que leur vérité dérangent, parce que l’auteur révèle des choses intimes sur X, parce que certains se déclarent les véritables gardiens ou les vrais interprètes d’un livre religieux ou de la parole de Dieu.

Oui, des cathos ultra ont manifesté pour empêcher une pièce de se dérouler parce que pour eux, elle était insultante pour dieu sait qui.

Oui, dans certains pays, certaines vérités ne sont pas bonnes à dire…

Une vision de l’avenir pas si SF que ça… nous n’en sommes pas encore là, mais qui sait si un jour les lobotomisés du cerveau ne prendront pas le pas sur ceux qui ont encore une cervelle et savent s’en servir ?

A découvrir si ce n’est pas encore fait, il n’est jamais trop tard !

Pour conclure, je reprendrai la phrase de Jean d’Ormesson : « On ne brûle pas encore les livres, mais on les étouffe sous le silence ».

Lu dans le cadre du Challenge « Romans Classiques » de Métaphore Challenge et celui de « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel. Participe aussi au challenge « Les 100 livres à avoir lu au moins une fois » chez Bianca.